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BEB

de benjoin. Cette substance joue un certain rôle en médecine comme agent thérapeutique ; ainsi il possède au suprême degré les propriétés excitantes qui se trouvent dans toutes les substances balsamiques, soit qu’on veuille agir sur les organes de la circulation, sur les sécrétions ou sur les organes digestifs ; c’est surtout contre les maladies des organes respiratoires qu’on a vanté son emploi, au point de le nommer le baume du poumon. Ainsi il a été prôné dans l’asthme humide, dans les toux chroniques, etc. On l’a conseillé aussi en vapeur contre le rhumatisme. On peut le donner en bols, en électuaire, en sirop à l’intérieur; à l’extérieur, en teinture, en vapeur. F — N.

Benjoin (Chimie). — Appartient à la classe des Baumes-résines. Il contient l’acide benzoïque tout formé ; on l’en sépare par voie de volatilisation. Il renferme, en outre, trois résines différentes qui ont été isolées et analysées par M. Van der Vliot.

Résine a C^OH'^aoH

Résine ê C40H22Q9

Résine C30H20O5

Le benjoin est en partie soluble dans l’alcool (teinture de benjoin) (voyez Acide benzoïque).

BENOITE (Botanique), de herba benedicta.^ herbe bénite, à cause des propriétés salutaires qu’on avait attribuées à cette plante. — Nom vulgaire du genre Geum (du grec geuma., goût, parce que les racines de cette plante ont un goût amer prononcé). Il appartient à la famille des Rosacées., tribu des Dryadées., et se distingue par un calice tubuleux, concave à la base, à 5 divisions, accompagné de 5 bractées ; une corolle de 5 pétales; des étamines indéfinies; des akènes nombreux, secs, terminés par le style persistant, disposés sur un réceptacle presque globuleux. On cultive une dizaine d’espèces de benoîtes, toutes des climats tempérés. La B. officinale., B. commune (Geum urbanum ., Lin.), est une espèce indigène. Ses fleurs, petites et jaunes, sont communes pendant tout l’été. Longtemps employée en médecine comme vulnéraire et sudorifique, sa racine, amère et aromatique, a une odeur agréable qui se rapproche du girofle ; elle est presque abandonnée aujourd’hui, quoiqu’elle ait été beaucoup vantée par Frank, qui l’a employée avec succès en l x04, comme fébrifuge. Dans certains pays du Nord, on mélange sa racine avec le houblon dans la fabrication de la bière, afin de donner à celle-ci un goût agréable et de l’empêcher d’aigrir. Les feuilles de la benoîte urbaine se mangent quelquefois en guise de salade. Sa racine est aussi employée à tanner le cuir; elle donne une teinture brune mêlée de rouge. La B. coccinéc ou écarlate [G. coccineum., Sibth.), originaire d’Orient, a des fleurs pourpres qui décorent agréablement les par- -erres. La B. intermédiaire (G. intermedium, Ehrh.) donne aussi des fleurs jaunes et croît en Europe dans les endroits ombragés, ainsi que la B. des ruisseaux (G. rivale, Lin.), qui affectionne les endroits humides. G — s.

BENZAMIDE. — Substance chimique de la classe des Amides. Sa composition peut être représentée par celle du benzoate d’ammoniaque moins les éléments d’une proportion d’eau (voyez Amides).

BENZINE (G‘2H6) (Chimie). — Hydrogène carboné liquide incolore d’une odeur empyreumatique éthérée quand il est pur, entrant en ébullition à 83". Sa densité est 0,85, celle de sa vapeur 2,77. C’est un dissolvant précieux pour les hydrogènes carbonés solides, pour le soufre, l’iode et les matières grasses; aussi, depuis quelques années, l’emploie-t-on de préférence à l’ammoniaque pour dégraisser les habits. Le chlore, le brôme, l’acide azotique, en réagissant sur la benzine, engendrent des dérivés par voie de substitution. L’acide azotique donne la nitro-benzine.

C12H6 -P Az08,H0 = C12H5(AzO^») -f- 2HO (Nitro-benzine.)

Celle-ci, à son tour, par son contact avec l’hydrogène à l’état naissant, produit de l’aniline (voyez ce

mot) et de l’eau. La benzine se produit quand on soumet la vapeur d’essence d’amandes amères à l’action d’une température élevée ; elle fait partie des produits volatils de la calcination du benzoate de chaux ; mais, pour les besoins des arts, on l’extrait en grand du goudron de houille. L’huile de goudron distillée donne une foule de produits différents; on recueille les plus volatils, on procède ensuite à des distillations fractionnées, et c’est le liquide qui bout vers 83" qui est seul conservé. Ce dernier.

placé dans un mélange réfrigérant, se prend en masst, comme le camphre ; dans cet état, il est soumis à l’action de la presse, qui en élimine un liquide non encore congelé qui altérait la pureté de la benzine. La benzine ainsi obtenue conserve toujours une odeur manifeste de goudron. B.

BENZOATES. — Sels formés par l’union de l’acide benzoïque avec les bases. Les principaux sont : le benzoate d’ammoniaque ( AzH3,H0,C‘4HS03 ), employé comme réactif pour doser les sels de sesquioxyde de fer et les séparer des sels de protoxyde; le benzoate de chaux, qui, par la calcination, donne la benzone (C^SHioQ^), sorte (^acétone (voyez ce mot).

BENZOILE. — Composé hypothétique que certains chimistes supposent entrer dans la composition de produits chimiques dérivant de l’acide benzoïque et de l’essence d’amandes amères (voyez Amandes amères \Essence c?’]).

BENZOINE (C‘^H®0^). — Ce corps est isomérique avec l’essence d’amandes amères (voyez ce mot) ; mais le groupement moléculaire est tout à fait distinct. L’acide azotique employé à chaud et le chlore transforment la benzoine en un corps qui n’en dérive pas par

voie de substitution : ce corps n’est pas le benzoïle, mais il est isomère avec lui ; on l’a nommé le benzyle. Par une forte chaleur, la benzoïne éprouve une modification dans la disposition de ses atomes élémentaires ; elle se transforme partiellement en essence d’amandes amères ; réciproquement cette dernière se convertit en benzoïne, quand on la mélange d’abord avec une petite quantité d’acide cyanhydrique et qu’on la soumet ensuite à l’action de la potasse à chaud. B.

benzoïque (Acide) (C'^H"03,H0). — Corps solide cristallisant en lames blanches et nacrées ou en aiguilles, sans odeur à l’état de pureté, avec une odeur balsamique quand on l’extrait du benjoin, très-soluble dans l’eau chaude, l’alcool et l’éther. Il fond à 120", bout à 240". Sa densité de vapeur est 4,275. Soumis à l’action du chlore, il peut perdre successivement 1, 2, 3 équivalents d’hydrogène qui sont remplacés par un nombre égal d’équivalents de chlore ; de même, traité par l’acide azotique, le radical AzO*» se substitue à l’hydrogène.

CW03,H0 -f Az05,H0 = C1'^HHAz0'^)03,H0 -p HO Ac. benzoïque. Acide nitro-benzoïque.

L’acide benzoïque dérive de l’essence d’amandes amères (voyez ce mot) par voie d’oxydation. Il existe tout formé dans le benjoin, d’où on l’extrait à l’aide de la sublimation. Le benjoin pulvérisé est introduit dans une marmite en fonte close avec une feuille de papier à filtre collée sur ses bords ; un cône en carton est posé sur la marmite. On chauffe ; l’acide benzoïque dépose, en tamisant à travers le papier,les traces d’huile empyreumatique qui altéreraient sa pureté ; il vient se condenser contre les parois du cône. On en obtient une plus forte proportion en décomposant le benzoate de soude par l’acide sulfurique. L’acide benzoïque ingéré dans l’économie animale s’y convertit en acide hippurique qu’on retrouve dans l’urine ; réciproquement, ce dernier, traité par l’acide sulfurique et la chaleur, donne de l’acide benzoïque. Gerhardt l’a obtenu à l’état anhydre. B.

BER ou Bor, Bori et Perin-Toddali. — Noms indiens du Jujubier commun {Ziziphus jujuba., Willd.) (voyez ce mot).

BERBÉRIDÉES (Botanique). — Famille de plantes dicotylédones dialypétales qui sert de type à la classe des Berbérinées, établie par M. Brongniart. Les Berbéridées, qui ont pour type le genre Berberis ou Épine-Vinette, sont des plantes herbacées ou des arbrisseaux à feuilles alternes; leurs étamines sont en nombre égal aux pétales (4 ou 6) et opposées avec ceux-ci ; leurs anthères s’ouvrent par des valves élastiques de bas en haut ; il n’y a qu’un seul ovaire renfermant de 1 à 3 graines. Les Berbéridées habitent spécialement la zone tempérée de l’hémisphère boréal. On en rencontre aussi au Chili. Leurs propriétés sont quelque peu astringentes dans certaines écorces et acides dans leurs baies. Genres principaux : Berberis, Lin. ; Mahpnie {Mahonia, Nutt.); Nandine (Nandina, Thanh.) •, Épimède {Epimedium, Lin.); Leontice , Lin. Voir pour une bonne monographie de cette famille le second volume du Begni vegetabilis systema nafurale. par de Candolle (Paris, 1821). G s.

BERBÉRIS (Botanique). — Voyez Épine-Vinette.

BERGE (Botanique), Heracleum, Lin. (plante consacrée à Hercule). — Genre de plantes appartenant à la fa-

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mille des Ombellifères^ tribu àQ^Peucédanées. Les Berces sont de grandes lierbes à feuilles pennatiséquées dont le pétiole forme une forte gaine. La B. branc-ursine {Heracieum sphondylium^ Lin.) nommée vulgairement panais des vaeàes^ angélique sauvage^ acanthe d' Allemagne^

est très-commune dans nos climats au bord des ruisseaux. Elle est bisannuelle, sa tige est droite, velue, rameuse, haute de plus d’un mètre, ses fleurs sont blanches, et form.ent de larges ombelles en juin et juillet. Elle aime les prairies fraîches, qu’elle envahit quelquefois un peu trop, parce qu’elle ne fournit un bon fourrage que lorsqu’elle est jeune, et à la fauchaison, ses tiges étant dures, le bétail ne peut les manger lorsqu’elles sont fanées. Cette plante sert d’aliment à certains habitants du Nord. Ses racines sont incisives et carmi natives. Ses feuilles et ses graines sont employées à faire une boisson alcoolique chez les Polonais et les Lithuaniens. C’est ce qu’ils appellent le barszoz ou parst. G — s.

BERCEAU DE LA Vierge (Botanique). — C’est un des i'ioms vulgaires de la Clématite des haies (voyez ce mot).

BERGAMOTIER et Bergamote. — On nomme Berga-

motier un type du genre Oranger-citronnier^ et Berga-

motes les fruits qu’il produit. Le Bergamotier ordinaire est désigné sous le nom de Citrusbergamia vulgaris^ par Risso et Poiteau, et sous celui de Citrus limetta bergamia^ par Duhamel. C’est un arbre à rameaux menus ou munis d’épines courtes. Ses feuilles, à pétioles quelquefois ailés, sont oblongues, dentées, acuminées, obtuses; ses fleurs, petites, très-odorantes, ont 30 étamines ; ses fruits d’un jaune pâle, à vésicules concaves, sont souvent en forme de poire; leur pulpe est un peu acide et d’un goût très-agréable. Il y a plusieurs variétés de Bergamo-

tier, entie autres celle à fruit rugneux, celle à petit fruit, puis la mellarose, et enfin la mellarose à fleurs doubles. L’écorce de la bergamote est douée d’une odeur particulière, mais très-agréable. On en extrait, ainsi que des fleurs, une huile essentielle, qu’on nomme huile de bergamote, qui entre dans une foule de préparations de parfumerie. L’écorce vidée et séchée sert aussi à faire de petites boîtes qui conservent très-longtemps leur parfum. Consultez le Cours d’arboriculture de M. du Breuil, 6* édition, 18G5, article Oranger. G — s.

Bergamote (Arboriculture). — Variété de poire, dont le goût parfumé se rapproche de celui de l’orange de ce nom. On en a fait plusieurs sous-variétés : ainsi la B. d’Avranches; la B. Fiévée; la B. lucrative ;\q. B. crassane; la B. royale; la B. de Pentecôte, etc.

BERGER (Économie rurale). — On appelle berger celui qui est chargé de soigner un troupeau de bêtes à laine et de le conduire au pâturage. Modestes en apparence, ces fonctions sont des plus importantes dans une exploitation agricole, et le berger devrait être certainement le premier domestique de la ferme, et par la nature des devoirs de toute sorte qu’il a à remplir, et par les connaissances Spéciales qu’on doit exiger de lui ; aussi le prix rémunérateur de ses services devrait être une question bien secondaire pour un cultivateur intelligent, lorsqu’il est assez heureux pour rencontrer un bon berger. En efiet, à lui incombe toute la responsabilité d’un troupeau, et lorsqu’il est composé de bêtes de prix, sa bonne ou sa mauvaise gestion est d’une importance considérable. Un bon berger ne doit être ni trop jeune ni trop vieux, de trente à cinquante ans ; trop jeune, il n’a pas toute l’expérience nécessaire, trop vieux, il n’est plus capable de supporter les fatigues d’un métier aussi rude ; il faut qu’il soit doux et patient pour vivre dans un contact continuel avec des animaux dont l’intelligence bornée met souvent sa patience à une rude épreuve, ferme pour dresser ses chiens, s’en faire obéir et les rendre dociles ; il doit être fort pour transporter et établir son parc sans l’aide de personne, pour parcourir quelquefois une assez grande distance chargé d’un mouton malade ou blessé qu’il faut rentrer à la bergerie; d’une constitution robuste pour braver l’intempérie des saisons; il sera courageux pour défendre son troupeau et ses chiens contre l’attaque des loups ; il faut encore qu’il soit instruit dans la pratique de quelques petites opérations chirurgicales, telles que la saignée, la clavélisation, les pansements, tous les soins, en un mot, qui n’exigent pas que l’animal soit rentré à la bergerie; il sera obligé quelquefois aussi d’aider ses brebis dans le travail de l’agnelage. L’observation journalière aura donné au berger des connaissances pratiques de météorologie qu’il mettra à profit pour rapprocher de la ferme et rentrer son troupeau lorsciue le temps sera menaçant. Un bon berger connaît toutes ses bêtes ; il étudie leurs habitudes particulières, leur aptitude à contracter certaines indispositions; il saura les petits soins qu’il faut donner à tels ou tels de ses moutons, les précautions dont il devra user à leur égard, etc. Il est à peine nécessaire de dire que le portrait que nous venons d’esquisser n’a peut-être son original dans aucune ferme ; mais un agriculteur intelligent mettra tous ses soins à choisir et surtout à conserver à tout prix celui qui se rapprochera le plus de ce modèle. C’est surtout dans les paj'^s de montagne que cette considération devient capi-

BER

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taie ; ici, en effet, il arrive souvent que le troupeau, après avoir passé l’hiver dans la bergerie sous l’œil du maître, est confié entièrement aux soins du berger pour être conduit pendant la belle saison au pâturage de la montagne, où il passe quelquefois plusieurs mois; on conçoit quelle responsabilité lui est imposée, et combien il importe qu’il soit doué tout au moins des principales qualités que nous avons énumérées. Lorsque le berger est dans ces conditions, ou seulement que ses moutons doivent être parqués, il est utile qu’il soit armé d’un fusil, qu’il laisse dans sa cabane, pour s’en servir au besoin : il doit surtout, comme on sait, porter une houlette long bâton de 2 mètres environ, terminé à un de ses bouts par une espèce de petite bêche en forme de cuiller qui lui sert à jeter de la terre à ses bêtes ; il aura aussi avec lui un bi.ssac, ou un panier contenant un couteau, une lancette, quelques pots d’onguent, un flacon d’alcali volatil, un peu de linge, une éponge, etc. Il aura aussi pour mettre par-dessus ses vêtements un surtout, autant que possible, imperméable.

On consultera pour plus de détails le Dictionnaire d'agriculture, à l’article Berger, et surtout Y Instruction pour les bergers^ par Daubenton, publiée en 1782, et à cet égard qu’on nous permette de citer le curieux certificat de civisme, délivré à l’auteur par la section des sans-culotte, l’an II de la République. On y lit : Appert

que, d’après le rapport faite de la société sur le

bon civisme et faits d’humanité qu’a toujour témoignés

le berger Daubenton'*, l’assemblée arrête qu’il lui

sera accordé un certificat de civisme, et le président

suivie de plusieurs membre lui donna lâcolade

Signé : Dardel, président.

BERGERIE (Économie rurale). — C’est la partie des bâtiments d’une ferme, qu’on destine à l’habitation des animaux de la race ovine. Lorsque l’on a à choisir l’emplacement d’une bergerie, il ne faut pas perdre de vue ce principe que, de tous les animaux domestiques, les moutons sont ceux qui redoutent le plus l’humidité, et auxquels elle est le plus préjudiciable : ainsi on devra la placer dans un endroit un peu élevé ; le sol sera nivelé avec une pente légère pour faciliter l’écoulement des liquides; elle sera mise à l’abri des eaux voisines, etc. Pour le reste, on ne peut mieux faire que de transcrire les sages préceptes donnés par Tessier dans le Dictionnaire d'agriculture : « Les dimensions d’une bergerie sont subordonnées au nombre de bêtes à laine qu’elle doit contenir; elles seront calculées suivant la position des crèches, de manière que toutes les bêtes puissent y prendre aisément leur nourriture en même temps, sans qu’il y ait de terrain perdu. La position des crèches n’est pas la même dans toutes les bergeries : ainsi dans celles qui ont peu de largeur, on fixe les râteliers le long des murs de côtières, ou on les place dos à dos au milieu, dans le même sens; mais lor-squ’elles sont assez larges pour y placer un plus grand nombre de rangs de crèches, on les dispose tantôt dans le sens de la longueur, tantôt dans celui de la largeur ; on les nomme alors bergeriesdoubles. La meilleure disposition est de placer les crèches dans le sens de la longueur, parce qu’il y a moins de terrain perdu et que le service est plus facile. Voici maintenant les données pour les dimensions des bergeries. Une bête à laine en mangeant â la crèche y tient une place d’environ 0“,4, suivant sa grosseur; la longueur développée à donner aux crèches sera donc autant de fois 0'",4 qu’il y aura de moutons; d’un autre côté, les crèches, râteliers compris, ont une largeur de h“,5ü , et la longueur moyenne d’une bête à laine est d’environ i“,5(); d’après ces chiffres dont il sera facile de faire l’application, on trouvera qu’une bergerie à deux rangs de crèches et deux longueurs de moutons devra avoir 4 mètres de large ; celle à quatre rangs de crèches, 8 mètres; celle à six rangs de crèches (deux doubles et deux simples), 12 mètres. Maintenant la longueur développée qu’il faudra donner aux crèches étant connue par le nombre de moutons que la bergerie doit contenir, il sera facile d’en calculer la longueur définitive. Il ne sera pas plus difficile, d’après ce qui vient d’être dit, de déterminer les dimensions de la bergerie, si les crèches devaient être placées dans le sens de la largeur. Quant à la hauteur des bergeries, elle doit être, sous planchers, de 4 mètres d’hivernage et de 3 mètres pour les bergeries supplémentaires. » L’emplacement à donner à chaque mouton, toujours d’api ès Tessier, doit être de 1 mètre carré et 0“,75 pour un agneau.

Les bergeries bien ordonnées devront être placées à l’exposition du midi, pour éviter les brusques change-

ments de température ; mais comme, d’un autre côté, les rnoutons souffrent beaucoup de la chaleur, il est nécessaire que l’air puisse s’y renouveler facilement et fréquemment, et par conséquent les ouvertures y seront nombreuses. La bergerie de Rambouillet, fondée vers 1786 par les soins de Daubenton, et celle de Gévrolles, de création beaucoup plus récente, sont des modèles à tous les points de vue.

BERGERONNETTE, Bergerette (Zoologie), Budytes, Guv. — Sous-genre détaché du genre Hoche-queue, tribu des Bec-fin, famille des Passereaux dentirostres {Règne animal de Cuvier), famille des Motacillidœ, tribu des Oscines, ordre des Passeres de Ch. Bonaparte. Caractérisé par un bec grêle, la queue longue et mobile des Hoche-queue, les plumes des scapulaires longues et couvrant le bout de l’aile repliée ; l’ongle du pouce allongé, peu arqué, ce qui les rapproche des farlouses et des alouettes. L’espèce la plus commune est la B. du printemps {Motacilla flava), cendrée en dessus, olive au dos, jaune dessous, les quatre pennes latérales de la queue, blanches, le bec et les pieds noirâtres, l’ongle du pouce presque droit, plus long que le doigt : tout le monde connaît la grâce des formes sveltes de cet oiseau, la légèreté et la prestesse de ses mouvements, lorsqu’il poursuit dans nos prairies, au milieu des troupeaux de bestiaux, sur lesquels il se pose souvent, les petits moucherons et autres insectes ailés qui viennent voltiger autour d’eux ; qui ne l’a vu suivre de près le laboureur, et, dans le sillon qu’il vient de tracer, saisir dans la terre fraîchement remuée les petits vers qu’il a mis à découvert, et pourtant cet oiseau, qui semble rechercher la société de l’homme, ne peut vivre en esclavage ; il y meurt bientôt. Répandue dans toute l’Europe, cette espèce pose son nid dans les prairies ou sous une racine d’arbre ; la femelle y pond six à huit œufs. C’est un oiseau voyageur qui nous vient dès les premiers jours du printemps. La B. jau7ie {M. boatmla, Lath.), malgré son nom, est moins jaune que la précédente ; elle reste chez nous toute l’année, mais elle est moins commune et vit solitaire.

BÉRIBÉRI (Médecine), d’un mot indien qui signifie brebis, suivant Bontius, parce que ceux qui en sont affectés marchent péniblement en imitant la brebis. — On a donné ce nom à une maladie particulière à quelques contrées des Indes orientales, spécialement au Malabar et à Ceylan ; c’est dans la saison pluvieuse qu’on la remarque, à cause de la différence de température du jour et de la nuit. Elle arrive quelquefois subitement lorsque, après avoir souffert de la chaleur, on boit en abondance la lique u tirée du palmier ; alors surviennent une lassitude spontanée, de la difficulté dans les mouvements, l’engourdissement des membres, un trouble général de la sensibilité et de la motilité, une titillation violente et douloureuse dans les doigts et les orteils. Les causes et les symptômes de cette maladie lui donnent une grande ressemblance avec le rhumatisme, et surtout avec le lumbago. Le traitement établit encore une nouvelle analogie; il consiste dans l’exercice, les frictions stimulantes, des bains aromatiques; enfin, quand la maladie est devenue chronique, dans les tisanes de bois sudorifiques.

BÉRIGHON, Bérichot (Zoologie). — Nom vulgaire donné dans quelques pays au Troglodyte {Motacilla troglodytes, Lin.) (voyez Troglodyte).

BÉRLE (Botanique), Sium, Koch, du mot celtique siiv qui veut dire eau. — Genre de plantes appartenant à la famille des Ombellifàres, tribu des Amrninées. Les Berles sont des herbes à feuilles pennatiséquées. ombelles terminales à rayons nombreux, fleurs blanches. Le Chervis ou Berle des potagers, Stwn sisarum, est une espèce cultivée dans les jardins en Europe pour ses racines, que l’on mange comme celles du céleri. Deux autres espèces croissent au bord de nos étangs, l’une à larges feuilles {S. latifolium. Lin.), et l’autre à feuilles étroites (S. angustifolium. Lin.), nommée aussi ache d'eau. Leurs racines peuvent être dangereuses pour l’homme. G — s.

BERLUE (Médecine). — On dohne ce nom à une aberration du sens de la vue, dans laquelle on a la perception de corps imaginaires qui ne sont pas devant les yeux ; on peut s’en faire une idée par les sensations de lumière brillante, ou de couleurs variées qu’on éprouve lorsqu’on reçoit un coup sur le globe de l’œil, ou qu’une pression subite est exercée sur lui, on dit alors qu’on a la berlue. Souvent, en fixant un objet éclatant, on aperçoit des bulles lumineuses qui montent, descendent, voltigent; quelquefois ce sont des taches, des lignes, des insectes, qui volent ; les objets paraissent tronqués, etc. On a donné aussi à ces phénomènes les noms éè imaginations, d "

BER

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mouches volantes (voyez ces mots). On a dit que la berlue était un symptôme de l’amaurose commençante, de la cataracte, de l’apoplexie; cela peut être quelquefois; mais le plus souvent elle tient à une névrose de la vision, et il n’est pas rare de lavoir disparaître après avoir tourmenté les malades pendant un temps plus ou moins long; des collyres frais et légèrement résolutifs, les bains de pieds, le repos, une lumière douce, sont les moyens les plus rationnels à employer. Il peut arriver que la berlue tienne à un état variqueux de quelques vaisseaux de la rétine (voyez ce mot). Dans ce cas, elle est beaucoup plus grave : pour les autres cas, voyez les mots Amaurose, Cataracte, Apoplexie.

BERNACHEl Zoologie), A?ias leucopsis^ Bechst. — Sousgenre d'Oisenux du grand genre des Canards (Anas^ Lin.), famille des Lnmell iras t res ^ ordre des Palmipèdes ; caractérisé par un bec plus menu, plus court que celui

des oies ordinaires, et dont les bords ne laissent pas voir les extrémités des lamelles; ces oiseaux, qui habitent les parties les plus froides de l’Europe septentrionale, de la Sibérie, etc., viennent quelquefois en France pendant l’hiver. Les principales espèces sont : enjthropiiv,

Gm., et mieux Atias leucr^psis, Bechst., qui a le manteau cendré, le cou noir, le front, les joues, la gorge et leven- Irc blancs, le bec noir, les pieds gris : c’est cette espèce qui vient en France ; elle est célèbre par la fable ridicule qui la fait naître d’un animal de l’ordre des Cirrhipèdes, VAnatife; ou bien sur les arbres dont elle serait le fruit. Le Cravani (A. bernic!a^ Gm.), du même pays, est plus petit que 1 oie et que l’A. leuropsis^ moins épais et plus léger, le bec un peu large, tête petite. La B. année ou d' Afrique^ du Cap, d'Égi/pte (A. Æyyp/îV/cr;, Gm.), etc., un peu moins grande que l’oie sauvage, se distingue par 1 éclat de sa parure, où se mêlent les couleurs marron clair, cendré, voussâtre, blanc, vert à reflets bronzés, changeant en violet, etc. Enfin, elle est remarquab’c par l(î petit éperon de ses ailes. L’O/e renard (Chenalopex) vénéré par les ancituis Egyptiens. Ces deux dernières espèces se voient rarement aux environs de Paris.

Bernaciie (Zoologie). — Nom vulgaire de VAnatife lisse, genre de Cin hipède. Comme toutes les espèces du genre, celle-ci s’attaolie aux rochers, aux quilles des vaisseaux, quelquefois en si grande quantité qu’elles couvrent entièrement les lianes des navii’es (voyez Anatife) BERNARD l’uermite (Zoologie). — Ou a donné le noni éVlIenniie à tous les animaux du genre Paqure, de la famille û^Mneroures, ordre des Crustacés décapodes: cependant il a été plus spécialement employé pour désigner une fôpèce de ce genre, le Bernard fhet'mife, Cancer Bernhardus, de Lin., Pngurns streblony.r, Leach qui a les serres hérissées de piquants, avec les pinces en cœur la droite plus grande; les derniers articles des pieds suivants sont également épineux. On les trouve en quantite dîuis toutes Igs niGrs do l’l\uropo (vovoz PArnrF^ BERNE (Marine). - Se dit de l’étkt du pavillSndont les phs sont serrés à la hampe par des liens de manière que la pointe inférieure flotte seule au vent Mettre le pavillon en berne est un signe de détresse ou de deuil pour toutes les nations maritimes et compris de tous les navires, qui s’empressent de porter secours quelle que soit leur nationalité. Les navires munis de canons appuient ce signal d’un coup de canon. Les navires du commerce se servent encore de ce sio-nal pour rappeler leur équipage bord au moment du départ ou pour demander un pilote. ’

BERNOÜILLI (Lois de). — (Voyez Tuyaux sonores).

BÉROÉS (Zoologie). — Genre de Zoophytes de la classe des Acalèphes, ordre des Acalèphes simples^ voisin des Méduses, dont il a été détaché par Müller, caractérisé par un corps ovale ou globuleux, garni de côtes saillantes, hérissées de filaments allant d’un pôle à l’autre; la bouche est à une extrémité, elle conduit dans un estomac qui occupe l’axe du corps. Ces animaux, composés d’une sorte de gélatine transparente, se résolvent en eau lorsqu’on les blesse en les touchant ; ils ne peuvent vivre un instant hors de l’eau. On les rencontre quelquefois en si grande quantité, qu’ils forment des espèces de bancs qui couvrent la mer à plusieurs lieues, et, comme ils sont trè«-phosphorescents, ils produisent un effet des plus merveilleux; lorsqu’ils sont isolés, la lumière qu’ils projettent ressemble à des étoiles. Le B. globuleux [B. pileus^ Gm.), est commun dans la Manche, sur nos côtes.

BLIRTHELOTIE (Botanique), Berthelotia, Deless., dédiée à Berthelot, botaniste français. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Astéracées. Il se rapproche du g-enre Conizo et comprend des plantes propres aux régions chaudes de l’ancien continent. Une espèce a les corolles hermaphrodites velues; elle croît dans le Sénégal. Une autre présente, au contraire, des fleurs glabres ; elle habite TFride tropicale.

BERTHOLLET (Lois de) (Chimie), du nom du chimiste français qui le premier les a établies. — Ces lois résument d’une manière simple les conditions dans lesquelles les bases, les acides et les sels peuvent réagir sur les sels pour donner lieu à de nouveaux composés. D’une manière générale, si on met en contact avec un sel un autre sel, un acide ou une base, il se fait un partage des éléments acides et basiques entre eux dans la proportion de leurs affinités mutuelles; mais s’il arrive que l’un des nouveaux composés disparaisse, ou parce qu’il se volatilise ou parce qu’il est insoluble, l’équilibre toujours détruit tend toujours à se reformer jusqu'à épuisement des éléments capables de le produire. C’est ainsi que si nous versons une dissolution de carbonate de soude dans une dissolution de nitrate de chaux, il se forme un abondant précipité de carbonate de chaux insoluble; que l’acide chlorliydrique décompose le carbonate de chaux et en chasse l’acide carbonique gazeux pour prendre sa place; que l’acide sulfurique précipite l’acide siliciqti^ insoluble des dissolutions des silicates alcalins, tandis que sous l’influence d’une chaleur rouge ce sera l’acide silicique qui chassera l’acide sulfurique volatil à cotte haute température. L’influence des affinités chimiques est donc loin d’être absolue dans les réactions qui nous occupent; les conditions de fixité et do solubilité, variables d’ailleurs avec la température et le dissolvant, peuvent la masquer d’une manière presque complète et donner lieu à des résultats qui lui semblent étrangers. Nous ajouterons qu’il en est de même des conditions de masse entre deux corps ayant des affinités à peu près égales. C’est ainsi que l’acide carbonique et l’acide sulfïiydrique, tous les deux gazeux, peuvent se déplacer mutuellement suivant que l’un ou l’autre se trouvera en quantité prépondérante (voyez Sels).

BERTHOLLÉTIE (Botanique), Flumb. et Bonpl., dédicace faite à Bertiiollet, chimiste français. — Genre de plantes de la 'famille des LécyU.idées, voisine des Myrtacécs. Caractères : calice à 2 divisions caduques; corolle à 6 pétales; étamines monadelphcs; ovaire infère à 4 loges; fruit capsulaire, ligneux, charnu intérieurement La B. gigantesque (H. excetsa, Humb. et Bonpl.) est un arbre qui atteint, dans l’Amérique méridionale, sur les bords de l’Orénoque, jusqu’à 30 mètres de hauteur (voyez figure 300', p. 254). Ses feuilles sont alternes, oblongues, coriaces. Ses fleui’s, disposées en grappes, sont jaunes avec les filets des ét.nmincs blancs. Cet arbre, que l’on appelle vulgairement châtaignier du Brésil ou J //via, et qui est cultivé à Cayenne sous le nom de touka, donne de longues grappes de fruits dont les graines, au nombre de i(î à 2<*. triangulaires, se vendent souvent dans les rues de Paris sous le nom de noix d'Amérique. Les amandes qui sont comestibles rappellent un peu le goût de la chair du coco. Poiteau a publié, dans le treizième volume des Mémoires <tu Muséum, une note avec figures sur cet intéressant végétal. G — s.

BÉRULE (Botanique), Berula. — Genre de plantes établi par Koch dans la famille des Ombellifères. On le fait généralement rentrer dans les Berles {Sium, Koch). Il répond à la Berle à feuilles étroites {Sium anyusti- /b//?/w. Lin.) (voyez Berle). ,

BERÜS (Zoologiei. — Nom scientifique de la \ipere commune (Coluber berus. Lin.) (voyez Vipère).

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