BET
espèce est indigène; elle répand une odeur pénétrante qui monte à la tête; la racine pulvérisée se donne comme émétique et purgative; toute la plante est astringente, un peu tonique. Ses feuilles ont une saveur désagréable, un peu amère ; elles sont quelquefois fumées en guise de tabac. Dans quelques localités, on boit l’infusion théiforme de cette plante. Réduite en poudre, elle est employée souvent comme sternutatoire. On obtient aussi de la bétoine officinale une teinture brune qui se communique trèsbien aux laines imprégnées d’une dissolution de bismuth. La B. queue de renard {H. alopecuros^ Lin.) est cultivée dans les jardins à cause de ses beaux épis de fleurs jaunes. Elle croît spontanément dans les Pyrénées. La B. du Levant {B. Orient alis^ Lin.), originaire du Caucase, qui donne des fleurs d’un rouge pourpre, et la B. à grandes fleurs {B. grandiflora^ Willd.), de Sibérie, à fleurs rouge violacé, sont aussi d’un joli efiet. G — s.
BETON, de l’anglais btetong^ poudingue factice. Mélange de mortier hydraulique et de cailloux concassés en fragments de la grosseur d’une noix. Le béton s’emploie pour garnir le fond d’un canal, d’une écluse, pour asseoir les fondations des constructions exécutées sur l’eau ou dans les terres humides ou pour former le lit sur lequel on pose le bitume des trottoirs. On en faitégaleraent des blocs de pierres artificielles pour les travaux maritimes. Le béton rend d’immenses^ services dans toutes les constructions hydrauliques. Il est d’autant plus résistant qu’il a été plus fortement tassé ou pilonné au moment de la pose (voyez Chaux, Mortiers'.
BETTE (Botanique), Tourn., de hett^ qui veut dire rouge en langue celtique; les racines de ce genre sont en général de cette couleur. — Genre de plantes de la famille des Chénopodées^ tribu des Cijclolobées. Il comprend des herbes à racines charnues, à feuilles alternes entières. Les fleurs sont sessiles, hermaphrodites ; calice à 5 divisions et se durcissant à la maturité; 5 étamines presque périgynes; ovaire déprimé, semi-infère, entouré d’un disque annulaire ou obscurément pentagone ; un seul style surmonté de 2 ou 3 stigmates subulés, la B. cultivée (B. vulgaris^ Moquin ; B. vulgaris et maritima^ Lin.), que l’on désigne aussi sous le nom de betterave^ est la seule espèce importante du genre. Elle comprend trois principales variétés qui chacune se subdivisent encore en de nombreuses sous-variétés. Ces variétés sont : 1° la Bette proprement dite {B. maritima^ Lin.), dont les racines sont cylindriques, ténues et dures et les fleurs solitaires ou réunies par deux ; 2« la Poirée {B. cgcla, Lin.), dont la racine est cylindroïde, un peu épaisse, à peine charnue et les fleurs agglomérées par 2 ou 3 ; 3® enfin la Betterave {B. rapa^ Dumort.), à racine fusiforme charnue, saccharifère, rouge, jaune ou blanche, à fleurs glomérulées par 2 ou 4. Elle constitue un aliment d’un usage journalier ; tantôt, ses jeunes pousses, ses feuilles se mangent comme des épinards; sa racine cuite fait partie de nos salades, ou bien, desséchée, torréfiée et réduite en poudre, on la mêle quelquefois au café, soit pour en mitiger la force, soit dans un but frauduleux. Enfin l’histoire de ses propriétés saccharines et de ses autres applications industrielles est trop intéressante pour ne pas être traitée à part (voyez Betterave). G s.
BETTERAVE (Botanique industrielle). Bêla rapa, Dumort.). — Une des variétés de la Bette commune {b'. vulgaris ^ Moq.), dont la culture, assez négligée jusqu’au commencement de ce siècle, est devenue tout à coup une plante agricole de premier ordre par suite de l’extraction du sucre de sa racine. On la dit originaire de l’Europe méridionale et notamment de l’Espagne et du Portugal. Olivier de Serres nous apprend que c’est vers la fin° dû xvie siècle que la betterave rouge fut importée d’Italie en France, et il est à remarquer qu’elle ne se trouve plus à 1 état sauvage. On en cultive plusieurs sous-variétés qui se distinguent surtout par la couleur de leur racine; ainsi la B, louge ordinaire^ B, rouge de Oastelnaudui y J dont la chair est fine et serrée; la B. rouge ronde précoce, B. rose ou de Bassano,, dont là chair blanche est veinée de rose ; la B. jaune ordinaire i la B, jaune a chair blanche ' la B. jaune d^Allemagne : enfin la Hm ulüTii-hc ^ dite de Pi ussc ou do Silési6^ (ju^on &, norniiiéo beta sacchariua {fig. 30' ) : c’est la plus riche en matière sucrée, dans tous les sols et, par conséquent celle qu’on cultive de préférence pour l’extraction du sucre; on peut citer encore la B. champêtre (fig. 308), introduite d’Allemagne, et connue ( gaiement sous les noms de Racine de disette ou d'abondance, Betterave sur terre - cette dernière s’emploie surtout pour nourrir le bétail.’ Considérée comme plante alimentaire pour l’homme, la betterave est
nourrissante et de facile digestion; on mange sa racine cuite sous la cendre ou dans l’eau, assaisonnée de diverses manières, et en salade, seule ou avec la chicorée. On en fait aussi une liqueur vineuse que plusieurs personnes ont comparée au vin, et dans ces dernières années, surtout pendant la grande cherté des vins et eaux-devie, on a établi en grand des distilleries de betterave qui ont procuré de beaux bénéfices. Enfin on a môme essayé de faire du papier avec la pulpe de la betterave.
Ce sont les Allemands qui ont commencé à cultiver cette plante pour la nourriture des bestiaux, dès le milieu du siècle dernier; mais ce n’est que vers la fin qu’elle fut introduite en Lorraine sous le nom de Betterave champêtre, racine de disette. Aujourd’hui elle est considérée comme une des plantes fourragères les plus importantes, bien supérieure aux navets et aux carottes et aussi précieuse que la pomme de terre pour ses qualités nutritives; elle favorise merveilleusement la formation de la chair et de la graisse. Mais , comme nous l’avons dit, c’est surtout au point de vue de l’industrie sucrière que la betterave mérite d’être envisagée, et, sous ce rapport, c’est la variété dite B. blanche de Silésie qui doit avoir la préférence. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, elle est d’autant plus riche en sucre qu’elle croît dans les pays plus septentrionaux ; aussi est-ce en France, en Belgique, en Allemagne, en Prusse, en Pologne et môme eu. Russie qu’elle réussit le mieux. Une terre meuble et riche en humus lui est favorable ; elle doit avoir au moins une profondeur de 0“,60, afin que sa racine pivotante ne soit pas gênée dans son développement. On conseille généralement de ne pas employer pour cette culture un engrais trop chaud , tel quelle bon fumier de bœuf ou de cheval dont l’eftet serait d’introduire dans la plante de l’ammoniaque et de la potasse nuisibles à la fabrication du sucre. Des récoltes enfouies en vert lui sont particulièrement favorables ; aussi le mieux est de semer après l’avoine ou toute autre céréale qui suit le défrichement des trèfles, des luzernes, etc., et sans nouvel engrais.
Les semailles de betterave se font en France du 15 avril au 15 mai, en rayons, en pépinières ou à la volée; cette dernière méthode, où l’on emploie, suivant M. Bailly de Merlieux, 10 à 12 kil de graines par hectare, suivant d’autres seulement la moitié, cette méthode, disons-nous, est presque généralement abandonnée dans les bonnes cultures. Pour semer en rayons, il faut moitié moins de graines; on trace des sillons de 0“',0(> de profondeur et espacés de 0“',40 à 0“,50, dans lesquels on dépose quatre ou cinq graines ensemble, en laissant 0'“,30 entre chaque groupe. Si l’on sème en pépinière, il faut repiquer quand la racine a acquis la grosseur du petit doigt, du 1®’’ au 15 juin environ : on choisit pour cela un temps pluvieux, et on a la précaution de couper les feuilles extérieures à (>“,10 du collet. On doit faire des sarclages et des binages répétés, afin d’éviter l’envahissement des mauvaises herbes étrangères et le durcissement de la terre. La récolte se fera vers le milieu d’octobre et môme plus tard, si on n’a pas à craindre les gelées un peu fortes, c’est-à-dire jusque vers le 15 novembre ; c’est, en géîiéral, à cette époque qu’elles sont le plus riches en matière sucrée. C’est par l’arrachement qu’on y procède; il se fera, s’il est possible, par un temps sec, afin que la terre se détache facilement. C’est aussi à ce moment qu’on choisit les porte-graines ; ce sont les ra-
Fig. 307. — Beiterave Je Silésie.
Fig. 308. — BeUei-flv.^ champêtre.