‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 113 sur 385 · BIE · texte numérisé non relu

BIE

reins. Il existe bien encore une autre sorte de bézoards; mais ce ne sont que des concrétions formées par les poils que les animaux ruminants avalent en se léchant, et que les mouvements de l’estomac ont pelotonnés en boules ; il s’y est joint des débris de végétaux et des matières calcaires : on les rencontre principalement dans l’estomac de la chèvre sauvage ou ægaqre, d’où leur est venu le nom de ægagropile^ sous lequel on les a désignés. On les a aussi appelés bézoards d’ Allemagne.

Bézoaud minéral. — Ancien nom de l’acide antimonique (voyez Antimoine).

BIBERON (Médecine), du latin hibere., boire. — On appelle ainsi un petit vase en terre, en faïence, en verre, en argent, en fer-blanc, pourvu» d’un col plus ou moins long, plus ou moins recourbé, au moyen duquel on fait boire les malades. On s’en sert aussi pour faire boire les enfants au berceau. Nous avons dit notre avis à l’article allaitement, sur l’emploi du biberon, et nous ne saurions trop répéter que c’est une pratique à laquelle il ne faut avoir recours que dans les cas où il est impossible de faire autrement. Plusieurs espèces de biberons ont été inventées dans ces derniers temps ; tous se composent d’une petite bouteille à goulot et d’un petit appareil par où le lait doit être humé par l’enfant, cette dernière partie se compose en général d’un bouchon de liège, de bois ou de métal terminé par un bout en forme de sein, qui est tantôt en caoutchouc (biberon de Salmer), ou bien en tétine de vache préparée (M“e Breton) : quelquefois, c’est une petite fiole dont on bouche l’ouverture avec une petite éponge fine coiffée d’un linge, retenu autour du goulot par un fil. Mais le meilleur de tous est incontestablement celui de M. Charrière, il est des plus simples et son embout ou bouchon est en bois terminé par une espèce de mamelon en ivoire ramolli (voyez Ivoire) ; cette substance, devenue molle et flexible comme de la gélatine, est douce à la bouche de l’enfant, elle est inaltérable, ne contracte jamais de mauvaise odeur, et on pourrait dire qu’elle oftre presque toutes les qualités du bout de sein maternel. Dans les derniers temps M. Charrière a remplacé la vis en bois qui par la dilatation pouvait devenir difficile à dévisser, et se fendre par une vis métallique ; nous devons dire que pendant longtemps nous avons employé le biberon Charrière sans le moindre inconvénient de ce genre ; du reste, une précaution sur laquelle on n’insiste pas assez, c’est de maintenir le bout constamment dans l’eau fraîche et non pas seulement une demi-heure avant de s’en servir, comme le dit le rapport de l’Académie de médecine. Dans tous les cas, il faut le nettoyer très-souvent, et une extrême propreté est de rigueur.

BIBIONS (Zoologie), Bibio Geoff. ; Hirtea^ Fab. — Genre d'insectes diptères., famille des Nérnocères, du grand genre Tipule de Linné ; caractérisé, parce qu’il a neuf articles aux antennes, formant une massue presque cylindrique et perfoliée. Ces insectes ont de la ressemblance avec les Tipules propres ; ils sont lourds, volent peu et restent longtemps en place : très-communs dans nos jardins, ils y sont connus par des noms qui rappellent les époques de leur apparition ; ainsi : les mouches de Saint-Marc , les mouches de Saint-Jean. Le B. précoce {Tipula hortulana., Lin.; Hirtea hortu- lana, Fab.), dont le mâle est noir, et la femelle avec le thorax et l’abdomen rouges, le reste du corps noir; abonde sur les fleurs au printemps. Le B. ca^iiculaire (B. Joannis) a les pattes rousses, les ailes blanches, marquées d’un point noir. Les larves de ces insectes vivent dans le fumier ou dans la terre. Quoi qu’en pensent les gens de la campagne, la conformation de leur trompe s’oppose à ce qu’ils soient nuisibles aux plantes.

BICARBONATE. — Sel formé par la combinaison d’une base avec une proportion d’acide carbonique double de celle qui entrerait dans la formation d’un carbonate neutre (voyez Carbonate).

BICÉPHALE (Tératologie), qui a deux têtes. — Monstre à deux têtes (voyez Tératologie).

BICEPS (Anatomie), du latin bis. et caput. qui a deux têtes. — Nom de deux muscles, l’un au bras et l’autre à la cuisse, ainsi nommés parce qu’ils ont deux portions supérieurement. Biceps brachial ou huméral, situé à la région antérieure superficielle du bras ; de ses deux portions supérieures, l’une plus courte s’attache au sommet de l’apophyse coracoïde, l’autre à la partie supérieure de la cavité glénoïde de l’omoplate ; en bas à la tubérosité bicipitale du radius {scapulo -radial. Ch.). Il fléchit l’avant-bras sur le bras et le porte dans la supination. Biceps crural ou fémoral; situé à la région postérieure

de la cuisse, il s’insère en haut par l’une de ses portions à la tubérosité de l’ischion, par l’autre à la ligne âpre du fémur, en bas à la tête du péroné [ischio-fénioro-péronier. Chauss.). Il fléchit la jambe sur la cuisse.

BICHE (Zoologie). — Femelle du cerf (voyez Cerf).

BICHET. — Ancienne mesure de capacité spécialement employée au mesurage des grains. Celte mesure variait d’une province à l’autre. Le bichet de Lyon, employé dans la Bourgogne et le Lyonnais, contenait environ 40 litres.

BICHON (Zoologie). — Variété du chien (voyez Races).

BICIPITAL (Anatomie), qui appartient au biceps. — On donne le nom de gouttière ou coulisse bicipitale à une espèce de sillon placé en avant de la tête de l’humérus, et dans lequel glisse un des tendons du muscle biceps,

BICORNES (Botanique), du latin bis. deux fois, et cornu, corne. — Nom que Linné avait donné aux bruyères, parce que les anthères de la plupart de ces plantes sont fourchues, se renversent et présentent alors une espèce de croissant.

On appelle aussi bicornes les espèces du genre Marty nie, parce que la capsule de ces plantes est terminée par un long bec qui, à la maturité, se sépare en deux cornes arquées.

En général, ce mot s’applique aussi aux organes des plantes qui présentent deux prolongements en forme de cornes.

BIDENT (Botanique), Bidens. Lin., de bis, deux fois, et dens. dent. — Genre de plantes de la famille des Composées. tribu des Sénécionidées , sous-tribu des Hélianthées. ainsi nommé parce que les akènes sont couronnés par deux arêtes. Il comprend des herbes le plus souvent annuelles, à feuilles inférieures opposées, les supérieures alternes. Leurs capitules sont presque toujours ’aunes. Ce genre compte une vingtaine d’espèces environ, qui sont de peu d’effet pour l’ornement. Le B. tripartite {B. tripartita. Lin.), vulgairement CAawnred’caw, répand une odeur forte, et donne aussi une teinture jaune, et le B. penché {B. cernua, Wildw), Eupatoire aquatique. est commun dans les fossés, les marais, au bord des ruisseaux; elle donne, pour la teinture, diverses nuances de jaune aurore très-solide. G — s.

BIDET (Hippiatrique). — Petit cheval de selle, trapu, solide pour la course, très-commun autrefois avant les perfectionnements des moyens de transport ; le fermier, le maquignon, le petit propriétaire campagnard, le médecin, etc., avaient leur bidet; celui-ci, sauf quelques rares exceptions, n’avait pour ainsi dire pas de type, c’était un cheval ordinaire du pays. Mais le vrai bidet, c’était le bidet de poste, celui qui précédait les équipages des gens riches, en voyage ; celui qui servait pour les estafettes, avec lequel on courait à franc étrier ; il était solide plutôt qu’élégant, d’une qualité de membres parfaite, bien assuré sur scs aplombs, allant presque toujours au galop et pouvant soutenir longtemps cette allure. Les meilleurs bidets de France se tiraient de Bretagne, de Normandie et d’Auvergne,

BIEF ou Biez (Hydraulique). — Nom donné en hydraulique à un canal servant à détourner ou à soutenir à une certaine hauteur l’eau d’un cours d’eau pour produire une chute. On appelle également bief la portion d’un canal ou d’une rivière canalisée, comprise entre deux écluses ou deux pertuis (voyez Canal, Écluse, Pertüis). Le bief compris au-dessus de l’écluse du pertuis ou de la chute d’eau est le bief d’amont; le bief compris au-dessous est le bief d'aval.

BIELLE (Mécanique). — Tige rigide en fonte ou en fer, articulée par ses deux extrémités à deux points njobiles, les tenant à la môme distance, unissant leurs mouvements et servant ainsi à transmettre la puissance d’un point à l’autre. Les bielles sont employées en mécanique : 1” à transformer un mouvement rectiligne ou circulaire alternatif en un mouvement circulaire continu (ex. : machines à vapeur, rouet des fileuses), ou inversement (ex. : scieries mécaniques) ; 2" à transformer un mouvement rectiligne continu en un mouvernent circulaire continu (ex. : roues couplées des locomotives).

Dans ces diverses transformations, la bielle agit toujours à l’extrémité d’une manivelle qui est ou conducteur ou conduite. Pendant son mouvement da rotation, la manivelle forme avec la bielle des angles sans cesse variables de 0“ à 90o et de 90“ à 0“. L’efficacité de la trmismission varie dans les mômes limites, quand c’est la bielle qui commande la manivelle; maximum quand la bielle et la manivelle sont â angle droit, elle devient nulle

quand ces deux organes sont situés sur la môme ligne : on dit alors qu’ils sont à un point mort. Les points morts sont toujours doubles et ordinairement situés aux deux extrémités d’un môme diamètre du cercle décrit par le bouton de la manivelle; ils sont franchis au moyen de la

vitesse acquise de la machine. Pour que ce résultat soit obtenu plus facilement et que la marche de la machine soit plus régulière, on munit celle-ci de volants quand elle est fixe, ou bien on accouple sur un môme axe deux manivelles inclinées l’une sur l’autre, à angle droit, et

commandées par deux bielles à mouvements croisés (voyez Volant).

Dans plusieurs machines à vapeur, la tige du piston est animée d’un mouvement rectiligne alternatif, qui se transforme sur l’arbre de cette machine en un mouvement de rotation continu au moyen d’une bielle et d’une manivelle (fig. 310) ; cet arbre, à son tour, transmet à la tige du tiroir V un mouvement rectiligne alternatif au moyen d’un excentrique Q et d’une bielle S,S [fig. 311) (voyez Excrntrique). L’excentrique, qui joue ici le rôle d’une manivelle commandant le mouvement au lieu de le recevoir, ne présente plus les inconvénients précédemment signalés pour les points morts; l’efibrt transmis pourrait être, au contraire, infini dans le voisinage de ces points, et cette particularité est utilisée dans les machines à emporte-pièce et dans la presse monétaire^ en particulier.

Dans l’un et l’autre cas, le mouvement alternatif direct ou transmis diminue peu à peu pour s’éteindre entièrement au moment où il va changer de sens, ce qui est une

Fig. 3il. — Excentrique circulaire.

condition favorable pour que la quantité de travail utile transmise soit le plus grande possible.

Les locomotives destinées au transport des marchandises sont portées par deux ou trois paires de roues d’un diamètre exactement pareil, et réunies l’une à l’autre au moyen de deux bielles. Ces roues, dont les mouvements sont invariablement liés l’un à l’autre, deviennent alors toutes des roues motrices. On utilise ainsi tout le poids de la locomotive pour produire l’adhérence aux rails qui doit déterminer son mouvement de progression. Mais cette liaison donne lieu à des frottements que l’on évite généralement dans les locomotives à grande vitesse qui n’ont qu’une paire de roues motrices, l’adhérence étant toujours assez grande pour la faible charge qu’elles ont à traîner. M. D.

BIÈRE (Chimie industrielle). — Boisson fermentée, préparée avec de l’orge germée et aromatisée avec du houblon qui contribue en outre à sa conservation. On a également étendu le nom de bière à plusieurs autres boissons de qualité inférieure, telles que : les bières de sapin, de genièvre, de sarrasin, de mélasse, etc., qui toutes consistent en une liqueur sucrée ayant éprouvé une fermentation vineuse, plus ou moins avancée et aromatisée avec des substances diverses.

Toutes les céréales pourraient être employées à la fabrication de la bière ; pendant la germination, les principes azotés qu’elles contiennent fournissent un terment particulier appelé diastase, qui jouit de la propriété de transformer leur amidon en sucre, de le rendre soluble, et par conséquent absorbable par la jeune plante qui s’en nourrit, en attendant que ses racines puissent lui permettre de puiser ses aliments dans le sol. Ce sucre, pp une nouvelle fermentation, fournit l’alcool de la bière. Mais la bière , non plus que le vin, n’est pas de l’alcool étendu d’eau ; les matières nombreuses qui entrent dans la composition des céréales contribuent en môme temps que le houblon à lui donner ses qualités particulières; aussi l’introduction directe de matières suerps dans les cuves des brasseurs, dans le but d’économiser l’orge, est-elle une habitude fâcheuse que les lois interdisent en Angleterre dans un but fiscal, il est vrai ; mais cette habitude, assez générale dans nos brasseries, n’en est pas moins la cause principale de l’infériorité de nos produits sur les produits similaires anglais ou allemands.

De toutes les céréales, l’orge est sans contredit celle qui fournit la bière la plus parfaite; aussi est-elle presque exclusivement employée à cet usage.

La fabrication de la bière embrasse trois séries d’opérations principales, qui sont : 1“ le maltage ou germination de l'orge; 2<> le brassage proprement dit, formation du moût sucré et houblonnage ; 3<> la fermentation du moût.

Maltage. — L’orge est jetée dans des cuves avec quatre fois son poids d’eau; elle s’y gonfle peu à peu;

lorsque les grains sont uniformément gonflés et se laissent facilement écraser sous l’ongle, on les égoutte et on les porte au germoir. L’orge y est déposée en couches de 0“’,60 à 0“,60 d’épaisseur. Sous l’influence de l’eau qu’elle contient, de l’air et d’une température de 1 5 à 1G“, la germination commence et s’annonce par l’apparition d’une proéminence blanchâtre (radicule) à la surface du grain; on étale alors peu à peu l’orge en diminuant l’épaisseur de la couche, de manière qu’elle ne soit plus que de 0“,10 lorsque la germination est arrivée au degré convenable. Le printemps est la saison la plus favorable à cette opération ; c’est en mars et avril que la germination parcourt le plus régulièrement toutes ses phases ; aussi la meilleure bière est-elle appelée bière de mars.

Lorsque la radicelle a atteint les 2/3 de la longueur des grains d’orge, on transporte ceux-ci d’abord sur le plancher d’un grenier à l’air libre, puis dans une étuve à courant d’air chaud, appelée tour aille. La température de cet air doit s’élever graduellement à mesure que la dessiccation de l’orge fait des progrès jusqu’à 100“, où elle est complète. Après le touraillage., les radicelles sont devenues cassantes; on les détache et on les sépare au moyen du tarare; elles sont employées comme engrais sous le nom Autour aillons. L’orge germée, séchée, débarrassée de ses radicelles, est concassée entre des cylindres de fonte et constitue alors le malt., qui renferme de la diastase en quantité suffisante pour les opérations qui vont suivre. Le malt peut se conserver longtemps.

Brassage. — Lorsqu’on veut fabriquer la bière, on introduit du malt dans de grandes cuves en bois A [fig. 312), appelées cuves -matières.^ munies d’un double fond B, G

Fig. 312. — Cuxe de brassage.

percé de trous. Le faux fond destiné à supporter 1 orge est placé à quelques centimètres au-dessus du véritable fond ; entre les deux se trouvent le robinet de vidange r et le tube DE destiné à amener l’eau chaude qui doit être

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