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quelle que soit leur forme, ils n’ont que des angles droits, saillants ou rentrants, ce qui facilite beaucoup leur défense et leur construction.
Le blockhaus a été, pendant nos campagnes d’Afrique, un des ouvrages de fortification passagère les plus employés ; chaque colonne expéditionnaire portait avec elle un ou plusieurs blockhaus démontés, et en très-peu de temps les troupes du génie les avaient construits.^ Ils servaient, soit de postes isolés pour occuper des points importants, soit de réduit à des ouvrages de fortification passagère dans lesquels on les enfermait. Les blockhaus que l’armée d’Afrique employait étaient de forme carrée, et avaient un étage qui débordait le rez-de-chaussée. Les parois d’un blockhaus sont formées d’un ou deux rangs de poutres de 0“, 30 d’équarrissage; dans le second cas, les poutres sont jointives ou séparées par une couche de terre de 1“»,30. Des créneaux sont percés au rez-dechaussée et à l’étage ; de plus, dans la partie de l’étage qui déborde, on fait des mâchicoulis ou créneaux qui permettent de voir le pied du blockhaus. Les blockhaus sont capables d’une grande résistance,’ tant qu’ils ne sont pas attaqués par de l’artillerie ; ils ont de plus l’avantage de fournir un logement aux troupes qui les défendent.
BLOCS (Géologie). — On appelle ainsi des fragments de roches plus ou moins considérables, de formes variées, que l’on remarque à la surface du sol, dans le lit ou au bord des torrents, des rivières ou des lacs et qui ont été détachés par les courants, transportés, charriés par les eaux, par les torrents boueux, par des masses de glaciers brisés qui, en se fondant, ont laissé déposer ces fragments qu’ils avaient enfermés. Ceux qui ont été transportés et déposés par les eaux sont roulés par les frottements qu’ils ont éprouvés pendant leur migration ; il ne prennent, du reste, le nom de blocs que lorsqu’ils dépassent la grosseur de 0“,20 à 0"',25 de diamètre ; ceux d’un volume moindre prennent le nom de caillons roulés^ de galets ; ceux qui onit été transportés par les torrents boueux ou par des fragments de glaces sont ordinairement à arêtes vives et on en trouve d’une grosseur qui va quelquefois à 6 ou 800 mètres de diamètre. En raison de leur nombre, de leur dispersion sans ordre, sans arrangement aucun, on leur a donné le nom de blocs erratiques. Mais comment sont venus à des hauteurs quelquefois de plus de 800 mètres et paraissant souvent avoir traversé des vallées profondes, ces nombreux débris qui couvrent certaines parties des avant-postes des Alpes et le Jura môme, ot qu’on retrouve dans les Pyrénées, dans les Vosges, dans les Ardennes, en Angleterre, aux États-Unis, etc. ? Ce phénomène encore inexpliqué a soulevé de graves discussions parmi les savants. Toutefois, c’est en général le long des bords des glaciers, contre les flancs des vallées qu’ils s’accumulent, puis, lorsque plusieurs vallées viennent s’aboucher avec la première, tous ces blocs s’entassent en collines allongées auxquelles on a donné le nom de moraines (voyez ce mot).
BLUTAGE. — Voyez Mouture.
BOA (Zoologie). — Nom donné autrefois à un grand serpent d’Italie, probablement la couleuvre à quatre raies, ou le serpent d’Épidaure, parce qu’il suçait, disait-on, le pis des vaches [bos). — Aujourd’hui, il forme un genre de Reptiles ophidiens^ tribu des Serpents proprement dits, non venimeux, famille des Serpents vrais; caractérisé par un crochet de chaque côté de l’anus, le corps plus gros dans son milieu, la queue prenante, de petites écailles, au moins sur la partie supérieure de la tête. Une circonstance anatomique particulière, c’est que le boa a «n petit poumon qui n’est que moitié plus court que le grand, tandis que presque tous les autres serpents de cette tribu n’ont qu’un grand poumon avec un petit vestige d’un second. Ce genre renferme les plus grands serpents connus; quelques-uns atteignent 10 à 12 mètres. L’espèce la plus remarquable est le B. devin {B. constricfo>\ Lin., B. empereur, Daud.). Il est reconnaissable par une large chaîne de grandes taches noirâtres, alternant avec des taches pâles qui régnent tout le long du dos et y forment un dessin très-élégant. Les déterminations c’e ce genre présentent une assez grande confusion dans les auteurs; ainsi, l’un de ceux qui font autorité dans cette matière, Lacépède, nous paraît s’être trompé, lorsqu’il dit que le devin habite les plaines sablonneuses du nord de l’Afrique, et qu’il prend pour un boa le fameux serpent de 120 pieds cité par Pline, et qui fut tué auprès du fleuve Bagrada par l’armée de Béguins, au moyen de balistes. Cuvier, dont l’opinion paraît plus près de la vérité, atfirme que ce ne pouvait être cpx'im python (voyez ce mot) :
et en effet, le boa a été rapporté de la Guyane par Le Vaillant et Humboldt, et le prince de Wied l’a trouvé de son côté au Brésil ; c’est donc un serpent d’Amérique, et il habite particulièrement les rivages noyés de la Guyane et les parties basses et humides des forêts de l’Amérique méridionale. «Le devin, dit Lacépède, est, parmi les serpents, comme l’éléphant ou le lion parmi les quadrupèdes. Il surpasse les animaux de son ordre par sa grandeur comme le premier, et par sa force comme le second. » Il atteint, disent les voyageurs, jusqu’à 15 ou 16 mètres de longueur, et se fait remarquer par la beauté de ses écailles et la vivacité des couleurs dont il est peint. Si l’on réfléchit un instant à la longueur prodigieuse de ce serpent, à son diamètre, qui dépasse quelquefois 0“,50, à la puissance musculaire d’un corps souple, flexible, dont les mouvements peuvent exercer une pression exacte sur toutes les parties du corps qu’il a saisi, on concevra qu’il ose attaquer presque tous les animaux, depuis les plus petits jusqu’aux gazelles, aux chèvres, aux cerfs, et même aux taureaux ; il les enlace, les enveloppe, les étouffe dans les replis de son corps, et sous la pression de ses muscles puissants. Lorsque sa proie est d’un volume considérable, il l’entraîne ordinairement contre un arbre, et, se servant de celui-ci comme d’un point d’appui, il la comprime contre son tronc, après avoir enroulé l’un et l’autre dans les anneaux de son vaste corps; c’est alors que, par des mouvements répétés et ondulatoires, il pétrit, malaxe, allonge cette proie qu’il arrose en môme temps do son abondante salive, et enfin il l’avale en continuant à l’allonger de plus en plus pour en faciliter le passage à travers son large gosier. Mais quelquefois il arrive que cette proie est trop considérable pour être engloutie en une seule fois ; c’est alors qu’on a vu le devin, dans cet état d’engourdissement qui accompagne sa digestion, tenir dans sa hideuse gueule ouverte, une proie dont une partie est encore au dehors, tandis que l’autre subit déjà le travail de la digestion dans son estomac. Dans l’état de torpeur où est plongé le serpent après son horrible repas, il n’est plus à craindre, et il reste dans une immobilité complète pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que la faim vienne de nouveau le réveiller et lui redonner son agilité ; alors ses mouvements reprennent toute leur souplesse, et il se met en chasse ; il s’avance au milieu des broussailles ou des hautes herbes, semblable à une grosse et longue poutre poussée rapidement par une force invisible. Les animaux fuient à son approche ; mais rien ne l’ariête : ni les fleuves qu’il traverse à la nage, ni les arbres, dont il atteint les cimes les plus élevées, ne sont un refuge contre sa poursuite. La puissance redoutable du boa avait inspiré aux peuples de l’Amérique, et surtout aux Mexicains, une terreur superstitieuse qui l’avait fait regarder comme un être surnaturel et un ministre de la puissance divine ; aussi était-il devenu l’objet de leur adoration et de leur culte religieux, de là son nom de devin. >
BOGARD (Mécanique industrielle). — Appareil généralement employé pour broyer les minerais servant à l’extraction des métaux. Il se compose d’un certain nombre de pilons périodiquement soulevés par une roue à cames, puis abandonnés à eux-mêmes et retombant ainsi par leur propre poids sur les matières qu’on veut pulvériser (voyez Minerais).
Le bocard dont nous donnons le dessin est celui de la mine de plomb de Huelgoat, en Bretagne. Un cours d’eau est amené par un canal de bois au-dessus du sommet d’une roue hydraulique à augets, dont l’arbre se prolonge d’un côté de la roue et passe devant les pilons qui sont rangés, au nombre de douze, verticalement à la suite les uns des autres dans un plan parallèle à l’arbre, et partagés en trois groupes ou batteries de quatre chacune. En face de chacun des pilons, on a fixé sur l’arbre un anneau portant quatre cames en fonte A, A. Chaque pilon est formé lui-même d’une pièce de bois prismatique G, mobile verticalement entre des glissières et armée à son extrémité inférieure d’une masse de fonte ; il porte en outre vers son milieu une pièce de bois B, appelée mentonnet. Pendant le mouvement de l’arbre, chacune des quatre cames vient successivement frapper contre son mentonnet, soulève le pilon, puis l’abandonne. Pour que les résistances soient distribuées à peu près uniformément sur toute la circonférence de la roue^ les anneaux sont disposés de manière que les quatre pilons de chaque batterie soient soulevés tour à tour à des intervalles de temps égaux entre eux. Au-dessous de chaque^ batterie existe une auge dans laquelle on introduit le rainerai ; un courant d’eau pris sur le canal qui aboutit à la roue arrive dans cette auge par le tuyau D et la rigole E et s’échappe
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ensuite en F les portions fine.
par une ouverture grillée, entraînant avec lui du minerai qui sont réduites en poudre assez
tagneuses
jongles (B. frontalis), qui ressemble au r»œuf domestique et rend les mêmes services dans les contrées monda N.-E. de l’Inde; B*" le Bufle du Cap (Bos cafjer)^ animal très-grand et très-féroce» habite les bois de la Cafrerie. Le Bœuf musqué d'Amérique (Bos moschatus)^ considéré par Cuvier comme une espèce, forme aujourd’hui, d’après les travaux de de Blainville, un genre auquel ce savant a donné le nom d'Ooibos (voyez ce mot).
BOEUF DOMESTIQUE (Économie rurale).
— D’après la signification exacte du mot, le bœuf domestique est un animal de l’espèce du taureau, soumis à une opération par suite de laquelle il n’est plus apte à la reproduction, mais il est devenu, sauf de rares exceptions, d’un caractère doux, patient, facile au travail et suscep-
Fig. 328. — Roue hydraulique et son arbre à cames, mettant les pilons en mouvement.
Fig. 329. — Batterie de pilons.
Une disposition semblable met en mouvement les pilons de bronze qui servent à la fabrication de la poudre. M. D.
BOCKLET (Médecine, Eaux minérales). — Petit village de Bavière, à GO kilomètres N. de Wurtzbourg et 8 de Kissingen; il renferme plusieurs sources ferrugineuses bicarbonatées froides ; elles contiennent en outre jusqu’à l',48i d’acide carbonique : excellent tonique.
BODE (Loi de). — Voyez Planètes.
BCEUF (Zoologie), bos des Latins, bous des Grecs. — Genre de Mammifères ruminants^ tribu des Cornes creuses (Règne a/zfmo/, Cuv.); ordre des Bisulques, sous-ordre des Ruminants, famille desBouîo?es, tribu des Bouzw?,dans la classification de M. le professeur Gervais. Ce genre a pour caractères : des cornes revêtues d’une gaine cornée et formées intérieurement par un prolongement , de l’os du front, dirigées de côté, puis recourbées en haut et en avant en forme de croissant. Ce sont de grands animaux à mufle large, à taille trapue, à jambes robustes et à pieds fourchus. Les principales espèces du genre sont : 1® le B. ordinaire (B. taurus. Lin., Buff.), nom - spécifique qui désigne collectivement le jeune (veau), le mâle (taureau) et la femelle (vache). Il se distingue par ' un front plat, plus long que large, et des cornes rondes placées aux deux extrémités de la ligne qui sépare le front de l’occiput. Cuvier dit que c’est à tort qu’on a dit qu’il venait de l’aurochs, et, en eflet, ce dernier a le front bombé, plus large que haut et, entre autres caractères différentiels, il a une paire de côtes de plus que le bœuf (voyez Aurochs). Indépendamment de l’utilité qu’on retire du bœuf comme animal domestique, presque toutes les parties de son corps sont employées par l’industrie; on fait de la colle forte avec les rognures de sa peau bouillies; tout le monde connaît l’excellence de son cuir ; ses poils servent à faire de la bourre ; les cornes sont exploitées par la tableterie pour faire des peignes, des encriers, etc. Sa graisse, son sang, ses os, la membrane qui recouvre ses intestins entrent dans le domaine de l’industrie, etc.; 2° V Aurochs (voyez ce mot); 3° le Uufte (voyez ce mot); 4° Y Yack ou vache grognante de Tartarie (voyez Yack) ; 5® Le Gyall ou bœuf des
tible de mieux s’engraisser et donner de la viande de boucherie. Considéré dans une acception plus générale, ce mot désigne les animaux compris, en langage d’économie agricole, sous les dénominations de race ou espèce bovine, bêtes bovines. Le bœuf est un animal cosmopolite, qu’oii retrouve dans toutes les parties du monde, et qui présente un nombre infini de variétés qu’on désigne généralement sous le nom de races ; il comprend du reste dans sa généralité : 1® le bœuf proprement dit; 2" la vache; 3° le taureau. Tout ce qu’il y a à dire du premier peut s’appliquer aux deux autres, sauf les modifications que la fonction laitière imprime à la vache, et celles que le rôle de reproducteur détermine chez le taureau. On peut dire que le bœuf est un des animaux, sinon les plus précieux, au moins un des plus utiles à 1 agriculture ; et l’on pourrait presque mesurer avec certitude la richesse agricole d’un pays, et partant d’une exploitation rurale, au nombre et surtout à la qualité des bêtes bovines qui s’y trouvent. Autrefois la destination principale du bœuf était le travail, la consommation de la viande de boucherie était très-limitée, les populations ayant partout une nourriture presque exclusivement végéta’e ; alors la machine organisée qu’on appelle bœuf développait, par un exercice journalier et continué pendant, plusieurs années, les parties de son corps qui ne donnent à la boucherie que des viandes de qualité inférieure, telles que la tête, le cou, des membres démesurément allongés par le travail, et surtout une ossature grosse et lourde. Aujourd’hui un grand changement s’est opéré : d’une part, la viande entre pour une quantité considérable dans l’alimentation puMque; d’autre part, le cheval fait une partie des travaux de la campagne; et enfin l’invasion d’un nouveau moteur agricole, la vapeur, va réduire do plus en plus le rôle du bœuf comme travailleur. Aussi commence-t-on à concevoir que le vrai progrès doit consister aujourd’hui à élever le bœuf comme animal de boucherie, et non plus comme animal de travail, qu’il faut mettre tous ses soins à lui faire produire de la viande par une bonne nourriture , pas ou peu de travail, et donner par ce perfectionnement des bénéfices
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assurés au cultivateur et à l’éleveur. Voici à quels signes on reconnaîtra le bœuf de boucherie (fg. 330) ; il aura les membres courts, la taille relativement peu élevée, le cou mince et peu musclé, la tôle fine, courte, les cornes peu développées, l’ossature mince, légère, le tronc aniple dans tous les sens ; la peau fine, souple, le poil luisant, doux ; pas ou très-peu de fanon, contrairement à l’opinion erronée de quelques éleveurs ; la physionomie calme, placide; en un mot, sa fprme extérieure sera d’autant plus avantageuse, qu’il se rapprochera plus de
la figure d'un parallélogramme; ce sera là le type de la beauté du bœuf de boucherie, bien éloigné de l’idéal de la beauté artistique ; mais qui réalisej'a toutes les données du problème dont la solution est, la plus forte proportion de viande livrable à la consommation. Quant au bœuf de travaif celui que nous venons de décrire sera toujours capable de fournir une somme suffisante de travail pour le but auquel il sera destiné dans les nouveaux modes d’exploitations rurales : sans doute, et les données physiologiques nous l’apprennent assez, la nature
du pays, le genre de travail, la constitution de l’animal, la nourriture qui lui sera donnée et le temps que durera la période de labeur auquel il sera soumis, imprimeront quelques modifications à la machine organisée ; mais si l’on a de bons types primitifs, ces modifications seront d’une médiocre importance et n’altéreront pas d’une manière sensible les qualités essentielles de l’animal de boucherie. Du reste, avec les progrès de l’agriculture, le travail du bœuf tend à diminuer et finira probablement par disparaître tout à fait. Ce qui vient d’être dit peut s’appliquer à la vache, quant à la production de la viande, et, après avoir été mère, nourrice et laitière pendant un certain nombre d’années, après avoir même, dans certains pays, un peu travaillé, la vache prend trèsbien l’engraissement et produit une viande de bonne nature, en dépit du préjugé qui la frappe d’un discrédit immérité. Mais c’est surtout en raison de ses qualités de laitière qu’elle est précieuse et qu’elle fournit un appoint considérable aux bénéfices de l’agriculteur. On peut dire, en général, que le rendement du lait est en rapport avec l’abondance et la richesse des herbages : la grande vache flamande, qui vit dans les plaines fertiles de la Flandre, du Boulonais, de la Picardie, et surtout la belle et robuste normande, nourrie dans les gras et frais pâturages du Cotentin, donneront jusqu’à 30 ou 40 litres de lait, tandis que la petite, mais vigoureuse bretonne, qui vit au milieu des maigres herbes de la lande, ne donnera que 3, 4 ou 5 litres de lait, mais à la vérité d’une délicatesse exquise pour la confection du beurre. Les bornes qui nous sont imposées ne nous permettent que de dire quelques mots sur les principales variétés de l’espèce bovine, l" La race des Pyiœnées,, assez bonne pour le travail, le lait et la viande, présente pourtant ces qualités en rapport avec la nature un peu maigre de ses pâturages. Elle a la robe jaune ou rouge pâle, les cornes fortes, toujours très- relevées, les membres solides, le corps un peu long. Elle est apte au travail. 2» La race garonnaise^ grande, belle, bonne pour le travail, prend bien la graisse ; elle est médiocre pour la production du lait. Elle s’étend à toute la vallée de la Garonne, et contient un grand nombre de sous-variétés, le type de la race a porté jusque dans ces derniers temps le nom de race agénaise» Elle est haute de taille, fortement mem-
brée, le corps allongé, la poitrine vaste, la tête courte, de grosses cornes aplaties et dirigées en avant et en bas ; elle est couleur fauve clair, souvent nuancé de brun à la tête. 6® La race limousine^ une des meilleures, bonne au travail, mais excellente surtout pour la boucherie depuis qu’on l’a perfectionnée en la retirant du travail. Elle a la robe jaune, la taille haute chez le bœuf, petite chez la vache, le corps assez long, le train de derrière peu développé, la tête forte, les cornes grosses, dirigées en avant et souvent en bas. 4" La race de Salers ou auvergnate^ qui a perdu de son ancienne réputation depuis qu’elle a été mise en concours avec d’autres bonnes races ; elle a pourtant des qualités ; mais elle s’engraisse avec peine et sa viande est peu estimée. Haute de i“,40 à 1“», 50, elle a la robe rousse, son poil est doux, luisant, presque toujours d’un rouge vif; la tête courte, le front large, cornes courtes, grosses, luisantes, ouvertes; l’encolure forte; les épaules grosses, le poitrail large, le corps épais, ramassé, le ventre volumineux, la croupe et les fesses larges, l’allure pesante. Cette race est douce et docile. 5° La race ardennaise , très-bonne laitière, médiocre pour la boucherie. Elle tient des races flamande et hollandaise; elle a le corps long, la poitrine étroite, la tête légère; ses cornes sont petites et recourbées en avant, son poil est couleur pie blanc et noir, fi® La race bretonne, très-nombreuse, petite, mais solide, peu travailleuse, engraisse assez bien, donne peu de lait, mais d’une qualité supérieure. Elle est sobre et vigoureuse. On la trouve dans toute la Bretagne, et elle compte plus d’un million d’individus. Cette race a la tête fine, les cornes minces et longues, arquées et relevées, les membres grêles, [le corps un peu long, le fanon peu prononcé, l’encolure mince. 7® La race flamande, très-bonne laitière, est essentiellement travailleuse, peu productive pour la viande. Elle est extrêmement nombreuse et ne donne pas moins de 800 000 individus, sa robe est d’un rouge plus ou moins brun; d’une taille moyenne, elle a la tête fine, les cornes écartées à leur naissance, se projetant en avant et en bas, pour se relever ensuite ; la poitrine est un peu étroite, l’épaule un peu plate et médiocrement musclée. 8° La race normande, forte, bonne sous tous les rapports; se subdivise en variété cotentine et variété augeronne : cette race te-
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naît la tête des marchés par sa force et sa corpulence {fig> 331), laitière supérieure par la quantité et par la qualité du beurre qu’elle produisait, elle était sans rivale ; et l’éleveur normand, comptant trop sur sa
supériorité, n’avait rien fait pour l’améliorer, se fiant seulement à la richesse de ses pâturages ; mais stimulé enfin par les résultats qui se produisaient autour de lui, désabusé par quelques signes d’infériorité dans les con-
Fiff. 331. — Bœuf normand.
«oins, il a enfin compris qu’il était temps de se mettre à l’œuvre, et, éclairé par une récente expérience, il a vu que la première chose à faire était la suppression du travail dont l’eftet devait être de diminuer la grosse et puissante ossature de son bœuf, défaut capital de la race
au profit du développement de sa viande et de sa graisse.. 9° La race charolaise^ inconnue, il y a cent ans, hors de son pays natal, est aujourd’hui une des plus importantes, sinon la plus précieuse des races françaises. Originaire du Gharolais (Saône-et-Loire), elle a bientôt pénétré dans
Fig- 332. — Race charolaise améliorée.
les pays voisins, particulièrement dans la Nièvre, le Cher, l’Ailier, et a pris une extension considérable, grâce à la nature et à la qualité des herbages. Dans l’origine, cette race était uniformément blanche; elle avait le corps cylindrique et pesant, les membres courts; une tête courte, large, des naseaux bien ouveïts, des cornes de
longueur moyenne, lisses, légèrement relevées vers îa pointe, le regard doux, exprimant la confiance et uno certaine énergie; le poil fin, lisse et peu tassé, presque pas de fanon ; les croisements opérés avec les races voisines et particulièrement avec la nivernaise, ont bien introduit quelques modifications dans le type des anciens
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Charolais; mais le fond est resté le môme, et telle qu’elle est constituée aujourd’hui, cette race offre les principaux traits suivants : très- peu laitière, mais éminemment propre à l’engrais à l’herbe, très-apte et très-vigoureuse au travail, chose qui paraît d’abord contradictoire, mais confirmée par les faits. Comparée à la race cotentine, la race charolaise est supérieure sous le rapport du rendement et de la qualité de la viande. (Rapport de la commission choisie en 1856 dans le syndicat de la boucherie de Paris.) II existe encore en France bien d,’autres races estimées, mais que nous ne pouvons même citer faute de place; nous en excepterons pourtant, la race di'Aubrac (Aveyron) ; la race bressane; la race landaise; la race morvandelle; la race parthenaise^ etc. Les principales races étrangères sont celles de la Suisse et de l’Angleterre, parmi ces dernières celle de Durham surtout (voyez Races bovines : elles nous ont fourni dans ces derniers temps un grand nombre de reproducteurs précieux, mais dont il ne faut se servir qu’avec beaucoup de discernement. Les personnes qui voudront des détails plus étendus consulteront avec fruit les travaux des professeurs Grognier, Magne, de MM. le marquis de Dampierre, Lefour, Bodin, Riessel, V Encyclopédie de Vagriculture^ le Livre de la ferme ^ etc. (voyez Vache, Veau, Lait, Taureau, Races).
Bceuf d’Amérique. — Voyez Bison.
BiæuF A BOSSE. — Nom vulgaire du bison d'’ Amérique et du zébu (voyez ces mots).
BœuF DES MARAIS (Zoologie). — Nom vulgaire du Butor {Ardea stellaris) (Oiseau) (voyez Butor, Héron).
Boeuf marin (Zoologie). — On a donné ce nom aux Lamantins, aux Dugongs et, en général, aux animaux de la famille des Cétacés herbivores, parce qu’ils sortent de l’eau et viennent paître l’herbe sur la rive comme les Ruminants.
BOGUE (Zoologie), Boops, Cuv. — Genre de Poissons acanthoptérygiens , famille des Spardides , voisin des Oblades, avec lesquels ils forment une tribu caractérisée par ses dents tranchantes; ils en diffèrent seulement parce qu’ils ont les dents du rang extérieur tranchantes, sans dents en velours comme les Oblades, la bouche petite et non protractile. On trouve dans la Méditerranée plusieurs espèces de ce genre; ainsi le B. vulgaire {Spams boops, Lin.), qui a le corps rayé en long de couleur d’or sur un fond d’argent ; sa chair est délicate ; le Spare saupe {Spaims salpa, Lin.), plus ovale; les raies d’or sont plus brillantes, courant sur un fond d’acier bruni ; sa longueur est de 0“,30 environ ; sa chair est moins estimée : ces deux espèces se nourrissent de très-petits poissons et de plantes marines.
BOIS (Zoologie). — On donne ce nom aux cornes rameuses et caduques que portent les animaux du genre Cerf, de Cuvier; c’est-à-dire les Cerfs proprement dits, les Elaiis, les Daims, les Chevreuils, les Rennes. En môme temps qu’elles sont un ornement, ces cornes servent d’armes défensives et offensives à l’animal. Les femelles en sont dépourvues, excepté celle du renne. Au commencement du printemps, on voit poindre sur l’os frontal, dans les jeunes, deux proéminences qui végètent, s’allongent rapidement en soulevant la peau dont elles restent couvertes pendant quelque temps ; elles ont à leur base un anneau de tubercules osseux qui, en grossissant, oblitèrent les vaisseaux nourriciers; alors cette peau se dessèche et tombe; les proéminences, mises à nu, se séparent ellesmêmes, au printemps, du crâne auquel elles tenaient, tombent aussi et l’animal reste sans armes. Mais pendant l’été, il pousse un nouveau bois destiné aussi à tomber et habituellement plus grand chaque année que le bois précédent. Chez beaucoup d’espèces, le bois porte des rameaux ou, en termes de vénerie, des andouillers. Le bois des cerfs diffère des cornes des autres animaux du groupe des Ruminants à cornes en ce qu’il est purement osseux et solide. Aussi a-t-il été exploité par l’industrie pour de nombreux usages; ainsi on le travaille comrne toutes les autres substances dures et solides ; on (‘U fait des manches pour une multitude d’objets de coutellerie, des pommes de canne, des tuyaux de pipe, etc. La corne de cerf râpée, souvent employée en médecine, entre dans plusieurs composés pharmaceutiques, la décoction blanche de Sydenham, par exemple.
BOIS. — Nom donné à la partie de l’arbre qui est recouverte par l’écorce. — Au point de vue chimique, la nature du bois est assez complexe. Chaque fibre ou cellule y est extérieurement formée par de la cellulose (voyez ce mot), et intérieurement tapissée par une matière incrustante dont la composition est mal connue et
semble assez variable. Les matières textiles, et en particulier le coton, le vieux linge, sont formés de cellulose presque pure (Ci^H^'^O'®) ; dans les bois blancs et légers, la cellulose joue encore le principal rôle ; mais la matière incrustante devient d’autant plus abondante que le bois est plus âgé, qu’il est plus dur et plus compacte, et, comme elle est plus riche en carbone et en hydrogène que la cellulose, elle dégage généralement plus de chaleur par la combustion (voyez Ligneux).
En dehors de ces deux substances principales, le bois renferme en outre des matières gommeuses ou résineuses, et des matières colorantes ou azotées tenues en dissolution ou en suspension dans la sève qui imprègne tout végétal à l’état frais, et jouent un grand rôle dans l’altération ou la conservation des bois. Enfin, les bois, quand ils sont verts, contiennent de 30 à 50 p. 100 d’eau ; après un an de coupe, ils en gardent encore 20 à 25p. 100; ils sont tous plus ou moins hygrométriques, et quand on est parvenu à les dessécher complètement dans une étuve chauffée à 120 ou 130°, ils reprennent 8 à 10 p. 100 d’eau par leur simple exposition à l’air dans une chambre sans feu. Ces variations dans les quantités d’eau contenues dans le bois en produisent de très-marquées dans son volume. Le bois change peu dans le sens de ses fibres, mais ses dimensions transversales aux fibres s’accroissent ou diminuent d’une manière trèsmarquée par l’humidité ou la sécheresse.
Le bois se conserve indéfiniment dans l’air sec et dans l’eau privée d’air ; mais quand il est soumis alternativement ou simultanément à l’action de l’air et de l’humidité ou de l’eau, il s’altère peu à peu, absorbe l’oxygène de l’air, dégage de l’acide carbonique, se désagrège et se transforme en une poudre grise ou brunâtre : on dit qu’il se pourrit. Le chlore blanchit le bois sans le dissoudre ;. l’acide nitrique le jaunit ou le rougit; à Tétât de concentration et bouillant, il détruit sa cohésion et finit par le transformer en acide oxalique. L’acide sulfurique le noircit rapidement, et quand il est en excès, il le transforme en une matière gommeuse qui, sous l’influence de l’eau bouillante, se change elle-même en sucre de raisin. La potasse chaude et en dissolution concentrée dissout également le bois en formant ainsi une liqueur brune qui renferme des acides oxalique, acétique et ulmique. Le bois est plus dense que Teaii; mais comme il est très-poreux et que ses pores, surtout quand il est sec, se trouvent remplis d’air, le plus souvent il surnage Teau. On ne peut fixer d’une manière précise ni sa composition ni sa densité, Tun et l’autre variant, pour un même bois,, avec son âge, avec la nature du terrain qui Ta produit, avec son état de dessiccation. Quoi qu’il en soit, V Annuaire du bureau des longitudes donne pour densité moyenne apparente des bois, obtenue en négligeant leurs pores, les nombres suivants, celle de Teau étant égale à 1 t
Chêne
Tilleul.
Hêtre
Cyprès
Frêne
Cèdre.
If
Peuplier blanc...
Orme
Sassafras
Pommier
Peuplier ordinaire
Sapin jaune,.
Idége
Le poids du
bois cordé ou du mètre cube de
bois de
chauffage dépend en outre de la grosseur et de la forme des morceaux, et surtout du soin plus ou moins grand avec lequel ils sont rangés. Plus les morceaux sont gros, plus le poids du mètre cube augmente; mais un mélange convenable de gros et de petits morceaux l’augmente encore. En général, on peut admettre que le rapport du vide au plein est de 44 à 56, ce qui donne pour le poids du mètre cube environ 495 kilogr. (voyez Densité).
On divise les bois en bois blancs, bois durs, bois de. travail et bois résineux. A chaque dénomination se rattachent des idées de propriétés et d’applications différentes. Le peuplier, à cause de sa légèreté, est réservé particulièrement à la fabrication des enveloppes grossières, caisses, tonneaux, et des panneaux des menuiseries coinrnunes. Cependant le peuplier de la Caroline serait supérieur aux bois les plus durs pour la menuiserie. Le bouleau, dont le tissu est plus serré que celui du peuplier,, sert à faire des objets plus soignés, boîtes, tabatières, etc. On l’emploie également à la confection de cercles pour cuves, tonneaux... On le distille également pour en tirer une matière goudronneuse qui, mêlée avec des jaunes d’œuf et appliquée aux cuirs par le corroyage, leur communique Todeur et les qualités des cuirs de Russie. D’autres bois légers, tels que aunes f bourdaines, tilleuls,.
BOI
fusains^ saules, tiges écorcées de chanvre, sont employés à la préparation des allumettes ou d’un charbon trèscombustible. (voy. Essences ligneuses. Forets.
Les bois durs indigènes, que l’on utilise le plus communément pour le chauffage et pour la menuiserie, sont ceux de chêne, de hêtre, de charme, d’ome, de frêne, de cormier, êiQ noyer, châtaignier et â' acacia. Ce dernier bois, remarquable par la rapidité de sa croissance et par son facile accommodement aux terres les plus médiocres, ne l’est pas moins par sa grande dureté et par sa résistance au frottement et à la pourriture. Ainsi les dents des roues d'engrenage, les bobines des filatures de lin, les chevilles, les gurnablcs (chevilles des navires), les rais des roues, les coins des rails, les traverses des chemins de fer, les êchalas des vignes, les tuteurs des pépinières, etc., d’acacia offrent le double avantage de la bonne qualité et de l’économie. On doit donc regretter que ce bois ne soit pas plus cultivé en France.
A ces bois de travail viennent s’ajouter les bois exotiques employés surtout par l’ébénisterie pour le placage ou le plein : Vacajou, Vébène, le citronnier, le palissandre, \e'gdiac, le boi^} de férole ou de feroë, de Cayenne, le thuyti, et autres bois d’Afrique. Leur beauté tient aux matières colorantes et incrustantes qui ont injecté leur tissu. Ils peuvent se débiter en lames très-minces et prennent un beau poli.
Plusieurs de ces bois répandent une odeur agréable, qui les fait rechercher pour la confection de petits meubles et pour garnitures et objets de luxe : tels sont les bois à'alocs, de cail-cédrat, de citronnier, de cèdre, de girofle, de cannelle giroflée, de gayac,âQ rose, de sassafras, de santal citrin, etc., qui sont tous pour nous des bois exotiques.
Les bois dits résineux, tels que le pin,^ le mélèze, le cèdre... doivent à la résine dont ils sont imprégnés de résister longtemps aux agents atmosphériques , et de donner en brûlant plus de chaleur que les bois blancs.
Le prix du bois varie essentiellement suivant les usages auxquels on le destine et les qualités qu’il présente, eu égard à ces usages. Comme combustible, il doit se payer surtout en raison de la quantité de chaleur qu’il dégage en brûlant. Il résulte des expériences comparatives du général Morin, que, sous ce rapport, l’usage et la pratique avaient équilibré d’une manière assez exacte les valeurs vénale et réelle de chaque bois.
Le bois, quelles que soient sa dureté et sa compacité, subit tôt ou tard une altération profonde sous l’influence combinée de l’air et de l’eau. Le principe azoté qu’il contient est le point de départ de cette transformation ; il se modifie et devient par rapport aux autres un véritable ferment (voyez Fermentation). Un travail lent s’établit, qui a pour effet la désorganisation du bois, la décomposition de la cellulose et de la matière incrustante, et leur transformation en une poudre brune de composition incertaine, renfermant de Vhumus ou acide humique et du bois non encore entièrement transformé en humus (voyez ce mot). Ce môme principe azoté exerce encore une autre influence également fâcheuse ; pouvant servir de nourriture aux insectes, il les attire sur le bois qu’ils pénètrent en tous sens et qu’ils détériorent rapidement ; il forme également l’un des aliments principaux de diverses végétations cryptogamiques qui, se développant à la surface et jusque dans le centre des bois les plus résistants, y occasionnent des dégâts aussi grands que ceux produits par les insectes. Le Foudroyant, vaisseau de 80 canons, lancé en 1798, dut être radoubé et refondu presque en entier en 1802 ; les cryptogames l’avaient tellement envahi qu’il tombait en pourriture. Il y a quelques années, les termites se propagèrent avec une telle rapidité dans les ports de Rochefort et de la Rochelle, qu’en peu de temps des travaux considérables furent détruits. C’est surtout dans les pays sans hiver que les insectes font les plus grands ravages (V. Emploi des bois).
Conservation des bois. — La destruction rapide du bois dans des conditions oû sa conservation serait si importante, a fait rechercher de tout temps les moyens qui pourraient en accroître la durée. Les anciens semblent être parvenus, à cet égard, à des résultats assez remarquables, si l’on en juge par les échantillons de bois présentés récemment à l’Académie, et qui proviennent du quai de Carthage dont la construction remonte à plusieurs milliers d’années. Pline et Vitruve décrivent l’un et l’autre le procédé employé dans l’antiquité. L’arbre étant debout et en pleine sève, on pratiquait en son pied un trait de scie intéressant tout l’aubier et s’arrêtant au cœur, et on l’abandonnait à lui-même. La sève coulait