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en abondance par la blessure, entraînant avec elle la. plus grande partie des matières solubles et azotées. Puis quand l’écoulement avait cessé, l’arbre était abattu ; il se séchait rapidement et résistait beaucoup plus longtemps aux causes de destruction. On arrive à un résultat à peu près pareil en laissant le bois séjourner quelques mois dans l’eau. C’est ce qui se pratique dans nos ports de mer pour les bois de construction des navires, et on sait à Paris que le bois de charpente flotté se garde mieux que le bois neuf amené par terre ou par bateaux. L’exposition du bois à la vapeur d’eau produit encore le môme effet, et les luthiers traitent souvent de cette manière les bois destinés à la confection des tables de leurs instruments à cordes, qu’ils rendent ainsi plus sonores et plus durables. Ces procédés, toutefois, ne constituent que des palliatifs ; aussi les bois qui sont exposés aux intempéries sont-ils recouverts à leur surface de préparations ayant pour but de les préserver de l’action de l’air et de l’eau. Tel est un des objets principaux de la peinture à l’huile, du goudronnage, etc. Dans quelques chantiers de constructions navales, on applique au pinceau surtoutes les surfaces des pièces de bois à conserver une solution bouillante de soude ou de potasse caustique ; douze heures après, la première application étant sèche, on la recouvre d’une dissolution de pyrolignite de fer ou de plomb, et quelquefois ces préparations sont remplacées par une dissolution de sublimé corrosif, à raison de 2 kil. de sublimé par hectolitre d’eau. Ces diverses applications ont une grande ulilité, mais elles ont un défaut dont on saisit sans peine la gravité ; elles s’arrêtent à la surface du bois qui seule est préservée; qu’elle se fissure, et les parties intérieures, rendues accessibles aux causes de destruction, pourront s’altérer; aussi voit-on assez souvent des bois peints qui extérieurement paraissent intacts^ tandis que l’intérieur en est pourri.
Le problème de la conservation des bois n’a été résolu d’une manière complète que dans ces dernières années. Les premiers essais, dus àM. Boucherie, datent de 1832. Des billes de bois injectées dans toute leur masse de substances salines diverses furent enterrées dans la forêt de Compiègne, en môme temps que d’autres billes de môme nature, mais sans préparation. Au bout de dix ans, les premières étaient intactes et les secondes entièrement pourries. Les procédés d’exécution de M. Boucherie sont très-simples. Lorsqu’il peut opérer sur l’arbre encore sur pied, il pratique vers son extrémité inférieure deux incisions à quelques centimètres de distance, de manière que par elles deux il intéresse presque toute l’épaisseur du sujet, en ayant soin de le consolider par des cordes sur sa base ainsi affaiblie. Puis il enveloppe le tronc au-dessous de l’incision avec une toile goudronnée, formant ainsi un sac dans lequel il fait rendre la liqueur conservatrice contenue dans un tonneau. L’aspiration qui s’effectue par les feuilles fait monter la liqueur jusqu’au sommet des branches au travers de toute la masse du bois. L’opération se fait aussi rapidement et d’une manière commode sur un arbre récemment abattu, pourvu qu’on lui ait conservé une partie de ses feuilles, surtout celles du sommet. Ce procédé, toutefois, ne réussit d’une manière complète que pour les bois tendres et V aubier des bois durs. Le cœur ne se laisse pénétrer que difficilement et d’une manière irrégulière, les canaux y étant presque entièrement obstrués par la matière incrustante. Pour les billes des chemins de fer et les poteaux des lignes télégraphiques, on se contente de les placer dans une position inclinée et de garnir leur extrémité la plus élevée d’une toile goudronnée formant réservoir dans lequel on verse le liquide à injecter. C’est alors le seul poids du liquide qui le fait pénétrer dans le bois. L’opération est plus lente, mais elle donne encore de très-bons résultats. Les substances généralement employées sont : \q pyrolignite de fer, le sulfate de cuivre, les chlorures de calcium, de zinc, de mercure, etc. m
Le procédé de M. Payne, imaginé par M. Bréant, donne encore de meilleurs produits; mais il exige le concours d’appareils dispendieux. M. Payne se sert de grands cylindres très-résistants, en tôle de fer, dans lesquels il introduit le bois à injecter ; il en chasse l’air au moyen d’un courant de vapeur d’eau, puis il le ferme. Le vide s’y fait par la condensation de la vapeur. Au bout de quelque temps, en tournant un robinet il met son cylindre en communication avec le réservoir de la liqueur conservatrice qu’il y refoule à une pression de dix atmosphères, au moyen d’une pompe foulante. Au bout de six à douze heures, suivant la nature du bois, la pénétration du li^ quide a eu lieu jusque dans le cœur.
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