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BORGNE (Médecine). ~ Qui n’a qu’un œil, qui ne voit ■que d’un œil. On a rencontré des fœtus monstrueux qui n’avaient qu’un œil, quelquefois au milieu du front. Certains enfants viennent au monde aveugles ou borgnes, et «ette infirmité est plus ou moins grave suivant la maladie qui l’a produite. La perte d’un œil peut venir d’un accident, coup, blessure, etc., ou d’une maladie propre de l’œil ; dans ce cas, on peut toujours craindre que l’autre ne soit affecté de la même manière, et on doit prendre le plus grand soin d’éviter les causes qui ont pu déterminer la maladie du premier.
Borgne (Anatomie). — Cette dénomination s’applique à certains conduits qui n’ont qu’un orifice. Ainsi, dans l’os frontal, le trou borgne ou épineux est situé au bas de la crête frontale, sur la ligne médiane, à la face interne de cet os. A l’angle de réunion des deux branches du V formé par les grosses papilles de la langue, en arrière du sillon superficiel, se voit un trou borgne [foramen cæcum de Morgagni),
Borgne (Chirurgie). — Les fistules à l’anus qui n’ont qu’une ouverture sont appelées fistules borgnes; si l’ouverture est externe, la fistule est dite borgne externe ; lorsque l’orifice unique est dans l’intestin, c’est une fistule borgne interne (voyez Fistule).
BORIQUE (Acide) (Chimie) (BO“^). — Composé naturel formé par la combinaison d’une proportion de bore et de trois proportions d’oxygène et produisant les borates^ par son union avec les bases.
Découvert en 1702 par Homberg, cet acide s’extrayait autrefois exclusivement du borate de soude naturel ou tinkaf que l’on traitait par l’acide sulfurique, et prenait ■en médecine, où il était usité, le nom de sel sédatif de Homberg. Les lagoni de Toscane en fournissent aujourd’hui des quantités telles qu’il sert, au contraire, à la production du tinkal artificiel ou borax (voyez ce mot).
Dans certaines localités de la Toscane, il s’échappe des erevasses du sol des courants très-chauds d’un mélange complexe de gaz et de vapeurs entraînant avec elles des substances ordinairement solides, des sulfates d’ammoniaque, de fer, de chaux, d’alumine et d’acide borique. Autour de ces crevasses soufflantes appelées soffioni.^ on a construit des bassins circulaires A [fig. 345) appelés I
îagoni (petits lacs), et disposés par gradins les uns audessous des autres ; on fait arriver dans le plus élevé l’eau des sources voisines. Dès que l’eau est assez abondante pour pénétrer dans les crevasses, elle est refoulée par le mélange gazeux, soulevée en petits cônes qui se déchirent pour donner passage à une colonne de vapeurs blanchâtres ; elle se charge en môme temps d’acide borique. Au bout de vingt-quatre heures, l’eau est devenue presque bouillante et contient une quantité notable d’acide. On la fait écouler dans le bassin immédiatement inférieur et on recharge d’eau celui qui vient d’être vidé. A mesure qu’elle descend vers les bassins inférieurs, l’eau s’enrichit de plus en plus d’acide. Quand elle
marque 1 ,3 à l’aréomètre Baumé, on la fait passer dans des bassin B, D où, par le dépôt, elle abandonne une grande quantité de matière terreuse, puis quand elle est éclaircie, elle passe successivement dans une série de bacs en plomb «, ô, c, larges, peu profonds et pareillement disposés en étages; au-dessous de ces bacs, on dirige les mélanges gazeux qui s’échappent de soffioni trop mal situés pour qu’on puisse y former des lagoni, et ces courants suffisent pour produire l’évaporation du liquide. Ce liquide, suffisamment concentré, s’écoule finalement dans des cristallisoirs G où il dépose de l’acide borique brut employé à la fabrication du borax. La préparation de cet acide n’exige donc ni force mécanique ni combustible; l’inclinaison du terrain et les courants de vapeur chaude font tout le travail. 100 000 000 de kil, d’eau sont ainsi évaporés annuellement et produisent 1 000 000 de kil. d’acide borique cristallisé.
L’acide borique cristallise en écailles nacrées(BO^+3HO) contenant 4,36 p. lOO d’eau qu’il perd au rouge en fondant. Il se dissout dans 25 fois son poids d’eau à la température ordinaire. Il se dissout un peu dans l’alcool et dans l’esprit de bois dont il colore la flamme en vert. Cette coloration verte, qui est surtout très-marquée avec l'esprit de bois, sert à reconnaître de petites quantités d’acide. L’acide borique se volatilise à une très-haute température, surtout dans un courant de gaz ou de vapeur. Cette particularité explique la présence de ce corps dans les soffioni de la Toscane et a été mise à profit par Ebelmen pour la fabrication artificielle des pierres précieuses. En dissolvant de l’alumine et de la magnésie dans de l’acide borique fondù et évaporant celui-ci par la chaleur, on obtient des cristaux de spinelle identiques aux beaux spinelles de la nature. La vaporisation de l’acide borique est singulièrement facilitée par la vapeur d’eau, et c’est évidemment là la source de l’acide borique dans les lagoni. Cette substance existe dans les profondeurs du sol ; elle en est tirée par la vapeur d'eau qui l’entraîne pour la déposer dans l’eau des bassins. M. D.
BORRAGINÉES (Botanique). — Famille, de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes (de Juss.). 'Elle comprend des herbes et des arbrisseaux, plus rarement des arbres, à feuilles alternes, simples, ordinairement couvertes de poils plus ou moins longs et roides. L’inflorescence est en épi, en cyme scorpioïde ou roulée en forme de crosse. Calice à 5 lobes; corolle ordinairement quinquélobée ; 5 étamines, 4 ovaires uniovulés; fruit composé de 4 akènes à une seule graine dépourvue de périsperme. Les Borraginées se rapprochent des Labiées, elles habitent les légions extratropicales des deux continents. Le genre Boîu-ruc/ic est le type de cette famille. Elles se rencontrent surtout abondamment dans la région méditerranéenne et l’Asie centrale.
Leurs propriétés sont, en général, émollientes par le mucilage qu’elles renferment. Genres principaux : Hé^ liotrope [Heliotr opium., lXn.)^Mélimt {Cerinthe., Lin.), Vipérine [Echium., Lin.), Bourrache {Borrago., Tourn.), Consoude [Symphytum Tourn.), Anchuse ou Buglosse [Anchuso Lin.), Lycopside [Lycopsis, Lin.), Pulmonaria^ Tourn. ; Myosotis^ Lin.; Cynoglossum, ïourn. G — s.
BOSSE (Anatomie), en latin, gibbus, — On désigne sous ce nom certaines proéminences qu’on observe à la surface de quelques os du crâne; ainsi :
les B. frontales., au-dessus des sourcils; la B. nasale., entre les arcades sourcilières ; les B. pariétales., au centre des pariétaux ; la B. occipitale, sur la ligne médiane de l’os occipital, un peu au-dessus du trou occipital (voyez ces différents mots). On donne aussi, vulgairement, le nom de bosses aux protubérances du crâne qui servent de base à la crâniologie dans le système de Gall (voyez Craniologie, Phrénologie).
Bosse (Pathologie). — Les médecins ont donné le nom de bosse à toute déviation, tout vice de conformation des os qui constituent le tronc, et particulièrement de la colonne vertébrale et du sternum. Ces déviations peuvent être congénitales ou ne se produire que plus ou moins long.
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temps après la naissance ; elles dépendent généralement des scrofules, du rachitisme, de la syphilis constitutionnelle héréditaire ou d’une maladie particulière des cartilages, des os, etc. Quand cette difformité est en arrière, elle prend le nom de gibbosité; en avant, celui de cambrure^ lordose ; sur les côtés, on l’appelle obstipation. On donne encore le nom de bosses aux tumeurs qui s’élèvent subitement après une -contusion sur les parties molles qui recouvrent les os du crâne ; elles peuvent avoir lieu aussi, quoique rarement, sur d’autres parties du corps par la môme cause. Elles sont formées de sang épanché ou simplement infiltré ; il est rare qu’elles ne cèdent pas rapidement aux résolutifs (voyez ce mot).
Bosse (Zoologie). — On appelle bosses certaines grosseurs que quelques animaux ont naturellement sur le dos; ainsi le dromadaire {chameau d'Arabie) en a une; le chameau proprement dit {chameau de Bactriane) en a deux; le bison d’Amérique en a une sur les épaules; le zébu une ou deux sur le garrot. Ces bosses qui sont des dépôts graisseux, sont recherchées comme très-bonnes à manger (voyez Chameau, Bison, Zébu).
BOSWELLIE (Botanique), Bosweliia^ Roxb., dédié au docteur Boswel, d’Édimbourg. — Genre de plantes de la famille des Burséracées^ qui a pour caractères : fleurs hermaphrodites; calice à 5 dents; 5 pétales étalés; 10 étamines ; capsule drupacée à 3 loges monospermes. La B. dentelée {B. serrata^ Stackh.) est un arbre élevé, à feuilles pennées avec impaire. Ses fleurs sont petites et blanchâtres. Elle croît dans les montagnes des Indes orientales. C’est, selon Roxburgh, cette espèce qui produit le véritable encens ou gomme d’Oliban sous forme de gomme résineuse odorante, qu’on obtient au moyen d’incisions faites au tronc. La B. glabre {B. glabra, Roxb. ; Canarium balsnmiferum^ WiWû.) est un arbre du Coromandel. Elle donne aussi une résine abondante, que les habitants du Bengale emploient comme de la poix. Ces espèces sont de serre chaude. G’ — s.
BOTAL (Trou de) (Anatomie). — On donne ce nom à une ouverture qui existe chez le fœtus, en arrière et en bas de la cloison qui sépare les deux oreillettes du cœur; de sorte qu’il y a à cette époque de la vie une communication entre les deux oreillettes et que le sang peut passer dans l’oreillette gauche sans traverser le poumon (voyez Circulation). Cette ouverture s’oblitère après la naissance et il n’existe plus aucun mélange du sang noir avec le sang rouge ; cependant, quelquefois cette occlusion n’a pas lieu complètement, et alors presque toujours cet accident donne lieu à une maladie connue sous le nom de cyanose ou maladie bleue (voyez Cyanose). Le nom de trou de Botal a été donné à cette ouverture à cause de Botal, célèbre médecin du xvi® siècle, qui, dit-on, en a parlé le premier, quoiqu’elle ait déjà été connue de Galien (voyez CtœuR).
BOTANIQUE, du grec botanê^ plante, ou Phytolocie, du grec phuton, plante. — Science qui . s’occupe de l’étude, de la description et de la classification des végétaux (voyez Phythologie et Végétal {Règne).
BOTANIQUE (Jardin). — Voyez Jardin.
BOTHRION (Médecine), du grec bothrion, petite fosse. — C’est un ulcère de la cornée, commençant par une phlyctène, comme Vargéma, dont il ne diffère que parce qu’il est plus profond (voyez Argéma).
BOTRIOCEPHALE (Zoologie). — Voy. Ténia.
BOUC (Zoologie). — C’est le mâle de la Chèvre.
BOUCtvGE (Botanique), du goût des boucs pour cette plante. — Genre de plantes appelé Pimpinella^ Lin. (altéré de bipennula., à cause des feuilles deux fois pennées); elle appartient à la famille des Ombellifères., tribu des Amminées., et a pour caractères : calice entier; pétales entiers, réfléchis ; fruit ovale, oblong, strié ; carpelles à 5 côtes égales; vallécules à plusieurs bandelettes. Le B. anis (P. unisum., Lin.) est l’espèce la plus importante de ce genre à cause de ses graines aromatiques, si connues sous le nom A' anis et employées dans la confiserie et la parfumerie pour leur huile essentielle. Dans la fabrication de l’anisette, l’anis étoilé est préférable. La médecine fait aussi usage de ces graines comme cordiales et stomachiques. Originaire de l’Égypte, cette espèce se cultive dans quelques départements méridionaux de la France. Le Grand Boucage {P. magna. Lin.) est une grande herbe indigène dont les racines passaient autrefois pour diurétiques et résolutives. Il fournit un bon fourrage ainsi que le B. saxifrage {P. saxifraga. Lin.), espèce très-commune dans nos prairies. Elle a les fleurs blanches, les tiges grôles et rameuses, et vient sur les pelouses arides. G — s.
BOUCANAGE. — Procédé grossier de con servation des viandes en les enfumant sur un gril nommé boucan.
BOUCHE (Anatomie), ôwcca, des Latins; stoma, des Grecs. — On appelle ainsi une cavité située à Centrée des voies digestives, entre les deux mâchoires, limitée en haut par la voûte palatine, en bas par une grande partie de la langue, en arrière par le voile du palais, en avant par les lèvres et par les arcades alvéolaires et dentaires. Ses parois latérales sont formées par ces mêmes arcades et par les deux joues : une- ouverture postérieure la fait communiquer avec le pharynx; en raison de son étroitesse, elle a reçu le nom à' isthme du gosier; enfin, l’ouverture antérieure est ce qui doit véritablement porter le nom de bouche (du grec buô, je bouche). La capacité de la bouche varie à l’infini, depuis l’état d’occlusion complète où les mâchoires étant rapprochées ne laissent aucun vide entre elles, jusqu’à l’état d’écartement extrême où cette cavité représente une pyramide dont la base est l’ouverture buccale. C’est dans la bouche que s’opère la fonction qui constitue le sens du goût, ainsi que la mastication, l’insalivation des aliments, première phase du travail chimique de la digestion et le ommencement de la déglutition. C’est là aussi que l’articulation des sons a lieu.
Bouche (Zoologie). — Cette cavité varie beaucoup de formes dans la série animale, et les principales différences qu’on y remarque tiennent en général au genre de vie; ainsi, les animaux Carnivores ont une bouche plus large, plus grande que les Herbivores. Dans les Vertébrés, elle est toujours formée de deux mâchoires se mouvant verticalement l’une vers l’autre ; presque tous les Mammifères ont des dents ; les Oiseaux ont un bec qui offre de nombreuses modifications ; parmi les Reptiles et les Poissons, les uns ont des dents, les autres en sont dépourvus. Dans les Mollusques, la diversité des aliments a dû déterminer de nombreuses modifications dans la bouche ; ainsi, les Céphalopodes ont un bec formé de deux mâchoires de corne semblables au bec d’un perroquet; plusieurs Gastéropodes ont dans la bouche une masse musculaire et une langue garnie de petits crochets; d’autres ont une bouche en forme de trompe plus ou moins allongée. Dans la plupart des insectes, la bouche est composée de six pièces [fig. 346 et 347) ; quatre sont placées par paires, deux de chaque côté, et se meuvent latéralement; la paire supérieure s’appelle les mandibules, la paire inférieure retient le nom de mâchoires; des deux
Fig. 346. — Tête de blatte vue devant (1).
Fi-g. 347. — Appendices buccaux d'un carabe (2).
autres pièces, l’une qu’on appelle labre, est sitiiée audessus de la paire des pièces supérieures ou mandibules, et l’autre au-dessous de la paire inférieure ; elle porte le nom de lèvre, elle est elle-même formée de deux parties, l’une, plus solide et inférieure, est le menton, la supé-rieure, qui porte souvent deux palpes, est la languette. Parmi les Insectes suceurs, les uns ont de petites lames en forme de soies ou de lancettes, reçues dans une gaine tenant lieu de lèvres : tels sont \qs punaises, \q^ puces, etc. D’autres fois, on ne trouve que deux palpes supportées par la lèvre, les mâchoires ont acquis une longueur extraordinaire, et forment une espèce de trompe, se roulant en spirale, et qu’on nomme langue. Les Crustacés ont plusieurs mâchoires transversales qui ont quelque analogie avec celles des Insectes. Dans les Arachnides, la
(1) a, Antennes. — b, yeux composés. — e, ocelles. — d, labre. — e, mandibules. — f, mâchoires. — g, languette. — h, palpes labiales.
(2) a, labre. — b, mandibules. — c, mâchoires. — d, menton.
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bouche est armée de mâchoires. Chez les Aimélidcs, la bouche est souvent armée d’une trompe protractile et de mâchoires ayant la forme de crochets cornés. Les vers intestinaux ont des suçoirs ou ventouses souvent armées de pointes dures, ^nfin, les Zoophvtes ont rarement la bouche munie de pièces dures (Oursins), mais souvent entourée de tentacules (polypes, holothuries). Ad. F.
Bouché d'argent (Zoologie). — Nom vulgaire du Turbo argyrostomus, espèce de mollusque du genre Sabot.
Bouche sanglante (Zoologie). — Nom vulgaire du Buccinum hœmastoma (voyez Buccin).
Plusieurs autres coquilles portent encore le nom de bouche.
Bouche-en-flute (Zoologie). — Famille de Poisso7is aca^ithoptérygiens., caractérisée par un long tube au-devant du crâne, prolongement de l’ethmoïde, du vomer, des préopercules, inter-opercules, ptérygoïdiens et tympaniques et au bout duquel se trouve la bouche ; les intestins n’ont point de grandes inégalités ; les côtes sont courtes ou nulles ; ils comprennent les genres Fistulaire et Cenhûsque.
BOUCHER, Boucherie (Hygiène publique). — La viande étant un des éléments les plus importants de l’alimentation publique, on conçoit que la question de la boucherie ait dû préoccuper de tout temps les gouvernements, et qu’ils aient senti la nécessité de réglementer cette industrie, non-seulement pour assurer les approvisionnements dans les grandes villes, mais surtout au point de vue de l’hygiène publique et de la salubrité : aussi l’existence d’une espèce de corporations des bouchers se trouve-t-elle déjà à Rome, où ils avaient leurs lois, leur police, leurs tribunaux spéciaux. Dès les premiers temps de l’histoire de Paris, on trouve que tout ce qui regarde le service de la boucherie, les achats, les approvisionnements, le débit, est confié à un certain nombre de personnes qui élisent ce qu’on appelait le maître des bouchers. On sait le rôle que joua cette corporation pu'iiisante dans les troubles qui ensanglantèrent Paris pendant la démence de Charles VI, lors des terribles luttes des Armagnacs et des Bourguignons ; plus tard, au lendemain de l’assassinat de Henri III, le 12 janvier 1590, intervint une sentence du Châtelet qui règle le mode d’élection des quatre jw'e's chargés de gouverner la communauté des bouchers; enfin, la révolution de 1789 ayant eu pour conséquence l’abolition des corporations, le commerce de la boucherie devint libre par toute la France : plus tard, cependant, la boucherie fut de nouveau réglementée à Paris, et le nombre des bouchers limité (en 1811). Aujomd’hui, par l’ordonnance du 24 février 1858, on est revenu, après divers essais d’assez courte durée, à un régime de liberté, quant au nombre des bouchers et au prix de la viande tempéré par des mesures de polices, protectrices de la salubrité publique: ainsi à Paris, un étal de boucher n’aura pas moins de 2“,50 de hauteur, 3“,50 de largeur et 4 mètres de profondeur; il ne doit y avoir ni âtre, ni cheminée, ni fourneau ; elle sera séparée de toute chambre à coucher par un mur, sans pouvoir communiquer directement avec elle; elle ne doit être fermée sur la rue, et seulement pendant la nuit, que par une grille en fer. Les boucheries seront construites de manière à n’admettre qu’une faible lumière, et à avoir toujours une température audessous de l’atmosphère en été, afin d’en écarter les insectes et les mouches qui peuvent nuire à la conservation de la viande ; elles seront tenues avec une propreté telle qu’elles n’exhalent aucune mauvaise odeur, grâce à l’abondance des eaux qu’elles reçoivent et qu’elles peuvent laisser écouler avec facilité. Une autre question intéressante pour l’hygiène publique est celle qui a rapport au transport des animaux de boucherie; on a reconnu que lorsque les animaux étaient surmenés, il pouvait en résulter des accidents graves pour la salubrité; aujourd’hui on amène dans des voitures les porcs, les veaux et souvent d’autres bestiaux dont la chair est bien plus susceptible de s’altérer; et on fait en sorte de faire voyager les bœufs et les moutons à plus petites journées. On a beaucoup disserté aussi sur les inconvénients que présentent les viandes déjà avancées et en état de décomposition au point de vue hygiénique; la science a naguère proclamé l’innocuité de ces viandes comme aliments; mais il est probable que de longtemps l’opinion publique ne sanctionnera cette décision (voyez Abattoir, Viande, etc.). Consultez sur cette matière : Bizet, Du commerce de la boucherie et de la charcuterie de Paris., et des conimerces qui en dépendent, Paris, 1847 ; — Guérard; Sur le transport
f/e? animaux destinés à la boucherie. Annales d’iiygiène), etc., t. XXXV, p. G5, 184G; — IStotice sur 7e régime du commerce de la boucherie, publiée par le ministre de l’agriculture et du commerce, Paris, 1850; — E. Millon, Delà liberté du cominerce de la boucherie, 1851. — Pour les produits de boucherie, voy. Viande.
BOUCHES A FBü (Artillerie). — On a donné le nom de bouches à feu aux armes à leu de gros calibre et d’un poids considérable, en réservant celui d’armes à feu pour les armes de faible calibre et facilement maniables pour un seul homme. A notre époque, on distingue trois espèces de bouches à feu : les canons, les obusiers et les mortiers.
C’est vers la fin du xme siècle (voyez Artillerie) qu’apparaissent les armes à feu ; dès l’origine on trouve des armes de petit calibre, c’étaient les arquebuses dont l’arc avait été supprimé et remplacé par une boîte mobile s’ajustant au tube et renfermant la poudre et le projectile; elles tiraient des balles ou de petits boulets en plomb. Ces armes prirent différents noms ; canons, serpentines, arquebuses ; leur poids était trop considérable pour qu’un homme pût les porter; elles étaient placées sur de petits chariots et manœuvrées par un ou deux hommes. On employait en môme temps une pièce complètement différente, c’était la bombarde; elle était composée de lames de fer et même de bois reliées fortement entre elles et solidement assujetties sur de fortes charpentes. Le calibre de la bombarde était très-considérable, le boulet de pierre pesait quelquefois jusqu’à 1 500 livres; l’âme était divisée en deux parties : la partie antérieure, destinée à recevoir le boulet, était tronconique et cylindrique ; la partie postérieure ou chambre, destinée à recevoir la charge, était cylindrique et d’un diamètre beaucoup plus petit.
Vers 1400, l’arquebuse fut remplacée parla coulecrine, fondue en bronze d’une seule pièce, pesant 18 à 24 livres et manœuvrée par un homme ; cette pièce devint rapidement l’arme de l’infanterie. Les services que cette pièce rendit décidèrent à augmenter son calibre et sa longueur; on obtint ainsi une excellente pièce ayant un tir suffisamment précis et une grande portée. En môme temps , l’emploi des boulets de fonte permit de diminuer le calibre des bombardes, qui furent faites en bronze et un peu allongées; on put alors employer une plus forte charge et supprimer la chambre; on obtint ainsi le canon.
L’artillerie ne se composa bientôt plus que de la coulevrine de poids et de calibre moyens et de grande longueur, du canon de gros calibre, de petite longueur et plus lourd que la coulevrine, et enfin du mortier ressemblant aux anciennes bombardes et que Jean Bureau employa au tir des bombes en 1542. La plus grande confusion régnait dans la fabrication de ces pièces et dans les calibres. Louis XI réussit le premier à établir un peu d’uniformité et fit établir par Jean Bureau des pièces types; aussi l’artillerie française fut-elle bientôt la première, et lorsque Charles VIII partit pour l’Italie, il emmena avec lui un parc remarquable par le nombre des pièces et lesr uniformité.
A partir de cette époque, tous les pays s’efforcèrent d'imiter la France ; pendant la paix, l’uniformité s’établissait, mais durant les guerres étrangères ou civiles de nouveaux calibres s’introduisaient ; suivant le genre de guerre les bouches à feu variaient de poids et de calibre ; dans les guerres de siège, l’artillerie devenait lourde et grosse, dans les guerres actives légère et de petit calibre. Au commencement du xvii® siècle, le tir à mitraille se répandit; de 1601 à 1604, au siège d’Ostende, un Français inventa les obusiers.
Gustave-Adolphe donna à son artillerie une légèreté qu’on ne connaissait pas encore. Sa principale artillerie se composait de pièces de 12 et de 8, courtes et légères ; il donna aux bataillons de son infanterie de petites pièces de 4 en fonte pesant 525 livres, destinées à tirer à mitraille, et, quelque temps après, il leur donna des canons du même calibre. Après les guerres de Louis XIV, l’artillerie française se trouva dans une grande confusion ; elle fut réorganisée par Vallière en 1782 ; le système était très-simple, les pièces bien construites, suffisamment légères et de 5 calibres différents, 24, 16, 12, 8 et 4; on adopta l’obusier de 8 pouces (le calibre des obusiers et des mortiers est exprimé par le diamètre de l’âme) et les mortiers de 8, 10 et 1 2 pouces et un pierrier de 1 5 pouces ; le pierrier est un mortier de grande dimension destiné à lancer des paniers de pierres, de grenades ou d’obus. Ce système ne dura que jusqu’en 1765 et fut remplacé par
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celui de Gribeauval, qui, avec quelques modifications, a été le système français jusqu’en 1863. Gribeauval avait établi la séparation complète de l’artillerie de siège et de l’artillerie de bataille : pour la première, il admettait les calibres de 24, 16, 12 et 8, un obusier de 8 pouces et les mortiers de même calibre que ceux de Vallière ; pour l’artillerie de campagne, les calibres de 12, 8 et 4 et un obusier de 6 pouces. Ce qui distingua ce système, ce fut le soin apporté à la construction des affûts, qu’on avait négligée jusqu’alors , et l’uniformité complète de toutes les parties du matériel. Les affûts furent changés en 1826, mais les bouches à feu ont été conservées, sauf le 8 de siège, le 4 de campagne, les obusiers de 8 et de 6 pouces.
En 1863, l’empereur Napoléon III apporta une simplification considérable à notre artillerie de campagne ; on adopta le canon-obusier de 12 et on supprima le canon de 8 et l’obusier de 0“,16. L’artillerie^ de campagne fut alors composée du canon de 12, qui prit le nom de 12 de réserve, de l’obusier de 0“,16, formant avec ce canon les batteries de réserve et de position, et du canonobusier de 12 employé dans toutes les circonstances ordinaires. Enfin, en 1868, tout le système d’artillerie fut changé en France, sauf les mortiers.
L’artillerie de campagne se compose du canon de 4 rayé de campagne et du canon de 12 rayé de réserve qui est l’ancien canon-obusier de 12 rayé.
L’artillerie de montagne se compose du canon de 4 rayé de montagne.
Les canons de siège ont été remplacés par le canon de 12 rayé de siège, qui est l’ancien canon de 12 de réserve rayé. — Voir au supplément. M. M.
BOUCHON, Bouchon de liège. — Les bouchons de liège sont fabriqués avec l’écorce du Chêne liège {Que?-eus suber), qui croît en Espagne, en Italie, en Algérie et dans le midi de la France. Leur forme est légèrement conique ; ils doivent être bien arrondis, élastiques, unis, secs, sonnants et sans défauts. Du reste, leur qualité est extrêmement variable et, par suite, aussi leur prix.
Les bouchons sont fabriqués à la main par un ouvrier appelé bouchonnie?\ Le liège est d’abord coupé en bandes plus ou moins étroites, puis débité en morceaux quadrangulaires dont on abat les angles pour dégrossir le bouchon.
Dans cet état, chaque morceau de liège est pris par le bouchonnier armé d’un long couteau à lame large, mince et bien affilée. Le couteau est fixé sur le bord d’un établi, le tranchant en haut; le bouchonnier, tenant son bouchon des deux mains, le présente sur le tranchant, sur lequel il le fait glisser longitudinalement en le tournant sur lui-même entre ses doigts de manière à couper le liège en le sciant, ce qui donne une section plus nette. Cette opération marche très-vite entre les mains d’un ouvrier exercé.
On a imaginé plusieurs machines destinées à fabriquer les bouchons par des procédés mécaniques. Le travail est ainsi plus rapide et plus régulier ; mais le déchet est tel qu’on a dû y renoncer. Le liège, en effet, n’est pas un produit homogène. ; il est sillonné par de nombreuses veines, dures, friables et perméables aux liquides et aux gaz. La machine passe au travers de ces défauts sans aucun choix, et les bouchons qui les présentent doivent être mis au rebut ou taillés à neuf ; l’ouvrier les évite, au contraire, et passe à côté ; il obtient un bouchon plus petit, mais de bonne qualité.
Les bouchons de qualité très-médiocre suffisent encore ipour les boissons ordinaires. Les vins non mousseux que l’on met en bouteilles pour la consommation ordinaire ne donnent pas de pression sur le bouchon, et pour peu que celui-ci soit un peu serré et qu’il ne soit pas trop défectueux, la fermeture est suffisante ; mais pour les vins fins, de garde, et surtout pour les vins mousseux, on ne doit faire usage que de bouchons de premier choix. La cire ne pourrait être utilement employée, comme pour les vins rouges, à compléter la fermeture.
BOUCHOT. — Voyez Moule.
BOUCLE (Vétérinaire). — Anneau en fer ou en cuivre lue Ton passe à travers le boutoir du porc pour l’empê- ;her de fouir la terre.
On donne le nom de boucle à des vésicules qui se développent dans l’intérieur de la bouche du porc affecté de domatite aphtheuse ; ces vésicules se terminent par la brmation d’une eschare. On emploie contre cette maadie les lotions avec l’eau aiguisée d’acide sulfurique, les X)issons rafraîchissantes, etc.
BOUCLÉ, Bouclée (Poisson). — On a ajouté cette épi-
thète au nom de certains genres de poissons pour indiquer des espèces particulières qui présentent sur le corps de gros tubercules osseux garnis d’un aiguillon recourbé nommé boucle^ comme dans la Raie bouclée {Raia clavata^ Lin.), ou qui ont la peau toute garnie de petites épines, tel que le Squale bouclé^ Lacép. {Squalus spinosus^ Bloch) (voyez Raie, Squale).
BOUCLIER (Zoologie), Silpha^Lin.^ Peltis^ Geoff. — Genre d'insectes coléoptères pentamèi'es ^ famille des Clavico?mes^ tribu des Silphales; caractérisé par : le corps en forme de bouclier, un peu déprimé ; corselet grand, dilaté ; élytres fortement rebordées ; palpes filiformes ; tarses composés de 6 articles. La plupart de ces insectes vivent dans les matières en putréfaction et exhalent une odeur infecte ; quelquefois ils laissent échapper par la bouche et par l’anus une liqueur très-fétide; ils recherchent les lieux sombres et retirés, où ils trouvent les cadavres ou les excréments des animaux. Il y en a qui vont souvent sur les arbres à la recherche des chenilles; leurs larves, qui sont aussi agiles, vivent de la môme manière ; parmi les espèces d’Europe, on remarque ; le B. thoracique {Silpha thoracica, Lin.), le corps noir, le corselet rouge, qui habite nos bois; il est long de 0“,0I6. Le B. quatre points {S. q?mdripunctata. Lin.), noir, le corselet jaune, qui vit de chenilles sur les jeunes chênes. Le B. obscur {S. obscura)^ d’un noir obscur, long de 0'",016, très-commun. Le B. réticulé {S. reticulata^ Lin.), d’un noir opaque ; aux environs de Paris.
BOUE (Médecine), en latin cœnum. — Mélange de détritus minéraux, végétaux et animaux qui se forme dans les rues et sur les places publiques, dans les villes et les campagnes et sur les routes et les chemins. L’enlèvement des boues dans les rues des grandes villes constitue un point très-important dans l’hygiène publique et dans le service de la police de salubrité ; les substances végétales et animales qu’elles contiennent et qui sont en voie de décomposition, dégagent des gaz et des exhalaisons trèsnuisibles à la santé dans les temps humides et chauds. Il faut donc, comme cela se pratique à Paris et dans les grandes villes, que l’autorité veille avec le plus grand soin à ce que le balayage, l’arrosement et l’enlèvement des boues soient faits le plus souvent possible et que les habitants secondent efficacement l’administration dans l’exécution des mesures qu’elle prend à cet égard. Mais, à un autre point de vue, les boues des villes, mélange de substances animales, telles que résidus de cuisine, de boucheries et autres et de détritus végétaux de toute espèce, deviennent un engrais très-énergique et très-fertilisant; aussi, dans presque toutes les villes, elles sont affermées à des cultivateurs ou à des industriels qui en font une spéculation ; mais c’est dans les villages, dans les petites localités, que Ton voit avec peine une masse de ces boues presque perdues pour l’agriculture par Tincurie et l’ignorance de nos paysans, qui non-seulement, en les utilisant, assainiraient leurs villages, mais encore feraient tourner au profit de l’agriculture des principes funestes à la santé publique ; dans les campagnes , les boues des marais, des mares, des fossés, des canaux appellent aussi la surveillance des magistrats, et il est bien à désirer que, par une mesure générale, ce remuement des boues, ces curages, en un mot, se fassent à une époque où les miasmes qu’ils dégagent soient moins dangereux ; ainsi jamais au printemps ni en été, à moins que les boues ne soient enlevées immédiatement, mais vers la fin de l’automne et au commencement de l’hiver. F — n.
Boue des coutelieks (Matière médicale). — Voyez CiMOLÉE (Terre).
Boues minérales (Matière médicale). — On donne ce nom à des dépôts des eaux minérales, ou à des terres imprégnées des matières que les eaux charrient et qu’elles abandonnent soit sur le sol, soit dans les réservoirs. Ëlles sont assez peu consistantes pour qu’on paisse y entrer comme dans un bain ordinaire. Les boues minérales diffèrent suivant qu’elles sont composées exclusivement d’éléments mJnéraux, ou qu’il y entre une plus ou moins grande proportion de matières végéto-thermales ou de conferves. En général, ces bains n’ont pas de propriétés spéciales autres que celles des eaux minérales dont les boues sont le produit; seulement elles doivent posséder une plus grande énergie d’action, en raison de la pression plus considérable, du frottement plus fort subi par la peau, de la forme plus concentrée des principes minéralisateurs , des matières organiques qui y existent quelquefois en quantité notable, des gaz nouveaux qui se produisent et de la fermentation qui y a lieu : on obtient donc une médication plus excitante et
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plus tonique que par les eaux minérales ordinaires. Les principales boues de France sont celles de Saint-Amand (Nord), d’un brun noirâtre et répandant une odeur prononcée d’acide sulfhydrique ; on les prend ordinairement à la température du bain ordinaire tempéré, et on y reste plusieurs heures; en en sortant on se plonge dans un bain dit de propreté. Il y a aussi des boues minérales à Bourbonne. Celles où prédomine l’élément végétal se trouvent à Néris, à Bagnères-de-Luchon, à Dax. Mais c’est surtout en Allemagne qu’on trouve les boues minérales en plus grande quantité. F — n.
BOUÉE (Marine). — Corps flottant attaché à un orin ou cordage mince, servant à marquer la place où a été jetée l’ancre d’un navire, et à la retrouver dans le cas où le câble de l’ancre viendrait à se rompre par accident. La bouée est formée, pour les navires marchands, d’un morceau de bois de sapin ou d’un tonneau vide; et pour les gros navires, de doubles cônes en bois ou en tôle formant un vase creux qui surnage l’eau de mer. Des bouées de dimensions plus grandes sont employées dans le voisinage des côtes à signaler un écueil, un danger quelconque, ou la direction d’un chenal ou d’une passe difficile. L’orin est alors muni à son extrémité inférieure d’une ancre de bouée qui le fixe au lieu marqué.
La bouée de sauvetage est un grand plateau de liège ou un cylindre creux en tôle, lesté sur une de ses faces et portant sur l’autre une hampe de drapeau destinée à le faire voir de loin, et qu’on jette à la mer lorsqu’un homme y est tombé. Elle a pour but de donner au naufragé un point d’appui en attendant qu’une barque aille à son secours.
BOUFFISSURE (Médecine), en latin inftatio. — Gonflement, le plus souvent partiel, occasionné par une infiltration de sang, de sérosité, et même de gaz dans le tissu cellulaire ; quelquefois la bouffissure est tout à fait accidentelle et tient à de la fatigue. La bouffissure sanguine peut être la suite de fortes contusions. L’emphysème traumatique (voyez Emphysème) détermine une bouffissure plus ou moins considérable du tronc ou de la face; c’est de l’air échappé du poumon. Il y a souvent bouffissure dans les hydropisies par infiltration séreuse.
BOUGIE (Chimie industrielle). — De Bougie, ville du littoral de l’Afrique algérienne, d’où la France retirait la plus grande partie de la cire nécessaire à sa consommation.
Le nom de bougie fut d’abord exclusivement réservé aux chandelles de cire, puis il fut successivement étendu à celles que l’on fabrique avec le blanc de haleine et avec V acide stéarique.
Bougies de cire. — L’usage de la cire comme moyen d’éclairage paraît avoir été connu des Arabes dès la plus haute antiquité ; il fut importé en Europe au viii® siècle par les Vénitiens, alors maîtres du commerce de l’Orient ; mais le prix élevé de la cire en fit toujours un objet de luxe.
Les bougies de cire se fabriquent soit à la cuiller, soit au moule. Par le premier procédé, on fixe les mèches sur le pourtour d’un châssis circulaire suspendu au-dessus d’un bain de cire fondue dans une chaudière de cuivre étamé; on verse avec une cuiller la cire fondue successivement au sommet de chaque mèche, le long de laquelle elle coule et se solidifie. Lorsque, par des dépôts suffisamment répétés, la bougie a acquis une grosseur convenable, on la détache et on lui donne la régularité convenable en la roulant sur une table en noyer poli, au moyen d’une planche rectangulaire également en noyer poli. Pour la fabrication des cierges, on procède un peu différemment ; la mèche étant suspendue verticalement, on ramollit simplement la cire dans l’eau chaude ; on la prend par portions que l’on pétrit avec les doigts, que l’on applique sur la mèche et que l’on roule entre les mains. La régularité est ensuite donnée à l’ensemble entre deux plateaux de bois. Les dessins dont les cierges sont ordinairement chargés sont faits à la main.
On fabrique également les bougies de cire au moule, en coulant de la cire fondue dans des cylindres en métal ayant intérieurement la forme que doivent avoir les bougies, et dans l’axe desquelles on a tendu les mèches à l’avance. Ce procédé exige d’assez grandes précautions à cause de la difficulté avec laquelle la bougie se détache du moule ; on est cependant parvenu à vaincre cet obstacle assez complètement.
Il existe une autre espèce de bougie, appelée bougie silée, rat de cave, que l’on obtient en faisant plonger une mèche d’une longueur indéfinie dans un bain de cire fondue, puis la faisant passer dans une filière qui régu-
larise la couche de cire déposée. Cette opération est répétée autant de fois qu’il est nécessaire pour donner à la bougie la grosseur convenable. C’est de cette manièreque l’on prépare le corps des allumettes-bougies.
^ Bougies de blanc de baleine. Bougies diaphanes. — Elles sont remarquables par leur blancheur, leur transparence, la pureté et l’éclat de leur lumière. Les plus belles sont obtenues au moyen du blanc de baleine raffiné, que l’on trouve dans le commerce en grosses masses à texture fortement lamellaire, et sèches au toucher. On les obtient toutes par le moulage à une température de GO". Le blanc de baleine, toutefois, ne peut être employé pur ; sa texture cristalline rendrait les bougies trop fragiles ; on le mélange toujours avec une proportion vai iable de cire très-blanche. La matière coulée dans le moule se contracte beaucoup en se refroidissant ; en sorte qu’il se forme dans chaque bougie et autour de la. mèche, un vide qui peut atteindre la moitié de sa longueur et que l’on doit remplir après coup. Les bougies froides sont retirées des moules, et on leur donne le dernier poli en les roulant entre les doigts avant de les mettre en paquets.
Les bougies diaphanes sont assez souvent colorées en jaune, en rose ou en bleu. A cet effet, on ajoute à la matière en fusion de petites quantités de carmin, de chromate de plomb ou de bleu de Prusse, préalablement broyés à l’huile, et on mélange intimement avant la coulée. Les matières colorantes sont en quantité si faible, qu’elles ne peuvent nuire à la pureté et à l’éclat de la flamme (voyez Blanc de baleine).
Bougies stéariques. — La fabrication des bougies stéariques, qui a reçu depuis quelques années une extension considérable, a pris naissance à Paris, des travaux de M. Chevreul sur les corps gras. M. Chevreul, associé à M. Gay-Lussac, prit un brevet en France et en Angleterre, et fonda une fabrique de bougies qui, malgré l’excellence des procédés de fabrication, n’eut qu’un médiocre succès ; les mèches se charbonnaient et avaient besoin d’être mouchées fréquemment. L’un des successeurs de ces deux éminents chimistes imagina de substituer aux mèches cylindriques les mèches plates, tressées,, employées actuellement , et cette simple modification suffit pour assurer l’avenir industriel de la fabrication nouvelle. Par cette disposition, la mèche en se charbonnant se recourbe, son extrémité sort de la flamme, et, se trouvant ainsi en contact avec l’air, se brûle d’une manière complète en laissant quelques cendres, que l’on réunit en petits globules brillants, au moyen d’un peu de borax dont la mèche est en outre préalablement imprégnée. Les procédés de fabrication, qui, à part la confection des mèches, n’ont subi aucune modification importante depuis leur origine, peuvent se diviser en douze opérations dont voici l’analyse.
1“ Saponification, — La matière première employée est le suif de bœuf : le suif de mouton, plus dur et d’un prix un peu plus élevé, est généralement réservé à la fabrication des chandelles. Le suif, déjà purifié par une première fusion, est introduit dans une cuve en bois AA {fig. 348) au fond de laquelle est disposé un tube annulaire, percé de trous et mis en communication avec une chaudière à. vapeur. Cette cuve est recouverte par un couvercle fermant exactement, et traversée exactement dans son axe par un arbre b muni de bras cc, servant d’agitateur et mis en mouvement au moyen d’un manège. Le suif est fondu par la vapeur ; on verse alors peu à peu dans la cuve, pour 100 parties de suif fondu, un lait de chaux composé de 12 parties de chaux vive, éteinte dans 100 parties d'eau, en ayant soin d’agiter continuellement la masse et d’entretenir l’arrivée de la vapeur. La masse est d’abord pâteuse ; mais au bout de deux heures l’eau commence à se séparer du savon calcaire, et la matière prend la consistance d’une pâte molle et graisseuse. On cesse d’agiter tout en continuant à chauffer. Le savon calcaire prend alors une consistance de plus en plus grande et finit par acquérir une cassure terreuse ; on cesse alors de chauffer, on laisse reposer et refroidir lentement, la cuve étant exactement fermée, puis on fait écouler la liqueur qui s’est séparée du savon. Cette liqueur est formée par de l’eau tenant en dissolution de la glycérine {soyez ce mot et l’article Savons). Il reste dans la cuve un mélange de stéarate, àemargarate et éé oléate de chaux sous formede savon très- dur. La durée totale de la saponification' pour 500 kil. de suif est de six à huit heures^ La qualité' de la chaux exerce une grande influence sur fa réussite de l’opération; elle doit être aussi pure que possible, et surtout exempte de fer; le lait de chaux est filtré danS'
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4in tamis très-fin qui retient les grumeaux avant d’être introduit dans la cuve.
2° Les savons calcaires sont pulvérisés entre des cy-
Fig. 348. — Cuve à saponification.
lindres broyeurs ou sous des meules verticales, puis introduits dans les cuves à décomposition.
3® La décomposition du savon s’opère par l’acide sulfurique ; elle a lieu dans des cuves analogues à celles qui servent à la saponification, mais doublées de plomb à l’intérieur. Le savon pulvérisé y est agité avec de l’eau froide, de manière à former une bouillie claire, puis on y ajoute 26 kil. d’acide, sulfurique étendu préalablement de 100 litres d’eau pour 100 kil. de suif saponifié ; on laisse reposer la masse pendant plusieurs jours en agitant fréquemment. L’acide sulfurique s’empare de la chaux pour former du sulfate de chaux, et met en liberté les acides stéarique, margarique et oléique. Lorsque cette réaction est terminée, on fait arriver dans la cuve un courant de vapeur d’eau ; sous l’influence de la chaleur, le sulfate de chaux se rassemble au fond de la cuve, les acides gras fondent et viennent surnager la liqueur ; ils sont décantés dans une troisième cuve.
4° Les acides ainsi séparés sont lavés d’abord avec de l’eau légèrement acidulée par de l’acide sulfurique pour enlever l’excès de chaux, puis introduits dans une quatrième cuve, où ils sont lavés de nouveau à l’eau pure pour les débarrasser de l’acide sulfurique.
Ils sont enfin soutirés dans des moules en fer-blanc où, en se congelant, ils forment des pains du poids de 25 kil. environ, d’une couleur jaunâtre et d’un aspect désagréable.
6'^ Ces pains sont coupés par un couteau mécanique «n fragments minces, et introduits dans des sacs en forte serge, on les étend en couche peu épaisse.
7° Les sacs sont ensuite superposés sur le plateau d’une presse hydraulique, et soumis à une première compression à froid.
8° Une seconde compression à chaud est opérée au moyen d’une seconde presse hydraulique chauffée à la vapeur. Dans ces deux dernières opérations, l’acide oléique qui est liquide se sépare d’une manière presque complète des acides stéarique et margarique solides.
00 Ces derniers subissent enfin une épuration finale qui les rend propres â la fabrication des bougies ; à cet effet, on les fond au bain-marie, on les filtre dans une chausse de laine, puis on les transporte dans les cuves d’épuration où ils sont lavés d’abord à l’eau acidulée par i’acide sulfurique et ensuite à l’eau pure. Le suif, après toutes ces manipulations, est réduit aux 0,45 de son poids.
lOo Le moulât^ J des bougies exige certaines précautions à cause du retrait considérable éprouvé par les acides au moment où ils se congèlent, et de leur tendance à la cristallisation. On est parvenu de la manière suivante à ■éviter ces inconvénients. Les moules sont formés par des tubes de fer étamés B {fig. 349) obtenus sans soudure par les procédés dé emboutissage; ces tubes sont fixés au nombre de 30 par trois rangées de 10 au fond d’une auge commune ù, ainsi que le montre notre gravure ; dans
l’axe de chacun d’eux est tendue une mèche de coton tressée, préalablement trempée dans une dissolution de borax et séchée. Chaque appareil est en outre posé dans une caisse à double enveloppe CC, maintenue à une température un peu inférieure à la température de fusion des acides au moyen de vapeur d’eau qui circule entre les deux enveloppes. Les acides fondus sont coulés à une température très-voisine de leur point de congéla-
tion, puis les moules sont enlevés et transportés dans un endroit frais où la prise des acides se fait assez promptement pour que la cristallisation ne puisse avoir lieu. Pour combattre les effets du retrait de la matière, on en verse dans l’auge une quantité beaucoup plus grande que celle qui est nécessaire pour remplir les moules ; le retrait porte alors sur cet excédant que l’on enlève ensuite.
On fait avec des graisses communes et de très-peu de valeur, telles que les graisses d’os, les dépôts d’huiles, les résidus des cuisines, etc., une espèce de bougie inférieure à la précédente et beaucoup moins chère, en employant un autre procédé de saponification dit par distillation. Ce procédé consiste à traiter les matières grasses par l’acide sulfurique à la température de f00“. L’acide forme, après diverses réactions intermédiaires, des composés doubles avec les acides gras : ce sont les acides sulfo oléique^ sulfo-marga.rique , sulfo-stéarique . Ces acides, devenus libres par l’action de l’eau et de la chaleur, sont soumis à la distillation sous l’action de la vapeur surchauffée et à faible tension ; ils sont ensuite séparés de l’eau et traités comme il a été dit précédemment. M. D.
BOUGIE (Chirurgie). — On a donné, à cause de quelque analogie de forme, le nom de bougie à un instrument de chirurgie plus ou moins flexible, destiné soit à dilater \ urètre (voyez ce mot), soit à porter dans son intérieur des substances médicamenteuses ou des caustiques, soit à explorer l’état du canal ou de la vessie et de son col ; cet instrument, dont le diamètre varie de 0“,001 à 0'“,005 0”,006 et même plus, est d’une longueur de 0“,18 à 0“,20 environ ; les bougies peuvent être en cire, en matière emplastique, en gomme élastique ; la base est presque toujours une bandelette de toile roulée, et trempée dans de la cire fondue, ou recouverte de couches successives d’huile siccative (huile de lin et litharge), de succin, d’huile de térébenthine, de résine, de gomme élastique, etc. Les bougies de métal, de baleine, de corde à boyau, ne sont plus guère usitées, à cause de leur rigidité et de leur dureté : celles en cire et en gomme élastique sont bien préférables ; leur mollesse et leur flexibilité en rend l’usage beaucoup plus facile et moins douloureux. Quant à leur forme, elles peuvent être coniques, cylindriques ou fusiformes. Les bougies diffèrent des sondes en ce que les premières sont pleines, tandis que les autres sont creuses (voyez Sonde). Les bougies médicamenteuses sont celles dans la composition desquelles il entre certaines substances propres à agir sur les tissus, ou bien celles au moyen desquelles on peut transporter des matières médicamenteuses ; les bougies de Daran, entre autres, ont eu une grande vogue dans le siècle dernier. Ces bougies ont été pour la plupart abandonnées. Il est difficile de savoir aujourd’hui à qui on doit l’invention des bougies ; toutefois, il paraît bien positif qu’elle ne remonte pas au delà du milieu du xvie siècle : maintenant l’honneur en revient-il au médecin espagnol André Lacuna, au charlatan portugais Philippe, au médecin Amatus Lusitanus, au professeur Aldereto, de Salamanque, ou au médecin napolitain Alphonse Ferri ou Ferrius? bien plus, faut-il remonter jusqu’à Alexandre de Tralles (vi® siècle), suivant le même Ferri et Astruc ?
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BOUGRAINE, Bougrane (Botanique). — Nom vulgaire de la biigrane.
BOUILLEURS. — Longs cylindres de tôle disposés au dessous des chaudières à vapeur, parallèlement à ces chaudières et communiquant avec elles chacun par deux ou trois tubulures. Les bouilleurs sont destinés à augmenter l’étendue de la surface de chauffe^ à recevoir la principale action de la chaleur du foyer et à ménager ainsi le corps principal de la chaudière. Ils doivent pouvoir être remplacés facilement quand ils sont usés (voyez Chaudière).
BOUILLIE (Hygiène). — Espèce d'aliment composé de farine de froment, de seigle, de maïs, d’avoine (gruau), que l’on délaye et que l’on fait cuire dans du lait jusqu’à une certaine consistance; on en prépare aussi quelquefois à l’eau en y ajoutant des jaunes d’œufs, avec ou sans sucre. Cette nourriture, lorsqu’elle est bien préparée, qu’elle est cuite à point, est un excellent aliment pour les petits enfants dès l’âge de quatre ou cinq mois. Et cependant elle a rencontré de nombreux et puissants détracteurs, qui n’ont pas manqué d’arguments pour appuyer leur opinion ; c’est ainsi qu’ils ont regardé la bouillie comme une cause fréquente du carreau (voyez ce mot). On pourrait peut-être trouver l’explication d’une pareille antipathie, d’une part dans l’usage exclusif et trop abondant d’une seule espèce de bouillie chez les mômes enfants, d’autre part dans la négligence apportée dans la cuisson de cet aliment; il faut en effet qu’il soit cuit à point, comme il a été dit plus haut, sans quoi il fatiguera ces petits estomacs et les prédisposera certainement aux affections des organes digestifs. 11 faudra donc, pour obtenir de bons résultats, varier autant que possible les farines qui devront être employées. On pourra môme ajouter à celles dont nous avons parlé la farine de riz, la fécule de pomme de terre, le sagou, le salep, le tapioka, etc., et môme la croûte de pain bouillie dans l’eau, avec un peu de beurre et de sel ou du sucre ; mais, nous le répétons, tout le secret consiste à bien préparer la bouillie et à en changer souvent la nature.
BOUILLON (Hygiène). — C’est véritablement une décoction, le plus souvent de viande de bœuf dans une quantité déterminée d’eau; cette décoction ou ce bouillon se prend seul, comme une boisson, chaud, quelquefois mais rarement froid; d’autres fois avec du pain il constitue la soupe, ou bien il sert de véhicule de coction pour certaines pâtes, et prend le nom de potage. L’ébullition dépouille la chair de bœuf d’un certain nombre de principes qui lui sont enlevés par l’eau et lui communiquent unesaveur et des propriétés nutritives présentant quelques différences, suivant la manière dont il est préparé. Ces principes sont en général l’albumine, la créatine, une matière grasse, puis des sels à base de baryte, de potasse, de magnésie, etc., enfin la gélatine : il est bien difficile de se rendre exactement compte du rôle que peuvent jouer ces différents principes dans la confection du bouillon; il en est un qu’il faut d’abord mettre hors de cause, c’est la gélatine préconisée par les travaux de Darcet, dont le nom est resté attaché à son histoire ; on sait aujourd’hui que non-seulement sa présence dans le bouillon n’est pas nécessaire, mais encore qu’elle « dérange les fonctions digestives chez un grand nombre d’individus » (termes du rapport de Bérard). Quant aux autres principes, faut-il croire avec les chimistes que l’albumine, la fibrine et l’hématosine, matières coagulables par la chaleur et insolubles dans l’eau, ne sauraient passer dans le bouillon? Je le veux bien, puisque les chimistes le disent; mais alors que devient l’observation sur la puissance nutritive et réparatrice du bon bouillon , que les médecins ont eu l’audace d’appeler la quintessence de la viande: il pourrait bien en être de cette question comme de celle des eaux minérales, dont la puissance thérapeutique n’est pas toujours en rapport avec ce qu’y découvre la chimie. M. le professeur Longet s’exprime ainsi : « Sans admettre qu’on puisse appeler le bouillon la quintessence de la viande^ nous croyons qu’on ne saurait lui refuser, indépendamment de sa sapidité, un certain pouvoir nutritif qui semble, en au moins, être
dû à l’intervention d’une légère quantité de gélatine, et aussi surtout à la présence d’éléments salins, médiateurs indispensables de diverses transmutations organiques. » Indépendamment du bouillon de bœuf, on fait encore de? bouillons de veau, de poulet, de grenouilles, de tortue, d’écrevisses, de limaçons, etc. Ils sont, en général, prescrits dans les maladies inflammatoires et dans toutes celles qui ont un caractère d’irritation. Voyez Rapport de Bérard {Bulletin de V Académie de médecine^ t. XV, Paris, 1851). F — n.
BOUILLON-BLANC (Botanique). — Espèce de plante appartenant au genre Molène {Verhascum^ Lin.), dans la famille des Scrophularinées^ tribu des Verhascées. Elle est désignée sous le nom de Verbascum Thapsus^ Lin. (de Thapsos^ dans la mer de Sicile, dont la plante est originaire) ; on la désigne aussi vulgairement sous les noms de molène^ bon-homme. C’est une herbe vivace ou bisannuelle, revêtue sur scs organes de vé^-étation d’un duvet blanc ou jaunâtre. Sa tige, haute souvent d’un mètre,
Fig. 350. — Bouillon-blanc. (Molène médicinale.)
est droite ; ses fleurs jaunes, disposées en grappes souvent interrompues à la base, s’épanouissent de juin en août ; on la trouve dans les terrains secs et arides, au bord des chemins. Le calice est tomenteux, à lobes lancéolés aigus, la corolle à gorge concave, et les étamines à filets couverts de poils blanchâtres. Le bouillon blanc croît spontanément en France. Ses feuilles sont émollientes, et ses fleurs souvent employées en infusion dans les bronchites. On extrait de celles-ci, depuis peu, un principe colorant qui peut teindre le coton en un jaune solide. G — s.
BOULANGER, Boul.angerie (Hygiène publique). — On ne sait pas bien quelle est l’étymologie de ce mot. Vient-il de buccellarius (d’après Ménage), celui qui avait la garde du pain dans les armées romaines? ou de buUa (d’après Ducange), parce qu’en pétrissant on tourne la pâte en boule? Dans tous les cas, la profession de boulanger est une des plus anciennes que l’on connaisse. Dans l’ancienne Rome, on appelait les boulangers pistores., parce qu’ils étaient d’abord chargés de piler dans des mortiers le blé préalablement torréfié, avec lequel les femmes pétrissaient et faisaient cuire le pain ; plus tard, près de six cents ans après la fondation de Rome, ces pistores durent aussi faire le pain, et les établissements dans lesquels s’opéraient ces deux industries prirent le nom de pistrinæ. Elles devinrent très-nombreuses à Rome, et du temps de Pub. Victor, il y en avait jusqu’à deux cent trente. Le pain qu’on fabriquait était fermenté et le levain était fait de pâte pétrie avec du vin doux, au rapport de Pline, les Romains pensaient que ceux qui mangeaient du pain fermenté étaient plus vigoureux. Du reste, les pisteurs romains faisaient le pain la nuit comme nos boulangers; et on leur avait accordé certains privilèges qui en faisaient un corps assez important; ils étaient constitués en un collège jouissant de grands biens. En France , dès l’origine de la monarchie , l’administration persévéra à peu près dans le système romain, toutefois en soumettant la boulangerie à une réglementation qui avait pour but de conjurer les crises alimentaires et de maintenir le pain au meilleur marché possible ; cet état se maintint avec des changements variés jusqu’à la révolution de 1789, oû les corporations furent abolies avec les privilèges et les charges qui en étaient la conséquence. Mais, le 19 vendémiaire an X, le gouvernement consulaire, frappé des abus introduits successivement dans cette industrie au détriment du bien public, la réglementa de nouveau, sans pourtant limiter le nombre des boulangers, en leur imposant toutefois des conditions d’approvisionnements pour empêcher qu’elle
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ne fût abordée par le premier venu ; par suite des nombreuses modifications apportées successivement à la police de la boulangerie, le nombre de ces établissements fut limité et la taxe du pain établie ; de plus, l’approvisionnement de la ville de Paris dut être garanti par une réserve de 128 583 quintaux de farine d“ première qualité, soit trente deux jours de consommation (ancien Paris). Ce système a été discuté raguère par le conseil d’État, à la suite d’un rapport de l’un de ses membres, M. Le Play. Conformément aux conclusions de ce travail, le régime de la liberté a été adopté pour cette industrie; le nombre des boulangeries n’est plus limité; le prix du pain n’est plus fixé par une taxe officielle; la réserve des farines a été supprimée (Décr. du 2 juillet 1863). Plusieurs questions d’hygiène se rattachent à la profession de boulanger; nous dirons un mot sur chacune d’elles. Autrefois le travail se faisait dans une chambre au rez-de-chaussée, le plus souvent aérée des deux côtés ; aujourd’hui il se fait presque généralement dans des caves étroites, mal aérées, dont les murs suintent le plus souvent, et dans le-i dégradations desquelles s’abritent une foule d’insectes plus ou moins dégoûtants; sous ce rapport nous sommes loiti du progrès ; peut-être, à la. vérité, serons-nous débarrassés avant peu du mode de pétrissage que le pétrin mécanique, bien perfectionné, ne peut manquer de remplacer bientôt. La profession de boulanger est-elle plus malsaine qu’une autre? Sans contredit elle résume en elle plusieurs causes d’insalubrité; ainsi le travail de nuit, la chaleur excessive du feu du four et celle que détermine le dur travail du pétrissage, la poussière de la farine, sont des causes incessantes qui doivent produire des rhumatismes, des affections de la poitrine, etc. On a parlé aussi du danger des réservoirs en plomb dans lesquels les boulangers conservent les eaux; mais la question examinée, il a été reconnu qu’il n’en pouvait résulter aucun danger, surtout si l’on pose les robinets à 0“,08 du fond du réservoir, les sels de plomb qui peuvent se former étant insolubles (voyez Blé, Pain, etc.). On consultera : Notice sur le régime du commerce de la boulangerie de Paris, par M. Julien, Paris, 1850; — Question de la boulanqerie de Paris; Deuxième rapport au conseil d’Etat^ par M, Le Play, conseiller d’État.
BOULE-DE-MARS (Médecine). — Boules vulnéraires qui sont un proto-tartrate de potasse et de fer : elles se préparent avec : limaille de fer, 1 partie, tartrate acidulé de potasse, 2 parties, qu’on fait chauffer avec de l’eau-de-vie; on a soin d’en ajouter à mesure qu’elle se volatilise ; puis on forme, avec la pâte qui en résulte, des boules de différentes grosseurs. On les appelle aussi boules de Nancy, parce qu’on en fabrique beaucoup dans cette ville. Elles s’emploient à la suite des coups, des entorses, des chutes, etc. Pour cela, on agite une de ces boules, pendant quelque temps, dans une certaine quantité d’eau, jusqu’à ce que le liquide soit d’un brun rougeâtre, et on recouvre la partie malade de compresses trempées dans ce liquide, qui est astringent et résolutif. C’est ce qu’on appelle eau de boule.
BOULE-DE-NEIGE (Botanique).. — Jolie variété cultivée de Viorne aubier (voyez ce mot) {Viburnum opulus. Lin.), du genre Viorne., famille des Capri foliacées. On l’appelle aussi rose de Gueldres, pain-blanc. C’est un ai’brisséau de 3 à 4 mètres de hauteur. Ses feuilles sont à 3 lobes acuminés ; ses fleurs à corolle amplifiée, en corymbe serré, s’épanouissent en mai et juin, elles sont toutes stériles et ramassées en boule. G — s.
BOULEAU (Botanique), Beiula, Tourn., à^betu, bouleau, en langue celtique ; suivant d’autres, du latin èaiwo, je frappe). — Genre de plantes type de la famille des Bétuiinées. Il renferme des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes non persistantes. Leurs fleurs sont monoïques, en chatons cylindriques; les mâles sont nues pendant l’hiver, tandis que les femelles sont abritées par des écailles. Les fruits consistent en nucules lenticulairps, ailées des deux côtés. Le B. rouge [B. rubra, Michx), est un arbre qui atteint jusqu’à 20 mètres. Son tronc présente alors l mètre environ de diamètre. Il est abondant dans les parties méridionales des États-Unis, et sa végétation devient plus vigoureuse sous l’influence de la chaleur', aussi recommande-t-on sa propagation dans le midi de la France et l’Italie. Le B. verruqueux ( B. verrucosa., Ehrh.), désigné aussi sous le nom de B. blanc., B. commun {fig. 351) des auteurs {B. alba^ non Lin.), est un arbre un peu moins grand que le précédent. Il est élancé, grêle; il croît de préférence dans les terres sablonneuses de l’Europe et de la Sibérie. La couleur
Fig. 351, — Bouleau blanc.
blanche de son écorce et d’un effet très-pittoresque dans les jardins paysagers. Ce bouleau est important comme arbre forestier, parce qu’il végète dans les terres maigres ; sa culture est des plus faciles, et il croît naturellement dans beaucoup de forêts ; son accroissement assez rapide permet qu’on en fasse la coupe à peu près tous les dix ans, eu égard à l’usage auquel on le destine. L’écorce, qui contient un principe résineux et qui, pour cette raison, est presque incorruptible, est employée par les habitants du Nord à couvrir leurs cabanes, à faire des corbeil- Igs des cliâ-iissU"
res nattées, des cordes, etc. Son bois est solide, moins dur dans nos pays que dans le Nord. On en fait des ustensiles de ménage, des sabots, du charronnage, etc. Il donne du reste un bon combustible employé souvent pour le chauffage des fours. Son charbon est recherché pour les forges. Il sert aux dessinateurs et entre dans la composition de la poudre a canon. La seve de cette espèce est un peu sucree, et donne par la fermentation une liqueur vineuse et un bon vinaigre. Les feuilles servent à nourrir les bestiaux et contiennent une matière colorante jaune. Le suc de bouleau a été vanté comme diurétique et vermifuge ; 1 ecorce a été administrée comme fébribuge. Le B. pubescent pubescens, Ehrh.) est encore moins élevé que le précédent. Il croît dans les parties froides et humides de l’Europe; ses branches sont plus fortes, étendues et formant une large cime ; ses jeunes pousses sont recouvertes d une sorte de matière séreuse. Cette espèce se^ rencontre fréquemment en forêts dans le Nord. Le B. à papier (R. papyracea, Willd.) s’élève souvent à 20 mètres. Il croît dans l’Amérique septentrionale, où on le nomme B. à canot. Son bois est rougeâtre vers le centre; son écorce, pour ainsi dire indestructible, est employée à faire des canots, précieux par leur légèreté. C’est par la soudure et la couture degrandes lames détachées adroitement de l’arbre, que les Canadiens excellent dans cette fabrication, La grande résistance que présente cette écorce, fait qu’on peut s’en servir en guise de papier, on peut encore l’employer à une foule d’autres usages. Le B. merisier, B. odorant {B. tenta. Lin.) {fig. 35 2) est un grand arbre d’Amérique. Sa cime est pyramidale ; son bois, qui peut recevoir un beau poli, a une^ odeur aromatique agréable; il possède une qualité supérieure à celle des autres espèces; aussi l’emploie-t-on beaucoup en menuiserie. Les jeunes pousses de ce bouleau sont aromatiques ; mâchées, elles laissent un bon goût dans la bouche. On les prend souvent en infusion mélangée avec du lait. Le B. jaune {B. lutea, Michx) est également américain. Il donne un bois de charpente e d’ébénisterie moins estimé que le précédent ; son ecorce est estimée pour le tannage. ^
Fig. 333, — Bouleau merisier.
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BOULET (Vétérinaire). — On appelle ainsi, dans le cheval, le renflement formé par l’articulation du canon avec la première phalange ou l’os du paturon (voyez ces mots). Le boulet doit être arrondi, son diamètre doit être plus long d’avant en arrière que dans l’autre sens; il ne doit pas avoir de bosselures. Les engorgements du boulet sont toujours longs à guérir : ils déterminent des boiteries (voyez ce mot) qui demandent souvent l’emploi du feu. Un cheval qui a le boulet trop flexible ne peut résister à un travail pénible, il est bientôt fatigué et usé. — Comparé avec le pied ou la main de l’homme, le boulet représente l’articulation du métacarpe ou du métatarse [te canon) avec la première phalange {paturon).
Boulet (Artillerie). — On appelle boulet les projectiles pleins lancés par les canons; en général, ils sont sphériques. Dans l’origine, les boulets étaient de pierre dure, et quelquefois de très-gros calibre ; il en existait du poids de 100 à 150 livres; Mahomet II, au siège de Constantinople, avait une bombarde qui lançait un boulet de pierre pesant environ 1200 livres, mais elle éclata après quelques coups. Les boulets en fer commencèrent à être employés sous Charles VIL Les boulets actuellement en usage dans l’artillerie sont en fonte de fer; la fonte qu’on emploie pour leur fabrication doit être teintée ou légèrement grise ; la fonte blanche donnerait des boulets très-durs mais très cassants, et la fonte grise des boulets trop mous. Les boulets sont moulés en sable ; on se sert, pour confectionner le moule, d’un modèle composé de deux pièces hémisphériques s’assemblant par emboîtement; ce modèle est légèrement ellipsoïdal, le poids de la fonte, dans le coulage, tendant à agrandir le diamètre qui se trouve vertical. Le moulage et le coulage s’opèrent par les procédés ordinaires. Lorsque la fonte est refroidie, on démoule, et on débarrasse les boulets du sable, des jets et des coutures, à la main, ce qui constitue l’ébarbage. Ensuite on les fait tourner dans un tonneau en fonte, faisant quinze tours par minute; enfin , pour polir les boulets, on les chauffe au rouge brun ou blanc, suivant la qualité de la fonte, et on les frappe à coups de marteau; le marteau et l’enclume portent des pièces mobiles ayant la forme de calottes sphériques. Ces opérations prennent le nom de lissage et de rebattage. Les boulets ont été jusqu’ici désignés par leurs poids exprimés en livres : ainsi, le boulet de huit pèse 8 livres.
On appelle boulets rouges., des boulets qu’on a chauffés au rouge blanc, et qui sont destinés à incendier; ces projectiles étaient employés avec avantage contre les vaisseaux, mais on les a abandonnés pour les obus, qui produisent des effets d’explosion en même temps que d’incendie; pour tirer les boulets rouges, il suffit de les séparer de la charge par un bouchon en foin et un bouchon en argile, ou simplement par un bouchon de foin mouillé.
On désignait autrefois sous le nom de boulets enchaînes., deux demi-boulets creux réunis par une chaîne de fer qui se renfermait dans leur concavité, et sous le nom de deux demi-boulets ou boulets traversés par une barre de fer au bout de laquelle ils se plaçaient dans le mouvement : ces projectiles sont abandonnés. M. M.
BOULETÉ, Bouté (Hippiatrique). — On dit qu’un cheval est boulete\ lorsque le boulet est porté en avant de Taxe du membre (voyez Boulet) par le raccourcissement du tendon du muscle perforant ou fléchisseur profond ; il est boute' ., quand cette déviation est considérable; alors, le boulet étant fortement en avant, le point d’appui ne peut plus avoir lieu que sur la pince (voyez ce mot). Dans l’état normal, le boulet., le paturon et le canon doivent former une ligne droite (voyez ces mots). Ce vice est déterminé par la fatigue, et surtout par un travail prématuré des jeunes chevaux; si le sujet est jeune, le repos peut le remettre en partie; mais, s’il est vieux, il n’y a pas de remède.
BOULIMIE (Médecine), du grec limos., faim, et bou., particule augmentative). — Appétit vorace; c’est une anomalie des fonctions digestives, dans laquelle les personnes qui en sont affectées sont tourmentées par une faim insatiable. En général, la boulimie doit être regardée comme une névrose des organes de la digestion, ou bien elle n’est qu’un symptôme d’autres maladies : ainsi on l’observe dans plusieurs affections vermineuses, et surtout dans le taenia (voyez Ver, Tæxia). Elle accompagne quelquefois la grossesse ; mais il peut arriver aussi qu’elle ne tienne à aucune de ces causes, et dépende d'une disposition particulière de l’estomac, ou d’un développement anormal de l’intestin, etc. Lorsque la boulimie persiste depuis quelque temps, la surcharge d’aliments qu’elle impose à l’estomac entraîne la maigreur, la fièvre hec-
tique, l’hydropisie, etc. Il faut donc combattre les maladies dont elle est une complication, et régler le régime du malade de manière à ne pas donner à l’estoiriac'plus d aliments qu il n’en peut digérer (voyez Appétit, Faim,
BOUQUET ou Noir-Museau (Médecine vétérinaire).— G est le nom d’une espèce de dartre qui affecte le nez des moutons ; elle s’étend quelquefois sur les côtés jusqu’aux tempes et aux oreilles. Le traitement consiste dans l’emploi des pommades soufrées et de l'huile de Cade (voyez ce mot), etc. Cette maladie a reçu différents noms suivant le pays: ainsi, bouquin, barbouquet, faux-museau, charbon, verveine, feu sacré, etc.
BOUQUETIN (Zoologie), Capra ibex. Bouquetin des Alpes ou Bouquetin proprement dit. — Espèce de Mammifère ruminant du genre Chèvre, remarquable par la forme de ses cornes, très longues chez le mâle, trèsgrosses, recourbées, carrées en avant ; la face antérieure plate, ridée, avec des arêtes longitudinales et des côtes
Fig. 8b3. — Bouquetin des Alpes (femelle).
transversales saillantes ; la tête est courte, le museau épais, comprimé, les yeux petits, vifs ; les cornes d’une couleur livide; la queue très-courte, d’un brun noir en dessus, blanche en dessous ; pelage gris brunâtre, avec une raie noire le long du dos; en hiver, ils sont recouverts de poils longs et rudes, entremêlés de poils fins et touffus. Ces animaux ont envi^^on 1 mètre à 1“,20 de longueur sur 0"*,80 à 0”,90 de hauteur. Selon Pallas, les bouquetins de Sibérie ont jusqu’à 1“,40 à F", 50 de longueur. On trouve les bouquetins sur toutes les grandes chaînes de montagnes de l’ancien continent et plus particulièrement sur les rochers les plus escarpés et les plus arides ; d’où vient leur nom, en allemand Stein bock, bouc des rochers. Une autre espèce, le B. du Caucase {Capra caucasîca, Guld.), se distingue par de grandes cornes triangulaires obtuses et non carrées en avant. On en connaît encore deux ou trois autres espèces.
BOUQUIN (Zoologie). — Nom vulgaire, donné quelquefois au bouc, et surtout au vieux bouc. Les chasseurs donnent aussi le nom de bouquin au lièvre méile (voyez Chèvre, Lièvre).
BOURBILLON (Médecine). — Corpsblanchâtre, grumeleux, tenace, plus ou moins volumineux, qu’on rencontre au fond des furoncles ou c/ow9 parvenus à l’état de suppuration. C’est une portion de tissu cellulaire frappé de 5 mortification par l’inflammation. S’il ne sort pas seul, une pression plus ou moins forte parvient à l’expulser; / il en résulte un trou assez profond qui se remplit bientôt, et la guérison s’opère (voyez Furoncle).
BOURBON-LANGY (Médecine, Eaux minérales). — •
Petite ville de France (Saône-et-Loire), arr. et â 30 kil. '< N.-O. de Charolles, 30 E. de Moulins. Sources d’eaux n minérales faiblement salines, chlorurées sodiques ; six sont thermales, d’une température de 40" à G0° cent. Une | est froide (28°). Elles contiennent par litre : chlorure de i sodium, is'’,170; carbonate de chaux, 0®^'‘,2Ï0; sulfate de soude, 0®‘‘, 130; un peu d’acide carbonique mélangé d’a- 1 zote. Leurs propriétés médicales sont assez analogues à ; celles de Néris (voyez ce mot).
BOURBON-L’ARCHAMBAULT (Médecine, Eaux miné- | raies). — Petite ville de France (Allier), arr. et à 20 kil. O. de Moulins. Eaux thermales salines, chlorurées sodiques;
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température, GO® cent. Elles contiennent : chlorure de sodium, 2®',240; bicarbonates alcalins, 1®^*‘,244 •, bromure alcalin, 1/6 en volume d’acide carbonique. Ces
«aux, très-excitantes, sont ordonnées contre les maladies scrofuleuses des os, les paralysies, le rhumatisme, les engorgements articulaires, etc.
BOURBONNE-LES-BAINS (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville de France (Haute-Marne), arr. et à 30kil. E. de Langres. Il y a trois sources salines thermales chlorurées sodiques, d’une température de 48° à 68° cent, qui ■contiennent : chlorure de sodium, 6s'‘,783; sel de magnésium, 0®*’,392; bromure de sodium, 0®'‘,0G6, et quelques autres sels de potasse, de chaux, de fer. Elles sont excitantes. On les prescrit surtout contre les paralysies, les plaies d’armes à feu, les engorgements des viscères, suite des fièvres intermittentes, les fausses ankylosés, les caries, les nécroses, etc.
BOURBOUILLES (les) (Médecine). — Nom donné dans l’Inde à la maladie connue sous le nom de lichen tropicus de Johnson (voyez Lichen). Cette maladie, qui cause des démangeaisons insupportables , est très-commune dans l’établissement français de KarikaI (Côte-de-Coromandel), surtout parmi lès Européens, dans les premiers mois qui suivent leur arrivée.
BOURBOULE (la) (Médecine, Eaux minérales). — Petit village de France (Puy-de-Dôme), à Gkilom. du Mont- Dore, arr. et à 30 kilom. O. de Clermont. Eaux salines gazeuses thermales (chlorurées sodiques) d’une température de 52° cent. Un litre d’eau contient jusqu’à U“,237 d’acide carbonique, et chlorure de sodium 2^'‘,791 ; sulfate de sonde, l®'^,777 ; bicarbonate de soude, 1®'‘,35G et {)®'',008 d’arsenic ; ce sont les plus arsenicales qu’on connaisse. Toniques et fortifiantes, elles réussissent dans les maladies de la peau, les scrofules, les fièvres intermittentes rebelles, les engorgements articulaires.
BOURDAINE (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce de Nerprun {Rkamnus frangula, Lin.)', appelée aussi BourgènCy Bois à poudre et Aune noir. Cette plante est
un arbrisseau de 3 à 4 mètres, très-commun dans les fonds humides de nos bois. Son écorce est noirâtre, ponctuée de blanc; sa tige unie; ses feuilles sont alternes, entières, ovales, marquées de veines parallèles. Ses fleurs sont hermaphrodites, petites, verdâtres, réunies en petits bouquets. Ses fruits sont des baies globuleuses longtemps rouges, puis noirâtres. Le bois de cet arbrisseau est blanc et fragile. Son charbon est un de ceux qu’on préfère pour la fabrication de la poudre à canon. Son écorce amère et âcre passe pour un purgatif assez violent ; elle donne, ainsi que les baies , une couleur rougeâtre dont la teinte varie suivant le degré de maturité; mais c’est la couleur verte qu’on en obtient le plus communément. G — s.
BOURDON (Zoologie), Bombus, Lat., Fab.; Bremus^ Jur. — Genre A^Insectes hxjménopières , de la famille des Mellifères; distingué des autres genres de cette famille par les caractères suivants : il y a trois sortes d’individus, les mâles ^ les femelles, les neutres ou mulets: pieds postérieurs, excepté dans les mâles, ayant à la face extérieure de la jambe un enfoncement nommé corbeille, po\vc
recevoir le pollen des fleurs, et une brosse sur le côté interne du premier article de leurs tarses ; ils ont les mâchoires et la lèvre prolongées en une espèce de trompe qui se replie en dessous, les jambes terminées par deux épines. Les bourdons, qui ne sont pas les mâles de nos abeilles, comme le croient certains cultivateurs, sont généralement plus grands ; ils ont le corps plus épais, plus élevé et hérissé de poils. Les femelles et les mulets sont armés d’un aiguillon ; ces insectes font entendre en volant un bourdonnement d’où vient leur nom. Les bourdons vivent dans des habitations souterraines, réunis en sociétés de cinquante à soixante individus, quelquefois plus ; les mâles d’une petite taille, la tète moins forte; les femelles plus grandes que les deux autres sortes; enfin les mulets ou les ouvrières, d’une taille intermédiaire. Cette société dure jusqu’aux premiers froids, auxquels ils ne résistent pas; ils périssent tous, à l’exception d’un certain nombre de femelles, qui se cachent dans les fissures des murs ou dans les trous des arbres; aux premiers beaux jours, elles font leur nid, pondent, les œufs éclosent, et une nouvelle société recommence. On trouve dans nos environs les espèces suivantes : le B. terrestre (B. terrestris. Lin.), noir, long de 0"\016,une bande iaune-citron au corselet; le B. des pierres (B. lapidarius, Lin.) (fig. 355), tout noir, long
Fig. 385. — Bourdon des pierres igrossi).
de 0’",020, fait son nid dans la terre, dans les pierres ; le B. des mousses (B. muscorum., Lin.), fauve, ventre jaune, long de 0'“,0I2 ; le B. des rochers (B. xy.deratus,^ Fab.), ressemble au B. des pierres, mais ses ailes sont noirâtres.
BOURDONNEMENT (Médecine). — On donne ce nom à la sensation d’un bruit semblable à celui que produisent certains insectes en volant. Itard distingue le bourdonnement en vrai et en faux; le B. vrai est celui qui est déterminé par une cause réelle existant dans l’organe auditif; ainsi une dilatation anévrysmatique, un état congestif de la tête, un corps étranger, une accumulation de cerM??î en (voyez ce mot), etc. Le B. faux est idiopathique lorsqu’il dépend d’un ébranlement violent du sens de l’ouïe, qui a laissé une impression profonde dans le cerveau. Il est , lorsqu’il dépend d’une né-
vrose, de l’hystérie, des aliénations mentales et d’une multitude d’autres affections éloignées.
BOURDONNET (Chirurgie). — On appelle ainsi un petit paquet de charpie de forme olivaire, de la grosseur d’une noix, que l’on fait en roulant mollement la charpie entre les paumes des deux mains, et dont on se sert pour remplir les plaies, en maintenir les bords écartés, lorsque cela est indiqué, ou absorber le pus qui en découle. Quand la plaie a une certaine profondeur, on attache le bourdonnet par le milieu avec un fil afin de pouvoir le retirer plus facilement. On y a recours aussi pour faire le tamponnement (voyez ce mot) dans certaines hémorrhagies , et souvent pour le premier pansement d’un membre amputé (voyez Amputation).
BOURGÈNE (Botanique). — Nom vulgaire de la Bourdaine (voyez ce mot).
BOURGEON (Botanique). — Le bourgeon est le premier âge d’une branche dont les feuilles rudimentaires sont rapprochées sur un axe très-court. On peut le comparer à un germe adhérent au végétal, à un embryon se développant sur la plante dont il fait partie ; on l’a quelquefois nommé pour cette raison un embryon fixe. Le bourgeon est d’abord un petit globule de tissu cellulaire qui soulève l’écorce, puis des vaisseaux s’y organisent, et sa surface se divise en lobules multiples dont chacun est l’ébauche d’une feuille ; les vaisseaux se mettent en rapport et en continuité avec ceux de la tige, et il est alors
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à ce premier état où 011 le nomme vulgairement un œi/. Le bourgeon naît ordinairement dans l’ame/Ze d’une feuille, et chacune en abrite ainsi un ou plusieurs; mais il y en a souvent qui naissent isolés, indépendamment de toute feuille. Parmi eux, on distingue le bourgeon terminal, situé constamment à l’extrémité de l’axe primaire du végétal, et dont les analogues se retrouvent ordinairement à l’extrémité de chaque branche; d’autres bourgeons, nommés adveniifs ou latents, se montrent, soit sur la tige et ses ramifications déjà anciennes, soit sur des racines exposées à l’air, soit sur les bords ou même sur la surface de certaines feuilles ; enfin on distingue sous les noms de tarions, bulbes, bulbillcs (voyez ces mots), diverses modifications de bourgeons dont il sera traité ailleurs. Les bourgeons spéciaux qui contiennent une ou plusieurs fleurs sont désignés vulgairement sous le nom de boutons. Les bourgeons axillaires et terminaux ont, en général, la même structure. A l’état d’œil, c’est un petit corps arrondi, conique ou ovale, dont la structure est en harmonie avec les influences qu’il doit subir ; en général, développé pendant que la feuille épanouie remplit ses fonctions, il doit, après sa chute, résister aux rigueurs de l’hiver, pour se développer au printemps en une branche chargée de feuilles et produisant de nouveaux bourgeons. Dans la prévision de cette épreuve, les feuilles les plus extérieures du bourgeon, rapprochées entre elles, enveloppent les autres et les protègent; ces feuilles extérieures sont modifiées en écailles dures et sèches, souvent imprégnées d’une matière résineuse et par cela même insoluble dans l’eau et propre à conserver la chaleur (peuplier); quelquefois leur face inférieure est doublée d’un duvet moelleux (saule). Ces écailles sont ordinairement imbriquées comme les tuiles d’un toit. Linné avait donné à ces feuilles protectrices le nom poétique àihibernacula (logements d’hiver). Entre elles se trouve la jeune pousse qui s’allonge et se couvre de feuilles. Cette nouvelle branche reçoit souvent le nom de scion. Lorsqu’elles ont atteint un certain développement, les feuilles renfermées dans les écailles se plient, s’enroulent pour se conformer à la capacité du bourgeon ; la disposition qu’elles affectent alors se nomme préfoliaison ou vernation. Dans les pays chauds, où les végétaux n’ont pas à redouter l’hiver, les bourgeons n’ont pas d’écailles protectrices ; ils sont nus et ne peuvent résister aux rigueurs de nos hivers. Quant aux bourgeons adventifs, comme leur développement est complet en une saison, ils sont également nus et s’épanouissent immédiatement en un rameau chargé de feuilles.
Bourgeons charnus (Pathologie). — On a donné ce nom à de petites élevures ou granulations coniques rougeâtres, qui se montrent sur la surface d’une plaie suppurante et précèdent la formation de la cicatrice. On les a appelés ainsi, parce qu’on leur a trouvé de l’analogie avec les bourgeons d’un végétal ; on les croyait comme eux le germe d’une production nouvelle, mais on sait aujourd’hui que les chairs ne se régénèrent pas. Les bourgeons charnus sont des productions qui se forment d’autant plus vite que le tissu sur lequel existe la plaie, est plus celluleux et plus vasculaire; d’abord mous et saillants, ils s’affaissent bientôt et forment une vraie membrane pourvue de vaisseaux sanguins ; ils sont composés surtout de tissu cellulaire, d’un élément fibroplastique, de capillaires, et constituent le tissu des cicatrices (voyez Cicatrice).
On appelle aussi bourgeons ow boutons, certaines élévations tuberculeuses de la surface de la peau du visage ; on dit des personnes qui en ont qu’elles sont bourgeonnées (voyez Boutons, Couperose).
BOURRACHE (Botanique), Borrago, Tourn. — Altéré, dit-on, de corago ; cor, cœur; ago, je donne, à cause de ses effets cordiaux, selon Apulée. — Genre de plantes type de la famille des Borraginées et de la tribu des Borraginées vraies. Caractères : calice quinquépartite ; corolle rotacée ou presque campanulée, à tube court ou nul, à gorge garnie d’appendices échancrés alternant avec les étamines; étamines à filets épais, courts, 4 akènes ovoïdes implantés dans le réceptacle. La Bourrache officinale {B. officinalis. Lin.) est une herbe qui ne s’élève guère à plus de 1 mètre; elle est hérissée sur ses tiges et ses feuilles de poils hispides. Ses fleurs, disposées en grappes unilatérales, sont d’un beau bleu et s’épanouissent pendant tout l’été. On soupçonne que cette plante est originaire d’Asie Mineure, quoiqu’elle se soit naturalisée depuis un temps immémorial dans nos climats. Elle est sudorifique, précieuse dans les maladies inflammatoires, et facilite l’expectoration. Ses propriétés émollientes et
j rafraîchissantes sont dues à l’abondant mucilage et au nitrate de potasse qu’elle renferme. La plante à l’état sauvage est employée de préférence, parce que la culture diminue la force de ses propriétés. Dans certains pays, on mange les jeunes feuilles de bourrache dans les potages, ou bien on les fait frire. On se sert souvent des fleurs pour orner les salades. Quelques personnes prennent la bourrache en infusion comme boisson d’agrément et l’apprécient autant que le thé. On cultive encore la B. laxifloro , à fleurs petites, bleues. On appelle vulgairement Petite Bourrache, la Cynoglosse printanière {Cynoglossum omphalodes. Lin.). G — s.
BOURRELET (Hygiène). — Espèce de couronne qu’on met sur la^ tête des enfants qui commencent à marcher pour amortir les coups qu’ils peuvent se donner à la tête en tombant; c’était d’abord un coussin circulaire fait avec de la ouate de soie ou de coton et couvert ordinairement avec du velours, du taffetas ou du satin; il fallait qu’il fût d’une certaine épaisseur pour remplir le but auquel il était destiné ; de là un inconvénient grave à cause de la chaleur qu’il portait à la tête de l’enfant déjà prédisposé aux affections cérébrales. Aujourd’hui, on leur substitue avec avantage des bourrelets à claire voie, en osier, en baleine ou en acier, qui sont légers et n’ont aucun des inconvénients des anciens.
Bourrelet du corps calleux (Anatomie). — Partie du corps calleux (voyez Cerveau, Calleux [Corps]).
Bourrelet (Vétérinaire). — Renflement de la peau de l’extrémité inférieure du membre au point où commence le sabot du cheval, des ruminants et du porc. Ce bourrelet, pourvu de glandes qui sécrètent le sabot et les onglons, est logé dans une cavité particulière nommée biseau ou cavité cutiyérale.
Bourrelet (Botanique). — Maladie des arbres que M. Léveillé classe dans la quatrième section , dite des lésions physiques, de la pathologie végétale. Les bourrelets se rencontrent à la surface des troncs et des branches sous forme de tumeurs allongées plus ou moins volumineuses. Ils résultent de contusions ou d’incisions. Les lianes qui s’enroulent sur les arbres produisent sur ceuxci des bourrelets par la constriction. On voit môme dans nos climats ces accidents résulter de plantes grimpantes assez faibles, le chèvrefeuille, par exemple. On provoque souvent le développement de ces tumeurs pour former des dessins ou des spirales sur des branches destinées à être travaillées en canne. A cet effet, on applique des fils de fer sur la branche, et on les dispose de façon à produire les dessins que l’on veut obtenir. Quand les bourrelets résultent d’incisions, les fibres prenant une direction parallèle à l’axe du végétal, et l’accroissement ayant lieu au point de contact avec le bois, dans la partie entamée, il y a recouvrement par la partie extérieure dont le développement est arrêté. Une chose digne de remarque, c’est que, quel que soit l’obstacle qui arrête le mouvement naturel de la sève, celle-ci s’accumule au-dessus, y développe de nouveau bois et une nouvelle écorce en plus forte proportion que partout ailleurs, et y forme le bourrelet dont nous parlons; ce qui prouve que la sève descendante est la sève nourricière qui a été élaborée dans les feuilles au contact de l’air par un acte analogue à celui que subit le sang, chez les animaux (voyez Respiration des plantes). g — s.
BOURSES (Anatomie). — On appelle bourses muqueuses de petits sacs membraneux formés par du tissu cellulaire condensé, et humectés par un liquide plutôt séreux que synovial, qu’on rencontre sous la peau dans les points où il y a de grands frottements: ainsi au genou, au coude.
Bourses synoviales. — Petites capsules membraneuses placées sur le trajet des tendons pour taciliter leur glissement an moyen de la synovie qu’elles contiennent; elles sont vaginales lorsqu’elles accompagnent les gaines des tendons ; dans les autres points, ce sont de petites ampoules arrondies.
Bourse (Botanique). — Membrane qui enveloppe certains champignons avant leur entier développement ; synonyme de volva (voyez ce mot).
BOÜSAGE (Technologie). — Opération importante de l’impression des indiennes, succédant au mordançage et ayant pour objet : ,
p> De fixer complètement le mordant aux places où il a été déposé et de l’empêcher ainsi de couler sur les autres points où il produirait des taches ;
2" De saturer ou d’enlever les acides du mordant ;
3° D’enlever une partie des matières employées pour épaissir le mordant ;
4° D’enlever l’excès de mordant.
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Le bousage s’effectue en trempant l’indienne dans un nain formé de 1 200 à 1 500 litres d’eau et de 30 kil. de bouse de vache pouvant servir pour 20 ou 60 pièces d’indienne, suivant la qualité et la quantité du mordant. La bouse de vache agit principalement par son albumine, qui, s’unissant à l’alumine ou à l’oxyde de fer, les rend insolubles et les fixe au tissu. L’alcali contenu dans la bouse contribue aussi à neutraliser l’acide du mordant.
Dans l’application de certaines couleurs claires, on substitue le son à la bouse de vache ; mais celle-ci est plus efficace. MM. Mercer et Blythe, de Manchester, sont parvenus à fabriquer économiquement en grand un sel propre au bousage et composé de phosphate de soude et de chaux. M. D.
BOUSIERS (Zoologie), Copris ^ Geoff., Fab. ; Scarabœus, Lin. — Genre de Coléoptères pentamères^ famille Lamellicornes , tribu des Senrabéides, du grand genre Scarabœus, de Linné, section des Coprophages (mangeurs d’excréments) ; caractérisé ainsi : antennes terminées par une massue à trois feuillets, labre caché sous le chaperon, palpes labiales à trois articles distincts, dont le premier plus grand, les quatre jambes postérieures en forme de cône allongé, fortement dilatées, tronquées à leur extrémité, ni écusson ni vide à sa place. Ce sont des insectes à corps toujours épais et dont les mâles ont souvent sur la tête ou sur le corselet des élévations en forme de cornes ; plusieurs espèces étrangères sont remarquables par la bizarrerie de la forme de leur corselet et par leurs proéminences; quelques-unes sont ornées de couleurs brillantes et riches. Les bousiers font leur séjour ordinaire dans le fumier, les bouses de vache, etc. On en connaît un grand nombre d’espèces, surtout exotiques ;
parmi les indigènes, on \\ peut citer le H. lunaire
{Sc. lunaris^ Lin.), long de 0“,015 à 0“,018, noir, très-luisant , chaperon échancré en devant, porcorne élevée, il I longue et pointue
Æ ^ '' \\ \ww m: qu’on trouve aux environs
Paris ; le B. espagnol ^ {Cop. hispanus, Fab.),
Fig. 356. - Bousier lunaire. noir. Une come longue et
recourbée sur la tête, corselet coupé obliquement en devant ; il est long de 0“,020 à 0“,026. On le trouve dans le midi de la France et en Espagne.
BOUSSOLE (Physique). — Instrument de physique servant à reconnaître la direction des forces magnétiques terrestres et à étudier leurs variations. Comme la direction de ces forces est à peu près celle du nord au midi , la boussole est aussi vulgairement employée à trouver le nord d’un lieu; en mer, elle sert au marin à se guider dans sa route.
La boussole est essentiellement formée d’une aiguille aimantée mobile autour de son centre ; mais l’appareil dans lequel elle est installée varie dans ses formes générales suivant le but spécial qu’on se propose d’atteindre.
Boussole d’arpenteur. — L’aiguille aimantée y a la forme d’un losange très-allongé ; elle est suspendue sur un pivot très-court situé au centre d’un cercle gradué ; le tout est logé dans une cavité cylindrique, creusée dans une planche de bois carrée et fermée par un verre qui permet de suivre les mouvements de l’aiguille. Sur l’un des côtés de la planche est alidade ou une lunette
ordinaire que l’on peut faire mouvoir dans un plan vertical. Cette boussole est employée par les arpenteurs de la manière suivante : supposons qu’il existe sur un terrain dont on veut lever le plan et que l’on ne peut aborder dans toutes ses parties, trois points que nous désignerons par les lettres A, B et C. Nous voulons mesurer l’angle que font entre elles les directions AB et AC. Nous établirons notre boussole au point A, sommet de l’angle ; nous dir igerons la lunette ou l’alidade dans la direction AB et nous lirons sur le cercle gradué à quel degré correspond l’extrémité nord de l’aiguille : soit 16°. Cela fait, nous tournerons l’alidade dans la direction AC ; l’extrémité nord de notre aiguille se trouvera en regard d’une autre division, oO" par exemple. L’aiguille aura donc relativement au cercle, de 50" moins 15 ou de 35", et comme, en réalité, l’aiguille est restée sensiblement immobile, c’est le cercle qui a tourné de 36", et cet arc mesure l’angle formé par les lignes AB* et AC Cette boussole, peu compliquée et d’in transport
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facile, est d’une grande utilité dans le levé des plans.
Boussole de déclinaison (voyez Déclinaison, Magnétisme). — Instrument servant à mesurer pour chaque lieu la déclinaison de l’aiguille aimantée, c’est-à-dire l’angle que fait la ligne qui passe par ses pôles avec le méridien terrestre. Cette mesure est d’une grande importance en mer, où l’on n’a souvent que la boussole pour Sb diriger dans sa route ; aussi est-elle depuis longtemps et fréquemment l’objet des recherches des officiers de la marine des divers États. La boussole ordinairement employée sur mer à cet usage est représentée dans notre gravure 357.
Fig. 357. — Boussole marine.
Elle est disposée de telle sorte que, malgré les oscillations du navire, elle se tienne toujours dans un plan horizontal. Elle se compose d’une boîte hémisphérique AA' lestée au fond et suspendue, suivant le système de Cardan, par le moyen de deux axes indépendants et croisés à angle droit. Dans l’intérieur de cette boîte est suspendu, sur un pivot d’acier, un disque de talc ou mica D au-dessous duquel est collée l’aiguille aimantée. Le disque est divisé en degrés; à son niveau, dans l’intérieur de la boîte, est un trait vertical servant de repère. Enfin, sur le bord de la boîte s’élèvent, aux deux extrémités d’un même diamètre, deux pinnules F et K. L’une F est percée d’une ouverture assez large qui se trouve divisée en deux parties par un fil à plomb fixé à son rebord supérieur. L’autre, au contraire, n’est fendue que d’un trait de scie très-fin parallèle au fil à plomb. Contre cette seconde pinnule s’appuie un miroir incliné L, dont le poli est tourné vers le bas et à la partie supérieure duquel une petite bande d’étamage a été enlevée dans la direction du rayon qui va de la fente K au fil à plomb.
Pour faire une observation avec cet instrument, on place l’œil en K et on dirige le plan des deux pinnules vers un astre connu près de l’horizon ; on regarde en même temps, par réflexion sur le miroir, la divi.sion du limbe qui passe dans ce plan. Le numéro de cette division donne l’angle que fait le plan vertical de l’astre avec le plan du méridien magnétique; puis, en consultant les tables de la connaissance des temps, publiées chaque année par le Bureau des longitudes de Paris, on trouve la valeur de l’angle formé dans le lieu et à l’heure de l’observation par le plan de l’astre avec le plan méridien terrestre. La somme ou la différence de ces deux angles donne la valeur de la déclinaison cherchée.
Sur terre, on préfère à la boussole précédente celle que représente notre gravure 358.
L’aiguille aimantée y est suspendue sur un pivot d’acier situé au centre d’un cercle gradué HH' renfermé dans une caisse cylindrique A en cuivre et fermée supérieurement par une glace. Sur cette caisse sont fixés deux montants en cuivre B, B', dont le premier B s’élargit inférieurement en un arc de cercle gradué BD et qui tous deux
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î5ervent à supporter l’axe horizontal FF' d’une lunette astronomique remplaçant avec avantage les deux pinnules de la boussole marine. L’axe de rotation de cette lunette passe par le centre du cercle gradué BD; son horizontalité est constatée par le moyen d’un niveau à bulle d’air O. L’ensemble de toutes ces pièces est porté sur un cercle gradué TO' horizontal et peut tourner autour de son centre.
Pour faire une observation avec cet instrument, on dirige la lunette vers un astre connu. Les tables de la Connaissance des temps donnent, pour le lieu et l’heure <le l’observation, l’angle que fait le plan vertical de l’astre
avec le méridien terrestre ; on tourne la caisse A d’un angle pareil, afin d’amener dans le plan du méridien terrestre la ligne 0-180 du cercle gradué HH'. Il suffit alors, pour avoir la déclinaison cherchée, de lire sur le même cercle l’angle dont l’aiguille s’écarte de cette ligne.
'“M. Gambey a construit une boussole de déclinaison beaucoup plus précise que la précédente et dont voici la disposition générale. L’aiguille aimantée y est remplacée par un barreau d’acier aimanté suspendu par un faisceau de fils de soie sans torsion et portant à chacune de ses extrémités un petit anneau de cuivre garni de deux fils fins croisés à angle droit. La lunette supérieure est construite de manière que l’on puisse y voir les objets trèsvoisins aussi bien que les astres. L’ensemble des pièces qui supportent cette lunette et l’aiguille egt monté sur une plaque de cuivre munie d’un vernier et mobile sur un cercle gradué fixé au pied de l’instrument.
On commence par disposer l’appareil de manière que l’axe de la lunette soit dirigé sur le point de croisement des fils; on note la division du cercle gradué en regard de laquelle est alors le vernier; puis on tourne la lunette vers un astre connu et on note l’angle dont l’appareil a tourné sur le cercle pour obtenir ce dernier résultat. Cet angle est l’angle formé par le plan vertical qui passe par l’astre avec le plan du méridien magnétique. Les tables faisant connaître, pour l’heure et le lieu de l’observation, l’angle du plan vertical de l’astre avec le méridien terrestre, une sinqfie addition ou soustraction des deux angles donne la déclinaison cherchée.
Boussole d’inclinaison. — Boussole servant à mesurer V inclinaison ou l’angle que fait l’aiguille aimantée librement suspendue avec l’horizon. — Cette boussole, représentée figure 359, se compose d’un cercle gradué vertical AA', au centre duquel est situé l’axe horizontal d’une aiguille aimantée «6 qui ne peut se mouvoir que dans le plan du cercle. Celui-ci, ainsi que la cage BB' qui l’enveloppe, est porté sur une table horizontale mobile sur le centre d’un second cercle gradué horizontal CC'. Ce dernier sert à déterminer avec la boussole môme la direction du plan du méridien magnétique et à tourner le cercle gradué vertical dans ce plan. On lit alors sur l’appareil l’angle dont l’aiguille s’incline au-dessous de l’horizon. Seulement, comme l’aiguille présente toujours quelque léger défaut de centrage ou d’aimantation, il faut recuinmencer à quatre reprises l’observation en tournant son axe bout pour bout, puis réaimantant l’aiguille en sens inverse et
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prendre la moyenne des quatre observations (voyez Inclinaison, Magnétisme terrestre).
Boussole marine. Compas de variation. — Boussole ti ès-employée sur mer, où elle sert à guider les marins dans leur marche. Cette boussole est semblable à celle que nous pons représentée dans notre figure 357, à quelques modifications près. Chaque bâtiment possède ordinairement deux boussoles, une qui est établie dans la chambre du capitaine, l’autre qui est installée sur le pont sous les yeux du timonier qui tient en main la barre du gouvernail. Cette dernière est sans pinnules; mais la caisse est percée inférieurement d’une ouverture au-dessous de laquelle est situé un miroir incliné à 25°, le polî dirigé vers le haut. En avant de ce miroir et sous le pont du bâtiment est placée unr lampe dont les rayons réflé-
chis verticalement viennent éclairer par-dessous le disque de talc gradué qui porte l’aiguille aimantée, de telle sorte que les divisions de ce disque restent visibles pendant la nuit. En dehors des 3(50 divisions de ce disque gradué, on l’a partagé en 32 parties égales appelées aires de vend ou rumbs, séparées par autant de dont l’un porte
l’indication Nord. L’ensemble s’appellela Enfin, dans rintérieur de la caisse et sur sa paroi dirigée vers l’avant du bâtiment, est un trait vertical situé dans le plan qui passe par le pivot de l’aiguille et par l’axe du bâtiment. Le timonier, l’œil fixé sur sa boussole, peut donc lire à chaque instant du jour et de la nuit l’angle que fait la direction de sa boussole avec Taxe du bâtiment, et si, d’un autre côté, on connaît l’angle que fait la boussole avec le méridien terrestre, on peut en conclure la direction du navire ou lui donner celle qu’il convient qu’il prenne.
On ne peut, toutefois, en mer, se fier d’une manière absolue aux indications de la boussole. Le navire, au lieu de suivre exactement la direction de son axe, dérive toujours plus ou moins sous l’action du vent ou des courants marins dont il faut pouvoir apprécier l’influence ; d’un autre côté, la déclinaison de l'aiguille aimantée variant d’un point à l’autre du globe, il est nécessaire de consulter les cartes qui font connaître ces variations; enfin, la direction de l’aiguille aimantée est encore influencée sur un bâtiment par les masses de fer qui entrent dans sa construction ou son chargement. Toutes ces causes d’erreur ont peu d’importance dans les voyages de peu de durée, ou tant que l’on reste dans des parages connus et fréquentés; l’habitude permet de s’y soustraire assez aisément. Mais dans les voyages de très-long cours on d’exploration, il est indispensable de faire usage de toutes | les ressources que la science met à la disposition du ma- f rin pour assurer sa marche. On corrige alors l’influence du navire sur la direction de sa boussole au moyen du J compensateur de Barlow (voyez ce mot).
Boussole des variations. — Instrument de précision t servant à observer et à mesurer les variations très- faibles r que l’aiguille aimantée subit journellement dans sa direc- î tion, soit d’une manière régulière, soit accidentellement i
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ivoyez Déclinaison, Magnétisme terrestre). Le plus parfait des instruments de ce genre est celui qui a été imaginé et construit par Gam’oey. Il se compose d’un barreau d’acier de 0“ 60 de long, suspendu en son milieu par un faisceau de fils de soie sans torsion et rer/ermé dans une caisse rectangulaire. Les deux extrémités du barreau sont munies de plaques d’ivoire portant des divisions angulaires très-fines, au-dessus desquelles sont deux lunettes verticales portées par la caisse et mobiles dans une direction transversale au moyen de vis micrométriques. C’est au moyen de ces lunettes qu’on peut suivre avec une précision très-grande les oscillations du
L’ori*gine de la boussole est des plus obscures. Suivant quelques auteurs, le P. Gaubil, Histoire de l* Astronomie chinoise; Barrbw, Nouveau Voyage en Chine; Hager, Mémoire sur la boussole orientale, etc., l’usage de la boussole remonterait en Chine à un temps immémorial. Les Chinois auraient communiqué cette invention aux Arabes, qui l’auraient importée eux-mêmes en Occident vers le xu* siècle. On peut s’étonner, si cette opinion est exacte, que la boussole, employée 1000 ou 2000 ans avant J. G. dans les mers de l’Inde, n’ait été connue ni des navigateurs égyptiens, ni des Grecs de Constantinople. D’ailleurs, des doutes très-sérieux ont été élevés sur l’authenticité des textes dans les quels quelques-uns des auteurs précités ont puisé les éléments de leur opinion, (Consulter le XLVP vol. des Mémoires de l’Académie des inscriptions.) On peut donc admettre comme vraisemblable, qu’en cette circonstance ainsi qu’en bien d’autres, on a fait aux Chinois un honneur immérité. La prétention qui attribue aux Arabes l’invention de la boussole ne paraît pas mieux fondée, et les érudits les plus autorisés supposent au contraire que ceux-ci ont emprunté l’instrument à l’Europe. En effet, dans aucun des ouvrages arabes antérieuj s à l’époque où la boussole était connue en Occident, il n’en est fait mention.
Les Grecs et les Romains ne connurent certainement pas la boussole, car plusieurs de leurs auteurs, notamment Lucrèce et Pline, ont parlé avec détails de la pierre d’aimant, et leur silence sur une propriété aussi curieuse que celle de sa force directrice, prouve surabondamment qu’elle leur était inconnue. On ne saurait préciser au juste l’époque où, en Europe, il a été question pour la première fois de cet instrument, encore moins lui attribuer un inventeur proprement dit. Toutefois il est incontestable que le célèbre Albert le Grand (né en 1193, mort en 1280) indique comme un fait connu, dans son traité de Mineralibus^ les propriétés de la pierre d’aimant. Le cardinal de Yitry, dans son Historia orient falis, publiée vers 1215, parle en termes non équivoques de la boussole, comme d’un instrument indispensable aux marins et d’un usage déjà répandu vers 1204. Nous citerons encore un document devenu classique dans cette discussion ; ce sont les vers de Guyot de Provins, tirés du poëme satirique appelé Bible, ouvrage qui fut composé vers l’année 1200. L’opinion généralement accréditée qui suppose que la boussole était déjà répandue vers le commencement du xiP siècle, paraît donc fondée. A cette époque, la boussole était formée d’une aiguille aiina))tée qu’on faisait nager sur l’eau en la soutenant par deux brins de paille ou par un morceau de liège. Ce procédé, très incommode, devait se trouver souvent impraticable par suite de l’agitation de la mer. C’est Flavio Gioia, d’Amalfi, né vers la fin du xm® siècle, qui eut l’idée de la suspendre sur un pivot ; mais c’est à tort qu’on lui a attribué l’invention môme de la boussole. M. D.
BOUT DE SEIN (Médecine). — On donne ce nom à un petit instrument en caoutchouc ou en ivoire ramolli que l’on adapte au mamelon des femmes enceintes où nouvellement accouchées pour former le bout que l’enmnt doit saisir pour téter. Souvent aussi, lorsque le sein devient malade, ou que le mamelon se crevasse, pendant 1 allaitement on 1 applique sur le sein, et l’enfant saisit le mamelon artificiel de l’instrument pour téter (voyez Crevasse, Allaitement). ' ^
BOUTÉ (Hippiatrique).— Cheval bouté (voyez Bodleté).
BOUTEILLE (Médecine vétérinaire). — On donne ce nom à une tumeur molle, produite par l’infiltration du tissu cellulaire qui se forme sous la gorge des moutons dans la cachexie aqueuse (voyez ce mot).
BOUTEILLES (Fabrication des) (Technologie). Matières premières. — Le verre à bouteilles se prépare avec du sable ferrugineux, des cendres neuves, des cendres lavées, des soudes brutes de varech, du sel, du sulfate de soude, de l’argile jaune et des morceaux de verre
(groisil). Le sable ferrugineux renferme de la silice et de l’oxyde de fer ; les cendres fournissent de la potasse, l’argile de l’alumine. La fusion de toutes ces matières donne un verre qui est une combinaison de silice avec diverses bases, c’est-à-dire un composé de silicates alcalins (de potasse ou de soude), alcalino-terreux et terreux (de chaux et d’alumine), de silicate d’oxyde de fer. Les matières premières qui fournissent les éléments du verre sont de peu de valeur, à cause du bas prix auquel il importe de livrer les bouteilles.
Quant aux proportions suivant lesquelles ces diverses^ matières entrent dans le mélange, elles sont nécessairement variables. Voici la composition de l’un de ces mélanges :
Sable 82Ht
Chaux 10 97
Sulfate de soucie 1 07
Soude et sel 3 11
Groisil 2 44
lûOi^OO
Principes. — Le verrier doit connaître les propriétésdes différents silicates qui composent le verre. Les silicates alcalins sont les plus fusibles de tous. Plus ils renferment d’alcali, plus ils sont fusibles, mais plus aussi ils sont attaquables par l’eau ; plus ils renferment de silice,^ moins ils sont attaquables par l’eau et les acides, mais plus ils sont difficiles à fondre. Ils ont aussi la propriété de ne pas cristalliser par le refroidissement. Les silicates terreux ne sont pas attaqués par l’eau, mais ils ne fondent qu’à des températures élevées et ont une certaine tendance à la cristallisation. Le silicate d’oxyde de fer fond très-facilement.
Le silicate multiple qui résulte de l’association de ces silicates simples peut avoir un point de fusion inférieur à celui du silicate le plus fusible, être peu altérable par l’eau et par les acides et ne pas cristalliser par le refroidissement, toutes conditions recherchées par l’industriel.
L’oxyde de fer, qui donne de la fusibilité au verre, donne aussi aux bouteilles une couleur verdâtre que l’on fait disparaître presque complètement, en ajoutant au mélange une quantité convenable de peroxyde de manganèse.
Fabrication. — Le four de fusion, rectangulaire et chauffé à la houille, renferme ordinairement quatre creusets placés sur deux banquettes disposées latéralement de chaque côté do la grille. Au-dessus de chaque pot est une embrasure qui sert à le charger et à cueillir (prendre) le verre.
Les matières mélangées sont toujours calcinées {frit-^ tées) avant d’être introduites dans les creusets de fusion. Quand la fusion est terminée, on écume, on ralentit le feu et on règle la chaleur de manière que le verre s’épaississe et se calme, puis ou commence le travail.
Avec une canne (tube) de fer longue de 1 mètre environ, et percée dans sa longueur d’un canal de 0‘“,003 de. diamètre, un ouvrier cueille du verre à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il ait ramassé à l’extrémité de la canne une pelote de verre suffisante pour faire une bouteille. Il passe alors la canne au maître verrier, qui façonne sur une plaque de fer le goulot de la bouteille, souffle ensuite dans la canne pour gonfler le verre et lui donner la forme d’un poire {fig. 361), puis l’introduit dans un moule qui lui donne enfin la forme et les dimensions voulues (/îg'. 362). Lorsque la bouteille est bien formée, le souffleur la retire du moule, la relève en haut et pousse le fond en dedans avec une petite feuille de tôle rectangulaire dont il appuie un des angles au centre de la bouteille, pendant qu’il tourne celle-ci avec la canne. Enfin il détache la bouteille, la retourne, la reprend par le fond avec le sabot qu’il tient de la main gauche, cueille dans le creuset du verre qu’il allonge en filet autour du goulot pour faire la bague, puis il réchauffe le goulot et façonne l’embouchure.
Recuit, — Comme la différence entre la température de la bouteille et celle du milieu où elle se refroidit est considérable, elle subirait un refroidipement brusque qui la rendrait très-fragile, si on ne faisait recuire.
Fig. 361. Fig. 382.
Bouteille Bouteille
commencée, formée.
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302 BOU
A cet effet, les bouteilles sont placées dans des fours spéciaux, chauffés au rouge sombre et dont le refroidissement est très-lent. Pour éviter le dépôt des matières charbonneuses qui se produisent dans le chauffage à la houille, on chauffe au bois les fours à recuire.
Essai des bouteilles. — Les bouteilles doivent présenter plus ou moins de résistance, suivant 1 usage auquel elles sont destinées. Les bouteilles à vin de Champagne peuvent être soumises à une pression intérieure et continue de 12 atmosphères. Aussi, avec les^ bouteilles ordinaires, la casse s’élève dans les celliers jusqu à 20 et 30 p. 100. Dans certaines usines, on fabrique des bouteilles spéciales, qu’on essaye avant de livrer au commerce. L’usine de Châlon-sur-Saône fabrique des champenoises qui, soumises à la machine de M. Collardeau, résistent à une pression moyenne de 25 atmosphères (voyez Verre. L.
Bouteille de Leyde (Physique). — Instrument de physique destiné à condenser une quantité plus ou moins considérable d’électricité, que l’on puisse ensuite employer à tel objet qu’on se propose.
Elle se compose {fig. 363) d’un flacon ou bouteille de verre à parois minces et d’une épaisseur uniforme, dont la surface extérieure est recouverte jusqu’à une certaine distance du col, d’une feuille d’étain que l’on appelle armature externe. L’intérieur est rempli de feuilles de clinquant, froissées et légèrement tassées, qui constituent Varmature interne. Quand le col du flacon est assez large pour qu’on puisse aisément y passer la main, le clinquant est remplacé par une seconde feuille d’étain qui produit le même effet.
Dans l’un et l’autre cas, la bouteille est fermée par un bouchon de liège que traverse une tige de cuivre recourbée en forme de crochet, terminée à son extrémité supérieure par une boule de cuivre, et communiquant par son extrémité opposée avec l’armature interne dont elle forme la continuation et dont elle porte également le nom. Toute la partie extérieure du verre qui n’est pas recouverte d’étain, l’est d’une couche de vernis à la gomme laque qui la préserve de l’humidité et la rend plus isolante.
Pour charger d’électricité cette bouteille, on la tient ordinairement à la main par l’armature externe, et on met le crochet en contact avec le conducteur d’une machine électrique en activité. L’électricité positive ou vitrée de la machine se répand sur l’armature interne, agit par influence au travers du verre sur l’armature externe, et en attire à elle l’électricité négative ou résineuse; celle-ci, retenue à la surface du verre qui s’oppose à son passage, réagit à son tour sur l’électricité de l’armature interne qu’elle condense en l’attirant, et permet ainsi à cette armature de se chai'ger d’une quantité d’électricité positive, beaucoup plus grande qu’elle ne le ferait si elle était seule.
Si, tenant toujours la bouteille d’une main, on touchait le crochet avec l’autre main, les deux électricités empêchées par le verre de se réunir se recombineraient au travers du corps; une étincelle jaillirait, et on éprouverait une secousse brusque, d’autant plus violente que la bouteille serait de dimensions plus grandes et plus fortement chargée. En réunissant ensemble plusieurs bouteilles, on forme ce que l’on appelle une batterie électrique d)nt la puissance peut devenir redoutable (voyez Condensateur, Étincelle). ■
Bouteille de Lane. — C’est une bouteille de Leyde ordinaire D [fig. 364), fixée sur un pied portant en outre une tige de verre A mobile au moyen d’une vis micrométrique V. Au sommet de cette tige de verre s’en trouve une seconde en cuivre, terminée par une boule de cuivre n, qui se trouve ainsi élevée à la hauteur de la boule b de l’armature interne de la bouteille. Les deux boules a et b peuvent donc être placées à une distance 'variable l’ime de l’autre, et mesurée au moyen de la vis. Si on met cet appareil en communication avec une batterie que l’on charge, chaque fois que la quantité d’électricité sera suffisante, une étincelle jaillira entre les deux boules a et 6; le nombre des étinceiles ainsi produites pendant la charge totale des batteries sera proportionnel à la quantité d’électricité employée. La bouteille de Lane fournit donc un moyen de mesurer des
quantités d’électricité et devient un véritable électromètre (voyez ce mot).
Ce fut en 1746 que Musschenbroek et deux autres
physiciens hollandais, Cunéus et Allaman, observèrent pour la première fois et fortuitement à Leyde les effets de la bouteille de Leyde. L’un de ces physiciens, Cunéus, voulait électriser, en présence des deux autres, de l’eau contenue dans un vase de verre qu’il tenait à la main, et, pour y arriver, il faisait plonger au milieu du liquide une pointe qui communiquait aux conducteurs d’une machine. Lorsqu’il jugea la charge suffisante, il approcha le doigt de la surface de l’eau. A l’instant il reçut une commotion incomparablement supérieure à celle qu’il pensait recevoir. L’eau et la main avaient fait l’office des deux armatures de la bouteille. Musschenbroek répéta l’expérience, l’étudia avec soin et la fit connaître à l’Europe savante, qui l’accueillit avec un vif intérêt. On remplaça ultérieurement l’eau et la main par des feuilles métalliques ; mais l’appareil conserva le nom de la ville où il avait été découvert. M. D.
Bouteille inépuisable (Physique amusante). — Voyez Entonnoir magique.
BOUTOIR (Zoologie). — Le museau ou groin du sanglier et du cochon domestique, après s’être .aminci sensiblement, est tronqué à son extrémité et terminé audevant de la mâchoire supérieure par un cartilage plat, arrondi, nu, marqué de petits points et qui déborde par les côtés, et surtout par le haut, la peau de la mâchoire, c’est ce qu’on nomme le boutoir. Il est percé par les deux ouvertures, petites et rondes, des narines, entre lesquelles existe, dans le milieu du boutoir, un petit os qui sert de base et de point d’appui à cette partie et qui contribue à lui donner de la solidité et de la force pour fouiller la terre. On remarque une disposition à peu près analogue dans le museau du tapir, du bali-saur, du coati, etc.
Boutoir (Vétérinaire). — On donne ce nom à un instrument au moyen duquel les maréchaux-ferrants enlèvent l’excédant de la corne du pied du cheval lorsqu’ils le parent pour le ferrer. C’est une espèce de lame ou gouge aplatie, qui termine une forte tige en fer coudée et fixée solidement à un manche de bois. Les maréchaux s’en servent aussi pour couper la queue d’un cheval ; pour cela, ils l’appuient sur le tranchant du boutoir et frappent dessus avec un bâton; c’est une mauvaise pratique.
BOUTON (Conchyliologie). — Ce mot sert à désigner plusieurs espèces de coquilles : ainsi on a nommé Bouton de camisole ou Bouton de Pharaon., le Trochus Pharaonis; Grand Bouton de Chine, le Trochus maculatus; Bouton de Chine., le Trochus niloticus, tous trois du I genre Toupie {Trochus, Lin.) (voyez ce mot): Bouton de I rose, le Bulla amplustra, du genre Bullée {Bullcea, Lin.) (voyez ce mot) ; Bouton terrestre, V Hélix rotundata, du genre des Escargots {Hélix, Lin.) (voyez ce mot).
Bouton (Médecine). — La signification de ce mot est loin d’être déterminée d’une manière absolue; cependant Alibert en a circonscrit le sens d’une manière assez rigoureuse pour qu’on l’adopte. Suivant lui, les boutons sont de petites tumeurs cutanées, tuberculeuses, isolées, plus ou moins dures, à peine douloureuses, ne se terminant jamais par suppuration, mais pîxv desquammation (voyez ce mot) : réduits à ces termes, ce qu’on appelle boutons est une affection légère, qui guérit presque seule, mais qui peut se renouveler souvent. Pour les antres affections avec lesquelles ils pourraient être confondus, voyez Prurigo, Papule,
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Bouton d’Alep. — Maladie particulière à la Syrie, et entre autres aux villes d’Alep et de Bagdad, et qui n’affecte, dit-on, qu’une seule fois dans la vie; les renseignements les plus complets que nous ayons sur cette maladie sont renfermés dans un mémoire envoyé à la Société royale de médecine, par M. Bo, médecin. Elle attaque indistinctement les indigènes et les étrangers ; quelquefois il n’y a qu’un seul bouton, on l’appelle alors bouton mâle; quelquefois il y en a plusieurs, et cette variété se nomme bouton femelle. Les enfants sont sujets à cette maladie; le bouton d’Alep est un tubercule intéressant l’épaisseur de la peau et croissant pendant quatre ou cinq mois ; alors il devient douloureux et la suppuration commence ; puis il se forme une croûte qui se dessèche, tombe et se reforme jusqu’à la guérison ; la maladie dure environ un an. Le traitement est nul; on se borne à quelques applications émollientes.
Bouton (Chirurgie). — Instrument dont on se sert dans l’opératiQji de la taille (voyez ce mot), et qui consiste en une tige d’acier d’une longueur de 0“,20 à 0“,25. Une de ses extrémités est terminée par un bouton olivaire ; il est armé sur toute sa longueur d’une crête sur laquelle on fait glisser les tenettes (voyez ce mot) ; l’autre extrémité de l’instrument est une espèce de curette avec laquelle on s’assure qu’il n’y a plus rien dans la vessie, lorsque l’opération est terminée.
Bouton de feu. — Espèce de cautère actuel, dont l’extrémité cautérisante se termine en un bouton de forme olivaire (voyez Cautère). F. — n.
Bouton (Anatomie végétale), gemma. — On désigne sous ce nom un petit corps arrondi, un peu allongé, quelquefois pointu, qui se forme aux aisselles des feuilles ou à l’extrémité des rameaux dans quelques plantes herbacées et dans les arbres et les arbrisseaux. Lorsque le bouton commence à paraître, on lui donne le nom d’œ?7. Dans nos climats, les boutons des arbres sont protégés par des écailles extérieures, sèches et dures, par un duvet particulier, un suc visqueux, etc. , dont l’usage est de les défendre contre le froid et la pluie. Les boutons peuvent être à fleurs : alors ils sont plus gros, plus courts, moins pointus; ou bien à feuilles : dans ce cas, ils sont minces, allongés et pointus ; dans quelques espèces cependant, ils sont arrondis, comme dans le noyei\ et trèsgros, comme dans le marronnier d'Inde. Quelquefois le bouton est mixte, et il produit des feuilles et des fruits. Les boutons reçoivent encore différents noms, suivant leur position sur l’arbre ou les produits auxquels ils donnent lieu ; ainsi on nomme boutons radicaux, ceux qui naissent près de la racine, et qui, comme dans le framboisier, par exemple, doivent recevoir une destination particulière lors de la taille. D’autres sont nommés boutons stipulaires, etc, La plupart des boutons s’épanouissent au printemps ; à cette époque, l’ascension de la sève commence à se faire avec force, la base du bouton se gonfle , l’enveloppe écailleuse s’entr’ouvre , les feuilles commencent à paraître, et le bouton passe à l’état de bourgeon (voyez ce mot).
Bouton (Botanique). — Ce nom a été donné à plusieurs plantes de groupes très-différents, et surtout d’après la forme et la couleur de la fleur ; ainsi on a appelé :
Bouton d’argent, l’Achillée sternutatoire {Achillea ptarmica., Lin.) ; la Camomille romaine (in/Aernw nobilis. Lin.); la Matricaire commune [Matricaria parthenium, Lin.) ; la Renoncule à feuilles d’aconit {Ranunculus aconitifolius, Lin.).
Bouton de bachelier, Bouton de la mariée, la Lychnide visqueuse {Lijchnis viscaria. Lin.) (voyez Lychnide). ^
Bouton noir, la Belladone (Atropa helladona. Lin.).
Bouton d’or, l’Immortelle jaune {Gnaphalium orientale, Lin.) ; la Renoncule âcre, variété à fleurs pleines {Ranunculus acris. Lin.); la Renoncule rampante (fianunculus repens. Lin.).
Bouton rouge, le Gainier du Canada {Cercis canadensis. Lin.).
Bouton (Technologie). — Petite pièce du vêtement remplaçant les agrafes, cordons, rubans, aiguillettes, épingles, usitées par nos ancêtres. Les premiers boutons étaient formés d’une petite pelote recouverte de la même étoffe que les parties du vêtement qu’ils devaient réunir. Cette forme incommode a été ultérieurement remplacée par la forme plate ou légèrement concave ou convexe adoptée aujourd’hui.
Les boutons sont fabriqués avec des matières très-diverses. Ceux qui doivent être recouverts de soie ou de toute autre étoffe, sont ordinairement en bois ; pour les
autres, on emploie l’os, l’ivoire, la corne, l’écaille, la nacre, les métaux. Tous les boutons, à l’exception des boutons métalliques et des boutons en corne, sont découpés et percés au tour. L’outil varie suivant que la pièce doit avoir un seul trou en son centre ou en avoir plusieurs ; mais, dans l’un et l’autre cas, la matière première doit être débitée à l’avance en petites planchettes d’une épaisseur égale à celle des boutons.
Boutons à un seul trou. — L’arbre du tour porte à l’une de ses extrémités une mèche do vilebrequin ; l’autre extrémité est creusée d’une gorge qui est embrassée par un levier que l’on gouverne à la main, au moyen d’une manivelle ; de cette manière, l’arbre du tour peut être à volonté poussé de droite à gauche ou retiré de gauche à droite ; il reçoit en outre un mouvement de rotation rapide d’une roue de rémouleur. En face de la mèche est un petit plateau sur lequel est appliquée la planchette, la mèche est avancée, sa pointe centrale fore le trou, et les deux ailes découpent circulairement la planche à moitié de son épaisseur. On recommence la même opération du même côté, j usqu’a ce que la planche ait été travaillée ainsi dans toute son étendue, puis on la retourne. La pointe centrale de la mèche étant introduite successivement dans les divers trous, et la matière étant de nouveau découpée circulairement jusqu’à mi-épaisseur, les boutons se détachent et viennent tomber dans une caisse destinée à les recevoir.
Boutons à plusieurs trous. — Ces boutons sont d’abord découpés au tour, comme précédemment avec une mèche dépourvue de pointe centrale et intéressant d’un seul coup toute l’épaisseur de la planche ; ils sont ensuite percés au moyen d’un tour composé de quatre arbres portés sur un même support et terminés par des crochets. Les quatre mèches, simplement accrochées aux extrémités des quatre arbres, sont soutenues à leurs bouts libres par un chevalet en cuivre qui les traverse librement. Les boutons, disposés en pile sur un support cylindrique, sont poussés peu à peu sur les mèches ; celles-ci, mises en mouvement toutes à la fois, forent en même temps les quatre trous.
Quelques boutons en os ou en ivoire sont en outre ornés de dessins que Ton grave à la main.
Boutons en corne. — Ces boutons sont quelquefois traités comme précédemment ; mais le plus souvent ils sont moulés, grâce à cette propriété qu’a la corne de se ramollir dans Teau bouillante et de reprendre sa dureté primitive en se refroidissant. La corne est d’abord taillée en plaques d’une épaisseur uniforme ; ces plaques sont ensuite découpées en petits carrés dont on abat les angles pour en former des octogones ; puis ensuite on les introduit entre les deux mors d’une large pince portant chacun six coins d’acier ayant en creux le relief à donner aux boutons. Les octogones ayant été ramollis dans Teau bouillante et posés sur les coins, on serre les mors de la pince et on introduit ces mors sous une presse à vis trèspuissante. Au bout de quelques minutes le moulage est terminé. On retire les boutons, on abat les angles avec des pinces à couper et on arrondit à la lime. La queue de ces boutons est ordinairement, formée d’un demi-anneau de laiton placé à l’avance dans le coin correspondant à la face inférieure du bouton, et ses deux extrémités s’incrustent solidement dans la corne pendant le pressage.
Boutons métalliques. — Les boutons métalliques étaient primitivement coulés dans des moules de sable à la manière ordinaire ; puis la queue, formée d’un demi-anneau métallique, était soudée à leur face inférieure ; on les polissait enfin sur le tour. Ces opérations ont été considérablement simplifiées par l’emploi du balancier. Le métal employé, ordinairement formé d’un alliage d’étain, de cuivre et de zinc, est d’abord laminé en feuilles d’une épaisseur convenable, coupé en bandes d’une longueur arbitraire et d’une largeur peu supérieure à celle du bouton , puis introduit sous le poinçon du balancier. Chaque coup de l’instrument détache de la bande le disque qui doit former un bouton, et perce les trous du bouton suivant. Les boutons ainsi enlevés à Temporte-pièce sont introduits entre les poinçons d’un autre balancier semblable à celui qui sert à frapper la monnaie et en reçoivent la courbure qu’ils doivent avoir et en même temps la légende du fabricant de boutons, ou plus souvent du confectionneur de vêtements. Ces boutons sont ensuite polis au rouge d’Angleterre et légèrement dorés ou argentés. boutons militaires ou de /turee sont généralement formés de deux pièces ; Tune d’elles, qui est en laiton mince et a reçu la légende d’un coup de balancier,
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esl un peu plus grande que ne doit être le bouton terminé ; elle s’applique sur une autre pièce formant moule, à laquelle a été soudée la queue, puis ses bords sont repliés ou sertis sur le moule. C’est encore par un procédé semblable que sont fabriqués les boutons semi-métalliques^ composés de deux rondelles métalliques entre lesquelles est pincé un disque de coutil, et sertis l’un sur l’autre, de manière qu’ils restent intimement unis.
Boutons en pâte céramique, — Ces boutons, destinés à remplacer les boutons de nacre employés dans la lingerie, ont été imaginés en 1840 par M. Presser. Dans le procédé de fabrication dû à l’inventeur, des matières légèrement fusibles, telles que le feldspath, le phosphate de chaux, étaient réduites en poudre, mélangées, à une douce chaleur, à une petite quantité d’un corps gras, tel que le lait, et destiné à donner un peu de liant à la pâte, puis la poudre ainsi préparée était moulée à l’aide de petites machines à balancier qui frappaient les boutons un à un. Ces boutons étaient ensuite placés à la main sur des rondeaux en terre cuite, et introduits dans des manchons que l’on superposait dans un four à cuire la porcelaine tendre. Ce procédé a été amélioré et la fabrication amenée à un degré fabuleux de bon marché par un fabricant fl ançais, M. Bapterosse.
M. Bapterosse fabrique deux espèces de boutons : les boutons dits agate et les boutons strass. La pâte des premiers est formée de feldspath lavé aux acides pour le débarrasser de l’oxyde de fer qu’il pourrait contenir, et additionné d’un peu de phosphate de chaux ; celle des seconds est composée de feldspath pur. Dans l’un et l’autre cas, un peu de lait sert à donner le liant nécessaire. Le moulage a lieu dans des presses pouvant donner âOO boutons à la fois et 2 ou 3 coups par minute. En tombant de la presse, les boutons viennent se ranger sur une feuille de papier tendue sur un cadre rectangulaire en fer et servant à les transporter. La cuisson s’effectue dans des fours circulaires contenant chacun une soixantaine de moufles autour desquelles circule la flamme, et contenant chacune une plaque en terre réfractaire, de la grandeur de la feuille de papier qui porte les boutons. Lorsque l’une de ces plaques est rouge, on la retire, on pose dessus la feuille de papier garnie de ses boutons ; cette feuille brûle, et les boutons sont ainsi déposés sur la plaque dans l’ordre où ils sont sortis de la presse ; on enfourne, et au bout de 10 minutes la cuisson est terminée. On retire la plaque, on enlève avec un râble les boutons qui la garnissent, et comme elle est rouge elle peut recevoir immédiatement une nouvelle charge. Les boutons ainsi obtenus peuvent évidemment recevoir toutes les formes exigées par les caprices de la mode et par des mélanges de divers oxydes à la pâte, être colorés de nuances diverses. M. D.
BOUTURE, Bouturage (Horticulture). — On donne le nom de bouture à une partie d’un végétal qui, séparée de son pied-mère, est mise en terre pour y développer des racines si c’est un fragment de la tige (racines adventives), ou des bourgeons si c’est un fragment de racine : ainsi, prenez un rameau de saule ou de peuplier et placez-en une extrémité quelconque dans l’eau ou dans la terre humide, cette extrémité se couvrira promptement de filets radiculaires, qui sont des racines adventives, et transforment le végétal en un nouveau plant capable de devenir un arbre comme celui dont il a été primitivement détaché ; cette opération constitue ce qu’on appelle le bouturage., et le rameau prend le nom de bouture. On fait des boutures de diverses manières ; tantôt, on opère comme il vient d’être dit; c’est le bouturage simple. Si le végétal appartient à une espèce qui développe moins facilement ses racines adventives, on enterre partiellement une branche flexible et tenant encore au végétal; c’est ce qui se pratique lorsqu’on couche la vigne, ou bien on passe cette branche dans un pot à fleurs rempli de terre, et l’on ne sépare la bouture de la plante-mère que lorsqu’elle a poussé ses racines. Cette opération porte encore le nom de marcottage. Certains végétaux émettent des racines adventives sur des parties qui ne sont pas plongées dans le sol ; ces racines, poussées dans l’atmosphère, pendent vers la terre, où elles vont s’enfoncer après un trajet plus ou moins long ; on les nomme racines aériennes. M. Du Breuil distingue de la manière suivante les principales espèces de bouture {Cours d’arboriculture) ; l " par rameaux : c’est le mode dont il a été parlé plus haut ; 2“ par rameaux avec talon ; ici on coupe le rameau tout près du point où il s’unit à la branche et on l’enlève avec le talon qui est à sa base; 3" par crossettes: on enlève avec le rameau une certaine étendue de la branche qui
lui a donné naissance. Cette métliode offre plus de chancesde succès que les précédentes ; 4“ par plançons: c’est une' branche de trois à cinq ans, droite et vigoureuse, de 2 à 3 mètres, que l’on taille en pointe aiguë et qu’on enfoncedans la terre à 0“,50 de profondeur (peuplier, saule, aune, etc.) ; 5“ par étranglement ; on place une ligature^ au-dessous d’un bouton ; il s’y forme un bourrelet ; au bout d’un an, on coupe la branche au-dessous du bourrelet et on la met en terre ; 6° par ramées : on enterre une branche garnie de rameaux que l’on redresse et que l’on coupe hors de terre en laissant deux boutons à chacun ; 7“ bouture semée: on coupe par petits fragments munis chacun d’un oeil une branche de l’année précédente et on les sème en rigole, en terre légère, au printemps (mûrier); 8“ bouture au moyen de fragments de racine: on divise par tronçons de 0“,10 à 0“>,15 des racines détachées du pied-mère; on les plante en laissant leur gros bout sortir légèrement de terre.
BOUVIER (Zoologie). — On a donné ce nom, 1° au Gobe-mouche gris., parce qu’il a l’habitude de voler autour des bœufs dans les prairies pour attraper les mouches ; 2“ à la Bergeronnette ou Lavandière., parce qu’elle voltige dans les prés autour des bestiaux; 3» quelquefois en Provence au Motteux., espèce de Traquet.
BOUVIER (Économie agricole). — On désigne sous ce nom le domestique chargé de soigner et de conduire lesbœufs de travail ou ceux de l’engrais. Par extension, on a aussi donné ce nom à celui qui fait le service des marchés de bêtes bovines et qui est chargé le plus souvent de les soigner et de les conduire jusqu’au moment où ils arrivent à l’abattoir. Une grande partie des qualités du berger doivent être aussi celles du bouvier (voyez Berger) ; ainsi la vigilance, l’exactitude, la ponctualité et surtout l’égalité de caractère, soit qu’il s’agisse de conduire les animaux au travail, soit qu’il ait à dresser de jeunes bœufs et qu’il se persuade bien qu’il ne fera rien s’il ne montre pas une grande douceur, car la brutalité n’engendre que la résistance. Il devra aussi distribuer la nourriture à des heures régulières et en quantité convenable ; il veillera à entretenir la propreté de ses bêtes et il mettra tous ses soins à avertir son maître des moindres indispositions qui pourraient leur arriver, aussi bien qu’à leur donner tous les secours nécessaires jusqu’à l’arrivée du vétérinaire, s’il est appelé. Les bœufs à l’engrais devront être l’objet d’une attention toute particulière, et le bouvier devra veiller encore avec plus de précaution à la bonne distribution de la nourriture ; on devra, à cet égard, lui recommander une sage réserve, une nourriture trop abondante pouvant compromettre le but qu’on se propose^ Enfin, le bouvier chargé du service des marchés n'oubliera pas que, indépendamment de la nourriture et des soins particuliers qu’il doit donner aux animaux qui lui sont confiés, il faut qu’il évite avec soin de les surmeneiv de les faire marcher trop vite et surtout de les frapper brutalement, comme cela se voit trop souvent.
BOUVREUIL (Zoologie), Pyrrhula., Bris., Guv., du grec purros, rougeâtre. — Sous-genre à.’ Oiseaux du grand genre des MomeauXy famille des Conirostres., ordre des Passereaux de Cuvier; de la famille des Fringillidœy tribu des Oscines., ordre des Passeres de Ch. Bonaparte; caractérisé par un bec très-court, très-gros, très-bombé, également renflé partout, et assez fort pour pouvoir briser les semences les plus dures. Parmi les espèces de ce sous-genre, nous citerons : 1“ le -B. ordinaire [Loxia pyrrhula., Lin.), cendré dessus, rouge vineux dessous, calotte noire ; c’est un des oiseaux les plus charmants de notre pays, remarquable par son joli plumage, sa belle voix, son gosier flexible ; il ne l’est pas moins par la facilité avec laquelle il devient familier, par les chants harmonieux qu’on parvient à lui faire répéter, et par l’attachement dont il est susceptible pour ceux qui l’ont élevé ; cependant, avec toutes ces qualités, le bouvreuil est un oiseau assez nuisible à l’agriculture par les dégâts qu’il fait en mangeant les bourgeons des arbres fruitiers. Son chant naturel est un sifflement très-pur d’abord, suivi bientôt d’un gazouillement enroué terminé en fausset ; il n’est composé que de trois notes. Il y en a une variété plus grande d’un tiers. Parmi les espèces exotiques, on peut citer : 2“ le B. vert brunet [FringiUa butyracea, Cm.), qui a le front, les tempes, le ventre jaune d’or, le dessus vert olivâtre ; on le trouve au cap de
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BOYAU (Anatomie). — Nom vulgaire de Xintestin.
Boyau polliniqüe (Botanique). — Lorsqu’un grain de pollen est déposé sxxvIq stigmate., il se gonfle, l’enveloppe extérieure {exhyménine) se rompt, et alors la membrane
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interne {endhyméninés fait saillie, s’allonge, pénètre dans le style, forme un véritable boyau fermé contenant la fovilla; c’est là ce qu’on nomme le B. pollinique, filament très-délié, visible seulement au microscope ; arrivé dans la cavité de l’ovaire, il rencontre le micropyle de l’ovule, le traverse ; arrivé au sommet du nucelle^ il s’applique contre le sac embryonnaire^ et c’est là que s’opère la fécondation.
BOYAÜDERIE (Technologie). — Industrie dont l’objet est la transformation des intestins (boyaux) des animaux, bœuf, cheval, âne, chien, mouton, en divers produits dont les principaux sont les boyaux soufflés pour charcutiers, la baudruche^ et les diverses espèces de cordes à boyau. Cette industrie est une des plus fétides qu’on puisse imaginer ; M. Labarraque est cependant parvenu à faire disparaître presque entièrement l’épouvantable infection qu’elle répand, et à accroître en même temps la qualité des produits obtenus. Il est arrivé à ce résultat au moyen du chlorure de soude, dont nous indiquerons l’emploi et dont les propriétés sont expliquées à l’article Chlorure. La boyauderie est une industrie complexe qui se partage en plusieurs branches que nous examinerons séparément.
Boyaux insufflés servant d’enveloppe aux saucisses et aux saucissons. — Les boyaux employés sont ordinairement les intestins grêles des bœufs ou vaches, qui ont été débarrassés par le broncher de la plus grande partie du suif qui les enveloppait. Ces intestins doivent être, le plus tôt possible, dégraissés d’une manière plus complète. A cet effet, après les avoir trempés dans l’eau, on les attache par un de leurs bouts à un anneau, et l’ouvrier, les tendant avec la main gauche, racle leur surface de haut en bas avec un couteau de charcutier. Cette opération conduite d’un bout à l’autre du boyau, et toujours dans le même sens , en chasse en même temps la plus grande partie des matières fécales qu’ils contiennent. La graisse ainsi obtenue est lavée, séchée, puis fondue, et donne des suifs de qualité inférieure.
Les intestins, dégraissés à l’extérieur, sont retournés de manière que la membrane interne vienne en dehors, puis soumis au ratissage, dont le but est de séparer la muqueuse interne de la tunique fibreuse qui doit seule être conservée. Cette opération du ratissage ne peut se faire sur les intestins frais ; il faut que ceux-ci aient déjà subi un commencement de putréfaction, après laquelle la muqueuse, en partie décomposée, s’enlève aisément sous la pression de l’ongle.
Les intestins, ratissés et lavés avec soin, sont noués par un fil à l’une de leurs extrémités, tandis que l’autre est passée sur le bout d’un tuyau dont l’ouvrier se sert pour les gonfler d’air. La seconde extrémité est alors nouée comme la première, et la membrane ainsi tendue est portée au séchoir. Après la dessiccation , les boyaux sont percés à un bout, dégonflés, réunis par paquets de 1 5 à 20 mètres, puis exposés dans un lieu où ils puissent s’imprégner d’humidité et portés ensuite dans le soufroir ; là, ils sont exposés pendant 4 heures à la vapeur d’acide sulfureux qui les blanchit et empêche la fermentation de s’y établir ultérieurement; ils sont de nouveau séchés, puis emballés dans des sacs avec du camphre et du poivre pour être livrés au commerce. Pendant cette série de manipulations, les boyaux répandent une odeur infecte que l’on peut détruire en très-grande partie en se servant pour la macération des intestins, au lieu d’eau pure, d’une dissolution de 1 kil. de chlorure de soude par 100 kil. d’eau. L’opération marche d’une manière plus régulière et moins pénible pour les ouvriers, qui peuvent travailler d’une manière plus continue, et les produits ont un meilleur aspect.
Cordes à boyaux. — Elles sont de grosseurs et de qualités très-diverses, suivant les usages auxquels on les destiiie. — Les principales espèces sont les cordes des rémouleurs, dites des Lorrains. Les cordes à raquette, à fouet et à.' archet, et les cordes des instruments de musique.
Cordes des rémouleurs ou cordes de tour. — Elles se font avec les boyaux de cheval, débarrassés de leur graisse et de leur membrane muqueuse, comme il a été dit plus haut. Le boyau, encore fétide, est passé par un de ses bouts sur une boule en bois fixée à l’extrémité d’un couteau à 4 lames convexes, disposées de manière à former 4 angles droits. Le boyau est ainsi coupé dans toute sa longueur en 4 lanières d’égale largeur. On réunit ensuite 4, 6, 8, 10 lanières, suivant la grosseur que l’on veut donner à la corde, on les tend parallèlement entre elles par bouts de 10 mètres, puis on donne à l’ensemble
un premier degré de torsion. La corde ainsi tordue est tendue entre deux chevilles et abandonnée à elle-même pendant 4 heures ; après quoi on donne une nouvelle torsion, puis une troisième 16 heures après la seconde, et la corde est frottée dans sa longueur avec une corde de crin humide qui l’unit, ce qu’on nomme étricher. Un dernier tordage est effectué 3 heures après, et la corde est séchée tendue.
Cordes de raquette et d’archet. — Elles se font avec les intestins de mouton. Ces intestins doivent être vidés avec soin dès qu’ils sont extraits du ventre de l’animal, à l’abattoir même, et apportés dans cet état à la boyauderie. Là, on les plonge pendant un jour ou deux dans de l’eau que l’on renouvelle de temps en temps. Une ouvrière prend alors un des intestins qu’elle racle vers l’un de ses bouts avec lé dos d’un couteau. Si la macération est assez avancée, la membrane péritonéale doit s’en détacher aisément ; l’ouvrière prend alors le bout libre de cette membrane, et l’enlève ordinairement dans toute la longueur du boyau en deux lanières ayant chacune une largeur égale à la moitié du pourtour du boyau. Cette opération, qu’on nomme filer, ne réussit bien toutefois qu’à la condition de commencer par le petit bout de l’intestin. La partie membraneuse détachée est la filandre, dont on se sert comme de fil pour coudre les boyaux, et que l’on emploie également dans la confection des cordes à raquette.
Les boyaux filés sont remis dans l’eau, et le lendemain on les ratisse dans toute leur longueur, en les faisant glisser sur un banc de bois incliné sous la lame mousse d’un couteau, ce que l’on nomme curer. On les replonge dans l’eau de puits, et le lendemain on remplace cette eau par une eau alcaline formée par la dissolution de 1 kil. de potasse dans GO ou 70 litres d’eau. Le traitement par la potasse dure quelques heures, est suivi d’un ratissage sur toute la longueur du boyau, et se renouvelle un plus ou moins grand nombre de fois, suivant la qualité du produit qu’on veut obtenir.
La corde à raquette est fabriquée avec les boyaux de qualité inférieure préparés comme il est dit précédemment ; s’ils ne sont pas assez longs, on les coupe de biais à leurs extrémités, et on les coud bout à bout avec de la filandre, on donne un premier degré de torsion, puis on réunit parallèlement deux, trois, quatre boyaux que l’on tord ensemble en une seule corde que l’on étriche avec soin, et que l’on met en couleur en la trempant à une ou deux reprises dans du sang de bœuf ; puis on donne une dernière torsion, et on laisse sécher la corde tendue. Pour les cordes parfaites, on ne prend qu’un boyau que l’on renforce avec des filandres.
La corde à fouet se fait avec un seul boyau, rarement deux ou trois ; on la soufre une fois ou deux, et quelquefois on met en couleur noir, rouge ou verte : les boyaux prennent bien la teinture.
Corde des chapeliers ou dé arçon. — Beaucoup plus grosse et plus soignée que la précédente, elle se fait avec les boyaux de mouton les plus gros et les plus longs, que l’on réunit pour les tordre au nombre de G, 8, 10 ou 12, .selon la grosseur de la corde qui a de 8 à 10 mètres de long, et ne doit présenter ni coutures ni nœuds. La corde est ^ufrée deux fois, et à chaque fois mouillée à l’eau de potasse et étrichée avec beaucoup de soin.
Corde des horlogers. — Cette corde, extrêmement mince, est faite avec les plus petits intestins, bien travaillés par la potasse et tordus seuls, ou le plus souvent avec des intestins coupés en deux dans le sens de leur longueur. Les horlogers emploient cependant aussi des cordes plus grosses que l’on prépare comme les cordes des instruments, mais avec moins de soin.
Cordes des instruments. — Pendant longtemps, Naples eut le privilège de la fabrication de ces cordes ; cependant celles que l’on prépare à Paris ne le cèdent sous aucun rapport aux cordes d’Italie, bien que l’on continue à les vendre sous ce dernier nom. Il n’y a que pour les chanterelles que nous ne puissions encore lutter avantageusement avec Naples, ce qui tient uniquement à ce que ' les moutons que l’on consomme à Paris sont plus gros que les napolitains. Pour obtenir de bonnes cordes, les boyaux doivent être vidés encore chauds et avant d’être portés à l’atelier. Là, on les met dégorger dans de l’eau de Seine fréquemment renouvelée, et on cure le plus tôt possible avec le dos arrondi d’un couteau. On fait ensuite macérer le boyau dans des eaux alcalines renouvelées deux fois par jour, et d’une force progressivement croissante, afin de les débarrasser le plus possible^ de leur matière grasse , et à chaque renouvellement d’eau, on le?
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ratisse avec un ongle en cuivre formé d’un dé ouvert que l’on met au pouce. Le soin avec lequel ces opérations sont exécutées, et le choix du moment où il faut y mettre fin pour filer la corde, exercent une grande influence sur la finesse et la qualité du produit. Avant de filer la corde, on lave les boyaux h l’eau courante ou fréquemment renouvelée, puis on les réunit au nombre de trois ou quatre pour les tordre ensemble. On les soufre et on les huile avec de bonne huile d’olives. Elles prennent de la qualité en vieillissant, aussi doit-on les conserver longtemps en magasin avant de les livrer au commerce.
Baudruche. — Elle se prépare avec la membrane péritonéale de l’intestin cæcum du bœuf ou du mouton. Cette membrane, détachée par les charcutiers, est livrée sèche aux boyaudiers ; ceux-ci la font détremper dans de l’eau de potasse faible, la ratissent, la font dégorger dans de l’eau, puis l’étendent sur une planche en ayant soin de poser en dessus la surface qui était en contact avec la membrane musculeuse de l’intestin , et l’autre surface ou la fleur du boyau en dessous. Sur cette première membrane, ils en étendent une seconde la fleur en dessus. Ces deux membranes se collent intimement l’une à l’autre et se sèchent avec rapidité, puis on les détache de la planche en en coupant les bords, et on les livre à un autre ouvrier qui leur fait subir un second apprêt pour les rendre propres au battage de l’or (voyez Batteur d’or). A cet effet, la baudruche est collée sur les bords d’ûn châssis en bois, lavée avec une dissolution d’alun, puis, quand elle est sèche, recouverte au moyen d’une éponge d’une dissolution de colle de poisson dans du vin blanc, dans laquelle on a fait macérer des substances aromatiques telles que girofle, muscade, gingembre, camphre, qui préserve la baudruche des insectes ; enfin, cette baudruche est recouverte d’une couche de blancs d’œufs. Il ne reste plus qu’à la couper en carrés de 0“,13 de côté, que l’on soumet à la presse pour les aplatir, puis à les mettre en tas ou livrets qu’on vend aux batteurs d’or.
Crin àpêche)\ crin de Florence. — Sa fabrication n’est pas bien connue. Selon M. Regnart, on obtiendrait de bons crins de la manière suivante : on prend des vers à soie au moment où ils vont filer leur cocon, et on les met macérer 24 heures dans de bon vinaigre. Au bout de ce temps on Heur rompt la tête, et en tirant celle-ci, on la voit suivre d’un fil qui s’allonge de plus en plus, et qu’il suffit de sécher à l’air entre des bâtons pour lui faire acquérir une grande consistance. M. D.
BRAGHLLYTRES (Zoologie), du grec, brachus., court, et e/w/ro«, étui, à cause du peu de longueur de ses élytres qui nerecouvrentqu’une partie de l’abdomen. — Deuxième famille à’’ Insectes coléoptères pentamères , qui présente les caractères suivants : ils n’ont qu’une palpe à chaque mâchoire, quatre en tout; les antennes le plus souvent filiformes, composées d’articles lenticulaires ; les étuis beaucoup plus courts que le corps ; celui-ci étroit, allongé ; deux vésicules près de l’anus ; l’animal les fait sortir et rentrer à volonté, et il s’en échappe une liqueur subtile qui se volatilise rapidement et a le plus souvent une odeur d’éther sulfurique. La plupart des espèces ont la tête grande et aplatie, les mandibules fortes, les antennes courtes ; ils vivent en général dans la terre, le fumier, sous les pierres; quelques-uns habitent les lieux aquatiques; ils sont voraces et vivent d’autres insectes, marchent très-vite, et pour peu qu’on les touche, ils relèvent avec force le bout de leur abdomen; leurs larves sont longues, ressemblent en quelque manière à l’insecte parfait et se nourrissent de même. Cette famille ne comprend que le grand genre Staphylin {Staphylinus., Lin.), que Cuvier subdivise en cinq sections et en plusieurs genres : !« section des Fissilabres genres Oxypores., Staphylins propres., etc.; 2° section des Longipalpes, genres Péclères,Stènes., etc. ; 3" section des Denticrures, genres Zirophores , Coprophiles , etc. ; 4" section des Aplatis., genres OmalieSy Protéines., Aléochares, etc. ; 5° section des Microcéphales., genres Loméchuses., Ta- ‘ chines., Tachipores, etc.
BRACHIAL (Anatomie), qui a rapport au bras. — Muscle brachial antérieur., situé profondément sous le biceps, à la partie antérieure et inférieure du bras, embrassant en bas l’articulation du coude. Ce muscle s’attache en haut aux faces interne et externe et aux bords antérieur, interne et externe de l’humérus et en bas à l’apophyse coronoïde du cubitus {huméro-cubiiaf Chaus.). Il fléchit l’avant-bras sur le bras. — Id artère brachiale ou humérale., continuation de r«xf//afre, commence au bord inférieur de l’aisselle, est placée d’abord en dedans de
l’humérus, descend le long du bord interne du biceps, se trouve en bas placée au-devant de l’humérus ; arrivée au pli du coude, elle en occupe la partie moyenne, devient superficielle et n’est séparée de la peau que par l’aponévrose du biceps et par la veine médiane basilique qui la croise à angle très-aigu ; cette disposition est très-importante à considérer dans la saignée (voyez ce mot) ; enfin, elle se bifurque en radiale et cubitale. L’artère brachiale donne de nombreuses branches à tous les muscles du bras; on remarque surtout Y humérale profonde et la collatérale interne. — ^aponévrose brachiale, formée d’expansions des tendons du grand dorsal, du grand pectoral et du deltoïde, enveloppe tout le bras. — Les nerfs brachiaux tirent leur origine du plexus brachial, ce. sont Yaxillaire, le cutané, le musculo-cutané, le radial, le cubital et le médian (voyez Bras). F — n.
BRACHINE (Zoologie), Brachinus, Fab. Web., du grec brachein, craquer, faire du bruit. — Sous-genre de Coléoptères pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, du grand genre Carabe, section des Étuistronqués; caractérisé par les palpes filiformes un peu plus grosses au bout, jambes antérieures échancrées au côté interne, élytres tronquées à leur extrémité ; tête et corselet plus étroits que l’abdomen ; voisins des Aptines, dont ils se distinguent seulement parce qu’ils sont pourvus d’ailes et qu’ils n’ont pas de dents à l’échancrure du menton ; ils s’en rapprochent par leur abdomen ovale et assez épais, renfermant des organes sécréteurs d’un liquide caustique qui s’échappe de l’anus avec explosion en se vaporisant aussitôt et laissant exhaler une odeur pénétrante. On trouve ces insectes sous les pierres, dans les décombres , souvent en grand nombre. Les plus grandes espèces sont exotiques ; tel est le B. aplati {B. complanatus, Fab.), long de 0“,015 à 0“, 018, jaune roux, les élytres noires ; il est commun à Cayenne et aux Antilles. On trouve aux environs de Paris le B. pétard [B. crepitans, Fab.), long de 0“,008 à 0“*,010, fauve, élytres bleues ou vertes; le B. pistolet {B. sclopeta, Fab.), qui a les élytres d’un rouge fauve; le B. bombarde {B. bombarda, Ilig.) ; le B. exhalans et le B. causticus sont deux jolies espèces qu’on trouve aux environs de Montpellier.
BRACHIO-CÉPHALIQUE (Tronc) (Anatomie). — Appelé encore tronc innommé', c’est le tronc commun des artères sous-clavière et carotide primitive droites; il naît de l’aorte au moment de sa première courbure ; sa longueur est de 0“,028 à 0“,030, situé en avant et à droite des autres artères formées par la crosse de l’aorte ; derrière le sternum, en avant de la trachée-artère, ce tronc se dirige obliquement de bas en haut et de dedans en dehors.
BRACHIONIDES (Zoologie). — Famille d’animaux infusoires, microscopiques, placée entre les Crustacés et les Zoophytes. Ils vivent indifféremment dans les eaux douces et salées.
BRACHIOPODES (Zoologie), du grec brachiôn, bras, et pous, podos, pied. — Classe de Mollusques établie par M. Duméril et adoptée par Cuvier dans la Méthode du Règne animal. De Blainville,sans admettre cette dénomination, en a fait l’ordre des P alliobr anches de sa classe des Acéphalophores et mieux Acéphalés. Quoi qu’il en soit, la classe des Brachiopodes, de Duméril et de Cuvier, est caractérisée de la manière suivante ; animaux à coquilles bivalves, fixés à des corps solides, dépourvus de locomotion; ils ont, comme la classe des Acéphales, de Cuvier, un manteau à 2 lobes, toujours ouvert ; 4a bouche située entre les bases de 2 bras charnus, qu’ils ont au lieu de pieds, et pourvus de nombreux filaments ; ils peuvent les faire sortir ou rentrer en les enroulant en spirale. On les trouve rarement vivants, parce qu’ils habitent les eaux de la mer à de grandes profondeurs ; mais on en connaît un grand nombre de fossiles. Cuvier les divise en trois genres : les Lingules {Lingula, Brug.), les Térébratules {Terebratula, Brug.) et les Orbicules ^ {Orbicula, Cuv.).
BRACHIOPTÈRES (Zoologie). — Dans sa division des ^ Poissons, de Blainville donne ce nom à la quatrième fa- . mille de la sous-classe des Gnathodontes hétérodermes , J elle correspond en grande partie à celle des Pectorales s pédiculées, de l’ordre des Acanthoptérygiens, de Cuvier. '
BRACHYPTÈRES (Zoologie), du grec brachus, court; / ptéron, aile. — Cuvier a donné à la première famille de son ô ovùve Aes Oiseaux palmipèdes le nom 6.Q Plongeurs o\i Brachyptères. Duméril a donné le même nom à la troi- •! sième famille de ses Gallinacés, Vieillot à la sixième famille de son ordre des Nageurs.
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BRACHYURES (Zoologie), du grec hrüchuSy court, et oura, queue. — Famille de Crustacés décapodes , établie par Latreille et dont M. Milne-Edvvards a fait une section, qu’ils ont nommée tous deux Décapodes brachyures ; Ils comprennent tous les Crustacés nommés généralement Crabes (grand genre Craba, Guv. ; Cancer^ Lin.). Ils
Fig. 363. — Décapodc brachyure (le crabe tourteau).
ont pour caractères : une queue plus courte que le tronc, sans nageoire à son extrémité, et se reployant en dessous dans le repos; les branchies en une seule pyramide à deux rangées de feuillets vésiculeux ; le tronc, recouvert d’une carapace d’une seule pièce, portant les yeux, les antennes et les parties supérieures de la bouche, est tantôt en segment de cercle ou presque carré, tantôt arrondi, ovoïde ou triangulaire; les antennes sont petites, formées d’un pédoncule de trois articles et les extérieures insérées près du côté interne des yeux ; les quatre pieds mâchoires inférieurs sont courts, larges et très-comprimés; les pieds mâchoires extérieurs recouvrent toute la bouche comme une sorte de lèvre; la première paire de pieds se termine par une serre. Latreille divise cette famille en sept sections : 1“ les Nageurs; 2° les Arqués ; 3“ les Quadrilatères; 4" les Orbiculaires ; 5® les Triangulaires; 6® les Cryptopodes ; 7® les Notopodes; sousdivisées en cinquante-six sous-genres. L’auteur, frappé de quelques rapprochements peu naturels dans cette distribution, changea plus tard l’ordre des sections et leur •donna le nom de tribus, répondant à autant de genres partagés en sous-genres; ainsi, première tribu : 1® les Quadrilataires ; 2^ les Arqués (fig. 365); 3® les Crytoipodes ; 4® les Orbiculaires ; 5" les Triangulaires ; 6° les Notopodes ; les Nageurs furent supprimés et répartis •dans les autres tribus. M. Milne-Edwards a divisé les brachyures en quatre familles : les Oxyrhinques , les Cyclométopes {fig. .3G5), les Catornétopes, les Oxystomes.
BRACHYSTOGHRONE, ou courbe de plus vite descente. — Ou nomme ainsi la courbe que doit suivre un point matériel pesant pour descendre d’un point à un autre dans le temps le plus court possible. La recherche de cette courbe fut proposée aux géomètres par Jean Bernouilli au mois de juin de l’année 1696. Il donnait six mois pour résoudre la question. Peu de temps après, Leibnitz lui envoya une solution. Le délai fixé ayant été prolongé jusqu’à Pâques, Jacques Bernouilli, L’Hôpital et Newton donnèrent de nouvelles solutions. Euler a aussi étudié cette courbe et en a trouvé plusieurs propriétés remarquables.
Le calcul des variations permet de trouver très-simplement cette courbe. G’est une cycloïde dont la base est horizontale et dont l’origine se trouve au point le plus élevé. Si les deux points donnés, au lieu d’être fixes, sont simplement assujettis à rester sur deux courbes données, la trajectoire est toujours une cycloïde et, de plus, cette dernière est perpendiculaire aux deux courbes données aux points de départ et d’arrivée.
La question peut être généralisée et posée de la mainère suivante : Trouver la courbe que doit suivre un point matériel soumis à des forces quelconques pour aller dans le temps le plus court possible d’un point à un -autre. Euler, dans sa Mécanique, a traité le cas où la force donnée est dirigée vers un centre fixe et proportionnelle à la distance. La courbe suivie par le mobile est, dans ce cas, une épicycloïde dont le cercle générateur roule, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur du cercle fixe -suivant que la force est attractive ou répulsive (voyez le Dictionnaire des sciences mathématiques, par Montferrier ; V Histoire des mathématiques, par Montucla • Acta erud., Lips., 1696 et 1697 ; Mémoires de VAcadé-
mie des sciences de Paris., 1718; Jean Bernouilli, Opera^ t. II; Commerciumepisiolicum,\.eÀ\ya. et Bern. , epist. 28; Philosoph. Trans., 1697 ; Euler, Mech., t. II).
BRACONNAGE, Braconnier (Chasse). — Le braconnier est, à proprement parler, celui qui chasse contrairement aux prescriptions de la loi; autrefois ce mot s’appliquait aux valets chargés d’entretenir et de conduire les chiens (du mot braque, nom d’une variété de chien), mais aujourd’hui il se prend toujours en mauvaise part et désigne indistinctement l’homme qui chasse en temps prohibé, ou sans permis de chasse, ou sur les propriétés d’autrui. A ces différents points de vue , le braconnier est un être dangereux, et le moindre mal qu’il puisse faire, c’est de contrevenir à la loi et de s’habituer au mépris de son autorité et de ses prescriptions, et de plus de détruire le gibier en toute saison ; mais ce qui est bien plus grave, c’est que le braconnier contracte des habitudes d’oisiveté, de paresse, souvent de maraude, et que plus d’une fois le garde auquel est confié le soin de faire respecter la loi est tombé sous ses coups. Aussi, de tout temps, le braconnage a-t-il été sévèrement puni, et l’ancienne législation avait édicté contre lui, selon les circonstances, les peines les plus sévères, depuis l’amende jusqu’aux galères, et môme la mort. La loi actuelle est infiniment plus douce; elle n’établit pas une catégorie de braconniers et ne prononce de peine que contre les délits de chasse ; en cas de récidive, par exemple, ils peuvent être punis d’une amende et même de l’emprisonnement, suivant les circonstances énoncées dans la loi ; cette amende peut être portée à 1 000 francs, et la prison à deux ans, si le délit a été commis pendant la nuit ; et, dans ce cas, le délinquant peut être privé du droit d’obtenir un permis de chasse jusqu’au délai de cinq ans. Voyez, pour tous les renseignements, la loi du Z mai 1844.
BRAGTÉE (Botanique), du latin bractea, lame, corps mince ; les bractées sont les plus fines et les plus délicates des feuilles. — Terme de botanique s’appliquant aux feuilles qui accompagnent les fleurs et qui offrent en quelque sorte la transition entre les feuilles proprement dites et le calice, composé ordinairement de parties foliacées. Quelquefois même, les bractées prennent la coloration de la fleur. A mesure qu’elles s’élèvent sur la plante (ainsi, du reste, que les feuilles ordinaires), les bractées deviennent plus petites. G’est à leur aisselle que naissent les axes floraux ; les bractées sont dit(;s sté' riles lorsque ceux-ci ne se développent pas. Dans certaines plantes, telles que les crucifères, les bractées avortent complètement. Souvent elles sont extrêmement caduques et ont ainsi donné lieu à des méprises dans les descriptions qui signalaient leur absence alors qu’elles avaient réellement existé. Quant à la forme des bractées, elle se i‘apporte à peu près à celle des feuilles. Dans le mélampyre des prés, les bractées sont pennatifides et pectinées; dans le mélampyre crête de coq, ainsi que dans certaines espèces de sauge et de moutarde, elles sont trèsvivement colorées. Les bractées sont un peu épineuses dans la soude, la molucelle, etc. Les spathes qui entourent les fleurs d’un grand nombre de plantes monocotylédones, Vinvo lucre et V involucelle qai accompagnent l’inflorescence des Ombellifères, le calicule qui n’est en quelque sorte qu’un calice extérieur, comme dans les Malvacées, la cupule qui accompagne les fleurs femelles de certains arbres amentacés, enfin les organes connus sous les noms de glume, glumelle et glumellule et entourant les fleurs des Graminées, ne sont autre chose que des bractées. G — s.
BRADYPE (Zoologie), du grec bradupous, qui marche lentement, de bradus, lent, et pous, pied. — G’est le pa~ resseux, genre de mammifères, aussi remarquable par la singularité de ses formes extérieures que par ses habitudes de lenteur qui lui ont valu ce dernier nom. Du reste, cette lenteur dans les mouvements provient de sa bizarre construction ; ses cuisses sont toujours écartées à cause de l’extrême largeur du bassin, les membres antérieurs plus longs que les postérieurs, les pieds de derrière articulés obliquement sur la jambe et n’appuyant que par le bord externe, les doigts réunis ensemble et ne se marquant au dehors que par d’énormes ongles crochus; tout cela constitue un ensemble qui rend les mouvements trèslents, en sorte que quand ils marchent ils sont obligés de se traîner sur les coudes; aussi sont-ils essentiellement grimpeurs ; ils vivent sur les arbres au milieu des branches, où ils se tiennent souvent suspendus en se cramponnant au moyen des puissants crochets formés par leurs ongles. Trompés par une certaine analogie de conformation, quelques zoologistes, et entre autres Linné
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et de Blainville, les avaient classés parmi les Primates ; mais cette opinion n’a pu se soutenir devant un examen sérieux. Les Bradypes appartiennent à l’ordre
des Edentés, tribu des Tardigrades , de Cuvier. Outre qu’ils manquent de dents sur le devant des mâchoires, ils ont des molaires cylindriques et des canines aiguës ; deux mamelles sur la poitrine; la femelle ne fait qu’un petit qu’elle porte sur le dos. Ils vivent d’herbes et de fruits. M. le professeur P. Gervais fait des bradypes une famille qu’il divise en deux genres : 1" Les Cholépes (Cholæpus, Ilig.; Unau, Buïïon [voyez Unau]); 2“ les Bradypes proprement dits. Le Bradype {B. tridactylus. Lin.; ^ ji, de Buffon) [fig. SHG) a trois ongles très-longs à tous les pieds ; ses bras ont le double de la longueur de ses jambes; le poil long et grossier qui le recouvre tout entier, est presque comme de l’herbe fanée ; sa couleur est grise ; il est de la grosseur d’un chat. C’est l’espèce où la lenteur et les détails d’organisation qui la produisent sont portés au plus haut degré. On rencontre ces animaux, ainsi que tous ceux du môme groupe, dans les parties les plus chaudes de l’Amérique, au Brésil, au Pérou, à la Guyane.
BBAI (Botanique industrielle). — On appelle ainsi la poix que l’on retire du pin et du sapin, et qui, par l’action de l’air, se solidifie et devient cassante et vitreuse. Le brai se présente sous plusieurs aspects différents; tantôt il résulte de la distillation de la térébenthine, dont on veut extraire l’huile essentielle, alors le résidu prend le nom de brai sec, colophane, arcanson ; dans cet état, il est employé à une foule d’usages industriels, tels que la cire à cacheter commune, le mastic dur, et en pharmacie pour la confection de certains emplâtres; enfin, les musiciens s’en servent pour frotter les crins de leurs archets, d’où vient son nom d’ «rca??50w. Les vieux bois de sapins, brûlés dans un fourneau, donnent le goudron ou brai liquide, qui est un mélange de sève et de suc résineux (voyez Goudron). Enfin, le brai gras, poix noire, peg, provient d’addition de brai sec pendant la combustion qui produit le brai liquide, ou de l’évaporation des goudrons de pin; on le prépare aussi au moyen d’un mélange de brai sec, de goudron, de poix noire, qu’on fait fondre dans une chaudière de fonte ; les brais sont employés surtout pour le service de la marine, dans les constructions navales. Ils se fabriquent surtout dans les pays du Nord et sont l’objet d’un grand commerce international.
BRANCHES (Anatomie). — On donne ce nom à certaines divisions des vaisseaux et des nerfs : ainsi, tandis que les principales divisions portent le nom de tronc, et les plus petites celles de rameaux, de ramuscules, les moyennes s’appellent branches. On désigne encore sous ce nom certains prolongements des os ; ainsi les branches du pubis, la branche montante du maxillaire, etc.
Branches (Botanique). — On appelle ainsi les divisions principales et secondaires de la tige d’un végétal ; on réserve toutefois presque exclusivement ce nom pour les arbres et les arbrisseaux. Elles résultent de l’évolution et de l’allongement des bourgeons qui ont d’abord constitué des rameaux, dont chacun, à son tour, se couvrira de bourgeons nouveaux, se développant en ramifications nouvelles et préparant une troisième, une quatrième génération. Du reste, ces branches et ces rameaux sont composés des mômes parties que la tige, et il ne leur manque que la racine pour ôtre un petit arbre; aussi a-t-on imaginé de couper les plus jeunes branches pour les mettre en terre et avoir un nouvel arbre, et on a souvent réussi. On distingue plusieurs sortes de branches dans les arbres fruitiers soumis à la taille : les B. maîtresses ou mères-branches, qui t’ennent au tronc et d’où partent les autres ; les B. à bois. B, sous-mères, qui
forment les extrémités des branches; elles ne doivent pas porter de fruits l’année suivante; les B. tertiaires.,. qui naissent sur les précédentes; les B. à fruits, B. coursonnes, plus faibles, à boutons ronds, qui naissent des^ branches à bois de l’année précédente: on peut encore citer les B. folles, chiffonnes, courtes et menues; les B. gourmandes, qui prennent trop de nourriture et qu’il faut couper ; enfin, les B. aoûtées, qui ont acquis après^ le mois d’août la consistance nécessaire pour l’opération de la greffe et résister à la gelée.
BRANCHIES (Zoologie), du grec branchia, branchies, — Les branchies sont des organes de respiration aquatique caractérisés par ce fait, qu’ils sont en général saillants à la surface du corps et baignés dans l’eau aérée,, sans que celle-ci, comme l’air dans les poumons, soit obligée de pénétrer dans une cavité intérieure où le sang.
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Fig. 367. — Tête du maquereau commun, préparée pour montrer les^ branchies (l’opercule a été enlevé) (1).
et l’élément respirable vont pour ainsi dire au-devant l’un de l’autre. La forme des branchies varie extrêmement. Chez les poissons, ce sont des lames arquées exactement disposées comme des peignes, et dont chaque dent contient une portion du réseau capillaire respiratoire. Ces lames sont situées de chaque côté du cou, et leurs interstices communiquent avec la cavité buccale. Le poisson attire l’eau dans sa bouche en l’ouvrant largement, puis en la refermant il chasse ce liquide vers la partie postérieure de cette cavité. A droite et à gauche,, cette eau rencontre les fentes qui séparent les arcs branchiaux et glisse entre eux pour aller s’échapper par les ouvertures extérieures de l’appareil branchial. Cet appareil est en effet recouvert par une lame plus ou moins mobile, nommée V opercule, et communique avec le dehors de chaque côté du cou par une fente unique ou multiple,, que l’on nomme Vouîe ou les ouies. Quant au sang, il est amené aux branchies par l’artère née du ventricule uni-
Fig. 368. — Appareil branchial d’un mollusque gasléropode (la littorine' littorale) Turbo littoreus, Lin. (2).
que du cœur. Un très-grand nombre d’animaux inverté- > brés respirent par des branchies : ainsi parmi les Arti- <
(1) c), branchies du maquereau commun. — h, branchies. — ' ' np, nageoire pectorale. — na, nageoire ventrale.
(2) Cette figure représente au double de la grandeur naturelle ) une littorine littorale tirée entièrement de sa coquille, et dont ^ le manteau a été fendu pour montrer la cavité branchiale. — I m, le manteau fendu et rejeté de côté. — 6, la branchie. — j a, l’anus et le rectum. — a?, masse musculaire contenant lai bouche et la première partie du tube digestif, et qui forme le J pied en dessous. — t, un des tentacules situés de chaque côté 1 au-dessus de la bouche. — y, un des yeux, à la base du tenta- j| cule. — Organes vus par transparence à travers le manteau. — j
muscle retracteur par lequel l’animal rentre dans sa coquille,, i — c, le cœur aortique placé à la base de la veine branchiale et | recevant le sang oxygéné. — i, le canal intestinal. — f, le foie. |
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■calés; les crustacés, les cirrhopodes, la plupart des annélides; presque tous les mollusques ont la respiration 'branchiale. Du reste, ces organes présentent de trèsgrandes différences dans ces animaux.
BRANGHIOPODES (Zoologie), du grec branchia, brancfiies, et 'pous, podos, pied. — Premier ordre de la division des Crustacés entomostracés (dans le Règne animal)^ qui renferme des animaux presque microscopiques, jpour la plupart, et caractérisés par des pieds propres à la fois à la nage et à la respiration, ou garnis soit de petits feuillets ciliés, soit d’appendices branchiaux ; la bouche est composée d’un labre, de deux mandibules, d’une languette, d’une ou deux paires de mâchoires : beaucoup n’ont qu’un seul œil; le corps du plus grand nombre est recouvert d’un test corné, souvent membraneux ; la tête est rarement distincte du tronc. Ces animaux sont aquatiques, les uns habitent la mer, les autres les eaux douces ; ils nagent très-bien, et presque toujours sur le dos; ceux qui sont suceurs vivent surtout dans la mer, où ils s’attachent à la peau des grands poissons dont ils sucent le sang. Ils sont sujets à des métamorphoses comme les batraciens. L’ordre des Branchiopodes ne comprend que le genre des Monocles^ de Linné, qui a été divisé par Cuvier en deux sections : 1° Les Lophyi'opes subdivisés en trois groupes : les Carcinoïdes^ où l’on trouve les genres Zoc, Cyclopes^ etc.; les Ostracodes^ genres Cythérée^ Cypris; les Cladocères^ genres Polyphème, Daphnies^ Lyncée; 2« les Phyllopes^ subdivisés aussi en deux groupes: les Cératophthalmes^ genres Limnadie, Branchippe^ et les Aspidophores^ genre Apus, Latreille joignait aux Branchiopodes une troisième section, celle des Bœcilopes, dont Cuvier fait le deuxième ordre des Entomostracés.
BRANCHIOSTËGE (Anatomie comparée), du grec ^ronchia., branchie, et stegô., je couvre. — Terme par >equel on désigne, chez les poissons, Y opercule osseux et membraneux qui recouvre l’oriflce extérieur de la cavité branchiale et des muscles qui le meuvent.
BBANCHIOSTOME (Zoologie). — Voy. Amphioxüs.
BRANG-ÜRSINE, Branche-ürsine (Botanique). — On a donné ce nom presque indistinctement à des plantes différentes : ainsi ou on a appelé branc-ursine ou Fausse Branc-ursine , la berce branc-ursine (Heracleum spondylium., Lin.) ; Branc-ursine ou Branche-ürsine, l’acanthe molle Lin.); Branche-ürsine sau-
vage, le chardon des prés {Carduus ou Cnicus oleraceus. Lin.) et une autre espèce de chardon [Carduus tuberosus).
BRANDES (Botanique). — Voyez Landes.
BRAQUE (Chien) (Chasse). — Race de chiens de chasse à museau épais, à poil ras, à oreilles larges et pendantes; ils sont bons pour la plaine et pour les broussailles, sont légers et vigoureux, ont beaucoup de finesse d’odorat et une quête brillante. La chaleur ne les incommode pas autant que les autres chiens de plaine, et ils sont moins sensibles aux épines. Ils ne font véritablement qu’une seule et môme race avec le chien courant et le basset ; car dans la même portée on trouve quelquefois des chiens courants, des braques et des bassets, le père étant indistinctement un des trois. Le braque du Bengale ne diffère de celui-ci que par sa robe qui est mouchetée.
BRAS (Anatomie), brachium, des Latins. — Dans le Imigage ordinaire, on appelle ainsi tout le membre supérieur; il ne doit désigner cependant que la portion comjDi’ise entre l’épaule et le coude ; sa forme est à peu près cylindrique, plus arrondie chez la femme dont la graisse est plus abondante et les muscles plus faibles. Un seul os, qu’on nomme humérus, en constitue la partie centrale (voyez Humérus). Divers muscles l’entourent et s’insèrent sur lui, mais quatre seulement appartiennent en propre au bras ; ce sont les muscles triceps brachial (scapulo-olécranien) Chaus. en arrière, coraco-brachial [coraco-huméral) en dedans, brachial antérieur [huméro-cubital), et biceps [scapulo-radial) en avant. Un muscle qui s’attache à la clavicule et à l’omoplate, le deltoïde [sousncromio-huméral) , après avoir contribué au relief que forme l’épaule, se termine en pointe et vient s’insérer sur l’humérus en formant une dépression à la partie moyenne et externe du bras. Cette dépression est utile à connaître ; les médecins choisissent ce point pour vacciner et appliquer des cautères, à cause de l’abondance de la graisse qui existe au-dessous de la peau dans cette région. L’artère principale du bras est l’artère humérale ou brachiale, qui fait suite à l’artère axillaire ; sa direction est celle d’une ligne qui s’étendrait obliquement du creux de l’aisselle à la partie moyenne du pli du coude on peut sentir ses battements à la partie interne du
membre, au-dessous de l’aisselle. Dans ce point, l’artère humérale repose immédiatement sur l’os, ce qui permet de la comprimer et d’arrêter ainsi une hémorrhagie qui résulterait de la blessure de quelques-unes des branches situées au-dessous. Le bras possède deux veines principales sous-cutanées, la basilique en dedans et la céphalique en dehors, deux veines profondes accompa gnant l’artère. Les nerfs sont au nombre de cinq : les nerfs médian, radial, cubital, musculo-cutané et brachial cutané interne. S — y.
BRASAGE (Technologie). — Opération qui a pour objet de souder ensemble et par leurs bords des pièces de fer, de cuivre ou de laiton, au moyen d’un alliage ordinairement composé de cuivre et de zinc additionné quelquefois d’un peu d’étain, ou plus rarement d’un alliage de cuivre et d’argent.
Les surfaces que l’on veut braser doivent être nettoyées avec soin à la lime ou au burin ; on les rapproche et on les tient réunies au moyen de quelques tours de fil de fer fin et recuit; puis on applique sur le joint une bouillie faite de borax en poudre et d’eau avec l’alliage appelé soudure, que l’on trouve dans le commerce tout préparé et réduit en grains ou grenaille. La pièce est alors mise au feu et chauffée jusqu’à ce que l’on voie couler la soudure. Le borax fond bien avant ce moment en formant à la surface du métal un vernis qui le préserve de l’oxydation , et qui dissout en même temps l’oxyde qui aurait pu se former avant que le sel ne fût fondu.
On soude le plus ordinairement le fer au fer sans métal intermédiaire. A cet effet, on chauffe les deux pièces au blanc étincelant, en projetant à leur surface un peu de sable siliceux qui, en fondant, produit le même effet que le borax; on applique l’un sur l’autre les bouts à réunir et on martelle rapidement, afin que la jonction soit bien complète avant que la température se soit notablement abaissée, et aussi pour expulser les scories ferrugineuses provenant de l’action de la silice sur l’oxyde de fer.
BRASQUE. — Mélange d’argile humide et de charbon en poudre dont on garnit l’intérieur des creusets dans lesquels^ on veut réduire les minerais oxydés ou les oxydes. ’
BRASSE. — Ancienne mesure de longueur employée dans la marine pour mesurer la profondeur de la mer ; elle valait 5 pieds, à peu près la longueur des deux bras étendus, d’où lui est venu son nom. Estimée en nouvelle mesure, la brasse vaut 1“,624.
BRASSICA (Botanique). — Voyez Chou.
BRASSERIE (Technologie). — Voyez Bière.
BiRASSIGAiRÈS (Zoologie). — Geoffroy a donné ce nom à un petit groupe éè Insectes qui forment aujourd’hui parmi les Lépidoptères, le sous-genre Pferfrfe, du genre Papilio, de Linné, famille des dont les chenilles se nour-
rissent plus spécialement de plantes crucifères, et dont quelques-unes dévorent les choux de nos jardins (voyez pour les caractères du genre, le mot Piéride). On y remarque les espèces suivantes : la Piéridedu chou, le grand. Papillon blanc du chou [Papilio brassica. Lin.) ; ailes blanches en dessus, les supérieures tachées de noir, avec un peu de jaune pâle aux inférieures ; la chenille est rayée de jaune et de bleuâtre, avec des points noirs, d’où il sort un poil; long. 0“>,027, larg. 0“,a65 ; elle dévore les choux et autres crucifères. La Piéride de la rave (P. rapæ, Lin.), Petit Papillon blanc du chou, Geoff., semblable à la précédente, mais plus petite ; sa chenille vit sur le chou, sur d’autres crucifères, sur le réséda. On l’a nommée ver du cœur, parce qu’elle s’introduit dans leur intérieur ; elle est verte, une ligne plus pâle sur le dos. La Piéride du navet (P. napi. Lin.), Papillon blanc veiné de vert; cette espèce est moins répandue; elle habite les prairies près des bois. La Piéride de la moutarde (P. sinapis. Lin.), Papillon blanc de lait; il est petit, les ailes plus allongées ; on le trouve dans les bois ; sa chenille est peu connue. On peut encore citer le Papillon blanc marbré de vert, Geoff. (P. daplidiœ. Lin.), le Papillon aurore, Geoff. (P. cardamines. Lin.). Presque toutes ces espèces se trouvent au printemps (voyez Piéride, pour les autres espèces du genre).
BRASSICÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Crucifères, et ayant pour type le genre Chou [Brassica). Les divisions généralement adoptées aujourd’hui (méthode de M. Endlicher), pour la famille des Crucifères, rejettent cette tribu. Ses principaux genres étaient ; Moutarde [Sinapis, Lin.) ; Roquette [Eruca, Tourn.); Chou [Brassica, Lin.) (voyez Chou). G — s.
BRÈ
BRASSICOURT (Hippiatrique). — On donne ce nom à un cheval qui a le membre arqué naturellement et non par suite de fatigue ou d’usure, ce dernier cas est beaucoup plus grave que le premier (voyez Auqué).
BRAYER (Médecine), en latin hracheriuni. — Ducange prétend que ce mot vient de braccœ, braies, parce qu’il se met sous les braies; quoi qu’il en soit, on donne ce nom à une espèce de bandage destiné à contenir les hernies inguinales et crurales (voyez Hernie). Ce ne fut d'abord qu’une ceinture de toile ou de laine, montée sur une plaque de fer par une de ses extrémités et terminée par une courroie ; la plaque était garnie d’un morceau de liège ou même de plomb creusé pour servir de pelote. Aujourd’hui on se sert de bandages élastiques qui offrent bien plus de résistance : ils consistent dans une lame d’acier très-élastique, contournée sur sa largeur, garnie d’une substance molle recouverte d’une peau de chamois, et dont une extrémité se termine par une plaque deferque l’on garnit d’une substance molle; c’est la pelote; celle-ci peut être creuse dans les cas où la hernie est irréductible, on l’appelle alors brayer à cuiller. Dans les brayers à raquette, la pelote est remplacée par un simple cercle de fer, dans lequel est cousu un morceau de toile recouverte de peau. Frappé des nombreux inconvénients du bandage ordinaire, un mécanicien anglais, affecté lui-même de hernie, confectionna le bandage dit anglais; il embrasse le corps du côté opposé à la hernie et prend un point d’appui en arrière sur la colonne vertébrale, au moyen d’une pelote qui fait opposition à celle qui est en avant sur la hernie ; celle-ci est montée sur un pivot qui la rend mobile. Ce bandage, qui peut se passer de courroies et de souscuisses , offre des avantages incontestables dans beaucoup de cas. Pour appliquer le brayer, il faut être couché sur le dos, à plat, les jambes pliées, les cuisses relevées ; lorsque la hernie peut être réduite, il faut qu’elle le soit entièrement avant d’appliquer la pelote; celle-ci doit être à nu sur la peau, et non pas sur la chemise, comme le font certaines personnes ; lorsque la pelote est appliquée, il faut bien s’assurer que la hernie est contenue exactement et qu’elle ne s’échappe pas; car dans ce cas, il faut la réduire de nouveau et ne jamais laisser le bandage en place sur une hernie non réduite : ce serait le moyen d’amener des accidents qui pourraient devenir graves. F — n.
BRAYÈRE (Botanique), Brayera, Kunth, dédié au médecin botaniste allemand Brayer. — Genre de plantes de la famille des Rosacées, tribu des Spirées. La B. anthelmintique {B. anthelmintica, Kunth) est un arbre d’Abyssinie qui s’élève à 6 ou 7 mètres au plus. Ses feuilles sont composées, à folioles finement dentées ; ses fleurs ont un calice d’un vert passant au rouge pourpre; les pétales, au nombre de 5, sont blancs. Cet arbre paraît être le cusso des Abyssins que James Bruce figure dans son Voyage en Nubie, sons le nom de Banksia Abyssinica, mais qu’il ne faut pas confondre avec le genre Banksia de la famille des Protéacées. Les fleurs de la brayère passent pour être un puissant anthelmintique. Bruce raconte les heureux effets de ce médicament dans les maladies vermineuses dont sont affligés les Abyssins. G — s.
BREBIS (Zoologie), Ovis, des Latins. — La femelle du bélier ; il en sera traité au mot Races ovines.
BRÈCHE (Artillerie). — Une brèche est l’ouverture qu’on exécute dans les remparts d’une place, afin de pouvoir donner l’assaut. On fait brèche, soit en minant une partie des murs et les faisant sauter (voyez Mines), soit en les détruisant à coups de canon.
Lorsque l’artillerie employait des boulets en pierre, on aurait perdu beaucoup de projectiles en tirant de prime abord en plein mur ; aussi faisait-on brèche en commençant par la crête du mur et descendant peu à peu ; lorsque l’usage des boulets en fonte de fer se fut répandu, on reconnut l’avantage de couper le mur à une certaine hauteur ; la partie coupée entraîne dans sa chute le terrassement placé en arrière, et la brèche est tout de suite praticable.
On emploie pour faire brèçhe les canons de 24 et de IG, et exceptionnellement ceux de 12, tirant à la charge du tiers, et môme de la moitié du poids du projectile. On coupe ordinairement le mur au tiers de sa hauteur à parUr du sol ; les pièces du centre de la batterie de brèche font une tranchée horizontale, en tirant leurs premiers coups espacés de 5 à 8 diamètres du projectile, afin de profiter de l’ébranlement produit autour du logement du boulet; les deux pièces extrêmes commencent chacune \ine tranchée verticale limitant la brèche ; lorsque la
BRÈ
tranchée horizontale est arrivée aux terres du rempart, on travaille activement aux tranchées verticales; si le mur ne s’écroule pas, on en commence une troisième à égale distance des deux premières ; cette nouvelle tranchée est presque toujours nécessaire dans les parties circulaires ou polygonales ; lorsque le mur s’est écroulé, il ne reste plus qu’à abattre les parties des terres qui tiennent encore. Une brèche a ordinairement de 20 à 25 mètres d’ouverture. Avec le canon de 24, la brèche s’exécute plus rapidement qu’avec le canon de 16, mais avec ce dernier, on dépense moins de poudre et de fonte ; dans un mur de 2“,20 d’épaisseur, le canon de 24 tiré à la charge de la moitié du poids du projectile, consomme 52'‘,90 de poudre par mètre courant de brèche , et le canon de 16, 47’‘,70.
On peut faire brèche en tirant obliquement, jusqu’à l’angle de 25" à 30° ; dans ce cas, on commence la tranchée par l’extrémité la plus rapprochée de la batterie, et la pièce la plus éloignée du mur qui voit cette extrémité le moins obliquement tire la première; toutes les autres tirent successivement sur le même point, afin de profiter du trou fait par la première. M. M.
Brèche (Minéralogie), de l’italien breccia, brèche; rupture. — Nom donné à un aggrégat pierreux de fragments anguleux, non arrondis comme les poudingues, tout au. plus émoussés et disséminés sans ordre dans une pâte ; ces fragments ont rarement l’aspect cristallin dans leur cassure, et ne l’ont jamais dans leur forme; et du reste ils ne se pénètrent jamais et ont toujours leurs contours nets. On observe encore que la pâte et les fragments qui composent ces roches n’ont pas la môme origine et n’ont pas été formés dans le môme temps. Parmi les nombreuses variétés de brèches connues, on peut citer les divisions suivantes : B. siliceuse; elle appartient en général à la variété qu’on désigne sous le nom de silex agate,
B. siiicéo-calcaire, composée de fragments anguleux, de craie durcie réunie par un silex pyromaque, voisin du silex agate. B. calcaire, variété la plus commune à laquelle on doit rapporter tous les marbres nommés brèche, marbre d’Alet, près d’Aix (Provence), marbre brocatelle, etc. (voyez Marbre). B. granitique, composée de fragments de granit, môme de porphyre (brèche dure d’Égypte). B. schisteuse, formée de fragments anguleux, de divers schistes agglutinés par un ciment à peine visible ; A. Brongniart l’a trouvée près de Saint-Jean-de-Lu3 (Basses-Pyrénées).
Brèches osseuses (Géologie). — On appelle ainsi des amas formés d’ossements brisés ou intacts, mais unis par un ciment rouge et ferrugineux, et qui, dans une multitude de lieux, remplissent les fentes des rochers et les cavernes qui ont jadis communiqué avec la surface du. sol. Elles ont sans doute été formées par ces grandes inondations, ces immenses courants qui, en charriant les débris rencontrés sur leur passage, ont trouvé des fentesplus ou moins considérables, surtout dans les terrains jurassiques, ont pénétré dans des cavernes contenant des débris organisés, s’y sont mêlés, accumulés avec certains produits minéraux, et remplissent aujourd’hui ces fentes et ces cavernes. Tout le bassin de la Méditerranée offre à son pourtour des brèches de ce genre.
BRECHET (Zoologie). — On désigne généralement sousce nom la partie antérieure du sternum et l’appendice xiphoïde chez les oiseaux, principalement lorsque ces os présentent une espèce de carène saillante et longitudinale, destinée à donner plus de force aux muscles abaisseurs de Taile, qui s’y insèrent ; c’est ce qui a lieu chez ceux dont le vol est puissant; au contraire, cette carènemanque chez ceux qui ne peuvent pas s’élever dans les airs et qui n’ont que des ailes rudimentaires, tels sont le casoar et l’autruche : quelquefois ce nom sert à désigner- i seulenient l’appendice xiphoïde.
BRÈDES (Botanique). — Nom collectif que l’on donne- * dans les îles Maurice et de la Réunion, aux plantes herbacées qu’on mange en guise d’épinards. La Brède par , excellence est la Morel le noire {Solanum nigrum. Lin.), *' dont on fait un grand usage en la préparant cuite dans ' l’eau, assaisonnée de saindoux, de sel, de piment, de gin- . gembre, etc. ; la variété sauvage, dite B. Martin, est plus . âcre. La B. de Malabar, ou Épinard de Malabar, est | une espèce éé amarante armée d’épines à l’aisselle des « feuilles, V Amarante épineuse{Amarantusspinosns,h\n.).
Elle est annuelle et s’élève jusqu’à 1 mètre. Ses feuilles- il sont longuement pétiolées, ovales ou oblongues-lancéo- ^ lées. Ses fleurs, de couleur verte, sont en épis cylin- 1 driques aigus, et ses fruits, un peu rugueux, sont termi- i? nés par deux ou trois pointes. Cette espèce croît dans- |
BRE
BRE
l’Inde : il y a encore bien d’autres plantes potagères qui portent le nom de Brèdes. G — s.
BRÊME (Zoologie), Abrnmis, Cuv. — Sous-genre de Poissons malacoptérij giens abdominaux, famille des O/prinoïdes , du grand genre des Cyprins, qui a pour caractères : absence d’épines et de barbillons , dorsale
Fig. 369. — Brême commune.
courte placée en arrière des ventrales , nageoire anale très-longue; ces poissons habitent les eaux douces de toutes les rivières de l’Europe, et môme des grands lacs ; leur chair, sans être très-délicate, est assez bonne à manger, et comme ils multiplient beaucoup, ils constituetit un des genres les plus précieux sous le rapport de l’alimentation ; on n’en connaît que deux espèces : la B. commune [Cyprinus brama. Lin.) {fig . 369), très-abondante dans la Seine, où l’on a dit qu’il en existait trois ou quatre variétés; elle a 29 rayons à sa nageoire anale : la Petite B) ^ême , la Bordelière ou Hazelin (C. blicca, C. latus, Gm.) a 24 rayons à l’anale, les pectorales et les ventrales sont rougeâtres ; elle est plus petite que l’autre ; sa chair est peu estimée.
Brême de mer (Zoologie), Sparus brama, Lin. — Voyez Camhère.
BRÉSILINE. — Matière cristallisable qui s’extrait du bois de Brésil {Cœsalpinia echinata Brasiliensis). Elle se présente sous la forme de cristaux aiguillés d’une couleur orange, volatilisables partiellement par la chaleur, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther. Sa réaction caractéristique, c’est de se colorer en pourpre violet au contact des alcalis. Sous l’influence de l’ammoniaque et de l’air, elle se transforme en brasiléine. La découverte et l’étude en sont dues à M. Chevreul, qui a pu l’extraire aussi des bois de Fernambouc, de Sainte-Marthe, etc. ; aussi la nomme-t-on quelquefois rouge de Fernambouc.
BRÉSILLET (Botanique). — On donne ce nom é^plusieurs espèces du genre Césalpinie {Cœsalpinia, Lin.). Ainsi, le B. de Fernambouc est le Cœsalpinia echinata, Lamk ; le B. des Indes est le Cœsalpinia Sappan, Lin. (voyez Césalpinie).
BRETELLES. — Les bretelles élastiques ont été pendant longtemps formées au moyen de fils de laiton enroulés sur eux-mômes en spires égales et serrées composant autant de petits ressorts à boudin. Ces petits ressorts, tendus parallèlement d’une certaine quantité, étaient cousus entre deux bandes d’étoffe qui se fronçaient dès que les ressorts étaient abandonnés à eux-mômes de manière à ce que l’enveloppe ne gênât pas leur élasticité ; ils étaient ensuite cousus par leurs extrémités à des lanières de peau qui portaient les boutonnières.
Depuis que MM. Rattier et Guibal ont imaginé de filer le caoutchouc et d’en composer d’excellents élastiques, ceux-ci ont presque entièrement remplacé les élastiques de laiton (voyez Caoutchouc).
^ BRÈVE (Zoologie), Buffon, Cuv. ; Pitta, Vieil. — Genre d’oiseaux aussi mal déterminé qu’il est mal connu ; ainsi, Lesson en fait une famille, Temminck un genre, d’autres en placent les espèces dans différents genres ; nous suifrons la méthode de Cuvier qui en fait un genre détaché de la division des Fourmiliers {Myothera, llig.), famille des Dentirostres, ordre des Passereaux, caractérisé ainsi : bec allongé, fort, robuste, crochu ; queue courte, rectiligne ou légèrement cunéiforme ; formes lourdes, massives, en général plumage fort brillant. Ces oiseaux habitent les parties reculées de l’Afrique, de l’Asie et de l’Australie ; ils vivent d’insectes, et surtout de fourmis. Ses principales espèces sont : la B. commune {Corvus brachyurus, Gm.), de la côte d’Angola: la B. à ventre rouge {Pitta erythrogaster, Cuv.), de Manille; VAzurin {Turdus cyanurus, Gm.), de Java.
BREVETS D’INVENTION. — On nomme brevet d'invention le titre que celui qui prétend avoir fait une décou-
verte ou une invention industrielle obtient du gouvernement, à l’effet de s’assurer sous diverses conditions, et pour un certain temps, le droit exclusif d’exploiter ou de faire exploiter cette découverte ou invention.
Cette dénomination de brevet (du latin breve, court), s’appliquait d’abord à une sorte d’expédition, non scellée, par laquelle les rois accordaient autrefois certaines grâces, certains avantages ou certains titres. On appelle encore aujourd’hui actes en brevet, des actes, comme une obligation, une transaction, une procuration, dont le notaire ne garde pas minute, et qu’il délivre sans y mettre la formule exécutoire. Le nom de brevet a été depuis étendu à tous les titres et diplômes délivrés au nom d’un gouvernement, d’un prince souverain, etc., comme le titre d’un grade dans l’armée, le titre d’une pension, et enfin certaines déclarations qui établissent les droits et les privilèges des inventeurs, des importateurs de quelque découverte industrielle, dont la nature est déterminée par des règlements spéciaux à chaque nation.
L’usage de concéder de pareils titres date des temps modernes.
Dans l’antiquité , tout travail industriel était regardé comme avilissant et ne pouvant être le partage que des esclaves, des vaincus et des serfs. Il s’ensuit qu’il était sans aucune protection de la part des lois. Ce n’est que bien plus tard qu’il a conquis enfin le respect et les garanties qui sont dus à cette application si utile et si féconde de l’activité humaine, à cette source légitime de propriété de laquelle dépend aujourd’hui à un si haut point la prospérité des États.
En France, par exemple, avant 1790, les lois offraient plutôt des entraves qu’une juste protection à l’esprit de découverte et de perfectionnement dans l’industrie. L’institution des jurandes et des maîtrises, qui put être utile à son origine, eut bientôt pour résultat d’exclure les inventeurs eux-mômes de l’exploitation de leurs découvertes, s’ils n’avaient point acquis le droit et la liberté du travail par leur affiliation aux corps d’arts et métiers, affiliation souvent très-onéreuse et très difficile à obtenir. Ces jurandes et maîtrises prirent naissance dans les corporations que les artisans adonnés à un môme métier durent former pour se protéger au moyen âge contre les violences des seigneurs, des gens de guerre et même du clergé. Simples statuts d’abord, elles se transformèrent peu à peu en institutions tyranniques , dont les abus criants sont si bien dépeints dans le préambule du fameux édit de 1776. Plusieurs rois de France, parmi lesquels Henri III, trouvant dans l’existence de ces corporations une source de revenus certaine, en encouragèrent et en régularisèrent môme la formation. On prétend môme qu’on alla jusqu’à poser en principe que le droit de travailler était un droit royal, que le prince pouvait vendre et que les sujets devaient acheter.
Voici les réflexions que cet état de choses inspirait au vertueux Turgotdans cet édit de 1776 que nous venons de rappeler :
« Dieu, en donnant à l’homme des besoins, en lui renie dant nécessaire la ressource du travail, a f^ait du droit « de travailler la propriété de tout homme, et cette pro- « priété est la première, la plus sacrée et la plus impres- « criptible de toutes. — Nous regardons comme un des « premiers devoirs de noti’e justice et comme un des actes « les plus dignes de notre bienfaisance, d’affranchir nos « sujets de toutes les atteintes portées à ce droit inalié- « nable de l’humanité ; nous voulons, en conséquence, « abroger ces institutions arbitraires, qui ne permettent « pas à l’indigent de vivre de son travail ; qui repoussent « un sexe à qui sa faiblesse a donné plus de besoins et « moins de ressources, et semblent, en le condamnant à « une misère inévitable, seconder la séduction et la dé- « bauche; qui éloignent l’émulation et l’industrie, et « rendent inutiles les talents de ceux que les circons- « tances excluent d’une communauté ; qui privent l’État « et les arts de toutes les lumières que les étrangers y <( apporteraient ; qui retardent le progrès des arts par les « difficultés multipliées que rencontrent les inventeurs (( auxquels les différentes communautés disputent le droit « d’exécuter les découvertes qu’elles n’ont poiiV faites ; « qui, par les frais immenses que les artisans sont obligés « de payer pour acquérir la faculté de travailler, par les « exactions de toute espèce qu’ils essuient, par des saisies « multipliées pour de prétendues contraventions, par les « dépenses et les dissipations de tout genre, par les proie cès interminables qu’occasionnent entre toutes ces corail munautés leurs prétentions respectives sur l’étendue Il de leurs privilèges exclusifs, surchargent l’industrie
BRE
« d’un impôt énorme, onéreux aux sujets sans aucun « finit pour l’État; qui, enfin, par la facilité qu’elles « donnent aux membres des communautés de se liguer « entre eux, de forcer les membres les plus pauvres à « subir la loi des riches, deviennent un instrument de « monopole, et favorisent les manœuvres dont l’efifet est « de hausser au-dessus de leur proportion naturelle le « prix des denrées les plus nécessaires à la subsistance « du peuple... »
Cet édit si sage n’eut pas de durée, il fit, dès la môme année, place à un autre édit tout contraire; mais la révolution de 1789 vint bientôt faire triompher les idées de Turgot.
Dans la nuit du 4 au 5 août 1789, l’Assemblée constituante, proclamant le grand principe de la liberté du commerce et de l’industrie, supprima les corporations d’arts et métiers, les jurandes et les maîtrises, et si elle méconnut d’abord les droits des inventeurs, elle ne tarda pas à réparer cette erreur par les décrets du 31 décembre 1790-7 janvier 1791, qui assurèrent une juste protection aux auteurs de découvertes industrielles. Un décret du 25 mai suivant réglementa l’obtention des brevets.
L’idée fondamentale de ces lois peut se résumer en quelques mots :
Garantir à tout inventeur, non un droit de propriété perpétuelle, mais, pendant un temps donné, la jouissance exclusive de sa découverte, à la condition de la livrer à la société à l’expiration de son monopole.
Ce principe précieux avait été adopté en Angleterre d(3puis 1G23, et aux États-Unis depuis l’acte constitutionnel de 1787.
Une loi des 9-12 septembre 1791 interdit d’accorder des récompenses nationales à ceux qui ont pris des brevets pour leurs inventions.
Un arrêté du 17 vendémiaire an VII (1798) ordonna la publication de plusieurs brevets dont la durée était expirée.
Un arrêté du 5 vendémiaire an IX déclare que sur chaque brevet sera indiqué que le gouvernement, délivrant les brevets d’invention sans examen préalable, n’entend garantir en aucune manière ni la priorité, ni le mérite, ni le succès d’une invention.
Divers autres règlements s’ajoutèrent aux précédents, mais l’expérience ayant fait voir, dans les lois relatives aux brevets d’invention, des lacunes et môme quelques erreurs, on dut se proposer la révision de la législation sur cette matière. Depuis le 13 octobre 1828, sous le ministère de M. de Saint-Cricq, jusqu’au 10 janvier 1843, le nouveau projet de loi fut à l’étude ; enfin, le 10 janvier 1843, M. Cunin-Gridaine, ministre du commerce, le présenta à la chambre des pairs et en exposa les motifs dans un travail très-remarquable. Le 5 juillet 1843, M. Philippe Dupin fit son rapport au nom de la commission. Un nouveau rapport fut fait à la chambre des pairs le 4 juin suivant par M. Barthélemy, et cette chambre adopta le projet le 13 juin suivant. La sanction royale ayant été donnée le 5 juillet 1844, la loi a gardé le nom de cette date. Ce n’est pas une création nouvelle, mais plutôt une amélioration sérieuse à la législation, qui la fait classer parmi les lois les plus achevées produites à cette époque.
Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d’en rapporter le texte complet, que toutes les personnes qui en auront besoin pourront trouver au Bulletin des lois^ dans le Code, ou dans les ouvrages spéciaux traitant de cette matière.
Nous nous bornerons à en indiquer quelques points fondamentaux ;
Sont considérées comme inventions ou découvertes nouvelles ;
L’invention de nouveaux produits industriels ;
. L’invention de nouveaux moyens, ou l’application nouvelle de moyens connus pour l’obtention d’un produit ou d’un résultat industriel.
Ne sont pas susceptibles d’être brevetés :
Les compositions pharmaceutiques, ou remèdes de toute espèce ;
Les plans et combinaisons de crédit ou de finances.
La durée des brevets est de cinq, dix, ou quinze années, à la volonté du breveté, et chaque brevet donne lieu à une taxe de 500 francs pour cinq ans, I 000 francs pour 10 ans, et I 500 francs pour quinze ans; cette taxe doit être payée par annuités de 100 francs, sous peine de déchéance, si le breveté laisse écouler un terme sans l’acquitter.
La demande en brevet est déposée au secrétariat de la
BRÉ
préfecture d^ département où est le domicile du demandeur, accompagnée d’une description et des dessins ou échantillons nécessaires à l’intelligence de la description.
Les brevets dont la demande aura été régulièrement formée, sont délivrés, sans examen préalable, aux risques et périls des demandeurs, et sans garantie, soit de la réalité, de la nouveauté ou du mérite de l’invention, soit de la fidélité ou de l’exactitude de la description.
Un arrêté du ministre constitue le brevet.
Une ordonnance publiée dM Bulletin des lois^ proclame, tous les trois mois, les brevets délivrés.
La durée des brevets ne peut être prolongée que par une loi.
Le breveté ou les ayant-droit au brevet ont , pendant toute la durée du brevet, le droit d’apporter à l’invention des changements, des perfectionnements ou additions qui sont constatés par des certificats délivrés dans la même forme que le brevet principal avec lequel ils prennent fin. La taxe est de 20 francs.
Nul autre que le breveté ou ses ayant-droit ne peut, pendant une année, prendre un brevet pour un changement, addition ou perfectionnement à une découverte déjà brevetée.
Quiconque a pris un brevet pour une découverte, invention ou application se rattachant à l’objet d’un autre brevet, n’a pas le droitd’exploiterl’inventiondéjàbrevetéc, et réciproquement, le titulaire du brevet primitif ne peut exploiter l’invention, objet du nouveau brevet.
La cession totale ou partielle d’un brevet, soit à titre onéreux, soit à titre gratuit, ne peut être faite que par acte notarié et après le payement intégral de la taxe.
Les descriptions, dessins, échantillons et modèles des brevets délivrés restent, jusqu’à l’expiration des brevets, déposés au ministère de l’agriculture et du commerce, où ils sont communiqués, sans frais, à toute réquisition.
Un recueil des descriptions et dessins, et le catalogue des brevets, sont publiés et déposés au ministère de l’agriculture et du commerce , ainsi qu’au secrétariat de la préfecture de chaque département, où ils peuvent être consultés sans frais.
A l’expiration des brevets, les originaux des descriptions et dessins sont déposés au Conservatoire des arts et métiers.
Les étrangers peuvent obtenir des brevets en France, môme quand la découverte serait déjà brevetée à l’étranger; mais, dans ce cas, la durée du brevet ne pourra excéder la durée des brevets pris antérieurement à l’étranger.
Sont nuis, et de nul effet, les brevets délivrés dans les cas luivants :
1“ Si la découverte n’est pas nouvelle ;
2o Si la découverte n’est pas susceptible d’être brevetée ;
3° Si elle ne porte que sur des conceptions théoriques dont on n’a pas indiqué les applications industrielles ;
4» Si elle est contraire à l’ordre, à la sûreté publique, aux bonnes mœurs ;
5° S’il y a eu fraude dans la demande ;
G" Si la description n’est pas suffisante ;
7" Si le brevet n’a pas été pris dans le temps voulu.
Le ministre de l’intérieur annule le brevet, lorsque les annuités ne sont pas payées régulièrement ; si l’invention n’est pas mise en exploitation dans le délai de deux ans, ou reste sans exploitation pendant deux ans, sans que le breveté puisse justifier son inaction.
Une amende de 50 francs à 1 000 francs est applicable à quiconque se dit breveté sans l’êtré, ou mentionne sa qualité de breveté ou son brevet sans y ajouter ces mots : sans garantie du gouvernement.
L’action en nullité et l’action en déchéance peuvent être exercées par toute personne y ayant intérêt.
La contrefaçon est punie d’une amende de 100 à 2000 francs.
Dalloz, Répertoire méthodique et alphabétique de lê~ gislation.
Homberg, Guide de Vinventeur.
Perpigna, Traité des brevets.
A. Ch. Renouard, Traité des brevets d'invention.
L. Nouguier, Traité des brevets d’invention et de la contrefaçon, 1856.
Loiseau et Vergé, Loi sur les brevets.
Tardieu, La législation en matière d’invention.
Varlet, Recueil des lois et règlements en usage en Belgique sur les brevets d'invention. R.
BRÉVIPENNES (Zoologie). — Famille d Oiseaux do l’ordre des Échassiers de Cuvier, dont de Blainville et Ch.
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Bonaparte ont formé un ordre, le premier sous le nom de Coureurs [Cursores)^ le second sous celui de Struthiones. Bien que semblable sous plusieurs rapports aux autres familles de cet ordre, celle-ci s’en distingue par un caractère tranché, la brièveté des ailes, qui ôte à ces oiseaux la faculté de voler ; du reste, ils ont le corps massif ; le sternum, en ■simple bouclier, est dépourvu de l’arête qui s’observe chez tous les autres, et qui sert d’insertion aux muscles de l’aile, si puissants dans les espèces à grand vol ; par •contre, les muscles des cuisses et des jambes ont une épaisseur énorme, qui explique la rapidité de leur marche. Leurs plumes sont formées de barbes et de barbules •d’une disposition et d’un aspect tout particuliers, qui les font rechercher pour la toilette des dames : ils sont privés •de pouce. La nourriture de ces oiseaux se compose de graines, de fruits, d’herbes, de jeunes pousses, et môme •d’insectes, etc., ce qui leur donne de nombreux rapports avec les Gallinacés. On les divise en deux genres : les Autruches et les Casoars,
BRIDES (Chirurgie). ■— On désigne sous ce nom des •filaments membraneux, qu’on rencontre au centre de certains abcès, où ils s’opposent à l’écoulement libre du pus <et déterminent souvent des adhérences vicieuses. On trouve aussi des brides dans le trajet des plaies d’armes à feu ; elles proviennent des lamelles de tissu cellulaire ou des portions d’aponévrose qui n’ont pas été détruites par le projectile. On donne encore ce nom aux filaments cellulo-vasculaires qui forment les adhérences qu’on rencontre après les inflammations des séreuses. Enfin, on appelle brides certaines adhérences qui surviennent quelquefois dans l’urètre à la suite d’ulcérations de ce canal; elles sont beaucoup plus rares qu’on ne le croyait autrefois.
BRIGHT (Maladie de) (Médecine). — Voyez Maladie, Albuminurie.
BRINDONIER ou Brindaonier (Bota»ique). — Noms sous lesquels les anciens botanistes voyageurs dans l’Inde ont désigné plusieurs espèces de Garcinia, Lin., et entre fi\xtvQ'&\Q Mangoustan. G — s.
BRIONE (Botanique). — Voyez Bryone.
BRIQUES (Technologie). — Prismes de terre cuite, de formes et de dimensions variables, employés aux constructions.
Les briques destinées aux constructions ordinaires se fabriquent en quantités énormes, dans les pays surtout où la pierre à bâtir est rare. Elles sont faites avec des argiles plus ou moins sableuses, ou des marnes argileuses, calcaires ou limoneuses.
Les briques employées à la construction du revêtement interne des fours et fourneaux ou foyers, devant supporter une température très-élevée sans fondre, sont fabriquées avec des argiles particulières, appelées réfractaires, qu’on lave et qu’on dégraisse, pour les briques de premier choix, par une addition de un ou deux volumes •de ciment de la même argile, c’est-à-dire d’argile cuite, puis pulvérisée plus ou moins finement ; et pour les briques de deuxième qualité, avec des sables siliceux, beaucoup moins chers que le ciment réfractaire.
Préparation des terres. — Les terres à briques ordinaires varient dans chaque localité. Lorsqu’elles sont trop argileuses, elles sont sujettes à se fendre et à se déformer pendant la dessiccation et la cuisson ; il faut alors les mélanger ou les dégraisser avec des matières sableuses et calcaires; lorsqu’au contraire elles sont trop pauvres en argile, elles manquent de liant, se façonnent difficilement et s’émiettent à la dessiccation. On leur donne du liant par l’addition de marne ou de chaux i-arement d’argile plastique. Toutefois, ces mélanges ren-^ dent les terres facilement fusibles, ce qui empêche d’en pousser bien loin la cuisson. Les briques restent donc poreuses, friables et faciles à se désagréger sous l’influence des agents atmosphériques. Dans quelques fabriques cependant, et particulièrement en Angleterre, on pousse la cuisson jusqu’à la vitrification des briques, et on favorise môme ce phénomène par l’addition aux terres de marnes calcaires, d’escarbilles ou cendres de coke. Les briques ainsi préparées sont plus compactes, plus sonores et plus durables ; mais, pour une même quantité de terre, elles ont moins de volume, parce que la terre y a subi une rétraction plus grande.
La préparation des terres exerce une grande influence sur la qualité des produits ; on la rend beaucoup plus facile quand on prend la précaution d’extraire l’argile en automne et de la laisser exposée tout l’hiver à la gelée pour ne l’employer qu’au printemps. La gelée la désagrégé et en améliore ainsi beaucoup la qualité. Quand on veut employer cette terre, on la détrempe peu à peu 1
avec un peud’eau et on l’étend sur un sol uni, où un ouvrier la pétrit avec ses pieds, ce qui s’appelle marcher la terre. Cette opération fatigante a en outre l’inconvénient d’être très-défectueuse ; le mélange des diverses parties est incomplet, le pétrissage imparfait, et si la terre contient des fragments de pierre calcaire, ces fragments y restent avec leur volume et se transforment en chaux pendant la cuisson ; puis, dès que l’humidité la pénètre, la chaux s’hydrate, se gonfle et faitéclater la brique. Aussi, dans les tuileries un peu mieux installées, remplace-t-on le marchage par le passage plus ou moins répété de la terre entre des cylindres cannelés ou unis, qui la réduisent en pâte plus fine et plus homogène, ou même par un broyage entre des meules tournantes. On emploie au même usage des tinnes ou tonneaux corroyeurs munis d’un axe de rotation vertical, armés de couteaux obliques disposés en plans inclinés, qui divisent la terre, la coupent, la recoupent un grand nombre de fois, et l’obligent en même temps de descendre , parce qu’ils agissent à peu près comme une vis pour la pousser de haut en bas, et la f aire sortir par une ou plusieurs ouvertures pratiquées à la partie inférieure de la tinne. Le mélange de la terre avec du ciment, du sable, des escarbilles, etc., se fait par les mêmes procédés.
Façonnage des briques. — La plus grande partie des briques se façonnent encore à la main au moyen de moules ordinairement tout en bois, quelquefois doublés intérieurement en métal. Ces moules ont la forme d’un cadre allongé, sans fond supérieur ni inférieur et de dimensions variables suivant la grandeur des briques et le retrait que subit la terre en cuisant. L’ouvrier mouleur sable son moule intérieurement pour empêcher l’adhérence de l’argile, puis il le pose à plat sur une table, le remplit de terre à brique à l’état de pâte demi-dure, comprime cette terre et en enlève l’excédant à la main, et l’unit à la surface au moyen d’un couteau de bois appelé plane. Il transporte ensuite le moule et sa brique sur une planche sablée que tient un apprenti^ détache le moule par un choc léger, puis l’apprenti porte la brique sur l’aire de la tuilerie, dont le sol est bien uni par le battage et sablé.
Aux environs de Paris, une compagnie de briquetiers se compose de quatre ouvriers : un qui môle, marche et prépare la terre; deux mouleurs, dont l’un se détache de temps en temps pour aller chercher la terre préparée ; et un garçon pour transporter les briques sur l’aire. Cette compagnie fait, en moyenne, 7000 briques ordinaires par 1 2 heures de travail effectif, ce qui fait environ 5 briques par minute pour chaque mouleur.
Les briques éprouvent à plat sur l’aire un premier degré de dessiccation, qui leur donne assez de fermeté pour qu’on puisse les mettre sur champ et hâter leur assèchement. Quand elles ont pris assez de consistance pour être transportées à la main sans se déformer, un ouvrier les pare, c’est-à-dire qu’il les prend une à une sur un banc et les bat sur toutes les faces avec une batte pour leur donner plus de cohésion, et en même temps régulariser leur forme. On les met alors en haie, en les disposant de champ les unes sur les autres, de manière à en former une espèce de muraille à claire voie pour que leur dessiccation s’achève. Il ne reste plus qu’à les faire cuire.
Cuisson des briques. — La cuisson des briques se fait tantôt en plein air, tantôt dans des fours. Dans le premier cas, les briques sont disposées par lits alternant avec du combustible ; le tout est recouvert de terre qui empêche la trop rapide déperdition de la chaleur et permet aux briques superficielles de recevoir un degré de cuisson à peu près suffisant. Ce procédé n’a d’autre avantage que de permettre la fabrication des briques à l’endroit même où elles doivent être employées ;^il est usité dans quelques pays, comme la Belgique, aux environs de Bruxelles,, où le combustible est à bas prix, et où, immédiatement au-dessous de la couche arable, on rencontre la terre a brique.
Les fours à briques sont à section ordinairement carrée ou rectangulaire, et formés de murs épais, afin de concentrer autant que possible la chaleur. Ces fours sont quelquefois entièrement découverts ou simplement abrités contre la pluie par un toit ordinaire, placé à une hauteur suffisante pour que la charpente ne puisse prendre feu ; d’autres fois on les recouvre d’une voûte cylindrique, percée d’uii grand nombre de trous destinés à donner issue à la fumée et aux gaz provenant de la combustion ; ces ouvertures doivent être disposées de telle sorte que la chaleur se répartisse aussi exactement que possible dans toute la masse. A la partie inférieure de ce fourneau se trouvent les foyers, que l’on charge de
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houille, de tourbe ou de menu bois. Les briques sont disposées dans le fourneau au-dessus de voûtes qui les séparent des foyers, et qui tantôt font partie du fourneau, tantôt se construisent à chaque opération au moyen de briques simplement séchées à l’air. Dans l’un et l’autre cas, ces voûtes sont percées de trous nombreux pour laisser passer la flamme. Les briques à cuire doivent également être séparées par de petits intervalles ménagés entre chacune d’elles, toujours dans le même but de permettre une diffusion plus facile et plus complète de la chaleur.
La mise en feu du fourneau doit être très-ménagée et très-lente. En effet, les briques simplement séchées à l’air conservent encore beaucoup d’eau et subissent un retrait considérable pendant la cuisson, et, d’un autre côté, la terre dont elles sont formées est un mauvais conducteur de la chaleur; elles se trouveraient donc sous l’influence d’une chaleur trop rapidement croissante, dans un état d’inégale tension dans leurs divers points, qui amènerait la rupture d’un grand nombre d’entre elles.
Les combustibles à longue flamme sont les meilleurs pour la cuisson des briques, parce qu’ils chauffent plus également. On se sert donc de menu bois, de tourbe ou de houille grasse. La durée de la mise en feu varie suivant les conditions dans lesquelles on opère et la masse de produits que l’on traite à la fois. Dans un bon fourneau en maçonnerie, 48 heures suffisent pour 20 000 briques environ ; au bout de ce temps, on bouche toutes les ouvertures du fourneau pour permettre à la chaleur de s’y répartir uniformément, et on laisse refroidir lentement. Le défournement n’a guère lieu qu’au bout de quinze jours, trois semaines.
Dans quelques briqueteries fonctionnant sur une grande échelle, on remplace les fours rectangulaires par six ou huit fours prismatiques, qui, par leur réunion, forment une galerie circulaire divisée verticalement par six ou huit murs, dont la direction passe par le centre de l’espace compris dans l’intérieur de l’anneau. Ce fourneau composé travaille d’une manière continue; l’un des compartiments est en chargement, tandis que les autres sont en feu ou en voie de refroidissement, ou en voie de défournement. Ce système économise la place, et aussi le combustible, parce que les gaz chauds qui s’échappent du compartiment mis en feu peuvent être conduits au travers des compartiments voisins et commencer à les échauffer; on utilise ainsi la chaleur perdue dans les fourneaux ordinaires.
Le caractère que présentent les briques bien cuites, et celui auquel on les reconnaît, est le son clair qu’elles rendent à la percussion. Quand le son est voilé, la brique est fendue, ou bien la cuisson est incomplète, et la brique ne résiste pas à la gelée. Ce grave défaut, du reste, est plus ou moins prononcé, suivant la nature des terres employées à leur confection.
On nomme briques réfractaires celles qui peuvent résister sans se fondre aux températures les plus élevées. Elles sont d’un prix notablement plus élevé que les briques ordinaires et sont exclusivement employées à la construction des fourneaux. Leur fabrication est la môme que celle des briques ordinaires; toute leur qualité réside dans le choix de la terre employée, et aussi dans les soins apportés à sa préparation. Les argiles réfractaires sont des argiles pures, ne contenant que de la silice, de l’alumine et de l’eau. La magnésie n’augmente pas la fusibilité de l’argile, mais la chaux, et surtout le fer et les alcalis, produisent ce résultat à un haut degré ; aussi les briques qui forment le revêtement intérieur des foyers fondent-elles peu à peu à leur surface, parce qu’elles s’y combinent avec les cendres fournies par le combustible.
BRIQUET. — Instrument destiné à se procurer du feu.
Briquet ordinaire. — Il se compose tout simplement d’un fragment de silice appelée pâ’rre à fusil, à cause de son ancienne destination et qu’on bat avec un morceau d’acier de forme variable dont on fait glisser vivement le bord sur l’arête de la pierre. Ce frottement détache de l’acier de petites parcelles qui se trouvent en môme temps portées à une température assez élevée pour s’enflammer dans l’air. Ces parcelles incandescentes venant toucher l’amadou qui recouvre la pierre y mettent le feu. Dans les anciens fusils à pierre, c’était, au contraire, le silex qui venait frapper vivement la platine d’acier, mais le résultat était le môme.
Le nom de briquet a été ultérieurement étendu à des appareils qui n’ont avec le précédent d’autre rapport que celui de fournir du feu.
Briquet a gaz hydrogène. — Ce briquet, imaginé par Gay-Lussac, était assez répandu avant l’invention des allumettes chimiques.
Il se compose d’une petite cloche de verre ouverte par le bas et communiquant par son extrémité supérieure avec un tube de cuivre recourbé horizontalement et que Ton peut ouvrir ou fermer à volonté au moyen d’un robinet. Dans l’intérieur de cette cloche est suspendue, par un fil de cuivre, une masse de zinc descendant un peu au-dessus de l’ouverture inférieure de la cloche. Celle-ci est placée au milieu d’un vase de verre que Ton remplit en partie d’eau acidulée par de Tacide sulfurique. Enfin^ en face de l’ouverture du tube à robinet, se trouve une petite colonne creusée à son sommet d’une cavité latérale contenant de la mousse de platine (voyez Platine).
Lorsqu’on veut monter cet appareil, on ouvre le robinet en masquant la mousse de platine au moyen d’un couvercle de cuivre ou d’un morceau de papier. L’eau acidulée prend dans la cloche le même niveau qu’à l’extérieur et baigne conséquemment le zinc. Une action très-vive se manifeste; le zinc est attaqué. On voit se former à sa surface de nombreuses bulles d’un gaz qui est de l’hydrogène à peu près pur (voyez Hydrogène). Lorsqu’on juge que ce gaz a chassé de la cloche Tair qu’elle contenait, on ferme le robinet. L’hydrogène continue à se dégager, mais, ne trouvant plus d’issue au dehors, il s’accumule à la partie supérieure de la cloche, d’oû il refoule Teau acidulée, de sorte qu’au bout de quelque temps le zinc est à sec et que la production de l’hydrogène est suspendue. L’appareil est monté. Lorsqu’on veut s’en servir, on découvre la mousse de platine et on ouvre le robinet. Un jet d’hydrogène vient frapper la mousse, qui rougit, et bientôt le jet s’enflamme et brûle avec une flamme pâle, mais pouvant très-aisément allumer une petite bougie on une petite lampe. Pendant ce temps, la cloche s’est en partie vidée d’hydrogène, mais Teau acidulée qui s’y est élevée, venant au contact du zinc, compense promptement la perte éprouvée. L’appareil est. donc toujours prêt. De temps en temps seulement il faut ajouter un peu d’acide ou renouveler à neuf Teau acidulée quand des cristaux de sulfate de zinc commencent à y apparaître, ou enfin remplacer le zinc lorsqu’il est usé.
Briquet phosphorique. — Également moins employé depuis l’invention des allumettes chimiques. On le fabrique de plusieurs manières. Le plus ordinairement, on fait fondre, à une très-douce chaleur, un peu de phosphore dans un tube de verre long et étroit; lorsque le phosphore est en fusion, on plonge dans le flacon une petite tige de fer rougie au feu ; le phosphore s’enflamme ; on agite pendant quelques instants, et lorsque la couleur est devenue bien rouge, on retire la tige, on bouche le flacon et on laisse refroidir. Il ne reste plus qu’à fixer le flacon dans un étui métallique pouvant contenir, en outre, quelques allumettes bien soufrées. Pour faire usage du briquet, on introduit une allumette dans le flacon ; on lui imprime un mouvement de rotation sur elle-même en appuyant sur le phosphore dont on détache ainsi quelques parcelles, et on la retire ; l’inflammation de ces parcelles a lieu aussitôt et se communique au soufre.
Souvent, au lieu du fer rouge, on projette dans le fla.con renfermant le phosphore fondu de la magnésie calcinée que Ton agite avec une tige de fer jusqu’à ce que tout le phosphore soit réduit en poudre ; on bouche alors et on laisse refroidir. Le phosphore ainsi divisé devient spontanément inflammable à Tair et sert comme précédemment.
Enfin, on se contente quelquefois de faire fondre le phosphore dans le flacon, de boucher et de laisser refroidir. Le briquet est alors de plus de durée ; mais les parcelles de phosphore qu’on détache de l’allumette n’étant plus spontanément inflammables, il faut les frictionner sur un corps doux, tel que le liège, le drap, le feutre.
Les allumettes chimiques sont de véritables briquets phosphori(iues , chaque allumette portant avec elle sa provision de phosphore (voyez Allumette).
Briquet pneumatique. — Instrument de physique servant à démontrer que la compression des gaz développe en eux de la cha- Bnquetàair. leur. Il se compose d’un tube de verre AB {fig. 370) fermé par un bout et dans l’intérieur duquel se meut un piston D. Lorsqu’on introduit le piston dans le tube, une cer-
Fi;. 370.
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taine quantité d’air s’y trouve emprisonné. Si on le pousse rapidement, cet air est comprimé brusquement, et dégage une quantité de chaleur suffisante pour porter le gaz au rouge et enflammer de l’amadou qu’on place préalablement dans une petite cavité ménagée sous le piston. M. D.
BRIQUETTES. — Prismes ou cylindres de charbon servant de combustible dans les fourneaux où l’on n’a pas besoin d’un feu très-vif, ou lorsqu’on veut l’entretenir longtemps sans veiller à son entretien.
Ces briquettes se fabriquent avec la poussière de charbon mélangée avec une bouillie claire d’argile grasse ou terre glaise. On en forme une pâte épaisse que l’on moule en briques et qu’on fait sécher à l’air. Les bûches économiques, pour former la partie postérieure des feux de cheminée, se fabriquent de la même manière. — Les briquettes peuvent très-bien servir au chauffage des appartements si l’on a soin de les y associer au bois.
Il y a encore, pour allumer ou ménager les feux de locomotives de chemins de fer, de grosses briquettes quadrangulaires, longues de 0“, 28, larges de 0“,19, épaisses de 0“, 14. Elles sont faites avec du poussier de houille et des résidus de charbon mal brûlé, repris sous la grille des fourneaux. Le tout est agglutiné avec du goudron provenant de la distillation du charbon, dans les grands appareils à gaz, et fortement pressé dans un moule.
BRISE. — Nom donné à un vent frais et léger, mais spécialement réservé par les marins aux vents qui régnent sur les côtes aux différentes heures du jour. En l’absence de vents généraux, il s’élève sur les côtes, vers dix ou onze heures du matin, une brise de mer allant de la mer vers la côte et qui tient à ce que la surface du sol est plus fortement échaufiée par les rayons solaires que la surface de la mer. L’air chauffé par le sol, tendant toujours à monter, glisse le long des côtes vers l’intérieur des terres et donne lieu à un appel d’air de la mer. Cette brise dure jusque vers le soir. Quelques heures après le coucher du soleil, elle est remplacée par une brise de terre allant de la terre à la mer et due à ce que c’est alors la terre qui s’est plus refroidie que la mer par l’effet du rayonnement nocturne. L’air froid tendant, au contraire, à descendre, un effet inverse au précédent se produit.
Des effets analogues ont lieu dans les pays montagneux, surtout dans les principales gorges. Les brises de montagnes vont de la plaine à la montagne pendant le jour, et de la montagne à la plaine pendant la nuit. C’est à ces brises qu’il faut attribuer le froid que l’on éprouve en traversant une gorge ou vallée pendant la nuit.
Dans certaines vallées des Alpes elles acquièrent une intensité suffisante pour former de véritables vents.
Les brises marines sont d’un grand secours aux marins dans les pays chauds pour pénétrer dans les ports ou pour en sortir. Le mot brise a été peu à peu étendu à tout vent qui n’est pas très-violent, quelle qu’en soit d’ailleurs l’origine.
BRISE-PIERRE (Chirurgie). — On donnait ce nom à une espèce de pinces ou de tenettes, qui servaient à briser la pierre en plusieurs fragments lorsqu’elle était d’un volume trop considérable pour sortir à travers l’ouverture pratiquée par l’opérateur; son usage est abandonné aujourd’hui (voyez Taille). Dans l’opération de \o.lithotritie,(m s’est servi aussi, pendant quelque temps, d’un brise-pierre avec lequel on écrasait par la pression les petites pierres ou les fragments de pierres. Amussat eut le premier l’idée d’employer cette méthode; en 1822, il proposa un brise-pierre droit, qui, d’après l’expérience, ne pouvant agir sur des calculs entiers, fut réservé, aussi bien que le brise-coque de M. le baron Heurteloup, pour les fragments résultant de la perforation et de l’évidement. Plus tard, en 1829, M. Jacobson fit connaître un brise-pierre qui a joui pendant quelque temps d’une importance méritée, surtout après les améliorations et les perfectionnements que lui avaient fait subir MM. Leroi, Amussat, Charrière, etc. Mais l’expérience ayant révélé l’insuffisance de la pression seule appliquée au broiement de la pierre, M. Heurteloup eut l’idée d’employer la percussion, et inventa son percuteur à marteau; ce fut un progrès réel dans cette partie de la chirurgie. Construit sur le principe du podomètre des cordonniers, cet instrument a 11 forme d’une sonde à courbure terminale un peu brusquée ; il se compose de deux tiges glissant facilement l’une sur l’autre et terminées chacune par cette partie recourbée qui, en se séparant à la volonté de l’opérateur, laisse entre chaque courbure un espace dans lequel vient se loger la pierre; lorsqu’elle est solidement
fixée à cette place, le chirurgien frappe avec le marteau sur un bouton qui termine l’instrument au dehors et qui communique le choc au calcul ; celui-ci se brise plus ou moins vite, et on s’en aperçoit au rapprochement des deux mors de l’instrument. Plusieurs modifications ont été encore apportées au percuteur par MM. Amussat, Ségalas et Charrière (voyez Litiiotritie). F — n.
BRISÉES (Chasse). — Marques que l’on fait en chasse pour indiquer l’endroit où est la bête et de quel côté on l’a détournée. Ce sont ordinairement de petites branches que les chasseurs cassent aux arbres et qu’ils sèment sur leur chemin, en ayant soin de tourner le gros bout du côté où va l’animal. Lorsqu’elles ne sont pas faites avec cette précaution, elles détournent de la voie, et on les appelle fausses brisées.
BRIZE (Botanique). — Genre de plantes de la famille des Graminées (voyez Amourette).
BROCARD, Broquart (Vénerie). — Les chasseurs donnent souvent ce nom au chevreuil mâle^ « Tous les chevreuils mâles qui ont passé deux ans, dit Buffon^ et que nous appelons vieux brocards, sont durs et d’assez mauvais goût. »
BROCATELLE (Minéralogie). — On adonné ce nom à des variétés de brèches calcaires (voyez Brèche) dont les fragments sont petits et à peu près de la môme couleur que le fond, mais ils sont moins foncés ; ils constituent un marbre précieux dont la couleur générale est jaune doré, et qui a quelque ressemblance avec ces anciennes étoffes brochées d’or, d’argent et de soie, connues sous le nom de brocart. Le plus remarquable se trouve à Tortose en Catalogne ; sa couleur générale tire sur le rouge vineux, tacheté de jaune isabelle, de gris et de blanchâtre. Quelquefois aussi on a donné ce nom à des lumachelles ou marbres composés de fragments de coquilles réunies par un ciment calcaire (voyez Lumachelle).
BROCHET (Zoologie), 'Esox, Lin. — Genre de Poissons Malacopiérygiens abdominaux, famille des Esoces, àonX il est le type ; c’est un grand poisson, caractérisé par une ouverture de la bouche grande, de petits intermaxillaires garnis de petites dents pointues au milieu de la mâchoire supérieure ; mais les maxillaires des côtés n’ont pas de dents; tout le reste de la bouche et meme les arceaux des branchies sont hérissés de dents en carde ; le museau oblong, obtus, large, déprimé, le corps allongé, fusiforme, couvert de petites écailles oblongues et dures ; une seule nageoire dorsale vis-à-vis de l’anale; estomac
ample, plissé, se continuant avec un intestin mince et sans cæcum ; vessie natatoire très-grande. On ne connaît que trois espèces de ce genre : le B. ordinaire [Esox ludus. Lin.) (/^^ .37 1 ), qu'on trouve abondamment dans toutes les eaux douces de l’ancien et du nouveau continent,^ si connu pour sa voracité et dont la chair est assez estimée ; ses dents sont fortes, acérées, inégales; les unes immobiles et implantées dans les alvéoles, les autres mobiles et attachées seulement à la peau. Le brochet ordinaire, parvenu à une certaine grosseur, a le dos noirâtre, le ventre blanc, avec des points noirs; ces teintes varient, du reste, suivant la nature et la pureté des eaux, et aussi suivant les époques de l’année ; il parvient communément à la longueur de 1 ou 2 mètres, et on en a vu de beaucoup plus grands ; on raconte l’histoire d’un brochet qui fut pris à Kaiserslautern, en 1497, et qui pesait, dit-on, 350 livres, et avait plus de 6 mètres de long; son squelette est à Manheim; mais on prétend qu’il y a dans sa colonne vertébrale des vertèbres qui ne lui appartiennent pas. On lui trouva au cou un anneau extensible, avec la date de 1230; il le portait par conséquent depuis 267 ans. Le brochet grandit très-vite : ainsi, à la fin de la première année, il a ordinairement 0“,30 de long; à deux ans, 0“,40; à six ans, près de 2 mètres, etc. 11 vit de poissons ; mais il est si vorace qu’il s’élance même sur des oiseaux d’eau, des rats, de jeuneschats, et môme de petits chiens tombés à l’eau. La chair du brochet est assez agréable au goût ; elle est blanche, ferme et de facile digestion ; mais comme elle prend facilement le goût de vase, on concevra que les brochets qui habitent les eaux limpides, et où leur nourriture abonde, sont bien meilleurs que les autres; on les reconnaît surtout à ce
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qu’ils ont le dos vert, et la chair qui avoisine l’épine dorsale de môme couleur. Les œufs sont difficiles à digérer, malsains ; ils excitent les nausées et purgent assez violemment. On pêche le brochet avec toutes espèces de filets •, on le pèche aussi à la nasse, à la ligne ; il mord assez facilement à l’hameçon amorcé d’un petit poisson, •«t surtout de goujon. Dans certaines contrées, et surtout dans le Nord, on sale, on sèche et on fume le brochet, comme on fait du saumon ou du maquereau. Les pêcheurs donnent aux petits brochets les noms de lançotis^ lancerons ; ils appellent les moyens, poignards; les gros, brochets-carreaux ou poissons-loups, La seconde espèce, VE. reticularis, hç,s\xmv E. amencnww^^Lacép., a,surles flancs, des lignes brunâtres qui forment quelquefois un réseau ; la troisième, VE. estor, Lesueur, a le corps semé de taches rondes et noirâtres : ces deux espèces habitent les eaux douces de l’Amérique septentrionale.
BROCOLI (Horticulture), en italien broccolo. — Variété de chou-fleur, qui se distingue par ses feuilles plus ondulées, par ses dimensions plus grandes et par ses couleurs; les principales variétés sont : Le B. blanc, qui donne une pomme semblable à celle du chou-fleur, mais de meilleure qualité ; on a fait en Angleterre, sous le nom de mammouth, une sous-variété de brocoli blanc, d’un volume aussi considérable que les plus gros choux-fleurs et qui paraît complètement rustique. Le B. violet nain, semé en mai ou juin, pomme dès l’automne suivant. Il y a aussi des B. rouges, verts, jaunâtres; mais les meilleurs sont le violet et le blanc. G — s.
BROIEMENT (Chirurgie). — Broiement de la pierre (voyez Lithotritie).
BROMATES. — Sels formés par la combinaison de l’acide bromique avec une base. Les bromates ont une grande analogie avec les chlorates ; ils fusent comme eux sur les charbons ardents, et se décomposent en abandonnant leur oxygène sous l’influence de la cha- Jeur; mais ils s’en distinguent en ce que, traités par l’acide sulfureux ou l’eau de chlore, ils se colorent en jaune rougeâtre par du brome mis en liberté (voyez Brome).
BROME (Chimie) (Br =80), du grec brômos , fétide. — Corps simple présentant de grandes analogies avec le chlore et que l’on rencontre en petite quantité dans certaines eaux minérales (Bourbonne-les-Bains , Lons-le- Saulnier), dans les mines du Chili à l’état de bromure d’argent, dans les plantes marines et dans l’eau de la mer, également à l’état de bromures alcalins. C’est un liquide d’un rouge brun ou pourpre, très-vénéneux, d’une saveur repoussante, d’une odeur forte et pénétrante rappelant celle du chlore. Il attaque fortement la peau qu’il corrode et colore en jaune. Sa densité est près de trois fois celle de l’eau (2,960) ; il se congèle à 22« au-dessous de zéro, bout à 62“ et se volatilise rapidement à la température ordinaire en donnant des vapeurs d’un jaune orangé. Sa solubilité dans l’eau est très-faible, bien qu’il forme avec ce liquide un hydrate. Ce composé cristallisé brun rouge se détruit à 15 ou 20“. Ses dissolvants naturels sont l’alcool et l’éther.
Le brome n’a qu’un petit nombre d’usages. En médecine, il exerce une action assez énergique sur les appareils glanduleux et est employé contre les scrofules concurremment avec l’iode ; en photographie, il accroît la sensibilité des plaques daguerriennes ou des papiers impressionnables à la lumière et paraît modifier d’une manière favorable le ton des épreuves.
Le brome a été découvert en 1826 par M. Balard dans les eaux mères des marais salants à l’état de bromure de magnésium. Ces eaux mères, résidus de l’extraction du sel par l’évaporation de l’eau de mer, sont traitées par la chaux, qui^ précipite la magnésie, et filtrées ; la chaux -en est précipitée à son tour à l’état de sulfate de chaux par le sulfate de soude. On filtre une seconde fois, et on obtient une liqueur qui ne contient plus que du bromure, <3e l’iodure et du chlorure de sodium. La concentration •de la liqueur en élimine presque entièrement le sel marin; puis on la distille avec du peroxyde de manganèse et de l’acide sulfurique. Les bromure et iodure sont décomposés. Le brome mis en liberté se dégage le premier; puis, quand les vapeurs d’iode commencent à apparaître, on change de récipient pour ne pas mélanger les deux substances. La totalité du brome livrée actuellement au commerce provient du traitement des eaux mères des soudes de varech (voyez Varech, Soude).
Le brome forme avec l’oxygène et l’hydrogène des composés analogues à ceux que donne le chlore; mais son \ftinité pour l’hydrogène est un peu moindre et son affi-
nité pour l’oxygène un peu plus forte que celle du chlore pour ces mêmes gaz. m. D.
Brome (Botanique), Bromus, Lin., de bromos, nom que les Grecs donnaient à une sorte d’avoine; du mot brômê, nourritifre. — Genre de plantes de la famille des Graminées, tribu des Festucacées. Il comprend des herbes annuelles ou vivaces, qui croissent dans les climats tempérés de l’hémisphère boréal. Leurs feuilles sont
Fig. 372. — Brome des prés. Fig. 373.
planes. Leurs épillets contiennent de cinq à dix fleurs, ou môme davantage. Les glumes sont herbacées et mutiques. La glumelle inférieure est convexe, non carénée, bidentéc ou bifide, et munie d’une arête, ou plus rarement mutique par avortement, les 2 stigmates naissant vers le milieu de l’une des faces de l’ovaire. Les bromes, considérés comme plantes fourragères, donnent en général un foin dur qui se dessèche promptement et que leurs longues barbes, leurs valves acérées et leurs feuilles coupantes font rejeter par les bestiaux. On recommande pourtantleR. des prés (B. pratensis, Lam., Kœeler) {fig. 372 et 373), remarquable par sespanicules droites, ses épillets oblongs à 8 ou 10 fleurs terminées par des barbes droites ; les feuilles inférieures légèrement velues ainsi que les tiges; c’est une espèce vivace, haute de 0“,65, qui donne un fourrage tardif; c’est la plus utile du genre, et elle dure jusqu’à quinze ans dans les sols sablonneux, calcaires ou siliceux. Il est bon cependant de la faire faucher ou pâ- ÎLirer de bonne heure, B. de Schrader {B. Schraderi, Kunile) Voy. Schrader.) Les autres espèces qui se trouvent aux environs de Paris sont les suivantes : le B. stérile (B. sterilis. Lin.) et le B. des toits {B. tectorum. Lin.) qui ont leurs fleurs latérales munies d’arêtes très-longues, et dépassant ou égalant celles des fleurs supérieures. La
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première a les épillets glabres ; la seconde les a pubescents. Les arêtes des fleurs latérales sont plus courtes dans le B. dressé (B. erectus, Huds.), qui a les feuilles étroites, pliées, carénées, et dans le B. rude {B. asper, Murr.), dont les feuilles sont larges et planes. Ces deux bromes sont vivaces. Les suivants sont annuels : le B. des champs {B. arvensis^ Lin.) a les épillets étroits, lancéolés, ce qui le distingue des trois derniers, qui ont les épillets ovoïdes ou oblongs ; le B, seigle {B. secalinus, Lin.) a les gaines des feuilles glabres; et enfin le B. mollet, ^ B. mollis. Lin.) et le B. à grappe [B. racemosus, Smith) sont caractérisés l’un principalement par ses épillets mollement pubescents, l’autre par ses épillets glabres ou presque glabres. Les B. dressé, rude et mollet sont aussi recommandés comme plantes fourragères ; quelques espèces ont des graines assez grosses pour qu’on puisse les mêler à des céréales pour faire du pain. G — s.
BROMÉLIACÉES (Botanique). — Famille de plantes monocoty lédones établie par A. L. de Jussieu et rangée par M. Brongniart dans la classe des Bromélioïdées. Elle comprend des herbes quelquefois sous-frutescentes propres aux régions chaudes de l’Amérique. Leurs fleurs sont hermaphrodites, composées d’un calice libre ou plus ou moins adhérent, à 3 sépales, d’une corolle de 3 pétales, de G étamines. L'ovaire est à 3 loges contenant les ovules ordinairement en grand nombre. Le fruit est une baie ou une capsule s’ouvrant en 3 valves. Les graines ont un périsperme abondant. En attendant une meilleure classification de cette famille, on divise les Broméliacées en deux sections, ainsi que A. L. de Jussieu l’a fait dans son Généra. La première comprend les genres à fruits en baie et à ovaire infère, et la seconde ceux dont le fruit est une capsule. L’ovaire de ceux-ci est aussi infère, à l’exception des Pitcairnies dans lesquelles il est demi-infère. Genres principaux section A : Ananas [Ananassa, Lindl.), Bromélie [Bromelia, Lm.), Bilbergie (Bilbergia,Tl\\\xnh.). Section B : Pitcairnie {Pitcairnia, L’Hérit.), Tillandsie {Tillandsia,'Lva.).,Bonapartea, Ruiz et Pav., Gusmannie [Gusmannia, Ruiz et Pav.). G — s.
BROMÉLIE (Botanique), Browie/ea, Lin. ; dédié à Olaus Bromel, botaniste suédois. — Genre de plantes type de la famille des Broméliacées. Caractères : fleurs accompagnées de bractées; sépales dressés carénés; pétales convolutés sans écailles basilaires ; G étamines courtes à filets connés; ovaire à 3 loges contenant un grand nombre d’ovules; style à 3 angles; 3 stigmates, courts et charnus ; baie ovale ou oblongue. Les espèces de ce genre habitent principalement l’Amérique tropicale. Elles présentent souvent un beau feuillage épineux teint d’un rouge plus ou moins éclatant et qui est d’un très-joli effet dans les serres chaudes. On a retiré des bromélies les ananas pour en faire un genre à part (voyez Ananas).
BROMES ou Brosmes (Zoologie), Brosmius, Cuv. — Grands poissons du genre Gade, qui habitent les mers du Nord ; les gens du pays les salent et les font sécher.
BROMHYDRATES (Chimie). — Sels formés parla combinaison de l’acide bromhydrique avec les bases. Lebromhydrate d’ammoniaque est le seul que l’on soit en droit de considérer comme renfermant de l’acide bromhydrique ; les autres sels métalliques sont confondus avec les hvoTïxxirBS *
BROMHYDRIQUE (Acide) (Chimie) (HBr). — Combinaison de brome avec l’hydrogène. C’est un gaz incolore, d’une odeur piquante analogue à celle de l’acide chlorhydrique, avec lequel cet acide présente les plus grandes analogies, sauf qu’il est moins stable que lui et qu’il est décomposé par le chlore. L’acide bromhydrique est trèssoluble dans l’eau, mais sa dissolution s’altère peu à peu au contact de l’air ; l’hydrogène de l’acide est brûlé, du brome devient libre et colore la liqueur en brun.
Si l’on verse de l’acide sulfurique sur un bromure, il se forme de l’acide bromhydrique qui se dégage, mais est décomposé en partie par l’acide sulfurique. Il vaut donc mieux, pour le préparer, remplacer l’acide sulfurique par de l’acide phosphorique ou faire passer des vapeurs de brome sur des fragments de phosphore humide, ou enfin traiter l’essence de térébenthine ou une essence quelconque par le brome.
BROMIQUE (Acide) (BrO’hHO). — Combinaison de brome avec l’oxygène. Liquide incolore, sans odeur, trèsacide et très-altérable. Il donne des bromates en s’unissant aux bases. On l’obtient en versant du brome dans une dissolution de potasse. Il se forme du bromure de potassium et du bromate de potasse que l’on sépare, par voie de cristallisation, du bromure beaucoup plus soluble que lui. Le bromate est traité par V acide hydrofluosili-
cique, qui forme un hydrofluosilicate de potasse insoluble* que l’on sépare par filtration. Mais, comme on a été obligé d’introduire un excès d’acide, on traite la liqueur par de la baryte. Il se forme un hydrofluosilicate de baryte insoluble et un bromate de baryte soluble. Ce dernier est enfin décomposé par l’acide sulfurique. L’acide mis en liberté est concentré dans le vide.
Le brome forme encore avec l’oxygène deux combinaisons : les acides bromeux et hypobromeux, analogues aux acides chloreux et hypochloreux, mais ils sont peU' connus.
BROMOFORME (C^HBr^). — Substance analogue par ses propriétés et sa préparation au chloroforme (G’^HCP). C’est un corps liquide d’une grande densité (2,1), faiblement volatil, se transformant facilement, par l’action de la potasse, en formiate de potasse et bromure de potassium.
C2HBr3 + 3(K0) = K0,C2H03 + 3(KBr)
Bromo- Formiate Bromure
forme. de potasse. de
potassium.
On peut le considérer comme dérivant de l’acide formique anhydre par la substitution de 3 équivalents de brome à 3 équivalents d’oxygène.
C2H03 Aiîide formique anhydre.
C2HBr3 Bromoforme.
On le prépare en faisant réagir à chaud l’hypobromite de chaux sur l’alcool. Le bromoforme a été découvert par M. Dumas. B.
BROMURE. — Combinaison de brome avec un autre corps. Les bromures ont les plus grandes analogies avec les chlorures ; ils ont presque tous les mêmes caractères et s’obtiennent de la même manière ; mais ils sont assez généralement colorés. On les distingue des chlorures quand ils sont blancs par la coloration jaune rougeâtre qu'ils prennent quand on les met en contact avec une dissolution de chlore ; du brome est alors mis en liberté. Le bromure d’argent se rencontre dans quelques mines ; le bromure de magnésium existe avec les iodures et chlorures dans l’eau de la mer et dans plusieurs eaux minérales ; les bromures de fer, de mercure et de potassium sont utilisés par la médecine.
BRONCHES (Anatomie), du grec bronchos, gosier. — Ce sont les deux branches de bifurcation de la trachéeartère, avec laquelle elles ont la plus grande analogie de
forme et de structure (voyez Trachée-artère). Ces deux divisions vont l’une au poumon droit, l’autre au poumon gauche; la bronche droite est plus grosse, mais plus courte que la gauche ; celle-ci est embrassée par la crosse de l’aorte, l’autre parla veine azygos; à la racine des poumons, les bronches se divisent de nouveau en deux branches, et successivement chaque branche se bifurque a son tour; dans ce trajet, les bronches sont formées p^r
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une série d’arceaux cartilagineux incomplets en arrière et séparés par autant d’anneaux fibreux ; elles sont, en outre, pourvues de fibres musculaires et tapissées par une membrane muqueuse à l’intérieur; enfin, dans les dernières ramifications des bronches, on ne trouve plus d’arceaux cartilagineux ; celles-ci continuent à se diviser, et chaque ramuscule se termine dans un lobule 'pulmonaire (voyez Poumon). F — n.
BRONCHIALES, Bronchiques (Anatomie), qui a rapport aux bronches. — Artères bronchiques : ordinairement deux de chaque côté ; elles naissent de la sous-clavière, ou de la mammaire interne, ou des intercostales ; elles accompagnent les bronches. — Cellules bronchiques : ce sont de petites vésicules formées d’un tissu cellulaire lâche, qui, parleur réunion, constituent les lobules pulmonaires où aboutissent les ramuscules des bronches et où s’accomplit le phénomène chimique de la respiration (voy. Respiration). — Glandules bronchiques : petites glandes ovoïdes, aplaties, accolées à la face externe de la membrane fibreuse, entre celle-ci et la couche musculaire et dans l’intervalle des arceaux cartilagineux; leurs fonctions sont inconnues. — Nerfs bronchiques^ fournis par le pneumo-gastrique (voyez ce mot).
BRONCHITE (Médecine), du grec bronchos^ gosier; d’où ôrowcAm, les bronches. — On donne ce nom à l’iniflammation de la membrane muqueuse qui tapisse les •bronches (voyez ce mot). Cette affection s’appelait autrefois catarrhe pulmonaire, et simplement rhume, lorsqu’elle était légère. Les causes qui prédisposent à la bronchite sont : une constitution débile, le tempérament lymphatique, les temps froids, humides, les variations brusques de température , les saisons pluvieuses ; puis viennent comme causes déterminantes, un refroidissement subit, le froid humide aux pieds, etc. Que ces causes soient appréciables ou non, la bronchite débute ordinairement par du frisson, des lassitudes spontanées, la fièvre, le mal de tète, un picotement à la gorge, qui provoque une toux sèche, sifflante, sans expectoration ; la peau est sèche, aride ; il y a de l’oppression, de la gêne dans la respiration, perte de l’appétit, quelquefois de la soif, etc. Cet état dure ordinairement deux ou trois jours, avec plus ou moins d’exacerbation vers le soir ; alors la toux, qui a été plus ou moins fatigante et sans expectoration, devient moins déchirante, elle est plus humide, les crachats sont moins rares, la peau s’humecte, il se fait peu à peu une détente générale, la fièvre diminue, et tout rentre dans l’ordre dans un espace de huit à dix jours. Voilà l’histoire générale de la grande majorité des bronchites ; quelquefois la nuance est plus légère, les symptômes moins violents et la santé revient en deux ou trois jours ; c’est le rhume simple. Mais souvent la bronchite est plus intense et présente une série de symptômes plus graves; il y a une grande difficulté de respirer, les crachats sont souvent un peu sanguinolents, la fièvre est plus intense, etc. La maladie alors peut se prolonger jusqu’à cinq ou six semaines, se compliquer de pneumonie, de pleurésie (voyez ces mots) ; dans quelques cas particuliers, ce peut être l’origine ou plutôt le commencement d’une phthisie (voyez ce mot). Le traitement d’un rhume simple consiste dans le repos, la diète, des boissons pectorales, etc. Si la bronchite est un peu plus intense, on joint à ces moyens les bains de pieds, les loochs blancs, les potions pectorales, les infusions de mauve, de violettes, de coquelicot, le seijour au lit, etc. Enfin, si elle est intense, on aura recours aux saignées, aux sangsues, aux sinapismes, aux cataplasmes émollients sur la poitrine; puis, vers la fin, les vésicatoires, les emplâtres de poix de Bourgogne, etc. A cette époque de la maladie, les purgatifs seront quelquefois très-efficaces. La bronchite capillaire est une variété dans laquelle aux symptômes de la bronchite ■intense se joignent comme signes caractéristiques par Tauscultation les râles sibilants, muqueux et sous-crépitants, quelquefois une sonorité exagérée. La grippe est une maladie épidémique dans laquelle la bronchite }o\xq un très-grand rôle (voyez Grippe). F — N.
BRONCHOCÈLE (Médecine), du grec bronchos, gorge, et kêlé, tumeur. — Tumeur au-devant de la gorge, plus connue sous le nom de goitre [voyQz ce mot).
BRONCHOTOMIE (Chirurgie), du grec bronchos, gorge, et division, coupure. — On donne aujourd’hui le nom
générique de bronchotomie aux opérations par lesquelles on ouvre le canal aérien dans la région du cou ; parmi les causes nombreuses qui peuvent nécessiter ces opérations, on doit citer en première ligne : 1" la présence d’un corps étranger engagé dans les voies aériennes, qu’il est urgent d’en extraire sans retard, si l’on veut éviter une
suffocation imminente ; 2° le croup; ici la question est moins facile à trancher, et un grand nombre de bons esprits hésitent à tenter une opération aussi chanceuse, malgré les rares succès qu’on a cités. On peut donc dire aujourd’hui que la question est encore à l’étude ; nous ne parlerons pas des autres cas où elle est réclamée. On admet généralement qu’elle peut être pratiquée sur quatre points différents : 1" sur les premiers anneaux de la trachée; c’est véritablement la trachéotomie ; 2° sur le cartilage cricoïde et les premiers anneaux de la trachée ; elle prend le nom de trachéo-laryngotomie ; 3° ici le cartilage thyroïde peut être seul intéressé ; c’est la laryngotomie thyroïdienne, ou bien c’est la laryngotomie cricothyroïdienne, lorsque l’incision porte seulement sur la membrane de ce nom; 4° enfin, lorsqu’on traverse la membrane thyro-hyoïdienne , on l’appelle bronchotomie sus-laryngienne. F — n.
BRONZAGE (Technologie). — Nom donné à deux opérations bien distinctes : l’une a pour but de recouvrir des objets d’une nature quelconque d’une couche ou enduit qui leur donne l’apparence du bronze ; l’autre a pour objet de modifier la surface de certains métaux de manière à les préserver de l’influence des agents atmosphériques.
L’opération du bronzage varie suivant la nature du corps à bronzer et suivant le résultat que l’on veut obtenir.
Bronzage du bois. — On recouvre d’abord le bois d’une couche uniforme de colle forte ou d’huile siccative, et quand l’enduit est sur le point de sécher, on le saupoudre à l’aide d’un petit sachet avec la poudre à bronzer, formée d’étain, de laiton, d’or, d’or mussif porphyrisé, ou de cuivre métallique obtenu sous forme pulvérulente par sa précipitation par le fer de ses dissolutions salines. On frotte ensuite la surface des objets avec un linge humide. On peut aussi mélanger à l’avance les poudres métalliques avec de l’huile siccative et les appliquer au pinceau.
Bronzage du papier. — La gomme remplace la colle ou l’huile dans le bronzage du papier. Après dessiccation, la poudre est alors soumise à l’action du brunissoir qui lui donne plus d’éclat.
Bronzage du plâtre. — Pour recouvrir les statuettes et autres objets en plâtre d’un enduit vert très-durable, qui les protège bien contre les agents atmosphériques et leur donne une couleur imitant le bronze antique, on se sert d’un savon ferro-cuivreux que l’on obtient de la manière su4vante. On prépare un savon ordinaire avec de l’huile de lin et une lessive de soude caustique; on y ajoute ensuite une dissolution concentrée de sel marin et on évapore jusqu’à ce que le savon vienne nager en grains à la surface. On filtre alors au travers d’une chausse de toile, on dissout les grumeaux de savon ainsi recueillis dans de l’eau bouillante, et on filtre de nouveau pour enlever les impuretés. D’un autre côté, on dissout dans de l’eau chaude 4 parties de sulfate de cuivre et 1 partie de sulfate de fer, puis on verse la liqueur dans la dissolution de savon, lentement et en agitant constamment jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Ce précipité est le savon ferro-cuivreux indiqué plus haut, c’est- Wire un mélange de savon ferrugineux, rouge brunâtre, et de savon cuivreux, d’un assez beau vert. Ces deux couleurs mélangées donnent une teinte vert brunâtre, assez semblable au vert antique. Pour purifier le savon, on le recueille sur un filtre, on le fait bouillir quelques instants dans la dissolution de fer et de cuivre, puis on lave à l’eau pure bouillante, puis à l’eau froide ; on l’égoutte et on le sèche le mieux possible.
Pour bronzer un plâtre, on fait un mélange au bainmarie de 300 grammes huile de lin cuite et épurée, IGO grammes savon ferro-cuivreux, 100 grammes cire blanche; on fait fondre le mélange et on l’applique au pinceau sur le plâtre chauffé à l’étuve à 90®. On répète au besoin l’application et on termine par un séjour de quelques instants à l’étuve. La préparation pénètre on entier dans le plâtre dont elle remplit les pores sans changer en rien la finesse de détails du dessin. Lorsqu’on veut préparer soi-même un sujet d’une petite dimension, on peut se contenter de le plonger dans le mélange en fusion, de le laisser égoutter et de le placer devant le feu jusqu’à ce que la composition ait pénétré dans le plâtre. On termine en frottant doucement la surface avec un tampon de coton.
On argente quelquefois les figurines de plâtre en les frottant avec un amalgame formé de parties égales de mercure, de bismuth et d’étain, puis les recouvrant d un vernis ; on leur donne une couleur gris de plomb me-
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tallique en les frottant avec de la plombagine réduite en poudre fine.
Bronzage du fer. — Pour bronzer le fer ou la fonte, on commence par les décaper avec soin au moyen des acides étendus, puis on les plonge dans une dissolution de sulfate de cuivre à laquelle on a ajouté un peu d’acide sulfurique. Le métal se recouvre rapidement d’une pellicule de cuivre rouge que l’on peut brunir. L’intervention de l’électricité donne plus de durée au produit (voyez l’article Galvanoplastie). Le fer cuivré peut être ensuite bronzé comme le cuivre ; mais on le bronze aussi directement à l’aide de procédés très-variés. On se contente quelquefois d’exposer 1(? fer à la vapeur d’acide chlorhydrique, ou de le mettre en contact avec de l’eau régale très-étendue. Le plus souvent on chauffe légèrement le métal et on le frotte vivement avec un mélange d’huile d’olive et de beurre d’antimoine , et, répétant plusieurs fois l’opération, on lave ensuite à l’eau seconde, puis à l’eau pure ; on fait sécher et on polit avec un brunissoir d’acier ; enfin on frotte l’objet avec de la cire blanche ou on le recouvre d’un vernis formé en dissolvant dans de l’esprit de vin Ifi parties de gomme laque et 3 parties de sang-dragon.
Bronzage du cuivre. ■ — Il a pour objet de développer à la surface du cuivre une pellicule extrêmement mince d’oxydule, qui lui donne une teinte mate, brun rougeâtre, très-agréable à l’œil.
Le bronzage des médailles s’effectue de la manière suivante, que l’on peut appliquer également aux objets plus volumineux. On dissout dans du vinaigre 2 parties de vert de gris et 1 partie de sel ammoniac; on fait bouillir la dissolution, on l’écume et on l’étend d’eau jusqu’à ce qu’elle ne forme plus de précipité blanchâtre par «ne addition nouvelle d’eau. Cette dissolution est mise de nouveau sur le feu, et on la verse bouillante sur les médailles que l’on retire, dès qu’elles ont pris la teinte désirée, pour les laver immédiatement à l’eau pure. La couche d’oxydule est très-adhérente quand l’opération a été bien conduite et arrêtée à point. Les Chinois emploient dans le même but le procédé suivant : ils pulvérisent et mélangent 2 parties de vert de gris, 2 parties de cinabre, 5 de sel ammoniac, 5 d’alun, et 2 parties de bec ■et foie de canard; puis ils en forment avec du vinaigre une pâte qu’ils répandent sur le cuivre bien décapé. Ils exposent celui-ci quelques instants sur le feu, laissent refroidir, essuient et recommencent autant de fois qu’il est nécessaire pour arriver au ton désiré. En ajoutant au mélange un peu de sulfate de cuivre, on obtient une couleur plus brune ; plus jaune, au contraire, par l’addition de borax. L’enduit ainsi obtenu est extrêmement résistant et conserve sa beauté à l’air et à la pluie. M. D.
BRONZE (Chimie industrielle). — Alliage très-dur de cuivre et d’étain, auquel on ajoute quelquefois du zinc et du plomb en quantité variable, et même du fer. La composition du bronze n’a rien de fixe; elle varie avec la nature ou les usages des objets qu’on veut couler; elle change d’un fondeur à l’autre, et même d’un moment à 1 autre dans une même fusion. Cependant la composition chimique de l’alliage et l’ordre dans lequel les métaux sont introduits pendant la fonte, sont d’une grande importance pour les qualités du produit. Les frères Relier, fondeurs bien connus du temps de Louis XIV, dirigeaient toute leur attention sur ce point, et leurs bronzes sont restés justement célèbres.
Bronze des statues. — Les statues coulées à Versailles par les frères Relier ont donné à l’analyse :
En
statue
moyenne.
de Louis XV.
Cuivre
Étain
Ji i(\
Zinc
Plomb
Bronze des médailles. — L’alliage le plus convenable pour les médailles que l’on doit frapper est : cuivre, de 88 à 90; étain, 8 à 10; zinc, 2 à 3. Le zinc fait prendre au bronze sous l’action de l’air une plus belle patine (teinte verdâtre si admirée dans les bronzes antiques).
Bronze des canons. — L’alliage employé généralement est formé de cuivre, 90 à 91 ; étain, 9 à 10. Mais il est très-difficile que, pendant le refroidissement de ces grandes masses, l’alliage ne se sépare en parties inégalement denses ou fusibles, et que l’homogénéité de la substance ne soit détruite. On cherche à obvier à ce très-grave inconvénient en fondant le canon debout, la culasse en bas et en lui donnant une longueur beaucoup plus grande
qtfe celle qu’il doit conserver, afin que le métal utile soit soumis à une forte pression au moment où il se fige (voyez Canons).
Bronze ou métal des cloches. — La proportion d’étain est encore accrue; elle est de 22 pour 78 de cuivre. Cet alliage a un grain compacte, est très-fusible et très sonore. L’introduction d’autres métaux est plutôt nuisible qu’avantageuse.
Bronze des tamtams et des cymbales. — Cuivre, 78 à 80 ; étain^ 20 à 22. C’est à M. Darcet que l’on doit la découverte du procédé à l’aide duquel on peut travailler cet alliage. Après la fusion, il est fragile comme du verre. Mais si on le porte au rouge-cerise et qu’on le plonge dans l’eau froide pour le tremper, après l’avoir placé entre des plaques de fer, s’il est besoin, pour l’empêcher de se voiler, il devient malléable et se travaille au marteau ; en le chauffant de nouveau et le laissant refroidir lentement, il reprend toute sa rigidité et sa sonorité. Cette particularité de la trempe du bronze, si opposée à celle de l’acier, se retrouve dans tous les alliages de cette nature à des degrés divers.
Bronze pour la dorure. — Cette espèce de bronze doit être très-fusible, devenir très-fluide pour bien prendre la forme du moule, et présenter assez de compacité pour ne pas absorber trop d’or à la dorure. Une des compositions qui paraît la plus favorable est : cuivre, 82,57 ; zinc, 17,481 ; étain, 0,238; plomb, 0,024.
Bronze des timbres de 'pendule. — Cuivre, 71 ; étain, 27 ; fer, 2.
Le bronze s’oxyde comme le cuivre, mais moins rapidement, et le composé qui se forme, appelé par les numismates patine, de l’italien patina, contribue à sa conservation en lui formant une espèce de vernis. On imite cette couleur sur les bronzes modernes, au moyen de vernis dont on les recouvre, ou bien on leur donne une teinte vert bleuâtre en les chauffant avec une solution composée d’oxyde de cuivre, 500 grammes ; ammoniaque, 4^'',75 ; acide acétique, 2 litres; eau, 10 litres.'
Pour analyser le bronze, on le traite par l’acide nitrique. Le cuivre, le zinc, le plomb, etc., se dissolvent à l’état de nitrates; l’étain forme, au contraire, un précipité d’oxyde d’étain que l’on recueille et que l’on pèse. En multipliant son poids par 0,735, on a le poids de l’étain qu’il renferme. La présence du plomb est accusée par l’acide sulfurique qui, versé dans la dissolution des nitrates, donne un précipité de sulfate de plomb dont le poids multiplié par 0,68 i donne le poids du plomb. Le cuivre est précipité de sa dissolution par une lame de zinc ou de fer et pesé. Le poids du zinc est obtenu par différence.
Le bronze fut employé par les Égyptiens et les Grecs pour la confection de leurs armes et de leurs outils, avant que la manière de travailler le fer fût généralement répandue. L’art de fondre des statues de bronze remonte également à la plus haute antiquité et avait acquis déjà un certain degré de perfection entre les mains de Tiiéodoros et de Rhœcus de Samos,environ 700 ans av. Jésus-Christ ; mais ce fut sous Alexandre que Lysippe parvint, par de nouveaux procédés de moulage, aux résultats remarquables qui se sont en partie transmis jusqu’à nous. Bientôt après on coula de véritables colosses, dont l’île de Rhodes ne possédait pas moins d’une centaine ; et les statues de bronze devinrent tellement communes, que le consul romain Mutionus en trouva 3000 à Athènes, 3000 à Rhodes, autant à Olympie et à Delphes, quoique dans cette dernière ville on en eût déjà enlevé un grand nombre. M, D.
BROSIME (Botanique). — Genre de plantes de la -famille des Urticées, établi par Swartz et auquel, suivant Runth, doit être réuni le Galactodendron, de de Humboldt (voyez ce mot).
BROSSES (Zoologie). — On appelle ainsi des houppes ou paquets de poils plus longs que les autres, bruns ou noirs, que l’on remarque au haut du canon des jambes de devant de quelques mammifères ruminants du genre Antilope.
On donne aussi le nom de brosses, en entomologie, à de petits poils courts, serrés et roides qui se trouvent sous les tarses de quelques insectes ; vus à la loupe, ces poils paraissent crochus à leur extrémité, et c’est par leur moyen que l’insecte peut marcher et se soutenir dans toutes les positions et souvent sur les corps les plus lisses. Les petits poils serrés qui se trouvent sur les jambes postérieures et le premier article des tarses des abeilles et qui leur servent à transporter la poussière des étamines, ont encore reçu le nom de brosses.
BRO
BRU
BROU (Botanique). — On donne souvent ce nom' à l’enveloppe plus ou moins fibreuse qui revêt certains fruits. C’est la partie nommée mésocarpe en organographie végétale. Ainsi, la partie sèche et fibreuse qui entoure la coque de l’amande est le brou. Certains botanistes donnent aussi indistinctement ce nom à la partie charnue et succulente qui constitue la pulpe des drupes, ainsi l’abricot, la pêche, la cerise ; quoique d’une autre consistance que celle de l’amande^ cette partie est également le mésocarpe du fruit.
Depuis longtemps, et avant les différentes acceptions qui précèdent, on a donné à l’écorce de la noix, fruit du noyer, le nom de brou, et aujourd’hui encore on n’emploie plus guère ce nom que pour désigner cette enveloppe et ses produits. On obtient du brou de noix une couleur brune, très-solide, dont les menuisiers et les charpentiers se servent pour donner au bois blanc une couleur de noyer. Par son infusion dans l’eau-de-vie, on obtient une liqueur connue sous le nom de brou de noix, employée souvent en médecine comme stomachique, et que l’on sert quelquefois aussi sur nos tables. G — s.
Brou, Brou (Mal de). Bois (Mal de) (Médecine vétérinaire). — Maladie qui attaque les bestiaux (bœufs), et qui est considérée par les vétérinaires comme une gastroentérite et dont elle présente tous les caractères ; elle attaque les animaux qui ont mangé de jeunes feuilles d’arbre, et surtout des bourgeons de chêne, d’où lui vient les noms de mal de bois, mal de brou (de brouter). La soif, la chaleur de la bouche, la rareté des urines, la constipation, une fièvre ardente, la rougeur des yeux, etc., sont les premiers symptômes ; puis viennent l’abattement, quelques selles dures, teintes d’un sang noirâtre, fétide, l’intermittence du pouls ; le frisson ; enfin la peau froide, la bouche écumeuse, les selles liquides, sanguinolentes ; et la mort qui survient du douzième au quinzième ou vingtième jour. Les saignées abondantes, les boissons émollientes, les lavements, la diète, de fréquents bouchonnements, constituent la base du traitement. Les soins préservatifs consistent à n’envoyer les animaux dans les bois qu’avec modération et avec les plus grandes précautions. Cette maladie est très-grave : elle attaque aussi, mais rarement, les moutons et les solipèdes.
BROUILLARD (Météorologie). — Ordinairement formé dans nos climats par un amas de vapeur incomplètement condensée, ou de globules d’eau d’une dimension excessivement petite, mais cependant visibles à la loupe. Dans les pays froids, au contraire, vers les régions polaires, ils sont composés de lamelles ou aiguilles de glace excessivement ténues.
Le brouillard apparaît toutes les fois que la température de l’air descend assez bas, ou que cet air devient assez humide pour que toute la vapeur d’eau qu’il tient en suspension ne puisse y garder l’état gazeux. Si la température de l’air est supérieure à zéro, le brouillard est aqueux ; il est formé par des aiguilles de glace lorsque cette température est inférieure à zéro.
La vapeur qui s’échappe d’une locomotive ou d’une machine à vapeur forme un brouillard limité et fugitif, parce qu’il se redissout dans de l’air noU saturé d’eau. Les nuages sont des brouillards situés à une grande hauteur, ou bien les brouillards sont des nuages en contact avec le sol.
On rencontre quelquefois cependant des brouillards secs. Us sont généralement formés par des cendres lancées par quelque volcan et entraînées au loin par les vents; d’autres ont une origine et une nature inconnues.
La vapeur, en se condensant pour former les brouillards, balaye l’atmosphère de toutes les émanations qu’elle contient; aussi répandent-ils souvent une odeur fétide, surtout dans les grandes villes ou les contrées marécageuses ; ce qui, joint à la grande humidité qui les accompagne, les rend toujours plus ou moins malsains.
BROUSSIN (Botanique). — On donne ce nom à une espèce de tumeur bosselée, inégale, qui se développe sur les tiges, les branches et les rameaux des arbres, particulièrement des frênes, des buis, des ormes, des érables ; ces derniers étaient surtout recherchés et payés fort cher dans l’ancienne Rome, qui n’avait pas nos bois de marqueterie. Les broussins sont quelquefois veinés et colorés d’une manière très-agréable, et servent à faire de petits meubles d’ébénisterie ou de marqueterie : les souches de buis dont on a coupé plusieurs fois les branches, constituent des broussins diversement veinés dont les tabletiers font une grande consommation pour la confection des tabatières. Ces tumeurs résultent de l’agglomération
de noyaux de substance ligneuse, développée dans l’épaisseur de l’écorce, et qu’on appelle nodules ; elles sont déterminées ou par un état maladif, ou par un accident, tel qu’une constriction, un coup, etc. Les loupes et lesexostoses sont des maladies du même genre : les plus remarquables sont celles qu’on rencontre sur les racinesdu Taxodier distique [Taxodium distichum, Rich.), vulgairement le Cyprès chauve.
BROUSSONÉTIA (Botanique), Vent., dédié à V. Broussonet, naturaliste et voyageur français. — Genre de plantes de la famille des Morées. Il comprend des arbres à. fleurs dioïques : les mâles, disposées en épi serré, on: 4 étamines ; les femelles, ramassées en capitule globuleux serré, présentent un pistil posé sur un support qui s’allonge à mesure que le fruit se forme ; celui-ci se compose d’achaines charnus enchâssés dans le gynophore devenu rouge, succulent, et enveloppant les achaines par ses bords. Le B. à papier [B. papy ri fera, Willd. ; Morus papyrifera. Lin.), nommé aussi Mûrier à papier, est un arbre élevé, à feuillage sombre, et découpé de diversesmanières. Il croît dans la Chine, le Japon et la Polynésie. Les peuples de ces pays font bouillir la couche corticale de cet arbre et préparent une pâte qui sert à fabriquer du papier, fort en usage dans le pays. Sous ce rapport, il pourrait peut-être devenir d'une grande utilité en France, s’il y était cultivé en grand. On en fait aussi des étoficspropres aux vêtements. G — s.
BROWNISME (Médecine), doctrine de Brown, célèbre médecin. — xVéen Écosse en 173G,mort à Londres en 1788„ Brown fut un médecin systématique, dont les doctrines ont eu un grand retentissement en Europe pendant la dernière moitié du xviiie siècle. Il attribuait tous les phénomènes de la vie à une propriété qu’il nommait incitubilité; tout ce qui était capable d’agir sur le corps vivant était des puissances incitantes, et le résultat de l’action de ces puissances était V incitation. La mort devait arriver si les puissances incitantes cessaient d’agir sur Vincitabilité; la maladie résultait de l’action en plus ou en moins de ces puissances : de là deux classes de maladies, celles par excès d’incitation [maladies sthénieques), et celles par défaut d’incitation [maladies asthé^ niques) : le traitement consiste à diminuer ou à augmenter l’action des puissances incitantes; en un mot, k rétablir l’équilibre. Gomme tous les systèmes basés sur des idées théoriques, et celle de Vincitabilité est du nombre, le brownisme n’a eu qu’une influence éphémère sur les doctrines médicales, et la vivacité, la violence même que son auteur mettait à le propager et à le défendre, n’ont pu le garantir du discrédit dans lequel il est tombé. Voici comment s’exprime M. le professeur Trousseau à cet égard ; « Brown a la présomption, l’audace, la brutalité môme au service d’un talent géométrique aussi, bref et aussi exclusil qu’une ligne droite; il discute peu, affirme beaucoup, etc. » L’ouvrage où il a exposé ses idées a pour titre : Elementa medicinœ^ Édimbourg, 1 780, in-12 ; traduit en français par Fouquier,. Paris, 1805, in-8. F — n.
BRUANTS (Zoologie), Emberiza, Lin. — Genre de Pas-sereaux, de la famille des Conirostres, de Cuvier, formant, dans la méthode de Ch. Bonaparte, le genre Emberizinœ , famille des Fringillidœ , tribu des O seine s , ordre des Passeres: ils ont un bec conique, court, droit;, un peu comprimé latéralement, pointu ; mais le caractère distinctif des bruants, c’est que la mandibule supérieure, plus étroite et rentrant dans l’inférieure, a au palais un tubercule osseux, saillant, longitudinal ou arrondi ; du reste, ils ont les narines ouvertes, les tarses médiocres, la queue fourchue. Ce genre se compose d’oiseaux assez petits, mais nombreux dans chaque espèce^ Ils vivent de gi’ains, de semences, d’insectes qu’ils tuent avant de les avaler. Plusieurs de leurs espèces sont recherchées comme un gibier délicat. Ces oiseaux se tie.nnent en général sur la lisière des bois, dans les haies,, dans les champs ; la plupart émigrent pendant la saison froide pour gagner dés climats plus doux ; quelques espèces, cependant, restent chez nous, et pendant l’hiver se mêlent aux moineaux et aux pinsons qui vivent près de nos habitations. Leur chant n’est remarquable ni par sa variété, ni par son étendue et sa grâce, et les couleurs deleur plumage sont peu brillantes. Ils nichent ordinairement à terre au milieu d’une touffe d’herbe, ou sur uu buisson peu élevé. Les bruants sont les plus imprévoyantsde tous les oiseaux , et se laissent prendre à tous lespièges qu’on leur tend ; du reste, ils s’accoutument facilement à la domesticité et vivent très-bien en cage. On a cru devoir établir deux divisions dans ce genre ; la pre-
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mière, composée des B. proprement diis^ est caractérisée par l’ongle du pouce qui est court et crochu ; les principales espèces de cette division sont : 1° \e B. commun, Verdier des oiseleurs, Verdier paillet {Emberiza citrinella. Lin.), long de 0“,14 à 0“,15 ; le dos fauve tacheté de noir ; la tête et tout le dessous du corps jaunes ; du blanc au bord interne des pennes externes de la queue. Trèscommun en France et dans toute l’Europe, il fait son nid dans une touffe d’herbes, il fréquente les haies, la lisière •des bois. 2° Le B. des haies, ou Zizi, Verdier des haies (E. cirlus. Lin.), la gorge noire, côtés de la tête jaunes ; habite le midi de la France. Il ne faut pas confondre ces oiseaux avec le Verdier proprement dit {Loxia chloris, Latth.). 30 Le B. fou [E. cia. Lin.), le dessous gris rous- -sâtre, côtés de la tête blanchâtres ; habite^ le centre de l’Europe, il est de passage. Son nom lui vient de ce qu’il donne dans tous les pièges qu’on lui tend; on l’a aussi nommé oiseau bête. 4“ Le Broyer [E. miliaria. Lin.'), la plus grande espèce de notre pays (voyez Proyer). 50 V Ortolan [E. hortulana, Lin.) (voyez Ortolan). 6" Le B. des roseaux {E. schœniclus, Lin.) a sur la tête une calotte noire, le dos roux ; il niche au bord de l’eau, entre les racines des arbustes. 7° Le B. crocotes ou à tête noire ( E. melanocephala, Scopoli), la tête noire, fauve en dessus^ jaune en dessous. DTtalie. 8° Le B. des pins, à couronne lactée [E. pityornis, Pallas), d’un roux marron. En Orient, en Turquie, en Hongrie, etc. La deuxième division comprend les B. éperonnier s, \\^ ont du pouce
long et peu arqué ; Meyer les désigne sous le nom de Plectrophanes. On y trouve : 9“ le B. de neige {E. nivalis. Lin.) ; il habite le nord et devient presque tout blanc en hiver. 10“ Le B. montain {E. calcarata, PalL), tacheté de noir sur fond fauve. Du même pays.
BRÜCÉE (Botanique), brucea, Mill. Dédiée par Joseph Banks au voyageur James Bruce, qui le premier introduisit cette plante d’Abyssinie en Angleterre en 1772. — Genre de plantes de la famille des Zanthoxylées. Il comprend des arbrisseaux dioïques, à calice quadripartite et à 4 pétales ; les fleurs mâles sont à 4 étamines, les fleurs femelles à 4 ovaires ; le fruit se compose de 4 capsules à une seule graine. La B. ferrugineuse (B. ferruginea, L’Hérit. ; B. antidyssenterica, Mill.), s’élève à 4 mètres environ. Sa tige est grisâtre, et ses rameaux sont chargés d’un duvet couleur de fer. Ses feuilles sont persistantes, éparses, composées de 9 à 13 folioles poilues. Les fleurs, qui s’épanouissent au printemps, sont verdâtres et disposées sur un long pédoncule par petits paquets presque sessiles. Bruce raconte, dans son Voyage en Nubie et en Abyssinie, comment il fut guéri d’une violente dyssenterie à l’aide de la poudre d’écorce de cet arbrisseau qu’un indigène lui fit prendre. Pendant un certain temps, on crut que son écorce était la fausse angusture (voyez ce mot), et c’est pour cela qu’on donna à tort le nom de brucine à l’alcali végétal qu’on retire de celle-ci. La brucée ferrugineuse porte dans son pays natal le nom de Wooginoos, et croît surtout sur le bord des vallées du Kolla; elle est cultivée depuis longtemps dans nos serres, où on la multiplie de boutures et de marcottes. G s.
BRUCHE (Zoologie), Bruchus, Lin., du grec bruko, je ronge. — Genre à' Insectes coléoptères tétramères, famille des Porte-bec ou Rynchophores, établi par Linné et adopté par Cuvier dans son Règne animal avec les caractères suivants : un labre apparent, le prolongement antérieur de la tête court , large, déprimé, en forme de museau ; des palpes très-visibles, filiformes, ou plus grosses à leur extrémité. Leurs larves, oblongues, semblables à un petit ver mou, blanc, dépourvues généralement de pieds, rongent les végétaux et causent souvent de grands ravages ; plusieurs de ces insectes nous nuisent, même à l’état parfait; souvent ils piquent les bourgeons au les feuilles, et se nourrissent de leur parenchyme : le genre Bruche se divise en deux sous-genres , les Anthribes et les Bruches proprement dites (voyez Anthribes).
Bruches proprement dits, Bruchus, Fab., Milabres , Geof. ; elles forment un sous-genre caractérisé par les antennes en scie ou pectinées, les yeux échancrés, deux ailes membraneuses, repliées ; élytres un peu plus courtes que l’abdomen ; bouche munie de lèvres, de mandibules , de mâchoires bifides ; cuisses postérieures très-grosses, quatre articles aux tarses. Très-voisines des Charançons, elles s’en distinguent par l’absence de trompe, la tête distincte du corselet; leurs larves ont le corps gros, renflé, très-court, la tête petite, garnie de mandibules très-dures; elles exercent de grands ravages sur nos plantes légumineuses. La B. du pois {B. jjisi, Lin.), longue de 0“,004 ou 0“,005, est noire, avec des poils cendrés;
l’extrémité de l’abdomen blanchâtre; sa larve vît dans les pois, les lentilles, etc. En France, en Allemagne.
BRUCIISE (Chimie) — Alcaloïde naturel
contenu dans la noix vomique, d’où on l’extrait mélangé avec la strychnine. On le sépare de cette dernière base en se fondant sur la solubilité plus grande de la brucine dans l’alcool ; la strychnine se dépose de la solution en cristallisant, tandis que la brucine reste dissoute. Ses caractères distinctifs sont : coloration rouge de sang par l’acide azotique, devenant violette par l’addition du chlorure d’étain ; coloration en blanc sous l’influence du brome ; production de vapeurs d’esprit de bois quand on la chauffe avec la potasse. Elle est vénéneuse, mais moins que la strychnine. Elle a été découverte par Pelletier et Caventou (voyez Alcaloïde).
BRUCKENAU (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville de Bavière, à 70 kilom. N. de Würtzbourg, et 1 5 kilomètres N. de Kissingen. Il y a trois sources d’eaux minérales, dont l’une ferrugineuse bicarbonatée froide et très-chargée d’acide carbonique libre ; les deux autres sont carbonatées mixtes ; elles sont fortifiantes.
BRUINE, du latin pruina, pluie froide. — Petite pluie résultant de la condensation des vapeurs qui forment les brouillards.
BRUGNON (Arboriculture). — Variété de pêches trèscommune dans le midi de la France; elle a la peau lisse, la chair adhérente au noyau, plus ferme et moins succulente que celle de la pêche proprement dite. Le B. musqué, B. violet, est un fruit moyen, violet, à chair vineuse, musquée, sucrée si le fruit est parfaitement mûr. Il mûrit en septembre et doit être gardé pendant quelques jours à la fruiterie. Le B. de Stanwick, à amandes douces, a été importé depuis peu de Syrie en Angleterre, puis en France en 1851.
BRULAGE, Brûlés (Agriculture). — Nom vulgaire par lequel on désigne cette opération, qui consiste à brûler la croûte superficielle du sol couverte d’herbes ou de plantes ligneuses, pour en répandre les cendres sur le sol; c’est ce qui constitue la pratique connue sous le nom ■à'écobuage (voyez ce mot).
BRUIT (Physique). — Impression exercée sur l’oreille, sans que celle-ci puisse en apprécier directement le ton.
Un bruit est tantôt formé par le mélange de sons qui n’ont entre eux aucun rapport simple, comme le bruit de la mer, le bruit d’une chute d’eau, le sifflement du vent ou de la vapeur. Dans ce cas, on peut parvenir à isoler ces sons les uns des autres, ainsi que M. N. Savart l’a fait pour le bruit de la mer. Un mur étant élevé parallèlement au bord de la mer, si l’on applique l’oreille à sa surface, puis qu’on s’en éloigne peu à peu jusqu’à une distance de 3 mètres, par l’effet des réactions qui s’exercent entre les sons directs et les mêmes sons réfléchis par le mur, à chaque distance un des sons prédomine sur tous les autres et peut ainsi être séparé et noté. Ces sons ont une énergie remarquable.
Il arrive aussi très-souvent qu’un bruit n’est qu’un son trop bref pour que l’oreille puisse en apprécier le ton. Ainsi, les explosions, le claquement du fouet, le bruit résultant d’un choc ou de la rentrée de l’air dans une bouteille qu’on lébouche, ne sont pas ordinairement des sons appréciables à l’oreille; mais si l’on reproduit à de petits intervalles une série de bruits semblables entre lesquels existent des rapports convenables, Toreille peut très-bien avoir la perception d’un accord ou d’une gamme. Cette expérience peut se faire aisément en prenant une série de tubes de longueurs assorties, et que l’on débouche successivement. Il n’existe donc pas de limite absolue entre le bruit et le son. Du reste , la sensibilité d’une oreille exercée est d’une grande influence sur la facilité avec laquelle un bruit peut être apprécié musicalement, et M. Savart a trouvé par l’expérience qu’il suffisait qu’un son durât de seconde pour qu’il en reconnût le ton,
BRULURE (Médecine), en latin, ustio. — On appelle ainsi une lésion produite sur les tissus vivants par l’action plus ou moins prolongée du calorique. La brûlure varie beaucoup suivant la nature du corps brûlant, le temps du contact, l’étendue de la partie brûlée, l’intensité, la profondeur, etc. La grandeur et l’étendue des effets du calorique avaient fait diviser la brûlure en trois degrés; Diipuytren en a admis six ; les deux premiers degrés sont les mêmes dans les deux classifications. — 1®” degré : Irritation superficielle de la peau avec rougeur, chaleur, tuméfaction sans phlyctènes (cloches). — 2* degré: Afflux des liquides, exhalation sére\ise, soulèvement de l’épiderme, phlyctènes. — 3“ degré des
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anciens auteurs : Désorganisation de la peau, du tissu cellulaire, des muscles, etc. C’est ce troisième degré que Dupuytren a subdivisé avec raison en quatre autres; ainsi, il distingue d’abord comme 3® degrés désorsorganisation du corps papillaire de la peau ( voyez Peau) ; puis, 4^ degré: Destruction complète du derme. — 5* degré : Brûlure des autres tissus jusqu’aux os. — b* degré : Enfin, désorganisation et carbonisation complète d’un membre. Cette manière d’envisager la brùiure nous paraît bien plus rationnelle, et elle a le mérite d'être plus pratique au point de vue thérapeutique. La gravité de la brûlure est en raison de la profondeur à laquelle elle a pénétré, et surtout de l’étendue de la surface sur laquelle a agi le calorique. Ainsi, une brûlure seulement du deuxième degré, sur une large surface, peut être très-grave, en raison de l’étendue de l’épiderme enlevé et de l’abondance de la suppuration qui s’ensuivra. Le traitement, dans les deux premiers degrés, consistera à atténuer l’inflammation et à empêcher l’afflux des liquides par l’emploi des réfrigérants et des astringents. Ainsi, si la disposition des parties le permet, on les plongera dans de l’eau froide ou dans de l’eau blanche {eau végéta -minérale)^ et on les y maintiendra plusieurs heures ; les cloches seront percées pour évacuer la sérosité, mais sans enlever l’épiderme ; on peut encore recouvrir les brûlures avec des compresses trempées dans le même liquide. En général, on devra s’abstenir d’avoir recours aux moyens irritants, tels que l’éther, l’alcool, l’eau de Cologne, etc. S’ils ont pu réussir quelquefois, ils ont souvent déterminé des accidents graves. Un très-bon moyen encore, c’est, après avoir évacué la sérosité et avoir bien nettoyé la partie brûlée, de la couvrir de coton cardé, qu’on laisse en place en ayant seulement la précaution d’enlever et de remplacer les couches superficielles du coton, jusqu’à la guérison. Si les moyens indiqués plus haut ont échoué, ou s’ils n’ont pas été appliqués dans le commencement, il laut avoir recours aux émollients. Le traitement au troisième degré diffère peu ; on ajoutera seulement le pansement avec un linge fenêtré enduit de cérat, des sangsues autour de la partie brûlée s’il y a beaucoup d’inflammation. Au quatrième et au cinquième degré, on couvrira les brûlures de cataplasmes émollients, afin de calmer les douleurs et de détendre les parties ; lorsque les escarres (voyez ce mot) seront tombées, on pansera avec un linge fenêtré enduit de cérat simple ou mêlé avec l’extrait de saturne, le tout recouvert de charpie pour absorber la suppuration qui est trèsabondante. On n’oubliera pas que dans les brûlures, pour peu qu’elles soient profondes, il y a destruction de tissus, par conséquent la cicatrisation se fait par le rapprochement des parties saines, et les cicatrices seront toujours vicieuses et avec rétraction , si dès le début on n’a pa«i soin de tenir les parties dans la plus grande extension possible, et de maintenir séparés les organes qui doivent l’être naturellement, comme les doigts, etc. Les brûlures du sixième degré exigent presque toujours l’amputation du membre. F — n.
BnuLüRE DES BLÉS (Agriculture). — Voyez Charbon.
Brûlure (Arboriculture). — Souvent il arrive que, vers le mois de juillet, les feuilles et les jeunes bourgeons des arbres fruitiers, et particulièrement des poiriers, prennent une couleur jaune plus ou moins prononcée ; c’est à cette maladie qu’on a donné le nom de brûlure; elle est due à une atonie du tissu cellulaire des parties vertes chargé de préparer les fluides nourriciers. Cette altération a toujours pour cause l’état maladif des racines et résulte, dans ce cas particulier, de la mauvaise qualité du sol, qui est ou trop sec ou trop humide ; le seul remède est de changer la nature du sol, soit en l’assainissant, soit en le défonçant profondément.
BRUME, du latin bruma, brouillard. — Se dit, surtout en rnarine, de toute espèce de brouillard ; mais on appelle particulièrement ainsi le voile de vapeur qui s’élève par un temps calme de l’horizon de la mer. La brume peut naîtr; par un temps sec et chaud quand l’air est trèscalme; elle apparaît le plus ordinairement le soir pour continuer la nuit, le matin, et se dissiper au lever du soleil, mais aussi elle se forme quelquefois pendant la plus forte chaleur du jour. Dans ce dernier cas, sa cause est assez complexe et assez mal connue.
BRÜNELLE (Botanique), Brunella, Lin., du mot allemand braune, qui signifie esquinancie, à cause des propriétés qu’on lui attribuait en Allemagne pour guérir cette maladie ; certains auteurs écrivent prunella^ mais l’étymologie indique assez qu’il faut dire brunella. — Genre de piailles delà famille des Labiées^ tribu des Scutellariées.
Il comprend des herbes vivaces indigènes à fleurs réunies par six en faux verticilles et composées d’un calice ordinairement à 10 nervures et à 2 lèvres, d’une corolle à lèvre inférieure réfléchie divisée en 3 lobes et d’étamines à filets bifides au sommet. La B. à grandes fleurs {B, grandiflora^ Moench) est souvent admise dans les jardins à cause de ses belles fleurs en épis, grandes, bleu pourpre, rosées ou blanches. La B. commune {B. vulgaris, Lin.), à corolle violette, est astringente et vulnéraire; c’est celle qu’on a vantée contre l’esquinancie et les aphthes; on la trouve dans les prés et les bois. G — s.
BRÜNSFELSIE (Botanique), Bruns felsia, Swartz ; dédicace à Othon Brunsfels, botaniste allemand duxvi® siècle» — Genre de plantes de la famille des ScrophularinéeSy tribu des Salpiglossées. Il comprend de jolis arbrisseaux très-recherchés pour la beauté de leurs feuilles et surtout pour leurs fleurs grandes et odorantes ; ils sont désignés souvent dans le commerce sous le synonyme de Franciscea. Leurs feuilles sont alternes, entières, souvent luisantes. Leurs fleurs, à corolle hypocratérimorphe, sont disposées en cimes terminales. Les brunsfelsies habitent principalement le Brésil et sont cultivées dans les serres chaudes. On distingue surtout la B. des Antilles {B. ame~ ricana^ Lin.), dont les fleurs longues, blanches, répandent pendant tout l’été l’odeur la plus suave; la B, à larges feuilles {B. latifolia^ Lin.), à grandes fleurs d’un bleu tendre, odorantes ; la B. remarquable [B. eximia. Lin.), à fleurs d’un bleu pourpre qui passe au bleu pâle ; elles ont 0“,06 à 0“,07 de diamètre. G — s.
BRUNIA (Botanique), Brunia^ Lin. ; dédié au voyageur hollandais Corneille Bniyn, plus connu sous le nom de Lebrun. — Genre de plantes type de la petite famille des Bruniacées. Il comprend des arbrisseaux du Cap. Leur feuillage épars ressemble à celui des bruyères. Ces plantes ont des fleurs blanches ramassées en capitules globuleux dans un involucre commun. On en cultive une dizaine d’espèces dans les serres froides.
BRUNIACÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Dialypétüles périgynes que M. Brongniart range la dernière dans sa classe des Hamamélinées. Elle renferme des arbrisseaux ou des arbustes à fleurs hermaphrodites et feuilles linéaires alternes qui ont quelque ressemblance avec celles des bruyères ; le fruit est sec indéhiscent, ou. capsulaire se divisant en deux coques. Les plantes de cette famille habitent toutes le cap de Bonne-Éspérance»
BRUNONIA (Botanique), Smith ; dédié à Robert Brown, célèbre botaniste anglais. — Genre de plantes type et unique de la famille des Brunoniacées. La B. de l' Australie {B, australis, R. Brown) est une herbe vivace dont les hampes pubescentes et terminées par un seul capitule s’élèvent à 0“,30 environ. Scs feuilles sont entières et spatulées et ses fleurs sont bleues. Cette espèce, ainsi que son nom l’indique , habite la Nouvelle-Hollande ,. ainsi que la B, sericea.
BRUNONIACÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Gamopétales périgynes que M. Brongniart rapproche de la famille des Composées. Elle comprend des herbes qui ont le port des scabieuses, avec des feuiliesradicalcs très-rapprochées et des fleurs hermaphrodites disposées en capitule; calice à tube court quinquéfide; corolle hypogyne infundibuliforme ; 5 étamines ; ovaire libre; fruit sec à une seule loge, contenant une graine unique; graine dépourvue de périsperme. Les Brunoniacées, qui ne renferment que le genre Brunonia^ Smith, habitent l’Australie.
BRUYÈRE (Coq de) (Zoologie). — Voyez Tétras.
Bruyère (Botanique), dérivé du celtique brug, synonyme de grug^ qui veut dire arbuste; bruyère, en celtique, se dit aussi frych; de là l’expression de terre enfriche pour terre inculte. — Genre de plantes type de la famille des Éncacee^, et désigné en botanique sous le nom. d’Jîrfcu, Lin., du grec ereicô^ je brise, à cause de la propriété qu’on lui attribuait de rompre la pierre dans la. vessie. Ce genre renferme des sous-arbrisseaux rameux, à rameaux roides et cassants, à feuilles très-souvent linéaires, acéreuses, à bords enroulés en dessous, à fleurspédicellées, accompagnées de bractées. Caractères : calice à 4 divisions; corolle à 4 lobes ; étamines ordinairement à. 8 anthères souvent munies d’arêtes ou de crêtes s’ouvrant par des pores ou une fente longitudinale; ovaire à 4 oa rarement 8 loges ; capsules s’ouvrant en 4 valves emportant avec elles une partie des cloisons. Ce genre est, dans le règne végétal, un des plus nombreux en espèces. Pendant longtemps, on ne connut qu’un très-petit nombre de bruyères, c’est-à-dire les dix à douze espèces qui croissent spontanément en Europe. On avait déjà rapporté du