‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 127 sur 385 · BRY · texte numérisé non relu

BRY

cap de Bonne-Espérance une grande quantité de végétaux et la riche collection de bruyères qui s’y trouvent avait été à peine entrevue. Mais les voyages si célèbres de Hermann, Bergius, ïhunberg, Wendland, Andrews, Salisbury, dans cette importante partie de l’Afrique, firent découvrir, surtout aux trois derniers, la profusion de diversité de formes et de couleurs que la nature a mise dans ces belles plantes. En 1787, cependant, lesjardins anglais et hollandais ne réunissaient guère plus d’une vingtaine de bruyères, y compris les espèces indigènes. En 1789, Alton en indiquait 41 en Angleterre ; douze ans après, ce nombre s’élevait à 130. Hibbert, grand amateur de ce genre, en accusait 238 dans son Jardin de Clapham; mais il est probable que, parmi elles, il comptait les très-nombreuses variétés et hybrides. Quelques auteurs ont confondu plusieurs espèces entre elles ; de là est résulté un chaos dans la classification. Le genre Erica est devenu ainsi un des plus litigieux, et la détermination des espèces offre beaucoup de difficultés, à cause des variations, souvent à peine sensibles, et des caractères extrêmement polymorphes de celles-ci. Dans le Prodrome de de Candolle, Bentham a cependant réussi à en donner une bonne classification. Il y décrit 421 espèces, sans compter les variétés et hybrides. Cet auteur divise d’abord le genre en quatre sous-genres : 1° Ec'asis, anthères terminales; 2“ Syringodea^ anthères latérales, corolle tubuleuse; 3" Stellanthe ^ anthères latérales, corolle hypocratérimorphe ; 4“ Enerica^ anthères latérales ; corolle urcéolée ou- campanulée. Ces sous-genres constituent quaranteneuf sections. En France, nous ne possédons guère qu’une dizaine d’espèces de ce genre remarquable. La B. en arbre {E. arborea , Lin.) peut s’élever jusqu’à 15 mètres; ses rameaux sont tomenteux; ses fleurs, trèsnombreuses, sont en grappes paniculées ; la corolle est blanche, campanulée. Cette plante habite les lieux stériles de l’Europe méridionale. Elle est aussi très-commune en Barbarie. La B, à balai^ que les Provençaux appellent Bruse^ et qui sert, ainsi que son nom l’indique, à confectionner des balais vendus en Provence sous le nom de scoudo de bruse, a les rameaux blanchâtres et les fleurs vertes. Cette espèce, qui couvre des localités très-étendues de certaines parties de la France, est fort rare aux environs de Paris. La B. cendrée {E. cinerea^ Lin.) se distingue par ses feuilles et son calice glabres et par sa corolle urcéolée d’un pourpre foncé , avec des reflets bleuâtres. La B. tétralix {E. tetralix, Lin.) habite les marais tourbeux et donne de jolies fleurs purpurines; ses feuilles et ses calices sont longuement ciliés, ainsi, du reste, que ceux de la B. ciliée {E. ciliat'is. Lin,), espèce des terrains sablonneux et présentant de belles et grandes corolles purpurines ou violettes. La B. vagabonde [E. vagans, Lin.) présente une corolle campanulée et des étamines saillantes, tandis que celles des espèces précédentes sont incluses ; elle croît sur les rochers arides qu’elle décore agréablement de ses fleurs nombreuses et d’un beau rose. La bruyère la plus commune, et que Linné a nommée Erica vulaaris^ fait aujourd’hui un genre spécial sous le nom de Cailuna et établi par Salisbury principalement à cause de sa corolle plus courte que le calice. Cette bruyère, extrêmement répandue dans toute l’Europe, couvre les plateaux arides des environs de Paris. Dans certains endroits, on l’utilise pour tanner le cuir et pour remplacer le houblon dans la fabrication de la bière. Elle est astringente, et c’est elle qui passait autrefois pour dissoudre les calculs. Ce n’est guère qu’au commencement de ce siècle qu’on a commencé à cultiver et à multiplier les bruyères en France ; depuis cette époque, des insuccès nombreux ont fait renoncer à la culture des espèces difficiles pour s’en tenir à celles qui, par leur beauté, répondent aux soins qu’on leur donne. Très-recherchées par les jardiniers comme plantes d’agrément, elles ne le sont pas moins par les amateurs comme plantes d’appartement, à cause de l’élégance de leur feuillage, des couleurs et des formes variées de leurs fleurs ; une terre particulière, dite terre de bruyère, composée d’un sable très-sec et très-fin mêlé avec des détritus de végétaux, est indispensable pour la réussite de cette culture. Leur multiplication se fait pav semis, par marcottes et par boutures (voyez ces mots). G — s.

Bruyère du Cap (Botanique). -- C’est la Phylique à feuilles de bruyère (voyez Phyuque).

BRY (Botanique), Bryum,\Àn.,ùi\ grec èrüow, mousse; d où on nomme aujourd’hui la science qui traite

de ces plantes. — Genre de Mousses qui présente, tel qu’il a été constitué par Hooker et Taylor, les caractères suivants ; urne ovoïde ou oblongue, terminale, pédicellée,

pendante ; péristome double, l’extérieur à 16 dents aiguës, l’intérieur membraneux à la base, plissé, déchiré en lanières entières ou perforées, placées alternativement; coiffe cuculliforme. On compte à peu près une vingtaine de brys aux environs de Paris. C’est le genre type de la famille des Bryacées.

BRYACÉES, Bryées (Botanique). — Groupe de plantes Cryptogames, de la grande famille desil/oMv^ev, dont M. Payer a fait une tribu sous le nom de Bryées, renfermant des mousses terrestres, vivaces, à feuilles disposées sur deux ou plusieurs rangs ; coiffe en capuchon ; péristome simple à 32 dents à un rang de cellules et portées sur une membrane basilaire. Les principaux genres sont : Bryum, Dill. ; type de cette tribu : Mnium, Dill. ; Cinclidium, Swartz,etc.

BRYONE (Botanique), Bryonia, Lin., du grec bruô,']Q végète vite, à cause de l’accroissement très-rapide de cette plante. — Genre de plantes de la famille des Cucurbitacées, tribu des Cucurbitées. Caractères : fleurs mâles; calice campanulé à 5 dents; corolle à 5 dents; 5 étamines en trois faisceaux insérés au fond de la corolle ; anthères à lobes courbes : fleurs femelles; calice presque globuleux ; ovaire infère à 3 loges ; fruit globuleux à 6 graines ou moins par avortement. Les bryones sont des plantes vivaces, grimpantes, ordinairement à fleurs d’un blanc verdâtre. La B. dioïque {B.

dioica, Jac.) présente de trèslongues tiges, avec des feuilles à 5 lobes palmés. Ses fleurs sont en grappes ; son fruit est globuleux rouge. Cette espèce, connue vulgairement sous les noms de Vigne blanche, Couleuvrée, Navet du diable. Navet fou. Navet galant, eXc,, croît en abondance dans les haies qui entourent les jardins; elle possède une racine très-volumineuse, blanche, charnue, succulente, qui contient un principe amer, âcre, vénéneux, désigné sous le nom de bryonine; il est purgatif à dose modérée.

La quantité notable de fécule qu’elle renferme aussi a récemment appelé l’attention de certains cultivateurs. On a proposé de séparer par des moyens très-simples le principe vénéneux de la fécule, en faisant ainsi de la bryone, qui croît très-facilement partout, une importante ressource pour l’alimentation. Les graines, très-nombreuses, peuvent aussi être utilisées pour l’huile qu’elles contiennent et qui peut servir à l’éclairage. A l’état frais, la racine de bryone est nauséabonde. Sa saveur est très-désagréable. On l’a employée en médecine comme purgatif dans les hydropisies, l’asthme, la goutte, etc. Pilée et appliquée sur la peau, elle fait l’effet du vésicatoire. Ses propriétés médicales ont peut-être été un peu trop négligées. La B, à fleurs blanches {B. alba. Lin. ) est la plus répandue dans le Nord. Ses feuilles sont rudes, marquées de petites callosités, cordiformes, à 5 lobes dentés. Ses fleurs sont monoïques et son fruit est noir. La B. à feuilles laciniée; {B. laciniosa), est une plante de Geylan. Elle est remarquable par ses fleurs poilues, tomenteuses, et ses fruits de la grosseur d’une cerise, striés de blanc. Enfin la B. d'Afrique {B. africana, Thunb. ) possède une racine tubéreuse que l’on pourra peut-être utiliser. G — s.

BRYOPHYLLE (Botanique), Bryophyllum, Salisb., du grec bruô, je végète , et phullon, feuille, parce que les feuilles de cette plante émettent facilement des bourgeons. — Genre de plantes de la famille des Crassulacées. Caractères : calice quadrifide ; corolle à tube cylindrique très-long, presque tétragoiie à sa base ; limbe à 4 lobes triangulaires; 8 étamines incluses, insérées au fond du calice; 4 ovaires, munis à leur base de 4 glandes; les fruits sont des follicules en renfermant plusieurs. Le B. à grand calice {B. calycinum , Salisb.; Kalanchoe pinnata, Pers.) est un sous-arbrisseau à tige charnue de 0“,66, originaire de l’Inde et des Moluques, que l’on cultive en serre chaude pour ses fleurs d’un jaune rougeâtre qui s’épanouissent depuis avril jusqu’en juillet, et môme en août et septembre, et son feuillage à segments crénelés. Il existe à l’aisselle des créiielures de petits mamelons

BUB

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