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matière argentée qui la fait remarquer est très-propre à cette industrie ; on enlève facilement les écailles de ce poisson, et on les lave avec soin pour en détacher la matière argentée qui, conservée dans de l’alcali volatil étendu (ammoniaque), constitue V essence d’ Orient. Mêlée à de la cire ou à de la colle de poisson, cette matière est introduite dans des globules de verre et leur donne un éclat semblable à celui des perles naturelles. La fabrication des fausses perles à l’essence d’Orient a été inventée en France vers 1666 par un émailleur sur verre nommé Jaquin. — L’ablette, comme la plupart des poissons de son genre, se pêche à la ligne ou au filet, quelquefois même au panier (voyez Pèche).
Caractères du genre Able. — Ce genre {Leuciscus^ Cuv.) appartient à l’ordre des Poissons Malacopterygiens abdominaux^ famille des Cyprinoïdes; nageoires dorsale et anale courtes, ni épines, ni barbillons, lèvres simples et peu épaisses. Les espèces de ce -genre peuplent les rivières et les lacs de la plus grande partie de l’Europe. On y remarque : le Meunier ou Chevaine {Leuciscus Dobula^ Cuv.) ; le Gardon {L. Idus, Cuv.) ; la Rosse ou Reusse {L. rutilus., Cuv.), la Vandoise [L. vulgaris^ Flemm.) nommée aussi Dard Suifle ou Soeffre, Chiffe, Hôtu ; le Spirlin ou Eperlan de Seine {L. bipunctatus, Cuv.); le Véron {L. phoxinus, Cuv.), la plus petite espèce des eaux douces de France.
ABOYEUR (Zoologie). — Nom donné par Temminck à un oiseau du genre Chevalier; Totanus[Glottis, Becbst.jde l’ordre des Echassiers ; c’est la Barge aboyeuse de Buffon. Cet oiseau se rencontre communément en Europe sur les bords marécageux des rivières, où il fait retentir son cri quelque peu analogue à l’aboiement du chien. Cette môme espèce se retrouve dans l’Inde (voyez Chevalier).
ABRANCHES (Annélides) (Zoologie), du grec a privatif et branchia, branchie. — Troisième ordre de la classe des Annélides, comprenant des vers dépourvus de tout organe extérieur de respiration et qui, plongés dans l’eau ou vivant dans l’humidité, respirent par la surface de la peau, ou par des cavités intérieures toutes spéciales (chez les sangsues). On en distingue deux familles : — 1° Abranches sétigères, pourvues de soies servant à l’animal pour se mouvoir : Genres Lombric, Noïdes, etc.; — 2° Abranches sans soies : Genres Sangsue, Dragonneau, etc.
ABREUVOIR (Agriculture). — Les eaux dont s’abreuvent les animaux et dans lesquelles ils vont se baigner, exercent une grande influence sur leur développement et sur leur santé. Ces eaux doivent être pures et limpides et ne renfermer aucun insecte capable de nuire aux bestiaux. Trop souvent les agriculteurs négligent de satisfaire à ces conditions. Les meilleurs abreuvoirs seront toujours établis sur des eaux courantes, et pour les entretenir il suffira d’empierrer les bords du cours d’eau, d’enlever les plantes aquatiques trop abondantes, en un mot de veiller à la propreté de ces eaux. S’il s’agit d’un cours d’eau fort et profond, il est prudent de limiter l’abreuvoir de crainte d’accidents. A défaut d’eaux courantes, on établit des abreuvoirs artificiels, dont la disposition varie selon les lieux ; il vaut mieux les placer hors de la ferme et dans son proche voisinage, parce que les eaux sont moins salies que dans la cour intérieure. L’étendue doit être proportionnée au nombre des bestiaux qu’on y abreuve ; on estime qu’il faut 40 litres par tête de gros bétail, 2 à 3 litres par mouton ou porc, et l’on doit prévoir les temps de sécheresse en calculant ces dimensions. La profondeur doit être telle que le bétail ne coure pas risque de s’y noyer, et il faut cependant prendre garde de donner à l’eau une trop grande surface qui favoriserait l’évaporation. Le fond sera construit en béton pour résister au piétinement ; une pente douce doit y laisser un facile accès. Il importe de nettoyer souvent les abreuvoirs et de n’y laisser écouler aucune eau impure. Dans les fermes les moins heureusement placées on a pour abreuvoirs de simples auges en pierre que l’on remplit d’eau de puits. En été on doit craindre que cette eau ne soit trop fraîche, et il importe de la tirer quelque temps avant le retour des animaux altérés. Ces auges exigent les plus grands soins de propreté. On ne doit jamais laisser dans le voisinage des abreuvoirs certains arbres, et en particulier les frênes, où viennent habituellement les mouches cantharides. Ces insectes poussés par le vent tombent dans les eaux et les animaux qui les avalent en buvant éprouvent bientôt des coliques et d’autres accidents redoutables.
Abreuvoir (Chasse des oiseaux). — On nomme ainsi, en
terme d’oisellerie, les endroits où les oiseaux viennent boire. On les y trouve surtout vers dix heures du matin deux heures de l’après-midi et le soir; la chasse aux’ gluaux s’y fait avec succès, surtout si l’abreuvoir est dans un lieu tranquille, voisin de champs où les oiseaux trouvent des graines. La saison chaude est la meilleure pour ce genre de chasse. ^
ABBICOTIER (Horticulture), Armeniaca, de la famille des Rosacées. — Ce genre a fourni à la culture une espèce importante, V Abricotier commun [Armeniaca vulgaris) {fig. 21 et 22). Cette espèce, originaire de
l’Arménie et importée à Rome vers le commencement de notre ère, est l’objet de cultures étendues dans certaines régions de la France, notamment en Auvergne , aux environs de Paris et dans le voisinage des grands centres de
Fig. 22. — Fleurs de l’abricotier-pêche.
population du Midi. — Les fruits de cet arbre (abricots) sont consommés à l’état frais, mais plus encore sous forme de marmelades et de pâtes. On peut aussi les faire sécher.
Variétés. — L’abricotier commun a fourni un certain nombre de variétés parmi lesquelles on peut recommander les suivantes rangées dans l’ordre de leurs époques de maturité :
Musch mi-juillet.
Gros Saint-Jean fin de juillet.
Albergier de Montgamet juillet et août.
Gros commun août.
Royal mi-août.
Pêche fin d’août.
De Noor fin de septembre.
Climat et sol. — L’abricotier mûrit bien ses fruits en plein vent au nord de Paris ; cependant sa floraison étant très-précoce, la fructification y est souvent détruite par les froids tardifs. On le place alors en espalier; mais là ses fruits sont beaucoup moins savoureux. Il convient donc, dans cette région, de le cultiver sous forme de contre-espalier (V. Espalier) et de l’abriter complètement jusque vers la fin du mois de mai (voyez le mot Abris).
L’abricotier redoute également les argiles compactes et les terrains secs et brûlants. Il aime les sols de consistance moyenne, profonds et un peu calcaires.
Multiplication. — L’abricotier est presque toujours multiplié au moyen delà ecw5.sow (voyez ce mot).
Dans la région du nord et du centre on emploie comme sujets les variétés de pruniers les plus vigoureuses, et l’on choisit des plantes obtenues de noyaux ; les sujets résultant de rejetons donnent lieu à un trop grand nombre de drageons. I.es sujets de pruniers sont greffés en juillet. Dans le Midi on préfère les abricotiers greffés sur des sujets d’abricotiers ou d’amandiers obtenus de noyaux; leurs racines s’enfoncent davantage et échappent ainsi à la sécheresse. — Les sujets d’abricotiers sont écussonnés en août et ceux d’amandiers en septembre.
Culture et taille de l’abricotier dans le jardin fruitier. — Dans le jardin fruitier, l’abricotier doit être placé en contre-espalier abrité temporairement. Là, on lai donne la forme en cordon oblique (voyez Taille) en plantant les arbres à 0“,40 d’intervalle.