ABR
Nous indiquerons au mot cordon oblique le mode de formation de ces sortes de charpente, nous n’avons donc à parler ici que de la taille des rameaux à fruits.
Les boutons à fleurs de l’abricotier naissent sur des rameaux {fig. 23) développés pendant l’été précédent et rendus peu vigoureux au moyQn Au pincement (voyez ce mot). Ces rameaux ne peuvent fructifier qu’une seule fois si on les laisse entiers; ils fructifieront et donneront lieu vers leur sommet à un nouveau rameau fructifère
FiiT. 23. — Rameau à fruit de l’abricotier avant la taille.
Fig. 24. — Rameau à fruit de l’abricotier un an après la première taille.
Fig. 25. — Rameau à fruit de l’abricotier abandonné à luimême.
pour l’année suivante A [fig. 25); si l’on continue Ane faire aucun retranchement, ces rameaux deviendront de plus en plus chétifs à mesure qu’ils s’allongeront et finiront bientôt par se dessécher complètement. Il convient donc de les raccourcir en A {fig. 23), afin, tout en conservant un certain nombre de boutons à fleurs, de refouler l’action de la sève vers la base pour obtenir là les nouveaux bourgeons fructifères pour l’année suivante, au lieu de les faire développer au sommet. Ce mode d’opérer donne, en effet, les résultats que montre la figure 24. Lors de la taille d’hiver suivante on taille en a le rameau B {fig. 24) et en b le rameau A. Ces opérations font développer vers la base de nouveaux rameaux fructifères que l’on taille de la même façon, et ainsi de suite chaque année.
Culture de V abricotier dans les vergers. — L’abricotier n’est cultivé dans les vergers que là où il peut se passer d’abris contre les gelées tardives. Dans ce cas, les arbres sont plantés à 8 ou 1 0 mètres les uns des autres, et on leur donne la forme d’arbres à haute tige. La tête de l’arbre, placée à environ 2 mètres au-dessus du sol, doit être disposée en vase ou gobelet (voyez Taille). Ces arbres ne sont pas soumis à une taille nouvelle; on se contente de retrancher, tous les six ou huit ans, la moitié de la longueur des branches principales, afin de les faire se regarnir de rameaux fructifères. A. du Br.
ABRIS (Horticulture). — Les abris sont destinés soit à défendre les cultures contre la violence des vents, soit à garantir les plantes des gelées tardives.
Dans le premier cas on emploie avec succès les plantations d’arbres résineux disposés sous forme de rideau sur la limite du terrain ouvert aux vents dominants. Dans le Midi le cyprès pyramidal remplit parfaitement ce but. Dans les autres régions les pins et les sapins donnent les mêmes résultats. On peut également pour la culture potagère avoir recours aux murs, ou, ce qui est moins coûteux, aux paillassons placés verticalement. Les tiges sèches de canne de Provence {Arundo donax) sont pour cela d’un très-grand secours dans le Midi.
Les gelées tardives sont un véritable fléau pour toutes les cultures, et surtout pour celle des arbres fruitiers. Il
est très-difficile d’en garantir les vergers et les vignobles à moins de dépenses hors de proportion avec la valeur des produits. L’emploi de la fumée donne cependant de bons résultats (voyez Gelée blanche).
Quant aux jardins fruitiers, l’opération est plus facile. — Les sortes d’abris doivent varier suivant qu’il s’agit d’arbres en espalier ou d’arbres cultivés en plein air.
Pour les arbres en espalier, on fait sceller au sommet des murs et de mètre en mètre, de petites potences en fer {fig. 2G) qui présentent une saillie de 0“’,60. Vers le milieu du mois de février, on fixe sur ces supports des paillassons {fig. 27) longs de 2 mètres, larges de 0™,60 et faits au moyen de quatre tringles en bois entre lesquelles la paille est serrée avec quelques nœuds de fil de fer. Si
Fig. 26. — Chevalet en fer scellé dans le mur pour supporter les abris au sommet des espaliers.
Fig. 27. — Paillasson pour abriter les espaliers.
l’on a à redouter un froid un peu vif, on ajoute le procédé suivant; Les paillassons étant placés au sommet du mur {fig. 28), fixer en B une traveise, puis enfoncer à 1“,50
Fig. 28. — Abri pour les espaliers d’arbres à fruits à noyau.
en avant du mur une ligne de pieux D hauts de 0™,80 et placés à environ 1“,50 les uns des autres; attacher au sommet de ces pieux une traverse E, tendre ensuite de B en E une toile continue, un canevas grossier qui y laisse pénétrer les rayons solaires. — Cette toile reste en place jusqu’à l’époque où les gelées ne sont plus à craindre.
Les arbres en plein air sont plus difficiles à abriter. — Pour ceux qui sont disposés en vase ou gobelet à basse tige, il conviendra de les maintenir enveloppés d’un canevas semblable à celui dont nous venons de parler. Quant aux arbres dits e.n pyramide (voyez Taille), nous avons dit les motifs qui nous font conseiller de renoncer à cette forme qu’il est presque impossible d’abriter convenablement. Nous y avons substitué les contre-espaliers (voyez Espalier). Si ceux-ci sont disposés en lignes parallèles placées à 3 mètres d’intervalle, comme nous l’avons recommandé , il suffira de tendre horizontalement ces mêmes canevas au sommet de ces contre-espaliers et de l’un à l’autre.
ABS