CABLES EN CHANVRE
SUPPORTEMENT
Diamèt
. du fer
Diamètre
en
des mailles.
du
câble.
kilogramines.-
2tmm 34
65»im,55
Les nombres contenus dans la troisième colonne, représentent les charges qu’il n’est pas prudent de dépasser avec les câbles de chanvre, mais que Ton peut doubler sans danger dans un cas pressant avec les cableschaînes. Ils expriment néanmoins les charges maximum normales.
Cables en fils de fer. — Le fer a été employé avec succès dans ces dernières années à la fabrication de véritables cordages. Ces câbles, exécutés par des procédésmécaniques, sont à la fois solides et réguliers. A forceégale, ils occupent trois fois moins de place, pèsent moitiéet ne coûtent que les deux tiers du prix des cordes dechanvre ; il en résulte donc sur le prix d’achat une économie notable, augmentée encore par un accroissement de durée et par la valeur qu’ils conservent quand ils sont usés. C’est surtout dans le gréement des navires qu’ilsrendent de grands services. Le premier navire qui ait été ainsi gréé , le Marshall , a conservé pendant sept ansles mômes cordages, et au bout de ce temps, Tinspectiou a montré qu’ils étaient presque aussi bons que le premier jour. Ces câbles, construits par MM. Golliau et C®, peuvent être appliqués également à l’industrie. Il existait sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Roanne un câblfr en fil de ter d’un seul bout et d’une longueur de 900 mètres, qui a longtemps fonctionné avec régularité sur un des plans inclinés de la voie.
Les cordes en fer présentent toutefois une raideur qui restreint leur emploi. On est parvenu à diminuer beaucoup cet inconvénient des câbles de fer, en plaçant â leur centre une âme de chanvre goudronné qui les rend presqueaussi flexibles que les cordes de chanvre, et contribue par le goudron à leur conservation.
CABOCHON (Zoologie), Capulus, Montf. ■— Genre decoquilles univalves de Tordre des Gastéropodes pcettm-
CAC
GAG
Iranches. Une belle espèce habite nos côtes de la Médit 'rranéc, où elle est connue sous le nom de Bonnet hongrois^ Bonnet de dragon.
CABOSSE (Botanique). — Nom donné dans les Antilles au fruit du Cacaoyer.
CABRI (Zoologie). — Nom vulgaire du jeune chevreau.
CABRIL (Botanique), Ægiphila,i&Q.c[.^ du génitif grec aigos, chèvre, et philein, aimer, parce que les chèvres broutent ses feuilles avec délices. — Genre d’arbrisseaux de la famille des Verbénacces -, commun aux Antilles et à la Guyane, où il est connu sous le nom de bois de fer, bois cabril. Ses feuilles, opposées, sont ovales, lancéolées, pointues; ses fleurs sont blanches en panicules axillaires ou terminales, elles ont un calice court à 4 dents, corolle monopétale à 4 divisions; 4 étamines un peu saillantes hors du tube ; ovaire supérieur ; une baie arrondie jaunâtre, 4 semences.
CACALIE (Botanique), Cacalia., de Cand. Ce nom a été employé par Dioscorides pour désigner une plante qu’on n’a pas reconnue. Les modernes l’ont appliqué à un genre qui se rapporte à peu près à la description du natui’aliste ancien. Certains étymologistes font venir le mot cacalia, du grec kakos, méchant, et han, beaucoup. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées. 11 comprend une soixantaine d’espèces qui sont des herbes vivaces originaires, pour une moitié environ, du cap de Bonne-Espérance, et pour l’autre de l’Amérique septentrionale. Les fleurs en capitules disposées en corymbes, sont ordinairement blanches ou jaunes. La C. odorante {C. suaveolens. Lin.), qui vient dans la Virginie, est une herbe glabre, à feuilles sagittées, dentelées; ses capitules, composés de 25 à 30 fleurs, ont les corolles blanches. G — s,
CACAO (Botanique). — (Voyez Cacaoyer).
CACAOYER (Botanique). De cacao, nom que les peuples de la Guyane ont donné aux fruits de cet arbre. — Nom vulgaire du genre Iheobroma, Lin., du grec, theos, <iieu, et brôma, nourriture: aliment céleste, parce que de sa graine on tire le chocolat ; appartenant à la famille des Buttnériacées. Caractères : 5 sépales ; 5 pétales courbés, se prolongeant en une sorte de ligule spathulée; stigmate à 5 lobes; le fruit est une capsule indéhiscente à 5 loges. On compte actuellement environ une dizaine d’espèces de cacaoyer; quelques-unes seulement sont cultivées pour leurs graines. Le C. commun, le plus répandu {Theobroma cacao. Lin.; C. theobroma, Tuss.; C. minor, Gaertn.; C. sativa, Lamk.), ■est un arbre qui s’élève jusqu’à 10 ou 15 mètres ; ses rameaux sont droits et grêles à écorce brune; ses feuilles, longues de 0“,30 à peu près, sont ovales, oblongues, acuminées, glabres, lisses, de même couleur sur les deux faces; ses fleurs sont assez petites, d’un jaune rougeâtre, ponctuées dans le fond. Son fruit, qui présente la forme d’un concombre, a une longueur de 0“,15à 0“,20. Il est lisse, jaune rougeâtre; ses graines sont souvent un peu plus grosses que des amandes. Cette espèce est originaire de l’Amérique méridionale. Elle se cultive principalement au Mexique, à Caracas, à Vénézuéla, dans les Antilles. C’est aux Mexicains, qui font depuis un temps immémorial usage de boissons au cacao, que nous devons l’idée première de l’emploi de cette graine. Ce ne fut qu’en 1506 que d’Estiaca importa le cacao à Saint-Domingue, et en 1520 que les Espagnols, s’en emparant à leur tour, inventèrent différentes préparations de bouillies au cacao et à peu près analogues à celles de nos chocolatiers actuels. De l’Espagne, où la fabrication du chocolat demeura longtemps secrète, la connaissance des propriétés du cacao passa en France, et l’usage de la boisson des dieux, fut introduit à Paris au retour du mariage de Louis XIV avecl’infante Marie-Thérèse d’Autriche en 1660, c’est-à-dire trois ans après l’introduction de cette autre graine non moins importante, le café. A cette époque, un nommé Chaillou, officier de la reine, et possesseur d’un privilège qui lui permettait d’être le seul débitant de la préparation à la mode, devint le premier chocolatier. Il était établi près de la fontaine de la rue de l’Arbre-Sec. Parmi les espèces les plus importantes de Cacaoyer, on distingue le C. de Guyane [Theobroma Guyanensis,Wi\\à.é) qui n’atteint guère plus de 5 mètres; il se distingue de la première espèce par ses fruits couverts d’un léger duvet, de couleur rousse, et munis de 5 angles, tandis que le fruit du C. commun en présente 10. Cette espèce habite les forêts marécageuses de la Guyane. Ses graines, fraîches, sont estimées des naturels, et recherchées aussi par les Européens. La pulpe est fondante et s’emploie quelquefois pour préparer une liqueur agréable. Le C.
bicolore {T. bicolcr, Humb. et Bonpl.) est un arbrisseau de 3 à 4 mètres. Ses fleurs sont d’un pourpre noirâtre ; ses fruits sont globuleux et couverts d’un duvet soyeux au toucher. Cette espèce est une des plus communes ; des forêts de la Colombie et du Brésil en sont quelquefois entièrement formées. Les naturels la connaissent sous le nom de cacao. Ses graines sont d’une qualité inférieure.
Le C. sauvage (7. sylvestris, Willd.) est très-abondant dans la Guyane ; il se distingue par ses fruits cotonneux. Ses graines sont bonnes à manger fraîches, et, quoique de très-bonne qualité, peu répandues dans le commerce. Les variétés commerciales des graines du cacaoyer sont extrêmement nombreuses. Elles se distinguent par leur forme, leur grosseur et leur coloration. Ainsi, il y a le cacao des îles qui a le testa, ou enveloppe de la graine, assez épais et qui est aplati; le cacao berbiche, à graines plus courtes, arrondies et très-onctueuses, le cacao de Surinam, qui est allongé ; enfin, le cacao caraque, qui est le plus estimé, et qui se distingue par ses graines beaucoup plus grosses que les autres, plus onctueuses et plus amères. La récolte de ces différentes variétés a lieu en juin, puis en décembre ; la dernière récolte est la plus considérable. Les fruits, arrivés à complète maturité, sont cueillis, et l’extraction de leurs graines a lieu aussitôt. Celles-ci subissent quelques préparations avant d’être livrées au commerce. Encore toutes fraîches, elles sont mises dans des sortes de grands canots en bois, puis recouvertes de grandes feuilles de bananier. Quand ces canots sont remplis, on les ferme avec de grandes planches sur lesquelles on pose des pierres. Les graines ainsi renfermées restent à fermenter pendant quatre ou cinq jours. On a soin de les remuer souvent, et lorsque leur testa prend une couleur rougeâtre, on les retire; elles sont séchées au soleil, après quoi elles peuvent être livrées à la fabrication du chocolat. Quelquefois on enfouit dans la terre, pendant quarante jours au maximum, les graines de cacao, afin de leur enlever leur âcreté. Le cacao est ainsi dit terré et bon pour le commerce. I 000 pieds de cacaoyer rapportent de 7 à 800 kil. de graines. G — s. •
CACATOES (Zoologie). — Genre éé Oiseaux grimpeurs faisant partie du grand genre des Perroquets, Guv. [Psittacus. Lin.). Ce sont des oiseaux à bec gros, dur, solide, entouré à sa base d’une membrane où sont percées les narines; aux autres caractères des perroquets, ils joignent les suivants ; ils portent une huppe formée de plumes longues et étroites, rangées sur deux lignes, se couchant ou se redressant au gré de l’animal, le plus souvent blanche, quelquefois jaune, rose, rouge ou bleue ; la queue courte et égale ; le plumage le plus souvent blanc ; ils vivent dans les parties les plus reculées des Indes ; ce sont les espèces les plus dociles ; on les trouve surtout dans les pays marécageux. Quelques espèces de la Nouvelle-Hollande ont des huppes plus simples et moins mobiles ; elles vivent surtout de racines. Il y en a d’autres qui ont pour toute huppe quelques plumes pendantes et garnies seulement vers le bout de barbes effilées. L’espèce la plus connue pour sa facilité à apprendre à parler est le Perroquet gris ou Jaco (Psittacus erythacus), tout cendré, à queue rouge. Il vient d’Afrique. Un grand nombre d’espèces de cacatoès ont le plumage vert. Ces oiseaux s’apprivoisent très-facilement et deviennent d’une humeur très-familière ; ils aiment la société de l’homme et, dans l’état de liberté, ils posent volontiers leur nid sur les cabanes des habitants. Ils aiment qu’on les caresse et ils battent des ailes de joie lorsqu’on leur passe la main sur le dos. Ils semblent être, en général, les plus intelligents des perroquets.
CACHALOT (Zoologie), Physeter, Lin. — Genre de Mammifères cétacés, famille des Cétacés ordinaires, d’une taille égale à celle de la baleine, ayant, comme elle, une tête démesurément grande, renflée surtout en avant, mais en différant en ce que la mâchoire supérieure n’a point de fanons, comme la baleine, et que l’inférieure, au lieu d’être nue, est armée de chaque côté d’une rangée de dents cylindriques ou coniques qui entrent dans des cavités correspondantes de la mâchoire supérieure quand la bouche se ferme. La partie supérieure de leur énorme tête ne consiste presque qu’en grandes cavités recouvertes et séparées par des cartilages et remplies d’une huile qui se fige en refroidissant et que l’on connaît dans le commerce sous le nom bizarre de sperma ceti, substance qui fait le principal profit de leur pêche, leur corps n’étant pas garni de beaucoup de lard ; mais ces cavités sont très-différentes du véritable crâne, lequel est assez petit, placé sous leur partie postérieure et contient le cerveau comme à l’ordinaire. Il paraît que des canaux
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remplis de ce sperma ceti^ autrement nommé blanc de baleine ou adipocire, se distribuent dans plusieurs parties du corps en communiquant avec les cavités qui remplissent la masse de la tête ; ils s’entrelacent même dans le lard ordinaire qui règne sous toute la peau.
ia seule espèce de cachalot bien déterminée est le C. macrocéphale, C. à grosse tête {Phys, macrocephalus , Shaw), qui paraît le plus commun de ces cétacés ; il n’a qu une éminence calleuse au lieu de nageoire dorsale. Son évent est unique et non double, et une chose remarquable, c’est qu’il n’est pas tout à fait symétrique, mais so dirige vers le côté gauche et se termine de ce côté sur le devant du museau, dont la figure est comme tronquée. Sa langue est courte, carrée, rouge; c’est, selon les marins, une chair délicieuse. Les cachalots nagent trèsvite. On les rencontre généralement dans toutes les mers et il n’est pas rare d’en voir échouer sur nos côtes ; ainsi, à la suite d’une tempête, le 14 mars 1784, trente-un de ces cétacés demeurèrent à sec sur la côte occidentale d’Audierne, en Basse-Bretagne ; leurs affreux mugissements, entendus à plus de trois quarts de lieu, le fracas épouvantable de leurs queues battant l’onde et la lançant dans les airs avec sifflement par leurs évents, répandirent la terreur de tous côtés; on fuit, on cherche un asile dans l’église voisine ; enfin on s’enhardit, on s’approche et on les voit couchés pêle-mêle et mourants; ils palpitèrent pourtant encore plus de vingt-quatre heures. Gomme ces animaux sont beaucoup mieux armés que la baleine, ils se nourrissent plus particulièrement de poissons, de poulpes; ils mangent jusqu’à des veaux marins. La substance odorante si connue sous le nom à' ambre gris paraît être, selon Cuvier, une concrétion qui se forme dans les intestins des cachalots, surtout lors de certains états maladifs et, à ce qu’on dit, principalement dans leur cæcum. D’après les travaux de Swédiaur, ce sont les excréments durcis du cachalot à grosse tête. Ad. F.
CACHEXIE (Médecine), du grec kachexia,^ mauvaise disposition. — État particulier qui n’a jamais été bien défini, et qui nous représente l’idée d’une constitution profondément altérée. Sauvage l’avait fait entrer dans son cadre nosologique, comme type de la classe des Cachexies., qui comprenait les consomptions, les hydropisios, plusieurs aflèctions cutanées, etc. De nos jours, cette dénomination est un peu abandonnée, et cependant elle répond à l’idée de dépérissement qui suit les maladies longues, ou qui accompagne certaines affections dont le développement s’est fait d’une manière complète : ainsi, le scorbut, le cancer, les scrofules; c’est ce qu’on appelle C. scorbutique, cancéreuse, scrofuleuse, etc. Cet état est caractérisé par la bouffissure, un teint jaune ou plombé, la langueur de toutes les fonctions, un sang plus ou moins vicié ou appauvri, etc. On a quelquefois confondu la cachexie avec la diathèse; cependant, il semble que la première est un état acquis plus confirmé, tandis que la diathèse serait plutôt une disposition imminente à tel ou tel état maladif.
Cachexie aqueuse (Médecine vétérinaire) . — Maladie caractérisée par l’infiltration du tissu cellulaire^ l’hydropisie des séreuses, etc. Elle attaque surtout les moutons d’une manière épizootique, quelquefois les bœufs. Cette maladie se développe sous l’influence de l’humidité, des brouillards, des pluies, des habitations insalubres, des pays marécageux ; on lui a donné aussi le nom de pourriture. Elle est caractérisée par un affaiblissement progressif, puis l’hydropisie, l’écoulement par le nez d’un mucus abondant. Le traitement consiste dans l’emploi des toniques, mais le dépaysement est le meilleur moyen. Du reste, lorsque la cachexie se déclare sur un troupeau, il vaut mieux, dès le début, engraisser les moutons et s’en défaire. Dans l’espèce bovine, elle offre les mômes caractères et demande le môme traitement. F — n.
GAGHIMAN, Chérimolier, Corossol (Botanique). — Espèce Anone.
CACHICAMES (Zoologie). — Subdivision du genre Tatou (voyez ce mot).
CACHOU (Matière médicale). — Nom d’une substance qui nous vient des Indes, toute préparée, et que l’on extrait des différentes parties, mais surtout des gousses d’un arbre appelé par les Indiens cat-che, cat , catéchu, et qui est une espèce d'Acacie [Mimosa caiéchu , Lin.). On a regardé longtemps le cacho-u comme une terre venant, disait-on, du Japon, ce qui lui avait valu le nom de Terra Japonica. Le commerce nous l’apporte sous différentes formes. Le C. brun, en petits pains ronds du poids de CO à 100 grammes; le C. terne, en pains carrés de 0“,05 de long sur û“,,025 d’épaisseur; un autre
C. brun, en pains carrés, qui pèsent jusqu’à 500 grammes; c’est le cachou ordinaire du commerce ; il contient beaucoup de parties terreuses, etc. Le meilleur cachou est inodore, d’un brun rougeâtre, d’une saveur astringente particulière, suivie d’un goût sucré très-agréable. Lorsque le cachou nous est livré, il est souvent mêlé à de la terre, de l’amidon, etc. En le dissolvant dans l’eau chaude, on le débarrasse facilement de ces corps étrangers. A cet état, il est connu sous le nom d'extrait de cachou ; il contient beaucoup de tannin. Le cachou est employé dans les Indes pour la teinture. Depuis quelque temps, nos fabriques d’indiennes et nos teintureries en font usage pour teindre le coton et la laine. Parle tannin qu’il contient, ce produit est très-astringent et a une grande valeur en médecine; on l’emploie dans les diarrhées, les dyssenteries chroniques , dans les débilités de l’estomac , pour combattre la mollesse et l’atonie des gencives, dans les hémorrhagies atoniques, etc. Le cachou peut se prendre en poudre, en extrait ; on connaît sous le nom de C. de Bologne, des grains employés comme bonbons par les fumeurs et les personnes qui ont l’haleine mauvaise ; ils jouissent d’ailleurs des propriétés toniques et astringentes du cachou.
CAGHRYS (Botanique), Tourn. Les anciens donnaient ce nom au romarin. La plante à laquelle Tournefort a appliqué ce nom , répand une légère odeur de romarin quand on la froisse. — Genre de plantes de la famille des Ombellifères, tribu des Smyrnées, et désigné aussi sous le nom vulgaire de Armarinte. Caractères : fruit renflé, arrondi ou presque didyme ; carpelles à 5 côtes épaisses, à commissure large; canaux résinifères nombreux. Les cachrys sont des herbes vivaces à fleurs jaunes. Le Cachrys ou Armarinte lisse [C. lœvigata, Lamk), est une herbe à feuilles glabres, divisées en segments et en lanières linéaires. Ses fruits sont globuleux, lisses, gros, jaunâtres, ses fleurs jaunes. Cette espèce habite l’Europe méridionale. Elle croît en Provence. Elle a une forte odeur aromatique ; ses semences sont très-âcres. Le C. romarin [C. cicuta. Lin.) présente les lanières de ses feuilles un peu piquantes, et les fruits plus ou moins tuberculeux. On trouve cette plante en Sicile. G — s.
GAGHUNDÉ (Matière médicale). — Espèce de pastilles que les Indous et les Chinois emploient comme masticatoire, et qui, si l’on en croit certains auteurs, « donnent à leur haleine une odeur si agréable, que tous ceux qui les approchent en sont frappés. » Elles sont composées de terre bolaire, succin, musc, ambre gris, bois d’aloës, de santal rouge et jaune, de mastic, de calamus aromaticus, de galanga, de cannelle, de rhubarbe, de myrobolans belliriques et indiques, et de quelques pierres précieuses qui n’y ajoutent aucune propriété. On en prépare à Paris, et c’est un bon stomachique et un antispasmodique.
CACIQUE (Zoologie). — Voyez Cassique.
CACOCHYME (Médecine), du grec kakos, mauvais, et chumos, suc, humeur, qui a les humeurs mauvaises. — Ce mot est à peu près synonyme de cachectique (voyez Cachexie), et désigne une personne dans un état do maladie sans caractère précis, et dans lequel les humoristes voyaient une altération primitive des humeurs. Ces individus, faibles, languissants, sans énergie, plus disposés que d’autres à contracter les maladies régnantes, sont tristes, abattus, ont parfois l’humeur bizarre, et sont en général difficiles à vivre.
GAGODYLE (Chimie) (C^HsAs). — Radical isolé par M. Bunsen, et qu’on n’avait connu jusqu’à lui qu’à l’état d’oxyde dans la liqueur dite liqueur fumante de Cadet. Ce corps, composé de carbone, d’hydrogène et d’arsenic, se comporte comme un métal dans toutes ses réactions. A la température ordinaire, c’est un liquide visqueux, incolore, spontanément inflammable, d’une odeur nauséabonde. A quelques degrés au-dessous de zéro, il se solidifie en cristallisant ; il bout à 170" ; la densité de sa vapeur est 7,2. En faisant circuler l’air avec lenteur dans ce liquide, il absorbe successivement assez d’oxygène pour se transformer d’abord en oxyde de cacodyle (G^H®As)0, puis en acide cacodylique (G'^H^AsjO^. Le premier est une base salifiable susceptible de se combiner aux acides pour former des sels ; le second, un acide engendrant avec les bases des sels de la forme M0,(G^H®As)0‘^. On a pu l’unir au soufre, au chlore, au brôme, à l’iode et obtenir les produits
(C4H6As|s2j - (C^HCAsj ^[3 j — (C*H6As)I, etc.
Le cacodyle représente le point de départ d’une séri(^
CAD
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très- nombreuse de composés découverts par M. Bunsen et qu’on peut considérer comme formés par l’union d’un ou plusieurs équivalents d’un radical avec une molécule simple. Ainsi le cacodyle peut être regardé comme la combinaison de deux équivalents de mé thyle (C2H3) avec une molécule d’arsenic. — On prépare le cacodyle en distillant un mélange d’acétate de potasse sec et d’acide arsénieux; il se dégage plusieurs gaz parmi lesquels se trouvent l’acide carbonique et l’hydrogène bicarboné, et il passe dans le récipient un mélange d’eau, d’acétone et d’oxyde de cacodyle ; il reste dans la cornue du carbonate de potasse :
As03 4- 2(K0,CiH303) = (C4H6As)0 + 2CQ2 + 2(K0,C02)
Acide Acétate Oxyde
arsénieux, de potasse. de cacodyle.
L’oxyde de cacodyle forme dans le récipient une couche huileuse plus lourde que l’eau; après l’avoir lavé à l’eau distillée récemment bouillie, on le convertit en chlorure ' de cacodyle, en traitant d’abord une dissolution alcoolique de ce corps par le bichlorure de mercure, et distillant ensuite le précipité obtenu (0^^^6.^8)0,21101 avec l’acide chlorhydrique ; il passe à la distillation le corps (0'‘H6As)01. Oelui-ci traité par le zinc ou le fer dans un tube fermé, rempli d’une atmosphère dépourvue d’oxygène, donne un chlorure métallique et le cacodyle. — Le cacodyle et ses composés sont très-vénéneux et ne doivent être maniés qu’avec précaution. Quelques chimistes doublent la formule du cacodyle et prennent pour la représenter O^H^^As^ correspondant à 4 volumes. B.
OAOTÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones périgynes, comprenant des plantes charnues, à tiges affectant les lormes les plus diverses. Leurs feuilles sont milles ou remplacées par des écailles, des poils ou des aiguillons. Leurs fleurs sont hermaphrodites, à calice adhérent avec l’ovaire, à corolle composée de pétales nombreux, à étamines indéfinies, à ovaire uniloculaire renfermant des ovules nombreux. Leur fruit est une baie pulpeuse et charnue. Les Cactées, appelées aussi Cactacées., habitent principalement les régions tropicales du nouveau continent. On en rencontre aussi, mais peu abondamment, dans l’Europe méditerranéenne, la Chine et l’Afrique méridionale. Cette famille, l’une des plus considérables du règne végétal, fournit un grand nombre d’espèces pour l’ornement. Elles sont très-recherchées pour leurs formes bizarres. Leurs propriétés sont peu importantes. Dans quelques espèces seulement, le fruit est comestible. D’autres produisent une sorte de gomme. Genres principaux : Mamillaria., Haw.; Melocactus., C. Bauh. ; Echinocactus , Link et Otto ; Pilocereus., Lem. ; Echmopsis, Zucc. ; Cierge {Cereus., Haw.) ; Raquette {Opuntia, Tourn.).
Travaux monographiques ; Haworth, Synopsis plantarumsucculentarum.—DQ Cd.ndio\\Q,Histoire des plantes grasses. 1799-1803. — Revus de la famille des Cactées^ Mém. du Muséum, vol. XVll, 1829. — Mémoire sur les Cactées, 1834. — Salm-Dyck, Cactœ in horto Dyckensi cultce. — Labouret, Cactées. — Lemaire, Iconographie des Cactées. G — s.
GACTIER (Botanique). — Nom français du genre Cactus, Lin., que les anciens donnaient à une plante épineuse. Il a donné son nom à la famille des Cactées. Ce genre, très-nombreux en espèces, est aujourd’hui réparti par la plupart des botanistes entre plusieurs genres, et principalement les genres suivants : Mainillaire, Echinocactier, Pilocereus, Cierge, Mélocactier et Raquette (voyez ces mots). ' G — s.
CACTUS (Botanique). — Nom botanique du genre Cacher (voyez ce mot).
CADAVRE (Médecine légale), du latin cadere, tomber. Corps mort. Ce mot s’emploie particulièrement pour l’espèce humaine. — Un cadavre est donc un corps humain privé de vie ; les signes qui indiquent la mort réelle seront exposés à l’article Mort (voyez ce mot). Lorsqu’un cadavre est trouvé sur la voie publique ou partout ailleurs, à moins qu’il n’y ait des signes bien évidents de mort, tel que la putréfaction commençante, etc., on doit tenter par tous les moyens possibles de le rappeler à la vie, soit en ayant recours aux hommes de l’art, soit en prodiguant soi-même et en provoquant des secours ; en môme temps, on en fera donner avis sur-le-champ au commissaire de police ou au maire, ou à tout autre officier de police judiciaire (adjoint, juge de paix, officier de gendarmerie). Celui-ci se rendra aussitôt sur les lieux, assisté d’un homme de l’art
qu’il aura requis à cet effet. Après avoir constaté, par l’inspection extérieure, les signes delà mort réel le (voyez Mort), il sera fait un détail exact de l’état dans lequel aura été trouvé le cadavre, du lieu, de la position, s’il était vêtu ou non, s’il existe autour de lui des circonstances qui peuvent expliquer la mort, s’il y a quelque instrument vulnérant, etc. Cet examen terminé et fait minutieusement, le cadavre sera transporté dans un endroit convenable pour être procédé, s’il y a lieu, à Vuutopsie cadavérique (voyez Autopsie), et placé sous la garde de l’autorité judiciaire : l’ensemble de ces premières opérations constitue ce qu’on appelle la levée du cadavre. A la suite de cela, Vautopsie pourra être requise par l’officier municipal (C. civ., art. 81) et par le procureur impérial (C. instr. crim., art. 46); elle pourra aussi être demandée par les familles qui, dans ce cas, auront à se conformer aux prescriptions de l’autorité, qui ont été exposées au mot Autopsie. F — n.
CADE (Botanique). — Nom vulgaire que l’on donne an Genévrier oxy cèdre [Juniperus oxycedrus,!^^., de oxus, signifiant en grec aigu, piquant : cèdre à feuilles épineuses). Cette espèce est un arbrisseau, quelquefois un arbre atteignant 6 mètres. Il habite l’Europe méridionale et la Barbarie. On le trouve communément dans le midi de la France. Ses fruits bacciformes sont aigrelets et assez agréables au goût. Son bois résineux produit l’huile de cade employée dans la médecine vétérinaire, et principalement pour combattre la gale des moutons. Pour l’obtenir, on fait brûler l’extrémité de branches fraîches coupées, et l’huile ne tarde pas à découler par l’autre bout. La résine de cet arbre sert aussi à faire de la saiidaraque. G — s.
GADÉAG (Médecine, Eaux minérales). — Village de France, à 2 kilomètres S. du bourg d’Arreau, arrondissement, et à 25 kilomètres S.-E. de Bagnères-de-Bigorre, on y trouve plusieurs sources d’eaux minérales froides sulfurées sodiques; elles sont riches surtout en sulfure de sodium.
GADELLE ou Chevrette brune (Zoologie). — C’est le nom donné dans le midi de la France à la larve du Trogosite propre {Tenebrio mauritanicus), qui attaque les blés et en ronge la substance farineuse (voyez Trogosite).
CADIE (Botanique), Cadia, Forskahl, de qadhy, son nom arabe. — Genre de plantes de la famille des Césalpiniées. Caractères : calice à 5 lobes triangulaires, glanduleux intérieurement; pétales dépassant le calice ; étamines à filets épais, coudées à leur base ; ovaire stipité, légèrement arqué ; gousse linéaire renfermant plusieurs graines. La C. rose [C. varia, L’Hérit.)est un arbrisseau atteignant ordinairement 2 mètres; ses feuilles sont pennées avec impaire. Ses fleurs solitaires, d’abord blanches,, deviennent roses. Cette espèce est originaire d’Arabie. On la cultive en serre chaude. G — s.
CADMIE (Métallurgie), du latin cadmia, calamine. — Nom donné par les anciens chimistes à plusieurs substances. La cadmie fossile était un minerai de cobalt ; la cadmie naturelle est un oxyde de zinc jaune ou rougeâtre formant le principal minerai de zinc. La cadmie artificielle ou des fourneaux est formée par de l’oxyde de zinc qui se produit pendant la fonte de ce métal et vient se déposer sur les parois intérieures des fourneaux. On étend assez souvent ce mot à toutes les suies métalliques résultant de la fonte des métaux.
CADMIUM (Chimie) (Cd = 55,7 ). — Métal grisâtre, que l’on rencontre dans presque tous les minerais de zinc. Comme le cadmium est plus volatil que le zinc, il se dégage dans les premiers moments de la distillation du minerai zincifère et va brûler à l’air. 11 forme ainsi une poudre brunâtre contenant 5 à G p. lOO de cadmium. En lui faisant subir de nouvelles réductions et sublimations convenablement ménagées, on finit par l’obtenir presque pur.. Pour le purifier complètement, on chauffe dans une cornue un mélange d’oxyde ou de carbonate de cadmium et de charbon. Le cadmium se dépose en gouttelettes cristallines dans le col de la cornue.
Ce métal jouit d’une ductilité et d’une malléabilité assez • grandes quand il est pur ; on peut le réduire en feuilles minces et l’étirer en fils très -fins ; mais il suffit qu’il soit mélangé avec une irès-petite quantité de zinc, pour qu’il perde cette propriété. Sa densité est 8,7 ; il fond avant la chaleur rouge; il ne s’oxyde pas sensiblement à la température ordinaire, mais sa vapeur s’enflamme et brûle avec éclat. Il ne donne qu’un seul oxyde ^CdO) qui, étant anhydre, est brun et infusible.
Le cadmium est précipité de ses dissolutions salines par le zinc. Les alcalis séparent de ces mômes dissolu-
CAD
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tions un oxyde hydraté blanc insoluble dans les alcalis fixes, mais soluble dans l’ammoniaque.
Les sels de cadmium sont incolores quand leur acide n’est pas coloré par lui-même. Ils se reconnaissent tous au précipité jaune vif qu’ils donnent par l’hydrogène sulfuré, et qui est caractéristique du cadmium. Ce sulfure de cadmium (GdS) est employé dans la peinture à l’huile et le serait beaucoup plus, s’il était d’un prix moins élevé. Ce prix élevé et l’intensité de son pouvoir colorant font que bien souvent on le trouve dans le commerce mélangé avec 20 ou 25 p. 100 de craie. On découvre cette fraude qui pourrait échapper à l’œil, en traitant le mélange par de l’acide chlorhydrique étendu. La craie est dissoute, tandis que le sulfure reste en entier sans altération. L’acide chlorhydrique concentré l’attaquerait, au contraire, avec dégagement d’hydrogène. On obtient le sulfure artificiel soit en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans un sel de cadmium, soit en calcinant un mélange d’oxyde de cadmium et de soufre.
Tous les autres composés cadmiques sont jusqu’à présent sans importance, à l’exception de l’iodure de cadmium que quelques photographes emploient à la place de l’ioduie de potassium.
CADRAN (Zoologie), Solarium, Lin. — Sous-genre de Mollusques gastéropodes pectinibranches , du grand genre des Toupies, Cuv. {Trochus , Lin.), à ouverture anguleuse à son bord externe, caractérisé par une spire en cône très-évasée, dont la base est creusée d’un ombilic extrêmement large. Le C. infundihuliforme (T, infundibuliformis. Lin.) a un grand ombilic crénelé ; il est de couleur ventre de biche. On peut encore citer le C. varié {T. variegatus, Chemn.) ; le C. perspective {T. perspectivus, Chemn.), etc. Toutes ces coquilles sont de la mer des Indes.
Cadran, Cadranure ou Gélivure (Arboriculture). — Lorsque le tronc des arbres renferme beaucoup d’humidité et qu’il se fait subitement un grand abaissement de température, il se produit dans toute l’épaisseur du corps ligneux des fentes qui partent du centre, rayonnent vers la circonférence et déchirent même l’écorce ; de là leur nom de cadran. On remarque souvent à la suite de cet accident et par ses fentes des écoulements de liquides qui se transforment en ulcères et qui sont connus sous le nom de gouttières. Pour remédier à cet accident, il faut enlever avec un instrument bien tranchant les deux côtés de la plaie et la recouvrir de mastic à greffer.
CADRAN SOLAIRE. — Surface sur laquelle sont tracées des lignes qui indiquent l’heure par l’ombre d’un style ou par un rayon solaire. Un cadran n’est autre chose qu’un gnomon dont le sytle est dirigé suivant l’axe du monde (voyez Gnomon, Gnomonique).
CADRE DU TYMPAN (Anatomie). — On donne ce nom à un cercle osseux qui termine le méat auditif externe du côté de la caisse du tympan, et auquel s’attache la membrane du môme nom. Sa forme varie chez les divers animaux ; ainsi il est presque circulaire chez l’homme, trèsovale chez les carnassiers ; il l’est beaucoup moins chez les herbivores. Il est peu marqué chez les oiseaux; dans les reptiles, il ne présente aucun bord saillant (voyez Oreille).
CADUC (Botanique), de cadere, tomber. — Terme de botanique s’appliquant aux parties végétales des organes qui tombent avant l’époque où les autres parties se détachent ordinairement des plantes. Les feuilles sont caduques dans plusieurs cactiers et dans la raquette commune, parce qu’elles tombent très-peu de temps après leur apparition. Les stipules sont caduques dans le laurier-rose, ainsi que celles qui ont la forme d’épines comme dans l’acacia. On les dit souvent fugaces, lorsqu’elles tombent avant les feuilles, comme dans les tilleuls, les féviers, les caroubiers et le figuier. On leur réserve la qualification de caduques lorsqu’elles tombent avec les feuilles, ce qui est le cas le plus commun. En ce sens, les stipules du laurier-rose seraient plutôt fugaces, puisqu’elles tombent si tôt de la plante, qu’on a été longtemps sans les observer. Du reste, l’adjectif fugace s’emploie très-souvent comme synonyme de caduc. Le style est caduc dans les amandiers, les pêchers, les pruniers ; aussi n’en voit-on aucune trace sur les fruits de ces plantes. Le calice est caduc dans les pavots et autres espèces de cette famille. Il se détache avant môme l’épanouissement, alors que ses sépales ne se sont pas encore écartés ; quelquefois aussi ceux-ci sont soudés de façon à ce que le calice tombe en forme de cône. L’arête des enveloppes florales des Graminées est caduque dans le stipa, G — s.
CADUC (Mal) (Médecine). — Voyez Épilepsie.
CADUCITÉ (Physiologie). — C’est cette seconde partie de la vieillesse qui précède la décrépitude (voyez ces mots). Elle commence vers 70, 72 ans, et dure environ jusqu’à 80; elle se caractérise par la lenteur et l’incertitude de la marche, par la roideur des mouvements, par l’affaiblissement général des fonctions de l’intelligence, etc.
A cette époque de la vie, les forces s’affaiblissent et ne se réparent plus ; toute la machine marche vers la décrépitude.
CÆCAL (Appendice), Appendice vermiculaire (Anatomie). — Voyez CoECüM.
CÆCUM (Anatomie). — Partie du gros intestin terminée par un cul-de-sac. Ce mot vient de cœcus, aveugle, c’est donc à tort qu’on écrit cæcum ; mais pour nous conformer à l’usage, nous renverrons aux mots Coecüm, Intestin.
CÆLESTINE, Célestine, et mieux Ccelestine (Botanique), Cœlestina, Cass. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Eupatoriacées, que la plupart des botanistes font rentrer dans le genre Agératum de Linné. Il est caractérisé principalement par l’aigrette en couronne, membranacée, inégalement dentée. L’espèce que l’on cultive communément dans nos parterres est la C. bleue [C. cœrw/ea, Cass. ; Agératum corymbosum, Zucc. ; Eupatorium cœruleum. Lin.). C’est une herbe qui s’élève quelquefois jusqu’à 1 mètre. Ses feuilles sont ovales, aiguës, un peu scabres. Ses fleurs, d’un bleu magnifique, s’épanouissent de juillet à septembre. Cette espèce est originaire du Mexique. G — s.
CÆSALPINIA (Botanique). — (Voyez Césalpinia, etc.).
CAFARD (Zoologie). — (Voyez Ténébrion.
CAFÉ (Economie domestique). A l’article Gafier, il sera parlé de ce qui a rapport au café, au point de vue botanique. Il ne sera guère question ici que de ce qui a trait à l’économie domestique et un peu à la partie historique.
Ce sont les Orientaux qui nous ont transmis l’usage du café, et quelques historiens, sans s’arrêter à ce qu’on raconte du prieur d’un monastère d’Arabie (voyez Gafier), prétendent qu’un mollah musulman, nommé Chadely, fut le premier Arabe qui prit du café pour se délivrer d’un assoupissement continuel qui ne lui permettait pas de vaquer convenablement à ses prières nocturnes. Ses derviches l’imitèrent, et on s’aperçut bientôt que cette boisson égayait l’esprit et dissipait les pesanteurs del’estomac. L’usage s’en répandit ; il passa à Médine, à la Mecque et dans tous les pays mahométans. Bientôt on établit des maisons publiques où on le vendait. A Constantinople, ces maisons furent fréquentées avec fureur; on y parlait politique, religion, au point que, sous Amurat III, le gouvernement fit fermer les lieux publics et ne permit l’usage du café que dans les maisons particulières ; des cheiks de la loi prêchèrent contre le café; et vers 1525, on en vint aux mains; cependant l’opinion publique, bien arrêtée, finit par l’emporter et l’usage de cette boisson triompha. Environ un siècle après, le café fit son apparition à Londres et à Paris ( 1 669), et dans cette dernière ville surtout il ne tarda pas à devenir un besoin au moins pour les riches. Le premier endroit public où on vendit du café fut établi à la foire Saint-Germain par un Arménien nommé Pascal ; c’est quelque temps auparavant que madame de Sévigné, pour manifester son opposition à l’introduction du café en France et dans son admiration exclusive pour le grand Corneille, avait lancé sa fameuse prédiction que le café passerait comme Racine. Las de faire son commerce en plein vent, Pascal ouvrit un café quai de l’École ; il le vendait six blancs (deux sous et demi) la tasse ; puis un nouveau fut installé rue de Bussy, un autre rueMazarine; enfin, vers 1680, le Sicilien Procope, frappé de l’aspect dégoûtant de ces bouges infects décorés du nom de cafés, après avoir établi à la foire Saint-Germain une boutique propre et élégante, ouvrit dans la rue des Fossés-Saint-Germain, en face de la Comédie-Française, un café orné de glaces, garni de tables de marbre, où l’on servit promptement et proprement du café de bonne qualité; c’est la maison qui porte encore le môme nom aujourd’hui. C’était à la fin du xvii® siècle. Cependant on pensa à planter et à naturaliser le café hors de son pays | natal, l’Arabie. Un Français introduisit à Cayenne des « graines fraîches tirées de la Guyane hollandaise. Vers - 1714, les magistrats d’Amsterdam en envoyèrent un pied I à Louis XIV ; il fut soigné au Jardin des Plantes, d’où un capitaine du nom de Déclieux, Declieux ou de Clieux en reçut un qu’il transporta à la Martinique; c’est de ce pied que sont sortis tous les cafés qui font une des priU' ' cipales richesses des Antilles.
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Le café croît et réussit très-bien dans tous les pays situés entre les tropiques ; mais c’est l’Arabie qui fournit le plus estimé, surtout les environs d’Aden et de Moka. On le cultive ordinairement à mi-côte ; dans la plaine, on est obligé de l’abriter au moyen d’autres arbres placés dans le voisinage, parce que la chaleur excessive le dessécherait. Il faut aussi qu’il ait le plus possible le pied dans un terrain souvent arrosé. Une caféirie, c’est-à-dire un champ planté en cafier, si elle est bien soignée, bien nettoyée d’herbes, commence à donner un produit au bout de deux ans ; à trois ans, on arrête la croissance de l’arbre en cassant le sommet de la tête; en général, cette culture demande beaucoup de soins pour l’étêtement, la taille, le nettoyage des mauvaises herbes, le remplacement des pieds qui viennent à périr, la destruction des insectes. Dans nos colonies et en Arabie , les cafiers fleurissent presque pendant toute l’année ou tout au moins deux fois l’année, au printemps et en automne, et le temps de chaque floraison dure pendant six mois consécutifs. Les fleurs du cafier sont blanches, odoriférantes, elles durent deux ou trois jours dans toute leur beauté et garnissent de guirlandes chaque nœud des branches de ce charmant arbrisseau; elles sont remplacées par des fruits verts, tenant par une petite queue très-courte au nœud de la branche ; trois mois après la fleur, les fruits commencent à blanchir, puis à jaunir, bientôt ils sont rouges et ressemblent parfaitement à des cerises (c’est du reste le nom qu’on leur donne); sous cette première enveloppe, il y a toujours deux de ces grains qui sont dits grains de café. Alors commence la première cueillette, suivie bientôt d’une autre, et ainsi de suite. Les bornes qui nous sont imposées ne nous permettent pas d’entrer dans plus de détails sur la récolte et la culture du café. Voir sur cet intéressant sujet , indépendamment des traités spéciaux, le Dictionnaire d’histoire naturelle., de Deterville; le Dictionnaire des sciences naturelles, de Levrault ; V Encyclopédie nouvelle, de P. Leroux et J. Revnaud, etc.
Les principaux cafés du commerce sont : le café moka, le premier de tous, qu’on récolte dans les contrées de l’Yémen et qui compte, année moyenne, pour 6 à 7 000 000 kil. Son grain est petit, arrondi, roulé, de couleur jaunâtre, ayant la consistance de la corne, d’un parfum très-prononcé et très-agréable ; il nous vient par Marseille et Alexandrie.
Le café de Bourbon et de Java tient le second rang pour la qualité ; jaune un peu blanchâtre, sa fève est moins arrondie, plus allongée que le moka; elle n’a presque pas d’odeur. Le café des îles ou des Indes occidentales vient en troisième rang ; il esf verdâtre et a une saveur herbacée ; celui de la Martinique et de la Guadeloupe est un des meilleurs, ainsi que celui de Surinam, de la Guyane-Hollandaise, (voyez Thé).
Le café torréfié et infusé(voyez Café [chimie]),te\ qu’on le prend ordinairement, détermine une sensation agréable de chaleur dans l’estomac dont il favorise les fonctions ; il peut, dans certaines constitutions nerveuses, très-irritables, occasionner de l’anxiété, des palpitations, un véritable mouvement fébrile; mais il est à croire qu’on a ^exagéré ses inconvénients lorsqu’on a dit qu’il pouvait produire des vertiges, des exanthèmes de la peau, la paralysie, l’apoplexie, etc. ; et, en effet, l’observation prouve que, dans la plupart des cas, à dose modérée, il favorise la digestion, excite les fonctions de l’entendement et donne de l’activité à tout l’organisme. Sous le rapport de ses propriétés, thérapeutiques., le café mérite l’attention du médecin ; il est certain qu’il calme souvent instantanément les céphalalgies sympathiques qui tiennent à la débilité des organes digestifs. Les effets narcotiques de l’opium sont parfaitement neutralisés par le café. Il a été avantageux pour combattre des diarrhées opiniâtres au rapport de Lanzoni. Des fièvres intermittentes rebelles ont été guéries au moyen d’une décoction de café. Mus- -grave, Pringle, Percival l’ont employé avec succès contre l’asthme. Plusieurs médecins prétendent en avoir obtenu de grands avantages contre le choléra. Depuis quelques années, on fait aux troupes en campagne des distributions régulières de café, et les médecins militaires se louent beaucoup de cet usage pour entretenir et soutenir les forces du soldat. Le café non torréfié en infusion a été conseillé par Audry et surtout par le professeur Grindel de Dorpat, comme un bon succédané du quinquina. Ce dernier, sur plus de quatre-vingts cas de fièvres intermittentes, n’en a vu que quelques cas résister à l’action du café. Enfin, dans ces derniers temps, on a vanté comme diurétique la décoction de café non torréfié.
CAFÉ (Chimie organique). — Semences du Coffea arabica, dont on distingue les diverses variétés par l’indication de la provenance , Café Moka, café de la Martinique, etc.
Elles contiennent : une partie ligneuse qui est comme le squelette solide de la graine, une matière grasse s’élevant jusqu’à 8 p. 100 du poids de la graine, qu’on en extrait avec l’éther, et qui se compose d’une huile liquide servant de dissolvant à un corps gras cristallin ; une substance albuminoïde, une espèce de cire, un produit résinoïde, une matière gommeuse, la caféine, l’acide caféique, des malates acides, différentssels a base de potasse, de chaux, de magnésie, etc. Les cendres du café renferment, indépendamment des carbonates ordinaires, du phosphate de chaux, du sesquioxyde de fer, de l’oxyde de manganèse. Le café concassé abandonne à l’eau les produits solubles dans ce liquide, les malates acides, la caféine, etc. Mais si la température est maintenue entre 20° et 30°, et que le contact des semences avec l’eau soit suffisamment prolongé, une fermentation spontanée se déclare avec dégagement d’acide carbonique et môme d’acide sulfhydrique ; le soufre est ici fourni par la matière albuminoïde qui se décompose. Pour utiliser le café dans les usages domestiques, on commence par le torréfier. Il perd alors 12 p. 100 de son poids ; cette torréfaction engendre plusieurs phénomènes chimiques. Il se dégage en effet de l’acide acétique et une huile empyreumatique d’une odeur agréable; cette dernière provient évidemment delà décomposition du corps gras contenu dans la graine ; c’est par cette décomposition que l’arome se développe. Il s’est produit, dans les mailles du tissu ligneux, un corps huileux particulier qu’on a pu extraire ensuite du café torréfié, et qu’on a nommé caféone. Si la torréfaction est poussée trop loin, la caféone est elle-même détruite, et le café n’a plus d’arome. En outre, la matière gommeuse dont nous avons déjà signalé la présence, suffit, par la chaleur , une modification analogue à celle qu’éprouve l’amidon; elle s’est convertie en un corps brun, amer, soluble dans l’eau. Le café a été principalement étudié au point de vue chimique par MM. Boutron, Robiquet, Payen et Rochleder (voyez Cafier). B.
CAFÉINE ou Théine (G^H^Az^O^). — Alcaloïde, à propriétés basiques peu prononcées, qu’on extrait du café, du thé et des fruits du Paullinia sorbilis. Il se présente sous la forme de cristaux aiguillés, soyeux, renfermant 2 équivalents d’eau de cristallisation qu’ils perdent à la température de 100°; fusibles à 175°, sublimables sans décomposition à 360° , solubles dans l’eau , l’alcool et l’éther. La caféine forme avec les acides des combinaisons mal définies, qui rendent difficile la fixation de son équivalent. M. Payen adopte la formule Gl®H1‘>Az''0^ qui, à un équivalent d’oxygène près, correspond à un équivalent double de celui que représente la formule généralement admise. La solution aqueuse n’est point précipitable par les réactifs ordinaires des alcaloïdes, à l’exception pourtant du tannin. Pour l’extraire, les graines de café concassées sont épuisées par l’eau bouillante; puis, la solution est traitée par le sous-acétate tfe plomb qui en précipite à Tétât de malate de plomb l’acide malique existant à l’état de combinaison dans les graines. La liqueur, filtrée, est ensuite additionnée d’acide sulfurique ou soumise à un courant d’hydrogène sulfuré, pour enlever les dernières traces de plomb à l’état de sulfate de plomb ou de sulfure de plomb ; la caféine, qui reste dissoute, cristallise ensuite en concentrant convenablement la liqueur. On l’extrait des feuilles du thé par une méthode semblable. La caféine n’exerce qu’une action très-faible sur l’économie, cependant elle semble se comporter dans quelques cas comme un stimulant modéré des fonctions vitales. La proportion est très-faible dans le thé et le café.
Elle a été découverte par Runge dans le café, par Oudry dans le thé, par T. Martins dans le guarana, médicament préparé avec la graine àu. paullinia, puis successivement étudiée par MM. Payen , Boutron, Robiquet, Péligot et Stenhouse. , b.
CAFETIÈRE (Économie domestique). — Appareil pour préparer l’infusion du café. Le but de notre dictionnaire ne nous permet pas de décrire et de discuter les divers procédés à l’aide desquels on prépare le café ; toutefois nous en mentionnerons un qui, fondé sur les principes physiques relatifs^ à la force élastique de la vapeur, permet de préparer l’infusion de café à la température exacte de 100°, condition reconnue indispensable pour la bonne qualité de l’infusion elle-même. C’est d’ailleurs comme un reste des anciennes machines élévatoires par l’action
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