GAI
de la vapeur (voy. Machines a vapeuh), et à ce titre il mérite une mention spéciale. L’appareil dont il s’agit peut varier de forme, notre gravure représente l’une des
dispositions les mieux conçues. B est un vase en porcelaine contenant de l’eau, il est fermé par un bouchon que traverse un tube D partant de son fond et allant se terminer par une plaque percée de trous F, au fond d’un second vase en verre G, ouvert à sa partie supérieure. Les deux vases sont supportés par une pièce fixée au support général de l’appareil et pouvant basculer légèrement autour du point d’appui. On place le café en poudre au-dessous de la plaque F et on le recouvre d’une seconde plaque également percée de trous; on remplit B d’eau, puis on chauffe avec la lampe à alcool E, dont le couvercle est maintenu par le rebord même du vase. Dès que la température a atteint 100'*, la pression de la vapeur fait passer l’eau dans G, le poids de ce dernier vase fait alors basculer un peu l’appareil et le couvercle retombe sur la lampe. Mais aussitôt que la température s’est un peu abaissée, la pression atmosphérique refoule l’eau qui a traversé la poudre de café dans le premier vase B; le café est alors préparé et on peut le soutirer par un robinet qu’on voit en avant de la figure. Nous ajouterons que ces appareils doivent être entretenus dans un grand état de propreté, sans quoi le tube D pourrait s’obstruer et la force élastique de la vapeur croissant dans le vase B donnerait lieu à une explosion dangereuse.
GAFIER ou Gaféyer (Botanique), Coffea^ Lin. — Ge mot, d’après certains étymologistes, serait altéré de l’arabe qahoùeh^ qui exprime la force, la vigueur; d’après d’autres, il viendrait de Gaffa, pays d’Afrique, où le café croît spontanément. — Genre de plantes de la famille des Ruljio,cées^ type de la tribu des Cofféacées. Il comprend des arbrisseaux à feuilles opposées, stipulées. Galice à 4 ou 5 dents; corolle tubuleuse à 4 - 5 divisions étalées; fruit charnu à 2 nucules membranacées, indéhiscent, renfermant une seule graine plane sur la face intérieure et marquée d’un sillon profond. Le café est originaire de l’Arabie. Naironi (Fauste), professeur de langues au collège de Rome, raconta le premier, en 107 i, dans quelles circonstances se fit la découverte des propriétés du café : « Un gardien de chameaux, dit-il, selon le sentiment de quelques-uns, ou de chèvres, suivant l’avis de quelques autres, se plaignit à des moines que parfois ses chèvres ou ses chameaux veillaient et sautaient toute la nuit contre leim ordinaire; le prieur se douta aussitôt que ce ne pouvait être qu’un effet de leur pâturage. Pour s’en assurer, il se rendit sur les lieux, et considéra que celui où le bétail avait passé le jour était plein de certains arbrisseaux dont il mangeait le fruit. Il en emporta pour tâcher d’en découvrir les qualités, et en fit bouillir dans l’eau. Après avoir bu de cette infusion, il s’aperçut qu’elle faisait veiller, ce qui lui donna l’idée d’en faire prendre à ses moines pour les empêcher de dormir pendant les offices de la nuit. Les suites répondirent â son attente, et bientôt après, on découvrit que ce fruit avait beaucoup d’autres propriétés fort salutaires, qui lui acquirent sans peine une estime
extraordinaire (voyez Gafé). » A la suite de cette découverte, l’usage du café se répandit bientôt dans toute l’Arabie. Plusieurs érudits ont recherché une origine plus ancienne ; mais rien ne prouve que le café ait été employé avant l’incident raconté par Naironi dans le Journal italien des savants. Rauwolf est le premier qui ait parlé du café dans la relation de son Voyage en Orient en 1583, et ce n’est qu’en 1G15 que l’usage en fut introduit à Venise, d’où il ne tarda pas à se répandre en Europe. Le cafier fut transporté par les Hollandais en 1G90 à Batavia. Brancas, en 1714, en offrit un pied à Louis XIV. Le Jardin des plantes de Paris cultiva cet individu qui donna bientôt de nouveaux sujets. En 1720, le capitaine Desclieux s’en procura un qu’il transporta h la Martinique.
Un fragment de lettre de Desclieux à Aublct, en 1 774, montrera combien la France doit être reconnaissante envers ce brave voyageur, qui dota nos colonies de la précieuse plante, objet d’un commerce qui s’est toujours accru depuis. « Dépositaire de cette plante, dit-il, je m’embarquai sur un bâtiment marchand. La traversée fut longue, et l’eau nous manqua tellement, que je fus obligé de partager la faible portion qui m’était délivrée avec le pied de café sur lequel je fondais les plus heureuses espérances; il avait tellement besoin de secours qu’il était extrêmement faible, n’étant pas plus gros qu’une marcotte d’œillet. » A grande peine, Desclieux parvint à le cultiver dans son jardin. « Le succès, ajoutet-il, combla mes espérances. Je recueillis environ 2 livres de graines, que je partageai entre toutes les personnes que je jugeai les plus capables de donner les soins convenables à la prospérité du café. » Le C. cultivé, C. d'Arabie {C. Arabica, Lin.), est un arbrisseau de 4 à 5 mètres, à feuilles persistantes, glabres, ovales, oblongues, acuminées. Ses fleurs sont blanches et réunies en fliisceaux axillaires. Ses fruits sont ovales et rouges. Le C. de Mauritanie, C. marron, C. Bourbon {C. Mauritanica, Larnk) , dont quelques auteurs ne font qu’une variété de la précédente espèce, se distingAe principalement par ses fleurs solitaires et ses fruits oblongs, à base aiguë.
Le C. paniculé (C. paniculata, Aubl.) est caractérisé par ses fleurs en nanicules et ses fruits bleuâtres. Il faudrait un volume pour donner la liste des ouvrages auxquels le café a donné lieu ; nous renvoyons donc à la bibliographie qu’en a donnée le Dictionnaire des sciences médicales.
(V. Rübiacées et au mot Thé, la fig. du Cafier). G — s.
GAGNIARDELLE (Mécanique industrielle) (du nom de son auteur). — Espèce de machine soufflante, imaginée par M. Gagniard de la Tour. G’est une vis d' Archimède d’un grand diamètre, assez courte et assez peu inclinée pour que ses deux extrémités plongent dans l’eau, et que l’on fait tourner sur son axe dans un sens contraire à celui qui ferait monter l’eau dans l’intérieur. A chaque révolution de l’appareil, un certain volume d’air est emprisonné dans la spire supérieure, et par la continuation du mouvement de rotation, cet air passe successivement dans les spires inférieures, où son volume diminue de plus en plus en même temps que sa pression augmente, Get air s’échappe ensuite de la dernière spire, par un tuyau qui y débouche après avoir pénétré dans l’appareil par l’ouverture centrale située à l’extrémité inferieure de la vis. L’air suit donc dans cet appareil une marche inverse à celle qui est suivie par l’eau dans la vis d’Archimède.
GAGOTS (Anthropologie). — Race flétrie et dégénérée, injustement réprouvée par la haine et le mépris publics, qu’on trouve dans quelques parties de la France méridionale (voyez Grétin; voyez aussi au mot Gagot du Dietioim. général debiogr., d’histoire, etc.).
GAIEPUT, Gajépot et Gaju-peti (Huile de) (Matière médicale). — Nom malais d’une huile volatile obtenue par la distillation des feuilles et des rameaux du Melaleuca cajeputi, de la famille des Myrtacées, arbuste des îles Moluques. L’huile de caiéput a une couleur verdâtre qu’elle doit aux vases de cuivre dans lesquels on a l’habitude de la distiller; on la dépouille du reste facilement ; de cette petite quantité de cuivre qu’elle contient, par ' une rectification convenable ; son odeur est vive et pénétrante ; elle peut être comparée aux odeurs réunies de la n térébenthine, de la menthe, de la rose et du camphre; elle | est soluble dans l’alcool et l’éther sulfurique. L’huile de f caiéput est stimulante; on l’a employée dans ces derniers >' temps contre le choléra; en frictions, soit pure, soit mêlée ? avec l’huile d’olives, d’amande douce, ou l’alcool ; à l’in- i térieur, dans une potion, ou à la dose de quelques gouttes i dans une infusion chaude. On l’a employée aussi dans les fièvres interii ictentes pernicieuses. .
GAIEÜX^ Gayeux (Botanique). — On appelle ainsi des ç