‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 138 sur 385 · NP · texte numérisé non relu

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Ces formules servent à démontrer certaines propriétés dessections coniques ou d’autres courbes usuelles.

Ainsi l’équation de la parabole y'^ = 2px^ rapportée à son sommet et à son axe, donne ydy =pdx^ d’où

y%:~P' sous-normale est donc constante.

Dans la courbe logarithmique x = log y, on a dx = log ^ ^ î d’où y ^ = log C’est ici la sous-tangente qui est constante.

Le calcul différentiel sert encore à reconnaître les points singuliers des courbes et à mesurer leur courbure. Enfin on l’applique à la théorie des surfaces.

La recherche des maxima et -des minima., celle de la vraie valeur des fonctions qui se présentent sous une forme indéterminée, le développement des fonctions par les séries de Taylor ou de Maclaurin sont autant d’applications importantes du calcul diflérentiel que Ton trouvera développées en leur lieu.

Voici des formules dont on se sert en arithmétique et qui résultent immédiatement des premiers principes du calcul différentiel.

Soit à ajouter deux quantités dont on connaît les valeurs approchées a et b; V erreur de la somme est la somme des erreurs §6 que comportent a et ô : car '^{a — f- 6) = ^Oj — |— ^b.

Si ces nombres sont multipliés entre eux. Terreur du. produit est \ab= b'ta d^b

L’erreur de leur quotient est

. « èS“a — ath

Pour les puissances et les racines, on a la formule générale = et comme cas particuliers

^.a2 = 2aS'a, —

On calcule ainsi Terreur absolue. Si Ton voulait avoir Terreur relative., il faudrait prendre le quotient de Terreur absolue du résultat par ce résultat lui-même ;

^{a b) Sa-\-Sb S.ab 5a ^8b

a b a b ' ab a b

formules bien connues et dont l’usage est fréquent (voyez: Dérivées, Calcul intégral, Calcul infinitésimal).

Calcul intégral. — Le calcul intégral est l’inverse du calcul différentiel ; il a pour objet de remonter d’une dérivée ou d’une différentielle donnée à la fonction d’où elle a pu être déduite. Soit u=^Y{x) une fonction de la variable x et f(x)dx sa différentielle ; on a par définition du — f{x)dx. La fonction u est dite V intégrale de f{x)dx., et on la représente par le signe / f{x)dx.

Une diflérentielle a une infinité d’intégrales, lesquelles ne diffèrent que par une constante. Si F(a;) a pour différentielle f{x)dx., F(æ) -j-C‘® sera l’expression la plus générale qui possède cette différentielle. C’est \ intégrale générale., ainsi par exemple : / Zx'^^dx = x^ C’®. Les intégrales particulières sont celles qui se déduisent de l’intégrale générale pour une valeur particulière attribuée à la constante arbitraire.

On sait toujours différencier une fonction /'(a?) exprimée au moyen des signes ordinaires de l’analyse, .m contraire, on ne sait que rarement intégrer une difleren»

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tielle f{x)dx prise au hasard. Toutefois, on conçoit que rintégrale existe toujours, et on peut se proposer ou de de la trouver ou d’en connaître les propriétés.

Procédés d' intégration. — Lorsqu’on reconnaît dans l’expression proposée la différentielle exacte d’une fonction connue, il suffit d’écrire cette fonction en lui ajoutant

une constante arbitraire. Exemple ; ^x'^dx— +6.

L’intégrale se déduit ici de la dérivée en augmentant l’exposant de X d’une unité et divisant par l’exposant ainsi augmenté. Ceci s’applique à un polynôme algébrique.

A rJr -{-1

(Aæ”*-!- Ex’”"* 4-...) dx = ; + + ... + C.

L’intégration immédiate conduit aussi aux résultats suivants :

r dx = — + C

) la

Jsin xdx = — cos x + G.

Intégration par substitution. — Si l’on reconnaît dans la différentielle proposée la forme d’une différentielle connue avec quelque léger changement, on tâche d’y remplacer la variable par une autre qui puisse simplifier l’expression. Soit, par exemple :

dx

a — bx'

on posera a — bx = z, d’où ^ , et la valeur de u

devient

Remettant enfin pour z sa valeur,

l[a — bx)

dx

— = Zx 4- C

J cos xdx = sin X 4- G

On voit immédiatement par la môme méthode que

dx

Intégration par décomposition . — Ce procédé consiste à décomposer la dérivée en plusieurs parties dont chacune soit séparément intégrable. Ainsi

dx

Intégration par parties. — Ce procédé, qui est d’un fréquent usage, repose sur une formule du calcul différentiel ;c/. uv = udv-{-vdu. D’où uv — judv-]r /ut/w, et, par suite

JmcZü = uv

J vdu.

Ce qui s’énonce ainsi : judv est égal au premier facteur U multiplié par l’intégrale du second facteur dv. moins l’intégrale de ce facteur intégré i», multiplié par la différentielle du du premier facteur. On fait donc dépendre l’intégrale proposée d’une autre qui peut être plus facile à obtenir. Exemple.

/xe® dx = Sxd (e^) = xe^ - /e^ dx = xe^ — 4- C

Jx cosx dx= Jx d (smx^^xsinx — Jsinx dx = X sin X 4- cos X 4- C.

Les explications qui précèdent ne donnent qu’une idée fort incomplète du mécanisme du calcul intégral, et sont complètement muettes sur ses immenses applications; le lecteur trouvera quelques détails particuliers aux articles qui, comme celui des Quadratches, comportent l’emploi des intégrales.

Nous le renvoyons, du reste, aux différents traités de calcul différentiel et intégral, et particulièrement à ceux de Sturm., M. Duhamel, l'abbé Moigno, etc.

Calcul infinitésimal. — Le calcul infinitésimal ou analyse infinitésimale comprend le calcul différentiel., le caflcul intégral, et s’applique d’ailleurs par ses principes généraux à toutes les formes diverses de l’analyse mathématique (voyez Calcul des probabilités. Calcul

DES VARIATIONS, CtC.).

La découverte du calcul infinitésimal ne remonte qu’au XVII® siècle, mais les questions par lesquelles on y a été conduit s’étaient présentées dès l’origine de la géométrie. Lorsque les anciens ont voulu comparer les figures curvilignes, soit entre elles, soit à des figures rectilignes, ils se sont trouvés en présence d’une difficulté qu’ils n’ont pu résoudre que par des artifices particuliers. Euclide et Archimède possédaient certainement une méthode propre à étudier les lignes courbes, mais ils ne l’employaient que pour l’invention. Dans leurs leçons et leurs écrits, ils préféraient le procédé de la réduction à Vabsurde, qui s’est conservé jusqu’à nos jours dans l’enseignement de la géométrie. Ce procédé , lent et pénible, avait du moins l’avantage de mettre la science à l’abri des objections des sophistes les plus subtils. C’est sous cette forme qu’Archimède nous a transmis ses plus importantes découvertes, telles que le rapport des surfaces et des volumes du cylindre et de la sphère, la quadrature de la parabole, les propriétés des spirales.

Ces questions, qui se rapportent surtout à la mesure de l’étendue, furent négligées après Archimède. Les travaux des autres grands géomètres de l’antiquité, de Pappus, d’Apollonius, de Ptolémée, appartiennent plutôt aux propriétés des figures et n’exigent pas absolument l’emploi des méthodes infinitésimales.

Pour retrouver quelques essais dans cette voie, il faut arriver à Viète, à Descartes, à Format, c’est-à-dire au commencement du xvii® siècle. Après une longue interruption, les écrits d’Euclide et d’Archimède avaient été traduits et commentés. On s’aperçut bientôt que leurs méthodes ne sont pas propres à inventer ; mais un immense progrès s’était déjà fait dans une autre science. L’algèbre apportait aux géomètres modernes des ressources inconnues aux anciens. C’est à Viète principalement que nous devons la création de cette science, dont la puissance réside dans les signes, où des combinaisons abstraites conduisent au résultat par une voie indirecte et pour ainsi dire mystérieuse. Viète aperçut aussi les premiers rapports de la géométrie avec l’algèbre ; mais la géométrie analytique proprement dite appartient à Descartes. Cet art de représenter les lignes et les surfaces par des équations a donné un essor prodigieux à la géométrie, et il n’a pas produit une moindre révolution dans les autres parties des mathématiques.

Parmi les conséquences que Descartes sut tirer de sa méthode (1637), il faut citer le problème de mener des tangentes aux courbes algébriques, problème que les anciens avaient résolu par des considérations toutes particulières. Les tangentes sont l’élément le plus indispensable de la théorie des courbes ; aussi Descartes dit-il, dans une de ses lettres, que c’est le problème qu’il a le plus désiré de connaître.

Dans le môme temps. Fermât, conseiller au parlement de Toulouse et l’un de nos plus grands géomètres, résolut de son côté le problème des tangentes. Sa solution s’étend aux courbes transcendantes tout aussi bien qu’aux courbes algébriques. Elle repose sur des considérations qui impliquent la méthode infinitésimale, et les plus illustres géomètres, d’Alembert, Lagrange, Laplace, Fourier, y ont vu la véritable origine du calcul différentiel. Fermât a encore résolu d’autres questions du môme genre, et notamment un problème relatif à la réfraction de la lumière, qui dépend de la théorie des maxima et des minima. Malheureusement, il se bornait à faire part de ses découvertes à ses amis, sans les publier, et les détails de sa méthode ne nous sont pas tous parvenus.

Roberval, l’émule de Descartes et de Fermât, donna aussi une règle pour comparer les grandeurs curvilignes, règle qu’il avait puisée dans les travaux d’Archimède. L’esprit de ces divers procédés, que Cavalieri avait déjà répandus sous le nom de méthode des indivisibles, ne diffère guère de la méthode infinitésimale proprement dite. Le grand avantage de celle-ci devait être dans la notation imaginée par Leibnitz.

Pascal applique cette méthode des indivisibles à l’étude de la cycloide ou roulette. C’est aussi sous la forme synthétique des anciens qu’il a publié ses solutions, et non

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d’après le système de Descartes, qui n’était pas encore devenu d’un usage familier. Dans le même temps, Wallis et Barrow, en Angleterre, s’occupaient de recherches analogues et préparaient la voie à Newton et à Leibnitz, les véritables inventeurs du calcul infinitésimal.

Ces deux grands génies se sont longtemps disputé riionneur de cette découverte. Dès l’année 1G5G, c’est-àdire à l’âge de vingt-quatre ans. Newton paraît avoir }30ssédé l’idée fondamentale de sa théorie. Il résolut dès lors diverses questions dépendant du calcul différentiel €t même certains problèmes de quadrature, questions d’un ordre inverse appartenant au calcul intégral. Peu empressé d’assurer ses droits. Newton se borna à communiquer de vive voix ses découvertes. Cependant Leibnitz, dans un voyage en Angleterre , fut informé des résultats obtenus par Newton. Son émulation étant excitée par leur nouveauté et leur importance, il chercha à les démontrer et trouva de son côté une méthode équivalente à celle de Newton.

En 1684, il publia, dans les Actes de Leipsick^ la méthode diflérentielle avec la notation qui lui est propre et de nombreuses applications à l’analyse et à la géométrie. Il s’assura ainsi un droit incontestable à l’invention do ce calcul que, le premier, il a rendu public, tandis que Newton, préférant son repos à sa gloire et à l’intérêt de ses contemporains, semblait oublier ses propres découvertes.

Pendant près de vingt ans, Leibnitz développa sans contestation toutes les parties du calcul infinitésimal et sut en tirer une multitude de conséquences. C’est au commencement du xviiie siècle seulement que commença le débat entre Newton et Leibnitz, débat très-animé qui a eu pour résultat d’assurer à cliacun d’eux un droit égal à la découverte. L’antériorité de Newton est incontestable, mais Leibnitz est arrivé séparément à sa méthode et a môme l’avantage de lui avoir donné la forme qu’elle a conservée depuis. Grâce à sa notation, ce calcul présente une application facile, des règles générales et simples, des analogies d’un immense secours. C’est dans cette invention que se développe dans tout son éclat le génie de Leibnitz. On le voit en saisir dès l’origine les applications à la géométrie pour la recherche des osculations de courbes, les applications à la mécanique dans le problème de la chaînette, et une foule d’idées heureuses que ses travaux si nombreux et si variés ne lui ont pas permis de développer, mais dont ses successeurs ont profité.

De son côté. Newton n’a disposé que de procédés lents •et embarrassés; il n’a pas donné à sa méthode la perfection dont elle est susceptible, mais il a su, néanmoins, par la puissance de son génie, l’appliquer à des questions jusqu’alors inaccessibles, et qui sont traitées dans le livre célèbre des Principes de la philosophie naturelle^ publié •en 1G86. L’importance et la généralité des découvertes, les vues originales et profondes assurent à ce livre, comme l’a dit Laplace, là prééminence sur les autres productions de l’esprit humain. On a reproché à Newton de cacher fréquemment la méthode qui le dirige, préférant se laisser deviner plutôt que d’éclairer ses lecteurs. Aussi son •ouvrage resta-t-il pendant longtemps dans une sorte •d’obscurité. On ne commença à l’étudier et à le bien enitendre que vers le milieu du xviiie siècle. On vit alors •que l’analyse infinitésimale est la clef des découvertes de Newton ; c’est par elle qu’il a acquis cette gloire scientifique que personne, dit Lagrange, n’égalera jamais, parce qu’il n’y a qu’un seul système du monde à trouver.

La méthode infinitésimale, comme toutes les découvertes récentes, trouva d’abord des contradicteurs. On l’attaqua sur la certitude de ses principes ; on prétendit môme la montrer en erreur. Mais les ressources qu’elle présentait pour la solution des problèmes, la concordance •de ses résultats avec ceux déjà connus, ne tardèrent pas à exciter l’émulation des géomètres. On vit les deux ! frères Jacques et Jean Bernouilli, de Bâle, fixer l’atten- I lion du monde savant par les problèmes qu’ils se proposaient comme défi. En Angleterre, c’est Taylor et Maclaurin, en France, le marquis de l’Hôpital, qui propagent et développent le calcul infinitésimal.

Le génie se montre héréditaire dans la famille des Bernouilli. Nicolas et Daniel devinrent bientôt aussi habiles ■que leur père. Ils eurent pour condisciple Euler, qui devait s’élever si haut comme analyste. Doué d’une fécondité prodigieuse, Euler a traité toutes les questions et les a éclairées d’un jour nouveau. La liste seule de ses mémoires compose un volume. Ses divers traités, avec V Introduction à Vanatyse des infiniment petits, forment un

ensemble complet qu’aujourd’hui encore il est indispensable de consulter.

C’est à cette époque que l’on commence à s'occuper du problème des isopérimètres. Euler a écrit sur ce sujet un bel ouvrage que les travaux postérieurs n’ont pas fait oublier. Mais il était réservé à Lagrange de créer, pour la solution des problèmes de ce genre, une méthode générale, dite calcul des variations, qui a contribué aux progrès de la mécanique tout autant qu’à ceux de la géométrie (voy. Variations (calcul des).

Depuis la mort de Pascal et de Fermât, la France n’avait pas produit de géomètre hors ligne. Elle reparaît au milieu du xviiie siècle avec Chiraut et d’Alembert. Ce dernier, à qui l’on doit un célèbre principe de mécanique et une théorie de la précession des équinoxes, a donné une remarquable solution du problème des cordes vibrantes, que Taylor avait ébauché avant lui, et a créé ainsi une branche de l’analyse qu’Euler et ses successeurs ont encore étendue.

On doit à Clairaut un traité des Lignes à double cour~ bure. Euler avait déjà publié sa belle théorie de la Courbure des surfaces. Plus tard, Monge a encore étendu les applications de l’analyse à la géométrie des surfaces.

Il est difficile, sans entrer dans des détails techniques, d’énumérer les progrès que l’analyse proprement dite a faits depuis un siècle. Qu’il nous suffise de citer les noms de Lagrange, Laplace, Legendre, Monge, Fouricr, et de leurs élèves et émules Gauss, Ampère, Poisson, Cauchy, etc. C’est dans les ouvrages originaux de ces savants qu’il faut étudier l’esprit des méthodes et la langue des mathématiques. Non-seulement on leur doit d’avoir étendu et perfectionné les connaissances de leurs prédécesseurs, mais ils ont enrichi la science de branches toutes nouvelles.

Les équations aux dérivées partielles, sur lesquelles Euler et d’Alembert n’avaient pu s’accorder, ont donné lieu à des recherches nombreuses. Lagrange, Poisson, Fourier, Jacobi, ont développé cette théorie, qui est d’un usage continuel dans la physique mathématique. L’usage des intégrales définies indiqué par Euler est devenu une mine féconde entre les mains de Fourier, Poisson, Cauchy, Dirichlet, Rappelons aussi la théorie des fonctions elliptiques sur lesquelles Legendre a composé d’immenses travaux et qui, depuis, a rendu célèbres les noms d’Abel, de Jacobi et de Cauchy. Enfin, il faut citer le calcul des différences finies qui est la base de la théorie des proba^ bilités.

Lorsqu’une science commence à se développer, les esprits, entraînés d’abord par la nouveauté des résultats, s’appliquent à en étendre les usages plutôt qu’à en éclaircir les principes. C’est ce qui est arrivé pour le calcul infinitésimal. Leibnitz crut sans doute que ceux qui en feraient usage en saisiraient d’eux-mêmes l’esprit. Aussi ne s’est-il pas arrêté à en établir rigoureusement les bases. On lui a reproché d’avoir considéré les grandeurs comme formées d un nombre infini d’éléments infiniment petits, sans définir ce qu’il entend par infiniment petit. On lui a reproché encore, en traitant ces infiniment petits comme des quantités seulement très-petites, de faire de simples calculs d’approximation et de ne pouvoir démontrer que le résultat auquel il arrive est rigoureusement exact. Ces difficultés ont occupé longtemps les géomètres et même les philosophes. Euler et d’Alembert ont cherché à les éluder, le premier en considérant les infiniment petits comme des zéros absolus, le second en évitant leur emploi par l’usage de la méthode des limites et l’introduction du rapport différentiel. Enfin Lagrange, dans ses Leçons sur le calcul des fonctions, a développé une théorie célèbre où il prétend ramener au calcul algébrique tous les procédés du calcul infinitésimal, en écartant rigoureusement toute idée de l’infini.

Malgré l’autorité de son nom, la méthode de Lagrange n’a pas prévalu. On a reconnu que l’emploi des séries qu’il prend pour point de départ n’est pas suffisamment exact. Cauchy a rendu un éminent service en proscrivant l’emploi des séries divergentes dans la démonstration des principes fondamentpx qu’il a su établir directement. C’est sa méthode qui est aujourd’hui généralement suivie ; elle a dissipé tous les doutes qu’on avait pu concevoir à l’origine sur la rigueur des principes du calcul différentiel.

Une autre méthode très-remarquable, et qui paraît se rapprocher davantage de celle de Leibnitz, a été proposée par Carnot dans ses Réflexions sur la métaphysique du calcul infinitésimal. Dans ces derniers temps. Poisson a tenté d’introduire dans l’enseignement la méthode

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infinitésimale proprement dite. Il considérait les infiniment petits non-seulement comme un moyen dünvestigalion précieux en géométrie, mais aussi comme ayant une existence réelle. On doit reconnaître que cette méthode est presque indispensable pour résoudre les questions compliquées, mais il est souvent nécessaire d’en vérifier les résultats par celle des limites. Nous ne pouvons ici insister sur ce point, mais il importait de montrer que les difficultés qu’entraîne la considération de l’infini et des infiniment petits ne sont pas inhérentes au calcul différentiel et ne sauraient jeter d’incertitude sur les résultats que l’on en tire.

Parmi les ouvrages où l’on peut apprendre le calcul infinitésimal, nous citerons le Grand Traité du calcul différentiel et du calcul de Lacroix; le Traité

élémentaire de la théorie des fonctions et du calcul infî~ nitésimaf par M. Gournot ; les Leçons de calcul différentiel et de calcul intégral., rédigées par M. l’abbé Moigno, principalement d’après les méthodes de Cauchy; le Calcul infinitésimal., de M. Duhamel; le Cours d'analyse de r École polytechnique., par Navier; celui de Sturm, etc. Pour l’histoire de la découverte de ce calcul, on consultera la dernière édition du Commercium epistolicum., publiée par MM. Biot et Lefort. Enfin on ne devra pas négliger d’étudier les ouvrages de Lagrange, ceux de Cauchy, et il conviendra môme de remonter aux ouvrages plus anciens, tels que V Analyse des infiniment petits., de l’Hôpital ; les Traités de Maclaurin, d’Euler, etc.

Calcul des différences. — Voyez Différences.

• Calcul des proraeilités. — Voyez Probabilités.

Calcul des Variations. — Voyez Variations Bba-

CHYSTOGHRONE, TaUTOCIIRONE.

Calculer (Machines a). — Appareils destinés à effectuer mécaniquement des calculs plus ou moins compliqués ; il en existe de plusieurs sortes reposant sur des principes différents. La plus usitée d’entre elles est fondée sur les propriétés de l’échelle logarithmique ; elle constitue la règle à calcul (voyez Logarithmes).

Un autre genre de machines permet d’obtenir d’une manière graphique, sans la mesure d’aucune longueur ou d’aucun contour, la valeur de l’aire superficielle d’une figure : ce sont les planimètres ; le plus employé est dùàM. Beuvière (voy. Sonnet, Dict. des Math, appliq.

Enfin les machines à calculer proprement dites sont celles où les opérations sont effectuées par une disposition mécanique spéciale, le résultat étant indiqué par des chiffres qui apparaissent en un point déterminé de l’appareil ; telle est l’ancienne machine arithmétique de Pascal, celle du docteur Roth, la machine de M. Thomas de Colmar (arithmomètre), la machine de MM. Maurel et Jayet (arithmaurel), etc. Il est difficile, sans sortir du cadre d’un article de dictionnaire, de décrire clairement ces divers appareils dont le mécanisme est souvent fort compliqué ; nous nous bornerons à donner une idée des principes qui servent à leur construction.

Les machines à compter, telles que celles de Pascal et du docteur Roth, sont iormées par un système de roues à rochet ne pouvant tourner que dans un sens. Il y a autant de ces roues que d’ordres d’unités dans le plus grand nombre qui puisse être écrit, et chacune des dents correspond aux différents chifires 1, 2, 3..., qui peuvent apparaître sur une ouverture spéciale de l’instrument. En outre, à chaque révolution complète de l’une des roues, un taquet fait marcher d’un cran la roue correspondant aux unités de l’ordre supérieur, ce qui permet de faire une addition quelconque. La soustraction s’effectue par un système de chiffres placés dans l’ordre inverse sur chacune des roues, de façon que la somme des deux chifires voisins soit constamment égale à 9. Cette disposition mécanique a été utilisée dans les compteurs à gaz et les divers compteurs de machines (voyez Compteurs).

La machine de MM. Maurel et Jayet et celle de M. Thomas permettent d’effectuer une multiplication et les opérations qui en dérivent; avec cette dernière en particulier, au point de perfection où elle est arrivée aujourd'hui, on peut multiplier 8 chiffres par 8 chiffres en 18 secondes; diviser 16 chiffi-es par 8 chiffres en 24 secondes, extraire une racine carrée de 16 chifires en moins d’une minute. Ce résultat s’obtient par un système de roues et de pignons numérotés et dont les rapports de vitesse correspondent précisément aux différents chiffres du multiplicande et du multiplicateur (voyez le Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye).

Le boulier compteur, décrit à l’article Abaque, est une sorte de petite machine à calculer (voyez Abaque).

1 CALEBASSE (Botanique). — On donne ce nom au fruit du Cucurhita lagenaria {Lagenaria vulgaris. Lin.) (Cucurbitacées), appelé aussi, lorsqu’on en a extrait la pulpe et les graines. Courge vidée et séchée., ou tout simplement Gourde (voyez ce mot). Le nom de calebasse s’applique également au fruit des Calebassiers (voyez ce mot), de la famille des Bignoniacées, désigné aussi vulgairement sous le nom de Corcis. On doit remarquer que ces deux genres de plantes n’ont de rapport entre eux que par l’usage que l’on fait de l’écorce de leur fruit et qu’ils, appartiennent à des familles de plantes très-éloignées dansla classification.

Calebasse. — Espèce de fourneau à creuset servant à la fusion de petites quantités de fonte ou d’autres métaux destinés au moulage. Les calebasses des plus grandes dimensions et pouvant fondre jusqu’à 600 kil. de métal,, sont formées d’une poche en forte tôle garnie intérieurement d’argile et munie d’un double bras de levier en fer servant à la manœuvrer. Cette poche, qui porte plus jiarticulièrement le nom de calebasse., est recouverte d’un tour de feu cylindrique, en tôle également, garni d’argile à l’intérieur. Le tout est disposé contre un mur en briques traversé par la tuyère d’un ventilateur venant déboucher dans l’appareil immédiatement au-dessus de la poche, et, pour que la chaleur se conserve mieux, l’appareil est enveloppé à sa partie extérieure, jusqu’à moitié environ de sa hauteur, d’une épaisse couche de sable.

Le métal à fondre est introduit dans le fourneau avec une charge convenable de charbon ou de coke et on donne du vent. Lorsque la fusion est complète, ce dont on s’assureen sondant avec un ringard, on déblaye le sable, on enlève le tour du feu, on retire le coke avec un râteau et on. l’éteint avec de l’eau, puis on saisit la calebasse par son support pour faire la coulée.

D’après Réaumur, la calebasse était employée en France dès le commencement du dernier siècle ; elle est encorn très-répandue en Belgique, tandis qu’en France on paraît l’avoir totalement oubliée pour les cubilots., malgré ses avantages incontestables au moins pour la fonte de fer. Les fondeurs ambulants doivent leur nom de calebassiers à l’usage qu’ils faisaient de la calebasse.

GALEBASSIER (Botanique), Crescentia, ainsi nommé parce que les habitants des Antilles se servent des fruits de ces arbres en guise de vases, comme nous employons les gourdes-calebasses iyoyQZ ce dernier mot). — Nom vulgaire du genre Crescentia, Lin., appartenant à la famille des Bignoniacées cX type de la tribu des Crescentiées. Les caractères principaux de ce genre sont: calice caduc à 2 divisions; corolle à limbe divisé en 6 lobes ondulés; 4 étamines didynames; fruit à écorce ligneuse et renfermant, dans une seule loge, une pulpe abondante. Les calebassiers sont des arbres appartenant aux parties chaudes de l’Amérique. Leurs feuilles sont alternes, simples, rarement à 3 folioles ; dans ce cas, le pétiole est ailé. Leurs fleurs sont le plus souvent solitaires ou réunies en grappes. Le C. a longues feuilles (C. cujete\ Lin. ; nom brasilien) a les rameaux allongés, les feuilles fasciculées,. à pétiole court et terminées en pointe à leurs deux extrémités. Les fleurs sont tachées de pourpre et de i jaune sur un fond verdâtre. Son fruit est plus ou moins globuleux et atteint souvent trente centimètres de dia- | mètre; l’écorce en est ligneuse, solide et recouverte | d’un épiderme lisse et mince, d’un jaune verdâtre; la. ^ pulpe, où se trouvent nichées un grand nombre de petites graines cordiformes, est jaunâtre et d’un goût aigrelet. Les indigènes des Antilles, où croît en abon- < dance cette espèce, font du péricarpe des calebasses, i après en avoir retiré la pulpe à l’aide de l’eau bouil- ^ lante, des vases, des plats, des bouteilles, des gourdes | et autres ustensiles qu’ils polissent et ornent de des- | sins et de peintures. Avec la pulpe on fait aussi un sirop- i qu’on dit être très-bon dans les maladies de poitrine. Il i est également préconisé comme un bon vulnéraire. Enfin, ) le bois du calebassicr, estimé pour sa dureté, sa blancheur | et le beau poli qu’on peut lui donner, est employé quel- j quefois à faire des meubles. Chez certaines peuplades de ^ l’Amérique du Sud, on creuse des calebasses, puis on les i remplit de maïs ou de petites pierres ; en agitant ces r fruits ainsi préparés, les indigènes croient s’entretenir r avec leur dieu Toupan. Ils gardent ces calebasses avec v un grand soin et leur rendent chaque jour un culte reli- | gieux. Parmi les autres espèces les plus connues, on *; distingue aussi le C. acuminé {C. acuminata, Kunth.), ji; originaire du Brésil et principalement caractérisé par ses 4. feuilles élargies à la base et ses fruits à écorce fragile j l| le C. à feuilles larges (C. cucurbitina., Lin.; C, latifo-

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lia^ Lamk), qui présente des feuilles éparses, coriaces, assez semblables à cel-les du citronnier, et des fleurs d’un blanc roux; cette espèce vient à la Jamaïque); enfin le C. ailé (à. alata^ Kuntli.), qui diffère surtout des précédents par ses pétioles ailés terminés par 3 folioles et par ses fleurs rouges à lobes crispés. G — s.

CALÉFACTION (Physique). — Évaporation d’un liquide au milieu de circonstances toutes spéciales.

Un liquide est versé en petite quantité et doucement sur une plaque métallique chauffée au rouge vif ; il s’y rassemble en une masse régulière aplatie, tranquille ou simplement animée d’un mouvement de vibration sur ellemême, et peut y rester plusieurs minutes avant qu’elle se soit évaporée complètement. Mais si pendant l’intervalle le métal s’est refroidi à un degré convenable, un sifflement se fait entendre, l’ébullition se fait très-activement et le liquide disparaît en un instant. Ce phénomène, examiné pour la première fois par Leidenfrost, l’a été récemment et avec les plus grands soins par M. Boutigny, qui a nommé état sphérdidal l’état particulier dans lequel se trouve un liquide en contact avec un corps chauffé à un assez haut degré pour que l’ébullition cesse de s’y produire.

Pendant la caléfaction, le contact du métal et du liquide ira, en réalité, jamais lieu, car on peut apercevoir la lumière entre eux deux ; ce contact est empêché par une couche de vapeur émanant du liquide, ou par Tinfluence inconnue qu’exerce la chaleur dans ce cas. Toujours est-il que la chaleur se transmet difficilement du métal au liquide, et à mesure qu’elle y passe, elle est emportée à l’état de chaleur latente par la vapeur formée, en sorte que la température du liquide ne s’élève pas jusqu’à l’ébullition.

Des nombreux phénomènes observés par M. Boutigny, celui qui frappe le plus est la congélation de l’eau dans une capsule chauffée au rouge. Pour obtenir ce résultat, on verse dans la capsule de l’acide sulfureux liquide qui y prend l’état sphéroïdal, et, comme l’acide sulfureux, bout à 10“ au-dessous de zéro, sa température y est nécessairement inférieure à ce degré; aussi, si on plonge pendant quelques instants dans cet acide une petite ampoule de verre remplie d’eau, et qu’on la retire, on la trouve remplie de glace. On se contente quelquefois de verser quelques gouttes d’eau dans l’acide. On en retire une espèce de givre très-blanc, qui est de l’hydrate d’acide sulfureux congelé.

Une autre expérience montre toute l’importance pratique de la caléfaction comme cause d’explosion des chaudières à vapeur. A l’aide d’une lampe, on chauffe jusqu’au rouge le fond d’une petite chaudière, et on y verse, au moyen d’une pipette, 2 grammes d’eau distillée ; on retire la lampe et on touche fortement. La chaudière -se refroidit. Bientôt un léger bruissement se fait entendre ; c’est l’eau qui abandonne l’état sphéroïdal et touche la paroi. Aussitôt une violente explosion a lieu, et le bouchon est lancé au loin.

D’après M. Boutigny, l’eau prendrait l’état sphéroïdal dès 171“, l’alcool absolu à 134“, l’éther à 64“. Ces températures sont, comme on voit, bien éloignées du rouge.

CALENDRIER (Astronomie). — Le calendrier a pour objet de diviser le temps conformément aux besoins de l’agriculture et des relations civiles. Le retour périodique des saisons est la base fondamentale du calendrier. Or, la période des saisons est Vannée tropique^ dont la durée est de 3G5j, 24222. Si l’année se composait d’un nombre entier de jours, il serait tout simple de faire Vannée civile égale à ce nombre de jours ; on la subdiviserait ensuite en fractions plus petites, en mois et en semaines.

Mais l’année ne renfermant pas un nombre rond de jours, il n’a pas été possible de prendre l’année civile exactement égale à l’année tropique. Toutefois, il suffit que la différence entre ces deux années ne devienne pas appréciable; et c’est à quoi l’on est parvenu à l’aide de la méthode des intercalations.

Le premier calendrier où se trouve assez bien réalisée cette concordance de l’année civile et de l’année solaire est le calendrier Julien, qui doit son nom à Jules César ; il fut établi quarante-six ans avant Jésus-Christ, par l’astronome Sosigène, que César avait fait venir à cet effet d’Alexandrie. Dans ce calendrier, l’année est de 365 jours, mais tous les quatre ans il y a une année bissextile ou de 366 jours. Cette intercalation d un jour en quatre ans, revient évidemment à ajouter ~ de jour chaque année, ou à supposer l’année tropique de 3661,25.

Or, la durée de l’année tropique est de 3651,2422; I

l’année julienne est donc trop longue de 01,0078, ou de 1 1 minutes environ. Cette différence paraît très-faible, mais en s’accumulant elle fait un jour au bout de 130 ans. Il résulte de là que l’équinoxe du printemps qui, à la réforme du calendrier par Jules César, avait lieu le 25 mars, arriva le 24 mars au bout de 130 ans, puis le 23 mars, et enfin en 325, lors du concile de Nicée, il arrivait le 21 mars.

Le calendrier Julien fut adopté par le concile de Nicée pour servir à régler la date des fêtes de l’Église. L’équi- y noxe du printemps fut également fixé au 21 mars, et la fête de Pâques au dimanche qui suit la première pleine lune postérieure au 20 mars ; de sorte que cette fête peut être célébrée au plus tôt le 22 mars, et au plus tard le 25 avril. On admit encore que la durée de l’année était de 3G5j,25, de sorte que l’époque de l’équinoxe continua de rétrograder d’un jour tous les 130 ans.

A la fin du xvi* siècle, l’erreur était de 1 0 jours, c’està-dire que l’équinoxe du printemps avait lieu le 1 1 mars, et non plus le 21. Si l’on eût laissé aller ainsi les choses, la fête de Pâques aurait fini par être célébrée en été, puis en automne, etc. Pour remédier à cet inconvénient, le pape Grégoire XIII, sur l’invitation du concile de Trente, consulta les astronomes et substitua à l’ancien calendrier celui qu’on nomme Grégorien. Voici en quoi consiste la réforme grégorienne.

On ramena l’équinoxe au 21 mars en supprimant

10 jours, et le lendemain du 4 octobre 1582 s’appela le 15 octobre. Puis, afin d’éviter dans l’avenir le retour d’un pareil désordre, on décida que chaque 100 ans une bissextile serait supprimée, mais que cette bissextile serait maintenue chaque 400 ans. Ainsi l’année 1600 fut bissextile, 1700, 1800, 1900 ne le sont pas, 2000 le sera, etc.

11 est évident que supprimer une bissextile tous les cent ans revient à diminuer de 0J,ol la durée de chaque année ; et restituer cette bissextile tous les 400 ans, c’est ajouter à la durée de l’année fX0j,01 =01,0025. De sorte qu’en définitive la durée de l’année civile dans le calendrier grégorien est

Elle ne diffère de l’année tropique 365,2422 que d’une quantité insignifiante faisant à peine un jour en 4000 ans.

Les années bissextiles sont celles dont la date est divisible par 4 : ainsi 1860. Les années séculaires non bissextiles sont celles dont les centaines du millésime ne sont pas divisibles par 4 : ainsi 1800, parce que 18 n’est pas divisible par 4.

La réforme grégorienne fut adoptée en France en décembre 1 582 ; elle le fut bientôt après dans les autres pays catholiques. Mais les États protestants de l’Allemagne ne l’ont adoptée qu’en 1700, et les Anglais en 1752.

Les Russes et les Grecs suivent encore le calendrier Julien; ^aujourd’hui la différence entre les deux calendriers est de 12 jours, à cause des bissextiles supprimées en 1700 et 1800, de sorte que le jour que nous appelons 20 décembre est chez eux le 8 décembre ; et quand ils sont au 1“'^ janvier, nous sommes déjà au 13 janvier.

Les années se comptent à partir de la naissance de Jésus-Christ, qui est l’ère chrétienne ou vulgaire. Le commencement de l’année civile est fixé au minuit qui sépare le 31 décembre du janvier. Cette époque du commencement de l’année a varié suivant les temps et les lieux. Elle a été fixée à Pâques, à la Noël, au 25 mars.

C’est sous le règne de Charles IX (1563) que la date du 1er janvier a été définitivement adoptée en France, comme point de départ de l’année (voyez Année, Astronomie, Répoblicain, Saisons). E. R.

Calendrier de Flore (Botanique). — Linné a nommé ainsi le tableau des floraisons qu’il dressa à Upsal. Mais on comprend que, suivant les climats, les floraisons des mômes plantes ont lieu à des époques différentes. Aussi le calendrier de Flore doit-il varier selon les localités.

Un seul exemple suffira pour faire apprécier ces variations. La floraison de l’amandier a lieu dans la première quinzaine de février, à Smyrne ; dans la seconde quinzaine d’avril en Allemagne, et dans le commencement de juin à Christiania. On trouvera des études fort intéressantes sur l’époque de la floraison dans un mémoire allemand de Schubler [Flora, 1830, p. 353), et une autre de Gœppert dans les Mémoires des curieux de la nature, t. XV, part. 2. Voici, — sauf quelques modifications, — un calendrier de Flore, dressé par Lamarck pour le climat de Taris.

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Aune.

Saule marceau.

Cornouiller mâle.

Hépatique à 3 lobes, Androsace carnée.

Soldanelle.

Buis.

Thuya.

Arabette des Alpes.

Ficaire.

Prunier épineux.

Tulipe.

Draba aizoïde. Draba printanière.

Saxifrage granulée.

Saxifrage à 3 point.

Asaret d’Europe.

Parisette à 4 feuill.

Pissenlit.

Les pommiers.

Lilas,

Marronnier d’Inde.

Arbre de Judée.

Merisier à grappes.

Frêne à fleurs.

Faux-ébén. (Cytise) Spirée filipendule.

Les sauges.

Coqueret alkékenge Coquelicot.

Cardiaque officinale Ciguë.

Tilleul.

Vigne.

Les nigelles.

Hysope .

Les menthes Origan.

Carotte.

Tanaisie.

Les œillets.

Les scabieuses.

Parnassie.

Gratiole.

Balsamine desjard.

Fragon à grappes.

Arabe épineuse.

J.-»nvîer.

L’hellébore noir.

Février*

Noisetier.

Daphné bois-gentil.

ülars.

Hellébore d’hiver.

Amandier.

Pêcher.

Abricotier.

Groseillier.

Tussilage pétasite.

Tussilage pas-d’ànc.

Benoncule tête-d’or.

Giroflée jaune.

Avril.

Jacinthe.

Lamier blanc.

Les pruniers.

Anémone des bois.

Orobe printanier.

Petite pervenche.

Frêne commun.

Charme.

Bouleau.

Mai.

Pivoine.

Alliaire.

Coriandre.

Bugle.

Aspérule odorante.

Bryone.

Muguet.

Épine-vinette.

Juin.

Berce des prés.

Les nénuphars.

Brunelle.

Lin.

Cresson de fontaine.

Seigle.

Avoine,

Orge.

Juillet.

Petite centaurée.

Monotropa hypopi- Les laitues. [tys.

Les inules.

Salicaire.

Chicorée sauvage.

Août.

Euphraise jaune.

Plusieurs asters.

Viorne.

Coreopsis.

Septembre.

Lierre .

Cyclamen.

Perce-neige.

Primevère officinale Corydalis bulbeux.

Narcisse faux narcisse.

Anémone en forme de renoncule.

Safran printanier.

Saxifrage à feuilles Alaterne. [charn.

Orme .

Fritillaire impériale Lierre terrestre.

Jonc des bois.

Jonc champêtre.

Céraiste des champs Les érables.

Prunier ftlahaleb.

Les poiriers, etc.

Bourrache.

Fraisier.

Potentille argentine.

Chêne.

Iris, etc., et le plus grand nombre des plantes.

Blé.

Digitale.

Pied-d’alouette.

Millepertuis.

Bleuet.

Amorpha.

Azédarach.

Verge d’or.

Catalpa.

Céphalanthe d’Occi- Houblon. [dent.

Chanvre, etc.

Budbeckie.

Le silphium.

etc., etc.

Amaryllide jaune.

Colchiq. — Safran.

Octobre.

Aster à grand, fleur. I Topinambour. | Aster grêle.

ivovembre.

Chrysanthèmes de l’Inde, etc.

CALENTURE (Médecine), en espagnol calentura^ du latin calere^ être chaud, enflammé. — Délire frénétique qui frappe spontanément les marins^ sous les latitudes très-chaudes. Elle est due moins à la chaleur directe des rayons solaires, qu’à cette atmosphère embrasée qui se montre en permanence dans l’intérieur des vaisseaux, et au milieu de laquelle vivent les personnes qui sont à bord. L’invasion de la maladie a lieu pendant la nuit ; elle est caractérisée par un délire furieux, et surtout par une envie irrésistible de se jeter à la mer, si on n’emploie pas la force pour s’y opposer. La saignée paraît être le moyen de traitement par excellence, puis les calmants, les évacuants, les boissons rafraîchissantes, telles que petit-lait, limonades, etc. Ce traitement bien dirigé amène .ordinairement une prompte guérison.

CALE AT. — Ouvrier chargé de calfater ou de boucher avec des étoupes goudronnées les jointures par lesquelles l’eau pourrait pénétrer dans l’intérieur des bâtiments en

mer. Cette opération se fait avec un marteau et un ciseau appelé aussi cal fat.

CALICE OU C.4LYCE (Botanique), du grec et du latin calyx., calice ou bouton de fleur. — On donne ce nom à l’enveloppe extérieure de la fleur, qui est de nature analogue aux feuilles. Linné lui donne quelquefois le nom poétique de thalamus ou de lit nup~ tial / Mœnch regarde comme calice l’enveloppe verte dos fleurs, qu’elle soit extérieure ou solitaire. Tournefort considère comme appartenant au calice l’enveloppe externe, lorsqu’il y en a deux, et celle qui adhère avec le fruit quand il n’y en a qu’une. C’est aujourd’hui l’avis de la plupart des botanistes, et lors môme que les enveloppes florales sont de môme nature, comme dans le lis, on distingue par l’insertion le calice et la corolle : l’un est le verticille extérieur, et l’autre le verticille intérieur. De Jussieu réunit, au contraire, ces deux enveloppes sous le nom commun dec«/zee. Il donne également ce nom à l’enveloppe externe, lorsqu’il y en a deux, et aux enveloppes solitaires ou périgones simples. Les pièces dont est composé le calice se nomment sépales ou phylles. Lorsque ces parties sont libres entre elles, le calice est dit dialysépale [fiy. 394); quand, au contraire, ces parties sont plus ou moins soudées de manière à n’en former

le calice est dit gamosépale l’appui de cet aperçu t'iéo-

Fis. 39V.

Calici; dialysépale du lin vivace.

Fig. 393.

Calice gjinosépale du silène pendant.

qu’une seule en apparence, ou gamophylle [fiq. 395). A rique, des observations ont prouvé que les sépales ainsi que les pétales naissaient sous la forme de petits mamelons distincts qui ne tardent pas à se souder dans les plantes où le calice est gamophylle. Le calice est ordinairement vert, mais il peut être parfois coloré comme dans l’ancholie, le fuchsia, un grand nombre de monocotylédones. Il est dit alors pétalo'ide. Le calice peut aussi être réduit, quant à son limbe, à une aigrette (voyez ce mot), comme dans les plantes de la famille des Composées. Il est à\i caduc lorsqu’il tombe avec la corolle, fugace quand il tombe avant la fécondation, comme dans le pavot. Il est, au contraire, persistant lorsqu’il subsiste après la floraison, comme dans les Labiées, les Borraginées, un grand nombre de Rosacées. Qu and il persiste, mais qu’il se dessèche, il a?,ima7xescent^ comme dans le mouron, la ronce, etc. Enfin, il peut non-seulement persister, mais s’accroître après la floraison : ainsi, dans plusieurs coquerets [phy salis) ^ il se développe de manière à abriter le fruit comme dans une petite lanterne. G — s.

CALICULE (Botanique). — On nomme ainsi une sorte d’involucre qui, ne contenant qu’une fleur, adhère à la base du calice. Cet organe tire son nom de ce qu'il représente un second calice comme on peut l’observer dans les mauves, les guimauves, les hibiscus et d’autres encore. Dans le genre Pileanthus (myrtacées), établi par La Billardière, ce calicule est parfaitement clos ; au moment de l’épanouissement, il s’ouvre en travers et se détache en manière d’opercule, laissant voir ainsi la fleur avec ses enveloppes et ses organes sexuels. G — s.

CALIDRIS (Zoologie). — Cuvier a emprunté ce nom scientifique à Aristote et àBiisson pour désigner lesmaubêches^ sous-genre du grand genre Bécasse (voyez Malbêche).

CALIGE (Zoologie), Caligus, Midi. — Genre de CruS' iacés de l’ordre des Pœcilopodes , famille des Siphonostomes^ tribu des Caligides^ Latr. Désignés d’abord sous le nom de Poux de poissons. Ce sont des animaux parasites qu’on trouve cramponnés sous les écailles des requins, des saumons, des merlans, etc., longs de 0“,f 07 à 0'",008; leur abdomen porte à son extrémité, dans la plupart, deux longs filets, et chez d’autres des appendices en forme de nageoires.

CALIMERIS (Botanique). — Espèce du genre Aster (voyez Astère)'

GALLE (Botanique), Calla, Lin., du grec kallaia, caroncule qui pend sous le bec des coqs. Nom donné à ces plantes à cause de la spathe de la fleur qui ressemble en grand à ces appendices charnus. — Genre de plantes de la famille des Aroïdées^ typG de la tribu des Callacees. Il comprend des herbes à spathe persistante et à spadice entremêlé de pistils et d’étamines, La C. des marais {C.pa^ lustris, Lin.) a le rhizome épais, renfermant un principe âcre et de la fécule, cjui devient comestible par la cuis-

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son. Sa spathe est blanchâtre et son spadice est jaune. Cette plante est abondante dans les régions septentrionales de l’hémisphère boréal, où on mange ses racines cuites. On l’a naturalisée dans quelques mares de la forêt de Marly, aux environs de Paris. La C. d’ Éthiopie {C. Æthiopica^ Lin.) appartient aujourd’hui à un genre voisin (voyez Richardia).

CALLEUX (Corps) (Anatomie). — On appelle ainsi, dans le cerveau, une espèce de traverse blanche, étendue d’un hémisphère à l’autre, et qu’on aperçoit au fond de la scissure médiane, lorsqu’on écarte les deux hémisphères ; c’est le mésolobe de Chaussier. Cette partie du cerveau, entièrement formée de substance médullaire, couvre les deux ventricules latéraux. Lapeyronie y plaçait le siège de l’âme (voyez Cerveau).

CALLIG^ARPA (Botanique), Callicarpa, Lin., du grec kallos^ beauté, et karpos^ fruit. Les drupes de la plupart des espèces de ce genre sont souvent colorées d’une teinte pourprée très-vive. — Genre de plantes de la famille des Verbénacées^ tribu des Viticées. Caractères : calice persistant; corolle à 4-5 divisions égales; étarnines saillantes ; ovaire à 4 loges, à un seul ovule; le fruit est une drupe bacciforme renfermant 4 noyaux. Les espèces de ce genre, à peu près au nombre d’une vingtaine, sont des arbres ou des arbrisseaux à rameaux ordinairement tomenteux, blanchâtres ou roux. Leurs feuilles sont opposées et leurs fleurs, quelquefois polygames, forment des cimes axillaires. Elles habitent les Indes orientales, les régions chaudes de l’Amérique, la Nouvelle-Hollande, etc. L’espèce la plus rustique est la C. américaine, Burcardie de Duhamel (C. americana. Lin.) ; elle réussit aux États-Unis et se cultive très-bien en pleine terre sous le climat de Paris. G — s.

GALLICHROME (Zoologie ) , Callichroma , du grec kalli-chrôma, beauté de couleur. — Genre de Coléoptères tétramères^ famille des Longicornes, tribu des Cérambycins, grand genre Capricorne. Ce sont, en général, des insectes remarquables par les couleurs vives et brillantes dont ils sont parés. Le C. musqué, qu’on trouve sur les saules, long de 0“.,025, est entièrement vert ou bleu foncé ; il répand une forte odeur de rose.

CALLICOME (Botanique), Callicoma, Andr., du grec kallos, beauté, et komê, cheveu, poil, à cause des poils qui couvrent plusieurs organes de la plante, principalement l’ovaire. — Genre de plantes de la famille des Saxifr âgées, iYihvi des Cunoniacées. La C.à feuilles dentelées [C. serratifolia, Andr.) est un arbrisseau à feuilles simples, opposées, lancéolées, dentelées, blanchâtres en dessous, ressemblant assez à celles du châtaignier. Ses fleurs sont jaunes et disposées en capitules globuleux d’un très-joli effet. Cette espèce, qui ne s’élève guère à plus de 1™,50, est originaire de la Nouvelle-Hollande et se cultive en serre tempérée.

GALLIDIE {Zoo\og\e),Callidium, du grec kallos, beauté, et idea, forme. — Genre à' Insectes coléoptères té traméres, famille des Longicornes, tribu des Cérambyeins, grand genre Capricorne. On trouve les callidies dans les bois sur les troncs des vieux arbres, dans les chantiers et jusque dans nos appartements; quelques espèces fréquentent les fleurs. Quand on les inquiète ou qu’on les saisit, ces insectes font entendre un bruit particulier qui résulte du frottement du protothorax sur la base de l’écusson. LaC. sanguine, leC. porte-faix athxC . arquée, se trouvent communément dans nos bois et nos chantiers; elles ont environ de 0‘“,010 à 0“,012 de longueur.

GALLIMORPHE (Zoologie), Callimorpha , Latr., du grec kallê-morphê, beauté de forme. — Genre éé Insectes lépidoptères noctunies, tribu des Faux-Bombyx. Quoique appartenant à la famille des Nocturnes, on les voit voltiger en plein jour dans les endroits les plus exposés au soleil. Une espèce très-commune dans notre pays est celle dont la chenille se trouve sur le séneçon [Bombyx jacobea). Elle est noire et ses ailes supérieures ont une ligne et deux points d’un rouge carmin. Sa chenille est jaune avec des anneaux noirs.

CALLIONYME {Zoo\og\e), Callionymus, Un., du grec kaliiônumos, beau nom. — Genre de Poissons acayithoptérygiens, famille des Gobioïdes. Ce sont de jolis poissons â peau lisse, nue et sans écailles, remarquables parce que les ouïes sont ouvertes seulement par un trou de chaque côté de la nuque; une espèce très-commune dans la Manche est le Savary ou Doucet [C. lyra. Lin.), de couleur orangée, tacheté de violet. Bonne à manger.

CALLIOPSIS (Botanique). — Genre établi par Reichenbach aux dépens du genre Coreopsis, appartenant à la famille des Composées^ tribu des Sénécionidées , sous-

tribu des Hélianthées. La plupart des botanistes en font un sous-genre du Coréopsis (voyez ce mot), et le caractérisent ainsi : style à 2 branches tronquées, terminées par un pinceau de poils; akènes tronqués au sommet, dépourvus d’aigrettes. Le C. des teinturiers est plus connu sous le nom de Coréopsis (voyez ce mot). Le C, d'Atkinson [C.atkinsoniana, Hook. ; Douglas)

est une herbe vivace qui ne s’élève guère à plus de 1 mètre. Ses feuilles sont profondément découpées. Ses ligules sont à 3 dents et présentent une tache brune au centre. Cette espèce est originaire de la Colombie.

CALLISTÉMON (Botanique), Ca//f67ewon, Rob. Brown, du grec kallistos, très-beau, et stêmon, étamine, à cause de l’élégance des étamines de ces plantes. — Genre de plantes de la famille des Myrtacées, tribu des Leptospermées. Il comprend des arbrisseaux de la Nouvelle- Hollande, cultivés pour leur joli feuillage et leurs fleurs ordinairement d’un beau rouge et disposées en épis couronnés par des feuilles. Leurs étamines sont longuement saillantes, nombreuses et colorées. Le C. à feuilles lancéolées [C. lanceolatum de Can. est l’espèce la plus répandue. Ses fleurs sont d’un beau rouge, et les filets des étamines d’une belle teinte ponceau.

GALLISTÈPHE (Botanique), du grec kallos, beauté, stephos, couronne. — Nom générique de la reine-mar^ guerite (voyez Marguerite).

GALLÎTRICHE (Zoologie), Simia sahœa. Lin. — Espèce du genre Guenon; joli petit singe qui ii’a pas plus de 0“,30 à 0“,40 de longueur, la tête comprise. Sa couleur est d’un vert vif mêlé d’un peu de jaune sur le corps. C’est le callitriche ou singe vert de Buffbn ; il se trouve au Sénégal (voyez Sagot in).

Callitriche (Zoologie). — Poli a établi sous ce nom un genre de Mollusques pour l’animal des moules, des modioles et des lithodomes (voyez ces mots), parce qu’il a les bords de son manteau garnis de tentacules branchus vers l’angle arrondi.

Callitriche (Botanique), Ca//^7nc/le, Lin., du grec kallos, beauté; thrix, chevelure. — Genre de plantes aquatiques, ainsi nommées à cause de leurs longues racines et de leurs tiges menues flottant à la surface des eaux dans les marais. Classé d’abord parmi les Naïadées, il est aujourd’hui le type d’une petite famille, les Callithrichinées, dont il est le genre unique. Le C. aquatique [C aquatica, Hudson) et le C. printanier [C. verna. Lin.) couvrent quelquefois complètement les eaux des petites rivières qui coulent lentement.

CALLITRIS et mieux Gallithris (Botanique) , Callitris, Ventenat, allusion à la beauté de ses rameaux, en grec callithrix, belle chevelure. — Genre d’arbres de la famille des Cupressinées, établi par Ventenat aux dépens du genre Thuya. Il est caractérisé principalement par le fruit [strobile), ovale, globuleux, tétragone, composé de 4 valves ligneuses, carénées sur le dos, brièvement mucronées sous le sommet. Le C. à 4 valves [C. quadrivalvis, Vent. ; Thuya articulata , Wahl.), est un arbre de forme pyramidale. Ses rameaux, pennés ou bipennés, sont comprimés, fragiles, articulés. Ses feuilles sont petites, inégales, et présentent des glandes à leur base. Cette espèce croît dans le nord de l’Afrique. « J’en ai vu, dit Desfontaines, des forêts sur les montagnes du royaume d’Alger, qui avoisinent celui du Maroc. Les plus grands individus n’avaient guère que 8 à 9 mètres de hauteur sur 1 mètre de circonférence ; mais Broussonnet m’a assuré qu’il en avait vu de plus grands au Maroc, et que c’est cet arbre qui donne la résine que l’on connaît dans le commerce sous le nom de sandaraque. » La résine de cette espèce est d’une odeur pénétrante et d’une saveur amère un peu âcre. ’ G — s.

GALLORHYNQUE (Zoologie), Callorhynchus , Gronov.iusj du grec kallos, beauté ; rhynchos, bec. — Sousgenre de Poissons du grand genre Chimère (voy. ce mot).

GALLOSITÉ (Médecine). — On donne ce nom, chez l’homme^ à une dureté, une induration qui se forme dans certaines parties molles, comme à la plante des pieds, aux mains. Elle résulte de l’épaississement de plusieurs couches superficielles de l’épiderme (voyez ce mot), causé par la compression de chaussures trop étroites dans le premier cas, et de travaux manuels rudes dans le second. Le nom de callosités désigne encore certaines excroissances de chairs blafardes, sèches, dures et indolentes, qu’on remai’que quelquefois dans les plaies anciennes ou autour des vieux ulcères (voyez ce mot) ou à l’orifice des fistules (voyez ce mot h

Callosités (Zoologie). — Chez les Mammifères, on appelle certaines parties dépourvues de poils.

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et où la peau est plus épaisse ; ainsi, les chameaux en ont sur la poitrine et aux genoux; mais les plus remarquables sont celles qui existent aux fesses chez la plupart des singes de l’ancien continent. Aucun de ceux de l’Amérique ne présente ce caractère.

CALMANT (Médecine). — En médecine, ce mot embrasse dans sa signification les médicaments adoucissants, anodins, antiphlogistiques, antispasmodiques, narcotiques.

CALMAR (Zoologie) , Lacép. ; Coluber calamarius, jVIerr. — Espèce de Serpent non venimeux du genre Couleuvre, tribu des Serpents proprement dits. Cette couleuvre est d’une couleur livide, avec des bandes transversales brunes; le dessous de son corps présente des taches brunes ; on voit sur la queue une raie longitudinale couleur de fer. Elle n’est du reste remarquable ni par ses couleurs ni par sa conformation. On la trouve en Amérique.

Calmar (Zoologie), Loligo, Lamk. Connu vulgairement sur les bords de la Manche sous les noms de Cornet, Encornet, qui indiquent la forme d’un encrier {calamarius), propre à recevoir des plumes à écrire; de plus, l’animal répand une espèce d’encre autour de lui à la manière de toutes les sèches. — Les calmars forment un genre de Mollusques céphalopodes et appartiennent au grand genre des Sèches. Ils sont remarquables par une lame de corne en forme d’épée ou de lancette qu’ils ont dans le dos au lieu de coquille ; leur tête est pourvue de 8 pieds et de 2 tentacules beaucoup plus longs, armés de suçoirs seulement vers le bout qui est élargi. Ils s’en servent pour se tenir comme à l’ancre. Leur sac à noir est enchâssé dans le foie. Ce sont des animaux côtiers, qui nagent à reculons avec une si grande vitesse, que parfois ils s’élancent hors de l’eau, et restent échoués sur le rivage. En Chine, dans l’Inde, et même en France, on les recherche comme une nourriture agréable. On en connaît plusieurs espèces : le C. commun {Sepia loligo.

Lin.), à nageoires formant ensemble un rhombe au bas du sac. Le Grand C. {Loligo sagittata, Lam.), dont les nageoires forment ensemble un triangle au bas du sac, à bras plus courts que le corps. Le Petit C. {Loligo media, Lin.), à nageoires formant ensemble une ellipse au bas du sac qui se termine en pointe aiguë (voy. Poulpe).

CALMARET (Zoologie), Loligopsis. — Sous-division des Calmars, établie par Cuvier, qui dit seulement : « Ils n’auraient que huit pieds comme les poulpes, mais on ne les connaît que par des dessins peu authentiques. » Suivant M. Milne-Edwards dont les travaux sont plus récents, ils sont remarquables par la longueur démesurée de deux de leurs bras, qui sont filiformes et élargis seulement au bout ; du reste ils ne diffèrent que peu des calmars; on les trouve dans la Méditerranée.

CALOBATE (Zoologie), Calobata, Meig. et Fab., du grec kalôs, bien, et bateô, je marche , à cause de la marche élégante et mesurée de la plupart de ces insectes. — Genre de Diptères, de la famille des Athéricères , tribu des Muscides, grand genre Musca, Lin. Ces mouches se trouvent souvent sur les feuilles de certains arbrisseaux, où on les voit marcher légèrement. Plusieurs d’entre elles ont la faculté de courir sur les eaux, d’où leur est venu le nom de Pétronelle ou Mouche de saint Pierre, par allusion à la marche sur les eaux du saint apôtre.

CALODROME (Zoologie), du grec kalos, beau, et dromeus, coureur. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Porte-bec, grand genre Charançon, remarquable par les pieds de derrière d’une longueur démesurée ; l’espèce type, qui habite Manille, a été dénommée C. Marrisii par M. Schœnherr, et décrite par M. Guérin, Magasin de zoologie, 1832, pl. 33.

CALOMEL (Chimie) , Mercure doux. Protochlorure de mercure. — Combinaison de 2 proportions de mercure (200) avec 1 proportion de chlore (35,5), sa formule chimique est Hg'^Cl.

Le calomel est un corps blanc, que l’on rencontre quelquefois dans le commerce sous forme de gros cristaux transparents, mais le plus ordinairement sous forme de

poudre blanche insipide, volatile sans résidu, complètement insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, mais trèssoluble dans l’eau de chlore. L’acide nitrique l’attaque rapidement en le transformant en sublimé corrosif (HgCl), et en nitrate de mercure. L’eau régale et l’eau de chlore le transforment également en sublimé ; il en est de môme de l’acide chlorhydrique, dont l’action est cependant plus lente et donne lieu à un dépôt de mercure. Les chlorures alcalins, tels que le sel marin, produisent le même résultat, quoique avec lenteur. MM. Mialhe et Selmi ont même démontré que cette transformation du calomel en sublimé s’effectuait à la température du corps humain, pourvu que l’on fît intervenir des matières organiques, ce qui a précisément lieu lorsque l’on introduit du calomel dans l’estomac.

Le calomel est employé en médecine comme purgatif et vermifuge pour les enfants et dans quelques autres maladies des adultes. Sous la triple influence de la chaleur du corps, des matières organiques et des chlorures que contiennent les sucs sécrétés par l’appareil digestif, le calomel s’y transforme peu à peu en sublimé soluble, et est absorbé en cet état. Son action est d’autant plus prompte et énergique que sa transformation est moins lente; aussi évite-t-on de l’administrer associé avec des chlorures alcalins.

Le sublimé étant un poison très-énergique, le calomel doit en être dépouillé avec beaucoup de soin.

Les alchimistes préparaient le calomel en broyant longuement un mélange formé de 4 parties de sublimé corrosif et de 3 parties de mercure , imbibant le mélange d’un peu d’alcool pendant sa trituration pour éviter la formation de poussière dangereuse à respirer, puis chauffant le mélange dans une grande fiole sur un bain de sable chaud. Le calomel se sublime et vient se condenser sur les parois supérieures de la fiole. Le calomel ainsi obtenu était broyé, lavé à l’eau bouillante et sublimé de nouveau. Ce n’est qu’à la sixième sublimation qu’il prenait le nom de calomel ou calomélas ; à la neuvième, il devenait la panacée universelle ou mercurielle.

On a substitué à ce procédé le suivant qui donne des produits plus purs. On prend 8 parties en poids de mercure, que l’on traite par l’acide sulfurique pour le transformer en sulfate ; on mêle au produit 8 autres parties de mercure et 3 de sel marin ; on introduit le tout dans une cornue que l’on chauffe ; le produit de la sublima- .tion se rend dans un grand réservoir, ordinairement une fontaine en grès, où la condensation s’effectue au milieu même de la masse d’air contenue dans le réservoir, ou de la vapeur d’eau dont on le remplit. Le produit obtenu est immédiatement réduit en poudre impalpable qu’on lave encore à l’eau bouillante.

Le calomel se décompose lentement sous l’influence de la lumière, et prend une teinte grise. De là son sous-nom de calomélas du grec calos, beau et mêlas, noir. Du chlore se dégage et du mercure reprend l’état métallique. Cette altération, toutefois, s’arrête à la surface. L’ammoniaque le noircit immédiatement, et forme avec lui un composé que l’on peut regarder comme une combinaison d’amidurede mercure et de calomel (Hg2Cl,HgH2Az).

Lorsque le calomel a été mal lavé, il renferme des traces de bichlorure de mercure ou sublimé ; on le constate en faisant digérer le calomel dans de l’alcool, décantant, puis versant dans la liqueur un peu d’ammoniaque. La plus légère trace de sublimé est accusée par le nuage blanc qu’elle forme avec l’alcali. Le calomel préparé par voie humide en traitant le sous-nitrate de mercure par un chlorure alcalin, contient quelquefois du nitrate de mercure non décomposé. On s’en assure en chauffant dans un tube de verre une certaine quantité du produit douteux ; s’il est impur, il s’en dégagera une odeur nitreuse caractéristique. Enfin, on falsifie quelquefois le calomel avec du sulfate de baryte; on peut constater la fraude en chauffant la substance dans une cuiller en fer; si elle est pure, elle doit se vaporiser sans résidu. M. D.

GALOPE (Zoologie), Calopus, Fab., du grec kalos -pous, beau pied). — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Sténélytres, grand genre des Œdémères , dont la seule espèce connue, le C. serraticorne, d’un brun clair, pointillé, long d’environ 0“,02, habite surtout les bois de la Suède. On le trouve aussi dans les Alpes.

GALOPHYLLE (Botanique), Calophijllum, Lin., du grec kalos, beau, phullon, feuille, à cause du feuillage d’un beau vert et agréablement veiné. — Genre de plantes de la famille des Clüsiacées, type de la tribu des Calophyllées. On lui donne vulgairement le nom de Calaba, mot américain transmis par Plumier. Caractères : fleurs

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polygames; 2-4 sépales colorés; le plus souvent 4 pétales ; étamines indéfinies ; ovaire à une seule loge ; drupe ovale ou globuleuse, contenant un noyau à une seule graine. Les espèces de ce genre sont en petit nombre. Ce sont des arbres à feuilles persistantes et à fleurs blanches. Le C. à fruits allongés (C. calaba^ Lin.) croît au Malabar. Ses fruits sont rouges , comestibles. Les Indiens en extraient une huile qu’ils emploient pour l’éclairage. Le C. à fruits ronds {C. inophyllum. Lin., du génitif grec inos^ fibre, feuille, parce que du mi-

lieu de sa feuille part une côte saillante, qui se ramifie en une infinité de petites fibres), est un arbre de 30 mètres, à feuilles lisses, luisantes, coriaces. Ses fleurs répandent une odeur agréable, et ses fruits sont d’un jaune verdâtre. Cette espèce est originaire des Indes orientales. Elle donne une résine connue sous le nom de baume vert^ qui est vulnéraire et résolutive. Le C. tacamahaca^WWlA.^ croît à Madagascar et à Bourbon ; sa résine est connue dans le commerce sous le nom de résine iacamaque. Le bois du calophylle d’une assez grande dureté est souvent employé dans la construction. G — s.

CALORICITÉ (Physiologie). — Production de chaleur par les animaux et les végétaux vivants, ou faculté qu’ils ont de produire de la chaleur (voyez Chaleur animale).

CALORIE. — Unité adoptée dans l’évaluation des quantités de chaleur. Elle est égale à la quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un degré la température de 1 kil. d’eau ; c’est aussi la quantité de chaleur dégagée par 1 kil. d’eau, dont la température s’abaisse de 1 degré. (Pour le travail mécanique dû à une calorie, voyez Chaleur, Travail, et au supplément. Equivalent mécanique. )

CALORIFERE. — Voyez Chauffage.

CALORIMÈTRE. — Instrument de physique servant à évaluer les quantités de chaleur absorbées ou dégagées par les corps , soit lorsque leur température monte ou descend, soit lorsqu’ils changent d’état, soit lorsqu’ils se combinent entre eux ou dans une autre circonstance quelconque (voyez Calorimétrie , Chaleur spécifique ,

l^HALEUR LATENTE, ChALEUR DE COMBINAISON).

CALORIMÉTRIE. — Branche de la physique qui a pour objet la mesure des quantités de chaleur nécessaires pour produire un phénomène donné ou résultant de la production de ce phénomène.

Gomme nous ne connaissons point^la chaleur, nous ne pouvons pas la mesurer d’une manière directe; mais, :ious appuyant sur les faits auxquels elle donne lieu, nous admettons qu’il faut toujours une môme quantité de chaeur pour élever d’un même degré la température d’une Qîôme masse d’eau ; qu’il en faut une quantité double pour élever d’un même degré la température d’une masse double; puis l’expérience est venue nous apprendre qu’entre certaines limites de température de 10 à 20“, par exemple, il faut à 1 kil. d’eau pour monter de 2® autant de chaleur qu’à 2 kil. pour monter de 1®. En nous appuyant sur ces bases, il nous suffira de faire passer dans une masse connue d’eau la chaleur que nous voulons mesurer et de noter avec soin la quantité dont la température de l’eau a varié. Nous en allons donner un ?.xemple, en notant qu’on a pris pour unité de chaleur et appelé calorie la quantité de chaleur nécessaire à 1 kil. l’eau pour que sa température s’élève de 1".

Une certaine quantité de chaleur donnée à d’eau à 10® élève la température de cette eau jusqu’à 12o,3, c’est-à-dire de 2®,3, quelle est cette quantité de îhaleur ? 3’“^,500 d’eau, pour s’échauffer de 1°, absorbent 5,5 calories; pour s’échauffer de 2,3, elles absorberont 5,5 multipliés par 2,3 ou 7,75 calories. Quant aux moyens le faire passer dans l’eau la chaleur qu’on veut mesurer ils diftèrent suivant les circonstances. ’

Il n’est cependant pas toujours possible d’opérer de :elte manière ; on a recours alors à des moyens détournés qui conduisent au même but. On recherchera, par exemple, avec quelle vitesse s’échauffe ou se refroidit une nasse connue d’eau, et on en conclura la quantité dechaeur qu’elle reçoit ou perd pendant l’unité de temps, ou bien on emploiera cette chaleur à fondre de la glace, sauf à déterminer par l’expérience la quantité de chaeur nécessaire pour la fusion de ce corps (voyez Chaleur spÉciFiouE, Chaleur latente, Chaleur de combi-

»JAlSON).

CALORIQUE. — Nom scientifique donné à la cause Physique, au fluide impondérable, qui produit en nous es sensations de chaleur^ et de froid.

^CALOSOME (Zoologie), Calosoma, Fab., du grec kalonfma., beau corps. — Genre de Coléoptères pentamères, aniille des Carnassiers^ tribu des Carabiques., grand

genre Carabe, section des Grandipalpes. Le C. sycophante, long de 0"*,0l5, d’un noir violet, les élytres d’un vert doré ou cuivreux très-brillant, fait la chasse aux chenilles, principalement sur les chênes. Sa larve, d’un beau noir lustré, qui a jusqu’à 0“,03 ou 0“,04 de longueur, vit surtout dans les nids des chenilles Processionnaires dont elle est l’ennemi le plus redoutable. Du reste, les calosomes ressemblent beaucoup aux carabes ; mais ils sont encore plus agiles qu’eux, et d’une voracité dont rien n’approche.

CALOTTE (Chirurgie). — On donnait ce nom à une méthode de traitement de la teigne, dite traitement par lacalotte (voyez Teigne). Cette métliode consistait à couper les cheveux le plus court possible, avec des ciseaux, et non pas à les raser, comme on l’a dit, à recouvrir toute la tête d’un emplâtre agglutinatif, qu’on enlevait avec violence au bout de quelques jours, en extirpant les bulbes des cheveux. L’auteur de cet article ne peut se rappeler sans douleur l’impression pénible qu’il éprouvait, il y a plus de quarante ans, lorsqu’il était obligé, comme élève, d’enlever la calotte à de malheureux enfants teigneux.

GALTHA (Botanique). — Nom donné par les Latins à une espèce de Souci (voyez Populage).

CALUMET (Botanique), de calamus, roseau. — Nom que l’on donne dans les colonies à plusiers espèces de Roseaux et autres Graminées dont les tiges sont employées par les nègres à confectionner des tuyaux de pipe. On nomme aussi Calumet de Cayenne le Mabier {Mabea piriri^ Aublet), espèce des Euphorbiacées,

CALUS (Médecine). — Ce mot s’emploie dans le langage vulgaire pour désigner ce gonflement, cette saillie apparente au toucher que l’on remarque au point de réunion des fractures (voyez Cal, Fractures). On l’emploie aussi improprement pour désigner la dureté, l’épaississement de la peau qui constituent les callosités aux pieds et aux mains (voyez Callosité).

CALVILLE (Horticulture). — Variété de pommes dont on a fait plusieurs sous-variétés, les principales sont : 1® C. d’été, ronde un peu conique, sujette à devenir cotonneuse; fin de juillet. 2® C. Saint-Sauveur, obtenue en 1843 ; novembre. 3“ C. rouge beau fruit,

peau lisse, luisante, d’un rouge foncé du côté du soleil, chair verdâtre autour des pépins, rosée partout ailleurs; saveur sucrée, avec une légère odeur de violette ; commencement de l’hiver, elle peut aller jusqu’en mai. 4® C, blanche d’hiver, très-beau fruit, à côtes saillantes ; peau très-unie, jaune pâle; chair blanche, tendre, sucrée, un peu parfumée, une des meilleures du genre; depuis décembre jusqu’en mars (voyez Pommier).

CALVITIE (Médecine). — Dénudation de la tête par suite de la chute des cheveux; elle est rarement complète ; elle peut être accidentelle et la conséquence d’une maladie grave ou d’une affection du cuir chevelu ; les chagrins, les veilles prolongées, les travaux de l’esprit la produisent souvent ; elle est naturelle quand elle est due aux progrès de l’âge. On est convenu d’établir entre X alopécie et la calvitie cette différence que la première est temporaire, tandis que la seconde est permanente (voyez Alopécie).

GALYGANTHE (Botanique), Calycanthus, Lindl.', du génitif grec kalucos, calice, et anihos, fleur. Le calice de ces plantes est coloré et ressemble à une corolle. — Genre de plantes type de la famille des Calycanthées. On le nommait aussi Pompadoura, en l’honneur de madame de Pompadour. Caractères : calice à lobes lancéolés, un peu coriaces et disposés sur plusieurs séries étagées ; étamines caduques, inégales, les douze extérieures fertiles. Le C. de la Floride [C. ftoridus. Lin.) forme un buisson de 2 à 3 mètres. Ses rameaux sont tomenteux, ses feuilles le sont aussi en dessous, leur forme est ovale. Les fleurs de cette espèce sont d’un rouge brun et répandent, surtout le soir, une odeur très-agréable de pomme de reinette. Il s’est très-bien naturalisé en Europe. Le C. glauque [C. glaucus, Willd.) et le C. lisse {C. lœvigatus, Willd.) sont un peu moins élevés que la précédente espèce. Ils se distinguent, l’un par ses feuilles pubescentes en dessous, l’autre par ses feuilles entièrement glabres et un peu rugueuses en dessus. Ces deux plantes croissent dans l’Amérique septentrionale. G — s.

CALYCANTHÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Dicotylédones d ialy pétales périgynes que M. Brongniart range à la fin de sa classe des Myrtoïdées , en quelque sorte comme intermédiaire entre cette classe et celle des Rosinées. Elle se distingue par des stipules, son calice coloré, l’absence de corolle et ses étamines dispo-

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sées en plusieurs verticilles. Les plantes de cette famille sont toutes exotiques ; elles constituent deux genres : le CalycanlhuSy Lindl. (voyez ce mot) et le Chimonanthus, Lindl., de cheimon, hiver, et anthos, fleur, parce qu’il fleurit en plein hiver. Ce dernier a été nommé Meratia par Loiseleur-Deslonchamps (dédicace faite à Mérat, médecin Aoriste parisien). Il est originaire du Japon et se distingue principalement par la forme des bractées que présentent les lobes extérieurs de son calice. G — s.

GALYCÉRÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Dicotylédones gamopétales qui tient le milieu entre les Dipsacées et les Composées. M. Brongniart la fait cependant servir d’intermédiaire entre ses Campanulinées et ses Astéroïdées. Caractères : calice à 5 lobes inégaux, corolle régulière; 5 étamines monadelphes; anthères soudées par la base; ovaire adhérent à une seule loge; embryon renversé placé au milieu d’un périsperme charnu. Les Galycérées habitent les régions tropicales de l’Amérique. Genres principaux : Acicarpha, de Juss.; Boopis^ de Juss. Robert Brown, dans le douzième volume des Transactions de la. Société linnéenne de Londres^ et Richard, dans le tome VI des Mémoires du Muséum, ont publié des travaux monographiques sur cette famille.

GALYGIFLORES (Botanique). — Terme employé par de Candolle pour désigner dans sa méthode une division des Exogènes ou Cotylédones. C’est une sous-classe comprenant les familles qui ont le calice gamosépale, le torus ou réceptacle soudé au calice, les pétales et les étamines naissant en apparence sur le calice, en théorie sur le réceptacle, là où il est soudé au calice. Exemple : les Papilionacées, les Rosacées.

GALYPTRE (Botanique), du grec kaluptra, couverture, enveloppe. — Organe des mousses souvent appelé coiffe. C’est une sorte de couvercle qui recouvre la fructification femelle ou urne de ces plantes. Cet organe peut être membraneux, entier ou denté, échancré, velu ou glabre, lisse ou strié. Lorsque la calyptre est en forme de cloche, elle est dite campani forme ; en forme de cornet, elle est cuculliforme.

CALYPTRÉE (Zoologie), Calyptrœa, Lam., du grec kaluptra, coiffe. — Genre de Mollusques gastéropodes pectinibranches, famille des Capuloïdes, de Cuvier. Ce sont de jolies petites coquilles marines, en cône, incolores, fragiles, de formes variables et qui se distinguent par une pièce lamelleuse qui est au fond de leur cavité. Les branchies de l’animal se composent d’une rangée de filets longs et minces comme des cheveux. Une ou deux espèces seulement se trouvent dans nos mers. On en trouve à l’état fossile en France.

CALYSTÉGIE (Botanique), Calystegia, R. Brown, du grec calux, calice; stegô, je couvre, parce que le calice est enveloppé par deux grandes bractées. — Genre de plantes de la famille des Convolvulacées, tribu des Convolvulées. Il se distingue principalement des Liserons (genre Convolvulus), dont il faisait autrefois partie, par ses deux grandes bractées opposées qui enveloppent le calice et par son ovaire à une loge ou incomplètement à deux. Le C. des haies [C. sepium^B. Brown; Convolvulus sepium. Lin.) est une plante grimpante indigène dont les grandes fleurs blanches en entonnoir sont d’un joli effet.' C’est le Grand Liseron, Chemise de Notre-Dame. On en cultive une variété à fleurs roses qui croît dans l’Amérique septentrionale. Le C. pubescent {C. pubescens, Lindl.) est une fort belle plante à fleurs très-grandes et roses. Cette espèce vient de la Chine.

CAMAGÉES (Zoologie). — Nom donné par Cuvier à sa troisième famille des Mollusques acéphales testacés, qui ont le manteau fermé, et percé de trois ouvertures dont une pour la sortie du pied, la seconde pour l’entrée et la sortie de l’eau nécessaire à la respiration ; la troisième est l’issue des excréments : ces deux dernières ne se prolongent point en tubes. Cette famille ne comprend que le genre Came [Chama, Lin.).

CAMARE (Botanique), de camara, nom américain. — Espèce de plante du genre Lantana. C’est la C. commune {L. camara. Lin.). Elle est originaire du Brésil. Cette espèce est un arbrisseau qui peut s’élever jusqu’à 2 mètres. Ses feuilles sont scabres et rugueuses; ses fleurs, disposées en corymbes, à inflorescence centripète, c’està-dire s’épanouissant du centre à la circonférence. Elles sont d’abord dorées, puis deviennent orangées, et enfin de couleur vermillon, et persistent assez longtemps. La camare est une belle plante d’ornement.

GAMARINE (Botanique), àd camarinhas, nom que les Portugais donnent à cette plante dans leur pays. — On appelle ainsi vulgairement les espèces du genre Ernpe-

trum (voyez ce mot), mais ce nom ne doit s’appliquer véritablement qu’à V Ernptreum album, Lin., pour lequel Don a fondé le genre Corema, du grec korèma, balai, parce que le port de cet arbuste a quelque analogie avec un balai. Cette espèce [Coixma alba. Don) a les rameaux pubescents parsemés de petits points de résine. Ses fleurs sont blanches, assez grandes, agglomérées, disposées à l’extrémité des rameaux. Son fruit est une drupe blanche, à chair molle et renferme trois noyaux. La camarine croît sur les côtes du Portugal.

CAMBIUM (Botanique), du latin cambia, j’échange. Expression de basse latinité, qu’on trouve dans un ouvrage attribué à tort au médecin Apulée. — On donne le nom de cambium à une sève élaborée, mucilagincose, plastique, d’abord semi-fluide, et peu consistante, puis bientôt organisée en une couche de tissu utriculaire , qu’on rencontre entre le liber (écorce), et l’aubier (bois'. On verra aux mots Latex et Sève, comment ces deux liquides circulent dans des vaisseaux qui constituent un réseau de mailles nombreuses; c’est là, à la faveur de ce mouvement circulatoire du latex, connu sous le nom de cyclose, que se forment les premières ébauches du cambium aux dépens de ce môme latex, pendant ses détours nombreux à travers les mille ramifications du système capillaire. Les botanistes sont loin d’être d’accord sur le rôle physiologique du cambium dans l’accroissement des végétaux ligneux. Voici en résumé ce que démontrent les faits : durant la période de végétation qui suit celle de sa formation, le tissu utriculaire du cambium se transforme du côté externe en une nouvelle couche de liber, du côté interne en une nouvelle couche d’aubier. A mesure que se complète ce travail d’organisation, la sève descendante développe entre les deux nouvelles couches un cambium qui formera celles de l’année suivante, et ainsi de suite. Cette solidification du cambium en bois et en fibres corticales, s’effectue en môme temps sur tous les points de la tige. Les bourgeons, en développant les feuilles, exercent sur ce phénomène une puissante influence, parce qu’ils agissent énergiquement sur la circulation de la sève à laquelle il est étroitement lié.

CAMBO (Médecine), Eaux minérales). — Bourg de France, arr. et à 12 kilomètres S.-E. de Bayonne (Basses- Pyrénées), où l’on trouve deux sources minérales, l’une d’eaux sulfureuses, l’autre d’eaux ferrugineuses, celles-ci n’ayant que 16® à IG®. Ces eaux sont classées parmi les sulfurées calciques.

CAME (Zoologie), Chama, Lin. — Grand genre de Mollusques acéphales testacés, famille des Camacées; coquilles bivalves; la valve gauche, munie d’une dent près du sommet, oblique, épaisse, crénelée ou raboteuse, et articulée dans une cavité de la valve opposée. Ce grand genre a été subdivisé par Cuvier de la manière suivante :

1° les Tridacnes, dans lesquelles on trouve le Bénitier j (voyez Tiudacne , Bénitier) ; 2° les Cames proprement • dites, qui ont la coquille irrégulière, les valves inégales, le plus souvent lamelleuses et hérissées, et se fixent aux rochers, aux coraux, etc. L’animal a un petit pied coudé, presque comme celui de l’homme. On trouve da.ns la Méditerranée la Feuilletée, vulgairement Gâteau feuilleté * (C. Lazarus, Chemn.), de couleur jaune ou rougeâtre ; la C. gryphdide. Huître écailleuse [C. gryphoïdes, Chemn.). , On mange partout les cames cuites ou crues. Il y en a plusieurs de fossiles. 3" Les Hippopes, coquille fermée ; et aplatie en avant. 4° Les Dicérates ressemblent aux ■ cames, dent cardinale très épaisse, et spirales de leurs valves très-saillantes. 5° Les Isocardes ont une coquille libre, régulière, bombée : l’animal a le pied plus grand que celui des cames. On en trouve une assez grande es- < pèce dans la Méditerranée, le C. cor. Lin.

GAME. — Nom donné en mécanique à de très-fortes dents implantées sur le pourtour d’un arbre de rotation mis en mouvement par une machine hydraulique ou une ; machine à vapeur. Les cames viennent rencontrer d’autres dents fixées sur les tiges de pilons dans les bocards, p ou à l’extrémité de lourds marteaux dans les forges. Les pilons ou marteaux sont d’abord soulevés par les cames, ; puis abandonnés par eux, et retombent de tout leur ^ poids pour produire le choc (voy. Bocards, Marteaux de Forges). Dansles marteaux de forges, l’action des cames . qui, au moment où elles rencontrent le marteau, don- k nent lieu à un choc et à un ébranlement nuisible au bon |i emploi de la force, commence à être remplacée par l’action directe de la vapeur, plus facile à graduer suivant les bosoitis

GAMELÉE (Botanique), Cneorum , Lia., du mot grec kneôros, par leauel Théophraste désignait une plantei

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ressemblant à l’olivier. Le genre nommé ainsi actuellement a quelque rapport avec celui-ci par son feuillage. Plusieurs auteurs l’ont nommé Chamœlœa^ mot qui signifie en grec olivier nain; de là le nom vulgaire de Caoielée. D’autres étymologistes font venir cncovum de cnaô, je pique, parce que les plantes de ce genre ont des pro priétés caustiques. — Genre de plantes de la famille des Connaracé^s. Il se distingue par des fleurs hermaphrodites, un calice à 3-i dents, 3-4 pétales, 3 étamines, les lobes de l'ovaire, les loges et les coques drupacées en môme nombre. La C. à Irais coques ou Garoupe {C. tricoccum^ Lin.) est un petit buisson rameux à fleurs jaunes solitaires. Elle croît dans l’Europe méridionale et renferme un suc âcre et caustique qui passe pour un violent purgatif. La C. pulvérulente {C, pulverulentum, 'Vent.) est un arbrisseau plus élevé et couvert d’une poussière cendrée. Il se distingue surtout par ses fleurs solitaires et son fruit à 4 coques. Cette plante croît à Ténéi’iffe. Son écorce passe pour fébrifuge. G — s.

CAMÉLÉON (Zoologie), Chamæleo^ Guv.,engrec Chamaileôn^ qu’on trouve dans Aristote. — Genre de Reptiles sauriens de la famille des CaméléonienSy caractérisé par un corps comprimé et le dos comme tranchant, à peau chagrinée, tête anguleuse, langue protractile vermiforme, cinq doigts à tous les pieds, divisés en deux paquets ; la queue ronde et prenante comme celle de certains singes, recourbée en dessous, les yeux grands mais presque couverts par la peau. Ils ressemblent aux lézards, mais leur corps n’est pas couvert d’écailles; la langue est presque aussi longue que le corps de l’animal, elle est terminée par un tubercule visqueux, sur lequel se collent les insectes dont ils se nourrissent ; c’est la seule partie de leur corps qu’ils meuvent avec vitesse ; ils sont pour tout le reste d’une lenteur excessive. Beaucoup d’erreurs, des fables ridicules ont été répandues sur les caméléons, les basilics et les salamandres, il importe de mettre la vérité à la place des préjugés du vulgaire; la grandeur des poumons dans les caméléons est probablement ce qui leur donne la propriété de changer de couleur, non pas, comme on l’a cru, selon les corps sur lesquels ils se trouvent, mais selon leurs besoins et leurs passions. En effet, leur poumon est si vaste, que quand il est gonflé, leur corps paraît plus ou moins transparent ; il contraint le sang a refluer vers la peau, colore môme ce fluide plus ou moins vivement, selon qu’il se remplit ou se vide d’air ; son développement considérable leur permet de suspendre leur respiration pendant des heures entières ; ils se gonflent alors, ils restent immobiles et comme des statues, souvent dans les situations les plus bizarres ; ils reflètent aussi des couleurs diverses, suivant que leur sang est mis plus ou moins rapidement en contact avec du nouvel air inspiré ; « cette particularité du changement de couleur, presque dépendant de leur volonté, du mouvement bizarre et de l’immobilité de leurs yeux, leur allure empesée, lente et comme réfléchie, sont probablement les causes qui ont fait du camééléon le symbole de l’hypocrisie, et l’emblème du flatteur qui prend ainsi , pour arriver à son but, la couleur des circonstances. » (Duméril.) Les caméléons habitent les contrées les plus chaudes de l’Afrique et de l’Asie. Ils se tiennent constamment sur les arbres où ils o-rimpent facilement, grâce à la disposition de leurs doigts, qui est avantageuse pour saisir les branches. Les principales espèces sont : le C. ordinaire {Lacerta Africana^ Gm., Lacerta chamœleo. Lin.) ( pj. 397), occiput en pyramide; une carène jaunâtre sur le ventre et sur le dos;

crête supérieure dentelée jusqu’à la moitié du dos, l’infél’anus. C’est l’espèce commune d’Algérie et d Égypte ; elle a 0»“,40 à 0“, 50 de long. Le C. du ^enegal {Lacerta chamœleo, Merr.) ; occiput ou capu-

! chon en pyramide , mais aplati et presque sans arôie bords du Sénégal, du Niger, Guinée; le C. nain [Chumœleo pumilus, Daud.); capuchon couché en arrière; petite espèce du cap de Bonne-Espérance, des Séchellos, de l’Ile de France. Le C. des Moluques^ à nez fourcha {Chamœleo bifurcus^ Al. Brong.), à casque plat, demi-circulaire, deux proéminences, comprimées, saillantes en avant du museau. On trouve encore, aux Séchclles, le C. tigris^ Guv., assez semblable au C. ordinaire; à Bourbon, le C. verrucosus, Guv. ; à l’Ile de France, le C. pardalis, Guv., qui a le casque plat comme celui du Sénégal.

GAMÉLÉON MINÉRAL (Ghimie) (MnO‘^,KO). — Gombinaison d’acide manganique et de potasse, de couleur verte quand elle est dissoute dans une petite quantité d’eau, et qui passe au violet et au rouge quand on l’étend de beaucoup d’eau ou qu’on la fait bouillir, ou qu’on y verse un acide, tandis qu’elle redevient verte si on y ajoute un alcali. Ge sont ces divers changements, inexplicables pour les^ alchimistes, qui lui ont fait donner son nom. On sait aujourd’hui qu’ils tiennent à ce que le manganate de potasse, qui est vert, peut facilement se transformer en permanganate, qui est rouge.

GAMÉLÉONIENS (Zoologie). — Cuvier divise les Reptiles sauriens en six familles, dont les Caméléoniens forment la cinquième. Elle ne comprend que le genre Caméléon.

CAMÉLOPARD (Zoologie). —

Voyez Girafe.

CAMELIA (Botanique). — Voyez Camellia.

CAMÉLIDÉS, Caméliens (Zoologie). — Noms sous lesquels on a désigné une famille de l’ordre des Ruminants., qui compi’end les deux genres Chameau et Lama (voyez ces mots).

GAMÉLINE (Botanique), Camelina., Crantz, du grec kamdi linon, petit lin ? parce que la graine de ce genre ressemble à celle du lin.

— Genre de plantes de la famille des Crucifères, type de la tribu des Camélinées. Caractères : calice un peu ouvert, silicule obovale ou presque globuleuse, à valves ventrues, loges à plusieurs graines oblongues. La C. cultivée iC. sativa, Crantz; Myagrum sativum. Lin.) est une plante annuelle, s’élevant souvent à près d’un mètre et donnant en juillet des fleurs jaunâtres disposées en grappes paniculées. Cette espèce, qui est indigène, se cultive pour l’huile qu’on extrait de ses graines. Celle-ci est bonne à brûler et donne moins d’odeur que l’huile de colza.

CAMELLIA (Botanique). Linnée a nommé ainsi cette plante en mémoire du jésuite Camelli, auteur d’une description assez étendue des plantes des Philippines, imprimée dans le grand ouvrage de Rai. — Genre de la famille des Ternstrœmiacées , caractérisé par un calice coriace, à 5 divisions, 5-9 sépales imbriqués, 5-7 pétales ovales, hypogynes, imbriqués; étamines nombreuses, plus ou moins cohérentes à la base ; ovaire à 3-5 loges, style simple; capsule ligneuse monosperme, en forme de poire. C’est un arbrisseau toujours vert, cultivé depuis longtemps en Chine et au Japon pour la beauté de ses fleurs. Ses feuilles sont alternes, ovales, pointues, dentées, coriaces, luisantes, ses fleurs grandes, d’un rouge vif, sessiles, et réunies de 3 à 6 ensemble au sommet des rameaux : on retire de ses amandes une huile fort estimée, attendu qu elle est odorante et ne rancit pas facilement. Le C . du Japon, dit aussi vulgairement Rose du Japon [C. Japomca, Lin.), croît naturellement au Japon ; c est un arbre qui peut atteindre 6 à 7 mètres dans les pays tempérés ; son élégance, le vert brillant de son feuillage persistant^ ses larges fleurs, qui s’épanouisseiit da novembre en avril, l’ont fait rechercher, pour l’ornement de nos serres, dès l’année nS6. Déjà, en 1739, le C. du Japon avait été introduit en Europe; mais il perdit bien vite son importance, dès que la culture eut produit lea

Fi:. 398. — Caméline cultivée.

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belles variétés à fleurs doubles et de diverses couleurs, que nous possédons aujourd’hui ; seulement il est devenu le sujet sur lequel on greffe toutes les nouvelles variétés fournies par les semis, et qui ne se perpétuent promptement que par la greffe. En Italie, dans le midi de la France, le camellia vit en plein air et y atteint de grandes dimensions, mais à Paris et dans le Nord, on ne l’obtient qu’en serres. Cependant, comme le camellia fleurit en hiver ; dans le Midi môme, les fleurs ne peuvent résister aux intempéries de la saison et se fanent promptement; on est obligé de les cultiver dans les serres, si l’on veut jouir de la durée de la floraison. Le camellia, quoi qu’on en ait dit, aime le soleil ; la nature de la terre qui lui convient n’est pas chose bien arrêtée; les uns veulent une terre compacte, d’autres une terre très-légère ; en France, on se sert d’une terre de bruyère plus ou moins pure. Le Bon Jardinier conseille d’employer une terre de bruyère un peu sableuse, mais cependant riche en détritus de végétaux. C’est au moyen de la greffe qu’on multiplie les camellias; autrefois, on n’employait que la greffe en approche, puis après, la greffe en fente sous cloche, enfin la greffe à un seul œil. Les sujets employés pour cette opération s’obtenaient d’abord par boutures prises sur des camellias simples, avec les précautions les plus minutieuses ; mais depuis que les amateurs d’horticulture ont réussi à faire produire aux fleurs simples des fruits et des graines, on n’a pas tardé à avoir, au moyen de ces graines, de belles et nombreuses variétés. Les arrosements des camellias doivent être assez fréquents, ils doivent être faits à l’eau de pluie on de rivière, autant que possible, et toujours à une température douce ; on aura recours aussi à de fréquents bassinages. Pendant l’hiver, on arrosera peu.

CAMÉRISIER, ou mieux Chamécerisier (Botanique). — Nom sous lequel on désigne la section des Chèvrefeuilles dont la tige est droite et rameuse et non volubile, par opposition aux chèvrefeuilles grimpants. On donne aussi spécialement ce nom au Chèvrefeuille de Tartarie [Lonicera Tatarica^hm.) (voyez Chèvrefeuille). G — s.

CAMION. — Nom donné à une voiture montée sur quatre roues très-basses et très-solides, et servant à transporter dans l’intérieur des villes des marchandises d’un grand poids ou d’un fort volume. Le camion est très-favorable au chargement et au déchargement, à cause de la faible élévation de son tablier ; mais la petitesse de ses roues augmente beaucoup le tirage. Aussi n’est-il employé que pour parcourir de petites distances.

On appelle aussi camion^ mais plus généralement diable^ une petite voiture très-solide, montée sur deux petites roues également très-fortes et servant au transport des pierres de taille dans les chantiers de construction. Le diable est presque toujours conduit à bras d’homme au moyen d’une pièce de bois centrale, appelée aiguille^ et sur laquelle sont implantées des traverses en bois. Lors même qu’on y attelle un cheval, deux hommes au moins doivent rester à l’aiguille pour la soutenir et la diriger.

Le nom de camion s’applique encore aux épingles de la plus petite dimension, et aux vases de terre dans lesquels les peintres en bâtiment délayent leur badigeon.

CAMISOLE (Médecine). — Espèce de gilet long et large, qui sert souvent de vêtement du matin. Par analogie, on a appelé camisole de force un vêtement long, qui ressemble à un gilet à manches et qui est ouvert par derrière au lieu de l’être par devant; les manches, prolongées au delà de la longueur des mains, sont fermées et terminées souvent par une bride dans laquelle on peut passer des liens. On s’en sert pour contenir les aliénés ou les malades affectés de délire furieux. On la met aussi à certains prisonniers qu’on soupçonne de vouloir attenter à leurs jours ou commettre des actes de violence.

CAMOMILLE (Botanique), en grec chamaimêlon, mêlon signifie pomme; allusion faite à l’odeur de pomme ou de coing que répand une espèce. Nom vulgaire du genre Anthémis (dérivé du grec anthemon , fleur). — Genre de plantes de la famille des Composées^ tribu des Sénécionidées ^ typs de la sous-tribu des Ânihemidées. Les camomilles sont des herbes souvent un peu frutescentes à leur base. Toutes leurs parties sont ordinairement odorantes, et leurs capitules solitaires et sans bractées ont le plus communément le disque jaune et les ligules blanches. La plus grande partie de ces plantes habitent la région méditerranéenne. La C. romaine ou C. noble [Anthémis nohilis^hin. \ Ormenis nobilis^GviY) est une herbe vivace, à tiges rameuses, velues, à feuilles un peu pubescentes, sessiles, à réceptacle muni de

paillettes légèrement rongées sur leurs bords. Cette espèce est indigène et très- usitée en médecine, comme plante fortifiante. Elle est prescrite pour combattre les faiblesses d’estomac. On l’a souvent employée aussi dans les fièvres intermittentes. La culture en obtient une variété flore c’est-à-dire dont les fleurs sont toutes

développées en ligules. La C. des champs [A. arvensis^

Lin.) [fig. 399) se distingue par ses paillettes oblongueSy linéaires, brusquement acuminées. Elle est annuelle, très-commune dans nos moissons; on lui donne souvent le nom vulgaire d'herbe de mai, de fausse camomille,

La C. des teinturiers [A. tinctoria^ Lin.) est également annuelle ; elle est caractérisée par ses ligules jaunes ; elle teint les laines en cette couleur. La C. puante [A. cotula. Lin.; Maruta cotula^ de Cand.), appelée aussi Maroute, est une herbe fétide, se distinguant de la C. des champs, avec laquelle elle croît souvent, par des paillettes étroites et subulées dès la base. Cette espèce est anti-hystérique : Peyrilhe l’a vantée contre les fièvres intermittentes rebelles. La C. mixte {A. mixta,, Lin. ; Ormetiis mixta, de Cand.) se rencontre aussi très-communément dans les champs. Elle présente les fleurons du centre à tube prolongé au-dessous du sommet de l’akène, en une couronne complète ou en une coiffe unilatérale; ce qui est, du reste, le caractère principal sur lequel Cassini s’est fondé pour extraire son genre Ormenis du genre Anthémis, de Linné. La C. puante se distingue en outre par ses ligules blanches, marquées de jaune à leur base. Indépendamment des quelques espèces que nous venons de signaler, l’horticulture tire parti de plusieurs autres camomilles pour la décoration des plates-bandes. Carac- r tères du genre : fleurs de la circonférence ligulées ou ir- ; régulièrement tubuleuses, ordinairement femelles ; fleurs du disque, hermaphrodites, tubuleuses, à 5 dents ; réceptacle convexe, muni de paillettes ; style à branches non • appendi culées au sommet; akènes lisses sans aigrettes j ou accompagnés de courtes membranes qui les représentent. G — s.

CAMPAGNE (Médecine, Eaux minérales). — Village x de France, arr. et à 15 kilomètres S. de Limoux (Aude). ( On y trouve des sources d’eaux minérales gazeuses, fer- s rugineuses et un peu salines (ferrugineuses bicarbona- t tées), qui contiennent par litre 0e%767 de principes fixes, ; et de plus une quantité notable d’acide carbonique. Elles sont toniques et fortifiantes.

CAMPAGNOL (Zoologie), Arvicola, Lacép. — Genre , • de Mammifères de l’ordre des Rongeurs, famille oQ^Rats, j j à laquelle on peut assigner les caractères suivants: trois mâchelières partout, mais sans racines, et formées cha- . cune de prismes triangulaires placés alternativement sur deux lignes. Cette famille comprend les genres : i° un- ^.j daira [Fiber, Cuv.) ; Rat musqué (voyez Ondatra) t

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20 Lemming, Cuv. {Georychus, Ilig.) (voyez Lemming) ; 5° Campagnol.

Genre Campagnol {Arvicola, Cuv. Htjpudœus, Ilig.) a la queue velue, à peu près de la longueur du corps, sans palmure aux pieds ; la tête grosse, des proportions épaisses, les doigts armés d’ongles longs, crochus et propres à fouir , quatre devant et cinq derrière comme les rats ; pelage long, épais et moelleux. Les espèces les plus -communes sont : le C. ou Petit Rat des champs de Cuvier, C. ordinaire de Milne-Edwards {Mus arvalis., Lin.) {fig. 400), nommé improprement dans quelques provinces

Fig. 400. — Campagnol ordinaire.

Mulot, (Le mulot appartient au sous-genre des rats proprement dits, c’est le Mm.? sylvaticus.^\An.). Grand comme une souris, cendré roussâtre, blanc sale en dessous, la queue un peu moins longue que le corps. Cet animal, trop connu par les ravages qu’il cause, se trouve dans tous les pays de l’Europe. Il choisit pour son séjour les jardins et les champs où il peut trouver facilement des grains, et n’entre pas dans les maisons; il habite des trous quïl se creuse dans les champs, et il y amasse du grain pour l’hiver. Sa demeure est composée de plusieurs cellules en communication entre elles et ayant différentes issues. Lorsque les circonstances sont favorables, ces animaux pullulent d’une manière effrayante, et deviennent le fléau des contrées qu’ils ont choisies pour leur établissement. Les femelles mettent bas au printemps et en automne, de six à dix petits par portée ; avec cela, les campagnols sont d’une voracité extrême ; ils détruisent le grain que l’on vient de mettre en terre, aussi bien que celui qui vient de mûrir. A la veille de la moisson, ils coupent la tige par la racine, vident l’épi, mangent une partie du grain, et emportent le reste dans leurs trous. C’est lorsque l’été est sec qu’ils sont le plus à craindre, car ils n’ont pas d’ennemis plus redoutables que les pluies, et surtout celW d’automne, et, par-dessus tout, la fonte des neiges, ( qui, en inondant leurs galeries, en détruisent des quantités considérables. Heureusement qu’ils servent de pâture aux oiseaux de proie, aux renards, aux chats, aux fouines, aux putois , aux belettes , aux couleuvres , qui leur font une guerre incessante. Lorsque ces animaux envahissent une contrée, on n’a guère de moyens de s’opposer à leurs ravages, et on ne peut travailler à leur destruction qu’à l’époque des labours et des semis. On peut bien en détruire quelques-uns en leur tendant des pièges ; mais ce moyen est insuffisant lorsqu’ils sont en grand nombre ; dans le cas contraire, le meilleur moyen consiste à faire un labour profond à l’automne, on atteint ainsi leurs retraites, et des personnes qui suivent la charrue, les tuent à mesure qu’ils cherchent à s’échapper. On a dit que les campagnols avaient l’habitude de se précipiter dans les trous ou dans les fosses qu’ils rencontrent devant eux; on a profité de cela pour faire des trous parfaitement cylindriques de 0“,50 à 0“,65 de profondeur, dont les bords^ et les parois étaient parfaitement lisses, on en a^ pris ainsi une grande quantité. On a proposé aussi d empoisonner tout un champ avec du grain trempé dans une décoction ^de noix vomique, d’euphorbe, ou même dans une solution d’arsenic, mais ce moyen peut offrir des dangers, et il ne doit être employé qu’à la dernière extrémité. Il a fait périr, à la vérité, un grand nombre de campagnols, mais il a empoisonné aussi beaucoup de gibier, lièvres, perdrix, etc. Le Rat d'eau {Mus amphibius, Lin.), un peu plus grand que le rat commun, gris brun foncé, la queue de la longueur du corps, habite au bord des eaux, et creuse dans les terrains marécageux pour chercher des racines; il mange aussi de petits poissons ; il nage et plonge mal. Le C. des prés, C. économe {Mus œconomus, Pallas), qui habite la Sibérie. On croit l’avoir trouvé aussi en Suisse et dans le midi de la France, principalement, dit-on, dans les champs de pommes de terre. Un peu plus foncé, et à queue plus

courte que le campagnol ordinaire , il habite une petite chambre en forme de four, creusée sous le gazon, avec des canaux conduisant dans diverses directions, communiquant avec une seconde cavité où il amasse des provisions. Ils ont l’habitude d’émigrer d’une contrée à l’autre du Kamtchatka et de la Sibérie en bandes nombreuses, et leur direction au printemps est vers l’ouest, pour revenir vers le mois d’octobre au Kamtchatka.

CAMPANELLE (Botanique). — Nom vulgaire du Liseron des haies {Convoluulus sepium, Lin.) et du Liseron des champs {Convolvulus arvensis).

GAMPANIFORME, Campanule ou Campanule (Botanique). — Termes par lesquels on désigne les organes en forme de cloche ; d’où le nom donné à la famille des Campanulacées. Ainsi, lorsque le calice est concave et se dilate de la base à l’orifice, il est dit campaniforme comme dans le cucubale, le mélitis, le gazon d’Olympe, etc. La corolle est campaniforme dans la belladone, le myrtille vitis idœa, la gentiane pneumonanthe; inutile d’ajouter, dans les campanules. Enfin, l’involucre peut être aussi campaniforme comme dans les lampsanes et la chrysoconie (chevelure dorée).

GAMPANÜLAGÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones gamopétales périgynes. Elle comprend des herbes ou des sous-arbrisseaux généralement laiteux , à feuilles dépourvues de stipules. Caractères : calice adhérent ; corolle régulière, alternant avec les lobes du calice et en nombre égal; étamines à filets libres, à anthères à 2 loges s’ouvrant avant la floraison par des sillons longitudinaux ; pollen granuleux, hérissé de petites papilles; le fruit est une capsule s’ouvrant en plusieurs valves et renfermant des graines nombreuses, à périsperme charnu. LesCampanulacées habitent particulièrement les régions tempérées de l’ancien continent. On les divise en deux tribus : les Wahlenhergiées, caractérisées par une capsule déhiscente au sommet, et les Campanulées présentant une capsule déhiscente latéralement ou à la base. Les genres principaux de la première sont : Jasione,lAn.\ Wahlenbergia, \ Prismatocarpus,

A. de Cand. ; Roëlla, Lin. ; et ceux de la seconde : Phyteuma. Lin. ; Campanula, Lin. ; Specularia , Heist. ; Trachelium, Lin., etc.

M. Alphonse de Candolle a publié, en 1830, à Paris, une Monographie des Campanulacées (in-4° avec 50 planches). G — s.

CAMPANULE (Botanique), Campanula, Lin., diminutif du latin campana, cloche. Allusion à la corolle de ce genre. — Genre de plantes type de la famille des Cam- ( panulacées. Il est très-nombreux en espèces. M. Alph. de Candolle, dans le Prodromus, en a décrit cent quatrevingt-deux. Nous nous contenterons de citer celles qui sont le plus communément répandues dans les jardins. La C. des jardins {C, medium. Lin.), appelée aussi Violette marine, croît spontanément dans la France méridionale et donne de grandes fleurs bleues. La C. noble {C. nobilis, Lindl.) vient de la Chine. Ses fleurs sont d’un beau violet pourpre. La C. de Sibérie {C. Sibirica. Lin.) est bisannuelle et présente la corolle velue en dedans. La C. remarquable {C. speciosa, Pourr.) croît dans les Pyrénées et donne de belles fleurs pourpres. La C. à larges feuilles {C. lati folia, Lin.) est une herbe vivace, se distinguant par ses grandes fleurs solitaires, bleues ou blanches. La C. trachelium. Lin., s’élève souvent jusqu’à i“,30; ses feuilles sont rudes au toucher et grossièrement crénelées, dentées. La G. à feuilles de pêcher {C. persicœ folia. Lin.) vient en Orient; ses corolles sont larges, blanches ou bleues. Enfin, la C. raiponce {C. rapunculus, Lin., diminutif de rapa, rave), plante indigène, qui n’est pas sans mérite pour l’ornement, se cultive comme plante potagère. Ses jeunes feuilles, et sa racine, se mangent en salade avant la pousse des tiges. Caractères du genre : calice à 6 divisions, rarement 3 ; corolle divisée en lobes qui atteignent rarement la moitié de la longueur du tube ; étamines libres; style ion saillant, poilu ; stigmates étalés; capsule s’ouvrant en autant de valves qu’il y a de loges ; ces valves portent les cloisons sur leur milieu. G — s.

CAMPANULÉ (Botanique). — Voyez Campaniforme.

CAMPÊCHE (Bois de). Bois d’Inde (Botanique), Hœmatoxylum campechianum. Lin. — Arbre épineux, toujours vert, haut de 12 à 15 mètres, famille des Papîlionacées, tribu des Cœsalpiniées . Originaire de la baie de Campôche (Mexique), il a été transporté à la Jamaïque, à Saint-Domingue et aux Antilles. La couleur rouge foncé de son bois a été utilisée dans l’art de la teinture, et U

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