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Fig 29. — Abri pour les abricotiers en contreespalier.
Si enfin il s’agit d’iin contre-espalier d’abricotiers, on disposera les abris comme l’indique la figure 29. Placer contre le dos du contre-espalier des paillassons A, enfoncer à 0“,G0 en avant des arbres une série de pieux D, puis fixer au sommet des paillassons F semblables à ceux de la figure 27.
Quels que soient les abris employés, il conviendra de les placer vers le milieu du mois de février et de ne les enlever qu’après les gelées tardives, c’est-àdire au milieu du mois de mai, ou plus tôt, en choisissant pour cela un temps sombre et humide , afin que la transition ne soit pas trop brusque pour les arbres. A. du Br.
Abris (Agriculture). — On désigne par ce nom des obstacles naturels ou artificiels qui protègent contre les ravages du vent certaines étendues de terrain. L’utilité des abris n’est bien comprise que dans les pays où régnent des vents violents, comme les côtes maritimes ou les vallées situées au voisinage des montagnes. Pour ces dernières contrées les forêts sont des abris naturels dont la destruction a trop souvent changé le climat de la façon la plus fâcheuse. Dans les autres, on a recours à des rideaux d’arbres, à des haies élevées, plantées en lignes perpendiculaires à la direction du vent. Dans beaucoup de parties de la basse Provence, on emploie avec succès des rideaux compactes de lauriers ou de cyprès à 100 mètres de distance ; sur les côtes de l’Océan que désole le vent de mer, comme dans les landes de la Gascogne, du Poitou, de la Bretagne, on fait d’excellents abris avec le pin maritime planté en zones de 30 à 40 mètres de largeur, à ïOO mètres les unes des autres.
ABROME (Botanique), Abroma^ Lin., du grec a privatif et brôma nourriture, parce que les plantes de ce genre ressemblent au csLca.oyer {Theobromo) ^ mais ne fournissent pas comme lui une substance alimentaire. — Genre de plantes de la famille des Butfnériacées (voisine de celle des Malvacées). Une espèce de ce genre, VAbrome à feuilles anguleuses [A . angusfa^ Lin.), se fait remarquer par les bouquets que forment ses fleurs pendantes d’un beau rouge brun. C’est un petit arbrisseau élégant, originaire de l’Inde, à feuilles larges et dont les rameaux sont revêtus d’un léger duvet. On a réussi à le cultiver en France dans les serres chaudes. Comme beaucoup de plantes malvacées, les abromes ont une écorce filamenteuse qu’on emploie, dans leur pays natal, pour fabriquer des cordages.
ABROïANE ou ABROTONE (Botanique), Artemisia Abrotanum, Lin. — Voyez Aurone.
ABROUTIS, ABROUTISSEMENT (Agriculture). — Ces mots désignent les arbres et taillis broutés par les bestiaux ou le gibier, et le dégât qui en résulte. La perte des feuilles et des bourgeons menace très-gravement l’existence même des végétaux abroutis ; les bois redoutent particulièrement ce genre de dommage, et les chèvres surtout y causent les plus grands ravages. On répare l’abroutissement en recepant les taillis ou arbustes, c’est-à-dire en les coupant au ras de terre. Diverses dispositions du Gode forestier ont pour but de prévenir l’abroutissement des bois.
ABRUS (Botanique), du grec abros^ délicat, élégant. — Jolis arbrisseaux, originaires de l’Inde et de l’Afrique, puis transportés en Amérique; leurs feuilles composées pennées sans folioles impaires, ont une certaine ressemblance avec celles du Robinier faux-acacia ou acacia vulgaire; leurs fleurs rouges, dont l’aspect rappelle celles des haricots, ont un calice à 4 dents, une corolle papilionacée et 9 étamines monadelphes ; il en provient une gousse ou
légume qui renferme 4 à 6 graines presque globuleuses, dures, d’un rouge écarlate et marquées d’une tache noire ou brune. Ces graines, bien connues sous le nom de pois d’Amérique^ sont employées par les femmes américaines pour faire des colliers, des chapelets, etc. ; on en tire parfois le même parti en Europe. C’est particulièrement VAbrus à chapelets [A. precatorius^ L. ) qui fournit ces graines d’ornement, et on le cultive surtout aux Antilles où ses tiges grimpantes et enroulées couvrent souvent les berceaux. On prétend qu’en Égypte et dans l’Inde on mange les graines des abrus, quoiqu’elles soient peu savoureuses; certains auteurs regardent même comme vénéneuses celles de l’abrus à chapelets. La racine de cette plante est sucrée, ainsi que ses feuilles; aussi, dans les Antilles, l’a-t-on nommée liane à réglisse ou fausse réglisse. — Le genre Abrus appartient à la famille des Vapilionacées., tribu des Phaséolées. G — s.
ABSCISSE (Géométrie). — Voyez Coordonnées.
ABSIDES (Ligne des) (Astronomie), du grec apsis^ voûte. • — Grand axe de l’orbite d’une planète. Les absides en sont les sommets : Tun, le plus éloigné du soleil, en est l’aphélie ; l’autre, le plus proche, en est le périhélie (voyez Planètes).
ABSINTHE (Botanique). — Plante citée par Dioscoride et déjà nommée apsinthion par les Grecs et absinthium par les Latins. (De a privatif, et psinthos., plaisir, parce qu’elle est très-amère.) — L’Absinthe [Artemisia Absirithium) a reçu des botanistes les noms de grande Absinthe., Absinthe officinale., Alwgne; c’est une plante à racine vivace , dont la tige herbacée s’élève à 1 mètre environ et se termine par une grappe, peu fournie, de petites fleurs composées (capitules), jaunes et pourvues sur leur réceptacle de longues soies blanchâtres. Les feuilles sont alternes, molles, très-découpées et d’un vert argenté [fig. 31).
L’absinthe se plaît dans les terrains montueux et arides de nos climats d’Europe.
Cette plante exhale une odeur pé-
Fig. 30. — Tête d'ab- — Feuille d’absinthe,
sinthe en fleurs. jg grand, natur.)
(1 /9 de grand, natur.)
nétrante et assez agréable ; toutes ses parties ont une saveur très- amère et fortement aromatique. Ses propriétés médicinales, qui sont énergiques et analogues à celles des autres herbes du même genre (voyez Armoise), l’ont recommandée comme fébrifuge, excitante, tonique et vermifuge. On prépare en pharmacie avec ses fleurs et ses feuilles un vin , un sirop , une conserve , un extrait , une huile et un sel qui n’est autre qu’un sous-carbonate de potasse provenant du lavage des cendres d’absinthe. Les principes actifs de la plante sont une résine fixe et une huile essentielle volatile.
On introduit parfois dans la bière, au lieu de houblon, les sommités d’absinthe en graines et séchées; la bière en prend l’amertume, se conserve mieux et devient plus enivrante. Enfin on prépare avec cette plante deux liqueurs alcooliques, V Absinthe suisse et le Vermouth.
On cultive l’absinthe officinale dans nos jardins; on la multiplie par boutures en mars ou en octobre, ou par semis aussitôt que les graines sont mûres.
Le genre Armoise renferme encore la petite A. [A. pontica)., et VA. maritime [A. maritima)., qui possèdent avec moins d’énergie des propriétés analogues.
Absinthe (Économie domestique). — La liqueur^ d'absinthe ou extrait d’absinthe., absinthe suisse., ou simple-
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ment absinthe^ est une liqueur alcoolique où l’on a dissous le principe résineux et l’huile volatile de la plante et qui a été aromatisée avec des essences de badiane, de fenouil, d’anis et avec de l’eau de rose. L’absinthe verte est colorée avec du safran. Cette liqueur a été vantée comme provoquant l’appétit et favorisant la digestion lorsqu’elle est prise un peu avant le repas. Les propriétés médicinales de l’absinthe confirment cette opinion ; mais leur énergie même indique dans quelle mesure on peut avoir recours à cet excitant. C’est à des intervalles prudemment espacés et à de petites doses que l’on devra faire usage de l’absinthe pour réveiller un estomac paresseux ou fatigué. Malheureusement, la saveur forte de cette liqueur invite à la prendre en quantités de plus en plus grandes. Alors son principe résineux agit d’une manière fatale sur les fonctions digestives^ et bientôt sur les fonctions intellectuelles. Rien de plus commun, dans les pays où l’usage de cette liqueur est répandu, que de rencontrer des buveurs d’absinthe qui, arrivés à -en al> sorber chaque jour une quantité énorme (jusqu’à un demilitre et plus), tombent dans un véritable abrutissement où persiste seul le désir de boire encore le poison qui les enivre et les tue. L’estomac devient incapable de digérer, son organisation s’altère, les intestins et le foie sont aussi gravement lésés, et la mort vient mettre un terme aux plus pénibles souffrances. L’addition de l’eau ne mitige guère l’énergique action de l’absinthe, peut-être même a-t-elle l’inconvénient de précipiter la matière résineuse et de concentrer ainsi le principe funeste à la santé. Cette liqueur est plus que toute autre capable de produire l’ivresse furieuse, et il n’est pas rare qu’elle mène à la folie ceux qui en ont abusé. Ne doit-on pas regretter, dès lors, que les établissements où se débite une liqueur si dangereuse se multiplient de plus en plus dans les grandes villes et tendent à propager des habitudes si funestes et si nuisibles à tous égards? F — n.
ABSOJjU. — Terme adopté en chimie pour exprimer qu’un corps est considéré comme pur ou dégagé de toute association avec un autre corps ; le plus souvent l’eau. Pour les acides, les bases et les sels, il signifie ordinairement anhydre ou sans eau ; mais il est plus particulièrement réservé pour l’alcool. De l’alcool à 86° centésimaux contient en volume 86 p. 100 à' alcool absolu pur (sans eau), uni à une quantité d’eau suffisante pour former 1 00 volumes du mélange, ce qui donne un peu plus de 14 p. 100 d’eau. L’eau et l’alcool, en effet, forment, par leur union, un volume total plus petit que la somme des volumes des deux liqueurs mélangées (voyez Alcoomètre).
ABSORBANTS (Médecine), du mot latin absorbere^ pomper, absorber. — On donne ce nom à des médicaments dont l’effet est àl absorber les substances liquides ou gazeuses produites dans certaines maladies. C’est ainsi que l’on applique sur les plaies, pour en absorber la suppuration, des matières spongieuses ou poreuses, telles que la charpie, l’amadou, le charbon pilé, etc. Les mômes matières sont appliquées sur des membranes muqueuses accessibles au chirurgien, et d’où exsudent des liquides trop abondants ou de mauvaise nature. A l’intérieur on administre, pour absorber les gaz acides développés dans les voies digestives, des agents chimiques de nature alcaline, carbonate de chaux, magnésie, etc.; on emploie aussi dans le même but le charbon pilé. On a récemment beaucoup vanté, pour le pansement des plaies, un mélange de plâtre pulvérulent et d’une espèce de charbon nommé Koaltar (voyez Pansements). F — n.
Absorbant (Pouvoir) (Physique). — Propriété que possèdent les corps de se laisser pénétrer plus ou moins par la chaleur qui tombe sur eux, suivant la nature de leur surface. Le pouvoir absorbant est corrélatif du pouvoir emissif ou rayonncint^ de sorte que les corps qui s’échauffent le plus vite, sont aussi ceux dont le refroidissement est le plus rapide. La nature et l’état de la surface d un corps exercent une grande influence sur son pouvoir absorbant ; sa couleur, au contraire, n’en exerce qu’une assez secondaire.
ün vase de métal poli s’échauffe lentement en présence du feu ; il se refroidit avec une lenteur pareille ; une couche de noir de fumée ou de suie déposée à sa surface rend réchauffement et le refroidissement beaucoup plus rapides. Par üne raison semblable, de deux calorifères métalliques, l’un à surface brillante, l’autre à surface noire, le dernier donnera plus de chaleur que le premier.
La neige fond lentement au soleil à cause de son faible : pouvoir absorbant; on rend sa fusion plus rapide en ré- I l)andant à sa surface du charbon en poussière ou des 1
débris organiques. Le faible pouvoir rayonnant de la neige protège les plantes contre l’action du froid extérieur (voyez Chaleur rayonnante. Pouvoir émissif).
ABSORPTION (Physique et Chimie), du mot latin absorberez boire. — Phénomène en vertu duquel un corps condense, ou fixe dans son intérieur, les liquides et les gaz qui l’entourent.
L’absorption est tantôt purement physique, en ce sens que ni le corps absorbé ni le corps absorbant ne changent de nature ou ne se combinent chimiquement l’un à l’autre. C’est de cette manière que l’argile et les terres poreuses absorbent l’eau.
Tantôt elle est accompagnée d’une véritable combinaison chimique. Lorsque la chaux absorbe l’acide carbonique de l’air, il se produit un nouveau corps, le carbonate de chaux, en tout comparable au calcaire, ce qui explique le durcissement du mortier au contact de T air.
Le pouvoir absorbant très-développé dans certains charbons est utilisé dans l’industrie pour la décoloration et la désinfection des corps (voyez Carbone).
On dit encore qu’il y a absorption, en chimie, quand, un vase plongeant par son orifice dans une liqueur, cette liqueur s’y élève peu à peu, soit que le gaz qui remplissait l’appareil se refroidisse et se contracte, soit qu’il disparaisse absorbé par la liqueur. On évite cette absorption en faisant usage de tubes de sûreté (voyez ce mot).
Absorption (Physiologie), du mot latin absorberez boire, aspirer, pomper. — Acte très-commun dans les corps vivants, au moyen duquel ils s’approprient, en les pompant à travers le tissu de leurs membranes z les liquides ou les gaz mis en contact avec celles-ci ; l’absorption s’efiectue principalement par le phénomène désigné sous le nom éé endosmose (voy. ce mot).
Absorption chez les animaux (Physiologie animale). — On nomme absorptiouz chez les êtres organisés en général, un acte physiologique par lequel une matière qui se trouvait en contact avec une des surfaces extérieures du corps organisé, est introduite dans l’intérieur de ce corps en en traversant la substance. Ainsi, lorsque nous sommes dans un bain, la peau humectée absorbe une notable quantité d’eau; si l’on dépose sur la surface d’une plaie, ou simplement d’un vésicatoire, une matière vénéneuse, son influence délétère ne tarde pas à se manifester : le poison a été absorbé. C’est par un phénomène de ce genre que les produits de la digestion passent à travers les parois de l’estomac et des intestins et pénètrent dans le corps pour nourrir l’animal. L’absorption est donc une des fonctions qui introduisent dans l’être vivant des matériaux empruntés au dehors et propres à le nourrir ; on peut même dire qu’aucune substance ne pénètre dans un corps vivant, si ce n’est par absorption.
De l’absorption dans le règne animal. — L’expérience et l’observation ont enseigné que, pour être absorbée, une substance, quelle qu’elle soit, doit prendre une forme fluide, c’est-à-dire se présenter à l’état liquide ou à l’état gazeux. Il faut, en outre, que le tissu absorbant soit humide dans sa profondeur aussi bien qu’à sa surface pour être perméable à la substance fluide. Les animaux' aquatiques sont donc particulièrement bien placés pour se nourrir par absorption. Aussi est-ce dans les eaux qui couvrent si abondamment notre globe, que l’on rencontre ces milliers d’espèces animales d’une organisation extrêmement simple, dont la peau absorbe sans cesse dans l’eau ambiante les particules organisées propres à les nourrir. Les plus imparfaits ne laissent même plus voir de canal digestif, et toutes les substances dont ils se nourrissent sont absorbées directement. Mais dès que l’organisation est plus compliquée, en outre de ces matières, les animaux élaborent par la digestion (voyez Digestion) des aliments qu’ils rendent propres à être absorbés en tout ou en partie. Il y a donc, chez la plupart des animaux, deux sortes d’absorption : V absorption généralOz dont le produit se nomme la Lymphe tant qu’on peut le distinguer du sang de l’animal, et V absorption digestive ou alimentaire, dont le Chyle est un des produits. C’est seulement chez les animaux Vertébrés que l’on distingue nettement la lymphe et le chyle, du sang proprement dit.
Organes d’absorption. — Les membranes qui étendent leurs surfaces sur les divers organes des animaux sont les premiers instruments de l’absorption. Les physiologistes de l’antiquité avaient pensé que les liquides absorbés par ces membranes étaient attirés dans les veines et se mêlaient ainsi rapidement au sang. Mais les travaux d’Aselli (1622), deRudbeck et de Bartholin (1660), de Pecquet (1664), etc., ont fait connaître chez les Mammifères, chez
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l’homme et chez les Vertébrés en général, un système de vaisseaux particuliers qui récoltent la lymphe sous les diverses membranes et qui, sous la membrane muqueuse du canal digestif, recueillent les produits de la digestion. Ces vaisseaux portent le nom général de vaisseaux lymphatiques^ et ceux qui sont en rapport avec les intestins ont reçu la dénomination spéciale de vaisseaux chylifères. Les uns et les autres se réunissent dans un tronc principal nommé canal thoracique {fig. 32) (voyez ce
Fig. 32. — Système absorbant intestinal veineux et chylifère, chez l'homme (1).
mot), qui monte le long de la colonne vertébrale vers la veine sous-clavière gauche où il s’ouvre et va verser son contenu dans le sang veineux. Ce système de vaisseaux ne recueille pas exclusivement, comme on l’avait cru d’abord, les produits des absorptions ; une partie considérable de ces produits est introduite directement dans le sang à travers les parois des veines qui sont très-absorbantes. Cette propriété des vaisseaux sanguins veineux, admise par les anciens, a été démontrée de nos jours, surtout par Mayer, Magendie, Westrumb, etc.
Mécanisme de l’absorption. — Lorsqu’on cherche à se rendre compte du passage des matières fluides à travers les tissus vivants, la première idée qui se présente est celle de bouches ou pores absorbants dont ces tissus seraient percés ; néanmoins ces pores n’existent pas, et les f! aides passent dans les interstices que laissent entre elles les molécules matérielles ; l’absorption est donc, en grande partie, un phénomène d’imbibition. Les fluides ne pénètrent cependant pas simplement par capillarité.! mais surtout par endosmose.
Pour l’étude de l’absorption chez les animaux on consultera avec fruit les traités de physiologie de Müller, de Béclard, et particulièrement celui de M. le Prof. Longet.
Absorption chez les végétaux (Physiologie végétale). — Cette fonction a le même but chez tous les êtres vivants, et sa définition a été donnée à l’article précédent. Les principaux organes d’absorption dans les plantes sont les racines qui demeurent plongées dans un milieu humide, la terre végétale.
L’absorption s’opère chez les plantes, comme chez les animaux, principalement par endosmose. Dans la période active de la végétation les extrémités des radicelles sont formées de cellules récemment organisées, molles, perméables et gonflées de sucs ou dissolutions aqueuses épaisses ; l’épiderme ne les recouvre pas encore, et elles sont plongées dans les dissolutions aqueuses beaucoup moins denses que renferme la terre. Il s’établit un courant d’endosmose qui introduit, dans les cellules superficielles des radicelles, les sucs provenant du sol ; plus ceux-ci sont fluides, mieux ils sont absorbés, entraînant avec eux seulement les substances tenues en dissolution. Lorsque la couche de cellules extérieures s’est ainsi gorgée des sucs nourriciers, la couche placée immédiatement en dessous, en absorbe à son tour aux dépens de la
(1) Fig. 32. — Le canal thoracique et les \aisseaux chylifères, chez rhoinme; la veine porte et les veines de l’intestin. — f, Portion de l’intestin grêle suspendue à un lambeau du mésentère qui contient les veines et les vaisseaux chylifères correspondants. — d, Diaphragme. — /“, Foie. — vp. Veine-porte qui réunit les veines de l’intestin et va se ramifier dans le foie d’où le sang est ramené dans la veine cave-inférieure, et de là au cœur droit. — o, Origine du canal thoracique, réservoir de Pecquet. — et, Canal thoracique qui reçoit les chylifères et les lymphatiques. — cv. Abouchement du canal thoracique dans la yeiue sous-clavière. — ucs, Veine-cave supérieure.
première : ainsi s’établit le courant de la sève qui monte des racines vers la tige et les feuilles.
L’absorption qu’exercent les racines se fait par leurs extrémités, et non par les surfaces latérales de leurs filaments. Quelques botanistes avaient admis qu’à ces extrémités radiculaires il existait de petits organes spéciaux d’absorption, qu’ils nommaient spongioles. On a reconnu que c’était là une pure hypothèse et que ces organes ne pouvaient se distinguer à l’examen le plus attentif.
Les plantes n’absorbent pas seulement par les racines ; leurs parties vertes absorbent aussi dans l’atmosphère certains principes, et particulièrement de la vapeur d’eau, toutes les fois que l’air ambiant est très-humide. Les végétaux aquatiques exercent par toute leur surface une absorption très-active.
ABSTERGENTS (Médecine), du mot latin abstergere, nettoyer. — Médicaments employés autrefois pour débarrasser la peau ou les membranes muqueuses de matières visqueuses ou putrides exhalées dans certaines maladies. C’étaient, en général, des liquides savonneux et aromatiques (voyez Détersifs).
ABSTINENCE (Médecine), du mot latin abstinere, s’abstenir. — C’est la privation partielle ou complète des aliments. On a étudié l’abstinence au point de vue physiologique (voyez Inanition) ; on Ta employée dans le traitement de beaucoup de maladies (voyez Diète, Régime).
ABSTRAIT (Nombre). — Terme d’arithmétique (voyez Nombre).
ABUTILON (Botanique), nom arabe donné par Avicenne à une plante malvacée à fleurs jaunes {Sida picta, Hooker; Abutilon strié). — Arbrisseau d’ornement originaire du Brésil; ses rameaux sont effilés, ses feuilles grandes ont la forme d’un cœur et sont portées sur de longs pétioles. Les fleurs solitaires et pendantes sont d’un jaune d’or strié de pourpre. C’est une plante mucilagineuse du genre Sida, famille des Malvacées. Introduite en France depuis longtemps, elle y fleurit pendant toute la belle saison. En Chine, on en extrait une filasse inférieure à celle du chanvre et bonne pour la corderie. — Il croît spontanément dans les marais du midi de la France une espèce à fleurs jaunes qui est le Sida Abutilon de Linné.
ACACIA ou Acacie (Botanique), du grec akê, pointe, allusion à la tige épineuse de beaucoup d’espèces. — Une
Fio-. 33. — Feuille de l’Acacia heterophylla, Juf?s. — p, Phyllode élard qui forme souvent seul la feuille. — l, Partie limbaire composée de folioles bipennées, qui manque entièrement dans un grand nombre de feuilles. Celte partie limbaire disparaît dans beaucoup d’espèces, la plupart australiennes, et le phyllode, p, reste seul pour représenter la feuille.
(1/1, de la grand, natur.).
confusion fâcheuse a fait appliquer, par les gens du monde, ce nom bien connu à d’autres plantes que celles qu’il désigne en réalité. Li’ Acacia commun du langage vulgaire, \' Acacia blanc, V Acacia parasol, V Acacia glutineux à fleurs rosées, V Acacia boule sont diverses espèces du genre Robinia ou Robinier. Ce genre appartient, il est vrai.
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comme le genre Acacia des botanistes, à la grande classe des héguwincuscs y vadiÀS) des différences importantes les séparent l’un de l’autre. La fleur possède une corolle papilionacée chez les Robiniers^ tandis que chez les vrais Acacias^ elle est régulière et en forme de clochette; les feuilles, composées dans les Robiniers^ sont décomposées cilins Igs AcdctCiS é
Le genre Acacia des botanistes i^Acacia^ Willdenow) se rapporte à la famille des Mimosées^ tribu des Acaciées j il comprend des arbres ou des arbrisseaux à feuillage trèsléger, grâce aux nombreuses et fines folioles qui forment
leurs feuilles décomposées. Dans certaines espèces, ces folioles avortent partiellement ou complètement, et alors le pétiole se dilate en une lame verdoyante, v\ovaméQ phyl Iode e.1 dirigée commeune lame de sabre suivant un plan vertical. En glissant entre ces lames verticales, le soleil produit dans les forêts de l’Australie, où ces acacias sont communs, un mode d’éclairage très-bizarre, qui étonna les premiers voyageurs et dont la cause n’a été indiquée que par M.
U. Brown, botaniste anglais. Beaucoup d’espèces d’acacias ont leur tige armée de fortes épines ou A* aiguillons ; d’autres en sont complètement dépourvues.
Les fleurs sont groupées en épis ou en têtes à l’aisselle des feuilles, vers l’extrémité des branches. Habituellement petites, pourvues d’étamines longues et très-nombreuses, elles offrent un calice à 4 ou 5 dents, une corolle assez courte, en clochette ou en entonnoir, hypogyne, à 4 ou 5 divisions et colorée souvent en jaune, parfois en rouge ou môme verdâtre. Le pistil simple donne pour fruit une gousse sèche , s’ouvrant en deux valves, comme celle du haricot, et contenant plusieurs graines allongées.
Le bois des acacias est en général d’une dureté remarquable et souvent coloré d’une façon brillante ; mais ses libres ne sont pas toujours droites, et ce défaut en restreint l’emploi. Cependant parmi les bois utilisés dans les arts, on peut citer V Angica du Brésil qui est le bois de VA. Angico^ le bois Diababul ou û’A7^ariba qui provient de VA. arabica. L’écorce et les gousses des acacias contiennent du tannin et sont employées au tannage des cuirs dans diverses contrées.
Le genre Acacia renferme environ trois cents espèces répandues dans les contrées équatoriales du globe, et particulièrement abondantes en Australie ; l’Europe en est complètement dépourvue.
V Acacia Catechu ou Cachoutier est une espèce de l’Inde particulièrement commune au Bengale ; c’est elle qui produit le cachou., nommé dans l’origine ferre du Japon. Le nom de cachou est une altération de l’indien catechu., dans lequel cate désigne l’arbre et chu le suc qu’on en extrait. Le cachoutier s’élève à la hauteur de à 1“,80; ses rameaux sont couverts d’un duvet blanchâtre. Le cachou s’extrait par décoction du bois môme de cet acacia (voyez Cachou). Au Bengale et au Japon, on prétend préserver les bois de charpente de l’atteinte des vers, en les imprégnant du suc de cet arbrisseau.
Un des principaux produits de certains acacias est la gomme arabique ou la gomme du Sénégal. Cette substance, émanant de la sève, découle naturellement du tronc et des branches de plusieurs espèces du genre Acacia, comme on voit, dans nos pays, une autre espèce de gomme suinter des pruniers, cerisiers, abricotiers. La go^nme ai-abique provient de VAcacie véritable; la gomme du
Sénégal, d’après le rapport adressé par M. Audibert au Jury de l’Exposition universelle de Paris (1855), est le produit de VAcacie Verek; VA. Adansonii donne une gomme rouge que les Maures mêlent à la première ; de
Fig. 33. — Acacia cachoutier, rameau Fig. 36. — Acacia cachoutier, portant deux épis de fleurs. fruit en gousse.
VA. albida ou Sadra-beida exsude une gomme friable très-différente de celle de VA. Verek (voyez Gomme).
U Acacia ver a., Willdenow, Mimosa nilotica.. Lin., en français Acaae ueVffaôZe, A. d’Égypte, Gommier rouge, est un arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, dont les rameaux rougeâtres portent des feuilles finement décomposées. Cet arbre élégant croît aux bords du Nil, dans toute la haute Égypte, en Arabie, au Sénégal où il paraît fournir la variété de gomme dite gomme de Galam, dans les parties chaudes de la Chine et môme en Amérique. Des gousses, non encore mûres, du gommier rouge on extrait par expression un suc brun rougeâtre, qui, desséché en petites masses, constitue le umi acacia des pharmaciens, employé autrefois comme astringent, et qu’il ne faut pas confondre avec le suc de prunellier connu sous le nom éV acacia nostra, acacia d' Allemagne. Les Chinois tirent une teinture jaune des fleurs de l’acacie véritable. Les gousses et l’écorce de cet arbre servent au tannage des cuirs ; depuis quelque temps on les trouve dans le commerce sous les noms de Lablad, Bablad, Bali-bobolah et Neb-neb.
W Acacia Verek est un arbre de 4 à 5 mètres de hauteur, dont la tige et les rameaux sont grisâtres. Il couvre la rive droite du Sénégal et croît abondamment dans toute la Sénégambie.
Parmi les espèces ornementales on doit citer : V Acacia Julibrissin, vulgairement, .4cacm de Constantinople, Arbre à soie, bel arbre de 10 mètres, sans épines, dont les feuilles sont munies de cils soyeux ; on le cultive à son entier développement dans le midi de la France, il est originaire de l’Orient ; — V Acacia de Farnèse {A. Farnesiana^, vulgairement Cassie ou Casse du Levant, arbre épineux de 5 à G mètres, importé de l’Inde en 1611 dans le jardin Farnèse, à Florence, où il fut cultivé pour la première fois; — V Acacia blanchâtre {A. dealbato), d’Australie, haut de 6 à 10 mètres ; — V Acacia à deux épis [A. lophanta), arbrisseau de 3 à 4 mètres, dépourvu d’épines, originaire d’Australie; — et parmi les espèces à phyllodes : i&s, Acacias ondulé [undulata] ; velu {vestita) ; à longues feuilles {longi folia), provenant tous de l’Australie.
Les horticulteurs prisent beaucoup aujourd’hui diverses espèces d’acacias d’un aspect très-agréable. U A. Julibi'issin et VA. à deux épis se laissent cultiver en pleine terre, même sous le climat de Paris. IV A. decurrens, VA. floribunda doivent, l’hiver, être rentrés en orangerie; les autres, tels que VA. de Faimèse, VA. véritable, ne viennent qu’en serre chaude. Beaucoup d’espèces exotiques pourront être naturalisées dans l’Europe occidentale. On multiplie les acacias par graines dont les rejetons se transplantent au bout de deux ou trois semaines ; cette culture se fait sur couches spéciales avec les précautions que l’on emploie d’habitude pour les plantes tropicales.
AGACIÉES (Botanique). — Nom d’une tribu déplantés Légumineuses, section des Mimosées, adoptée par quelques botanistes, en prenant pour type le genre Acacia, autour duquel sont groupés les Mimosa, Adenonthera, Darlingtonia, Albizzia, Vachelia, Zygia, Inga, Pi'osopis.
ACADÉMIE DES SCIENCES. — Corps savant fondé en 1666 par Colbert; elle reçut un commencement d’organisation en 1671, et prit place en 1699 parmi les corps officiels, après avoir été libéralement réorganisée par le roi. Elle forme aujourd’hui l’une des cinq classes de l’Institut impé-
Fig. — Acacia cachoutier, rameau et feuilles (l/IO de la grand, natur.).