GAU
fait son nid, en général, à la cime des grands arbres, et la femelle y pond deux œufs. D’Azzara, qui a établi une famille des Caracaras^ a ajouté à l’espèce citée plus haut deux autres espèces; l’une, qu’il o, nommée. Chimcmzo., est le C. chimarifio {P.chimango,'Sïe\\y) \ et l’autre. Onmochima d’Azzara, est le P. cfnmachima, de Vieillot.
CARACOLE^ Caracolle ou Caracalla (Botanique), de car, tête, et cal, couverture, en celtique. La caracalle était un vêtement à capuchon. — Les Portugais ont nommé ainsi cette plante à cause de sa fleur en forme de capuchon. Les Français en ont fait caracolle, espèce de Haricot des Indes orientales. C’est le Phaseolus caracalla, Lin. Cette plante est un arbrisseau grimpant, que l’on cultive en serre chaude et qui donne de très-jolies fleurs lilas et odorantes très-belles, mais peu nombreuses, grosses, légèrement lavées de rose sur un fond blanc. On la sème sur couche pour repiquer, on on la multiplie de boutures.
CARACTÈRE (Histoire naturelle). — On nomme caractère une disposition particulière qu’un être possède en commun avec ceux du môme groupe que lui, mais par laquelle il diffère de tous ceux des autres groupes. Les caractères servent donc à réunir les êtres pour former les groupes et à les séparer de ceux auxquels ils n’appartiennent pas. Les classifications en histoire naturelle reposent sur l’étude des caractères. Or, en zoologie et en botanique, ils sont fournis par la grandeur, la forme, le nombre des organes, leur structure, leur consistance, leur position et leur grandeur respectives, etc. Dans les minéraux, ils sont fournis par la forme, la cristallisation^ la cassure, le grain, la couleur, etc. Les caractères sont simples lorsqu’ils sont considérés chacun séparément et propres à la partie la plus simple du corps naturel; composés, s’ils sont formés de la réunion de plusieurs caractères simples : les caractères universels embrassent tous les signes propres au corps entier, soit brut, soit organisé. C’est ce caractère universel qui constitue véritablement la nature de chaque corps, nature fondée sur la composition élémentaire des minéraux et sur l’organisation des végétaux et des animaux.
CARACTÉRISTIQUE (Arithmétique). — Partie entière d’un logarithme (voyez Logarithmes).
CARAGAN, Caragana, Caragl'Ana (Botanique). — Espèce du genre Hohinier (voyez ce mot).
CARAGATE, Garaguate (Botanique). — Voyez Til-
LANDSIE.
CARAGNE (Botanique). — Nom que l’on donne à l’espèce de Gomme-résine produite par VAmyris carana, arbre du Mexique , appelé communément arbre à la folie. Cette gomme se présente sous la forme de masses brunes. Elle répand une odeur très-balsamique et s’enflamme à l’approche de la lumière. Elle était employée autrefois comme vulnéraire et résolutive.
CARAMBOLIER (Botanique), de carambolas, nom malabare. — Genre de plantes de la famille des Oxalidées nommé en botanique Averrhoa , Lin. , dédié à Averrhoës, médecin arabe, qui vivait vers le milieu du xie siècle. Les caramboliers sont des arbres propres aux Indes orientales. Le C. cylindrique {A. Bilirnbi, Lin.) s’élève à 3 mètres environ ; sa forme est arrondie, ses tiges sont diffuses, ses feuilles composées de 19 ou 21 folioles; ses fleurs disposées en grappes et de couleur purpurine, et son fruit a la forme d’un petit concombre. Le C. à angles aigus {A. carambola. Lin.) est un peu plus élevé que le précédent ; son fruit à angles aigus est de la grosseur d’un œuf de poule, et comestible ainsi que celui de la première espèce. On le confit ordinairement dans le vinaigre. Les Indiens les mangent quelquefois cuits. Ils sont considérés comme rafraîchissants et servent à composer un sirop employé aux Antilles contre les fièvres bilieuses. Les baies du dernier surtout contiennent une matière colorante dont on tire parti. Caractères : calice à h divisions; corolle à 5 pétales droits; 10 étamines dont 5 sont quelquefois stériles ; ovaire présentant 5 angles et surmonté de 5 styles persistants ; le fruit est une grosse baie ovale, sillonnée, pulpeuse, acide, à 5 loges renfermant des graines anguleuses. G — s.
CARANX (Zoologie), Caranx, Guv. — Genre de Poissons acanihoptérygiens, de la famille des Scombéroïdes [Règne animal). Caractérisé par une ligne latérale cuirassée sur une étendue plus ou moins grande; deux dorsales distinctes, une épine couchée en avant de la première ; pectorales longues et pointues. On les distingue des maquereaux dont ils sont voisins, parce que ceux-ci ont de fausses nageoires au-dessus et au-dessous de la queue. On y trouve, entre auti'cs espèces, le
Saurel, Maquereau bâtard. Gascon, Chicharon [Scomber trachurus. Lin.), assez semblable au maquereau par la forme générale, avec une chair moins délicate; les bandes ou plaques qui garnissent leur ligne latérale commencent dès l’épaule. On en trouve dans la Méditerranée qui ont jusqu’à 1 mètre de longueur; dans la Baltique, il atteint rarement Qm, 35 ; le C. glauque [Scomber glaucus. Lin.), de la Méditerranée, dont la chair est blanche et de bon goût ; on le nomme encore sur nos côtes méridionales, Derbio, Biche, Cabrole, Damo. « Nos marins, dit Cuvier, nomment Carangues des poissons de ce genre, à corps élevé, à profil tranchant, courbé en arc convexe et descendant rapidement; il y en a de nombreuses espèces dans les deux océans. »La Carangue des Antilles [Scomber Bl.)estargentée; elle pèse jusqu’à 10 oul2kil. C’est un bon poisson et très-sain. La Carangue bâtarde [Guaratereba, Séb.) est, au contraire, selon Cuvier, trèssujette à être empoisonnée.
CARAPACE (Zoologie). — Nom que l’on donne à la partie supérieure de cette boîte solide et résistante dans laquelle se trouvent enfermés les Reptiles de l’ordre des Chéloniens (Tortues); la partie inférieure se nomme le Plastron (voyez ce mot) ; et la réunion de ces deux pièces constitue cette espèce do coffre naturel, recouvert par la peau écailleuse et qui n’offre nulle part la consistance charnue. C’est qu’en effet l’os est sous la peau. On comprendra facilement cette remarquable conformation en jetant un coup d’œil sur la carapace d’une espèce de Chélonien [fi g. 4i3) dans laquelle les modifications du squelette n’ont pas atteint leur plus grande intensité ; de telle
Fig. 413. — Squelette d'un reptile chélonien (tortue marine).
sorte que les rapports de celui-ci avec ceux des autres vertébrés n’en seront que plus facilement aperçus. La carapace des Chéloniens est formée par les côtes k, k, k, ramenées sous la peau, élargies et soudées entre elles par leurs bords. Sur la ligne médiane du dos, elles sont réunies par des plaques qui surmontent les vertèbres et représentent les apoph}'ses vertébrales que celles-ci portent ordinairement à leur face dorsale. Enfin, des pièces osseuses c', c' [fig. 413), analogues aux cartilages sternaux de l’homme, entourent la carapace à droite et à gauche, et en forment le bord entre chacune des échancrures par où sortent les autres parties de l’animal (voyez Chélonien, Tortue, Plastron).
Quelques naturalistes ont encore donné le nom de carapace à des pièces solides qui recouvrent la tête et le dos des crustacés, des tatous, et qui sont plus généralement appelées test; et à des parties écailleuses qui recouvrent plus ou moins complètement certains poissons.
CuàRBAZOTIQÜE (Acide), ou acide trinitrophénique, ou ?LC\àepicrique (Chimie) (C'^H-^Az^O'^). — Acide provenant I d’une oxydation par l’acide azotique de la fibrine, de l’indigo, de la salicihe et des produits que renferme l’huile de goudron de houille. C’est un corps solide, cristallisé d’une f manière très-régulière, en gros prismes à six pans, ter- * minés par des octaèdres à base rhombe; sa saveur est | amère; sa couleur, jaune citron. Il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Chauffé avec précaution, il fond et se |
CAR
CAR
volatilise; si la température devient subitement trop élevée, ses éléments se séparent en produisant une détonation. Il est monobasique ; ses sels ont tous une coloration jaune ; quelques-uns détonent par le choc (carbazotate de plomb). Celui de potasse est très-peu soluble ^ans l’eau ; cette propriété permet de distinguer facilement les sels de potasse des sels de soude. L’acide •carbazotique teint en jaune la laine et la soie sans l’intermédiaire d’aucun mordant; aussi l’utilise-t-on aujourd’hui, en notable proportion, dans l’industrie de la teinture. Son goût amer l’a fait introduire par fraude dlans la fabrication de la bière pour y remplacer le houblon. — On prépare l’acide carbazotique en traitant la partie de l’huile de goudron qui passe à la distillation •entre 160 et 190", et qui renferme une notable proportion A' acide phénique par l’acide azotique à l’ébul-
lition ; il se dégage de l’acide carbonique et des vapeurs nitreuses. La liqueur concentrée et refroidie se prend en masse; on lave celle-ci à l’eau froide et on la traite par l’ammoniaque qui forme du carbazotate d’ammoniaque ; il lî’y a plus qu’à décomposer ce sel par un acide et à faire cristalliser plusieurs fois l’acide carbazotique dans l’eau.
Cet acide a été découvert en 1788 par Hausmann, dtudié ensuite par Welter, Laurent, Dumas, Liebig, Gerhardt, et appliqué à la teinture de la soie, en 1845, par Guinon, teinturier à Lyon. B.
CARBONATES (Chimie). — Substances formées par la -combinaison de l’acide carbonique avec une base, telle que la cbaux, la potasse, la soude, les oxydes de plomb, de fer, etc. On les reconnaît tous à la propriété qu’ils ont de faire effervescence quand on verse sur eux un acide fort, comme l’acide chlorhydrique ou nitrique. L’effervescence •est due au dégagement de l’acide carbonique mis en liberté par le nouvel acide qui prend la place du premier.
Trois carbonates seulement sont solubles : ce sont les <îarbonates d’ammoniaque, de potasse et de soude. Le carbonate de chaux est insoluble dans l’eau pure, mais il se dissout en quantité très-appréciable dans de l’eau chargée d’acide carbonique ; d’autres jouissent également de la même propriété. Au contact de l’air, l’eau perd peu à peu son acide carbonique et le carbonate se dépose •en môme temps. C’est à ce phénomène qu’il faut rattacher les incrustations auxquelles certaines eaux donnent lieu.
Le carbonate d’ammoniaque est seul volatil.
Tous les carbonates, à l’exception de ceux de baryte, de potasse et de soude, sont décomposés par la chaleur rouge ; les bicarbonates sont même réduits à l’état neutre à la température de 100". Tous, sans exception, sont décomposés au rouge par le charbon quand ils supportent cette température sans se décomposer seuls ; il se forme de l’oxyde de carbone, et l’oxyde ou même le métal -est mis en liberté. La vapeur d’eau produit le même effet ; l’acide carbonique est entraîné en abandonnant l’oxyde.
Les carbonates sont abondamment répandus dans la nature, particulièrement le carbonate de chaux.
Carbonate d’ammoniaque. — Voyez Ammoniaque.
Carbonate de baryte. — On ne le rencontre guère que dans quelques cantons de l’Angleterre. S’il était plus commun, on pourrait l’employer quelquefois à la place du carbonate de plomb auquel il ressemble un peu par ses propriétés physiques (voyez Baryte).
Carbonate de chaux. — Sel neutre, insoluble dans l’eau pure, légèrement soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique. Il est tellement abondant dans la nature qu’à lui seul il forme peut-être la moitié de l’écorce dii globe. On le reconnaît à ce que, soumis à la calcination, il donne de la chaux en abandonnant son acide carbonique; mais si la calcination a lieu en vase clos, le carbonate fond sans se décomposer et produit par le refroidissement du marbre artificiel. Cette propriété, toutefois, n’a pu être utilisée pour l’industrie.
Le carbonate de chaux présente un grand nombre de variétés parmi lesquelles les plus importantes sont : la chaux carbonatée spathique ou spath d'Islande^ la chaux carbonatée fibreuse, le marbre, le calcaire compacte, le calcaire oolitique, la craie^ etc. (voyez ces divers m'ots €t Calcaire).
Carbonate double de chaux et de magnésie, appelé aussi dolomie (voyez ce mot).
Carbonate de magnésie. — Se rencontre dans la nature à l’état neutre. Il sert, en le dissolvant dans l’acide sulfurique , à préparer le sulfate de magné.sie ou sel d Epsom. Ce dernier, dissous dans l’eau et précipité à 100° par un carbonate alcalin, donne le carbonate du commerce, appelé magnésie blanche. C’est un sous-carbonate hydraté, en poudre blanche très-légère. Ce pro-
duit est très-employé en médecine, surtout comme contrepoison des acides minéraux (voyez Magnésie).
Carbonate de fer. — Voyez Fer carbonaté.
Carbonate de zinc. — Voyez Calamine.
Carbonate de plomb. — Voyez Cérüse, Plomb.
Carbonate de cuivre, appelé quelquefois vert-de-gris, — Voyez Cuivre.
Carbonate de potasse. — Voyez Potasse.
Carbonate de soude. — Voyez Soude.
CARBONE (Chimie), du latin carbo, charbon. — Ne se rencontre dans la nature à l’état de pureté que dans le diamant; mais il forme la presque totalité du charbon ordinaire, où il se trouve uni à quelques sels minéraux qui restent à l’état de cendres après la combustion du carbone. Le diamant et le charbon noir sont donc un seul et môme corps sous deux états physiques divers. Le premier est cristallisé ; le second ne l’est pas. Autour de ces deux types principaux viennent se ranger d’autres espèces de charbons. Le noir de fumée, le noir la
houille^ le coke, le lignite, appartiennent au second ; le graphite, le charbon des cornues à gaz, la plombagine, le diamant noir, appartiennent au premier.
C’est Newton qui, le premier, soupçonna la nature combustible du diamant. Depuis, Davy reconnut qu’à la chaleur d’un feu de forge, il brûle en se transformant en acide carbonique comme le charbon ordinaire. M. Jac« quelairi est d’ailleurs parvenu à transformer le diamant en véritable coke. En plaçant un diamant entre les deux cônes de charbon d’une forte pile de Bunsen, on le voit devenir incandescent, jeter une lumière telle que l’œil ne peut en supporter l’éclat, et si on l’observe au travers d’un verre noirci, on le voit se boursoufler, se fendre, et après le refroidissement présenter l’aspect d’une masse poreuse, d’un gris métallique, friable, entièrement semblable au coke. On conçoit, d’après cela, l’inutilité des efiorts tentés jusqu’à présent pour transformer, par la chaleur seule, le charbon en diamant. On ignore par quels procédés ce dernier corps s’est formé dans la nature. Sa densité est de 3,50. (Voyez Diamant.)
1.Q graphite, dont la densité est de 2,20, au contraire, peut être produit artificiellement. Le fer fondu jouit, en effet, de la propriété de dissoudre le charbon. Quand il en a dissous très-peu, il le conserve pendant son refroidissement et devient de l’acier ou de la fonte; mais quand il en a absorbé une quantité plus considérable, le charbon vient, par un refroidissement lent, cristalliser à sa surface sous forme de lames noires, brillantes, d’un éclat métallique : c’est le graphite.
h2i plombagine, qui sert à fabriquer les crayons dits mine de plomb, n’est autre chose que du graphite ordinaire, en paillettes extrêmement fines, et ne contient aucune trace de plomb.
Dans l’intérieur des cornues où on distille la houille pour la fabrication du gaz à éclairage, on trouve adhérentes aux parois du vase des masses grises très-brillantes, très-dures et sonores, formées par un agrégat compacte de petites paillettes cristallines de charbon. Ce charbon est appelé charbon métallique, parce que, par sa conductibilité électrique et calorifique, ainsi que par son éclat, il ressemble à un métal. Le graphite et la plombagine sont dans le môme cas.
Les charbons du premier groupe proviennent tous de la calcination ou combustion incomplète des matières organiques végétales ou animales. Leur aspect varie suivant la nature de la matière carbonisée. Si cette matière est infusible, le charbon conservera la forme de la substance, ainsi qu’on le voit pour le charbon de bois ; si elle est fusible comme la houille, le sucre, la plume, elle laissera un charbon boursouflé, poreux ; si elle est volatile, ainsi que le sont les huiles, elle fournira un charbon très- divisé comme le noir de fumée. La densité du charbon amorphe le plus compacte ne dépasse pas 2.
Mais de quelque source qu’il vienne, le charbon ne peut être ni fondu ni volatilisé, il est complètement inaltérable par la chaleur, du moins quand il se trouve à l’abri du contact de l’air.
Les divers charbons brûlent très-inégalement à l’air; les plus légers sont ceux qui brûlent le plus facilement et le plus vite. Tous, à poids égaux, donnent la môme quantité de chaleur quand ils ne renferment pas trop de matières étrangères et que la combustion est complète ; mais dans la pratique il est loin d’en être ainsi. Un brasier alimenté au coke donne plus de chaleur que s’il était alimenté au charbon de bois ; cette difiérence tient d abord à ce que, à volumes égaux, le coke, étant plus dense, contient plus de combustible que le charbon de bois ; mais.
CAll
en outre, le charbon de bois donne beaucoup d’oxyde de carbone en même temps que d’acide carbonique, sa combustion est incomplète, tandis que le coke n’en donne presque pas; or, les quantités de chaleur fournies par un même poids de charbon, pour se transformer en oxyde de carbone et en acide carbonique, sont entre elles comme les nombres 1 et 5,7.
Le charbon au rouge peut même décomposer l’eau pour s’emparer de son oxygène, en donnant ainsi de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène et des hydrogènes carbonés. Il est attaqué à l’aide de la chaleur par les alcalis caustiques, dont il décompose l’eau d’hydratation et forme des carbonates; il décompose également par la chaleur tous les acides, à l’exception des acides borique et silicique; il réduit enfin la plupart des oxydes métalliques et ramène les autres au minimum d’oxygénation. En dehors de la chaleur qu’il nous donne par sa combustion, ce corps est donc extrêmement précieux comme réducteur, soit en chimie, soit surtout en métallurgie. Il entre d’ailleurs dans un très-grand nombre d’autres combinaisons que celles qu’il donne avec l’oxygène. Au ronge, il s’unit avec le soufre pour former une substance très-volatile, d’une odeur caractéristique, appelée sulfure de carbone ou acide sulfocarbonique^ et dont l’industrie fait actuellement un grand usage pour la préparation des caoutchoucs vulcanisés. Il s’unit également au chlore pour former divers cldorures de carbone; il s’unit à l’azote pour former le cyanogène et les cyanures. Enfin, il n’est pas de composé organique qui n’en renferme une quantité plus ou moins grande.
En outre de ses propriétés chimiques et calorifiques, le charbon en possède encore une autre dont on a su tirer un grand parti : c’est sa propriété absorbante qu’il possède à un degré d’autant plus élevé qu’il est plus poreux et plus divisé. Sous ce rapport, les charbons peuvent être classés dans l’ordre suivant : charbon animal d’os ou noir animal., charbon de bois, braise., noir de fumée calciné., coke. Voici le tableau des volumes de divers gaz qui peuvent être absorbés par un volume égal à 1 de charbon de bois calciné et refroidi dans le vide.
Gaz ammoniac 90,00
— acide chlorhydrique 8n,00
— acide sulfureux 65,00
— acide sulfhydrique 55,00
— protoxyde d’azote 40,00
— oxy;;ène 9,25
— azote 7,05
Le charbon absorbe aussi avec une grande énergie certaines substances solides, particulièrement les matières colorantes. Aussi le considère t-on comroQ désmfectant et décolorayit cette propriété remarquable qui le fait employer, dans les raffineries de sucre, à la clarification et à la décoloration des sirops; dans les établissements de filtration des eaux potables, à la purification de ces eaux. C’est elle également qui le fait servir à la préparation des noirs animalisés, mélange de matière fécale et de terreau calciné dont l’agriculture tire un si grand parti. Le terreau renferme beaucoup de matière végétale ; par la calcination en vase clos, il se transforme en une terre absorbante qui renferme en môme temps du charbon, par le secours duquel il enlève aux matières fécales leur mauvaise odeur et rend très-aisée leur application.
A l’aide du charbon, on peut enlever complètement l’acétate de plomb, le bichlorure de mercure (sublimé corrosif), l’acétate de cuivre (verdet), le sulfate de cuivre (couperose bleue), et un grand nombre d’autres sels dissous dans l’eau. On peut enlever de la même manière l’amertume à une décoction de quinquina, d’absinthe et d’autres plantes amères qui perdront en même temps leurs propriétés médicales; mais, en revanche, on pourra retirer au charbon les principes qu’il aura enlevés en le faisant bouillir dans un liquide approprié.
C'est enfin à cette propriété absorbante du charbon qu’est due cette augmentation de poids qu’il éprouve quand il reste exposé quelque temps à l’air humide dont il absorbe l’humidité. Une chaleur ménagée lui fait perdre cette humidité; mais une chaleur intense et brusquement appliquée donne lieu à la décomposition de l’eau par le charbon et à la formation de gaz combustibles. Ces gaz, en brûlant, donnent une flamme h température extrêmement élevée, ce qui fait que, dans certaines industries, on préfère au charbon sec le charbon qui a séjourné dans l’eau, et qui donne aussi, il est vrai,
moins de cendre; mais la chaleur totale qu’il fournit en brûlant se trouve diminuée de toute celle qui est nécessaire pour transformer l’eau en vapeur. Ce dernier inconvénient disparaît, tout en laissant substituer le premier avantage, quand on projette un jet de vapeur d’eau dans un foyer bien embrasé. La formation de ces gaz combiistibles explique en même temps pourquoi una quantité d’eau trop faible est plus propre à activer l’incendie qu’à l’éteindre. — Pour les diverses espèces de charbons, voyez au nom de chacun d’eux, voyez en môme temps Carbonisation. M. D.
Carbone (Oxyde de) (Chimie). — Gaz incolore, sans odeur ni saveur, formé par l’union d’une proportion (G) de carbone et d’une proportion (8) d’oxygène. Sa formule chimique est CO. Il prend naissance toutes les fois ,
que la combustion du charbon est incomplète, ou que I
l’air se trouve en contact avec un excès de charbon.
L’oxyde de carbone est non-seulement impropre à la respiration, mais encore il est fortement vénéneux, et c’est lui particulièrement qui tue dans l’asphyxie par le charbon ; j-fr de ce gaz dans l’air suffit pour tuer subite- 1 ment un oiseau. Une très-faible proportion de ce gaz dans I une atmosphère confinée suffit pour produire des maux de | tête et un malaise général, que l’on attribue vulgairement à la vapeur de charbon. Aussi l’usage des fourneaux alimentés au charbon de bois, qui fournit de l’oxyde de carbone plus facilement que les autres charbons, doit-il être l’objet de précautions continuelles. 11 en est de même des braseros usités presque partout en Espagne, en Italie, ' et même dans le midi de la France. Il faut savoir les gou- ■
verner et y être habitué. C’est encore à ce gaz qu’il faut •
attribuer cette maladie redoutable qui décime les repasseuses, et qu’elles désignent ordinairement en disant qu’elles ont le sang brûlé par la chaleur du fer. Cette altération lente du sang et la consomption qui en est la suite sont dues à un empoisonnement produit par la respiration habituelle d’un air contenant de faibles quantités d’oxyde de carbone qui s’échappe de fourneaux mal établis ou mal c induits.
L’oxyde de carbone est combustible ; il brûle à l’air avec une flamme bleue et produit alors ces flammelles que l’on voit apparaître au-dessus d’un fourneau qu’on vient de recharger de charbon noir. Son affinité pour l’oxygène est telle, qu’il joue le rôle de réducteur comme le charbon (voyez Fer).
L’oxyde de carbone, sous l’influence de la lumière, se combine directement avec le chlore et produit ainsi un corps gazeux, appelé phosgène ou acide chloroxycarbo- 7iique COC\. I ,
L’oxyde de carbone est absorbé avec une grande faci- i lité par la dissolution ammoniacale de protochlorure de cuivre, ainsi que l’ont découvert MM. Doyère et Leblanc.
On le prépare en faisant passer un courant d’acide carbonique sur du charbon chauffé au rouge. L’acide carbonique prend ainsi un poids de charbon égal au sien, et double en môme temps de volume. On l’obtient encore en ' calcinant un mélange de craie et de charbon, ou en traitant de l’acide oxalique par de l’acide sulfurique. Dans ce dernier cas, l’acide oxalique G^O* se dédouble en oxyde de carbone GO et en acide carbonique GO^. Pour obtenir le premier gaz pur, il suffit de faire passer leur mélange au travers d’une dissolution de potasse ou de soude qui retient l’acide carbonique.
L’oxyde de carbone a été découvert par Priestley, mais ce n’est qu’en 1802 que la nature de ce gaz fut reconnue en môme temps à peu près par Gruikshank en Écosse, et Clément Désormes en France. M. D.
CARBONIFÈRES (Terrains) (Géologie). — Voyez Houiller (Terrain).
CARBONIQUE (Acide) (Chimie). — Gaz incolore, presque sans odeur, d’une saveur légèrement aigrelette, piquante, quand il est dissous, et communitiuant cette saveur aux eaux de Seltz et autres boissons gazeuses. Il n’est ni combustible ni comburant; il est impropre à la respiration, et môme, suivant quelques auteurs, sensiblement vénéneux ; il produit rapidement l’asphyxie quand il est mélangé avec l’air en proportion trop forte ; mais sous ce rapport il est beaucoup moins actif que l’oxyde de carbone. Une atmosphère ne cesse d’être res- t pirable que quand elle renferme plus de 30 p. 100 d’acide ; ^
à ce moment, une bougie s’éteindrait dans cette atmosphère. Introduit dans l’estomac, en dissolution dans l’eau, | il le stimule et favorise en généi al le travail de la diges- » tion. ^
L’acide carbonique rougit légèremeni la teinture de tournesol à laquelle il communique une teinte vineuse ;
CAR
CAR
toutefois, quand on le comprime sur cette teinture, la coloration devient rouge-pelure d’oignon, comme avec les acides les plus énergiques, et cet efletdure autant que la compression elle-même.
La densité de l’acide carbonique est de 1,5; un litre de ce gaz à zéro, et sous la pression normale 0“,760, pèse ie‘‘,977. M. Faraday est parvenu à le liquéfier sous une pression de 30 atmosphères à 0°. A 30" au-dessous de 0°, une pression de 18 atmosphères serait suffisante, et à 30“ au-dessus de 0", il en faudrait une de 73. M. Thilorier a fait plus : il a congelé l’acide carbonique en utilisant le froid extrêmement intense que fournit l’acide carbonique liquide, quand il se vaporise et reprend l’état gazeux. Nous donnons, dans notre figure 4 14, la coupe de l’appareil imaginé par M. Thilorier pour l’obtenir sous l’un et l’autre état. La première partie, le générateur A, se compose d’une chaudière cylindrique en plomb, recouverte de cuivre rouge et renforcée par des cercles et des bandes de fer qui lui donnent une énorme résistance. Sa capacité est de G à 7 litres. Il est suspendu entre deux pointes d’un support en fonte. Le récipient est formé d’une manière analogue et reste couché sur une table à roulettes. L’ouverture O du générateur est fermée par un bouchon B à vis, percé dans le sens de son axe et mun i d’un robinet r; ce bouchon se manœuvre au moyen d’un double manche b, b. Le récipient porte de même une ouverture u dans laquelle est engagé un tube de cuivre T portant au dehors un robinet r'. Les deux compartiments se relient entre eux au moyen d’un tube de cuivre T, qui se fixe à l’aide de deux brides sur les tubulures i,-i’.
Pour préparer l’acide carbonique liquide, on enlève le bouchon B et l’on verse dans la chaudière A 1 800 grammes de bicarbonate de soude et 4,15 litres d’eau à 40“ ;
on vient à ouvrir le robinet r', le gaz s’échappera avec une grande violence. Mais en repassant ainsi brusquement à l’état de vapeur ou de gaz, il absorbera une énorme quantité de chaleur latente qu’il prendra en grande partie à lui-même, de sorte que sa température s’abaissera d’une manière considérable. Cet abaissement de température est tel que le jet de gaz forme dans l’air un nuage produit par des flocons d’acide carbonique congelé. En dirigeant ce jet dans une boîte cylindrique à minces parois, ces flocons tourbillonnent, s’agglomèrent, et la boîte en peu d’instants est remplie par une neige d’acide carbonique congelé. Cette neige, étant très-mauvais conducteur de la chaleur, peut se conserver quelques instants, parce que son évaporation est très-lente; on. peut même la déposer sur la main sans en éprouver une impression de froid Jaien vive ; si on la comprime entre les doigts, la peau esi désorganisée comme par le contact d’un fer rouge. Si, de môme, on verse dessus un peu d’éther qui la dissout, l’évaporation devient trèsactive et le froid peut descendre en quelques instants à 90° au-dessous de zéro. On peut de cette manière congeler en quelques instants plusieurs kilogrammes de mercure.
L’acide carbonique est soluble dans un volume d’eau égal au sien ; l’eau en prend autant qu’il en pénétrerait dans l’espace qu’elle occupe, si elle n’y était pas. La quantité qu’elle dissout augmente donc avec la pression que l’on donne au gaz lui-même, en sorte que, sous une pression de ce gaz égale à 5 atmosphères, l’eau en dissout cinq fois plus que sous la pression d’une seule atmosphère. C’est sous cette pression que se préparent ordinairement les eaux gazeuses. Dès qu’elles sont à l’air libre, l’acide s’en dégage rapidement sous forme de bulles très-fines et très-nombreuses; au bout d’un temps pinson moins long, elles en sont complètement privées, la pression de l’acide carbonique dans l’air étant sensiblement nulle : on dit qu’elles sont éventées.
L’acide carbonique est inaltérable à la chaleur seule ; mais l’hydrogène et le carbone le transforment en oxyde de carbone ;. il est également décomposé, mais seulement d’une manière partielle, par une série d’étincelles électriques.
La préparation de l’acide carbonique dans les laboratoires se fait au moyen du carbonate de chaux sur lequel on verse un acide étendu. Cet acide se substitue à l’acide carbonique qui se dégage; à la place du carbonate de chaux, on peut employer le bicarbonate de soude comme dans l’appareil de M. Thilorier ; mais ce procédé est plus dispendieux. On le préfère cependant dans quelques cas, particulièrement dans la préparation des eaux gazeuses par les gazogènes ;, dans ce cas, on emploie souvent pour acide de l’acide tartrique ou citrique. Dans l’in-
Fig. 414. - Appareil de Thilorier pour la liquéfaction de l’acide carbonique.
puis on y introduit un vase cylindrique de cuivre contenant environ I kil. d’acide sulfurique concentré. Ce vase étant vertical, son acide n’agit point encore sur le sel de soude. On ferme alors le générateur avec son bouchon et on le renverse. L’acide s’écoule, se mêle au bicarbonate qu il décomposé, et l’acide carbonique se déaao-e Mais le volume qu’il prendrait sous la pression ordinaire est au moins 100 fois plus grand que celui du récipient. Ce gaz se liquéfié en partie. Lorsque la réaction est à peu près terminée, on ouvre les communications entre le générateur et le récipient. L’acide carbonique distille du premier dans le second, où il se condense. On recommence 1 operation jusqu’à ce que l’on ait dans le récipient une suffisante quantité d’acide carbonique , que l’on porte ordinairement à 2 litres. ^
L’acide carbonique liquide est incolore, très-mobilesa densité seml de 0,72 à 2:° et de 0,98 à 0"; sou point d ébullition serait à 78", 2G au-dessous de 0". Sa dilatabilité par la chaleur serait énorme, car un volume de cette substance à 0" deviendrait 1,4 à 30".
L acide liquide contenu dans le récipient est surmonté d uni atmosphère gazeuse d’une élasticité égale à 50 atmosphères à 15". Si donc, après avoir enlevé le tube T,
nque ou citrique.
dustrie, notamment dans le raffinage du sucre, on se contente de faire passer un courant d’air au travers d’une couche de charbon incandescent.
L’acide carbonique existe tout formé dans la nature. Il entre dans la composition de tous les calcaires ; on le rencontre dans un grand nombre d’eaux minérales et même dans toutes les eaux potables ordinaires ; l’air en contient environ 0,0004 de son poids ; il est le produit incessant de la respiration des animaux; n se développe dans la germination des graines, dans là. fermentation alcoolique , dans la désorganisation spontanée des matières végétales, dans la combustion de toutes les matières charbonneuses; enfin il se dégage naturellement des fissures du sol volcanique de certaines contrées. n existe dans les environs de Naples une grotte appelée Grotte du chien ^ qui doit sa célébrité à un dégagement de ce genre. L acide carbonique, qui est plus dense que l’air., y forme à la surface du sol une couche assez épaisse pour qu un chien qui y pénètre périsse asphyxié, tandis qu’un homme p^it impunément s’y tenir debout, mais non s’y couc ler. On suppose aussi que les convulsions des pythcmisses étaient dues à un phénomène de ce genre.
L acide carbonique est la source où les plantes puisent J a presque totalité de leur carbone; en aidant à la dissolution des phosphates, des silicates, des carbonates, il tavorise leur absorption par les racines.
Paracelse et Van Helmont s’aperçurent les premiers que, dans certaines circonstances, il s’échappe un gaz de
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la pierre calcaire; ils appelèrent ce g&z esprit des bois, esprit sauvage y gaz sylvestre. Frédéric Hoffmann en constata l’existence dans les eaux minérales ; mais ce n’est qu’en 1755 que Black reconnut l’identité du gaz des calcaires avec le gaz provenant de la combustion du bois et de la fermentation, et en 1776 que Lavoisier établit sa composition chimique, et lui donna le nom qu’il porte encore aujourd’hui. M. D.
CARBONISATION. — Transformation en charbon. Cette opé^'ation ne fut d’abord exécutée que sur le bois ; on l’étendit successivement à la tourbe et à la houille. Elle a pour objet d’enlever à ces combustibles les matières volatiles qu’ils peuvent contenir; le résidu que l’on obtient s’appelle charbon de bois., charbon de tourbe., coke.
Carbonisation du bois. — Les procédés de carbonisation du bois sont très-nombreux. On peut cependant les ranger en trois classes. Dans la première, ou carbonisation en vase clos., le bois est renfermé dans une enveloppe métallique chauffée à l’extérieur, de sorte qu’il ne reçoit jamais le contact direct du feu ni de l’air. Dans la seconde, le bois est généralement renfermé dans une enceinte en maçonnerie ; la chaleur nécessaire à la carbonisation est également produite au dehors de cette enceinte, dans un ou plusieurs foyers qui lui sont accolés ; mais les produits gazeux de la combustion qui s’échappent de ces foyers sont introduits dans la masse du combustible à carboniser et opèrent sa distillation. Enfin, dans la dernière méthode, la plus ancienne et encore la plus généralement répandue, le bois à carboniser est assemblé en tas recouvert d’une couche de terre ; le feu est introduit dans la masse même du bois auquel on laisse arriver de l’air avec ménagement, de manière à brûler du combustible juste ce qu’il faut pour carboniser le reste. C’est le procédé dit des forêts.
Procédé des forêts. — La première chose à faire est de bien choisir la place où la carbonisation doit avoir lieu. L’emplacement exerce en effet une influence trèsgrande sur la quantité et la qualité des produits obtenus. On cherche autant que possible un endroit où le charroi du bois soit facile, où le chargement du charbon soit commode, où l’on ait l’eau à proximité pour les divers besoins de l’opération, où le sol soit sec sans être trop léger ni trop compacte, et où on puisse être à l’abri des courants d’air.
L’emplacement choisi, on y empile le bois. Dans l’ancienne méthode, employée surtout pour les bois résineux et dans les pays de montagnes, où il est difficile de trouver des abris convenables, le bois empilé forme des tas rectangulaires sur un plan légèrement incliné. Leur largeur varie entre 2 et 3 mètres et leur longueur est au maximum de 12 à 13 mètres. Des pieux sont enfoncés verticalement autour de l’aire; des planches sont adossées à ces pieux à 0“,50 de distance des côtés des tas et servent à retenir la couche de fraisil qui enveloppe latéralement les feces verticales de ces tas. La hauteur de ceux-ci va en augmentant de la partie antérieure, où elle n’est que de 0“,C0, à la partie postérieure, où elle peut «’élever à 5 mètres pour les tas de plus grande longueur, de telle sorte que leur face supérieure forme un plan incliné à l’horizon d’un angle de 15 à 20“. Cette face est également recouverte de fraisil. Ce fraisil est appliqué humide et battu avec soin, de manière à former une couche le moins perméable à l’air qu’il soit possible. Les planches qui la retiennent sont arrosées de temps en temps, de peur qu’elles ne s’enflamment.
Chaque tas s’allume en plaçant des charbons enflammés avec un peu de petit bois à la partie antérieure entre les bûches de la rangée inférieure. A cet effet, on a pratiqué avec un pieu une ouverture au bas du tas pour l’entrée de l’air et une seconde au-dessus pour la sortie de la fumée. Dès que le feu est bien pris, on ferme l’ouverture qui a servi à l’allumer et on en perce dan$ la couverte, toujours vers le commencement du tas, trois ou quatre de 0™,()2 à 0‘",03 de diamètre ; on les laisse ouverts jusqu’à ce que la fumée noire et épaisse qui s’en dégage d’abord soit remplacée par une fumée légère et bleuâtre ; on bouche tous ces trous pour en ouvrir d’autres plus avant, tant sur les côtés que sur le dessus, et on continue ainsi jusqu’à ce que l’on ait atteint l’extréjiiité postérieure. On commence à retirer les charbons de la partie antérieure lorsque la carbonisation s’est étendue à 2 ou 3 mètres de distance, en ayant soin de les refroidir à mesure avec de l’eau. Par ce procédé, un stère do bois de sapin donne en moyenne 0““=,778 de gros charbon et 0“',027 de menu charbon, pesant ensemble 84 kil.
Ce procédé a été remplacé par un autre exigeant plus de soins dans la conduite du feu, mais donnant plus de charbon et que l’on appelle carbonisation en meules. Sur une aire bien battue, on construit, avec trois ou quatre grosses bûches, une espèce de cheminée de 0”,25 à 0“,30 do largeur; autour de cette cheminée on range le bois debout et sur trois ou quatre étages superposés allant en se rétrécissant de la base au sommet [fig. 4 15), et on recouvre le tout, à l’exception du sommet, d’une couche de fraisil humide bien battu ; on peut aussi recouvrir de bûches successives, de feuilles sèches, de gazon retourné et de terre battue. Sur le pourtour et à la base de la meule, on pratique des évents d’admission régulièrement espacés de 0“,60 à 0“,80 et destinés à l’introduction de l’air. On jette alors du charbon embrasé et de petit bois dans la cheminée par l’ouverture qu’on a laissée à la partie supérieure de la meule; puis, quand le feu est bien pris, on ferme cette ouverture avec quelques mottes de gazon et du fraisil et, au bout de quelque temps, on commence à percer dans la couverture, à partir du sommet, des évents de dégagement pour la sortie de la fumée. Il en sort d’abord une fumée blanche et épaisse; lorsque cette fumée devient peu abondante, d’un bleu clair et presque transparente, c’est un signe que la carbonisation est terminée dans cette zone. On bouche les évents de dégagement et on en perce d’autres plus bas que l’on fermera à leur tour quand on y verra apparaître la fumée bleue, et l’on continuera ainsi jusqu’à ce que les évents de dégagement soient arrivés près des évents d’admission. On bouche alors tous les
évents et on recouvre la meule d’une couche de terre humide que l’on arrose au besoin et qu’on laisse refroidir pendant vingt-quatre heures. Souvent, surtout quand
Fig. VI6. — Meule recouTerte et évents.
il fait du vent et que la meule est mal abritée, 1 opération est loin de marcher avec la régularité que avons supposée dans ce qui précède. On s’en aperçoit a ce que l’aftaissement de la meule, à mesure que la carbonisation marche, ne se fait pas d’une maniéré éga e sur tout son pourtour. Le charbonnier bouche alors les évents d’admission et de dégagement du côté où le leu va trop vite pour les multiplier dans les autres points ;
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mais, malgré tous ses soins, dans les grands vents, il ne parvient qu’à grande peine à maîtriser le feu, et, dans ces cas, il se forme de ia braise ; le rendement en charbon peut se trouver réduit à moitié.
Le diamètre ordinaire des meules de carbonisation est de 4 à 6 mètres, et ces meules contiennent de 4 à 5 décastères de bois ; dans certaines forêts, on les porte à 10 ou 1 5 décastères. Théoriquement, le rendement en charbon des grosses meules est plus considérable que celui des petites, mais aussi le fourneau est plus difficile à conduire, et si le charbonnier n’apporte pas à son travail la plus active surveillance ou si le vent s’élève, le charbon est de qualité inférieure et les pertes considérables. La carbonisation d’une meule de 1 5 décastères et son étouffage durent une douzaine de jours pour les bois verts et tendres et seize ou dix-huit jours pour les bois verts et durs. Le dressage des meules se paye à raison de 1^,50 à 1^75 le décastère. La carbonisation se paye à prix fait à tant par mètre cube de charbon obtenu.
Le charbon bien cuit se reconnaît à ce qu’il est dur, compacte, sonore et à cassure brillante. Le charbon trop cuit ou braise est tendre, friable, nullement sonore ; sa surface est couverte d’une couche blanche de cendre. Enfin le charbon qui n’est pas assez cuit est terne, un peu roux^ se casse difficilement ; il donne, en brûlant, une flamme blanche ou de la fumée, d’où lui vient le nom de fumeron, A l’exception des usages domestiques, le charbon roux convient mieux que le charbon trop cuit ; il donne plus de chaleur.
C’est à Ebelmen que l’on doit la théorie de la carbonisation en meules. L’oxygène de l’air qui pénètre dans la meule par les évents d’admission se change complètement en acide carbonique sans mélange d’oxyde de carbone. Cet oxygène porte en entier son action sur le charbon déjà formé et nullement sur les produits de la distillation du bois qui s’opère de la même manière qu’en vase clos. La carbonisation s’effectue de bas en haut et du centre à la circonférence. L’expérience faite en démolissant une meule en partie carbonisée a montré que la surface qui sépare le charbon tout formé et le bois non encore carbonisé est celle d’une espèce de tronc de cône renversé ayant le même axe et la même hauteur que la meule et dont la base tournée vers le haut s’élargit de plus en plus à mesure que la carbonisation fait des progrès. C’est à cette surface de séparation même que la combustion s’effectue, et l’absorption de chaleur latente produite par la formation des produits gazeux de la distillation du bois, jointe à la lenteur de la combustion, ne permet ni à ces produits de se brûler, ni à l’acide carbonique formé de se transformer en oxyde de carbone par son contact avec le charbon. C’est d’ailleurs à cette surface que la circulation des gaz doit être le plus active, parce que le charbon y a déjà pris tout son retrait et que n’étant pas encore séparé du bois, il ne s’est pas encore tassé ; c’est donc là que les vides sont le plus grands ; c’est là aussi que la température est le plus élevée ; c’est enfin à cette région que correspondent les évents de dégagement.
M. Marcus Bull, afin de donner à la combustion un aliment peu dispendieux et d’économiser d’autant le charbon produit, a imaginé de remplir les interstices laissés dans le dressage des meules par du fraisil ou menu charbon. Ce procédé est employé avec succès depuis 1827 à l’usine d’Elende dans la fabrication courante du charbon de bois et donne un rendement notablement plus considérable. A Audincourt, la cheminée centrale est supprimée; mais au milieu de la place à charbon est creusée une chaudière en briques que l’on remplit de menu bois et de fumerons et que l’on recouvre d’une plaque de tôle qui elle-même est couverte d’une couche épaisse de fraisil. On dispose ensuite la meule à l’ordinaire, sans cheminée centrale et en ayant soin que les vides laissés entre les bûches soient aussi petits que possible. On met le feu à la chaudière par des conduits en briques destinés à fournir l’air nécessaire et à laisser dégager les produits de la combustion. La plaque de tôle rougit et met en feu le fraisil et par lui la meule.
Voici le tableau des résultats comparatifs obtenus à Audincourt : 1° par la carbonisation en meules de 15 à 18 décastères de bois, procédé ordinaire; 2° parla carbonisation de meules de 2,8 à 3,5 décastères, méthode ordinaire également ; et enfin 3“ par la carbonisation de meules de 2,8 à 3,5 décastères sur une aire munie d’une chaudière en briques.
Volume des meules
en
décastères.
Places simples 15,0 à 18,0
Places simples 2,8 à 3,5
Places à chaudières 2,8 à 3,5
Produit en charbon p. 100 de bois»
Malgré ses avantages, l’emploi des places à chaudière est peu praticable en forêts.
Le procédé de carbonisation dit des forêts ne donne que du charbon; il laisse perdre d’autres produits, tels que goudron^ acide pyroligneux^ dont l’industrie tire aujourd’hui un bon parti. On a donc cherché à recueillir ces produits et à modifier dans ce sens le procédé primitivement employé. — (Voyez Vinaigre).
Carbonisation du bois en vase clos. — M. Mollerat imagina le premier de carboniser le bois en vase clos au moyen d’une chaleur appliquée extérieurement au vase. Ce procédé fut appliqué par M. Kestner à Thann et des usines semblables s’élevèrent successivement dans d’autres localités.
Toutefois, dans cette industrie intéressante, et dont la première idée est due à Lebon, le charbon de bois ne forme qu’un produit accessoire , le produit principal étant l’acide pyroligneux (voyez Vinaigre où il est parlé de l’acide pyroligneux).
Charbon roux ou Bois torréfié. — Dans plusieurs usines, on préfère au charbon de bois le bois simplement torréfié^ à l’emploi duquel on trouve une économie notable. La torréfaction se fait ordinairement en vases clos chauffés au moyen des flammes perdues des fourneaux, ce q«ui donne lieu à une économie de combustible en dehors de la plus-value calorifique du bois torréfié sur le charbon.
Carbonisation de la tourbe. — Elle a lieu tantôt en meules, à la manière du bois, et donne alors un charbon dur, compacte, pouvant à poids égal remplacer le charbon de bois dans les hauts fourneaux du pays. On l’opère aussi en vase clos, et nous donnons la description d’un appareil employé à cet effet à Crouy-sur-l’Ourcq, près de Meaux. Un cylindre ouvert supérieurement pour le chargement et inférieurement pour le déchargement est chauffé au moyen de la flamme des foyers, qui circule autour de lui dans un carneau en spirale. Le tout est entouré d’une enceinte destinée à prévenir la déperdition de la chaleur. Les produits de la distillation s’échappent par un tuyau, qui les conduit dans le réfrigérant. Lorsque la carbonisation est complète, on ouvre un registre ; le charbon tombe dans un réservoir fermé, où il se refroidit ; on ferme ce registre, on introduit une nouvelle charge et on recommence. On carbonise à la fois 2“®,500 de tourbe et chaque opération dure vingtquatre heures ; on brûle environ 35 p. 100 de tourbede qualité inférieure dans les foyers et on obtient 25 à 30 p. 100 du poids total de la tourbe en charbon de tourbe. C’est dans un appareil de ce genre qu’a lieu la production du charbon roux employé dans la fabrication de la poudre.
Carbonisation de la houille. — Elle se fait beaucoup plus facilement et exige moins de soins que la carbonisation du bois, parce que le coke oppose à la combustion une résistance beaucoup plus grande que le charbon de bois,
Le procédé suivi dans le Strafifordshire consiste à construire sur une aire plane (/?^. 4 17) une cheminée conique en briques sur champ, laissant entre elles un grand nombre d’intervalles et terminée par un tuyau de fonte que-
Fig. 417. — Carbonisation de la houille.
l’on peut fermer à volonté. Autour de la cheminée, on range la houille en une meule circulaire que l’on couvre de menu charbon ou de menu coke. On met le feu par la cheminée que l’on ferme quand il est pris, en ménageant sur le pourtour du tas A?s ouvertures pour l’admission de 1 air
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et la sortie des gaz. Quand la carbonisation est terminée, on éteint le coke en versant de l’eau par les ouvertures supérieures dans le but de le désulfurer. Le soufre y semble être, en effet, à l’état de sulfure de calcium que î’eau décompose en chaux et acide sulfhydrique qui se dégage. L’opération s’effectue sur 120 mètres cubes de houille environ ; elle dure trois jours et le refroidissement quatre jours. On obtient 50 à 60 p. lOO de coke.
Dans le pays de Galles, la carbonisation a lieu en tas rectangulaires très-allongés, atteignant souvent 40 à 50 mètres ; tantôt le feu y est mis en divers points à la fois, tantôt seulement par une extrémité.
Dans le bassin de la Loire, la méthode employée par les ouvriers marchands de coke établis près des puits d’extraction diffère un peu des précédentes. La menue houille sur laquelle on opère est entassée en longs prismes rectangulaires, très-allongés et tronqués à leur sommet, ayant :;:“,75 à la base inférieure, i“,75 à la base supérieure, et de 15 à 20 mètres de long. Dans sa masse, on a pratiqué des ouvertures coniques dirigées horizontalement vers l’axe et appelées ouvreaux et quelques cheminées maîtresses verticales pour la mise en feu. L’opération dure de sept à quinze jours, suivant qu’elle est plus ou moins pressée. La houille grasse ainsi traitée rend 45 à 50 p. 100 de coke en gros morceaux, en forme de chouxfleurs d’un gris d’acier métallique et de très-bonne qualité. Le seul arrondissement de Saint-Étienne en fournit annuellement 170 000 quintaux métriques environ.
La carbonisation de la houille peut s’effectuer également dans des fours ; c’est môme le procédé le plus généralement employé pour les houilles menues qui forment une proportion considérable du produit des houillères et qui ne peut, la plupart du temps, trouver de débouché que quand elle a été convertie en coke. Les fours usités en France sont à sole circulaire ou légèrement elliptique, d’un diamètre égal à 2“,50; leur voûte est surbaissée et a à la clef 1 mètre. Cette voûte est percée d’une cheminée de 0“,30 de largeur, par laquelle on enfourne la houille et qui sert à l’écoulement des produits gazeux. L’air nécessaire à la combustion y pénètre par trois ouvertures latérales, et le défournement s’opère par une porte située à la partie antérieure du fourneau et fermée avec des briques réfractaires. Un certain nombre de fours semblables sont disposés en avant d’une plate-forme s’élevant à la hauteur des cheminées et sur laquelle on apporte la houille en tombereaux.
Au commencement d’une campagne, on commence par allumer dans le four un feu de grosse houille en comptant à peu près pour rien le coke fourni. Cette première opération a pour but d’échauffer le four; il faut môme ordinairement la répéter pour que l’opération marche d’une manière ordinaire. A mesure qu’une opération régulière avance, on rétrécit peu à peu les ouvreaux et on juge que l’opération est terminée lorsque, la fumée ayant disparu, la flamme se raccourcit et devient claire. On défourne immédiatement quand on est pressé et on éteint le coke avec de l’eau. Dans le cas contraire, on étouffe pendant quelques jours avant de défourner. Les houilles grasses menues du bassin delà Loire carbonisées en four donnent 60 à 62 p. 100 de coke.
Les gaz qui s’échappent de ces fours peuvent être allumés et servir soit à la cuisson de la chaux, soit à tout autre usage.
Enfin la carbonisation de la houille a lieu en vase clos dans les villes dans le but de recueillir les produits de la distillation que l’on emploie à l’éclairage (voyez Éclairage AU gaz). Le coke obtenu dans ce cas est de qualité très-inférieure et n’est employé qu’aux usages domestiques.
GARBURE (Chimie). — Nom générique donné à la combinaison neutre du carbone avec un corps quelconque autre que l’oxygène.
carbures d'hydrogène sont très-nombreux ; ceux qui offrent le plus d’intérôt sont le gaz de L' éclairage ^ le gaz olefiant^ le gaz des marais. Mais le caoutchouc, les essences de térébenthine, de citron, de cédrat, d’orange, de poivre... le naphte, le pétrole... sont également des carbures d’hydrogène.
La simple distillation suffit généralement pour isoler les carbures qui se trouvent tout formés dans la nature minérale ou organique; mais on en obtient aussi un grand nombre par la calcination, en vase clos, des matières organiques telles que les résines et les huiles. Dans la nomenclature usitée en France, les carbures d’hydrogène ont assez souvent leur nom terminé en ène. Exemples : camphogène (G^^H^^), dérivé du camphre; benzène
(G12H6), dérivé de l’acide benzoïque; cumène (C'®H®), dérivé de l’acide cuminique, etc.
La fonte et l’acier sont des carburés de fer (voyez Fer, Fonte, Acier).
GARGAJOU (Zoologie), Meles labradoria^ Sabine. — Espèce de Mammifères carnassiers., du genre Blaireau^ famille des Carnivores., tribu des Plantigrades ; trèssemblable au blaireau d’Europe, il s’en distingue extérieurement par une couleur plus claire du dessus du corps et par la bande blanche de la partie supérieure de la tôte qui est plus étroite ; du reste, Lahontan, qui en a parlé le premier,, dit qu’ils vivent dans des tanières comme nos blaireaux, mais qu’ils sont plus gros et plus méchants. Get animal, originaire de l’Amérique septentrionale, n’a pas été retrouvé ailleurs.
GARGÉRULE (Botanique), du latin carcer,,prison. — Nom donné par de Mirbel à des fruits secs, multiloculaires, indéhiscents. G’est Vutricule et la samare de Gærtner ; tels sont les fruits des Amarantes, des Urticées, de la Belle-de-Nuit, du Frône, de l’Orme, etc.
GARGHARIAS (Zoologie), Carcharias., Cuv. — Nom scientifique du genre Requin.
GARGIN (Zoologie). — ■ Crabe commun de nos côtes, Fortune ménade {Cancer mœnas., Lin.). — Espèce de Crustacés décapodes brachyures , du grand genre Crabe , sous-genre Étrille ou Fortune. On l’appelle encore vulgairement Crabe enragé sur les côtes du Galvados. Leach en a fait un genre. Il a une carapace verdâtre, plus large que longue, fortement dentelée sur les côtés; la région branchiale très-développée, le front avancé, horizontal. On a beaucoup trop vanté ses propriétés médicales contre la phthisie et la morsure des animaux enragés. Trèscommun sur nos côtes, on le trouve à marée basse entre les pierres ou enfoncé dans le sable ; il court avec rapidité sur la plage : quoique sa chair ne soit pas très-bonne, on en expédie pourtant une certaine quantité pour l’intérieur, dans les mois de juin et de juillet. Sa femelle dépose ses œufs, qui sont d’un brun verdâtre, dans des endroits bourbeux, en avril et en mai. Le carcin n’a guère plus de 0“,08 de large.
GARGINOME (Médecine), du grec carkinos, crabe. —
Ge mot, qu’on peut considérer comme synonyme de cancer, était employé autrefois pour désigner différents états de cette maladie ; les uns l’appliquaient au premier état, au squirre (voyez ce mot), d’autres à la dernière période du cancer (voyez ce mot) .
Garcinôme du tissu réticulaire DU PIED (Vétérinaire).
— Vatel a appelé ainsi une maladie du pied chez quelques espèces domestiques, maladie regardée comme cancéreuse, et bien plus connue sous les noms de crapaud, piétin (voyez ces mots).
GARDAMINE (Botanique),
Cardam.ine, Lin., en grec kardaminê. — Genre de plantes de la famille des Crucifères, tribu des Arabidées.
Garactères : siliques linéaires à valves planes, sans nervure et s’ouvrant avec élasticité du sommet à la base; stigmate entier. La C. des prés, vulgairement Cresson des prés {C. pratehsis,\An.) {fig. 418) est une herbe indigène, commune dans les prairies humides qu’elle émaillé agréablement de ses jolies fleurs blanches ou purpurines disposées en bouquets terminaux. La saveur piquante de cette es pèce la fait quelquefois substituer au cresson de fontaine.
La C. à feuilles d'asaret {C.
asari folia. Lin.) et la C. trifoliée {C. tri folia, Un.), l’une d’Italie, l’autre de Laponie, pourraient figurer dans les jardins à cause de leurs fleurs élégantes. G — s.
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CARDAMOME (Botanique), en grec kardamômon, nom d’une plante aromatique. — Espèce du genre Amomum^ appartenant à la famille des Zingibéracées ; c’est 1’^. cardamomum^ Lin. {A. racemosum, Lamk), qui se distingue par une capsule charnue, à 3 valves, renfermant des graines petites, roussàtres, et exhalant une odeur aromatique. La saveur de celles-ci est amère , légèrement camphrée, et les fait employer dans les assaisonnements par les Indiens. On les môle souvent aussi au bétel pour faciliter la digestion. Cette espèce, qui croît au Malabar et à Java, présente plusieurs variétés connues dans le commerce, par leurs graines, sous les noms de Grande Petite Moyen Cardamome, et de Cardamone rond ou en grappe. Ces graines étaient autrefois préconisées en médecine comme toniques et stimulantes. G — s.
CARDE (Horticulture). — Voyez Cardon.
CARDÈRE (Botanique), Dipsacus, Tourn., du grec dipsa, soif; plante utile à ceux qui sont pressés de la soif, parce que les feuilles opposées et soudées forment une concavité qui retient l’eau. — Genre de plantes, type de la famille des Dipsacées, appelée autrefois Cuvette de Vénus, parce que l’eau contenue dans ses feuilles passait pour un puissant cosmétique. Les Cardères sont des plantes hérissées d’aiguillons ou poilues; leurs fleurs sont en capitules garnis de paillettes et entourés d’un involucre. La C. sauvage (D. sylvestris, Mill.) s’élève environ à 2 mètres et donne des fleurs d’un bleu rougeâtre. La C. féroce {D. ferox. Lin.) est hérissée de nombreux aiguillons très-durs. Ses fleurs sont d’un rose lilas. La G. poilue (D. pilosus, Lin.), appelée aussi Verge à pasteur, présente de nombreux aiguillons en forme de poils. Ses fleurs sont d’un blanc jaunâtre. La C. à foulon {D. fulonum, Mill.) {fig. 419), désignée vulgairement sous les noms de Chardon à foulon. Chardon à bonnetier, se distingue essentiellement par un réceptacle chargé de pail-
lettes roides, terminées en une pointe épineuse recourbée au sommet. Cette organisation des capitules fait employer cette espèce pour carder, peigner les draps et les couvertures. Elle est cultivée en grand pour cet usage dans certains pays. Ses racines, ainsi que celles de la première espèce, passent pour diurétiques et sudorifiques. Ces plantes sont indigènes. Caract. du genre : involucelle tétragone à 8 sillons; calice à limbe presque en forme de gobelet ou de disque ; corolle à 4 lobes ; étamines, 4 • stigmate longitudinal. - G s.
CARDIA (Anatomie), du grec kardia, cœur. — C’est le nom que l’on donne à l’orifice par lequel Væsophage aboutit dans 1 estomac ; il est situé un peu au-dessous de la pointe du cœur (d où lui vient son nom), mais en est séparé par le diaphragme; en face du cardia, se voit la portion la plus dilatée de l’organe, ce qu’on nomme le gnmd cul-de-sac stomacal (voyez Estomac).
CARDIALGIE (Médecine), du grec cardia, orifice su-
périeur de l’estomac, et algos, souffrance, douleur dans la région du cardia. — On a défini la cardialgic, une douleur rongeante qui se fait sentir sous l’appendice xiphoïde (voyez ce mot). Cette douleur est accompagnée d’un sentiment d’anxiété, de défaillance et d’oppression; elle est en général plus bornée et plus circonscrite que celle que détermine la gastralgie, avec laquelle, du reste, elle a été confondue, quoiqu'il semble plus rationnel de la considérer seulement comme un symptôme de cette dernière maladie (voyez Gastralgie) .
CARDIAQUE (Anatomie, Médecine). — Ce mot a été employé le plus ordinairement pour exprimer ce qui a rapport au cœur, en grec /cnri/m; cependant, par extension, il a servi à désigner l’orifice œsophagien de l’estomac, auquel on a donné le nom d’bn/ice cardiaque, ou simplement cardia. — Les artères cardiaques, autrement dites coronaires, sont au nombre de deux et naissent de l’aorte au-dessus des valvules semi-lunaires; elles sont destinées à former le réseau artériel qui fournit au cœur le sang nécessaire à l’accomplissement de ses fonctions.
— Les veines cardiaques suivent à peu près les diverses
ramifications du réseau artériel, et finissent par se réunir pour former deux troncs principaux, l’un antérieur et l’autre postérieur, qui viennent aboutir dans l’oreillette droite. — vaisseaux lymphatiques cardiaques, après avoir suivi à peu près le trajet des vaisseaux sanguins et avoir traversé les glandes du col, viennent se terminer partie dans le canal thoracique, partie dans les veines sous-clavières et jugulaires internes. — Les nerfs cardiaques, le plus souvent au nombre de six, sont fournis par les trois ganglions cervicaux de chaque côté ; cependant, à gauche, il n’y a ordinairement que deux ganglions qui en fournissent. — hQ plexus cardiaque qui résulte du réseau formé par les nerfs cardiaques, est placé à la partie postérieure de l’aorte, près de son origine. — On a donné le nom de remèdes cardiaques oa cordiaux à des médicaments auxquels on a attribué la propriété spécifique de réveiller l’action du cœur. C’étaient, pour la plupart, des substances aromatiques, alcooliques, des amers, des toniques diffusibles, etc. F — n.
Cardiaque (Botanique). — Voyez Agripaume.
CARDINAL (Zoologie). — Ce nom a été donné à un certain nombre d’oiseaux, parce qu’il y a beaucoup de rouge dans leur plumage ; tous ou presque tous appartiennent à l’ordre des Passereaux, mais à des genres différents, ce qui a jeté une assez grande confusion dans la nomenclature et dans la distinction des noms. Ainsi, dans le genre Tangaras, on trouve le C. d’Amérique, Tangara rouge cap {Tanogra gularis. Lin.); — le C. de Virginie et le C. du Canada, Pyranga rouge [T. œstiva et mississipensis, Lath.) (probablement la même espèce à des âges différents) ; — le C. du Mexique, Scar latte {T. rubra, Lath.); — le C. pourpré, Jacapa bec d’argent {T.jacapa, Lath.). — Parmi les Troupiales, le C. commandeur, Troupiale commandeur {Oriolus phœnicus, Lath.). — Parmi les Gros-becs, plusieurs ont aussi reçu ce nom, tels sont le C. huppé, Gros-bec de Virginie {Loxia cardinalis , Lin.) ; — le G. dominicain. Gros-bec paroare huppé {L. domirdcaria. Lin. ); — le G. de Madagascar, Gros-bec fondi. Moineau de Madagascar [L. madagascariensis. Lin.); — le Petit C. du Volgu, Gros-bec érythrin. Moineau rouge {L. erythrina, Gm.). — Le chardonneret, le guêpier, le cotinga rouge, et un grand nombre d’autres oiseaux ont encore été appelés ainsi ; on ne peut les citer tous.
Cardinal (Spare) (Zoologie). — Nom donné à un poisson du genre Spare. Il a le dos rouge foncé et le ventre rouge clair. On le trouve dans les mers de la Chine.
Cardinal (Argynne) (Zoologie). — Le Cardinal, Engr. {Papilio cynara, Fab.), est un insecte Lépidoptère, famille des Diurnes. 11 a la moitié de la surface inférieure des ailes de dessus de couleur pourpre.
Cardinal (Cône) (Zoologie), Conus cardinalis , Hwass).
— Espèce de Mollusques gastéropodes, de la famille des Buccinoïdes, dont la coquille a 0“,027 de long, remarquable par sa couleur incarnat ou d’un rouge de corail.
Cardinal (Botanique). — Nom spécifique d’un Glaïeul {Gladiolus cardinalis , Curt.) , ainsi nommé du rouge éclatant de ses fleurs grandes et di^ posées en épi.
CARDINALE (Zoologie), Pyrochroa, couleur de feu. — Genre dl Insectes coléoptères, remarquable par sa couleur de feu (voyez Pyrochre).
Cardinale (Pêche) (Horticulture). — Variété qui tient de la sanguinole (voyez Pêche), mais plus grosse, meilleure, avec moins de duvet.
Cardinale (Botanique). — Nom spécifique d’une Lobélie {Lobelia cardinalis, Lin.) à fleurs écarlates, et d’une
CAR
CAR
Sauge (Salvia Cavan.) dont la corolle écarlate
a jusqu’à 0“,0G de long.
CARDINALES (Dents) (Zoologie). — On désigne par là des espèces d’apophyses disposées en forme de pivot pour réunir les deux valves des coquilles et leur permettre les mouvements. Leur nombre et leur forme ont fourni des caractères pour distinguer les genres (voyez Coquille).
CARDINAUX (Points). — Ce sont le Nord et le Sud, extrémités de la méridienne ; l’Est et l’Ouest sont déterminés par une perpendiculaire à cette méridienne (voyez Ciel).
CARDITE (Zoologie), Cardite, Brug. — Genre de Coquilles bivalves, appartenant aux Mollusques acéphales testacés, famille des Mytilacés, dont Lamarck a séparé le genre Isocarde. L’animal est généralement inconnu : la coquille est allongée, presque toujours équivalve ou à peu de chose près; charnière dorsale composée de deux dents, l’une courte cardinale, l’autre lamelleuse longitudinale; ligament externe dorsal et postérieur. Toutes les espèces sont marines et n’adhèrent jamais aux corps sousmarins. La C. jéson{C. calyculata, Chama calyculata, Chemn.), longue de 0“,04, est brune; elle est rose lorsqu’elle est dépouillée de son épiderme. Méditerranée, côtes du Sénégal. La C. trapézo'ide {C. trapezia, Brug.), longue de 0'“,009 ; avec la forme que son nom indique, elle est très-épaisse, rougeâtre. Des mers de Norwége. La C. brune [C. scmi-orbiculata, Brug.), de la grosseur d’une petite huître, longue de 0“,08, est brune. On ignore sa patrie.
Cardite (Médecine), du grec kardia., cœur, et de la terminaison ite, par laquelle on désigne l’inflammation. Inflammation du cœur. — Cette maladie a été considérée pendant longtemps dans son ensemble, sans examiner si elle atfectait le cœur lui-même seul, la membrane séreuse qui le recouvre [péricarde]., ou celle qui tapisse son intérieur [endocarde). Bientôt pourtant on distingua l’inflammation du péricarde de celle du cœur (voyez Péricardite) ; mais ce n’est que dans ces derniers temps que celle de la membrane interne a été étudiée séparément, surtout par M. Bouillaud, sous le nom éé endocardite (voyez ce mot), de endon, dedans, kardia, cœur. Le nom de cardite a donc été réservé exclusivement pour désigner l’inflammation du tissu musculaire du cœur, bien que cette distinction soit souvent difficile à établir, et que même la maladie reste rarement à cet état de simplicité sans passer d’un tissu à l’autre; ce qui, du reste, n’a pas une grande importance au point de vue du traitement qui est le même dans tous les cas. Les causes de la cardite sont toutes celles qui produisent ordinairement la pneumonie ou la pleurésie (voyez ces mots). Ainsi les variations atmosphériques, les refroidissements subits, les fatigues, l’abus des boissons alcooliques ; puis quelques causes spéciales : ainsi certains poisons tels que l’arsenic. Les symptômes spéciaux sont : la difficulté de respirer, les palpitations, la fréquence, l’irrégularité, la dureté du pouls, une douleur vive, poignante, anxieuse dans la région du cœur, des spasmes, des défaillances, l’impossibilité de rester couché. Le traitement consiste dans l’emploi énergique des antiphlogistiques; ainsi les saignées générales et locales , répétées suivant le besoin, le calme, le repos, les boissons émollientes, les laxatifs doux, la diète absolue, etc. F — n.
CARDIÜM (Zoologie), Cardiam, Lin. — Nom scientifique des coquilles du genre Bucarde.
GARDON (Botanique), Cimra,\'d\\\., du grec kinara., artichaut; ou Cynara (selon quelques auteurs), de kiôn, chien, à cause des dents pointues du calice. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Cynarées, .ïDus-tribu des Carduinées. Il comprend des plantes vivaces, épineuses, à feuilles profondément découpées, à capitules souvent très-volumineux et renfermant des fleurs bleues ou pourpres. Il se distingue principalement par un involucre à folioles terminées en épines, des anthères^ munies d’un appendice très-obtus, et les aigrettes à plusieurs rangées de poils plumeux. Les deux espèces les plus importantes du genre ^ootV Artichaut (C. scolymus, Lin.) dont on mange la base des folioles de l’involucre avec le réceptacle (vo^^ez Artichaut), et le C. proprement dit [C. carduncellus, Lin.), qui se distingue du précédent par ses feuilles toutes bipennatipartites , et par son involucre à folioles acuminées, épineuses au sommet, tandis que celles de l’artichaut sont ordinairement échancrées. C’est la culture qui a fait du cardon une très-bonne plante alimentaire. Les feuilles ont acquis leur saveur agréable, parce qu’on les fait blanchir en les rapprochant et en les couvrant de paille. Elles
perdent ainsi Tâcreté que leur donne la matière vertOc On distingue plusieurs variétés de cardons dont les plus estimées sont ; le Cardo7i de Toutes, qui est épineux et qui présente les côtes pleines et épaisses, et le Cardon d’Espagne, qui, au contraire, est sans épines et dont les côtes sont creuses ou demi-creuses. G — s.
CARDUACÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédqnes gamopétales, correspondant auxFlosculeuses de Jussieu dans les Composées. Aujourd’hui l’étendue des Composées étant devenue considérable et les subdivisionsr nécessaires, les classifications n’adoptent plus cette famille. Les Carduinées, selon M. Brongniart, forment une sous-tribu dans la tribu des Cynarées ; leurs genres principaux sont : Bardaiie, Chardon, Cardon, Aidichaut et Opopordon. G — s.
CARÈNE (Botanique), du latin carina, quille de vaisseau.— Expression qui s’applique aux pétales inférieurs des fleurs papilionacées, dont la forme arquée rappelle la carène ou quille d’un vaisseau. La carène, lorsqu’elle est formée d’une seule pièce, résulte de la soudure de^ deux pétales par leur bord antérieur. Quelquefois ces deux pétales se touchent seulement. C’est dans cette partie que sont abrités les organes sexuels. On peut facilement se rendre compte de la carène dans les fleurs du pois de senteur et du robinier (faux-acacia). On dit de certains organes qu’ils sont carénés lorsqu’ils ont la forme d’une nacelle.
CARET (Zoologie), Testudo imhncata. Lin. — Espèce de Bepliles chéloiiiens, du grand genre des Toidues, sous-genre des Tortues de mer. Bien moins grande que la tortue franche , qui atteint quelquefois un poids de 400 kil., elle pèse rarement plus de 100 kih
Fig. 423. — Caret. (Long. lm,18.)
Elle a le museau allongé, les mâchoires dentelées, et porte treize écailles fauves et brunes, épaisses de 0“,00f> à 0'",007 , qui se recouvrent comme des tuiles. Sa. chair est désagréable et malsaine, mais ses œufs sont très-délicats. C’est elle qui fournit la plus belle écaille employée dans les arts et dans l’industrie (voyez Écaille). Le caret se nourrit de Vhei'be à toidue, espèce de fucus,. de la mousse des rochers, qui croît sous l’eau. On le trouve dans les mers des pays chauds.
CAREX (Botanique). — Nom scientifique du genre- Laîchc.
CARIACOU (Zoologie). — On donne ce nom à deux cerfs de Cayenne, dont les bois sont simples, droits et pointus. Cuvier pense que \q Cariacou de Buffon est la. femelle du Cerf de Virginie [Cervus virginianus, Gm.)..
Cariacou ou Palinot (Économie domestique). — On appelle ainsi, à Cayenne, une boisson fermentée faite avec un mélange de cassave, de patates et de sirop de canne.
CARIAMA (Zoologie), Microdactylus, Geoflf. — Genre ééOiseaux échassiers, de la famille des Pressirostres, caractérisé par un bec plus long que la tête, crochu, fendu jusque sous l’œil ; ce qui leur donne quelque chose de la. physionomie et du naturel des oiseaux de proie, et les rapproche des hérons. Leurs jambes se terminent par des doigts extrêmement courts, un pou palmés à leur base. Leur pouce ne peut atteindre la terre. On n’en connaît qu’une espèce, le Caria^na proprement dit [M.cristatuc, Geoff. ; Sa)v.a, d’Azz.), plus grand que le héron; il se nourrit d’insectes et de lézards, et se trouve dans les lieux élevés, sur les lisières des bois, et non pas près des marais, où il vivrait de poissons et de reptiles aquatiques,, comme on l’a dit par erreur. Il vole mal et rarement, et comme sa chair est estimée, on l’a domestiqué en plusieurs endroits. Il habite l’Amérique méridionale. Son plumage est gris fauve, ondé de brun; il porte sur la base du bec une huppe légère qui revient en avant. D’Azzara pense qu’il ne boit jamais ; on le rencontre par paires ou en petites troupes.
CARIE (Botanique agricole), Ih'edo cannes, de Gand.—
CAR
CAR
Maladie redoutable de certains végétaux, en particulier ■des céréales et surtout du blé ; elle se rapproche beaucoup du charbon, en ce que l’une et l’autre sont dues a une espèce de Cham'pignons . la tribu des Ustilagi-
nées famille des 1’ î7rec?o de de Candolle,
Tilletia caries de M. Tulasne : l’une et l’autre aussi finissent par produire une poussière noirâtre qui, dans la cade, exhale une mauvaise odeur de poison gâté, qu’on ne trouve pas dans le charbon. Le blé carié se distingue par
■Fig. 424. — Blé carLé. Fig. 427. — Poubsière Fig. 428.— Poussière de carie vue à la de carie vue à la lentille n» 3. lentille n<>l.
les caractères suivants : l’épi malade est d’un vert bleuâtre; il est plus étroit que l’épi sain, ses balles sont plus serrées, il reste toujours droit, il semble mûrir plus vite que les autres, ses balles sont blanchâtres, ses grains plus nombreux sont colorés en gris brun. La propagation de la carie est due principalement aux spores qui restent attachés au blé de semence; le meilleur moyen de les détruire, c’est, avant de le semer, de soumettre le grain à l’opération du chaulage par la chaux et le sulfate de soude, par le sulfate de cuivre ou par l’arsenic ; mais ■ces deux derniers moyens peuvent être dangereux (voyez €iiaulage'). Le blé carié ne peut être employé.
Carie (Médecine), caries des Latins. — Maladie des ns, consistant en une altération particulière de leur tissu avec suppuration, et qui a une grande analogie avec les ulcérations des parties molles. Ramenée à ces termes, la carie se trouve nettement séparée de la nécrose (voyez ce mot) avec laquelle on l’a confondue pendant longtemps, en donnant à cette dernière le nom de carie sèche, par opposition à celui de carie ftwwfrfe, qu’on avait réservé pour la première. C’est surtout aux travaux de Monro que la science doit cette distinction si importante point de vue du traitement. La carie attaque de pré- 'férence les parties spongieuses des os; ainsi les extrémités des os longs, les os courts du carpe, du tarse, du ^métacarpe, du métatarse, les vertèbres, les os du bassin, le sternum, sont ceux où on la rencontre le plus souvent. Les causes externes de la carie sont toutes les violences qui peuvent déterminer une contusion du tissu osseux et y développer une inflammation plus ou moins vive : les ■causes internes sont ces dispositions constitutionnelles, •connues sous les noms de diathèses ou de vices, parmi lesquels /es vices scorbutique, vénérien, mais surtout scrofuleux, jouent le plus grand rôle. Quelles que soient les causes de la carie, son point de départ peut être une exostose (voyez ce mot), ou elle peut survenir sans aucune affection accidentelle et être, suivant l’opinion des meilleurs pathologistes, la terminaison d’une inflammation de l’os (voyez Ostéite) ; ainsi une douleur profonde.
constante, se fait sentir dans l’os; celui-ci se gonfle, les parties molles s’engorgent, la tuméfaction augmente, la peau devient rouge, douloureuse; bientôt il y a de, la fluctuation, l’abcès est ouvert de lui-même ou par le chirurgien ; il s’en écoule un pus sanieux, gris noirâtre, mêlé de quelques particules osseuses ; il s’y établit des ulcères fistuleux : une sonde portée dans ces abcès rencontre au fond une surface dure, rugueuse, inégale ; c’est l’os carié. Quelquefois ces phénomènes se passent profondément; dans le corps des vertèbres, par exemple, le pus alors chemine dans les tissus et vient former dans une partie éloignée un abcès dit abcès par congestion (voyez Abcès). Dans tous les cas, la substance osseuse a changé d’aspect, le périoste est devenu fongueux, le tissu de l’os s’est ramolli, il est devenu friable, poreux, vermoulu, il laisse écouler un pus sanieux, gris sale, ètc. Le traitement consiste à ouvrir largement l’abcès; lorsque l’inflammation combattue a cédé, on a recours aux bains, aux douches, aux irrigations d’eaux alcalines, sulfureuses, iodurées, ferrugineuses, aux pansements avec la térébenthine, la myrrhe ; puis à la cautérisation avec le cautère actuel (voyez Cautère) ; enfin à la résection de la partie malade ou à l’amputation, comme dernière ressource. A tout cela on joindra un traitement interne et un régime de vie approprié à la nature de la cause diathésique de la carie. F — n.
Carie des dents. — Voyez Dents.
Carie des arbres (Arboriculture). — Altération de la substance ligneuse des arbres avec ramollissement ; elle reconnaît souvent pour cause l’existence d’ulcères (voyez ce mot) qui restent longtemps abandonnés à eux-mêmes. Le corps ligneux mis à nu, restant exposé à l’influence de l’air qui le décarbonise et à celle de l’humidité des pluies, finit par se corrompre. Si la maladie fait des progrès, il se décompose tout entier de proche en proche ; de sorte qu’au bout de quelques années, l’arbre devient entièrement creux, et si l’on veut essayer de prolonger son existence, on doit aviser au moyen d’empêcher l’action de l’air et de l’humidité sur les parois de la cavité qui s’est produite : pour cela il faut la combler jusqu’à l’orifice, avec du mortier ordinaire composé de chaux et de sable, fermer complètement l’ouverture avec l’onguent de Forsyth dont voici la formule : Bouse de vache, 500 gr. ; plâtre, 250 gr.; cendres de bois, 350 gr. ; sable siliceux , 30 gr. Criblez exactement ces trois dernières substances et ajoutez-y la bouse de vache de manière à en former une pâte. Avant d’appliquer cet onguent, il faudra enlever avec soin les parties d’écorce et de bois desséchées, de manière que les bords de la plaie mis à vif puissent développer des bourrelets (voyez ce mot), qui devront fermer l’ouverture.
CARILLON (Botanique). — Nom spécifique de la Campanule carillon, Campanula vulgairement Vio-
lette Marine (voyez Campanule).
CARILLON ÉLECTRIQUE (Physique). — Petit instrument de physique servant à annoncer la présence de l’électricité. Il se compose de trois timbres suspendus à une tige de cuivre horizontale, les deux timbres O et D des deux extrémités par deux petites chaînes métalliques, le timbre B du milieu par un cordon de soie. Ce dernier timbre communique avec le sol par une chaîne pendue en sou centre. Enfin, entre les timbres se trouvent deux petites balles de cuivre suspendues par des cordons de soie. Lorsque la tige de cuivre est mise en communication avec un corps électrisé, les deux timbres O et D s’électrisent; ils attirent les pendules qui, venant en contact avec eux, les font vibrer. Après leur contact , ces pendules sont repoussés et viennent frapper le timbre central sur lequel ils se déchargent de leur électricité, et la même oscillation recommence. Cet appareil est employé dans les observatoires consacrés à l’étude de l’électricité atmosphérique ; on le suspend à l’extrémité inférieure de la tige de fer destinée à constater l’existence et les variations de cette électricité.
GARINAIRE (Zoologie). — Genre de Mollusques gastéropodes, de l’ordre des Hétéropodes, dans lequel 1 animal est recouvert par une coquille menue, symétri-
CAR
que, conique, à pointe recourbée en arrière ; elle est fort mince et transparente ; très-rare dans les collections, en raison de sa fragilité. La C. vitrée. Argonaute vitrée [C. vitrea, Lmx), est extrêmement mince, translucide, d’un blanc laiteux, légèrement nacrée; longue de 0“,08, elle n’a encore été rapportée que des mers de l’archipel indien. Elle est très-rare. On n’en connaît que trois ou quatre individus dans les collections, dont un superbe au Muséum d’histoire naturelle de Paris. La C. cymbium est une espèce de la Méditerranée. La C. fragilis est de la mer des Indes (voy. Hétéropodes).
CARLIN (Zoologie). — Variété de chien fort à la mode vers la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci. C’était une espèce de petit doguin au nez écrasé et court; son masque noir comme celui d’ Arlequin lui avait fait donner ce nom, à cause de l’acteur Carlin qui, dans ce rôle ainsi que dans beaucoup d’autres, a fait les délices de Paris, à la Comédie-Italienne, pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort, en 1783. Ces chiens ne sont remarquables ni par leur intelligence, ni par leur odorat; c’est une variété qui n’exisle presque plus (voyez Races caiXines).
CARLINE (Botanique), Carlina^ Tourn. Selon Olivier de Serres, ce nom viendrait de Charlemagne, parce que l’armée de cet empereur fut guérie de la peste par cette plante; selon Linné, il s’appliquerait à Charles-Quint dont l’armée, atteinte de la peste en Barbarie, éprouva du soulagement par le secours de cette plante. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Cinarées, sous-tribu des Carlinécs. Caractères : involucre à folioles intérieures rayonnantes, colorées, scarieuses, beaucoup plus longues que les fleurons ; aigrette à soies réunies par 3-5 à la base. Les carlines sont des herbes garnies d’épines dures. La C. commune {C. vulgaris. Lin.) est une plante indigène, très-abondante dans les lieux arides. Elle est haute de 0«q5ü environ. Ses tiges sont pubescentes, sèches, et restent longtemps droites après que la vie a cessé. Les capitules de cette espèce sont jaunâtres. La C. à feuilles dé acanthe {C. acanthi folia. Ail.) est une herbe vivace, qu’on appelle vulgairement Chardousse dans la France méridionale, où elle croît. Elle est dépourvue de tige ; de là, le nom spécifique de Acaulis, que Lamarck lui a donné. La C. à tiges courtes [C. subacaulis, de Cand.) a la tige presque nulle et les capitules pourprés comme ceux de la précédente. La C. à feuilles de saule (C. salici folia, Less.) est originaire de Madère ; elle se distingue par son involucre bordé de bractées foliacées et étalées, plus longues que les écailles de cet involucre. On mange quelquefois les réceptacles de ces trois dernières espèces. G — s.
CARLSBAD ou Karlsbad (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville de Bohême, à 100 kilomètres N.-O. de Prague. Il y a plusieurs sources d’eaux sulfatées sodiques, thermales, d’une température de 50° à 80® cent. Elles contiennent de l’acide carbonique, du sulfate de soude, du carbonate de soude, du chlorure de sodium, des carbonates de chaux et de magnésie, de la silice, des carbonates de fer, de manganèse, de strontiane, du fluate de chaux, quelques autres sels, puis des traces d’iode, de brome, d’arsenic, d’acide borique. Ces eaux sont laxatives, fondantes et résolutives ; elles conviennent dans les maladies du foie, de la rate, du mésentère ; dans la gravelle, les calculs biliaires, etc.
CARMANTINE (Botanique), Justicia, du nom de Justi, amateur de botanique, Écossais, auquel Houston a dédié cette plante. — Genre delà famille des Acanthacées, formé d’abord par Linné, mais assez mal défini ; il avait reçu successivement un assez grand nombre de plantes monopétales labiées, à 2 étamines, etc., lorsque Nees d’Esenbeck, dans sa Revue des Acanthacées, le resserra dans des limites beaucoup plus étroites, en établissant un grand nombre de genres nouveaux. Aujourd’hui le nombre des espèces très-réduit constitue un genre à calice quinquépartite ; corolle bilabiée en entonnoir à tube allongé, 2 étamines insérées à la gorge de la corolle, anthères saillantes, ovaire à 2 loges, style simple; ce sont des plantes en arbrisseaux, de l’Asie tropicale, à feuilles opposées, les fleurs disposées en épis terminaux, accompagnées de bractées herbacées, larges, et de petites bractéoles subulées. Quelques-unes sont cultivées dans nos jardins comme plantes d’ornement ; ainsi la C. osier {J. coccinea, Gav. ; J. anisacanthus, Nees), à corolle écarlate; du Mexique. La C. adhatoda. vulgairement Noyer des Indes (./. adhatoda, Lin.), corolle grande, pâle, marquée de lignes purpurines ; fruit lançant ses graines au dehors avec violence. De Geylan,
CARMIN (Chimie industrielle). — Matière colorante, d’un rouge éclatant, que l’on prépare avec la cochenille. Cette couleur, précieuse pour le peintre et le coloriste, paraît avoir été découverte, par hasard, à. Pise, par un moine franciscain. Les principes sur lesquels repose sa préparation sont aussi peu connusque sa composition ; aussi, quoiqu’elle ait été formulée dans plusieurs recettes, aucune d’elles ne suffit pour assurer la réussite de ce travail délicat. Dans la fabrication du carmin, comme, du reste, dans celle de presque toutes les couleurs, le succès dépend beaucoup de certains détails qu’on ne peut transmettre par écrit, et qu’on n’apprend à connaître que par une longue expérience.
On trouve dans le commerce trois espèces de carmin qui ont des valeurs très-différentes. Les dernières qualités sont souvent falsifiées par du vermillon (sulfure de mercure) ou de la laque carminée (combinaison de carmin avec l’alumine). Dans le premier cas, la nuance n’a pas le même éclat ; dans le second, elle est plus pâle. On peut d’ailleurs aisément reconnaître la fraude en faisant digérer le carmin dans de l’ammoniaque caustique. Le carmin pur est dissous ; le vermillon et la laque carminée restent comme résidu.
Carmin ordinaire. — On prend:
Cochenille en poudre ICOO gr.
Carbonate de potasse 30
Alun pulvérisé 60
Colle de poisson 30
On fait bouillir modérément la cochenille avec le carbonate de potasse dans une chaudière en cuivre contenant‘20 litres d’eau. Au bout de quelques minutes d’ébullition, on enlève la chaudière et on la place sur une table en l’inclinant de manière à pouvoir transvaser commodément la liqueur. On y jette l’alun pulvérisé et on remue le tout avec précaution. La liqueur d’un rouge cerise foncé devient d’un rouge vif de carmin. Au bout d’un quart d’heure, la cochenille s’est complètement déposée au fond du vase et la liqueur est tout aussi claire que si elle avait été filtrée. On la décante alors dans une autre chaudière, que l’on met sur le feu après y avoir versé de la colle de poisson, préalablement dissoute dans une grande quantité d’eau et filtrée. Au moment de l’ébullition, le carmin monte à la surface sous la forme d’im coagulum. On retire alors la chaudière; on en agite le contenu avec une spatule, puis on laisse déposer pendant quinze à vingt minutes; on décante, on fait égoutter le carmin sur un filtre en toile fine ; on le lave et on le fait sécher à l’ombre. L’eau d’où s’est précipité le carmin est encore fortement colorée en rouge. On la fait servir à la préparation des laques carminées. Le carbonate de potasse peut être remplacé par du carbonate de soude ou de la crème de tartre, la colle de poisson par du blanc d’œuf.
Carmin superfin de Cenette, à Amsterdam. — On fait bouillir six seaux d’eau de source, on y ajoute 1 kil. de cochenille de première qualité, réduite en poudre; après deux heures d’ébullition, on verse 95 grai»mes de nitre raffiné, et quelques minutes après, 125grammes de sel d’oseille (bioxalate de potasse). On laisse encore bouillir pendant dix minutes, puis on retire la chaudière du feu et on laisse reposer quatre heures. La cochenille épuisée se dépose au fond et on transvase, à l’aide d’un siphon, la liqueur claire qui surnage daim des vases plats, en porcelaine, où on la laisse déposer pendant trois semaines. Au bout de ce temps, il s’esfi formé à sa surface une pellicule de moisissure qu’ons enlève avec une petite éponge, puis on fait écouler l’eau au moyen d’un siphon. La couche de carmin qui recouvre le fond des vases est ensuite desséchée à l’ombre; elle est d’une beauté remarquable et son éclat est si vif qu’il fatigue la vue. Le carmin ordinaire peut être beaucoup amélioré, en le faisant digérer à uno douce chaleur dans de l’ammoniaque caustique qui le dissout, filtrant pour séparer les matières étrangères, puis précipitant le carmin en ajoutant de l’alcool et sursaturant l’alcali par de l’acide acétique, lavant le carmin précipité par de l’alcool étendu d’eau et le séchant à l’ombre.
Le carmin est la plus belle des couleurs rouges. Sors éclat et sa fraîcheur le font rechercher dans la peinture en miniature, dans la fabrication des fleurs artificielles. Les confiseurs et les pharmaciens s’en servent également pour colorer certaines de leurs préparations. Tantôt on le mélange simplement avec les substances à co-
CAR
lorer, tantôt on le dissout dans de l’ammoniaque en excès, et on laisse évaporer l’excès d’alcali. La dissolution est bonne à, employer quand elle a perdu son odeur alcaline. M. D.
CAILMINATIF (Matière médicale}, du latin carminare^ carder, nettoyer. — On donne ce nom à des médicaments qui ont la propriété de chasser au dehors les gaz contenus dans le canal intestinal : ils appartiennent à la classe des excitants aromatiques ; les espèces dites cnrminatives occupent le premier rang; ce sont les fruits d’anis, de carvi, de coriandre, de fenouil. Viennent ensuite la camomille, la cannelle, la menthe, la mélisse, la sauge, et la plupart des Labiées et des Ombcllifères (voyez ces mots).
CARMINE. — Matière colorante rouge contenue dans la cochenille du nopal [coccus cacti), insecte hémiptère qui vit sur les cactus et qui est originaire du Mexique. La cochenille se trouve dans le commerce sous la forme de petits grains arrondis, sur lesquels il est encore possible de reconnaître la structure annelée de l’animal. Pour en extraire la carminé, on débarrasse d’abord la cochenille de la matière grasse qu’elle contient par des lavages à l’éther qui ne dissout point la carminé. Il n’y a plus alors qu’à traiter le résidu par l’alcool bouillant et à laisser refroidir la liqueur alcoolique ; la carminé se dépose en grains rouges cristallins. On emploie rarement dans les arts la matière colorante de la cochenille à l’état de pureté sous la forme de carminé. Généralement on se sert du carmin ou de la laque carminée (voyez Carmin). — La carminé a été découverte par Pelletier et Caventou, en 1818.
CARNASSIERS (Zoologie), du génitif latin carnis, chair; animaux qui se nourrissent de chair. — On a donné ce nom à un groupe considérable de Mammifères dont les limites n’ont pas été déterminées d’une manière bien précise par les naturalistes. Linné les a divisés en dix genres dénommés ainsi : PAoca, Canis^
Felis^ Viverra, Mustela, Ui'sus, Didelphis, Talpa, Sorex^ Erinaceus.
Pour Cuvier, les carnassiers forment le troisième ordre des mammifères.
C’est une réunion variée de quadrupèdes onguiculés, à trois sortes de dents et sans pouce opposable à leur pied de devant. Ils vivent de matières animales d’autant plus exclusivement que les mâchelières sont plus tranchantes. L’articulation de la mâchoire inférieure est serrée comme un gond, et ne lui permet pas de mouvement horizontal ; elle ne peut que se fermer et s’ouvrir. Le sens qui domine chez eux est celui de l’odorat. Leurs intestins sont peu développés, à cause de la nature de leurs aliments et pour éviter la putréfaction, par le séjour dans un canal prolongé. La variété de leurs formes, les détails de leur organisation entraînent des différences dans leurs habitudes, ce qui a obligé d’en former plusieurs familles. Cuvier en établit trois : 1» les Chéiroptères; 2° les Insectivores; 3" les Carnivores. Dans la dernière édition du Règne animal, il en a retiré les Marsupiaux, qui avaient d’abord formé une quatrième famille, et dont il a fait depuis le quatrième ordre des Mammifères. Quelques zoologistes, à la tête desquels J. Geoffroy Saint-Hilaire, ont cru devoir réduire l’ordre des Carnassiers aux seules familles des Insectivores et des Carnivores. Enfin, M. Milne-Edwards et la plupart des zoologistés modernes ont constitué en ordres les trois familles de Carnassiers de Cuvier, de sorte que le mot de Carnassiers aurait disparu de la science, si quelques naturalistes ne désignaient pas très-souvent sous ce nom l’ordre des Carnivores (voyez ce mot).
* Carnassiers (Zoologie), Carnivora, Cuv. — Grande famille ^Insectes qui forme dans le Règne animal la première des Coléoptères pentamères. Ils ont deux palpes à chaque mâchoire, ou six en tout ; les antennes presque toujours simples ; les mâchoires terminées par une pièce écailleuse en griffe ou crochue. Leurs larves sont aussi très-carnassières. Les insectes de cette famille sont terrestres ou aquatiques. Les terrestres comprennent deux tribus, les Cicindelètes et les Carabiques, subdivisés en nombreux genres et sous-genres. Les aquatiques ne forment qu’une tribu, celle des Hydrocanthares ou des A^ageurs, divisée en deux genres et plusieurs sous-genres. Dejean, qui n’a pas conservé le nom de Carnassiers^ en
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a formé deux familles, les Carabiques et les Hydrocanthares (voyez ces mots). An. F.
CARNEAUX. — Conduits par lesquels s’échappent la fumée ou les produits de la combustion dans les foyers des machines à vapeur. Les carneaux sont en maçonnerie (briques) dans les chaudières à foyers extérieurs ; ils soin: au contraire, en métal (tôle) dans les chaudières à foyers intérieures (voyez Chaudière). Leur section est généralement égale au quart de la surfiice de la grille sur laquelle repose le combustible (voyez Combustion).
CARNIFICATION (Médecine), du latin caro, chair, et fio, je deviens. — Transformation de certains tissus, de certains organes, en une substance rougeâtre, d’apparence, de forme et de consistance charnues. J.-L. Petit est le premier qui ait donné le nom de carni ficalion à certains ramollissements des os; ce nom, d’abord adopté par la plupart des pathologistes, a été remplacé par celui à'ostéo-sarcôme, plus connu aujourd'hui (voyez Cancer, Ostéo-Sarcome . Le tissu pulmonaire peut aussi, dans certaines inflammations, prendre une apparence de carnification, plus connue cependant sous le nom à' hépatisation (voyez ce mot).
CARNIVORES (Zoologie), Carnivora. — Troisième famille de l’ordre des Carnassiers de Cuvier, qui constitue aujourd’hui un ordre; leur nom vient du latin caro, chair, et vorare, dévorer; ce sont, en effet, les plus essentiellement carnassiers de tous les Mammifères. « C’est dans cette famille, dit Cuvier, que l’appétit sanguinaire se joint à la force nécessaire pour y subvenir. >» Ils sont d’autant plus carnivores que leurs dents sont plus tranchantes, et la nature de leur régime peut presque se calculer d’après l’étendue de la surface tuberculeuse de leurs dents, comparée à la partie tranchante ; ainsi, les ours qui peuvent se nourrir de végétaux ont
presque toutes leurs dents tuberculeuses. Les différents genres qui composent cette famille ont été établis d’après les différences des dents divisées en carnassières, fausses molaires et tuberculeuses. La considération du pied de derrière a fourni aussi des caractères qui ont permis de former d'abord deux tribus ; 1“ Les Plantigrades qui appuient sur la terre la plante entière du pied, lorsqu’ils marchent ou qu’ils se tiennent debout, divisés en huit genres : les Ours, les Ratons, les Panda, les Benturongs, les Coatis, le Kinkajous ou Potto, les Blaireaux, les Gloutons. 2° Les Digitigrades qui marchent sur le bout des doigts en relevant le tarse ; on les a séparés en trois subdivisions : dans la première se trouvent les carnivores qui n’ont qu’une dent tuberculeuse en arrière de la carnassière d’en haut; on les a nommés Vermiformes, à cause de la longueur de leur corps ; ils forment le genre des Martes, divisé en quatre sous-genres, les Putois, les Martes propres, les Mouffettes et les Loutres. Dans la deuxième subdivision, il y a deux dents tuberculeuses, plates derrière la carnassière supérieure ; on y trouve le genre des Chiens avec le sous-genre Renard, et le genre des Civettes divisé en sous-genres, des Civettes propres, des Genettes, du Paradoxut e, des Mangoustes, des Suricates et des Mangues . Dans la troisième subdivision, on trouve des digitigrades qui n’ont point de petites dents du tout derrière la grosse molaire d’en bas; elle contient les animaux les plus cruels et les plus carnassiers de la classe. Il y en a deux genres, les Hyènes et les Chats {fig. 430). Les Amphibies , qui formaient une troisième tribu dans le Règne animal, forment aujourd’hui un petit ordre à part (voyez Amphibie). Ad. F.
GARNOSITÉ (Médecine), du génitif latin carms^
Fig. '»30. — Slaiiiinlîère carnivore (Tigre Royal, hauteur 1“',I0.)
CAR
CAR
chair. — On a donné ce nom à certaines végétations charnues qu’on rencontre quelquefois dans le canal de l’urètre.
CARONCULE (Médecine), diminutif du latin cnro, chair ; petite chair. — La caroncule lacrymale est un petit groupe de follicules, occupant l’angle interne des paupières. Recouverte d’un repli de la conjonctive, elle présente plusieurs pertuis et plusieurs petits poils qui deviennent souvent causes d’ophthalmie. Il arrive quelquefois, en effet, qu’en s’inclinant vers la conjonctive, les petits poils dont nous venons de parler, et qu’on n’aperçoit qu’avec peine, donnent lieu à des ophthalmies. Dans ce cas, en s’aidant d’une loupe, il faut les arracher avec une pince fine.
La caroncule lacrymale a été souvent le siège d’une dégénérescence cancéreuse (voyez Cancer).
Caroncule (Botanique). — On nomme ainsi des renflements pulpeux ou coriaces qui sont produits par un développement particulier du tissu à la surface de certaines graines. Au-dessus du hile des graines de plusieurs légumineuses, telles que le haricot, existe une caroncule sèche et dure en forme de cœur. Dans les graines de la chélidoine, cette caroncule se présente sous la forme d’une crête blanche et succulente. On regarde la caroncule comme une sorte ôi'arille (voyez ce mot).
CAROTIDES (Anatomie), du grec haros , sommeil lourd ; les anciens avaient pensé que les artères auxquelles ils avaient donné ce nom étaient cause de l’assoupissement. — On appelle carotides primitives deux artères, l’une à droite et l’autre à gauche, qui portent le sang aux différentes parties de la tête; celle de droite qui naît d’un tronc qui lui est commun avec la sous-clavière du même côté, nommé tronc innommé oxx. brachio-céphali- (voyez ce mot), et qui se détache de l’aorte; celle de gauche naît directement de l’aorte ; elles montent le long des parties latérales et antérieures du cou, laissant entre elles un espace rempli par la trachée-artère et l’œsophage en bas, le larynx et le pharynx en haut ; arrivées au niveau du cartilage thyroïde, sans avoir donné aucune branche dans leur trajet, chacune d’elles se divise en deux branches connues sous les noms de C. externe et de C. interne. la première {faciale, Chauss.) est presque entièrement destinée à la face ; elle monte de son point de bifurcation jusqu’au niveau du col du condyle de la mâchoire inférieure, et se divise en temporale et maxillaire interne, qui envoient des branches à toute la face et aux parties extérieures du crâne. La C. interne monte vers la base du crâne dans lequel elle pénètre par le canal carotidien ; elle fournit l’artère ophthalmique et se divise bientôt en cérébrale antérieure, cérébrale moyenne et communiquante postérieure. Elle est plus particulièrement destinée aux parties antérieure et moyenne du cerveau, à l’œil et à ses dépendances, F. — n.
CAROTTE (Botanique), de car, rouge, en celtique, à cause de la couleur de la racine. Nom vulgaire du genre Daucus, Tourn. — Genre de plantes de la famille des Ombellifères, type de la tribu des Daucinées. Caractères : pétales extérieurs des rayons profondément bifides ; carpelles à 6 côtes primaires filiformes et à 4 côtes secondaires découpées presque jusqu’à la base en longues soies disposées sur un seul rang. On en connaît une quinzaine d’espèces, dont la C. commune {Daucus carotta. Lin.; D. vulgaris, Neck.) {fig. i31) est la seule importante. Elle est connue de toute antiquité comme plante alimentaire. La C. des jardins, dont on obtient des racines grosses et à saveur douce et sucrée, est regardée généralement comme ayant pour type la C. sauvage que l’on rencontre souvent dans les lieux arides et pierreux et dont la racine, petite et dure, est souvent ramifiée. Cette espèce est une plante bisannuelle à tige hispide élevée environ de 1 mètre. On cultive plusieurs variétés de la carotte commune. Les principales sont : la rouge longue, la rouge pâle de Flandre, la rouge courte hâtive, dont les racines, bonnes à récolter à la fin de mars, sont tendres et douces, mais de peu de saveur; la jaune longue ou d'Achicourt, qui possède des qualités supérieures; la blanche de Breteuil {fig. 432), qui est très-grosse, en forme de toupie ; la blanche des Vosges, une des plus estimées pour la grande culture ; la blanche à collet vert {fig. 433), qui est très-grosse et très-longue, cylindrique et dont le collet s’élève au-dessus du sol. La variété dite violette, envoyée, il y a quelque temps, d’Espagne, est très-souvent jaune ; son volume est considérable et sa saveur est très-sucrée. On possède aussi la C. noire de Vlnde. La nature des terrains influe consi-
dérablement sur les propriétés des carottes. Les cultivateurs recommandent, pour obtenir de bons produits, un sable gras et profond ou une terre franche et douce. En général, la saveur des carottes rouges est plus prononcée que celle des carottes blanches. La variété habituelle-
ment cultivée par les maraîchers pour l’économie domestique est la rouge courte, dite de Hollande; on en obtient des sous-variétés se distinguant par la grosseur. Lorsque cette carotte est jeune, à moitié formée, elle est très-tendre,délicate, possède une saveur douce et constitue, accommodée à la crème, un mets très- agréable. Les carottes sont une grande ressource pour l’alimentation des bestiaux. En Angleterre, on cultive les rouges pour cet usage; en Flandre, c’est plus souvent la rouge pâle à grosse tête, La blanche de Breteuil est très-estimée à cause de sa grosseur et parce qu’elle se conserve longtemps.
M. Vilmorin a obtenu, par la culture de la carotte sauvage , une racine à chair plus serrée, un peu plus ferme, moins aqueuse que celle des variétés anciennes et acquérant un volume considérable. Pour la conservation des carottes, jusque vers le mois de mai, le procédé de M. Bailly paraît être préférable à tous les autres. Il consiste en une fosse munie d’un ventilateur et de cheminées établies de distance en distance à la surface du sol. Les racines sont entassées dans cette fosse, puis recouvertes de paille et ensuite de terre. Toutes les issues sont ouvertes à la ventilation, pourvu toutefois que le froid n’excède pas 2 ou 3®. On extrait par incision une gomme résine trèsodorante de la C. d’Espagne {D. hispanicus, de Gand.; D. gummifer, Lamk). • G — s.
CAROUBIER (Botanique), de l’arabe kharroub, — Genre de plantes appelé Ceratonia, Lin., du grec keras, corne ; allusion faite à la forme de la gousse de ce genre, qui appartient à la famille des Césalpiniées. Caractères : calice à 5 divisions caduques; corolle nulle; étamines distinctes, insérées sous un disque liypogyne; ovaire un peu arqué et porté sur un pédicule; gousse allongée, indéhiscente, coriace, à sutures épaisses, marquées de deux sillons. Le C. à siliques {C. siliqua. Lin.) est un arbre de 5 ou 6 mètres. Ses feuilles sont persis-
Fig. 432.— Carotte blanche <ie Breteuil.
Fig. 433.— Carotte blanche à collet vert.
CAR
CAR
tantes, composées de 6 à 10 folioles coriaces obtuses. Son calice est rougeâtre. Le fruit de cette espèce est pendant, brun et renferme une pulpe de couleur souvent très-foncée, entourant des graines dures et luisantes. Le caroubier croît spontanément sur les rochers des côtes de Pro-
Fig. 435. — Fleurs mâle et femelle du caroubier.
Fig. 436. — Fruit du caroubier.
vence, d’Italie, d’Espagne. Il est surtout abondant en Algérie, où son fruit, qui est comestible, était déjà l’objet d’un commerce important au moyen âge dans le port de Bougie. Les anciens ont connu cette espèce. Théophraste, Pline et Dioscoride la signalent, mais sans apprécier les qualités de son fruit. La pulpe des caroubes est douce et sucrée. Dans différents endroits de la Turquie, de la Syrie et de l’Égypte, elle sert de nourriture aux enfants et aux pauvres ; mais habituellement, dans le midi de l’Europe, les caroubes sont données aux animaux. Elles ont l’inconvénient d’avoir des propriétés laxatives assez prononcées. Les musulmans les emploient souvent avec la racine de réglisse dans la préparation de certains sorbets. Les Maures de Barbarie en font simplement une décoction qui leur sert de boisson rafraîchissante. Les confitures de tamarin et de myrobolan sont préparées, en Égypte, avec le principe sucré qu’on extrait des caroubes. Dans la médecine orientale, la pulpe de ces fruits est recommandée comme béchique et ordonnée contre les toux convulsives. Les feuilles et l’écorce du caroubier sont quelquefois employées pour tanner les cuirs; quant au bois de cet arbre, connu dans les arts sous le nom de carouge^ il possède des qualités importantes qui le font servir dans la menuiserie et même la marqueterie. Il acquiert en vieillissant une grande dureté qui l’a fait passer pour incorruptible. Malheureusement, il est très-sujet à se carier. Son aubier est blanchâtre, épais et tendre. G — s.
CAROUGE (Zoologie), Oriolus, Lath. ; Pendulinus, Vieil. ; Xonthornus^ Briss., Cuv., du grec xanthos, jaune, omis, oiseau. — Sous-genre cVOiseaux passereaux, du gQïivç, C assignes de Cuvier; très-voisins des Troupiales , dont ils ne diffèrent que par leur bec qui est tout à fait droit, tandis qu’il est arqué dans les Troupiales. On ne les trouve qu’en Amérique, où la plupart vivent par paires ; ils aiment les taillis, les endroits fourrés et ne fréquentent pas les plaines ; ils se nourrissent d’insectes et de baies. En général, ils construisent des nids remarquables par leur forme et par la manière dont ils sont suspendus le plus souvent à l’extrémité des branches, et tissés plus ou moins ingénieusement, suivant les espèces. Du reste, ils ont le bec conique, droit, gros à la base, aiguisé en pointe; leurs pieds sont conformés comme ceux des oiseaux percheurs, avec des ongles épais, courts, très-arqués et peu propres à la marche. Le C. banana {Oriolus bnnana, Lath.) a 0*n,18 de longueur, la tête, le cou et la poitrine d’un brun rougeâtre; on le trouve à la Marti-
nique. La femelle fait, avec de petites fibres de feuilles entrelacées, un nid qui a la forme du quart d’un globe creux ; elle le suspend au-dessous d’une feuille de bananier qui lui sert d’abri. Le C.ànid pendant {Pendulinus nidipendulus. Vieil. ; Oriolus nidipendulus,hBX\\.^ Gm.) est une espèce très-voisine du précédent, de la même taille et des mômes formes; plumage brun rougeâtre; la poitrine, l’abdomen et les côtés du cou d’une teinte ferrugineuse; une ligne noire dans le milieu. La femelle place aux branches des plus grands arbres son nid qui a la forme d’un petit sac, et qu’elle suspend au moyen d’un fil à l’extrémité des rameaux. Cette espèce a un chant agréable. De la Jamaïque.
Carouge (Botanique). — Synonyme de Caroubier.
CARPE (Zoologie), Cyprinus, Cuv. — Ce mot, employé par Pline, est fbrmé primitivement du grec kuprinos, qu’on trouve dans Aristote. La carpe est un des poissons alimentaires les plus connus; sa chair est assez délicate quand l’animal a vécu dans des eaux courantes; dans les eaux bourbeuses, il contracte un goût de vase. La carpe constitue un sous - genre du grand genre des Cyprins., appartenant aux Poissons malacoptéry giens abdominaux, famille des Cyprinoïdes [Règne animal). Ce poisson se distingue par la bouche petite; mâchoires faibles, sans dents ; trois rayons aplatis à la membrane branchiale, le pharynx garni de grosses dents; une seule dorsale longue, ayant, ainsi que l’anale, une épine plus ou moins forte pour deuxième rayon. Toutes les espèces de carpes sont des poissons d’eau douce, vivant de larves d’insectes, de vers, et souvent d’herbages, de graines et même de limon. On a divisé le sous-genre des carpes en deux sections : 1“ Celles qui ont des barbillons aux angles de la mâchoire supérieure. Parmi elles on distingue la C. vulgaire [Cyprinus carpio, lAn.)[fig. 437), poisson connu de tout le monde, d’un vert olivâtre, jaunâtre en dessous, dont les épines dorsales et anales sont fortes et dentelées, les barbillons courts, les dents pharyngiennes plates et striées à la couronne. Originaire des contrées tempérées et méridionales de l’Europe, elle s’est répandue, par l’industrie des hommes, dans les pays du Nord. Ainsi, ce n’est qu’en 1514 qu’un nommé Pierre Maschal l’apporta en Angleterre; plus tard, en
Fig. 437. ~ Carpe vulgaire.
1560, Pierre Oxe commença à en peupler les eaux du Danemark, sous Frédéric II. Les Suédois et les Hollandais ne la possédèrent que plusieurs années après ; mais ces climats ne paraissent pas lui convenir, car plus on s’approche du nord , plus sa grosseur diminue. C’est dans les eaux tranquilles des parties tempérées et méridionales qu’elles se plaisent le plus. Elles acquièrent alors des dimensions moyennes de 0“,50 à 1 mètre et plus ; ainsi, Pallas assure que dans le Volga elles atteignent souvent jusqu’à 1“’,60, et tout le monde connaît l’histoire de celle qui , au rapport de Block , fut prise en 1711, près de Francfort-sur-l’Oder, à Bischofshausen, qui pesait 35 kil. et mesurait 3 mètres de longueur. Quoique leur croissance soit assez rapide, leur longévité est cependant extrême ; Buflfon en a vu dans les fossés de Pont-Chartrain qui avaient cent cinquante ans ; et il y en avait à Chantilly et à Fontainebleau auxquelles on donnait près d’un siècle. Pendant l’hiver, les carpes s’enfoncent dans la vase et passent ainsi plusieurs mois sans prendre d’aliments. Mais, dans la saison chaude, elles deviennent voraces et mangent avec gloutonnerie. Leur fécondité est extrême, et on a trouvé dans le corps d’une carpe de 5 kil. jusqu’à sept ceiît mille œufs ; il est vrai qu’une grande partie de ces œufs et des petits qui en naissent deviennent la proie d’autres poissons, mais il en survit encore assez pour que, dans les viviers, on soit obligé quelquefois d’en arrêter la multiplication en leur adjoignant des brochets, des perches, des truites, etc. La Reine des carpes (C. rex cyprinorum Bl.) et la 6. à cuir (C. nudus, Bl.) sont des espèces qu’on trouve en Allemagne. Cette dernière se pêche quel'iuefois en Lor-