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raine. 2^ La dcuxit^me section des carpes comprend celles qui manquent de barbillons. Ainsi on trouve en Europe : Le Cil) reou ou Carassin (C. carassius, Lin.), à tète petite, caudale coupée carrément, l’rès-commune dans le Nord. La Gibèle (C. gibelio, Gm.) à caudale coupée en croissant. Assez commune autour de Paris. La Dorade de la Chine (C. auratus. Lin.) est une espèce importée chez nous, et qui s’est fort multipliée à cause de 1 éclat et de la variété de ses couleurs qui font l’ornement de nos bassins : elle acquiert souvent un beau rouge doré. Il y en a aussi d’argentées (voyu/ Pisciculture. Vivier).
Carpe (Anatomie)". — On appelle ainsi cette portion de la main chez l’homme, par exemple, qtii succède à l’avantbras et constitue ce qu’on appelle vulgairement le poignet; il est formé de deux rangées de petits os unis trèsintimement entre eux, légèrement mobiles les uns par rapport aux autres, et qui donnent la plus grande variété aux mouvements de la main sur l’avant-bras. On compte huit os du carpe, quatre pour la rangée supérieure ; ce sont le pisiforme, le cunéiforme ou pgramidal, le semi-lunaire et le scaphoïde; la rangée inférieure se compose de V unci forme ou os crochu, du grand os, du trapèze et du tropézoïde. Sur cette dernière rangée viennent s’articuler les cinq os du métacarpe.
CARPELLE (Botanique), du grec karpos, fruiÇ — Le carpelle est une feuille repliée sur elle-même suivant sa nervure médiane, pour constituer le pistil d’une fleur ; voici la théorie qu’en donnent les botanistes : lorsque la feuille carpellaire se replie sur elle-même, sa face inférieure est en dehors, la supérieure en dedans ; dans ce
mouvement, la feuille se réfléchit donc vers l’axe qui lui a donné naissance, en rapprochant de cet axe les deux bords de la feuille, jusqu’à ce qu’ils viennent se souder pour fermer ainsi la cavité ou loge du carpelle {fig. 438). Uovaire est donc formé par le limbe de la feuille carpellaire; le style est un prolongement de la nervure médiane, et le stigmate une modification glanduleuse de 1 extrémité de cette nervure. Ce mode de formation du carpelle nous y fait considérer, à part une face correspondant à la nervure médiane et qui sera extérieure ou dorsale, deux ï'àccs latérales correspondant aux côtés du limbe, et un angle de soudure qui regarde l’axe de la fleur. La loge que forme la feuille carpellaire en se refermant du côté de son axe doit enfermer le bourgeon que la feuille porte normalement à son aisselle ; au lieu d’avorter comme ceux des sépales, des pétales et des étamines,
(1) Théorie du carpelle. — 1, une feuille : a, nervure médiane; bb, bords. — 2, cette feuille se repliant pour former e carpelle. 3, le Carpelle formé avec cette feuille: b, les bords. “ 4, verticille pistillaire de trois carpelles libres : a, nervure médiane; b, bords formant la suture. — 5, verticille pistillaire de trois carpelles soudes par les ovaires. — 6, un verticille analogue, ou les trois carpelles sont soudés par les ovaires, et les styles. — ,, pistil unique eu apparence, à stigmate trilobé, résultant de la soudure a peu près complète de trois carpelles — 8, coupe d un ovaire formé de trois Carpelles soudés entre eux par leurs bords, formant une seule loge à placentation pariétale. —9, coupe transversale avec la position des ovules: suture dorsale ; b, suture ventrale. — 10, coupe transversale des trois carpelles de la figure 4. — 11, coupe transversale des trois carpelles de la ligure 5 — 12, coupe transversale de l’ovaire tricarpellé delà figure 6: placentation axile. — 13, coupe d'un ovaire à trois loges, dont les cloituns se sont détruites par le développement, et qui présentent une placentation centrale.
cc bourgeon prend un développement tout spécial et devient Vomie; mais de môme que l'on trouve sur certaines plantes plusieurs bourgeons à l’aisselle d’une feuille (le noyer, certains chèvrefeuilles); ainsi, la loge d’un seul carpelle jiourra, dans certaines fleurs, renfermer plusieurs ovules. ClK'.cun de ces bourgeons ou ovules est uni par des vaisseaux à l’axe de la fleuret au reste de la plante; d’autres, qui descendent du style vers l’ovule, se joignent à eux, et tous ces tissus nourriciers réunis forment sur un point variable de l’intérieur du carpelle une saillie sur laquelle s’insèrent, en quelque sorte, les ovules ou Eovule unique; c’est ce qu’on nomme le placenta. Cqlui-ci est situé en général le long des bords de la feuille carpellaire, dans la partie de la loge tournée du côté de l’axe. Dans ce cas, on dit que le carpelle a une, placentation axile (axis, axe). Dans les ovaires à plusieurs loges, la placentation peut varier (voyez PlacextaI.
CARPHOLOGIE (Médecine), du grec karphologia, action de ramasser des brins de paille. On a donné ce nom à dos mouvements continuels et désordonnés que fait un malade qui semble vouloir ramasser tout ce qui l’entoure et même des corpuscules qu’il croit voir, ramener scs couvertures, chercher à saisir des flocons dans l’air, etc. On remarque souvent la carphologie dans les fièvres typhoïdes graves, et c’est un symptôme d'un trèsmauvais présage.
CARPINUS (Botanique). — Nom latin du genre Charme.
GARPOCAPSA (Zoologie). — Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, créé par M. Treitschke aux dépens des genres Teigne et Pyrale : on y trouve entre autres la Py raie des pommes (voyez ce mot).
GARPOLOGIE (Botanique), de karpos, fruit, logos, description. — On nomme ainsi l’étude du fruit dans son ensemble. Les ouvrages les plus importants sur cette intéressante question d’organisation et de classification du fruit sont : Joseph Gærtner, De fructibus et seminibus plantarum, etc. Stuttgard, 1788- 1*91, 2 vol. in-4. — Gærtner fils, Supplementum carpologiæ. Leipsick, 1805, 3 volumes. — L. G. Richard, Analyse du fruit considéré en général. Paris, 1808, 1 vol. in-18.
GARASSIN ou Garreau (Zoologie). — ■ Espèce de poisson du sous- genre Carpe (voyez ce mot).
CARRÉ (Anatomie). — Plusieurs muscles ont été appelés ainsi à cause de leur forme. Ainsi : le carré des lèvres, qui a plutôt la forme d’un losange ; il est plus connu sous le nom d'abaisseur de la lèvre inférieure (portion du mento-labial, Chauss.). — Le carré pronateur, muscle de l’avant-bras qui, avec le rond pronateur, exécute les mouvements de pronation {cubito-radial , Chauss.). — Le carré des lombes {iliocostal, Chauss. ) va de la crête de l’os des iles à la dernière côte qu’il abaisse, lorsqu’il se contracte. — Le carré de la cuisse (ischio-sous-trochantérien, Chauss.) de la tubérosité ischiatique à la ligne oblique qui descend des trochanters; il fait tourner le fémur sur son axe et porte le pied en dehors.
CARRÉ (Arithmétique). — Seconde puissance d’un nombre, c’est-à-dire produit obtenu en multipliant ce nombre par lui-même; ainsi 121 estlecarréde 11, parce que 11 XII =121 ; on exprime cela de la manière abrégée suivante 11^ = 121.
Le carré d’une somme de deux nombres est égal au carré du premier, plus deux fois le produit du premier par le second, plus le carré du second ; ainsi (67 -f- 33)2 = 57^ -4- 2 X 57 X 33 -h 33^, ce qui s’exprime généralement en posant : (a -+- b)^ = «2 j 2ab -J- 62.
Le carré d’un produit de facteurs est égal au produit des carrés des facteurs ; ainsi (5 X 7 X 12)2 = 52X 72 x 12*.
Le carré d’une fraction s’obtient en élevant au carré
chacun de ses termes; ainsi fy) ; quand on a affaire à une fraction proprement dite, le carré est plus petit que la fraction.
Carré ( Géométrie ). — Parallélogramme ayant scs quatre côtés égaux et ses quatre angles droits. Par suite, le carré appartient à la famille des losanges, comme ayant les côtés égaux, et à celle des rectangles, à cause
CAR
de ses angles. Il en résulte que toutes les propriétés de ces deux figures conviennent au carré ; ainsi, les diagonales sont égales (voyez Rectangle), et de plus, perpendiculaires l’une sur l’autre (v. Diagonale) ; en outre, comme dans tout parallélogramme, elles se coupent en parties égales.
Pour avoir la surface d’un carré, il suffit d’élever au carré le nombre qui mesure son côté, sous la condition que l’on prendra pour unité de surface celle du carré construit sur l’unité de longueur. Ainsi, soit le côté = 7®,6, on aura pour la surface =7,6 X7j6==57,7Gmètres carrés, puisque l’unité de longueur était le mètre. Le cîirré, ayant des côtés égaux et des angles égaux, est un polygone régulier. Le point de rencontre des diagonales est le centre du polygone, c’est-à-dire le centre commun du cercle inscrit ou tangent intérieurement aux quatre côtés du carré, et circonscrit, c’est-à-dire passant par les quatre sommets. En désignant par G le côté du carré, par R le rayon du cercle circonscrit, et par r celui du cercle ins- Cv/2 , C
crit, on aura R et r= - •
CARREAU (Médecine). — C’est le nom sous lequel on désigne vulgairement V atrophie mésentérique^ maladie qui consiste dans la dégénérescence tuberculeuse des glandes du mésentère (voyez ce mot). Elle attaque presque exclusivement les enfants depuis la première enfance jusqu’à huit ou neuf ans. Les causes principales sont un mauvais allaitement, l’abus d’une alimentation substantielle, de la bouillie, un lait trop consistant, et en général une nourriture trop abondante. A ces causes prédisposantes, viennent se joindre les causes occasionnelles suivantes ; ainsi, l’habitation dans des lieux humides, dans un pays marécageux , dans des quartiers trop resserrés; une nourriture trop grossière ou mauvaise, l’abus des farineux, les fruits verts, l’usage des mauvaises boissons, etc. ; le carreau peut être souvent l’effet d’un vice scrofuleux dont il n’est alors pour ainsi dire qu’un symptôme ; il peut résulter aussi de la répercussion d’un exanthème (voyez ce mot). Les premiers symptômes de la maladie sont un gonflement plus ou moins douloureux du ventre, perte de l’appétit ou faim dévorante, soif continuelle, malaise après le repas, sommeil agité, selles irrégulières, tantôt dures, tantôt liquides : bientôt le ventre se tuméfie davantage , les glandes mésentériques s’engorgent, deviennent dures, douloureuses au toucher; il y a des vomissements glaireux, une diarrhée continue, l’amaigrissement marche rapidement, il y a delà pâleur, ia langue est couverte de saburre, les malades rendent des aliments non digérés, il y a de la fièvre, et quelquefois l’hydropisie ascite survient (voyez Ascite). D’après cette exposition des symptômes de la maladie, on peut y reconnaître deux périodes distinctes, l’une inflammatoire , i’autre de tuberculisation (voyez Tubercule). Le pronostic de la première est moins grave, si I on peut éloigner les causes de la maladie ; mais celui de la seconde période est des plus sérieux, et la guérison est très-problématique. Le traitement de la période inflammatoire consiste dans l’emploi des saignées locales, des cataplasmes émollients, des bains, d’un régime doux et peu substantiel, le tout sagement dirigé, suivant les forces du malade et l’intensité de la maladie ; bientôt on aura recours à un régime un peu analeptique (voyez ce mot), aux tisanes de saponaire, de houblon, de chicorée, aux bains salés, iodurés, sulfureux, au sirop de quinquina, au sirop antiscorbutique ; puis à l’huile de foie de morue, aux ferrugineux; dans le cours du traitement, il sera bon de temps en temps de donner quelques laxatifs, et môme des purgatifs, parmi lesquels la rhubarbe tient le premier rang. Les enfants soumis à ce traitement devront être privés de laitage et de crudité ; le bouillon gras, les viandes rôties et grillées, un peu de vin, peu de légumes, voilà quelles doivent être les bases de leur régime alimentaire. A tout cela il faut joindre la suppression, si cela est possible, des causes d’insalubrité signalées plus haut ; le changement d’air, et surtout l’habitation à la campagne dans un pays sain. F — n.
CARRÉE (Racine). — Voyez Racines.
CARRELET (Zoologie). — Nom vulgaire de la Plie franche {Pleuronectes platessa. Lin.), espèce de Poisson du sous-genre Plie, genre Pleuronecte, appartenant aux Malacoptérygiens subbrachiens , famille des Poissons plats. On reconnaît le carrelet à six ou sept tubercules formant une ligne sur le côté droit de la tête, entre les yeux, et aux taches aurore qui relèvent le brun du corps de ce côté. Cette espèce est trois fois aussi longue que haute; parmi les plies, le carrelet est le poisson dont la
chair est le plus tendre. Il est très-commun sur les marchés de Paris. Quelques auteurs ont attribué ce nom à la Barbue {Pleuronectes rhombus. Lin.).
CARRIÈRE (Géologie industrielle). — On a dit que ce mot venait de la forme carrée des pierres qu’on en tire. Quoi qu’il en soit, on appelle Carrières des excavations que l’on fait dans la terre pour en extraire en masses plus ou moins considérables les différentes espèces de pierres ordinairement employées à la construction, les marbres et albâtres, les grès, granits, porphyres et laves, la pierre à plâtre, les ardoises, et même toutes les espèces de sables existant dans la terre; cependant on a restreint plus spécialement ce mot à ce qui regarde les différentes sortes de pierres à bâtir. On renverra pour les autres aux mots marbre, ardoise, plâtre, sable, grès, porphyre, etc. L’exploitation des carrières se fait à ciel ouvert, lorsqu’il n’y a pas trop de déblai à enlever pour arriver à la masse ; autrement, ce qui arrive surtout dans les plaines, on est obligé d’aller la chercher à une profondeur plus ou moins considérable, et alors on exploite par cavage, c’est-à-dire par des puits et des galeries souterraines; on peut encore, si la pierre est dans une colline et qu’on ne puisse l’exploiter à ciel ouvert, y arriver par galeries horizontales. Lorsqu’on pratique des galeries, on est obligé d’avoir de distance en distance des piliers pour soutenir les terres ou pierres des toits ; ils peuvent être pris dans la masse môme que Ton exploite, et doivent en général être consolidés par des travaux de maçonnerie ; on leur donne dans ce cas le nom de piliers de masse. Lorsqu’ils sont construits avec des matériaux étrangers superposés, on les appelle piliers à bras. Nous allons donner une idée succincte de ce qui se pratique dans les carrières des environs de Paris, d’après un travail récent dù à MM. E. Avalle et A. Focillon, annoté pai- M. Delesse, ingénieur des mines, et M. Michau, docteur en droit, maître carrier à Paris.
Conformément à une loi du 21 avril 1810 et à un décret du 4 juillet 1813, l’exploitation de ces carrières est astreinte à certaines formalités peu nombreuses, ayant pour but de sauvegarder la sûreté publique et les propriétés voisines des carrières : ainsi tout propriétaire d’un fonds peut ouvrir une carrière sur son terrain; mais il ne peut fouiller sous le terrain d’autrui ; il ne peut ouvrir de carrière sur le bord des grands chemins, à moins de 60 mètres de distance du b^ord de ces chemins, et les galeries des carrières ne peuvent être poussées jusque sous les routes, etc. Lorsqu’on veut établir une exploitation par galeries, on fore un puits de 3 ou 4 mètres de diamètre. A l’orifice supérieur, on établit un dallage élevé à la hauteur des voitures de transport et offrant une assez large surface nommée la forme ou le chantier; c’est là qu’on installe une roue ou treuil en bois destiné à élever la pierre du fond du puits; tout le monde connaît ces roues des carrières, de 9 à 10 mètres de diamètre, dont la jante est garnie sur ses côtés d’échelons en bois, sur lesquels les ouvriers montent en faisant tourner la roue par leur propre poids. Sur Tarbre de couche qui la supporte, s’enroule un câble au moyen duquel la pierre est élevée lentement vers la surface du sol ; ce câble, qui a 0“,09 environ de diamètre, soutient quelquefois jusqu’à 8 ou 9 000 kil. On place dans ce puits une échelle verticale, formée d’une poutre scellée aux parois et portant des échelons ou ranches. Le puits est ensuite continué à travers la masse, de manière à pouvoir l’exploiter horizontalement. Cette opération , nommée affrontage , une fois terminée, on perce dans la masse, suivant trois ou quatre directions, des galeries de 40 à 50 mètres de longueur sur 1 mètre de largeur et T“,')0 à 2 mètres de hauteur. La masse à exploiter constitue le calcaire grossier parisien et comprend de haut en bas quatre couches principales, dont l’ensemble mesure en moyenne 15 mètres d’épaisseur. Ce sont : 1° Le banc de roche, dur, résistant, d’une texture fine, se taillant bien. C’est de la pierre de choix ; il mesure au plus un mètre d’épaisseur; il se termine en bas par des assises de moindre qualité, qu’on nomme banc franc, banc d’argent, plaquette, moellon, grignard ou petit moellon. 2” Le banc vert, couche de calcaire argileux, propre à la fabrication des chaux hydrauliques. On y trouve quelques bancs plus durs employés pour les dallages*, ainsi, le liais de Créteil, le banc royal ou liais de Bagneux et de Châtillon, le banc bleu. 3“ La lambourde ou calcaire à miliolites des géologues, nommé par les ouvriers de son, à cause de son peu de cohésion ; on l’emploie en moellons ou pierre grossièrement taillée; ce banc a une épaisseur considérable, mais variable de 8 à 10 mètres-
CAR
CAR
en moyenne. 4® Enfin vient un banc de calcaire grossier, inférieur, qu’on exploite à Gentilly sous le nom de banc Saint- Jacques; c’est une pierre tendre, remplie de coquilles et qui fournit des moellons de qualité inférieure. Ce banc est moins épais que la lambourde. Au-dessus de tous ces lits, il en existe un de couches marneuses, nommé vulgairement caillasse.
Il ex-iste sur la rive gauche de la Seine environ trois cents carrières qui occupent de deux mille cinq cents à trois mille ouvriers, divisés en six catégories : V les hommes de bricole; 2° les hommes d’atelier; 3° les tro.ncheurs; 4® les soucheveurs; 5® les équarrisseurs ; C® les conducteurs. Les hommes de bi'icole ou arricandiers sont les ouvriers les moins habiles; ils sont chargés des travaux de terrassement, des transports de pierres ; ce sont, en quelque sorte, les apprentis du métier; ils gagnent de 1^50 à 2 francs, et même 3 francs par jour. Les hommes d'atelier sont les véritables ouvriers de la carrière, pour faire tous les travaux accessoires, ainsi : transporter la pierre, faire tourner la roue, creuser les galeries, construire les supports, etc. Ils gagnent en gél'iéral 4 francs. Les trancheurs attaquent la masse ; de 20 en 20 mètres ils ouvrent des tranchées verticales de toute la hauteur de la galerie, mesurant 0“,50 de largeur sur 2 ou 3 mètres de profondeur; lorsque ces énormes blocs de 19 mètres de long sont séparés de la masse, ils sont chargés de les débiter en pierres marchandes. Ils sont payés à la tâche, et une journée de dix heures leur vaut environ 4^50. Maintenant qu’on se représente cet énorme bloc de 20 mètres de long, limité par deux tranchées de 2 mètres de profondeur qui l’isolent en partie de la masse : il est ce qu’on appelle défermé; le soucheveur alors se couche tout de son long devant le bloc, armé d’un marteau en fer à deux tranchants, avec un manche de bois plat, dur et long de 2 mètres; il creuse dans la couche terreuse qui supporte inférieurement le bloc de pierre, et il arrive ainsi à l’isoler complètement en bas, en ayant soin, à mesure qu’il avance, de placer de petits supports en bois ou en pierre pour le soutenir. Enfin, avec l’aide de ses camarades, il enlève successivement ces supports, et, à un moment donné, l’énorme masse qui peut mesurer 60 à 70 mètres cubes et peser 1 700 000 kil. se trouve suspendue sans appui; elle se détache enfin en haut et en arrière et tombe sur le sol de la carrière, où elle se casse habituellement en plusieurs fragments ; les trancheurs alors viennent la diviser. Les soucheveurs travaillent à la tâche; ils gagnent environ 5 francs par jour. hQséquarrisseu7'SSont chargés d’équarrir et de parer la pierre sur la plate-forme de la carrière ; ils peuvent gagner de 4^,50 à 5 francs. Le conducteur est chargé de diriger les travaux ; il représente le maître ; son salaire est de 6 francs à 5^,50. L’exploitation de la lambourde qui fournit le moellon est un travail moins pénible. Le produit moyen des cannères de la rive gauche s’élève actuellement (1857) à 1 464 000 mètres cubes, dont l’extraction coûte 19 915000 francs, et qui donnent un produit vénal de 29 070 000 francs (MM. Delesse et Michau). En 18v5, le produit total était 485902 mètres cubes représentant, aux prix de l’époque, une valeur de
I 863 608 francs de matière extraite. Les catacombes de Paris sont d’anciennes carrières de pierres à bâtir, dans lesquelles on a fait depuis un certain nombre d’années des travaux de consolidation. Voyez le Carrier des environs de Paris, par MM. Avalle et Focillon, publié dans let. II des Ouvriers des Deux-Mondes ; Paris, 1858, au siège de la Société internationale,
CARTES A JOUER. — La fabrication de ces cartes est soumise à des droits considérables et entourée par la régie de certaines précautions destinées à prévenir la fraude. Le carton des cartes est formé de trois feuilles de papier superposées, dont le grain doit être bien uni, sans tache et sans nœud, afin que la carte ne présente aucun signe qui la fasse reconnaître par derrière. La feuille du milieu, appelée main-brune, est un papier gris, bien uni, d’une teinte bien uniforme, que l’on met en double, et qui sert, tant à détruire la transparence qu’à donner à la carte une certaine raideur à cause de la propriété qu’il possède de prendre beaucoup de colle. Ce papier est recouvert d’un côté par le papier cartier, ordinairement blanc ou de couleur unie, bleue, jaune ou rose. Ce papier doit être encore plus rigoureusement uniforme dans sa pâte et dans sa teinte que le premier. Il forme le dos de la carte.
II est cependant quelquefois taroté, c’est-à-dire moucheté de dessins 'variés. Ces cartes doivent être rejetées dans les parties qui sont intéressées d’une manière sérieuse. La troisième feuille, ou papier pot, papier de face, sur la-
quelle sont tracés les signes et figures, est un papier blanc !
à filigranes, fourni par la régie elle-même. Ces troia I
sortes de papier sont livrées en feuilles ouvertes de 0«>,405 '
de long sur 0“,31 1 de large, qui forment chacune la gran- i
deur de 24 cartes. L’impression du trait des figures se fait ordinairement avec des planches en bois. Chaque fabricant a les siennes déposées dans les bureaux de la régie \
où il fait ses impressions en noir sous les yeux d’un pré- I
posé ; l’enluminure et les cartes sans tête se font chez les j
cartiers. On a exposé à Londres une machine à imprimer les cartes typographiquement et à l’huile.
On emploie, dans l’enluminure des cartes, cinq couleurs en détrempe qui sont : le noir, noir de fumée dé- ' layé dans de la colle claire d’amidon ou de gélatine ; le 6/ew, ;
indigo délayé dans de la colle de gélatine ; le gris, qui est '
la même couleur que le bleu, mais moins teinté et étendu I
avec de l’eau de gomme; le jaune, décoction de graine- |
d’Avignon avec | d’alun ou de gomme gutte ; le rouge ou \ mine orange (voyez Plomb) ouïe très-gommé | (voyez Mercure). Ces couleurs sont appliquées successi- ? vement dans l’ordre suivant : rouge, jaune, noir, bleu et | gris, à l’aide de brosses dures et de patrons découpés à jour; chaque couleur a sa brosse et son patron à part. j Les patrons sont taillés pour une feuille entière de cartes, ; dans une feuille de papier épais recouverte de chaque côté de plusieurs couches de vernis à l’huile qui lui donne | de la transparence et de la fermeté. ;
Les cartons enluminés sont séchés sur un poêle, frottés | sur chaque face avec un feutre enduit de savon sec, et j
lissés au moyen d’un caillou arrondi, nommé lissoir. On *
les met ensuite en presse pour les redresser ; puis on les porte au découpoir. La machine imaginée à cet effet par M. Dickinson, se compose d’une série de cisailles circulaires montées sur des axes en fer, sur lesquels elles sont assujetties au moyen de manchons en bois, et que l’on met en mouvement avec le pied par un mécanisme semblable à celui du tour. Les cartons sont ainsi partagés en bandes parallèles exactement de même largeur, contenant chacune six cartes, et qui sont ensuite coupées transversalement. Après le découpage, il ne reste plus qu’à trier les cartes pour éliminer celles qui sont défectueuses, qu’à les assortir et les mettre en paquets de 52 cartes pour le jeu entier, de 42 pour le jeu d’ombre, et de 32 pour le jeu de piquet.
Paris et Nancy sont les deux centres de fabrication des cartes à jouer. On en consomme annuellement à l’intérieur pour une somme d’environ 1 500 000 fr, La France en fournit en outre à l’étranger, surtout aux colonies espagnoles, américaines, portugaises et anglaises, pour une valeur d’environ 1 000000 de francs. La part de l’Etat sur ce produit est de 5 à 600 000 francs, ou de 20 à 25 p= 1 00.
La vente des cartes ne peut avoir lieu que par les fabricants patentés ou par des commissionnés de la régie. Les infractions à cette prescription entraînent la confiscation des produits mis en vente, un emprisonnement d’un mois et une amende de 1 000 à 3 OOO francs.
On attribue généralement l’invention des cartes à jouer à Jacquemin Gringonneur, peintre de la fin du xiv® siècle ; mais elles sont mentionnées dès 1328 par un vieux poète français. Après avoir amusé la démence de Charles VI, elles ne tardèrent pas à devenir un jeu à la mode. C’est sous Charles VII qu’elles reçurent les noms qu’elles ont conservés jusqu’à ce jour et qui, pour la plupart, couvrent des allégories guerrières du temps. M. D.
Cartes géographiques. — Le but des cartes géographiques est de représenter sur une surface plane une portion plus ou moins grande du globe terrestre. Quand elles représentent un hémisphère tout entier, elles portent le nom de mappemondes . On emploie pour tracer les cartes divers modes de projection, dont les principaux sont la projection orthographique et la projection stéréographique.
Imaginons un plan passant par l’axe de la terre, c’està-dire un méridien, et des divers points de l’un des hémisphères, abaissons des perpendiculaires sur ce méridien , nous aurons une représentation plane de cet hémisphère. Dans ce système dit orthographique, l’équateur et les parallèles se projettent suivant des droites paiv lèles entre elles et perpendiculaires à la ligne des pôles. Quant aux méridiens, ils se projettent suivant des | ellipses ayant la ligne des pôles pour grand axe. C’est le mode de projection qu’on emploie dans les cartes sélénographiques ou dans les représentations delà lune; c’est ainsi, en effet, que nous voyons le disque lunaire se projeter sur la voûte céleste.
Si, au lieu de projeter sur un méridien, on projette
CAR
sur l’équateur, les méridiens deviennent sur la carte des rayons partant du centre; et les parallèles, des cercles concentriques. Dans ce système, les parties du globe situées vers le milieu de l’hémisphère projeté sont représentées à peu près en vraie grandeur; vers les bords, au contraire, la déformation est très-grande et les surfaces projetées sont extrêmement réduites.
La projection stéréographique présente cet inconvénient à un moindre degré. C’est la perspective sur le plan d’un grand cercle, l’œil étant supposé en O sur la sphère à l’extrémité du diamètre perpendiculaire à ce
grand cercle MM, et CD du côté opposé à
l’hémisphère qu’on veut représenter ; ainsi, dans la figure, a est la projection stéréographique de A, cd celle de CD, et b celle de B. Ce mode de projection jouit de propriétés remarquables reconnues par Ptolémée, et qui servent dans la construction des cartes :
1” les projections de deux lignes se coupent sous un angle égal à celui de ces deux lignes ; 2® tout cercle tracé sur la sphère se projette suivant un cercle ; 3° le centre de la projection d’un cercle est la projection du sommet du cône circonscrit à la sphère suivant ce cercle.
Il résulte de ces propositions qu’une petite surface tracée sur la sphère et sensiblement plane a pour perspective une figure semblable. Mais ses dimensions sont un peu altérées ; vers le centre, les lignes sont réduites à moitié et les surfaces au quart ; les portions situées vers les bords conservent à peu près leur grandeur. Ainsi,
Fig. 439. — Projection stéréographique.
dans les mappemondes ordinaires, il n’y a pas déformation des contours, mais les figures sont dilatées vers les bords de la carte.
Si l’on prend pour plan de projection un méridien, l’équateur est représenté par un diamètre perpendiculaire à l’axe, les parallèles sont des cercles ayant leur centre sur l’axe, et les méridiens des arcs de cercle passant par les pôles (fig. 440).
Gomme nous l’avons dit tout à l’heure, les parties de la carte situées vers les bords sont dilatées, et en particulier, si l’on considère des méridiens équidistants, on verra qu’ils sont de plus en plus espacés sur la mappemonde à mesure qu’ils s’éloignent du centre. Pour éviter cet inconvénient, M. Babinet emploie un autre système, dit ho malo graphique^ dans lequel {fig. 44 1 ) les parallèles sont représentés par des droites parallèles, et les méridiens par des ellipses coupant l’équateur en des points équidistants. Les figures sont, il est vrai, un peu déformées, mais elles conservent leur vraie grandeur.
En résumé, une sphère, et à plus forte raison l’ellipsoïde terrestre, ne pouvant se développer sur un plan, une carte géographique ne saurait reproduire exactement les surfaces, les distances et les directions des lieux correspondants de la surface de la terre. Les configurations sont maintenues dans les cartes stéréographiques, mais les aires et les longueurs sont altérées. Dans le développement conique de Flamsteed modifié, tel qu’il est adopté pour la carte de France^ que lève et publie le dépôt de la guerre, le rapport des aires est conservé, les directions et les distances le sont aussi exactement entre certaines limites.
Voici en quoi consiste ce mode de projection qui est très-apte à représenter une petite partie de la surface terrestre. On suppose un cône, circonscrit à la sphère suivant le parallèle moyen du pays que l’on veut représenter, puis, à partir de la ligne du contact, on prend sur les arêtes du cône des points dont les distances soient précisément les mêmes que sur la sphère, en développant le cône pour avoir la carte, ces points correspondent
Fig. 440. — Mappemonde.
Fig. 441. — Système homalographique.
à des cercles qui sont les parallèles. Quant aux méridiens, ils sont formés par un rayon du secteur circulaire formant le développement du cône, c’est le méridien moyen, les autres sont des courbes telles que les arcs de parallèle compris entre deux d’entre eux sur la carte soient égaux en longueur à ce qu’ils sont sur la sphère. Dans ce système, si la surface à représenter n’est pas trop grande, les figures sont très-peu déformées et les aires conservent la même grandeur, ce qui est essentiel dans les cartes topographiques.
Cartes marines. — Le développement de Mercator (fig. 442), que l’on suit dans les cartes marines, consiste à représenter les méridiens par des droites parallèles équidistantes, et les parallèles par des perpendiculaires aux méridiens, dont les distances croissent à mesure qu’on s’écarte de l’équateur, suivant une koi telle que l’angle de deux lignes projetées soit égal à l’angle de leur projection. Les surfaces sont ici énormément altérées ; elles se dilatent indéfiniment quand on approche des pôles. Mais, pour les marins, cela a peu d’inconvénients, taudis qu’elles jouissent d’une propriété qui les rend très-commodes pour fixer la route du navire. Cette propriété est la suivante : une courbe qui, sur la sphère, coupe tous les méridiens sous le môme angle, est représentée par une ligne droite sur la carte, puisque cette ligne fait le môme angle avec tous les méridiens qui, sur la carte, sont des droites parallèles entre elles.
Or, en mer, on connaît sans peine, à chaque instant,, la direction du méridien sur lequel on se trouve, direction indiquée par la boussole ; c’est donc au méridien qu’on rapporte la direction à suivre pour aller d’un point à un autre. Si l’on suivait l’arc de grand cercle, comme étant le plus court chemin, cette direction changerait à chaque instant, parce qu’en général un arc de grand cercle fait avec les méridiens qu’il traverse des angles différents. A cause de cela, les marins ne suivent pas la route la plus courte, mais bien la courbe qui fait partout le même angle avec les méridiens : c’est une sorte de spirale à double courbure, qu’on appelle loxodromie.
Si donc, sur une carte marine, on mène une droite du point de départ au point d’arrivée, elle coupera la direction constante des méridiens suivant un certain angle. Cet angle étant connu, il suffira, pour amener le navire à sa destination, de le diriger de manière à faire constamment cet angle avec les méridiens qu’on traverse. Les courants pouvant dévier le navire de sa route, il importe toutefois de déterminer de temps en temps la position exacte où l’on se trouve. Puis on la rapporte sur la carte, et l’on détermine de nouveau l’angle à suivre pour arriver au but.
Cartes célestes. — La construction de ces cartes est fondée sur les mêmes principes que la construction des cartes géographiques. Elles peuvent représenter, soit un hémisphère entier, soit une petite portion du ciel, soit-
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une zone entière ; telles sont les cartes écliptiques et les cartes équatoriales. On y figure les étoiles par des signes qui désignent leur grandeur, et on les accompagne de la lettre ou du chiffre sous lequel elles sont connues dans \q,ü catalogues. On y trace le contour des diverses constel-
lations, et quelquefois les figures de convention à l’aide desquelles les anciens groupaient les étoiles (voyez
COA’STELLATIOAS).
Les atlas célestes les pins connus sont ceux de Bayer, d’Hévélius, de Flamsteed, de Lemonnier, et, dans ce siècle, l’atlas de Harding, auquel on doit la découverte de Junon, et qui a consigné dans ses vingt-sept cartes plus de 60 000 positions d’étoiles extraites de V Histoire céleste française de Lalande. Bessel et Argelander ont publié des zones qui s’étendent depuis le parallèle de — 15“ jusqu’à celui de 80“. Enfin, l’académie de Berlin a entrepris la publication de vingt-quatre cartes qui doivent représenter une zone comprise entre les parallèles de 1 5“ de chaque côté de l’équateur, en y comprenant toutes les étoiles des neuf premiers ordres de grandeur.
L’objet de ces cartes est de servir à reconnaître les planètes et à les distinguer au milieu des étoiles fixes, par la ■comparaison de la carte avec le ciel. C’est dans le même but queM. Valz a proposé l’emploi de cartes équinoxiales, et que M. Chacornac publie des cartes écliptiques dans Y Atlas des Annales de V Observatoire de Paris. E. R.
GARTHAME (Botanique et Chimie), du grec catharsis, purgation, parce que la graine de carthame passe pour très-purgative; suivant quelques auteurs, d’un mot arabe qui exprime l’action de teindre. — Fleur du carthame des teinturiers {Carthamus tinctorius). Plante qui croît dans le midi de la France, la Hongrie, l’Espagne, l’Égypte, l’Amérique du Sud et les Indes. H en existe deux variétés, l’une à grandes et l’autre à petites fleurs. La première est particulièrement cultivée en Égypte, où •elle forme l’objet d’un commerce considérable. Aussitôt après la floraison, on cueille les fleurs que l’on fait sécher à l’ombre, soit immédiatement, soit après les avoir pétries dans l’eau pour leur enlever une grande partie ■de leur principe colorant jaune. Ce genre, qui appartient à la famille des Composées , a pour caractères : involucre à -écailles extérieures foliacées, les intermédiaires terminées par un petit appendice et bordées de petites épines, les intérieures oblongues, acuminées, piquantes. Le C. tinctorial ou officinal (C. tinctorius. Lin.) {fig. 443), appelé aussi safran bâtard, à cause de ses propriétés, et graine de perroquet, parce que sa graine fournit à cet oiseau un aliment salutaire, est une herbe annuelle qui s’élève quelquefois à un mètre. Sa tige est blanchâtre, glabre, rameuse ; ses feuilles sont ovales, bordées de dentelures épineuses; ses fleurs, d’une teinte jaune, un peu safranée s’épanouissent de juin en août. Cette espèce est originaire des Indes orientales. On la trouve aussi spontanée en Égypte. Elle donne, par ses fleurs, une belle teinture jaune ou rouge ; mais la matière rouge est seule utilisée; oelle-ci sert à teindre les étoffes de soie, de colon et de
laine, et s’extrait en prenant les fleurs arrosées d'eau salée et broyées entre deux pierres meulières. On prépare aussi avec ces fleurs la substance connue, en peinture et dans l’art cosmétique, sous les noms de rouge végétal, rouge de toilette, vermillon d'Espagne. C’est par expression, puis mélangée avec la soude, et précipitée par le suc de citron, que cette substance est obtenue. La matière colorante du carthame est très-brillante, elle se dissout facilement, mais elle passe rapidement à l’exposition au soleil. Les graines de cette plante contiennent un principe huileux qui peut être employé aussi bien pour l’éclairage que pour l’économie domestique; les tiges servent pour le chauffage dans certaines localités où le carthame se cultive en grand. Les feuilles fraîches fournissent un aliment qu’on prépare en salade, ou comme les épinards. Elles ont en outre la propriété de coaguler le lait; aussi les emploie-t-on en Égypte pour préparer les fromages. En Angleterre, on tire quelquefois parti, pour les puddings, des fleurs de carthame en place de safran ; mais le principe purgatif assez prononcé qu’elles renferment, présente des inconvénients.
Le carthame contient deux principes colorants, l’un jaune, l’autre rouge et anpelé carthamine ; ce dernier seul est employé en teinture. La matière jaune étant soluble dans l’eau, on l’enlève en introduisant dans un sac de toile le carthame que l’on malaxe sous l’eau. La fleur, qui était jaune rougeâtre, devient d’un rouge clair en perdant la moitié de son poids. On le traite alors par une dissolution étendue de carbonate de soude qui dissout la carthamine, et on précipite cette dernière substance en saturant l’alcali par un acide.
La carthamine est une couleur d’une beauté remarquable, mais qui, malheureusement, est extrêmement al-
Fig, — Carthame des teinturiers. Fig. 448. — Fruit du carthame.
térable; aussi ne l'emploie-t-on que dans la teinture des soies pour lesquelles on tient plus à la fraîcheur et à la beauté du coloris qu’à la solidité. C’est avec elle aussi que l’on prépare le rouge d'assiette, magnifique couleur rouge employée au coloris des fleurs. Elle sert enfin à la préparation du rouge végétal employé pour la toilette.
Le bai l de carthame, pour la teinture, se prepare ainsi qu’il suit : on saupoudre vingt parties en poids de carthame bien lavé, avec une partie de carbonate de soude, et on mélange le tout avec soin. Le mélange est
Fig. 44S. — Carte de Mercator.
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ensuite place sur un tamis en toile très-serrée, et on le lave à l’eau froide jusqu’à ce que l’eau passe incolore. On achève d’épuiser le résidu au moyen d’une nouvelle quantité très-faible d’alcali. Pour précipiter ensuite la couleur sur la soie, on se sert d’acide citrique (voyez Teinture). Cette teinture doit être faite à froid, et l’étoffe séchée à l’ombre.
Le rouge d'assiette s’obtient en lavant d’abord le carthame avec de l’eau acidulée par du vinaigre, afin d’enlever tout le principe colorant jaune. La substance est ensuite malaxée dans quinze parties d’eau de pluie contenant en dissolution une partie de carbonate de soude. On exprime et on achève de laver avec une petite quantité d’eau. La carthamine s’est dissoute dans la liqueur que l’on filtre pour la purifier. On place alors dans cette liqueur des écheveaux de coton, et on la sature par de l’acide citrique. La matière colorante se précipite dans un grand état de pureté sur le coton. On sèche le coton, puis on le lave et on le traite par une nouvelle dissolution de carbonate de soude, pour lui enlever la carthamine. La liqueur, de nouveau saturée par de l’acide citrique, est versée dans des assiettes où la couleur se dépose en pellicules d’un bel éclat métallique rouge cuivré, quand elles sont sèches.
Le rouge végétal se prépare en pulvérisant finement du talc, que l’on mélange avec un peu de rouge d’assiette non .gommé. On broie ensuite le mélange avec un peu de blanc de baleine ; on l’humecte avec un peu d’éther et on le met en pots. On prépare un rouge végétal de qualité inférieure, en remplaçant le carthame par du carmin. La carthamine a été étudiée au point de vue chimique par Beckman, Dœbereiner, Chevreul et Schlieper.
CARTHAMINE. — Voyez Carthame.
CARTILAGE (Anatomie), cartiiago des Latins, chondes Grecs. — Tissu animal, souple, élastique, d’un blanc opalin, qui n’est évidemment qu’un état transitoire par lequel passe le système osseux avant de s’encroûter de matières terreuses (phosphate de chaux). Cet état cartilagineux se prolonge plus ou moins longtemps dans les différentes parties du squelette, et ce n’est que successivement et peu à peu qu’on voit la matière osseuse apparaître dans le cartilage. Elle se montre dans des points isolés du même os, s’irradie dans toutes les directions, et à la fin l’os tout entier ne présente plus aucun point cartilagineux. Mais il y a dans le squelette des parties qui restent plus ou moins complètement à cet état; tels sont les cartilages des côtes ; en outre, il y a aussi des cartilages qui existent isolément et qui n’ont aucune connexion avec le système osseux, comme ceux du larynx, de la trachée-artère, des bronches, du nez, de l’oreille, etc. Quelquefois, avec les progrès de l’âge, ils finissent par s’ossifier, et l’identité des tissus osseux et cartilagineux est telle qu’on voit des cartilages devenir CS, et dans certaines circonstances, comme le rachitisme, les os devenir cartilagineux. Dans les articulations mobiles, on remarque aussi des cartilages qui revêtent les surfaces articulaires des os, dont les fonctions consistent à amortir les chocs par leur élasticité et à résister aux frottements qui tendent à détruire ces parties; ils portent les noms de cartilages articulaires, de revêtement ou à' encroûtement ; ils adhèrent à l’os par une de leurs faces, et dans les articulations très-mobiles, comme celles des membres, par exemple, ils ont la forme de lames .aplaties, plus minces sur les bords qu’au centre sur les extrémités articulaires convexes, et plus épaisses sur les bords qu’au centre dans les cavités articulaires; leur face libre est lisse et tapissée par la membrane synoviale. Les cartilages sont tapissés par une membrane hbreuse analogue au périoste, et qu’on nomme 'périchondre. Voilà ce qui existe chez l’homme, et en général chez les mammifères. Dans la classe des Oiseaux, l’ossification est rapide ; le squelette se complète promptement à l’état osseux, et la composition chimique des parties cartilagineuses offre certaines différences avec ce qu’on observe dans les Mammifères. La classe des Reptiles et celle des Batraciens présentent un système cartilagineux hors de oroportion avec le système osseux ; l’ossification s’y fait l.;ntement,et sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, il semble que l’activité vitale n’est pas suffisante pour compléter le développement physique, et que l’ani- «1 al reste à un état presque rudimentaire; ces animaux se rapprochent à cet égard des Poissons chondroptérygiens ou cartilagineux, et même, dans ces derniers, le squelette est mou, flexible et presque entièrement composé de cartilages; il ne s’y forme point de fibres osseuses et on n’y trouve que quelques petits grains de matière
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calcaire. Parmi les Invertébrés, on ne retrouve plus que chez les Mollusques une espèce de tissu cartilagineux dans le ligament articulaire de la charnière des valves. Les fibro-cartilages sont une des modifications du tissu cartilagineux à trame membraniforme; ils présentent une plus grande flexibilité que les cartilages vrais; on en trouve des exemples dans les ligaments intervertébraux, la trompe d’Eustache, l’épiglotte, les cartilages des paupières, etc. Les anatomistes pensent que les cartilages n’ont pas de vaisseaux sanguins; la membrane seule qui revêt la surface libre des cartilages indépendants en est pourvue, et ce n’est que lorsque le tissu cartilagineux passe à l’état d’os, que des vaisseaux s’y développent. De là vient que les cartilages ne sont pas susceptibles de s’enflammer ni de s’hypertrophier ; ils peuvent seulement se ramollir, s’user et se détruire par le frottement, comme cela a lieu dans certaines tumeurs blanches; et si les plaies, les divisions de ces parties peuvent se guérir ou se réunir , c’est par le moyen du périchondre qui s’enflamme et s’organise.
Parmi les productions morbides, on a donné le nom de cartilages accidentels à certaines modifications de tissus qui offrent une grande analogie avec les cartilages ; c’est surtout dans le tissu fibreux que cette dégénérescence a été observée; ainsi la tunique externe de la rate ou du foie, le péricarde, les fausses membranes de la plèvre et du péritoine, etc. F — n.
CARTILAGINEUX (Poissoxvs) (Zoologie). — Ils forment, dans le Règne animal^ la deuxième série de la classe des Poissons. Cuvier les désigne mieux sous le nom de Chondroptérygiens.
CARTON, de l’italien cartone.^ fort papier, dérivé luimême du latin charta, papier.
Le carton de collage est formé de plusieurs feuilles de papier collées l’une sur l’autre.
Le carton de pâte se prépare avec de vieux papiers que l’on humecte, que l’on fait pourrir et que l’on désagrégé à l’eau sous des meules verticales tournant dans une auge. La pâte est mise en feuilles dans une forme spéciale, puis pressée et séchée à l’air libre (voyez Papeterie, Papier). La pâte des cartons communs est souvent mélangée de chiffons, de laine, de poils, d’étoupe, de débris de paille et même de matières minérales, telles que plâtre, le tout broyé ensemble.
cartons fins sont recouverts sur chaque face de papier blanc que l’on applique tout humide avant le pressage.
Les principaux centres de fabrication du carton sont en France : Annonay, Bordeaux, Carcassonne, Dijon, le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Paris, Rouen, Strasbourg et Vienne. Le carton anglais est très-estimé.
Le carton est employé à une foule d’usages et d’objets appelés cartonnages. Avec de la pâte de carton solidifiée par une solution de gélatine et recouverte d’un vernis imperméable, on fait des tabatières, des vases d’ornement, des socles de pendules, etc. En Angleterre, on en fait môme des meubles, tels que tables, nécessaires, etc.
Le carton pierre, imaginé en Suède et devenu depuis quelques années d’un usage très -répandu, se prépare avec un mélange de pâte de carton, de terre bolaire, de craie et d’huile de lin, qui prend en séchant une grande dureté. J. A. Romagnesi en a fait, en France, la plus heureuse application a la sculpture. On en fait des ornements légers et solides pour la décoration des appartements. On fabrique aussi avec cette composition des briques et des tuiles qui, dans le commerce, portent le nom iPardoises artificielles.
GARTONNIÈRE (Guêpe) (Zoologie), Vespa nidulans., Fab. — Espèce â'insectes du grand genre des Guêpes (voyez ce mot). Elle est petite, d’un noir soyeux, avec des taches et le bord postérieur des anneaux de l’abdomen jaunes. Son nid, suspendu aux branches d’arbres par un anneau, est composé d’un carton très-fin et a la forme d’un cône tronqué. Les gâteaux sont circulaires, concaves en dessus et convexes en dessous, ou en forme d’entonnoir et percés d’un trou au milieu. L’inférieur est uni en dessous et n’a point de cellules; son ouverture sert d’issue. A mesure que la population s’accroît, elles construisent un nouveau fond et garnissent de cellules la surface inférieure du précédent.
CARTOUCHE (Art militaire). — Rouleau de papier renfermant le projectile et la poudre qui forment la charge du fusil.
Pour fabriquer les cartouches des fusils de munition, on prend chaque feuille de papier ouverte destinée à faire les enveloppes ; on la coupe d’abord caiTémcut en six morceaux, puis chacun de ceux-ci est coupé oblique
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en deux, de manière à donner douze morceaux égaux ayant 0“*,145 de hauteur, 0“,i 15 de largeur à un bout et 0“,059 à l’autre.
Un de ces morceaux de papier étant étendu sur une table, on le roule sur un mandrin cylindrique en bois dur et sec de 0“, 190 de longueur et 0“,013 de diamètre et creusé en un de ses bouts d’une cavité hémisphérique où Oîi loge la balle. Le papier dépasse un peu la balle sur laquelle on doit le replier d’abord à la main pour le presser ensuite sur la balle en l’introduisant dans un trou hémisphérique pratiqué à cet effet dans la table. L’ouvrier retire alors le mandrin et passe la cartouche garnie seulement de la balle à un second ouvrier qui y verse une charge de poudre s’élevant à 12®',5 et mesurée dans un godet conique en fer-blanc. Le papier est enfin replié sur la poudre aussi près que possible.
On trouve actuellement dans le commerce des enveloppes de cartouche en laiton destinées aux fusils qui se chargent par la culasse. Ces cartouches peuvent servir plusieurs fois et sont garnies par le tireur lui-môme.
Les enveloppes des cartouches destinées aux canons sont en parchemin, carton, bois ou fer-blanc \ on les appelle qar gousses. M. M.
CARUM (Botanique). — Voyez Garvi.
CARUS (Médecine), du grec haros, assoupissement. — C’est le dernier degré de l’assoupissement, dont on ne peut tirer les malades avec les stimulants les plus forts ; on^a dit qu’il ne différait du coma que parce qu’il est sans fièvre.
CARVI (Botanique), ce mot est altéré de çariim^ Lin., qui, selon Pline, vient de l’origine de la plante, de la Carie. — Genre de plantes de la famille des Omhellifères,XY\hvL Aqs Amminées. carvis sont des herbes glabres, à racines tubéreuses comestibles et à feuilles pennatiséquées dont les segments sont multifîdes. Le C. commun, anis des Vosges {Carum carvi. Lin.) est une espèce indigène, bisannuelle, qui habite les prés montiieux. Sa racine a été employée comme aliment dans les temps les plus reculés. La culture lui donne une saveur assez agréable. C’est surtout dans le nord qu’elle est le plus répandue. On la mange de différentes manières. Les Germains en préparaient une boisson vineuse. Les graines sont huileuses et aromatiques. Les Allemands les mêlent souvent à la farine destinée au pain. En médecine, ces graines sont regardées comme carminatives et excitantes. Le C. noix de terre [C. bulbocastanum, Koch), mot qui signifie bulbe-châtaigne, a une racine dont la saveur se rapproche de celle de la châtaigne ; appelé aussi vulgairement Moinson, Juron,\\ appartenait autrefois au genre Bunium; c’est une espèce vivace à racines globuleuses employées comme aliment; celles-ci sont assez riches en bonne fécule. Caract. du genre : carpelles à 5 côtes filiformes égales ; columelle bifurquée seulement au sommet. G — s.
GARYOGATAGTES (Zoologie), Guv. — Sous-genre â' Oiseaux passereaux, du genre Corbeau, connus sous le nom de Casse-noix.
GARYOPHYLLAIRES (Zoologie), Caryophilloria , Lmx. — Ordre de Polypes à polypiers pierreux, établi par Lamouroux,et comprenant les genres Caryophyllie, Turbinolopse , Turbinolie et Cyclolithe. Ge mode de classification n’a pas prévalu.
CARYOPHYLLÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes. M. Brongniart, sous le nom de Caryophyllinées, en fait une classe qui sert de transition entre les plantes dialypétales à insertion ^ypogyie et celles à insertion périgyne, et qui comprend les Chénopodées , les Amarantacées , les Silénées, les Alsmées, les Paronychiées, etc. Ge sont les deux avantdernières familles qui constituent les Caryophy liées des auteurs. Celles-ci sont des plantes herbacées rarement sous-frutescentes à la base ; leurs tiges sont articulées, noueuses ; leurs feuilles opposées, entières ; leurs fleurs régulières, composées d’un calice à 5 ou rarement 4 sépales, de 5 ou 4 pétales, d’étamines en nombre égal ou double. Le fruit est capsulaire, à une ou plusieurs loges incomplètes, s’ouvrant soit par des dents au sommet, soit par des valves; sa placentation est centrale. Les plantes de cette famille habitent principalement les régions tempérées de l’hémisphère boréal. Elles se plaisent en général dans les régions montagneuses. De Candolle les divise en deux tribus : 1“ les Silénées, qui se distinguent par un calice monosépale et des pétales à onglet aussi long que le tube du calice. Genres principaux : Gypsophile {Gypsophila, Lin.), Œillet {Dianthus, Lin.), Saponaire {Saponaria, Lin.), Silène [Silene, Lin.), Cucubale {Cucubalus,
Gærtn.), Lychnide {Lychnis, de Cand.); 2" les Alsinées,, qui ont le calice à 4-5 sépales libres ou à peine soudés par leur base. Genres principaux ; Bufonie [Bufonia, Lin.)^ Spargoute {Spergula, Lin.), Holostée {Holosteum, Lin.), Sagine (Sagina, Lin.), Stellaire {Stellaria, Lin.),. Sabline {Arenaria, Lin.), Céraiste {Cerastium, Lin.). Endlicher fait rentrer comme deux nouveaux sous-ordres dans la famille des Caryophyllées , les Paronychiées et
Scléranthées (voyez Œillet). G — s.
CARYOPHYLLIE (Zoologie), Caryophyllia. — Genre de Polypes à polypiers pierreux, établi par Lamouroux pour un assez grand nombre d’espèces. Ils sont de la. même famille que les Asbxes. Plusieurs espèces sont fossiles et se trouvent dans des terrains marins dont l’ancienneté varie; d’autres sont vivantes. Leurs polypiers sont fixés tantôt isolément, tantôt en faisceaux, mais jamais soudés en masse comme ceux des Astrées. Ils n’ont qu’un seul orifice intestinal, habituellement entouré de tentacules. Il y en a dans nos mers.
GARYOPHYLLUS (Botanique) , nom spécifique de ■ V œillet girofle [Dianthus caryophyllus. Lin.), vulgaire- ,j ment œillet des fleuristes (voyez Œillet). ]
CARYOPSE (Botanique), et non Cariopse, à cause de l’étymologie grecque karuon, noix, et opsis, apparence.
— Mot créé par L. G. Richard et qui s’applique à une sorte de fruit monosperme, sec, indéhiscent, résultant de la soudure de la graine aux parois de l’ovaire, de façon à ce que le péricarpe, en paraissant faire partie de ses enveloppes, semble disparaître. Les fruits des Graminées | appelés vulgairement grains, comme dans le seigle, | l’orge, le blé, le maïs, etc., sont des caryopses. Le pé- | ricarpe est alors très-mince et se détache sous forme de j son par le broiement de ces fruits. On prenait autrefois i le caryopse pour une graine nue; mais la présence du i style ou de son rudiment, qui ne peut exister que sur , l’ovaire, a bientôt fait reconnaître un véritable fruit à < graine et péricarpe intimement unis.
GARYOTE (Botanique), Caryota, Lin. ; nom sous le- | quel les anciens désignaient une sorte de datte cultivée. {
— Genre de Palmiers de la tribu des Arécinées. Fleurs f ordinairement monoïques, sessiles ; étamines nombreuses ; | pistil à stigmates souvent soudés en pyramide ; baies ren- i fermant une ou deux graines. Ge genre comprend de grands arbres à feuilles terminales, bipennées en forme ;• de demi-éventail ; leurs spadices, grands, pendants, ra- ■, mifiés, sortent d’entre ces feuilles. Le C. caustique [C. ' urens. Lin.) est un grand palmier des Indes orientales.
Ses feuilles, qui atteignent jusqu’à 5 et 6 mètres de Iongueur, donnent des fibres très-tenaces employées à Cey- : lan dans la fabrication des câbles. Sa sève donne une » matière sucrée très-abondante. On a vu des individus en produire jusqu’à 100 litres en vingt-quatre heures. Le • tronc de cette espèce contient une fécule analogue à celle du sagou. Son fruit, de la grosseur d’une petite prune, qui est à deux graines, possède une saveur très- • caustique. Ge caryote est un de ces palmiers dont on utilise toutes les parties. Le C. à rejets [C. sobolifera, • Wall.) vient de l’île de France; il diffère peu de l’espèce précédente; sa baie n’a qu’une graine. Le C. farineux (C. furfuracea, Blum.) croît à Java et ne contient aussi i qu’une seule graine dans son fruit. G — s.
CAS RÉDHIBITOIRES, Vices rédhibitoires (Écono- ; mie rurale), du latin redhibere, rendre. — On appelle •' ainsi des maladies ou défauts dont l’existence entraîne la j nullité de la vente des animaux domestiques. Les art. 1G4 1 ' et suivants du Code civil, en abolissant les coutumes ■ particulières à chaque province, quant à la nomenclature . des cas rédhibitoires, avaient cependant laissé quelques ; lacunes, que la loi du 20 mai 1838 est venue combler. Suivant cette loi, et sans avoir égard aux localités où les ventes et échanges auront eu lieu, sont réputés vices . rédhibitoires, les maladies ou défauts suivants :
Pour le cheval et le mulet, la fluxion périodique des yeux ;• V épilepsie ou mal caduc; la morve ; le farcin, les maladies anciennes de poitrine ou vieilles courba^ tares; V immobilité ; la pousse; le cornage chronique; le/ tic sans usure des dents; les hernies inguinales inter-\ mittentes; la boiterie intermittente pour cause de vieux
mal. . I
Pour l’espèce bovine, la phthisie pulmonaire ou pom*^ melière; Vépilepsie ou mal caduc; les suites de la nony délivrance ; le renversement du vagin ou de Vuterus, cesjt deux derniers cas, lorsque le part a eu lieu chez le ven-( deur.
Dans l’espèce ovine, la clavelée et le sang de rate ^ la clavelée, chez un seul animal, entraînera la rédlnbi-i
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toition de tout le troupeau. Voilà l’ensemble de la législation sur cette matière. Pour les détails, voyez la loi du 20 mai 1838.
GASGARILLE (Botanique), de l’espagnol cascara^ écorce, à cause des propriétés de l’écorce de cette plante. — Espèce de plantes du genre Croton^ famille des Euphorbiacées. G’est le Croton cascari/la de Linné, arbrisseau qui habite la Floride et les îles de Bahama, d’Eleuthéra. On lui donne quelquefois le nom vulgaire de Sauge du port de paix^ et son écorce était appelée dans le commerce Quinquina gris aromatique^ à cause de ses propriétés fébrifuges que l’on comparait à celles du quinquina, ou écorce éleutérienne. La cascarille a les feuilles, lancéolées obtuses, pubescentes à la face inférieure, et accompagnées de trois glandes à leur base. Son écorce, qui nous vient sous la forme de petits fragments roulés, exhale une odeur musquée lorsqu’on la brûle (voyez Gkoton). G — s.
GASÉINE (Ghimie). — Principe immédiat, sulfuro-azoté, qu’on trouve en abondance dans le lait, et qui forme la base des fromages. Sèche, la caséine constitue une masse blanche, amorphe, opaque, sans odeur ni saveur, donnant par la combustion des cendres riches en phosphate de chaux. Humide, elle a une faible réaction acide ; elle est peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, soluble dans les liqueurs alcalines et acides. On admet que, dans le lait, la caséine est dissoute à la faveur d’un peu de carbonate alcalin ; aussi, l’introduction d’un acide dans le lait amène-t-elie sa coagulation, surtout quand la température est un peu élevée. La présure^ la matière extractive du gaillet ou caille-lait^ celle qu’on retire des fleurs de V artichaut sauvage {Cynara carduncellus)^ provoquent aussi la précipitation de la caséine dans le lait. Un caractère distinctif de la caséine, c’est de se dissoudre dans l’acide chlorhydrique concentré, en donnant à la liqueur une belle teinte violacée. La potasse fondue, en réagissant sur la caséine, engendre un nouveau corps neutre, la tyrosine (G'®H^'Az06). Pour extraire la caséine du lait, on fait cailler ce liquide par un moyen quelconque. Le coagulum, lavé avec soin à l’eau distillée, est dissous à la faveur du carbonate de soude, et la solution placée dans un vase profond pour faciliter la séparation du beurre. On précipite de nouveau la caséine par l’acide sulfurique, on la lave avec le plus grand soin, et enfin on l’épuise de toutes les matières solubles étrangères par l’éther et l’alcool. — L’étude de la caséine est due principalement à MM. Braconnot, Berzelius, Dumas, Gahours et Rochleder. B.
GASEMATE (Artillerie). — On appelle casemates^ des voûtes établies dans les remparts, et disposées de manière à recevoir des pièces d’artillerie. Les embrasures des casemates sont de deux sortes, ou bien percées dans le niur du rempart, mais dans ce cas, chaque boulet qui atteint l’embrasure brise la pierre et en fait une véritable mitraille très-dangereuse pour les servants de la pièce, ou bien on fa t une grande ouverture dans le mur du rempart, et on y établit une embrasure en terre.
GASEUM. — Voyez Gaséine.
GASIA (Botanique). — Les anciens, et entre autres Dioscorides, Pline, Virgile, ont désigné sous ce nom une plante sur l’identité de laquelle les botanistes ne sont pas d’accord; quelques-uns pensent que c’est VOsyris blanc^ vul- , gaireraent nommé Rouvet (Santalacées). Il paraît plus probable que c’est une plante du genre Daphné (Thymélécs), voisin des Lauriers.
GASOAR (Zoologie), Casuarius^ Bris. — Genre d’Ofseaux échassiers^ famille des Brévipennes qu’il forme seul avec les Autruches. Ils ont les ailes encore plus courtes que celles-ci, tout à fait inutiles pour la course ; leurs pieds ont trois doigts, comme les autruches d’Amérique, tous garnis d’ongles ; leurs plumes ont des barbes si peu garnies de barbules que de loin elles ressemblent à dp crin. Ils vivent par couples. On en connaît deux espèces: 1° le C.à casque ou Emeu {Struthio casua- rius. Lin. ; Casuarius Lath.), de l’archipel indien; il a le bec comprimé latéralement, la tête surmontée d’une proéminence osseuse qui part de la base du bec et forme une espèce de casque comprimé sur les côtés, elle est recouverte d’une substance cornée ; la peau de la tète et du haut du cou nue, teinte en bleu céleste avec des caroncules, comme le dindon. L’aile a quelques tiges roides, sans barbes, qui lui servent d’armes; c’est le plus grand des oiseaux après l’autruche. Il vit de fruits, d’œufs, mais pas de grains. Il pond des œufs verts en petit nombre, dont chacun équivaut à une dizaine au moins d’œufs de poule ; il les couve, comme l’autruche, et ne les abandonne pas, comme on l’a dit, à la chaleur naturelle; 2" le C. de la Nouvelle-Hollande [Casuarius Novœ-Hollandiæ, Lath.), plus connu
aujourd’hui sous le nom de Dromée [Dromaïus Novœ Hollandiæ., Vieil.) ; bec déprimé, sans casque sur la tête, nu seulement autour des oreilles, plumage brun, plus fourni, les plumes plus barbues, point de caronciles, ni d’éperons à l’aile ; il est plus rapide à la course que le meilleur levrier ; sa chair, d’un goût assez agréable, ressemble à celle du bœuf. Le premier individu fut apporté
Fig. 446. — Casoar à casque (hauteur sur la lête,
par Peron, qui indique déjà que l’acclimatation de cette espèce est désirable; il est des plus robustes et supporte bien le froid. Le G. à casque y est beaucoup plus sensible. Depuis l’époque de son introduction en France, le dromée a été l’objet de beaucoup de travaux et de soins ; et aujourd’hui, en France, en Angleterre, en Belgique, on a plusieurs exemples de la reproduction de cet oiseau. Il est bien à désirer que les efforts tentés soient couronnés d’un plein succès, car indépendamment de sa chair, qui lui avait fait donner le nom d' Oiseau de boucherie par I. Geoffroy-Saiiit-Hilaire,il faut encore compter parmi ses produits ses plumes étroites et légères, auxquelles la mode a parfois donné un prix très-élevé, i
GASQUE (Zoologie), Cassis., Brug. — Sous-genre de Mollusques gastéropodes pectinibranches., du grand genre BucciUy à coquilles univalves ovales ; l’ouverture est oblongue ou étroite, terminée à la base par un canal court recourbé vers le dos de la coquille. L’animal ressemble à celui des Buccins proprement dits, mais son opercule corné est dentelé. Le C. baudrier [C. vibex, Brug.), des mers de l’Amérique, se trouve aussi dans la Méditerranée.
Le C. hérisson (C. erinaceus,
Brug., C. à tubercules) vient desmersdes Indes. Le C. treillissé (Ce decussata^ Brug,)
[fig. 447), coquille ovale, un peu allongée, striée longitudinalement et transversalement^ à ouverture étroite, dentée des deux côtés ; couleur vert-olive, quelquefois rousse ou blanchâtre, Méditerranée et mer d’Afrique ; longueur, 0“,05. Beaucoup de casques donnent de la pourpre.
Casque (Botanique). Galea. — On appelle ainsi les pétales plus ou moins concaves, arrondis en forme de casque comme dans l’aconit. On nomme aussi casque la lèvre supérieure de certaines Scrophularinées, telle que celle de la plante connue sous le nom de Muflier ou Gueule-de-loup [Antirrhinum majus^lAn.). G— s.
CASSAVE (Botanique), de cassavi^ mot américain usité dans les îles. — On nomme ainsi des espèces de biscuits très-minces, faits avec la racine de manioc débarrassée de son suc laiteux, puis râpée, pressée et cuite sur une plaque de fer. Les indigènes de l’Amérique méridionale sont très-friands de cette galette, qu’ils mangent en guise de pain avec leurs aliments. La cassave est assez nutritive et de saveur agréable. Elle peut se conserver plusieurs années, pourvu qu’elle soit à l’abri de l’humidité. Les vers ne l’attaquent pas.
CASSE (Botanique médicale), Cassia, Din. ^ — Genre de la famille des Légumineuses, composé d’un grand nombre d’espèces, presque toutes purgatives ; calice a
Fig. 447.— Casque Ireillissé.
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6 folioles, corolle à 5 pétales, 1 0 étamines. Ce sont des arbres, des arbustes ou des plantes herbacées. La C. des boutiques^C en hâion^ Canéficier (C. fistula^ Lin.), est un arbre haut de i2 à mètres, originaire de l’Égypte et de rinde, et transporté en Amérique. Les fleurs grandes, d’un jaune foncé, et à pétales veinés, sont réunies en grand nombre sur de belles grappes un peu lâches, et oflrent un coup d’œil charmant. Le fruit est une gousse noirâtre, cylindrique, d’une longueur de 0*“,50, ofirant à l’intérieur des espaces cloisonnés dans lesquels se trouve une matière pulpeuse, acidulé, sucrée, entourant une seule graine arrondie ; c’est ce qu’on appelle la pulpe de casse ; après l’avoir retirée des gousses ou bâtons^ et séparée des graines et des cloisons, on la passe à travers un tamis de crin, et on la conserve dans des vases de faïence en un lieu sec. Elle entre dans la composition du catholicon double et de la marmelade de Tronchin. A la dose de GO grammes, la casse purge doucement, mais on la mêle ordinairement, en moindre dose, à un autre purgatif plus énergique, la C. de Thétaïde (C. se?ma. Lin.) (voyez Séné).
CASSE-LUNETTES (Botanique).-Un desnoms du Bluet.
CASSE-NOIX (Zoologie), Caryocatactes^ Cuv. ; Nucifraga^ Briss. — Sous-genre à! Oiseaux passereaux^ famille des Corbeaux (que Cuvier ne distingue pas des Conirostres^ genre Corbeaux) \ à bec fort, les deux mandibules également pointues, droites et sans courbure. Il n’y en a qu’une espèce, le C. ordinaire (Corvus caryocaiactes^ Lin.), brun, tacheté de blanc sur tout le corps. Il niche dans des trous d’arbres, grimpe, frappe du bec contre l’écorce pour en faire sortir les larves d’insectes ; il se nourrit aussi de fruits, d’insectes et môme de petits oiseaux ; ils viennent quelquefois en troupes dans les plaines, mais ils restent plutôt dans les bois épais des montagnes. Cet oiseau est renommé pour son peu de défiance. Il habite les pays de montagne, l’Auvergne, la Savoie, la Suisse, en général, les montagnes couvertes de sapins, dont il mange les graines. Sa longueur totale est de près de 0“,35.
CASSE-PIERRE (Botanique), nom vulgaire de la Saxifrage granuleuse {Saxifraga granu/afa^ Lin.). — Jolie espèce qui habite communément les bois de nos contrées. Toute la plante est glanduleuse, visqueuse, et ses racines sont garnies de petits tubercules assez nombreux. Les fleurs de cette espèce, doubles dans une variété cultivée, sont disposées en une ombelle paniculée ; elles sont blanches et s’épanouissent au printemps. On appelle aussi cette saxifrage Sanicle de montagne.
CASSIGAN (Zoologie), Cassican., Butî. ; Barita^ Cuv.; Cracticus, Vieil. — Sous-genre d'Oiseaux passereaux., famille des Dent iros très., du grand genre des Pies-grièches. Ils ont le bec grand, conique, droit, rond à sa base, qui forme un angle arrondi dans les plumes du front. Ils appartiennent tous à l’Asie méridionale et à la Nouvellellollande; les naturalistes les ont dispersés arbitrairement dans plusieurs genres. Ils ont en général des habitudes très-bruyantes et une voix criarde; ils poursuivent les petits oiseaux. Le C. flûteur (Coracias tibicen., Lath.), ainsi nommé parce qu’il a une voix douce et flûtée, d’un beau blanc mêlé de noir, a une longueur totale de 0'“,45. H est d’un naturel rapace et fait souvent sa proie des petits oiseaux. Le C. reveillcur {Coracias strepera., Lath.) est très-commun à l’île de Norfolk, dans la mer du Sud. Il est un peu plus grand que le précédent. Son nom de réveilleur lui vient de ce que, pendant la nuit, il a l’habitude de s’agiter et de faire retentir l’air de ses cris.
CASSIDAIRES (Zoologie), Cassidaires., Lamk. Ce sont
les Heaumes de Cuvier; Mario de Monf. — Petit sousgenre de Mollusques., du genre Buccins., très-voisin des Casques, dont il a été détaché par Lamarck ; ils ont le canal moins brusquement courbé et conduisejit tout à fait à certains Murex. L’animal ressemble à celui des buccins, mais son pied se développe davantage. Toutes les espèces sont marines. Le C. échinophore ( Buccinum echinophorumy List.) {fig. 448) est une coquille qui a de 0“j06 à 0“,08 de long, la surface striée et cerclée transversalement, et, en outre, plusieurs rangs de tubercules disposés longitudinalement; sa couleur est fauve, rousse ou blan-
Fig. 448.-Cassidaire échinophore.
châtre ; elle vient des mers d’Amérique, de la Méditerranée, surtout de l’Adriatique.
Cassidaires (Zoologie), Cassidariœ. — Tribu d'insectes coléoptères tétramères, famille des Cycliques., qui se distingue par des antennes insérées à la partie supérieure de la tête, rapprochées, courtes et presque filiformes, la bouche située tout à fait en dessous, la tête cachée sous le corselet (de là le nom dacassida.^ casque), ou môme dans son échancrure antérieure; leurs couleurs sont très-variées et en général agréables à la vue. Celles de leurs larves qui nous sont connues se recouvrent de leurs excréments. Ils composent deux genres, celui des Hispes et celui des Cassides.
CASSIDES (Zoologie), Cassida., Lin., Fab. — Genre d'insectes de la tribu précédente; corps orbiculaire presque ovoïde ou carré, le corselet cache et recouvre entièrement la tête ; elles vivent sur les plantes. La C. verte (C. viridis., Lin.), longue de 0"',003, verte en dessus, noire en dessous, les cuisses noires ; sa larve vit sur les chardons et les artichauts. La C. équestre [C. equestris, Fab.) est un peu plus grande.
CASSIE (Botanique). — Nom que l’on donne dans le midi de la France à une espèce d'Acocie {Mimosa Farnesiana„
Wild.), Cassie de Farnèse, Casse du Levant. C’est un arbrisseau de la famille des Légumineuses., originaire de l’Inde et qui s’élève à une hauteur de 5 mètres environ. Ses rameaux épineux se couvrent vers la fin de l’été de petites fleurs jaunes, odorantes, en capitules. On ne peut le cultiver en pleine terre que dans le midi de la France, pour ses fleurs qui jouent un rôle assez important dans la parfumerie en formant la base de certains parfums. C’est seulement aux environs de Cannes (Var) que la culture en grand est possible. La récolte des fleurs de cet intéressant arbrisseau commence aux premiers jours de septembre et dure à peu près deux mois. Le produit est livré frais aux parfumeurs de Grasse ; toutefois, ces fleurs conservent leur arôme et une grande partie de leur valeur lorsqu’elles sont séchées. Le prix moyen du kilogramme de fleurs est de 5 francs. La cassie se multiplia au moyen des semences ; mais celles-ci sont si dures que pour les faire germer on est obligé de les faire tremper dans l’eau pendant deux jours, après les avoir entaillées ou usées par le frottement sur un de leurs côtés ; elles, germent ensuite facilement.
CASSIER (Botanique). — Voyez Casse.
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CASSIOPÉE. — Voyez Constellation.
CASSIQÜES (Zoologie), Cassicus^ Guv. — Genre ^'Oiseaux passereaux^ famille des Conirostres ; caractérisé par un bec exactement conique, plus long que la tête, gros à sa base, singulièrement aiguisé en pointe ; ce sont des oiseaux d’Amérique de mœurs assez semblables à celles de nos étourneaux, vivant en troupes, construisant souvent leurs nids avec beaucoup d’artifice et près les uns des autres. Ils vivent d’insectes et de grains ; leur chair est mauvaise. Cuvier les divise en cinq sous-genres: les Cassiques propres ; les Troupiales ; les Carouges; les Oxyrinques (sic) ; les Pü-pits,
Cassiques proprement dits. — Ils se distinguent par un bec dont la base remonte sur le front et y entame les plumes par une large échancrure demi-circulaire, d’où vient le nom de ces oiseaux, du latin cassis, casque. Ce bec, du reste, est droit, convexe en dessus, robuste, pointu. Les principales espèces sont : le C. huppé (C. cristatus. Vieil. ; Oriolus cristalus, Dath.), connu à Cayenne sous le nom de Cul- jaune des palétuviers. Le C. Yapou {Oriolus persicus, Lath.), de Cayenne, est, ditSonnini, un oiseau très-facile et en môme temps très-agréable à élever ; il est doué d’une voix aussi belle que flexible.
CASSIS (Botanique), nom vulgaire du Groseillier noir {Ribes nigrum. Lin.). — Arbrisseau élevé environ d’un mètre, et croissant spontanément dans plusieurs contrées de l’Europe. Il est commun dans les bois montueux de la Suisse et de l’Auvergne. Le cassis se distingue par ses feuilles à 3-5 lobes , ponctuées en dessous, et ses fleurs d’un blanc verdâtre, disposées en grappes lâches garnies de bractées plus courtes que les pé^dicelles. Cette espèce se reconnaît encore mieux par ses fruits noirs et l’odeur aromatique spéciale qu’elle répand. On cultive dans les jardins plusieurs variétés de cassis, entre autres, une à feuilles panachées et une autre à feuilles saupoudrées de blanc. Le fruit du cassis est, comme on sait, aromatique, sucré, et passe pour tonique et stomachique. Les baies de cassis, infusées dans l’alcool, donnent une liqueur de table aromatique très-agréable, on lui attribue des propriétés stomachiques (voyez Groseillier). G — s.
CASSITÉRITE (Minéralogie)^ Beudant; du grec kassiteros, étain. — C’est le peroxyde d’étain naturel, matière ordinairement brune, cristallisant dans le système des prismes à quatre pans, terminés par des pyramides. Infusible au chalumeau, la cassérite se réduit difficilement, son aspect a quelque chose de gras, sa cassure est inégale et raboteuse. A l’état de pureté, cet oxyde est composé de 1 atome d’étain et 2 atomes d'oxygène, et en poids de 79 d’étain et 21 d’oxygène, sa pesanteur spécifique est de 6,9 au moins. Cette substance se trouve dans les terrains de cristallisation, quelquefois dans la partie inférieure des terrains de sédiment, on la rencontre aussi en cailloux roulés dans certains dépôts d’alluvion. C’est de ce minerai que partout on retire l’étain. L’Angleterre et surtout le pays de Cornouailles le fournissent en abondance ; ce pays livre au commerce environ trois millions de kilog. d’étain ; la Saxe et la Bohême en donnent un peu ; il en vient aussi beaucoup de différentes contrées de l’Asie où il paraît être très-abondant. La France n’en possède que des indices en Bretagne et près de Limoges , trop peu importants pour être exploités.
CASSUVIÜM (Botanique). — Voyez Acajou, Anacardier.
CASTAGNOLE (Zoologie), Brama, Blainv. — Genre de Poissons acanthoptérygiens squammipennes , à nageoires écailleuses, profil élevé, museau très court, bouche presque verticale quand elle est fermée. On en connaît une espèce, dans la Méditerranée, qui s’égare quelquefois dans l’Océan, c’est la C. de Ray (Brama Raii, Schneid. • Par us Ra ii, Bl.). Sa chair est tendre et délicate ; il a uiie teinte brillante d’acier bruni; sa hauteur égale presque sa longueur. Il a une taille de 0“,70 à 0“,80, et on en a pris du poids de 5 kil.
GASTANËES (Botanique). — Nom qu’Adanson donnait à un groupe d’arbres ayant pour type le genre Châtaignier, ainsi que son nom l’indique. Ce groupe comprenait aussi dans cette méthode les Ordies et les genres qui s’en rappiochent le plus.
CASTELA (Botanique), dédié par Turpin à Richard Castel, auteur d’un poème sur les plantes. — Genre de plantes de la famille des Ochnacées, type de la tribu des Castélées. Il comprend des arbrisseaux desAntil’es. Leurs rameaux sont épineux ; leurs feuilles, alternes, elliptiques, presque sessiles, sont coriaces et luisantes ; leurs fleurs sont ordi-
nairement axi airei et d’un jaune safran; leurs fruits sont rouges. Le C. de Nicholson (C. Nicholsoni, Hook.) se cultive quelquefois dans les jardins.
GASTÉRA-VERDllZAN (Médecine, Eaux minérales), entre Auch et Condom (Gers), à égale distance de ces deux villes (20 kilomètres). — Ces eaux minérales sont : les unes, sulfurées calciques ; les autres, ferrugineuses sulfiitées; d’une température de 19° cent. Les premières conviennent dans les maladies de la peau, le rhumatisme ; les autres, dans la chlorose, l’anémie, etc.
GASTINE, de l’allemand kalkstein (pierre calcaire). — Nom donné dans la métallurgie au calcaire que l’on ajoute au minerai dans les hauts fourneaux quand sa gangue est trop siliceuse, afin de saturer la silice et d’empêcher qu’une trop forte proportion du métal à extraire ne passe dans les scories à l’état de silicate. Voyez Fer (Métallurgie du).
CASTOR (Zoologie), Castor, Lin. — Genre de Mammifères rongeurs, à clavicules très-prononcées ; la queue aplatie horizontalement, de forme presque ovale et couverte d’écailles ; cinq doigts à tous les pieds, ceux de derrière réunis par des membranes; les mâchelières, au nombre de quatre partout et à couronne plate, ont l’air d’être faites d’un ruban osseux replié sur lui-même, en sorte qu’on voit une échancrure au bord interne et trois à l’externe dans les supérieures et l’inverse dans les inférieures. Ce sont des animaux d’assez forte taille et bas sur jambes, dont les formes sont lourdes et ramassées ; ils ont les yeux petits ; leurs oreilles peuvent s’abaisser contre la tête et fermer le conduit auditif lorsqu’ils plongent dans l’eau ; leurs doigts de devant, courts, sont garnis d’ongles propres à fouir. On trouve sous leur queue deux glandes qui sécrètent une sorte de pommade d’une odeur très-forte, employée en médecine sous le nom de
Fig. 452. — Castor du Canada (longueur du corps, Om, 65).
castoréum (voyez ce mot). La vie de ces animaux est aqua^ tique, leurs pieds et leur queue les aident également bien à nager. Gomme ils vivent principalement d’écorceset de matières dures, leurs incisives sont très-vigoureuses^ et repoussent fortement de la racine à mesure qu’elles> s’usent en avant; aussi s’en servent-ils pour couper toutes sortes d’arbres. Le C. du Canada {Castor fibe)\ Lin., Buff.) est un animal dont l’intelligence paraît assez obtuse, mais c’est certainement l’animal le plus remarquable par son industrie instinctive. Pendant l’été les castors vivent isolés et solitaires dans des terriers qu’ils se creusent «ur le bord des lacs et des rivières ; mais à l’approche de la saison des frimas, ils quittent leurs retraites et se réunissent quelquefois au nombre de deux ou trois cents pour construire leur demeure d’hiver. C’est dans les lieux les plus solitaires de l’Amérique septenrrionale qu’ils vont l’établir; ils choisissent un lac ou urîe rivière assez profonde pour qu’elle ne gèle pas jusqu’au fond et, autant qu’ils le peuvent, des eaux courantes, afiu de s’en servir pour le transport des matériaux nécessaires à leurs constructions; ils soutiennent l’eau à une égale hauteur au moyen d’une digue en talus qui est vraiment travail admirable; ils lui donnent une forme courbe dont la convexité est dirigée contre le courant et la construisent de branches entrelacées, mêlées de pierres et de limon, qu’ils renforcent tous les ans et qui finit par germer et se changer en une véritable haie ; elle peut avoir de 3 à 4 mètres de largeur à sa base. Lorsque la digue est achevée, ou bien lorsqu’ils ont choisi pour leur demeure une eau stagnante et qu’il n’est pas nécessaire d’en construire, les castors se divisent par groupes de trois ou quatre familles et s’occupent à élever des huttes qu’ils doivent habiter ou à réparer celles qu’ils ont occupées l’année
CAS
CAT
précédente. Établies sur le bord de l’eau ou contre la digue, ces huttes sont de forme ovalaire ; elles ont environ 2 mètres de diamètre à l’intérieur et sont construites avec les mômes matériaux que la digue ; on y trouve deux étages : le supérieur, à sec, est destiné à l’habitation des castors ; l’inférieur, sous l’eau, pour les provisions d’écorce. Il n’y a d’ouverture qu’à celui-ci, et la porte donne sous l’eau, sans communication directe avec la terre. On a cru longtemps que la queue ovalaire et aplatie des castors leur servait comme une truelle pour bâtir ces cabanes ; il est cependant vrai qu’elle ne leur sert que pour nager : quant aux travaux qui ont pour but la construction de leurs huttes, ils les exécutent avec leurs dents, leurs mâchoires et leurs pattes. Le castor coupe le bois avec ses fortes incisives ; il creuse avec ses pattes au fond de l’eau ou sur le rivage la terre qu’il emploie, transporte le tout avec ses mâchoires ou avec se-s pattes de devant, et ce sont encore ses pattes et ses dents qui lui servent à préparer et à arranger ces matériaux. Avec leurs fortes incisives ces animaux coupent les branches et même les troncs d’arbre dont ils ont besoin, et lorsqu’ils sont établis sur le bord d’une eau courante, ils vont couper le bois au-dessus de leur établissement, le mettent à flot et le dirigent vers le point où il leur est nécessaire. Leurs travaux du reste ne •s’exécutent que la nuit. Leur nourriture se compose d’écorces d’arbres, surtout de bouleaux, de saules et de racines de plantes aquatiques. Ils habitent le nord de l’Amérique du 30® au 60® degré de latitude. Les femelles mettent bas vers la fin de l’hiver deux à quatre petits. Les castors, dont le pelage est ordinairement d’un brun roussâtre, quelquefois d’un beau noir, et d’autres fois blancs^ sont pourvus d’un duvet grisâtre, moelleux, très-abondant et d’une finesse extrême; cette fourrure est très-recherchée, et pour se la procurer on fait à ces animaux une chasse des plus actives. Les peaux de castors tués en hiver sont les plus belles et ne sont employées que comme fourrures ; on les désigne sous le nom de castors neufs. Celles qui proviennent des chasses d’été s’appellent castors secs; elles ont perdu une partie de leur poil et ne servent qu’aux feutrages pour la chapellerie. Enfin on emploie encore au même usage une troisième espèce, ce sont les castors gras., dont les sauvages se sont habillés et qui ont été imbibés de sueur. On apprivoise aisément le castor. Le Bièvre ou Castor de France {C. Galliæ^ Geoff.), qui vit dans des terriers sur les bords du Rhône, du Danube, du Weser, n’a pas été classé comme une espèce distincte par Cuvier, ni par la plupart de ses successeurs (voyez P. Gervais, Hist. nat. des Mammifères) ; est-cc le voisinage de l’homme qui l’empêche de bâtir? C’est l’opinion de Bulfon et de plusieurs autres naturalistes. Du reste, il est plus grand, son poil est plus rude, sa queue plus longue. Il vit solitaire ; on le trouve en France sur les bords du Rhône inférieur. Ad. F.
CASTORÉÜM (Matière médicale). — On appelle ainsi une matière animale particulière, jaune, fétide et sirupeuse à l’état frais, fournie par le castor (voyez ce mot) ; elle est sécrétée par deux glandes situées sous la peau, entre l’origine de la queue et la partie postérieure des cuisses chez le mâle et la femelle ; ces glandes le versent dans deux petites poches placées près de l’anus. Ce sont ces deux poches desséchées et pleines que l’on trouve dans le commerce sous le nom de castoreum., qui ne doit convenir véritablement qu’à la matière qu’elles contiennent. Le castoréum est d’une couleur brune à l’extérieur, d’un jaune fauve à l’intérieur, où l’on rencontre le plus souvent des espèces de cloisons blanchâtres; il a une odeur forte, pénétrante, fétide, une saveur âcre ; il est composé de résine, d’une huile volatile semblable à la créosote [voyez ce mot), d’albumine, de mucus, etc. Le plus estimé nous vient de Sibérie; le castoreum du commerce est souvent sophistiqué, ce qui se reconnaît surtout à l’absence des cloisons dont nous avons parlé. Cette substance est employée en médecine, spécialement dans l’hystérie, l’hypochondrie, les affections nerveuses en général; cependant, d’après Thouvenel, qui a particulièrement étudié les effets do ce médicament, on l’a vu augmenter les accidents chez les femmes faibles et sensibles, et il conseille, dans ce cas, de le mêler avec l’opium. On l’administre en poudre sous forme pilulaire, ■en suspension dans une potion, en teinture alcoolique ou éthérée.
CASUARINE (Botanique), Casuarina., Rumph., dérivé, snppose-t-on, de casoar., parce que le feuillage des Casuarines ressemble au plumage de cet oiseau. — Genre unique de la famille des Casuarinées. Les Madécasses le
I nomment Filao, et les insulaires de la mer du Sud Bois da \
massue., à cause de l’usage qu’ils font du bois de certaines '
espèces pour la fabrication de leurs armes de guerre. Les espèces de ce genre, à peu près au nombre d’une ving- ! taine, habitent généralement les lieux humides, soit les bords de la mer, soit les bords des fleuves. Elles sont j intéressantes surtout au point de vue anatomique. Leur bois ne présente pas, comme celui des autres arbres dicotylédones,^ des couches concentriques se rapportant au nombre d’années du végétal ; ce sont des cercles nom- | breux présentant des cellules analogues à celles des rayons 1 médullaires. La C. à feuilles de prêle (C. equiseti folia., !
Forst.) cultivée à Java est commune aujourd’hui en !
Algérie ; son écorce, nommée tshomorro par les Java- ■ nais, est légèrement astringente. La casuarine est un grand arbre qui vient dans les Indes orientales, les Mo- j
luques et les îles de l’océan Pacifique. Il serait à désirer |
que ces végétaux s’acclimatassent dans nos régions. Leur I
bois, extrêmement dur et tenace, serait un riche produit f déplus. G — s. 1
CASUARINÉES (Botanique). — Petitefamille de plantes Dicotylédones apétales., que M. Brongniart range à la fin i de sa classe des Amentacées., comme transition des Myri- I cées aux Conifères. Les plantes de cette famille remar- 1 quables par l’absence de feuilles remplacées par des j gaînes entourant la tige ont quelque analogie avec les prêles ; mais un de leurs caractères principaux est d’avoir les fleurs femelles composées de bractées et d’un pistil que l’on prenait pour une graine recouverte d’une enve- i loppe prolongée en une aile terminale, mais qui devient à la maturité un véritable caryopse. Les Casuarinées ne i renferment que le genre Casuarina., Rumph. (voyez Casüarine), comprenant des arbres et des arbrisseaux presque tous de la Nouvelle - Hollande. Mirbel [Ann. du Muséum., XVI) et Robert Brown [Append. au voyage Flinders) ont étudié cette famille. G — s.
CATAGOUA (Zoologie). — Synonyme de cacatoès.
GATAGOÜSTIQUE, du grec catacouô., j’entends. — Branche de la physique qui traite de la réflexion des sons et de ses effets, tels que les échos, etc. (voyez Acoustique, Écho).
GATADIOPTRIQUE. — Composé des deux mots catoptrique et dioptrique, et résumant les deux branches de la physique qui ont pour objet l’étude de la réflexion de la lumière à la surface des corps et l’étude de la transmission de la lumière au travers des corps transparents.
La catadioptrique s’applique à tout ce qui appartient à la fois à ces deux branches et particulièrement à l’étude des instruments d’optique qui réunissent les effets combinés de la réflexion et de la réfraction (voyez ces mots).
CATAIRE ou Chataire (Botanique), Nepeta, Lin., de Nepet, ville de Toscane, dont une espèce est, dit-on, originaire. — Genre de plantes de la famille des Labiées^ type de la tribu des Népétées dont les espèces assez nombreuses sont des herbes à fleurs disposées en faux verticilles compactes et réunies ordinairement en épis terminaux. Ces plantes habitent principalement l’Europe méridionale et l’Asie. Une des plus communes, la seule qui se rencontre aux environs de Paris, est la C. vulgaire [N. cataria, Lin.; Cataria vulgaris ., Moench.), plus connue sous le nom à'herbe au chat. C’est une plante qui ne s’élève guère à plus d’un mètre. Elle est dressée et couverte d’une pubescence blanchâtre. Ses feuilles sont pétiolées, ovales, cordiformes, dentées^ crénelées, tomenteuses à la face inférieure. Ses fleurs sont blanches ou purpurines en faux verticilles serrés, à corolles moitié plus longues que les calices. Cette espèce croît sur les bords des chemins, dans les endroits un peu humides.
Elle a la propriété d’attirer les chats qui se roulent et se frottent avec frénésie sûr son feuillage; de là ses noms.
On a prétendu que ces animaux ne s’attaquaient qu’à la chataire qu’on plante et laissaient indifféremment celle qui n’a point été déplacée. De cette idée est résulté le proverbe anglais suivant :
If you set it, the cats will eat it ;
If yon sow it, the cats will not mowit.
« Si vous la plantez, les chats la mangeront ; si vous la i semez, ils n’y toucheront pas. » La chataire contient dans f toutes ses parties une huile volatile abondante utilisée autrefois en médecine comme excitante, tonique et sto- , machique. On lui attribuait aussi de puissantes propriétés antibystériques ; mais elle est aujourd’hui complète- < ment abandonnée. Caractères : calice à 5 dents égales et à gorge oblique; corolle à tube nu dans l’intérieur; lèvre '
CAT
CAT
sapérienre droite un peu concave et échancrée, l’inférieure étalée à 3 lobes, celui du milieu très grand; étamines rapprochées, à anthères réunies par paires, h 2 loges, le plus souvent divergentes ; style bifide.
CATALEPSIE (Médecine), en grec katalêpsis^ saisissement, du grec katalambo.nô^ je saisis. — Affection nerveuse caractérisée par la suppression complète ou incomplète de la sensibilité et des mouvements volontaires et par une roideur des muscles qui les maintient immobiles dans la position où se trouvait le malade au moment de l’invasion ou dans celle qu’on leur a donnée ; les muscles de la respiration continuent leur mouvement, seulement celle-ci est plus faible. Cette maladie est rare ; les femmes mélancoliques , atrabilaires, d’un tempérament nerveux, y sont plus sujettes. Les causes qui la déterminent le plus souvent sont les affections morales vives, les chagrins, une violente frayeur, la colère, la contemplation extatique (voyez Extase), l’ivresse, la vue d’objets qui inspirent l’horreur ; quelquefois on l’a observée dans les affections vermineuses; elle a aussi été déterminée par la suppression d’un flux habituel ou par la rétrocession d’un exanthème (voyez ce mot). L’invasion de l’accès est souvent précédée de maux de tête, de roideur dans les muscles du cou, de bâillements, de palpitations, de légers mouvements convulsifs; d’autres fois, elle est si prompte, qu’elle surprend le malade au milieu de ses occupations ; tout à coup il est pris d’une roideur convulsive des muscles, générale ou partielle; l’action des sens se suspend ; les yeux, s’ils sont ouverts, sont fixes, dirigés en avant ou en haut, mais insensibles à la lumière ; l’ouïe est dans le môme état d’abolition, le goût et l’odorat semblent conserver plus d’aptitude à être excités par les agents extérieurs. Les muscles sont dans une contraction permanente, la coloration de la face est ordinairement plus animée, la respiration et la circulation conservent leurs mouvements naturels, quelquefois plus lents et plus faibles, les facultés intellectuelles sont éteintes. La catalepsie peut affecter un seul côté du corps, quelquefois même un seul membre. Les accès sont plus ou moins longs, plus ou moins complets ; ils peuvent durer depuis quelques minutes jusqu’à plusieurs jours. Ainsi, le docteur Fournier rapporte une observation curieuse de catalepsie survenue chez une femme vingt-quatre heures après la suppression d’une diarrhée habituelle par de violents astringents en potion et en lavement administrés par un charlatan: (( Je fus appelé, dit Fournier (par ce charlatan), le ■cinquième jour ; le pouls était concentré, fréquent, dur, mais régulier. Pendant notre visite, qui fut longue, cet homme ayant éternué, la malade se leva sur son séant et lui dit: Dieu vous bénisse^ monsieur^ en l’appelant par son nom ; puis elle se recoucha et rentra dans sa catalepsie. )) [Dictionnaire des sciences médicales.) Elle cessa P P l’emploi des lavements purgatifs qui rétablirent la diarrhée. La catalepsie est sujette à des retours le plus souvent reguliei's ; leur nombre est plus ou moins rapproché, mais ils peuvent se multiplier lorsque les causes se reproduisent. Le malade, qu’il ait eu ou non la conscience de ce qui s’est passé pendant l’accès n’en conserve pas le souvenir; il oublie même quelquefois ce qui a précédé l’attaque. Cette maladie est rarement mortelle, malgré le pronostic sévère que portait sur elle Boerhaave ; mais elle peut être suivie d’affections graves, telles que la manie, les convulsions, une maladie des centres nerveux, etc. On a dit que cet état pouvait être confondu avec la mort et qu’on avait enterré vivants des individus affectés de catalepsie intense ; peut-être a-t-on confondu dans ce cas la léthargie avec la catalepsie (voyez Léthargie). Quoi qu’il en soit, ce sujet intéressant sera traité aux mots Léthargie, Mort, Inhumation. Le traitement d’un accès de catalepsie consiste dans l’emploi des stimulants sous toutes les formes : ainsi l’éther, l’ammoniaque, les chiffons brûlés, la titillation des narines avec les barbes d une plume, le chatouillement, la fustigation de la plante des pieds et de la paume des mains, les odeurs suaves; la musique a souvent produit des effets remarquables, l’électricité, l’acupuncture; enfin, lorsqu’il s’agit de la suppression d’une évacuation, quelquefois la saignée ou des purgatifs, comme dans l’exemple cité plus haut. Dans l’intervalle des accès, il faut avec soin rechercher les causes fliu ont pu déterminer la maladie et les faire cesser si cela est possible; on pourra avoir recours, suivant les ■circonstances, aux émissions sanguines, aux purgatifs aux vésicatoires, aux sétons, aux cautères, aux réfrigérants sur la tête, aux bains, aux affusions froides, etc.
CATALOGUE d’étoiles. — Table des positions des étoiles par longitude et latitude, ou ascension droite et déclinaison. Le plus ancien des catalogues est celui qui fut construit par Hipparque, 130 ans avant J. G., à l’occasion de l’apparition subite d’une nouvelle étoile et qui nous a été transmis par Ptolémée dans son Almageste, 11 comprend 1 022 étoiles ou à peu près le quart de celles que l’on voit à l’œil nu. C’est aussi l’apparition d’une étoile brillante dans Cassiopée qui détermina Tycho Brahé à entreprendre un catalogue. En 1712 parut VHistoria cœlestis de Flamsteed, qui renferme les positions de 2919 étoiles. Ce catalogue a été la base de tous les calculs et de toutes les théories des astronomes jusqu’au temps où Lemonnier et Lacaille entreprirent de donner de nouveaux catalogues pour l’année 1750. Ce dernier observateur a donné à lui seul les positions de 9 700 étoiles australes, jusqu’à la septième grandeur inclusivement, qu’il observa en moins de dix mois au cap de Bonne-Espérance en 1751.
Vers le même temps (1750-1762), Bradley déterminait à'Greenwich, avec une précision qu’on n’a pas encore dépassée, les positions d’un certain nombre d’étoiles dites fondamentales, dont Bessel a fait connaître toute l’importance et qui ont été tout récemment encore l’objet d’une discussion approfondie de la part de M. Leverrier, dans les Annales de V Observatoire de Varis.
Enfin on doit citer les catalogues de Tobie Mayer, de Cagnoli, de Piazzi, de Zach, de Groombridge, d’Argelander, d’Airy, de Rumker, de Harding, de Bessel, etc. Mais l’un des plus importants est Y Histoire céleste française., de Jérôme de Lalande, fondée sur les observations faites de 1789 à 1800 par le Français de Lalande et Burkardt. Ce grand travail, revu avec soin en Angleterre par F. Baily, contient 47390 étoiles jusqu’à la neuvième grandeur inclusivement ; il a servi à construire le bel atlas céleste de Harding. D’autres travaux du môme genre sont aujourd’hui en cours d’exécution, dans le but principal de faciliter la découverte de nouvelles planètes (voyez Cartes célestes).
Il existe aussi des catalogues de nébuleuses., ôl étoiles doubles, de comètes (voyez ces mots). E. R.
CATALPA (Botanique), Catalpa, Scop., nom américain. — Genre de plantes de la famille des Bignoniacées , tribu des Bignoniées. Corolle à 5 lobes, à tube ventru ; étamines 5, dont 3 stériles ; anthères ayant un lobe situé inférieurement et l’autre supérieurement; capsule en forme de longue silique, cylindrique, à 2 valves séparées par une cloison assez épaisse ; graines nombreuses, ailées. Les espèces de catalpa sont des arbres à feuilles simples et à fleurs disposées en panicules. Le C. de la Caroline (C. bignonioides, Walt. ; Bignonia catalpa. Lin.) est un arbre très-élégant que Catesby découvrît le premier en 1726 dans la Caroline. Il peut atteindre 10 mètres de hauteur; sa tête est arrondie; ses feuilles sont amples, ovales-acuminées, échancrées en cœur, et ses fleurs, blanches, ponctuées de jaune et de pourpre, s’épanouissent de juin en août et font un très-bel effet dans les grands jardins. Cette belle espèce a parfaitement réussi chez nous. Cependant, au-delà du climat de Paris, dans le Nord, elle souffre de la gelée. Le C. à longues siliques [C. longissima, Sims.) est de serre chaude et moins important pour l’ornement. Il est originaire de Saint-Domingue. G — s.
CATALYSE, du grec catalysis, dissolution. — Nom donné par M. Berzelius au phénomène qui a lieu quand un corps, par sa seule présence et sans y participer, met en jeu certaines affinités chimiques ou détruit certaines combinaisons déjà formées. C’est ainsi que le bioxyde de manganèse, le bioxyde de cuivre, le platine, l’argent en poudre détruisent Veau oxygénée sans rien perdre ni gagner dans cette action ; que la mousse de platine fixe l’oxygène de l’air sur l’alcool, qu’il transforme en acide acétique, etc. On a rangé les causes de ces divers phénomènes sous le nom de force catalytique, personnifiant pour ainsi dire une cause entièrement inconnue et dont l’origine est probablement aussi variable que les effets qu’elle produit. Aussi remplace-t-on généralement le mot force catalytique par les mots action de présence, qui ont le grand avantage d’exprimer simplement un fait sans rien préjuger sur sa cause ignorée.
CATANANCHE (Botanique), nom scientifique de la Cupidone.
CATAPLASME (Médecine), en grec kataplasma, enduit. de kataplassô, j’enduis, j’applique dessus. — On appelle ainsi un médicament externe d’une consistance molle, pulpeuse, une espèce de bouillie qu’on applique sur quei-
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ques points de l’extérieur du corps. En général, le cataplasme étendu en couche de à peu près sur un
morceau de linge, sera appliQué chaud et à nu, si la disposition des parties le permet et s’il n’y a à la peau aucune solution de continuité ; autrement il sera recouvert d’une gaze ou d’un linge fin. Les cataplasmes les plus ordinaires sont émollients j ce sont des espèces de bains locaux, c’est dire qu’ils doivent être d’une consistance assez molle pour qu’ils se conservent humides longtemps, c’est môme ce qui constitue leur principal mérite; aussi on préférera, pour les faire, les matières qui retiendront le mieux l’humidité : ainsi la farine de lin au premier rang, ensuite la farine de riz, la fécule de pommes de terre, la mie de pain, délayées dans de l’eau, dans une décoction de guimauve, dans du lait, etc. Ce cataplasme sera renouvelé au moins trois fois dans les vingt-quatre heures. Tour faire un cataplasme ionique^ on ajoute au précédent de la poudre de quinquina, de l’alun, de l’extrait de saturne, etc. Les cataplasmes excitants se feront avec la poudre d’absinthe, de menthe, de sauge, de mélisse, d’écorce d’orange; on pourra aussi les faire avec du vin, de l’alcool, etc. C’est à cette section qu’il faut rapporter le cataplasme de Pradier contre la goutte (voyez Remède {de Pradier)^ Goutte). Les cataplasmes irritants sont composés de substances âcres, plus ou moins caustiques, telles que les bulbes d’ail, d’oignons, la farine de moutarde, le poivre (voyez Sinapismes), etc. Les cataplasmes narcotiques (voyez ce mot) se font en ajoutant au cataplasme émollient une préparation quelconque d’opium, de jusquiame, de belladone, de stramoine, etc. On peut encore préparer des cataplasmes acides avec le vinaigre, le suc de citron, l’oseille, pour exciter sur la peau un picotement qu’on veut quelquefois rendre douloureux. Enfin on a donné le nom de cataplasme galva- 7}iffuc à un appareil à courant électrique imaginé par Récamier, composé de deux ou quatre disques contenant chacun seize éléments et enveloppés de plastrons en soie ; il l’employait contre certaines névroses, les gastralgies et autres névralgies. F — n.
GATAPPA (Botanique), Terminalia catappa^ c’est le Badamier ordinaire»
f CATARACTE (Médecine). — On donne le nom de cataracte à une maladie caractérisée; par l’opacité du cristallin; par celle de sa capsule, d’où résulte une cécité plus ou moins complète; ou par celle du liquide contenu dans la capsule, connu sous le nom éL’humeur de Morgagni^ qui peut aussi perdre sa transparence, et produire ainsi une troisième espèce de cataracte. On a aussi, à tort, désigné sous le nom de C. noire, V amaurose (voyez ce mot). On distinguera donc : 1® la C. lenticulaire ou cristalline ; 2® la C. capsulaire ou membraneuse ; 3® la C. laiteuse ou interstitielle. On pourrait dire que la cataracte est la maladie des vieillards. Les causes en sont à peu près ignorées; cependant on a signalé, à juste titre, des contusions, des blessures avec des instruments piquants, des inflammations profondes du globe de l’œil ; ces causes, en effet, ont été admises par tous les bons auteurs, et on a même reconnu qu’elles avaient déterminé la cataracte chez de jeunes sujets. On a admis aussi, mais sans leur donner la môme importance, l’insolation, une lumière trop intense, les impressions morales vives. Cette maladie attaque indistinctement les hommes et les femmes, elle est rare chez les adultes, plus rare encore chez les enfants, quoiqu’elle soit quelquefois de naissance. On a dit qu’elle pouvait être héréditaire. On est en droit de craindre la cataracte, lorsque chez un sujet déjà avancé en âge, la vue devient trouble, qu’elle est offusquée par des images informes ; le malade voit voltiger des mouches, des toiles d’araignées, il croit voir les objets à travers un nuage, il se frotte les yeux pour détourner un obstacle qui persiste toujours; quelquefois, il y a des maux de tête, bientôt la maladie augmente^ les brouillards s’épaississent de plus en plus, et enfin, en examinant avec attention, on aperçoit derrière la pupille, à la place occupée par le cristallin, une tache grise ou blanchâtre. La pupille est plus dilatée que dans l’état naturel ; elle est quelquefois insensible à la lumière, et ne se contracte pas sous son influence; dans ce cas, on a lieu de soupçonner la complication d’une amaurose (voyez ce mot), ce qui diminue les chances de l’opération dont il va être question. La cataracte débute ordinairement d’un seul côté, mais le plus souvent, au bout d’un temps plus ou moins long, le second œil commence à s’obscurcir à son tour. La maladie marche quelquefois rapidement ; d’autres fois, elle
n’arrive à un développement complet qu’après plusieurs années. La cataracte peut être compliquée d’amaurose, d’ophthalmie , d’hydrophthalmie , d’adhérence de l’iris , d’oblitération de la pupille : la plus grave est celle qui est compliquée d’amaurose. Pendant longtemps, le traitement de la cataracte a consisté dans l’emploi des narcotiques, des fondants, des antiphlogistiques ; les purgatifs, les pommades ammoniacales, stibiées, les sétons, les moxas, ont été mis en usage ; enfin, on finit par reconnaître qu’il n’y avait d’autre moyen de guérison que d’enlever l’obstacle qui s’opposait au passage des rayons lumineux, et cet obstacle étant le cristallin (voyez ce mot), c’était lui qu’il Aillait déplacer, 'enlever ou broyer ; de là, trois procédés opératoires.
Le premier, le plus ancien en date et le plus simple, est celui par abaissement., dépression, ou déplacement ; Gelse, qui vivait sous Auguste et sous Tibère, le connaissait et le pratiquait. Cette méthode consiste à abaisser, à enfoncer le cristallin dans la partie inférieure du corps vitré ; l’opération se fait au moyen d’une aiguille, dite aiguille à catai'acte (voyez Aiguille). On plonge l’instrument au côté externe de l’œil dans la sclérotique (blanc de l’œil) , à 0“,003 de son union avec la cornée (voyez Sclérotique , Cornée) ; on le dirige transversalement vers la partie supérieure du cristallin, ce qui est facile, puisqu’on voit l’instrument à travers la pupille ; on déprime alors le cristallin, et on le maintient dans cette position pour que le corps vitré, qui s’est déplacé pour le recevoir, revienne en avant et l’empêche de remonter ; on retire l’aiguille, et tout est terminé.
La seconde méthode, ou la méthode par extraction, ne remonte pas au delà de 1737, où elle fut exécutée pour la première fois par Daviel. Elle consiste à faire à la cornée une incision oblique, à travers laquelle on extrait le cristallin et sa membrane ; cette incision est faite au moyen d’un scalpel ou couteau fixé sur un manche, et auquel on a donné le nom de kératotome {voyez ce mot) ; le couteau étant tenu comme une plume à écrire, le tranchant en bas, on en porte la pointe à la partie supérieure externe de la cornée transparente, tout près de sa réunion avec la sclérotique, on l’enfonce en le dirigeant de manière que l’instrument ressorte au-dessous de l’extrémité du diamètre transversal de la cornée ; on continue la section de toute la circonférence inférieure de cette membrane, de l’angle externe à l’angle interne, puis on incise la capsule du cristallin ; bientôt le cristallin se présente à l’ouverture, et on le retire avec la pointe du couteau.
La prééminence de l’une de ces méthodes sur l’autre, a été un grand sujet de controverse parmi les chirurgiens, et, pour prouver l’importance de ce débat , il suffira de citer parmi les partisans de l’abaissement, dans ces derniers temps, Dupuytren et la plupart de ses élèves, et parmi ceux qui opéraient exclusivement par extraction, Boyer et Roux.
Le troisième procédé est celui du broiement; il consiste à détruire, à déchirer, à broyer, en un mot, le cristallin et sa membrane au moyen d’une aiguille, et cela sur place. Deux moyens ont été imaginés, le premier n’est autre chose que le premier temps de l’abaissement , et lorsque l’aiguille est arrivée au cristallin, on divise et le cristallin et la capsule par des mouvements en tous sens, et on en dissémine les parties dans le corps vitré. Le second moyen, nommé kératonyxis (voyez ce mot), remonterait, dit-on, jusqu’au xvii® siècle; par ce procédé on pénètre jusqu’au cristallin, à travers la cornée transparente, et on le détruit comme il a été dit tout à l’heure. Après ces différents procédés opératoires, l’œil doit être soustrait à la lumière avec le plus grand soin, le malade sera soumis à un régime sévère; ainsi, la diète, les boissons délayantes, le calme le plus parfait, etc. Ce qu’on doit redouter sir?, tout, c’est l’inflammation, plus à craindre après la méthode par abaissement qu’après l’extraction; si elle survenait, il faudrait la combattre avec énergie par les saignées, les sangsues, les purgatifs, la diète sévère, etc. F — N.
Médecine vétérinaire. — On observe la cataracte chez les animaux domestiques à tous les âges, sur un ou sur les deux yeux à la fois ; du reste, ce qui a été dit pour l’homme leur est en grande partie applicable; nous y ajouterons seulement ce qui suit : elle est une des terminaisons oïdi* naires de l’ophthalmie périodique sur le cheval, 1 âne et le mulet. Le pronostic, fâcheux pour l’homme, l’est encore plus pour les animaux, à cause du peu de succèa qu'on obtient. Enfin, pour le traitement, dans les essais faits sur les animaux, on a employé les trois méthodes
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recommandées pour l’homme. Pour V abaissement ^ ou se sert de l’aiguille de Scarpa (voyez Aiguille), dont les dimensions sont augmentées suivant le volume de l’animal et on procède comme chez l’homme. Vextraction se pratique avec le kératotome^ ou couteau de Wenzel (voyez Kératotome). Quant au broiement^ s’il peut être employé chez les animaux d’une taille moyenne, en con sidérant que dans le cheval, le cristallin offre une grande résistance, on fera bien d’y renoncer; c’est l’opinion de Collier. Les vétérinaires n’ont pas eu de succès complets par le procédé ^'extraction ; d’un autre côté, quelle que soit la méthode, cette opération est difficile chez le cheval à cause de la présence du corps clignotant, qui gêne l’action des instruments ; de plus, un cheval auquel on rend une vision imparfaite est ombrageux, et peut causer des accidents ; autant vaut le laisser aveugle. L’opération do la cataracte n’est donc pas réellement avantageuse poulies animaux. F — N*
CATARRHE (Médecine), du grec kato, en bas, et rheo, je coule, parce qu’on pensait que le catarrhe était un flux d’humeur qui descendait de la tête. — On donne le nom de catarrhe à toute inflammation aiguë ou chronique des membranes muqueuses, qui a toujours pour résultat une sécrétion plus abondante, et une altération particulière du mucus qui lubrifie ces membranes; on distinguait autrefois le catarrhe suivant les organes dont la muqueuse était affectée : en C. nasale C. pulmonaire y C. guttural, C. intestinal, C. vésical, etc. Aujourd’hui, en prenant le nom de l’organe ou de la muqueuse malade, on y ajoute la terminaison ite, par laquelle on est convenu de désigner l’inflammation, et on a les noms de bronchite , laryngite , entente , cystite, etc.^ Plusieurs causes prédisposent plus ou moins aux affections catarrhales ; ainsi, dans les climats froids et^ humides, elles sont pour ainsi dire endémiques, et y deviennent souvent épidémiques dans certaines saisons (voyez Epidémie et Contagion'. Les individus qui travaillent dans une atmosphère humide y sont sujets; on les rencontre aussi de préférence chez les femmes, les enfants, les personnes lymphatiques, les vieillards. Parmi les causes déterminantes, il faut signaler le temps froid, le passage subit de la sécheresse à l’humidité, les vicissitudes brusques de l’atmosphère, l’exposition à un air frais lorsque le corps est en sueur; quelquefois, la rétrocession d’un flux habituel, d’un exanthème, d’une dartre, d’un rhumatisme, la coexistence de certaines maladies, comme la rougeole, qui entraîne le catarrhe bronchique, la scarlatine, qui produit le catarrhe guttural. Une cause beaucoup controversée, et qui cependant, d’après l’observation journalière des faits, ne peut être tout à fait révoquée en doute, c’est la contagion ; quelle que soit l’influence du contact, de la cohabitation, du séjour dans une localité, dans un appartement où il existe un ou plusieurs individus atteints d’affection catarrhale ^ il est certain que les personnes qui séjournent, qui vivent habituellement avec eux, sont très-souvent pris de la môme maladie. Les symptômes généraux que déterminent les catarrhes, ont beaucoup d’analogie avec ceux des autres inflammations ; ainsi, une douleur ordinairement peu intense, mais obtuse, gravative, une chaleur tantôt modérée, tantôt âcre et brûlante, une tuméfaction légère, une rougeur plus ou moins vive. La sécrétion du fluide muqueux se supprime d’abord , puis devient bientôt abondante ; le mucus incolore, fluide, âcre, s’épaissit, devient opaque, gris, verdâtre, visqueux. Une fièvre plus ou moins intense se développe, la peau est sèche, il y a du frisson, mal de tête, insomnie, agitation. Puis viennent des symptômes dépendants de l’organe affecté, et auxquels on fera facilement l’application, sans les désigner autrement; ainsi, larmoiement, tintement d’oreilles, enchifrènement, éternument, difficulté d’avaler ; d’autres fois, c’est de la toux, une expectoration difficile, de l’oppression, ou bien des.çûliques, des tranchées avec constipation ou dévoiement, et^. Tous ces symptômes appartiennent à l’état aigu, mais si la fièvre s’éteint, si la soif est moins vive, et que les douleurs, les désordres dans les fonctions persistent, si les forces ne se relèvent pas, si l’appétit ne revient pas, etc., c’est que l’état chronique a succédé à l’état aigu. La gravité du catarrhe est en raison de l’importance de l’organe affecté ; ainsi, le C. pulmonaire est plus grave que le C. nasal, et ainsi des autres; il offre, en général, plus de danger chez les vieillards, dans les saisons froides et humides, dans les grandes épidémies.
Le traitement du catarrhe à l’état aigu est, en général, celui des inflammations ; ainsi, dans les cas les plus simples, on aura recours à la diète, aux boissons adoucis-
santes, aux bains de pieds, aux lavements, au repos général, et surtout au repos de l’organe malade. Lorsqu’il est plus intense, on joindra à ces moyens les émissions sanguines, les ventouses, les cataplasmes, si cela est possible ; dans les inflammations de la muqueuse des voies aériennes, on emploiera les aspirations de vapeurs émollientes ; dans celles de l’estomac et de l’intestin, on pourra avoir recours aux bains tièdes, émollients, etc. Lorsque la maladie prendra une marche chronique, on pourra prescrire les astringents dans les catarrhes oculaire, guttural ; les toniques, les amers, les vomitifs, les purgaq’fs, les dérivatifs , tels que vésicatoires et autres , dans le catarrhe pulmonaire ; les toniques, dans les catarrhes intestinal, vésical, etc. On entend ordinairement par le mot de catarrhe, sans désignation , le catarrhe pulmo • naire (voyez Bronchite). F — n.
GATARRHINIEN3, GATARRHININS (Zoologie), Cntarrhinius, du grec kata, au-dessous, narine.
— Grande famille de Singes, établie par Et. Geoffroy, et qui comprend ceux de l’ancien continent {Pithecu^, Blainv. ; Simina, Gh. Bonap.). Ils ont pour caractères communs : nombre et arrangement des dents comme chez l’homme, narines ouvertes au-dessous du nez, obliquement, et séparées par une cloison étroite, dents canines plus ou moins développées; en général, des callosités iessières, quelquefois une queue longue, mais non prenante. Et. Geoffroy les avait divisés en onze groupes, réduits aujourd’hui à sept, subdivisés en différents genres. Ges groupes sont ; les Chimpanzés, les Orangs, les Gibbons, les Semnopithèques, les Cercopithèques (les Guenons de Guv.), les Macaques, les Cynocépliales. On voit que ce sont à peu près les divisions de Guvier {Règne animal)', seulement, ici les Magots sont réunis aux Macaques dont Guvier les avait séparés avec réserves (voyez tous ces mots).
GATARTISME (Ghirurgie), du grec katartismos, réparation.— Ancienne expression par laquelle on désignait la réduction d'un os luxé.
GATHARTE (Zoologie), du grec kathartes, qui nettoie, parce que ces oiseaux rendent des services en mangeant les débris putréfiés. — Genre éi'OvSeaux de proie diurnes, du grand genre des Vautours; ce sont les Gall inazes ow Catharistes de Vieillot ; ils ont la tête et une partie du cou dénudés, le bec droit, grêle, courbé seulement vers la pointe, les narines percées de- part en part. Ils habitent l’Amérique ; on n’en connaît que deux espèces : JO VUrubu {Vultur jota, Gh. Bonap.), de la taille d'un petit dindon, il a le corps entier d’un noir brillant, la tête nue ; ces oiseaux sont répandus dans toutes les contrées chaudes et tempérées de l’Amérique, où ils vivent en troupes dans les villes, sous la protection des lois, à cause des services qu’ils rendent en dévorant toutes les immondices des rues ; 2° VAoura, Guv. ( Vultur aura, Lin.), du Brésil, du Paraguay, etc., de la taille du précédent; noir roux, la queue étagée; les mômes moeurs que l’urubu. Guvier, qui place VUrubu dans le genre Gypaète, met dans les Catharles le Vullur californianus, qu’il nomme C. vautourien , de la Nouvelle-Galifornie ; il approche du condor pour la taille; plumage brun.
GATHARTIQUE (Matière médicale), du grec kathairô, je purge, je nettoie. — Nom donné aux médicaments qui ont la propriété de provoquer des évacuations alvines. Les médecins français les désignent sous le nom di3 purgatifs, que l’on a divisés en laxatifs , cathartiques, drastiques. Les cathartiques seront donc des purgatifs moyens, dont l’activité est modérée et irrite doucement la surface intestinale ; ce sont les sulfates de potasse, de soude, de magnésie, le tartrate acidulé dépotasse, les eaux minérales salines, purgatives, etc. Le sulfate de magnésie est quelquefois désigné sous le nom de sel cathartique amer: on appelle poudre cathartique un mélange de poudre de jalap, 1 gram. ; de scammonée,
1 gram.; crème de tartre, 2 gram., mêlez : dose, 2 à 4 gram. Ges médicaments seront employés de préférence lorsqu’on a affaire à des sujets faibles, à des femmes délicates, à des enfants; dans les cas de constipations, avant d’avoir recours aux purgatifs plus énergiques.
GATHËRÉTIQUE, du grec cathaireô, je détruis, je réprime. — On a donné ce nom à des caustiques faibles (voyez Gaustiques) , ou qu’on emploie légèrement, de manière à ne produire qu’une irritation un peu vive, et à n’avoir qu’une eschare très-superficielle ( voyez Eschare). Les cathérétiques s’emploient spécialement pour détruire les chairs fongueuses, les végétations qui se for-
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ment autour de certains ulcères, ou aux orifices des trajets fistuleux, et pour réprimer l’exubérance des bourgeons charnus dans les plaies en voie de cicatrisation , ou pour déterminer une inflammation adhésive dans les parois des kystes (voyez ce mot). La pierre infernale (azotate d’argent), est celui qu’on emploie le plus ordinairement ; on fait souvent upge aussi de l’alun calciné, des acides minéraux affaiblis, etc.
CATHÉTER (Chirurgie), mot grec qui signifie sonde de chirurgien. — On appelle ainsi une sonde métallique à laquelle on donne à peu près la courbure qu’on suppose à l’urètre; elle présente une cannelure sur sa convexité. Elle sert à explorer l’urètre, l’intérieur de la vessie et à diriger les instruments qu’on veut introduire dans cet organe, lorsqu’on pratique l'opération de la taille, par exemple (voyez Lithotomie).
CATHÉTÉRISME (Chirurgie). — Opération chirurgicale qui a pour but de faire pénétrer un cathéter dans la vessie ; cette opération porte encore le même nom lorsqu’elle est faite au moyen de sondes creuses ou algalies, de bougies pleines, en gomme élastique, en cire, etc. Elle offre une assez grande difficulté et demande une main exercée.
C’est, sans contredit, une des opérations les plus délicates de la chirurgie. On y a eu recours pour explorer l’urètre et la vessie, pour reconnaître l’état de la prostate, pour rechercher un calcul, pour tenter la dilatation d’un rétrécissement, pour faire évacuer l’urine lorsqu’elle est retenue dans la vessie par une cause quelconque, etc.
Le cathétérisme du pharynx et de Vœsophage sert à reconnaître la présence d’un corps étranger, à en opérer l’extraction ou la propulsion, à donner passage à des substances alimentaires ou médicamenteuses, ou enfin à dilater, cautériser ou faire saillir certains points de ce conduit. Il peut se pratiquer par les narines ou par la bouche. L’instrument le plus simple et le plus commode est une longue sonde de gomme élastique (fig. 453), de 0“,008 à 0“,010 de diamètre, connue sous le nom de sonde œsophagienne. Dans le premier cas, on introduit la sonde par une des narines, jusqu’au pharynx, arrivé là, on la dégage avec le doigt ou un crochet, pour la faire pénétrer dans l’œsophage. L’opération est préférable par la bouche, il suffit de déprimer la langue avec l’index gauche, le long duquel on glisse la sonde jusqu’au pharynx, et on l’introduit dans l’œsophage; on doit agir avec précaution et rapidité, afin de ne pas gêner la respiration. On pratique encore le cathétérisme de la trompe d’Eustache dans certaines maladies de l’oreille. Il se fait par les narines.
GATHÉTOMÈTRE (Physique), du grec cathetos., vertical, et métron^ mesure. — Instrument de physique servant à mesurer, avec une très-grande précision, la différence de hauteur verticale de deux points. Il se compose: 1“ d’une règle CG' {fig. 454), divisée avec beaucoup de soin en millimètres ou demi-millimètres, et mobile, verticalement, autour d’un pivot GHK, planté verticalement lui-même sur un pied très-solide, à vis calantes L, L’ ; 2“ d’une lunette horizontale à court foyer DD', pouvant glisser le long de la règle, et être arrêtée en un point quelconque de sa course par la vis de pression v".
Un niveau à bulle d’air EE', parallèle à l’axe de la lunette, permet de s’assurer de l’horizontalité de celle-ci, de rnôme que les niveaux à bulle d’air disposés en croix sur le pied de l’appareil, permettent de vérifier ou d’établir la verticalité du pivot.
La lunette, fixée en un point de la règle, peut donc se mouvoir dans un même plan horizontal, et être dirigée vers un point quelconque de ce plan. Elle peut, à volonté, passer d’un plan horizontal à un autre quelconque compris dans les limites de longueur de la règle. Afin que l’ajustement de la lunette à chaque plan puisse se faire d’une manière plus facile, le chariot qui la porte, se compose de deux parties distinctes A et B, réunies par une vis de rappel v'. La pièce B peut être fixée sur la
Fig. 453. — Sonde œsophagienne.
règle au moyen de la vis de pression v'' ; c’est alors au moyeu de la vis v' que la pièce A est déplacée d’im mou-
Fig. 454. — Cathétomèlre.
vement très-doux. L’usage de cet instrument est dû à Didong et Petit.
GATHOLIGON ou Gatholicum (Matière médicale), du grec katholicos., universel. — Electuaire catholicon double; c’est une préparation très-ancienne et très-usitée autrefois, comme un purgatif doux; on l’administrait dans certaines diarrhées et dyssenteries, à la dose de 8, 10 à 15 grammes; on le donnait aussi en lavements. Parmi les nombreuses substances qui entrent dans sa composition, nous citerons la casse, la rhubarbe, le séné et le tamarin.
GATOBLEPAS (Zoologie), du grec kata,en bas, et blepô, je lance des regards. — Animal extraordinaire cité par Pline : « En Ethiopie, dit cet auteur, on trouve le catoblepas ; il porte avec peine sa lourde tête, toujours baissée vers la terre ; autrement, comme on ne peut voir ses yeux sans expirer à l’instant, il causerait la destruction du genre humain. » Cuvier pense que cet animal pourrait être le Gnou, espèce d’ Antilope (voyez Gnou), qui, en effet, porte la tête basse comme les Ruminants pour combattre , mais qui n’expose pas aux dangers dont parle Pline. M. H. Smith a proposé ce nom pour un genre de Ruminants à cornes creuses, qui comprend le Gnou.
GATODONTES (Zoologie), du grec kata, en dessous, et du génitif odontos , dent. — Linné avait donné ce nom au genre Cachalot, parce qu’ils ont seulement à^ la mâchoire inférieure des dents, qui entrent dans des| cavités correspondantes de la mâchoire supérieure.
GATOPTRIQUE (Physique), du grec catoptron, miroir. — Branche de la physique qui traite des lois et des effets" de la réflexion de la lumière, particulièrement à la surface des miroirs plans ou courbes (voyez Lumière, Réflexion, Miroirs).
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CATTLÉIE (Botanique), Cattleya ^ Lindl. , dédiée à William Cattley. — Genre de plantes de la famille des Orchidées^ tribu des Épidendrées. Il comprend de trèsbelles plantes épiphytes, à feuilles coriaces et à fleurs sortant d’une grande spathe. Ces plantes habitent l’Amérique du Sud, et particulièrement le Brésil. La C. superbe \c. super ba, Lindl.) a les fleurs odorantes très-larges, colorées d’un rouge lilacé, avec unlabelle pourpre, jaune au milieu. Cette espèce vient à la Guyane anglaise. On cultive aussi dans les serres chaudes la C. élégante [C. elegans^ Morren), dont les fleurs sont roses avec le labelle violet pourpre; la C. labiée {C. labiata, Lindl.)^ dont les fleurs présentent souvent un diamètre de plus de 0“,20, et sont colorées en rose lilas avec le labelle pourpre vif. Il y a plusieurs variétés de cette plante, et elles se distinguent principalement par la coloration de leurs fleurs. En résumé, on connaît une vingtaine d’espèces de ce genre qui offrent, pour ainsi dire, une égale beauté dans leurs fleurs.
CAUGALIDE (Botanique), Caucalis^ Lin. — Genre de plantes de la famille des Ombellifères, tribu des Caucalinées. Caractères : carpelles à 5 côtes primaires, filiformes, garnies de quelques tubercules épineux : 4 côtes secondaires, plus en saillie, et munies d’une rangée de gros aiguillons subulés, recouvrant chacune un canal résinifère. Ce genre comprend des herbes à feuilles deux et trois fois pennatiséquées. La C. fausse carotte (C. daucdides , Lin.) est une plante indigène dont les fruits sont hérissés d’aiguillons en forme d’hameçon au sommet. La C. à feuilles grêles [C. leptophylla, Lin.) est de l’Europe méridionale et n’a qu’un intérêt botanique, comme la précédente.
CAUCHEMAR, Incube, Asthme nocturne, Éphialte (Médecine). — Sentiment d’oppression, de suffocation, pendant le sommeil, comme s’il y avait sur l’épigastre (l’estomac) un poids incommode, avec une impossibilité de se réveiller, qui finit cependant par un réveil en sursaut, accompagné d’une anxiété extrême; les anciens croyaient cet état produit par des démons dont les uns, nommés incubes, attaquaient les femmes, les autres, nommés succubes^ attaquaient les hommes. Les causes du cauchemar sont ou la pléthore sanguine, ou une affection des organes digestifs, et surtout de l’estomac qui rend les digestions pénibles ; ainsi, on l’observe chez les gens sédentaires, qui ont une nourriture trop succulente, chez ceux qui, après avoir mangé le soir, se couchent sur le dos, avant que la digestion soit faite. Il peut être déterminé aussi par la suppression d’une saignée habituelle. Les enfants peureux, les individus nerveux, d’un esprit faible, et auxquels on raconte des histoires de revenants, de fantômes, y sont très- sujets, aussi bien que les hommes qui se livrent aux travaux de cabinet et à de, longues méditations. L’invasion de l’accès est ordinairement brusque; le malade est suffoqué par l’objet qu’il croit placé sur sa poitrine; c’est ordinairement un homme difforme, un cheval monstrueux, un singe, un chat furieux, une vieille femme, un fantôme, un démon ; il se joint à cela un rêve fatigant, pénible; le patient est au bord d’un précipice, il va tomber dans l’eau, il veut fuir, mais il est retenu par une force irrésistible ; il pousse des cris confus, des gémissements ; enfin, il se réveille en sursaut, couvert de sueur et accablé de fatigue. Cet état ne se renouvelle guère, à moins que la cause qui l’a déterminé ne continue à agir. Quant au traitement, si l’on a affaire à un individu sanguin, replet, et surtout si l’on a négligé une saignée habituelle, il faut se hâter d’y avoir recours ; on aidera ce moyen par des bains de pieds, des purgatifs, et surtout un régime sévère ; si on remarque qu’il y ait dérangement dans les fonctions digestives, s’il y a embarras gastrique, on aura recours aux évacuants, vomitifs ou purgatifs; on recommandera la sobriété, de s’abstenir du repas du soir, de vin, de liqueurs, et en général de toute alimentation succulente ; dans tous les cas, on devra ne se coucher que lorsque la digestion est faite, et toujours la tête élevée. F — n.
CAUDAL (Zoologie), du latin cauda^ queue. — On applique cette épithète à tout ce qui a rapport à la queue. En ichthyologie, on appelle nageoire caudale celle qui termine la queue de presque tous les poissons. Verticale dans presque tous, elle est horizontale dans une variété de daurade de la Chine. Les Cétacés ont aussi une nageoire caudale; mais elle est horizontale.
CAUDEX (Botanique), mot latin qui signifie tronc d’arbre, tige. — Ce terme est employé en botanique pour désigner la partie analogue à une tige qui, dans beaucoup de plantes, est souterraine ou couchée. Dans ce
sens, on emploie plus souvent le mot rhizome. Dans l’embryon, on distingue deux parties principales, que l’on nomme le C. ascendant^ le C. descendant. L’un est constitué en partie par la gemmule et s’élève ; l’autre, par la radicule et s’enfonce dans la terre.
CAUDIMANES (Zoologie), du latin cauda., queue, et manus, main. — On a désigné par cette dénomination les singes du nouveau continent, qui ont la queue prenante comme une main.
CAULESCENT (Botanique), du grec kaulos^ tige. — Se dit d’une plante qui présente une tige ; on dit plante caulescente., par opposition à celles qui en sont dépourvues. Dans ce cas, la plante est acaule.
CAULICOLE (Botanique). — De Candolle nomme ainsi les plantes parasites qui vivent sur les tiges. Elles ont quelquefois des suçoirs qui, dans les cuscutes, par exemple, se présentent sous forme de fils déliés et blanchâtres, s’entortillent autour de plusieurs plantes , telles que le trèfle, la luzerne, etc. Le gui est aussi un parasite caulicole ; il s’implante dans le coi’ps ligneux d’un arbre et s’y greffe intimement.
CAULICULE (Botanique) , Cauliculus. — On donne ce nom à la partie de l’embryon de la graine qui est la petite tige située au-dessous des cotylédons, et que l’on appelle plus ordinairement tigelle.
GAULINAIRE (Botanique), Caulinus ., qui s’applique aux parties des plantes appartenant à la tige. — Il y a des racines aériennes qui naissent sur la tige ; alors elles sont dites cauliriaires. Généralement, on dît les feuilles caulinaires pour les distinguer de celles qui naissent immédiatement du collet de la racine, et qu’on appelle radicales. Dans le pissenlit, par exemple, on voit ces deux situations de feuilles qui donnent à celles-ci une forme différente. Les stipules sont caulinaires dans l’aune, la passiflore glauque, etc. Les épines sont caulinaires dans les cactus, les féviers^ etc. Les aiguillons le sont également dans la rose, les ronces. Les fleurs sont situées directement sur la tige, et par conséquent caulinaires dans le cacaoyer, les cuscutes, les cierges, la vesce cultivée, etc., etc.
GAURALE (Zoologie). — Espèce à! Oiseaux échassiers^ du genre Grue; Râle à queue {Euripiga, Ilig.), vulgairement Petit paon des roses^ Oiseau du soleil {Ardea helias. Lin.). Il se distingue par un bec plus long que la tête, plus grêle que celui de la grue commune, fendu j usque sous les yeux comme aux hérons ; il est de la taille d’une perdrix, et son cou long et mince, sa queue large et étalée et ses jambes peu élevées lui donnent un air tout différent de celui des autres oiseaux de rivage. Son plumage, nuancé de brun, de fauve, de roux, de gris et de noir, rappelle les plus beaux papillons de nuit ; on le trouve le long des rivières de la Guyane, dans l’intérieur des terres, au centre des grands bois. Il vit solitaire; sa nourriture consiste en poissons, en insectes, en larves, en mollusques qu’il tire de la vase. Son caractère est défiant et sauvage.
CAURIS (Zoologie). — Nom spécifique de la coquille Porcelaine cauris {Cypræa moneta, Lin.), vulgairement la Monnaie de Guinée, parce qu’elle est employée par les nègres comme monnaie. Elle appartient au genre Porcelaine et à la famille des Buccinoïdes, des Mollusques gastéropodes pectinibranches ; c’est une petite coquille ovale, déprimée, plate en dessous, à bords très-épais un peu onduleux; d’un blanc jaunâtre; elle est de la mer des Indes, de l’océan Atlantique.
CAUSTICITÉ (Médecine), du latin causticus, brûlant, qui vient lui-même du grec kcéiô, je brûle. — C’est la propriété de certains corps de brûler plus ou moins, d’avoir une saveur irritante comme une brûlure. La causticité tient à la tendance de certains corps à se combiner avec les substances animales, de manière à les détruire et à former avec elles des combinaisons chimiques particulières. Cette action est beaucoup plus marquée sur les tissus vivants que sur le cadavre; lorsqu’elle n’est point arrêtée, elle produit certains phénomènes remarquables, tels que la rougeur, la tuméfaction, le soulèvement de l’épiderme (voyez Caustique, Cautère, Brulure).
CAUSTIQUE (Médecine), même étymologie que le précédent. — On donne le nom de caustiques à des corps qui, mis en contact avec des tissus animaux, les modifient, détruisent leur texture et forment avec eux une nouvelle combinaison. On en distingue de deux sortes : les caustiques ou cautères actuels ; ce sont ceux dont le principe d’activité, le calorique libre, peut agir sur-lechamp, comme le feu, le fer rouge, etc. ; et les causttr
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ques ou cautères poteJitiels. Nous ne parlerons ici que de ces derniers, renvoyant au mot sous lequel
ils sont plus spécialement désignés, tout ce qui regarde les premiers (voyez CAiTÈr.i;, Feu, Moxa).
Le caustique ou cautère potentiel a été ainsi nomm.é, parce que sa propriété de brûler est inhérente, qu’elle existe en puissance, et qu’il n’emprunte pas au calorique Faction caustique dont il jouit par lui-même lorsqu’il se trouve en contact avec une substance animale, surtout lorsqu’elle est vivante. D’après leur degré d’activité, on divise les caustiques en escharotiques; ce sont les plus actifs et ils produisent immédiatement des eschares ; et en cathérëdont Faction est plus faible (voyez ces mots'. Les cautères potentiels les plus employés sont : la piei-re à cautère ou potasse caustique ; le beuri e d’antimoine ou chlorure d’antimoine; la pierre infernale ou azotate d’aigent ; l’alcali volatil ou ammoniaque liquide; l’alun calciné ou sulfate d’alumine et de potasse desséché ; l’arsenic blanc ou acide arsénieux ; les acides sulfurique, nitrique ou azotique, chlorhydrique, etc. Il existe un grand nombre de caustiques composés, dont on fait souvent usage : ainsi la poudre et la pâte de Rousselot^ de frère Côme, dans laquelle entre l’arsenic (vo5"ez Poudre, Pâte); le caustique de Vienne, avec la potasse caustique et la chaux vive; \2i, pommade de Gondret avec l’ammoniaque; le caustique sulfo-safrané de M. Velpeau, avec l’acide sulfurique, etc. Quel que soit le caustique employé, par sa combinaison avec les tissus vivants, il perd sa puissance à mesure qu’il agit, et il arrive un moment où il n’a plus d’effet; alors, au delà de sa sphère d’activité, les propriétés vitales se développent davantage, il y a un mouvement de réaction, et il s’établit une ligne de démarcation et par suite une suppuration abondante qui détache V eschare formée (voyez Eschare). F — n.
Caustique (Chimie), du grec causticos,vc\VAr\i de ko'io, brûler. — Nom donné en chimie aux alcalis qui jouissent de la propriété de désorganiser la peau ou, comme on dit vulgairement, de la brûler. On l’emploie assez ordinairement pour distinguer ces alcalis à l’état de pureté de leurs combinaisons avec l’acide carbonique. On dit potasse, soude ou chaux caustique, par opposition à potasse, soude ou chaux carbon atée.
Caustique (Physique), on donne le nom de caustique à la ligne lumineuse formée par l’intersection des rayons partis d’un point lumineux et réfléchis par un miroir, ou réfractés par une lentille d’une ouverture trop grande pour que ces rayons viennent converger exactement en un même point ou foyer. La caustique produite par réflexion s’appelle catacaustique, et la caustique par réfraction diacaustique. L’existence de ces courbes et leur nature ont été reconnues par Tschirnhau^en, en 1G82 (voyez Réflexion, Réfraction, Enveloppes).
CAUSES, en grec kausos, chaleur extrême. — Hippocrate désigne sous ce nom une espèce de fièvre caractérisée par une fièvre et une soif ardentes ; la langue âpre, sèche, la région épigastrique très-douloureuse, des déjections liquides et pâles; le teint est un peu bilieux, etc. Les modernes ne Font point admise comme une espèce distincte, et Pinel la regarde comme une complication de la fièvre bilieuse avec la fièvre inflammatoire (voyez Fièvre).
CAUTÈRE (Médecine), du grec kdiô, je brûle. — Ce mot désigne l’agent employé par le médecin pour brûler une partie vivante ; c’est aussi le nom qu’on donne à la petite plaie produite par cet agent, et dont on entretient la suppuration en l’empêchant de se guérir, au moyen d’un corps étranger ; nous considérerons donc successivement le cautère sous ces deux points de vue.
On nomme cnwsDg'we, toute substance qui,
mise en contact avec un tissu animal, le détruit, le désorganise, en formant avec lui un nouveau composé, une eschare : x\ow^ ne reviendrons pas sur la division qui a été établie de cautère actuel et de cautère potentiel; ce dernier ayant conservé plus spécialement le nom de caustique a été exposé ailleurs (voyez Caustique). Il ne sera question ici que du cautère actuel. Ce nom lui a été donné, parce que le calorique libre qui est la cause de son activité agit sur-le-champ et qu’il brûle immédiatement. Les cautères actuels sont le feu sous toutes les formes; ainsi les charbons allumés, les métaux rougis au feu, le cautère électro-galvanique, le moxa, la poudre à canon, etc. L’acier est, de tous les agents, celui qui est préférable, en raison de sa grande capacité pour le calorique et de la facilité avec laquelle on reconnaît le degré de température, selon les différentes teintes qu’il est susceptible de prendre.
On a donné en chirurgie le nom de cautères aux instruments dont on se sert pour pratiquer la cautérisation. On y distingue ordinairement le manche, de buis, d’ébène, de corne ou d’ivoire; la tige longue de o à 0“,25, recourbée souvent vers son extrémité qui doit recevoir la partie cautérisante, de manière à former un angle de 90" environ; et enfin Vextrémité cautérisante, dont la forme et les dimensions peuvent varier bc aucoup. Les principaux sont: le C. olivaire ou bouton de
Fig. 433. Fig. 436. Fig. 437. Fig 458. Fig. 459. Fig. 450. Cautères actuels.
feu{fig. 465), en forme d’olive; le C. enroseau ou cylindrique {fig. 466), semblable à un fer à papillotes, destiné à cautériser certains trajets fistuleux ; le C. en rondache ou couteau de feu [fig. 467), avec lequel on fait les cautérisations linéaires; le C. conique ou pjointe de feu, dont l’extrémité a la forme d’un cône tronqué ; on ne l’applique que par la pointe, la tige est droite [fuj. 468) ou coudée {fig. 469); le C. annulaire ou couronne de feu, pour la cautérisation sincipitale (voyez Sinciput) ; le C. nummulaire qui est un disque légèrement bombé à sa surface {fig. 460), le C. réniforme ou en haricot, etc. Ces différents agents cautérisent plus ou moins profondément, suivant qu’on les fait rougir plus ou moins; ce qui a fait distinguer les différents degrés de chaleur par les mots de rouge brun ou obscur, rouge cerise et rouge blanc ou incandescent. Pour la médecine vétérinaire (voyez Cautérisation).
2" Le nom de cautère désigne encore un petit ulcère artificiel, arrondi ou elliptique, dont on entretient la suppuration au moyen d’un corps étranger ; on Fa encore appelé fonticule, exutoire. Le cautère peut se placer sur presque toutes les parties du corps, mais particulièrement aux membres, le long et sur les côtés de la colonne vertébrale, sur la poitrine, sur les flancs, à la nuque; mais c’est particulièrement au bras, à la cuisse et à la jambe. Au bras, c’est dans l’enfoncement qui correspond à l’insertion du deltoïde ; à la cuisse, dans la dépression qui existe au-dessus de la partie interne du genou ; à la jambe, à trois ou quatre travers de doigt au-dessous et en dedans du genou, entre le muscle jumeau interne et le tendon du couturier. Le cautère peut s’établir par une incision avec le bistouri, dco°',0i6 à 0'",0i8 de longu ur, pénétrant jusqu’au tissu cellulaire sous-cutané; on place dans la petite plaie, une boulette de charpie, pour la tenir ouverte ; au bout de trois ou quatre jours, on panse avec un poison un morceau de racine d’fnî préparé à ce: effet. D’autres fois, on le fait avec un morceau de pierre à cautère gros comme une lentille, que l’on place dans l’ouverture d’un petit emplâtre fenêtré, appliqué sur le point où on veut ouvrir le cautère, trois ou quatre heures après, on lève l’appareil et on a une tache grisâtre de (i'",016 de diamètre; c’est l’eschare qui tombera en laissant une petite plaie dans laquelle on mettra tous les jours un pois à cautère pour entretenir la suppuration (voyez Pois a cautères). Ce dernier procédé pour ouvrir un cautère est préférable à l’incision; comme il y a une certaine perte de substance, il a moins de tendance à se guérir. F — N.
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