SUBSTANCES
de
latente
fusioi
à l'ét. solid.
à l’étal liq.
de
fusion.
Eau
Phosphore
Soufre
Brome
Nitrate de soude
Nitrate de potasse...
Chlorure de calcium
hydraté
Etain.
Bismuth
Plomb
Zinc
Mercure
Chaleur latente de volatilisation. — La quantit de chaleur absorbée par l’eau pour se vaporiser san changement de température est beaucoup plus grand encore que la chaleur de fusion de la glace. Dès que di
l’eau pure est arrivée au point où elle bout, elle reste au môme degré, quelle que soit l’ardeur du foyer, jusqu’à ce que la dernière goutte en ait disparu. L’énorme quantité de chaleur qu’elle reçoit est emportée à l’état latent par la vapeur.
C’est encore Black, et après lui Watt, son élève, qui s’occupèrent les premiers de cette chaleur latente ; mais les résultats les plus précis sont dus à M. Despretz, et surtout à M. Régnault.
Dans les expériences de M. Despretz, la vapeur d’eau bouillante provenant d’une cornue chauffée, pénétrait dans un serpentin entouré d’eau froide, où elle se condensait ; la chaleur qu’elle perdait était reçue par l’eau dont la température montait d’une quantité correspondante. En comparant le poids de la vapeur condensée au nombre de degrés dont l’eau du calorimètre s’échauffait, M. Despretz en conclut que 1 kil. d’eau à lOO®, pour se transformer en vapeur à 100°, absorbe 533 calories qu’elle abandonne quand elle revient à l’état d’eau à 100°.
Les expériences de M. Régnault furent faites à des températures très-variées, à l’aide d’un appareil qui lui permettait d’opérer sur de grandes quantités de vapeur, Le tableau suivant résume les résultats obtenus par ce savant et contient, outre les chaleurs latentes, la quantité totale de chaleur qu’il faut donner à 1 kil. d’eau à 0°, pour la porter à une température quelconque et la vaporiser à cette température. Du reste, que de l’eau se transforme en vapeur à 80°, par exemple par simple évaporation ou par ébullition, elle emporte toujours la même quantité de chaleur.
Chaleurs latentes de la vapeur d’eau, à diverses températures.
TEMPÉR.
CHALEUR
latente.
CHALEUR
totale-
j TEMPÉR.
CHALEUR
latente.
CHALEUR
totale.
Ces résultats peuvent être assez exactement représentés par la formule
dans laquelle G représente la quantité totale de chaleur qu’il faut donner à 1 kil. d’eau à la température 0, pour le transformer en vapeur à la température T. Cette chaleur totale croît avec T ; mais la chaleur latente de vaporisation diminue à mesure qu’augmente la température à laquelle a lieu la vaporisation.
Les nombres suivants sont dus à MM. Favre et Silberman.
Chaleurs latentes de vaporisation de divers liquides À la température de leur éhulHtîon*
liquides.
TEMPÉRÂT.
d’ébullition.
CHALEUR
latente.
CHALEUR
spécifique.
Eau
Carbure d'hydrogène
Esprit de bois -
Alcool absolu
Alcool valérique
Alcool éthalique
Ether sulfurique
Ether valérique
Acide formique
Acide acétique
Acide butvrique
Acide valérique
Ether acétique
Butyrate de méthvlène. ...
Essence de térébenthine...
Térébèue
Essence de citron
De tous les corps, c’est l’eau dont la chaleur latente est la plus considérable. Voyez à l’article Machines a VAPEUR les résultats de ce fait (voyez Vapeur).
CHA
CHA
L’absorption de 4a chaleur latente qui accompagne toujours la transformation d’un liquide en vapeurs nous fournit l’explication d’un grand nombre de phénomènes naturels. C’est elle qui produit le sentiment de fraîcheur et môme de froid que nous éprouvons quand nos mains sont mouillées d’eau, d’alcool ou d’éther qui s’y vaporisent plus ou moins rapidement. L’abaissement de température observée dans les alcarazas, vases poreux qui laissent suinter au travers de leurs parois de l’eau qui se vaporise à leur surface est dû à la même cause ; c’est elle encore qui nous aide à maintenir constante la température do notre corps, môme au milieu des chaleurs les plus vives de l’été, lorsque la transpiration cutanée peut s’effectuer chez nous sans entraves. Le froid produit par l’évaporation de l’eau dans le vide peut être assez intense pour congeler ce liquide. Dans les mômes conditions, l’acide carbonique liquide produit un froid de près de 90" au-dessous de zéro ; l’oxyde d’azote un froid de 110" au-dessous de zéro.
Chaleur rayonnante. — Chaleur qui émane ou rayonne des corps chauds, et se propage au travers du vide ou de certains corps (air, eau, verre...) comme le fait la lumière. La propriété qu’ont les corps d’émettre ainsi de la chaleur rayonnante s’appelle pouvoir émi ssif ow. rayonnant; la propriété qu’ont certains corps de se laisser traverser par la chaleur rayonnante est nommée diathermanie ^ et ces corps eux-mômes sont dits diathermanes^ tandis que les corps qui ne jouissent pas de cette propriété sont dits athermanes.
La chaleur rayonnante se comporte dans l’espace exactement comme la lumière; elle se propage en ligne droite dans les milieux homogènes ; elle peut traverser le vide, puisqu’elle nous arrive du soleil en quantité considérable; elle s’y propage avec une rapidité comparable à celle de la lumière qui est de 70 000 lieues par seconde, puisque dans toutes les éclipses de soleil, on n’a jamais remarqué que les rayons de chaleur aient disparu ou reparu après l’éclipse plus tôt ou plus tard que les rayons lumineux, et cette conclusion a été vérifiée par des expérv.nces directes.
L’intensité de la lumière rayonnante en divers points de son parcours, varie d’une manière inversement proportionnelle au carré des distances comptées à partir de la source de chaleur. Ainsi, par exemple, si nous placions le réservoir d’un thermomètre successivement à des distances 1, 2, 3,... de la flamme d’une bougie, les quantités de chaleur qu’il recevrait décroîtraient comme les nombres 1, 1/4, 1/9,... pourvu toutefois que l’on puisse négliger la chaleur absorbée par l’air pendant le trajet. Le soleil n’est pas plus loin de nous quand il se couche que lorsqu’il est au zénith, et cependant ses rayons sont beaucoup moins chauds dans le premier cas que dans le second. C’est que, dans le premier cas, ces rayons ont traversé avant d’arriver jusqu’à nous une couche d’air plus épaisse, dans une direction plus oblique et qu’une plus forte proportion en ont été éteints ou déviés de leur direction.
Le pouvoir échauffant d’un faisceau de rayons de chaleur est d’autant plus faible que la surface qui les reçoit est plus inclinée sur leur direction ; aussi, les terrains en pente dont l’inclinaison est dirigée vers le midi sont-ils plus chauds que ceux dont l’inclinaison est dirigée vers le nord. C’est également une des causes de la diminution graduelle de la température à la surface du sol, à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur ou que, dans un môme lieu, on s’éloigne de l’heure de midi. Nous devons ajouter, toutefois, que l’absorption de chaleur solaire par la couche atmosphérique joue le principal rôle dans ces deux derniers phénomènes.
La chaleur rayonnante se réfléchit à la surface des corps polis, suivant les mômes lois que la lumière, car si on expose un miroir concave aux rayons solaires, là où viendront converger les rayons lumineux viendront aussi converger les rayons de chaleur (voyez Miroirs, Miroirs ardents).
La chaleur rayonnante en traversant les corps diatherm ânes est déviée de sa direction rectiligne ou réfractée comme la lumière, et suivant les mômes lois ; car si nous exposons aux rayons solaires une lentille convergente, là ou viendront se concentrer les rayons de lumière viendront également converger les rayons de chaleur.
Enfin, la chaleur rayonnante éprouve les mômes effets de polarisation, de double réfraction, à' interférence, que la lumière (voyez ces mots).
La chaleur rayonnante n’est pas plus homogène que la lumièn' blanche ; elle se compose, comme elle, d’une in-
finité de payons de chaleur jouissant de propriétés distinctes et doués en particulier de réfrangibilités inégales; aussi, lorsque nous faisons tomber un faisceau de rayons solaires sur un prisme, tous les rayons de chaleur qui composent le faisceau, inégalement déviés, se séparent et produisent un spectre calorifique, occupant toute l’étendue du spectre lumineux et le dépassant même, du côté du rouge, d’une quantité égale environ à la longueur du spectre lumineux, quand le prisme est en sel gemme. Les rayons qui forment cette dernière partie du spectre calorifique sont dits rayons de chaleur obscure, et les autres, rayons de chaleur lumineuse, sans qu’on soit en droit d’en conclure que les rayons de lumière et les rayons de chaleur lumineuse soient une seule et même chose, ces deux espèces de rayons se réfractant de la même manière; mais on peut les isoler les uns des autres par l’interposition de certains milieux qui arrêtent les premiers et laissent passer les seconds, ou réciproquement. On n’est pas plus en droit d’affirmer que les rayons de chaleur et les rayons de lumière aient une origine distincte ou soient d’essences différentes. Les différences capitales qu’ils présentent, sous le rapport de leurs propriétés physiologiques et physiques, pouvant tenir à un mode particulier de vibration de l’éther par lequel ils se propagent.
De môme que certains corps (les corps colorés) réfléchissent ou laissent passer au travers de leur substance certains rayons de lumière, tandis qu’ils arrêtent les autres (voyez Couleurs) ; de môme la plupart des substances diathermanes se laissent plus facilement traverser par certains rayons de chaleur que par d’autres; ce qui constitue le thermochroïsme. Toutefois, les rayons de chaleur sont généralement d’autant plus transmissibles, que dans le spectre ils se rapprochent plus de la lumière bleue, et d’autant moins qu’ils s’en éloignent davantage; en sorte que la plupart des corps seraient bleus pour la chaleur. L’expérience démontre, de plus, qu’un faisceau de rayons de chaleur de môme intensité thermométrique renferme une proportion de rayons facilement transmissibles d’autant plus forte qu’il émane d’une source de chaleur à température plus élevée. Ce fait, dont les conséquences sont pour nous de la plus haute importance, peut être mis en évidence de la manière suivante : Une boîte en bois à parois épaisses et noircies intérieurement est fermée par une glace de verre que l’on expose per- > pendiculairement à l’action des rayons solaires. La chaleur solaire, émanant d’une source à température extrêmement élevée, traverse facilement le verre. En tombant i sur les parois noircies de la boîte, elle est absorbée par | elles, transformée en chaleur obscure qui ne peut plus | traverser le verre qu’avec une extrême difficulté. La cha- | leur s’accumule donc dans la boîte jusqu’à ce que la t perte par les parois égale le gain par la glace. La tem- j pérature peut s’élever ainsi jusqu’à 60 ou 65". Un effet | analogue, quoique moins marqué, se manifeste sous les i cloches ou châssis des jardiniers, dans les serres. L’air f lui-même jouit de la môme propriété que le verre; et I c’est à cette circonstance que nous devons de jouir à la ! surface du sol dans nos climats d’une température moyenne | de 10 à 12" au-dessus de zéro, tandis que les espaces dans f lesquels se meut la terre sont à une température de 80 \
à 100" au-dessous de zéro. Sans cette protection de notre 1 atmosphère ou sans la particularité que présente sa cha- ^ leur rayonnante, la terre serait gelée sur toute la surface, i La chaleur rayonnante a été étudiée particulièrement » par Newûon, Leslie, Rumford, mais surtout par Melloni, i qui a) apporté dans ses recherches un degré de préci- 7 sion inconnu avant lui dans ce genre de phénomènes, 1 grâce à la pile thermo-électrique de Nobili qu’il sut perfec- j tionner et adapter à ses besoins. Ses expériences ont été ï reprises et continuées par MM. La Provostaye et Desains. ( Chaleur solaire. — Chaleur qui nous est envoyée par le soleil. Elle entre pour une large part dans les varia- t tiens de température et de climats que nous rencontrons i à la surface du globe. ]
M. Pouillet est parvenu, dans un beau travail, à éva- j luer avec un certain degré d’approximation la quantité | totale de chaleur qui nous est versée annuellement par jj le soleil, et il est arrivé à ce résultat que si cette chaleur ^ était uniformément répartie à la surface de la terre, elle ^ serait capable d’y fondre une couche de glace de 30™, 89 I d’épaisseur ; il a conclu des mômes expériences que la ^ chaleur totale qui émane du soleil serait suffisante pour | fondre chaque jour une couche de glace de 16 962 mètres I ou de quatre lieues et quart. ... , j
La chaleur solaire n’est pas la seul© qui arrive jusqu’à |
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nous. Bien que la température des espaces planétaires soit, toujours d’après M. Pouillet, d’environ 140“ au-dessous de zéro, ces espaces nous enverraient encore annuellement une quantité de chaleur capable de fondre sur toute la surface du globe une couche de glace de 26 mètres d’épaisseur, c’est-à-dire presque autant que le soleil, ce qui tient à ce que le soleil n’occupe, par rapport à la terre, que les cinq millionièmes de la voûte céleste, et qu’il doit, par conséquent, à égalité de surface, envoyer 200 000 fois plus de chaleur pour produire le même effet.
Enfin, la terre elle-même possède encore à l’intérieur une portion notable de sa chaleur primitive, et cette chaleur, pénétrant peu à peu jusqu’à sa surface, contribue aussi pour sa part à en élever la température (voyez Chaleur terrestre, Atmosphère, Climat).
Chaleur spécifique. — Quantité de chaleur absorbée par 1 kil. d’un corps pendant que sa température monte de 1“ et qu’il restitue, quand sa température redescend, au contraire, de ï“.
Black et Irwine, de Glascow, paraissent avoir constaté les premiers que les divers corps, sous le môme poids, absorbent des quantités très-inégales de chaleur pour s’échauffer d’un môme nombre de degrés, et cherchèrent à préciser ces différences. Crawford, en Angleterre, et Wilke, en Suède, s’occupèrent en môme temps de la môme question; mais les physiciens qui l’ont traitée avec le plus de soin sont Lavoisier et Laplace, Petit et Dulong, Delaroche et Bérard, de La Rive et Marcet, et plus récemment M. Régnault.
Lavoisier et Laplace employèrent à cet effet leur calorimètre de glace^ dont nous donnons une coupe {fig. 484). Le corps, préalablement chauffé à 10Ü“, était plongé dans l’intérieur d’un vase A contenant une double enceinte garnie de fragments de glace fondante. L’enceinte intérieure BB, destinée à recueillir la chaleur perdue par le corps chaud communiquait au dehors par un robinet E servant à écouler l’eau provenant de la fusion de la glace ; l’enveloppe extérieure CG, servant simplement à préserver Fis
la première du contact de l’air, communiquait également au dehors par un second robinet F. De la quantité de glace fondue par le corps et recueil-
térieur marquât 20“, puis dans la glace fondante, et on mesurait le temps nécessaire pour que le thermomètre descendît de i5 à 10°. Plus le corps contenait de chaleur, plus il mettait de temps à se refroidir, sa surface et le milieu restant les mômes. Ce procédé est généralement peu exact.
Il en est autrement du procédé suivi par M. Régnault»
Fig. 484. — Calorimètre de Laplace et Lavoisier.
485. — Appareil de M. Régnault, pour les chaleurs specific^ues.
Nous donnons ici une coupe de l’appareil dont s’est servi ce dernier physicien. La substance à essayer est renfermée dans un petit panier P en fils de laiton très-fins, formé par une double enveloppe cylindrique de manière à laisser en son centre un espace vide dans lequel pût se loger le réservoir d’un thermomètre T. Ce panier est suspendu au milieu d’un cylindre de fer-blanc D fermé à ses deux extrémités par deux bouchons mobiles de même métal et entouré d’une double enveloppe CG dans laquelle circule de la vapeur d’eau bouillante. C’est là que le corps s’échauffe jusqu’à un degré voisin de 100°. Sur la gauche est placé un petit chariot cc' portant un vase de cuivre V très-mince rempli d’eau dont la température est très- exactement marquée par un petit thermomètre t. Ce chariot est abrité contre la chaleur de la première partie de l’appareil par un écran mobile en bois I.
Lorsque la température du panier est stationnaire, on soulève l’écran, on fait glisser le chariot sous le cylindre D, on laisse tomber le panier dans l’eau, on ramène le chariot dans sa première place et on suit la marche du thermomètre t. De l’élévation de température de l’eau on déduit la chaleur perdue par le corps.
Le tableau suivant renferme quelques-uns des résultats obtenus.
lie dans le vase I, on déduisait la quantité de chaleur abandonnée par celui-ci, sachant que 1 kil. de glace à 0“ absorbe 79,25 calories pour fondre sans changement de température.
Dulong et Petit opéraient d’une manière moins directe. La substance qu’ils voulaient soumettre à l’expérience était renfermée dans un petit vase d’argent ou dans un réservoir de verre à surface argentée, dans l’axe duquel était placé un thermomètre. Le tout était introduit dans un vase de cuivre dans lequel le vide était fait aussi exactement que possible. L’appareil ainsi disposé était plongé dans de l’eau chaude jusqu’à ce que le thermomètre in-
Ces résultats mettent en évidence une loi remarquable reconnue d’abord par MM. Dulong et Petit pour les corps simples, puis étendue aux corps composés d’abord par New^man, puis par M. Régnault. Cette loi consiste en ce que les chaleurs spécifiques des corps simples sont en raison^ inverse de leurs poids atomiques^ de sorte que le produit de ces quantités est constant ou à peu près. D’après les derniers travaux de M. Régnault, les chaleurs spécifiques des corps composés ayant môme formule seraient également en raison inverse de leurs poids atomiques. Ces lois, toutefois, ne peuvent pas être vérifiées d’une manière absolue, la capacité calorifique d’un môme corps variant d’une manière très-sensible avec sa tempé-
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CHA
rature et son état d’agrégation, comme l’ont montré les expériences de M. Régnault.
Tableau de» chaleur» spécifiques des solides et des liquides.
Eau
Antimoine 0,05077
Argent 0,05601
Arsenic 0,08140
Bismuth 0,03084
Cadmium 0,05669
Charbon de bois. 0,24150
Cuivre 0,09515
Diamant 0,14680
Etain 0,05623
Fer 0,11379
Iode 0,05412
Acide acétique . . 0,6589
Alcool à 36o 0,6725
Benzine 0,3952
Laiton 0,09391
Mercure 0,03332
Or 0,03244
Phosphore 0,18870
Platine 0,03243
Plomb 0,03140
Plombagine 0,21800
Soufre 0,20259
Verre 0,19768
Zinc 0,09555
Esprit de bois... 0,8009
Ether 0,5157
Térébenthine .... 0,4269
Chaleurs spécifiques des gaz et vapeurs. — Elles sont le plus souvent rapportées à l’unité de volume, et non à l’unité de poids. Les premières déterminations précises qui en aient été faites sont dues à MM. Delaroche et Bérard. Le gaz traversait un tube où il se trouvait chaufi’é par de la vapeur d’eau, puis il pénétrait dans un serpentin entouré d’eau froide, où il perdait la chaleur qu’il avait reçue et qu’on pouvait ainsi mesurer.
Ces expériences ont été reprises par MM. Delarive et Marcet, et tout récemment par M. Régnault, avec toute la précision qu’exigeait un sujet dont l’importance est devenue capitale pour la théorie des machines à vapeur.
Voici le tableau des résultats obtenus pour les gaz simples ; ils sont rapportés aux volumes.
Tableau des chaleurs spécifiques des gax simples.
Chai, spêcif. C. Densité D. Produit CD.
Oxygène 0,2182 1,1056 0,2412
Azote 0,2440 0,9713 0,2370
Hydrogène 3,4046 0,0692 0,2356
Chlore 0,1214 2,4400 0,2982
Brome 0,0555 5,39 0,2992
Les nombres de la quatrième colonne sont proportionnels aux quantités de chaleur qui élèveraient de 1° l’unité de volume des différents gaz ; pour avoir ces quantités elles-mêmes, il faudrait multiplier ces nombres par ~ qui représente le rapport de la densité de l’air à celle de l’eau.
Dans toutes les expériences dont les résultats sont relatés plus haut, les gaz ou vapeurs se sont dilatés en môme temps qu’échauffés; mais en augmentant convenablement la pression qu’ils supportent, on peut empêcher cette dilatation d’avoir lieu. On trouve alors que la chaleur absorbée par un môme gaz pour une môme variation de température est moindre que précédemment. Les gaz ou vapeurs absorbent donc de la chaleur pour se dilater simplement sans changement de température ; et en effet, si on comprime fortement un gaz, on le voit s’échauffer an ronge (V Briquet pneumatique); si on le dilate au contraire brusquement, sa température baisse par l’absorption d’une portion de sa chaleur sensible. Ce dernier phénomène joue un rôle important dans le travail de la vapeur par détente (voy. Vapeur [Machines aJ , Détente). C’est grâce à lui que l’on peut plonger sans danger la main dans un jet de vapeur qui s’échappe avec violence d’une chaudière où l’eau bout à une température de L50 à 200°, ce que l’on ne pourrait pas faire avec de l’eau bouillant à 100". La vapeur comprimée dans la chaudière se dilate brusquement en arrivant à l’air libre, et sa température y descend en môme temps jusqu’à 30 ou 40".
Chaleur terrestre. — Chaleur accumulée dans le sein de la terre. L’examen des faits géologiques a conduit à cette opinion, aujourd’hui généralement admise, que la terre a été jadis dans un état d’incandescence et de fusion. Une grande partie de cette chaleur s’est dispersée dans les espaces interplanétaires, et son départ de notre globe a donné naissance à des phénomènes d’un grand intérêt. Le refroidissement s’opérant par la surface, une croûte solide s’est formée autour du noyau central resté liquide jusqu’à nos jours et l’enveloppe comme d’un vêtement qui l’abrite du froid extérieur. Cette croûte solide a d’abord perdu de sa chaleur propre ; elle se contractait à mesure que sa chaleur baissait, tandis que le noyau central conservait sensiblement son volume. L’immense vase clos formé par elle devenait donc peu à peu trop petit pour la masse liquide qu’il tenait enserrée; il a dû
éclater à certaines époques, et d’énormes quantités de matière en fusion se sont écoulées par les fractures et déversées à sa surface. Par les progrès du refroidissement, ces matières se sont solidifiées à leur tour; elles ont cicatrisé les plaies de la croûte terrestre, rétabli sa continuité jusqu’à ce que la même cause, reprenant son cours, ait ramené les mômes effets.
Mais il est arrivé une époque où l’équilibre des températures s’est trouvé constitué dans l’enveloppe solide et où la plus grande partie de la chaleur perdue a été fournie par le noyau central ; les phénomènes ont alors changé d’aspect. Dans ces conditions, qui se sont perpétuées jusqu’à nos jours, c’est au contraire sur le noyau central que l’action du refroidissement s’est fait surtout sentir.
Ce noyau s’est donc contracté plus vite que l’enveloppe qui le recouvre, et il s’est présenté des époques où celleci, imparfaitement soutenue, s’est plissée de manière à suivre les décroissements de volume de la masse liquide.
Les plissements ont dù être accompagnés de rupture de la croûte et de rebroussement ou soulèvement des bords de la plaie.
Les causes des phénomènes géologiques ont donc été doubles ; mais il est difficile d’établir la limite où l’une d’elles a cessé pour faire place à l’autre. Les déchirures suivies d’éruptions plutoniques, ont pu être accompagnées de soulèvements déterminés par le courant des matières fondues. A la suite des plissements produits sous l’influence de la seconde cause, des fragments de l’enveloppe solide n’étant plus soutenus par la cohésion du système, ont pu plonger dans la masse fluide et faire | monter celle-ci à leur surface. Cependant, dans la série | des époques géologiques, il s’en présente où l’un des deux ordres de faits prédomine nettement sur l’autre.
Grâce à l’atmosphère, sorte de vêtement qui a une i large part dans la conservation de la chaleur terrestre ; i grâce à l’influence du soleil qui verse chaque année une \ énorme quantité de chaleur à la surface de notre globe, » le refroidissement de la terre est aujourd’hui d’une len- ? teur excessive ; mais la cause la plus puissante des révo- i lutions du globe n’en agit pas moins sourdement sous nos i pas, produisant de temps à autre, comme pour nous faire i toucher du doigt la perpétuité de son action, ces terribles j secousses qui renversent nos villes. !
Il n’est pas nécessaire de descendre bien avant dans le [ sein de la terre pour y acquérir des preuves de l’exis- [ tence de la chaleur qu’elle y conserve encore. La tem- .• pérature varie à sa surface à chaque instant du jour ; i mais si nous pénétrons au-dessous, nous voyons ces va- j riations diminuer de plus en plus et devenir nulles à une / profondeur de 25 à 30 mètres. Les caves de l’Observa- ♦ toire de Paris, qui vont à 30 mètres au-dessous de la surface du sol, sont rigoureusement au môme degré, 11", 82, { d’une extrémité à l’autre de l’année. Au-dessous de ce niveau, la température monte de plus en plus à mesure , qu’on s’enfonce davantage. C’est ainsi que les eaux du puits de Grenelle, qui jaillissent d’une profondeur de 548 mètres, ont une température de 27",7, ce qui correspond à un accroissement de 1" par 33 mètres de profondeur. En supposant que cette progression se maintînt, on atteindrait une température de I 500" ou du rouge blanc à une profondeur de 49 kil. L’épaisseur de la , croûte solide serait donc à peine la centième partie du rayon terrestre. M. D.
GHALLES (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Savoie) , arrondissement et à 4 kilomètres de Chambéry, où l’on trouve une source d’eau minérale froide, sulfurée sodique. Elle contient par litre : chlorure . de magnésium, I^^OIO; iodure de potassium, 0^%009; ■ bromure de sodium, O^^^IOO; sulfure de sodium, 0^S295, et quelques sels alcalins. Elle convient dans les scrofules i et les accidents tertiaires de la syphilis,
CHALOUPE cannelée (Zoologie). — Nom vulgaire de ,
V Argonaute argo (Mollusques).
CHALUMEAU (Chimie, Technologie). — Tubede cuivre * ou de fer-blanc ABGD [fig. 486) terminé à son extrémités supérieure par une embouchure F en ivoire ou en cornes et à son extrémité inférieure E par un bout de platine oui; de cuivre percé dans son axe d’une ouverture très-étroite,*
Si l’on tient cet appareil à la bouche et qu’on en approcb(i| le bout de la flamme d’une bougie (fig. courant d’air qui s’en échappe dévie la flamme et l’alF longe en un dard abc d’une température très-élevée. Oi.;i obtient ainsi une source de chaleur très-limitée, mais trèsli| active. On l’emploie en chimie à fondre des corps, à oxyjl! »( der ou réduire les combinaisons métalliques et même il les analyser pour en reconnaître la nature. Berzelius e»|
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plus récemment M. Platner ont écrit des traités spéciaux sur la chimie ainsi faite au chalumeau. Les orfèvres, les
émailleurs, les bijoutiers, les D E essayeurs de monnaie font également un fréquent usage de cet instrument pour des soudures de peu d’étendue, pour fondre des émaux ou faire des essais de tout genre.
Chalumeau a vapeurs combustibles. — Le chalumeau à bouche, très-commode tant qu’on opère sur de très-petits objets, devient trop faible ou trop fatigant dans un grand nombre de cas. On a recours alors au chalumeau à vapeurs combustibles brûlant des vapeurs d’essence de térébenthine chauffée, et imaginé par le comte Desbassayns, de Richement. Un flacon de verre à niveau constant alimente d’essence de térébenthine une petite chaudière en cuivre sous laquelle brûle une petite lampe à esprit de vin. Un thermomètre , dont le réservoir plonge dans la chaudière, sert à indiquer la température convenable pour opérer.
Un soufflet fournit un courant d’air forcé à deux tubes de caoutchouc, munis chacun d’un robinet. Le premier tuyau conduit l’air dans la chaudière à la surface de l’essence de térébenthine d’où il ressort chargé de vapeurs combustibles. En allumant le jet, on a d’abord une flamme Fig. 486. — Chalumeau. molle et blanchâtre, mais si
on fait arriver l’air par le second robinet, la flamme acquiert aussitôt une couleur bleuâtre vive et une température extrêmement élevée. Cette flamme est en forme de dard quand on veut l’employer aux soudures ou au travail du verre ; mais si on
veut la faire servir à fondre ou calciner des corps en chimie, on peut lui donner la forme d’une couronne enveloppant le corps à traiter.
Chalumeau aérhydrique. — Dans ce chalumeau, d’une très-grande énergie, la vapeur d’essence de térébenthine est remplacée par de l’hydrogène. Voici l’appareil imaginé à cet effet par M. Desbassayns. Une première caisse inférieure, munie d’un double fond, est remplie de rognures de zinc par une porte que l’on ferme ensuite hermétiquement. Au-dessus de cette caisse s’en trouve une seconde dans laquelle on introduit un mélange d’eau et d’acide sulfurique manquant 20° à l’aréomètre Baumé. Cette seconde caisse communique avec la première au moyen d’un tube plongeant jusqu’au fond de celle-ci. Un second tube à robinet part au contraire du sommet pour venir déboucher dans un compartiment distinct, dans lequel on verse à l’avance un peu d’eau, et débouchant à l’extérieur par une tubulure. Lorsqu’on veut se servir de cet appareil après l’avoir chargé de zinc et d’acide, on établit la communication entre les deux caisses, l’acide descend, en chassant devant lui l’air qui se trouve avec
le zinc ; en même temps, l’acide, arrivant au contact du zinc, donne lieu à un dégagement très-rapide d’hydrogène. Tout l’air est rapidement chassé; on ferme alors le robinet. Le dégagement d’hydrogène continuant, ce gaz refoule l’eau acidulée dans le vase supérieur jusqu’à ce qu’il ne touche plus le zinc et que son action sur lui cesse. L’appareil est alors prêt à fonctionner.
Le chalumeau proprement dit est formé par un tube de cuivre à calibre intérieur très-étroit auquel viennent aboutir deux tubes de caoutchouc munis à leur jonction de deux robinets. L’un des tubes est monté sur la tubulure du générateur d’hydrogène. L’autre vient communiquer avec un soufflet donnant un courant d’air forcé. L’hydrogène arrive donc à l’extrémité du chalumeau tout mélangé d’air, et quand on y met le feu, il donne un dard allongé d’une température extrêmement élevée. Pendant que l’appareil fonctionne, l’eau acidulée vient mouiller le zinc de manière que l’hydrogène qui se forme puisse alimenter le chalumeau, pour remonter ensuite dans le réservoir supérieur. Ces deux appareils ont singulièrement perfectionné l’industrie des soudures; on peut ainsi, par exemple, facilement souder le plomb di- . rectement (soudure autogène). Le bec du chalumeau étant placé à l’extrémité d’un tube de caoutchouc, l’ouvrier tient à la main un véritable outil de feu capable de produire les effets les plus variés et les plus intenses.
Chalumeau a gaz oxyhydrogène. — Dans ce chalumeau, plus énergique que tous ceux qui précèdent, l’air mélangé à l’hydrogène est remplacé par de l’oxygène pur, ce qui permet à la flamme d’acquérir une température encore plus élevée. Le soufflet du chalumeau aérhydrique est alors remplacé par un gazomètre à oxygène. Les deux gaz sont quelquefois mélangés à l’avance dans un seul gazomètrje dans la proportion de 2 volumes d’hydrogène et 1 volume d’oxygène. Dans le but de prévenir les effets de l’explosion terrible qui se produirait inévitablement par la transmission du feu de l’extrémité du chalumeau au gazomètre, on loge dans le tube, vers son extrémité, une dizaine de toiles métalliques transversales très-fines destinées à arrêter la flamme. On préfère cependant ne réunir les deux gaz qu’en un point voisin de celui où la combustion a lieu. M. D.
CHAMÆCERASUS (Botanique). — Nom d’une espèce de Chèvrefeuille et de Cerisier,
CHAMÆDORÉE (Botanique), Chamœdorea^ Wildw, du grec chamai^ à terre, et dùrea, don. — Genre de Palmiers^ tribu des Arécinées. Il comprend de petits arbres habitant les régions chaudes de l’Amérique, et particulièrement le Mexique et la Colombie. Caractères principaux ; fleurs dioïques; les mâles ont un calice en cupule,
3 pétales arrondis ; 6 étamines ; leS femelles, un calice à 3 lobes; 3 pétales ; ovaire à 3 loges; 3 stigmates petits, aigus; baie arrondie, et ne renfermant qu’une graine. On compte environ une quarantaine d’espèces de ce genre. Jusqu’à présent, les serres chaudes d’Europe n’en possèdent guère que vingt-six. Plusieurs sont cultivées au Jardin des Plantes.
CHAMÆDRYS (Botanique), du grec chamai, par terre, et drus^ chêne ; petit chêne. — Nom spécifique donné à deux plantes herbacées dont le feuillage ressemble en petit à celui du chêne. L’une est une Véronique indigène {Ver, chamædrys, Lin.), petite plante vivace à tiges rampantes et poilues, et à fleurs bleues ou carnées, disposées en grappes lâches (voyez Véronique); l’autre est la Germandrée petit chêne [Teucrium chamœdrys^Wn,)^ petite herbe un peu aromatique et à saveur amère, un peu âcre, fleurs disposées par 2-6 en faux verticilles d’un rouge pourpre (voyez Germandrée). Le mot chamœdrops à la même signification.
GHAMÆROPE (Botanique), Lin., du grec
chamai, à terre, et rôpes, broussailles : petit arbre. Ce genre possède les palmiers les plus petits. — Genre de la famille des Palmiers^ tribu des Coryphinées. Ils ont 2-4 spathes incomplètes ; les fleurs mâles ont un calice tripartit, corolle à 3 pétales, 6-9 étamines; fleurs hermaphrodites ; 3 ovaires distincts ; 3 baies ou moins, à une graine. Les chamæropes sont ordinairement des palmiers presque sans tige. Le C. Palmiste, palmier nain {C. humilis, Lin.),^ est souvent à peine élevé de 2 mètres ; mais il peut atteindre jusqu’à iO mètres, peut-être par l’influence du climat. Ses feuilles sont palmées, multifides, roides. Ce palmier est le seul qui croisse en Europe. On le rencontre assez communément en Espagne et même à Nice. En Algérie, il est très-abondant. L’économie domestique des Arabes tire parti de cette espèce. Avec les feuilles, on fabrique des paniers et des nattes. Les jeunes
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pousses et les fruits à pulpe douce et mielleuse se mangent. Le tronc donne de la fécule.
CHAMBRE NOIRE, Chambre obscure. — Instrument servant à produire sur un plan l’image réelle des objets extérieurs. Dans sa construction la plus simple, elle se compose d’une lentille convergente adaptée à l’ouverture du volet d’une chambre d’ailleurs complètement fermée à la lumière. Tous les rayons lumineux émanant des objets extérieurs et qui traversent la lentille, viennent peindre en arrière d’elle les images de ces objets eux-mêmes (voyez Lentilles convergentes). Lorsqu’on peut faire abstraction de cette inégalité de distance et qu’on place une feuille de papier blanc en un lieu convenable en arrière de la lentille, toutes les images s’y dessinent avec netteté et avec les couleurs des objets eux-mêmes ; mais elles y sont renversées.
La chambre noire, employée autrefois seulement comme la chambre claire à la reproduction des objets par le dessin, a acquis une très-grande importance depuis la découverte de la photographie (voyez ce mot). Aussi sa construction a-t-elle reçu successivement d’importants perfectionnements.
Dans la photographie, ce n’est pas, à proprement parler, l’image lumineuse des objets qui doit se peindre sur la plaque ou la feuille de papier sensibilisée, mais leur image chimique ou formée par les rayons chimiques de la lumière. Or, avec les lentilles simples ordinaires, ces deux images ne coïncident pas, n’occupent pas le même lieu de l’espace, et comme on ne peut voir que la première, on ne peut trouver le lieu exact de la seconde que par tâtonnement. Tout en travaillant les lentilles avec tout le soin possible pour que leurs effets eussent toute la netteté désirable, il a donc fallu les composer d’une manière spéciale pour l’objet proposé. D’un autre côté, comme la distance d’une image â la lentille qui la produit varie avec la distance de son objet à cette même lentille, on a dû construire la caisse de la chambre obscure et la monture de sa lentille, de telle sorte que la distance de cette lentille au fond de l’appareil où se trouve disposée la lame impressionnable pût être variée dans les limites convenables et avec assez de lenteur pour que la mise au point fût toujours facile. Les instruments livrés par les bons constructeurs ont acquis, sous ces divers rapports, un degré de perfection remarquable.
On attribue l’invention de la chambre noire à Baptiste Porta, qui en donne une descrijitioii dans sa Magia naiuralis (1587). Elle semble, toutefois, avoir été connue, bien antérieurement, par Roger Bacon.
CHAMBRES de l’oeil (Anatomie). — On distingue dans l’œil la chambre antérieure et la chambre postérieure. La première est l’espace compris entre l’iris et la cornée transparente. La seconde est située derrière l’iris, entre cette membrane et celle qui renferme l’humeur vitrée; elle est très-petite : quelques anatomistes appliquent ce nom à tout l’espace circonscrit par la sclérotique et l'iris; dans ce cas, elle est beaucoup plus grande (lue la chambre antérieure (voyez Œil).
Chambre claire. Caméra lucida. — Petit instrument servant, aux dessinateurs ou paysagistes, à reproduire l’image exacte des objets, d’un édilice ou d’un paysage.
Il se compose d’un prisme de verre à quatre faces dont deux AB et AC se coupent à angle droit, tandis que les
deux faces opposées BD et DC se rencontrent sous un angle obtus de 135". Ce prisme est porté liorizontalement sur un pied et peut librement tourner autour de son axe. La face AB est tournée vers les objets que l’on veut reproduire, la face AC est recouverte d’un écran percé d’une ouverture allongée de quelques millimètres d’étendue et disposée dans le voisinage de l’arête C, de manière à dépasser le T » prisme d’une quantité
variable. L œil placé au-dessus de cette ouverture reçoit donc deux espèces de rayons, les uns qui viennent ’du prisme, les autres qui ont passé à côté. Les premiers émanent des olijets extérieurs, et après avoir subi sur les surfaces DB et DG deux réflexions, comme sur de véritables miroirs, ils se relèvent à peu près verticale-
ment pour donner lieu à une image située dis la direction qu’ils possèdent en quittant le prisme, -ette image vient donc se projeter sur le papier P où on \ut la reproduire. En môme temps des rayons luminet venant do ce papier et du crayon qui s’y promène e rasant l’a- ' rôte G du prisme pénètrent dans l’œil O qi se trouve alors impressionné simultanément par deir images superposées. Le dessinateur peut donc suivi avec son crayon les contours qu’il veut reproduirf Toutefois, comme notre œil a besoin de s’approprier ux diverses distances des objets pour que nous puissns les voir avec netteté, ces deux images superposée; et très-inégalement distantes produisent rapidement i sentiment do fatigue prononcé. Pour faire disparaitre>u diminuer cet inconvénient, la chambre claire est nlinairement munie de verres colorés ayant pour but ’égaliser la teinte ou l’éclat des deux images et de vei s divergents pour égaliser les distances auxquelles sont ics j;ar i’œil ces deux mêmes images ou pour égaliser la o ergence des rayons lumineux qui les produisent en pénétrit dans l’œil.
La chambre claire a été imaginée par Vdlaston, modifiée par Ainici, de Modène, porfectionn; en dernier lieu par M. Ch. Chevalier et M. Lauseda. l’est un instrument très-portatif et très-commode pouvit servir par tous les jours possibles (voyez Dispersh , Lentilles, Réelexion).
CHAMEAU (Zoologie), Camelus lAn. kamêlos Grecs. — Genre de Mammifères ruminant sans cornes. Dans la classification adoptée par M. P. G vais, ils forment, avec le genre Lama, la famille des améUdés. Ils se rapprochent plus que les autres de Irdi voisin, les Pachydermes. Non-seulement les chanau. >ut toujours des canines aux deux mâchoires, ma encore deux dents pointues enfoncées dans l’os incisil six incisives en bas, dix-huit ou vingt molaires; les o-scaphoïde et cuboïde du tarse séparés. Ces caractères s distinguent très-nettement des autres ruminants. « Lir lèvre renflée et fendue, dit Cuvier, leur long cou.eurs orbites saillants, la faiblesse de leur croupe, la piportion désagréable de leurs jambes et de leurs piei, en font des êtres en quelque sorte difformes; mais h r extrême sobriété et la faculté qu’ils ont de passer lusiciirs jours sans boire les rendent de première utilité Ils ont à cet effet les côtés de la panse garnis de celluk dans lesqueL les il se retient ou se produit continnellemit de l’eau. » Ce sont de grands animaux de l’ancien coiinent dont on connaît deux espèces, toutes deux réduin depuis longtemps à l’état domestique. Le C. à deuabosses., C. de Bactriane., ou simplement Chameau [C. èftrmwMS,Lin.), originaire du centre de l’Asie, est plus gind que la seconde espèce, le Dromadaire, ses jambes mt moins hautes; son museau plus gros et plus renflé son poil plus brun, sa démarclie plus lente. Sans frler de cette forme disgracieuse du chameau que toude monde connaît, ce cou long et arqué vers le bas, cte tête petite, ce dos chargé de deux bosses, etc., noi. dirons seulement qu’il se fait remarquer par une larj callosité audessous du poitrail, et de petites au coud au genou des jambes de devant, à la rotule et au jarit de celles de derrière ; la femelle porte douze mois. Cei espèce habite le Turkestan, le Thibet, les frontières i la Chine ; on l’emploie comme bête de somme, et son is est plus sùr que celui du dromadaire. Le chameau de:end beaucoup moins vers le Midi que ce dernier. Le romadaire, C. d'Arabie, C. à une seule bosse (C. dro'eda)-ius, hin.), originaire d’Arabie, d’où il s’est répan .i dans tout le nord de l’Afrique, et dans une grande p’tie de la Syrie et de la Perse, etc., est celui des deux ri porte le plus loin la sobriété; il est plus léger et us propre â la course; sa bosse, placée sur le milieu \ dos, n’est jamais tombante comme on le remarque d is le chameau ; son poil est doux et laineux; d’un bac sale dans la jeunesse, il devient, avec l’âge, d’un gr roussâtre; il a des callosités comme l’autre espèce ; sa .die mesurée au garrot varie de 1“',70 à 2'ï',30. Elle est rdudre que celle du chameau. Les Arabes regardent C( animal comme un présent du ciel, sans le secours durel ils ne pourraient ni subsister, ni commercer, ni lyager. Le lait des dromadaires leur sert de nourritur ordinaire ; leur poil doux et moelleux sert à faire des offes pour leurs vêtements ; avec ces animaux, ils save'; franchir le désert qui, sans cela, serait inaccessible îls peuvent établir des communications avec des conües qui seraient absolument isolées du reste de laterz'eils peuvent parcourir des distances de 40 à 50 lieues, d on, en un jour. Le transport des marchandises se fait ar le moyen des
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dromadaires, et lacun d’eux peut porter une charge qui varie de 400 à600 kil., et faire, ainsi chargé, 10 à 12 lieues par jou Les dromadaires de course et ceux de charge peuvent nrcher ainsi dix à douze jours de suite ; ils se reposent seuleent le soir ; alors on leur ôte leur charge et on les laisse ptre ; mais le désert ne leur fournit pas toujours dans sesasis mômes une nourriture abondante. L’absinthe, Tort, le genêt, l’acacia et les autres végétaux épineux, forent la base de leur alimentation, qu’ils prennent ordinaement pour vingt-quatre heures. Cet animal peut se pser de boire pendant sept à huit jours ; mais alors il sent »au de fort loin et il y court rapidement, si elle est à sa ortée. Le dromadaire de course rend aussi de grands s’vices, comme il a été dit plus haut, et tout le monde se npelleque, dans la campagne d’Égypte, le général en chenonta avec ces animaux un régiment qu’on appela le rnment des dromadaires . Depuis notre conquête del’Algée, les dromadaires et les chameaux sont devenus des auxaires précieux, et on les eiuploie nonseulement dans ] Sahara, mais môme dans l’intérieur pour les charroisit les transports. Mais il est vrai de dire que c’est daj le Sahara, pour le service des caravanes, qu’ils jouit un rôle important. M. le général Carbuccia, qui î publié un excellent travail sur cette matière, reconna deux, races de dromadaires, l’une à formes massives, oployée surtout cômme bête de somme ; l’autre, à formes us sveltes, ce sont les Mahri ou Méhari qui fournissit ces courses fabuleuses dont nous avons parlé tout à’heure. « Les farouches pères du sabre (les Touaregs'dit M. Félix Mornan, montés sur le merveilleux mélim franchissent en un jour des distances énormes et fonden par un bond qu’on ne saurait mieux comparer qu’à cel du tigre, sur la caravane qu’ils ont pressentie de loin,vecun flair véritablement prestigieux et qu’ils suivent scvent à la piste, etc. »
Chameau (Zoolog). — Nom vulgaire d’une coquille du genre Strornbe {Stmbus Lucifer, Lin.).
Chameau léopat; ou plutôt Caméléopard (Zoologie). — Voyez Girafe.
Chameau marin Zoologie). — Espèce de Poisson du genre Coffre .
Chameau de riviie (Zoologie).— Les Égyptiens avaient donné ce nom au Eican (voyez ce mot). Ad. F.
CHAMOIS Antilope rupicapra^ Lin.; Isard
dans les Pyrénées. - Espèce de Mammifères ruminants^ du genre Antilope ce mot). C’est le seul ruminant de l’Occident de l’irope que l’on puisse comparer aux antilopes. Ses cormsont lisses, recourbées brusquement en arrière près de Itr pointe; elles sont creuses et persistantes. Le chamois e de la taille d’une grande chèvre ; son poil, d’un gris cenÆ au printemps, est d’un fauve roussâtre en été. Derrië chaque oreille, sous la peau, existe un sac qui ne s’oire au dehors que par un petit trou. Cet animal, d’une feèreté et d’une agilité remarquables, vit en troupes, au dieu des rochers les plus escarpés, où l’on ne peut l’approier qu’avec la plus grande difficulté ; sa peau, ferme et )uce, était employée autrefois pour faire des vêtements mais elle est devenue rare et on a été obligé de la replacer par d’autres. La chasse au chamois est une de plus dangereuses, et pourtant elle devient une passioiiusurmontable. Voyez-vous le chamois, sautant avec ?e légèreté incroyable sur les neiges glacées et les point des rochers ? Il a aperçu le chasseur ; il fait entenèune espèce de sifflement aigu, prolongé, qui va retentku loin dans les rochers et les forêts ; tous les autres chaois accourent à ce bruit. Le chasseur, lui, traverse les glæs, il grimpe, il saute de roches en roches, il ne connaîpas le danger ; la nuit le surprend, il attendra le lendenin matin, sans abri, sans feu ; l’espoir le soutient, il ange un morceau de pain dur, puis il se couche et s’enà't. Avant l’aube il est debout : c’est l’instant de surprelre le chamois ; il boit une goutte d’eau-de-vie et court de nouveaux dangers ; enfin il arrive assez près de luiour distinguer ses cornes, il appuie le canon de son fusi contre un rocher, il vise sans se presser, le coup pæ, et presque toujours le chamois tombe, rarement le lasseur manque son coup. Il se retourne alors, mesurée chemin qu’il a parcouru, examine comment il pourra anchir les obstacles, les précipices qui le séparent de si village, se met en route chargé de son fardeau^ qu’il a té sur ses épaules et arrive sain et sauf à son chalet ; i bien le pied lui a manqué, il a
glissé et alors... .C’est ainsi que se termine le plus
souvent la vie du chiseur de chamois.
CHAMOISAGE, —^réparation des peaux de chamois, de daim, de buffle, dbouc, de chèvre, pour la ffibrica-
tion des gants. Le chamoiseur se borne à priver les peaux de leur humidité et à les passer en huile,, c’est-à-dire à les pénétrer d’une matière huileuse qui leur donne de la souplesse, sans altérer leur force et sans leur communiquer d’odeur incommode (voyez Tannage).
CHAMP DE LA VISION. — Voyez Lunettes, Télescopes, Microscopes.
CHAMPIGNONS (Botanique), mukès des Grecs ; fungi,, des Latins. — Groupe très-nombreux de plantes cryptogames,, constituant une grande famille ou plutôt une classe, comprenant des véigétaux terrestres qui se développent sur les matières organiques en décomposition ou dans la terre. Ils ne présentent jamais ni feuilles, ni tiges, ni racines, mais on y observe toujours, môme dans les espèces les plus simples, des organes distincts pour la végétation et pour la reproduction. Ils sont essentiellement formés de filaments ordinairement blanchâtres, connus sous les noms de mycélium,, blanc de champignon,, s’enchevêtrant les uns avec les autres ; ce sont les organes de végétation. De ce mycélium s’élèvent les organes de fructification qui constituent souvent des réceptacles charnus ou spongieux portés sur des pédicules et formant avec eux des organes beaucoup plus apparents que le reste de la plante. Les champignons que nous mangeons sont des réceptacles de ce genre conformés en espèces de chapeaux pédiculés ; ils portent, du reste, diversement disposées, les spores^ ou corps reproducteurs des champignons. Le mycélium a d’ailleurs une puissance de végétation telle que la dessiccation complète n’y éteint pas la vie, et M. Léveillé assure en avoir fait l’expérience avec des échantillons conservés dans son herbier depuis plus de vingt-cinq ans.
On a fait plusieurs subdivisions dans cette nombreuse famille : les unes comprennent des espèces très-simplement organisées, à peine visibles à l’œil nu ; les autres ont une structure plus compliquée et affectent de plus grandes dimensions; quelques espèces peuvent être mangées et sont môme très-recherchées ; il y en a qui entrent pour une part considérable dans l’alimentation de certaines populations; beaucoup sont éminemment vénéneuses et occasionnent assez fréquemment des accidents funestes.
Malgré la simplicité de leur structure, les champignons ne laissent pas que d’être composés de plusieurs organes différents ; ainsi : 1“ le mycélium,, dont il a été question ; 2“ \m pédicule,, ovi stipe, qui supporte le réceptacle ; 3“ le réceptacle,, partie qui renferme l’appareil de la fructification, situé à sa surface, dans son intérieur ou dans des coneeptacles particuliers; 4“ les capsules ou thèques,, petits sacs microscopiques contenant les spores; 6° les spores,, sporidies,, sporilles,, séminales, corps reproducteurs ordinairement réunis plusieurs ensemble dans les capsules, mais qui quelquefois sont nus ; 6° le chapeau, partie plus large qui couronne le stipe ; 7° le volva, ou bourse, qui enveloppe tout le champignon dans sa jeunesse et qui se rompt ensuite pour le passage du chapeau et du pédicule, mais en laissant des traces à la base de ce dernier et quelquefois au sommet du chapeau; 8° le voile, cortine, anneau, qui unit les bords du chapeau au sommet du stipe et laisse, en se rompant, une espèce d’anneau ou de collerette autour de ce dernier ; 9" la membrane sporulifère (hyménium), sur laquelle reposent immédiatement les organes de la fructification. Du reste, l’organisation des champignons a quelque analogie avec celle des plantes à fleurs distinctes. Ainsi, en prenant pour exemple V Agaric comestible [Agaricus eduiis), on observe : 1“ un épiderme mince, difficile à séparer; 2® une substance fibreuse, analogue au bois, mais souvent molle dans les champignons fugaces, formée de filaments ou de fibres enlacés les uns dans les autres et faisant fonction de tubes capillaires ; 3° souvent, à l’intérieur, une substance médullaire composée d’utricules ou de petites vessies placées à la suite les unes des autres.
Les champignons aiment les lieux humides; la chaleur ombragée favorise leur développement; c’est pour cela qu’on les trouve dans les endroits sombres, dans le creux des arbres, dans les caves; il y en a qui naissent sur les liquides contenant des principes fermentescibles que leur présence souvent développe; c’est pourquoi l’idée de moisissure entraîne souvent celle de pourriture. L’existence des champignons est extrêmement délicate ; on ne peut les toucher sans les meurtrir, et un champignon desséché sur pied, et humecté de nouveau, ne végète plus, comme on peut le remarquer dans les lichens, par exemple.
Il n’est pas de végétaux dont la croissance et le développement soient aussi rapides; une seule nuit voit éclore
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des milliers de champignons; il y en a qui, en moins d’uneheare, naissent et parviennent au terme de leur existence; ordinairement, pourtant, la durée de leur vie est plus longue, et il y en a, comme les bolets amadouviers, qui persistent plusieurs années ; il est vrai qu’ici ce sont des générations successives comme on le voit dans les coraux. Nous avons déjà parlé des spores, sporules, séminules; ce sont de petits corpuscules ronds qui paraissent être les graines de ces végétaux. Il semble que le but principal de la nature soit de perfectionner le développement, la maturité de ces semences pour les répandre au dehors, soit par leur chute propre, mais bien plus encore en les lançant au loin par une force impulsive du végétal, soit à l’aide des vents qui les transportent partout, de sorte qu’on peut dire que l’atmosphère en est rempli ; leur petitesse et leur légèreté expliquent comment ils échappent à la vue et par quel mécanisme ils peuvent s’introduire partout, môme dans la profondeur des organes des animaux, et comment ils peuvent, à un moment donné et quelquefois en très-peu de temps, couvrir des nappes d’eau ou la surface des végétaux.
Les champignons nous présentent un grand nombre d’espèces utiles, surtout au point de vue de l’alimentation ; ainsi : les bolets, les agarics, les oronges, les polypores, les truffes, etc., et beaucoup d’autres offrent à l’homme tantôt une nourriture, tantôt un assaisonnement qui constitue un des luxes de la table ; mais à côté de ce parfum délicieux, de cette chair suave de certains champignons, il y a le poison que peut verser dans n®s veines le champignon vénéneux dont les nombreuses espèces végètent près des autres et se rencontrent souvent sous l’imprudente main d’un quêteur inconsidéré et peu versé dans la connaissance de ces plantes ; la ressemblance est quelquefois désespérante et défie les plus habiles, surtout lorsqu’ils vont à la recherche des champignons dans un pays qu’ils ne connaissent pas et où ils sont exposés à rencontrer des espèces trompeuses pour eux ; aussi nous ne nous hasarderons pas à donner à la légère quelquesuns des caractères auxquels on peut distinguer les bonnes espèces des mauvaises, et nous croyons être plus sage en recommandant, dans cette matière, de ne pas être un demi-savant, ou alors de ne pas s’en mêler; donc il ne faut aller à la recherche des champignons que lorsqu’on les connaît parfaitement. Les champignons de bonne qualité peuvent aussi devenir dangereux lorsqu’ils auront été gardés à l’état frais, c’est-à-dire non desséchés ; il est donc prudent de ne pas les conserver longtemps.
C’est pour garantir les habitants de Paris contre les accidents qui pourraient résulter de leur imprudence ou de leur incurie que l’administration de la police a édicté une ordonnance (renouvelée du reste de celle du 13 mai 17S2), à la date du 12 juin 1820, ainsi conçue :
1“ Tous les champignons destinés à l’approvisionnement de Paris devront être apportés sur le marché aux poirées ; 2“ il est défendu d’exposer et de vendre aucun champignon suspect et des champignons de bonne qualité qui auraient été gardés d’un jour à l’autre, sous les peines portées par la loi ; ils seront visités et examinés avec soin avant l’ouverture de la vente; 3” les seuls champignons achetés en gros au marché aux poirées peuvent être vendus au détail dans le môme jour sur tous les marchés aux fruits et aux légumes et dans les boutiques de fruiterie ; 4" tout jardinier qui aura été condamné par les tribunaux pour avoir exposé en vente des champignons malfaisants ou de mauvaise qualité, sera expulsé des halles et remplacé ; 5“ il est défendu de crier, vendre et exposer des champignons sur la voie publique et d’en colporter dans les maisons. Les contraventions seront constatées par des procès-verbaux qui seront adressés au préfet de police. — Les seuls champignons dont la vente soit tolérée sont les suivants : le C. de couche {Agaricm edulis)^ la Morille comestible {Morchella. esculenta) et la Chanterelle comestible [Cantharellus cibarius),(\n\ tous les deux croissent dans les bois.
Le nombre infini des espèces de champignons a donné lieu à un grand nombre de classifications plus ou moins claires et plus ou moins commodes pour l’étude; les principales sont celles de Bnlliard, de Persoon, de Link, de Fries, de M. A. Brongniart, et dans ces derniers temps celles de MM. Léveillé et Payer. Nous exposerons trèsbrièvement celle de M. Brongniart; pour lui, les champignons forment une classe qu’il divise en cinq familles.
lr« famille : les Hypoxylées {Hypoxyla , Pyrenomycetes^ Fries), à réceptacles coriaces ou ligneux, contenant une espèce de noyau mou, formé de spores enveloppées de mucus ou contenues dans des cellules allongées. Végé-
taux petits , le plus souvent noirs , qui presque tous viennent sur le bois mort ou sur les plantes vivantes dont ils rompent l’épiderme. On en a formé trois tribus ; les principaux genres sont: Sphœria, Lin., dont Fries a décrit plus de 500 espèces; PAacfc/fwm, Fr. ; Histerium, Pers. ; Rhytismn, Fr., etc.
2* FAMILLE : Champignons proprement dits {Hymenomycetes^ ri**)* Hyménium étalé à la surface extérieure du végétal, les spores renfermées le plus souvent dans des capsules; on les a divisés en trois tribus : A, les FungU nées; B, les Trémellinées ; C, les Clathrdides, Les Funginées^ qui se distinguent par une membrane fructifère limitée et bien distincte, ont été subdivisées en trois soustribus : les Agaricées, les Clavariées^ les Helvellacées. On a encore subdivisé les Agaricées en quatre sections : les Agaricinées^ les Polyporées^ les Eydnées, les Auricularinées. Parmi les genres nombreux que forment toutes ces divisions, on doit citer particulièrement les suivants. — Genre Agaric (voyez ce mot). — Genre Amanite ou Oro7ige {\oyez ces mots). — Genre Chanterelle {Cantkarellus.^ Adans), distingué par des plis dichotomes, spores blanches, pointde voile. L’espèce la plus intéressante de ce dernier genre, la C. comestible {C. ciba^Hus^ Lin.), croît en été dans presque toutes les forêts et surtout dans celles de pins ; elle est d’un goût un peu poivré, mais agréable, se distingue par sa couleur jaune d’or ou jaune chamois ; d’une consistance ferme; ce champignon, charnu, presque en entonnoir, a ses lames épaisses, turgescentes, son pédicule épais en haut, aminci en bas. — Genre Bolet (voyez ce mot). — Genre Polypore {Polyporus^ Lin.), qui nous oftre les espèces P. squammosus, P. ovinus, des forêts de pins de l’Allemagne ; P. tuberaste7\ qui se vend dans les marchés à Naples ; P. pied-de-chèvre^ champignon dur des forêts des Vosges, comestible; P. en bouquet (P. frondosus^ Lin.), ainsi nommés parce qu’ils sont réunis plusieurs ensemble et serrés les uns contre les autres au pied des vieux chênes, aussi comestibles. Il y a des polypores qui ont le chapeau sessile et latéral ; on y distingue ceux dont la chair est blanche, ferme, élastique ; tels sont le P. officinat (P. officinalis)^ connu sous le nom à' Agaric du Mélèze^ arrondi, attaché par un de ses côtés sur le tronc du mélèze, d’une saveur d’abord douceâtre, puis amère et nauséabonde. C’est un purgatif drastique violent qu’on emploie quelquefois à la dose de 0^'',10 à 0®'',30 dans quelques hydropisies; P. fomentarius^ grande espèce qui croît en abondance sur les troncs des hêtres et dont la substance spongieuse peut faire un très-bon amadou ; P. igniai'ius^ qu’on recueille sur le cerisier, le prunier, sert aussi à faire de l’amadou ; quoiqu’il soit plus dur et moins bon que le précédent, il n’en a pas moins reçu le nom à'Amadouvier (voyez ce mot). C’est celui qui, dans le commerce, est appelé Aga- 7nc des chirurgiens. — Genre Hydne {Hydnum.^ Lin.), dont V hyménium est garni d’aiguillons en alêne, libres et clos. On l’a aussi divisé en cinq sections dans lesquelles on remarque quelques espèces comestibles ; ainsi le H. repandum., dans les bois, en automne, et le H. imbricatum. Le H. coralloïdes, également comestible, dépourvu de chapeau, est très-rameux, et ses aiguillons pendent tous d’un môme côté. — Le genre Fistulina nous fournit une espèce, le F. buglossoïdes., Bull., Langue-debœuf., qui croît à l’ombre des vieux chênes; sa chair, zonée de rouge, ressemble aux betteraves coupées ; cette espèce est comestible. — Dans le genre Clavaire on trouve plusieurs espèces comestibles bonnes à noter : ainsi le Sporasis crispa est très-beau et très-délicat; il croît en Silésie ; le Clavaria botrytis., le C. flava., le C. co7mlloïdes ; enfin le C. cendré (C. cinerea) est une des espèces les plus communes des environs de Paris; le genre Clavaire se distingue par un réceptacle dressé, cylindrique, homogène, confondu avec le stipe ; l’hymenium occupe toute la surface de la plante. — Dans le genre Helvelle on distingue les espèces H. esculenta., H. infula, H. monachella., comestibles; d’Italie. — Le genre Morille [Morchella, Lin.), plus intéressant pour nous, est caractérisé par un réceptacle arrondi en forme de massue ou de chapeau, traversé par le pédicule auquel il adhère ; il renferme une douzaine d’espèces toutes comestibles; mais les plus estimées sont la M. comestible [M. esculenta, Pers.) et la M. délicieuse (M. deliciosa. Fries) (voyez Morille).
3® FAMiLi.E : Les Lycoperdacées [Angiocai'pes, Pers. ; Gaste7'omycetes, Fries) ont des sporules mêlées de filaments dans l’intérieur d’un peridium (réceptacle membraneux et sec) fibreux, d’abord clos, mais d’où ils sortent ensuite sous la forme de poussière. On les divise en
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quatre tribus: 1® les Ltjcoperdées^ c’est ici qu’on trouve le Lycoperdon ou Vesse-de-loup (voyez Lycoperdon) ; 2° les Fuliginées^ ne présentant aucun intérêt d’utilité ; 3" les Angiogastres^ divisés en trois sous-tribus dont une nous intéresse, celle des Tubérées^ qui renferme le genre des Truffes {Tuber, Lin.) (voyez Truffes); enfin 4® les Scle'rotiées^ dans lesquelles on trouve V Ergot du seigle {Sphalia^ Lév.) (voyez Ergot).
4* FAMILLE : Les Mucédinées ou Moisissures {Hyphomycetes^ Fr.; Trichomyci^ Pers. [voyez Mucédinées]).
5® famille : les Urédinées [Coniomycetes , Fr.) (voyez Urédinées, Charbon de blé, Carie).
En 1843, M. Brongniart a fait quelques changements à cette classification ; il a partagé les champignons en quatre ordres :
1® Les Hyphomycées^ comprenant les Mucédinées^ les Mucorées, les Urédinées.
2® Les Gastéromycées, comprenant les les
Lycoperdacées., les Clathracées.
3® Les Hyménomycées., où l’on trouve les Âgaricinées, les Pézizées.
4® Les Seléromycées, renfermant les Hypoxylons.
Comme beaucoup d’espèces de champignons entrent dans l’alimentation de l’homme, on a cherché à les reproduire, mais on n’a réussi que pour un petit nombre d’entre elles. Le C. de couche. Agaric comestible [Agaricus campestris, Lin.) est celui qu’on obtient le plus facilement. Dans une cave ou dans d’anciennes carrières, on fait des couches de 0“,60 avec un mélange de terreau, de fumier et de crottin de cheval ; on étend à la surface de ces couches du blanc de champignon (mycélium), que l’on recouvre ensuite de terreau; on arrose de temps en temps pour entretenir la fermentation, la chaleur et l’humidité ; en très-peu de temps la couche se couvre de filaments blancs sur lesquels naissent en très-grand nombre de petits tubercules qui croissent et se succèdent rapidement. Quand le nombre des champignons diminue, il faut faire une nouvelle couche ; les éléments de la fermentation n’existant plus dans celle-ci, la chaleur n’est plus suffisante, malgré les arrosements. On trouve quelquefois, avec le champignon comestible, quel-
Fig. 489. — Agaric champêtre (Champignon comestible).
ques espèces très-suspectes ; ainsi ; VAgaricus volvaceus. Bull. ; le Fuligo vaporaria, Pers. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à détruire les couches et à en faire de nouvelles. Parfois aussi elles se remplissent de scolopendres de cloportes et de différentes autres espèces d’insectes.’ Il faut aussi en faire le sacrifice et nettoyer parfaitement la place, l’enfumer et même l’abandonner pendant quelque temps. Dans les circonstances ordinaires, le produit d’une couche ou meule dure ordinairement deux ou trois mois lorsqu’elle est établie dans un hangar. Dans une cave ou une carrière, il peut se prolonger jusqu’à quatre ou cinq mois.
Quoique le nombre des champignons comestibles soit assez considérable, il n’y en a pourtant qu’un petit nombre d’espèces dont on use cénéralement. Voici celles qui sont le plus souvent employées : 1“ V Oronge franche, Oronge jaune d'œuf. Dorade, Cadran, Jazeran, etc.
{Arnaniiaaurantiaca,VçvY,Agaricusaurantiacus,'E\x\\.),
qui, dit-on, faisait les délices des empereurs romains et avait mérité le nom de Prince des champignons; 2" la
Chanterelle comestible [Cantharellus cibarius. Lin.), joli champignon qui a l’odeur de la violette ; 3® la Clavaire coralloide. Barbe de chèvre ou de bouc. Pied, de coq, Ganteline, Tripette, Mainotte, etc., couleur jaune paille rouge oranger ou blanchâtre, saveur très-agréable ; 4" les Morilles en général, dont plusieurs espèces sont trèsrecherchées (voyez Morille) ; 6" les Mousserons, groupe du g&me Agaric, très-estimés des amateurs; 6® les Bolets, les Ceps (voyez ces mots); 7“ VHydne rameux, de Buillard; Corne de cerf, Chevelure des arbres {Hydnum coralloïdes, Pers.); très-grand, rameux, ressemble à un choux-fleur. On mange encore plusieurs autres espèces d’hydnes; 8“ plusieurs espèces de Russules, section des Agarics, nommés vulgairement Rougeole, Rougeole, Rougillon, Rousselet, Roussile, etc. Dans la même section des Agarics, nous avons le C. de couche {Agaricus edulis), dont il a été question plus haut. En général, ce? champignons sont remarquables par leur réceptacle disposé en parasol charnu et dont la face inférieure porte des lamelles ou de petits tubes logeant les spores dans leurs intervalles [fg. 489) ; 9® la Truffe comestible {Tuber ci barium. Lin.), de la famille des Lycoperdacées.
Nous n’irons pas plus loin dans cette énumération des champignons comestibles; mais il convient de citer aussi quelques-unes des espèces nuisibles connues, les Moisissures ou Mucédinées, \e trop fameux Oïdium Tuckerii, auquel on attribue la maladie de la vigne ; le Pénicillium, qui se développe souvent sur les confitures; les Mucors ou Moisissures communes. Parmi les espèces de la famille des Urédinée'i , qui vivent en général sur d’autres végétaux, VUredo carbo produit le charbon des grains; VU. caries occasionne leur carie; VU. rubigo vera constitue la rouille des céréales; enfin le Sphacelia segetum, de M. Léveillé, est un état pathologique du seigle, connu sous le nom éVergof. La maladie des végétaux, connue sous le nom de blanc (voyez ce mot), est produite par un champignon parasite du genre Érysiphe. Il y a d’autres champignons qui s’attaquent aux animaux ; ainsi tout le monde connaît la maladie des vers à soie connue sous le nom de Muscardine (voyez ce mot). Il n’est pas possible d’ajouter ici la liste des nombreux champignons auxquels il faut se garder de toucher, et dont la plupart renferment un poison redoutable. Aussi, en raison de la profusion de ces plantes, de la consommation que l’on en fait pour l’alimentation et de la difficulté de distinguer les bonnes espèces, on conçoit facilement la fréquence des accidents d’empoisonnementf. Nous allons en dire un mot.
Les symptômes qui caractérisent l’empoisonnement par les champignons sont l’oppression, le vomissement, la tension de l’estomac et du bas-ventre, l’anxiété, les tranchées, une soif ardente, etc. ; puis la dyssenterie, un tremblement général; et souvent la mort vient terminer cette série de souffrances ; ces symptômes paraissent ordinairement plusieurs heures après l’ingestion des champignons. La première chose à faire, en pareil cas, c’est d’administrer au malade de tartre stibié (émé-
tique) dans un bon demi-verre d’eau, pris en trois fois, à dix minutes d’intervalle, pour faire évacuer tout ce qui est dans l’estomac ; on agira de môme sur les intestins, au moyen de lavements purgatifs avec le séné ou 40 grammes de sulfate de soude ou de potasse. Après avoir provoqué de larges évacuations, on aura recours aux boissons mucilagineuses, adoucissantes, aux calmants, pour parer aux douleurs et à l’irritation produite par le poison ; ainsi les cataplasmes, les fomentations, les lavements, etc. En général, l’empoisonnement par les champignons est grave et le traitement doit être suivi avec énergie et persévérance. Il est du reste quelques précautions que l’on doit prendre lorsqu’on a affaire à des champignons un peu suspects; ainsi on aura le soin, après les avoir coupés en deux ou trois morceaux, de les faire macérer dans de l’eau fortement chargée de vinaigre pendant deux heures, de les laver ensuite à grande eau, et enfin de les flaire blanchir dans l’eau bouillante pendant dix minutes (voyez Mycologie).
CHANCRE (Médecine). — Voyez Cancer.
Chancre (Botanique). — On appelle ainsi une maladie qui attaque fréquemment les arbres à fruits à cidre. La surface des branches ou de la tige se couvre d’abord de plaques brunes ; l’écorce désorganisée vers ces points se déchire irrégulièrement et laisse apparaître sur la circonférence de ces plaies une sorte de renflement spongieux et pulvérulent, de couleur brune {fig. 490). Le corps ligneux est quelquefois attaqué lui-même jusqu’à la moelle. La plaie, grandissant toujours, finit par enta-
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mer toute la circonférence de la branche ou de la tige, et la partie placée au-dessus de cette plaie se dessèche et meurt. Le meilleur moyen de remédier à cette maladie, c’est de retrancher les branches malades, si elles sont jeunes.
Lorsqu’on a affaire à de grosses branches ou à des tiges, il faut enlever toute la partie malade avec un instrument bien tranchant, puis cautériser la plaie avec un peu d’acide sulfurique ; on la recouvre après cela avec du mastic à greffer. Cette maladie tient souvent à ce qu’on fait à un arbre vigoureux des retranchements trop considérables et trop multipliés pendant plusieurs années.
CHANDELLES. — Voyez Suif.
490 - chanri CHANFREIN (Hippiatrique). — Nom *fi’ir une branche^ qu’oiî donne à la partie antérieure de de pommier. la tête du cheval limitée en haut par le front, sur les côtés par les joues, et en bas par les os sus-nasaux et les sus-maxillaires. Sa forme se lie à celle de la tête, il doit être droit et large ; lorsqu’il est rétréci et busqué, il annonce un animal commun. Par analogie, ce nom a été donné à cette môme région de la tête dans un certain nombre d’animaux, dans les ruminants surtout.
CHANTERELLE (Botanique), Cantharellus^ Fries, du grec canthoTOs^ vase, coupe; son chapeau ressemble trèsbien à un petit vase. — Genre de Champignons .^tvihw des Agaricées, section des Agaridnées ; recouvert sur une de ses faces d’un hyménium formé de lames en forme de plis, charnues, épaisses, rameuses et à tranche obtuse ; pédicule nu, manquant quelquefois. La C. ordinaire (C. cibarius^ Fries; Agaricus cantharellus^ Lin.) a le chapeau de couleur chamois, il est fumeux et irrégulier; son pédicule est plein, charnu, épais, en entonnoir et à bords déchiquetés. Cette espèce croît sur le sol, dans les bois. Elle est comestible, un pou coriace, et répand une odeur particulière qui n’est pas désagréable. Sa saveur est piquante et se prolonge assez longtemps dans la bouche. Dans certains pays, elle constitue la base de la nourriture des habitants.
CHANTEUR (Épervieb) (Zoologie), Faucon chanteur^ Vail. ; Falco musicus, Daud. — Espèce à'Oiseaux de proie^ du grand genre Faucon. Il est grand comme l’autour, cendré dessus, blanc rayé de brun dessous et au croupion. On le trouve en Afrique et il fait sa proie des perdrix, des levrauts et autres petits quadrupèdes ; il fait son nid sur des arbres. C’est le seul oiseau de proie connu qui chante agréablement.
Chanteurs (Oiseaux) (Zoologie), Cunorf, Vieil. — On comprend sous cette dénomination tous les oiseaux qui se font remarquer par un chant plus ou moins étendu, plus ou moins agréable. Dans sa classification ornithologique. Vieillot a établi sous ce nom sa vingtième famille de la tribu des Anisodactyles., ordre des Sylvains; caractérisée ainsi : bec comprimé, le plus souvent échancré, fléchi en arc, ou droit et courbé à la pointe et l’ongle postérieur quelquefois plus long que le pouce. Cette famille n’a pas été admise par les ornithologistes, parce que les caractères qui lui ont été assignés n’ont pas paru de nature à pouvoir constituer un groupe naturel. On a donné quelquefois le nom de Chanteur au Chantre Pouillot {Motacilla trochilus , Lin.) et à quelques autres espèces remarquables par leur chant.
CHANVRE (Botanique), Cannabis., Tourn., du celtique caw, roseau ; ab, petit. — La tige de ce genre est droite et légère comme une petite canne. La langue française a tiré de ce nom les mots canevas., chènevis et chanvre. H est bon de remarquer, toutefois, dit Théis, que les Arabes, qui connaissaient cette plante de temps immémorial, l’appellent en leur langue ganeb. Le C. cultivé (C. sativa., Lin.) est Tunique espèce de ce genre. On le reconnaît à sa tige droite, simple, ou un peu rameuse vers le haut et couverte de poils roides, à ses feuilles pétiolées, digitées, à 6-7 folioles terminées en pointe et largement dentées, d’un vert plus pâle en dessus qu’en dessous. Le chanvre est originaire des Indes orientales. Suivant les différents climats où il croît, il affecte certaines formes et acquiert des propriétés spéciales qui ont fait croire à l’existence de plusieurs espèces ; mais, en réalité, ces différences ne peuvent constituer que des variétés dont on distingue les suivantes :1e C. de Chine [C. gigantea., Delile), qui acquiert une très-grande taille et donne une fibre très-belle, longue, résistante et soyeuse; mais ses graines sont plus petites que dans le type; le C. de
rinde, appelé C. indica par plusieurs auteurs, paraît analogue à la variété précédente. C’est lui qui forme la
Fig. 491. — Chanvre mâle.
base de cette matière narcotique et extraordinairement enivrante connue sous le nom de hachich ou hashish
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un temps immémorial dans notre climat. Chez les anciens, la fibre du chanvre servait à confectionner des objets grossiers , tels que des câbles, des cordages ; mais il n’est pas prouvé qu’ils en fabriquaient de la toile. Ce ne fut, dit-on, que du temps de Catherine deMédicis que l’on arriva à faire, avec le chanvre, une toile assez fine. Caract, du genre: fleurs dioïques; les mâles en grappes ayant leurs sépales légèrement inégaux, leurs 6 étamines à filets grêles et courts, à anthères pendantes marqués de 4 sillons longitudinaux ; les femelles accompagnées d’une bractée et d’un seul sépale en cornet renflé à la base ; le fruit est un cariopse indéhiscent.
Pour obtenir la matière textile propre à être travaillée, on fait subir au chanvre une suite de préparations telles que le rouissage, le broyage ou le teillage, puis le peignage. Les pieds mâles, improprement appelés pieds femelles par les cultivateurs parce qu’ils sont en général moins vigoureux, donnent 26 p. 100 de chanvre teillé, tandis que les pieds femelles, appelés par conséquent pieds mâles, n’en donnent que de 16 à 22 p. 100 et de qualité inférieure. La matière textile du chanvre est plus grossière, mais plus tenace que celle du lin ; elle se distingue, en outre, de cette dernière en ce qu’elle est jaunâtre. Le chanvre qui croît dans nos climats est, comme celui des pays chauds, quoiqu’à un degré moins fort, une plante malsaine. Ç’est surtout la préparation du rouissage qui devient funeste à ceux qui s’y livrent à cause de l’exhalaison infecte qu’elle produit ; ce danger est du reste beaucoup moindre lorsqu’il a lieu dans une eau courante, mais alors il devient funeste pour le poisson qu’il tue infailliblement : aussi l’autorité l’a-t-elle défendu dans l’intérêt de la conservation du poisson. Il est aussi un important produit du chanvre, c’est sa graine, connue sous le nom de chènevis^ qui sert, comme on sait, à la nourriture des volatiles et dont on extrait une huile grasse employée dans les régions du nord pour la préparation des aliments. Quand on a rendu cette huile siccative, elle peut être employée dans la peinture à la place de l’huile de lin. Enfin, l’huile de chènevis forme en médecine la base d’émulsions adoucissantes. La culture du chanvre demande un terrain riche en humus, ni trop sec, ni trop humide. Il doit être fumé tous les ans, et labouré trois fois dans l’année. Les semis se feront à la volée vers le mois d’avril. Vers le mois d’août, on arrache brin à brin le mâle (femelle des cultivateurs) qui jaunit le premier. Vers la fin de septembre, on arrache la femelle, on récolte la graine le plus souvent en battant le chanvre dans un tonneau défoncé d’un bout ; et lorsqu’il est sec on le porte au Routoir^ où il reste de douze à quinze jours (voyez Rouissage. )
On a encore donné le nom de choMvre à des plantes appartenant à des familles différentes ; ainsi l’on a appelé :
Chanvre d’ Amérique, V Agave mexicana.
Chanvre du Canada, V Apocynum cannabinum.
Chanvre de Crète, le Datisca cannabina.
Chanvre de la Nouvelle-Zélande, le Phormium tenax.
Chanvre piquant, VUriica cannabina. G — s.
CHAODINÉES (Botanique). — Famille à' Algues., établie par Bory de Saint-Vincent, et renfermant des végétaux composés d’un mucus modifié par des corpuscules de diverses formes. Cette famille est fondue, principalement aujourd’hui, dans les Protococcoïde'es.
CHAOS ( Botanique ). — Genre à' Algues., établi par Bory de Saint-Vincent, et dont les espèces se rapportent aux genres Protococcus, Pleurococcus, etc.
CHAPE. — Nom donné d’une manière générale, en physique et mécanique, aux pièces qui supportent les extrémités des pivots sur lesquels peuvent tourner les les corps. La chape d'une poulie est la fourchette qui porte son axe ; la chape d’une aiguille aimantée est une petite pièce en cuivre ou mieux en agate, creusée d’un trou conique renversé sur la pointe du pivot et sur laquelle est portée l’aiguille.
CHAPELET (Médecine vétérinaire). — On désigne sous ce nom des suros (petites tumeurs osseuses) placés à côté les uns des autres, comme les grains d’un chapelet. On appelle farcine en chapelet une variété du farcin, dans laquelle les boutons sont placés sur une même ligne, et plus ou moins séparés (voyez Suros, Farcin).
CHAPELET hydraulique (Mécanique). — Machine destinée à élever l’eau à une petite hauteur ; on l’emploie particulièrement pour épuiser l’eau dans les constructions faites au-dessous du niveau d’une masse d’eau quelconque. Il se compose d’une chaîne sans fin, verticale ou inclinée, munie de disques perpendiculaires et passant sur deux roues A et B. Cette dernière, ainsi qu’une por-
tion de la chaîne, plonge dans l’eau à épuiser. En fai. sant tourner la roue A â l’aide d’un moteur quelconque, on entraîne la chaîne dont la partie ascendante passe dans un tube d’un diamètre égal à celui des disques, de sorte que l’eau placée au-dessus de ceux-ci au moment de leur entrée dans le tube est élevée jusqu’à la hauteur du réservoir. Les dirnensions des disques permettent un certain jeu dans le tuyau, afin d’éviter le frottement; mais ce jeu doit être le plus petit possible.
CHAPELLE-GODE- FROY (La) (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Aube), arrondissement et à 4 kilom. de Nogentsur-Seine; où il y a des sources d’eaux minérales ferrugineuses, bicarbonatées, froides , acidulés , d’une saveur styptique.
CHAPELLERIE ( Technologie ). — La fabrication des chapeaux constitue une des branches de commerce les plus importantes de notre pays; elle embrasse une immensité de détails dont la plupart sont étrangers au but de notre dictionnaire; toutefois, nous pensons rester dans le cadre que nous nous sommes tracé en donnant quelques explications sur la mise en œuvre des matières premières employées dans cette intéressante industrie.
Chapeaux de feutre. — On emploie, pour cette qualité de chapeaux, les poils de castor, de lièvre, de lapin, de chameau, etc. Ces poils jouissent de la propriété de former, quand on les agite et qu’on les presse dans des sens divers, une sorte de tissu entrelacé et d’une solidité suffisante pour qu’on ne puisse le défaire sans le déchirer. Ce tissu porte le nom de feutre, et l’opération qui sert à le produire s’appelle feutrage. Certains poils, comme ceux de laine d’agneau, de vigogne, se feutrent naturellement ; aussi en met-on toujours une petite quantité pour former la trame de tous les feutres. D’autres poils, au contraire, ont besoin de subir une opération particulière appelée secrétage, et qui consiste à les brosser avec une solution étendue de nitrate de mercure, à laquelle on ajoute ordinairement quelques centièmes d’acide arsénieux et de sublimé corrosif. Sous l’action du secrétage, les poils se crispent et se tordent dans des sens très-divers, et deviennent ainsi plus aptes à contracter cet entrelacement complexe qui constitue le feutrage. L’opération qui détermine le feutrage consiste, après avoir convenablement choisi et assorti les poils, à les placer sur une toile humide (feutrière) et à les rouler dans tous les sens en les humectant de temps à autre. On se sert d’abord d’eau pure, puis d’eau acidulée, et on augmente graduellement la pression en se servant d’abord de la main seule, puis de rouleaux de bois, enfin de la main garnie de manches, sortes de semelles de cuir qui permettent d’obtenir une pression énergique.
On fait ordinairement deux formes, l’une qui doit rester au-dessous et servir de carcasse, renferme des poils feutrants communs; l’autre, qui doit la recouvrir, est formée des poils fins qui servent à désigner l’espèce particulière du chapeau.
Les formes terminées sont passées un certain nombre de fois aux bains de teinture, et enfin apprêtées à la gomme ordinaire.
Chapeaux de soie. — Les chapeaux de soie sont formés d’une carcasse feutrée, comme il vient d’être dit, recouverte d’une série de couches de colle ou de vernis qu’on fait sécher séparément. C’est sur cette forme qu’on met une coiffe en peluche de soie, qu’on mouille et qu’on passe au fer jusqu’à ce qu’elle ait le lustre désiré.
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Chapeaux de paille^ de bois,, etc. — Les matières employées pour la fabrication de ces ditTérents chapeaux ne subissent guère d’autre mise en œuvre chimique que le soufrage destiné à les blanchir ; mais cette opération est assez délicate, et il arrive quelquefois, quand la combustion est mal dirigée, qu’il se produit des taches indélébiles, ou que les lanières perdent la flexibilité nécessaire pour les opérations ultérieures de tresse ou d’assemblage.
CHAPERON (Chasse). — On appelle ainsi une espèce de bonnet de cuir dont on coiffe les oiseaux de proie employés pour la chasse. Lorsqu’ils ne sont pas encore dressés, on les nomme chaperon du rust. On appelle bon chaperonnier,, le faucon qui supporte bien le chaperon.
Chaperon (Zoologie). — C’est le nom par lequel Linné désigne la partie la plus avancée du front des insectes, celle qui touche immédiatement la bouche ou la lèvre supérieure. Dans les scarabées, les cétoines, les hannetons, la forme constante du chaperon a fourni de bons caractères pour rétablissement de différents groupes. Un grand nombre d’auteurs ont aussi désigné par ce mot la partie postérieure du corselet dans les boucliers , les cassides, etc., qui déborde la tête, en forme de chapeau.
CHAPON (Zootechnie). — Voyez Coq.
CHARA (Botanique). — Voyez Charagne.
CHARACÉES (Botanique). — Famille de plantes Acoiylédones acrogènes,, comprenant des plantes aquatiques submergées, ordinairement incrustées d’une matière calcaire. Leurs rameaux sont verticillés. La reproduction de ces plantes a lieu par des fructifications situées à l’aisselle des rameaux, et se présente, d’une part, sous la forme de disques lenticulaires ( anthéridies ), renfermant des globules rouges, et, d’une autre part, de sporanges contenant une spore renfermant un grand nombre de granules striés. Les plantes de cette famille habitent les eaux douces et stagnantes de tous les pays. La substance calcaire qui accompagne plusieurs c/mra, rend ces plantes rudes au toucher; aussi les emploie-t-on, dans certains pays, pour écurer les ustensiles.
Travaux monographiques : • — Vaucher, Me'm. Soc. phys. et d’hist. nat. (de Genève, I, 1821). — Brongniart, Dict. class. SC. nat. III. — Bischof, Die Kryptog. Gew. Deutschl.., liv. I (1828). ' G — s.
CHARAGINS (Zoologie), Characinus., Artedi. — Groupe de Poissons, du grand g,enre Saumon (voyez ce mot) établi par Artedi, pour classer tous les saumons qui n’ont pas plus de quatre ou cinq rayons aux ouïes, ils ont tous les nombreux cæcums des salmones, avec la vessie divisée par un étranglement, comme les cyprins. Cuvier pense que leurs formes, et surtout leurs dents, varient assez pour qu’on en fasse plusieurs subdivisions ; il les partage en treize scus-genres, qui sont : 1“ les Curimates , Cuv. ; 2® les Anostomes, Cuv. ; 3“ les Serpes, Lacép. ; 4® les Piabuques, Cuv. ; 5® les Serra-salmes, Lacép. ; 6® les Tétragonoptères, Artedi; 7® les Chalceus, Cm. 8° les Roiis, {Myiefes, Cuv.); 9“ les Hydrocyons, Cuv. ; 10® les Citharines,Cm. ; 1 1® les Saurus, Cuv. ; 12® les Scopèles, Cuv. ; 13® les AiUopes, Ciiv.
CHARADRIÉES (Zoologie), Charadrieœ, Less. — Famille Oiseaux échassiers, établie par Lesson, qui a pour type le genre Pluvier {Charadrius, Lin.), et qui comprend en outre les genres Glaréole, Vanneau, OEdicnéme et Huitrier; adopté en partie parSwainson, sous le nom de Charadriadées ; il est devenu les Charadridées pour Ch. Bonaparte, qui a donné le nom de Charadrinées à une division de ce groupe; nous ne parlons pas des modifications introduites dans cette division par MM. Gray et Kaup ; et nous renverrons au mot Pluvier, type du genre tel que l’a établi Cuvier, et qui nous paraît bien plus naturel.
CHARAGNE (Botanique), Chara, Lin. — Genre de plantes Acotylcdones, type de la famille des Characées. Il comprend des plantes aquatiques, submergées, à tiges dépourvues de feuilles articulées ; les rameaux ont des ramuscules disposés par verticilles, et portent le long de leur face interne les organes de la fructification, composés de sporanges et d’anthéridies. La C. vulgaire {Chara vulgaris , Lin.) est souvent recouverte d’une croûte cal- ‘ caire qui la fait employer pour écurer la vaisselle ; de là son nom vulgaire àiherbe à écurer. Cette espèce répand une odeur marécageuse nauséabonde. On lui attribue les effets pernicieux des marais pontins. Les charagnes se composent d’une grande quantité d’espèces. On les désigne quelquefois sous les noms vulgaires de Lustres d'eau, Charapots, Herbes à grenouille, etc. G — s.
CHARANÇON (Zoologie), Curculio, Lin. On a écrit aussi Charençon, Charanson, — Genre ôi Hisectes coléop-
tères tétramères, famille des Porte-bec ou Rhinchophores ; établi d’abord par Linné, d’après ce caractère principal, que les antennes en massue sont insérées près du bout de la trompe ; ce qui lui donnerait aujourd’hui une extension considérable. Les entomologistes, tout en adoptant ce groupe, ont été obligés, pour y mettre de la clarté, de le sous-diviser en plusieurs autres genres, qui forment aujourd’hui, par leur réunion, une des divisions de la famille des Porte-bec de Latreille, des Curculionides de Schœnherr. Réduit ainsi à un moindre nombre d’espèces, d’après les travaux d’Olivier, et surtout de Clairville, adoptés à peu près dans la méthode du Règne animal ( deuxième édition ), ce genre est ainsi caractérisé : antennes de 11 articles insérées près de l’extrémité libre d’une trompe courte, formée par le prolongement de la tête, qui les reçoit dans une sorte de rainure oblique creusée de chaque côté. Le premier article de ces antennes est très-long, et les trois derniers, rapprochés et courts, forment une espèce de massue ; l’avant-dernier article des tarses est bilobé. Ce sont des insectes à corps arrondi, ovale, plus ou moins allongé : les élytres bombées, les pattes très-fortes, les cuisses gonflées ou en fuseau. D’après ce qui vient d’être dit, ce genre ne renferme plus ces espèces intéressantes à connaître, à cause des dégâts qu’elles causent et qui, longtemps encore, porteront pour le vulgaire le nom de charançon; aussi, pour le charançon du.blé, du riz (voyez Calandre) ; pour celui de la noisette (voyez Balanine) ; pour celui de la vigne (voyez Attelabe, Rhynchite, etc.). Tel qu’il existe aujourd’hui, le genre Charançon se compose des plus grandes espèces, de celles surtout qui sont recherchées à raison de leurs formes, de leurs couleurs variées et brillantes ; les plus belles nous viennent du Brésil et du Pérou, celles de l’ancien continent sont plus petites et moins ornées. Le C. impérial {C. imperialis, Fab.), qui a souvent près de 0"i,04 de long, est d’un vert d’or brillant, deux bandes noires sur le corselet, des rangées de pointes enfoncées, d’un vert doré sur les élytres , les intervalles noirs. Au Brésil et au Pérou. Le C. royal {C. regalis. Lin.), nommé aussi fastueux, somptueux, noble, n’a guère que 0“,012 à 0“,015 de long ; c’est le plus joli insecte connu. D’un vert bleu, avec des bandes cuivreuses ou dorées trèséclatantes sur les étuis. On le trouve à Saint-Domingue, et aussi, dit-on, à Cuba. La plus belle espèce de notre pays est le C. vert {C. viridis , Oliv.; Chlorima viridis, Dej.), long d’environ 0“,0Ï1 ; il a le dessus du corps d’un vert obscur, avec les côtés et les parties inférieures jaunes : très-rare aux environs de Paris, on le trouve dans le midi de la France, en Piémont, etc.
CHARANGONITES (Zoologie), Curculionites, Latr. — ■ Tribu 61 Insectes coléoptères tétramères , famille des Rhynchophores (voyez ce mot), dont Latreille avait d’abord fait une famille qu’il a détachée depuis, sous le nom de Fracticornes ou de Charançonites, et qu’il a divisée en deux sections : 1® les Brévirostres, qui ont les antennes, à leur origine, de niveau avec la base des mandibules ; on les divise en trois sous-tribus et en une trentaine de genres ; 2® les Longirostres, dont l’insertion des antennes a lieu en arrière de la base des mandibules et plus près de la tête ; ils sont partagés en deux sections , les Phyllophages et les Spermatophages, toutes deux subdivisées en sous-tribus et en un grand nombre de genres (voyez Rhynchophores). Les Charançons font partie de la section des Brévirostres.
GHARAXE (Zoologie). — Genre 6'Insectes lépidoptères diurnes, du grand genre Papillon de Linné, détaché du sous-genre Nyrnphale par Ochsenheitner pour une seule espèce, la Nymphalis Jasius, Latr. ; Papilio Jason, Lin. Sa chenille, qui vit sur l’arbousier, habite les parties méridionales de la zone tempérée ; elle s’est propagée sur les côtes de la Méditerranée. Les charaxes ne diffèrent des apatures que parce que leurs ailes inférieures sont terminées par deux queues avant l’angle anal. Le C. Jasius a le vol extrêmement rapide, et est très-difficile à approcher, c’est un des plus beaux et des plus grands papillons d’Europe (voyez Nymphale).
CHARBON. — Voyez Carbone, Carbonisation, Combustibles, voyez aussi le nom de chaque combustible en particulier. Anthracite, Houille, etc.
CHARBON, Anthrax malin ou pestilentiel (Médecine). — Tumeur inflammatoire peu saillante, peu profonde, très-dure, fort douloureuse, résistante, d’une chaleur brûlante, d’un rouge vif éclatant vers la circonférence, mais toujours livide et noire dans le centre, sur lequel il s’élève bientôt une ou plusieurs phlyctènes qui se déchirent et laissent écouler une sérosité roussâtre,
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très-âcre-, qui détermine une chaleur et une démangeaison insupportables. La base de la tumeur est toujours entourée (l’un cercle enflammé, luisant, qui prend ensuite différentes couleurs et s’étend rapidement. A la même place, on aperçoit bientôt une croûte noirâtre gangréneuse, qui lui a valu le nom de charbon. Le mal s’étend de plus en plus, la gangrène envahit les parties voisines, celles-ci deviennent mollasses, livides, noires, il se développe de nouvelles pustules, remplies d’une sanie fétide qui, par son contact, peut propager la maladie, et la mort arrive rapidement si l’on n’arrête ces ravages. Pendant ce temps, se développe successivement une série de symptômes généraux, ainsi : Abattement, prostration des forces, anxiété, fièvre très-vive, pouls fréquent, développé, le plus souvent petit, concentré ; peau aride, soif, anxiété précordiale , palpitations, etc. Le charbon peut affecter toutes les parties du corps. 11 reconnaît pour cause, les grandes chaleurs de l’été, les aliments de mauvaise nature, les eaux malsaines, le voisinage des mares, des étangs à demi desséchés ; on l’observe chez les bouchers, les pâtres, les équarrisseurs, chez les personnes qui lavent les laines, les tanneurs, les cardeurs de matelas, etc. Le charbon peut être facilement contondu avec la pustule maligne (voyez ce mot) ; cependant, le premier est précédé de prodromes ou symptômes précurseurs qui annoncent une affection générale, tandis que celle-ci est une affection locale qui provient le plus souvent du contact, ou de l’inoculation du virus charbonneux ; la pustule maligne n’est point entourée d’un cercle luisant comme le charbon : du reste, arrivées à une certaine période, les deux maladies ont la plus grande analogie. Le traitement local consiste à extirper le plus promptement possible la tumeur et toutes les parties gangrenées, par des scarifications profondes et des incisions dans le tissu cellulaire tuméfié autour de la tumeur. La cautérisation avec la pierre à cautère, le fer rouge, a aussi des résultats avantageux ; on panse avec les onguents stimulants. Quant au traitement général, la saignée pourra être indiquée dans le début chez des individus sanguins, si le pouls est fort ; on y Joindra un régime sévère, parfois des vomitifs, des purgatifs. Lorsqu’il y aura prostration des forces, on aura recours au quinquina, aux toniques, un peu de vin, quelques aliments, etc. .
Charbon (Médecine vétérinaire). Anthrax, avant-cœur. — Chez les animaux, on rencontre de grands traits de ressemblance avec ce qui se passe chez l’homme ; il y a pourtant à signaler quelques particularités. Ainsi, on observe assez souvent le charbon à la langue, et il prend le nom de glossanthrax (voyez ce mot). Dans le cheval, on n’observe qu'une tumeur unique à la langue, au poitrail, sur l’encolure, les cuisses, la partie inférieure des membres. Dans l’espèce bovine, les tumeurs sont ordinairement multiples ; ici, on distingue plusieurs variétés, le charbon blanc., qui pénètre dans les chairs sous forme de tumeur ; une autre variété présente en peu de temps un volume énorme. On a observé aussi le charbon sur des volailles, entre autres sur les oies. Chez les bêtes à laine, il se manifeste souvent à l’état d’épizootie. Les tumeurs paraissent sous le ventre, près des mamelles, à la face interne des membres; la peau devient violacée, noirâtre, et présente des phlyctènes remplies de sérosité. Le traitement est absolument le même que dans l’espèce humaine : la raison et la pratique indiqueront les légères modifications qu’il devra subir. Le charbon est contagieux, il se transmet des carnivores aux herbivores, et réciproquement, et môme à l’homme; la période d’incubation peut n’être que de quelques heures.
L’arrêt du conseil d’État de 1784, et les dispositions des art. 459, 460, 461, 462 du Code pénal exigent, pour le charbon, la déclaration, la séquestration, l’abatage, l’enfouissement, etc. L’usage du lait et de la chair des animaux charbonneux devra être proscrit ; on défendra aussi les manipulations des débris cadavériques, surtout dans les charbons épizootiques. F — n.
Charbon ou Nielle (Botanique agricole).— On appelle ainsi une maladie des céréales, produite par une espèce de petit champignon du genre Uredo {Uredo carbo., de Cand.). Cette maladie attaque l’avoine, l’orge, le blé, le maïs, le millet, le sorgho. La présence du mal est indiquée par une poussière noire qui lui a fait donner le nom de charbon. Cette poussière, qui remplace la farine dans le grain, est l’élément de la reproduction de ce parasite, et annonce le terme de sa végétation. Il recouvre les fleurs d’une poudre très-fine, noire, inodore, se laissant emporter par le vent quand elle est sèche ; ce sont des capsules sphériques, très-petites et demi- transpa-
rentes ; le blé frappé du charbon est rare sur tige, grêle, les épis sont noirâtres, et avant leur apparition, la feuille
Fig. 494. — Blé Fig. 495.— Charbon de l’avoine, Fig. 496. — Charbon de charbonné. dernier état d’altération. l’orge à deux rangs.
supérieure est jaune et sèche à son extrémité. Dans l'avoine, les pieds sont d’un vert pâle, chétifs, les épis ne s’épanouissent pas. Dans cette dernière, ainsi que dans l’orge, les dégâts sont plus considérables que dans le blé. Les blés de mars et les blés sans barbes y sont plus sujets que les autres. C’est surtout dans les climats chauds et humides, qu’on observe le plus souvent le charbon. Du reste, cette maladie ne paraît pas communiquer de qualités délétères à la farine, qui seulement donne un pain d’une couleur peu agréable ; il ne faut pas confondre le charbon avec la carie., qui est d’une couleur moins noire, d’une consistance moins sèche, d’une odeur nauséabonde, et qui a une influence nuisible sur la santé ; elle attaque plus souvent le blé que le charbon (voyez Carie).
CHARBON (Chimie). — Corps combustible formé de carbone uni ou mélangé à des quantités variables de diverses autres substances, suivant sa nature, sa provenance et son degré de pureté. On les distingue en charbons fabriqués et charbons naturels ou fossiles. Les premiers sont produits par la calcination des matières organiques, et particulièrement du bois ou de la tourbe {charbon de bois, charbon de tourbe) (voyez Carbonisation). Les autres s’extraient du sein de la terre où ils sont tout formés {anthracite, houille, lignite). La houille est fréquemment elle-même soumise à la calcination, soit dans le simple but de la transformer en coke, soit pour en retirer des gaz employés à ^éclairage (voyez ces divers mots et Combustibles).
CHARBONNAGE. — Menu branchage employé à la fabrication du charbon de bois.
On désigne également de ce nom un terrain houiller én exploitation, ou l’exploitation elle-même, ou le produit qu’on en retire.
CHARBONNIÈRE (Zoologie). — Espèce à'Oiseaux du genre Mésange ( voyez ce mot).
CHARBONNIÈRES (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Rhône), arrondissement et à 8 kilomètres O. de Lyon. Il y a deux sources d’eaux ferrugineuses bicarbonatées froides, contenant par litre 0®*',04I de bicarbonate de protoxyde de fer, 0\034 d’acide carbonique libre, et des traces d’acide sulfhydrique. Conseillées dans les dyspepsies (pertes d’appétit), la chlorose, les engorgements du foie, les scrofules.
CHARCUTERIE (Hygiène) (de chair cuite). — Les viandes de charcuterie sont très-susceptibles de s’altérer, sans qu’on puisse savoir au juste quelle est la nature du principe toxique qui se développe; c’est surtout en Allemagne que ces faits ont été observés ; les uns ont pensé
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quMl se formait de l’acide pyroligneux, d’autres de l’acide hydrocyanique; Kerner aditque c’était un acide gras, etc. Ces altérations ont été observées surtout dans le boudin, le fromage de cochon, les pâtés de viande. Quoi qu’il en soit, des accidents graves ont été signalés, et, dans l’espace de trente ans^ Kerner en a observé cent trente-cinq dans le Wurtemberg, dont quatre-vingt-quatre morts.
CHARDON (Botanique), Carduus^ Gærtn., de ard^ pointe en celtique, d’où ardù en grec, pointe de flèche, arduus^ épineux en latin ; chardon est francisé de carduus. — Genre de plantes de la famille des Composées^ tribu des sous-tribu des Carduinées. Les char-
dons sont des herbes dressées, à tiges plus ou moins ramifiées, à capitules presque globuleux ou oblongs, étamines à filets poilus et à anthères, accompagnées d’un appendice linéaire à leur sommet ; akènes terminés par
une aigrette à plusieurs rangées de soies plus ou moins scabres. On a extrait du genie Carduus de Linné plusieurs genres, tels que le Cirsium et le Silybum. Parmi les espèces indigènes du genre Carduus^ admis par Gærtner, nous citerons les suivantes : le C, des champs^ Chardon hémorroïdal {C. arvensis, Larnk; C. serratula^ Lin.) [fig. A97), à feuilles lancéolées, irrégulièrement dentées, épineuses, fleurs ramassées plusieurs ensemble, calice non épineux ; il se trouve dans les champs de moissons et fait le désespoir des cultivateurs qui parviennent difficilement à s’en débarrasser, parce que les semences sont transportées au loin par les vents, et qu’elles poussent partout où elles trouvent un terrain qui leur est favorable. On l’a appelé hémorroïdal parce que la piqûre d’un insecte fait naître sur ses tiges des renflements rougeâtres, semblables à une veine gonflée. Le C. à fleurs grêles [C. tenuiflorus^ Smith), caractérisé par ses capitules oblongs, cylindiiques , sessiles et réunis en petits bouquets au sommet des rameaux. Le C. crispé {C. crispus^ Lin ) présente, au contraire, les capitules pédonculés ; et ses pédoncules sont chargés d’épines. Le C. penché {C. tiufans, Lin.) a ses pédoncules tomenteux presque nus. Ses fleurs sont pourpres ou blanches. Ses aigrettes plumeuses ont été quelquefois mêlées avec du coton dans la fabrication des tissus. Le C. à feuilles d’acanthe (C. acanthoïdes^ Lin.) paraît n’ôtre qu’une variété de l’espèce précédente. Toutes ces plantes habitent les terrains secs et pierreux, principalement sur le bord des chemins. Le chardon a servi d’emblème de la résistance dans l’institution d’un ordre militaire d’Écosse, connu sous le nom d’Ordre de Saint-André ou du Chardon. C’est un collier d’or entrelacé de fleurs de chardon et de branches de rue. Il a pour devise : Personne ne m’offense impunément. On donne le nom de Chardon à d’autres plantes qui n’appartiennent pas au môme genre ; ainsi le C. à bonnetier ou à foulon (voyez Gaudère) ; le C. bénit {Centaurea beriedicta)\ le C. roland (Eryngium
CHARDONNERET (Zoologie), Carduelis,Cxxv. — Soo%genre d'Oiseaux du grand genre Moineaux (Fringilla., Lin.), qui ont le bec conique sans être bombé en aucun point, un peu plus long et plus aigu que la linotte, avec une pointe grêle et allongée, et les deux mandibules droites et entières. Ils vivent, en général, de grains. Le C. ordinaire [Fring. carduelis, Lin.) est un de nos plus jolis oiseaux d’Europe; c’est aussi un des plus dociles et des
meilleurs chanteurs : il est brun en dessus, blanchâtre en dessous, le masque d’un beau rouge et une belle tache jaune sur l’aile. Il tire son nom delà graine de chardon qu’il recherche particulièrement. Il se plaît dans les jardins, dans les vergers, et c’est le plus souvent sur les arbres fruitiers que la femelle fait son nid, auquel elle donne une forme plus arrondie et plus élevée que le pinson ; elle le garnit â l’intérieur de crin, de laine, de duvet, et c’est sur cette couche qu’elle dépose cinq ou six
Fig. îi98. — Nid du chardonneret.
œufs tachetés de brun rougeâtre. Son vol est peu élevé ; en hiver, ils se réunissent en troupes nombreuses à la manière de presque tous les petits oiseaux. Dans nos volières, on le croise souvent avec le serin.
CHARDONNETTE (Botanique). — Nom d’uùe variété d’artichaut (voyez Artichaut, Cardon).
CHARGE (Médecine vétérinaire). — On donne ce nom â des matières poisseuses qui se maintiennent d’ellesmêmes sur la partie où on les place comme topiques. Les charges sont composées de térébenthine, de goudron, de poix noire ou de Bourgogne, auxquels on ajoute des essences, des teintures, etc. On rase la peau, et on les applique seules ou mêlées avec des étoupes hachées. Les charges sont excitantes, résolutives et fortifiantes. On les applique autour des articulations, sur les épaules ou sur la région des reins dans les efforts.
CHARGÉ d’épaules, de ganache (Hippiatrique). — Par ces expressions, on indique qu’un cheval a ces régions trop fortes, trop développées.
GHARIÉIS (Botanique), du grec charieis., gracieux; allusion faite au port de la plante. — Genre de plantes de la famille des Composées., tribu des Astéracées. Il comprend des herbes originaires du cap de Bonne-Espérance. Le C. à feuilles diverses {C. heterophylla., Cass,) estime jolie plante annuelle, haute de et donnant pendant tout l’été des capitules de fleurs d’abord jaunâtres, puis bleues.
CHARME (Botanique), Carpinus, Lin., de car, bois,pù?, tête, en langue celtique ; c’est-à-dire bois propre à faire des jougs pour les bœufs. Son nom grec zugia, de zugos, joug, présente absolument la même signification. — Genre de plantes de la famille des Quercinées ou des Cupulifères, suivant différents auteurs. Il comprend des arbres de moyenne hauteur, et habitant les régions tempérées de l’Europe et de l’Amérique septentrionale. Le C. commun {C. betulus. Lin.) est l’espèce la plus importante du genre. On la connaît souvent dans les jardins sous le nom de Charmille. C’est un arbre qui peut atteindre à 12 mètres, et même plus. Son écorce est lisse, grisâtre. Ses feuilles sont ovales ou oblongues, dentées, d’un vert gai et marquées de nervures saillantes. La propriété qu’il a de se beaucoup ramifier, de se plier de toutes manières, et de prendre, par la taille aux ciseaux, toutes les formes qu’on veut lui donner, le rendit très-précieux autrefois pour former ces palissades et ces décorations de verdure qu’on employait pour l’embellissement des jardins, et que l’on connaissait sous le nom de Charmilles. Le charme commun habite les endroits frais et un peu humides de l’Europe moyenne. On en distingue plusieurs variétés caractérisées principalement par la forme de leurs feuilles. Cet arbre est une de nos meilleures essences forestières. Son bois est blanc, dur, pesant, d’un grain uni et serré, et
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'emploie dans le charronnage, la fabrication des manches d’outils ; les mécaniciens s’en servent aussi pour
faire des roues de moulins, des vis de pressoirs, etc. Il a surtout de grandes qualités comme bois de chauffage. Il donne une belle flamme et dégage beaucoup de chaleur. La quantité de calorique qu’il produit est môme supérieure à celle que donne le hêtre. L’écorce du charme peut servir pour la teinture en jaune et le tannage des peaux. On distingue encore deux espèces intéressantes dans ce genre : le C. (TAmérique (C. americana^ Michx) , qui s’étend du Canada jusqu’aux Florides ; et le C. d'Orient (à. orientalis^ Lamk), qui est un arbrisseau de 4 à 5 mètres. Caractères du genre : fleurs monoïques en chatons; les mâles allongés, composés de fleurs accompagnées chacune d’une écaille imbriquée, acuminée, cijiée à la base ; étamines barbues à leur sommet ; les femelles en chatons lâches et raboteux ; ovaire infère à 2 loges; fruits secs et durs, ovoïdes et formant un strobile. G — s.
CHARMILLE (Horticulture). — Voyez Charme.
CHARNIÈRE (Zoologie). — On appelle ainsi en conchyliologie la partie la plus solide et la plus saillante des coquilles bivalves, celle où elles sont attachées ensemble et sur laquelle se font les mouvements. Elle est presque toujours munie de dents (voyez Coquille).
CHARPENTE osseuse (Zoologie). — Voyez Squelette.
CHARPIE (Médecine), du latin carptum^ cardé, sousentendu linteum. — On donne ce nom à un amas de fils provenant de morceaux de toile de 0“,08 à0“,09 carrés, que l’on a effilés; c’est ce qu’on appelle charpie brute: on connaît encore la charpie râpée, se fait en raclant avec un couteau un morceau de toile ; on obtient une espèce de duvet moelleux qui peut être employé dans certaines circonstances. Pour faire de bonne charpie, il faut employer du linge qui ait déjà servi, mais qui ne soit pas trop usé; il doit être blanc de lessive, sans empois et non coloré : avec la charpie brute, on fait les plumasseaux, les bourdonnets, les boulettes, les tampons, dont on se sert pour panser les plaies, les ulcères,etc. On fait des mèches , des tentes avec de la charpie longue de 0“,15 à 0™,20; la charpie râpée se pelotonne davantage et est moins absorbante.
La charpie de coton n’a d’autre inconvénient que d’être moins absorbante; elle a, du reste, toutes les autres qualités de celle de fil. On peut remplacer la charpie par du chanvre en étoupes, peigné, blanchi et cardé. Dans tous les cas, la charpie ne doit pas être conservée trop longtemps; elle ne doit pas être entassée dans des caisses ou dans des tonnes, comme cela a lieu quelquefois pour le service des grands établissements. Pelletan attribuait à de la charpie conservée pendant des années, dans l’intérieur de l’Hôtel-Dieu, les cas nombreux de pourriture d’hôpital (voyez Pourriture) qui se décla-
rèrent chez les blessés de l’une des sanglantes journées de la révolution. Les Anglais et les chirurgiens du Nord remplacent notre charpie par une espèce de préparation de lin ou de chanvre soigneusement arrangée, mollette sur une de ses faces et gommée sur l’autre, ou moelleuse sur les deux : ce tissu est en pièces roulées ; on en coupe des morceaux suivant les besoins. F — n.
GIIARRÉE (Agriculture). — C’est le nom qu’on donne aux cendres lessivées. Par les différents sels solubles qu’elles contiennent, les cendres sont très-utilement employées en agriculture; mais on se sert plus particulièrement de la charrée ou cendres lessivées, d’abord parce qu’elles sont moins chères, ensuite parce qu’étant moins riches en sels solubles, elles n’ont pas une action aussi énergique et ne brûlent pas les plantes, comme cela arrive souvent avec les cendres vives et récentes qu’on répand sans précaution sur le sol. Le silicate de potasse est un de ces sels qui résiste le plus à l’action de l’eau, et c’est pour cela que la charrée exerce pendant si longtemps des effets marqués sur la végétation. La charrée convient à tous les sols, mais surtout aux sols argileux Pt compactes. Elle est également utile à toutes les récoltes, et pendant toutes les saisons, mais surtout au printemps. C’est l’engrais par excellence pour les prés non arrosés. On la répand à la main ou à la pelle.
CHARRUE (Agriculture), Carruca des Latins, — Machine avec laquelle on laboure la terre. Parmi les différents modes de labourage que les hommes ont employés pour la culture, celui qui se fait au moyen de la charrue, s’il n’est pas le meilleur, est de beaucoup le plus économique et surtout le plus prompt. Les diverses sortes de charrues peuvent se rapporter à deux types principaux, les araires ou charrues simples et les charrues à avanU tra mou composées.
V araire^ employé dès la plus haute antiquité par les
})cuples primitifs qui se sont occupés de culture, différait peu de celui qui est encore en usage dans quelques parties du midi de la France, de l’Italie et de l’Afrique. Ainsi cette dernière, à quelques légères modifications près, se compose d’un soc pointu, avec deux oreilles ou versoirs en bois en forme de coins. Ce soc coupe seulement des tranches horizontales que les deux oreilles rejettent plus ou moins sur les côtés. C’est encore aujourd’hui l’araire de Provence {fig. 600). Mais peu à peu et avec le temps des perfectionnements ont été apportés, et enfin on en est arrivé à l’araire perfectionné de Mathieu de Dombasle. Il se compose de sept parties principales : le contre, le soc, le sep, le versoir ou oreille, Vage ou flèche ou haie, les manches, le régulateur. Le contre [cutter, couteau) (9, fig. 501) est une espèce de couteau adapté en avant du soc, à l’âge de la charrue, et destiné à couper la terre verticalement en avant. En général il est droit, quelquefois en faucille ou bien à tranchant convexe; il n’est pas perpendiculaire, mais incliné, la pointe en avant. Le soc [e, fig. 50i) est la partie importante de la charrue; il coupe horizontalement la tranche de terre
que le contre a coupée verticalement ; il se compose d’une aile, partie qui va en s’élargissant depuis la pointe et
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qui constitue une espèce d’appendice à droite du soc tranchant, qui va en se relevant vers sa partie la plus large pour aller former avec le versoir un plan incliné destiné à soulever et à renverser la tranche de terre. L’autre partie du soc est la douille ou souche^ qui sert à le fixer au corps de la charrue. Le sep («?, fig. 501) est une solide pièce de bois garnie d’un talon d' qui pèse et glisse sur le fond du sillon ; il doit être muni de bandes de fer sur la face inférieure et sur le côté gauche. Le versoir ou oreille^ pièce située à droite et contournée de telle sorte que l’instrument, débarrassé plus tôt du poids de la terre, est allégé dans sa marche. Autrefois c’était de chaque côté une planche droite (p, fig, 500), s’écartant obliquement de la partie postérieure de la charrue. Uage, flèche,, haie ou perche (a, fig, 501), c’est véritablement le corps de la charrue ; cette pièce sert i fixer le contre, à contenir l’appareil régulateur et les mancherons ou manches ; elle est assujettie h la partie postérieure et antérieure à l’aide de deux étançons c et c'. L’age, quelquefois en fer, le plus souvent en bois, a une longueur variable de 2“',50 à .‘î mètres. Les manches sont ces morceaux de bois que le laboureur tient de chaque main pour diriger la charrue. Le régulateur {i, fg. 501) est une branche verticale qui glisse dans une mortaise à l’extrémité antérieure de l’age et qui permet d’élever ou d’abaisser la ligne de tirage et de soulever, par exemple, la pointe du soc en abaissant cette ligne.
La charrue à avant-train n’est autre chose que celle qui vient d’être décrite et à laquelle on ajoute un avanttrain composé d’une paire de roues, à l’essieu desquelles vient s’adapter une chaîne en fer fixée à la partie inférieure de l’age par un crochet solide. C’est sur cette chaîne que se fait le tirage au moyen d’un système d’attelage fixé également sur l’essieu; au-dessus de celui-ci s’élève un châssis dont les deux montants verticaux, percés de trous, reçoivent une traverse qui glisse du haut en bas et qu’on fixe à volonté ; au milieu de cette traverse existe une boîte à coulisse que l’on peut faire aller à droite et, à gauche et qui reçoit, au moyen d’un crpchet, l’extrémité de l’age. Il existe une multitude de modifications de charrues des deux modèles doni il vient d’être question ; on ne peut ici entrer dans de plus grands détails à ce sujet. Mais nous devons faire mention d’une espèce de charrue dite po/yjoc, c’est-à-dire à plusieurs socs accouplés; cette machine, dont on trouvera la description dans l’ouvrage de Gasparin, et qui est due à M. Godefroy, ne peut être employée que dans les grandes exploitations. Dans ces conditions, elle paraît offrir quelques avantages dont un des principaux est qu’un seul laboureur peut la diriger sans difficulté, etc.
Nous n’avons donné ici qu’une idée générale de la charrue et de sa construction ; quant aux divers genres de charrues et d’araires, et quant aux divers travaux qui en réclament l’emploi, voyez le mot Labour,
CHARTRE (Médecine), Tabes. — Par ce mot, on entend en général un état de marasme, de consomption qui accompagne le plus souvent le rachitisme : on dit d’un enfant qu’il est en chartre, lorsque, par les progrès de cette maladie ou du carreau, de l’atrophie mésentérique, il est réduit à une maigreur qui annonce une fin plus ou moins prochaine. On a pensé que ce mot venait du vieux mot français chartre, dérivé lui-même par corruption de carcer,, prison, parce que cette affection était très-fréquente dans les prisons.
CHASSE (Zoologie), Venatio des Latins. — C’est l’art de prendre les quadrupèdes et les oiseaux, soit vivants, au moyen de ruses et d’engins de toutes espèces, soit en les tuant le plus ordinairement avec le fusil. On donne le nom de Vénerie à la chasse qui se fait en grand avec des chiens, soit à pied, soit à cheval, surtout pour les bêtes fauves. La grande chasse aux oiseaux, qui se faisait autrefois avec des faucons, portait la nom de Fauconnerie. On appelle pipée la chasse des petits oiseaux au moyen de gluaux ; on distingue encore pour les oiseaux la chasse au miroir, à la tramasse, à la passée, etc. (voyez aux différents animaux qui sont le but de la chasse et aux mots Fauconnerie, Vénerie, etc.).
CHASSELAS (Horticulture). — On appelle ainsi cette variété de raisin si connue et si appréciée des amateurs, et dont la culture est une des industries les plus productives des environs de la ville de Fontainebleau. On sait que les variétés de vigne cultivées pour la table diffèrent généralement de celles que l’on choisit pour les vignobles; leurs fruits ont une saveur plus douce et plus agréable. Parmi ces différentes variétés, le chasselas tient le premier rang. Le C. de Fontainebleau, chasselas doré,
a les grains ronds, blancs, teintés de roux d’un côté, de grosseur moyenne [fig, 502) ; c’est la variété qu’on devra le plus multiplier. Elle mûrit à Paris, du milieu à la fin de septembre. La treille du château de Fontainebleau a servi de modèle à tous les horticulteurs qui ont voulu cultiver en grand le chasselas, et aux auteurs qui ont écrit sur cette matière. Créée il y a une centaine d’années et restaurée au commencement de ce siècle, elle a une longueur de 1 384 mètres de développement. Mais c’est à Thomery, village situé à 8 kilomètres de Fontainebleau, que la culture du chasselas a été faite avec un plein succès ; commencée il y a plus de cent vingt ans, continuée avec une intelligence et un soin persévérants par un agriculteur du nom de Charmeux, dont les descendants ont conservé avec respect les bonnes traditions, cette culture fait aujourd’hui la richesse du village de Thomery et de toute la contrée ; elle comprend actuellement 120 hectares et produit en moyenne un million de kilos de raisin. Les bornes de cet article ne nous permettent pas d’entrer dans les développements que comporterait la culture du chasselas de Fontainebleau. Nous renverrons aux traités spéciaux (voyez Raisin, Vigne). Gomme sous-variétés on cite: 1" le Gros Coulard , Damas blanc. Précoce de Rouen, à grains inégaux, gros, blancs, coulant souvent. Mûrit fin d’août à Paris ; 2" le Queen Victoria, à grains trèsgros, blancs, ronds; 3“ le Rose (Pô), Royal rosé, grains ronds, rosés, assez gros. Il mûrit vers la fin de septembre. On appelle vulgairement Chasselas musqué le Muscat blanc précoce, à grains blancs, un peu allongés, assez gros. Apporté de la Calabre, il mûrit difficilement à Paris. On donne aussi vulgairement le nom de Chasselas Napoléon, Chasselas d’Alger, h \x.XïQm\x's>-y^V\éié de
raisin connue dans le Midi sous le nom de Panse commune jaune (Bouches-du-Rhône), à grains gros, longs, jaunes; il mûrit difficilement sous le climat de Paris.
CHASSIE (Anatomie). — Humeur grasse, onctueuse et jaunâtre, sécrétée par les follicules sébacés des paupières, connus sous le nom de glandes de Méibomius. Elle sert à empêcher les paupières d’irriter le globe de l’œil par leur frottement et à s’opposer à ce que les larmes tombent sur la joue. Lorsque ces follicules sont malades, ils sécrètent une grande quantité de chassie , et cette maladie porte le nom de lippitude (voyez ce mot).
CHAT (Zoologie), Felis, Lin. — Genre de Mammifères, ordre des Carnassiers, famille des Carnivores, tribu des Digitigrades, dont il contient les espèces les pliis carnivores ; le chat commun ou ordinaire, le lion, le tigre, la panthère, le lynx, etc. Toutes ces espèces présentent entre elles une ressemblance qui ne permet guère de les distinguer que par leur taille, leur couleur, la longueur de leur poil et de leur queue. Ce sont, de tous les carnivores , les plus féroces et les plus puissamment armés; leurs mâchoires, courtes, sont mues par des muscles très-forts; elles portent à chacune deux fausses molaires comprimées et tranchantes, suivies d’une grande
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carnassière pointue, une très-petite tuberculeuse supérieure, et enfin des canines énormes. Leurs ongles rétractiles se redressent ou se cachent, à la volonté de l’animai, sous la peau repliée du bout des doigts, par l’elfet de ligaments élastiques {fig. 503) ; ils ne perdent jamais leur pointe ni leur tranchant, et cette conformation en fait des animaux très-redoutables, surtout les grandes espèces. Ils ont la vue d’une portée médiocre, mais ils voient aussi bien la nuit que le jour; si leur odorat est moins développé que celui du chien, en revanche, chez eux l’ouïe est d’une finesse extrême, ils perçoivent les sons les plus légers. Toutes les parties de leur corps sont d’une flexibilité et d’une souplesse remarquables ; ils savent aussi bien ramper et grimper que faire des bonds énormes; mais ils courent assez difficilement, et c’est à force de patience et de ruse, aidées d’un silence absolu, qu’ils viennent à bout de s’emparer de leur proie. Cachés le plus souvent dans un repaire touffu, près d’une source ou au bord d’un ruisseau, ils attendent, épient l’animal qui vient se désaltérer, fondent sur lui d’un seul bond, le déchirent de leurs ongles , et assouvissent pour quelque temps leur appétit sanguinaire. Ils ont le pelage en gé-
néral doux et fin, et des moustaches qui paraissent leur transmettre des impressions très-délicates. Ce genre renferme plus de vingt-cinq espèces , dont les principales sont : 1" le Lion {F. leo^ Lin. ), !e plus fort et le plus courageux des animaux de proie ; distingué par sa couleur fauve uniforme, le flocon de poil du bout delà queue, et la crinière qui revêt la tête, le cou et les épaules du mâle (voyez Lioi\). 2° Le Tigre royal {F. tigris^ Lin.), aussi grand que le lion, plus allongé, la tête plus ronde; le plus cruel des quadrupèdes : c’est le fléau des Indes orientales ; la force et la rapidité de ses mouvements sont prodigieuses (voyez Tighe). 3° Le Jaguar ou Tigre d’Amérique^ \2i grande Panthère des fourreurs [F.onco^ Lin.), presque aussi grand que le précédent et presque aussi dangereux (voyez Jaguar). 4*' La Panthère {F. pardus^ lÀa.){fig. 504), c’est le Pardalis des anciens, répandue dans toute l’Afrique et l’Asie méridionale (voyez Panthère). 5® Le Léopard {F. leopardus^ Lin.)» Ces deux espèces sont plus petites que le jaguar. Les voyageurs et les fourreurs les désignent indistinctement sous les noms de léopard^ panthère, tigre d’Afrique, etc. (voyez Léopard). 6® Le Couguar, Puma, ou prétendu Lion d'Amérique (F. discolor,\Àx\.) (voyez Couguar). l°'LQ^Lijnx{F. lynx, Lin.) ; le Loup cervier (F. cervaria, Temm.), etc. (voyez Lynx, Loup cervier). 8° VOcelot (F. pardalis), un peu plus bas sur jambes que les autres (voyez Ocelot). 9® Le Serval (F. serval. Lin.) (voyez Serval). 10° Le Guépard ou Tigre chasseur des Indes (F. jubata, Schreb., ou mieux F. guttata, du même) ; ses ongles ne sont pas rétractiles (voyez Guépard). 11° Le Chat ordinaire (F.
caltus. Lin.), se trouve à l’état sauvage dans les forêts de l’Europe; son pelage, d’un gris brun, avec des ondes transversales plus foncées en dessus, est d’un gris blanc en dessous. Sa queue est très-velue, annelée de noir, les oreilles sont plus roides que celles du chat domestique. Il est d’un tiers plus grand que celui-ci; et sa longueur, depuis le bout du museau jusqu’à la naissance de la queue, peut aller à 0™,60. Le chat sauvage n’existe pas en Amérique ; il est même devenu rare dans nos climats. Les chats domestiques varient beaucoup par la longueur, la couleur et la finesse de leur poil ; ce sont des animaux propres, légers, adroits; ils aiment leurs aises, se plaisent à se coucher sur des coussins chauds et moelleux. Lorsque le chat veut exprimer le contentement et l’affection, il fait entendre une espèce de murmure sourd qui se renouvelle et se prolonge indéfiniment. Ils ne vivent guère que douze à quinze ans. La femelle porte 55 à 56 jours, et met bas quatre à cinq petits.
Les chats domestiques offrent quelques différences dans leur taille, la couleur et la longueur de leur pelage. Kolbe prétend qu’il y a, au cap de Bonne Espérance, des chats bleus , ou plutôt couleur d’ardoise ; on les retrouve en Asie ; leur poil est fin, lustré, délicat comme de la soie, et long de cinq à six doigts sur la queue. Ils ressemblent par la couleur à ceux que nous appelons chats chartreux, et ne diffèrent guère de nos chais d' Angora. Ceux-ci ont les poils longs et soyeux, ceux du ventre descendent quelquefois jusqu’à terre et ceux du col forment une large fraise, ils sont en général blancs, on en rencontre cependant de gris, de fauves, de tachetés, etc. ; ils ont les lèvres et la plante des pieds couleur de chair; originaires de l’Anatolie, ils doivent leur beauté, dit Desmarest, à l’influence du climat; il en est de même des chats d’Espagne, qui sont roux, blancs et noirs, et dont le poil est aussi très-doux et très-lustré. En Chine, il y a des chats à long poil extrêmement luisant avec les oreilles pendantes (V. Races).
Chat. — Petit groupe de Poissons du genre Silure, sous- genre des Pimélodes (voyez ces mots) ; ils ont la tête nue, mais très-large, leurs barbillons sont au nombre de huit. Le Silure chat (S. catus. Lin.), se trouve dans la mer et les rivières de la Caroline ; sa chair est peu agréable, on la mange frite.
CHAT-HUANT (Zoologie), Syrnium^ Savig. — Sous-genre D’Oiseaux de proie nocturnes du grand genre Strix (Chouette). Ils se distinguent de ceux du même genre, parce qu’ils ont le disque qui entoure leurs yeux, composé de plumes effilées ; la collerette de plumes écailleuses, et, entre deux, une ouverture d’oreilles qui se réduit à une cavité ovale n’occupant pas moitié de la hauteur du crâne : ils n’ont point d’aigrette, et leurs pieds sont emplumés jusqu’aux ongles. Le Chat-huant , Hulotte , Chouette des bois, etc. (Strix aluco et Stridula, Lin.) (fg. 505) a environ 0“,40 de long. Cet oiseau est couvert partout détachés longitudinales brunes; aux scapulaires et vers le bord antérieur de l’aile, des taches blanches. Le fond
du plumage est grisâtre dans le mâle, roussâtre dans la femelle, ce qui les a fait considérer longtemps comme deux espèces. « Il est bon de savoir, dit Cuvier, que dans tout ce genre , les femelles sont plus rousses que les
Fig. 503. — Disposition des ongles dans le genre Chat.
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mâles, ce qui a fait quelquefois multiplier les espèces. » Le chat-huant habite les bois, où il niche, et se tient dans les vieux troncs d’arbres ; il chasse pendant la nuit, et fait une guerre acharnée aux mulots et aux campagnols, et, sous ce rapport, les services qu’il rend à l’agriculture devraient bien modérer la manie de destruction qui anime les paysans à son égard. C’est, du reste, un reproche qu’on peut leur adresser pour beaucoup d’autres animaux (voyez Chouette).
CHATAIGNE (Botanique). — - Voyez ChataicxNier.
CHATAIGNE d’eau (Botanique). — Nom vulgaire de la Macre flottante (voyez Macre).
CHATAIGNIER (Botanique), Castanea ^ Tourn. , du nom de la ville de Castanea^ en Thessalie, dans les environs du fleuve Pénée. — Genre de plantes que Linné considérait comme faisant partie du genre Hêtre {Fagus). Il appartient à 1a famille des Quercinêes^ dans la classe des Amcntacêes. Les châtaigniers sont, en général, des arbres des régions tempérées de l’Europe, de l’Asie moyenne et de l’Amérique. Le châtaignier commun
{C. Fe^cn, Gaertn.; C. Lamk ; Fagm Castanea^
Lin.) {fig. 506) est un arbre pouvant acquérir une élévation de 20 à 25 mètres, et une énorme épaisseur de tronc. On a souvent cité le châtaignier de l’Etna, qui mesure 53 mètres de circonférence, et dont l’âge est évalué à 4 000 ans. L’immense branchage de cet arbre, appelé Châtaignier aux cent chevaux^ peut servir à abriter des troupeaux tout entiers. On raconte, à ce sujet, que la reine Jeanne d’Aragon, surprise un jour d’orage au mont Etna, put s’abriter avec tous ses cavaliers sous ce colosse végétal Le châtaignier qui existe près de Sancerre, dans le département du Cher, est célèbre aussi par ses dimensions; à un mètre au-dessus du sol, il mesure
3 mètres de diamètre. D’après certaines évaluations, son âge pourrait être de plus de 1 000 ans Le châtaignier commun habite principalement l’Europe méridionale, TAsie Mineure et le Caucase. Il était connu dans la plus haute antiquité pour ses fruits, que l’on nommait halani. Son bois a beaucoup d’élasticité et de ténacité. Il est employé spécialement dans certains pays, pour la fabrication des échalas, des tonneaux, des cercles de cuves. Ce genre se distingue par des fleurs mâles en chatons grêles interrompus; involucre fructifère épais, coriace, hérissé de piquants, et s’ouvrant irrégulièrement en 2 ou
4 valves; 1-3 fruits de forme variable.
Le châtaignier était, dit-on, plus commun autrefois en France qu’il ne l’est aujourd’hui. On en trouve encore des forêts dans les Vosges, dans le Jura, aux environs de Lyon, dans le Limousin ; mais on en dépouille tous les jours les collines sablonneuses des environs de Paris qui en étaient couvertes. Les châtaigniers se multiplient de graines qu’on sème surtout au printemps, quelquefois en automne; lorsqu’ils ont acquis 2 mètres à 2“,50 de hauteur, on les plante dans la place qu’ils doivent occuper, et, quelque temps après, on peut les greffer en flûte, si l’on veut obtenir des fruits plus gros et plus abondants (voyez Marron). Le bois de châtaignier est peu estimé pour le chauffage; mais comme il fait de bon bois de charpente, on l’emploie souvent dans la construction. Le C. d'Amérique ( C. Americana^ Sweet. ), que certains botanistes regardent comme une variété du précédent, acquiert aussi de belles proportions et peut résister aux grands froids.
Les châtaignes sont un produit intéressant au point de vue de l’alimentation dans les pays de montagnes dépourvus presque complètement de céréales. La récolte est plus ou moins abondante, mais elle manque rarement;
c’est une excellente nouriiture pour les hommes et les animaux. Dans plusieurs parties de la France, le Limousin, les Cévennes, la Corse, etc., les habitants des campagnes et la classe indigente en font presque leur unique nourriture ; il en est de même dans les régions montagneuses de l’Espagne, de la Suisse, de l’Italie. La conservation des châtaignes demande certaines précautions, qui varient suivant les pays. Dans les Cévennes, par exemple, on a des bâtiments dans lesquels sont disposées de grandes claies, sur lesquelles on peut mettre à la fois jusqu’à 600 kil. de châtaignes ; on entretient sous ces claies un feu doux pendant plusieurs jours, en les retournant de temps en temps avec une pelle, jusqu’à ce que les châtaignes soient bien sèches ; on les retire ensuite et on les bat, pour les dépouiller de leur enveloppe, en les mettant dans de grands sacs de forte toile, sur lesquels deux hommes frappent chacun avec un bâton, pour briser l’écorce extérieure et en même temps détacher la peau intérieure. On vanne ensuite les châtaignes pour enlever tous les débris de leur écorce, et, après cette préparation, on les serre pour s’en servir au besoin. On peut manger la châtaigne cuite sous la cendre ou dans du lait, ou bien la convertir en farine dont on fait des bouillies, des galettes qui tiennent lieu de pain, comme on fait en Corse et en Italie, et môme une espèce de pain d’une saveur douce et agréable, qui se digère facilement et peut se conserver plusieurs jours. La plus belle variété de châtaignes, connue sous le nom de marrons^ est produite surtout par les châtaigniers qui ont été greffés; elle constitue un mets presque de luxe, qui se mange ordinairement rôti dans une poêle percée de trous, et que l’on sert sur les meilleures tables (voyez Marron). G — s.
CHATEAU-NEUF-LES-BAINS (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Puy-de-Dôme), arrondissement et à 24 kilom. de Riom, où l’on trouve des sources ferrugineuses bicarbonatées froides, dont la température varie de 15" à 37" cent. Elles contiennent notamment de l’acide carbonique libre, des bicarbonates de soude, de potasse, de chaux, de protoxyde de fer, du chlorure de sodium, de la silice, etc. Ces eaux minérales, encore peu utilisées, ont paru efficaces dans les rhumatismes, quelques névroses, dans les gastralgies, etc.
CHATELDON (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Puy-de-Dôme), arrondissement et à 16 kilom. de Thiers et de Vichy (Allier). On y trouve plusieurs sources d’eau ferrugineuse bicarbonatée froide. Elles contiennent une quantité notable d’acide carbonique libre dissous, environ 2»,429 par litre, des bicarbonates alcalins, etc. Ce sont surtout des eaux digestives. Elles ont aussi été avantageuses dans la gravelle, le catarrhe vésiC'3.1 Gtc*
CHATÊL-GUYON (Médecine, Eaux minérales). — Village de France ( Puy-de-Dôme ), arrondissement et à 7 kilom. N. E. de Riom, qui possède des eaux acidulés thermales (chlorurées , sodiques et ferrugineuses bicarbonatées). Température, 30" cent. Elles contiennent de l’acide carbonique libre, des bicarbonates, et une certaine quantité de sulfate de soude qui explique leurs propriétés purgatives.
CHATENOIS (Médecine, Eaux minérales). — Bourg de France (Bas-Rhin), arrondissement et à 2 kilom. O. de Schelestadt, qui renferma. deu\ sources minérales (chlorurées sodiques) froides. Elles contiennent par Etre 4§,2I4 de principes fixes, dont 3s,200 de chlorure de sodium. Employées avec succès contre les maladies a théniques (de faiblesse).
CHATON (Botanique). — Nom que l’on donne à certaine disposition de fleurs en épis ressembh nt à une queue de chat. Le chaton différé de l’épi, en ce qu’il se compose de fleurs mâles ou femelles, qu’il est articulé, se dessèche et tombe après la floraison. On n’emploie guère ce nom que pour désigner l’inflorescence de la classe des Amentacées, Le chaton est pendant dans le bouleau, le noisetier {fig. 507); simple dans les peupliers et les saules. Il est composé^ quand son axe produit de courtes ramifications, comme dans le noyer. Le chaton est sphérique, globuleux dans les platanes ; ovoïde dans le cèdre, l’aulne. Il est iriterrompu dans plusieurs espèces de chênes, etc., etc.
CHATOUILLEMENT (Physiologie).— On appelle ainsi l’excitation que produisent sur certaines parties du corps des titillations légères, pratiquées d’une manière plus ou moins rapide. Les régions les plus pourvues de nerfs, telles que la plante des pieds, la paume des mains, les lèvres, les orifices du nez, des oreilles, sont les plus sensibles au chatouillement. Le premier effet qu’il produit,
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est une sensation de plaisir qui porte au rire; si le chatouillement est continué plus longtemps, il détermine des
Fig. 607. — T)eux chatons à fleurs mâles du noisetier. — Au-dessus se voit un chaton de fleurs femelles.
cris, des mouvements convulsifs; enfin on l’a vu suivi quelquefois de convulsions violentes et prolongées, et même de la mort. Pendant les guerres religieuses des Cévennes, un des supplices les plus usités était le chatouillement sous la plante des pieds. Le chatouillement est quelquefois employé en médecine, surtout dans les cas de syncopes, d’asphyxie, etc. Ainsi, l’on excite avec la barbe d’une plume l’intérieur des narines, dans le but
de réveiller la sensibilité. On chatouille la luette pour produire le vomissement.
CHAUDES-AIGÜES (Médecine, Eaux minérales). — Bourg de France (Cantal), arrondissement et à 32 kilom. de Saint-Flour. Sources thermales ; température de 57" à 80" cent, (bicarbonatées sodiques). Ce sont les plus chaudes de France ; elles contiennent différents sels à bases alcalines, un peu de fer et des traces d’arsenic, en tout 06,81 1 de principes fixes. Employées dans les rhumatismes, certaines maladies de la peau les rétractions musculaires, etc.
CHAUDIÈRE A VAPEUR ou Générateur. — Partie essentielle d’une machine à vapeur, le générateur peut exister seul (voyez Chauffage a la vapeur).
Les chaudières à vapeur ont éprouvé dans leurs formes des modifications très-nombreuses ayant pour but, soit d’économiser le combustible, soit d’augmenter leur puissance de vaporisation et leur force de résistance. Les conditions générales qu'elles doivent remplir sont de présenter une surface de chauffe étendue, d’offrir une résistance suffisante à la pression de la vapeur, d’être d’un nettoyage facile à l’extérieur et à l’intérieur, de pouvoir être visitées sans difficultés dans tous leurs points, de n’exiger que des réparations rares et peu dispendieuses, d’être d’un poids, d’un volume et d’un prix peu élevés, d’utiliser enfin le mieux possible le combustible. Suivant le but qu’on se propose d’atteindre, l’une de ces conditions peut toutefois être subordonnée aux autres. Les principaux générateurs sont les suivants :
CïiAUDiÈRE DE Newgomf.n, hémisphérique à fond concave du côté du foyer. — Ce dernier est placé au-dessous de la chaudière et occupe le tiers ou la moitié de la sole. La flamme et la fumée, après s’être étalées sur tout le fond de la chaudière, font latéralement le tour de celle-ci, dans des conduits appelés carneaux^ avant de s’échapper par la cheminée. Quelquefois elles pénètrent dans l’intérieur même de la chaudière au moyen de carneaux en tôle ayant la forme d’un ü. Elles peuvent, dans les conditions les plus favorables et avec de bonne houille, vaporiser de 7 à 8 kil. d’eau par kilogramme de charbon brûlé.
Chaudière de Watt ou Chaudière a tombeau, de forme prismatique allongée terminée par des fonds plats. — Cette chaudière est toujours à basse pression ; la face inférieure en est concave du côté de la sole et du foyer ;
Légende explicative de la figure 508.
H, foyer.
A, corps cylindrique de la chaudière.
B, bouilleurs.
P P, tubes de coramunicalion entre . la chaudière et les bouilleurs.
R, registre pour le tirage de la chcmi' ée.
fl s, flotteur d’alarme.
W) tuyau de prise de vapeur.
G, trou d’homme, m, tuyau d'alimentation.
f, soupape de sûreté. |
N, O, flotteur indicateur, f, indicateur de niveau.
Fig. 5ü8. — Chaudière à bouilleurs.
elle est léchée dans toute sa longueur par la flamme et les gaz qui font ensuite un circuit complet longitudinalement autour de ses flancs, et souvent même pénètrent dans son intérieur en suivant des carneaux longitudinaux en tôle. Pour diminuer le poids de ces chaudières et supprimer le fourneau en maçonnerie dans lequel elles sont ordinairement encastrées, on dispose assez généralement, surtout dans les bateaux à vapeur, le foyer dans la chau-
dière même ; le feu est alors entouré d’eau de tous côtés, a l’exception des ouvertures destinées à l’introduction de 1 air et du combustible. Ces chaudières peuvent donner également de 7 à 8 kil. de vapeur d’eau par kilogramme de charbon brûlé.
Chaudière cylindrique, avec ou sans houilleurs, terminée à ses deux extrémités par des calottes sphériques, la plus favorable à la résistance et la plus généralement
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adoptée en France pour les machines à haute pression. — Les chaudières cylindriques sans bouilleurs sont disposées et chauffées comme les chaudières à tombeau ; elles donnent de G, 5 à ? kil. de vapeur par kilogramme de charbon brûlé. L’introduction du foyer à l’intérieur diminue leur résistance, exige plus desoins dans leur construction et nécessite l’usage de pièces intérieures de renforcement; aussi dans les machines fixes leur préfère-t-on les chaudières à bouilleurs (fig. 608). Les bouilleurs sont formés par deux cylindres B, B un peu plus longs que le corps delà chaudière, d’un diamètre beaucoup plus petit, disposés côte à côté parallèlement au-dessous du cylindre principal A avec lequel ils communiquent par quatre ou six tubulures et fermés à l’une de leurs extrémités par une calotte sphérique et fixe et à l’autre par une forte plaque de fonte mobile pour le nettoyage intérieur. La chaudière est encastrée horizontalement, les bouilleurs en dessous, dans un fourneau en briques réfractaires, au moins dans les parties qui avoisinent le feu, et de manière que les extrémités mobiles des bouilleurs soient situées hors du fourneau. La flamme et les gaz lèchent d’abord les bouilleurs d’avant en arrière et sur leur face inférieure, puis reviennent d’arrière en avant entre le cylindre et les bouilleurs et retournent enfin à la cheminée en suivant les flancs du cylindre. Dans ce long circuit, ils cèdent une grande portion de leur chaleur au générateur; le reste les tenant dilatés produit le tirage. Les bouilleurs augmentent l’étendue de la surface de c'iauffe, mais en diminuent l’efficacité moyenne. Étant plus exposés à l’action du feu, ils donnent plus de vapeur que le corps de la chaudière, mais ils s’usent plus vite; aussi les ajustet-on généralement de manière à pouvoir les renouveler sans détruire le fourneau et sans déplacer le gros cylindre dont ils accroissent la durée. Ces chaudières, dans les conditions les plus favorables, donnent de G à 7 kil. devapeur par kilogramme de charbon. Voici les dimensions généralement adoptées pour elles d’après la force nominative des machines qu’elles doivent alimenter.
FORCE N01^^AT1TE dp.
LA niACHlNlî CD chevaux vapeur.