‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 163 sur 385 · BOUILLEURS · texte numérisé non relu

BOUILLEURS

Langueur.

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Longueur.

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Au delà de ces limites, il vaut mieux accoupler plusieurs chaudières.

Chaudières tubulaires. — Voyez Vapeur (Machi- KES a).

Les chaudières à vapeur sont construites en cuivre, en fonte ou en tôle de fer. Le cuivre, étant trop cher, n’est employé que dans les cas exceptionnels où les seules eaux d’alimentation qu’on puisse se procurer sont trop corrosives pour le fer. La fonte est d’un prix peu inférieur à celui de la tôle à cause de l’épaisseur plus grande qu’on est obligé de lui donner, et les dangers d’explosion des chaudières en fonte étant sérieux, on les a presque entièrement abandonnées. Les générateurs sont donc formés de feuilles de tôle rivées l’une à l’autre et dont l’épaisseur est fixée par les règlements. Pour les parties plates, l’épaisseur est déterminée à part et la résistance doit être augmentée par des tirants intérieurs. Au reste, toute chaudière à vapeur doit être au préalable essayée au moyen d’une pompe foulante à eau, en présence d’un ingénieur désigné par le préfet, et résister à une pression triple pour les chaudières en tôle et en cuivre, quintuple pour les chaudières en fonte, de celle qu’elle doit supporter pendant la marche régulière. Dans les locomotives, toutefois, l’épreuve n’est faite qu’au double de la pression normale. La pression d’épreuve est faite avec de l’eau et non de l’air, pour éviter les accidents en cas de rupture. Un timbre est apposé sur la chaudière à la suite de cet essai.

La puissance de vaporisation d’une chaudière dépend

de ses dimensions, mais elle dépend aussi beaucoup de son mode de construction, de la disposition de son fourneau, de la nature du combustible et de la conduite, lente ou rapide, du feu. Les chaudières sans bouilleurs peuvent donner de 35 à 40 kil. de vapeur par mètre carré de surface de chauffe et par heure. Les chaudières à bouilleurs n’en donnent en service courant que 25 ; mais celles-ci ont, à volume égal, une surface de chauffe plus étendue, ce qui compense et au delà leur infériorité sora le premier point de vue. Cette infériorité tient à une étendue relativement moindre de la surface de chauffe directe et à un obstacle plus grand à la formation des courants de vapeur et d’eau dans les bouilleurs et leurs tubulures. Les chaudières sans bouilleurs, préférables pour les machines de faible puissance , conduiraient pour de fortes machines à des longueurs inadmissibles de fourneaux.

L’étendue de la grille à combustion doit toujours être le plus grande possible, sans en rendre cependant le service trop difficile, afin d’accroître la surface de chauffe directe qui est de beaucoup la plus active dans la production de la vapeur. La rapidité de la combustion, sans influence notable sur la quantité de vapeur produite par 1 kil. de houille, en exerce une au contraire considérable sur la quantité de vapeur fournie par une même surface de chauffe, et par conséquent sur la puissance d’une chaudière. Sous le rapport de l’économie de construction, il y a donc avantage à employer une combustion vive.

De t4>us les générateurs, les chaudières dites tubulaires, et en. particulier celles des locomotives, sont celles qui présentent la puissance de vaporisation la plus énergique.

Bien que la quantité totale de chaleur emportée par la vapeur augmente avec sa température et sa pression, il n’en résulte aucune différence sensible dans la pratique; il est avantageux, au contraire, d’alimenter la chaudière avec de l’eau déjà chaude. C’est cette pensée qui a guidé M. Farcot dans la modification qu’il a apportée à ses chaudières {fig. 609). Le tuyau par lequel arrive l’eau d’alimentation est très-long et replié quatre ou cinq fois sur lui-même en segments d’une longueur égale à celle des bouilleurs ordinaires. Le dernier segment, le plus voisin du corps de la chaudière, communique avec celui-ci par une tubulure située au-dessous du niveau de l’eau; il communique également par une seconde tubulure supérieure avec la chambre à vapeur, afin que la vapeur qui s’y produit puisse s’ajouter à la vapeur de la chaudière. Les gaz provenant de la combustion, après avoir épuisé leur action sur la chaudière, suivent le tube d’alimentation dans toute sa longueur, et, comme dans ce trajet ils rencontrent de l’eau de plus en plus froide, ils se dépouillent de plus en plus de leur chaleur, et n’en conservent que juste ce qui est nécessaire pour produire le tirage dans une haute cheminée (voyez Alimentation).

Pour les pièces accessoires dont sont munies les chaudières pour en régulariser la marche ou pour prévenir les accidents, voyez les diverses parties de l’article spécial consacré à la description des machines à vapeur (Vapeur (Machines a), Manomèires).

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Table des épaisseurs des lames de fer dont sont formées les chaudières.

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TENSION DE LA VAPEUR exprimée en atmosphères et diminuée de la pression atmosphérique.

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CHAUFFAGE (Physique industrielle). — Le chauffage des appartements dans nos climats tempérés occasionne pour chaque ménage une dépense quelquefois assez lourde^ et exerce une influence considérable sur notre bien-être et sur notre santé. Il constitue donc une des questions les plus graves de l’économie domestique, et il a donné lieu à une foule d’appareils plus ou moins ingénieux, destinés à le produire à moins de frais et d’une manière plus régulière. Nous allons passer en revue les principaux systèmes de chauffage actuellement connus. Chacun présente certains avantages qui lui sont particuliers. Le chauffage, en effet, est une question complexe à cause des conditions variables auxquelles il doit satisfaire suivant les lieux et suivant l’état de fortune et les habitudes de chacun de nous.

Chauffage direct par combustion. — Ce système est connu et pratiqué de toute antiquité. Les sauvages allument le feu au milieu de leur hutte percée en son sommet d’une ouverture par laquelle s’échappe la fumée. Chez les peuples civilisés de l’antiquité, du combustible brûlant sans fumée était placé dans des vases ouverts au milieu de la pièce à chauffer, dans laquelle se déversaient, en môme temps que la chaleur, les produits gazeux de la combustion. Ce système, encore pratiqué en Espagne , en Italie , et même dans le midi de la France, où on fait usage de braseros^ est sans inconvénients graves dans les contrées où il est employé. Chez les sauvages, l’air afflue de tous les points du pourtour de la hutte par les portes mal fermées et par les fissures des murs en terre; il gagne la partie centrale où est le foyer pour s’élever ensuite verticalement et s’échapper par l’ouverture supérieure; chaque habitant est donc enveloppé d’un courant d’air pur suffisant pour le garantir de l’asphyxie. Quant aux braseros, ils sont garnis de quelques charbons entièrement allumés et à moitié enfouis dans de la cendre, de manière que la combustion se fait sans production oxyde de carbone : V acide carbonique se forme seul ; or, on sait que l’asphyxie par le charbon se produit surtout par le premier de ces deux gaz, Les lumières qui nous éclairent la nuit versent dans l’air d’énormes quantités d’acide carbonique sans nous incommoder d’une manière bien sensible. Déplus, les pièces à chauffer sont en général grandes, élevées; leur fermeture est incomplète, et le climat étant peu rigoureux, le chauffage est en général très-léger. Les accidents sont donc à peu près inconnus, à moins que le brasero ne soit chargé de charbons noirs. Il est vrai d’ajouter, toutefois, que les personnes qui ne son-t pas habituées à ce mode de chauffage très-économique en éprouvent souvent des maux de tête assez intenses. Dans nos climats plus rigoureux , dans nos appartements bien clos, ce système deviendrait extrêmement dangereux. Il est indispensable d’y faire usage d’appareils qui emportent la fumée et les gaz provenant de la combustion.

Chauffage par cheminées. — La France et l’Angleterre sont presque entièrement chauffées par des foyers ouverts, logés dans l’intérieur de cheminées et chargés d’un combustible qui n’échauffe la salle que par son rayonnement. Ce système est éminemment agréable et hygiénique. La vue du feu récrée ; l’air se renouvelle rapidement et conserve une température modérée. Devant une cheminée bien construite, nous pouvons donc

avoir les pieds chauds et le reste du corps à une température moindre, condition nécessaire d’un bon travail et d’une bonne santé, et en même temps respirer un air frais et pur, ce qui est non moins indispensable ; mais aussi ce système est de tous le- moins économique. La chaleur rayonnante est seule utilisée dans une cheminée ordinaire ; or, la chaleur rayonnante n’est, pour le bois, que les 25 p. lOO de la chaleur totale fournie par ce combustible, et pour le coke elle ne dépasse pas 50 p. 100. De plus, le quart seulement de la-chaleur rayonnante pénètre dans l’appartement ; le reste est absorbé par les parois du foyer et perdu. Il en résulte donc que les cheminées ordinaires n’utilisent, en réalité, que de G à 12 p. 100 de la chaleur totale fournie par le combustible brûlé. Un autre inconvénient très-grave vient s’ajouter à cette faiblesse du résultat utile obtenu. Les cheminées les mieux construites absorbent, au minimum, 60 mètres cubes d’air par kilog. de combustible brûlé ; il faut rendre cet air à l’appartement, soit par des ventouses, soit par les joints des portes et des fenêtres. Il en résulte qu’il s’établit dans la pièce un courant d’air froid rayonnant de tous les points accessibles de la circonférence vers le foyer, et cet air emporte encore avec lui une proportion très-notable de la petite quantité de chaleur rayonnante utilisée. Les constructeurs habiles sont heureusement parvenus à supprimer une grande partie des défauts reprochés aux cheminées ordinaires, tout en leur conservant leurs avantages, et cela au moyen de dispositions d’un établissement, en général facile et peu dispendieux.

L’objet qu’on doit se proposer dans la construction d’une cheminée est quadruple. Il faut :

1“ Disposer le foyer de manière qu’il envoie dans la pièce la plus forte proportion possible de chaleur rayonnante ;

2° Réduire le volume de gaz absorbé par la cheminée à la quantité strictement nécessaire au renouvellement de l’air, pour que la respiration se fasse dans de bonnes conditions ;

3“ Remplacer cet air non plus par de l’air froid, mais par de l’air préalablement chauffé ;

4" Utiliser, pour chauffer l’air introduit dans la pièce, la chaleur perdue dans la combustion.

C’est à Rumford que sont dues les premières recherches importantes sur la meilleure forme à donner aux cheminées. Avant lui , elles étaient d’une dimension considérable et dévoraient d’énormes quantités d’air; il les réduisit à des proportions plus raisonnables. Depuis cette époque, des essais de tout genre ont été tentés, et presque toujours on a été obligé de revenir aux principes qu’il avait posés. Des résultats importants sont toutefois sortis de toutes ces tentatives.

La figure 5 1 0, nous donnera une idée nette du système généralement adopté d’après Rumford. Lhomond les a encore améliorées en y adaptant un cadre en cuivre, à coulisse, dans lequel monte et descend un tablier ou rideau {fig. 511) ayant pour effet, soit de concentrer l’action

de l’air sur le foyer pour allumer ou aviver le feu, soit de fermer complètement la cheminée quand le feu est éteint, et conserver ainsi plus longtemps la chaleur de la pièce. Ces cheminées sont très-bonnes et très-répandues, surtout à Paris, mais elles consomment beaucoup.

Les cheminées à foyer mobile de Bronzac ont pour objet de ramener le feu en avant dès qu’il est bien allumé, et d’augmenter ainsi l’étendue de son champ de rayonnement ; mais les galets sur lesquels roule le foyer donnent lieu à des réparations fréquentes, et la cendre qui tornbe du foyer et qui doit y être conservée dans une certaine proportion gêne ses mouvements.

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La cheminée de Millet a pour but de régler à volonté l’ouverture du passage de la fumée dans le tuyau par où elle s’échappe. L’extrémité inférieure du coffre où est établi le foyer est en fonte et fermee à sa partie supérieure ^ mais ce colfre est percé à sa paroi postérieure de deux ouvertures, l’urre supérierrre, large et d une petite hauteur, l’airtre inférieure et située à une très petite distance au-dessrrs du combirstible. La première est toujours ouverte et ne peut suffire qu’au minimum d’échappement de la fumée pour de petits feux. La seconde peut être fermée à volonté au moyen d’une trappe que l’on manœuvre avec un levier. Ce système présente des avantao'es réels. Dans les conditions ordinaires de la combustion, l’air qui l’entretient traverse le combustible de bas en haut ; c’est donc à la face inférieure du foyer que la combustion est le plus vive, que le rayonnement est le plus intense ; or, le rayonnement de cette face est à peu près entièrement perdu pour l’appartement. En obligeant l’air à raser la surface supérieure du combustible pour gagner l’ouverture inférieure par laquelle il s’échappe en grande partie, on rend cette surface incandescente ellemême, et on augmente ainsi sa puissance de rayonnement. Aussi la cheminée de Millet réalise-t-elle une économie notable de combustible.

Pour satisfaire à la troisième condition, on a souvent recours dans les habitations aisées à des calorifères pla-

Fig. 512. — Cheminée de Péclet.

cés dans des pièces centrales^ telles que vestibules, salles à manger... dans lesquelles on établit ensuite les prises d’air qui doivent servir à l’alimentation des cheminées; l’air entraîné par celles-ci est donc remplacé par de l’air chaud. La température de chaque pièce devient, par cela même, plus uniforme et plus facile à maintenir à un degré convenable, et on réalise en môme temps une économie notable sur la quantité et la qualité du combustible consommé. Il est toutefois beaucoup plus avantageux, soit sous le rapport de l’économie, soit sous le rapport de la pureté de l’air offert à la respiration, de fournir à chaque pièce de l’air directement puisé au dehors et chauffé par la chaleur perdue du foyer. Il est d’autant plus regrettable que cette amélioratioh ne se généralise pas davantage, que, surtout dans les maisons nouvellement construites, elle ne donnerait lieu qu’à une dépense de premier établissement tout à fait insignifiante. Imaginons qu’un conduit établi dans l’épaisseur des planchers ou des murs contre lesquels sont adossées les cheminées, aille puiser l’air au dehoi's et l’amène dans l’un des compartiments disposés de chaque côié

du foyer dans les cheminées ordinaires; que dans ce compartiment vienne aboutir l’extrémité d’un simple tuyau de poêle disposé horizontalement dans la cheminée, en arrière du tablier supérieur, et s’ouvrant dans l’appartement par le côté de la cheminée. Il est facile de comprendre la nature des effets qui vont se produire. Le tuyau sera traversé par un courant d’air venant du dehors et appelé par le tirage de la cheminée. Ce tuyau, d’un autre côté, sera fortement chauffé par la flamme ou les produits gazeux de la combustion ainsi que par le rayonnement du foyer. Il échauffera donc l’air avant de le verser dans la pièce, et on n’aura plus les vents coulis si désagréables dans une chambre chauffée par une cheminée sans ventouse. Ce système très-rationnel a reçu divers perfectionnements que l’on trouvera décrits dans les traités spéciaux. Nous donnons ici la figure de la cheminée de Péclet {fig. 612), l’une des mieux conçues; c’est une caisse à air froid, placée derrière le foyer, communiquant par des tubes en quinconce T avec la caisse supérieure B à air chaud.

Depuis quelques années, l’emploi de la houille ou du coke comme combustible dans les cheminées prend une assez grande extension en France. Il convient dès lors d’y appliquer le système de construction adopté en Angleterre et en Amérique, où ce mode de chauffage est presque universel. Le combustible est placé dans une grille en forme de coquille entièrement libre et ouverte devant, dessous et sur les côtés. De chaque côté sont deux tablettes en fonte, situées au niveau du sommet de la grille et servant à recevoir les vases à chauffer ; en arrière et un peu au-dessus, est une ouverture de la largeur de la grille sur 0«*,25 au plus de hauteur, formant l’extrémité inférieure de la cheminée de dégagement des gaz. Enfin, une feuille de fonte ou de tôle, peut être, à volonté, appliquée sur la grille, afin de forcer l’air à traverser celle-ci quand on veut allumer le feu ou l’aviver. Si on voulait adapter à cette cheminée le système de ventouses à air chaud indiqué plus haut, il suffirait de faire l’extrémité inférieure du tablier de la cheminée en fonte creuse, et de la faire traverser par l’air affluant du dehors. Dans tous les cas, les ventouses doivent être largement ouvertes de manière à fournir aisément le volume d’air absorbé par la cheminée. Il convient également d’ouvrir ces ventouses d’air chaud, le plus bas possible et non près du plafond, l’air chaud ayant toujours assez de tendance à monter.

Il est rare qu’une cheminée fume à Paris, où l’air est presque toujours assez calme. Il n’en est pas ainsi partout, et il est quelquefois très-difficile de corriger ce défaut. On peut être assuré cependant qu’il provient ou d’un obstacle qui s’oppose à la sortie de la fumée par l’extrémité supérieure du tuyau de la cheminée et la force à refluer par le bas dans la salle, ou bien, au contraire, d’une action par en bas supérieure à la force ascensionnelle de la fumée, et qui, aspirant l’air de la chambre, force la fumée à rebrousser chemin dans la cheminée.

Dans les cheminées d’usine, il ne passe guère par kilog. de combustible brûlé que 8 à 10 mètres cubes d’air porté par la combustion à .200“ ou 300“, et dont la force ascensionnelle est par conséquent considérable ; dans nos cheminées d’appartement, pour la môme quantité de combustible, il en passe 60 mètres cubes au moins dont la température n’est dès lors guère supérieure à 40 ou 50“, et dont la vitesse ascendante est par conséquent très-faible. On conçoit donc qu’il suffise de circonstances extérieures peu puissantes pour arrêter ou changer le cours naturel de la fumée. La principale cause qui agisse par en haut pour faire fumer, est l’action des vents qui quelquefois sont animés d’une grande vitesse horizontale, et que la colonne d’air chaud n’a pas la force de refouler pour s’échapper au dehors ; à plus forte raison, en est-il ainsi quand le vent tombe sur la cheminée avec une vitesse oblique de haut en bas, qu’il doit aux obstacles qu’il rencontre à la surface du sol. Pour écarter ou combattre cette influence, il faut rétrécir le sommet de la cheminée et la terminer par une buse conique, de manière à donner au courant de fumée la plus grande vitesse possible à la sortie; disposer au-dessus des plaques de tôle qui garantissent de la pression du vent; ouvrir le tuyau latéralement ; surélever celui-ci pour porter son extrémité au-dessous des remous qui gênent la sortie de la fumée, etc. Il convient également de rétrécir la cheminée par le bas comme par le haut, afin de donner à la fumée à son entrée une vitesse assez grande pour lutter contre la cause déprimante dans le cas où le rétrécissement supérieur n’aurait pas donné un résultat complet.

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Il faut éviter également de faire rendre deux cheminées dans le même tuyau ou coflre, à moins que ce coffre ne soit très-large, ainsi qu’on le voit dans les anciennes cheminées. Dans ce cas, si la cheminée supérieure a un coffre particulier s’élevant de quelques mètres avant de déboucher dans le coffre commun, le tirage de l’une des cheminées peut être favorable à l’autre au lieu de lui nuire.

Les causes qui font fumer les cheminées en agissant par le bas sont très-souvent, surtout à Paris, l’insuffisance d’arrivée de l’air dans la salle pour répondre à l’appel de la cheminée, parce que les portes et les fenêtres sont trop bien jointes, et qu’il n’y a pas de ventouse ou que la ventouse est trop petite. Mais le même effet peut être produit par une cheminée voisine qui, placée dans des conditions meilleures, produit un appel plus énergique et fait servir l’autre de ventouse, ou bien encore par les vents régnants qui tendent à faire circuler l’air dans l’appartement en sens opposé à celui que produirait un tirage régulier. Pour remédier à cet état de choses, il faut d’abord en bien connaître la cause. Pour cela, quand le feu est bien allumé, on ferme toutes les portes et fenêtres, et avec une bougie allumée que l’on présente aux joints des fenêtres et des portes, en entre-bâillant même ces dernières pour y présenter la bougie, on reconnaît par la direction que prend la flamme la direction des courants d’air. Si tous les courants viennent du dehors au dedans de la chambre, et qu’en ouvrant légèrement une fenêtre ou une porte la cheminée cesse de fumer, c’est évidemment que l’arrivée d’air est trop petite. Il faut ou agrandir les ventouses, ou en créer s’il n’en existe pas. Dans le cas, au contraire, où le courant sortirait par une des portes, il faudrait le suivre de chambre en chambre jusqu’à l’endroit où il prendrait naissance, et satisfaire à cette aspiration par des ventouses, et en même temps fermer plus hermétiquement, au moyen de bourrelets, les portes par lesquelles le courant se propage jusqu’à la cheminée qui fume.

La fumée est quelquefois versée dans la pièce*à chauffer, simplement par des remous qui sont dus à une dimension trop grande du coffre à son extrémité inférieure. Il suffit de le rétrécir en ce point pour corriger ce défaut.

Chauffage par cheminées poêles. — Les cheminées poêles forment un intermédiaire entre les cheminées ordinaires et les poêles. Celle que l’on appelle cheminée à la prussienne consiste en un coffre carré en tôle, largement ouvert par devant où il est muni d’une trappe également en tôle, que l’on peut abaisser ou soulever à volonté au moyen d’un treuil sur lequel s’enroulent deux chaînes fixées à l’extrémité inférieure de la trappe. Cette cheminée se place dans l’intérieur de la salle à chauffer, ou bien on l’encastre dans le coffre d’une cheminée ordinaire, en ayant soin de ménager autour de la tôle un espace où vient s’échauffer un courant d’air qui pénètre

[ ensuite dans la salle.

i On construit aujourd’hui un grand nombre de cheminées analogues pour la combustion de la houille ou du coke; elles sont toutes en fonte, sont très-durables et chauffent bien, tout en laissant jouir de la vue du feu. Les cheminées Desarnod en fonte sont déjà bien anciennes, mais elles sont construites avec des soins et une soli dité si remarquables, que, malgré leur complication, beaucoup de ces cheminées fonctionnent après cinquante ans aussi bien que le jour de leur installation. Ce sont encore de bons appareils.

Chauffage par poêles. — C’est le plus simple et le plus économique; aussi prend-il une extension de plus en plus grande, surtout dans les petits ménages ou dans les antichambres et les salles à manger des ménages plus aisés; mais ses avantages sont le plus souvent compensés par de graves inconvénients dont le principal est de ne donner lieu qu’à un renouvellement insuffisant de l’air dans la pièce où on en fait usage.

Les poêles en fonte, les plus généralement employés dans les petits ménages, sont en même temps disposés pour cuire les aliments, et, sous ce rapport, ils rendent d’immenses services à la classe nécessiteuse. On peut leur donner sans difficulté et à très-peu de frais les formes les plus commodes pour le but qu’ils doivent atteindre, et ils se fabriquent aujourd’hui par milliers et à très- bas prix dans nos forges. Ces poêles chauffent rapidement et avec une grande énergie et permettent d’utiliser presque toute la chaleur dégagée du combustible; maisils se refroidissent aussi très-vite, et il est malheureusement difficile d’obtenir avec eux une chaleur douce et uniforme sans arrêter presque complètement le renouvellement de

l’air, ils répandent d’ailleurs une odeur désagréable. Les conditions hygiéniques sont toujours mal observées avec eux, et il est nécessaire, pour l’entretien de la santé, d’en combattre les fâcheux effets par des promenades à l’air libre. La grande chaleur qu’ils produisent accroît aussi dans une forte proportion la capacité de saturation de l’air et sa faculté de se charger de vapeur, ce que l’on exprime vulgairement en disant qu’ils dessèchent l’air. L’évaporation trop rapide à la surface du corps et dans les organes de la respiration devient alors très- fatigante; mais on peut la combattre aisément en plaçant sur le poêle un vase contenant de l’eau qui rend à l’air un degré d’humidité convenable.

Les poêles en terre cuite^ vernissés ou non, s’échauffent plus lentement, mais ils se refroidissent aussi moins vite et donnent une chaleur plus douce et plus uniforme. Ils sont exempts de mauvaise odeur; malheureusement ils se fendillent et se détruisent rapidement, et on ne peut guère y brûler que du bois, la houille et le coke donnant une chaleur trop vive qui augmenterait encore la rapidité de leur destruction. Dans ce cas, il faut garnir le foyer de briques réfractaires, et modérer l’intensité du feu.

Depuis longtemps on a cherché à diminuer les inconvénients des poêles en les garnissant de bouches de chaleur qui versent de l’air chaud dans la pièce et en renouvellent l’atmosphère d’une manière plus complète; mais, pour atteindre ce résultat, il est nécessaire que la prise d’air ait lieu au dehors, et aussi que les ventouses aient une section suffisante. Les poêles en terre cuite des salles à manger, dont le foyer est entouré de tuyaux de fonte pour le passage de l’air qui s’y échauffe pèchent en général par l’insuffisance de leurs ventouses. M. Darcet a démontré que, pour une salle à manger ordinaire, la section de l’ouverture intérieure et extérieure devait être au moins de 0“,20 à 0“,26. Il convient aussi de disposer derrière le grillage de la ventouse une boîte à eau que l’on alimente régulièrement tous les jours.

Les maisons russes et suédoises sont chauffées par de très-grands poêles construits entièrement en briques et occupant tout un pan de mur. La fumée et les produits de la combustion y circulent dans des conduits ménagés dans leur épaisseur en y faisant un grand nombre de circuits. Un feu de bois y est allumé chaque matin pendant quelques heures et est renouvelé le soir dans les trèsgrands froids, puis, quand le bois est transformé en braise, on ferme toutes les issues du poêle. Celui-ci s’échauffe lentement, et comme sa chaleur ne' peut l’abandonner qu’en traversant ses parois, il se refroidit aussi avec une extrême lenteur. On obtient ainsi dans les appartements une température uniforme de 14" à 15", mais à la condition que l’appartement soit hermétiquement clos et que l’air ne puisse s’y renouveler ; de fréquentes promenades à l’air libre obvient aux inconvénients de cette vie en serre chaude.

Poêles calorifères. — On rencontre actuellement dans le commerce un grand nombre de poêles appelés calorifères^ construits en terre et métal, ou en métal seulement, et auxquels on donne les formes les plus élégantes. Ces formes sont trop variables pour que nous songions à les décrire. Nous nous bornerons à en indiquer un petit nombre des plus répandus. Voici les conditions les plus générales auxquelles on doit chercher à satisfaire dans leur construction.

1" Présenter la plus grande surface de chauffe possible en conservant la plus grande simplicité de forme et d’ajustement et en donnant aux conduits de fumée une forme qui ne gêne pas le tirage et permette un nettoyage facile ;

2" Faire passer sur cette surface de chauffe , en sens contraire du mouvement de la fumée qui doit d’abord monter, puis redescendre verticalement avant de se rendre dans la cheminée, un rapide courant d’air frais, puisé au dehors et pénétrant dans la salle après s’être échauffé par son contact sur la surface de chauffe ;

3" Conserver aux conduits de ce courant d’air une section au moins égale à celle du dégagement de la fumée ;

4" Donner un degré suffisant d’humidité à l’air chaud, soit en plaçant sur le poêle un vase plein d’eau, soit en disposant un réservoir d’eau sur le trajet du courant d’air chaud et alimenté chaque jour à raison de 1 litre environ pour une salle de 60 à 80 mètres cubes ;

5" Compter en pratique environ 1 mètre carré de surface de chauffe par 100 mètres cubes de capacité delà chambre à chauffer.

Le poêle calorifère de M. Chevalier est un des ineil-

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leurs calorifères que l’on construise aujourd’hui. Il se compose d’un foyer métallique central dont la fumée traverse une série de carneaux concentriques avant de s’échapper par le tuyau de fumée, tandis que de l’air circule abondamment entre les carneaux, et après s’ôtre échauffé par son contact avec eux, s’échappe par de larges ouvertures grillagées disposées sur le pourtour de la caisse cylindrique qui enveloppe tout l’appareil.

Le calorifère de M. Réné Duvoir, dont noire gravure 613 représente une coupe, est plus simple et donne aussi de bons résultats. Il est formé d’un foyer central G, d’une grille et de quaire plaques de fonte qu’on peut facilement reyoplacer quand elles sont usées. Les produits de la combustion s’élèvent jusqu’en D, d’où il se divisent par six tuyaux, HG et EF, qui les conduisent en A et de là dans une cheminée.

M. Péclet a proposé avec raison de construire des poêles dont le foyer serait placé au milieu d’une masse d’eau

traversée en outre par des carneaux de circulation pour la fumée et l’air fourni par la ventouse. En combinant ce système avec une combustion lente, on obtiendrait ainsi une chaleur très-douce pouvant aisément se conserver pendant vingt-quatre heures à cause de la grande capacité calorifique de l’eau. Le danger de ce système serait dans les fuites d’eau qui pourraient survenir et qui, une fois produites, deviendraient difficiles à arrêter.

Chauffage par calorifères. — Les calorifères diffèrent des poêles en ce que, construits sur une assez grande échelle, ils sont toujours établis en dehors de la pièce à chauffer, tandis que les poêles sont placés dans cette pièce même. Le transport de la chaleur du foyer à la pièce peut avoir lieu, soit au moyen d’air chaud, soit au moyen d’eau chaude, soit enfin au moyen de vapeur d’eau, ce qui constitue trois classes bien distinctes de calorifères. Quelques règles cependant leur sont communes et nous allons les énoncer d’abord.

L’éloignement du calorifère des pièces à chauffer exige que l’on enveloppe l’appareil dans une construction en maçonnerie suffisamment épaisse et mauvais conducteur pour qu’elle ne laisse perdre que le moins possible de chaleur au travers de ses parois. On y emploie ordinairement la brique. An contraire, l’appareil intérieur est en métal pour ménager la place, multiplier les surfaces de chauffe et faciliter les assemblages. Cette condition devient môme indispensable dans le chauffage à l’eau ou à la vapeur. Il est également très-important, soit pour di-

minuer les frais de premier établissement, soit surtout en vue des réparations possibles, que l’appareil soit simple, facile à exécuter, à démonter et à reposer, facile aussi à visiter et à nettoyer.

Calorifère à air chaud. — Ces appareils sont généralement formés d’un foyer logé dans une sorte de cloche renversée et doublée intérieurement vers le bas d’une chemise en briques réfractaires destinées à recevoir la plus forte impression du feu et à ménager la cloche. Celle-ci est percée supérieurement de deux larges ouvertures pour l’issue des produits de la combustion. Ces deux ouvertures correspondent chacune avec l’extrémité supérieure d’un conduit en fonte composé d’un certain nombre de tuyaux horizontaux et parallèles et communiquant successivement l’un avec l’autre par des tubulures verticales. L’extrémité inférieure de ce conduit se réunit à celle du conduit voisin pour se rendre dans la cheminée destinée à l’expulsion de la fumée. La cloclie et les deux rangées de tuyaux sont enveloppées chacune d’une chemise en briques laissant entre elle et la fonte un intervalle suffisant pour une large circulation d’air. Il convient de donner à cette cloche des dimensions assez grandes pour qu’elle ne rougisse que faiblement; on évite ainsi de communiquer une mauvaise odeur à l’air chaud. Un premier courant d’air s’établit verticalement autour de la cloche ; deux autres courants semblables se produisent autour des deux rangées de tuyaux allant des tuyaux inférieurs les moins chauds aux tuyaux supérieurs qui le sont plus; la fumée, par cette disposition, se dépouille plus complètement de sa chaleur. Ces trois masses d’air inégalement chaudes se réunissent et se mêlent dans une chambre à air d’où partent les tuyaux de distribution. Il est important que la circulation de l’air soit assez active pour que la température de cet air ne s’élève pas trop haut ; on assure ainsi la salubrité des pièces desservies, on opère plus complètement le refroidissement de la fumée et on économise le combustible. Il est également important d’introduire dans la chambre à air chaud une quantité d’eau suffisante pour donner à l’air chaud un degré d’humidité convenable.

Les calorifères doivent être construits à un niveau inférieur à celui des pièces à chauffer, afin que l’air chaud tende à monter naturellement dans celles-ci ; dans le cas contraire, il faudrait donner lieu à des appels toujours incertains et incommodes. L’installation des tuyaux de distribution de l’air est une question extrêmement importante et difficile, surtout quand il faut chauffer des étages différents, l’air chaud tendant toujours par sa légèreté à monter aux étages supérieurs au détriment des étages inférieurs qui restent froids ; on n’a quelquefois d’autre ressource que de partager le calorifère en compartiments distincts pour chaque étage. Les tuyaux de conduite d’air doivent être entourés avec soin de corps mauvais conducteurs pour éviter qu’ils ne se refroidissent; ils ne doivent jamais avoir horizontalement une grande longueur, parce que l’air y circulerait avec peine ; les bouches de chaleur doivent être larges, et enfin chaque pièce à chauffer doit présenter des ouvertures assez grandes pour l’écoulement de l’air froid à mesure que de l’air chaud est versé par la bouche de chaleur.

Calorifère à vapeur d’eau. — La vapeur d’eau bouillante est employée depuis très-longtemps au chauffage des ateliers et manufactures, et c’est là qu’on a puisé l’idée de la faire servir au chauffage des édifices publics et des maisons particulières. La quantité de chaleur que la vapeur d’eau bouillante emporte avec elle et qu’elle abandonne eu se condensant est considérable; 1 kil. de vapeur à 100" perd en effet 620 calories en retournant à l’état d’eau à 16". On comprend dès lors tout l’avantage que l’on peut retirer delà substitution de la vapeur à l’air chaud dont la puissance calorifique est au contraire si faible. Cette substitution présente encore des avantages d’une autre nature. La force ascensionnelle de l’air chaud dans les tuyaux de distribution est toujours très-faible, et il suffit du plus léger obstacle pour la détruire. Il en résulte des difficultés très-graves quand on veut chauffer en môme temps un certain nombre de pièces placées à la suite les unes des autres et surtout à des niveaux différents. La vapeur, au contraire, est poussée par derrière par l’effet môme de sa production dans la chaudière et se trouve ainsi obligée de suivre toutes les issues qui lui sont ouvertes et que l’on peut régler à volonté ; ses tuyaux de conduite sont également moins volumineux et d’une installation plus facile au travers des murs et des planchers ; toutefois l’installation d’un appareil de chauffage à la vapeur est toujours assez dispendieux pour qu’on

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n’y ait guère recours que dans des établissements d’une certaine étendue, des édifices publics ou des administrations importantes. Nous en dirons cependant quelques mots.

Un appareil de ce genre se compose essentiellement d’un générateur destiné à produire la vapeur, de tuyaux de distribution et de transport, enfin de récipients à grandes surfaces extérieures destinés à condenser la vapeur et à transmettre à l’air au travers de leur enveloppe la chaleur provenant de cette condensation.

Les générateurs ne présentent rien de particulier dans leur disposition (voyez Chaudières a vapeur). Les tuyaux de distribution doivent être en métal, le meilleur est le cuivre, et assemblés avec beaucoup de soin pour éviter les fuites. Ce sont ces deux parties de l’appareil qui occasionnent la plus forte dépense d’installation h cause des précautions qu’elle exige et de la perfection avec laquelle ces parties doivent être exécutées.

Les récipients ou appareils de condensation reçoivent des formes très-variables selon les localités où ils sont établis. Ce sont de simples tuyaux dans les ateliers et môme les édifices publics, quand ces tuyaux peuvent être facilement cachés à la vue sous des tables, des planchers ou des chautferettes, ainsi que l’a fait M. Grouvelle à la bibliothèque de l’Institut ; mais au milieu des salles habitées et décorées, ces récipients doivent faire eux mêmes décoration; en leur donnera la forme de piédestaux, de consoles... ainsi que l’a fait le même ingénieur pour les salles de l’Institut et des Néothermes. La forme intérieure de ces appareils est d’ailleurs très-simple : ce sont des vases métalliques creux dans lesquels vient déboucher un tuyau de vapeur ; un second tuyau sert pour la sortie de l’air chassé par l’arrivée de la vapeur ; un troisième ramène au générateur l’eau provenant de la condensation.

Calorifère à eau chaude. — Le chauffage à la vapeur est énergique et prompt ; mais il porte immédiatement la température au maximum, et dès que l’afflux de vapeur cesse, la température tombe. Le chauffage par circulation d’eau chaude est remarquable, au contraire, par la

régularité et la durée de ses effets, l’extrême facilité avec laquelle on peut modérer la chaleur et en régler l’intensité suivant les besoins du moment, par la seule conduite du feu. Ce système n’exige ni alimentation, ni nettoyage, ni surveillance ; le feu peut être négligé pendant plusieurs heures sans produire un abaissement de température notable. De tous les systèmes, c’est donc celui

qui convient le mieux au chauffage des appartements. Ce procédé, du reste, était mis en usage par les Romains dans leurs étuves et leurs thermes ; de nos jours encore les eaux thermales de Chaudes-Aigues sont employées au chauffage des habitations sous lesquelles elles circulent dans des conduits; mais ce que l’on appelle circulation d'eau, la disposition de l’appareil qui sert à conduire l’eau chaude sur les points que l’on veut chauffer et à ramener l’eau refroidie à son point de départ pour lui rendre la chaleur perdue, est de l’invention de Bonnemain, qui l’employa dès 1777 à l’incubation ai tificielle des œufs de poule. Ce procédé fut porté à un tel degré de perfection qu’un appareil monté par Bonnemain lui-même fonctionne encore au Pecq ( voyez Incubation). De France il passa en Angleterre, où il reçut, de 1830 à 183G, un immense développement pour le chauffage des appartements, et Perkins lui ouvrit encore une nouvelle voie, en imaginant, en 1837, la circulation d’eau à haute pression. Ce procédé revint alors en France, où M. Léon Duvoir lui donna une très-grande impulsion. Notre gravure 514 donnera une idée suffisante de l’ensemble des appareils employés généralement par cet ingénieur. Us se composent d’une chaudière en fonte ou en tôle à foyer intérieur et enfermée dans une construction en briques pour la préserver du refroidissement. De cette chaudière, en son sommet, part un tuyau BC qui s’élève directement jusqu’au plus haut point où on veuille porter la chaleur. Il y débouche dans un vase à' expansion D ou de niveau d’eau librement ouvert à l’air ou simplement fermé par un couvercle à volonté quand le chauffage doit être fait à la pression ordinaire, ou bien exactement clos quand on veut forcer la température et la faire monter au-dessus de 100«>, ce qui n’a lieu que dans les grands appareils de chauffage et exige l’addition d’un manomètre et d’une soupape de sûreté sp. Du vase d’expansion partent autant de tuyaux ef., hi, qu’il y a de pièces à chaufler par étage. Chacun d’eux vient déboucher à l’extrémité supérieure d’un poêle d’eau Ë ordinairement en fonte. Un tuyau de retour mn part de l’extrémité inférieure de ce poêle pour descendre à l’étage inférieur ou aboutir à la chaudière, à l’extrémité inférieure de celle-ci. Tout l’appareil est exactement rempli d’eau, sauf l’espace nécessaire dans le vase d’expansion pour la dilatation de l’eau par la chaleur. Quand on allume le feu sous la chaudière, l’eau qu’elle contient s’échauffe, se dilate, devient moins dense et tend à monter ; elle s’élève en effet par le tuyau direct BG, tandis que l’eau descend par les tuyaux de retour pour prendre la place de celle qui s’élève. Une circulation d’eau assez active ne tarde pas à s’effectuer dans tout l’appareil qui, au bout de quelque temps, se trouve à peu près également chaud en tous ses points, les poêles d’eau et les tuyaux de retour étant cependant toujours de quelques degrés au-dessous du tuyau direct, que l’on préserve avec soin du refroidissement. Les poêles d’eau placés chacun dann une pièce à chauffer y versent une chaleur douce et bien soutenue. Ils peuvent ainsi en échauffer directement l’air, ou bien être traversés par des ventouses qui servent à renouveler l’atmosphère respirable.

Dans le système imaginé par Perkins, l’appareil de circulation est formé par un long tube de fer replié sur luimême en spirales remplaçant, d’une part, les poêles d’eau, et, d’autre part, la chaudière où leau reçoit l’action du feu. Cette disposition donne plus de puissance aux appareils de Perkins ; mais, comme l’eau y acquiert des températures pouvant s’élever jusqu’à 200», et qu’à cette température la pression de Teau est énorme, on y est toujours exposé à des dangers d’explosion qui sont nuis quand on opère à la pression ordinaire.

Chauffage a circulation combinée de vapeur et d’eau CHAUDE. — M. Ph. Grouvelle a fait la plus heureuse association des deux derniers procédés de chauffage à la nouvelle Force de Paris , dite prison Mazas. 1 220 cellules divisées en six corps de bâtiments, les corridors où elles s’ouvrent, les pploirs, les services généraux, les bâtiments de l’administration, en un mot un cube de 50 000 mètres divisé en un nombre considérable de compartiments différents, sont chauffés et ventilés par un seul foyer et un seul homme pour la conduite du feu. Chacun des dix-huit étages de. 68 cellules a un vase chauffeur d’où part une circulation en tuyaux de fonte indépendante des autres, complètement close, et dont le tuyau supérieur se bifurque pour courir devant chaque rang de cellules de l’étage.

Chaque cellule a un appareil qui lui appartient, indépendant de tous les autres et pris cependant sur l’appareil commun de l’étage. Cet appareil est composé de

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2“*, 33 de tuyau d’aller et de îi“,33 de tuyau de retour, qui, avec 0“’,081 de diamètre donnent 1“,20 de surface de chauffe par cellule. Ces tuyaux sont renfermés dans un coffre en plâtre adossé aux cloisons des cellules. De l’air déjà chaud, pris dans les corridors, les parcourt dans toute leur longueur, pénètre ensuite dans la cellule par des ouvertures grillagées et y opère une ventilation suffisante tout en y maintenant une température uniforme de 13 à 15".

Chaque vase chaufïeur est chauffé par de la vapeur d’eau qui y est amenée par un tuyau gagnant successivement tous les étages et qui communique avec un serpentin logé dans le vase chauffeur. Un second tube sert à évacuer l’eau provenant de la condensation de la vapeur et à la ramener dans le générateur. Ce générateur, formé de plusieurs chaudières accouplées et fonctionnant comme une chaudière unique, est disposé dans des caveaux situés au centre de l’édifice. La dépense de houille est évaluée à 2 000 kil. par jour moyen de chauffage, avec une ventilation de 25 mètres cubes par cellule et par heure, et l’ouverture facultative des fenêtres pour chaque détenu ; ce qui donne environ 4 kil. par jour pour 100 mètres cubes de pièces chauffées et ventilées. C’est de tous les résultats le plus économiquement obtenu jusqu’à ce jour. M D.

CHAULAGE (Agriculture). — On donne ce nom a une opération ayant pour but de prévenir certaines maladies des céréales, au moyen de substances assez caustique», assez corrosives, pour altérer la poudre de la carie, par exemple, sans désorganiser le grain que l’on va confier à la terre. La chaux vive, le sel marin, l’alun, le sulfate de soude, le sulfate de cuivre, l’acide arsénieux, etc., ont été employés. Mais on doit voir, par la nature des moyens, que plusieurs offrent des dangers, et celui qui paraît aujourd’hui le plus efficace et sans inconvénient pour la santé des semeurs, c’est le procédé de Mathieu de Dombasle (1836). On place le grain dans un baquet, on l’arrose, en le remuant, avec une solution de G40 grammes de sulfate de soude dans 8 à 9 litres d’eau chaude pour un hectolitre de grain, de manière que celui-ci soit bien humecté par-* tout; c’est alors qu’on répand sur la masse du blé de la poudre de chaux éteinte, en continuant toujours à remuer jusqu’à ce que tous les grains soient exactement couverts de chaux. La dose de chaux vive pour un hectolitre est de 2 kil. pesée avant l’extinction. Cette opération, ainsi faite, porte le nom de sulfatage ; mais le nom de chaulage est encore généralement usité.

CHAULIODE (Zoologie), Chauliodus, Schn., du grec chauliodous, qui a des dents saillantes. — Sous-genre de Poissons matacoptérygiens abdominaux, genre Ésoce (brochets) ; deux dents à chaque mâchoire qui croisent sur la mâchoire opposée. Ils ont beaucoup de rapports avec les stomias. Le C. de Sloa'ne {C. Sloani, Schn.), la seule espèce connue, a été trouvé près de Gibraltar; d’un vert foncé; il a de 0“,40 à 0“*,45 de longueur.

Ghacliode (Zoologie), Chauliodes, Latr. — Genre à.' Insectes névroptères, famille des Planipennes, tribu des He'mérobins; ils ont cinq articles à tous les tarses, quatre palpes filiformes; trois petits yeux lisses; antennes pectinées. Des États-Unis. Ce genre a été établi par Latreille sur Vhémérobe pectinicorne de Linné et de Fabricius.

CHAUxME (Botanique), culmus. — Nom sous lequel on désigne la tige des Graminées : herbacée, simple, garnie de plusieurs nœuds, elle est remplie d’une moelle légère, centrale, dépourvue de faisceaux fibro -vasculaires, qui, en général, ne se développe pas aussi vite que la tige, se détruit lorsque celle-ci s’accroît, et laisse à son centre un canal vide, qui lui vaut le nom de tige fistuleuse {fistula, petit tube) (voyez Monocotylédonés, Tige).

Chaume (Agriculture). — On appelle chaume, cette portion de la tige des céréales qui reste au-dessus de la surface du sol, après la moisson ; sa hauteur varie, suivant les localités, de 0“,l5 à 0‘",48 ; quelquefois même, on coupe le blé ras-terre. C’est surtout dans les grosses terres argileuses qu’on laisse de grands chaumes, et immédiatement après la moisson, on les enterre afin de diviser le sol, et de l’ameublir. Mais c’est là une mauvaise spéculation, parce qu’on retranche ainsi de la récolte une quantité de paille qui dépasse la valeur de ce que coûterait un autre amendement. Quelques cultivateurs emploient aussi cette méthode, lorsque le pied des blés est suï’chargé d’herbes dont on évite ainsi de mélanger les gi'aines avec le blé ; dans ce cas, on fauche ce chaume quinze jours après, et l’on en fait du fourrage, ou bien on le fait pâturer sur place par les moutons ; mais comme cette abondance de plantes nuisibles peut disparaître par

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un meilleur mode de culture, il est bien prouvé que le cultivateur n’a pas intérêt à perpétuer cette pratique ; le fourrage obtenu ainsi ne compense pas les inconvénients qui en résultent, et surtout celui de rendre impossibles les labours d’automne, si nécessaires, dans les terres compactes, pour ouvrir le sol aux influences de l’air. Il y a donc avantage à tenir les terres nettes par un bon mode de culture, à couper le blé ras-terre, et à faire des prairies artificielles pour nourrir les bestiaux, mieux qu’on ne l’eût fait avec les chaumes réservés lors de la moisson. Si pourtant l’abondance des plantes nuisibles obligeait accidentellement à laisser des chaumes longs, il faudrait, par un temps bien sec, y mettre le feu ; toutes les mauvaises graines seraient brûlées.

CHAUSSE (Chausse d’Hippocrate), (Médecine). — Espèce de sac conique^ d’entonnoir, en étoffe de laine, dont on se sert pour passer les sirops, les décoctions épaisses et muqueuses, et toutes les liqueurs trop denses pour passer au filtre de papier (voyez Filtre). La chausse ressemble exactement à un pain de sucre, dont elle semble être la forme ou le moule.

CHAUSSE-TRAPPE (Botanique). Allusion faite au calice épineux de cette plante, qui ressemble à cet instrumentée guerre, à plusieurs pointes qui servaient autrefois à arrêter la cavalerie, et que l’on nommait chausse-trappe. Calcitrapa, de calcis, pied, et trappa, de trapp, signifiant piège, en celtique. — Espèce de plante du genre Centaurée (voyez ce mot).

CHAUVE-SOURIS (Zoologie), Vespertilio , Lin , du latin vesper, le soir. — Tribu de Mammifères, ordre des Chéiroptères, qu’elle forme tout entier avec la petite tribu des Galéopithèques. On distingue les chauves-souris par les caractères suivants : doigts des membres antérieurs excessivement longs et formant, avec la membrane remplissant les intervalles qui les séparent, des ailes autant et plus étendues que celles des oiseaux. Aussi, les chauves-souris volent-elles très-haut et très-rapidement. Les muscles pectoraux sont très-développés, et le sternum a, dans son milieu, une arête pour leur donner attache comme dans les oiseaux. Les yeux sont excessivement petits, mais les oreilles, souvent très-grandes au point de former quelquefois avec les ailes une énorme surface membraneuse presque nue, et tellement sensible, que les chauves-souris se dirigent dans tous les recoins de leurs sombres retraites, probablement parla seule diversité des impressions de l’air. Ce sont des animaux nocturnes qui passent l’hiver en léthargie, suspendus par les pattes de derrière. Les femelles mettent bas deux petits qu’elles tiennent cramponnés à leurs mamelles. Cette tribu, trèsnombreuse, a été subdivisée en un grand nombre de genres, partagés eux-mêmes quelquefois en sections. Les Roussettes {Pteropus, Briss.) constituent une section de grandes chauves-souris de l’Asie méridionale et de l’archipel des Indes ; leur membrane est échancrée profondément entre les jambes ; elles ont des incisives tranchantes à chaque mâchoire, et des mâchelières à couronne plate ; aussi vivent-elles en grande partie de fruits, dont elles détruisent beaucoup. Cependant, elles poursuivent aussi les petits oiseaux et les petits quadrupèdes. Ce sont les plus grandes chauves-souris, et on mange leur chair. Elles n’ont point ou presque point de queue; parmi les premières, on peut citer : la R. édule (P. edalis, Geoff.) des îles de la Sonde et des Moluques; la R. Kalou, Kalong (P. javanicus, Desm.), un peu plus grande que la précédente (l“,60 d’envergure), elle habite Java ; la Roussettevulgaire(P. vulgaris, Geoïï.) des îles de France et de Bourbon. Le Kaloug, nom qu’on donne vulgairement à toutes les Roussettes dans le pays, se trouve en abondance à Java particulièrement. Ces animaux vivent en sociétés nombreuses, s’accrochant la tête en bas aux branches des arbres, serrés les uns contre les autres, immobiles, silencieux, et semblant faire corps avec la br anche ; à peine le soleil a-t-il disparu, qu’ils quittent la branche et s’élancent dans la campagne pour chercher leur nourriture. Ils dévorent indistinctement toutes espèces de fruits, et font des dégâts considérables, dont on ne préserve les plus recherchés qu’en les enveloppant comme nous faisons pour nos raisins de table. Leur chair est estimée, et on leur fait une chasse assez active (voyez Roussette). Parmi les Roussettes qui ont une petite queue, on distingue : la R. d'Egypte, (P. Ægyptiacus, Geoff.), laineuse et grise, qui vit dans les souterrains en Égypte.

A côté des Roussettes, on peut placer les Céphaloies (voyez ce mot). Après les Roussettes, viennent le genre Molosses [Molossus, Geoff.) à museau simple, oreilles larges et courtes, s’unissant l’une à l’autre sur le museau.

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Des deux continents (voyez Molosse) ; le genre Noctilion (Noctilio, Lin.) d’Amérique (voyez ce mot); le genre phyllostome (Phyllostoma^ Cuv. et Geoff.), dont la langue peut s’allonger beaucoup, et se termine par des papilles qui paraissent disposées pour former un organe de succion. Ils sont d’Amérique, courent mieux que les autres chauves-souris, et ont l’habitude de sucer le sang des animaux. C’est dans ce genre que se trouve le fameux Vampire (Vampir us spectrum^ Lin.), qui attaque surtout le bétail (voyez Vampire). Les Oreillards {Plecotus^ Geoff.)

forment un genre qui a les oreilles plus grandes que la tête, unies l’une à l’autre sur le crâne ; avec un oreillon grand et lancéolé et un opercule sur le trou auditif; l’O. d'Europe (P. vulgaris, Et. Geoff.) {fig. 516) habite les ruines de nos vieux édifices, il n’est pas rare aux environs de Paris (voyez Oreillard).

Les Chauves-souris communes ou Vespertilions {Vespertilio^ Cuv. et Geoff.) constituent un genre caractérisé par des oreilles séparées, quatre incisives en haut, six en bas, la queue comprise dans la membrane. Les nombreuses espèces de ce genre sont distribuées dans toutes les parties du monde. On en compte six ou sept en France. On les trouve eu général dans les vieilles ruines, dans les cavernes, les souterrains, les creux des vieux arbres. Elles vivent en général d’insectes, et à ce point de vue, elles rendent de très-grands services, qui mériteraient d’ôtre récompensés par un peu plus de sympathie de la part de l’homme. Elles chassent pendant la nuit, et dans quelques pays on les a nommées, à cause de cela. Hirondelles de nuil. Le jour, elles demeurent immobiles dans leurs retraites, accrochées par leurs griffes, la tête en bas, serrées et tassées les unes contre les autres ; c’est dans cette position aussi qu’elles passent l’hiver pour ne se réveiller qu’au printemps. Ces animaux cherchent à mordre lorsqu’on veut les saisir.

Les principales espèces sont : La C. ordinaire {V. mûrinus^ Lin.), la plus connue et la plus grande du genre; elle a les oreillons en forme d’alène, les oreilles oblongues, poil brun-marron dessus, gris clair dessous ; 0“,40 d’envergure. La C. sérotine (V. serotinus^ Lin.), marron foncé, ailes et oreilles noirâtres. On la trouve sous les toits des églises. Un peu plus petite que la précédente, c’est la plus commune aux environs de Paris. La C. nodule (F. noctula^ Lin.), un peu plus grande, on la trouve dans les creux des vieux arbres; Et. Geoffroy l’a vue souvent dans les chantiers qui avoisinaient le Jardin des Plantes. La C. pipistrelle {V, pipistrellus^ Gm.), la plus petite de notre pays (0“,17 d’enverg.), brune noirâtre, oreilles triangulaires.

La répulsion qu’on éprouve pour ces animaux, dont l’aspect n’est pas gracieux, n’a pas empêché quelques personnes de chercher à les apprivoiser. Ainsi, le naturaliste anglais White raconte qu’il avait une chauvesouris qui prenait les mouches dans la main, et elle en épluchait les ailes qu’elle rejetait. Elle mangeait aussi très-bien de la viande crue. On a vu, dans des fermes anglaises, des chauves-souris privées qui vivaient avec la famille et venaient prendre des mouches entre les lèvres.

Les genres établis par Et. Geoffroy Saint- Hilaire dans la tribu des Chauves-souris^ sont au nombre de quinze ; en voici les noms : Glossophage ^ Mégaderme , Mulotvolant^ Myoptère^ Noctilion, Nyctère, Nyctinome, Oreillard, Phyllostome , Rhinolophe, Rhinopome, Roussette, Sténoderme, Taphien, Vespertilion (voyez les mots qui ne sont pas traités dans cet article).

CHAUX (Chimie), Chaux vive, Protoxyde de calcium

ANHYDRE. — Combinaîson d’un métal appelé calcium avec l’oxygène dans la proportion de 20 de calcium avec 8 d’oxygène. La formule est CaO.

C’est un corps blanc caustique, très-alcalin, d’une densité égale à 1,3. Exposée à l’air, elle en absorbe l’humidité, se gonfle et se réduit en poussière ; on dit qu’elle s’est délitée ou amortie. Mise en contact avec l’eau, elle s’échauffe et foisonne beaucoup en donnant lieu à un hydrate GaO,HO. Si la quantité d’eau est peu considérable, la température peut s’élever à .300®, et d’abondantes vapeurs d’eau se dégagent avec sifflement ; dans le cas ^contraire, la chaleur, se répartissant sur une plus grande masse d’eau, en élève moins la température. 11 se forme alors une bouillie plus ou moins claire appelée lait de chaux, employée au blanchissage des murs à la chaux.

La chaux, d'après Dalton, se dissout dans 778 fois son volume d’eau à 15® et dans 1 270 fois son volume d’eau à 100® ; elle est donc moins soluble à chaud qu’à froid, et sa dissolution froide se trouble par la chaleur. Cette dissolution, appelée eau de chaux, est fréquemment employée en chimie comme réactif. Quand on veut la rendre plus chargée en chaux, il faut y ajouter du sucre qui augmente la solubilité de cette substance. L’eau de chaux est également employée en médecine pour hâter la cicatrisation de plaies trop lentes à se guérir. On l’obtient pure en introduisant dans un 'flacon de la chaux et de l’eau, agitant, laissant déposer et versant l’eau qui surnage l’excès d’alcali pour la remplacer par de l’eau pure, puis renouvelant cette opération deux ou trois fois pour ne garder que la dernière eau. Cette eau très-limpide se trouble peu à peu à l’air; la chaux qu’elle contient absorbe l’acide carbonique de l’air et forme du carbonate de chaux blanc et insoluble.

La chaux vive ou amortie jouit de la même propriété que sa dissolution ; elle se carbonate à l’air, mais d’une manière qui n’est jamais complète ; il se forme une combinaison de carbonate et d’oxyde hydraté dont la formule est CaO,GO^ + CaO,HO.

La chaux pure est complètement infusible, mais quand elle est mélangée de silice ou d’argile, elle peut se fritter au feu et même y éprouver une fusion complète.

La chaux est employée dans l’industrie à la fabrication de certains produits chimiques ; on en fait usage pour la clarification des sirops de sucre, pour la purification du gaz de l’éclairage, dans la préparation de divers luts ou ciments pour fermer les joints des conduits de vapeur de gaz ou d’eau. Elle est employée annuellement en quantités immenses à la confection des mortiers. L’agriculture commence à en tirer un excellent parti comme amendement des terres trop argileuses. Sous ce dernier rapport surtout sa production économique est d’une trèsgrande importance.

Cuisson de la chaux. — Un des procédés les plus anciennement employés pour cuire la chaux et que l’on trouve encore usité dans quelques localités, consiste à stratifier dans un four circulaire, four à chaux, la pierre calcaire ou pierre à chaux avec du bois, de la tourbe ou du charbon de terre sur un lit de fagots qui sert à allumer. Lorsque le feu est arrivé à la moitié de la hauteur du tas, on en recouvre la partie supérieure avec du gazon pour que la cuisson soit plus lente et plus régulière.

Plus tard on employa le four à cuisson intermittente dont nous donnons une coupe par notre gravure 51G. Ce four, dont la hauteur est d’environ 3 mètres, est construit en briques, avec revêtement intérieur en briques réfractaires ; il porte inférieurement une ou plusieurs ouvertures destinées à l’introduction du combustible et à l’extraction de la chaux cuite. Pour charger le four on construit au-dessus du foyer une voûte grossière avec les plus grosses pierres à chaux disposés sans ciment et on remplit la cuve au-dessus de la voûte de pierres plus petites. Dans le foyer on brûle des fagots, des broussailles ou de la tourbe. Le feu est d’abord ménagé, puis, au bout de douze heures, poussé plus vivement jusqu’à ce que toute la masse soit rouge. On arrête alors le feu, on laisse refroidir et on défourne. Cette calcination intermittente entraîne une perte considérable de chaleur et de temps pendant le refroidissement du fourneau; aussi a-t on pu réaliser une économie très-notable par l’emploi de fours marchant d’une manière continue et dans lesquels la pierre calcaire est chargée par la partie supérieure (gueulard), tandis que l’on retire la chaux cuite par des portes ménagées à la partie inférieure du fourneau. Ces fours continus, dits fours coulants, sont de deux sortes. Dans les uns, on stratifie le combustible et le calcaire ; on défourne la chaux à mesure qu’elle est

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cuite et on ajoute à chaque fois de nouvelles charges par l’orifice supérieur. Ce sont de grands cylindres ouverts inférieurement pour l’entrée de l’air et la sortie de a chaux. Dans les fours coulants de la seconde espèce, le

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Fig. bl6. — Four à chaux intermittent.

combustible est introduit à part dans des foyers disposés latéralement autour du four de manière que la flamme et les produits gazeux de la combustion traversent la pierre à chaux. Nous donnons {p.g. .^17 ) la coupe d’un four de ce genre, a est l’un des trois foyers qu’il possède ; on

Fig. 516. his. — Four coulant.

peut y brûler du bois, de la tourbe ou de la houille. La flamme pénètre dans la cuve du four par un carneau bc qui y débouche à r*,50 au-dessus de la sole. En d se trouve une porte que l’on ouvre seulement an moment où l’on veut défourner. La forme intérieure du fourneau permet à la charge de descendre facilement à cha(iue extraction de chaux cuite, et celle-ci est réglée de manière que les fragments de pierre incomplètement

calcinés qui tomberaient au-dessous du niveau des ouvertures des carneaux puissent achever de cuire par le rayonnement des parties supérieures portées au rouge.

Pendant la cuisson, la pierre à chaux, qui n’est autre chose que du carbonate de chaux, se décompose et l’acide carbonique s’en dégage. Cette séparation de l’acide est notablement favorisée par l’intervention de la vapeur d’eau ; aussi l’opération marche-t-elle plus rapidement par un temps humide que par un temps sec, et surtout est-il plus avantageux d’employer le calcaire humide immédiatement à sa sortie de la carrière que de le laisser sécher par une exposition prolongée à l’air. La cuisson serait également difficile et incomplète si le calcaire n’était pas enveloppé dans un courant d’air. Dans un vase clos elle n’aurait pas lieu, le carbonate de chaux fondrait et cristalliserait par le refroidissement.

La chaux du commerce n’est jamais pure; elle renferme toujours des substances étrangères qui se trouvaient ' dans les calcaires employés à sa fabrication. La chaux faite avec le marbre blanc ou les calcaires les plus purs est celle qui foisonne le plus par l’action de l’eau et qui donne le plus de chaleur en s’hydratant; on l’appelle chaux grasse. Suivant fa nature et la proportion des matières qu’elle contient, elle est plus ou moins maigre^ plus ou moins hydraulique.

La chaux maigre foisonne peu et lentement et dégage peu de chaleur par son immersion dans l’eau ; elle donne | une pâte courte et sèche, tandis que la chaux grasse donne une pâte forte et liante et, à poids égal, une plus grande quantité de mortier. Aussi, dans les constructions ordinaires, préfère-t-on généralement la seconde à la première ; i mais la moindre solidité des mortiers que l’on obtient i avec elle compense largement l’économie que l’on réalise ; ainsi (voyez Moiitiers). Les chaux maigres s’obtiennent i par la calcination de calcaires mélangés en forte propor- ' tion de magnésie, d’oxyde de fer ou de sable quartzeux, I mais peu ou point d’argile. Elles durcissent beaucoup à , l’air, mais non sous l’eau.

Chaux hydraulique. — Chaux argileuse Jouissant de la propriété remarquable de durcir sous l’eau, ce qui lui a valu son nom. Le degré d’hydraulicité d’une chaux dépend de la plus ou moins forte proportion d’argile qu’elle i contient : 8 à 12 p. 100 d’argile communiquent à la chaux la propriété de durcir sous l’eau dans l’espace de deux ; à trois semaines. Avec 15 à 18 p. 100 d’argile, la prise a lieu en huit Jours ; 25 p. 100 et plus font prendre la chaux | en quelques Jours et même en quelques heures. Dès que la proportion atteint 30 ou 40 p. 100, la chaux prend le nom de ciment. Les pouzzolanes ordinairement renfer- \ ment presque 5 parties d’argile pour 1 partie de chaux ; i ce sont donc des argiles presque pures. Du reste, la ' chaux grasse peut devenir éminemment hydraulique par j son simple mélange avec des argiles cuites telles que de .! la brique pilée (voyez Mortiers).

Les chaux hydrauliques ne sont pas généralement ob- j tenues, comme les ciments, par la cuisson de calcaires • argileux naturels. Ces calcaires, en effet, ne se rencon- i trent que dans certaines localités et les frais de transport ; élèveraient dans une trop forte proportion le prix du i produit. On les prépare donc à l’aide de mélanges faits n en proportions convenables d’argiles et de calcaires, ce qui donne les chaux de première cuisson., ou d’argiles et de chaux déjà cuites, ce qui donne les chaux de seconde i cuisson.

Dans la fabrique de M. de Saint-Léger, établie près de Paris, la craie de Meudon est mélangée avec 14,3 p. 100 ! d’argile de Vanves. Les matières sont délayées dans l’eau et broyées sous des meules verticales. La bouillie claire i qui en résulte s’écoule dans de grands bassins en maçon- 3 nerie où la terre se dépose, tandis que l’eau surabon- .• dante est évacuée. La pâte, convenablement durcie, est ( moulée en briquettes que l’on cuit à la manière ordinaire, ! en prenant toutefois certaines précautions indispensables t à la réussite de l’opération. Cette chaux se vend à Paris t GO francs le mètre cube. <

Dans les localités où les calcaires sont trop compactes i pour être traités économiquement de cette manière, on les remplace par de la chaux éteinte que l’on mélange à j de l’argile. La manipulation reste d’ailleurs la môme que ' précédemment. |

On rencontre souvent dans la nature des couches de | marne qui ne sont autre chose qu’un mélange de calcaire * et d’argile. 11 suffit d’ajouter à ces marnes, qui se délayent f facilement dans l’eau, soit de l’argile, soit le plus sou- j| vent de la chaux, suivant leur nature, pour obtenir une pâte convenable. )

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Le mélange moulé en briquettes doit être chauffé à un degré convenable pour que le calcaire soit entièrement décarbonaté ; mais on doit s’arrêter exactement à ce point. Une température plus élevée ferait subir à la masse un commencement de fusion qui ferait perdre à la chaux ses propriétés hydrauliques. La fabrication des chaux hydrauliques artificielles est le résultat des recherches^ de M. Vicat, dont les belles découvertes ont rendu un immense service à l’art des constructions. Les économies qu’elles ont permis à l’État de réaliser dans ses grands travaux hydrauliques s’élèvent à plus de 200 millions de francs depuis 1818, époque où ces découvertes ont commencé à recevoir une application en grand.

Chaux (Sels de). — La chaux peut s’unir à tous les acides et forme avec eux des sels bien définis, où l’on peut constater la présence de la chaux, quand ils sont solubles dans l’eau, par le précipité auquel ils donnent naissance avec l’acide oxalique ou un oxalate alcalin. Ce précipité blanc grenu est un oxalate de chaux insoluble dans l’eau et l’acide acétique et soluble au contraire dans l’acide nitrique.

Quelques sels de chaux naturels ou artificiels ont une grande importance dans l’industrie.

Chaux (Sulfate de). — Pierre à plâtre, gypse, albâtre gypseux (voyez ces mots et Plâtre).

Chaux (Carbonate de). — De tous les composés salins le plus universellement répandu dans la nature, où il affecte les formes les plus variées (V. Craie, Calcaire, Marbres^ Albâtre, Spath d’Islande, Dolomie).

Chaux (Azotate de). — Produit naturel, que l’on rencontre surtout dans les matériaux salpêtrés et que l’on utilise dans la fabiûcation du sel de nilre (voyez Nitre, Nitrification, Nitrières). On le trouve aussi quelquefois dans les eaux de source, sans doute parce qu’elles ont traversé des terrains salpêtrés.

Chaux (Phosphate de). — Il se rencontre dans la nature en rognons ou en roches formant des montagnes élevées. On a essayé sans beaucoup de succès de l’employer comme engrais minéral dans l’agriculture. Il entre en proportion considérable dans la composition des os de tous les vertébrés et devient par la calcination de ceux-ci un engrais très-énergique ^(voy. les mots Os, Noir animal).

Chaux (Hypochlorite de). — > V. Chlorure de chaux.

CHAVARIA (Zoologie). — Nom d’un Oiseau échassier (voyez Chaïa).

CHEILANTHE (Botanique), Cheilanthès^ Swartz, du gTQccheilos, lèvre, et anthos, fleur. — Genre de la famille des Fougères, tribu des Polypodiacées. Il comprend des espèces presque toutes herbacées et appartenant principalement aux régions tropicales des deux continents. Le C. roussâtre {C. rufescens, Linlc) est une jolie espèce qui peut figurer comme plante d’ornement; ses feuilles sont longues, tripennées et d’un vert gai. Le C. à petites feuilles (C. microphylla, Swartz) et le C. visqueux (C. viscosa, Link) sont aussi dignes d’être cultivés. G — s.

CHEIRANTHE (Botanique), Cheiranthus, Lin. Les Arabes donnaient le nom de kheyry à une plante odorante à fleurs rouges. On a ajouté à ce mot anthos, fleur, en grec; ou du grec cheir, main, et anthos, fleur, c’est-à-dire fleur ou bouquet à la main. — Genre de plantes de la famille des Crucifères et dont le nom vulgaire Giroflée est bien plus connu (voyez ce mot).

CHÉIROGALE (Zoologie), Cheirogaleus, Geoff., du grec cheir, main, et galê, chat. — Genre de Mammifères quadrumanes, tribu des Makis. « Ils paraissent avoir la tête ronde, le nez et le museau courts, les oreilles courtes et ovales; la queue longue, touffue, cylindrique, se ramenant en devant; quatre mains véritables, le pouce aussi écarté que dans les Makis proprement dits. » Ces caractères, établis par Geoffroy Saint-Hilaire sur trois dessins de Commerson, ont fait présumer à l’illustre savant qu’on pourrait en former une petite famille particulière qui conduirait naturellement des makis aux carnassiers, et il a reconnu provisoirementtrois espèces sur les trois dessins de Commerson.- Depuis cette époque, plusieurs chéirogales ont vécu à la ménagerie : le 6'. de Miiius {C. Milii,E. Geoff.), long de (;m,35, avec les principaux caractères des Makis, a été observé et décrit par F. Cuvier ; il a les yeux très-grands, à pupille ronde ; le corps couvert d’un pelage épais, très- doux au toucher, d’un gris fauve, uniforme en dessus, blanc en dessous; les mains et la face couleur de chair ; treize paires de côtes au lieu de douze comme les makis. C’est un animal nocturne ; à la ménagerie, il s’était fait un nid avec du foin, s’y roulait en boule et y passait tout le jour à dormir. F. Cuvier en a fait le genre qu’il nomme Myspühecus .

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CHEIROMYS (Zoologie), Cheiromys , Cuv., du grec cheir, main, et mus, rat, rat à main ; Aye-aye, Sonn. et Geoff. — Nom donné à un Mammifère singulier découvert par le voyageur français Sonnerat sur la côte de Madagascar et auquel il donna le nom de Aye-aye, à cause de l’exclamation que firent entendre à sa vue les habitants d’une autre partie de File. Classé d’abord sons le nom de Sciurus madagascariensis,Gc[\. , parmi les Rongeurs, dans le genre Ecureuil, dont il se rapproche sous certains rapports, il fut ensuite nommé par Schreber Lemur psilodactylus et placé dans le genre Maki. Puis Ét. Geoffroy en fit un genre qu’il dédia à Daubenton et qui fut accepté par G. Cuvier sous le nom de Cheiromys et considéré comme un sous-genre du genre ÊcureuiL Sonnerat pendant son voyage, avait eu deux de ces animaux vivants qu’il put conserver pendant deux mois ; il les nourrissait avec du riz cuit, et ils se servaient, ponr le manger, des doigts grêles des pieds de devant, comme les Chinois se servent de leurs baguettes. Ils étaient comme assoupis, se couchant la tête placée entre leurs jambes de devant; ce n’était qu’en les secouant plusieurs fois qu’on parvenait à les faii e remuer. Un de ces individus est dans les galeries du Muséum d’histoire naturelle de Paris, qui en possède encore un autre trouvé à Madagascar et préparé par M. de Lastelle. En 18G2, le Jardin zoologique de Londres en a reçu un individu vivant, le premier qui ait paru en Europe. Aujourd’hui, on range généralement l’Aye-aye parmi les Quadrumanes, famille des Makis {Lémur), où il forme un genre distingué par cinq doigts longs et grêles, le pouce de derrière opposable ; ces animaux ont partout une molaire de moin» que les écureuils ; la position des yeux est moins latérale ; ils ont deux mamelles placées à la région inguinale. Leur démarche est pénible et lente.

CHÉIROPTÈRES (Zoologie), Cheiroptera, Cuv., du grec cheir, main, et pteron, aile (main, aile). — Ces animaux forment le troisième ordre des Mammifères et viennent immédiatement après les Quadrumanes, avec lesquels ils ont encore quelques affinités : ainsi les mamelles placées sur la poitrine. Mais ils se distinguent surtout par un repli de la peau qui, partant des côtés du cou, s’étend entre les quatre pieds et les doigts, les soutient dans l’air et permet môme de voler à ceux qui ont les doigts des mains assez développées pour cela. Ils ont quatre grandes canines; le nombre de leurs incisives varie. On divise cet ordre en deux tribus : 1° Les Chauves-souris qui ont les doigts des mains prolongés et réunis par la membrane qui se détache de leurs flancs ; 2° les Galéopithèques, dont les doigts ont la même longueur aux

Fig. 517.— Ordre des Chéiroptères : le Galéopithèque roux (long. 0"’,30).

quatre membres ; la membrane des flancs ne se continue pas avec celle des doigts (voyez Chauves-souris, Galéopithèques).

GHÉLIDOINE (Botanique), Chelidonium, Lin. D’après Pline, ce mot viendrait du mot grec chelidôn, hirondelle, parce qu’elle fleurit à l’arrivée des hirondelles. — Genre de plantes de la famille des Papavéracées ; elles sont herbacées et croissent dans les régions tempérées. Caractérisées par un calice à 2 sépales; 4 pétales; étamines nombreuses ; capsule allongée, siliquiforme, à une loge, à 2 valves et s’ouvrant de la base au sommet. La Ç. commune (C. majus. Lin.), appelée vulgairement Eclaire, Grande éclaire, parce que son suc passait autrefois pour

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guérir certaines maladies d’yeux, est une plante vivace, indigène, dont les feuilles, pennatiséquées, arrondies et velues, sont d’un vert jaunâtre à la face supérieure et glauque à la face inférieure. Ses fleurs sont jaunes, disposées en ombelles terminales. Lorsque l’on casse une partie quelconque de cette plante, il s’en écoule un suc jaune et nauséabond qui corrode la peau en la tachant en jaune comme l’acide nitrique. Aussi emploiet-on avec succès la grande éclaire pour faire disparaître les verrues {Herbe aux verrues). La C. à grandes fleurs {C. grandiflorum., de Cand.) est une espèce de la Daourie (partie de la Sibérie) et se distingue par ses pétales arrondis et crénelés. Le C. glaucium., Lin., que l’on appelle aussi Pavot cornu., et la C. a fleurs rouges {C. corniculatum., Curt.) rentrent dans le genre voisin, Glaucium, caractérisé principalement par un stigmate à 2 lamelles et une capsule à 2 loges. Ces deux plantes peuvent figurer avec avantage dans les jardins. G — s.

CHÉLIDOAS (Zoologie), Chélidons., du grec chelidôny hirondelle. — Ce nom, emprunté à Aristote par Vieillot et adopté par Temminck et Lesson, désigne une famille d’oiseaux qui renferme les genres Hirondelles, Martinets, Engoulevent, Ibijau,Qt Podagre; ce sont les Fissirostres de Cuvier (voyez Fissirostres).

CHÉLONE (Botanique), Chélone,lAn., du grec chelônê, tortue. On a comparé à la carapace de cet animal la lèvre supérieure et voûtée de la fleur de ces plantes. — Genre de plantes de la famille des Scrophularinées, type de la tribu des Chélonées et connu vulgairement sous le nom de Galane. Il renferme des espèces propres à l’Amérique septentrionale qui se distinguent principalement par une corolle tubuleuse, ventrue, bilabiée, à lèvre supérieure ample, concave ; les anthères laineuses, s’ouvrant de la base au sommet, et la capsule à déhiscence septicide. Les chélones sont des herbes vivaces à feuilles opposées, dentelées. La C. glabre {C. glabra. Lin.) a les feuilles oblongues, lancéolées et les fleurs pourpres, roses ou blanches. La C. des bois {C. nemorosa, Dougl.) présente des feuilles ovales, arrondies à la base, aiguës au sommet, et des fleurs pourpres, disposées en panicules lâches. Les chélones sont des plantes rustiques d’un très-joli effet dans les plates-bandes des jardins. Une partie des anciennes espèces a contribué à la formation du genre Pentaste?non, établi par L’Héritier. G — s.

CHÉLONÉE (Zoologie), Chelonia. — Al. Brongniart a donné ce nom aux tortues de mer qu’il a réunies en un genre distinct (voyez au mot Tortue).

CHÉLONIENS (Zoologie), Chelonia, du grec Chelônê, tortue. — Nom par lequel on désigne le premier ordre des Reptiles. Ces animaux ont une organisation des plus singulières, et il suffit de citer comme exemple la Tortue grecque {fig. 5 1 8). L’animal semble enfermé dans une boîte solide et résistante d’où sortent, par une échancrure exté-

Fig. S18. — Ordre des Chéloniens : Tortue grecque (long. 0o>,30).

rieure, la tête et les membres thoraciques, et par une échancrure postérieure, la queue et les membres abdominaux. La partie supérieure ou solide de cette espèce de coffre est plus ou moins voûtée ; on la nomme la caparace (voyez ce mot) ; en dessous est, au contraire, une pièce aplatie qui traîne presque sur le sol pendant la marche, c’est \q plastron (voyez ce mot). Tout cet appareil singulier est recouvert par la peau écailleuse, mais n’offre nulle part la consistance charnue. Il résulte de la conformation singulière que nous venons d’indiquer, mais que nous ne pouvons pas décrire ici, et de ses rapports avec les parties mobiles de l’animal, que sa poitrine, convertie en une boîte osseuse, a perdu toute mobilité ; elle ne peut plus se resserrer et se dilater, de sorte que les chéloniens respirent véritablement en avalant l’air extérieur; et comme on ne peut avaler sans que la bouche soit fermée, on étoufferait ces animaux, si on leur tenait pendant quelque temps la bouche ouverte.. Tous les chéloniens ont quatre membres bien développés ; la tête pe -

tite, la bouche dépourvue de dents; les mâchoires recouvertes d’un bec corné analogue à celui des oiseaux; ils ont la queue courte, de larges plaques d’épiderme écailleuses qui chez deux ou trois espèces constituent V écaille employée par les tabletiers. On a divisé l’ordre des Ché- Ioniens en quatre familles : 1° les Tortues terrestres , 2° les T. paludines; 3” les T, fluviatiles; 4° les T. marines (voyez Tortue).

CHEMINÉE. — Conduit en métal ou en maçonnerie servant à l’écoulement des produits de la combustion des divers combustibles. On donne également ce nom de cheminée, soit à l’extrémité inférieure du conduit, soit à l’encadrement en pierre ou en marbre au milieu duquel il débouche dans nos appartements. Dans ce cas, la cheminée proprement dite s’appelle coffre ou tuyau de cheminée (voyez Chauffage).

L’invention des cheminées remonte au moyen âge : elles étaient inconnues à l’antiquité. Les premières ont été construites en Angleterre au xiii® siècle. Ce fut Montgolfier l’inventeur des ballons, qui s’occupa le premier de leur tirage et qui l’attribua à la différence des températures de l’air intérieur et de l’air extérieur. Toutes choses égales d’ailleurs, une cheminée tire d’autant plus que l’air y est plus chaud, qu’il fait plus froid au dehors, et aussi qu’elle est plus haute et que l’air y éprouve moins de frottements ou de résistances à son mouvement. Les tuyaux des cheminées de nos habitations sont ordinairement trop larges, ce qui tient au procédé généralement employé pour les ramoner. Il en résulte que la colonne d’air ascendante ne peut y acquérir qu’une vitesse très-faible, et que le moindre vent en refoulant cette colonne les fait fumer. A Paris cependant, surtout depuis quelques années, l’emploi de briques à section intérieure circulaire , ou de tuyaux cylindriques en terre cuite ou même en plâtre, a permis de les améliorer beaucoup sous ce rapport. Dans les anciennes cheminées à tuyaux trop lai'ges, on obtiendraitdes résultats très-avantageuxde diaphragmes mobiles, disposés vers leurs extrémités et percés en leur centre d’une ouverture circulaire d’un diamètre convenable. Ces diaphragmes diminueraient le volume d’air exagéré qu’elles débitent, et auraient surtout pour effet de donner à la colonne de fumée qui les traverserait une vitesse assez grande pour résister à l’influence du vent.

Les cheminées des usines ou des machines à vapeur sont en briques; les plus favorables au tirage sont circulaires. Dans leur intérieur sont encastrées de 0“,60 en 0'“,60 des barres de fer sur lesquelles se tient l’ouvrier qui les construit, et qui servent ensuite d’échelle pour les réparations. Leur hauteur varie de 20 à 30 mètres. Il en existe une à Manchester qui a 125 mètres. C’est la plus haute qui existe ; 4 000 000 de briques ont été employées à sa construction.

La vitesse avec laquelle l’air s’élève dans une cheminée est donnée théoriquement par la formule

\j‘i.gcf.[t' — t)h

dans laquelle g est l’intensité de la pesanteur, égale à 9“,8088, a. est le coefficient de la dilatation de l’air ou 0,00360, t' est la température moyenne de la colonne d’air contenue dans la cheminée, t la température de l’air extérieur, et h la hauteur totale de la cheminée. Cette vitesse théorique est singulièrement diminuéeparle frottement de l’air contre les parois internes de la cheminée et par le refroidissement graduel de cet air ; la vitesse vraie n’en est guère que le quart ou le cinquième ; mais elle ne doit pas descendre au-dessous de 3 ou 4 mètres par seconde, afin que le courant puisse résister à l’action des vents extérieurs et ne soit pas refoulé dans la cheminée.

CHEMINS DE FER. — Historique. — C’est en Angleterre que les chemins de fer prirent naissance. Pendant longtemps ils furent exclusivement consacrés au service des usines, et surtout des houillères. Les moteurs étaient des chevaux ou des hommes. Vers le milieu du xviii* siècle, plusieurs essais furent tentés pour appliquer la vapeur comme moteur des voiture.s. Un ingénieur français, nommé Cugnot, construisit le premier une voiture à vapeur en 17 69. Cet e.ssai infructueux fut suivi de ceux de l’Américain Évans(l779), de George Watt (1784). En 1804, on construisit une première machine destinée au transport des voitures sur un chemin de fer, après avoir essayé en vain de diriger sur les routes ordinaires les voitures à vapeur. La première locomotive qui fonctionna utilement est celle de Blenkinsop ; elle servit

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pendant douze ans au transport de. la houille. Elle se* composait de deux cylindres faisant mouvoir un engrenage qui, s’engageant dans les dents d’une crémaillère, remorquait les waggons ; on croyait alors cet engrenage indispensable pour empêcher les roues de glisser sur les rails, et, jusqu’en 1813, ce système fut le seul appliqué. A cette époque, Blackett démontra que l’adhérence des roues de la machine suffisait pour atteindre le même but. Depuis lors, les progrès furent rapides. En 1825, Hackworth établissait une locomotive pouvant faire le service des transports avec une vitesse notable. L’invention de la chaudière tubulaire par M. Seguin, ingénieur du chemin de Saint-Etienne à Lyon (1829), permit d’augmenter la puissance de vaporisation des machines ; et l’année suivante, Robert Stephenson présentait la locomotive complète avec tous ses organes. Jusque-là l’absence d’un moteur suffisant avait arrêté le développement des chemins de fer, qui dès lors prirent un accroissement rapide. Le premier chemin de fer à grande vitesse qui fut construit est celui de Liverpool à Manchester, en 1830, établi par George Stephenson. En 1832, on commençait celui de Londres à Birmingham. La Belgique suivit de près l’Angleterre. C’est en 1834 que fut promulguée la loi qui décréta la création du réseau aujourd’hui terminé.

Ce n’est qu’en 1842 que fut promulguée la loi concernant la création des chemins de fer en France; nous possédions déjà pour le transport de la houille ceux de Saint-Etienne à Lyon et à Andrézieux.

Aujourd’hui tous les États de l’Europe possèdent au moins quelques tronçons de voies ferrées.

La Russie, l’Italie et l’Espagne ont commencé et poursuivent activement l’exécution de leur réseau.

Un projet général a même été arrêté pour les Indes orientales.

Tracé. — Le tracé n’est pas absolument abandonné aux ingénieurs; certaines considérations commerciales ou stratégiques fixent les points importants que doit desservir la ligne; les ingénieurs relient ensuite ces points par un tracé convenable et économique, en prenant pour base la carte du dépôt de la guerre à ixbr* L’ingénieur ne s’occupe pas seulement du point de vue technique ; il doit aussi calculer le trafic probable du chemin dans le tracé qu’il adopte. On trace ainsi un polygone reliant les points principaux dont on raccorde ensuite les côtés par des arcs de cercle. Ce tracé sommaire étant fait, on étudie sur le terrain par des opérations de nivellement la ligne définitive qu’on devra suivre. Cette nouvelle étude est très-coûteuse ; elle modifie presque toujours le premier tracé. Lorsqu’il a été arrêté définitivement, on calcule le cube de remblais et de déblais, les pentes, etc., et on met les travaux en adjudication. Il faut dans le tracé éviter, autant que possible, les rampes trop roides et les courbes à petit rayon. Les pentes maxima étaient dans l’origine fixées à 0“, 005 ; aujourd’hui on admet ordinairement jusqu’à 0”,010 ou 0™,0l2, et quelquefois même, dans les régions montagneuses, jusqu’à 0",025 (chemin de Turin à Gênes). Les courbes doivent avoir au moins 300 mètres de rayon ; la moyenne convenable est 800 mètres.

On doit, en même temps qu’on étudie le tracé ou immédiatement après, fixer l’emplacement des gares. Il importe de les éloigner des tranchées et des souterrains courbes, afin qu’on puisse faire facilement des signaux aux trains qui arrivent, dans les cas d’encombrement de la voie.

Les dimensions de la voie sont fixées en France, en Belgique, et surpresque tous les chemins anglais, à 1“,50 ou 1“,51 d’axe en axe des rails, ou de 1“,44 à 1™,46 de bord en bord. On a essayé de construire des voies plus larges pour augmenter la force des machines. En Russie, on a des voies de 1“>,83 ; en Espagne, 1“,70; mais ces voies larges n’offrent aucun avantage et rendent la communication avec les réseaux voisins impossible.

Les chemins de fer ont généralement deux voies ; la largeur de l’entre-voie est de 1“,80 à 2®, 20.

Au lieu de faire des remblais ou des tranchées, on est conduit, dans certaines circonstances, à établir des viaducs ou des souterrains quand on a à traverser un terrain glissant, argileux, qu’on craint les éboulements ou que la hauteur est trop considérable ; en général, on ne fait pas de tranchée d’une profondeur supérieure à 20 mètres. Quant au viaduc, on sera également conduit à le préférer d’après la nature et le cube des matériaux à déplacer, les frais d’entretien et de construction, etc.

Toutes les conditions que doit remplir la voie étant indiquées, les plans et les devis de tous les travaux étant faits, les entrepreneurs commencent l’exécution de la voie,

des terrassements et des travaux d’art. Les travaux de terrassement ont pris dans les chemins de fer un tel développement qu’ils constituent un art nouveau. Nous indiquerons sommairement en quoi ils consistent.

Les terres provenant des tranchées sont portées sur l’axe de la voie pour composer les remblais, ou déposées à une distance plus ou moins grande des bords. Dans le premier cas, on opère par compensation; dans le second, par voie de dépôt. On peut aussi élever des remblais avec des terres empruntées dans le voisinage. On travaille alors par voie ôl emprunt. Il est très-rart* que les terrains dans lesquels on ouvre des tranchées considérables soient assez solides pour résister aux influences atmosphériques sans travaux de soutènement. Quand le terrain renferme des couches glaiseuses intercalées dans des couches perméables, des éboulements sont souvent déterminés par l’affluence des eaux. Il faut alors chercher à assécher le terrain. Les travaux d’assèchement consistent en galeries souterraines remplies de pierres sèches. On les recouvre de terres rapportées et bien damées. Pour que les terres ne soient point entraînées par les eaux pluviales, on fait des semis de gazon sur les tranchées.

Remblais. — Quand ils sont faits sur une grande hauteur, le sol s’ affaisse quelquefois, surtout s’il est aquifère. Il faut alors élargir la base du remblai pour diminuer la pression, assécher le sol par des tranchées et des puits absorbants, et souvent maintenir le remblai par des pieux ou des murs qui l’empêchent de glisser.

Ponts et viaducs. — Les ponts et viaducs employés dans les chemins de fer sont de différentes espèces. Les ponts sont rarement en bois. On les fait de préférence en pierre quand les matériaux sont à bon marché ; mais depuis quelques années, le bas prix du fer et la rapidité d’exécution qu’il permet font adopter les ponts en tôle et en fer presque partout. Les ponts en tôle et en fer ont l’avantage d’être plus légers que les ponts en pierre, et de pouvoir franchir des portées immenses. Le pont tubulaire de Britannia, en Angleterre, se compose de quatre travées : deux de 90 mètres d’ouverture et deux de 180 mètres. On a aussi cherché à employer la fonte, mais ce mode de construction s’est peu répandu (voyez Ponts). Les viaducs se font, autant que possible, en pierre ou en pierre et en fer combinés. Les viaducs deviennent nécessaires partout où l’on a à racheter une grande hauteur pour passer une vallée (les remblais dépassent rarement 25 mètres) et quand le terrain est peu solide. Le plus bel ouvrage de ce genre que nous possédions en France est le viaduc de Chaumont sur le chemin de fer de Mulhouse; l’arche du milieu est aussi élevée que les tours de l’église de Notre-Dame à Paris.

Souterrains. — Us sont nombreux sur les chemins de fer. Les plus remarquables sont : celui de La Nerthe, entre Avignon et Marseille, long de 4 600 mètres, et celui de Blaisy bas sur le chemin de Lyon, dont la longueur est.de 4 200 mètres. On a récemment percé le tunnel du mont Cenis, le plus long jusqu’ici ; il a près de 12 kilomètres. Ces ouvrages sont très-longs et très-coûteux. Pour abréger le travail, on perce des puits suivant l’axe du souterrain, et on établit deux chantiers à chaque puits. Au souterrain de Blaisy, on avait vingt-deux puits, soit quarante-six chantiers; le percement a duré trois ans.

Les méthodes employées pour le percement de ces souterrains sont celles usitées depuis longtemps pour les travaux du même genre.

Tantôt on commence le muraillement par les pieds droits, puis on mène une galerie au sommet de la voûte. On s’élargit à droite et à gauche en maintenant les terres par un barrage en éventail. Quand le terrain est peu solide, il est préférable de commencer par la voûte et de creuser une galerie dans l’axe de la voûte elle-même.

Ballast. — Quand tous ces travaux sont terminés, il ne convient pas de poser immédiatement les rails sur le sol. S’il est argileux, il s’imprégnerait d’eau et n’offrirait plus une base assez stable aux traverses des rails; dans tous les cas il se dégraderait promptement; les maçonneries et les travaux d’art éprouveraient, d’ailleurs, des trépidations qui compromettraient leur stabilité et détérioreraient le matériel roulant. On recouvre la voie d’une matière élastique, faisant fonction de ressort et perméable à l’eau {ballast) afin que les traverses ne se pourrissent pas; le sable ou la pierre concassée sont les seuls matériaux qu’on emploie pour cet usage.

Pose de la voie. — Les rails sont généralement posés sur des traverses en bois.

On les fait ordinairement eu chêne. En Angleterre,

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elles sont en sapin. Leis traverses sont en bois équarri ou simplement scié en deux, suivant l’axe et posé suivant son diamètre. Les rails sont aujourd’hui exclusivement en fer laminé. On en emploie de divers systèmes. Les plus usités sont : les rails à double champignon maintenus par

des coussinets {fig. 519); les rails Brunei posés directefnent sur les traverses {fig. 521); et les rails à patins ou à champignon simple [fig. 520), qu’on peut également poser d’une manière directe sur les traverses à l’aide d’un empattement inférieur. Aujourd’hui, sur tous les

chemins nouveaux les rails sont éclissés, c’est-à-dire que deux bouts de rails sont réunis par deux platines de .fer qui, en établissant une solidarité parfaite entre eux, empêchent les flexions des extrémités et rendent les

mouvements beaucoup plus doux. On semble également aujourd’hui adopter pour les nouvelles lignes le rail à patins.

Accessoires de la voie. — On a fréquemment, dans les

Vig. S22. — Aiguilles pour changement de voie.

manœuvres djes gares ou aux embranchements, à faire passer les voitures ou les machines d’une voie sur une

autre. On y arrive à l’aide des changements de voie, dos plaques tournantes, ou des chariots de service.

Les changements de voie se composent de l’appareil placé au point de rencontre des deux voies; il se com-

pose de deux bouts de rails mobiles ou aiguilles pomeiot « être placés, à l’aide d’un levier, dans le prolongement ; de l’une ou l’autre voie, à volonté {fig. 522). Les chan- ; gements de voie sont très-importants au point de vue de ; l’entretien du matériel ; aussi a-t-on essayé beaucoup de systèmes qu’il serait trop long de décrire ici.

Les plaques tournantes sont des portions de voie mo- j bile autour d’un axe vertical placé au milieu. On peut amener les rails de la plaque dans la direction de l’une ou de l’autre voie et faire prendre au véhicule placé sur f la plaque la direction qu’on veut ifig, 523).

Les chariots de service peuvent remplacer les plaques, ! quand on veut transporter un waggon sur une voie parai- • lèle. Ils se composent d’un chariot se mouvant sur une i voie inférieure à la voie principale et perpendiculaire en ^ direction à cette voie. Ce chariot porte des rails parai- » lèles à ceux de la voie et au même niveau. C’est sur ces rails que repose le waggon ou la machine qu’on veut transporter. On peut encore ranger dans les accessoires f de la voie les grues hydrauliques et les appareils destinés à l’alimentation des machines.

Ces différents travaux et l’installation des appareils ) que nous avons décrits sommairement constituent l’éta- ' blissement de la voie proprement dite. C’est la partie la plus coûteuse de la création d’un chemin de fer, et la plus importante. La construction du matériel roulant et d’exploitation est d’un intérêt beaucoup moindre que celui de la voie proprement dite. Nous citerons quelques . prix de revient d’un kilomètre de chemin de fer, pour ' faire apprécier l’importance de ces travaux. t

Terrassements Total du prix ( et ouv. d’art. de revient.

(’.hemin du Gard (Alais, Nîmes, f

Grand-Combes) 49,260 184,580

Chemin du Nord 66,740 284,540

Paris à Orléans 67,110 400,000

Paris à Lyon. — Paris à Cbàlons. 198,710 471,000

Cbâlons à Lyon 218,270 578,000

Lyon. — Avignon 183,760 393,000

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