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MARCHANDISES

Lyon

Creuzot

Engerth

— (à 6 roues cou-

plées'

On compte, en moyenne, que la chaudière produit 30 kil. de vapeur par heure et par mètre carré de surface de chauffe. On peut aller jusqu’à 100 kil. Les machines développent un travail soutenu de 250 à 300 chevaux. Cette puissance est énorme sous un aussi petit volume ; cela tient à la rapidité de vaporisation qu’on peut obtenir à l’aide du tirage produit par la vapeur.

Les résistances que les machines ont à vaincre se composent de la résistance au roulement des voitures qu’elles remorquent, et de la résistance de l’air. C’est généralement cette dernière qui l’emporte. Les machines locomotives ne consomment que 2 kil. de coke par cheval et par heure ; c’est moins que la plupart des machines fixes.

Exécution des chemins de fer en France (législation et statistique). — L’État concède l’exécution et l’exploitation d’une ligne de chemin de fer à une compagnie. Quand un chemin de fer doit être exécuté, la compagnie adresse une demande à l’empereur qui ordonne une enquête pour que les populations donnent leur avis sur le tracé indiqué par le conseil des ponts et chaussées. L’empereur donne la concession du chemin de fer par un désret. La compagnie obtient la concession du chemin de 5er pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans. D’après la loi de 1842, l’État livrait à la compagnie les travaux de la voie complètement terminés ; la compagnie n’avait à supporter que les frais d’achat et d’entretien du matériel et ceux de l’exploitation. C’est d’après ce système que la ligne principale du Nord a été exécutée ; mais la compagnie a remboursé l’État. Cette loi a été abandonnée en 1845. Aujourd’hui, l’État accorde à la compagnie le droit d’établir et d’exploiter à ses frais un certain nombre de kilomètres de chemin de fer; il n’intervient que pour approuver les travaux à faire, et pour exercer un contrôle sur le mode d’exploitation.

L’Etat se substitue la compagnie dans les droits qu’il tient de la loi. Celle-ci peut faire exproprier les terrains qui lui sont nécessaires.

La police du chemin de fer a été fixée d’une manière définitive par la loi de 1845, à la suite de l’accident de la ligne de Versailles (rive gauche).

Cette loi a établi le contrôle de l’État exercé par les ingénieurs des mines, des ponts et chaussées, et les inspecteurs commerciaux.

Le contrôle est centralisé par un ingénieur en chef (des mines ou des ponts et chaussées indifféremment).

Les ingénieurs des ponts et chaussées sont chargés de surveiller l’exécution do la voie, son entretien, et de s’assurer si le cahier des charges est suivi dans l’exécution et l’exploitation du chemin de fer. Les ingénieurs des mines s’occupent spécialement du matériel roulant et contrôlent l’exploitation technique. Les inspecteurs commerciaux s’occupent des tarifs de l'exploitation commerciale.

Les tarifs sont fixés par le cahier des charges qui impose un maximum. Le maximum est appliqué aux voyageurs, mais on ne l’atteint que pour un petit nombre de marchandises. Les tarifs ne peuvent être modifiés qu’avec l’autorisation du gouvernement.

État actuel des chemins de fer. — L’exécution du réseau étant trop lente, si on le confiait à de petites compagnies, l’État les a fusionnées en six grandes compagnies auxquelles il a imposé l’achèvement des voies les moins productives (loi du 3 avril 1857). L’exécution de cette nouvelle partie du réseau pouvant entraîner, des dépenses que l’exploitation ne couvrirait pas, l’État a garanti aux actionnaires, pendant cinquante ans pour ces nouvelles lignes, un minimum d’intérêt de 4 p. lOO et 0%G5 p. 100 pour l’amortissement (1 1 juin 1859). Chaque concession est divisée en deux réseaux, l’ancien réseau étant administré à part. Quand l’intérêt du capital de l’ancien réseau dépasse un certain taux, l’excès est destiné à couvrir les dépenses de l’État pour le nouveau réseau. Si cette combinaison permet aux compagnies de toucher un revenu de plus de s p. 100 du capital engagé, l’État partage l’excédant avec la compagnie. Telle est la loi qui régit les chemins de fer sous le rapport des finances.

En 1859, la France possédait au l^r février H 701 kilomètres exploités; il restait 7 651 kilomètres à construire.

On avait dépensé, au 31 décembre 1857, 3 milliards I GGO millions ; il restait à dépenser 2 milliards 500 mil- \ lions pour l’achèvement du réseau. M — x.

Chemin de fer atmosphérique. — Chemin de fer dans , lequel les convois, au lieu d’être traînés directement par une machine à vapeur, sont poussés par la pression de l’air sur un piston contenu dans un tube et en avant»duquel est fait le vide au moyen de machines aspirantes.

La première idée de ce moyen de propulsion est due à un Anglais nommé Vallance.^ qui le conçut dès 1824 ; mais elle ne fut mise à exécution que beaucoup plus tard par MM. Clegg et Samuda, qui établirent un chemin atmosphérique de 2 722 mètres entre Kingstown et Dakley, en Irlande. Un chemin de fer semblable a été établi sur une longueur de 2 500 mètres à l’extrémité du chemin de fer de Saint-Germain pour gravir la rampe qui conduit au plateau dans le parterre de Saint-Germain. Une différence de niveau de 51»«,50 est rachetée par une pente de 1 950 mètres, d’immenses machines pneumatiques éta- ; blies vers le haut de la rampe sont mises en mouvement <

Fig. 524. — Chemin

par des machines à vapeur et font le vide dans un tube disposé entre les deux rails dans toute la longueur du plan incliné. Notre gravure 525 représente une coupe

transversale de ce tube et la gravure 524 en donne une coupe longitudinale en même temps que du piston moteur.

Ce piston se compose de deux pistons proprement dits A et B, réunis par une même tige et pouvant se suppléer l’un l’autre; ils sont garnis sur leur pourtour d’une bande de cuir qui vient s’appliquer sur la paroi du tube et fermer d’autant plus hermétiquement que le vide étant plus avancé à l’avant du piston l’air qui est à l’airière fait plus d’effort pour

de fer atmosphérique. |

s’échapper. Ces deux pistons sont fixés à l’extrémité d’un | châssis long et étroit CC porté lui-même par une large ; plaque de tôle qui vient s’attacher au premier wagon du i train. Cette plaque sort nécessairement du tube ; aussi celui-ci est-il percé, dans toute sa longueur, d’une fente que recouvre une soupape H régnant également dans toute ' la longueur du tube. Pour que cette soupape soit soûle- i vée graduellement et donne passage à la plaque de tôle. 4 Le châssis porte des galets mobiles F, G de grandeur crois- | santé de l’extrémité antérieure jusqu’en son milieu, puis j décroissante du milieu à l’extrémité opposée qui porte un I contre-poids servant en môme temps de guide au piston. J Les machines pneumatiques ont 2“,53 de diamètre in- i térieur, 2 mètres de course et une vitesse de 0“,40 par seconde. Elles aspirent 2 mètres cubes d’air par seconde et sont mises en mouvement par quatre machines à vapeur représentant ensemble une force de 400 chevaux-vapeur i et consommant environ 3 000 kil. de charbon par vingt- 1 quatre heures. Le feu y est constamment allumé, mais i étouffé dans l’intervalle du passage des convois ; un ven- ; tilaleur à vapeur lui donne l’activité nécessaire pendant

Fig. 525.

CHÊ

les quelques minutes que dure l’ascension de chaque convoi, la pompe ne fonctionnant qu’au moment où le piston est accroché au wagon qu’il doit traîner. La vitesse obtenue régulièrement depuis l’ouvei ture du chemin atmosphérique, qui a eu lieu le 14 avi’il 1847, varie, suivant la pesanteur du convoi, de 32 à 70 kil. par heure. La descente a lieu librement ou avec l’emploi des freins modérateurs.

Les frais d’établissement du chemin atmosphérique de Saint-Germain ont été de 1 800 000 francs par kilomètre. Les frais d’entretien journalier sont considérables; aussi, malgré le succès relatif obtenu, ce système a-t-il été abandonné et est-il condamné sans retour. M. D.

CHÉMOSIS (Médecine), du grec chêmê^ enfoncement. — Ophthalmie dans laquelle l’afflux du sang ou des liquides a distendu le tissu cellulaire sous-muqueux de la conjonctive de manière à former tout autour de la cornée un bourrelet élevé plus ou moins rouge, qui la fait paraître comme dans un enfoncement. Le plus souvent, le chémosis est l’expression d’une inflammation intense; cependant il arrive quelquefois que celle-ci n’est pas trèsvive et que cet engorgement a quelque chose d’atonique tenant au relâchement des vaisseaux ; dans ce cas, la rougeur est peu prononcée, le chémosis offre un aspect mollasse et la résolution s’en fait très-bien par les astringents ; les antiphlogistiques conviennent plutôt dans le premier cas.

CHÊNE (Botanique), Quercus^ Tourn., de quer^ beau, en celtique ; cuez, arbre; l’arbre par excellence. Chêne se disait anciennement quesne^ de quernus^ que l’on a dit en basse latinité pour quercus. — Genre de plantes type de la famille des Quercinées^ dans la classe des Amentacees, de M. Brongniart, ou de la famille des Cupulifères^ tribu des Cupulif ères-types^ section des Quercinées^ d’après les divisions de M. Spach. Les chênes sont des arbres qui habitent principalement les régions tempérées de l’hémisphère boréal. Leurs feuilles sont alternes, stipulées. Les anciens croyaient que de tous les arbres le chêne naquit le premier ; ils prétendaient, en outre, que, parmi les hommes, les Arcadiens étaient nés les premiers ; aussi les comparaient-ils à cet arbre. — La Bible raconte que Josué écrivit les ordonnances et les préceptes de Dieu dans le livre de la loi, qu’il prit une très-grande pierre et qu’il la mit sous un chêne placé dans le temple, afin qu’elle servît de témoignage au peuple des paroles qu’il venait d’entendre. On suppose que c’est de cette coutume des Hébreux que les païens adoptèrent celle de mettre aussi des arbres dans leurs temples. — On trouve dans la Fable que la plus fameuse forêt de chênes était celle de Dodone, en Êpire ; les chênes dont elle était composée étaient consacrés à Jupiter et rendaient des oracles en produisant de certains sons interprétés par les Dodonides, ou prêtresses du temple de Jupiter, édifice somptueux élevé dans cette même forêt. — Sur le mont Lycée, en Arcadie, était un temple de Jupiter avec une fontaine ; quand on désirait de la pluie, on espérait l’obtenir du dieu en jetant dans la fontaine une branche de chêne. — Diodore de Sicile prétend que les chênes des monts Héréens, en Sicile, étaient extraordinairement grands et portaient des glands deux fois plus gros que ceux des autres chênes. — Ce fut un chêne qui coûta la vie au plus célèbre athlète de la Grèce, Milon de Crotone. On raconte qu’ayant trouvé sur son chemin un vieux chêne entr’ouvert par des coins qu’on y avait enfoncés à coups de hache et de marteau, il entreprit d’achever de le fendre avec ses mains ; mais, dans cet effort, il dégagea les coins, ses mains se trouvèrent prises et serrées par le ressort que formaient les deux parties de l’arbre qui se rejoignirent, de manière qu’il ne put se débarrasser et que les loups vinrent le dévorer. — On a longtemps montré dans le bois de Vincennes un chêne sous lequel saint Louis s’asseyait pour y écouter les plaintes ou les demandes de ses sujets et leur rendre justice. — En Angleterre, à un mille de Shrewsbury, est le C. royal {Royal Oak)^ où, pour éviter les poursuites de ses ennemis, Charles H se tint caché. L’arbre a été depuis garanti par une muraille debriques. — Comme grosseur extraordinaire, on cite plusieurs individus. En France, dans le département de la Seine-Inférieure, nous avons le chêne-chapelle d’Allouville. Sa circonférence est de 1 1 mètres environ au-dessus des racines ; à hauteur d’homme, elle en mesure à peu près 9. La partie intérieure détruite est transformée en une chapelle d’environ 2 mètres de diamètre, lambrissée et marbrée. L’image de la Vierge décore l’autel. Une porte grillée clôt cet humble sanctuaire. Son sommet, couronné depuis bien des années et qui offre, au point où il se termine.

CHÊ

le diamètre d’un très-gros arbre, est couvert d’un toit ou pointe formant clocher, surmonté d’une croix de 1er qui s’élève d’une manière pittoresque au milieu du feuillage. Ce magnifique végétal est âgé de 8 ou 900 ans. — Enfin, dans le blason, le chêne est l’emblème de la force et de la puissance. Cela vient sans doute de ce que la couronne civique accordée autrefois, lorsqu’on avait sauvé la vie d’un citoyen, était de feuilles de chêne. Celui qui l’avait reçu jouissait alors à jamais de grands privilèges. Caractères du genre : fleurs monoïques ; les mâles en chatons grêles pendants; calice divisé en 4-8 segments; étamines en nombre égal et saillantes. Les femelles ordinairement solitaires ; calice à 6 dents; ovaire à 3-5 logt« renfermant chacune 2 ovules ; style gros, court, conique; 3-5 stigmates; cupule munie d’écailles ou d’épines; le fruit es't un gland à une graine renfermée dans un testa mince et contenant un embryon composé presque entièrement de 2 cotylédons cohérents et rugueux.

Les espèces du chêne s’élèvent à peu près au nombre de 70 bien connues. Nous signalerons les plus importantes. Le C, pédoncule {Quercus pedunculaia, Ehrh. ; Quercus

robur, Lin.), vulgairement cAe’ne commua, gravelin.^ chêne à grappes {fig. 526) , se distingue principalement par ses pédoncules fructifères très-longs et ses feuilles brièvement pétiolées ou presque sessiles. C’est l’espèce la plus commune et la plus importante de nos forêts. Elle croît abondamment dans l’Europe moyenne et s’avance môme jusqu’en Suède. Le chêne pédonculé comprend plusieurs variétés qui diffèrent par leur port, leurs rameaux, et surtout par leur feuillage. II peut vivre très-longtemps et atteindre de grandes dimensions. Le chêne -chapelle d’Allouville est de cette espèce. Lorsqu’il est dans une bonne terre franche et sableuse, son accroissement est assez rapide. A l’âge de cinq ans, il peut avoir déjà 3“,30 de hauteur. Nous n’avons besoin, croyons-nous, que de passer très -légèrement sur les usages si nombreux et si bien connus de ce végétal précieux. Son bois est le meilleur de tous ceux que produisent les autres chênes indigènes. La menuiserie et même l’ébénisterie en tirent un grand parti, comme on sait. Comme combustible, il est inférieur au bois de hêtre. L’écorce de cet arbre, désignée sous le nom de ian^ s’emploie pour le tannage des cuirs et sert ensuite à fabriquer des mottes. La médecine l’utilise aussi comme astringent. Enfin les glands qui ne sont pas employés pour le semis servent à la nourriture des porcs. Le C. à glands doux [Q. esculus, Mill.) est une espèce qui ne dépasse guère 8 à 10 mètres de hauteur. Son écorce est rougeâtre. Ses feuilles sont d’un vert foncé en dessus et blanchâtres en dessous. 11 habite l’Europe méridionale et l’Asie Mineure. Ses fruits, très gros, comparativement à ceux des autres espèces, peuvent être mangés bouillis ou rôtis comme les marrons. On en extrait quelquefois une farine propre à faire du pain. Le C. blanc (Q. alba. Lin.) est un grand et bel arbre atteignant quelquefois jusqu’à 30 mètres. Son écorce est blanche, tachée de noir ; ses feuilles sont sinuées, pinnatifides. Aux États-Unis et généralement dans l’Amérique septentrionale, on emploie le bois de cet arbre, rougeâtre, moins compacte que

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celui de nos espèces, dans la marine, le charronnage, la menuiserie. Le C. prin {Q. prinus^ Lin.), de jjrmo.?, nom que les Grecs donnaient à Vilex des Latins, est aussi un grand arbre des mômes régions que le précédent. Il est remarquable par son port et s’élève quelquefois sans ramifications jusqu’à 15 ou 17 mètres. Ses feuilles sont grandes, obovâles et présentent de larges dents sur leurs bords. Cette espèce habite les lieux marécageux. Le C. sessile [Quercus sessU iflora, Smith. ; Q. robur, Mill.) est appelé aussi Durlin^ Chêne rouvre^ de rohw\ latinisé de rowe, chône en celtique {fig. 527). Par allusion à la dureté de son bois, les Latins avaient exprimé la force, la

vigueur par ce môme mot robur. Il se distingue principalement du précédent par ses feuilles pétiolées et ses pédoncules fructifères plus courts que les pétioles. Il a le bois moins compacte, moins tenace, et s’emploie aux mômes usages que le C. pédonculé. Le C. noir (Q. nigra., Lin.), arbre de plus petite dimension, a les feuilles grandes, rétrécies dans le bas, glabres en dessus et couvertes en dessous d’un duvet léger de couleur ferrugineuse. Il donne un bon combustible aux États-Unis. Le C. rouge [Q. ruhra, Lin.) et le C. écarlate [Q. coccinea., Wangenh.) sont deux beaux arbres du Canada d’un très-bel effet dans les jardins paysagers à cause de leur feuillage qui, en automne, se colore d’un rouge plus ou moins vif. Le C. chevelu [Q. cerris, Lin.), appelé aussi C. de Bourgogne., est une espèce indigène qui se distingue particulièrement par ses cupules munies d’écailles linéaires, subulées, libres, recourbées en dehors et contournées dans leur moitié supérieure. Cet arbre habite de préférence les coteaux. Son bois est surtout estimé comme combustible. Ses glands sont doux et peuvent être mangés, surtout dans les parties méridionales de l’Europe. Le C. à galles {Q. infectorio., Oliv.) est un arbrisseau précieux pour la substance qu’il produit et qui provient de la piqûre d’un insecte hyménoptère, du genre Cynips (voyez ce mot) ; en un mot, c’est sur lui principalement qu’on recueille les noix de galle employées si souvent à cause de la grande quantité d’acide gallique et de tannin qu’elles renferment. Cette espèce est trèscommune dans l’Asie Mineure. Le C. yeuse (Q. ilex., Lin.) est un arbre également important pour l’ornement et pour le bois, i’écorce et les fruits qu’il donne (voyez Yeuse). Pour le C. ballote., voyez Gland. Le C. liège {Q. suber, Lin.), arbre de la région méditerranéenne, est celui qui fournit cette écorce si importante dans une foule d’usages et qu’on appelle liège (voyez ce mot). Le C. au kermès {Q. coccifera Lin.), espèce des mômes localités que la précédente, sert de refuge à un insecte fournissant une matière colorante rouge écarlate beaucoup employée autrefois, mais aujourd’hui presque complètement remplacée parla cochenille (voyez Keumès, Cochenille). G — s.

GHEINEVIS (Botanique). — Voyez Chanvre.

CHENILLE (Zoologie), Eruca., de Pline. — On nomme ainsi plus particulièrement les larves des Insectes lépidoptères sous leur premier état, depuis leur sortie de

l’œuf jusqu’au moment où elles se changent en chrysalides (voyez ce mot). On appelle encore fausses chenilles les larves de quelques hyménoptères. Le corps des chenilles est allongé, mou, divisé en douze anneaux mobiles, la tête non comprise, et muni de neuf trous ou stigmates servant pour la respiration. Elles ont toutes six pattes écailleuses., dures, fixes et terminées en pointe et un nombre indéterminé de tubercules courts, membraneux qui leur servent aussi de moyens de transport et que pour cela on a nommées pattes intermédiaires. Presque toujours elles n’ont que des yeux simples, et leur bouche est le plus souvent armée de mandibules et de mâchoires assez puissantes; c’est ce qui explique les ravages qu’elles exercent et combien elles sont en général nuisibles à l’agriculture; cette organisation rend raison aussi d’un fait important, c’est que ces larves, très-petites d’abord, croissent quelquefois avec une grande rapidité, au point que quelques-unes d’entre elles acquièrent tout leur développement dans l’espace d’une quinzaine de jours. Beaucoup de chenilles sont rases et de la couleur des plantes sur lesquelles elles vivent, de sorte qu’elles échappent souvent à la vue. Leur forme varie beaucoup ; la plupart sont demi-cylindriques ; cependant il y en a de quadrangulaires comme celles de certains sphinx. D’autres sont courtes, ovales : quelquefois elles ont la peau tuberculeuse, garnie de pointes cornées; d’autres fois, elles sont velues, ce qui leur a fait donner le nom de hérissonnes {fig. 528). Les poils qui les recouvrent sont en

aigrettes, en faisceaux, en brosses et diversement colorés. Quelques chenilles vivent isolées; d’autres en société; il y en a qui fuient la lumière. La plupart se nourrissent de feuilles, et le plus souvent sur des plantes spéciales pour chaque espèce; elles sont en général très-voraces. Une des phases les plus curieuses de leur existence est la mue. A mesure qu’elles se développent, les chenilles ont besoin de changer de peau, afin que leurs parties puissent être contenues dans leurs téguments. Alors l’insecte se dépouille de toutes ses parties extérieures, et il en sort comme d’un fourreau. Cette opération, qui se renouvelle quelquefois jusqu’à huit ou neuf fois, lui fait éprouver une sorte de maladie pendant laquelle il ne mange pas ; il se gonfle, sa peau éclate et il en sort par la fente qui en résulte, en abandonnant sa dépouille. La chenille est alors dans un état de mollesse qui ne cesse que par son exposition à l’air. Lorsqu’elle est couverte d’une nouvelle peau, ses couleurs sont plus fraîches et plus belles; quelquefois elle est tout à fait différente de ce qu’elle était auparavant. L’insecte est toujours très-faible au sortir de chaque mue ; mais bientôt il reprend des aliments, son accroissement continue, et, après avoir passé par toutes les évolutions qui lui sont propres, il arrive enfin au dernier vêtement dont il devra se dépouiller pour paraître sous une autre forme (chrysalide) et devenir après cela un insecte parfait. C’est alors que chaque espèce de chenille a recours à des procédés particuliers pour se préparer à cette métamorphose ; les unes, le ver à soie par exemple, se filent

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