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des coques de soie où elles se renferment pour subir leur transformation en sûreté. D’autres s’en fabriquent de terre et de soie ou de terre seulement. Quelques-unes vont se cacher sous terre, s’y changent en chrysalides et y restent jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à paraître avec des ailes. 11 en est qui se retirent dans des trous de murs, dans des creux d’arbres, accolées à de petites branches où elles vont opérer leurs changements. Dans ces diflérents endroits, les unes sont pendues en l’air, la tête en bas \fig. 529) ; d’autres sont attachées contre des murs, etc. Lorsque le temps de la métamorphose approche, les chenilles quittent souvent les lieux où elles ont vécu ; elles cessent de prendre des aliments ; elles se vident; plusieurs changent totalement de couleur, et môme celles-ci s’effacent complètement. Celles qui portent une corne sur le derrière présentent un phénomène singulier : elle était opaque, elle devient transparente.

La fécondité des insectes est prodigieuse ; aussi les dégâts que causent ces chenilles seraient bien plus grands si les fortes gelées d’hiver, et surtout les pluies froides du printemps, n’en faisaient pas mourir une partie; les oiseaux en détruisent aussi une grande quantité, et cependant on fait toujours à ces derniers une guerre incessante, malgré les enseignements des savants de tous les temps et de tous les pays. Voici, entre autres choses, ce qu’Olivier et Latreille écrivaient, il y a plus de cinquante ans : « Les oiseaux leur font (aux chenilles) continuellement la guerre; ils en détruisent des quantités prodigieuses quand elles sont jeunes ; elles sont un mets friand pour le rossignol, la fauvette, le pinson, etc. Le moineau surtout en détruit un très-grand nombre pendant ses nichées. » (Voyez Larve , Insectes, Chrysalide, Métamorphoses, Nymphe).

GHENILLETTE ou Chenille (Botanique), Scor/jmms, Lin., du gvQc skorpios^ eXoura^ queue. Le fruit est articulé, contourné et donne ainsi la figure de la queue du scorpion. Le nom vulgaire vient de ce que la plante portant ces fruits bizarres semble couverte de chenilles. — Genre de plantes de la famille des Papillonacéesy tribu des Hédysarées. Il comprend quelques espèces habitant l’Europe méridionale. On les cultive quelquefois dans les jardins, plus pour la singularité de leurs fruits que pour leurs fleurs. ■

CHÉNOPODÉES ou Ghénopodiacées (Botanique). — Famille de plantes Dicoty lédones apétales^ que quelques auteurs désignent sous le nom di' Atrijolicées (voyez ce mot). Elle a pour type le genre Chenopodium et fournit plusieurs plantes très-importantes pour l’économie. Les genres principaux sont : la Bette (Be#a, T.); VAnsérine tfihenopodium^ Moq.) ; VArroche {Atriplex., Gærtn.); V Epinard {Spinacia. T.) ; la Camphrée {Camphorosma ^ Lin.), etc. Un des meilleurs travaux qui existent sur ce groupe de plantes est dû à M. Moquin-ïandon et porte pour titre : Chenopodearum monographica enumeratio. Paris, 1840.

CHENOPODIUM, Moq. (Botanique), du pec cM«,oie, et du génitif podos^ pied. — Nom scientifique du genre Ansérine (voyez ce mot).

CHERAMELIER (Botanique). — Voyez Cicca.

CHÉRIMOLIER (Botanique). — Voyez Anone.

CHERSITE (Zoologie), du grec chersos^ de terre ferme. — Nom donné aux tortues de terre (voyez Tortue).

CHERVIS (Botanique). — Espèce dé plantes appartenant au genre Berle (S’fwm), dans la famille des Ombellifères et désignée en botanique sous le nom de Sium sisarum. Lin., altéré de dgiser., en arabe; ce mot signifie carotte. Elle porte aussi les noms vulgaires de Chironi ou Giroule. C’est une plante vivace à racines tubéreuses, fasciculées, charnues. Ses tiges sont cylindriques, atteignant quelquefois jusqu’à 1 mètre; ses feuilles sont pennatiséquées, les supérieures à 3 segments oblongs, aigus, dentelés. Cette plante est originaire de la haute Asie. Cultivée en Chine depuis très-longtemps, elle passe pour ranimer les forces vitales. C’est en 1 548 que le chervis fut introduit dans nos jardins comme plante alimentaire. La chair de sa racine est blanche, tendre et très-farineuse. Selon M. Sacc, elle renferme plus de principes nutritifs que toutes les autres racines alimentaires. Sa saveur est douce et sucrée. Préparée en friture ou en purée, cette racine

Fig. 529.— Chrysalide du papillon grand paon de jour.

constitue des mets délicieux ; en bouillie, elle possède des qualités très-analeptiques. Enfin le chervis peut fournir de l’amidon, du sucre et de l’alcool. D’après les calculs de M. Sacc, cette plante aurait un rendement de 200 000 kil. par hectare. G — s.

CHÉTODON ou Chætodon (Zoologie), Chœtodon,lÂïi.^ A.rted., du grec crin, et oc?om5, dent, dents comme

des crins. — Genre de Poissons acanthoptérygienSy établi par Linné, formant une partie de la famille des Squammipennes de Cuvier ; ils ont le corps comprimé, à peu près ovale, elliptique, la queue courte et comme tronquée, les dents semblables aux crins d’une brosse; leur bouche est petite ; leurs nageoires dorsales sont anales, garnies d’écailles semblables à celles du dos. Ils habitent les mers des pays chauds et sont peints des plus belles couleurs; aussi sont-ils très-recherchés des amateurs ; ils fréquentent les rivages rocailleux ; leur chair est bonne à manger.

Parmi les espèces de ce genre, au nombre d’une soixantaine, une des plus intéressantes est le C. à bec {C. rostraius., Lin.), à museau long et grêle, ouvert seulement au bout, dents en fin velours plutôt qu’en soie. De Java. Sa chair est saine et de bon goût. Ce poisson, très-joli, est fort remarquable par ses mœurs ; il vit surtout de mouches et d’autres insectes terrestres, et pour les attraper, il use d’un curieux stratagème; lorsqu’il aperçoit une mouche, par exemple, sur une plante ou sur une pierre au bord de l’eau, il s’en approche, et à la distance quelquefois d’un mètre, il lance de l’eau sur elle avec tant de force, qu’il la fait tomber dans l’eau. Les gens riches de l’Inde nourrissent de ces poissons dans des vases pour se donner le plaisir de ce spectacle. .

CHÉTOPODES (Zoologie), C/««g/ojOûd'a, de Blainv., du grec chaïtê^ crin, soie, et pous, pieds. — Groupe ééAnnélides qui ont sur les côtés du corps de petits poils au moyen desquels ils se meuvent comme avec des pi<-ds. Dans la méthode du Règne animal^ ils correspondent aux deux ordres des Tubicoles et des Dorsi branches, et à la famille des Séti gères de l’ordre des Abranches.

CHÉTOPTÈRE ou Ghætoptère (Zoologie), Chœtopterus, Guv. — Genre très-singulier dè Annélides dorsibranches,h bouche sans mâchoire ni trompe; une lèvre avec deux petits tentacules; neuf paires de pieds, puis une paire de longs faisceaux soyeux comme deux ailes, d’où vient son nom, du grec chaïté, soie, pteron, aile ; le corps long et plus ou moins aplati. Ce sont des Annélides nageuses. Le C..à parchemin {C.pergamentaceus, Cuv.), des Antilles, a 0“,‘20 à 0“,25 de long, et le corps fort étroit. Cette espèce habite un tuyau de substance de parchemin. Le C .deNorwége (C .norwegus. Sars), a été trouvé par M. Sars, auprès de Bergen eu Norwége ; M. Bouchard-Chantereaux l’a môme rencontré à Boulogne-sur- Mer. Sa bouche est munie d’une paire d’antennes plus grandes que celles de l’espèce précédente.

CHEVAL (Zoologie), Equus, Lin. —

Genre de Mammifères , ordre des Pachydermes, famille des Solipèdes, qu’il constitue à lui seul. Le nom de cheval, d’abord appliqué à l’animal auquel nous le donnons communément, est devenu le nom générique de tous les animaux qui lui ressemblent par leur organisation, et on peut voir qu’en effet ils forment un groupe très-naturel, mais très-isolé, qu’il est impossible de subdiviser ni de rattacher à aucun autre; on a la preuve de ce que nous avançons dans la place qu’il occupe dans la méthode du Règne animal, après les cochons, les rhinocéros et les tapirs, et immédiatement avant l’ordre des Ruminants. Quoiqu’ils soient herbivores, les chevaux n’ont qu’un estomac; ils ne ruminent pas. Leurs pieds sont terminés par un seul doigt et un seul ongle {fig. 530). Us ont des molaires à couronne plate, au nombre de six de chaque côté, aux deux mâchoires. Les trois premières tombent et sont remplacées; il y a huit incisives à chaque mâchoire ; en outre, deux canines chez les mâles, que l’on trouve aussi quelquefois chez les femelles dans les espèces privées. Entre ces canines et la première molaire se trouve cet espace vide, nommé

Fig. 520(1).- Pied de devant d'un Solipède (Cheval).

(1) Fig. 530. — 1, avant-bras. — 2, poignet ou carpe." — 1, canon ou métacarpien. — 4, première phalange. — 5, deiixièm.ihalange. — 6, troisième phalange enveloppée dans le sabot.

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qui répond à l’angle des lèvres où l’on place le mors dans les espèces domptées. Chez les animaux de ce genre, les yeux sont grands, à fleur de tête, la pupille a la forme d’un carré long ; ils ont une vue excellente. Leurs oreilles sont assez grandes, ils ont l’ouïe délicate ; c’est peut-être leur meilleur sens. Leurs narines sont très-mobiles ; l’intervalle qui les sépare est nu ; ils ont l’odorat fin ; la langue est douce et la lèvre supérieure a une grande facilité de mouvement; ils boivent en humant. Leur peau est couverte de poils doux et flexibles ; le dessus du cou et la queue sont garnis de crins. Par leurs formes, leurs proportions, leurs mouvements, ils donnent une idée de la force et de l’agilité; ils ont le corps épais, la croupe arrondie, le poitrail large, des caisses musculeuses, des jambes sèches et élevées, une forte encolure, la tête un peu lourde, mais dont les traits expiûinent la douceur et la fierté, le courage et la prudence. Dans l’état de liberté, les chevaux vivent en troupes nombreuses, dans les pays de plaine; des chefs qui les dirigent sont toujours à leur tête, et ont sur eux une assez grande autorité. Lorsqu’il faut combattre un ennemi, ils se réunissent, se serrent les uns contre les autres pour doubler leur force par l’union ; c’est surtout avec les pieds, et particulièrement ceux de derrière, et avec leurs dents qu’ils combattent et se défendent. Toutes les espèces du genre appartiennent à l’Asie et à l’Afrique ; on n'en a trouvé aucun ni en Amérique, ni à la Nouvelle-Hollande; il paraît qu’en Asie même, ce sont les plaines de la Tartarie qui sont les contrées naturelles à ces animaux. Ce genre se divise naturellement en six espèces :

l"Le Cheval [Equus caballua^ Lin.), qui se distingue parce qu’il a la queue garnie de crins dès sa racine; couleur uniforme. Noble compagnon de l’homme, dit Cuvier, à la chasse, à la guerre, et dans les travaux de l’agriculture, des arts et du commerce ; c’est le plus important et le mieux soigné des animaux que nous avons soumis. Il

Fig. 531. - Le Cheval.

paraît qu’il n’existe plus à l’état sauvage que dans les lieux où l’on a laissé en liberté des chevaux auparavant domestiques, comme en Tartarie, en Amérique. C’est dans cette dernière contrée surtout que leur nombre s’est noultiplié, à tel point qu’on les rencontre par troupes de dix mille individus ; mais ils ont perdu de leur taille, de leur élégance et de la beauté du pelage de leur souche primitive. Chose remarquable ! lorsque ces troupes aperçoivent des chevaux domestiques, elles les appellent avec empressement, en passant à leur portée autant que la pruaence le leur permet, et, s’ils ne sont pas gardés avec soin, ils s’enfuient et on tenterait en vain de les rattraper (F. Cuvier). Les Américains du Sud s’emparent de ces chevaux sauvages au moyen de longues cordes terminées par une boule à chaque bout, qu’ils lancent avec beaucoup d’adresse, et dans laquelle ils les enlacent.

La jument porte onze mois et met bas un seul poulain, qui tête six ou sept mois; on commence à les attacher et à les panser à trois ans ; à quatre ans, on les monte et on les fait travailler. L’âge du cheval se connaît surtout aux dents incisives. Celles de lait poussent quinze jours après la naissance; à deux ans et demi, les mitoyennes sont remplacées; à trois et demi, les deux suivantes; à quatre et demi, les deux extrêmes appelées les

coins. Toutes ces dents, à couronne d’abord creuse, perdent peu à peu cet enfoncement ; à sept ans et demi, huit ans, tous les creux sont effacés et le cheval ne marque plus. A trois ans et demi viennent les canines inférieures, les supérieures à quatre; elles restent pointues jusqu’à six; à dix, elles commencent à se déchausser. La durée de la vie du cheval ne dépasse pas trente ans.'

2“ Le Dzigguetai ou He'mione [E. hemionus, Pall.). Queue avec des crins à son extrémité seulement ; une ligne dorsale qui s’élargit sur la croupe (voyez Hémione). o'J Ane {E . asmus, Lin.). Queue avec des crins à son extrémité seulement; une ligne dorsale et une ou deux bandes en croix sur les épaules (voyez Ane). 4° Le Zèbre (E. zébra., Gni.).Des crins à l’extrémité de la queue; une ligne dorsale, le reste du corps couvert de bandes transversales (voyez Zèdre). 5" Le Couagga {E. guaccha., Cm.). Des crins à l’extrémité de la queue ; une ligne dorsale, des bandes transversales sur les épaules et sur le dos seulement (voyez Couagga). 6” VOnagga ou Dauw {E, monianiis, Burchell). Espèce connue depuis peu ; la queue blanche, des raies noires alternativement plus larges et plus étroites sur la tête, le cou et le tronc (voyez Dauw). Is. Geoff. Saint-Hilaire a ajouté récemment deux nouvelles espèces, VHe'rnippe et V Onagre; (voyez ces mots, et Hippologie, Races).

Les débris fossiles de chevaux se trouvent en grand nombre dans les couches d’alluvion qui renferment aussi des os d’éléphants, de rhinocéros, de tigres et d’autres animaux étrangers à nos climats.

CHEVAL DOMESTIQUE (économie rurale et domestique) (voyez Hippologie, Races). — On consultera utilement le Livre de la Ferme., Paris, 18G2; Dezobry, Ferd. Tandon et C>®, et V. Masson.

Cheval marin (Zoologie). — Voyez Morse.

Cheval de rivière (Zoologie). — Voyez Hippopotame.

Cheval tigre (Zoologie). — Quelques-uns pensent que c’est la Girafe., d’autres le Zèbre.

CHEVALIER (Zoologie), Totanus., Cuv. — Sous-genre d’Oiseaux échassiers lojigirostres., appartenant au grand genre des Bécasses {Règne animal). Dans la classification de Ch. Bonaparte, il fait partie de la famille des Scolopacidœ., tribu des Gallinaceœ. ordre des* Grallœ. Les chevaliers ont un bec grêle, rond, pointu, ferme, la mandibule supérieure un peu arquée vers le bout, ils ont la taille légère, les jambes élevées, la palmure externe bien marquée. Ce sont en général des oiseaux voyageurs, qui ne sont que de passage dans les pays tempérés de l’Europe et de l’Amérique. Les principales espèces sont : le C. aux pieds verts [Scolopax g lottis c’estleplus grandque nous ayons en France, où il est assez rare ; il est long de 0“,33; le C. noir., barge brune., de Bnffon {Scolopax fusca., Lin.), svelte comme une barge ; le C. aux pieds rouges ou Gambette [Tringa gam.betta., Gm.), plus petit que les précédents ; le C. à longs pieds ( Totanus stagnatilis, Bechstein); \q Bécasseau (voyez ce mot); la Guignette [Tringa hypoleuchos.. Lin.), le plus petit de nos chevaliers, il vit comme le bécasseau et dans les mêmes lieux. Il y a encore plusieurs chevaliers étrangers.

Chevalier (Zoologie), Eques^ Bl. — Genre de Poissons acanthoptérggiens, famille des Sciénoïdes ; tête couverte d’écailles jusqu’au bout du museau, dents en velours ; corps comprimé, allongé, deux dorsales ; ce sont de très-beaux poissons qui habitent les mers d’Amérique. Le C. américain {E. arnericanus., Bl. ; Chœtodon lanceolatus, Lin.), couleur d’un jaune d’or, le dos brun, trois bandes noires, bordées de blanc ; aux Antilles, on l’appelle Gentilhomme. Le C. ponctué [E. punctatus., Schn.) a le corps rayé de noir et de blanc. Il porte aux Antilles le singulier nom de Maman baleine.

CHEVAUCHEMENT (Médecine). — On appelle ainsi un déplacement des fragments d’une fracture dans laquelle ils sont placés à côté l’un de l’autre parallèlement, au lieu d’être bout à bout : c’est le déplacement suivant la longueur; dans ce cas, il y a toujours raccourcissement du membre. Deux causes peuvent contribuer au chevauchement; d’abord la forme de la fracture; il a presque toujours lieu dans les fractures dites en bec de flûte; la deuxième cause est l’action musculaire qui tend incessamment par la contraction à produire le raccourcissement de l’os, et par conséquent à faire chevaucher les fragments. Il est presque inutile de dire que lorsqu’il y a deux os et que l’un des deux seul est fracturé, il n’y a pas de chevauchement, l’autre servant à maintenir le membre dans sa longueur (voyez Fracture).

GHEVftCHE (Zoologie), iVoc/i^n, Savig. — Sous-genre du grand genre Chouette, famille des Oiseaux de proie

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nocturnes. Les oiseaux de ce sous-genre n’ont pas d’aigrettes, le disque de plumes péri-ophthalmiques est moins complet que dans les autres groupes de cette famille, l’appareil auriculaire est presque comme dans les autres oiseaux. Quelques espèces ont une longue queue étagée. On les nomme Chouettes éperviers {Surnia^ Dum.). La C. commune {Strix passerina^ Gm.), de la grosseur d’un merle, plumage varié de noir et de blanc , queue roux foncé, courte, avec cinq barres pâles. Elle habite dans les masures écartées, dans les ruines d’anciens édifices abandonnés. Elle niche dans les vieux murs et pond quatre ou cinq œufs ronds et blancs. A l’automne, elle s’approche quelquefois des maisons, se pose sur les toits et fait entendre un cri lugubre qui est la terreur des gens superstitieux. Elle voit pendant le jour beaucoup mieux que les autres chouettes. La C. harfang (S. nyctea. Lin.) a environ 0“,G5 de longueur; son plumage blanc de neige est marqué de taches transversales brunes, qui disparaissent avec l’âge. Cet oiseau habite les pays septentrionaux de l’Europe et de l’Amérique ; on ne le trouve plus guère au midi de la Suède. Il s’avance rarement dans nos contrées, et il fait la chasse aux lièvres, aux lapins, aux gélinottes, etc.

CHEVELU (Botanique). — On donne le nom de che~ velu aux dernières ramifications des racines, qui finissent, en devenant de plus en plus petites, par des espèces de fils ou fibrilles. Dans les racines indivises, vers le bout, la surface est souvent toute couverte de ces fibrilles; quelquefois elles paraissent seules constituer la racine ; d’autres fois, au contraire, elle en est complètement dépourvue. L’existence des fibrilles est temporaire; elles se flétrissent sur les parties vieillies de la racine, et il s’en produit de nouvelles vers les extrémités plus jeunes. C’est à l’extrémité de ce chevelu que s’exerce le plus activement l’une des principales fonctions des racines, le passage des liquides de la terre environnante dans la plante. Les expériences les plus concluantes ont prouvé que l’absorption a lieu par l’extrémité des radicelles, et non par leurs surfaces latérales : en effet, cette extrémité est formée de cellules récemment organisées, molles, perméables et gonflées de sucs ou dissolutions aqueuses ; l’épiderme ne les recouvre pas encore, et elles plongent dans les dissolutions aqueuses, beaucoup moins denses, que renferme la terre. Cette absorption s’explique par \ endosmose (voyez ce mot). Dutrochet a donné ce nom à une force qui fait passer à travers les membranes organisées, les liquides différents qui baignent chacune de leurs faces.

CHEVÊTRE, Ghevestre ou Capistre (Médecine). — On désigne sous ce nom un bandage employé pour maintenir ré^duites les fractures et les luxations de la mâchoire inférieure. Ce bandage, assez embarrassant à appliquer, se déplace facilement; aussi lui préfère-t-on généralement la fronde du menton.

CHEVEUX (Anatomie, Physiologie, Hygiène), copilli, des Latins. — On appelle ainsi les poils qui recouvrent le crâne dans l’espèce humaine. Leur longueur varie beaucoup : en général, ils sont plus longs chez la femme que chez l’homme ; ceux qui frisent et qu’on nomme crépus, sont toujours courts. Leurs couleurs présentent des différences non moins tranchées : noirs, blonds et môme roux dans nos climats, ou présentant des nuances intermédiaires, telles que le brun, le châtain ; ils sont en général noirs dans le Midi et blonds dans le Nord. Les cheveux naissent dans l’épaisseur de la peau, de l’intérieur de petites poches nommées follicules pileux; ils sont composés de deux couches, l’une superficielle, phis dure, formée de fibres parallèles accolées les unes aux autres, et d’une couche profonde, plus molle, logée dans le canal que lui forme la précédente; cette structure a une grande analogie avec celle de Vongle (voyez Ongle, Poil). Les cheveux ont la propriété d’augmenter de longueur par l’humidité ; aussi s’en sert-on pour construire des hygromètres (voyez ce mot). Ils ne paraissent doués d’aucune sensibilité, et si quelquefois on détermine de la douleur en touchant les cheveux, cela tient à l’état d’irritabilité du cuir chevelu; du reste, les passions exercent sur eux une telle influence, qu’on a vu des personnes blanchir dans une seule nuit passée dans les angoisses. Les cheveux sont un des ornements les plus nobles et les plus gracieux de la figure humaine. Les femmes les laissent croître et flotter en boucles, ou les tressent de mille manières ; la coiffure qui leur convient le mieux, sous le rapport de l’hygiène, est celle qui tient les cheveux le moins serrés possible, de manière qu’ils soient toujours aérés; il faut du reste les démêler matin

et soir, et les brosser avec soin et d’une main légère. La frisure par le fer en altère profondément.la nutrition. C’est une bonne pratique de les couper de temps en temps pour donner une nouvelle activité à leur croissance; mais il est bon de les ramener seulement à des dimensions qui n’incommodent pas. H faut, en général, respecter la chevelure des enfants et se contenter de la rafraîchir, lorsque les cheveux viennent mal ou qu’ils tombent ; cela peut tenir d’ailleurs à une maladie du cuir chevelu ou à la constitution de l’enfant ; et on doit chercher à changer cet état. Dans tous les cas, c’est surtout à cet âge qu’il faut avoir le plus grand soin de tenir la tête propre, pour éviter la vermine et les démangeaisons, la crasse, les éruptions de toutes sortes qui sont les suites de la malpropreté. Il faut prendre garde aussi de ne pas dégarnir trop complètement la tête des personnes qui ont l’habitude de porter les cheveux longs ; c’est ainsi que Percy observa un grand nombre de maladies dans l’armée, lorsque la coiffure à la Titus remplaça brusquement celle qui était alors en usage, et qu’on imposa aux soldats le sacrifice de leurs nattes et de leur queue. Les cheveux peuvent tomber d’eux-môines par les progrès de l’âge ou à la suite d’affections graves ; quelques personnes, dans ce cas, sont obligées, pour raison de santé, d’avoir recours à la perruque ou au toupet (voyez ces mots). Les drogues que le charlatanisme préconise pour remédier à la chute des cheveux amenée par la vieillesse n’ont aucune efficacité ; et contre celle qui arrive par d’autres causes, ils n’en ont qu’une fort problématique. Dans ce dernier cas, il peut être utile de raser les cheveux. De trente à soixante ans, les cheveux perdent leur matière colorante ; ils blanchissent. On a eu recours à divers procédés pour s’y opposer et pour leur redonner leur couleur primitive,' les uns inoffensifs, mais fugaces, infidèles et peu solides ; les autres communiquant une couleur franche, solide, mais d’un usage dangereux pour la santé, et demandant beaucoup de temps et de soins. La malpropreté engendre dans les pays du Nord une maladie des cheveux et du cuir chevelu, à laquelle on a donné le nom de Plique (voyez ce mot).

Ceveüx du diable (Botanique). — Nom vulgaire de la cuscute à grandes fleurs (voyez ce mot), à cause de ses filaments capillaires souvent très-mêlés.

Cheveux d’évêque (Botanique). — Nom vulgaire de la raiponce orhiculaire .

Cheveux de bois (Botanique). — On nomme ainsi vulgairement une plante parasite grisâtre, la Caragate musciforme {tillandsia usneoides ;Vwmée est un lichen) dont les ramifications sont très-entrelacées.

Cheveux de mer (Botanique). — Nom vulgaire que l’on donne à plusieurs espèces d’algues filamenteuses, entre autres au fucus filum et à Vulva compressa.

Cheveux des paysans (Botanique). — On nomme ainsi, dans certains endroits^ la variété de chicorée dite barbe de capucin (voyez Chicorée).

Cheveux de Vénus (Botanique). — On appelle ainsi deux plantes bien différentes : VAdiante de Montpellier {Adiantus capillus Veneris) et la Nigelle bleue {Nigella damascena^ Lin.), à cause de leur feuillage très-finement découpé (voyez Capillaire et Nigelle).

Cheveux de la Vierge (Botanique).— Nom donné vulgairement à certaines plantes cryptogames du genre Byssus (voyez ce mot).

CHEVILLE DU PIED (Anatomie). — Voyez Malléole.

CHÈVRE (Zoologie), Capra^ Lin. — Ce nom, dans le langage ordinaire, désigne la femelle du bouc; mais, dans la science, il a été donné à un genre comprenant les Mammifères ruminants à cornes creuses^ qui ont paru avoir le plus d’analogie avec cet animal. Ce genre a pour caractères : des cornes dirigées en haut et en arrière, comprimées, ridées transversalement, le menton généralement garni d’une longue barbe, le chanfrein concave, le noyau osseux des cornes, creux intérieurement; du reste, une apparence extérieure assez semblable à celle des antilopes. Leur physionomie est fine et leur regard a de la vivacité, leurs yeux n’ont point de larmiers^ les oreilles sont pointues, droites et mobiles, leur langue est douce. Ces animaux ont des poils soyeux très-lisses et des poils laineux très-fournis et très-fins; ils ont une queue très-courte. Les femelles ont en général des cornes, mais beaucoup plus petites que celles des mâles. La femelle porte cinq mois et met bas un ou deux petits. Les espèces de ce genre ont les sens délicats ; elles voient et entendent de très-loin ; elles ont une vigueur remarquable, habitent les chaînes de montagnes en petites familles et se plaisent dans les lieux les plus escarpés, au

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bord des précipices ; à la moindre apparence de danger, on les voit s’élancer de rochers en rochers avec une agilité surprenante et se défendre avec courage et souvent avec succès contre les chasseurs assez imprudents et assez téméraires pour les attaquer de front. On ne les trouve guère que dans les hautes chaînes granitiques de l’Europe et de l’Asie. On n’en compte qu’un petit nombre d’espèces. Le Bouquetin {Capra ibex^ Lin.) (voyez Bouquetin), dont la chasse est pénible et dangereuse ; lorsqu’il est serré de près, on en a vu acculer un homme contre un arbre et l’y serrer à l’étoufler. Les chiens sont inutiles à cette chasse, dans les hauteurs escarpées où il faut l’aller chercher. Le Bouquetin du Caucase [C. Caucasien^ Guldenst,), à peu près de la môme, taille que le précédent. La C. sauvage^ Ægagre (C. œgagrus^ Gmel., Guv.), qui paraît la souche de toutes nos variétés de chèvres domestiques, a les cornes tranchantes en avant, très-grandes dans le mâle , courtes et quelquefois nulles dans la femelle. Elle habite en troupes dans les montagnes de la Perse, et c’est probablement le Vasmg des Persans. Les concrétions connues sous le nom de Be'zoardsy qu’on retirait de leurs intestins, étaient les plus estimées (voyezBÉzoARo). Elle a environ 1 de longueur sur 0‘“,80 de hauteur; sa couleur est gris fauve sur le corps, avecunelignedorsaleetla queuenoires,latôtenoire en avant, rousse aux côtés, la gorge et la barbe brunes.

Chèvre domestique (la) et Bouc (le) (C. hircus, Lin.) paraissent, avons-nous dit, provenir de la C. sauvage^ sans que pour cela on ait aucune expérience positive qui le prouve ; cependant, on les considère comme des variétés de cette espèce. Du reste, tout voisins qu’ils sont des moutons sous le rappoi’t de l’organisation, ces animaux en diffèrent cependant beaucoup extérieurement par leur physionomie vive et animée, par leurs formes plus accusées, plus sveltes, par leur démarche, leur allure, etc. Les cornes, aplaties et marquées par des cannelures transversales, ne sont jamais contournées en bas comme celles du bélier. Le pelage de la chèvre et du bouc est le plus ordinairement noir ou blanc. Il y en a cependant qui sont mêlés de fauve, de marron ou de brun. Les chèvres ne sont pas toutes armées de cornes et, dans tous les cas, elles sont beaucoup moins longues que celles du bouc. La chèvre a plus de vie, plus d’animation, plus de sentiment que la brebis; elle se familiarise aisément, vit très-bien de la vie d’intérieur. Dans la chaumière du pauvre, dont elle est la Providence, elle se fait la compagne, la commensale des enfants, dont elle partage presque les jeux; plus forte, plus légère que la brebis, plus agile et moins timide, elle est vive, alerte, mais du reste plus capricieuse, plus vagabonde. « Ce n’est qu’avec peine, dit Desmarest, qu’on « la conduit en troupeau ; elle aime à s’écarter dans les H solitudes, à grimper sur les lieux escarpés, à se placer « et môme à dormir sur la pointe des rochers et sur le « bord des précipices ; elle est robuste, aisée à nourrir, «( presque toutes les herbes lui sont bonnes et il y en a

« peu qui l’incommodent; elle mange la ciguë, les dif- « îé! entes espèces d’aconit et d’autres plantes vénéneuses « sans en être indisposée. » Mais, malgré sa rusticité, sa force et son énergie naturelles, la chèvre, pour prospérer, a besoin de la vie des plaines arides, des montagnes, des lieux secs et abruptes; les pâtui-ages humides, les

prairies marécageuses ne lui conviennent pas, elle s’y porte mal ; alors elle a besoin de plus de soin, d’ôtre préservée du froid ; car si dans les climats chauds où l’on nourrit des chèvres en grande quantité, elles n’ont pas besoin d’étables, dans les climats plus froids, et en France particulièrement, elles périraient si on ne les mettait à l’abri pendmit l’hiver. Nous venons de dire que la chèvre est la Providence du pauvre ; en effet, considéré dans l’économie rurale ou domestique, cet animal est, par rapport à la vache, ce que l’âne est par rapport au cheval ; et chacun d’eux rend des services importants dans les contrées montagneuses et arides. Les chèvres coûtent peu à nourrir et donnent un produit considérable relativement â leur taille ; le lait qu’elles fournissent en abondance, plus sain et de meilleure qualité que celui de la brebis, convient aux personnes affaiblies et aux estomacs délabrés. On dit qu’une chèvre bien nourrie peut donner jusqu’à trois ou quatre litres de lait; comme il ne contient qu’une très-petite quantité de beurre, les fromages qu’on en fait dans le Midi sont employés en général comme appât pour prendre le poisson. Mais c’est dans ses fonctions de nourrice d’un enfant que la chèvre fait preuve d’un instinct et d’un attachement admirables ;’ on sait, en effet, que, dans quelques circonstances exceptionnelles, on a été obligé de faire nourrir des enfants par une chèvre. A peine a-t-elle commencé son service, qu’on la voit se dévouer tout entière à ses importantes fonctions; la mère la plus tendre n’est ni plus vigilante ni plus empressée; attentive au moindre cri de son cher élève, elle accourt à toutes jambes, se faisant annoncer par un léger bêlement, puis, si le petit enfant est à sa portée, elle se pose de manière à ce qu’il puisse saisir le mamelon de sa chère bouteille ; c’est vraiment quelque chose de merveilleux ! et, ce qui ne l’est pas moins, c’est de voir les mouvements inquiets, les allées et venues, les bêlements, je dirai presque les gestes de l’animal, si le nourrisson n’a pas été mis à sa portée.

La chèvre ne produit ordinairement qu’un seul, quelquefois deux, rarement trois petits. Elle porte cinq mois et met bas au commencement du sixième ; elle allaite ses petits pendant cinq ou six semaines, et à cette époque le petit chevreau peut commencer à paître.

Dans les pays où l’on n’élève qu’un petit nombre de chèvres, on les conduit ordinairement avec les moutons et, dans ce cas, on les voit toujours en avant et précédant le troupeau, qu’elles quittent avec la plus grande facilité pour vaguer en liberté; aussi sont-elles un embarras pour le berger, qui ne les retient qu’avec peine. Il vaut mieux les mener séparément paître sur les collines, les lieux élevés, dans les bruyères, les friches, les terrains incultes. Mais il faut les tenir éloignées des cultures, des jardins, des vergers, des haies vives et à plus forte raison des bois, des taillis, où elles feraient des dégâts considérables , pour la répression desquels des peines ont été édictées dans différentes ordonnances de l’autorité. Les

arbres dont elles broutent avec avidité les jeunes pousses et les écorces périssent presque toujours. L’une des dernières statistiques des chèvres en France en porte le nombre à UG4 300.

Le poil de chèvre entre dans la fabrication de certaines étoffes, di's chapeaux, etc.

Avec la peau de chèvre, on fait du maroquin, du parchemin, des outres, etc. Les principales variétés sont :

la C. d’Angara, qui a les oreilles pendantes; son poil, très-long, très-fourré, est si fin qu’on en fait des étoffes aussi belles que nos étoffes de soie ; on en fait ces beaux tissus connus sous le nom de camelots d’ Angora. Un troupeau de soixante-dix bêtes d’Angora et seize individus, donnés par Abd-el-Kader au maréchal Vaillant, ont été distribués dans nos montagnes de l’est en 1854, et le succès n’a pas encore répondu à ces diverses tentatives, sans qu’on puisse savoir jusqu’à présent quelle en est la cause. La C. de Cachemire ou du Thibet {C. Tliibetana) {fig. 532) habite l’Himalaya ; inti’oduite en France pour la première fois par M. Huzard,

l'ig. 532. — Ctièvre de Cachemire.

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en 1818, puis l’année suivante, par MM. Jaubertet Ternaux,elle n’a guère mieux réussi chez nous que la chèvre d’Angora. A quoi cela tient- il? Si un nouveau Daubenton avait été chargé de ce travail, le succès eût peutêtre été plus marqué; tout récemment, en effet, la Société d’acclimatation paraît avoir eu de meilleurs résultats ; mais avec l’aide de la science vraie, et non pas de la science d’amateurs et de spéculateurs. Quoi qu’il en soit, ces chèvres ne diffèrent de la chèvre commune que par la toison, Composée à la fois de poil et de duvet ; plus le poil est long ef abondant, plus le duvet est abondant. C’est avec ce duvet que se fabriquent les beaux cachemires de l’Inde, dont l’imitation est devenue une branche importante de la fabrique française. Le duvet tombe naturellement au printemps, au moment de la mue, vers le mois d’avril, et il suffit alors, pour le mieux recueillir, de peigner la toison avec un démêloir tous les deux jours, jusqu’à ce. que le peigne n’amène plus de duvet. On peut encore citer la C. d’Égypte^ au chanfrein busqué, aux oreilles larges, longues et pendantes; la femelle est toujour.'; sans cornes; elle est douce et excellente laitière (voyez Races).

Chèvre (Mécanique industrielle). — Appareil employé fréquemment dans les constructions pour soulever les matériaux à la hauteur où ils doivent être placés.

La chèvre la plus simple se compose de deux montants en bois réunis obliquement l’un à l’autre par des traverses

et servant de support à une poulie C située en son sommet et à un treuil T placé vers son extrémité inférieure. Elle est simplement posée debout sur le sol ou sur un plancher situé à une certaine hauteur et maintenue dans une position légèrement inclinée au moyen de trois câbles attachés en son sommet et dont les autres extrémités sont liées à des points d’appui suffisants. Une autre corde A, dont l’un des bouts est ffxé au treuil, est jetée sur la poulie supérieure et vient, par son extrémité pendante, saisir le fardeau. Le treuil que l’on manœuvre avec des leviers en bois étant mis en mouvement, la corde s’enroule et le fardeau monte. La poulie supérieure n’allége en rien le poids du fardeau; elle a simplement pour but de l’élever à une certaine hauteur au-dessus du point d’appui de la chèvre.

Lorsque la hauteur à laquelle doivent être élevés les matériaux est très-grande, on emploie avec avantage une autre espèce de chèvre dont nous donnons la gravure et que l’on désigne souvent du nom de sapine. Elle se compose d’un mât vertical terminé supérieurement en croix et fixé par un pivot en fer dans une crapaudine adaptée à un châssis de charpente qui porte en môme temps un treuil. Le mât est en outre fixé dans sa position verticale par quatre cordages ou haubans qui, partant de son sommet, vont s’attaclier à des points fixes situés dans le

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voisinage. Une corde attachée à l’un des bras de la croix descend verticalement pour embrasser une poulie mobile à laquelle est suspendu le fardeau, puis remonte, se replie sur trois poulies fixes et redescend enfin du côté

opposé pour s’enrouler sur le treuil. Ce treuil est à manivelle et engrenages, sa force est en rapport avec les dimensions relatives du pignon de la manivelle et de la roue dentée.

L’embarras occasionné par les cordages qui servent à soutenir la chèvre a fait presque entièrement abandonner cet appareil à Paris. On y fixe dans le sol quatre mâts dressés verticalement, on réunit ces mâts les uns aux autres par des planches clouées à leur surface dans des positions croisées de manière à en faire une espèce de tour se soutenant par elle-même et que l’on partage en divers étages. Cette tour est terminée par deux fortes traverses en croix auxquelles on suspend la poulie de renvoi. Le treuil est fixé à son pied. Le fardeau s’élève dans l’intérieur de la tour et, en cas de rupture du câble, risque moins d’occasionner quelque accident.

CHEVREAU (Zoologie). — On donne ce nom au petit de la chèvre, connu aussi vulgairement sous les noms de Cabri, Biquet. Le petit chevreau tête ordinairement un mois ou six semaines, après quoi il peut commencer à paître; il conservera ce nom jusqu’à six ou sept mois; pendant ce temps, sa chair sera tendre et il sera bon à manger. On fait avec la peau du chevreau tannée et chamoisée des gants très-estiniés et des souliers pour femmes.

CHÈVREFEUILLE (Botanique), Lonicera, Desf., en mémoire d’Adam Lonicer, botaniste allemand du xyi^ siècle). — Genre de plantes de la famille des Capn foliacées, type de la tribu des Lonicérées. Il comprend des arbrisseaux à tiges quelquefois grimpantes, à feuilles opposées, à fleurs axillaires. Caractères : calice à 5 lobes

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petits; corolle campanulée, en tube ou en entonnoir, à 5 loges formant quelquefois 2 lèvres inégales; 5 étamines; style filiforme; stigmate capité ; le fruit est une baie colorée à 3 loges contenant quelques graines à testa crustacé. On divise ordinaire ment les chèvrefeuilles en deux sections : Caprifolium^ De Gand. Caractères : arbrisseaux

volubiles ; fleurs disposées en capitules verticillés ; baies solitaires couronnées par le tube du calice, à 3 loges dans le jeune âge, puis uniloculaires. 2° Xylosteon^ de Gand. Caractères : arbrisseaux grimpants ou dressés, à feuilles non connées ; pédicelles axillaires munis de 2 bractées, portant 2 fleurs courtes ; baies géminées, distantes ou plus ou moins rapprochées, à 3 loges dans le jeune âge, rarement à 2 dans l’âge adulte, jamais couronnées par le calice.

Dans la première section, on distingue les espèces suivantes : Le C. des jardins [L. capri folium^

Lin., mot signifiant chèvrefeuille, c’est-à-dire arbrisseau qui grimpe comme une chèvre), que Miller nomme Vericlymenum italicum, et Lamarck Capri folium hortense arbrisseau qui s’élève souvent à plus de 3 mètres; ses rameaux sont longs et ti'ès-flexibles, grimpants, sarmenteux, à écorce grisâtre. Ses feuilles sont sessiles, ovales, aiguës, d’un vert glauque en dessous, les deux ou trois dernières paires au sommet, réunies chacune par leur base , ainsi que des feuilles perfoliées. Ses fleurs sont ramassées en gros bouquets de fleurs odorantes et d’un blanc jaunâtre; la corolle est à 2 lèvres. Cette espèce est une des plus répandues dans les jardins; elle garnit agréablement les bosquets et les treillages. On la trouve spontanée aux environs de Paris. Le C. de Toscane {L. etrusca^

Santi; Caprifolium etrus cum^VyœmQv ex Schultz), appelé aussi vulgairement C. d’Italie^ s’élève quelquefois jusqu’à 5 mètres. Il se distingue du précédent par ses fleurs disposées en verticilles capités, par ses feuilles pubescentes et ses corolles d’un beau jaune ocre. Le C. des bois [L. periclymenum. Lin.), est un arbrisseau à feuilles distinctes, obtuses, caduques, pubescentes à la face inférieure. Pendant tout l’été, cette espèce donne des bouquets de fleurs d’un blanc jaunâtre et odorantes. Elle a une variété à feuilles de chêne. Cette espèce est trèsabondante dans nos forêts. Sa racine peut être employée comme donnant une matière tinctoriale bleu de ciel. Ses petites branches servent souvent à faire des peignes de tisserand et des tuyaux de pipe.

Dans la section des Xylosfeon, on remarque le C. du Japon ^ L, japonica, Thunb.), qui s’élève souvent à la hauteur de 10 mètres. C’est un arbrisseau grimpant, un peu pubescent, et donnant en juillet et août des fleurs blanches répandant une odeur agréable. Le C. de Tai'tarie^ Chame'cerisier rose^ Cerisier nain ( L. tata.rica. Lin.), a les fleurs roses ou blanches et les baies noires. L’horticulture en possède plusieurs variétés. Le C. des haies ^ Camérisier, Chamécerisier des haies (L. xylosteum^ Lin., du grec xulos^ bois^ et osteon^ os, parce que le bois de cette espèce est blanc comme de l’os), est un arbrisseau indigène dont les pédoncules, plus courts que les feuilles, portent deux fleurs blanches auxquelles succèdent des baies rouges, globuleuses, soudées par leur base. Ces baies contiennent un suc amer, qui a passé pour émétique et purgatif. On tire parti, pour différents usages, du bois blanc et très-dur de ce chèvrefeuille. Le C. des Alpes {C. alpiqena. Lin.; [C. alpinum^ Lamk) donne, au printemps, des fleurs jaunes ou rougeâtres, le tube de la corolle est renflé à la base. Ses baies sont rouges avec deux points foncés. Enfin, on cultive encore dans les jardins le C. des Pyrénées (C. pyrenaica^ Lin.), à feuilles oblongues, glauques et à fleurs blanches presque régulières, et le C. d’ Allai {L. altaica^ Pall.), espèce à feuilles oblongues très-entières, à fleurs blanchâtres et à baies d’un bleu foncé, etc. G — s.

CHEVRETTE (Zoologie). — Femelle du Chevreuil.

Chevrette (Zoologie). — On nomme ainsi, dans plusieurs de nos ports de l’Océan, la Crevette de mer ; on donne aussi ce nom à la Crevette des ruisseaux [Crustacés) (voyez Crevette).

CHEVREUIL d’Europe (Zoologie). — Cervus capreolus., Lin. — Espèce de Mammifères ruminants du genre Cerf., caractérisé par les bois s’élevant perpendiculairement au-dessus de la tête, seulement deux andouillers (Cuvier), l’un à la face antérieure, dirigé en avant; le second plus haut à la face postérieure, dirigé en arrière; point de canines, un mufle. C’est le plus petit des cerfs d’Europe ; î“,35 de long, 0“,80 de hauteur, de forme lé-

gère ; gris fauve, à fesses blanches, sans larmiers, presque pas de queue. 11 y en a des variétés de couleurs plus foncées. Cette espèce vit par couples dans les forêts de l’Europe terapéré(‘, perd son bois à l’automne et le refait pendant l’hiver. Sa chair est beaucoup plus délicate que celle du cerf, c’est un des gibiers les plus estimés. Sa che-

vrette porte cinq mois et demi et met bas deux petits, qui restent huit à neuf mois avec leurs parents. Ils vivent douze à quinze ans. Le chevreuil est plus gai, plus leste, plus éveillé que le cerf; il est plus gracieux et reste presque toujours propre, parce qu’il ne se plaît que dans les pays élevés, les plus secs, où l’air est le plus pur, et qu’il ne se roule pas dans la fange. Il est plus rusé que le cerf et plus adroit à dépister le chasseur. Le C. de Tartarie (C'. pygargus, Pall.) a les bois plus hérissés à la base, le poil plus long ; il ressemble au chevreuil, mais il est plus grand ; il habite les campagnes élevées au delà du Volga.

GHEVROTAIN (Zoologie), Moschus., Lin. — Genre de Mammifères ruminants., les seuls avec le genre Chameau qui soient sans cornes et ne différant des ruminants ordinaires que par une longue canine de chaque côté de la mâchoire supérieure, qui sort de la bouche dans les mâles, et par l’existence d’un péroné grêle qui n’existe pas même dans le chameau. Ils n’ont point de larmiers ; les oreilles sont de grandeur moyenne et pointues : le poil est court, assez gros et très-sec. Du reste, très-semblables aux antilopes et aux cerfs par les formes extérieures, ayant la légèreté de la gazelle, ils paraissent être fort sauvages. On ne les trouve qu’en Asie. Le C. musc [Moschus moschi férus., Lin.) [fig. 536) est l’espèce la plus intéressante.

Fig. 536. — Chetrolain musc (hauteur, 0“,60).

Grand comme un petit chevreuil, presque sans queue, il est couvert d’un poil si gros et si cassant, qu’on pourrait presque lui donner le nom d’épines. On voit de chaque côté de la mâchoire inférieure et un peu au-dessous des coins de la bouche un bouquet de poils durs,

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roides et semblables à des soies. Mais ce qui rend surtout cet animal intéressant, c’est la poche située en avant du prépuce, chez le mâle, et qui contient cette substance si connue en médecine et en parfumerie sous le nom de musc (voyez ce mot). Le Musc habite particulièrement le Thibetetles provinces voisines, leTonquin, la Chine, etc. Suivant Sonnini, il vit solitaire et ne se plaît que sur les hautes montagnes et les rochers escarpés. Très-farouche, leste et agile, il est très-difficile de l’approcher. Il est assez recherché pour sa chair, mais celle des jeunes seuls est tendre et de bon goût. Le Chevrotain petite biche, petit cer/* des voyageurs {Moschus pygm'œus. Lin) est le plus petit des ruminants ; ce joli animal ne dépasse pas la taille du lièvre, et ses formes ont une élégance et une délicatesse remarquables. Il est très-leste, mais se fatigue aisément. On n’a pu encore le transporter en Europe. Il n’a pas de poche à musc, non plus que les autres espèces du genre.

CHICHE (Pois) (Botanique). — Voyez Pois.

CHICON (Horticulture). — Nom vulgaire de la Laitue romaine (voyez Laitue).

CHICORACÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Composées. Elle correspond aux Semi-flosculeuses de Tournefort et à la famille des Chicoracées, établie par Séb. Vaill. et admise par A. L. de Jussieu, ce sont les Lactucées de H. Cass. Des auteurs modernes en font les Liffuliflores. Caractères : fleurs toutes ligulées, hermaphrodites, disposées en capitules rayonnants ; corolles à ligules planes, à 5 dents et 5 nervures ; style divisé en 2 branches, à lignes stigmatiques restant distinctes et n’atteignant pas la moitié de la longueur des branches ; pollen rugueux. Sous- tribus et genres principaux : — I® Hiéraciées: Epervière [lUeracium, Tourn.). — 2® Lac- TücÉES : Laiteron {Sonchus, Cass.); Crépide (Crepis,ÏÂn. ) ; Pisse?ilit {Taraxacum, Juss.) ; Laitue {Lactuca, Tourn.). — 3® ScoRZONÉRÉES : Picride {Picris, Lin.) ; Scorzonère {Scorzonera, Lin.); Salsifis [Tragopogon^ Tourn.). — 4° Hyoséridées : Chicorée {Cichorium, Tourn. ; Hyoseris^ Juss. ; Arnoseris, Gærtn.). — 6® Scolymées : Sçolyme {Sco/ymus, Tourn.), etc., etc.

CHICORÉE (Botanique), Cichorium, Tourn., du mot arabe chikoùzych, d’où les Grecs, qui ont reçu cette plante des Égyptiens, ont fait kichôrion. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Chicoracées, soustribu des Hyoséridées. Les chicorées ont les feuilles irrégulièrement denticulées et les fleurs presque toujours bleues. La C. sauvage ou C. commune [C. intybus. Lin., mot altéré de son nom arabe) est une herbe vivace, à tiges dressées, anguleuses, rudes au toucher, à feuilles roncinées, les inférieures lancéolées; ses capitules sont sessiles, réunis par 2 ou 3. La chicorée paraît avoir été connue de toute antiquité comme plante alimentaire. Les anciens auteurs en ont donné des descriptions au moyen desquelles il est facile de la reconnaître. Les Égyptiens faisaient grand cas de cette plante dans leurs repas. Il en était de même chez les Romains. « Pour moi, l’olive, la chicorée, la mauve légère, suffisent à mes festins, » dit Horace dans une ode à Apollon. La culture obtient plusieurs variétés de cette espèce. Leurs feuilles, comme on sait, fournissent de très-bonnes salades. La plante dite Barbe-decapucin n’est autre chose que la chicorée commune dont on a fait blanchir les feuilles, en la faisant pousser dans des caves à l’abri des courants d’air et éloignées de la lumière. Un usage qui commence heureusement à devenir moins répandu, est celui de la racine torréfiée de la chicorée employée comme succédané du café. Cette préparation, si trompeusement désignée parfois sous le nom de moka, ne présente que l’amertume de ce précieux produit. Le café de chicorée ne peut donc être considéré que comme une falsification altérant les propriétés du café véritable, lorsqu’on le mélange avec ce dernier. La chicorée sauvage s’emploie aussi en médecine comme dépuratif en tisane sous forme de sirop ou d’extrait; elle entre dans la composition du cathoheum double. La C. endive on Scarole \C. endivia,W\\à.vi) est aussi, par ses variétés obtenues dans la culture, une plante alimentaire importante.-® Elle est originaire des Indes orientales et se distingue principalement par les deux petites oreillettes que présentent à leur base ses feuilles florales. La variété Cosnia est caractérisée par des feuilles rugueuses, pennatifides et des capitules réunis plusieurs ensemble ; la variété Sativa, de Cand. (C. endivia. Lin.), présente des feuilles simplement denticulées et des capitules solitaires ou rassemblés 2-4 à l’aisselle des feuilles supérieures. Les sous- variétés maraîchères à feuilles lacérées et frisées sont : la Grande Chicorée, la ronde, la blonde, la C.

d'Italie, la C. de Meaux, la C. rouennaise ou Corne de cerf. Toutes ces plantes constituent des aliments sains et digestifs; on les accommode, comme on sait, de différentes manières, soit en salades, soit cuites en potages, ou comme assaisonnement des viandes. Garact. du genre: involucre à deux rangées d’écailles; réceptacle dépourvu de paillettes; akènes tétragoiies, comprimés; aigrette composée de soies courtes, membraneuses, obtuses, et ressemblant à des paillettes. G — s.

CHICOT (Botanique), Gymnocladus, Lamk. — Genre de plantes, famille des Légumineuses, tribu des Césalpiniées, établi par Lamarck. Il ne renferme que deux espèces : le C. du Canada (G. conadensis, Lam. ; Guilandina didica. Lin.), joli arbre du Canada, cultivé dans quelques jardins à cause de la beauté de ses feuilles, qui atteignent quelquefois jusqu’à 0‘",65 de long; mais elles tombent tous les ans, et comme ses branches sont courtes, les Canadiens lui ont donné le nom de chicot. Le C. d'Arabie [C. arabica, Lam. ; Hyperanthera, Forsk.) s’élève très-haut ; ses rameaux sont verdâtres et cotonneux ; ses feuilles, situées à l’extrémité des rameaux, sont composées de folioles glabres, ovales et entières.

CHICOTIN (Botanique). — On donne quelquefois ce nom vulgairement à la Coloquinte {Cucumis colocynthis. Lin.) (voyez Coloquinte) ; d’où est venu le proverbe vulgaire : Amer comme chicotin, à cause de l’amertume bien connue de la coloquinte.

On trouve aussi, dans V Abrégé général des voyages, qu’il existe au Groenland une plante nommée Chicotin, dont la racine a la forme d’une noisette allongée et qui est rapportée au genre Telephium (Paronychiées). Cette racine a une forte odeur de rose musquée.

CHIEN (Zoologie), C«m>, des Latins ; kuôn, des Grecs; Canis, Lin. — Genre de Mammifères de l’ordre des Carnivores, tribu des Digitigrades. Ce sont les moins sanguinaires de cette tribu, qui se compose des martes, des chiens et des chats ; ils attaquent cependant des proies plus grandes qu’eux ; mais ils recherchent souvent les cadavres déjà en décomposition. Leur dentition sert à les caractériser et indique leur régime moins essentiellement carnivore ; ils ont à la mâchoire supérieure deux molaires tuberculeuses aplaties, en arrière de la molaire carnassière, qui, elle-même, montre une portion de sa couronne tuberculeuse. Cuvier classe dans son genre Chien le C. domestique, le Loup et le Chacal (voyez ces mots) et établit un sous-genre pour le Renard (voyez ce mot).

Chien domestique (le) (C. familiaris. Lin.) présente les caractères suivants : à la mâchoire supérieure, trois fausses molaires, la molaire carnassière suivie de deux tuberculeuses; à la mâchoire inférieure, deux fausses molaires seulement et la carnassière également suivie de deux tuberculeuses; leur langue est douce et dépourvue des papilles cornées qu’on trouve sur la langue des chats ; ils ont cinq doigts aux pieds de devant et quatre à ceux de derrière; la queue recourbée; ils offrent une variété infinie pour la taille, la couleur et la qualité du poil. Dès l’apparition de l’homme sur la terre, le chien a dû être sou compagnon fidèle ; il l’a suivi dans ses migrations, dans ses voyages; il l’a, défendu contre les autres animaux, s’est associé à ses joies, à ses misères, et, par cet instinct de sociabilité et de domesticité développé chez lui à un point extrême, il est devenu son commensal, je dirai presque son ami. Aussi nous ne connaissons plus le chien dans son état primitif, et dans les contrées où il est devenu sauvage, il descend d’individus qui ont recouvré leur indépendance, après l’avoir perdue pendant bien des générations, et ce n’est pas seulement sous ce rapport que la puissance de l’homme s’est fait sentir sur ces animaux; car le chien est l’exemple le plus remarquable de l’influence de la domesticité sur les formes physiques et sur les qualités de ces êtres. En effet, les différences qui les caractérisent sont immenses tant pour la taille que pour les dimensions relatives des parties, pour la nature, la couleur, la longueur, l’abondance du poil, les instincts, les degrés d’aptitude à être dressés pour la chasse, pour la garde des troupeaux, etc., et pourtant tout porte à croire que ces nombreuses variétés viennent d’une souche commune, qui n’est ni le loup, ni le chacal, comme quelques naturalistes l’ont pensé, mais bien un chien qui se rapproche beaucoup de notre chien de berger. On en trouverait au besoin un exemple dans le chien de la Nouvelle-Hollande, qui ressemble exactement au type que nous venons de désigner (voyez Domesticité).

La femelle du chien porte soixante-trois jours et met bas quelquefois jusqu’à douze petits, qui naissent les yeux

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fermés. Ils ne les ouvrent qu’au bout de dix ou douze jours. Les dents commencent à changer le quatrième mois, et ils ont terminé leur croissance à deux ans. La vie du chien ne dépasse pas quinze ou vingt ans. Tout le monde connaît son aboiement sa manière de témoigner sa joie en remuant la queue et le hérissement de son poil dans la colère. Le cliien paraît être de- tous les animaux le plus disposé à la domesticité et celui que l’homme a le premier soumis à sa puissance. On peut dire, avec l’immortel Buiron, que le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l’épreuve, le seul qui connaisse toujours son maître et les amis de la maison, le seul qui, lorsqu’il arrive un inconnu, s’en aperçoive, le seul qui entende son nom et qui reconnaisse la voix domestique ; aussi, l’attachement du chien pour son maître ne souffre pas de comparaison. Nous n’en citerons pour preuve entre mille que l’exemple rapporté par Sonnini, d’un chien qui resta pendant plusieurs années fixé sur le tombeau de son maître au cimetière des Innocents, sans qu’on pût l’en arracher par les caresses et les bons traitements, ni par la contrainte, et cela malgré l’intempérie des saisons et la rigueur des hivers. Nous avons déjà parlé des variétés nombreuses du chien domestique ; on a essayé de les classer dans un certain nombre de groupes, surtout d’après la forme de la tête et le développement de certaines tendances instinctives, et c’est d’après ces caractères que Fréd. Cuvier a été conduit à former de ces races trois familles principales, qu’il désigne par le nom de leur race type; savoir : les Matins^ les Épagneuls^ les Dogues.

1° Les Mâtins ont pour caractères ; les os pariétaux tendant à se rapprocher d’une manière insensible, en s’élevant des temporaux; les condyîes de la mâchoire inférieure placés sur la môme ligne que les dents molaires. On a remarqué que ces chiens se rapprochent plus que tous les autres de ce que nous avons lieu de croire le type primitif de l’espèce; leur intelligence n’est pas très-développée; on peut les dresser pour la chasse, surtout pour celle qui demande de la force et du courage. Le Mâtin proprement dit ; ce chien est grand, vigoureux, léger, ses oreilles sont à demi pendantes. Il est de grande taille, le front aplati, le museau allongé, les jambes longues et fortes, la queue recourbée en haut, le poil assez court.

Il est très-susceptible d’attachement pour son maître et précieux pour la garde. 'Le.-Danois diffère du mâtin par un corps et des membres plus fournis ; il a les mômes instincts que le mâtin. On remarque qu’il aime beaucoup les chevaux. Le Lévrier a les formes plus sveltes, plus minces, plus effilées ; il y en a de taille et de couleur trèsdifférentes. Leur intelligence est fort bornée, mais ils courent admirablement. On les dresse à chasser le lièvre en plaine. Leur attachement pour leur maître est médiocre. Le C. de la Nouvelle-Hollande^ amené en France par Péron, et dont F. Cuvier nous a laissé une description remarquable, appartient à ce groupe; quoique ayant beaucoup de traits de ressemblance avec le chien de berger, il avait la tête du mâtin, telle qu’elle a été décrite. Ses mouvements étaient très-agiles, et son activité prodigieuse lorsqu’il était libre; ce cas excepté, il dormait toujours; chose remarquable, il ne savait pas nager. Il se jetait sur la personne qui lui déplaisait, et surtout sur les enfants, sans aucun motif apparent ; il affectionnait particulièrement celui qui le faisait jouir le plus souvent de sa liberté. Il était du reste fort indocile, et le châtiment l’étonnait et le révoltait. La viande crue et fraîche était ce qu’il mangeait le plus volontiers ; il ne refusait pas le pain et goûtait avec plaisir les matières sucrées.

2" La famille des Épagneuls se distingue par les pariétaux qui, au lieu de se rapprocher comme dans les mâtins, s’écartent et se renflent dès leur naissance audessus des temporaux, de manière à agrandir la boîte cérébrale, et les sinus frontaux prennent de l’étendue ; le cerveau alors est plus développé et l’intelligence plus grande. Les principales races de ce groupe sont : V Epagneul., qui est couvert de poils longs et soyeux ; il a les oreilles longues et pendantes, les jambes peu élevées. Il y a de grands et de petits épagneuls, et cette variété est remarquable par ses qualités pour la chasse. Le C. courant a les oreilles longues et pendantes, les jambes charnues, le poil court la queue relevée. Il est en général blanc avec des taches noires ou fauves. C’est le chasseur i par excellence (voyez Vénekh ). Les C. braques ont les oreilles plus courtes, à demi pendantes, les jambes plus longues, le corps plus épais, la queue plus charnue et plus courte ; ils sont blancs ou tachetés de noir et de fauve. Le C. de berger est détaillé moyenne, ses oreilles sont courtes et droites, la queue horizontale ou pendante,

les poils longs. En général il est noir. Il est peu sociable, mais s’attache à son maître. On sait combien ils montrent d’intelligence pour la garde des troupeaux. C’est une des races les plus précieuses, et on pense que c’est celle qui se rapproche le plus du type primitif. Le C. barbet se reconnaît à ses poils lonp, fins et frisés, à son museau court et épais, à ses oreilles larges et pendantes. C’est la race la plus susceptible de développement intellectuel. Il y en a de grands et de petits. On peut encore citer dans cette famille le C. loup., VAlco., etc.

3** La famille des Dogues est caractérisée par le raccourcissement du museau, le rapetissement du crâne et le développement des sinus frontaux ; ils ont les formes pesantes, l’intelligence bornée et sont en général d’une fidélité remarquable. Les races principales sont : le Dogue de forte race., à tête grosse, oreilles petites et demipendantes ; leurs lèvres épaisses tombent de chaque côté de la gueule ; leurs jambes sont courtes et fortes ; ils ont la queue assez courte, le poil très-ras, blanc ou noir. Le Dogue ne diffère du précédent que parce qu’il est plus petit. Le Doguin ou Carlin est encore plus petit ; ses lèvres ne sont pas aussi développées.

Il existe encore une multitude de variétés qui sont le résultat soit des différents croisements, soit des contrées qu’ils habitent, soit du milieu dans lequel ils vivent, soit enfin d’une multitude d’autres influences modificatrices (voyez Races).

CHIENDENT (Botanique), Cynodon., Rich., ainsi nommé de ce que les chiens mangent de cette plante pour se faire vomir. — Nom vulgaire du genre Cynodon., Rich., appartenant à la famille des Graminées., tribu des Chlo~ ridées. Ils ont des stigmates sortant au-dessous du sommet des glumelles ; épillets insérés sur le côté extérieur de l’axe, disposés en épis filiformes rapprochés au sommet de la tige en une panicule simple digitée. L’espèce principale de ce genre est le C. commun.. Pied-depoule (C. dactylon., Pers., d’un mot grec qui veut dire doigt; l’épi est divisé comme les cinq doigts de la main), nommé aussi Panicum dactylon.. Lin. ; Paspalum dactylon, de Cand. C’est une herbe longuement traçante, qui donne un bon pâturage, quoiqu’elle soit redoutée dans les terres cultivées. Elle est utile aussi au bord des rivières dont elle retient les terres. Le chiendent est indigène et presque cosmopolite. On emploie quelquefois cette espèce dans l’économie domestique et dans la pharmacie. Mais un autre chiendent plus estimé c’est le Froment rampant ou C. officinal, Chiendent des boutiques {Triti-

Fig. 537. — Chiendent des boutiques.

cum repens. Lin.) appartenant au genre Froment, tribu des Triticées. Les racines de cette plante sont vivaces, articulées, traçantes, et s’enfoncent profondément eu terre. Elles sont en outre blanchâtres, douces, nutritives au point de servir à l’alimentation. Leurs propriétés médicinales sont apéritives, diurétiques, un peu rafraîchissantes. On nomme aussi chiendent , Varrhénathère bulbeuse (voyez AnnnÉNATHÈnE). G -- s.

CHl

CHI

CHIFFRES (Arithm(5tique). — Caractères servant à représenter les nombres d’une façon abrégée. Les chiffres employés actuellement sont nommés chiffres arabes; ils sont au nombre de dix, savoir :

zéro un deux trois quatre cinq six sept huit neuf

Dans un nombre écrit, chaque chiffre a deux valeurs : l’une qui lui est propre et qui porte le nom de valeur absolue; l’autre qui vient de la place que le chiffre occupe dans le nombre et que l’on nomme valeur relative; elle sert à indiquer l’espèce d’unités représentées par le chiftre, en se fondant sur ce principe que tout chiffre placé à la gauche d’un autre représente des unités dix fois plus fortes (voz. Numération).

Chiffres romains. — On emploie aussi d’autres caractères appelés chiffres romains^ ainsi que l’indique le tableau suivant :

Un.

Neuf.

Deux.

Dix.

Trois.

Quarante.

Quatre.

Cinquante.

Cinq.

Cent.

Six.

■Cinq cents.

Sept.

Huit.

Mille.

Pour écrire un nombre, on met à gauche les plus fortes unités du nombre, en continuant ainsi de gauche à droite ; ainsi mil huit cent cinquante-huit s’écrira : MDCGGLVIII.

GHIGOMIER (Botanique), Combretum. — Voyez Com-

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