G HO
CHO
c’étoit maladie
C’en appeloit épydimie.
Et les getoit on en grans fosses
Tous ensembles et tous mors de bosses.
Voilà bien les caractères de la peste à bubons d’Orient ; rien ici ne ressemble au choléra, pas môme la couleur; les malades étaient tuit descouluré, leur couleur en perdoient. Voir un travail très-curieux de M. le docteur Joseph Michon, intitulé : Documents médits sur la grande peste de 1348. Paris, 1860, chez Baillière et fils.
Il est difficile aussi de reconnaître le choléra-morbus asiatique dans les épidémies qui ont désolé l’Europe à différentes époques.
Le choléra sporadique^ plus anciennement connu que l’autre, est ainsi défini par Galien • Affection aiguë avec vomissements bilieux fréquents^ déjections alvines répétées, contracture des membres et refroidissement des extrémités. Chez ces malades, le pouls devient aussi plus faible et plus obscur. On peut voir, par cette définition nette, précise, la différence qui sépare les deux affections : ici, dans le choléra sporadique, la maladie attaque des individus isolés ; les vomissements sont bilieux d’abord, puis verdâtres, noirâtres; il en est de même des selles; il y a des crampes, souvent diminution et môme suppression des urines; mais pas de cyanose, pas de vomissements et de selles aqueuses, blan- | châtres, etc. Il y a de l’anxiété, des défaillances et, du reste, presque tous les autres symptômes du choléra épidémique. Sa durée ne dépasse guère quarante-huit heures. Son pronostic est beaucoup moins grave que celui du choléra indien. Le traitement consiste dans l’emploi de boissons douces, acidulés, fraîches, prises en petite quantité, de petits morceaux de glace, de cataplasmes émollients, laudanisés, sur le ventre, de demi-lavements avec l’amidon, la décoction de pavots ou quelques gouttes de laudanum ; on peut avoir recours aussi aux rubéfiants aux extrémités; on a réussi souvent en appliquant un vésicatoire sur le ventre. — Consultez les Traités du Choléra de M. le prof. Bouillaud (1832) et de MM. Briquet et Mignot (1850), et un grand nombre de publications de ces deux époques. F — n.
GHOLÉBIIXE (Médecine). — Nuance très-légère de choléra (voyez Choléra).
CHOLESTÉRINE (Chimie) (C^^H^^O). — Produit neutre qui se trouve dans la pulpe nerveuse du cerveau, dans la bile, dans le jaune d’œuf. C’est un corps solide, en lames nacrées cristallisées, d’un blanc éclatant, sans odeur ni saveur. Il fond à 137o et se volatilise à 300“. Par une chaleur plus forte, il se décompose en donnant plusieurs liquides huileux qui sont mal connus. La cholestérine, insoluble dans l’eau, est soluble dans l’alcool bouillant, l’éther, certains carbures d’hydrogène et quelques matières grasses. L’acide azotique bouillant la transforme presque complètement en acide cholestériqueC^H''0'qHO. Le chlore et le brome lui font éprouver des phénomènes de substitution. On prépare ce corps en épuisant par l’éther la pulpe cérébrale, évaporant la liqueur éthérée à la consistance d’extrait, chauffant l’extrait au contact d’une dissolution de potasse dans l’alcool et traitant le précipité qui se dépose dans la liqueur refroidie par l’éther qui ne dissout plus que la cholestérine. Les concrétions qui se déposent dans la vésicule biliaire sont quelquefois formées de cholestérine; elles sont alors presque complètement solubles dans l’alcool bouillant. La cholestérine a été étudiée par MM. Chevreul, Couerbe, Kuelin, Pelletier et Caventou, Payen, Schwendler, Meissner et Fremy. B.
CHONDRINE (Csapp^Az^pi^) (Chimie). — Espèce de gélatine qu’on obtient en faisant agir l’eau bouillante sur les cartilages des animaux, les cartilages costaux, ceux du nez, ceux des bronches, etc. La chondrine se distingue de la gélatine d’abord par sa composition chimique, puis par les précipités que forment dans sa solution aqueuse les acides, l’alun, le sulfate de fer, l’acétate de plomb, qui ne donnent rien dans la dissolution de gélatine. Elle se rapproche du reste beaucoup de ce dernier corps par ses autres propriétés : son aspect corné quand elle est sèche, sa transparence, sa solubilité dans l’eau chaude, son insolubilité dans l’alcool et l’éther, etc.
Sa découverte et l’étude de ses caractères chimiques sont dues à M. Muller.
GHONDROPÏÉRYGIENS (Zoologie), Artedi. — Nom donné par Artedi pour désigner les Poissons cartilagi-
neux. Adopté par Cuvier, il sert à désigner la deuxième série de la classe des Poissons, dont la première, infiniment plus nombreuse, forme celle des Poissons proprement dits. Le squelette des chondroptérygiens est essentiellement cartilagineux, c’est-à-dire qu’il ne s’y forme point de fibres osseuses ; leur crâne n’a pas de sutures, et le caractère le plus essentiel de ce groupe, c’est qu’on n’y trouve plus les os maxillaires et intermaxillaires, ou plutôt qu’ils n’existent qu’en vestiges cachés sous la peau.. La colonne vertébrale est quelquefois formée en partie d’un seul tube percé de chaque côté pour le passage des nerfs, mais non divisé en vertèbres distinctes. Cette série se divise en deux ordres : 1“ ceux dont les branchies sont
Fig. 547. — Esturgeon {Adxienscr).
libres à leur bord externe, comme dans les poissons osseux. Ce sont les C. à branchies libres, qui forment un seul ordre, celui desS/M>n'on2e/25(ylczpen5er, Lin.) [fig. 547); 2“ ceux dont les branchies sont fixes, c’est-à-dire atta-
chées à la peau par le bord externe aussi bien que par le bord interne ; en sorte que l’eau ne sort de leurs intervalles que par les trous de la surface ; ils constituent les C. à branchies fixes et se divisent en deux ordres, les Sélaciens (Plagiostomes, Dumér.) {fig. 548) et les Suceurs {Cyclostomes, Dumér.).
CHORÉE (Médecine), du grec choréia, danse. — On a donné ce nom à une maladie caractérisée par certains mouvements désordonnés, partiels ou généraux, du système musculaire, sans fièvre, souvent avec une légère nuance d’idiotisme. Cette maladie a été désignée par Sauvages sous le nom de scélofyrbe, du grec skelos, jambe; et turbê , désordre. On l’appelle vulgairement danse de saint Guy ou de saint Vit, du nom d’une chapelle de saint Vit, près d’ülm, à laquelle se rendaient en pèlerinage les malades qui en étaient affectés, et c’étaient surtout des femmes qui, pour se guérir, dit-on, dansaient nuit et jour. Cette maladie attaque de préférence les enfants et surtout les jeunes filles ; elle est rare dans l’âge adulte, encore plus dans la vieillesse, à moins qu’elle ne soit la conséquence d’une apoplexie, de l’épilepsie, etc.; on a dit qu’elle était quelquefois héréditaire. Elle reconnaît encore pour cause prédisposante une constitution nerveuse très-irritable, l’âge de puberté, quelquefois une pléthore sanguine; quant aux causes déterminantes, tout ce qui peut imprimer au système nerveux une secousse violente est capable de la produire : ainsi, au premier rang, la frayeur, puis la colère, les contrariétés, la jalousie, etc. La chorée peut aussi être liée à une autre maladie dont elle est alors dépendante : ainsi elle accompagne quelquefois l’épilepsie, l’hystérie, l’embarras gastrique, les vers intestinaux ; elle peut être la suite de l’apoplexie, de violences extérieures sur la tête, de maladies éruptives, de suppression de maladies de la peau, du rhumatisme, etc. La maladie est ordinairement précédée de malaise, il y a quelquefois décoloration de la , face, souvent des maux de tête, des douleurs dans les articulations, perte de l’appétit, indolence de caractère ; bientôt on aperçoit quelques mouvements irréguliers dans un membre ou dans plusieurs, dans les muscles de | la face; Fintelligence diminue, il y a des trembleinents, d'abord momentanés, puis permanents; quelquefois des mouvements continuels des bras, des jambes, de la tête; il peut y avoir gêne de la parole, de la déglutition, contraction involontaire des muscles du larynx et du pharynx ; les yeux, les joues, le col présentent aussi des mouvements désordonnés; il y a des maux de tête, de^
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étourdissements, le sommeil est léger, agité, interrompu par des rêves fatigants; les malades sont capricieux, irascibles; presque toujours ils sont maigres, pâles, sujets aux palpitations. La plupart du temps, les appareils d’organes de la nutrition fonctionnent régulièrement ; il n’y a pas de fièvre.
Les symptômes que nous venons d’énumérer peuvent se développer lentement mais souvent la maladie éclate tout à coup ; elle peut ne présenter qu’un petit nombre de ces phénomènes d’une manière légère, ou en offrir l’ensemble au plus haut degré. On la voit quelquefois n’affecter qu’un côté du corps. La chorée n’a pas en général une issue funeste; et cependant le pronostic est assez fâcheux à cause des suites que la maladie laisse quelquefois après elle. Sa durée, qui peut n’être que de quelques jours, est quelquefois de plusieurs années, et après la guérison, qui est la règle générale, on voit certains malades conserver des tics (voyez ce mot) convulsifs dans les muscles des yeux, de la face, de la bouche, etc. Dans les cas les plus graves, les malades maigrissent, une fièvre lente se déclare, ils tombent dans la consomption et finissent par succomber. Cette affection a été considérée comme devant participer de la nature des convulsions et non de la paralysie qui présente des désordres plus graves dans les centres nerveux. Le traitement de la chorée, dans les cas ordinaires, consiste dans l’emploi des saignées, des sangsues et des purgatifs administrés dans une juste mesure et à différentes reprises; après ces moyens, on a recours avec avantages aux antispasmodiques et aux toniques : ainsi la valériane, le quinquina, le fer dans certains cas. A ces moyens, on ajoutera les bains tièdes en hiver, froids en été, les affusions sur la tête, les boissons adoucissantes ou légèrement stimulantes, comme l’infusion de tilleul, de menthe, etc. Lorsqu’on soupçonnera que la chorée est sous la dépendance d’une autre maladie, comme lorsque, par exemple, on a des raisons de croire à l’existence des vers, le traitement sera modifié dans le sens de cette maladie. F — n.
CHORION (Anatomie), du grec chôreïn, contenir. — On donne ce nom à une des membranes qui servent d’enveloppe au fœtus. C’est la plus extérieure, et elle renferme celle qui est connue sous le nom A'amnios. Celluleuse extérieurement, elle n’est formée que d’une seule lame lisse, transparente.
CHOROÏDE (Anatomie), du grec chôrion et eidos, apparence du chorion. Ce nom a été donné à plusieurs parties à forme membraneuse, pourvues d’un grand nombre de vaisseaux. — La membrane choroïde est une des enveloppes de l’œil située entre la sclérotique et la rétine ; en arrière elle est percée d’une ouverture qui donne passage au nerf optique ; en avant elle se termine par des adhérences assez fortes avec les procès ciliaires. Elle est très-mince, molle, facile à déchirer et tapissée intérieurement par une humeur noire donnant au fond de l’œil sa couleur foncée, et qui manque chez les albinos. Elle est formée par un tissu cellulaire très-fin et par une multitude de vaisseaux sanguins très-déliés. Une des principales fonctions de la choroïde paraît être d’absorber, au moyen de cette humeur noire qui la tapisse, les rayons lumineux qui ne doivent pas servir à la vision (voyez ce mot). — plexus choroïdes sont deux corps membrano-vasculaires formés par la pie-mère et que l’on trouve dans les ventricules latéraux du cerveau; ils sont unis antérieurement par une membrane très-mince, située au-dessous de la voûte à trois piliers et que l’on nomme toile choroïdienne. C’est dans cette membrane que l’on trouve les veines de Galien, qui, après avoir reçu la plupart des veines des ventricules latéraux, vont s’ouvrir dans le sinus droit. — On donne aussi le nom de veine choroïdienne à la veine de Galien. F — n.
CHOROIDIEN (Anatomie). — Voyez Choroïde.
CHOU (Botanique, Horticulture), Brassica^ Lin. — Genre de plantes de la famille des Crucifères^ sous-ordre des Orthoplocées de Endlicher. Les choux diffèrent des radis par leurs siliques non articulées, et des moutardes par leur calice connivent. De ces plantes, les unes sont indigènes, les autres sont exotiques et nous offrent plusieurs espèces intéressantes, telles que le Colza^ le Navet^ etc., dont il sera question à leurs articles particuliers; parmi elles, il en est une des plus utiles pour la nourriture de l’homme et des animaux domestiques, c’est le Chou potager^ le G. proprement dit [B. oleracea^~Lm.). Il est bien connu de tout le monde par ses qualités alimentaires qui le font figurer sur la table du riche comme sur celle du pauvre, et surtout du villageois dont il est une des principales ressources. Le chou a été cultivé de temps
immémorial, et les variétés de cette espèce sont si nombreuses qu’il est difficile aujourd’hui de reconnaître le type primitif. Seulement, on retrouve dans toutes une tige droite, charnue, cylindrique; des feuilles alternes, glabres, d’un vert plus ou moins glauque, quelquefois teintes de rouge ou de violet ; des fleurs jaunâtres en grappes droites, terminales. Ce sont, en général, des plantes bisannuelles, trisannuelles , quelques-unes même sont presque vivaces. On peut ramener toutes les variétés du C. potager à cinq types ou races : 1° Le C. cabus ou pommé ; 2» le C. de Milan; 3» le C. vertoa sans téte;^^ le C. à racine ou a tige charnue: 5® les Choux-fleurs et les Brocolis. Ce genre est caractérisé par un calice à 4 sépales, fermé, bossué à la base ; corolle à i pétales, G étarnines hypogynes ; silique bivalve, allongée, presque cylindrique, un peu comprimée, partagée par une cloison longitudinale en deux loges qui contiennent chacune plusieurs graines globuleuses, à valves convexes veinées.
1° LesC. cabus ou pommés {B. oleracea capital a, Cm.) {fig. 549) ont les feuilles lisses et ordinairement glauques, peu découpées, arrondies, concaves, se recouvrant les unes les autres en se comprimant et formant une grosse tête arrondie, dure, massive, renfermant pendant quelque temps la tige èt les branches qui finissent par percer cette espèce de pomme pour aller s’épanouir au dehors. Parmi ses nombreuses variétés, on peut citer : Le C. cœur de bœuf, petit et gros, très-cultivé et de bonne
qualité. Le C. de Saint-Denis, pied court, pomme grosse, aplatie. Le C. de Vaugirard, variété tardive, d’hiver, pomme moyenne, souvent teinte de rouge en dessus. Le Gros cabus d’Allemagne ou C. quintal, tige courte, grosse, feuilles larges, d’un vert clair, pomme énorme dans les terrains riches et frais. Le C. pommé rouge, très-estimé dans le nord ; la pomme coupée en tranches minces est bonne en salade; on le fait aussi confire.
2° Le C. de Milan ou pommé frisé, C. de Savoie (B. bullata. Lin.) {fig, 560) ; ici, la tête est plus petite en géné-
ral, moins serrée, plus tendre. Les principales variétés sont : Le Milan ordinaire. Gros milan, pomme grosse. Le Milan court ou nain, trapu, vert foncé, bonne qualitéo
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A cette race se rattache le C. de Bruxelles^ C. à jets, haut de tige et donnant à l’aisselle des feuilles de petites pommes frisées, tendres, que l’on cueille à mesure qu’elles vieiment. Bonne variété.
3“ Les C. verts ou non pommés {B. oleracea viridis, Lin.) sont cultivés, les uns dans les jardins pour la nourriture de l’homme, les autres dans les champs pour les bestiaux. En général, ils résistent aux froids de l’hiver, et on peut en manger les feuilles lorsque la gelée les a attendries. Les principales variétés sont : Le Grand C. frisé du nord^ Grand frisé rouge et frisé nain, vert et rouge ; il résiste très-bien au froid. Le C. cavalier^ Grand C. à vache {fîg. 551), gui s’élève à 2 mètres ; ses feuilles grandes et minces sont bonnes à manger. Elles sont aussi employées pour la nourriture des bestiaux.
4° Le C. à racine ou tige charnue, à tige renflée audessus de terre. Le C. rave (sous-variétés, blanc, violet^ hâtif) est un bon légume ; il résiste aux gelées assez fortes. Le C. navet (voyez Rave, N vet).
5® Les Choux-fleurs {B. oleracea boirgtis^ Lin.) sont regardés comme une race à part ; ils semblent venir du chou vert; quoi qu’il en soit, dans cette variété la surabondance de nourriture se porte sur les jeunes rameaux et les transforme en un renflement singulier qui produit une masse charnue, disposée en tète mamelonnée, granulée, blanche, fort bonne à manger. Quand on laisse pousser cette tête, elle s’allonge, se divise^ se ramifie et porte des fleurs et des fruits comme les autres choux. Le Chou-fleur dur commun, à tête grosse et bien garnie, devient verdâtre en cuisant. Le Chou-fleur tendre est moins large, moins serré ; il se divise plus promptement. Les choux-fleurs les plus renommés sont ceux de Malte, ÙQ Chypre^ 61 Angleterre, etc. Le C. brocoli {B. brocoli cy?nosu) diffère peu des choux-fleurs (voyez Baocou).
On peut enoore rapporter aux choux, le C. chinois ou Pe-trai{B. chinensis, Lin,), qui ne pomme pas et dont les feuilles se mangent comme la laitue, les épinards. Le C. marin, Çrambé maritime [Crambe mariiima. Lin.). Excellent légume dont les jeunes pousses blanchies se mangent comme des asperges. Les choux, en général, se sèment au commencement de la saison, sur couches’ ou sur vieilles couches ou terreau, et on les repique, lorsqu’ils ont poussé quelques feuilles, dans une bonne’ terre un peu consistante et bien fumée; un sol frais leur convient; aussi faut-il les arroser souvent et tant que la saison l’exige. La culture des choux-fleurs exige des soins tout particuliers, tant pour les semis que pour les repiquages et les abris contre les froids de l’iiiver.
Plusieurs insectes dévorent les choux de nos pota-* gers; on peut citer surtout: la Piéride du chou {P. brassicœ^ Lin.), insecte lépidoptère diurne, c’est un papillon dont la chenille, d’un vert bleuâtre, rayée de jaune, se trouve pendant tout l’été sur les choux. Il en est de môme de la Noctuelle du chou {Noctua brassicæ), lépidoptère nocturne, dont la chenille est d’un gris jaunâtre, marbré de brun, ornée de cinq raies longitudinales tvovez PIERIDE, WoCTUA),
CHOU-CARAIBE (Botanique). — Voyez Colocase.
CHOUCAS (Zoologie), Petite Corneille des clochers {Corvus moneduta. Lin.). — Cet Oiseau^ qui forme un genre dans la méthode de Vieillot, ne constitue, pour Cuvier et pour plusieurs autres ornithologistes, qu’une espèce qui appartient au genre Corbeau, ordre des Passereaux conirostres. A peu près de la taille d’un pigeon, il a environ 0“,35 de longueur et 0“,70 d’envergure ; d’un noir gris foncé, qui tire même au cendré autour du cou et sous le ventre ; il vit en troupes et vole souvent avec les corneilles dont il a du reste le régime. Il y a desii>
dividus tout noirs, que Gueneau, de Montbéliard, imité en cela par Vieillot, a désignés sous le nom de Chouc; {Corvus spermologus). Les choucas vivent de graines, de fruits, de vers de terre, de larves, d’insectes; rarement de viande. On les trouve dans toute l’Europe, ils se tiennent dans les clochers, les vieux châteaux, où ils nichent ; la femelle pond cinq à six œufs marqués de quelques tâches brunes sur un fond verdâtre. Ces oiseaux, comme les corbeaux et les pies, aiment à emporter et à cacher les objets qui brillent aux yeux. Ils s’apprivoisent bien et apprennent à parler.
CHOUCROUTE (Économie domestique), de l’allemand sauerkraut, chou aigre; espèce de conserve de chou dont on use beaucoup dans le Nord, et surtout en Allemagne.
— ■ La choucroute se prépare avec plusieurs espèces de choux pommés, mais surtout avec le gros chou cabus d' Allemagne^ dit C. guintal, dont la pomme atteint quelquefois l’énorme poids de 40 kil. Après avoir coupé les têtes de chou par fines lanières, on les place dans un vase, un tonneau par exemple, au fond duquel on a d’abord étendu une couche de sel; on alterne ainsi un lit de choux et un lit de sel, en aromatisant avec du poivre, des semences de carvi, de coriandre ou de genièvre, et recouvrant le tout d’une couche de sel. La fermentation s’établit et il en résulte un liquide verdâtre, qu’il faut vider tous les cinq ou six jours, et qu’on remplace par de la saumure, de manière que les choux ne soient jamais à l’air. Au bout de six semaines ou deux mois, elle est bonne à manger. Elle peut, du reste, se conserver fort longtemps dans cet état, surtout si on a la précaution de la tenir couverte et chargée d’un poids suffisant pour empêcher que la fermentation ne la sou- I lève. Pour la manger, il suffit de la laver à plusieurs eaux, de la blanchir et de la faire cuire avec du lard ou de la graisse. C’est un aliment sain et agréable.
CHOUETTE (Zoologie), Slrix, Lin., Cuv., du grec strinx, oiseau do nuit. — Grand genre 6'Oiseaux qui . comprend, dans la méthode du Règne animal^ la famille ■
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entière des Oiseaux de proie nocturnes. On peut dire que ce groupe est un des plus nettement tranchés qui existent dans la série zoologique ; en effet, ces oiseaux se reconnaissent, au premier coup d’œil, à leur grosse tête, à leurs grands yeux dirigés en avant et entourés de plumes effilées, dont les antérieures recouvrent la cire du bec et les postérieures l’ouverture de l’oreille. Ils ont la pupille énorme, ce qui leur rend le grand jour insupportable, le col court, le corps trapu, des plumes à barbes douces, veloutées et finement duvetées, ce qui fait qu’ils font peu de bruit en volant. Les petits oiseaux ont contre eux une si grande antipathie qu’ils se réunissent de toutes parts pour les attaquer. L’appareil du vol n’a pas une grande force; aussi, leurs clavicules sont peu résistantes. Ils vivent surtout de souris, de petits oiseaux et d’insectes, sur lesquels ils fondent la nuit à l’improviste ; car ce n’est qu’après le coucher du soleil qu’ils se mettent en chasse. Ces oiseaux se ressemblent tellement entre eux, qu’il a été difficile d’établir de bonnes sous-divisions génériques. Cependant Cuvier les a partagés en huit sousgenres, qu’il désigne dans l’ordre suivant : 1” Les Hiboux {Otus^ Cuv.), qui ont sur le front deux aigrettes de plumes qu’ils relèvent à volonté; la conque de l’oreille, munie d’un opercule membraneux , s’étend en demicercle du bec au sommet de la tête ; les pieds garnis de plumes jusqu’aux ongles (voyez Hiboux). 2° Les Chouettes proprement dites [Ulula., Cuv.) ont le bec et les oreilles des hiboux, mais pas d’aigrettes. On en trouve dans le nord des deux continents. Parmi les espèces, on peut citer la Grande C. grise de Laponie (S. laponica., Gm.), qui a environ 0“‘,60 de longueur, mélangée de gris et de brun dessus, blanchâtre, à taches longitudinales, gris brun en dessous ; elle habite les montagnes du nord de la Suède. La C. grise duCanada (S. nebulosa, GmeL), un peu moindre que la précédente, habite la baie d’Hudson. 3° Les Effrayes [Strix, Savig.) ont l’oreille aussi grande que les hiboux; leur bec allongé ne se courbe que vers le bout, tandis que dans tous les autres sous-genres, il est arqué dès la pointe ; elles manquent d’aigrettes (voyez Effraye). 4° Les Chats-Huants [Syrnium., Savig.) ont le disque de plumes efQlées et la collerette comme les précédents ; ils n’ont pas d’aigrettes (voyez Chat-Huant). 5" Les Ducs (Bubo., Cuv,) ont le disque de plumes moins marqué que les chats- huants ; ils possèdent des aigrettes (voyez Ducs). 6“ Les C. à aigrettes de Vaillant ne sont, dit Cuvier, que des ducs dont les aigrettes plus écartées et plus en arrière ne se relèvent que difficilement. Il y en a dans les deux hémisphères. Le S. griseata de Levaillant, qui a environ 0“,3S de longueur, a le bec jaune, les parties supérieures du corps d’un brun roux, le dessous d’un blanc roussâtre. 7” Les Chevêches [Noctua., Sav.) n’ont ni aigrettes, ni conque de l’oreille évasée et enfoncée; quelques-unes ont une longue queue étagée (voyez Chevêche). 8° Les Scops [Scops, Sav.) ont les oreilles à fleur de tète, les disques imparfaits et les doigts nus : des aigrettes comme les hiboux et les ducs (voyez Scops).
CHOU-PALMISTE. — Voyez Palmiste.
CHRÉTIEN (Bon) (Horticulture). — Voyez Bon Chrétien.
CHROMATES (Chimie). — Sels formés parla combinaison d’une proportion (50) d’acide chromique avec une proportion de base.
Tous les chromâtes sont colorés en jaune ou rouge plus ou moins foncé, et plusieurs d’entre eux sont employés dans la teinture ou la peinture. Chauffés avec de l’acide chlorhydrique alcoolisé ou traités par un courant de gaz sulfureux, les chromâtes dissous verdissent en passant à l’état de sesquichlorures ou de sels de sesquioxyde de chrome. Tous dégagent une vapeur rouge foncée d’acide chlorochromique, quand on les chauffé avec du sel marin fondu et de l’acide sulfurique concentré. Tous les chromâtes solubles sont des poisons assez violents.
Chromâtes de potasse. — Les plus importants des sels de chrome, parce qu’ils servent à préparer tous les autres. Il en existe deux. Le chromate neutre (Cr03,K0) est d’un beau jaune citrin soluble dans l’eau à laquelle il communique sa couleur, même quand il y est dissous en très-petite quantité. L’eau en prend la moitié de son poids à 16". Sa saveur est fraîche, amère, désagréable et persistante; il est vénéneux. On l’emploie à la préparation des chromâtes ; il sert aux indienneurs pour teindre les tissus en jaune avec le secours de l’acétate de plomb. On le prépare lui-même en saturant le bichromate de potasse avec une quantité de potasse égale à ce;le que contenait déjà ce dernier sel.
Le bichromate de potasse est d’une couleur orangé foncé; sa poussière est jaune orange; sa saveur est fraîche, amère et métallique ; il se dissout dans dix fois son poids d’eau froide et dans une quantité beaucoup moindre d’eau chaude; sa composition est 2CrO^,KO. Ce sel sert dans les laboratoires et dans les ateliers de teinture aux mômes usages que.le chromate neutre, mais sa plus grande richesse en acide chromique lui donne des qualités particulières. Il jouit à un plus haut degré que le premier sel des propriétés oxydantes de l’acide chromique; aussi, l’emploie-t-on quelquefois dans la teinture comme rongeant (voyez Teinture). Il peut donc servir, soit comme principe colorant, soit comme substance décolorante.
Le bichromate de potasse s’extrait par le traitement direct de la mine de chrome.
Si on calcine dans un four à réverbère 2 parties de fer chromé avec 1 partie d’azotate de potasse, ce dernier sel se décompose, cède une portion de son oxygène au chrome et le transforme en acide chromique qui s’unit à la potasse pour former du chromate de potasse. Comme la gangue du minerai est quartzeuse, il se produit en môme temps du silicate de potasse et le fer passe dans les scories. Les deux sels à base de potasse sont dissous dans l’eau, puis traités par l’acide acétique en excès. De l’acide silicique se dépose; de plus, la moitié de la potasse est enlevée au chromate de potasse, et le bichromate qui en résulte cristallise par évaporation.
MM. Bécourtet Ghevalieront annoncé que les ouvriers qui travaillent à la fabrication du bichromate de potasse ont la peau fortement attaquée partout où elle est dénudée, et qu’ils sont sujets à la perte de la muqueuse du nez. Ceux qui font usage de tabac à priser paraissent préservés de cet accident.
Chromate de mercure. — Précipité d’un beau rouge foncé, que l’on obtient en versant une dissolution de chromate de potasse dans une dissolution de nitrate de mercure. On l’emploie quelquefois à la préparation de l’oxyde de chrome.
Chromate de plomb. — Sel d’un beau jaune dont on fait un grand usage dans la peinture sous le nom de jaune de chrome. On l’obtient en versant une dissolution de chromate de potasse dans une dissolution d’acétate de plomb. Sa teinte passe du jaune serin au jaune orangé, suivant que le chromate de potasse employé est neutre ou acide. Les teinturiers, qui en consomment également de grandes quantités, opèrent la précipitation sur l’étoffe même qu’ils veulent teindre (voyez Plomb, Teinture).
Chromâtes de soude. — Se préparent comme les chromâtes de potasse avec lesquels ils ont une grande ressemblance, si ce n’est qu’ils sont encore plus solubles qu’eux.
CHROME (26) (Chimie), du grec chrôma., couleur. — Métal dont la couleur rappelle celle de l’étain ; il est très-cassant et très-peu fusible ; aussi n’est-il, par luimême et à l’état de pureté, d’aucune application industrielle ; il n’en est plus de môme des combinaisons qu’il forme et qui sont presque toutes remarquables par leur belle couleur. C’est de là que vient son nom.
On rencontre le chrome dans la nature en combinaison avec le fer et l’oxygène à l’état de fer chromé., en combinaison avec le plomb et l’oxygène dans le plomb chromate ou crocoïde ; on le rencontre aussi en petite quantité dans les aérolithes et dans la serpentine., Verneraude...
Le principal minerai de chrome est le fer chromé que les minéralogistes considèrent comme une combinaison d’oxyde de fer et d’oxyde de chrome (Fe0,Cr203). Ce minerai contient plus du tiers de son poids d’oxyde de chrome; on l’a exploité pendant longtemps en France ; actuellement on le retire surtout des États-Unis, de la Suède et de l’Oural.
Le minerai sert à préparer directement le chromate de potasse (voyez ce mot) ; de ce sel on retire V oxyde de chrome qui sert ensuite à préparer le métal à l’état de pureté. On calcine à cet effet au fende forge un mélange d’oxyde de chrome et de charbon. On obtient par cette première opération une masse poreuse, qui est un carbure de chrome. Cette masse est pulvérisée dans un mortier, mélangée avec quelques centièmes d’oxyde de chrome et exposée dans un creuset brasqué à la plus haute température que l’on puisse obtenir d’un feu de forge. Le carbone du carbure est brûlé par l’oxygène de l’oxyde, et on obtient une masse grise susceptible d’un beau poli,- ne s’altérant pas à l’air sec à la température ordinaire, mais s’y oxydant rapidement au rouge som-
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bre et se dissolvant facilement dans l’acide chlorhydrique; c’est précisément le chrome dont la découverte est due à Vauquelin en 1797.
Chrome (Oxydes de). — Le chrome forme avec l’oxygène de nombreuses combinaisons dont voici les principales :
Le 'protoxyde de chrome (GrO), que l’on obtient en versant de la potasse dans une dissolution bleue de protochlorure de chrome, et qui, combiné avec l’eau, apparaît à l’état d’hydrate sous forme d’une poudre brun foncé. Cet oxyde est très-avide d’oxygène, s’empare promptement de l’oxygène de l’air et décompose môme l’eau à la température ordinaire. Il forme une base puissante et donne avec les acides des sels bien définis, mais se suroxydant facilement à l’air.
Le sesquioxyde de chrome est, au contraire, un composé très-stable. Il est sans action sur l’air et l’eau, est indécomposable par la chaleur, irréductible par l’hydrogène, réductible par le charbon seulement, quand il est intimement mélangé avec lui ; le soufre même au rouge blanc est sans action sur lui; mais à cette température le sulfure de carbone le transforme en sulfure de chrome.
Le sesquioxyde de chrome est vert; il colore en vert les fondants et est employé pour donner cette couleur aux verres et aux émaux. On le prépare de diverses manières, dont la plus simple et la meilleure consiste à calciner dans un creuset, à une chaleur ménagée^ deux parties de bichromate de potasse et un peu plus d’une partie de soufre. La moitié de l’oxygène de l’acide chromique se porte sur le soufre qu’il transforme en acide sulfurique; on obtient du sulfate de potasse et du sesquioxyde rendu impur par quelques traces de soufre. On lave la matière pour la débarrasser du sulfate de potasse, et on la grille ensuite légèrement pour en chasser le soufre. Cet oxyde pulvérulent, vert foncé, est assez facilement soluble dans les acides avec lesquels il forme des sels bien définis, mais la calcination lui enlève presque complètement cette propriété.
On peut aussi obtenir le sesquioxyde de chrome sous forme de petits cristaux ayant la même forme que le corindon^ en décomposant par la chaleur, dans un tube de porcelaine, un courant de vapeur d’acide chlorochromique (GrO-Gl) ; mais cet oxyde ainsi préparé devient un produit cher, que l’on ne rencontre que dans les collections.
Enfin, on prépare un sesquioxyde de chrome hydraté en versant de l’ammoniaque dans une dissolution de sesquichlorure de chrome (Gr^CP). On obtient ainsi une matière gris bleuâtre, facilement soluble dans les acides et présentant cette propriété remarquable, que lorsqu’on la chauffe graduellement, elle devient tout à coup incandescente avant la chaleur rouge et se transforme en sesquioxyde de chrome difficilement attaquable par les acides.
Le sesquioxyde de chrome peut se combiner aux bases. Nous en trouvons un exemple dans le fer chromé ; nous en trouvons un autre dans l’oxyde singulier (Gr0,Gr-03) analogue à l’oxyde de fer magnétique.
Ghrome (Sels de). — Il en existe de deux sortes.
Les sels de protoxyde sont rouges ; leur peu de stabilité les rend sans usage. On les reconnaît au précipité brun foncé d’hydrate que forme la potasse caustique dans leur dissolution, précipité qui se transforme immédiatement en un hydrate brun clair avec dégagement d’hydrogène ; traités par le chlore ou l’acide nitrique, ils se transforment en sels de sesquioxyde.
Les sels de sesquioxyde sont verts, rouges ou violets : les derniers sont les plus communs. Ces trois couleurs paraissent dues à trois modifications d’un môme sel. Le sulfate vert s’obtient en dissolvant le sesquioxyde de chrome dans de l’acide sulfurique concentré à une température de 60 à ou en faisant bouillir le sulfate bleu. sulfate bleu violet s’obtient en abandonnant le sullate vert pendant plusieurs semaines dans un flacon mal bouché ou dans un vase ouvert. Ces deux sels cristallisent le premier en vert, le second en violet avec 15 proportions d’eau. Chauffés à 200” avec un excès d’acide sulfurique, puis débarrassés par la chaleur de cet excès d’acide, ils fournissent un sulfate de sesquioxyde de chrome, de couleur rouge. Ce sel est insoluble d'ans l’eau,
Parmi les sels à oxyde de chrome, Valun de chrome est employé en teinture (voyez Aluns).
Chrome (Chlorures de). — Il en existe deux.
Le proiochlorure blanc donnant des dissolutions bleues
dans l’eau. Il absorbe alors rapidement l’oxygène de l’air et se transforme en oxychlorure de chrome (Cr2Cl-'0). On obtient le protochlorure en faisant passer un courant d’hydrogène sur du sesquichlorure de chrome anhydre dans un tube de porcelaine chauffé au rouge.
Le sesquichlorure de chrome s’obtient en paillettes cristallines, couleur fleur de pêcher, en faisant passer un courant de chlore sur un mélange de sesquioxyde de chrome et de charbon chauffé au rouge. Ces paillettes sont insolubles dans l’eau pure, mais si l’eau contient des traces de protochlorure de chrome, la dissolution du sesquichlorure devient très-prompte et dégage môme de la chaleur. La dissolution est verte et donne par évaporation des cristaux verts. Ces cristaux, chauffés dans un courant d’acide chlorhydrique, perdent leur eau de cristallisation et deviennent violets. M. D.
CHPiOMIQTJE (Acide) (Chimie). — Combinaison d’une proportion (26) de chrome avec 3 proportions d’oxygène (24). Sa foripule est Cr03. On l’obtient en belles aiguilles d’un rouge cramoisi, en versant un demi -volume d’acide sulfurique concentré dans un volume d’une dissolution également concentrée de bichromate de potasse dans l’eau à 60 ou 60". La masse s’échauffe, devient d’un rouge intense et laisse déposer l’acide en cristaux par le refroidissement. Ces cristaux n’étant pas purs et retenant un peu d’acide sulfurique, on les dissout dans l’eau, on traite la liqueur par du chromate de barj^te qui précipite l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte et on fait cristalliser de nouveau.
L’acide chromique est très-soluble dans l’eau ; il est très-peu stable, cède facilement la moitié de son oxygène pour se transformer en sesquioxyde de chrome (Cj-^O^), et devient par là un oxydant très-énergique. Il colore la peau en brun, détruit un grand nombre de substances organiques et pourrait recevoir d’importantes applications s’il était d’un prix moins élevé. Heureusement, ses propriétés se retrouvent presque entières dans les combinaisons qu’il forme avec les bases (voyez Chromâtes).
Une des proportions de l’oxygène de cet acide peut être remplacée par une proportion de chlore, ce qui fournit l’acide chlorochromiqv.e (CrO-Cl). Pour préparer ce dernier produit, on fond dans un creuset 10 parties de sel marin et 17 parties de bichromate de potasse ; la liqueur en fusion est coulée sur une feuille de tôle, concassée après son refroidissement et introduite dans une cornue dans laquelle on verse de l’acide sulfurique concentré. La réaction commence aussitôt ; on l’achève en chauffant légèrement ; il distille un liquide rouge de sang, d’une densité égale à 1,71 et bouillant à 120" : c’est l’acide chlorochromique. Mis au contact de l’eau, ce liquide se décompose en acide chromique et en acide chlorhydrique, en sépai'ant ainsi les éléments d’une quantité d’eau correspondante. M. D.
CH KOMIS (Zoologie), Chromis^ Guv., mot grec, nom d’un poisson. ■ — Genre de Poissons acanthoptéryqiens^ famille des Labroïdes. Ils ont pour caractères les lèvres, les intermaxillaires protractiles, le port des labres, mais les dents en cardes aux mâchoires et au pharynx, et en avant une rangée de coniques ; nageoires verticales filamenteuses; estomac en cul-de-sac; et Cuvier ajoute « mais jamais de cæcums. » De son côté, M. Valenciennes affirme qu’ils ont deux petits cæcums au pylore, et que dès lors ils ne peuvent appartenir à la famille des Labroïdes, »> puisque, dit-il, ils ont un caractère anatomique tout à fait contraire à. ceux de la famille des Labres, et qui consiste dans la présence de deux petits cæcums au pylore. » Or, Cuvier dit positivement à la caractéristique des Labroïdes : « Un canal intestinal sans cæcum ou avec deux caxums très-petits. » D’où il suit que ce caractère ne devrait pas suffire pour les retirer des Labroïdes. M. Milne-Edwards les place aussi dans cette famille. Le Petit Castagneau {Sporus chromis, Lin.) abonde dans la Méditerranée ; c’est un petit poisson d’un brun châtain ; sa chair est peu estimée. Le Labre du iVt/jBolti [Chromis nilotica, L. niloticus, Hasselq.), atteint jusqu’à 0™,66 de long. Il passe pour le meilleur poisson d’Égypte.
CHROMULE (Botanique). — Nom donné par de Candolle et adopté par Pelletier et Caventou, à la matière verte des feuilles, plus généralement connue sous le nom de Chlorophylle (voyez ce mot).
CHRONIQUE (Maladie) (Médecine), du grec chronosy temps. — Maladie qui dure longtemps : on appelle maladie chronique, celle dont la durée dépasse le terme ordinaire des maladies aiguës; mais ce terme, évidem-
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ment, n’est pas le rnôme pour toutes les maladies, d’où il résulte qu’il serait difficile d’appliquer cette définition d’une manière rigoureuse ; aussi, est-on convenu de donner le nom de chronique à toute maladie dont les symptômes se développent, s’accroissent et se succèdent avec lenteur. Une même maladie peut passer, de cette manière, à l’état chronique, après avoir eu une marche aiguë ; dans tous les cas, cette division des maladies en aiguës et chroniques, est purement scolastique et n’a pas une grande importance pour la pratique (voyez Aigue [Maladie]). F — n.
CHRONOMÈTRE ou Garde-temps ( Mécanique, Horlogerie), du grec chronos , temps, et métron., mesure. — Instruments d’une très-grande précision employés sur mer ou dans les observatoires astronomiques à la mesure du temps qu’ils permettent d’évaluer à une fraction de seconde près.
Les chronomètres se divisent en, trois classes : 1® les horloges ou montres marines, qui sont placées à demeure sur les bâtiments; 2® les montres,- plus particulièrement appelées garde-temps, que l’on porte sur soi ; 3® les horloges astronomiques, à pendule, qui sont installées dans les observatoires. Ces derniers instruments, étant à poste fixe, ont une marche bien supérieure aux deux précéde)its, ou du moins sont loin de présenter les mêmes difficultés dans leur mode de construction.^
On trouvera aux articles Horlogerie et Échappement ce qui se rapporte au mécanisme des montres.
Une bonne montre marine est indispensable dans tout voyage au long cours, particulièrement dans les voyages d’exploration entrepris sur des mers peu connues. Elle offre, en effet, le seul moyen pratique qu’un marin puisse avoir de déitxininer en mer la longitude du lieu où il se trouve.
Le soleil effectuant sa révolution apparente autour de la terre en vingt-quatre heures, et la circonférence de la terre à Téquateur étant partagée en 3ti0° dont le vingtquatrième est 15, le soleil parcourt I b° par heure, 1 5' pav minute de temps, 1 5" par seconde de temps ; en sorte qu’au moment où il se trouve dans notre méridien, à notre midi, il y a déjà une heure qu’il a passé au méridien d’un lieu situé à 15® de longitude orientale, et que ce n’est qu’une heure plus tard qu’il passera au méridien d’un lieu situé à 15® de longitude occidentale par rapport à nous. Trois horloges bien réglées pour ces trois lieux marqueront donc en même temps. Tune une heure, l’autre midi, Tautre onze heures. Si, étant munis d’une horloge bien réglée, nous nous avançons vers l’orient, nous verrons notre horloge retarder de plus en plus sur l’heure des lieux que nous traverserons, et à chaque fois que le retard grandira d’une heure, nous pour-ions en conclure que nous avons avancé de î5« de longitude vers l’orient. Le contraire aurait lieu, si nous marchions vers l’occident. On comprend dès lors l’utilité des chronomètres en mer. Tant que les astres sont visibles, le marin peut évaluer, à un moment quelconque, l’heure exacte pour le lieu où il se trouve. En comparant cette heure à celle de Paris, par exemple, il peut en déduire le nombre de degrés de longitude qui le sépare du méridien de cette ville. L’observation des astres lui permet anssi de déterminer exactement sa latitude. Il peut donc pointer sur la carte le lieu des mers qu’il occupe, calculer sa distance au but qu’il veut atteindre ou à l’écueil qu’il doit éviter , et déterminer la marche qu’il doit suivie. Tout cela n’est possible qu’à la condition que son chronomètre gardera bien exactement le temps de Paris, ou du moins s’en éloignera d’une manière régulière et connue. Ajoutons, néanmoins, qu’il est prudent de descendre de temps en temps à terre pour déterminer la longitude par des moyens purement astronomiques, et constater ainsi les écarts accidentels qui pourraient être survenus dans la marche du chronomètre, que des causes nombreuses tendent sans cesse à modifier.
Les montres marines sont fondées sur le même principe que les montres ordinaires; seulement leur construction est infiniment plus soignée. Nous y retrouvons donc le régulateur, V échappement, \Qrouage,\Q moteur.
régulateur, véritable diviseur du temps, et dont la marche règle celle de toute la machine, se compose d’un balancier compensé pour contre-balancer les effets de la chaleur sur la machine, et dont les oscillations sont pro duites par un ressort très-fin, contourné en hélice et appelé spiral (voyez Compensateur).
V échappement est libre (voyez Échappement).
Le moteur est double. Il se compose de deux ressorts d’acier roulés dans deux cylindres creux ou barillets
dentés, agissant dans le même sens sur le pignon de la grande roue des minutes et transmettant leur mouvement de roue en roue jusqu’à la roue d’échappement. L’ensemble de ces roues constitue le rouage. Notre figure représente un chronomètre suspendu dans sa boîte par le système des tourillons A et B, de façon à ne pas participer aux mouvements occasionnés par les vagues.
Dans les chronomètres anglais, le barillet, au lieu d’engrener directement avec le pignon de la roue des minutes, agit sur une fusée (voyez Horlogerie) au moyen d’une chaîne, ainsi que cela se pratiquait dans les anciennes montres. Le ressort diminuant d’énergie à mesure qu’il se détend, tandis que la chaîne agit en
Fig. 553. — Chronomètre.
même temps sur un rayon de la fusée de plus en plus grand, ces deux effets se compensent et la régularité dans la marche devient plus facile à obtenir.
La construction des montres marines a acquis en Angleterre un degré remarquable de perfection. Nos bons chronomètres peuvent aujourd’hui lutter avec les meilleurs chronomètres anglais, mais la réussite n’en est peut-être pas aussi assurée, ce qui tient à ce que la fabrication de ces instruments ne peut avoir en France la même activité qu’en Angleterre. Les perfectionnements les plus importants qui leur aient été apportés sont dus aux Anglais Harrisson, Kendal et Graham, et aux Français Berthoud, Leroy et Breguet. M. D.
CHRYSALIDE Zoologie), du grec chrusos, or, à cause des belles couleurs d’or dont plusieurs chrysalides sont ornées. — C’est le second état par où doivent passer la plupart des insectes pour arriver à l’état parfait. Rappelons ici que les larves des papillons portent le nom de chenilles, que les autres larves sont connues sous le nom devers; ainsi lever blanc, si redouté des cultivateurs et des jardiniers, est la larve du hanneton; celles qui mangent nos fruits sont des larves de diverses espèces, d’insectes. Voilà le premier état; la chrysalide ou nymphe est le second. On peut voir, à l’article Chenille (V. ce mot)
Fig. 6bV — Chenille du papillon machaon.
comment ces insectes semblent pressentir le changement qu’ils doivent subir, et les précautions qu’ils prennent pour s’y préparer et pour mettre leur chrysalide en lieu sûr; on rappellera seulement que, pour qu’ils se dépouillent une dernière fois de leur enveloppe, leur peau se dessèche, se fend au-dessous du dos, la chenille agrandit cette fente et sort de ce fourreau, c’est la dernière mue que la nature lui a assignée; la chrysalide alors, car elle prend déjà ce nom, est molle et gluante ; mais on peut avec la pointe d’une épingle séparer et développer toutes les parties de l’insecte parfait ; quelques heures plus tard, la matière visqueuse s’est durcie et offre une protection solide à l’insecte; en un mot, cette transformation si complète n’a demandé que quelques instants. Aussi n’est-ce pas une vraie métamorphose, et avec un peu d’attention^ dit Olivier, on reconnaît que la chrysalide est un véritable papillon emmuillotté {Dictionnaire
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d'histoire naturelle)'^ en effet, si, dans l’esprit-de-vin, on fait périr une chenille, un jour ou deux avant cette transformation, et si on la laisse dans la liqueur pendant quelques jours, afin que les chairs se raffermissent, on parvient, avec un peu d’adresse et d’attention, à enlever le fourreau de la chenille, à mettre le papillon à découvert, et on peut reconnaître toutes ses parties. Ce déploiement artificiel fait voir qu’elles sont toutes contenues sous la peau de la chenille; elles sont plus repliées, plus resserrées, et autrement arrangées que dans la chrysalide. Toutes les parties extérieures du papillon ont obtenu leur véritable grandeur, et l’on peut se convaincre que les ailes, quelque peu de place qu’elles occupent, ont toute l’étendue de celles de l’insecte parfait. Il y a pourtant des parties qui sont rejetées et qui n’appartiendront plus à la chrysalide, et par suite au papillon : ainsi aucun n’a plus de six pieds ; les dents, les espèces de mâchoires et les muscles qui les faisaient agir dans la chenille restent attachés à sa dernière dépouille; il en est de même des filières qui disparaissent. L’extérieur de la chrysalide se dessèche et se raffermit; on peut la manier sans crainte de la blesser; mais sa partie postérieure seule peut se donner quelques mouvements sur les jointures de ses anneaux. Quant aux changements qui ont lieu dans l’intérieur, ils ne se font pas subitement ; le temps que l’insecte passe sous la forme de chrysalide est employé à le rendre parfait; les organes digestifs se modifient profondément , ceux de la soie s’effacent, etc. Et pour que ces transformations s’opèrent, il a besoin de demeurer un temps plus ou moins long dans une immobilité à peu près complète, inanimé, en quelque sorte.
Fig. 555. — Chrysalide du machaon.
ne prenant aucun aliment et ne vivant que par la respiration. Dans cet état, il est tantôt mou et décoloré, il a eu soin de se choisir une retraite sûre pour y subir sa transformation, et il prend plus particulièrement le nom de yiyrnphe; d’autres fois les parties extérieures se sont endurcies, et, moins soucieux des dangers extérieurs, il se suspend librement ou s’enveloppe d’un cocon, et c’est la vraie chrysalide, parée souvent des plus brillantes couleurs. Après être resté sous cette forme transitoire, un temps plus ou moins long, mais bien plus court qu’à l’état de larve, l’insecte sort de sa chrysalide avec les organes, les formes et les couleurs de l’insecte parfait (voyez Insecte, Métamorphose).
CHRYSANTHÈME (Botanique), Lin.,
du grec chrusos, or, et anthêmon^ synonyme de anthos, fleur. Plusieurs espèces ont les capitules d’un beau jaune d’or. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées , sous-tribu des Anthémidées. Ce genre, très- nombreux en espèces, se divise habituellement en sous -genres caractérisés par leurs akènes et leurs aigrettes. Le genre Pyrethrum de Gærtner y est presque totalement fondu. Les chrysanthèmes sont des herbes à feuilles alternes, dentées ou divisées en lobes; leurs capitules sont à disque jaune et à ligules blanches, jaunes ou rouges. Le C. grande marguerite des prés^ Leucaniheme , OEil de bœuf{C. leucantkemum^'Lm.^ nom spécifique qui contredit celui du genre, puisqu’il veut dire fleur blanche), est une espèce indigène très-abondante, et connue aussi sous le nom de Grande Pâquerette. Elle mériterait, pour ses beaux capitules, d’être cultivée dans nos jardins. Le C. écarlate [C. coccineum, Sims. ; Pyrethrum carnmm, Bieb.) est une belle plante du Caucase ; ses ligules sont pourprées et son involucre est composé d’écailles bordées d’un brun foncé. Le C. inodore {Ci inodorum, Lin.; Pyr. inodorum, Smith), et le C. en corymbe (C. corymbosum , \An. -, Pyr. corymbosum., Wildw) sont deux espèces communes dans nos champs. Elles diffèrent, l’une par un réceptacle ovoïde-conique et des feuilles divisées en segments linéaires, allongés; l’autre, par un réceptacle convexe et des feuilles 8-15 paires de segments aigus. Le C. de Vlnde [C. indicum, Lin.), espèce très en faveur chez les Chinois, a des tiges ligneuses, rameuses, des feuilles molles, divisées, dentées, tes supérieures entières. On obtient une grande quantité
de variétés de cette espèce par la culture ; ses capitules s’épanouissent de septembre en novembre. Les couleurs des capitules sont aussi très -variables dans le C. de la Chine {C. sinense, Sab. ); les feuilles de cette espèce sont coriaces, glauques, sinueuses. On rencontre souvent dans nos moissons le C. des blés {C. segetum.
Lin.) [fig. 556), vulgairement nommé Marguerite dorée. Cette jolie plante a les capitules d’un jaune vif et brillant, d’où lui vient son nom vulgaire, et elle peut fournir une teinture jaune; sa tige est d’un vert glauque, haute de 0“,50, à dessin, rameuse, garnie de feuilles amplexicaules; les capitules solitaires à l’extrémité des rameaux sont presque aussi grands et aussi beaux que dans la grande marguerite. Dans l’Ardennais, cette plante fait souvent le désespoir du cultivateur dont elle étouffe les récoltes. Caractères principaux du genre : fleurs de la circonférence ligulées, celles du disque tubuleuses, à 5 dents; réceptacle nu ; style des fleurs du disque à branches non appendiculées ; akènes cylindriques. G — s.
GHRYSIDE (Zoologie), Chrysides, Latr.,dugrec chrusos, or, à cause de l’éclat de leur couleur. — C’est la sixième tribu des Insectes de la famille des Pupivores ordre des Hyménoptères ; ils ont les ailes inférieures veinées, et leur tarière est formée par les derniers anneaux de l’abdomen à la manière des tubes d’une lunette d’approche, et se termine par un aiguillon ; l’abdomen voûté ou plat en dessous peut se replier contre la poitrine, et l’insecte prend alors la forme d’une boule. Latreille y a établi les genres : Parnopès, Stilbe, Euchrées, Hédychre, E lampes, Chrysis, Clepfe.
CHRYSIS (Zoologie), Chrysis, Latr. — Genre d'insectes (voyez Chryside) distingué des autres genres de la même tribu, parce que les mandibules n’ont qu’une crénelure ou qu’une dent au côté interne; languette entière et arrondie. Ce sont des insectes remarquables par leurs couleurs brillantes, qui égalent l’éclat des pierres précieuses; on les trouve l’été sur les murailles, les vieux bois, souvent sur les fleurs ; ils sont très-vifs et ont le vol léger; quand on les prend, ils se mettent en boule. Le C. enflammé [C. ignita. Lin,), bleu, mêlé de vert, l’abdomen d’un rouge cuivreux doré, terminé par quatre dentelures. Longueur, 0“’,009. Très-commun aux environs de Paris, voltigeant près des trous de murs et des vieux bois.
GHRYSOBALANUS (Botanique), Chrysohalanus, Lin., du grec chrusos, or, et balanos, gland, gland doré. Le fruit de ce genre est d’un jaune d’or et de la grosseur d’une prune. — Genre de plantes type de la famille des ChrysobalanéeSy qui forme le passage entre les Résinées et les Légumineuses, et qui se distingue par des fleurs irrégulières, un ovaire unique à une loge contenant deux ovules, et un fruit drupacé. Ce genre comprend les Icaquiers {soyez ce mot).
GHRYSOGALE. — Voyez Laiton.
GHRYSOGHLORE (Zoologie), Chrysochloris., Lacép. — Genre de Mammifères de l’ordre des Insectivores. Ge sont des animaux souterrains dont le genre de vie est semblable à celui des taupes ; ils ont deux incisives en haut et quatre en bas ; le museau court, large et relevé; leurs pieds de devant ont seuls trois ongles, ceux de derrière cinq. Leur avant-bras est soutenu par un troisième os placé sous le cubitus. Cette disposition leur donne des forces pour creuser la terre. Le C.du Cap, vulgairement Taupe dorée {Talpa asiatica., Lin ), est un peu plus petit que nos taupes, sans queue apparente : « C’est, dit Cuvier, le seul quadrupède connu qui présente quelques
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nuances de ces beaux reflets métalliques dont brillent quelques espèces d’oiseaux, de poissons et d’insectes; » son poil est d’un vert changeant en couleur de cuivre ou de bronze ; on ne peut apercevoir ses yeux. On le trouve en Afrique, et non pas en Sibérie, comme on l’a dit.
CHRYSOMÈLE (Zoologie), Chrysomela^ Lin., du grec chrusos, or. — Genre dû Insectes coléoptères tétramères, de la famille des Cycliques, tribu des Chrysomélines. Caractérisé par un corps plus ou moins ovale, très-convexe ; deux ailes membraneuses, repliées, cachées sous des étuis durs ; antennes plus longues que le corselet; bouche munie d’une lèvre supérieure cornée, de deux mandibules cornées , tranchantes. Ces insectes sont assez petits, les plus grands n’ont pas . plus de 0"*^012 à 0“,0I4 de longueur ; ils sont, en général, parés de belles couleurs écarlate, azur, bleu, vert doré, etc. On les trouve sur les arbres; ils se nourrissent de leurs feuilles et y déposent leurs œufs. Leurs larves rongent les feuilles des arbres. La C, sanguinolente (C. sanguinolenta, Lin ), longue d’environ 0“,009, noire ou d’un noir bleuâtre, se trouve à terre, dans les champs, sur le bord des chemins. La C. du peuplier, la grande C. rouge à corselet bleu^ de Geoffr. [C.
populi^IÀn.) 557), longue
de 0“,012, ovale et arrondie, la tête, le corselet, le dessous du corps et les pattes d’un bleu un peu verdâtre, étuis rouges. Sur le saule et le peuplier.
CHRYSOMÉLINES (Zoologie).-; Tribu d’M.?ec^e5(voyez Chrysomèle), qui a les antennes insérées au-devant des yeux et écartées. Ces insectes ne sautent point. Ils forment un assez grand nombre de genres, dont les principaux sont : les Gribouris, les Clythres, les Eumolpes, les Chrysomèles, les Doryphores, les Timarches .
CHRŸSOPHRYS, Cuv. (Zoologie). — Nom scientifique
Fig:- 5S7. — Chrysomèle du peuplier, avec ses larves.
de la Daurade (Poisson).
CHRYSOPRASE (Minéralogie), Quartz-agathe-prase, Haüy. — Variété de calcédoine, qui, avec la demi-trans< parence, offre une jolie teinte verte, qu’elle doit à un silicate de nickel. C’est la seule qui soit demandée aujourd’hui ; elle est d’un prix assez élevé et on en fait de charmantes parures avec des entourages de diamants. Sa pesanteur spécifique, suivant Klaproth, est de 3,25, tandis que celle du silex ordinaire est de 2,4 ou 2,6 ; c’est cependant une simple variété de silex. On ne l’a trouvée que près de Breslau, en haute Silésie.
CHUTE (Médecine). — On appelle ainsi un déplacement général de tout le corps, de haut en bas ; les effets de la chute sont excessivement variés, depuis une innocuité parfaite jusqu’aux accidents les plus graves, et même la mort. Il n’est donc pas possible, d’après cela, d’entrer ici dans aucun détail à cet égard. On donne encore le nom de chute au dérangement, au déplacement ou même à la séparation complète d’une partie du corps : ainsi on connaît la chute de la paupière supérieure, du rectum, de la luette, etc. Dans certaines maladies, on voit aussi survenir la chute des cheveux ; la chute des dents arrive le plus souvent par les progrès de l’âge ; la chute des ongles succède aussi à des affections chirurgicales des doigts, telles que contusions, écrasements, pa-
naris, etc.
CHUTE DES CORPS (Physique). — Mouvement que prennent les corps lorsque, abandonnés à eux- mêmes, ils tombent vers la terre.
Dans l’air, les corps tombent avec des vitesses inégales. Les corps d’une grande densité, comme le plomb, tombent rapidement; les corps d’une densité faible, comme le duvet, tombent avec une extrême lenteur. Mais comprimons le duvet entre les doigts de manière à en former une petite boule, et réduisons le plomb en feuille extrêmement mince, il pourra arriver que le duvet tombe plus vite que le plomb.
Dans un tube que l’on a vidé d’air, tous les corps, lourds ou légers, tombent avec la même vitesse. S’il en est autrement dans l’air, la cause en est due à la résistance de ce gaz, résistance qui peut nous paraître insensible quand nous marchons lentement,, mais qui devient très-manifeste quand nous sommes entraînés par
la vapeur. Cette résistance de l’air au mouvement des corps est d’autant plus grande qu’ils lui présentent une surface plus étendue ; elle est d’autant plus efficace que le corps sous un même volume contient une moindre masse. La nature du corps, en dehors de ces deux conditions, est sans effet sur le phénomène. Ce fut Galilée qui, le premier, découvrit la cause de l’inégale rapidité de chute des divers corps. Il façonna avec des substances très-diverses de petites boules, toutes de même dimension, et les laissa tomber en même temps du haut de la tour de Pise. Toutes ces boules touchèrent le sol presque au même moment. En les déformant de manière qu’elles présentassent à l’air des surfaces inégales, il recommença l’expérience ; il les vit atteindre le sol à des moments très-éloignés l’un de l’autre.
Ce fut également Galilée qui, le premier, détermina les lois suivant lesquelles s’effectue la chute des corps, et, pour se garantir de l’influence retardatrice de l’air, il ralentit considérablement la vitesse du mouvement en l’effectuant sur wi plan incliné, au lieu de le laisser se produire suivant la verticale. L’appareil dont il se servit consistait simplement en une pièce de bois creusée dans
Fig 558. — Machine d Alwood.
le sens de sa longueur d’une gouttière hémicylindrîque, qu’il inclinait plus ou moins à l’horizon, et sur laquelle il faisait rouler une balle de cuivre. Il trouva ainsi que les espaces parcourus, comptés du point de départ, croissaient proportionnellement au carré des temps employés pour les parcourir. Grimaldi, Riccioli, Newton et Désaguiilers, vérifièrent cette loi par de nouvelles expériences*
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mais la machine la plus ingénieuse et la plus généralement employée à cette étude est celle qui fut imaginée, en 1782, par Atwood, professeur à l’université de Cambridge. Nous en donnons ici une figure. Elle se compose d’une colonne en bois F, au sommet de laquelle se trouve une poulie très-mobile AB, dont l’axe appuie par chacune de ses extrémités sur une paire de poulies à jantes croisées, dans le but de diminuer les frottements de cet axe. Sur la gorge de la poulie principale, passe un cordon de soie très-fin dont les deux extrémités supportent deux masses égales. Ces deux masses s’équilibrent donc mutuellement; mais si l’on vient à ajouter à l’une d’elles une petite masse additionnelle, l’équilibre est rompu, les deux masses sont entraînées simultanément d’un mouvement d’autant plus lent, que la masse additionnelle est plus petite par rapport à la masse totale entraînée. La chute peut donc ainsi être autant ralentie qu’on le désire. Pour mesurer les espaces parcourus, on a disposé verticalement dans la machine une règle CD divisée en centimètres, et, pour mesurer les temps, cette machine est en outre munie d’un pendule à secondes H. Pour faire l’expérience, l’un des poids étant chargé de sa masse additionnelle calculée convenablement, on le soulève jusqu’au zéro de l’échelle, où on l’appuie sur une petite lame de cuivre qui s’abaisse d’elle -même, par l’effet du mouvement d’horlogerie au commencement
d’une seconde. A la division 10 de la règle divisée on fixe un plan de cuivre P, et on fait osciller le pendule. A un certain moment le corps tombe, et à l’instant où bat la seconde sôivimte, il ^icnl beurler le plan P;
0“,I0 ont donc été parcourus pendant la première seconde. En recommençant l’expérience et mettant le plateau P à la division 40, il faudra deux secondes au poids pour l’atteindre ; on trouverait de même qu’il lui faudrait trois secondes pour arriver à la division 90, et ainsi de suite. Les espaces parcourus dans des temps 1®, 2®, 3®... sont donc entre eux comme les nombres 1,
La vitesse de la chute des corps augmente à mesure que se prolonge la durée de cette chute ; elle croît proportionnellement à cette durée, devenant double au bout d’un temps double, ainsi que la machine d’Atwood permet de le vérifier en supprimant à un certain moment la masse additionnelle par le moyen d’un curseur annulaire P'. Cette vitesse est égale dans la chute libre à 9“,809 au bout de la premiè^re seconde, 9“,809 X 2 au bout de la deuxième seconde... Au bout de dix secondes, elle serait de 98“,09y c’est-à-dire que, si au bout de ces dix secondes, la pesanteur cessait tout à coup d’agir sur le mobile, celui-ci continuerait sa route avec sa vitesse devenue constante et capable de lui faire parcourir 98“,09 en une seconde.
Récemment, le général Morin, directeur du Conservatoire des arts et métiers, a imaginé pour la vérification des mêmes lois une machine fondée sur un principe dont il a su tirer, dans plusieurs circonstances, un excellent i
parti. Nous en donnons ici une vue de profil. Elle se '
compose d’un cylindre vertical en bois M, mobile autour de son axe au moyen d’une vis sans fin dont il est muni à son extrémité supérieure, et qui engrène avec une roue !
dentée R mue par un poids P. Un petit moulinet à ailettes <
verticales L, mobile en même temps que le cylindre, sert '
à rendre uniforme la marche de celui-ci. En avant du :
cylindre, en m, se trouve une masse de fonte retenue par un crochet et munie d’un crayon dont la pointe appuie doucement sur la surface du cylindre. Lorsque la marche du cylindre est régulière, on lâche le poids m qui i
tombe verticalement ; mais, comme pendant sa chute la |
surface du cylindre se déplace horizontalement, le crayon j
y dessine une courbe dont l’inspection conduit à la vé- ,
rification des lois indiquées plus haut. ,
La rapidité de la chute des corps croissant avec la i
durée de cette chute, on comprend que l’intensité du j
choc d’un corps sur le sol s’accroisse avec la hauteur I
d’où il est tombé. La résistance de l’air peut cependant ]
modifier ce résultat ; comme elle croît avec la vitesse, elle peut, pour une vitesse donnée, devenir égale à la ■ pesanteur du corps qui tend à accélérer la marche de celui-ci. Cette marche devient alors uniforme, et la vitesse constante. C’est, en particulier, l’effet produit par les parachutes.
Chute d'e.4u (Mécanique appliquée). — Passage brusque d’un cours d’eau d’un niveau à un autre. Les chutes d’eau sont naturelles ou artificielles; dans ce dernier j cas, elles sont produites par un barrage établi en travers du lit d'un ruisseau, d’une rivière ou d’un fleuve. ■
Le niveau de l’eau s’élève au-dessus du barrage ; sa i
pente s’affaiblit, et par conséquent aussi sa vitesse. Et comme, en somme, il doit toujours passer, en moyenne, la même quantité d’eau pendant le même temps, la section du cours d’eau doit être augmentée d’autant plus que sa vitesse est plus amoindrie. Les mê‘mes effets se reproduisent au-dessous du barrage par l’abaissement du niveau de l’eau en ce point.
La force ou puissance dynamique d’une chute d’eau peut se calculer aisément. Supposons d’abord que l’eau s’écoule en déversoir par-dessus le barrage ; l’eau pas- * sant ainsi du bref d'amont dans le bief d'aval, tombera d’une hauteur égale à la différence des deux niveaux de Teau dans les deux biefs; le travail de la pesanteur sur cette eau sera donc égal au poids P de l’eau qui coule en une seconde, multiplié par la hauteur de la chute ou PH. Prenons pour exemple la chute d’eau provenant du barrage efi'ectué sur le petit bras de la Seine, au-dessous ; du pont Neuf, à Paris. Ce bras, au moment des basses « eaux, débite environ 100 mètres cubes ou 100 000 kil. d’eau par seconde; la hauteur totale de la chute peut s’élever à 1“,50 ; le travail par seconde serait 160 000 kilogrammètres, et la puissance théorique de la chute de 2 000 chevaux-vapeur, un cheval-vapeur correspondant * à 75 kilogrammètres par seconde. Cette force croîtrait | avec l’abondance des eaux. j
Supposons maintenant que l’eau , au lieu de passer 1 par-dessus le barrage, s’écoule par-dessous, au moyen i d’une vanne établie de façon à laisser passer toute l’eau <
qui arri>e à la chute. D’après le théorème de Tor- |