CHY
ricelli (voyez Écoulement}, la vitesse de l’eau sor-
tant de la vanne sera égale à Y=\/'2gli\ H' exprimant la hauteur du niveau dans le bief d’amont, au-dessus du centre de la vanne. La puissance vive de cette eau sera
M étant la masse de l’eau et V sa vitesse. C’est la
quantité de travail que lui a donnée la pesanteur à la chute. Si nous remplaçons V par sa valeur donnée précédemment, nous aurons
MV2 M X 2ÿH' 2 2
= Mi/ X H'.
Or, est le poids P de l’eau qui passe ; la quantité de travail donnée à l’eau qui traverse la vanne sera donc PH', c’est-à-dire exactement la même que si l’eau eût passé par-dessus le déversoir pour tomber d’une hauteur H'. Une fois arrivée au niveau du centre de la vanne, elle continue à tomber jusqu’au niveau de l’eau dans le bief inférieur.
De toute manière, la puissance d’une chute d’eau a donc pour expression PH. Cette puissance est utilisée par récepteurs hydrauliques auxquels elle se transmet, en partie. Il faut, en effet, toujours bien distinguer la puissance théorique ou absolue PH d’une chute d’eau, de la portion de cette puissance qui est recueillie par les récepteurs ; cette portion varie beaucoup avec la nature et l’état d’entretien du récepteur, et peut osciller entre 0,12 et 0,80 de la puissance théorique. C’est le travail absolu seul qu’il convient d’introduire dans les actes réguliers auxquels peut donner lieu la vente ou la location d’une chute d’eau, à moins qu’au lieu de louer la chute, on ne loue le récepteur dont on se réserve l’entretien (voyez Roues hydrauliques). M. D.
CHYLE (Physiologie), en grec chulos, humeur. — C’est le nom que l’on donne au liquide qui forme le sang. La source en est dans les produits de la digestion, et son élaboration est le résultat de cette fonction. L’aspect de ce liquide varie suivant la nature des aliments et suivant les animaux chez lesquels on l’observe; c’est en général un suc blanc laiteux, d’une odeur particulière et d’une saveur salée et alcaline. Longtemps on l’a regardé comme le produit unique et complet de la digestion ; on ne peut aujourd’hui conserver de telles idées, puisqu’on sait qu'une partie notable des produits digestifs provenant des matières saccharoïdes et albuminoïdes, prend la route des veines et passe à travers le foie (voyez Foie, Veines), Ce qui caractérise le chyle, c’est l’abondance des matières grasses ; le chyle laiteux crème comme le lait, et même, lorsqu’il est simplement opalescent, ce liquide montre encore au microscope de nombreux globules graisseux ; aussi doit-on le regarder comme l’émulsion graisseuse produite sous l’influence du suc pancréatique et comme représentant surtout les produits de la digestion des corps gras. Cette émulsion a pour base la dissolution qui imbibe la masse alimentaire, de telle sorte que le chyle renferme aussi de l’albuminose et des quantités plus ou moins grandes de sucre. Mais les vaisseaux chylifères (voyez ce mot) paraissent être le chemin particulier que suivent les matières grasses pour arriver dans le sang. Du reste, à mesure que le chyle avance dans l’intérieur des vaisseaux lymphatiques, il se charge d’une quantité de plus en plus considérable de fibrine, il prend en môme temps une teinte rosée, et sa nature se rapproche de plus en plus de celle du sang avec lequel il va s’unir dans la veine sous-çlavière gauche^ où débouche le canal thoracique,
CHYLIFÈRES (Vaisseaux) (Anatomie, Physiologie).
On nomme ainsi des espèces de canaux vasculaires destinés à transporter le chyle. En 1622, Aselli, professeur à Payie, découvrait que si l’on ouvre un animal pendant la digestion d’un repas copieux, et surtout riche en matières grasses, on aperçoit dans le mésentère, à côté des vaisseaux sanguins, d’autres vaisseaux rendus visibles par un liquide blanc laiteux qui les remplit ; Aselli les nomma vaisseaux lactés; mais le liquide qu’ils contiennent ayant été appelé chyle, les physiologistes les nommèrent chylifères; ils naissent de divers points de l’intestin gi ôle, abondent surtout dans sa première portion, sont moins répandus dans la dernière et deviennent rares dans le gros intestin ; leurs premières racines, très-fines d abord, s’unissent, forment des rameaux plus gros, puis quelques troncs principaux qui, en avant de la colonne vertébrale, un peu au-dessous du diaphragme, constituent un renflement nommé le réservoir ou la citerne de Pecquet. De là, part un canal unique, nommé canal
thoracique, qui réunit en même temps les chylifères et tous les vaisseaux lymphatiques absorbants nés des divers points du corps. Ce canal chemine le long de la colonne vertébrale et un peu à gauche, à côté de l’artère
cy
et
Fig. 860. — Système absorbant intestinal veineux et chylifère, chez l’homme (1).
aorte et jusqu’au niveau des clavicules; là, il vient se jeter dans la veine sous-clavière gauche. L’origine des chylifères dans l’intestin et à sa surface, se fait par le moyen des villosités intestinales, petits filaments d’une nature membraneuse, existant en nombre incommensurable sur toute la surface de la muqueuse. Chacune de ces villosités est l’origine d’un ou de plusieurs vaisseaux chylifères, et leur constitue une sorte de racine plongeant dans la masse alimentaire.
CHYLIFIGATION (Physiologie). — C’est l’ensemble des phénomènes chimiques qui concourent à l’élaboration du chyle. A mesure que la digestion stomacale s’effectue, le chyme (voyez ce mot) glisse vers l’ouverture du pylore et franchit, pour pénétrer dans le duodénum, le sphincter de cet orifice, qu’il ferme à toute matière incomplètement digérée. • — La première portion de l’intestin est arrosée par deux liquides qui, versés sur le chyme, y déterminent de nouveaux changements ; ces deux liquides sont la hile et le suc pancréatique .
a. La bile, sécrétée par le foie, est un liquide d’un vert sombre, amer et nauséabond, à réaction alcaline, et sa composition chimique rappelle la nature des savons (voyez Bile);
b. Le suc pancréatique a surtout été étudié depuis que M. Cl. Bernard, dans des expériences à la fois ingénieuses et célèbres, l’a extrait en quantité suffisànte du corps des animaux vivants et a démontré son rôle dans le travail digestif. Ce liquide est clair et incolore, et ressemble complètement à la salive par ses propriétés physiques ; mais il contient un principe spécial nommé dans ces derniers temps pancréatine, et qui lui donne des propriétés chimiques toutes particulières.
A son arrivée dans le duodénum, le chyme est arrosé par ces deux liquides ; il y reçoit de la bile une coloration jaune, légèrement verdâtre ; mais bientôt apparaissent à sa surface des filaments d’une matière blanche, lactescente, très-riche en graisse, et que l’on nomme le chyle. On a beaucoup expérimenté pour déterminer le rôle respectif de chacun des deux liquides dans la chylification. La bile paraît surtout destinée à neutraliser l’acidité du chyme ; on ne peut dire autre chose de positif sur ce liquide ; son véritable rôle est encore très-obscur et a donné lieu à une foule d’hypothèses que je m’abstiens de signaler ici.
On connaît mieux l’action du suc pancréatique. Dès 1845, MM. Bouchardat et Sandras ont démontré qu’il déterminait la transformation des fécules en glucose, et complétait ainsi, après la désorganisation accomplie dans l’estomac, l’action incomplète de la salive. Quelques années plus tard, M. Cl. Bernard lui découvrit une action
(1) Fig. 560. — Le canal thoracique et les vaisseaux chylifères chez l’homme ; la veine porte et les veines de l’intestin. — i, portion de l’intestin grêle suspendue à un lambeau du mésentère, qui contient les veines et les vaisseaux chylifères correspondants. — d, diaphragme. — f, foie. — vp, veine porte, qui réunit les veines de l’intestin et va se ramitier dans le foie, d’où le sang est ramené dans la veine cave inférieure et de là au cœur droit. — O, origine du canal thoracique, réservoir de Pecquet. -— et, canal thoracique qui reçoit les chylifères et les lymphatiques. — cv, abouchement du canal thoracique dans la veine sous-clavière. — ves, veine cave supérieure.