COE
coction, tel n’a pas été le sens que les anciens ont voulu donner à cette expression qui représentait pour eux l’idée d’une élaboration de ces substances en vertu de laquelle elles étaient transformées en une matière, homogène nommée chyme, destinée elle-même à do nouvelles transformations, de nouvelles coctions, avant d’être converties en sang. Voilà le sens métaphorique que les anciens donnaient à ce mot en physiologie.
^ Ces quelques mots pourront faire comprendre la théorie de la coction dans les maladies aiguës, due à Hippocrate qui l’a énoncée brièvement. Une maladie aiguë qui se termine heureusement passe par trois états : crudité, coction, crise. Dans le premier état, il y a dureté du pouls, sécheresse, aridité delà peau, de la langue, etc., et, par conséquent, suppression générale ou partielle des excrétions. Cet état dure plus ou moins longtemps, jusqu’à ce que les matières morbides, changées, élaborées pendant ce travail de crudité, deviennent enfin mobiles et propres à être évacuées; c’est à raison de cette mobilité que la nature médicatrice les pousse, les dirige vers les émonctoires naturels, tels que la peau, les reins, les intestins, etc. Alors la circulation rentre dans son mouvement naturel, la peau s’adoucit, s’humecte, les évacuations reprennent leur régularité; la coction est opérée et a amené à sa suite la troisième période, celle des crises (voyez ce mot). Ges considérations, que nous ne pouvons développer plus longuement, ont une grande importance au point de vue du traitement des maladies, qui doit toujours être dirigé en vue de favoriser la marche régulière de chacune de ces périodes. F — n.
CODÉINE (Chimie) (C36H2iAz06). — Alcaloïde qui se rencontre dans l’opium en même temps que la morphine et la narcotine. Il est constitué par des cristaux octaédriques à base rhombe, d'une grande netteté ; sa saveur est amère; sa solubilité dans l’eau plus grande que celle de la morphine; son action sur les réactifs colorés, nettement alcaline. Il fond vers 150" et perd alors deux équivalents d’eau de cristallisation. — La codéine se distingue nettement de la morphine par son insolubilité dans les alcalis en solution dans l’eau, par l’absence de coloration au contact de l’acide azotique et du sesquichlorure de fer. — On l’obtient, comme produit secondaire, dans l’extraction de la morphine. Les chlorhydrates de morphine et de codéine sont obtenus simultanément. On les traite par l’ammoniaque qui précipite la morphine, et forme avec la codéine un chlorhydrate double de codéine et d’ammoniaque. Le sel double, qui demeure dissous, est traité par la potasse pour en séparer la codéine sous la forme d’une masse visqueuse qui, à la longue, devient cristalline. Ce dernier produit est lui-même soumis à l’action de l’éther aqueux, qui le dissout en partie et abandonne ensuite la codéine cristallisée. — La codéine a été quelquefois employée en médecine comme calmant. Elle agit principalement sur les nerfs de la région hypogastrique. Découverte par Robiquet, en 1832.
CODEX. — Voyez Formulaire, Dispensaire.
COECüM et mieux C.ecum (Anatomie), du latin cœcus, aveugle. — C’est le nom que l’on donne à la première portion du gros intestin; celui-ci reçoit l’intestin grêle par côté et commence lui-même par un cul-de-sac trèsdéveloppé chez les herbivores, presque nul chez les car-
Fig. 585. - Cæcum do l’homme (1). Fig. 586. - Valvule iléo-cæcale (2).
nivores et nettement indiqué dans l’homme : c est le cæcum (de cœcus). Il est muni, chez ce dernier et chez
(lï Fie. 585. Cæcum de l’homme. — i, intestin grêle, son usertion dans le gros intestin.—- cœ, cæcum avec son appenice vermiculaire au. — co, côlon ascendant.
(a) Fie. 586. Dessin linéaire de l’abouchement de 1 intestin rêle dans le gros intestin, et de la disposition de la valvule i eoæcale. — i, intestin grêle. — ig, gros intestin. — cœ, cæcum. — V, appendice vermiforme.
CCE
COË
quelques animaux très-voisins, d’un petit prolongement contourné nommé appendice vermi forme ^ et qui semble une portion avortée de ce cul-de-sac membraneux. L’intestin grêle pénètre dans le gros intestin par sa face postérieure, à peu près perpendiculairement à sa direction générale. En s’y abouchant, il forme un repli intérieur en entonnoir dont le bec dirigé vers le gros intestin ne laisse passer que les matières qui doivent y pénétrer, puis se rebrousse et fait obstacle dès qu’il s’en présente pour revenir en sens inverse. Ce repli a reçu le nom de valvule de Bauhin^ valvule iléo-cœcale, parce qu’elle est placée sur la limite du cæcum et de l’intestin grêle dont la dernière moitié environ porte le nom dû iléon. Le cæcum se continue avec la portion du côlon nommé côlon ascendant (voyez Côlon).
CODEX MÉDICAMENTAIRE (matière médicale), recueil de formules pharmaceutiques (voyez Dispensaire).
COEFFICIENT (Mathématiques). — Lorsqu’une quantité désignée par une lettre est multipliée par un facteur numérique, on écrit le facteur au-devant de cette quantité, et on l’appelle coefficient. Ainsi, dans l’expression 6a;2, 5 est le coefficient.
COENDOU (Zoologie), Synetheres., F. Cuv. — Genre de Mammifères rongeurs, de la tribu des Porcs-épics., de F. Cuvier (voyez ce mot) ; caractérisé surtout par une queue longue, nue au bout et prenante comme celle d’un sapajou ; leurs pieds n’ont que quatre doigts armés d’ongles, au moyen desquels ils grimpent aux arbres ; ils ont le museau gros et court, garni d’épaisses moustaches ; la tête bombée au front. Leurs sens paraissent obtus, les yeux sont petits, saillants, les paupières très - étroites ; le pelage est presque entièrement formé d’épines tenant à la peau par un pédicule très-mince ; aussi tombentelles avec une grande facilité. Ces animaux vivent sur les arbres dont iis mangent l’écorce, les feuilles et les fruits. Leurs mouvements sont lents; on ne les a encore trouvés que dans l’Amérique méridionale. La seule espèce bien connue est le C. à longue queue (S. pre/iensilis., F. Cuv.), long de 0™, 36.
COENUBE (Zoologie) , — Voy . Ténia, Vers intestinaux.
CCEUR (Anatomie), cor des Latins, kardia desÆrecs. — Organe qui a pour fonction de chasser le sang' dans toutes les parties du corps. Chez l’homme, les mammifères et les oiseaux, le cæur est un organe charnu placé au milieu de la poitrine, sous le sternum et entre les deux poumons. Son volume chez l’homme est un peu plus grand que le poing fermé ; il a la forme d’un cône émoussé, dont la base est dirigée en haut, vers la droite et un peu en arrière, tandis que son sommet ou sa pointe est dirigée en bas, à gauche et un peu en avant, de manière à venir battre entre la cinquième et la sixième côte gauches.
Le cæur est un muscle creux divisé en quatre cavités. Une cloison longitudinale, s’étendant delà base au sommet le partage en deux moitiés semblables ; à chacune de ces deux moitiés sont dévolues des fonctions spéciales, de telle
ca ca
pulsion de la circulation du sang noir; le cœur gauche^ centre d’impulsion de la circulation du sang rouge. Chez l’homme, les mammifères et les oiseaux, il n’existe au-
Fig. 887, — Face antérieure du cœur de l’homme (1).
façon que l’on considère habituellement les deux moitiés du cæur comme distinctes : le cœur droit, centre d’im-
588. Vues antérieure et postérieure du cœur de 1 homme. — O', oreillette droite. — V', ventricule droit. — O, oreillette gauche. — V, ventricule gauche. — aa, artère pulmonaire. — vp, veines pulmonaires gauches. — vp\ veines pulmonaires droites. — es, veine cave supérieure. — ci, veine cave inférieure, — ca, tronc commun de 1 artère du bras droit et du côté droit de la tête. — c, artère du coté gauche de la tête. — a, artère du bras gauche.
Fig. 588. — Face postérieure du cœur de l'homme.
Cime communication du cæur gauche au cæur droit, de sorte que, dans le cæur, le courant du sang noir et celui du sang rouge passent à côté l’un de l’autre sans se mêler en rien. Bien que reliées entre elles par des fibres musculaires, les cavités gauches et les cavités droites offrent dans leurs mouvements une simultanéité et une dépendance réciproques qui seront expliquées plus loin.
A la même hauteur et du côté de sa base, une cloison transversale divise en deux cavités chaque moitié du cæur. La plus petite, placée à la base, se nomme ore«7lette; l’autre, plus vaste, s’étend jusque dans la pointe du cæur, c’est le ventricule. La cloison qui sépare chaque oreillette de son ventricule est percée à son centre d’un grand orifice de communication que l’on appelle Vorifice auriculo-ventriculaire. Son pourtour est garni d’un repli membraneux disposé en valvule et qui joue un rôle trèsimportant pour assurer la direction du courant sanguin. Il résulte donc de ce qui vient d’être dit que le cæur de l’homme et des animaux supérieurs est divisé en quatre compartiments :
Cœur
( oreillette droite,
( ventricule droit.
e-auche I «l’eblette gauche.
° I ventricule gauche.
Chaque oreillette communique par son orifice auriculo-ventriculaire avec le ventricule correspondant; il y a séparation complète entre la moitié droite et la moitié gauche du cæur. Les oreillettes ont pour fonction de recevoir le sang ramené au cæur par les veines ; les ventricules poussent, au contraire, dans les artères le sang que contient le cæur. Il ne faut donc pas oublier que tout vaisseau aboutissant à une oreillette est une veine et que les ventricules ne communiquent directement qu’avec les artères. On ne comprend la circulation du sang que lorsque tous ces faits s’offrent à l’esprit comme découlant réciproquement les uns des autres.
La base du cæur est percée de plusieurs gros vaisseaux dont les uns apportent, les autres emportent le sang. Le tableau suivant fera saisir brièvement et d’une manière précise ce détail de l’appareil circulatoire.
2 veines pulmonaires gauches.
2 veines pulmonaires droites, l’artère aorte, la veine cave supérieure.
la veine cave inférieure.
^ Tous ces vaisseaux tiennent au cæur par sa base et l’attachent aux parties voisines, mais sa surface latérale et son sommet sont complètement libres.
La structure du cœur est simple : c’est un muscle creux formé de deux moitiés, à fibres musculaires bien distinctes, puis relié en un seul et môme organe par des fibres qui passent d’une moitié à l’autre. La principale couche organique des parois du cæur est donc formée par les fibres musculaires et son épaisseur varie dans les divers points de l’organe. Elle est faible au niveau des oreillettes et plus considérable pour les ventricules; mais les parois du ventricule gauche sont les plus épaisses et
op
f gauche
/ Oreillette gauche.. <
i sang rouge.
' ventricule gauche.
Cœur \
l droit
( oreillette droite. . . /
'sang noir. . .
' ventricule droit. . .