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se montrent assez communément triples en épaisseur de celles du ventricule droit.
L’intérieur des cavités du cœur est tapissé par une membrane extrêmement lisse sur laquelle le sang passe sans résistance; on la nomme endocarde (en grec end on,, en dedans, et kardia,, cœur); elle se continue dans l’intérieur des vaisseaux dont la capacité est en communication avec celle du cœur. Enfin, extérieurement, le cœur est revêtu par une séreuse nommée \q péricarde (du grec péri,, autour; kardia) ; son feuillet viscéral couvre toute la surface libre du cœur, puis se réfléchit au niveau de sa base et des gros vaisseaux qui y sont fixés; là commence le feuillet pariétal du péricarde. Logé avec le cœur entre les deux feuillets de la cloison médiane [médiastin) formée dans la poitrine par les deux plèvres,, ce feuillet pariétal forme autour du cœur un sac membraneux qui le protège contre tout frottement.
Pour les maladies du cœur (voyez Anévrysme, Endo cARDiTE, Hypertrophie, Insuffisance.
Nous avons dit quel était le cœur chez l'homme et dans une grande partie des vertébrés; dans les autres
Fig. 589. — Cœur, poumons et Taisseaux d’une grenouille (1).
déjà, cet organe, qui est la partie la plus compliquée de l’appareil circulatoire, nous montre des imperfections remarquables. Dans la classe des reptiles et dans celle des amphibies, le cœur, au lieu de quatre cavités, n’en a plus que trois ; on y trouve encore deux oreillettes, mais elles s’ouvrent dans une seule et même cavité ventriculaire, de sorte que le sang noir et le sang rouge se mêlent dans le ventricule unique d’où naissent en môme temps l’aorte et l’artêre pulmonaire; il résulte de là que ce sang mêlé est porté en même temps dans le poumon pour y subir les effets de la respiration et dans toutes les parties du corps pour les nourrir; c’est pour cela que G. Cuvier a donné à ce phénomène le nom de circulation incomplète,, par opposition à ce qui se passe chez l’homme et les animaux supérieurs, où la circulation est dite complète, Dans la classe des poissons [fig. 590), le cœur n’a plus que deux cavités, une oreillette et un ventricule-, qui représentent seulement les cavités droites du cœur, celles que traverse le sang noir, ce qui lui a fait donner le nom de ccmr veineux. Le cœur gauche est remplacé par un système de vaisseaux qui, après avoir porté le sang dans l’appareil respiratoire, le ramènent dans une grande artère, Vartère dorsale,, destinée à l’envoyer dans toutes les parties du corps. Dans la plupart des mollusques et chez les crustacés parmi les annelés, l’appareil circulatoire est encore pourvu d’un cœur, mais il n’est jamais double; il se compose ordinairement d’une ou de deux oreillettes recevant le sang qui sort de l’appareil respiratoire, et d’un ventricule qui pousse ce sang dans les artères du corps; ce cœur peut donc être comparé aux cavités gauches du cœur de l’homme et on lui a donné, à cause de cela, le nom de coeur aortique. Dans les insectes, le cœur n’est plus représenté que par un vaisseau contractile situé le long de la ligne médiane dorsale de l’abdomen ; ce vaisseau dorsal est animé d’un mouvement régulier de contraction qui fait marcher le sang de son orifice postérieur vers son extrémité opposée ; il se
(1) Fig, 589. Cœur, poumons et vaisseaux d’une grenouille.
O, oreillette gauche. — O', oreillette droite. — V, ventricule
unique. — t, artère et carotides, — 2, crosse de l’aorte. 3
aorte descendante. — 4, artères pulmonaires. — 5, 6, veines
pulmonaires, — 7, 8, artères qui vont aux bras et au cou.
veine cave inférieure. — P P, poumons.
pimlonge dans le thorax en un vaisseau que l’on peut considérer comme une aorte. Dans les annélides, quoique
les vaisseaux soient très-développés, on n’y trouve pas de véritable cœur.
Coeur (Zoologie). — Ce nom était très-employé autrefois en Conchyliologie pour désigner, même comme genres, un assez grand nombre de Coquilles dont la forme a quelque ressemblance avec un cœur, et cela sans tenir compte des véritables caractères distinctifs. Elles sont aujourd’hui réparties dans différents genres, tels que les Bucardes,, les Cardites, les Arches,, les Hippopes,, etc. Ainsi le C. blanc de Vénus est le Cardium cardissa,. Lin. ; le C. de bœuf [Cardium isocardia,, Lin.) ; le C. de la Jamaïque [Area senilis, Gmel.); le C. des bides [Area fusca,, Gmel.); le C. de perdrix [Chama antiquata^ Lin.), etc.
Cœur (Botanique). — On a donné ce nom vulgairement à quelques végétaux ou à quelques fruits auxquels on a cru trouver plus ou moins de ressemblance avec le cœur; ainsi :
Cœur de rœuf. — Fruit d’une espèce de Corossolier, le C. écailleux [Anona squamosa. Lin.). Cet arbre est cultivé dans les deux Indes à cause de l’excellence de ses fruits ; ils sont d’un vert noirâtre, leur chair est blanchâtre, presque semblable à de la bouillie, d’une odeur suave et d’une saveur très-agréable. Le môme nom de cœur de bœuf a aussi été donné au fruit du C. réticulé [Anona reticulata. Lin.), qui est d’un goût désagréable (voyez Anone). C’est aussi le nom vulgaire que l’on donne à la pomme d’une variété de chou.
Coeur des Indes. — C’est la graine des plantes du genre Corinde [Cardiospermum, Lin.).
Cœur de saint Thomas. — On appelle ainsi en Amérique le fruit d’une espèce d’acacie, VAcacie grimpante [Acacéa scandens , Lin.) , dont la gousse a souvent près de 1 mètre de long, et les graines comprimées lenticulaires ont jusqu’à 0'“,08 de diamètre. Ces graines sont bonnes à manger, on les cuit, on les rôtit comme des châtaignes et on les dépouille de leur peau épaisse, coriace et presque ligneuse. Comme on les trouve souvent sur les bords de la mer, où elles sont entraînées par les eaux, on les a nommées dans quelques lieux châtaignes de mer.
COFFRE (Zoologie), Ostracion, Lin. — Genre de Poissons, de l’ordre des Plectognathes, famille des Sclérodermes, voisin des Balistes. Ils ont, au lieu d’écailles, des compartiments osseux et réguliers soudés en une espèce de cuirasse inflexible qui leur revêt la tête et le corps, de sorte qu’ils n’ont de mobile que la queue, les nageoires, la bouche; chaque mâchoire porte dix ou douze dents coniques. Ils ont peu de chair, mais un foie gros et donnant beaucoup d’huile. On a regardé quelques espèces comme vénéneuses. Ces poissons ne vivent que sur les côtes des mers de la zone torride. Ils se nourrissent de crustacés et de petits coquillages. Cuvier les
(2) Fig. 590. Cœur et vaisseaux d'une carpe. — O, oreillette unique du cœur. — V, ventricule unique. — S, sinus de Cuvier qui reçoit le sang noir des veines caves et le verse dans l’oreillette. — • a, veine dorsale. — a', veine abdominale. — 6, veine cave supérieure. — A, artère dorsale qui représente l’aorte et résulte de la réunion des veines branchiales. — 1, artère de la tête. — 2, racine de l’artère dorsale, ou veines branchiales. — 3, artère dorsale. — 4, artère abdominale. — 5, artère branchiale dont les ramifications portent le sang noir aux branchies.
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