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Copal (Botanique). — Substance connue généralement sous le nom de Gomme-copal , mais qui, par tous ses caractères^ se rapporte au groupe des Résines (voyez Résine). On connaît deux sortes de copal : la première et la plus estimée découle d’un arbre des Indes orientales, connu sous le nom de Hymenæa verrucosa, Lin . (V. ce mot) , de la famille des Cæsalpiniées. C’estcelle qu’on appelle C. d'Orient; elle est très-rare, de qualité supérieure, et sert du reste aux mêmes usages que l’autre. On l’eniploie aussi dans l'Inde comme encens. La seconde espèce, dite Fausse Gomme-copal, C. d’Amérique^ nous vient du Brésil, du Mexique, etc. Elle déceule par transsudation ou par incision d’un (famille des Anacardiacées),

le Rhus copallinum^ Lin. Les Mexicains s’en servaient aussi en guise d’encens dans les temples de leurs dieux. C’est lapins connue des deux. On trouve le copal dans le commerce en morceaux dont les plus gros n’excèdent pas le volume d’une noix. Ils sont transparents, durs, d’une belle couleur de topaze, insipides, presque inodores, insolubles dans l’alcool, et répandant quand on les brûle une odeur agréable, aromatique. On l’utilise dans l’industrie, surtout pour la confection des vernis dits vernis copa/^ vernis à la copale.

COPALCHI (Botaninue). — Écorce qu’on croit fournie par un faux quinquina [sfrychnos),Qi qu’on range parmi les médicaments fébrifuges. On a aussi donné le môme nom h l’écorce d’une eupborbiacée {crofon pseudo-kina) qui contient une résine âcre, aromatique et un principe amer.

COPALME (Botanique). — Espèce de Baume que l’on obtient par incision d’un arbre connu sous le nom de Liquidamhar styracip.ua. Lin. (famille des Il a une odeur forte, pénétrante, et une consistance demi-liquide (voyez Baume, Liquidamcar, Styrax).

Fig. 634. — Le Copayer.

COPAYER ou CopAïER (Botanique), Copaifera, Lin., de copaioa, nom que donnent les Brésiliens à l’arbre qui produit le Baume de copahu, et du grec phero,}Q porte.

Genre de plantes de la famille des ('cesalpiniées. Caractères : calice à 4 divisions; corolle nulle; 10 étamines libres; ovaire à 2 loges; gousse stipitée s’ouvrant en 2 valves, à une graine. Le C. officinal {C. ofRcirialis. Lin.) est un arbre de 15 à i8 mètres; ses rameaux sont glabres et d’un gris brun; ses feuilles sont alternes composées de 3, 4 et 5 paires de folioles, sans impaire; ses folioles sont ovales, entières, luisantes. Le copaîer donne des fleurs blanches disposées en grappes. Il croît au Brésil, dans les Antilles, dans la Nouvelle- Grenade. La substance résineuse que l’on connaît, en

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pharmacie, sous le nom de Baume de copahu, provient de ce végétal et de quelques autres de ce genre (voyez CoPAHü, Baume de copahu). Cette substance, dont la médecine européenne fait un grand usage, est employée dans les pays où croît le copayer, pour combattre ladyssenterie et pour panser et faire cicatriser les plaies. G — s.

COPRIS (Zoologie). — Nom scientifique du genre Bou'iier (insectes!.

COPROPHAGES (Zoologie), Coprophagi, "LdAv., du grec kopros, excrément, et manger, parce qu’ils

vivent surtout d’excréments humains. — Ces Insectes, qui forment une section du grand genre des Scarabées, de Linné , appartiennent à l’ordre de.s Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, Ils se distinguent par des antennes composées de 8 à 9 articles ; le labre et les mandibules membraneux et cachés; le lobe terminal de leurs mâchoires également membraneux, large et arqué, disposition remarquable qui ne leur permet de se nourrir que de matières molles. Leur tube alimentaire est toujours fort long, souvent dix à douze fois plus que le corps. On remarque dans cette section les genres suivants : 1® les Ateuchus ; 2® les Ont hopliages: 3® les Bousiers^ 4® les Aphodies.

COPROLITE (Géologie). — Voyez Fossile.

COQ (Zoologie), paraît être une altéi ation progressive du latin gallus, en vieux français gai, qui, sans doute, se prononçait à peu près gaul, d’où plus tard l’on a fait gau et gog, encore usité en Savoie, puis cô, répandu encore aujourd’hui dans un grand nombre de provinces de la France. — Le co(i est l’oiseau le plus important de nos basses-cours, et il est pour les naturalistes le type du genre Coq, et môme des oiseaux de l’ordre des Gallinacés. Il importe donc de le faire connaître avant tout.

Description du Coq domestique. — Le Coq domestique {Phasianus gallus. Lin.) est, dit Buffon, « un oiseau pesant, dont la démarche est grave et lente, et qui, ayant les ailes fort courtes, ne vole que rarement, et quelquefois avec des cris qui expriment l’effort. Il chante indifféremment la nuit et le jour, mais non pas régulièrement à certaines heures : et son chant est fort différent de celui de sa femelle, quoiqu’il y ait quelques femelles qui ont le môme cri que le coq, c^est-à-dire qui font le môme effort du gosier avec un moindre effet; car leur voix n’est pas si forte, et ce cri n’est pas si bien articulé. Il gratte la terre pour chercher sa nourriture; il avale autant de petits cailloux que de grains, et n’en digère que mieux ; il boit en prenant de l’eau dans son bec et levant la tête à chaque fois pour l’avaler. 11 dort le plus souvent un pied en l’air et en cachant sa tête sous l’aile du même côté. » Le coq s’avance sur ses fortes pattes, le corps horizontal , le cou fièrement dressé, la tête surmontée d’une crête charnue, rouge, et pourvue de deux appendices ou barbillons de même couleur pendants sous le bec. Celui-ci, légèrement conique et courbé vers l’extrémité, est d’une force médiocre; les narines sont formées de deux orifices placés à la base du bec et recouvertes d’une écaille membraneuse. De chaque côté de la tête, on aperçoit le trou de l’oreille avec une peau blanche audessous. Le cou est couvert de plumes abondantes, allongées et flexibles; les ailes sont courtes et arrondies ; la queue également courte est formée de quatorze plumes droites, qui affectent dans leur ensemble la forme d’un toit; les couvertures médianes des plumes de la queue sont beaucoup plus longues que celles-ci, et gracieusement recourbées en arc. Les pattes ont ordinairement les tarses dépourvus de plumes et recouverts d’une peau coriace, d’aspect écailleux et grisâtre. Le côté interne de chaque tarse est armé d’un éperon aiguisé; les pieds ont normalement quatre doigts, trois dirigés en avant et l’autre en arrière. Dans quelques variétés, ce dernier doigt, qui est le pouce, est double ou même triple. Le plumage du coq est nuancé de jaune doré, de vert bronzé à reflets métalliques, de noir et de blanc, mais il diffère beaucoup dans les variétés nombreuses de cette espèce. La femelle du coq, nommée poule, est un peu plus petite et manque d’éperons aux jambes, de longues couvertures dépassant les plumes de la queue; la crête et les barbillons sont rudimentaires chez elle (voyez Poule). Le coq ne naît pas avec sa crête et ses barbillons; un mois après la naissance on les voit apparaître ; à deux mois, le jeune coq chante comme l’adulte; c’est à cinq ou six mois qu’il peut vivre au milieu des poules. L’accroissement est terminé à douze ou quinze mois; la vie du coq peut se prolonger jusqu’à vingt ans en domesticité, et I davantage sans doute à l'état libre.

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Mœurs du coq domestique» — Le trait le plus remarquable des mœurs du coq est sa coutume de vivre au milieu d’un grand nombre de poules qu’il protège et semble gouverner, et dont l’une est sa favorite.

Il montre une jalousie querelleuse dès qu’un autre, coq se présente et paraît vouloir lui disputer ses compagnes. Cette jalousie soulève des combats sanglants où s’avancent les deux rivaux la crête rouge et gonflée, le bec entr’ouvert, l’œil étincelant et injecté, les plumes du cou redressées en une collerette bouffante, la queue relevée. Ils s’ efforcent de sauter l’un par dessus l’autre en se frappant du bec et des ailes, et en labourant de leur éperon tarsien l’adversaire maladroit qui laisse passer son ennemi par - dessus lui. Le vaincu succombe parfois ou se retire la crête déchirée, lais- j sant plus d’une plume sur le terrain, et sillonné des blessures de l’éperon du vainqueur. Celui-ci, qui souvent a payé cher son triomphe, va le chanter avec éclat au milieu des poules dont la possession lui est désormais assurée. Tout le monde connaît ce chant du coq qui pourrait s’écrire : co-co-ri-co, et qui ' ne varie que d’énergie et de sonorité, suivant les sentiments qui agitent l’animal lorsqu’il le fait entendre. Du reste, ce maître jaloux se montre attentif et soigneux envers ses compagnes ; il les défend avec un courage intrépide , ne les maltraite pas, semble communiquer avec elles au moyen des inflexions variées de son chant, et témoigne des regrets lorsqu’il en perd quelqu’une.

Sans cesse occupé à nettoyer et à lustrer son plumage, il semble se montrer avec une sorte de coquetterie. Le coq se nourrit de grains, de petits insectes, de larves et de vers, et de débris organiques de toute nature.

Une erreur trèsrépandue est la croyance que certains coqs pondent des œufs sans jaune et contenant un s'erpent. Les œufs privés de jaune sont pondus par des poules trop jeunes ou épuisées; jamais

Fig. 635 — Coq cochinchinois

Fig. 636. — Coq de la Campine.

ces œufs ne produisent d’être vivant, et, quant au prétendu serpent qu’on y trouverait, on a pris pour tels les

liens ou chalazcs destinés à maintenir le jaune, s’il eût existé.

Pour ce qui est des coqs, ils nepondentjamais, et leur organisation interne, fort différente à cet égard de celle des poules, démontre que cette ponte n’est pas possible.

Origine du coq domestique. — Les naturalistes n’ont pas encore pu établir nettement quelle espèce sauvage est la souche de nos coqs domestiques. Le voyageur Sonnerat a observé, dans les montagnes des Gates de l’Indostan , un coq sauvage connu sous le nom de Coq de Sonnerat (Gallus Sonnerutii f Tem.) ; un autre voyageur , Leschenault de Latour, a trouvé à Java deux autres coqs sauvages , G.

Bankiva , de Temminck, et G. farcatus ^ de Temminck.

Après avoir hésité entre ces trois espèces, on paraît s’accorder à considérer le Bankiva comme le père de nos races domestiques dont il se rapproche plus que les deux autres. Les modifications que présentent ces races affectent la taille, le plumage de l’animal ; le nombre des doigts des pieds,

qui de quatre peut s’élever à cinq ou à six ; la crête qui change de formes et de dimensions, et peut être remplacée en tout ou en partie par une huppe de plumes souvent longues et touffues ; certaines variétés dites pattues ont les tarses plus ou moins complètement emplumés. La nomenclature et la description desprincipales races de coq seront données à l’article Races.

Quelque incertaine que soit l’origine de nos coqs domestiques, il est hors de doute que ces animaux nous viennent primitivement de l’Asie et particulièrement de l’Inde, des îles de la Sonde, des îles Philippines, de la Chine, du Japon et des parties voisines de rOcéanie.

Il est probable que le coq n’existait pas en Amérique avant la conquête européenne; les assertions contraires laissent prise à bien des doutes; il paraît encore plus

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certain que l’Afrique ne possède pas de côqs sâuvages. Les mœurs des coqs sauvages ne semblent présenter aucune différence notable avec celles du coq domestique.

Elevage du coq domestique. — On élève le coq domestique principalement pour la production des poulets dans nos basses-cours; il en sera parlé à l’article Poule. Dans certains pays, on mutile les coqs à l’âge de trois ou quatre mois pour en faire des chapons. Ils perdent dès ce moment leurs instincts querelleurs et belliqueux ; leur voix s’enroue et s’entend à peine ; leur crête se ramollit ; ils cessent de changer périodiquement de plumage. Mais en même temps, uniquement occupés de boire, de manger et de dormir, ils acquièrent une chair savoureuse et délicate, et s’engraissent si l’on veut. Du reste, les chapons, dédaignés des poules et maltraités par les coqs, ne jouent aucun rôle utile dans la basse-cour, à moins qu’on ne les accoutume à soigner les poussins pour remplacer la mère. Chacun sait qu’en France les meilleurs chapons se font dans le Maine.

Un caprice d’une tout autre nature engage certains peuples à élever des coqs de combat. Le spectacle des combats de coqs, très fort en honneur aujourd’hui chez les Chinois, les Javanais et les Malais, y devient l’objet de paris ruineux et occupe la majeure partie de la population les jours de fête. Aussi, la race malaise des coqs de combat jouit- elle d’une célébrité universelle. Parmi les anciens, ces plaisirs cruels étaient connus des Grecs qui paraissent les avoir empruntés aux Indiens et les avoir enseignés aux Romains ; l’île de Rhodes produisait les meilleurs coqs de combat.

Seuls parmi les peuples de l’Europe , les Anglais recherchent avidement ces luttes puériles et barbares, et se livrent à des paris non moins insensés que les Malais ; ils ont transmis aux Américains du Nord cette misérable passion dont le souvenir se rattache en Angleterre aux plus anciennes traditions du pays. Inaugurés par les rois anglais du xi® et du xii® siècle, les combats de coqs furent défendus par une loi d’Édouard III, puis solennellement rétablis à Westminster, par Henri VIII, sous le nom de ronol cockpit., et réglementés avec le plus grand soin. Cromwell les supprima de nouveau ; mais Charles II les remit en honneur, et aujourd’hui encore le mépris des honnêtes gens et les règlements de police n’ont pu les faire disparaître des mœurs populaires de nos voisins. Pour augmenter l’acharnement des malheureux rivaux, on leur fait boire des liqueurs spiritueuses, puis on munit leur ergot de lames tranchantes qui rendent les blessures plus cruelles. Les coqs de combat sont généralement de taille médiocre, vifs, élancés et hardis.

Du genre Coq. — Le genre Coq {Go/lus^ Cuv.) a été formé par Cuvier dans le grand genre Faisan, de Linné ; il prend place dans l’ordre des Oiseaux gallinacés, tribu des Faisans, et a été caractérisé de la manière suivante : tête surmontée d’une crête charnue et verticale; bec inférieur garni de chaque côté de barbillons charnus; queue formée de quatorze pennes redressées sur deux plans verticaux adossés en toit, les couvertures de celles du mâle prolongées en arc sur la queue.

Outre le coq domeslique décrit ci-dessus, ce genre ren-

ferme comme espèces : Le C. géant ou Jago [G. giganteus, Temra.}, qui vit sauvage dans les forêts méridionales de Sumatra, et, à l’état domestique, sous le nom de Kulm cock dans le pays des Mahrattes. C’est une espèce de grande taille (4 à 5 kilogr.), que l’on a considérée, peut-être avec raison, comme la souche du coq de Caux ou de Padoue, ou du coq russe de nos basses-cours, mais à laquelle on rapporte les coqs de Rhodes et de Perse. Le C. bankiva {G. bankiva, Temm.) dont il a déjà été parlé; il n’a que à 0“,40 de hauteur; il vit dans les forêts et sur la lisière des bois ; il a la crête et les barbillons du coq domestique, et aussi ses longues plumes autour du cou et au-dessus du croupion ; on le considère comme ayant donné naissance à la plupart des races domestiques. Le C. de Sonnerat (G. Sonneratii , Temm.), déjà cité. Le C. nègre (G. morio, Temm.), qui vit sauvage aux Indes et en domesticité dans le pays des Mahrattes; dans cette singulière espèce, la crête et les barbillons, l’épiderme et le périoste sont colorés en noir; on l’élève en Allemagne et en Belgique. Le C. à duvet ou C. laineux {G. lanatus, Temm.), espèce domestique commune au Japon, à la Chine et à la Nouvelle-Guinée,

couverte de plumes semblables à des poils laineux.

Le C. crépu {G.

crispus, Brisson), répandu dans toutes les parties chaudes de l’Asie, et remarquable par ses riches couleurs et dont les plumes sont comme froissées du bout. Le C. ajamalas {G. furcatus, Temm.) ou C. de Java, espèce sauvage, de haute taille et de couleurs sombres. Le C. sans queue ou sans croupion { G.

ecaudatus,Teïnm.) de Ceylan, remarquable par l’atrophie du croupion et l’absence de queue. Le C.bro7izé ( G. æneus , Cuv.), de Sumatra, encore incomplètement connu.

La mythologie grecque racontait qu’un jeune favori de Mars, nommé Alector (nom du coq en langue grecque), ayant, faute de vigilance, laissé surprendre parVulcain une entrevue de Mars avec Vénus, fut par châtiment changé en un oiseau qui porte encore sur sa tête la crinière du casque d’Alector , et qui, par sa vigilance, s’évertue à faire oublier la faute dont il fut puni. Le coq auquel on attribuait cette origine était consacré à Mars, comme l’emblème du courage ; il était aussi, pour sa vigilance, consacré à Minerve et à Mercure. L’image de cet oiseau fut souvent reproduite par les anciens sur les médailles et les monuments. Les anciens tiraient certains présages de la manière dont un coq mangeait des grains disposés devant lui dans un certain ordre ; c’était ce qu’on appelait Valectromancie. Il n’est pas vrai que nos aïeux les Gaulois aient eu le coq pour emblème national; l’analogie des noms le fit employer dans la langue du blason, comme armes parlantes des Français. La première médaille où on trouve cet emblème fut frappée à la naissance de Louis XHI. C’est vers 1789 que le coq fut adopté pour être placé sur les drapeaux français; l’aigle le remplaça en 18ü4; mais le coq reparut avec la royauté de juillet 1830, pour céder de nouveau la place à l’aigle impériale, en 1861.

Pour l’histoire naturelle du coq, on consultera les ouvrages de Buffon et ceux des principaux ornithologistes, Temminck, Swainson, G. -R. Gray. Au. F.

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Coq de bois, Coq brüant, Grand coq de bruyères, Coq de MONTAGNE, CoQ DE LiMOGES. — On domiG cesdivers noms, selon les pays, au Grand Tétras [Tdraü uroqallus, Lin.).

Coq de bouleau. Coq de bruyères a queue fourchue. — C’est le Petit Tétras {Tetrao ietrix^ Lin.).

Coq de bruyères. — Voyez Tétras.

Coq de Curaçao. — Nom donné quelquefois au Hocco de Curaçao {Crax globicera^ Lin.).

Coq d’été. Coq de bois, Coq puant. Coq mer deux. — C’est la Huppe [Upupa epops, Lin. ).

Coq d’Inde. — Nom bien connu du Dindon [Meleagris gallo-pavo^ Lin.).

Coq indien. — On nomme ainsi parfois le Hocco {Ci'ax alector, Lin.).

Coq de marais (Zoologie). — Dans quelques parties de la France, on nomme ainsi la Gélinolte huppée {Tetrao bonasia., Lin.).

Coq de mer. — On donne ce nom à un oiseau, le Canard pilet {Anas acuta, Lin.); et à un poisson du genre Gai {Zeus gallus)., voisin des Dorées.

Coq noir. — On nomme ainsi, en Écosse, le Petit Tétras à queue pleine {Tetrao betulinus., Lin.).

Coq de roche. — Voyez Rupicole.

Coq des jardins. Menthe coq (Botanique). — Nom vulgaire d’une plante du genre Tanaisie ( Tanacetum balsamifd, Lin.|.

COQUE (Botanique), du celtique cwcc, qui signifie creuse. — Terme s’appliquant à une espèce particulière de fruit sec. Ce fruit se compose de plusieurs loges rapprochées, dont chacune est une coque; à l’époque de la maturité, chaque coque s’ouvre de bas en haut avec élasticité. Les fruits des euphorbiacées se partagent en autant de coques qu’il y a de loges dans la capsule. Certains botanistes ont appliqué ce mot à l’ensemble d’un fruit formé de deux ou plusieurs enveloppes sèches, dont l’extérieure présente des lobes arrondis, bien marqués et quelquefois très-saillants. Ils caractérisaient surtout ce fruit par l’absence de sutures et de valves (voyez Fruit).

Coque du Levant (Botanique). — Fruit d’un arbrisseau des Indes orientales, le Coccule subéreux {Cocculus suberosus., de Cand. ; Menispermum cocculus., L.), du genre Coccule, famille des Ménispermées (voyez Coccule). Ce nom lui vient de ce que les premiers qu’on a

vus en Europe avaient été apportés de l’Inde en Italie par Alexandrie. Ce sont de petits fruits ou baies, à peine de la grosseur d’un pois. Les pêcheurs indiens s’en servent pour prendre le poisson ; à cet effet, ils en font avec de la mie de pain une espèce de pâte qu’ils jettent dans les rivières et les étangs; les poissons mangent cette pâte avec avidité, et les coques, qui sont très-vénéneuses, les enivrent au point qu’ils viennent nager à la surface de l’eau, où on les prend sans peine. Cette pratique , dangereuse pour les personnes qui mangent le poisson, a encore pour effet de le détruire; aussi est-elle condamnée chez nous par le sentiment public et par les défenses de l’autorité.

COQUELICOT (Botanique), du mot celtique coc, qui signifie rouge. — Nom vulgaire d’une espèce du genre Pavot (voyez ce mot), nommée par les botanistes Papaver rhœas. Lin. Le coquelicot est une herbe annuelle, droite et rameuse, hérissée de poils.

Ses feuilles sont velues, profondément découpées, sont d’un beau ronge écarlate, bien connu,

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tachées de noir à leur base et portées à l’extrémité de la tige et des rameaux sur de longs pédoncules; il ne leur manque que d’être plus rares pour être plus estimées. On obtient de cette espèce plusieurs variétés qui diffèrent de teintes. Les jardins possèdent aussi le coquelicot à fleui's doubles. Le coquelicot croit abondamment dans les climats tempérés de l’hémisphère boréal. On sait qu’il se trouve principalement dans les champs, les moissons. Souvent il nuit aux cultures par sa trop grande abondance. Les propriétés du coquelicot ont, par leur nature, beaucoup d’analogie avec celles du pavot somnifère (voyez Pavot) ; mais elles sont loin d’avoir autant d’action. G— s. ’-

COQUELOURDE (Botanique). — Ce nom a été donné à plusieurs espèces de plantes appartenant à des genres très-différents; ainsi on a appelé coquelourde : Ané-

mone pulsatille (A. pulsatiUa, Lin.) (famille des lienonculacées); 2" le Lychnis coquelourde {Lychnis coronaria, Lamk; L. agrostemma. Lin.) (famille des Caryophyllées) -,‘6° le Narcisse faux narcisse {Narcissus pseudo-nar~ cissus. Lin.) (famille des Amaryllidées.

COQUELUCHE (Médecine). ■ — Maladie caractérisée par une toux convulsive, violente, avec des mouvements d’expiration saccadés, souvent interrompus, suivis d’une inspiration longue et sonore. Suivant quelques-uns, le mot de coqueluche vient de ce que, pendant les quintes de toux, la respiration devenue sonore imite le chant du coq; d’autres pensent qu’il tire son origine de ce que d’abord ceux qui en étaient aflectés se couvraient d’un capuchon ou coqueluchon. Suivant Mézerai, elle aurait été observée, pour la première fois, en 14 M ; plus tard, elle s’est encore présentée sous la forme épidémique, en 1510, en 1658, en 1577, d’après le Dictionnaire de Trévoux. Telle qu’on la connaît aujourd’hui, la coqueluche attaque presque exclusivement les enfants, le plus souvent d’une manière épidémique, et avec un caractère qu’on regarde généralement comme contagieux. 11 est très-rare que la coqueluche attaque deux fois la môiïie personne. Les causes de cette maladie sont le froid, l’humidité ; ainsi l’automne, l’hiver, les temps de brouillard, les pays marécageux, les vicissitudes brusques de la température, etc. Dans ces circonstances, elle devient trèsfacilement épidémique, et sévit alors sur un grand nombre d’individus.

La maladie débute par une toux sèche qui ressemble à un rhume ordinaire; il n’y a pas de fièvre; les yeux sont gonflés, ronges, larmoyants; il y a pesanteur de tête; au bout de huit à quinze jours, plus ou moins, la toux prend le caractère convulsif indiqué plus haut; elle est accompagnée d’un son particulier, aigre et sifflant, d’une sensation pénible à la gorge, d’une anxiété extrême, de suffocation, de secousses, d’agitation, souvent de douleurs déchirantes dans la poitrine. Le pouls est accéléré, concentré; la face est rouge, gonflée; enfin, ces accès se terminent ou par une expectoration muqueuse, filante, ou par un vomissement glaireux ; leur durée varie de une ou deux minutes à six ou huit. La toux revient par quintes violentes, à des intervalles plus rapprochés, le matin, la nuit, ou le soir que durant le jour. Elle s’annonce, du reste, par un état de malaise indéfinissable, par un certain chatouillement au gosier, que les enfants redoutent, parce qu’il leur annonce le renouvellement de leurs souffrances. Après la quinte, l’enfant ne tarde pas à retourner à ses jeux ; il lui reste toutefois , pendant quelques moments, de la fatigue, de la pesanteur de tête, un certain trouble dans la respiration et la circulation, qui disparaissent peu à peu. La durée de la coqueluche est ordinairement de cinq à six semaines; quelquefois elle se prolonge bien au delà. C’est une maladie peu dangereuse, à moins qu’elle ne se prolonge indéfiniment; toutes choses égales d’ailleurs, elle est plus grave chez les enfants faibles, délicats, chez ceux qui toussent facilement, qui sont prédisposés aux affections de poitrine, lorsqu’elle succède à une maladie grave.

La première indication à remplir dans le traitement de la coqueluche, c’est d’atténuer l’inflammation, s’il y en a, si l’on a affaire à un enfant fort et vigoureux, si l’épidémie a lieu en hiver plutôt qu’en été ; on combat l’état inflammatoire, par de légères applications de sangsues, des boissons pectorales douces, de petits sinapismes aux jambes; il faut ensuite combattre les auci dents nerveux ; ainsi on emploiera des vomitifs, surtout l’ipécacuanha, et des purgatifs légers, puis des antispasmodiques, comme le musc,’ l’oxyde de zinc; des calmants, et au premier rang la belladone, la jusquiame,

I la laitue vireuse; on aura recours aussi avec avantage

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aux vésicatoires, à la pommade stibîée, à l’huile de cro ton pour procurer une éruption à la peau ; enfin, dans la dernière période de la nraladie, de légers toniques, des excitants tels que le sirop de quinquina, la décoction de café, les eaux bonnes, celles de Gauterets, pures ou avec du lait, etc. Du reste, on n’accordera aux malades qu’une nourriture légère, l’expérience ayant prouvé que les quintes sont d’autant plus fortes,que les repas sont plus copieux ; ainsi les potages, les fruits, les légumes, le lait, un peu de viandes blanches, etc. On aura soin de les tenir dans une température douce, et dans la belle saison, si on peut les faire changer d’air et les envoyer à la campagne, c’est le meilleur moyen d’abréger la maladie. F — N.

COQUERET (Botanique). — Nom vulgaired’une plante, plus connue scientifiquement sous celui à'Alkékenge {Physalis alkekengi^ Lin.), famille des Solanées^ genre Physalis (voyez Alkékenge Physalide).

COQUILLAGE (Zoologie). ■ — Ce mot désigne encore dans le langage vulgaire les mollusques à coquilles, et même les autres invertébrés couverts d’un test solide, ou les coquilles et les tests eux-mêmes; il n’est plus employé dans le langage scientifique.

COQUILLE (Zoologie). — Il y a un demi-siècle, on nommait encore coquille toute enveloppe protectrice, dure et chargée de sels calcaires provenant d’un animal invertébré. Cette acception vague avait pu se maintenir tant que les amateurs de coquilles ou conchyliologistes se bornaient à étudier ces dépouilles sans s’inquiéter le moins du monde delà conformation des animaux qui les avaient produites et portées. Aujourd’hui, qu’en étudiant toutes ces productions calcaires, on tient compte avant tout de la nature des animaux d’où elles proviennent, on a restreint le sens du mot coquille en désignant ainsi seulement les parties dures sécrétées à la surface du corps des animaux mollusques. Le mot têt a été appliqué aux productions calcaires que peuvent former à l’extérieur de leur corps, soit les animaux anneiés, soit les animaux rayonnés.

La coquille des mollusques se produit entre le derme et l’épiderme; elle consiste en un dépôt de matière calcaire (carbonate de chaux) régulièrement produite sous la forme d’une lame plus ou moins étendue, c’est-à-dire recouvrant en totalité ou en partie la surface du corps de l’animal. Cette lame calcaire se voit déjà dans l’œuf avant l’éclosion des mollusques; à mesure que l’animal s’accroît, de nouvelles lames plus étendues se forment sous les premières; il en résulte qu’une coquille est toujours formée de couches lamellaires dont les plus anciennes et en même temps les plus petites sont extérieures, tandis que. les plus nouvelles et les plus étendues sont intérieurement placées dans le voisinage du derme qui vient de les sécréter. La portion de la peau du mollusque où se produit la coquille est nommée, par les naturalistes, le manteau ; tantôt, le manteau occupe seulement une partie de la surface du corps et la coquille protège seulement les organes les plus importants et, en particulier, l’appareil respiratoire etle cœur ordinairement placé dans son voisinage ; tantôt, et le plus souvent, le manteau forme un repli étendu qui enveloppe le corps entier et étend ainsi sur toute sa surface la protection de la coquille. L’épiderme, séparé du derme par la coquille môme, recouvre la face extérieure de celle-ci et y forme parfois une couche écailleuse et comme feutrée que l’on a nommé drap marin. Le naturaliste tient à ce que la coquille, entièrement intacte, demeure recouverte de cette production; mais les conchyliologistes du siècle dernier et leurs prédécesseurs, plus préoccupés de réunir des objets brillants que d’étudier et*de comprendre la nature, ont réuni dans leurs collections un grand nombre de coquilles polies à la surface ou décapées au moyen d’un acide pour mettre au jour leurs couches colorées ou nacrées. Lorsqu’on s’occupe de réunir des coquilles pour l’étude, il faut repousser avec soin tout échantillon ainsi mutilé. La structure de la coquille à l’état adulte offre des dispositions remarquables; on y distingue deux couches, une couche interne formée de lamelles parallèles très-fines, d’un aspect irisé : c’est ce qu’on nomme la nacre ;cX une couche externe d’une texture fibreuse où se rencontrent les parties colorées de la coquille et qui ne montre aucune irisation. On a reconnu que, dans ces deux couches, le carbonate de chaux est cristallisé, niais ses formes diffèrent de l’iine à l’autre. Le mode de formation de la coquille n’est pas encore connu d’une façon satisfaisante.

Les formée des coquilles sont très-variables ; mais on

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doit distinguer avant tout trois grandes séries de formes, selon que la coquille produite par un môme mollusque est formée d’une seule pièce ou valve ou de deux ou de plusieurs : on donne à ces trois séries les noms de coquilles univalves., bivalves et multivalves.

Coquilles multivalves. — Le nombre des espèces de mollusques ayant des coquilles composées de plus de deux valves est très-restreint. Je citerai les oscabrions dont les pièces de la coquille sont disposées en série articulée sur le dos de l’animal. Les anatifes, les balanes et les coronules longtemps considérés comme des mollusques à coquilles multivalves, sont véritablement des animaux annelés dont le tôt incrusté de calcaire offre seulement avec les coquilles une grande ressemblance.

Coquilles bivalves. — Il ne suffit pas absolument qu’une coquille soit composée de deux pièces pour être considérée comme bivalve. On nomme ainsi, en réalité, les coquilles des mollusques acéphales lamellibranches et celles des mollusques brachiopodes. Les coquilles bivalves sont formées de deux plaques calcaires plus ou moins concaves, recouvrant les côtés du corps de l’animal, unies le long de la ligne médiane dorsale au moyen d’un engrenage de saillies et de cavités [fig. 640-tr,y) plus ou moins prononcées, nommé charnière.^ et d’un ligament k d’une substance élastique disposé de façon à laisser naturellement les valves entre-bàillées. Un ou plusieurs muscles unissent intérieurement ces deux valves et les rapprochent à la volonté de l’animal, en comprimant le ligament de la charnière. Parfois la forme des deux valves est semblable, comme dans la moule comestible ; plus souvent, comme chez l’huître, l’une des valves est beaucoup

Fig. 639. — Une coquille bivalve, Fig. 640. — Une valve de la

la Mactre. coquille d'une Pétricole.

moins concave que l’autre ou même tout à fait plane. D’ailleurs, la forme générale, l’état de la surface externe, tantôt lisse, tantôt striée, granuleuse, hérissée d’épines, etc., varie à l’infini d’une espèce à l’autre. La sut face interne lisse et naciée montre une ou deux empreintes V qui sont les points d’attache du muscle ou des muscles qui rapprochaient les valves ; on y distingue aussi des lignes (tj) le long desquelles s’attachent les bords musculeux du manteau et les muscles rétracteurs h de tubes respiratoires lorsque l’animal est pourvu d’organes de ce genre. La charnière w, très-apparente dans beaucoup d’espèces, est peu marquée dans d’autres et parfois môme méconnaissable à la première inspection. Dans quelques espèces, on ne trouve pas de ligament élastique dans la charnière. Enfin, dans beaucoup d’espèces à coquilles bivalves, les deux valves peuvent se rapprocher bord à bord sur tout leur pourtour o et enfermer complètement l’animal; mais, dans d’autres, elles ne sauraient se joindre ainsi et laissent toujours visibles ou hors de la coquille quelques parties de l’animal ; quelquefois alors ces parties se recouvrent d’un enduit calcaire; quelquefois encore, dans les cas de ce genre, une pièce supplémentaire s'ajoute entre les deux valves dans le voisinage de la charnière et la coquille bivalve se compose réellement de trois pièces.

Coquilles univalves. — Les coquilles univalves appartiennent à des mollusques céphalopodes, gastéropodes ou ptéropodes. Composées d’une seule pièce principale, elles ont parfois la forme d’une simple lame , mais, le plus souvent, celle d’un cône surbaissé ou allongé. Lorsque l’espèce de cornet ainsi formé par la coquille a une grande longueur, il s’enroule en spirale plus ou moins allongée elle-même, et, de cette façon, les coquilles univalves offrent, suivant les espèces, des tornies bien plus

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variées que celles des bivalves. On trouve des coquilles univalves en forme de lame chez plusieurs céphalopodes, tels que les seiches ; quant aux coquilles univalves coniques, un grand nombre de gastéropodes fossiles et les nautiles, parmi les vivants, en ont de cloisonnées, comme le montre la figure 641, qui représente une coupe de la coquille d’un nautile. Cette disposition dépend de ce que l’animal ne remplit jamais toute sa coquille, mais en habite seulement la partie la plus voisine de l’ouverture ;

à mesure qu’il croît, il augmente sa coquille en y ajoutant une nouvelle partie plus évasée dans laquelle il s’installe^ et derrière lui il sécrète une lame testacée qui limite sa nouvelle loge. JJn ligament l’attache cependant au fond de la coquille même, en passant à travers les cloisons dans un tube nommé siphon. Cette organisation

Fig. 642. — Coquille univalve ouverte pour montrer à l’intérieur ses tours de spire.

1 s’observe parmi les gastéropodes fossiles, entre autres, chez I les ammonites, les turrilites, les baculites, etc. Le genre Argonaute, parmi les mollusques gastéropodes, nous montre une cotiuille univalve, enroulée et non cloisonnée.

Les coquilles univalves les plus nombreuses appartiennent aux mollusques gastéropodes; chez eux, elles ne sont jamais cluisonuées. Les unes (patelles, fissurelles) sont conformées en cône surbaissé, comme des chapeaux napolitains; les autres, en majorité, sont enroulées en

(I) Dans cette figure on a représenté la coquille ouverte : — t, les tentacules ; — e, rentonnoir; — p, le pied; — m, portion (lu mautcau ; — o, œil ; — 5, siphon.

spirale ou tur binées. L’enroulement a généralement lieu de droite à gauche, et les tours de spire, en s’accolant le long de la ligne idéale suivant laquelle ils se contournent, forment une sorte d’axe solide ou petite colonne que l’on nomme la columelle. L’ouverture delà coquille, dont la forme varie prodigieusement, se nomme la bouche; la pointe de la spire s’appelle le sommet. Les viscères de l’animal remplissent la partie la plus profonde de la coquille, qui peut encore recevoir, dans sa partie la plus extérieure, le reste du corps lorsqu’il se rétracte au moyen des muscles fixés au fond de la coquille. Dans beaucoup d’espèces de gastéropodes à coquille turbinée, la dernière partie du corps qui rentre ainsi dans la coquille porte une plaque dure nommée opercule, qui vient fermer exactement la bouche de la coquille, quand l’animal s’y est complètement retiré.

Les renseignements bibliographiques concernant l’étude des coquilles ont été donnés au mot Conchyliologie.

Les coquilles des mollusques ptéropodes sont univalves, généralement peu épaisses et non turbinées (voyez Mollusques).

Usages des coquilles. — Les coquilles sont employées dans beaucoup de pays à la préparation de la chaux ; parce que leur masse est presque entièrement formée de carbonate de chaux. On répand volontiers sur les champs les coquilles d’huîtres avec le fumier dans le voisinage des villes, pour servir d’amendement au moyen de la chaux qu’elles renferment. Certaines coquilles des genres Porcelaine et Casque, qui, dans l’épaisseur de leur test, renferment des couches de couleurs tranchées, sont employées à la fabrication des camées tendres. Un assez grand nombre de peuples emploient des coquilles comme objets d’ornement. Les matières les plus précieuses que fournissent les coquilles sont les perles et la nacre (voyez ces deux mots).

Coquilles fossile?. — De tous les débris animaux que l’on trouve à l’état fossile, les restes de coquilles sont certainement les plus nombreux. Leur étude fournit en général d’excellentes indications sur l’origine fluviatilo, lacustre ou marine des terrains où on les rencontre ; sur les analogies ou les différences d’âge qu’ils peuvent offrir. Les restes fossiles de coquilles sont tantôt les coquilles elles-mêmes, tantôt leur moule intérieur ou extérieur ; parfois on a trouvé avec des coquilles fossiles l’empreinte encore reconnaissable des animaux qui les avaient produites. Certains terrains, comme le calcaire coquillier, sont presque uniquement formés d’une agrégation de coquilles unies par un ciment calcaire. Les faluns de la Touraine, en France, sont des dépôts récents de coquilles fossiles mêlés à d’autres débris ; leur épaisseur varie de 1 à 15 ou 20 mètres. Aujourd’hui encore se forment des dépôts de ce genre en bien des points du globe.

Coquille de saint Jacques. — Voyez Peigne.

Coquille des peintres. — Voyez Mulète.

COR (Médecine), du latin cornu, corne. — Le cor est une petite tumeur épidermique, dure, calleuse, qui survient à la face supérieure des orteils, sur leurs parties latérales, quelquefois à la plante des pieds. Ils reconnaissent, en général, pour cause la compression exercée sur la partie du pied où le cor apparaît, par des chaussures trop étroites ou trop courtes, ou la compression même que les orteils exercent l’un sur l’autre. Les cors sont formés de deux parties distinctes, l’une superficielle, sèche, saillante, qui résulte de la superposition l’une sur l’autre de plusieurs couches d’épiderme; l’autre, placée en dessous et au centre de la première, est d’un aspect corné, demi-transparente; peu à peu elle pénètre, en se développant, à travers le derme, jusqu’aux tendons et même aux os. C’est une sorte d’excroissance intérieure de l’épiderme provenant de ce que le derme, irrité par la compression, exsude en abondance la matière épidermique. Cette partie, souvent nommée, sans raison, la racine du cor, presse les parties molles placées au-dessous et provoque de vives douleurs. L’existence de cette partie caractérise le cor et le distingue du durillon où la partie superficielle existe seule. L’humidité, en gonflant la tumeur épidermique et particulièrement cette partie profonde, augmente notablement les douleurs des cors.

Le traitement des cors peut être palliatif, c’est-à-dire qu’après avoir ramolli le cor au moyen de bains, de cataplasmes ou d’un emplâtre de diachylon, on peut se contenter d’enlever, avec un bistouri ou un canif, la partie exubérante de la tumeur, et même on peut creuser un peu au-dessous du niveau de la peau; mais il faut répéter fréquemment cette petite opération. Il est préférable d’enlever le cor, et on se sert, pour cela d’une espèce

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d’aiguille mousse, lég^^rement aplatie. On sépare avec j précaution le tubercule calleux de toutes ses adhérences, j sans occasionner d’écoulement de sang; c’est le procédé des pédicures, et plusieurs d’entre eux ont une habileté remarquable. Enfin, on peut employer, comme dernier moyen, un caustique, tel que la potasse, le beurre d’antimoine, les acides inorganiques ; ces agents ont, à la vérité, produit des cures radicales assez nombreuses, mais, entre des mains inexpérimentées, ils ont occasionné des accidents très-graves, et il ne faut les employer qu’avec une extrême circonspection. Le charlatanisme s’est beaucoup exercé sur la cure des cors et a préconisé une foule de topiques dont il est imprudent de se servir sans savoir s’ils n’offrent pas d’inconvénients ou de dangers.

Cor (Médecine vétérinaire). — C’est une inflammation lente, avec épaississement de la peau, qui résulte de la compression produite par les harnais et s’observe, chez le bœuf, à la partie supérieure du cou; chez le cheval, à l’encolure, sur les épaules, sur les côtes et partout où les harnais sont appliqués; ils intéressent plus particulièrement la peau et quelquefois les couches musculaires elles-mêmes. Il peut arriver que les tissus soient mortifiés et qu’il en résulte des eschares épaisses, laissant après leur chute des plaies longues à guérir. Parfois, le cor se complique d’abcès, de carie des os, etc. Dans les cas simples, des pansements avec des corps gras suffisent; mais quelquefois on est obligé d’enlever les parties mortifiées, do débrider les abcès, d’établir des contre-ouvertures, etc. F — N.

CORACIAS (Zoologie). — Nom scientifique du genre Rollier (Oiseaux). Il a été donné aussi au Crave^ sous genre du genre Huppe, par Brisson, Buffon et Temminck.

COBAIL (Zoologie), du grec cornUion, corail, qui luimême vient peut-être de coreô, j’orne. — Le corail se présente habituellement aux yeux comme une sorte de pierre rouge, qui, lorsqu’elle n’a pas été taillée, imite la forme des branches d’un petit arbrisseau. II rappelle l’aspect d’une pierre, parce qu’il est, en effet, de nature calcaire; mais ce n’est point un minéral ni même une production végétale, comme sa forme arborescente l’a longtemps fait croire. Le corail est la dépouille solide d’une agrégation de polypes, animaux sous-marin> dont la vie en commun sous une peau commune est un des faits les plus singuliers de la création, mais caractérise tout un groupe de zoophytes, les Polypes à polypiers de Cuvier.

L’animal qui produit le corail est nommé, par les zoologistes, Corail du commerce [Isis nohilis. Lin. ; Corail ium ruhrum^ Lamk), tribu des Lithophyt.es, famille des Po-

lypes corticaux, ordre des Polypes à polypiers de Cuvier. C’est un petit zoophyte de couleur blanche, long de 0“,()02 environ, dont le corps est un cylindre membraneux contractile terminé supérieurement par une rosette de huit tentacules frangés sur leurs bords et semblables aux pétales d’une fleur; au centre de cette rosette est la bouche de l’animaL Ce polype ne vit pas isolé, mais bien soudé sous une peau commune avec des centaines ou des milliers d’animaux de son espèce, comme on le voit dans la figure G45. Ces aggrégations arborescentes sont soutenues par un dépôt calcaire rouge qui remplit complètement le tronc et les branches de leur peau commune et présente au niveau de chacun des polypes une petite loge où l’animal peut se retirer en contractant tout son corps ; on n’aperçoit plus alors à la surface du rameau de corail qu’un tubercule blanc là où s’épanouissait, quelques instants avant, l’animal. Dans un travail tout récent, M. Lacaze-Duihiers a constaté que , parmi ces polypes du corail, les uns sont mâles, les autres femelles, quelques-uns réunissent ces deux qualités. Le corps de ces petits êtres contient une cavité digestive, et c’est dans cette cavité que s’opère, assure-t-on, l’incubation des œufs. Ceux-ci sont de petits corps sphériques qui, rejetés par la bouche de leur mère, se transforment bientôt en petits vers blancs. Ces petits vers nagent quelque temps avec agilité, puis se fixent sur un coi ps sous-mai in

y adhérant, s’étendent par leur base, et chacun d’eux devient l’origine d’une aggrégation de polypes dont le nombre s’accroît par bourgeonnement. A mesure que cet accroissement a lieu, la tige commune et les branches augmentent de longueur et de diamètre, et le dépôt calcaire

qui les soutient augmente en même temps. Ce dépôt est formé de couches concentriquement superposées; chaque couche est une accumulation régulière de granules calcaires d’autant plus serrés qu’on s’approche plus du centre; c’est lui f|ui constitiie le corail employé comme ornement. Dans l’état frais, il est recouvert de la peau commune des polypes, qui forme une couche gélatineuse de couleur orangée; quand le corail s’est desséché hors de l’eau, cette couche externe membraneuse se détache comme une sorte d’écorce friable. On pense qu’il faut dix années pour achever l’accroissement du corail ; chaque aggrégation représente alors un arbrisseau d’un beau rouge orangé élevé de 0'",50, fixé par une base élargie et qui, à certains moments, semble se couvrir d’une multitude de fleurs blanches (les polypes épanouis), puis semble perdre brusquement cette parure éclatante, lorsque les polypes se contractent simultanément par suite de l’agitation de l’eau ambiante. Le corail vit exclusivement dans la mer Méditerranée et spécialement sur les côtes de l’Algérie, devant Oran, La Galle et Bône, dans le détroit de Messine et aux environs, sur la côte de Naples, dans les eaux de Marseil'e et dans divers endroits de l’archipel grec. On le trouve à une profondeur de 25 à 30 mètres au-dessous du niveau de la mer. Donati, Marsigli, Gavolini ont fait des observations desquelles il résulte que les fragments de corail détachés du buisson principal ont une vitalité énergique et se soudent volontiers sur quelques corps fixes pour y continuer leur développement et former de nouveaux troncs, à la manière des boutures de végétaux; ils affirment que les objets plongés dans la mer au voisinage des bancs coralliens s’y couvrent de corail en quelque mois.

La couleur du corail n’est pas toujours la môme ; on en trouve de blanc et on observe sur certaines branches toutes les nuances intermédiaires de rose et de rouge pâle. Le commerce distingue, à cause de ces variations de couleur, le corail rouge, dont les qualités différentes sont nommées coraux écumes de sang, fleurs de sang; puis le corail vermeil, le corail blanc clair ou terne. Selon les caprices de la mode, chacune de ces variétés est tour à tour en vogue chez les Européens; dans les pays chauds, le plus beau rouge conserve la plus grande valeur. Le chlore n’attaque pas la couleur du corail, l’acide sulfhydrique le noircit. Le corail se dissout seulement dans les acides minéraux; on le regarde comme formé de carbonate de chaux avec des traces de magnésie et de sulfate de chaux; la matière colorante a pour principe l’oxyde de fer.

Fig. 644. — Polype du Corail.

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La pêche du corail est faite, par les Italiens et les Espagnols, sur les côtes d’Italie et d’Algérie, et par les , Grecs sur les côtes de l’archipel. Les marins fiançais, depuis le milieu du xvi® siècle, ont eu le privilège de faire cette pêche à La Galle, en Algérie, et sur les côtes de ce littoral, et la matière première recueillie par eux était travaillée à Marseille avec une véritable supériorité. Mais la période révolutionnaire et les guerres de l’empire ont rompu cette tradition que tous les efforts de nos gouvernements, depuis vingt-cinq ans, n’ont pu parvenir à renouer. La mise en œuvre du corail a disparu de Marseille et le corail même de nos côtes de Provence est aussi bien que le corail algérien pêché par nos voisins. C’est aujourd’hui à Naples, en Sicile, dans l’ancienne Toscane, en Catalogue, que le corail est taillé et monté ; de là, il est expédié dans le Levant, puis il parvient en Perse, dans l’Inde et jusqu’en Chine. En 18G0, 204 bateaux corailleurs, dont 121 napolitains, 28 toscans,

3 sardes, 2(5 espagnols et 26 français, ont recueilli sur nos côtes algériennes 20,881 kil. de corail valant 1,448,950 francs; La Galle et Bône ensemble en avaient fourni, dans ce nombre, 28,437 kil. Les engins de cette pêche sont peu compliqués, et l’armement d’un bateau ne revient qu’à 6,000 francs. C’est surtout en été que la pêche se pratique, et on y emploie un instrument nommé salabre par les Marseillais ; c’est une croix de bois à branches égales entourée d’étoupes, chargée d’une grosse pierre ou boulet à son milieu; à chacune des branches de la croix est fixé un filet en forme de bourse; une corde attachée à l’entre croisement des branches permet de promener cette espèce de drague sur les bancs coralliens ; les fragments détachés dans cette manœuvre sont ramenés par les filets lorsqu’on retire la salabre. Ce procédé grossier dévaste les bancs en les exploitant. En Sicile, déjà du temps de Spallanzani, la pêche du corail était par un règlement partagée sur la côte en coupes décennales et il était rigoureusement interdit de pêcher ailleurs que dans les lieux assignés pour chaque année. On se procure aussi le corail par des plongeurs; ce procédé, peu productif, est plus répandu chez les Grecs que chez les Italiens ou les Espagnols.

Pour l’histoire du corail, les meilleurs ouvrages à consulter sont ceux de Donati {Histoire de la mer Adriatique]^ Marsigli {Histoire maritime)^ Cavolini {Mémoire pour servir à V histoire des polypes maritimes)^ Peyssonnel {Traité du corail, manuscrit du Muséum de Paris, analysé par M. Flourens, en 1838, dans le Journal des samnts et dans les Annales des sciences naturelles)^ Lacaze-Duthiers {Rapport à S. Exc, le ministre de la guerre Qt Compte rendu de T Académie des sciences, Longtemps regardé comme un minéral, puis comme une plante, le corail fut véritablement connu dans la seconde moitié du siècle dernier par Peyssonnel, qui rencontra d’abord des difficultés à faire accepter ses idées sur la nature animale de cette curieuse production. Ad. F.

Corail (Zoologie), Anguü rouge, Lacép. — Petit serpent de Cayenne ; il passe pour très-venimeux.

Corail des jardi>s (Botanique). — Voyez Piment.

CORALINë ou Coralline (Botanique), de son analogie avec le corail. — Espèce d' Algues du groupe des Céramiaires. Elle appartient au genre Griffithsia d’Agardh. C’est le G. corallina, Ag. {Conferva corallinoïdes. Lin. ; C. corallina, Dillw. ; Ceramium cora! linum, Bory de Saint-Vincent). Cette plante, qui se trouve sur les côtes de France, forme une touffe haute de ()™,10 à O"', 1 5. Ses frondes (feuillage) se divisent dès la base en rameaux dichotomes dont l’extrémité est presque toujours bifurquée, obtuse et comme tronquée au sommet. A l’état frais, cette espèce est remplie d’un suc pourpre qui lui donne un aspect charnu et translucide et laisse peu apercevoir ses articulations ; la surface en est douce et comme recouverte d’un liquide onctueux. Un peu flétrie, la coraline devient moins charnue et prend une teinte rose; ses articulations paraissent étranglées; ses articles sont élargis au sommet et rétrécis à leur base. Lés conceptacles sont pédicellés et placés à la partie inférieure des rameaux. La coraline adhère fortement au papier sur lequel on la prépare pour la conserver dans les collections. On la trouve communément rejetée sur le rivage, surtout après des coups de vent.

Pour connaître les coralines, il conviendra de consulter les travaux de M. Kützing {Ueber die polyp. caleif. de Lamouroux) et de M. Decaisne {Mémoire sur les corallines. Ann. se. nat., \Mi). G — s.

CORAL-RAG (Géologie). — Les Anglais ont donné ce nom à un groupe de calcaires oolitiques, composés en

Fig

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