Tête de Corbeau commiin (1/3 de grand, naturelle
général de couches de coraux pétrifiés, dans la position qu’ils avaient sous les eaux de la mer au moment de leur développement. Ils ont cela de remarquable qu’ils présentent de grandes analogies avec les polypiers madréporiques des récifs de l’océan Pacifique. On y rencontre surtout les genres Thecosmilia, Thamnastrœa, etc. Les géologues français nomment ces mêmes couches calcaires à polypiers, calcaires coralliens.
CORAUX (Zoologie). — Voyez Polype.
CORAX (Zoologie). — Voyez Corbeau.
CORB, Corbeau (Zoologie), Corvina, Guv. — Genre de Poissons acanihoptérygiens de la famille des Sciénoïdes. Ils se distinguent des autres genres de cette famille par des dents en velours et l’absence de canines et de barbillons, et diffèrent d’ailleurs des maigres et des otolithes par leur grosseur bien moindre et par la force de leur deuxième épine anale. L’espèce la plus intéressante pour nous est le C. noir {C. nigra, Sciœna nigra, Gmel.), ainsi nommé à cause du beau noir dont il est paré à certaines époques et dans divers lieux. Il est d’ailleurs d’un brun argenté, les ventrales et l’anale noires. C’est un des poissons les plus communs de la Méditerranée et de l’Adriatique, d’où il remonte dans les fleuves. Il parvient à la taille de 0“,75. Sa chair est délicate, surtout lorsqu’il est pêché à l’embouchure des rivières, où il vient souvent en troupes plus ou moins nombreuses.
CORBEAU (Zoologie), du latin corvus. — Nom d’un oiseau très-commun en Europe, et qui sert de type au genre Corbeau {Corvus, Cuv.) et à la tribu des Corvidés (ancien genre Corvus, de Linné], famille des Conirostres, ordre des Passereaux. Le genre Corbeau renferme des passereaux conirostres de grande taille, par rapport aux oiseaux de cet ordre et môme aux autres corvidés ; leur bec est aussi plus fort, bombé à sa base, et la mandibule supérieure plus arquée est pourvue d’une arête médiane en dessus, et a les bords tranchants ; les narines sont abritées p'ar des plumes roides dirigées en avant ; la queue est ronde ou carrée ; leurs pieds sont forts et mieux faits pour saisir les branches que pour marcher; leurs ailes longues et pointues se terminent en arrière vers le bout de la queue ou au delà. Les espèces de ce genre ont des mœurs assez analogues entre elles.
Le C. communou Grand Corbeau {C.corax, Lin.) est un oiseau tout noir, de la taille d’un coq de moyenne force ; c’est le plus gros des oiseaux passereaux de l’Europe. Contrairement aux habitudes sociables de la plupart des espèces de ce genre, le corbeau vit solitaire avec sa femelle, au sommet des arbres les plus hauts ou sur des rocs escarpés. Il y établit un nid très-grand, formé extérieurement de rameaux et de racines d’arbrisseaux, tapissé intérieurement de mousse ou de bourre. Vers le mois de mars, en Europe, la femelle y pond cinq ou six œ.ufs verdâtres, irrégulièrement tachetés de brun, longs de 0“»,045 et larges de 0'",03 environ. L’incubation dure vingt jours et le mâle en partage les soins avec sa femelle. Les petits naissent couverts d’un duvet blanchâtre ; vers le mois de mai, ils quittent le nid, mais leurs parents s’occupent encore tout l’été de venir en aide à leurs besoins. Les couples de corbeaux se conservent d’année en année une grande fidélité; on a vu des corbeaux demeurer trente ans et plus avec la môme femelle. On prétend que leur vie est fort longue et peut dépasser un siècle. Du reste, ces sombres ménages ne souffrent pas dans leur voisinage d’autres animaux de leur espèce, fussent-ils sortis de leur sang, ou môme des animaux d’espèces voisines, comme les corneilles; ils les chassent impitoyablement de leur canton. Les corbeaux se nourrissent de fruits de toute espèce et de petits animaux; liardis, cruels et voraces, ils viennent jusque dans les basses-cours enlever les volailles, et disputent impudemment les morceaux de viande aux chiens et aux chats. Mais ils sont surtout avides de la chair des cadavres que la finesse extrême de leur odorat leur fait sentir de fort loin. Ils conservent de cette pâture immonde une odeur fétide qui, jointe à leur plumage noir, à leur croassement lugubre, a inspiré pour eux une sorte de répulsion superstitieuse. Le corbeau est essentiellement, dans les préjugés populaires, l’oiseau de mauvais présage les anciens, qui l’avaient consacré à Apollon, l’observaient avec soin pour trouver dans son vol, dans ses cris, des indices de l’avenir. Ce qui est
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plus vrai^ c’est que son vol moins élevé, plus inquiet, certains cris qu’il pousse, annoncent le mauvais temps. La chair du corbeau est mauvaise ; les Juifs la tenaient pour impure. Cet oiseau, fin, rusé et méfiant, est d’ailleurs assez intelligent pour s’apprivoiser sans peine et se prêter à. recevoir une certaine éducation ; en domesticité comme en liberté, il aime les lieux qu’il habite et ne s’en éloigne jamais que pour y revenir. Il reconnaît les personnes qui vivent autour de lui, et l’on réussit assez facilement à lui faire articuler quelques mots. Il reste néanmoins avide et glouton; laissé libre dans les bassescours, il dévore les jeunes poulets. Il a, comme les pies, la manie de mettre en réserve une foule d’objets de tous genres, et surtout ceux qui brillent.
Le corbeau n’émigrejamais de nos pays, bien que son vol soit élevé et puissant; mais les individus de son espèce sont répandus à l’état sédentaire dans toutes les parties du monde. Dans le Nord, le plumage des corbeaux est souvent mêlé de blanc.
Le corbeau et les oiseaux du même genre sont trèsdifficiles à chasser, à cause de leur défiance et de leur vol élevé.
La Corneille {C. corone, Lin.) (voyez Corneiltuî). Le C. mnntelé ou Corneille mantelée [C. eornix. Lin.), un peu plus gros que la corneille, a le corps cendré, la tête, les ailes et la queue noires; il habite la Sibérie et le nord de l’Europe. Cet oiseau est aussi connu sous les noms vulgaires de Meunière, Jacobine. Le Freux ou Frayonne {C. frugilagus. Lin.) (voyez Freux). Le Choucas {C. rno~ nedula. Lin.) (voyez Choucas).
Corbeau aquatique. — Oiseau du genre Ibis.
Corbeau blanc, le Vautour papa ou Irubi. — Corbeau BLEU, le Rollier. — Corbeau chauve, le Coracine et le Pyrrliocorax. — Corbeau nu, la Coracine.
Corbeau des clochers, c’est le Choucas.
Corbeau de mer, on nomme ainsi le Grand Cormoran.
Corbeau de nuit, la Hulotte et \' Engoulevent .
Corbeau rhinocéros. Corbeau cornu, le Calao rhinocéros. Ad. F.
CORBEILLE d’argent (Botanique). — Nom vulgaire donné à VIbéride toujours verte, Tlaspi blanc vivace {Iberis sempervirens. Lin.), de la famille des Crucifères. C'est une espèce très-répandue ; on en fait des bordures qui se couvrent entièrement de fleurs blanches, d’où leur vient le nom de Corbeilles d'argent.
Corbeille d’or (Botanique). — On a donné ce nom à V Alysse saxatile, vulgairement Tlaspi jaune {Alyssuni saxatHe, Lin.), famille des Crucifères (voyez Alysse).
CORBIVAÜ (Zoologie). — C’est \e Corvus albicollis, de Latham; il appartient au genre Corbeau, et se distingue par la forme comprimée de son bec à dos élevé et tranchant.
CORBULE (Zoologie), Corbula, Brug. — Genre de Mollusques acéphales, de l’ordre des Testacés, famille des Cardiacés, établi d’abord par Bruguières, adopté par Lamarck. Ce sont de petites coquilles marines bivalves, dont le test est épais ; leur charnière consiste dans une forte dent à chaque valve, au milieu, s’engrenant à côté de celle de la valve opposée ; du l este, les valves sont rarement bien égales. Les corbules vivent enfoncées perpendiculairement dans le sable ou la vase. Elles ont des siphons très-courts. Duvernoy et M. Valenciennes ont constaté que les animaux du genre Corbule n’ont qu’un seul feuillet branchial au lieu de deux, de chaque côté du pied. Ce genre, peu considérable autrefois, est devenu très-nombreux. On y compte plus de cent espèces dont plus de la moitié sont fossiles. Parmi ces dernières, plusieurs se trouvent dans les environs de Paris, et surtout à Grignon, parmi les dépôts tertiaires.
CORBULEeS (Zoologie). — Lamarck a proposé l’établissement de cette famille pour les deux genres Corbule et Pandou, près des Mactracées; mais elle ne figure pas dans le Rèyne animal et n’a pas été généralement admise. ^ CORCELET. — Voyez Corselet.
CORGHORE ou Corrète (Botanique), Cor chorus, lAn., du grec corchoros, dérivé de horeô , je purge. Nom donné à cause des propriétés laxatives d’une espèce potagère et adoucissante de ce genre. — Genre de plantes de la famille des Tiliacées. Ce genre, qu’on désigne vulgairement sous le nom de Corrète. comprend des espèces toutes exotiques. La C. potagère [C. olitorius. Lin.) est nommée aussi Mauve de juif, du nom Olus judaicum que lui donnaient les botanistes du moyen âge, parce que les Juifs ont été les premiers â l’employer. C’est une plante annuelle, lisse, à feuilles dentelées, à fleurs d’un jaune
orangé. Elle est originaire des Indes. On la cultive en Syrie pour l’alimentation, et elle entre dans la préparation de certains potages. La C. velue iC. hirsutus, Lm.-,
C. frutescens, Lamk) est un arbrisseau laineux, de l’Amérique méridionale. La C. capsulai)x{C. capsularis,lAn.) vient dans les Indes orientales. Les Chinois en tirent une sorte de filasse. Caractères du genre : calice caduc à 5 sépales; 6 pétales ; étamines indéfinies ; stigmates sessiles, au nombre de 2-5 ; le fruit est une capsule en forme de silique, quelquefois globuleuse, à 2-G loges s’ouvrant en autant de valves. G —
CORDAGE (Technologie). — Nom générique de toutes les cordes qui servent au gréement et à la manœuvre des navires, au jeu des machines, à l’élévation et à la traction des fardeaux.
Toutes les matières filamenteuses peuvent être employées à la fabrication des cordages, telles sont le phormium tenax, Valoès, les fibres de coco, le coton, le lin, le chanvre. La résistance du cordage sera en rapport avec la ténacité et l’élasticité des filaments employés.
Sous ce rapport, le chanvre tient le premier rang, et comme cette plante réussit bien en France, particulièrement dans le nord, elle y est à peu près exclusivement employée à cet usage.
La fabrication des cordages comprend deux séries d’opérations principales : 1" la filature, qui a pour objet de réunir les matières filamenteuses aussi également que ' possible en les faisant adhérer par une torsion suffisante pour que les fibres rompent plutôt que de glisser les | unes sur les autres; le fil ainsi obtenu s’appelle fil de caret ; 2° le commétage, qui a pour objet de réunir les fils de caret en nombre convenable en rapport avec la résistance qu’on veut donner au câble.
1“ Filature. — La filature se fait encore presque toujours à la main. Les outils qu’y emploie le cordier sont très-simples : ils se composent d’une roue qu’un aide meut à la main, de crochets que la roue fait tourner au moyen d’une corde sans fin, de râteliers destinés à supporter ‘ le fil, enfin de dévidoirs ou tourets servant à enrouler le ( caret quand il est fabriqué. ij
Le cordier s’étant mis autour de la ceinture une quan- ; tité convenable de chanvre bien peigné ou filasse, en ^
prend un certain nombre de brins dont il accroche l’ex- !
trémité à un crochet que la roue fait tourner; puis, mar- ■ chant en arrière, il cède de la main droite la quantité :
de chanvre suffisante qui se tord à mesure, tandis que ,
de la main gauche il serre ce fil un peu en avant au i
moyen d’une lisière appelée paumelle. La torsion est ,
ain û suspendue au besoin le temps nécessaire pour que \
le cordier ait le temps de disposer son chanvre convena- ) biement. Lorsqu'il a filé une longueur de caret en rapport avec celle du chantier sur lequel il travaille, il l’enroule i sur le tour, et si cette longueur n’est pas suffisante pour (
la longueur du cordage, il en file une seconde, une troi- j
sième et réunit les bouts au moyen de filaments non tordus qui restent à leurs extrémités. i
Un bon fileur doit faire dans sa journée de 35 à 40 kil. '
de caret; le déchet varie de 4 à 10 p. 100 suivant la ■
qualité des chanvres. C’est sur ce caret qu’on effectue le )
goudronnage pour les cordages destinés â la marine. A .
cet effet le fil d’un touret est renvidé sur un autre en i
passant dans une chaudière pleine de goudron chaud, ]
puis sur une corde de crin inclinée sur laquelle il fait 1
deux ou trois tours et où il se débarrasse du gou- j
dron en excès. Le goudronnage diminue un peu la résistance du cordage qu’il préserve ; aussi, dans les cordages j destinés aux manœuvres dormantes, se contente-t-on de |
goudronner les câbles à leur surface. Cet enduit protège J
suffisamment tant qu’il n’est pas fendu par les mouve- J
ments de flexion imprimés au câble. 5
2" Commétage des fils. • — Pour les cordes fines, le 1
rouet du cordier suffit au commétage. Les fils sont atta- '
chés de nouveau aux crochets qui ont servi à leur fabrication,tendussur unelongueur convenable parallèlement î entre eux au nombre de deux ou trois, puis attachés | ensemble, par leur extrémité opposée, à un autre crochet appelé émérillon, mobile autour de son axe. En tor- i-*
dant les fils'au moyen des crochets dans le sens de leur v
torsion primitive, ils tendent à se détordre par leur extré- i
mité opposée en faisant tourner l’émérillon surlui-môme ; I
mais ce dernier mouvement enroule les fils l’un sur l’autre ^
et produit la corde. Pour rendre ce cordelage régulier, 4
le cordier sépare les brins les uns des autres au moyen ,
d’un toupin ou cône tronqué en bois sur lequel sont creu- S
sées â des intervalles réguliers deux rigoles pour les ;i
cordes â deux brins, trois rigoles pour les cordes à troLs [I
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brins. Le toupin est d’abord placé près de l’émérillon ; le cordier le fait ensuite marcher régulièrement, et à mesure que les brins le quittent, ils s’enroulent l’un sur l’autre. La corde ainsi formée ne tend nullement à se défaire, parce que le mouvement qui aurait pour effet de dérouler les brins aurait en môme temps pour effet d’augmenter la torsion de ceux-ci, ce à quoi leur élasticité fait ob stade. Il faut donc que l’on détorde les brins en môme temps qu’on veut les dérouler. Cependant, à mesure que la corde vieillit, les filaments perdent leur pli, leur tension diminue et le décordelage devient plus facile.
Le commé.tage des fils les raccourcit beaucoup ; on doit donc leur donner toujours plus de longueur qu’à la corde que l’on veut fabriquer, et l’émérillon est porté par un chariot plus ou moins pesant qui se rapproche peu à peu du rouet, tout en tendant suffisamment les fils.
Les cordes formées de deux brins s’appellent bitords, celles’ à trois brins merlins; l’une et l’autre prennent le nom générique de aussières quand on les emploie à leur tour à la fabrication des cordages.
En tordant les aussières par le môme procédé que les fils de caret, on forme des grelins, qui deviennent des câbles quand ils sont d’une grosseur suffisante. Pour les grelins et les câbles, il faut remplacer le rouet du cordier par des tours d’une force plus grande et appropriée à l’ouvrage exécuté.
Filature mécanique. — On a essayé de substituer les machines à la main de l’homme dans la filature des carets ; ces machines, analogues à celles qui sont employées dans les filatures de coton, laine ou lin et autres textiles, ont donné d’assez bons résultats, et cependant elles ne semblent guère devoir se généraliser. C’est que, outre les difficultés que l’on éprouve à obtenir des fils aussi lisses qu’à la main, la façon qu’il s’agit de donner au chanvre n’est pas d’un prix assez élevé pour compenser des frais de transport auxquels donnerait lieu une fabrication en grand comme l’exigerait l’emploi des machines. Il n’en est plus de môme du cornmétage des fils et surtout du cornmétage des aussières destinées aux gros cordages. L’emploi des machines devient ici très-avantageux en ce qu’il donne au travail une régularité très-grande, permet d’y employer des forces d’un prix peu élevé et d’obtenir des cordages d’une longueur presque indéfinie dans un emplacement limité. Aussi sont-elles employées dans les grands ateliers de corderiçs de nos ports. Bien que compliquées dans leurs détails, leur disposition générale est assez facile à concevoir.
On y observe toujours un arbre en fer vertical mobile au moyen de deux roues d’angle. Cet arbre porte deux plateaux sur lesquels sont montés deux cadres garnis chacun d’une bobine transversale contenant un des fils ou une des aussières. L’axe de chaque cadre porte, en outre, une roue dentée, qui par un engrenage extérieur détermine son propre mouvement de rotation, par suite du^ transport du cadre. Il résulte de cette disposition qu’en ’mprimant à l’arbre central un mouvement de rotation sur lui-môme, les cadres sont emportés dans ce mouvement et qu’en outre de ce mouvement, ils tournent encore sur eux-mômes avec une vitesse dépendant du rapport des diamètres des roues dentées. Les fils ou aussières sont donc tordus et en môme temps enroulés l’un sur l’autre après avoir quitté le toupin fixé à l’extrémité de l’arbre central.
La corde qui se trouve ainsi formée passe sur une poulie qui lui sert de guide, puis de là au dévidoir.
Les câbles de fils de fer se fabriquent à l’aide d’un appareil du môme genre. (M. D.)
CORDE (Géométrie). — Droite qui joint les extrémités d’un arc de cercle (voyez Ane). Il existe pour les cordes d’un cercle différentes propriétés, dont voici les principales :
Le diamètre est la plus grande corde que l’on puisse mener dans un cercle.
Dans une môme circonférence, des cordes égales soustendent des arcs égaux.
Dans une môme circonférence, de deux cordes inégales la plus grande sous-tend le plus grand arc pourvu que les arcs soient moindres qu’une demi-circonférence.
La perpendiculaire abaissée du centre sur une corde la. partage en deux parties égales; et réciproquement toute perpendiculaire menée par le milieu d’une corde passe par le centre.
Dans une môme circonférence, deux cordes égales sont à la môme distance du centre, et de deux cordes inégales la plus grande en est la plus rapprochée.
Deux cordes parallèles interceptent des arcs égaux, etc.
Corde (Métrologie). — Ancienne mesure pour le bois de chauffage. On distinguait principalement : T la corde des eaux "et forêts ou êê ordonnance, valant 2 voies, formée en empilant des bûches de manière à obtenir un tas ayant 8 pieds de couche et 4 de hauteur, les bûches ayant en longueur 3 pieds fi pouces ; 2'’ la corde de grand bois, ayant 8 pieds de couche, 4 pieds de hauteur et les bûches ayant 4 pieds; 3“ la corde déport, ayant 8 pieds de couche et 5 de hauteur, les bûches ayant 3 pieds 6 pouces.
CORDE DU TYMPAN ou DU TAMROUR (Aiiatomie). — On désigne sous ce nom un filet nerveux, que la portion dure de la septième paire de nerfs fournit pendant son trajet dans l’aqueduc de Fallope ; il pénètre dans la caisse du tympan, à peu de distance du trou stylo-mastoïdien, la traverse et en sort par la scissure de Glaser.
Cordes vocales (Anatomie). — On appelle ainsi les ligaments inférieurs de la glotte; ils sont constitués par les ligaments thyro-aryténoïdiens, et sont situés à droite et à gauche du larynx (voyez Larynx).
CORDIA (Botanique), du nom de Cordius, ancien botaniste allemand. — Voyez SÉBEsrmR.
CORDIAL (Médecine), du latin cô?%cœur. — On donne ce nom à une classe de médicaments auxquels on attribue la propriété d’augmenter l’action vitale du cœur et de l’estomac, et par" là la chaleur générale du corps. Tels sont plus particulièrement les excitants et les diffusibles, parmi lesquels on doit citer de préférence les substances végétales aromatiques, les huiles essentielles et les eaux distillées de ces plantes; les eaux de mélisse, de Cologne, les vins généreux, la cannelle, le polygala de Virginie, la vanille, le girofle, etc., et les différents composés de ces substances.
CORDIÉRITE (Minéralogie), du nom de Cordier, géologue français. — Connu aussi sous les noms dêiolite, de dichroïte , ce minéral a pour propriété distinctive le dichrdisme : il paraît d’un beau bleu dans la direction de l’axe et d’un gris jaunâtre dans un sens perpendicu laire à cet axe. La variété qui offre ce phénomène au plus haut degré est celle que les joailliers appellent sa^ ptiir d’eau. La cordiérite raye légèrement le quartz. Sa densité varie de 2, .56 à 2,66*. La couleur bleue qui est quelquefois très-faible, l’éclat, la cassure, la font souvent confondre avec le quartz. Considérée chimiquement, c’est un silicate double d’alumine et de magnésie (rapport de l’oxygène, de l’acide et des deux bases 3, 3, 1). Au chalumeau, ce minéral fond en un verre tout semblable à la pierre môme. Il cristallise dans le système du prisme droit à base rhombe, sous l’angle de. 120" 10'. Dans la bijouterie, on taille la cordiérite et on l’emploie comme le saphir. Lef.
CORDIFORME (Zoologie, Botanique), du latin cor, cœur, et forma, forme. — On dé.signe ainsi les parties ou les corps qui offrent la forme d’un cœur. Cela s’applique surtout aux feuilles.
CORDON OMBLLICAL (Zoologie).— Avant leur naissance, les petits des mammifères sont unis à la mère qui les porte dans son sein, par un faisceau de vaisseaux au moyen desquels le sang du petit va sans cesse se révivifier au contact de celui de la mère. C’est ainsi que se fait dans le sein des femelles de mammifères une sorte d’incubation intérieure où le jeune animal reçoit à tout instant la vie du sang maternel.
CORDON OMBILICAL (Botanique). — On appelle ainsi un prolongement du placenta, formé de vaisseaux unissant la graine à l'ovaire et servant à conduire la nourriture à l’embryon. On désigne plus souvent cet organe sous le nom de funicule. L.-C. Richard l’a nommé podosperme. Le cordon ombilical est ordinairement assez court, comme dans le haricot, le genôt, le ricin. Dans quelques magnoliers, il offre une. longueur remarquable. A la maturité des fruits de ces végétaux, les graines d’un ronge corail pendent en dehors, attachées à l’extrémité d’un cordon ombilical qui a plus de Ü“,02 de longueurc Dans le pavot, les. primevères, etc., les graines sont sessiles, c’est-à-dire que le funicule ne se distingue pas. I.e cordon ombilical est filiforme dans la giroflée, le groseillier à maquereau, urciné ou en crochet l’acanthe, la justicie, etc. ; enfin, il est dit pappiforme quand il est formé de filets soyeux réunis en aigrette, comme dans les asclépias. — On nomme cordon pistillaire l’assemblage de plusieurs vaisseaux qui transmettent l’émanation polliniquedu style dans les ovules. G — s.
Cordon sanitaire (Hygiène), du latin sanitas, santé. — Lorsqu’un pays est devenu le loyer d’une épidémie.
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COR
les pays voisins s’efforcent de se préserver de la propagation du mal en mettant obstacle à toute communication avec la contrée infectée; on va souvent jusqu’à établir dans ce but une ligne de postes militaires sur la frontière, et c’est là ce qu’on nomme un cordon sanitaire.
CORDYLE (Zoologie), du grec kordyle ^ massue. — Cuvier a nommé Cordyle {Cordylus) un genre de Reptiles de l’ordre des Sauriens., famille des Iguaniens., section des Agamiens., groupe des Stellions : Linné avait confondu sous le nom de Lacerta cordylus les espèces de ce genre, toutes originaires du cap de Bonne-Espérance. On les distingue par de grandes écailles disposées en rangées transversales sur la queue, le ventre et le dos; parfois, celles de la queue sont épineuses ; la partie supérieure de la tête est couverte de plaques épidermiques, comme celle des lézards. Une ligne de très-grands pores sur les cuisses. Merrem a donné au genre Cordyle le nom de Zonnre.
CORÉOPSIS (Botanique) , du grec koris., punaise, et opsis., figure; allusion aux fruits de la plante, qui, munis d’un bord membraneux, présentent 2 arêtes simulant l’apparence d’un insecte. — Genre de plantes de la famille des Composées., tribu des Sénécionidées, sous-tribu des Hélianlhées. Les espèces de ce genre sont des herbes à capitules solitaires composés de fleurs jaunes. Elles appartiennent, en général, à l’Amérique septentrionale et servent à l’ornement des jardins. Le C. des teinturiers (C. tinctoria, Nutt. ; Calliopsis tincioria, de Cand.) est une plante annuelle, à feuilles très-profondément découpées ; ses fleurs ligulées sont trifides, plus longues que les écailles intérieures de l’involucre. Cette charmante espèce fleurit depuis l’été jusqu’à l’arrièresaison, et même jusqu’à l’entrée de l’hiver. Une variété à ligules brunes, bordées de jaune, est souvent cultivée dans les jardins. Caractères du genre : capitules présentant à la circonférence 8 fleurs ligulées, neutres, et au centre des fleurs hermaphrodites; réceptacle garni de paillettes; akènes à bords ailés, terminés par deux dents ou par un petit disque. G — s.
CORÈTE DU Japon (Botanique), Kerria., de Cand., du nom de Bellenden Ker, botaniste anglais. — Genre de plantes de la famille des Spiréocées. Les Gorètes sont des sous-arbrisseaux à feuilles alternes ovales-lancéolées. — On cultive, comme plante d’ornement dans nos jardins, le C. du Japon {K. japmaca, did Cand.), connu sous les noms vulgaires de Corète et de Corchorus ; cette plante s’élève à l‘“,50 et porte de belles fleurs jaunes, que la culture rend facilement pleines et qui ressemblent à de petites roses. Il ne faut pas confondre cette plante avec les vrais Gorcliorus ou Corètes, de la famille des Tiliacées. Caractères du genre : fleurs généralement jaunes; calice gamosépale, à tube court, à 6 divisions; corolle de 5 pétales ; 20 étamines environ ; 6 à 8 carpelles contenant un ovule chacun.
CORIANDRE (Botanique), Coriandrum., Lin , du grec kons., punaise, allusion à l’odeur fétide du fruit vert. — Genre de plantes de la famille des Omhellifères type de la tribu des Coriandrées. La C. cultivée {C. srdtvum., Lin.) est une plante herbacée, à tige cylindrique, glabre, élevée de 0“,5U à 0'",00. Ses feuilles sont multifides. Ses fleurs sont blanches et forment des ombelles composées de 3-5 rayons. Cette espèce vient communément en Suisse, en Italie et même dans la France méridionale. On la cultive pour ses graines. L’odeur de cette plante est fétide, forte et pénétrante; elle peut occasionner des maux de tête très-violents aux personnes qui resteraient trop longtemps dans un champ de coriandre. On a prétendu autrefois que le suc de cette plante était vénéneux comme celui de la ciguë; mais il a été reconnu que certains peuples faisaient un fréquent usage des feuilles de coriandre comme assaisonnement. Les graines de cette espèce deviennent aromatiques par dessiccation; elles ont les propriétés carminatives stomachiques de l’anis. On les emploie dans la parfumerie. Les confiseurs en font certaines dragées qui répandent une agréable odeur dans la bouche. Les médecins les ordonnent quelquefois pour stimuler l’action de l’estomac. Caractères du genre : calice à 5 dents persistantes ; fruit globuleux présentant 10 côtes; carpelles à 5 côtes primaires, déprimées, flexueuses et à 4 côtes secondaires plus saillantes, carénées. G — s.
CORIARIA ou Cor.iAiRE (Botanique), du latin corium., cuir, à cause des propiiétés tannantes du suc des Coriaires. — Genre de plantes , qui sert de type à la famille des Coriariées, Les Coriaires sont des arbrisseaux
à rameaux carrés, à feuilles opposées ou verticillées ternées; leurs fleurs forment des grappes terminales. On cultive dans les jardins la C. à feuilles de myrte (C, myrtifolia., Lin.), vulgairement nommée Corroyère ou Rédoux., dont le suc astringent est employé par les teinturiers et les tanneurs; ses feuilles, qui renferment un suc narcotique, sont souvent mêlées, par une fraude coupable, au séné ; son fruit est vénéneux ; la C. sar^ menteuse {C. sarmentosa. Fors.), originaire de la Nouvelle-Zélande, dont le fruit noir est vénéneux. Caractères du genre : fleurs hermaphrodites, quelquefois polygames, monoïques ou dioïques; calice persistant à 5 divisions; corolle à 6 pétales hypogynes; 10 étamines hypogynes en 2 verticilles ; ovaire à 5 loges monospermes ; fruit, une capsule à 5 coques.
CORIARIÉES, CoRiARiACÉES (Botanique). — Petite famille de plantes de la classe des Géranididées formée par le seul genre Coriaria. De Jussieu rangeait ce genre parmi les Malpighiacées {voyez Coriaria).
CORINDON (Minéralogie), du mot indien korund. — On désigne sous ce nom un certain nombre de minéraux d’aspect assez différent, mais qui satisfont aux conditions suivantes. Ils sont formés essentiellement d’alumine et possèdent une grande dureté qui place le corindon immédiatement après le diamant, le plus dur des minéraux. La densité du corindon varie de 3,97 à 4,16. Ce minéral est inattaquable aux acides et complètement infusible au chalumeau. Les différentes formes cristallines du corindon dérivent d’un prisme rhomboèdre aigu sous l’angle de 86" 4', auquel conduisent trois clivages égaux et également faciles; mais la forme cristalline la plus habituelle est celle du prisme à six faces sans modification ; on rencontre aussi quelquefois la double pyramide hexagonale. Les deux variétés les plus intéressantes du corindon sont le corindon hyalin et le corindon émeri.
A l’état hyalin., ce minéral est diaphane, ordinairement incolore, quelquefois coloré en rose ou en bleu. Susceptibles d’être taillés, les échantillons fournissent des pierres précieuses très-estimées qui ont reçu différents noms, suivant la teinte qu’elles possèdent : on désigne ces diverses variétés de corindon coloré sous les noms de saphir blanc., de rubis oriental., de saphir oriental^ de saphir indigo, d’améthyste orientale, de topaze orientale, d émeraude orientale. Toutes ces pierres proviennent du Pégu et, lorsqu’elles possèdent une belle couleur, leur valeur devient supérieure même à celle du diamant. Un rubis de 10 grains (2 karats {) a été vendu 14,000 francs. La dureté est le caractère qui permet de discerner le plus sûrement le corindon du diamant. Ou pourrait reconnaître le corindon en vérifiant s’il est rayé par le diamant, tout en rayant lui-même les autres minéraux les plus durs; mais pour ne pas altérer le poli de la pierre en la rayant, on consulte sa densité, qui est toujours supérieure à celle du diamant.
La seconde variété, appelée corindon émeri, consiste en une roche dans laquelle sont disséminés de petits grains de corindon : la couleur, la densité de ce minéral est par cela même variable avec la nature de la roche ; il est tantôt gris noirâtre et tantôt d’un brun foncé ; la dureté est le caractère fondamental de ce corps; il raye le quartz et le verre avec la plus grande facilité : aussi l’einploie-t-on très-fréquemment à l’état de poudre poiur user et polir le verre et les métaux.
Les différentes variétés de corindon appartiennent toutes aux terrains anciens. On les trouve dans les roches feldspathiques, en Chine, au Thibct, en Suède, aux monts Ourals, dans le Piémont et au Puy-en-Velay. Les dolomies en renferment aussi quelquefois : telles sont celles du Saint-Gothard, où on a constaté d’abord sa présence. Quant au corindon hyalin, on ne le trouve que dans les alluvions provenant de la destruction des roches précédentes. ^ Lef.
CORIOPE (Botanique). — Nom vulgaire du Coréopsis.
CORIS (Botanique), Coris, Lin. Nom ancien rapporté par Dioscoride à une plante dont le port ressemble à celui des millepertuis et des bruyères. On fait remarquer que le mot grec koris signifie punaise. — Genre de plantes de la famille des Primulacées, tribu des Primulées. On cultive souvent pour l’ornement le C. de Montpellier {C. Monspeliensis, Lin.), qui décore agréablement les endroits sablonneux et maritimes de l’Europe méridionale. C’est une plante vivace à tige ligneuse à la base et s’élevant à peu près à 0“,3i). Ses feuilles sont alternes, coriaces, linéaires. Ses fleurs, disposées en épis touffus à l’extrémité des rameaux, sont lilas ou varient du rouge au pourpre bleuâtre. La corolle est tubuleuse, bila-
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biée à 5 lanières inégales, échancrées; les étamines, au nombre de 6, sont à peine saillantes. Le fruit est une capsule globuleuse contenant 5 graines. G — s.
CORISE (Zoologie), Corixa^ Geoff. ; du grec Æom, puj-,aise. — Genre à' Insectes de l’ordre des Hémiptères^ famille des Hydrocorises^ établi par Geoffroy et adopté par Latreille parmi les Notonectes de Linné. On les distingepar l’absence d’écusson, bec très-court, triangulaire; étuis horizontaux ; pieds antérieurs très-courts, avec les tarses d’un seul article ; les deux autres paires de pieds allongées, deux longs crochets aux pieds moyens. La C. striée [Notonecta striata^ Lin.; Corixa striata. Fabr. ), longue de 0“,012, se rencontre dans les mares et les étangs des environs de Paris et dans toute l’Europe.
CORIZE (Zoologie), Corizus, Fallen ; même étymologie que le précédent. — Genre formé aux dépens des Corées de Latreille, parmi les Insectes hémiptères de la famille des Géocorises. Ils ont le corps court, tête un peu avancée, antennes courtes, avec le dernier article toujours renflé en massue. Il importe de ne pas confondre ce genre avec le précédent. Il a pour type le C. de ta Jusquiame (C. hyoscyami Fallen; Cimex hyoscyami, Lin.), qui habite toute l’Europe, mais ne se trouve que rarement aux environs de Paris.
CORLIEU (Zoologie). — Nom vulgaire du Petit Courlis (voyez Courlis).
CORiVlE (Botanique). ~ Nom vulgaire du fruit du Sorbier. On donne encore ce nom à une boisson fermentée | que l’on prépare avec ce fruit (voyez Sorbier).
CORMIER (Botanique). — Nom vulgaire du Sorbier.
CORMORAN (Zoologie) , de l’italien corvo marino , cprbeau de mer. — Oiseau marin assez voisin des Pélicans et compris par Linné dans son grand genre Pelecanus., mais qui, pour tous les zoologistes, est devenu le type d’un genre spécial, le genre Cormoran [Carbo de Meyer), tribu des Pélécanidés., famille des Totipalmes, ordre des Palmipèdes. Les oiseaux de ce genre ont, comme les pélicans, un espace nu autour de la base du bec, les narines ouvertes par une simple fente à peine visible ; leur bec, allongé, comprimé, est crochu à l’extrémité de la mandibule supérieure et tronqué au bout de la mandibule inférieure ; leur langue est petite et la peau de leur gorge, moins dilatable que chez les pélicans, n’en forme pas moins un réservoir où ces oiseaux conservent les poissons qu’ils viennent de pêcher; leurs jambes sont emplumées et le doigt médian a son angle dentelé en scie. Ce qui caractérise particulièrement le genre, c’est la forme arrondie de la queue dont les pennes sont au nombre de quatorze.
L’espèce principale est le C. ordinaire {Pelecanus carbo., Lin.), nommé aussi Corbeau de mer ou Corbeau marin; c’est le Corbeau aquatique d’Aristote, le Phalacrocorax ou Corbeau chauve de Pline. C’est un oiseau de la taille d’une oie, avec un plumage brun noirâtre, la gorge et les joues blanches chez le mâle, des marques blanches chez les deux sexes, vers le bout du bec et sur le devant du cou. Les cormorans, quoique assez bons voiliers, ne s’éloignent jamais beaucoup des rivages maritimes, où ils vivent en troupes fort nombreuses. Il n’est pas rare en France. Au printemps, chaque mâle se choisit une femelle et s’occupe avec elle de construire un nid à terre dans le creux des rochers ou sur les arbres : ce nid reçoit bientôt de deux à quatre œufs d’un blanc légèrement verdâtre, à surface rude, mesurant 0"’,()3 sur 0*ï',34. L’incubation dure trente jours et les petits n’ont qu’à un an leur plumage définitif. Le cormoran est doux et tranquille ; iî*se nourrit de poissons de mer et d’eau douce et recherche particulièrement les anguilles. Agile et rapide dans Teau, il est lourd à terre et y demeure parfois des heures sans bouger. Les coups de feu et les coups de bâton ne les décident même pas à fuir, et on les assomme les uns à côté des autres. En Chine, on prend des cormorans et on les emploie pour pêcher ; un anneau placé au bas du cou les empêche d’avaler les poissons, et on les trouve dans la gorge dilatable. Deux autres espèces, le C. largup ou longup {P. crisfatus., Olafs) et le Petit Cormoran {P. graculus, Gm.), habitent aussi l’Europe ; les trente et quelques autres espèces du genre sont répandues dans les autres parties du monde.
CORNAGE (Art vétérinaire). — Bruit que certains solipèdes font en respirant et qui ressemble à celui qu’on ferait en soufflant dans une corne. C’est moins une maladie que le symptôme d’une multitude d’états divers de l’animal ; ainsi, il peut être causé par des maladies des organes de la respiration, par des vices de conformation des voies aériennes, par une névrose de ces parties; il
peut être aigu ou chronique., suivant qu’il accompagno une maladie récente ou ancienne. Le cornage chronique est presque toujours incurable ; aussi la loi du 20 mai 1838 le classe parmi les cas rédhibitoires, pour l’espèce du cheval, de l’âne et du mulet, avec un délai de neuf jours.
CORNALINE (Minéralogie), du grec korallion., corail, ou du latin carneolus., couleur de chair. — Variété de quartz agate remarquable par sa couleur rouge et sa diaphanéité. On estime en joaillerie les cornalines d’nne belle teinte sanguinolente, unie, pour en faire des cachets, des bagues, des têtes d’épingle, de petites figurines en relief, etc. L’emploi des cornalines était très-répandu chez les Grecs, d’où il passa chez les Romains. Aujourd’hui, c’est du Brésil que nous tirons les plus belles cornalines (voyez Agate).
CORNARD (Vétérinaire), — Cheval affecté de cornage (voyez ce mot).
GORNARET ou Cornard (Botanique), Martynia de Willdenow; ainsi nommé à cause de corne qui surmonte le fruit de la plante. — Genre de plantes Dicofylédonées., de la famille des Pédalinées, dont toutes les espèces sont originaires d’Afrique ou d’Amérique. La seule espèce qui offre quelque intérêt est le C. spafhacé {M. spathacea., Willdw). ou Craniolaire y de Linné; il vit au Mexique où sa racine grosse, charnue et blanche sert d’aliment aux habitants. Ils la dépouillent de son écorce et la servent cuite avec la viande de bœuf. Ils la font aussi confire au sucre,
CORNE (Botanique). — Fruit du cornouiller (voyez Cornouiller).
Corne d’.abondance (Zoologie). — Espèce de mollusque acéphale du genre Spondyle.
Corne d’Ammon (Zoologie). — Coquille fossile (Voyez Ammonite).
Corne de cerf, de daim, de chevreuil (Zoologie). — Voyez Bois.
Corne de cerf (Botanique). — Nom vulgaire de plusieurs plantes dont les feuilles sont divisées comme un bois de cerf.
Corne de cerf (Médecine). — En pharmacie^ on désigne sous ce nom le bois du Cerf commun {Cervus elaphus). On en faisait autrefois un grand usage en médecine, et, quoiqu’on l’emploie encore aujourd’hui, cependant cette substance osseuse ne jouit plus d’un aussi grand crédit. Bouillie dans l’eau, la râpure de corne de cerf cède son principe gélatineux et forme la base d’une boisson adoucissante, employée avec succès dans les inflammations des organes digestifs, dans les diarrhées, les dyssenteries, etc. En prolongeant l’ébullition, on a une plus grande quantité de gélatine au moyen de laquelle on forme une gelée dont on fait usage dans les mêmes circonstances. Lorsqu’on calcine jusqu’au blanc le résidu de la distillation de la corne de cerf, on obtient ce qu’on appelle la corne de cerf calcinée en blancheur ou phosphate de chaux en poudre^ qu’on emploie dans la décoction blanche de Sydenham. Il reste dans le ballon après cette distillation un liquide rougeâtre, d’une odeur ammoniacale, forte et désagréable , connue sous le nom ôi’esprii de corne de cerf ; on obtient aussi un sel concret et cristallisé, qu’on a nommé sel volatil de corne de cer f : ces produits étaient recommandés autrefois comme antispasmodiques.
CORNÉE (Anatomie), du mot corne. — L’une des membranes de Xceil (voyez OEil).
CORNÉENNE (Géologie). — Roche amphibolique compacte, à grains complètement invisibles, nommée aussi aphanite. On les distingue en cornéennes dures et cornéennes tendres : les premières rayent le verre ; les dernières, au contraire, se rayent au couteau. Leur ténacité, qui semble d’ailleurs un caractère des roches amphiboliques , est considérable. La cornéenne est par son aspect et sa structure ce qu’est l’eurite dans les roches feldspathiques ; elle se distingue de cette dernière en ce qu’elle fond en émail noir. Cette roche renferme toujours des portions auxquelles l’amphibole cristallisée donne l’aspect saccharoïde ; elle contient toujours de la pyrite. Elle accompagne le plus souvent les gîtes métallifères. Lef.
CORNÉES ou CoRNAcÉES (Botanique), du genre type CornuSy cornouiller. — Famille de plantes Dicotylédonées dialypétales , classe des Ombellinées, comprise autrefois dans la famille des (^aprifoliacées. On y trouve des arbres, des arbrisseaux à bois dur, rarement des herbes. Leurs feuilles sont simples, sans stipule, presque toiijours opposées. Leurs fleurs sont hermaphrodites, disposées en corymbe ou en capitule. Caractères : calice à 4 dents; co-
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rolle de 4 pétales, à préfloraisoa valvaire et insérés au bord du calice ; 4 étamines épigynes; ovaire adhérent, infère, à 2 ou 3 loges et couronné à son sommet par un disque ; le fruit est une drupe à 2 ou 3 noyaux contenant chacun une graine pendante. Les plantes de cette famille habitent les régions tempérées de l’hémisphère boréal, principalement 5’Amérique septentrionale. Plusieurs servent à l’ornement des jardins. Quelques cornouillers seulement fournissent des produits à la médecine et à l’économie tlomesUque. Genres principaux : Cornouiller {Cornus Tourn.); Benthamia, Lindl.; Aucuba, Tlumb. Quelque’ auteurs font des Cornées une tribu de la famille des Araliacées. G — s.
CORNEILLE (Zoologie). — Oiseau du genre Coroeau (voyez ce mot), vulgairement nommé aussi Corbine^ Cornouaille, Carrant, souvent môme Corbeau par erreur. Noire comme le corbeau, mais d’un quart plus petite que lui, la corneille {Corvus corone , Lin.) n’a guère que
0“,4.^ de longueur; sa queue est plus carrée, son bec moins arqué; enfin, elle n’a pas les habitudes solitaires de cet oiseau. L’été, les corneilles habitent les bois où elles recherchent les arbres élevés, et vivent dans le voisinage les unes des autres. L’hiver, elles se réunissent en grandes troupes, s’approchent des fermes pendant le Jour pour quêter leur nourriture sur les champs fraîchement remués, et retournent passer la nuit dans les bois. Au printemps, la femelle pond quatre à six œufs d’un bleu verdâtre. Les autres habitudes de la corneille ressemblent beaucoup à celles du corbeau ; elle recherche surtout les noix, mais détruit beaucoup d’œufs d’insectes, de petits oiseaux et de débris d’animaux à demi putréfiés. On ne saurait manger la chair de la corneille aussi repoussante au goût qu’à l’odorat. On trouve cet oiseau dans tout l’hémisphère nord de notre globe ; il est extrêmement commun en France. On lui a, de tout temps, attribué les mêmes pronostics funestes que l’on attribue au corbeau.
On désigne encore sous le nom de Corneille ou Meunière, Bedaude, Jacobine, le Corbeau mantelé ou Corneille mantelée {Corvus cornix, Lin.) {fig. G47). C’est un oiseau long de 0“,56,la tête, la queue, les ailes, le bec, les pieds, les ongles noirs ; le dos, la poitrine, le ventre d’un gris cendré. Cette corneille change de demeure deux fois par an ; à la fin de l’automne, elle arrive en troupes qui se mêlent aux freux et aux corbines. Elle se répand dans les champs à la recherche des grains germés et des insectes; au bord de la mer, elle se nourrit de coquillages et de débris de poissons rejetés par les flots; dans les marais, de limaçons, de grenouilles, etc. En mars, les jacobines nous quittent pour aller dans le nord habiter les bois des hautes montagnes; là, elles s’unissent par couple et s’isolent pour nicher dans les bois. Leur ponte est de quatre à six œufs d’un vert bleuâtre avec des taches brunes. La corneille mantelée habite toute l’Europe.
Corneille d’église ou de clocher. — Voyez Choucas.
CORNER (Vétérinaire). — Se dit d’un cheval qui fait entendre, en respirant, un bruit semblable à celui qu’on fait en soufflant dans une corne (voyez Cornage).
CORNES (Zoologie), du latin cornu, corne,. — On donne vulgairement ce nom à des prolongements effilés vers leur extrémité libre, rigides ou mous que certains ani-
maux portent en un ou plusieurs points de la surface de leur corps ; les cornes véritables des bœufs et des chèvres sont ainsi confondues avec les tentacules des colimaçons et les antennes des insectes. Mais les naturalistes en ont mieux défini le sens en le restreignant aux saillies formées ou revêtues d’une substance spéciale nommée matière cornee ou corne, que présentent sur leur tête un assez grand nombre d’animaux mammifères; en dehors de cette grande classe, on ne trouve de cornes que chez quelques vertébrés des autres classes.
^ La matière cornée ou corne est une dépendance du tissu de l’épidernie et forme les poils, les plumes, les ongles et la matière extérieure des cornes. Elle paraît composée de cellules épidermiques très-allongées jointes bout à bout pour constituer des espèces de fibres et entièrement desséchées. Cette substance est compacte, transparente, en lame mince, fibreuse ou lamellaire, brillante lorsqu’elle est sèche et bien polie; sa consistance est variable, molle et flexible ; dans certains cas, elle devient, en séchant, dure et cassante. Sa couleur dépend de matières colorantes incorporées dans son tissu au moment où il se formait; mais lorsque la matière cornée est entièrement dépourvue de matière colorante, elle est par elle-même d’un aspect blanchâtre. La matière cornée se trouve encore dans le Sabot, le Bec, les Ongles les Ergots, les Griffes, etc. (voyez ces mots). ^
Chez les Mammifères , on trouve les cornes le plus habituellement sur le front, et les espèces qui sont pourvues de cornes frontales appartiennent toutes à l’ordre des Ruminants, bien que, dans cet ordre, toutes les espèces n’en soient pas pourvues. Ces cornes sont presque toujours au nombre de deux symétriquement placées de chaque côté de la ligne médiane. Quelques espèces d’antilopes (le Tehicarra de l’Inde, Antilope à quatre cornes) ont une double paire de cornes frontales. La disposition des cornes ayant servi de base au classement des genres de Ruminants, il suffit de rappeler leur groiqiement en familles pour avoir une idée complète des dispositions générales des cornes chez ces animaux. Les genres Chameau, Lama, Chevrotain renferment les espèces de Ruminants dépourvues de cornes. Les autres espèces, toutes pourvues de ces appendices, se partagent
Fig. 6A8. — Tête de Chèvre. Fig. 6A9. — Tête de Gazelle.
en trois grandes familles, les Cervidés, les Camélopardés et les Kénocères. — La première de ces familles, formée par le grand genre Cerf {Cervus, Lin.) comprend des animaux pourvus, non de véritables cornes, mais de ; c’est-à-dire que leur front est armé de prolongements osseux plus ou moins ramifiés, caducs et annuels. Pendant les premiers temps de leur développement (fin du printemps), ils sont recouverts d’une peau vejue richement fournie de sang ; lorsque le bois est entièrement développé, cette peau se dessèche, meurt et se détache par lambeaux. Le bois mis à nu tombe aussi quelque temps après (fin de Fhiver), pour repousser l’année suivante. Les femelles sont privées de bois, excepté celle du renne, qui en porte comme le mâle (voyez Bois, Cerf). — La famille des C'aînè/oparci'éy, beaucoup plus restreinte, ne renlériue que la girafe, dont la tête porte deux petites cornes, qui ne tombent jamais, et qu’une peau velue recouvre constamment. Le mâle et la femelle possèdent l’un et l’autre ces bois courts et persistants. — La famille des Kénocères (du grec kénos,\\ûe, et kéras, coyûo) comprend les ruminants pourvus de véritables cornes, les Bœufs, les Moutons, les Chèvres, les Antilopes {fig. C48 et 649.) Chacune de ces cornes est constituée par une saillie de l’os frontal, de forme conique, droite ou contournée, souvent fort longue et renfermant intérieurement, chez les bœufs, les moutons et les chèvres, de vastes cellules osseuses qui communiquent avec le sinus frontal du côté correspondant. Chez les antilopes {fig. 649), ce
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noyau est plein. Ce noyau osseux est engainé dans un étui corné, croissant incessamment autour de sa base pour obvier à l’usure que lui fait incessamment sfibir le frottement des corps extérieurs. Ces cornes ne sont que bien rarement ramifiées, comme dans V Antilope furcifère^ mais elles atteignent parfois une longueur égale ou supérieure à la hauteur de l’animal.
En dehors des Ruminants, on trouve, parmi les autres Mammifères, les espèces du genre PJiinocéros^ qui portent sur le nez une ou deux cornes entièrement formées de matière cornée et qui semblent composées de poils agglutinés.
Chez les Oiseaux, on trouve une corne unique et médiane sur le haut de la tète du kamichi et deux cornes symétriques sur celle du tragopan satyre. L’épiderme écailleux des reptiles se prête facilement à former des saillies cornées qui s’observent sur le dos, autour du cou ou sur la tête ; le serpent cornu ou céraste semble ainsi porter au-dessus de chaque œil une petite corne. Tous ces appendices, chez les oiseaux et chez les reptiles, sont entièrement cornés et ne dépendent que de la peau.
En domesticité, l’homme peut créer, dans les espèces de Ruminants pourvues de cornes, des variétés sans cornes. Dans l’espèce bovine, ces variétés, moins dangereuses, paraissent, à beaucoup d’agriculteurs, donner soit plus de lait, soit plus de travail que les variétés qui ont conservé leurs cornes. Ad. F.
Cornes (Anatomie). — ^ On donne le nom de cornes, en anatomie, à certaines saillies des organes et particulièrement des os, dont la forme rappelle plus ou moins celle des cornes. On nomme ainsi les cornes de l’os hyoïde, les cornes de l’os sacrum, etc. On nomme cornes cVAmmon ou pieds d’hippocampe deux prolongements de la substance du cerveau, naissant l’un à droite, l’autre à gauche de la partie postérieure du corps calleux. C’est à leur forme seulement qu’est due cette dénomination.
Cornes (Catarrhe des) (Art vétérinaire). — Inflammation de la membrane muqueuse des sinus frontaux, qui donne lieu à une sécrétion abondante de mucosité. Les symptômes sont ceux du coryza, avec chaleur des cornes et douleur quand on les touche. Quelquefois il se forme un foyer purulent à la base de la corne, qu’il faut alors trépaner pour donner issue au pus (voyez Trépan). Cette maladie a été observée dans le département de la Charente et en Suisse avec le caractère épizootique,
CORNET ACOUSTIQUE (Médecine). — Instrument en forme de conque destiné aux personnes affectées de surdité incomplète ; il est en général conique, très-évasé à sa base pour rassembler les ondes sonores, terminé par un conduit étroit, qu’on introduit dans le canal auditif externe. La petite ouverture étant placée dans l’oreille, les rayons ou ondes sonores qui ont pénétré dans l’instrument par sa large ouverture vont frapper ses parois, sont réfléchis et arrivent ainsi en plus grand nombre dans l’intérieur du conduit auditif; de plus, les parois du cornet acoustique, ébranlées par les vibrations de l’aïr, renforcent encore les sons du dehors, qui sont transmis avec plus d’intensité à la membrane du tympan et à l’oreille interne. Les meilleurs cornets acoustiques ont de 0“,15 à 0“,20 de longueur; les petites conques auditives adaptées au pavillon de l’oreille plaisent plus par leur petit volume, mais ne produisent que peu d’effet.
Cornets (Anatomie). — Os contournés en lames minces que l’on trouve au côté externe de chacune des fosses nasales chez l’homme et les m?anmifères; ils ont pour but d’étendre la surface de la membrane pituitaire ; les uns font partie de l’os ethmoîde ; les autres, inférieurs aux premiers, sont de petits os libres.
Cornets (Botanique). — On nomme ainsi certains prolongements des enveloppes florales des plantes. De la même nature que les éperons dont ils ne diffèrent que par la forme. Les cinq appendices qui sont attachés à la corolle des Ascl épias sont des cornets. Pour les organes qui sont roulés en cornets, on emploie la qualification de CuculUforme (voyez ce mot).
CORNICHON (Botanique et Économie domestique), nom dérivé de corne. — Une variété du Concombre cultive., connue sous le nom de Concombre vert-petit., donne de petits fruits qui, confits avant leur maturité, deviennent un assaisonnement estimé, et que l’on nomme cornichons. On prépare aussi quelquefois comme cornichons les fruits du Concombre serpeyit iC. flexuosus., Lin.), auquel son fruit allongé et flexueiix a valu son som spécifique. Le Concombre vert-petit à coi'nichons se sème en avril et mai, tantôt en place, tantôt sur couche , mais
alors on le repique sous châssis et sur couche, et, au commencement de juin, on le lève en motte pour le mettre en pleine terre. La récolte se fait en août. Pour confire, on choisit les cornichons les plus égaux en grosseur, on les essuie avec un linge rude et on les laisse deux jours dans un lieu frais après les avoir saupoudrés de sel; puis on lave à l’eau fraîche, on égoutte et on les met dans des pots de verre ou de grès, avec un peu d’estragon, de clous de girofle, de poivre long, de muscade concassée et de petits oignons. On verse tiède par dessus du vinaigre bouilli, et quand le vinaigre est froid, on couvre avec liège et parchemin, et l’on conserve au sec. On trouve trop souvent dans le commerce des cornichons que Ton a verdis en ajoutant au vinaigre un peu de sel de cuivre. Pour déceler cette sophistication dangereuse on n’a qu’à plonger dans un des cornichons suspects une a'guille d’acier; s’il y a eu addition d’un sel de cuivre, l’aiguille au bout d’une dizaine de minutes, sera couverte d’un dépôt de cuivre rouge.
CORNOUILLER (Botanique), Cornus., Tourn., du latin cornu., corne, allusion à la dureté de son bois. — Genre de plantes Dicotylédones qui sert de type à la famille des Cornées. 11 comprend des arbres et des arbrisseaux qui habitent les régions tempérées de Thémisphère boréal, principalement de l’Amérique septentrionale. L’espèce la plus importante et la plus connue est le C. mâle
{C. maSf Lin.; C. mascula., L’Hérit.); ce nom est très-ancien et peut induire en erreur, car le cornouiller est hermaphrodite; mais les anciens, dans un môme genre, nommaient plantes mâles celles dont les produits étaient utilisés, et plantes femelles celles qui étaient considérées comme inutiles. Le C. mâle est un arbrisseau qui peut s’élever à 6 ou 8 mètres; ses feuilles sont entières, ovales, un peu velues. Ses fleurs, jaunes et disposées en ombelle, s’épanouissent dès le mois de février, c’est-à-dire avant l’apparition des feuilles. Son fruit est oblong, rouge ou rougeâtre et à peu près de la grosseur d’une cerise. On distingue plusieurs variétés de cet arbrisseau. Elles diffèrent par la couleur du fruit et lapanachure des feuilles. Le cornouiller n’est pas cultivé dans nos bois; il s’y produit spontanément et préfère les sols argilo-siliceux et argilo- calcaires. Il est répandu dans la plus grande partie de l’Europe. Une origine illustre et fabuleuse a été attribuée à cet arbrisseau par les anciens. On racontait que Romulus lança sur le mont Palatin son javelot, qui prit racine, produisit des branches, des feuilles et devint un coriiouiller. C’est ainsi que le culte de cet arbre a pris naissance chez les Romains. Le bois de cornouiller est une essence précieuse par son excessive dureté; il est employé, depuis les temps les plus reculés, à la fabrication des rayons de roues, des échelons d’échelle, des coins, des chevilles et, en général, des objets qui réclament une grande solidité. Olivier de Serres dit du cornouiller : « Son bois est ferme et solide comme corne de bête, d’où il tire son nom. » Ce bois est blanc, nuancé de rouge, et susceptible d’un beau poli. Les fruits, qu’on nomme cornes, cornouilles, ont une saveur assez acerbe. Ils ne sont mangeables que lorsqu’ils sont arrivés à maturité. On les fait alors confire dans du sucre ou dans
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du sel. L’amande donne une huile par expression. L’écorce passe pour un bon fébrifuge. Le C. sanguin (C. sanguinea ^lÀn.) se distingue principalement du précédent par ses rameaux rouges, ses fleurs blanches et ses fruits noirs. Sa graine fournit une huile employée pour l’éclairage et pour la fabrication du savon. 11 est également indigène et très-commun aux environs de Paris. Plusieurs espèces exotiques produisent un joli effet par leurs rameaux souvent vivement colorés et par leur feuillage élégant; aussi les emploie-t-on à décorer les massifs des jardins d’agrément et des parcs. Quatorze espèces environ sont cultivées ainsi. Caract. du genre : calice à 4 dents; 4 pétales; 4 étamines; ovaire adhérent à 2 ou 3 loges; fruit drupacé en forme de baie. G — s.
COROLLAIRE (Botanique). — Se dit des parties qui dépendent de la corolle.
COROLLAIRES (Cirrhes) (Botanique). — De Candolle a nommé ainsi des pétales changés en appendices qui ressemblent à des vrilles, comme dans le genre Strophanfhiis^ de Cand. (Apocynées).
COROLLE (Botanique), du latin corolla^ petite couronne, guirlande, diminutif de corona^ couronne. — La corolle est la seconde enveloppe florale, intérieure au calice, extérieure aux étamines et au pistil. Elle se compose de folioles qui habituellement alternent avec celles du calice, et que l’on nomme pétales.
Comme les sépales, les pétales ont une constitution anatomique analogue à celle des feuilles ; on y trouve des nervures, un parenchyme mince, mais dépourvu de chlorophylle, et un épiderme sous lequel est une couche celluleuse gorgée d’un liquide diversement coloré. Quelquefois l’épiderme de la face externe porte encore des stomates; à la face interne, ils manquent presque toujours. Très-rarement le pétale est coloré en vert, et il en résulte que la corolle est une des parties qui respirent toujours par absorption d’oxygène et jamais par absorption d’acide carbonique.
La forme habituelle des pétales est celle d’une lame élargie à son sommet et plus ou moins rétrécie à sa base en une languette par laquelle le pétale fait son insertion. La partie étalée est le /îwôe, et le pédicule rétréci se nomme onglet ; il est parfois fort court et peut à peine être distingué ; on dit alors que le pétale est sessile. Sa configuration très-variable s’exprime d’ailleurs par des épithètes dont la signification n’a pas besoin d’être définie : pétale linéaire, en cœur, sagitté, hasté, naniculaire, orbiculaire, etc.
Un grand nombre de fleurs de Dicotylédonées comptent, à leur corolle, 5 pétales, mais ce nombre peut se modifier soit par multiplication, soit par dédoublement, soit par réduction dans le nombre ou avortement des parties.
La modification par adhérence des parties a pour résultat de partager les diverses formes de corolles en deux groupes très-distincts, suivant que les pétales sont soudés entre eux ou restent libres.
On appelle corolle monopétale ou gamopétale, une corolle dont les pétales sont soudés en une seule pièce. Le bord libre témoigne dans ce cas, par ses dentelures, du nombre primitif des pétales; la corolle, resserrée à sa
Fig. 651. — Corolle caryophyllée de l’œillet (1),
sont libres les uns des autres. Dans chacune de ces formes de corolles, il y a lieu de distinguer encore des corolles régulières ou irrégulières. La corolle monopétale ou polypétale est régulière lorsque toutes ses parties sont symétriquement disposées autour de l’axe fictif de la fleur; elle est irrégulière lorsqu’au contraire cette symétrie n’existe plus, et la fleur en ce cas ne peut plus se partager que d’une seule manière en deux moitiés pareilles.
Outre ces distinctions générales, les formes si variées des corolles ont été décrites avec soin pour l’étude des espèces, et les plus remarquables ont reçu des dénominations particulières qu’il est indispensable de connaître.
Parmi les corolles poly péta les régulières, on a distingué les formes suivantes : — 1° Corolle rosacée. — 5 pétales, sans onglet distinct, ouverts, arrondis et concaves ; les Rosacées, rosier, pêcher, poirier, etc. — 2^ Corolle caryophyllée. — 5 pétales, munis d’un onglet bien développé et d’un limbe réfléchi à angle droit sur l’onglet : les Caryophyllées, œillets, lychnides, etc. — 3® Corolle cruciforme ou crucifère. 4 pétales également ou inégalement développés , mais opposés deux à deux en forme de croix : les Crucifères, giroflée, chou, moutarde, etc.
Parmi les corolles polypétales irrégulières, il faut citer les suivantes : —
1® Corolle papilionacée. — 5 pétales, dont un plus grand surmonte la fleur et se redresse au-dessus d’elle, on le nomme V étendard ; deux autres, placés au-dessous et souvent unis entre eux, entourent les étamines et le pistil, et forment autour d’eux une sorte d’avant de nacelle qui leur a valu le nom de carène ; enfin entre l’étendard et la carène, sur les côtés de cette dernière partie, se voient deux autres plus externes, et qu’on nomme les ailes : les Légumineuses papdionacées, pois, haricot, trèfle, luzerne, robinier faux acacia. — 2® Les autres corolles polypétales irrégulières comme celles de la Pensée [Viola tricolor), de la Violette [Viola odorata) [Violariées), des Aconits [Aconitum], du Piedd'alouette [Delphinium consolida) [Renonculacées), Aq la Balsamine [Impatiens balsamina) [Balsnminées) , de la Capucine [Tropæolum majus)^ [Tropéolées), ont été désignées souvent sous le nom général de corolles anomales.
Parmi les corolles monopétales régulières, nous citerons les formes suivantes ; — 1® Corolle tabulée ou tu-
Fig.6S2. Coupe de la fleur du pois de senteur (1)
Fig. 653 (2).
Fig. 654.
buleuse. — Tube long cylindrique, continué pour ainsi dire par le limbe qui est peu étendu. Exemple : plusieurs Bruyères (Erica) [Bruyères ou Ericacées), la Grande Consoude [Symphytum officinale) [Borraginées), beaucoup de plantes composées. — 2® Corolle campanulée ou en cloche. — Tube assez large, arrondi à la base et doucement évasé jusqu’au limbe : \qs - Campanulacées , la Campanule raiponce [Campanula rapunculus), etc., connues sous le nom de clochettes. — 3® Corolle urcéolee ou en grelot. — Tube renflé à son milieu, rétréci à labase et à la gorge ; limbe presque nul ; certaines espèces de Bruyères (fig. G54) [Erica], certaines Airelles [Vaccinium) [En-
base et souvent élargie et étalée dans sa partie divisée, comprend alors un tube, un limbe, et à leur jonction un cercle parfois rétréci qu’on nomme la gorge. On appelle corolle polypétale ou dialypétale, celle dont les pétales
(1) Corolle caryophyllée de l’œillet. — A, la fleur montrant son calice monosépale tubuleux muni d’un calitmle à ta base, et sa ccrolle à 5 pétales. — B, un des pétales isolé.
(1) c, calice. — e, étendard. — a, une des ailes. — ca, moitié de la carène. — t, étamines. — o, ovaire ouvert avec ses ovules. — s, stigmate.
(2) Fleur de la grande consoude. — c, calice. — t, tube de la corolle. — L limbe de la corolle. — s, stigmate ou extrémité du pistil.
(3) Fleur de la bourrache. — c,c,c, corolle divisée en cinq lobes rotacés. — r, replis faisant saillie à l’entrée du tube, et opposés aux lobes de la corolle.
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cacées). — 4® Corolle infundihuliforme ou en entonnoir.
Tube de moyenne longueur surmonté d’un limbe évasé
en entonnoir ; le Tabac {Nicotiuna Tabacum)., certaines plantes de la famille des Composées., comme V Artichaut {Cynarascolymus), les Chardons iCarduus.,eic.). — 5® Corolle hypocratéri forme ou en soucoupe. — Limbe plane comme une soucoupe très-évasée, surmontant un tube droit à peu près cylindrique et de moyenne longueur : le Jasmin [Jusminum officinale) {Jasmine’es)., le Lilas (S//ringa vulgaris) {Ole'inées)^ les Primevères {Primula) Primulacées). — 6® Corolle rotacée ou en roue. — Tube court et cylindrique ; limbe étalant ses divisions comme les rayons d’une roue : le Myosotis ne-m'oubliezpas {Myosotis palustris) {Borraginecs)^ la Bourrache {Borrago officinalis) (idem), et la plupart des Solanëes. — 7® Corolle étoilée. — Tube très-court; divisions du limbe étalées, aiguës et allongées : le Caille-lait {Galium verum) (Bubiacées)y le Gratteron {Galium aparine) (idem), le Caféier {Coffea arabica) (idem). — Quelques auteurs emploient en outre les mots de corolle digitaliforme., en forme de dé à coudre ou de bout de doigt de gant, pour celle de la digitale pourprée, Digitalis purpurea {Scrofulariées)., et quelques autres semblables; — calathiforme., en forme de bol, hémisphérique et renflée ; — cyathiforme., en forme de verre à pied, concave et en cône renversé ; — scuiellée., en forme d’écuelle, étalée et légèrement concave.
Enfin, parmi les corolles monopétales irrégulières on distingue: — 1® Corolle ligulée. — Tube fendu d’un côté à une certaine hauteur et rejeté en tout ou en partie d’un seul côté en forme de languette dentelée à son bord supérieur : le Pissenlit {Taraxacum dens-leonts), les Scorsonères {Scorsonera)., et en général les composées chicoracées. — 2® Corolle labiée. — Divisions de la corolle disposée de manière à former deux lobes opposés que l’on a comparés à deux lèvres écartées ; le lobe ou lèvre supérieure présente habituellement deux dentelures qui indiquent deux pétales, mais l’inférieure en montre trois. Le calice dans ce cas est ordinairement labié, mais sa lèvre supérieure est au contraire formée de 3 sépales, et l’inférieure de deux seulement. Dans quelques corolles
l^ig. 657. — Corolle monopétale personée d’un muflier.
labiées, la lèvre supérieure est nulle en apparence (h 'Germandrée-Teucrium) tant elle est peu développée pai rapport à l’inférieure. Exemples ; les plantes de la famille des Labiées., les Menthes {Mentha)., les Sauges {Salvia) les Lamiers {lamiurri)., etc. — 3® Corolle personée ou et masque. — Limbe bilabié comme dans ra forme précé
(1) c, calice. — f, tube de la corolle. — l, limbe de la corolle.
(2) Coupe verticale de la fleur. — ca, calice. — co, corolle. ~ 0, ovaire. — st, style. ~ sg, stigmate. — e, les étamines didynames, celles de l’autre côté sont enlevées. — aa, les anthères.
dente, mais les deux lèvres sont rapprochées et un renflement de l’inférieure vient clore la gorge de la corolle et lui donner l’aspect d’un museau fermé : le Muflier commun {Antirrhinum mojus) {Scrofulariées)., la Linaire {Linaria vulgaris) (idem).
La durée de la corolle est en général moins longue que celle du calice. Quelquefois elle tombe au moment de l’épanouissement; quand elle persiste après la floraison, elle est toujours flétrie, marcescente; la corolle monopétale tombe toujours d’une seule pièce (voyez Fleur).
CORONAL (Anatomie), du latin corona, couronne.
— Nom donné par certains anatomistes à l’os frontal (voyez Frontal, Crâne).
GORONILLE (Botanique), Coronilla., Neck., du latin corona, couronne, les fleurs de ces plantes sont disposées en couronne. — Genre de plantes de la famille des Papilionacées., tribu des Eédysarées, dont les espèces sont la plupart des herbes et des sous-arbrisseaux. Leurs feuilles sont pennées avec impaire. Une des plus jolies coronilles est la C. des jardins {C. emerus, Lin., du grec emeros, pur, agréable), qui s’élève souvent à plus d’un mètre. Ses fleurs sont jaunes, l’étendard rouge vers le milieu ; elles tournent au vert en séchant. Cette plante croît spontanément dans l’Europe méridionale. On la nomme quelquefois vulgairement faux baguenaudier., séné bâtard., securidaca des jardiniers., etc. Deux autres espèces croissent aux environs de Paris, l’une à fleurs panachées de blanc et de lilas (C. varia, Lin.), l’autre à fleurs jaunes {C. minima, de Gand.). Caract. du genre : les 2 dents supérieures du calice presque soudées ; pétales à onglets de la longueur du calice ; carène aiguë, gousse allongée, grêle, formée d’articles séparés par une cloison et renfermant chacun une graine. G — s.
COROSSOL, CoRossoLiER (Botanique). — Le fruit de VAnona muricata. Lin., porte le nom vulgaire de corossol ; ce qui a valu parfois à cet arbre le nom de corossolier (voyez Anone).
CORPS (Histoire naturelle), du latin corpus, corps.
— Les naturalistes ne considèrent parmi les corps que les êtres créés qu’ils observent naturellement à la surface du globe ou dans les couches de son écorce accessibles à l’observation. Ainsi, délimité l’ensemble des corps est partagé par les naturalistes en deux règnes : 1° le Règne inorganique ou des corps bruts ou règne minéral j 2° le Règne organique ou des corps vivants, comprenant deux sous-règnes, souvent nommés simplement règnes, les végétaux et les animaux. Beaucoup de naturalistes, se refusant à confondre l’homme avec les animaux, sont portés à créer parmi les corps vivants un troisième sousrègne, le sous-règne ou règne humain (voyez Homme).
Corps (Anatomie). — On nomme souvent corps l’ensemble des organes d’un animal, l’individu tout entier ; d’a’utres fois, par opposition aux membres, on nomme corps la partie centrale où sont contenus les organes essentiels ; les anatomistes, dans ce cas, préfèrent le mot tronc, au moins quand il s’agit des animaux vertébrés.
— On donne aussi le nom de corps à la partie centrale des os, et à certains organes tels que le corps calleux dans le cerveau des mammifères, le corps vitré dans l’œil, etc.
Corps étrangers (Pathologie). — On appelle ainsi tous les corps qui ont été introduits accidentellement dans nos organes, ceux qui s’y sont développés sans en faire partie naturellement, ou qui, détachés par une cause quelconque de quelqu’un de nos organes, cessent de faire partie de nous ; enfin ceux qui, placés à la surface de la peau, peuvent occasionner des accidents par leur présence. Dans la première classe on trouve tous les corps étrangers introduits par les voies naturelles, les fosses nasales, les oreilles, la bouche, l’anus, etc., et ceux qui ont pénétré violemment dans nos tissus, comme une balle lancée par une arme à feu, des aiguilles, des fragments de bois, de fer; des lames d’épée, de canif, brisées contre des os, etc. La seconde catégorie renferme les calculs {voyez ce mot), les vers intestinaux ou autres, les concrétions cartilagineuses des articulations, .les esquilles d’os fracturés, les séquestres d’os nécrosés (voyez Nécrose), etc. La troisième classe comprend, les anneaux de métal, d’ivoire ou de bois, ou simplement des ligatures faites sur les doigts, sur les membres, autour du col, etc. La première indication à remplir dans les cas de corps étrangers, c’est de les extraire et d’en débarrasser le malade, si cela est possible, ensuite de calmer les accidents qu’ils occasionnent et de remédier aux maladies, qu’ils entretiennent ou déterminent.
Corps. — Nom généralement attribué par la science à
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tuote portion limitée de la matière. En astronomie, les corps célestes sont les étoiles, les planètes, etc.
En physique, les corps sont divisés en solides, tels que les pierres, les métaux, les bois...; en liquides, tels que l’eau, l’alcool, le mercure... ; en gazeux, tels que l’air, la vapeur d’eau... Ces trois étals, par lesquels peut passer successivement un même corps, ainsi que l’eau nous en offre chaque jour un exemple, dépendent du mode de groupement des particules matérielles dont chacun d'eux est composé, et principalement de l’énergie de la chaleur.
En chimie, on divise les corps en corps simples et corps composés. Les pi*emiers sont les éléments qui, en s’unissant entre eux de mille manières, constituent les seconds. Les corps composés peuvent donc être décomposés en leurs '‘éléments constituants; la chimie n’est pas encore parvenue à opérer une semblable décomposition sur les corps simples, d’où leur vient leur nom. Cette simplicité, toutefois, n’est que relative au degré de puissance actuel de la chimie sans que nous puissions affirmer d’une manière absolue qu’il existe sur notre globe soixante-cinq espèces de matières simples, élémentaires, comme nous admettons en chimie soixante-cinq cen-ps simples.
Les corps composés sont innombrables, et chaque jour leur liste s’accroît de nouveaux noms; nous ne pouvons donc songer ici à en donner le tableau, mais à l’article Nomenclature nous ferons connaître les règles qui président à la formation des noms d’un grand nombre d’entre eux (voyez Nomenclature, Proportions chimiques).
'Table alphabétique «les corps simples.
* Aluminium.
* Cuivre.
Nickel.
* Soufre.
* Antimoine.
Didyme.
Niobium .
* Strontium.
* Argent.
Erbium.
* Or.
Tantale.
* Ai’senic.
^ Étain.
Osmium.
Tellure .
* Azote.
Fer.
^ Oxygène.
Terbium.
* Baryum.
* Fluor.
Palladium.
Thallium.
* Bismuth.
Glucinium.
Pélopium.
Thorium.
* Bore.
* Hydrogène.
* Phosphore.
Titane.
* Brome.
llménium.
* Platine.
Tungstène.
* Cadmium.
* Iode.
* Plomb.
Uranium .
Cæsium .
Iridium .
* Potassium.
Vanadium.
* Calcium.
Lanthane.
Rhodin m.
Yttrium.
Carbone.
Lithium .
Rubidium.
* Zinc.
Cérium.
* Magnésium.
Ruthénium.
Zirconium.
* Chlore.
* Manganèse.
* Sélénium.
* Chrome.
* Mercure.
^ Silicium.
* Cobalt.
Molybdène.
* Sodium.
Ces soixante-cinq corps simples sont loin d’avoir le même degré d’importance; quelques-uns sont à peine connus, d’autres n’ont qu’un intérêt scientifique. Nous avons marqué d’un ceux d’entre eux dont nous nous occuperons avec quelques détails, soit pour eux-mêmes, soit pour les composés dont ils font partie.
COHPÜSGULES (Physique). — Diminutif de corps. Parcelles excessivement ténues de matière brute ou organisée. Les corpuscules de matière organisée ne sont, trèssouvent, que des germes ou sporules de végétaux inférieurs. Un nombre immense de ces corpuscules organisés flottent dans l’atmosphère ; on peut les rendre visibles en faisant pénétrer dans une chambre obscure un rayon de soleil. C’est à eux que sont dus les organismes inférieurs qui paraissent se développer spontanément (voyez Générations spontanées).
CORIIÈTE ou Corette (Botanique). — Voyez Gor-
CIIORE.
CORROSIF (Matière médicale), du latin corrodere, ronger. — On appelle ainsi des substances qui, mises en contact avec les tissus vivants, les désorganisent peu à peu ; ils agissent à la manière des caustiques, mais avec moins de promptitude et d’énergie : on peut ranger dans la classe des substances corrosives les acides minéraux; les alcalis, comme la potasse, la soude; le sublimé co?‘ro^t/f ^bichlorure de mercure); mais à la condition que CCS diverses substances ne seront pas à un grand degré de concentration ou de saturation, car alors elles rentreraient dans la classe des caustiques.
CORRUPTION. — Voyez Putréfaction.
CORS (Zoologie). — Ramifications du bois des cerfs" (voyez Cerf).
CORSAG (Zoologie). — Le Coi'sac ou Petit renard jaune {Canis corsac, Gm.), décrit par Buffon sous le nom (P Adlue, est une espèce du sous-genre Renard, de Cuvier (voyez Renard).
CORSELET ou Corcelet (Zoologie), diminutif du mot corps. — On nommait ainsi une partie assez mal définie du thorax des insectes, et qui variait selon la conforma-
tion des espèces. Ce mot est à peu près tombé en désuétude, excepté dans certains groupes comme les insectes coléoptères, orthoptères et beaucoup de genres P Hémiptères (voyez Insectes).
CORSET (Hygiène). — Cette partie du vêtement des femmes, qui enveloppe et serre exactement la base de la poitrine et une portion de l’abdomen, se compose en général d’un morceau d’une étoffe inextensible, taillée de manière à suivre exactement tontes les ondulations du torse; en avant, il est armé dans toute sa hauteur d’une plaque d’acier d’une largeur de 0"\03 environ, et assez épaisse pour être très-peu flexible; en arrière, il est ouvert et porte sur chacun de ses bords une rangée d’œillets destinés à recevoir un lacet au moyen duquel on peut le serrer à volonté. En général, les femmes sont portées à désirer que le corset serre très-exactement la taille, surtout chez les jeunes personnes, pour produire chez elles cette espèce de complément de leur éducation physique, qu’on appelle communément faire la taille. Il y a là une source de dangers dont on méconnaît trop la réalité. 11 faut songer cependant que cette pression agit sur la base môme de la poitrine, et tend à déformer cette cavité qni naturellement a la forme d’un cône dont la base est en bas. L’endroit où le corset exerce la compression la plus énergique, est précisément la partie la plus large où sont logés l’estomac, le cœur et la plus vaste portion des poumons. Si cette pression réussit à modeler la taille autrement que ne l’eût fait la nature abandonnée à elle-même, c’est en donnant à la poitrine une forme cylindrique ; les côtes inférieures chevauchent les unes sur les autres, et il en résulte à l’intérieur des troubles inévitables dans les organes essentiels de la digestion, de la respiration et de la circulation. Cette dangereuse pratique ne produit môme pas le résultat qu’on a l’imprudence de s’en promettre. Chez les jeunes personnes dont la taille eût été jolie, naturellement, elle ne fait qu’altérer la santé et compromettre les formes sur lesquelles on agit ainsi; si, au contraire, on opère sur une jeune fille dont la taille n’est pas destinée à être belle, on ne peut la modifier que par une violence fatale à la santé, sans laquelle il n’y a pas de beauté pour les femmes. Les muscles et les chairs se flétrissent et perdent leur ressort; le corps comprimé sans cesse dans l’étreinte du corset perd cette élégance de forme, à la fois souple et vigoureuse, qui 'est le principal charme de la taille des femmes. Mais c’est à l’intérieur que se produisent les désordres les plus graves; le corset entrave la dilatation des poumons dans la respiration et nuit à leur développement ; de là une respiration courte et incomplète, des suffocations, des crachements de sang, une toux habituelle, quelquefois la phthisie, les anévrismes du cœur, et même l’apoplexie. En môme temps, les digestions deviennent pénibles et le trouble de l’estomac se traduit inévitablement par une altération du visage, et surtout de la fraîcheur du teint. La gêne de la circulation prédispose en outre aux engorgements des viscères, particulièrement du foie, aux maladies de l’estomac, des intestins. L’habitude de porter des corsets serrés prépare aux femmes des grossesses difficiles et compromet leur avenir de mères en menaçant jusqu’au développement des enfants qu’elles auront à porter.
En signalant ces résultats trop fréquents de l’usage des corsets serrés, nous ne voudrions pas cependant faire penser qu’il faille les supprimer. Ils peuvent utilement soutenir la teille et maintenir le tronc dans une rectitude convenable ; mais il faut avoir soin de veiller à ce que le corset laisse toute liberté aux mouvements ; il doit seulement diminuer ou dissimuler dans une juste mesure le volume du ventre lorsqu’il acquiert un trop grand développement ; il ne doit point exercer une compression susceptible de gêner l’action des muscles, ni celle des viscères de la poitrine et de l’abdomen. Tout corset qui ne remplit point ces conditions est profondément nuisible, et l’hygiène doit en ])roscrire sévèrement l’usage. Si la femme ((ui le porte conserve sa santé, c’est malgré l’usage de son corset et grâce à une vigueur toute particulière de constitution. M. le docteur Bouvier a publié, en 1853, des Études historiques et médicales sur l'usage des corsets ; il peut être utile de les consulter.
Corset (Chirurgie). — On a donné le nom de corsets à des espèces de bandages qui embrassent la plus grande partie du tronc : ainsi on fait des corsets orthopédiques, qui ont pour objet de corriger ou de prévenir les déviations de la taille; c’est à la sagacité du chirurgien à faire confectionner ces corsets suivant la nature et le degré de la ditïormité, et le but qu’il s’agit d’atteindre.
COR