‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 208 sur 385 · COS · texte numérisé non relu

COS

rement dn nom de cosmogonie, les systèmes Q'-ii ont pour but d’expliquer l’origine des différents corps du système solaire. Les pins connus sont ceux de Buffonet de Laplace ; nous donnerons quelques détails sur celui de Laplace.

Cet astronome suppose qu’à une certaine époque le soleil et tous les corps qui circulent autour de lui formaient une nébuleuse animée d’un mouvement de rotation autour d’une droite passant par son centre et s’étendaient au delà de l’orbite de la planète la plus éloignée. Il admet en outre que, par suite d’un refroidissement progressif, des portions de plus en plus grandes de la matière de la nébuleuse se sont condensées vers son centre, de manière à former le noyau solaire dont la masse s’accroissait ainsi peu à peu. En partant de là, il fait voir qu’avec le temps la nébuleuse a dû se réduire à l’état que nous offre le système planétaire.

Et d’abord, par la condensation progressive de cette masse, le mouvement de rotation de la nébuleuse, ou si l’on veut de l’atmosphère solaire, a été sans cesse en s’accélérant. Or, quand on étudie avec soin les conséquences de cette accélération, on reconnaît qu’il a dû en résulter la formation, dans le plan de l’équateur solaire, de zones ou anneaux qui se sont successivement séparés de l’atmosphère du soleil, en continuant à circuler autour de lui.

Ces anneaux, d’abord fluides, se sont condensés à la longue; mais, en général, il y a eu rupture de l’anneau dont toute la matière s’est agglomérée en une seule masse sphéroïdale circulant autour du soleil avec une rotation dirigée dans le même sens que sa révolution ; telle serait l’origine des planètes. Dans d’autres cas, l’anneau s’est décomposé en divers fragments distincts, se mouvant tous à peu près dans la même région : ainsi auraient été produites les petites planètes qui existent entre Mars et Jupiter, et dont le nombre paraît être très-considérable.

Enfin une planète elle-même a pu, à l’époque de sa formation, se trouver dans les mêmes conditions que le soleil, c’est-à-dire formée d’une atmosphère de vapeurs tournant sur elle-même. Le refroidissement et la condensation de cette atmosphère ont dû reproduire des phénomènes semblables à ceux que nous venons d’indiquer : formation d’anneaux et puis de satellites circulant autour du centre planétaire dans le sens du mouvement de rotation primitif, et tournant sur eux-mêmes dans le môme sens. Quelques-uns de ces anneaux ont pu présenter une régularité exceptionnelle et conserver leur forme initiale : c’est ce qui est arrivé pour les anneaux de Saturne dont l’existence se trouve ainsi naturellement expliquée. Ces anneaux paraissent à Laplace des preuves manifestes de l’extension primitive de l’atmosphère de Saturne et de ses retraites successives. C’est évidemment ce pliénomène, unique dans notre monde, qui lui a suggéré l’idée de la condensation progressive du corps central.

Cette hypothèse sur l’origine et la formation du système planétaire rend compte, comme on voit, de diverses particularités qui, sans elle, sembleraient inexplicables. C’est d’abord le peu d’inclinaison des orbites des planètes sur le plan de l’équateur solaire, la petitesse de l'excentricité de ces orbites, la rapidité de plus en plus arande des mouvements à mesure qu’on se rapproche de leur centre, l’identité de sens de ces mouvements, enfin la fluidité primitive de tous ces corps, fluidité que leur figure sphéroïdale démontre et qui doit être la base fondamentale de toute cosmogonie.

Quelque respect ([u’inspire le nom de Laplace, on peut dire qu’en cette circonstance il a moins recherché un système scientifique, qu’il n’a voulu, comme les encyclopédistes, se passer de Dieu pour l’organisation du monde. Mais il n’est pas plus difficile de supposer la création du monde tel qu’il est, que la création de la matière cosmique.

Considérons maintenant en particulier la terre, notre planète ; elle a été, comme toutes les autres, fluide à son origine, et la cause de cette fluidité se retrouve encore aujourd’hui dans la chaleur souterraine dont l’existence est incontestable. Malheureusement on ne peut pénétrer qu’à une faible profondeur au-dessous de la surface, de sorte que la loi suivant laquelle croît la température est complètement ignorée. On sait d’ailleurs que cette chaleur centrale est actuellement presque sans influence sur la température du sol : la cause prépondérante réside dans le soleil dont les rayons pénètrent l’atmosphère, éclairent et réchauffent la surface du globe et y développent ainsi les germes delà vie.

Mais les autres effets de la chaleur propre du globe «e laissent pas de doute sur son état primitif de fluidité

ignée. Se trouvant situé au milieu des espaces planétaires dont la température est peu élevée, il a dû se refroidir, particulièrement à la surface qui a commencé la première à se solidifier. En même temps que cette croûte solide augmentait d’épaisseur, son volume extérieur diminuait, tandis que la masse centrale conservait sensiblement sa température et son volume. De là des crevasses dans l’écorce solide, accompagnées d’éruptions du fluide intérieur à travers les déchirures de l’enveloppe, qui caractérisent les premiers âges de notre planète.

Mais à un certain moment, les phénomènes ont changé de nature. Lorsque l’équilibre de température a été établi dans l’écorce du globe, il est arrivé une époque depuis laquelle la température croissant régulièrement de l’extérieur à l’intérieur, la croûte solide ne perd presque plus de sa chaleur propre; elle sert seulement de passage à la chaleur émanant de la partie centrale qui se refroidit plus vite. Dès lors la contraction de cette partie centrale étant plus rapide que celle de son enveloppe, un intervalle vide tend à se former entre deux. L’enveloppe manquant de points d’appui s’affaisse sous son poids, et comme ses dimensions sont plus étendues que celles de la sphère intérieure sur laquelle elle doit s’appliquer, il en résulte nécessairement des ondulations, des plissements et des rides, fréquemment alignés suivant des arcs de grand cercle, et qui constituent les chaînes de montagnes. On voit par là que les transformations success’ves de la surface de la terre, transformations que la géologie a pour but d’expliquer, se rattachent naturellement aux idées de Laplace et dépendent, comme la cosmogonie, de l’hypothèse d’une énorme chaleur primitive et d’un refroidissement progressif.

COSMOGRAPHIE. — C’est la description de l’univers dégagée des observations et des calculs qui ont conduit à découvrir les lois du mouvement des corps célestes. Tandis que l’astronomie proprement dite est une science mathématique qui procède par voie d’analyse en allant du connu à l’inconnu, la cosmographie est une science purement descriptive. Son but est de présenter un tableau des phénomènes célestes et de la constitution du système du monde, sans s’attacher à suivre la marche historique ou d’invention. On peut la considérer comme une introduction à Vasironomie (voyez ce mot).

COSSE (Botanique). — 'Valves du Légume.

COSSUS ou Cosse (Zoologie), Cossus^ Latr., nom donné par Pline l’Ancien à une larve qui rongeait le bois et que les Romains accommodaient et servaient sur leurs tables. Cette étymologie tendrait à faire croire que les chenilles des papillons dont il va être question étaient véritablement les gros vers que recherchaient les gourmets romains; Plitje cependant semble démentir d’avance cette opinion, puisqu’il ajoute que les cossîis se métamorphosent en insectes pourvus de cornes et qui font entendre un petit bruit strident. Il est donc probable que le cossus des Romains était une larve du capricorne (voyez ce mot). — Mais Linné ajipela cossus un papillon nocturne qui est devenu le type d’un genre à' Insectes auquel ce nom même a été appliqué. Latreille, dans le Règne animal de Cuvier, le classe dans l’ordre des Lépidoptères^ famille des Nocturnes^ et le caractérise ainsi : antennes aussi longues au moins que le thorax, offrant au côté interne une rangée de petites dents lamellaires, courtes et arrondies au bout. Les chenilles des cossus se creusent des galeries dans le bois des arbres en le ramollissant au moyen d’une liqueur d’une odeur forte qu’elles dégorgent. Avec la sciure, elles se font des cocons où leurs chrysalides sont enfermées près du trou par où elles ■ - j

doivent sortir de l’arbre. Le C, ronge-bois {C. ligniperda^

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