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Fab.) a une grosse chenille longue de 0™,07 à 0"',08, rougeâtre, avec une plaque ronge-sang sur chaque anneau ;
Fig. 661. — Papillon du cossus ronge-bois.
elle vit trois ans, dans le bois du chêne, du saule, de l’orine. Le papillon est gris cendré, avec de petites lignes noires nombreuses sur la première paire d’ailes ; l’extrémité postérieure du thorax est jaune, avec une ligne noire. Lyonnet, au siècle dernier, a rendu célèbre la chenille du cossus ligniperde par son admirable Traité anatomique de la chenille du saule, le travail le plus minutieux qui ait paru sur l’organisation des insectes avant V Anatomie du hanneton, de Strauss - Durkheim.
COSSYPHE (Zoologie), Cossyphus, Fab., du grec cossyphos, merle? — Genre éé Insectes de l’ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Taxicornes, tribu des Cossyphènes. Il com- Fig. 662. - Chrysalide prend des espèces caractérisées du cossus ronge-bois. par un corps aplati en forme de bouclier, des antennes en massue de 4 à 5 articles. Ces insectes sont des pays chauds.
COSSYPHÈNES (Zoologie). — Tribu Insectes delà famille des Taxicornes , section de Hétéromères, ordre des Coléoptères. Caractères : corps ovoïde ou subhémisphérique, débordé dans son pourtour par les côtés dilatés et aplatis; tête cachée sous le corselet ainsi bordé, ou logée dans une échancrure de cette partie du corps (voyez Cossyphe). On les trouve dans le sud de l’Europe, dans les Indes, le nord de l’Afrique (sous-genre Cossyphe proprement dit), à la Nouvelle-Hollande (sous-genre Hélée), ou dans l’Amérique méridionale (sous-genre Nilion).
COTE (Anatomie), du latin costa, côte. — Le tronc des animaux vertébrés est en général protégé, dans sa partie t antérieure au moins, par des arcs osseux placés dans la paroi delà cavité générale où sont logés les gros viscères; ce sont ces arcs osseux que l’on nomme les côtes. Les côtes sont disposées par paires; leur extrémité dorsale s’articule avec la colonne vertébrale ; l’extrémité opposée est tantôt libre dans les chairs, tantôt attachée au sternum.
Chez V homme, on compte 12 paires de côtes ; les 7 plus rapprochées de la tête sont terminée* en avant par un cartilage costal qui s’attache par continuité au sternum: en les nomme côtes sternales owvraies cd^e^/lesS autres paires se prolongent également en des cartilages costaux, mais ceux-ci, au lieu de se fixer au sternum, s’attachent les uns aux autres, l’inférieur au supérieur ; ces côtes sont nommées asternales, vertébrales ou fausses côtes. La forme des côtes et leur position relative jouent un rôle important dans le mécanisme de l’inspiration (voyez ce mot). Il n’y a bien entendu aucune différence pour le nombre des côtes entre l’homme et la femme.
Chez les mammifères, il existe toujours des côtes dont
la disposition rappelle beaucoup ce qu’on observe chez l’homme. Leur nombre varie de 1 1 â 24 paires ; on en compte 11 paires chez plusieurs chauves-souris; 12 chez le chat, le chameau, le lièvre et le lapin ; 1 3 chez le chien et ses congénères, chez le rat, le cerf, la chèvre, le mouton, le bœuf; 15 chez la baleine; 18 chez le cheval et l’âne; 20 chez l’éléphant ; 24 chez l’unau.
Chez les oiseaux, les cartilages costaux sont osseux comme la partie attachée aux vertèbres, de sorte que la côte est formée de deux os articulés à angle sur les flancs de l’oiseau. 11 y a généralement chez eux un petit nombre de côtes, de 7 à II paires seulement.
Chez les reptiles, tantôt les côtes sont élargies et soudées pour former la carapace des tortues (voyez Gar.4pace) ; tantôt elles existent minces et nombreuses, avec un sternum, comme chez les sauriens, ou sans sternum, comme chez les ophidiens.
Chez les amphibies, on ne trouve pas de côtes dans les anoures (grenouilles, crapauds); les urodèles et les pérennibranches en ont de petites très-incomplètes.
Chez les poissons, on trouve souvent des côtes et en grand nombre, plusieurs espèces en manquent complètement.
Côte (Botanique). — La nervure médiane d’une feuille simple ou le pétiole médian qui reçoit les folioles d’une feuille composée est nommée côte par quelques botanistes. Ad. F.
COTÉ (Géométrie) : — 1° D’wn angle, une des deux droites dont Técartement forme l’angle; 2” dè un polygone, unedes droites qui bornent le polygone; 3° d'un polyèdre, intersection de deux des plans qui forment les faces du polyèdre; 4° d'un cylindre, ligne parallèle, à Taxe et joignant les circonférences des deux bases, c’est-à-dire intersection de la surface avec un plan passant par Taxe; 5" d'un cône ou d'un tronc de cône, intersection de la surface par un plan passant par Taxe.
COTÉ (Plan) (Nivellement). — Plan destiné à donner n'on-seulement la projection horizontale d’un terrain, mais encore une idée de Télévation ou de la dépression de ses différentes parties. Pour cela, on détermine les distances verticales de chacun de ses points à un certain plan horizontal appelé plan de comparaison (voyez Nivellement), puis on met sur le plan du terrain, auprès de chaque point, sa cote, c’est-à-dire cette distance verticale. Pour la distinguer des nombres qui pourraient représenter certaines distances horizontales du plan topographique, on écrit toujours la cote de chaque point entre parenthèses.
COTINGA (Zoologie). — C’est le nom indigène de plusieurs espèces d’Oweuwa? de l’Amérique équatoriale. Linné les a pris pour type du grand genre Cotinga {Ampelis). Cuvier a placé ce genre dans Tordre des Passereaux, famille des Dentirostres , et Ta partagé en plusieurs genres nouveaux, en tête desquels se présente le genre Cotinga, ainsi caractérisé : bec triangulaire, assez faible, recourbé à la pointe ; narines à la base du bec, recouvertes par des poils; ailes longues, aiguës; queue médiocre et élargie. Les cotingas mâles ont dans leur plumage les couleurs les plus éclatantes à l’époque de Tannée où ils ont des petits ; le reste de Tannée, les deux sexes n’ont que des teintes grises ou brunes. Ces oiseaux vivent d’insectes et de fruits, et se tiennent dans les lieux humides au Pérou, au Brésil, dans la Colombie, dans la Bolivie. Leur taille est généralement médiocre et se rapproche de celle du merle de nos pays. Le chant des cotingas est un sifflement monotone et sourd. Leur caractère est défiant, farouche et taciturne.
Les espèces les plus remarquables sont V Guette ou C. rouge de Cayenne [A. carnifex. Lin.), dont le premier nom rappelle le cri et dont l’autre nom signale la couleur dominante de son plumage. Le mâle est couvert sur le dos d’un manteau rouge foncé; le ventre est écarlate ; la tête est hérissée de petites plumes roides et étroites d’un rouge éclatant ; le bec est d’une teinte rougeâtre ; l’oiseau mesure 0“,19 de longueur. La femelle est plus petite et plus brune. Le C. cordon-bleu [A. cotingua. Lin.), dont le dessus du corps est d’un bleu magnifique, la poitrine violette et tachée d’une belle couleur aurore, habituellement traversée d’une bande bleue semblable à un large ruban. — Le C. Pompadour {C. Pompadora, Lin.), remarquable par son manteau rouge brun sanglant, avec les plumes des ailes blanches.
COTON et Cotonnier (Botanique), du mot arabe ou goz, qui signifie matière soyeuse et désigne le coton lui-même, nommé aussi koutn en égyptien. — La' matière floconneuse connue de tout le monde comme une de nos
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plus précieuses matières textiles et nommée coton^ est formée des filaments longs, soyeux et contournés qui recouvrent la graine de plusieurs espèces de plantes appelées Cotonniers. Ces plantes sont réunies par les botanistes dans le genre Cotonnier {Gossypium, Lin.) et classées dans la famille des Malvacées^ tribu des Hibis-
Du genre Cotonnier. — Les cotonniers sont des herbes ou des arbrisseaux vivaces à fleurs jaunes plus ou moins marquées d’une teinte purpurine, qui rappellent l’aspect des roses de la Cliine, des roses trémières ou des guimauves; ils portent des feuilles alternes à 3, 4 ou 5 lobes et munies d’un pétiole assez long. Leur fleur offre un calicule à 3 folioles soudées à leur base, plus longues que le calice et enveloppant la fleur à peu près comme la cupule de la noisette enveloppe ce fruit; le calice, court,
Fig. 663. — Cotonnier herbacé.
presque indivis, montre 5 dents sur son bord ; la corolle est formée de 5 pétales larges, légèrement ovales et inéquilatéraux. Les étamines monadelphes constituent un tube, élargi à sa base pour entourer et recouvrir l’ovaire, resserré en colonne au niveau du style, qu’il renferme, et terminé à son sommet par de nombreux filets qui portent les anthères. L’ovaire a 3 loges multiovulées, le style simple est surmonté d’un stigmate trifide. Le fruit est une capsule ovoïde, coriace, à 3 ou 5 loges, qui, à maturité, s’ouvre en 3 à 5 valves et laisse voir une touffe épaisse de coton. Cette touffe est le long duvet qui entoure l’enveloppe externe des nombreuses graines contenues dans la capsule. Ce duvet est la matière textile qui joue aujourd’hui un si grand rôle dans l’industrie des peuples civilisés. Les graines sont noirâtres et de forme anguleuse; elles renferment une huile qu’on emploie pour l’éclairage dans les pays où vivent les cotonniers. Cette huile a le défaut de donner beaucoup de fumée en brûlant.
Les espèces de ce genre sont originaires de l’Asie et de l’Amérique méridionale. La culture a naturalisé plusieurs d’entre elles dans toutes les contrées intertropicales, et Von s’occupe sans cesse de les introduire dans de nouveaux pays. Quant au nombre de ces espèces, on manque d’études suffisamment approfondies pour le déterminer avec certitude. De Candolle en avait admis treize ; des
botanistes plus modernes en reconnaissent jusqu’à vingt ou vingt-une ; Forbes Royle, qui a fait des observations précieuses sur les cultures des pays chauds, n’admet que quatre espèces primitives dont les autres seraient des variétés développées sous l’influence de climats différents ; ces quatre espèces types seraient : le Cotonnier herbacé (G. herbaceum ou indicum), le C. en arbre {G. arboreum)^ le C. d’ Amérique {G. Barbadense].^ le C. du Pérou {G. Peruvianurn ou acuminatum). Les planteurs se bornent à distinguer les Cotonniers en herbe^ le C. en arbuste., le C. en arbre. La spécification de de Candolle paraît la plus sérieusement étudiée, et il est naturel de s’y rapporter. Les plus importantes des espèces qu’il a décrites sont les suivantes : le Cotonnier herbacé (G. herbaceum. Lin.), {fig. 663) originaire de l’Égypte et de l’Arabie, est l’espèce la plus répandue. Dans les contrées peu favorables à son développement, c’est une herbe annuelle de 0”,60 à 1 mètre de hauteur; mais ailleurs, ce cotonnier devient un arbrisseau vivace qui atteint jusqu’à 1“,60 et 2 mètres. Ses feuilles sont molles, divisées en 5 lobes arrondis, courts, terminés par une pointe brusque et munis à leur base d’une glande qui se voit à la face inférieure des feuilles. Ses fleurs sont d’un jaune pâle, avec une tache purpurine à la base des pétales. Le coton de cette espèce est d’un beau blanc ou jaunâtre. — Le C. arborescent (G. arborescens , DG.) est une espèce vivace qui atteint 5 à 6 mètres de hauteur; sa tige, ligneuse parle bas, porte des rameaux glabres à la base, pubescents au sommet ; des feuilles à longs pétioles bi-stipulés, profondément divisées en 5 lobes, et des fleurs axillaires solitaires de couleur purpurine.
Les fruits sont des capsules à 3 ou 4 loges et son coton est de qualité supérieure. Originaire de toute l’Asie méridionale, cette espèce a été introduite la première aux Canaries et en Amérique, où sa culture n’a pas cessé de se développer. — Le C. de l'bide {G. indicum., Lamk) est l’espèce la plus importante des Indes orientales; vivace comme le précédent, il a une tige ligneuse à la base, des feuilles très-petites à 3 ou 5 lobes ; ses fleurs varient du jaune à la teinte purpurine ; ses capsules ont 4 loges. — Le C. à feuilles de vigne {G. vitifolium. Lin.) ' a des feuilles grandes profondément divisées en 5 lobes, j ce qui rappelle la forme des feuilles de la vigne; les ' fleurs solitaires, pédonculées, sont grandes et de couleur 'i jaune ; la capsule a 3 loges. Cette espèce se trouve à l’Ilede-France et provient de l’Inde. — Le C. religieux ou à trois pointes (G. religiosum. Lin. ; G. fricuspidatum, Lamk) est un petit arbuste de 1 mètre environ, à fleurs ' blanches, qui tournent ensuite au roux, puis au rouge.
Sa capsule a 3 loges et renferme un coton tantôt roux, tantôt d’une blancheur éclatante. On ignore la patrie de cette espèce ; elle est cultivée en Amérique. — Le C. des Barbades (G. Barbadens''-*, Lin.) est un arbrisseau de 2 mètres; ses rameaux et les pétioles de ses feuilles sont ' marqués de petits tubercules noirs ; son fruit est gros et renferme beaucoup de coton ; il croît spontanément aux Antilles. — Le C. velu (G. hirsutum, DC.) est aussi ;
originaire d’Amérique; il est herbacé-, annuel ou bisan- i
nuel, et, comme son nom l’indique, il est velu dans toutes !
ses parties, avec des fleurs jaunes solitaires. — On con- j
naît encore, comme espèces américaines, le C. purpurin \
(G. purpurescens , Poir.) et le C. du Pérou {G. Peruvia- l
num., Cuv.). ;
Histoire du coton. — C’est dans l’Inde que les Grecs ^ trouvèrent le coton en usage; Hérodote, au siècle avant J. C., écrivait ce qui suit : « Les Indiens ont une sorte de plante qui produit, au lieu de fruits, de la laine ?
plus belle et plus douce que celle des moutons ; ils en >
font leurs vêtements. » L’écrivain voyageur venait de parcourir l’Égypte et l’Asie occidentale, où il ne mentionne » pas cette plante, évidemment parce qu’elle n’y existait ( pas. Strabon, quelques années avant notre ère, trouvait < le coton cultivé à l’entrée du golfe Persique; Pline, cinquante ans après, indiquait, sous les noms de xylon et de gossypion., cette môme plante comme l’ime des pro- ■': ductions de l’Arabie et de la haute Égypte; les vête- |' ments des prêtres égyptiens étaient de coton. Avec la culture du cotonnier, l’Inde possédait déjà un commerce jj. important d’étoffes de coton. Au premier siècle de notre I ère, ce commerce, jusque-là borné à l’Asie occ-identale, parvint en Grèce et de là en Italie. En même temps, la culture de la plante et la filature du coton se répandaient * hors de l’Inde et envahissaient peu à peu la Perse et l’Arménie, où elles étaient florissantes au xiii® siècle. ^
D’un autre côté, les Arabes avaient propagé cette culture t
en Afrique à mesure que leur conquête s’y étendait, et, -1
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au IX® siècle, ils plantaient, aux environs de Valence, en Espagne, les premiers cotonniers cultivés en Europe ; en même temps, Cordoue, Grenade, Séville et peu après Barcelone voyaient se fonder dans leurs murs des manufactures de tissus de coton, comme plusieurs villes du Maroc en possédaient déjà; enfin, ces mômes Maures d Espagne introduisaient encore à la môme époque en Europe la fabrication du papier de coton. Au xiv* siècle, les Turcs importèrent en Albanie, en Macédoine i’art de tisser le coton. C’est à eux que, les premiers parmi les peuples chrétiens, les Vénitiens, et bientôt les Milanais, empruntèrent cette industrie que leurs relations commerciales répandirent plus tard en Belgique et en Angleterre. Les premiers tissus de coton fabriqués par les Anglais, à l’imitation des Flamands, remontent à 1430. Favorisée par les rois anglais, l’industrie du coton prit un essor inconnu jusque-là après la révolution de 1688 et sous les rois hanovriens. L’Angleterre a conservé cette prééminence, et c’est encore aujourd’hui le pays qui met annuellement en œuvre la plus grande quantité de coton.
La France fut bien éloignée de suivre un pareil essor; l’industrie des tissus de coton ne date chez nous que de la fin du XVII® siècle, et la ville d’Amiens est une des premières villes qui l’aient connue; mais bien qu’aujourd hui le tissage du coton occupe un grand nombre de bras en Alsace, en Champagne, en Normandie, en Flandre, en Languedoc, dans la vallée du Rhône et à Paris, les manufactures françaises n’égalent pas celles de nos rivaux, au moins en puissance productrice.
Jusqu’à la fin du siècle dernier, les cotons nécessaires pour alimenter l’industrie toujours croissante des peuples de l’Europe venaient du Levant; l’Amérique n’en fournissait pas. Ce n’est pas que ce vaste continent ne connût pas le cotonnier. Il est démontré aujourd’hui qu’avant l’arrivée des Européens, les populations américaines des Antilles, du Brésil, de la Colombie, fabriquaient des étoffes avec leurs cotons indigènes. Mais c’est seulement en 1786 que les Anglo-Américains des États-Unis reçurent de Bahama le cotonnier désigné dans le commerce sous le nom de sea-island, et en commencèrent la culture en Géorgie. Cet essai eut un succès inouï ; la Caroline du Sud, l’Alabama et les autres États du Sud suivirent rapidement cet exemple; l’exportation commencée en 1791 n’a pas cessé de s’accroître, et l’Europe depuis vingt-cinq ans est approvisionnée de coton, presque exclusivement par les planteurs anglo-américains du Sud de l’ Union. En même temps, les manufacturiers des États du Nord ont fondé une industrie considérable des tissus de coton. Ainsi s’est créée peu à peu la situation actuelle de la production et de la mise en œuvre du coton, situation sur laquelle quelques renseignements vont être fournis.
Production actuelle du coton. — La culture du coton se fait actuellement en Asie, dans les Indes, la Perse, la Syrie, l’Asie Mineure ; en Europe, dans les îles de Malte et de Goze, la Grèce, l’Espagne, l’Italie centrale et méridionale; en Afrique, dans la Basse-Égypte, dans quelques parties de l’Algérie ; en Amérique, dans les États du Sod de l’Union, le Brésil, etc. Les deux grandes nations manufacturières de l’Europe font des efforts énergiques pour remplacer les cotons américains, dont la guerre a suspendu le commerce, par des cotons produits dans leurs propres colonies. Les Anglais portent ces efforts vers l’Inde, et aussi vers leurs établissements de la côte du Congo. La France donne une nouvelle impulsion à la production cotonnière de l’Algérie dont elle se préoccupe depuis 1842, et tente d’importer cette production dans quelques-unes de ses colonies, et entre autres au Sénégal. Voici à cet égard le résumé des renseignements publiés en 1862 par les ministères de la marine et de la guerre. — Antilles françaises: à peu près nulle à la Martinique, la production du coton reprend faveur à la Guadeloupe, d’où sont provenus jadis une grande partie des cotonniers de l’Union américaine; en 1861, l’exportation de la Guadeloupe a été de 15 309 kil. A la Guyane, cette production longtemps florissante est tombée dans une décadence à laquelle l’administration locale s’efforce de mettre un terme. Le Sénégal paraît singulièrement propre à la culture des cotonniers, puisqu’on y en ti’ouve partout à l’état sauvage ; le gouvernement français porte surtout son attention vers la basse Sénégambie dont les premiers produits ont pu être livrés au commerce en 1863. A Vile de la Pœunion, la production cotonnière décroît tous les ans depuis 1815, malgré les meilleures conditions naturelles. Les quelques points que les Français
ont conservés dans VInde fournissent du coton à l’industrie locale et aussi à celle de la métropole, mais ne donnent pas lieu à un commerce d’exportation. La Cochinchine semble promettre une production cotonnière assez abondante. La Nouvelle-Calédonie possède déjà des plantations de cotonnier provenant des États-Unis, et en outre des cotonniers sauvages, indigènes , à rameaux grêles et étalés qui ne dépassent pas i mètre de hauteur. A Tàiti, le cotonnier à trois pointes croît spontanément en abondance; aucun essai sérieux n’a encore été tenté.
Quant à V Algérie, « cultivé traditionnellement par un petit nombre de tribus indigènes, essayé comme curiosité en 1832 et 33 par quelques colons, et au jardin d’essai à Alger, introduit dans les cultures en grand de la Regaïa, en 1837 et 38, et puis abandonné pendant la guerre, le coton fut repris en 1842 et 43 à la pépinière centrale, où de nombreuses variétés n’ont cessé d’être l’objet des plus sérieuses expériences. » Sous l’influence d’encouragements importants accordés par le gouvernement, la culture du coton se développe aujourd’hui d’une façon assez satisfaisante. Voici la proportion qu’a suivie ce développement jusqu’en 1860.
Production du coton en Algérie.
A]XiVÉES.