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ACO

loïdes, inégaux, le supérieur en casque ; 5 à 8 pétales très-inégaux, les 2 supérieurs seuls bien développés à onglet très-allongé ; fruit, 3 à 5 follicules acuminés.

Les propriétés vénéneuses des Aconits se manifestent soit par l’ingestion de certaines parties de la plante, soit

Fig. 44. — Aconit Napel, épi de fleurs.

surtout par celle de l’extrait alcoolique, plus actif que l’extrait aqueux : bientôt se développent une sensation de brûlure et de douleur à l’estomac, des vomissements, des coliques, des vertiges, de l’assoupissement, des paralysies partielles, du refroidissement, des syncopes, et tous les symptômes de l’empoisonnement par les narcotico-âcres ; les émétiques doux, puis d’abondantes boissons mucilagineuses et môme acidulées sont les moyens généraux qu’il convient d’employer contre cet accident.

Les anciens qui connaissaient les funestes effets de l’aconit le regardaient, dans leurs fictions mythologiques, comme né de l’écume de Cerbère étranglé par Hercule. Les parties adultes de ces plantes paraissent seules contenir ce poison, car on mange parfois cuites dans la graisse les jeunes pousses de l’aconit napel.

Les aconits ont une racine épaisse renfermant un principe sudorifique, souvent utilisé en médecine contre les rhumatismes, la goutte, etc. Son action dépressive sur les contractions du cœur, signalée dans ces derniers temps par le professeur Schral de Vienne, a été utilisée par les homœopathes, qui ont prétendu y trouver un moyen de remplacer la saignée en ralentissant le mouvement du sang et en changeant pour ainsi dire son cours. On a extrait de l’aconit un principe actif vénéneux auquel on a donné le nom à'aconitine (voyez ce mot). — On rapporte que les anciens Germains trempaient dans le suc d’aconit le fer de leurs flèches et de leurs lances pour rendre les blessures venimeuses. F — n.

ACONITINE (Chimie). — Alcali végétal qu’on retire des feuilles de V Aconit {Aconitum Napellus), très-vénéneux, amer, peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool. Sa formule est C®0H'»’^AzOi^ ; il se présente ordinairement en grains blancs et pulvérulents.

ACONITIQUE ou Équisétiqüe (Acide) (Chimie). — Acide tribasique (3H0,Gi2H309) retiré par M. Braconnot de V.Equîsetumfîtiviale (prêle), par M. Baup,de l’Aconit Napel {Aconiturïj Napellus) et identique à celui qui résulte de la décomposition de l’acide citrique (3H0,G'2H30ii) par la chaleur. Il se présente sous la forme de croûtes mamelonnées solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther. Chauffé, il prend une couleur ambrée, fond à 140“, bout vers 160» en se décomposant en acide carbonique et en acide 1T.4C0NIQUE qui distille, et se distingue ainsi des acides FUMARiQUE et MALÉIQUE qui Ont la même composition que lui. L’acide aconitique, uni à la chaux, se transforme en acide succinique au contact de l’eau et du fromage pourri, surtout en été.

L’acide aconitique peut s’extraire des prêles en faisant bouillir le jus de la plante pilée . saturant par du

carbonate de soude et traitant ensuite successivement par l’aconitate de baryte et l’acétate de plomb. C’est de l’acérutate de plomb qu’on retire l’acide. On peut le retirer de l’acide citrique en chauffant celui-ci dans une cornue de verre. Le résidu est repris par cinq fois son poids d’alcool absolu, puis on fait passer un courant de gaz acide chlorhydrique dans la dissolution.

Il faut arrêter lentement cette distillation au moment où les fumées blanches cessent de se montrer, pour céder la place aux produits empyreumatiques. Par le refroidissement, on l’obtient sous forme de croûtes, composées de cristaux mal définis. A 160“ l’acide aconitique fond et par la chaleur il se dédouble en acide carbonique et en acide itaconique.

C12h309,3H0 = 2(C02) + Cl0mO6,2HO Acide aconitique. Ac. itaconique (bibasique).

L’acide aconitique a été découvert par Peschier dans les aconits, par Braconnot dans les prêles, par Berzelius et Dahlstroem dans les résidus de la distillation de l’acide citrique. B.

ACORÉES (Botanique). — Tribu de la famille des Ai'OÎdées, dont le genre Aco7^us est le type. — Ciu'act. : Rhizôme rampant, aromatique, feuilles ensiformes; spathe formée d’un phyllode conné avec le pédoncule, d’un aspect foliacé ; fleurs périanthées à 6 folioles ; 6 étamines à filets membraneux ; ovaire de 3 carpelles ; fruit en baie globuleuse.

ACORUS ou Acore (Botanique), du grec korê, prunelle de l’œil, à cause, selon Dioscoride, de ses propriétés curatives pour les maux d’yeux. — Genre de plantes devenu le type de la tribu des Acorées (voyez ce mot) ; la principale espèce est V Acore aromatique ou 'odorant [A» Calamus^ Lin.), originaire sans doute des Indes, mais aujourd’hui très-répandue sur les bords des étangs et dans les marais de l’Europe et de l’Amérique septentrionale. On la trouve dans quelques mares de là forêt de Marly près Paris. Cette plante, qui s’élève souvent à I mètre de hauteur, possède un rhizôme traçant, aromatique, connu du commerce sous le nom de Calamus aro~ maticus et dont les fragments sont employés quelquefois pour protéger les pelleteries par leur odeur. On s’en servait autrefois en médecine comme d’un agent excitant et sudorifique. Dans le nord de l’Europe on le prépare confit dans du sucre et on le prend comme digestif. L’Acore odorant est souvent cultivé dans les jardins pour orner les pièces d’eau. On a importé du Japon en 1834 T.i4. gramineus , dont une variété a les feuilles rubanées de rose, de blanc et de vert ; on le multiplie par éclats, en orangerie ou sous châssis froid, dans la terre de bruyère humide et ombragée. — Les caractères essentiels du genre Acorus sont indiqués au mot Acorées ; les espèces appartiennent surtout aux Indes orientales. O — s.

ACOTYLÉDONES (Botanique). — Nom donné par L. de J ussieu à son premier embranchement du règne végétal renfermant des plantes dépourvues de cotylédons et d’embryons. Ce groupe correspond aux Ci'yptogames de Linné, aux Agames de Richard, aux Cellulaires de de Candolle et aux Acrogènes de M. Lindley ; enfin on a encore employé pour le désigner les mots de Acotylés inembryonés. Ce grand groupe comprend des plantes d’une structure souvent très-simple, mais que l’absence de fleurs, de fruits et de graines organisés comme ceux des plantes phanérogames en distingue collectivement. La reproduction se fait par des spores simples, homogènes, ne renfermant pas d’embryon, ordinairement formées d’une seule vésicule, et n’adhérant par aucune communication vasculaire aux parois de la cavité dite sporange qui les contient. Quelquefois ces sporanges sont accompagnés d’organes d’une autre sorte, nommés anthéridies^ que l’on a comparés aux anthères des phanérogames et qui renferment des corpuscules doués de mouvement, que l’on a appelés des anthérozoïdes. Beaucoup de plantes acotylédones sont formées uniquement de tissu cellulaire végétal, ce qui explique le nom proposé par de Candolle ; mais les plus élevées en organisation possédant du tissu vasculaire et même du tissu fibreux, il faudrait distinguer \es Acotylédoiies cellulaires {Algues., Champignons, Lichens, Hépatiques, Mousses) et les Acotylédones vasculaires {Characées, Equisétocées, Lycopodiacées, Marsiléacées. Fougères). Prenant en considération l’absence ou l’existence d’un axe de végétation, plusieurs botanistes ont partagé les Acotylédones en Ac. amphigènes et Ac. acrogènes, G — s.

ACR

ACR

ACOTYLÉDONIE (Botanique)^ — Nom donné par L. de Jussieu à sa première classe, la seule qu’il ait formée dans l’embranchement des acotylédones.

ACOTYLÉS (Botanique). — Voyez Acotylédones.

ACOUCHI (Zoologie) . — Espèce ^'agouti (voyez ce mot).

ACOUSTIQUE (Anatomie). — Ce mot s’applique à plusieurs parties de l’appareil auditif ; ainsi le conduit acoustique^ le 7ierf acoustique (voyez Oreille). On nomme encore cornets acoustiques des instruments dont se servent les personnes qui ont l’ouïe dure (voyez Cornet).

Acoustique (Physique), du grec Acouô^ j’entends.

— Science des sons. Elle traite de leur production, de leur transmission dans divers milieux, de leur nature et de leurs rapports. C’est une science à la fois mathématique, physique et artistique. Sous ce dernier point de vue elle est aussi vieille que le monde et constitue Vart musical. Sous les deux premiers, elle ne date guère que du milieu du dix-septième siècle. L’acoustique est une des branches les plus importantes et les plus avancées de la physique. Considéré en lui-même, un son quelconque est le résultat d’un mouvement vibratoire (c’est-à-dire de va-et-vient) imprimé aux particules d’un corps solide, liquide ou gazeux et transmis par l’intermédiaire de l’air ou d’un autre milieu jusqu’à notre oreille. Sans s’arrêter aux phénomènes physiologiques de la perception, on recherche, on détermine la relation constante, qui existe entre les impressions variables que reçoit l’organe de l’ouïe et la nature, la grandeur et la rapidité de l’ébran- 1 ement produit dans le corps sonore et transmis de proche en proche à cet organe par une suite non interrompue de milieux élastiques ; on peut également étudier la nature et la rapidité du mouvement vibratoire considéré dans ses rapports avec la nature, la forme et les dimensions du corps sonore et de ses annexes, ainsi que le mode de propagation de ce mouvement dans les milieux.

L’expérience seule étant souvent impuissante à débrouiller les questions si complexes de l’acoustique, on s’aide de toutes les ressources des sciences mathématiques, qui, de leur côté, trouvent dans ces questions des exercices d’un haut intérêt et des motifs de perfectionnement remarquables. Des mathématiciens de premier ordre ont fait de l’acoustique l’objet de leurs travaux. Depuis Sauveur (1653-17 IG) qui le premier aborda la théorie des cordes vibrantes dont les lois expérimentales déjà indiquées, en partie par Pythagore, venaient d’être découvertes et démontrées complètement par Mersenne, Taylor, Bernouilli, Euler, d’Alembert, Lagrange et de nos jours Poisson, Cauchy et M. Duhamel, imprimèrent à cette science une marche rapide. Parmi les physiciens nous trouvons en première ligne le père Mersenne ; Chladni, Savart, MM. Biot, Cagniard-Latour, Muller, etc. Consulter les grands traités de physique, les ouvrages du pèreMersenneetles mémoires des sociétés savantes. M. D.

ACQUA TOFANA. Espèce de poison, — y. Aqua tofana.

ACQUI (Médecine, Eaux-minérales). — Ville d’Italie, chef-lieu d’une province du même nom, sur la Bormida, à 3l kilom. d’Alexandrie et 60 kilom. de Gênes; dans son voisinage se trouvent plusieurs sources minérales chaudes et froides. Les eaux d’Acqui sont sulfm^e'es calciques (chlorure de sodium et sulfate de soude) ; mais ce qu’on exploite surtout, au point de vue médical, ce sont les sources chaudes (38 à 45® centig.) boueuses, également sulfureuses, situées à 2 kilom. de la ville. On les administre en bains, dans un établissement spécial, contre les affections articulaires indolentes, certaines paralysies locales, et quelques maladies indolentes de la peau. Un hôpital militaire et un bâtiment pour les indigents y ont été installés par les soins du gouvernement sarde.

ACRE (Agriculture). Sans doute du latin ager., champ.

— Mesure de superficie employée par les agriculteurs de diverses contrées. En France môme on trouvait autrefois et la tradition a conservé encore en plusieurs contrées cette mesure, qui n’est plus légale. Vacre de Nomnaridie valait 81 ares 7 1 centiares; il se divisait en ^ vergées contenant chacune 40 perches ; sa valeur variait dans ■certaines campagnes jusqu’à GO ares environ. Dans d’autres provinces, l’acre était de 50 arcs seulement. Cette mesure est encore en usage chez plusieurs nations et voici les principales valeurs qu’on lui attribue :

aros.

1 acre d'Angleterre 40,467

1 acre d’Écosse 51,419

1 acre d’Irlande 65,549

1 acre de Saxe 55,098

1 acre de pré de Zuricli 2S,804

i acre de bois de Zurich 36,004

1 acre commun de Zurich. . 32,404

ACHETÉ, Acrimonie (Médecine). — Les anciens médecins désignaient par ces mots une altération supposée des humeurs du corps qui, devenues âcres et irritantes, auraient causé certaines maladies.

ACRIDIENS et non pas ACRYDIENS (Zoologie) ; du grec ficrû?, sauterelle. — Famille de l’ordre desOrthop tè7'es., établie par Latreille et composée des genre Vneumore, Truxale., CAÙquet et Tetrix., qui sont des démembrements du genre G7njllus de Linné. Dans la méthode du Règne a7iimaG ils forment le genre Criquet au milieu du grand genre des Saute/xlles {G7nillus. Lin.) (voyez Criquet, Sauterelles).

ACRIDOPHAGES (Peuples), du grec acris., sauterelles, et phagein., manger), mangeurs de sauterelles. On a pensé qu’il existait des peuples qui se nourrissaient non-seulement de sauterelles, mais encore d’autres insectes ; ce ne peut être qu’une exception rare et dans des moments où toute autre nourriture vient à manquer ; ainsi des voyageurs rapportent que les Arabes font griller ces insectes sur des charbons pour les manger. Dans certaines parties de l’Arabie-Pétrée, et dans quelques contrées de l’Afrique, les peuples font des provisions d’insectes et surtout de sauterelles qu’ils salent afin de les conserver pour les moments de disette. Du reste c’est un aliment de très-mauvaise nature qui procure une nourriture âcre, irritante pour la gorge et fournit peu d’éléments nutritifs.

AGRISIE (Médecine), du grec Æmw, crise, et a privatif. — Ce mot désigne la terminaison d’une maladie sans phénomènes critiques ; mais son sens n’est pas déterminé d’une manière bien exacte, et tandis que les uns désignent par là une crise de mauvaise nature, les autres l’appliquent à la période d’intensité de la maladie, pendant laquelle la crise ne peut avoir lieu (voyez Crise).

ACROBUSTITE (Médecine vétérinaire), du grec aÆrobustia., fourreau. — Inflammation de la muqueuse du fourreau chez les animaux domestiques; commune chez le mouton, elle y a reçu, en certains pays, le nom de Mal de Boutin/. Le défaut de propreté, l’absence de litières fraîches développent cette affection lente et souvent assez tenace.

ACROCARPES (Botanique), du grec akros., terminal, et karpos., fruit. — Ce mot désigne, dans la famille ou la classe des Mousses., celles qui portent leurs capsules fructifères au sommet des rameaux. M. Cam. Montagne en a formé son troisième ordre, com prenant 27 tribus, (voyez Mousses).

ACROCHORDE (Zoologie), du grec aki^ochordôn., verrue, parce que l’animal de ce nom est couvert d’écailles verruqueuses. — Genre de Reptiles de l’ordre des Ophidiens dé G. Cuvier, famille des vrais Serpents., tribu des Serpents propixment dits., section des non-venimeux., reconnaissable aux petites écailles uniformes qui couvrent le corps et la tête en dessus et en dessous. On n’en connaît que deux espèces, toutes deux aquatiques; 1’^. de Java vulgairement Oular-caxon de Java dans les rivières de cette île; il atteint jusqu’à I'“,50 de longueur; VA. à bandes, Oulai^-limpé, habitant ces mômes rivières et signalé à tort comme très-venimeux ; on le trouve aussi dans l’Inde et les îles voisines de Java.

ACRODYNIE (Médecine), du grec ak7'os,k l’extrémité, et odu7iê, douleur. — On a désigné sous ce nom une affection sans gravité qui a régné épidémiquement à Paris en 1828 et 29. Les malades se plaignaient de fourmillements, de douleurs aux mains et surtout aux pieds, d’insomnie, de dérangement dans les fonctions digestives, le plus souvent sans fièvre. On a regardé cette maladie comme une variété bénigne de la pellagre (voyez ce mot), mais on ne s’est accordé ni sur sa nature précise ni sur son mode de traitement ; elle n’a pas appelé l’attention depuis cette époque.

ACROGÈNES (Botanique), du grec akros, à l’extrémité, et genos, naissance, développement. — Nom proposé par M. Lindley pour le groupe des plantes Acotijlédoues de Jussieu; dans ce système de nomenclature tiré du mode de développement que l’on regardait comme caractéristique de chaque embranchement, les Monocotylédone< s’appelaient Endogènes; les Dicotylédones, Exogènes. Cette nomenclature a été abandonnée quand on a mieux connu les faits dont elle donnerait une fausse idée. — Certains botanistes, et entre autres Ach. Richard, ont nommé Aci^ogènes, seulement un sous-embranchement des végétaux Inembryonés ou A.coiylédones caractérisé par l’existence d’un axe de végétation et d’organes ap pendiculaires [Hépatiques, Mousses, Lycopodes, Equipé tacées, Fougères). G — s

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