‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 211 sur 385 · CO T · texte numérisé non relu

CO T

COT

kilog.

États-Unis d’Amérique 716 000 000

Indes bntaniiiques 92 000 000

Égypte »... 27 000 000

Brésil 10000000

Indes occidentales, autres pays 5 000 000

Total 850000000

Sur cette masse énorme, la Grande-Bretagne avait absorbé à elle seule 030 millions de kil. occupant 2 millions d’hommes à leur élaboration( un quatorzième de la population totale des trois royaumes). La France, dans la même année 1801 , a consommé 123 736 300 kil. de coton dont les neuf dixièmes provenant de l’Amérique du Nord. Ce môme rapport contient une expertise du plus haut iiîtérôt sur la valeur commerciale et industrielle des cotons exposés par les divers pays du monde.

Tous ces cotons peuvent se classer en deux catégories :

1" C. longue soie^ qui figure au premier rang comme valeur industrielle, paraît produit principalement par les variétés du Cotonnier arborescent , et nous vient surtout de la Géorgie et de la Caroline du Sud ; il est désigné sous les noms de Sea Islande cotton (coton des îles de l’Océan), Black seed cotton (coton à graine noire), Géorgie longue soie.

2" C. courte soie, que fournit surtout le Cotonnier herbacé, est celui qui domine aux Indes orientales, en Égypte et dans les îles de la Méditerranée. Il porte les noms de UpUmd cotton (coton des hautes terres), Green seed cotton (coton à graine verte).

Chacune de ces catégories comprend un très-grand nombre de variétés dont l’énumération se trouve au Traité des productions naturelles, publié par nos courtiers de commerce.

Les États-Unis d’Amérique fournissent jusqu’ici les plus beaux cotons à longue soie et à courte soie; ceux à longue soie sont employés à la fabrication des mousselines, tulles, percales ; lescourte-soie servent aux indiennes et autres étoffes de finesse moyenne ou tout à fait grossières. Le Brésil ne fournit que des cotons longue-soie estimés pour faire les calicots, la bonneterie et les étoffes destinées à la teinture. L’Inde fournit en petite quantité des longue-soie de qualité supérieure ; ses courte-soie sont réservés pour la passementerie et les étoffes communes. Les longue-soie du Levant sont médiocrement fins, mais d’une grande solidité.

En médecine, on ne tire guère parti du coton que pour recouvrir les surfaces des brûlures. Le coton en carde exerce dans ce cas la meilleure influence pour empêcher l’accès de l’air et pour calmer les douleurs si cruelles des brûlures superficielles môme très-étendues.

Culture des cotonniers. — Selon M. G. Heuzé {Cours d'agr. prat.; les plantes industrielles, 2® partie), le cotonnier herbacé ou annuel végète pendant sept mois environ ; pour fleurir et mûrir ses graines, il a besoin d’une température de 45 à 48" cent. L’époque des semis varie suivant les climats ; en Algérie, ce sont les mois de mai et de juin, et l’on récolte en octobre. La germination demande huit à dix jours. La floraison a lieu de quatre-vingts à cent jours après les semis ; et la maturité des fruits, soixante-dix à quatre-vingts jours après la floraison. La maturité est compromise si la température s’abaisse, même momentanément, au-dessous de l G" à 17". Un môme pied peut donner de 300 à 500 fruits, pesant chacun environ 30 grammes. La limite septentrionale de la culture du cotonnier en Europe et en Amérique est le 45“ de latitude nord ; au sud, elle s’étend en Amérique jusqu’au 30“ ou 33“ de latitude.

Le cotonnier veut un terrain fertile, profond, de consistance moyenne, médiocrement humecté, argilo-calcaire, calcaire-siliceux ou calcaire-argileux. Il a besoin d’être abrité du nord et exposé au sud ou à l’est. Pour établir la plantation, on donne quatre à cinq labours à plat ou en billons, et l’on achève en passant la herse et le rouleau. Cette culture épuise le sol et réclame une fumure abondante; les amendements calcaires lui sont favorables.

Les semis se font : par paquets avec la pioche ou la binette; en lignes, dans des rayons qu’on recouvre avec le râteau ; ou à la volée, mais seulement dans la basse Égypte. L’espacement des plants varie selon la hauteur des plantes, mais les cotonniers ont besoin d’ètre isolés de façon à ce que l’air et le soleil visitent librement toute leur surface. Une dizaine de jours après que les graines ont levé, on donne un premier binage que l’on répète dès que la surface de la terre s’est durcie ; puis on éclaircit les

plants en laissant les mieux venus et en enlevant les autres de façon à produire l’espacement convenable. Quand les boutons à fleur ont paru, on donne encore un binage, que l’on répète dans certaines contrées avant l’épanouissement des fleurs. Un arrosage abondant est nécessaire, et pour l’assurer on doit établir un système d’irrigations. Il importe de modérer l’arrosage à partir de la floraison. On a fait avec succès des essais de taille ou rabattage du cotonnier herbacé ; les cotonniers vivaces doivent toujours être taillés pour ne pas dépenser leur sève en feuilles et en nouveaux rameaux.

Le produit de cette culture déjà assez compliquée est menacé par certaines mauvaises herbes (chiendent et liseron), par les vents secs ou froids, par les pluies au moment de la maturité; enfin par de nombreux insectes (criquets, courtilières, larves de l’apate moine, noctuelles du cotonnier, etc.).

La récolte est une cueillette des capsules, que peuvent effectuer même des femmes et des enfants; on coupe Je fruit au ciseau; on en extrait le coton et on le partage en trois lots : filaments longs et fins, filaments plus courts et plus gros, filaments défectueux. Les capsules doivent être cueillies sèches, et, dès que la maturité st produit, il faut revenir plusieurs fois au même pied à mesure que ses fruits mûrissent.

Le coton récolté est séché cinq à six heures au soleil sur des claies, et mis en tas seulement lorsqu’il est bien sec. Puis on Végrène, c’est-à-dire qu’on sépare les filaments des graines, soit à la main, soit au moyen du fléau, et surtout à l’aide de machines. Les machines consistent , en général , en deux cylindres horizontaux, tournant en sens contraire l’un de l’autre, et assez rapprochés pour entraîner le coton sans laisser passer les graines. Ces machines, mues par un homme, par des chevaux ou par la vapeur, présentent d’ailleurs des dispositions de détail très-variables. Le coton égrené est battu avec des baguettes et nettoyé des débris de coques ou de graines qu’il peut contenir.

Selon M. G. Heuzé, déjà cité plus haut, et qui fournit sur le coton les meilleurs renseignements actuels, aux États-Unis, 750 kil. de coton brut donnent 150 kil. de coton net, qui coûtent, égrenés, nettoyés et emballés, 135 francs. Le produit moyen de l’hectare est de 333 kil. de coton net (soit 1000 kil. de coton brut). On estime, en général , que la graine pèse trois fois plus que le coton.

Pour étudier les questions relatives au coton, on consultera utilement, outre les ouvrages déjà cités: De Rohr, Observations sur la culture du coton, 1807 ; de L.istey- RiE, Du cotonnier et de sa culture, 1808 ; Hardy, Manuel du cultivateur de coton en Algérie, 1854 ; Rapport du jury international de 1855. 11 existe en Amérique de nombreuses publications en anglais, sur le cotonnier et son produit ; aucune n’a été traduite en français. Ad. F.

GOTONEUM MALüM (Horticulture). — Nom latin du Coing.

COTONNIER (Botanique, Agriculture). — Voyez Coton .

COTTE-CHABOT (Zoologie). — Voyez Chabot.

COTYLÉDON (Botanique), du grec cotylédon, petite coupe, parce que la gemmule de l’embryon est habituellement reçue dans une fossette du cotylédon ou des deux cotylédons. — La graine des végétaux renferme, lors-

Fig. 66V. — Embryon de la cuscute. Fig, 665 (1). — Embryon du tilleul.

qu’elle est mûre, la jeune plante grossièrement ébauchée, très-petite et pourvue de provisions de matière nutritive propres à assurer son développement; cette jeune plante est ce qu’on nomme Vembryon végétal. On y peut déjà reconnaître les parties essentielles du végétal, savoir une extrémité nommée radicule qui est le germe de la racine ; une extrémité opposée à celle-ci qtie l’on nomme la ti-

(1) r radicule. — c l’un des cotylédons.

COT

GOU

qelle^ parce qu’elle est le germe de la tige, au sommet de cette tigelle, un petit bourgeon^ le premier de tous ceux que portera la plante, que l’on nomme gemmule', enfin, sur la tigelle, au-dessous de la gemmule, sont insérés un ou deux appendices remplis de fécule destinée à nourrir, lors de la germination, les autres parties de l’embryon ; ces deux appendices sont les cotylédons. Chaque cotylédon est une feuille modifiée et transformée en un amas de provisions nutritives. Le nombre ou l’existence des cotylédons a permis de caractériser dans la nomenclature les trois embranchements du règne végétal : le premier est celui des végétaux Acotylédones., qui, se reproduisant par des spores et non par des graines, ne possèdent pas d’embryon tout formé avant la germination et, par conséquent, gas de cotylédons ; le second est celui des végétaux Monocoiylédones dont l’embryon ne possède qu’ww seul cotylédon; le troisième est celui des végétaux Dicotylédones, dont l’embryon a habituellement deux cotylédons et exceptionnellement un plus grand nombre

(pins, sapins). Parmi les dicotylédones, quelques végétaux manquent de cotylédons par avortement de ces organes (la

cuscute) {fig. 669) ou n’en ont que de rudimentaires. Ordinairement les deux cotylédons sont égaux et symétriques; quelquefois, cependant, l’un est plus grand que l’autre! Parfois ils sont plus ou moins sondés l’un à l’autre. Dans les amandiers, le pois, la fève de marais, les cotylédons sont très-épais ; d’autres fois, ce sont des lames minces, foliacées, comme dans le ricin, l’euphorbe, le tilleul. La disposition des cotylédons fournit divers caractères pour la distinction des diiïérents groupes de végétaux. Voici l’indication des principaux. — En considérant la plicature des cotylédons, on les dit {fig. 671): C. réclinés (1), pliés sur eux-mêmes en deux moitiés, suivant un pli I transversal, de manière que le sommet vienne s’appli- ! quer sur la base; C. condupliqués (2), pliés sur eux- ! mômes, suivant un pli longitudinal, de façon que la moij tié de gauche s’applique sur celle de droite; C. circinés, roulés sur eux-mêmes comme une crosse d’évêque (3) ; Ç. chiffonnés, chiffonnés sous les téguments de la graine.

(1) Un des cotylédons a été détaché pour montrer complètement la plantule. — c, l’autre cotylédon. — c' point d’insertion du premier qui a été enlevé. — r, radicule. — t, tigelle. — g, gemmule.

(2) c, c, les cotylédons. — r, radicule.— t, tigelle. — g, gemmule. — X, cavité du cotylédon où se plaçait la gemmule avant que l’embryon fût étalé.

(3) Embryon du Géranium molle. — r, radicule. — c, cotylédons qui s’y rattachent par un pied ou pétiole p.

(4) Embryon de l’orme. — r, radicule. — c, cotylédon. — o, o. Ses oreillettes.

(5) Embryon du pin. — 1, pris dans la graine. — 2, ayant ommencé à germer. — r, radicule. — c, cotylédons.

comme un linge pressé dans un espace étroit ( 4).— D’après la position réciproque des cotylédons, on les dit aussi

rig. 671. — Dispositions des cotylédons (i).

C. équitants, lorsque, pliés en sens inverse l’un de l’autre , ils s’enchevêtrent , en quelque sorte , à, cheval l’un sur l’autre (5); C. semi-équitants, lorsque, pliés en sens inverse, l’un se cache tout entier entre les deux moitiés de l’autre (6). — En comparant la direction des cotylédons avec celle de la radicule, on distingue par dos termes spéciaux les faits suivants : C. incombants, lorsque. la radicule, repliée complètement sur elle-même, vient s’appliquer sur la face des cotylédons (7); C. accombants, lorsque la radicule, repliée de môme^ vient s’appliquer sur le bord des cotylédons (8).

- Chez les Monocotylédones, l’embryon a une forme cylindrique, arrondie ou ovoïde à ses extrémités. Le cotylédon y dissimule souvent la gemmule au fond d’une petite fente plus ou moins visible, et située sur un de ses côtés ; l’extrémité tournée vers le micropyle est la radicule ; toute la portion de l’embryon au delà de la gemmule et à l’opposé de la radicule est le cotylédon unique qui caractérise les végétaux de cet embranchement. Quelques embryons monocotylédonés ont une radicule aussi grosse que le cotylédon lui-même; on les a nommés embryons macropod.es (voyez Gehmination).

COTYLÉDOIXÉ (Botanique), du mot cotylédon. — On nomme ainsi un végétal dont la reproduction se fait par graines (voyez Graine), et qui, par conséquent, a un embryon pour vu de cotylédons. Les végétaux cotylédonés correspondent aux Phanérogames , de Linné.

COTYLOIDE (Anatomie), du grec cotylê, cavité arrondie, et eidos, apparence. — On nomme ainsi, en général, une cavité articulaire qui présente la forme d’un hémisphère creux. Chez les Vertébrés, la cavité articulaire de l’os du bassin où s’articule la tête du fémur porte particulièrement ce nom. Elle est formée par l’os coxal au point où se joignent le pubis, l’ischion et l’os iliaque. Tout autour de son bord règne un bourrelet fibreux, nommé ligament cotylo'idien. Le fémur est maintenu dans la cavité cotyloïde par des ligaments insérés au pourtour de cette cavité et au pourtour de la tête du fémur; un ligament central rattache le sommet de la tête du fémur au fond de la cavité.

COU (Anatomie, Zoologie). — Voyez Col.

Goü-coupÉ (Zoologie).— Nom vulgaire du Gros becfascié.

Cou DE CHAMEAU (Botanique). — Nom vulgaire du Narcisse des poètes.

^(1) 1, cotylédons réclinés- — 2, cotylédons condupliqués. — 2 , coupe transversale des mêmes cotylédons, c, c. — 3, cotylédons circinés. — - 4 , cotylédons chiffonnés. — 5, cotylédons équitants. — 6, cotylédons semi-équitauts. — 7, cotylédons incombants du pastel; c, cotylédons; r, radicule. — 7' coupe transversale des mêmes. — 8, cotylédons accombants de la giroflée; c, cotylédons ; r, radicule. — 8', coupe transversale des mêmes.

(2) c, le cotylédon. — e, la plantule. — pr, périsperme ou albumen farineux.

cou

COU

. Coü DE CIGOGNE (Botanique). — Nom vulgaire d’un Erodion [Erodium ciconium^ Willd.).

Cou JAUNE (Zoologie). — Nom vulgaire d’une Fauvette de Saint-Domingue [Motacilla pensilis^ Gm.).

Cou ROUGE (Zoologie). — Nom vulgaire du Rouge-gorge.

Cou-tors (Zoologie). — Nom vulgaire du Torcol.

COUA (Zoologie), nom tiré du cri de l’oiseau. — Genre h’Oiseaux., ordre ùqs Grimpeurs {Coua, Guv.), voisin des Coucous dont ils se distinguent par des tarses plus longs. M. Ackermarm {Rev. zoolog. 1841) a décrit les mœurs du Coua de Delalande., qui vit à Madagascar, où son goût pour les coquillages nommés agathines lui a valu le nom de Casseur d’’ escargots.

COUAGGA (Zoologie), Equus quaccha^ Gm. ; nom tiré du hennissement de l’animal. — Le Couagga est une espèce dû genre Cheval (voyez ce mot), qui se trouve en

troupes nombieuses dans le sud de l’Afrique, et particulièrement dans les vastes contrées peu habitées voisines du Gap et de Natal, qui forment la Gafrerie. Les voyageurs l’ont souvent nommé Cheval du Cap., Ane Isabelle. C’est peut-être l’espèce du genre qui ressemble le plus au cheval ; sa robe est Isabelle, mais la tête, le cou et les épaules sont zébrés d’un brun foncé ; le- ventre, la partie interne et le bas des membres, la queue et la touffe de longs crins qui la terminent sont blancs. Il mesure I“,15 de hauteur au garrot ; ses oreilles ne sont pas très-longues; son poil est ras et fin. 11 se nourrit de plantes grasses et de feuilles de mimosa. On assure qu’il est doux et facile à dresser ; les voyageurs rapportent même qu’au Cap on a possédé quelques individus en domesticité. Daubenton, à la fin du siècle dernier, Fr. Cuvier, vingt-cinq ans après, exprimaient le vœu pressant que l’on s’occupât de domestiquer et d’introduire en Europe les zèbres, les daws, les couaggas. En ce qui concerne le couagga, ce vœu est jusqu’ici demeuré spis effet, et on doit le regretter.

GOÜALE (Zoologie). — Nom vulgaire, en Sologne, de la Corneille corbine qu’on nomme ailleurs Couar^ Coua.

GOUGAL (Zoologie), nom formé par Levaillant des mots coucou et alouette. ~ Genre à' Oiseaux [Centropus, Illig.), de l’ordre des Grimpeurs, famille des Cuculidés (coucous) qui habitent l’Inde et l’Afrique et qui se distinguent des autres cuculidés par l’ongle du pouce long, droit et pointu comme chez les alouettes.

COUCHER ou Décubitus (Médecine). — Position que prend naturellement le corps de l’homme en repos sur un plan à peu près horizontal ; on peut considérer le coucher dans quatre positions, sur le dos, sur le ventre, sur les deux côtés ; les anciens appelaient les deux premières : coucher en supination, et coucher en pronation.

Le cmicher sur le côté droit est le plus naturel, celui qu on observe le plus souvent; lorsque le corps repose sur le côté gauche, le foie pèse sur l’estomac, le comprime ainsi que les gros vaisseaux ; de plus, il repose sur les organes centraux de la circulation, et cette fonction peut être gênée. Ainsi se produisent parfois des cauchemars, des rêves fatigants, un sommeil agité. Le coucher sur le dos, peu ordinaire dans l’état de santé, est naturel dans plusieurs maladies ; il indique généralement une faiblesse plus ou moins grande des muscles inspirateursainsi on le remarque chez les personnes très-fatiguées! chez les enfants, les vieillards ; dans les fièvres de mauvais caractère, etc. Le coucher sur le ventre, au contraire, gêne la dilatation de la poitrine et se remarque seulement lorsque le malade veut diminuer l’excitation

intérieure en restreignant l’étendue de la respiration, comme dans l’ardeur d’un accès fébrile. Le coucher sur un plan tout à fait horizontal ne convient guère que chez les enfants, il peut devenir dangereux chez les vieillards, qui ont besoin de reposer sur une surface plus ou moins inclinée ; il en est de même des personnes qui se couchent après le repas.

Coucher en vache (Vétérinaire). — Lorsqu’un cheval en se couchant plie les jambes de telle sorte que le coude vienne appuyer sur la partie postérieure des sabots, nommée talon par les vétérinaires, on dit qu’il se couche en vache. Il en résulte bientôt au coude une petite tumeur nommée éponge, qui altère les formes du cheval.

COUCHER DES ASTRES (Astronomie). — C’est le moment où le soleil, une étoile ou une planète disparaît sous l’horizon. Les positions relatives des étoiles dans le ciel restent sensiblement fixes, les points de l’horizon où on le voit se coucher ne changent pas, si ce n’est à un long intervalle de temps, par l’effet de la précession des équinoxes. Il en est autrement du soleil, de la lune et des planètes, qui se déplacent parmi les étoiles en vertu de leur mouvement propre. Ainsi, du solstice d’hiver au solstice d’été, le soleil se couche en des points de plus en plus rapprochés du nord ; le contraire a lieu du solstice d’été au solstice d’hiver. Aux équinoxes, ce point de coucher se trouve sur la perpendiculaire à la méridienne, et il fixe ce qu’on appelle proprement le couchant, l’ouest ou l’occident (voyez Ciel).

COUCHES (Géologie). — Voyez Terrains, Stratification.

Couches (Horticulture). — On cultive dans nos jardins potagers ou fleuristes beaucoup de plantes qui, dans nos climats, ne peuvent germer, fleurir et mûrir leurs fruits qu’à l’aide d’une véritable accélération artificielle de leur développement. D’autres fois on a besoin de faire ce qu’on nomme des c’est-à-dire de faire fructifier

certaines plantes avant leur époque naturelle. Enfin, nous élevons même des végétaux qui, appartenant à des contrées plus chaudes, ne peuvent exister chez nous que dans des conditions artificielles. Toutes ces cultures hâtives i ou exceptionnelles se font sur couches, c’est-à-dire que |

l’on dispose sur le terrain où l’on élève ces plantes, un j

lit de fumiers, de feuilles, de mousses, et en général de i matières organiques, capable d’y développer et d’y main- i tenir de la chaleur en fermentant. On donne ordinaire- j ment aux couches la forme d’un parallélogramme ; la lar- i geur et l’épaisseur v.arient selon les cultures auxquelles i on les destine ; il en est de môme des matériaux que '

l’on y introduit. L’effet des couches est à la fois de ré- i

chauffer le sol et la couche d’air en contact avec lui par \ la chaleur que produit la fermentation, et d’enrichir le 1 terrain par les principes fécondants qu’elle développe. 5 Pour les melons, les patates et les plantes qui végètent 1 vigoureusement, on emploie des couches dites sourdes, parce qu’on les établit dans une tranchée creusée en terre pour les recouvrir ensuite avec la terre ameublie et mêlée de terreau. On nomme couches tièdes, celles où l’on mélange du fumier de cheval, de vache, et des feuilles; et ' couches chaudes, celles que l’on fait avec du fumier de j cheval, frais, et par conséquent prompt à s’échauffer.. !

Couches corticales (Botanique). — Voyez Écorce. '

COUCOU (Zoologie), nom tiré du cri de l’oiseau. —

Qui n’a pas entendu dans nos bois, pendant l’été, le cri plaintif, obstinément répété, de cet oiseau dont les mœurs 1 singulières ont éveillé les préjugés les plus bizarres. On 1 croit dans beaucoup de campagnes que, vers la Saint- I Jacques (l®' mai), le coucou se change en oiseau de | proie, mais que, reprenant sa forme première au prin- | temps, il revient dans nos contrées sur le dos du milan. | D’autres disent qu’en hiver il se change en crapaud et I reste sans prendre de nourriture ; d’autres encore le trans- | forment en épervier vers le mois de juillet et le repré- j sentent comme se repaissant de cadavres; puis, en avril,, | il redeviendrait coucou. On le signale encore comme » faisant d’abondantes provisions. Ailleurs on l’accuse de mauvais sorts, ou tout au moins d’annoncer les mallieurS' par son cri ou sa présence. En Allemagne, on dit que le coucou qui chante au printemps annonce pour les en- j| fants combien d’années ils doivent vivre ; pour les jeunes I filles, combien d’années elles attendront encore un mari, i Au moyen âge, on regardait la cendre du coucou comme I souveraine contre l’épilepsie. A toutes ces erreurs on | ne peut répondre que par une esquisse rapide de ce que i nous savons précisément sur l’histoire naturelle de cet | oiseau. 5

Le C. gris d'Europe {C. canorus, Lin.) est un oiseaa |

cou

COU

gris cendré, à ventre blanc, rayé en travers de noir avec la queue tachetée et terminée de blanc. Il a 0“,30de longueur. On ne voit aucune différence très-marquée entre le mâle et la femelle, celle-ci est seulement un peu plus petite. Les deux traits saillants des mœurs du coucou sont ses habitudes de migration et les circonstances exceptionnelles de sa ponte. Les coucous n’habitent nos pays que du mois d’avril au mois de septembre. Pendant la mauvaise saison, ils émigrent vers les pays chauds et voyagent seulement la nuit. C’est ainsi qu’on les voit franchir la Méditerranée deux fois par an, sans doute pour se rendre en Afrique. A Malte et dans l’Archipel grec, les voyant apparaître isolément en même temps que los tourterelles, on les nomme conducteurs des tourterelles. Leur arrivée est d’autant plus tardive que le pays où on les observe est plus septentrional, et leur départ a lieu d’autant plus tôt. A peine arrivé, le coucou s’annonce par son cri habituel cou-cou qu’il fait entendre la nuit comme le jour, par le beau comme par le mauvais temps, jusqu’au milieu du mois de juillet. Ce cri est celui des mâles, les femelles ont un cri plus sourd, semblable à une sorte de ricanement.

Quant à la ponte, voici les faits singuliers qu’ont constatés divers observateurs, et en particulier Lottinger et Klaas parmi les Allemands, Jenner et Blackwall parmi les Anglais, et surtout Levaillant et M. Florent Prévost parmi nous. Les coucous mâles sont beaucoup plus nombreux que les femelles ; il en résulte que chaque femelle ne s’unit pas pour toute la saison avec un seul et môme mâle ; elle en change au contraire un grand nombre de fois, ne restant que quelques jours avec chacun d’eux. Chacune de ces unions est suivie d’une ponte de deux œufs, de telle façon que la saison se passe en pontes successives sans que la mère ait le temps de couver ses œufs, ni d’élever ses petits. Par un instinct des plus singuliers, cette mère vagabonde prend dans son bec un de ses œufs, qui sont très-petits pour sa taille, et épiant autour du nid de quelque autre oiseau l’absence des parents, elle y court déposer son œuf et s’assure avant de l’abandonner qu’on va en prendre soin. Elle choisit pour ce dépôt le nid de la fauvette, de la lavandière, du rougegorge, du rossignol de murailles, du bruant, de la grive, du merle, de la mésange, de la bergeronnette, du verdier, clu bouvreuil, du pouillot, de la pie-grièche, du geai et parfois de la pie et de la tourterelle. Lorsque la femelle du coucou ne prend pas soin d’attendre l’absence des propriétaires du nid, ceux-ci la repoussent avec courage et souvent avec succès. Quoi qu’il en soit, lorsque l’œuf du coucou a pu être introduit, dans le nid étranger, les soins maternels ne lui sont pas refusés. Il est couvé parmi ceux des véritables propriétaires du nid avec le môme dévouement et les mômes soins. On ne sait au juste combien de temps l’éclosion se fait attendre, et cette question mériterait d’être éclaircie, car les espèces auxquelles le coucou confie l’éducation de ses petits ont des incubations inégalement longues. L’éclosion de l’œuf du coucou ne peut donc coïncider avec celle des autres œufs couvés dans le nid. Ce qui est certain, c’est que le jeune coucou sort de l’œuf grâce aux soins vraiment maternels de la femelle étrangère et il ne tarde pas à payer son dévouement d’une ingratitude révoltante ; se glissant successivement sous chacun des petits qui l’entourent, il le charge peu à peu sur son dos et reculant jusqu’au bord il précipite le malheureux hors du nid maternel. Quelquefois cependant il épargne ses compagnons dont la présence en ce cas ne lui est sans doute pas préjudiciable. Quelquefois aussi la femelle du coucou en déposant son œuf a pris elle-même la peine d’opérer cette destruction. Il est remarquable que les œufs du coucou, qui sont à peu près de la grosseur de ceux du moineau, varient beaucoup de couleur, sans que l’on connaisse bien la cause de ces variations ; ils sont cendrés, roussâtres, verdâtres, bleuâtres avec des taches petites ou grandes, rares ou nombreuses, et d’une couleur foncée très-variable de nuance. Lejeune coucou est vorace et paresseux et sa mère d’emprunt est obligée de le faire manger très-longtemps. Il est faux qu’il la dévore lorsqu’il a pris des forces. En naissant le jeune coucou a la tête forte avec de gros yeux et quand il a pris son premier plumage il est d’une laideur repoussante, on peut au premier coup d’œil le confondre avec un crapaud ; noirâtres d’abord, ils deviennent d’un gris ardoisé, puis d’un gris clair ; ils prennent la seconde année leur plumage d’adulte. On pense que la vie des coucous est longue ; Naumann a vu un individu revenir vingt-cinq printemps successifs dans le môme lieu.

Le coucou se nourrit à peu près exclusivement d’in-

sectes et rend ainsi de grands services sans jamais causeraucun dégât : il mériterait d’être vu des agriculteurs d ’un, œil beaucoup plus favorable. Sa chair est assez bonne â manger en automne, mais on n’en fait pas usage. Les coucous sont d’ailleurs très-défiants et se laissent peu approcher, de sorte que leur chasse est très-difficile.

Pour l’histoire naturelle du coucou, on consultera utilement Giieneau de Montbeillard {Hist. nat, du coucou), Lothinger (Mém. sur le coucou d’Europe), Vieillot [Nuuv. dict. d'hist. nat. et Observ. sur l’instinct des animaux), Edw. Jenner [Transactions linnéennes de Londres), Fl. Prévost [Lettre au président de V Académie des sciences, 1834, et Dict. pittor, d'hist. nat.).

Genre Coucou [Cuculus, Cuv.). — Les caractères dfr ce genre sont : bec médiocre, assez fendu, large â la base, légèrement arqué ; queue longue composée de dix^ pennes; tarses courts. — Ce genre appartient â la famille des Cuculidés et à l’ordre des Grimpeurs.

Les autres espèces que le C. gris sont étrangères à notre Europe ; « il y vient aussi quelquefois, dit Cuvier, une espèce tachetée et huppée, dont le cri est sonore [C. glandarius, Edw.). » — Levaillant a fait connaître les mœurs du C. solitaire [C. solitarius, Cuv.),. du C. criard [C. clamosus, Cuv.) , et du C. dricdric, [C. auratus, Gml.) qui habitent l’Afrique.

Coucou (Zoologie). — Nom vulgaire de plusieurs espèces à.e,Toissons très- différentes les unes des autres, tels que un Trigle [Trigla cuculus, Lacép.) et une Raie^ [Roïa cuculus, Lacép.), etc. Ad. F.

COUDE (Anatomie), en latin cubitus. — Articulation du bras avec ravant-bras chez les animaux vertébrés; la partie de cette articulation qui porte plus spécialement le nom de coude, est la saillie que l’apophyse olécrane du cubitus fait en arrière de l’articulation. Le coude n’est susceptible que de mouvement de flexion et d’extension de l’avant-bras sur le bras ; trois os y prennent part : V humérus, le cubitus et le radius.

COU-DE-PIED (Anatomie humaine). — On nomme ainsi, chez l’homme, une partie bombée en dessus, resserrée et presque cylindrique, qui se trouve entre l’attache du pied à la jambe et le pied proprement dit. Cette partie est analogue à une portion du poignet de la main et appartient au tarse. Dans les pieds bien conformés, le cou-de-pied constitue une sorte de voûte s’appuyant en arrière sur le talon, en avant sur le pied proprement dit ou métatarse et les doigts. Les personnes qui n’ont pas cette courbure du pied ont, comme on dit, les pieds plats et ne supportent pas facilement les longues marches; aussi a-t-on admis ce vice de conformation comme un motif d’exemption du service militaire.

COUDOU (Zoologie). — Nom donné par Buffon à l'A?ïtilope canna, mais qui appartient à YAnt. strep-

COUDRIER (Botanique), Corylus, Tourn. ; d’après Linné, cette étymologie est très -obscure.

Quoi qu’il en soit, Théis fait dériver ce mot du grec korys, casque, bonnet, coiffure de tête, à cause de l’enveloppe qui recouvre le fruit; les Anglo-Saxons l’appelaient noix coiffée. De corylus, on a fait par abréviation core en vieux français, et, par suite, coudrier, coudre et coudre t te. —

Genre de plantes de la famille des Quercinées, nommé aussi vulgairement Noisetier. Caractères : fleurs monoïques ; les mâles sans calice [fig. 61h-fm) ; 5 à 8 étamines à filets capillaires, anthères à une loge et barbues au sommet; les femelles enveloppées 3-4 ensemble par des écailles ovoïdes , laciniées [ss) ; Fig. 674. - Coudrier noisetier, ovaire à 2 loges contenant un ovule suspendu et terminé par deux stigmates colorés ; le fruit est une noix nommée noisette ou aveline.^

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