‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 214 sur 385 · RHÔNE · texte numérisé non relu

RHÔNE

Vienne

Viviers

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Avignon

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Arles

Par un temps calme, un bateau chargé fait la route de Lyon à Avignon avec une vitesse moyenne de 2“,87. Un bateau à vapeur qui parcourrait 4 mètres par seconde, ou un peu moins de 4 lieues à l’heure sur une eau tranquille, descendrait donc de Lyon à Avignon avec une vitesse moyenne de 4“ + 2"', 87 = 6“,87 , et remonterait d’Avignon à Lyon avec une vitesse de 4“ — 2,87 ou de 1“',13. M. D.

Cours d’eau (Jaugeage d’un) (Hydraulique). Evaluation de la quantité d’eau qui traverse pendant chaque seconde de temps la section transversale du cours d’eau en un point déterminé de son cours. C’est ce qui constitue le débit du cours d’eau.

Le volume d’eau débité par seconde est égal au volume d’une colonne d’eau qui aurait pour base la section transversale, et pour longueur le chemin parcouru en moyenne par les diverses couches liquides, ou ce que l’on appelle sa vitesse moyenne. Ce volume fsr donc égal à la section multipliée par la vitesse n.oyenne. Nous avons donné dans l’article précédent et au mot Canal le moyen de mesurer la vitesse moyenne; quant à la section, elle s'obtient par des procédés géométriques toutes les fois que le lit de la rivière est régulier comme celui d’un canal ; dans le cas contraire, on opère de la manière suivante : on partage la largeur en un certain nombre de parties, puis, à chaque point de division, on abaisse verticalement une sonde de manière à mesurer la profondeur de l’eau en ce point. Les points de division seront assujettis à cette seule condition que, dans l’intervalle des verticales qui leur correspondent, le profil du lit soit à peu près rectiligne. La portion de la section comprise entre les deux verticales forme un trapèze dont les dimensions sont connues et dont par conséquent on peut connaître la surface. On pourra donc ainsi évaluer séparément la surface de chacune des portions en lesquelles la section a été partagée , et par leur somme avoir la section elle-même. ^

Quand le cours d’eau dont on veut jauger le débit est de très-petite dimension, le moyen le plus simple et le plus précis d’y parvenir est le suiv+t : on construit sur le cours d’eau un barrage temporaire formé par des planches, et on pratique dans ce barrage un déversoir à vive arête dont la largeur soit le tiers ou le quart de celle du cours d’eau ou du barrage; puis, quand le régime est bien établi, que le niveau de l’eau est devenu stationnaire au-dessus du barrage , on mesure la teur h au-dessus de l’arête antérieure du déversoir, à laquelle s’élève l’eau en un point où sa surface est plane,

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COU

ce qui revient à marquer sur la planche de chaque côté du déversoir, et à quelque distance de celui-ci, les points où s'élève l’eau, à joindre ces points par une ligne droite et à mesurer la distance de cette ligne à l’arête antérieure du déversoirquidoitiui être parallèle. Connaissant la hauteur A, la longueur / du déversoir, la dépense D est fourîîie par la formule pratique D = 0,400

Cours d’eau (Force d’un) (Hydraulique). — Au point de vue mécanitjiie, un cours d’eau est une force dont on peut tirer parti pour les besoins de l’industrie. Celte force peut varier d’un point à l’autre du cours avec l’abondance des eaux et la rapidité de leur marche ; elle est généralement utilisée au moyen de.5 roues pendantes sur bateaux. Mais le plus souvent, on l’accumule en un point du cours par l’effet d’un barrage; elle sert alors à faire mouvoir des réceptews hydrauliques de diverses natures, tels que roues en dessous., roues de côté, roues en dessus o\x à augets, turbines (voyez tous ces mots).

Chaque molécule d’eau en suivant son cours s’abaisse verticalement d’une quantité toujours croissante, dépendant de l’inclinaison ou pente du cours d’eau ; son mouvement est produit par l’action de la pesanteur qui tend à faire descendre les corps le plus bas possible.

Quelle que soit la vitesse du mobile, on peut toujours calculer la somme totale des effets de la force motrice qui se sont accumulés en lui sans être dépensés par les frottements, ou ce que l’on appelle en mécanique puissance vive ou quantité de travail disponible du mobile •(voyez Force vive, Travail). Cette quantité de travail

disponible a pour expression M étant la masse du

corps en mouvement et V sa vitesse.

Ainsi, par exemple, la Seine débite à Paris environ 150 mètres cubes d’eau par seconde, avec une vitesse moyenne de U"*,G0. En appliquant la règle, on trouve pour le travail mécanique que cela représente

Q-g ^ — = 2 790 kilogrammetres , soit environ

40 chevaux. Ce nombre est excessivement faible, et c’est pour accroître le travail disponible d’un cours d’eau, qu’on effectue des barrages. Ainsi, si dans la Seine on faisait un barrage de 1“,50 de hauteur, chose réalisable à la rigueur, le travail utilisable sc trouverait égal à 160 Ouü X 1“*,50 = 2 250 OUO kilogrammètres, environ 3 000 chevaux. M D.

COURSE (Physiologie). — Voyez Locomotion.

Courses (Hippologie). — Voyez Races chevalines.

COURSIER (Hydraulique). — Canal ordinairement très-court, à fond plat ou circulaire, dans lequel se meut une roue hydraulique. 11 a pour objet de concentrer l’action de l’eau sur les aubes ou palettes de la roue. On étend aussi le nom de coursier au canal qui conduit l’eau d’une chute du vannage sur les roues en dessus.

Les coursiers et la forme qu’on leur donne sont d’une grande importance en hydraulique. On ne doit pas oublier qu’ils donnent toujours lieu à des frottements de l’eau contre leurs parois, ce qui diminue un peu la force de la chute. On doit donc s’attacher à réduire le plus possible ces frottements (voyez Roues hydrauliques).

COURT d’haleine (Vétérinaire). — Ce mot s’applique à un animal qui a la respiration courte et qui, pendant le travail, est forcé de s’arrêter pour reprendre haleine. Les chevaux poussifs sonfrcour/^rf’Aa/eme (voyez Pousse).

GOURT-JOINTÉ (Hippologie). — Se dit d’un cheval qui a le paturon court (voyez Paturon). Cette conformation, tout en donnant au cheval plus de puissance musculaire, nuit à la souplesse des allures et détermine ordinairement des réactions dures.

COURTILIÈRE .Zoologie), du vieux mot français cour- ////e, jardin ; Gryllo-lalpa., Latr. — - Tous les jardiniers connaissent ce redoutable ennemi des potagers, qui est

des Sauteurs. Cet insecte et ses congénères sont véritablement des grillons modifiés pour une vie souterraine; le corps est allongé; la tête petite, enfoncée dans une échancrure du thorax, qui est conformé en une espèce de carapace; les élytres rudimentaires couvrent à peu près le premier tiers de l’abdomen, les secondes ailes sont repliées en filaments triangulaires qui dépassent les élytres; la troisième paire de pattes a les cuisses modérément renflées, propres, non pas au saut, mais à une progression énergique. D’ailleurs ce qui doit surtout attirer l’attention, c’est la modification spéciale des premières pattes, qui rappelle celle qu’on observe chez les taupes, parmi les mammifères. Ces pattes antérieures sont élargies et trapues, et leurs tarses, aplatis et dentelés sur le bord, semblent des mains conformées en pelles. L’abdomen est teVininé par deux filets courts; les antennes sont grêles, allongées, flexibles et composées d’un grand nombre d’arlicles. Ainsi organisées, les courtilières ne sauraient vivre à la surface du sol ; comme les taupes, elles se creusent des galeries souterraines et se tapissent de distance en distance sous de petits monticules faits de la terre qu’elles rejettent. C’est ordinairement dans les champs de blé, dans les jardins potagers que les courtilières sc multiplient; l’hiver, elles se tapissent dans une cavité souterraine communiquant au dehors par une galerie oblique ou verticale ; de là, au retour du printemps, ces insectes, sortant de leur torpeur, creusent leurs galeries dans toutes les directions, pour chercher leur nourriture. Gomme les taupes, les courtilières coupent sur leur passage toutes les racines que peuvent entamer leurs robustes mâchoires, elles ne se détournent que pour éviter les plus dures. On ne sait pas au juste si elles se nourrissent de ces racines, ou si, essentiellement carnassières, elles se frayent simplement leur route en les rongeant. Cette dernière opinion est vivement soutenue par plusieurs observateurs et notamment par M. LeFeburier (Nouveau Cours d’agriculture),

Fig. 683. — Courlilière commune

devenu, pour les naturalistes, le type d’un genre d’/nsectes désigné sous le nom de Taupes-grillons {Grylloialpa, Latr.) et rangé dans l’ordre des Orthoptères^ famille

Fig. 686. — OEufs de la courlilière et larves.

qui a le mieux décrit les mœurs de la courtilière commune. La ponte a lieu en juin et juillet dans une petite fosse à peu près cylindrique, lisse intérieurement, que la femelle creuse en terre à une profondeur d’environ ()“, 15; on trouve souvent jusqu’à 300 ou 400 œufs dans ces trous; une galerie courbe donne issue au dehors, et les petits, après avoir quelque temps vécu en société, sortent par là de leur berceau souterrain. Les courtilières naissent avec leurs formes définitives, sauf les ailes qu’elles ne pi ennent, dit-on, qu’à la troisième année. Les courtilières mâles font entendre la nuit un chant doux et faible; ces insectes ne possèdent pas l’appareil sonore ou miroir qui caractérise les grillons et les genres voisins.

Que les courtilières soient carnassières ou herbivores, elles n’en ravagent pas moins les racines des plantes, et leur présence se révèle par l’aspect jaune et flétri des végétaux attaqués et parles petits monticules amoncelés à l’entrée de leurs galeries. Leurs dégâts sont redoutables, et néanmoins on ne connaît que des moyens insuffisants de les détruire, ceux qu’on a indiqués n’éiant applicables qu’aux petites cultures potagères (voyez Livre de la ferme, par Joigneaux ; le Bon jardinier). La C. commune {Grylius gryllo-talpa, Lin.) a 0'”,04 ou G'",05 de longueur; elle est brune en dessus, roussâtre en dessous.

On la trouve en tiurope, dans le nord de l’Asie et de l’Afrique ; six ou sept autres espèces plus petites sont répandues en Amérique, en Guinée, en Asie, à la Nouvelle- Hollande. Ad. F.

COUbCOÜS, Couscoüssoü (Économie domestique). ~

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Ou nomme ainsi, parmi les populations musulmanes de la plus grande partie de l’Afrique (Algérie, Sénégal, Guinée, etc.), un mets préparé avec un mélange de tarine de froment, d’orge ou de millet, arrosé de bouillon ou simplement d’eau et mêlé souvent de viande hachée menu. Les Arabes, en voyage, dans les moments de pénurie, en font simplement une espèce de pâte pétrie dans le creux de leur main et arrosée d’eau.

COUSIN (Zoologie), Culex^ Macquart. ~ Genre d'insectes de l’ordre des Diptères, famille des Némocères^ tribu des Culicides, distingué des genres voisins par des palpes plus longues que la trompe dans le mâle, trèscourtes chez la femelle. L’espèce que les naturalistes ont le plus étudiée est le C. commun (C. pipiens^ Lin.), trop connue de tout le monde par ses piqûres et les démangeaisons qu’elles produisent. Ce curieux et importun diptère, VEmpis des Grecs et le Culex des Romains, a depuis l’antiquité excité l’admiration par les merveilles d’organisation réunies dans un si petit animal ; c’est lui que Pline prend pour exemple des manifestations de la puissance divine dans les êtres les plus petits (liv. II, c. ii), et s’il y a des erreurs dans ses indications, on voit, d’autre part, que l’organisation du dard buccal de cet insecte lui était assez bien connue. Chez les modernes, Swammerdam [Bihlia naiurœ)^ Réaumur {Mémoires pour servir à l'histoire des insectes) , Degeer , Kleemann, etc., ont décrit et figuré les détails de la structure

et des mœurs du cousin. C’est un petit insecte long de 0“,005 à O'“,0ÜG et dont tout le corps a la forme d’un cylindre étroit; six pattes grêles extrêmement longues le supportent avec légèreté ; à son thorax sont fixées deux ailes membraneuses transparentes que l’insecte porte croisées l’une sur l’autre ; des antennes garnies de poils ornent sa tête. Très-avide du sang de l’homme, la femelle du cousin perce notre peau avec une trompe longue et menue et extrait le sang au moyen d’un suçoir, en même temps qu’elle y verse un venin qui provoque rapidement une inflammation vive accompagnée de fortes démangeaisons. Le mâle vit seulement des sucs qu’il trouve au fond des fleurs; à défaut de sang, la femelle se contente de la même nourriture. La bouche du cousin est armée d’une sorte d’étui cylindrique, ou trompe, terminé à son extrémité libre par un petit renflement qui se compose réellement de deux lèvres charnues et mobiles. Une rainure de la trompe contient cinq filets rigides dont la pointe acérée est aplatie comme une lancette; une ou deux de ces pointes porte des dentelures dirigées en arrière. Cette bouche, où l’on retrouve, modifiées d’une manière toute spéciale, les parties que renferme habituellement la bouche des insectes (voyez Bouche, Mâchoire), est pourvue, de chaque côté, d’un palpe long composé de 4 ou 5 pièces articulées et velues. Swammerdam a parfaitement figuré ces diverses parties; Réaumur en décrit ainsi le mécanisme : « Après que le cousin s’est posé sur le lieu où il doit piquer, on voit qu’il fait .sortir du bout libre de sa trompe une pointe très-fine (les cinq filets réunis); qu’il tâte successivement la peau à quatre ou cinq endroits avec le bout de cette pointe, probablement afin de choisir le lieu où se trouve un vaisseau dans lequel le sang puisse être puisé à souhait. Quand il a fait son choix, on enestaverti par la petite douleur que la piqûre cause sur-le-champ. Lapointe de l’aiguillon composé s’introduit dans la peau ; elle y pénètre. L’étui (ou trompe), quoique solide, a une sorte de flexibilité; il se courbe â mesure que l’aiguillon pénètre dans les chairs; il devient

Fin. 6S?f.

Larv«s dpcousin.

d a'oord un arc dont l’aiguillon (ou les cinq filets réunis) forme la corde. L’extrémité li bre et ren fiée reste toujours sur le bord du trou pour maintenir et empêcher de vaciller un instrument délicat et faible (Réaumur dit plus loin avoir reconnu que cette extrémité dégorge en même temps sur la blessure où le suçoir est plongé une petite goutte d’une liqueur transparente) : c’est par un expédient semblable que les ouvriers qui ont à percer de très-petits trous dans les corps durs savent maintenir la pointe déliée du foret. » Si rien ne vient le troubler, le cousin ne quitte la place que gorgé de sang. Le gonflement, la rougeur et la souffrance qui' suivent une blessure si fine sont dus sans doute, d’une part, à la succion qui accumule le sang vers le point blessé, d’une autre part à la présence du liquide versé par la trompe. On ne connaît jusqu’ici aucun remède contre les souffrances parfois assez vives que cause cette piqûre. On s’est parfois trouvé bien d’avoir appliqué sur la partie blessée des compresses imbibées d’ammoniaque (8 à 10 gouttes dans une cuillerée d’eau) ou de laudanum; le miel a réussi aussi parfois. Les vêtements ne suffisent pas toujours à nous garantir de ces piqûres, que le cousin pratique fort bien à travers des étoffes légères; nous retrouvons cet ennemi presque imperceptible le jour, la nuit, dans les prés, dans les bois et jusque dans nos chambres; mais c’est surtout le soir et auprès des eaux qu’on rencontre leurs troupes importunes tourbillonnant dans les airs. Les premiers âges de la vie du cousin se passent en eftet dans l’eau stagnante ; la femelle y dépose un à un, dressés et collés l’un à l’a,utre, deux ou. trois cents œufs dont la masse, en forme de nacelle, surnage et se développe à la surface du liquide. Deux jours après la ponte, a lieu l’éclosion; les jeunes larves ne ressemblent guère à l’insecte parfait; ce qu’elles offrent de plus singulier, c’est qu’elles se pendent à la surface de l’eau, la tête en bas, et maintenant à fleur d’eau l'extrémité libre d’un tube inséré sur l’avant-dernier anneau de leur abdomen et par lequel elles respirent. Vives et agiles, ces larves, dès qu’on agite l’eau, nagent en se courbant sur elles-mêmes en divers sens, pour revenir bientôt reprendre leur position habituelle. Au bout de quinze jours, ces larves se transforment en nymphes et ressemblent à l’insecte parfait emmaillotté; elles vivent comme les larves pendues à 1 a surface de l’eau, mais dans une position inverse, parce que leur tube respiratoire, qui est double, est inséré, comme une paire de cornes, un peu en arrière de la tête, au dos du corselet. L’insecte parfait paraît au bout de six à sept jours; sa sortie de la peau de la nymphe est une opération délicate et périlleuse. Cette peau se fend au dos du corselet et, par les contractions de son corps, le cousin tire peu à peu de ce fourreau sa tête, son corselet, avec les ailes, son abdomen, enfin ses longues pattes; à mesure qu’il en sort, la peau de la nymphe allégée remonte à la surface de l’eau et y forme une sorte de radeau sur lequel le cousin finit par s’élever entièrement libre, et se tenant immobile, il attend que ses organes extérieurs se consolident au contact de l’air; à ce moment il pose ses pieds sur la surface de l’eau, où sa grande légèreté spécifique lui permet de ne pas enfoncer, et il s’envole. Mais pendant tout ce travail la moindre agitation de l’eau submerge la frêle nacelle et le jeune cousin est perdu. Il en périt donc un grand nombre de cette façon ; la merveilleuse fécondité de ces insectes répare sans peine ces pertes. Les cousins forment probablement six à sept générations par an ; en comptant 350 œufs environ par génération, on trouve qu’un couple de cousins peut à la fin de l’été être représenté par cinq millions de milliards de ses descendants; la troisième génération seule compte déjà 5,369,37 5 individus. Heureusement que les cousins servent abondamment de pâture aux hirondelles et à un grand nombre de poissons.

On trouve en Europe dix espèces de cousins, parmi lesquelles il faut signaler encore le C. anmlé {C. annulatus, Duméril), la plus grande espèce de France. En beaucoup de contrées du globe, diverses espèces deviennent par leur multiplicité une sorte de fléau local ; le midi de l’Europe les redoute et on les désigne sous le nom de moustics ; on est obligé, la nuit, de recouvrir les lits avec une étoffe de gaze nommée moustiquaire pour garantir les hommes de leurs piqûres. Dans l’Amérique méridionale, où on les nomme Moustiques^ MaringouiJis, Mosquitos, en Suède, en Laponie, leurs incessantes piqûres font le tourment des habitants (consultez Vthstoire des diptères de Macquart). Ad. F.

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COUSSIN ou Coussinet (Médecine). — Pièce d’appareil fort employée par les chirurgiens, surtout dans les pansements des fractures. Les coussins sont faits quelquefois avec du vieux linge piqué ou avec de la peau rembourrée de coton, de laine, de crin, d’étoupe. On leur donne la forme, la dimension en rapport avec l’usage auquel ils sont destinés. D’autres fois, ce sont de petits sachets, plus ou moins longs, plus ou moins étroits, qu’on remplit aux deux tiers ou aux trois quarts de balle d’avoine et qu’on emploie dans les fractures pour empêcher le contact et la pression des attelles (voyez Fracture, Attelle).

COUSSINET oculaire (Vétérinaire). — Amas de tissu cellulo-graisseux placé derrière l’œil du cheval pour remplir l’orbite en arrière et maintenir le globe oculaire. — Coussinet plantaire : partie molle et charnue de la fourchette sous le pied du cheval.

COUSSINET ou Palier (Mécanique). — Cylindre creux en bois ou en métal, ordinairement composé de deux pièces demi-cylindriques, entre lesquelles tournent les tourillons des arbres ou axes des machines.

COUTANCES (Eaux minérales). — Ville de France, chef-lieu d’arrondissement (Manche) ; il y a deux sources ferrugineuses froides, dites fontaines du parc, à 1 kilom. de la ville ; elles contiennent du fer, du carbonate de soude, du sulfate de chaux.

COUTEAU (Médecine). — En chirurgie, on donne ce nom à un instrument tranchant dont on se sert pour diviser les parties molles, et qui ne diffère du bistouri que parce que sa lame est fixée à demeure sur le manche sans pouvoir se fermer. Les dimensions, les formes des couteaux varient suivant les opérations chirurgicales dans lesquelles on en fait usage. Voici les principales espèces de couteaux dont on se sert.

Les C. à amputations proprement dits sont ceux qui offrent les plus grandes dimensions; autrefois, ils étaient concaves sur le tranchant; aujourd’hui, ils ont tous une lame droite. On se sert du C. interosseux à deux tranchants dans les amputations des membres où il y a deux os, ou dans quelques-unes de celles qui se font dans les articulations. Dans ces dernières, on emploie aussi le C. désarticulateur de Larrey, dont la lame courte permet à l’opérateur de pénétrer plus sûrement dans les articulations (voyez Amputation).

Le.s C. à cataracte, destinés à faire la section de la cornée transparente. On connaît surtout les C. de Richde Wenzef de Ward (voyez Cataracte).

Le C. lithotome^ dont Foubert se servait pour la taille latérale (voyez Taille).

Le C. de Cheselden^ également pour l’opération de la taille.

Le C. lenticulaire^ destiné à détruire les inégalités osseuses que la couronne de trépan laisse après l’opération de ce nom (voyez Trépan).

Le C. pour la re'section des amygdales^ inventé par Caqué, de Reims (voyez Amygdales).

Le C. en serpette^ dont se servait Desault pour ouvrir les parois du sinus maxillaire.

En médecine vétérinaire, on emploie encore le C. de feuy instrument destiné à appliquer le feu sur un animal. — Le C. de c/m/ewr, espèce de lame en fer ou en bois, à bords mousses et polis, destiné à racler et enlever la sueur qui recouvre le corps des chevaux. — Le C. andont les maréchaux anglais se Servent pour rogner la corne des sabots (voyez Sab-ot).

COUTRE (Agriculture), du latin cultei\ couteau. — Le ■contre est une pièce delà charruedestinée à couper la terre dans le labourage (voyez Charrue, Labour) {fig. 689 B). Le contre a ordinairement une forme assez semblable à celle d’un couteau dont le manche est fixé un peu obliquement à Vage de la charrue E et dont la lame B se dirige de haut en bas. Il est placé en avant du soc A pour fendre la terre, que celui-ci tranche ensuite horizontalement et que le versoir G soulève et retourne au moyen de sa surface contournée. Sa pointe doit toujours être en avant de celle du soc. Il doit avoir une forme calculée pour fournir, pendant qu’il travaille, une égale résistance à la terre contre laquelle il agit; on arrive ainsi à lui donner une forme courbe au dos et une section horizontale trian- :gulaire. Son tranchant est rectiligne ou courbe (contre en faucille) , suivant les systèmes de charrues. On le fixe à l’age de façon à ce que le tranchant soit vertical, incliné la pointe en avant ou incliné la pointe en arrière. Cette dernière position n’est employée que par exception; la première est plus généralement adoptée. Enfin, le plus souvent, on fixe le coutre la pointe un peu

inclinée vers la gauche pour rendre la charrue plus stable en élargissant la raie qu’elle trace. Dans certaines

Fig. 689. — Charrue.

terres légères, on peut se passer de coutre et n’entamer la terre qu’avec le soc ; mais c’est un cas tout à fait exceptionnel. Certaines charrues ont un coutre fixé sur le soc ; ce coutre, uni au soc par le bas, a, dans ce cas, son extrémité libre en haut. On a aussi employé dans les terrains tourbeux, pour couper les racines, un coutre circulaire^ sorte de plateau circulaire en fer mince aciéré sur ses bords et tournant autour de son axe. L’agencement du coutre sur l’age se fait de différentes manières. Tantôt il est fixé simplement dans une mortaise pratiquée au milieu de r âge (/?^. 690), Cette disposition a

Fig. 691.

l’inconvénient d’affaiblir l’age et de préparer sa rupture en ce point; elle met d’ailleurs le coutre dans une position verticale défectueuse. On a tenté de remédier à

Coutres fixés à l’aide de l’étrier.

ce dernier inconvénient en faisant usage d’un coutre coudé [fig. 691). On a aussi adapté à Tageune gaine ou coutelière en fer où l’on maintient le coutre avec un coin en bois. Le mode d’agencement le meilleur est incontestablement V étrier américain figuré ci-contre [fig. 692 et 693) (voyez Étrier américain).

COUTURIER (Anatomie), nom tiré des fonctions du muscle. — On voit à la partie antérieure de la cuisse de l’homme un muscle superficiel long, étroit et comme rubané, qui s’attache, d’une part, à l’épine iliaqxie antérieure et supérieure, d’une autre part, à la partie supérieure, antérieure et interne du tibia; aussi ce muscle a-t-il reçu dans la nomenclature de Chaussier le nom . àliléo-prétibial. Le muscle couturier., en se contractant, j plie la jambe en la dirigeant en dedans, puis il fléchit

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