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lindres ou parallélipipèdes pour le dessin proprement dit.
La fabrication la plus simple est celle des bâtons de craie dont on se sert pour écrire sur une ardoise ou sur un tableau formé de planches dressées et généralement noircies. Elle se réduit à diviser à la scie en petits parallélipipèdes les gros fragments de craie.
Ce même procédé s’emploie également pour les crayons en plombagine destinés au dessin linéaire ou à l’écriture. Dans le premier cas, la matière est débitée en petits parallélipipèdes de un millimètre carré de section à peu près, et d’une longueur de ()“,1G à 0™,18 qu’on fixe avec de la colle dans un petit cylindre de bois. Dans le second, on donne à la plombagine la forme de petits cylindres ayant à peu près un millimètre de diamètre sur 0“,ri4 à 0“',05 de longueur. Ces petits cylindres sont destinés à être placés dans un portecrayon mû lui-même à l’aide d’une vis dans l’intérieur d’un cylindre. Celui-ci se termine par un tronc de cône, dont la petite base laisse sortir, en la soutenant, l’extrémité du crayon réel, lorsqu’on le fait mouvoir par l’intermédiaire du portecrayon intérieur. Le crayon, la mine, comme on l’appelle, n’a pas aie rs besoin d’être taillée en pointe, et la vis permet de ne la faire sortir de son enveloppe que de la quantité nécessaire, et de l’y ramener lorsque l’on ne veut plus s’en seivir.
Avant 1796, débiter ainsi la matière en petits parallélipipèdes et les enfermer dans des cylindres de bois, était le seul procédé de fabrication usité, et les Anglais possédant les gisements de plombagine les plus homogènes et les plus propres à cet usage, leurs crayons étaient réellement supérieurs à tous les autres.
A cette époque, notre compatriote Conté imagina un procédé pour obtenir des crayons aussi homogènes que les crayons anglais et gradués de teinte à volonté, en employant des plombagines bien inférieures. Ce procédé, perfectionné par son gendre et successeur Humblot, est encore celui dont on fait usage.
Il consiste, en principe, à incorporer la matière colorante, réduite en poudre impalpable, dans une substance qui lui donne du corps.
Cette substance est habituellement de l’argile trèspure, dégagée avec grand soin de toute trace de sable ou de calcaire. Une fois préparée, la matière est moulée pour lui donner la forme convenable, séchée, soumise à l’action de la chaleur, et, une fois durcie, placée dans l'axe de petits cylindres en bois de cèdre.
La proportion d’argile employée et la température à laquelle on soumet le crayon permettent de faire varier sa nuance et sa dureté.
On sait, en effet, que sous l’action de la chaleur, l’argile jouit de la propriété d’éprouver un retrait d’autant plus considérable qu’on l’a plus fortement chauffée, et de durcir proportionnellement à ce retrait. En outre, elle retient d’autant plus énergiquement la plombagine qu’elle est plus dure, ce qui nous explique pourquoi le crayon le plus dur est aussi le plus clair de nuance.
Ce procédé a* permis de ne plus employer le premier que pour les crayons de poche renfermés dans un portecrayon à vis dont nous avons parlé, et comme il n’est restreint à aucune exigence de matière colorante spéciale, il permet d’obtenir des crayons de toute couleur et de toute nuance.
Il ne faut cependant pas s’abuser sur la facilité d’obtenir cette graduation de nuances par l’emploi de proportions graduées d’argile ; cette matière est trop variable dans son retrait et sa dureté pour ne pas laisser à désirer sous ce rapport ; mais on obvie à ce défaut en immergeant le crayon préparé dans une dissolution saline , quelquefois sucrée, habituellement de sulfate de soude à divers degrés de concentration.
Pour les crayons à dessin proprement dits, on substitue le noir de fumée à la plombagine, afin d’éviter le reflet métallique de celle-ci. En outre, on leur laisse une section bien plus forte, ce qui dispense de les envelopper dans un cylindre de bois, lorsqu’ils sont arrivés au point de dessiccation voulu.
La fabrication des crayons destinés au dessin linéaire comprend pour opérations principales :
L’épuration de la plombagine et sa réduction en poudre impalpable; la même opération pour l’argile; le dosage et l’incorporation des deux substances; une cuisson, le broyage, le moulage, la dessiccation et une cuisson nouvelle. Viennent ensuite la fabrication des montures de bois où les crayons doivent être placés leur mise en place et leur fixation dans ces montures, la séparation des crayons; enfin, la mise en paquets pour la vente.
Examinons successivement comment se fait chacune de ces opérations.
épuration de la plombagine se fait à la main et consiste en un triage pour en séparer tous les débris de gangue ou de matières étrangères qui l’auraient pénétrée, ce que facilite beaucoup la trituration au pilon dans un mortier de fonte, et une chaulîe au rouge dans un creuset fermé, la chaleur devant détruire celles des matières qui auraient échappé, et par suite donner plus de moelleux au crayon une fois fait.
Vépuration de l'argile se fait par lévigation. A cet effet, l’argile, placée et fortement agitée avec de l’eau dans un premier baquet, est laissée deux minutes en repos; puis l’eau est décantée à l’aide d’un siphon de ü“,08 de diamètre, dont la longue branche descend de 0™,r)0 pour l’amener dans un second baquet plus grand que le premier, où elle laisse déposer l’argile pure.
Le dosage et \' incorporation des deux substances se font par la pesée et la trituration prolongée du mélange sous le pilon. Les proportions habituellement employées sont de 2 à 3 de plombagine pour 1 d’argile.
Cuisson. — La matière une fois mélangée est tassée dans un creuset qu’on ferme et qu’on lute, puis portée au rouge d’autant plus élevé que les crayons doivent être plus durs et sont plus riches en plombagine.
En outre, l’opération sert â éviter les altérations ultérieures, en détruisant les dernières traces de sulfure qui eussent pu rester dans l’argile.
Le broyage est alors exécuté par une machine spéciale dont on prolonge l’action jusqu’à ce que l’on n’entende plus crier la matière sous la meule.
L’opération étant prolongée jusqu’à ce qu’on juge la matière tout à fait impalpable, on en essaye un échantillon en achevant sur lui la fabrication, et on n’arrête définitivement le broyage que lorsqu’on est satisfait du résultat.
On procède alors au moulage. La matière est pour cela transformée en une pâte que Ton étend à la spatule dans des rainures en buis suifé ou huilé, recouvertes avec des planchettes de ce même bois. On serre fortement et on sèche d’abord à l’air libre, puis à l’étuve ; le retrait de la matière laisse bientôt l’air circuler entre elle et le moule, de manière à hâter la première partie de cette opération, et à laisser ensuite sortir aisément du moule les morceaux droits obtenus. Ceci fait, on les plonge dans de la cire presque bouillante, ou du suif à cette môme température, afin de rendre le crayon moins cassant et d’une usure plus régulière, ou bien encore on les immerge dans une solution chaude de sulfate de soude plus ou moins concentrée, suivant le degré de dureté que l’on veut obtenir.
Le crayon, ainsi préparé, est placé debout dans un creuset où le maintiennent des cendres tamisées ou du poussier, et est chauffé au rouge une dernière fois, puis lentement refroidi avant de le placer dans sa monture.
Cette fabrication subit différentes modifications dans son dosage et ses procédés, suivant les résultats que l’on veut obtenir : 1" Ainsi l’on ajoute du noir de fumée au dosage, afin d’obtenir des nuances plus foncées et dépourvues du reflet métallique. 2° On substitue à la plombagine et au noir de fumée de la sanguine, ou une autre matière colorante pour avoir des crayons de couleur. 3" Pour avoir des crayons extrêmement durs, on substitue à notre mélange un amalgame de plomb avec un peu d’antimoine et de mercure. L’amalgame en fusion est alors coulé dans une caisse en fer, où des tiges mobiles de ce métal, placées d’avance, laissent entre elles les vides qui doivent servir de mou'es. La matière, une fois solidifiée, on retire les tiges de fer et les crayons se trouvent isolés.
Le crayon obtenu avec nos mélanges d’argile doit être placé, avons-nous dit, dans une monture en bois. On prend pour cela un bois de grain fin et qui ne soit pas trop dur, habituellement du cèdre. Autrefois, la fabrication se faisait en Bohème de la manière la plus élémentaire ; maintenant, c’est une machine à raboter, modifiée, qui est chargée de préparer les bois. A cet effet, elle est munie d’un fer courbe qui donne, à l’extérieur d’une planche, la forme d’une suite de demi-cylindres juxtaposés, tandis que l’autre face dressée au préalable est creusée dans l’axe de chaque demi-cylindre, pour recevoir la mine. Chaque planche ainsi préj-arée a la longueur de six crayons, et est évidée seulement d une demi-épaisseur de mine. Les rainures sont enduites de colle forte, reçoivent la mine par une trémie et sont immédiatement recouvertes par une deuxième planche dont
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l’évidement complète le logement de la mine : le tout est alor^ fortement pressé pendant la dessiccation de la colle, puis recoupé par la machine elle-même, de façon à séparer les crayons reçus immédiatement par une trémie qui les réunit par douzaines et les présente à la main de l’ouvrière chargée de les attacher en paquets pour la vente.
Crayons à dessin. — Pour les crayons noirs à dessiner, le noir de fumée remplace la plombagine. La fabrication reste la même jusqu’au séchage de la matière moulée en parallélipipèdes bien pins gros, qui doivent être fortement comprimés et maintenus pendant la dessiccation par de petites plaques de glace. Cette dessiccation etfectuée, le crayon est prêt. Le dosage habituel est de 1 de noir de fumée pour 2 d’argile.
Pour les crayons ronds, la pâte est placée dans un cylindre percé de trous ronds, à travers lesquels un piston la force de sortir en en prenant la forme; elle est coupée à la longueur voulue et lissée en la roulant sur une étoffe de laine.
On peut aussi prendre du bois de fusain, le travailler et le cuire au creuset rempli de sable; puis, une fois assez refroidi, immerger ce charbon dans de la cire fondue, ou dans différents mélanges formés de résine, de suif et autres matières analogues.
Pastels. — Pour ces crayons, l’argile est toujours préparée par lévigation; le mélange comprend 12 parties d’argile dite terre de pipe, 12 de matière colorante, 6 de gomme laque, 4 d’alcool et 2 de térébenthine. La pâte est placée, comme pour les crayons noirs ronds, dans un cylindre en cuivre percé de trous, et forcée par un piston de les traverser en en prenant la forme pour être recoupée de l’autre côté.
Pour les cuire, une fois moulés et séchés à l’étuve, on emploie un four cylindrique particulier, où six cylindres en tôle forte inscrits dans un même cercle reçoivent la pâte déjà séchée ; ces cylindres ont autour de l’axe commun un mouvement de rotation qui les place tous dans des conditions de chauffage identiques, en les amenant régulièrement aux divers points du foyer, et assure ainsi sous ce rapport l’uniformité complète de la fabrication.
Pour les craj^ons rouges, on emploie la sanguine débitée à la scie, ou une pâte formée de sanguine en poudre et de gomme arabique additionnée quelquefois d’un peu de savon blanc ou de colle de poisson.
On emploie habituellement pour 10 parties de sanguine, de 0,3G3 à 0,580 de gomme, et môme 0,612 de colle de poisson.
On fabrique ainsi huit numéros de plus en plus durs de ces crayons. V.
CRÉ AC (Zoologie). — Nom vulgaire de V Esturgeon dans plusieurs parties du midi de la France.
CRÉATINE (Chimie), créas, viande, G8H9Az30^2H0. — Principe immédiat contenu dans la chair des animaux (mammifères, oiseaux, poissons). A l’état de pureté, c’est un corps solide formé de lames cristallines blanches, d’aspect nacré, sans saveur, sans odeur, solubles dans l’eau, insolubles dans l’éther, solubles sans altération dans les acides dilués, perdant 4 équivalents d’eau au contact des acides concentrés et se convertissant alors en créatinine (C^H^Az^O’). Par l’ébullition avec l’eau de baryte, la créatine se dédouble en urée et sarkosine, espèce d’alcaloïde isomère de la lactamide
C8H9Az30^2H0 =AzH3,HO,C2azO 4- C6H7Az04 Créatine. Urée. Sarkosine.
Pour extraire la créatine, la chair musculaire dégraissée, hachée, et formant pâte avec Peau, est fortement comprimée à l’aide d’une presse ; le jus recueilli est soumis à l’action modérée de la chaleur, afin de déterminer la coagulation de l’albumine qui amène en même temps la clarification de la liqueur; on concentre aussitôt celle-ci et on ajoute de l’eau de baryte en excès, afin de précipiter les acides phosphorique et sulfurique à l’état de sels insolubles de baryte ; il ne reste plus qu’à concentrer de nouveau pour déterminer la cristallisation de la créatine. Les eaux mères retiennent un corps neutre analogue au glucose par sa composition. Vinosité C;i2jji2012,4HO, et un corps acide, l’acide inosique CiofiGAz 0^‘^,HO. — La créatine a été découverte par M. Chevreul et étudiée par MM. Liebig, Price, Verdeil, Marcet, Grégory, Dessaignes, etc. B.
CRÉGERELLPl, Cp.Éci:r,ELi.ErTE (Zoologie). — Voyez Cr.ESSEPiELLE, GeESSERELLE TTE.
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