DAU
DÉB
ter jusque sur le pont, tant leurs mouvements sont vifs. On les rencontre abondamment dans la Méditerranée, dans l’Océan et, en général dans toutes les mers; il en
Fig. 736. — Dauphin vulgaire.
échoue parfois sur nos côtes, dont ils paraissent se rapprocher quand les femelles sont pleines; la mise bas a lieu en automne, et le petit unique est allaité par sa mère en nageant; elle se penche sur le côté de façon que le jeune puisse, comme elle, élever la tête au niveau de l’eau pour respirer. On a observé assez souvent des dauphins qui, ayant remonté dans les fleuves, semblaient disposés à s’y fixer si la nourriture s’y rencontrait assez abondamment. Nous ne pratiquons pas actuellement la pêche du dauphin, bien qu’il puisse fournir une huile utile comme celle des cétacés que nous poursuivons avec ardeur. Mais, au xv® siècle, en France particulièrement, on estimait à un très-haut prix la chair de cet animal, dont l’usage était permis en carême, et qui, aujourd’hui, est complètement dédaignée. Aussi n’a-t-on recueilli aucune observation sur les mœurs des Dauphins tant célé brés dans l’antiquité. Sans ajouter foi à tout ce qui en a été dit, G. Cuvier fait remarquer avec raison que l’organisation de leur cerveau semble annoncer une intelligence développée. Le Nésarnack, Grand Dauphin ou Souffleur des Normands (D. tursio^ Bonn.) atteint jusqu’à 5 mètres et n’a que 20 ou 24 dents à chaque mâchoire; il se rencontre dans l’Océan et la Méditerranée. On en connaît d’autres espèces des mers de l’Asie, de l’Atlantique et du Pacifique. P. Gervais a restreint le genre Dauphin en faisant du D. nésarnack le type du genre Tursiops.
Dauphins (Zoologie).- — Nom d’une sous-tribu où G. Cuvier réunissait les genres Dauphin, Delphinorhynque, Marsouin^ Delphinaptère, Hyperoodon, qX qm, avec la sous-tribu des Narvals^ formait la première tribu des Cétacés ordinaires, celle des Delphiniens. La sous-tribu des Dauphins était caractérisée par l’existence des dents aux deux mâchoires, tandis que les Narvals n’ont pas d’autre dent que la longue défense qui prolonge leur museau en avant de la mâchoire supérieure (voyez Delphiniens).
Consultez : Fr. Cuvier, Hist. nat. des Cétacés ; P. Gervais, Hist. nat. des Mammifères ; Dict . univ. d’hist. nat. de d’Orbigny, art. Dauphin. Ad. F.
DAUPHINE (Horticulture). — Variété de Laitue pommée du printemps, à feuilles lisses, d’un vert un peu blond, un peu rouge sur la pomme qui est d’une bonne grosseur ; hâtive, ne vient bien qu’au printemps.
Dauphine (Arboriculture). — Ce nom a été donné à la grosse prune de reine daude, dans quelques provinces.
DAÜPHINELLE (Botanique), Delphinium, Lin.; du grec dauphin ; les nectaires pétaloïdes rappellent
des figures de dauphins. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, famille des lienonculacées, tribu des Helïéborées. Ce genre si connu sous le nom de Pied d’alouette à cause des éperons qui ressemblent au long ergot du talon de l’alouette, renferme de nombreuses espèces propres à l’ornement des parterres. La D. des champs, vulgairement P . d’alouette des champs [D. consolida. Lin.), appelée aussi anciennement Consoude royale, est une herbe très-abondante dans nos moissons. Ses fleurs sont d’un beau bleu. La D. des jardins [D. Ajacis, Lin.), ainsi nommée parce qu’on a cru voir dans l’intérieur de la corolle, par quelques lignes colorées, le nom d’Ajax (AIA), est une des plus cultivées dans les jardins. Sa tige est droite, ses feuilles sont très-finement découpées et ses fleurs disposées en épis longs et serrés varient de couleur suivant les variétés. L’une des plus répandues est celle nommée vulgairement Pied d’alouette julienne ou pyramidale, ses belles fleurs doubles sont d’un trèsjoli effet dans les bordures de nos parterres. Cette espèce, originaire delà Tauride, est naturalisée en Suisse. On cultive encore communément la D. à grandes fleurs {D. grundiflorum. Lin.), spontanée en Sibérie et dont les fleurs sont d’un bleu d’azur avec le pétale supé-
rieur jaunâtre ; la D. des Alpes {D. Alpinum, Waldst. et Kit.) à fleurs en grappes rameuses et dont les pétales sont jaunâtres et le calice bleu, enfin la D. élevée (O, elatum. Lin.) de Suisse et de Sibérie, espèce à feuilles d’un vert glauque et à fleurs bleues en long épi, avec le pétale supérieur blanc. Pour la D. staphysaigre, voir ce dernier mot. Caract. du genre : calice à 6 sépales, le supérieur muni d’un éperon creux à la base; 4 pétales dont 2 éperonnés; fruit; follicules de 1 à 5. G — s.
DAUPHINÜLE (Zoologie), Dauphmule,Ls,m\i. — Genre de Mollusques, classe des Gastéropodes, ordre des Pectinibranches , établi par Lamark ; ils ont la coquille épaisse comme les turbo, enroulée presque dans le meme plan; ouverture sans bourrelet. L’espèce la plus commune {Turbo delphinus,\Aa.) prend son nom d’épines rameuses et contournées qui l’ont fait comparer à un poisson desséché : on a proposé de réunir ce genre aux turbo.
DAURADE (Zoologie), Chrysophrys, Lin.; aussi appelé dans le Midi Aourade ou Orata, du nom latin aurata, doré. — Genre de Poissons, de l’ordre des Acanthoptérygiens, famille des Sparoïdes ; une bande en croissant de couleur dorée, allant d’un œil à l’autre, caractérise toutes les espèces ; elles ont en outre trois rangées au moins de molaires et quelques dents coniques sur le devant. La D. vulgaire (C. aurata, Lin.) est un bel et bon . poisson, qui vit sous tous les climats et dans toutes les eaux, douces ou salées, courantes ou stagnantes. On en pêche dans les étangs maritimes qui atteignent un poids de 9 à 10 kil. et dont la chair est renommée de tonte aIl^iquité. Il ne faut pas confondre ce genre Daurade avec la Dorade qui est un Cyprin.
DAVIÉSIÉ (Botanique), Daviesia, Smith; dédié au botaniste anglais Davies. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, famille des Papillonacées, XYÎhw des Podalyriées ; k cdMcei anguleux, présentant obscurément 2 lèvres; étendard muni d’un long onglet ; carène plus courte que l’étendard, ovale, obtuse ; gousse présentant 3 angles peu prononcés. La D. à longues feuilles {D. longifolia, Benth.) est un arbrisseau élevé de 2 mètres environ. Ses feuilles sont linéaires et ses fleurs disposées en grappes sont jaunes, marquées de pourpre sur les ailes et l’étendard. La D. à larges feuilles {D. latifo^ lia) se distingue principalement par ses feuilles ovales, mucronées et ses petites fleurs jaunes. Ces deux arbrisseaux sont originaires de la Nouvelle-Hollande et se cultivent dans les serres tempérées. G — s.
DAVIER (Chirurgie). — Espèce de pinces dont les serres sont fortes et assez courtes : c’est un instrument dont on se sert pour arracher les dents (voy. Extp-.vg- TION DES dents).
.DAUW ou Onagga (Zoologie). — “Espèce du genre Cheval. Il se distingue par une raie noire bordée de blanc, le long du dos, la queue, les fesses et le ventre blancs ; le dos , le cou et la crinière rayés blanc et noir. Il ressemble, par la taille, à l'âne, bien qu’il ait des formes plus fines et par son pelage au zèbre, dont il diffère par des sabots plus serrés, à bords plus étroits et plus tranchants. Ce quadrupède habite spécialement les plaines de l'Afrique méridionale.
DAX ou Acqs (Médecine, Eaux minérales), Aquœ tarbellicœ. — Ville de France, chef-lieu d’arrondissement (Landes), à 52 kil. S. -O. de Mont-de-Marsan, 40 kil. N.-E. de Bayonne. Cette localité renferme plusieurs sources d’eau minérale sulfatée mixte, dont la température varie de 30" à 60" cent. Celle dite de la fontaine c/iauic/e,laseule quiaitété analysée, contient en faible proportion des sulfates de soude et de chaux, du carbonate de magnésie, des chlorures de sodium et de magnésium. Indiquées dans les mêmes circonstances que les autres eaux sulfureuses des Pyrénées, elles sont d’un prix peu élevé. Les bains de boues sont prescrits contre le rhumatisme, les suites d’entorses et de fractures, etc,
DÉBILITANT (Médecine). — On donne ce nom à toutes les causes dont l’effet est de diminuer les forces et de produire la débilité ; considérés comme moyens thérapeutiques, les débilitants sont souvent employés par le médecin pour remédier à la surexcitation des organes et surtout du système musculaire; parmi eux, ceux qui tiennent le premier rang sont la saignée, les boissons délayantes, émollientes, les narcotiques, les bains tièdes, la diète, les purgatifs, etc.
DÉBILITÉ (Médecine). — C’est l’effet produit par 1 action plus ou moins prolongée des causes débilitantes,. Lorsque le médecin croit devoir recourir aux moyens dc bilitants, il doit toujours être très-réservé sur leur emploi
DEC
DEC
trop longtemps prolongés, car ils finiraient par épuiser les forces et amener une faiblesse qui pourrait à son tour devenir une cause de rechute, ou d’aptitude à contracter d’autres maladies.
DÉBOISEMENT (Sylviculture). — Voyez Forêts.
Déboîtement (Chirurgie'. — On désigne vulgairement sous ce nom, les luxations dans lesquelles la tête d’un os est sortie de sa cavité (voyez Luxation).
DÉBORDEMENT (Médecine). — Nom vulgaire par lequel on désigne une évacuation abondante de matières, soit par le vomissement, soit par les selles ; ces évacuations se répètent plusieurs fois rapidement, sans être suivies du reste d’accidents graves : le repos, l’abstinence d’aliments, une chaleur douce, quelques demi-lavements émollients, sont les meilleurs moyens à employer.
DEBOUT (Vénerie). — En termes de chasseurs, mettre une bête debout, c’est la lancer.
DÉBRIDEMENT (Chirurgie). — Opération qui a poiir but de remédier à l’étranglement d’un organe, en incisant les parties qui le produisent. Ainsi, lorsque des membranes, des brides fibreuses peu extensibles, des aponévroses s’opposent à la dilatation inflammatoire des parties sous-jacentes, on pratique le débridement. A la suite des plaies par piqûres, par armes à feu, dans le panaris, dans l’anthrax bénin, l’inflammation menace de faire tomber en gangrène les parties qui sont bridées et qui ne peuvent se dilater, alors on débride par une ou plusieurs incisions. Dans les hernies étranglées, on débride en incisant l’ouverture qui donne issue aux parties déplacées (voyez Anthrax, Panaris, Plaie d’arme a feu, Hernie).
DÉGAFIDE (Botanique). — Galice ou corolle de'cafides, dont le limbe est divisé en dix découpures.
DÉCAGONE (Géométrie). — Polygone de 10 côtés. Le côté du décagone régulier est égal au plus grand des segments obtenus en divisant le rayon du cercle circonscrit en moyenne et extrême raison (grand segment moyen proportionnel entre le petit et la ligne entière).
DÉGAGYNIE (Botanique), du grec ofe'ca, dix, et yynê^ femme. — Nom donné par Linné à un ordre de plantes de sa dixième classe, dont les fleurs ont 10 pistils, et sont dites pour cela décagynes.
DÉCALITRE (Système métrique). — Unité de volume équivalant à 10 litres. Dans beaucoup de contrées de la France, on se sert, pour la mesure du volume des grains, ou môme des liquides, du double décalitre dont la capacité équivaut sensiblement à l’ancienne carte ou à l’ancien setier.
DÉGANDRIE (Botanique), du grec déca , dix, et du génitif andros., mâle. — Dixième classe du système sexuel de Linné. Elle renferme les plantes à fleurs visibles, hermaphrodites, à étamines libres entre elles et au nombre de 10 (exemples: œillet saxifrage); elle se divise en cinq ordres caractérisés par le nombre de pistils. 1“ D. monogynie { \ pistil), exemples : arbre de Judée, gaïae, rue, rhododendron, arbousier, etc.; 2" D. digynie (2 pistils), exemples: saxifrage, œillet, etc.;
3“ D. trigynie{Z pistils), exemples: cucubale, silène, hortensia, érythroxylon, etc.; 4" D, pentagynie{b pistils), exemples : orpin, oxalide, agrostemme, etc.; D. décagynie 10 pistils), exemple : phytolacca, etc.
DÉCAPAGE (Chimie appliquée), probablement de privatif, c«ÿO(?, manteau, enduit. —
On donne ce nom à l’opération par laquelle :
1" on enlève de la surface des métaux les dépôts d’oxydes, de carbonates, de corps gras mêlés de poussières qui les ternissent; 2» on entame légèrement leur surface. Parfois on se contente de frictions avec du grès pilé, de la pierre ponce, du tripoli, du papier d’émeri; mais ces moyens mécaniques, insuffisants quand la pièce à décaper offre de nombreuses sinuosités à sa surface, ont en outi’e souvent l’inconvénient de rayer les objets. Il est préférable d’employer des agents chimiques qui sont presque toujours des acides. Pour décaper les pièces en cuivre ou en laiton poli, on vend dans le commerce, sous le nom d’eaw de cuivre, soit de l’eau acidulée sulfurique, soit une solution d’acide oxalique cristallisé; on y ajoute parfois du tripoli enpoudre. On frotte l’objet avec un linge mouillé de ce mélange. On peut encore employer l’acide chlorhydrique étendu. Les chaudronniers décapent souvent le cuivre rouge sur lequel ils veulent faire adhérer Tétain (voyez Étamage), au moyen de sel ammoniac en poudre humide. Il se forme un chlo-
ai.
rure double de cuivre et d’ammonium volatil et qi paraît en chauffant la pièce. Pour faire le fer-blanc (v ce mot), on décape les feuilles de tôle avec de l’eau dulée sulfurique qui enlève la rouille et aussi la couc superficielle du fer. Sans cette précaution, l’étain fon n’adhérerait pas lors de l’immersion. On recueille, com appoint de la fabrication, des cristaux de sulfate de fer. On peut aussi faire adhérer le plomb fondu sur le fer, mais bien plus difficilement, si celui-ci a été décapé à l’acide chlorhydrique étendu. Les objets métalliques destinés à la dorure et à l’argenture (voyez ces mots), soit au trempé, soit par la pile, doivent être décapés avec grand soin. Pour les pièces en fer, on se contente de les frotter avec une brosse humectée d’eau et de bitartrate de potasse. Pour les objets en étain, on opère à la ponce. Quant aux pièces en alliages cuivreux, et c’est le cas le plus habituel, après une oxydation à l’air sur des charbons ardents, en les plonge quelque temps dans de l’eau acidulée, contenant de | à -îV d’acide sulfurique (dérochage), puis, pendant quelques secondes seulement, dans de l’acide azotique du commerce, dans un mélange à parties égales d’acides azotique et sulfurique, dans lequel on a jeté une pincée de suie et de sel marin, et enfin on lave à grande eau pour enlever toute trace d’acide. On fait subir un décapage analogue, lorsqu’ils sont ternis, aux moules en alliage fusible employés pour obtenir les empreintes de la galvanoplastie (voyez ce mot), ou aux épreuves en cuivre déposées par le courant voltaïque si l’on veut, après ce décapage parfait, leur donner une teinte de bronze florentin en les chauffant à l’air. Les lames de plaqué d’argent employées dans la photographie sur plaque doivent être frottées avec des tampons de coton imprégnés d’alcool et de tripoli en poudre très-fine. Ce sont également ces substances qui conviennent, en frottant avec une brosse douce, pour nettoyer les objets en argent, or et platine, car ces métaux ne sont en général ternis que par des couches de corps gras mêlés de poussière. Ces opérations au reste appartiennent plutôt au dérochage qu’au décapage. M. G.
DÉCAPER (Chimie appliquée). — Opérer un décapage (voyez ce mot).
DÉCAPODES (Zoologie), du grec déca.^ dix, et pous., pied. — Le premier ordre et, par le nombre des espèces connues par leur perfection organique, le plus important des ordres de la classe des Articulés crustacés, section des Malacostracés. Caractères : corps divisé en une pre-
pm P
Fig. 757. — Un crustacé décapode, palémon (1).
mière partie nommée céphalo-thorax., formée par la tête soudée au thorax et une seconde partie annelée qui est V abdomen ÿ une carapace qui n’est qu’un vaste repli de l’enveloppe tégumentaire, recouvrant le céphalo-thorax et abritant de chaque côté, sous ses bords, les branchies en forme de panaches ; yeux au nombre de deux portés sur un pédoncule mobile; toujours 5 paires de membres dont les premiers sont parfois terminés en pinces ; en avant de ces 5 paires de membres, un appareil masticatoire formé de 2 paires de mandibules et 5 paires de pattesmâchoires. La plupart des Crustacés décapodes sont carnassiers et voraces ; ils habitent les ea,ux douces ou marines. Cet ordre est divisé par G. Cuvier et Latreille^ en deux familles : 1" les Brachyures (Crabes); 2“ les Mali) as, antenues (Ue paire). — ai, antennes ('2® lamelle recouvrant la base de l’antenne. — r, rostre , en avant la carapace. — y, œil. — pm, patte-niachoire *
— P, patte thoracique de la 2e paire. — fp, fausses pattes natatoires de l’abdoraen. — n, nageoire caudale.
DÉC
DÉC
croures (Langoustes, Homards, Écrevisses, Crevettes) (voyez ces différents mots).
DÉCEMBRE (Travaux du mois de) (Agriculture). — Les travaux de culture ne sont pas très-considérables dans ce mois, et on en a la preuve dans les tarifs proportionnels qui ont été adoptés dans certains pays pour les gages des ouvriers ruraux ; ainsi les gages des mois de décembre et janvier y sont portés au plus bas, quelquefois môme à zéro (ils n’ont que la nourriture et le logement), tandis que, pour les seuls mois de juin et de juillet réunis, l’ouvrier reçoit plus du tiers du salaire total de l’année. Ces travaux consistent à terminer quelques labours d’hiver, à exécuter des défrichements dans les landes, à creuser et à curer des fossés, à faire des pierrées pour assainir les terres humides, etc. On surveillera avec soin les champs ensemencés, surtout ceux où dominent les terres argileuses ; on entretiendra les rigoles d’écoulement qui peuvent être obstruées ; on facilitera, en un mot, par tous les moyens possibles l’écoulement des eaux dont le séjour peut être très-préjudiciable aux récoltes. C’est aussi le moment de s’occuper du transport des fumiers, d’abord dans les prés et les prairies artificielles, puis dans les blés qui n’ont pu être fumés avant les semences, enfin dans les jachères qui doivent recevoir des semailles peu de temps après ; il est toujours bon que les fumiers soient utilisés le plus tôt possible et qu’on ne les laisse pas se consumer inutilement. Lorsqu’il y a dans les produits de la ferme des plantes oléagineuses, on profitera des mauvais jours du mois pour faire l’extraction des huiles, dont les tourteaux sont si utiles aux bestiaux et si propres à former des engrais.
Il n’y a guère plus à faire dans le jardin et le verger que dans les champs pendant le mois de décembre, si l’on en excepte quelques défoncements, quelques grossiers labours dans les terres fortes, le transport des fumiers, la démolition des anciennes couches, etc. On taillera les pommiers, les poiriers, s’il ne gèle pas trop fort et s’ils ne sont pas trop vigoureux ; on s’occupera aussi, lorsqu’il ne fera pas trop" froid, de la transplantation des arbres. Mais des travaux importants occuperont le jardinier pour la constructi-ôn, l’entretien des couches et leur mise en culture, aussi bien que pour les soins à donner aux serres ; il faudra semer d’abord, puis repiquer les laitues de toutes sortes, les radis, les concombres, les melons, et les préserver des grands froids au moyen de bons réchauds de fumiers neufs et de bons paillassons. On soignera aussi de môme les fraisiers, les asperges plantées sur couche, etc. On en agira de même pour les fleurs qu’on entretiendra en serre chaude. Si les travaux du mois de décembre ne sont pas considérables, les produits ne sont pas brillants non plus; ainsi, en pleine terre, les salsifis, les choux de Milan, de Bruxelles, les mâches ; en serres et sur couches, des choux-fleurs, du céleri, des cardons, quelques asperges. Pour des fruits, on pourra avoir des fraises sur couches recouvertes de châssis avec des réchauds. On n’aura de fleurs que dans les serres ou sur couches couvertes, si ce n’est quelques violettes, si le temps est doux.
DÉCHAUSSEMENT (Chirurgie). — Le déchaussement des dents est cet état dans lequel leurs racines sont dénudées par le décollement des gencives ; dans ce cas, les dents sont presque toujours plus ou moins ébranlées ; cette affection est ordinairement le résultat d’une maladie des gencives, ou de l’emploi des dentriflces nuisibles.
On se sert souvent d’un instrument nommé déchaussoir^ pour opérer le déchaussement d’une dent qu’on veut arracher ; c’est lorsque la gencive recouvre le collet de la dent et y adhère trop fortement ; alors on la décolle au moyen de cet instrument pour rendre l’opération plus facile.
DÉCHIREMENT et Déchirure (Médecine). — Solution de continuité des tissus, dans laquelle les bords de la division sont ordinairement frangés et inégaux. Cette solution est presque toujours le r&ultat d’un accident ; dans ce cas, elle prend aussi les noms de crevasse ou de rupture (voyez ces mots) : quelquefois le chirurgien a recours à ce moyen pour terminer une opération; ainsi, lorsqu’on enlève une tumeur au voisinage des gros vaisseaux, on déchire les tissus soit avec les doigts, soit avec des pinces, ou le manche d’un scalpel.
' DÉCI (Système métrique). — Particule servant à exprimer le dixième de l’unité principale. Deciare^ dixième de l’are, De'cigramme^ dixième du gramme, etc.
DÉCIDU (Botanique). — Ce mot désigne en général les organes qui ne demeurent sur la plante qu’un temps
passager. Ainsi les feuilles décidues sont celles qui tombent régulièrement en automne; le calice est décidu lorsqu’il tombe après la fécondation, en môme temps que lacorolle; celle-ci de môme est lorsqu’elle tombe
après la fécondation comme le calice, ce qui est le cas le^ plus ordinaire. Le mot décidu ne doit pas être confondu avec celui de caduc^ qu’on applique aux organes qui tombent de très-bonne heure en se désarticulant à leur base, il est l’opposé de persistant^ qui se dit de ceux qui restent snr la plante plus ou moins longtemps au delà du terme qui semble fixé pour leur chute.
DÉCIMAL, Décimales (Arithmétique). — Voyez Numération et Fractions décimales.
DÉCLINAISON de l’aiguille aimantée (Physique). — On appelle déclinaison de l’aiguille aimantée dans un lieu l’angle que fait avec la méridienne du lieu, c’est-àdire avec la ligne qui joint les points cardinaux nord et sud^ la direction de l’aiguille aimantée placée sur un pivot vertical ou suspendue à l’aide d’un fil de manière qu’elle se tienne horizontale. Le plan dans lequel elle se place alors s’appelle le méridien magnétique du lieu. Si la pointe nord de l’aiguille est entre les points cardinaux nord et ouest, la déclinaison est dite occidentale; elle est orientale^ si la pointe nord est entre les points cardinaux nord et est; elle serait si la di-
rection de l’aiguille coïncidait avec la ligne nord-sud.
La déclinaison change quand on change de place sur le globe : cette découverte fut faite par Christophe Colomb, dans son premier voyage, le 13 septembre 1492. La connaissance de la déclinaison dans chaque lieu serait très-importante, puisqu’elle permettrait de s’orienter à défaut de tout point de repère, et que les marins pourraient ainsi se conduire, soit pendant les nuits obscures, soit lorsque les nuages ou les brouillards leur dérobent la vue du ciel. Malheureusement la déclinaison varie avec le temps et les lieux, suivant des lois qui paraissent devoir être très-compliquées et que l’on n’a pas encore dégagées des observations faites depuis près de deux siècles par les physiciens et les voyageurs qui ont fait le tour du monde.
Mesure de la. déclinaison. — Voyez Boussole.
Variations de la déclinaison. — L’aiguille aimantée horizontale fait, dans chaque lieu, avec le méridien terrestre un angle qui varie sans cesse. Les variations dans la déclinaison sont de plusieurs sortes : les unes, diurnes, mensuelles, annuelles et séculaires, que l’on peut considérer comme régulières ; d’autres qui sont irrégulières.
Variations diurnes. — La découverte des variations diurnes de l’aiguille aimantée a été faite par Graham, en 1722. D’observations faites à Paris par Arago, il résulte que chaque jour l’aiguille de déclinaison fait deux oscillations complètes ; 1“ à partir de 11 heures du soir, la partie nord de l’aiguille marche de l’occident vers l’orient, atteint une déclinaison minimum à du matin et rétrograde ensuite vers l’occident pour atteindre sa déclinaison maximum à l^f; 2“ à partir de elle marche de nouveau vers l’orient, atteint un second minimum entre 8 et 9 heures du soir et revient ensuite vers l’occident pour atteindre le second maximum à 1 1 heures du soir. Ce que la pointe nord éprouve dans notre hémisphère, la pointe sud l’éprouve au sud de l’équateur ; elle marche de l’est à l’ouest depuis 84 du matin jusqu’à après midi, et de l’ouest à l’est depuis 14 jusqu’au soir.
On pense que les variations diurnes de l’aiguille aimantée sont liées à la marche du soleil. D’après une observation de M. d’Abboudie, la variation diurne de déclinaison a complètement changé à Fernambouc du moment où le soleil a passé d’un côté du zénith à l’autre.
Variations annuelles. — L’aiguille aimantée est aussi assujettie à des oscillations annuelles découvertes par Cassini et qui semblent liées aux positions du soleil relativement aux équinoxes et aux solstices. Entre l’équinoxe du printemps et le solstice d’été, l’extrémité nord de l’aiguille se rapproche du pôle. Après le solstice d’été, l’aiguille reprend son chemin vers l’ouest, de manière qu’en octobre elle est à fort peu près dans la môme direction qu’en mai ; entre octobre et mars, le mouvement occidental est plus petit que dans les trois mois précédents.
Variations séculaires. — D’après les plus observations faites à Paris, la déclinaison ^^ait maborc orientale; ainsi, en 1580, elle était de ^ '
est; en 1663, l’aiguille se dirigeait droit au norü; eue est restée deux ans dans cette position, puis s en e
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