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ADO

De là ces bulles argentines qui apparaissent à la surface d’un corps solide plongé dans un verre contenant de l’eau, surtout quand on place le verre sous le récipient de la machine pneumatique et que l’on vient à donner quelques coups de piston. C’est à cause de l’adhésion

Fig. 48. — Transvasement d*un liquide en utilisant son adhésion.

qu’il est si difficile de bien purger d’air les baromètres et les thermomètres.

L’air adhérent aux parois des cellules formées par les particules cristallines du sucre retarde la dissolution de cette substance en gênant la pénétration de l’eau dans l’intérieur de la masse; mais cet air cédant à la pression de l’eau environnante s’élève sous forme de petits ballons qui emportent des fragments de sucre et viennent crever à la surface du liquide où ils abandonnent leur charge. Les gaz et les vapeurs imprègnent de leur odeur les corps solides et liquides en adhérant à ces substances.

L’adhésion qui s’exerce entre deux corps de nature différente touche de très-près à l’affinité chimique (voyez ce mot) si elle ne se confond pas avec elle. L. G.

ADIANTE (Botanique), Adiantum^ du grec adiantos, qui ne se mouille pas, parce que vainement on trempe cette plante dans l’eau, elle reste sèche. — Genre de la famille Fougères ^ XnhxxàQ^Polypodiacées renfermant des herbes qui habitent en général les pays chauds, et auxquelles leurs feuilles minces, transparentes, et leurs tiges grêles ont valu le nom de Capillaire ; on en trouve deux espèces dans nos pays ; le Capillaire cheveux de Vénus {A. Capillus Veneris, L.) vulgairement Capillaire de Montpellier^ à pétiole nu, noirâtre, luisant, à feuilles très-découpées et agréablement aromatiques lorsqu’elles sont desséchées; on le trouve dans les grottes humides et au bord des fontaines ; et le Capillaire du Canada^ capillaire en pédale {A. pedatum^ L.), à pétiole glabre, les feuilles étalées en pétales, d’un beau vert et d’une odeur agréable ; cultivée chez nous, cette espèce est originaire du nord de l’Amérique septentrionale, toutes deux ont des propriétés pectorales bien connues et on en fait le sirop de capillaire des pharmacies. Caractères du genre Adiantum^ Lin. : rhizome rampant, feuilles ou frondes ordinairement composées, pennées une ou deux fois, portant les capsules à l’extrémité de leurs nervures renflées en réceptacle linéaire. — On désigne encore sous Je nom de Capillaires trois autres plantes qui ne sont pas de ce genre : le Cap. blanc., Polytric o'^cinal (A^plenium trichomanes, Lin.) le Cap. noir [Asplénium adiantum nigrum) et la Sauve-vie [Asplénium Ruta muraria., Lin.)^, autres espèces de fougères. G — s.

ADIANTÉES (Botanique). — Tribu de la famille des Fougères., établie par Gaudichaud seulement pour deux genres : Adiante et Cheilanthe.

ADIPEUX (Tissu) (Anatomie), du latin adeps., graisse. — On a souvent confondu le tissu adipeux avec le tissu cellulaire ; mais on a reconnu que la graisse est con-

tenue dans des cellules spéciales, les vésicules adipeuses, à parois extrêmement minces, transparentes, visibles seulement au microscope, et dont la réunion forme le tissu adipeux.

ADIPIQUE (Acide), du latin adeps., adipis., graisse (Chimie). — Acide bibasique, Ci^H'^O^, l’un des produits de l’oxydation des acides gras du suif et de l’acide oléique par l’acide azotique. Il se présente sous la forme de cristaux groupés par masses arrondies et rayonnées; par la sublimation, les aiguilles cristallines se disposent comme les barbes d’une plume, sa couleur est un peu brunâtre. Il est soluble dans l’eau et fond à 1 30°. Pour l’obtenir on traite soit l’acide oléique brut, soit le suif par l’acide azotique de 1 ,40 de densité étendu de la moitié de son poids d’eau; l’action est d’abord vive, elle se calme bientôt; on maintient l’ébullition jusqu’à ce que la matière grasse ait disparu. Il se forme, dans cette réaction, les acides subérique., pimélique., adipique et lipique. Les deux premiers se déposent tout d’abord de la solution de la masse saline dans l’eau; puis les eaux-mères acides sont concentrées avec précaution pour expulser l’acide nitrique à la faveur duquel les acides adipique et lipique demeuraient dissous : alors ces derniers acides se déposent; on les sépare l’un de l’autre, à l’aide de l’éther.

L’acide adipique a été découvert par Laurent. B.

ADIPOGIRE, du latin adeps., adipis., graisse, et cera, cire (Chimie). — Nom donné par Fourcroy (1789) à une matière grasse blanchâtre et savonneuse fondant à 52°, 5 qu’on remarqua dans certains cadavres de l’ancien cimetière des Innocents, à Paris. Fourcroy supposa que ce produit, qu’il considérait comme un savon ammoniacal mêlé de phosphate de chaux, résultait de la décomposition lente de toute matière animale autre que les os, les ongles et les poils. M. Chevreul a trouvé depuis (18 I v) dans cette substance de l’acide margarique, de l’acide oléique, une matière colorante jaune et odorante, de l’ammoniaque, un peu de chaux, de potasse, d’oxyde de fer , d’acide lactique et une substance azotée. L’adipocire provient de la graisse qui préexiste dans le corps des animaux (Gay-Lussac et Chevreul) et ne se forme pas aux dépens de la chair, des tendons ou des cartilages : on avait fait, en vain, des essais dispendieux pour convertir en adipocire, capable de servir à la fabrication des chandelles et du savon, des cadavres de bêtes à cornes exposés à l’action de l’humidité. Voici ce qui résulte d’une série d’expériences faites par M. de Hartkohl pendant 25 ans : il ne se forme pas d’adipocire quand on enterre les corps des animaux dans un terrain sec ; le contact de la terre humide rend la graisse des cadavres savonneuse, fétide et incapable d’être transformée en chandelle ou en savon ; les cadavres des mammifères donnent, après trois ans de séjour dans l’eau courante, une graisse pure, plus abondante chez les jeunes animaux que chez les vieux; les intestins fournissent plus de graisse que les muscles ; on peut faire avec cette graisse, sans la purifier, des chandelles aussi belles et aussi bonnes qu’avec la cire blanche; enfin on obtient, après trois ans d’immersion, plus de produit dans l’eau stagnante, que dans l’eau courante, mais il faut alors purifier la substance. On fait en Angleterre, des bougies économiques avec de l’adipocire. L. G.

ADI VE (Zoologie). — Espèce du genre Chien, nommée par G. Cuvier Corsac [Ca7iis Corsac., Gm.). — Voyez Renard.

ADONIDE (Botanique), du nom mythologique

Adonis. — Genre de plantes herbacées de la famille des

Fig. 49. — Adonide Fig. 50. — Adonide d’automne, feuilles, d’automne, fleur.

Renonculacées, tribu des Anémonées., d’un port élégant, habituellement hautes de 0“,30 à 0“,35, à feuilles découpées en lanières fines, fleurs solitaires jaunes ou rou-

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gos, qu’on trouve en abondance dans nos champs de moissons [fig. 49). Suivant la Fable, le jeune Adonis qui était aimé de Vénus, étant un jour à la chasse sur le mont Liban, fut blessé par un sanglier qui n’était autre que le dieu Mars jaloux de l’avoir pour rival ; son sang tomba sur cette plante et teignit ses fleurs d’un beau rouge vif ; cette fable paraît être l’origine du nom de la plante. L’espèce la plus connue est VA, d'automne [A. autumnalis. Lin.), vulgairement nommée sang,

par allusion au récit de la Fable ; elle a les sépales glabres, étalés, d’une pourpre noirâtre; ses pétales d’une belle couleur pom''pre, sont remarquables par une tache noire qui existe à leur base. C’est une plante d’ornement commune . dans nos jardins. L’A. dété [A. œstivalis. Lin.), vulgairement œil de perdrix, dont les sépales sont jaunâtres, glabres, appliqués sur les pétales, ceux-ci sont d’un rouge vermillon ou jaunes. L’A. flamboyante, A. couleur de feu (A. fammea, Jacq.) a des sépales d’un jaune verdâtre, et les pétales d’un rouge vif. Une autre espèce, l’A. printanière (A. vernalis. Lin.), habite surtout la France méridionale et se trouve dans les vallées des hautes montagnes; ses fleurs solitaires sont jaunes, un peu verdâtres, la culture en a fait quelques variétés, dans nos jardins. Caractères du genre Adonis : — Calice à h sépales, colorés, caducs, de 3 à 9 pétales sessiles ; fruits en akène, nombreux, nus, à une seule graine.

ADOS (Horticulture). — On appelle ainsi une planche de jardinage disposée en talus fortement incliné et dont la partie la plus élevée est ordinairement appuyée à un mur. Les ados généralement exposés au midi et protégés par leur inclinaison môme et par l’abri des murs contre les vents et les pluies du nord, sont employés pour la culture des primeurs, tels que les fraises, les pois, etc. Quelquefois aussi on dispose les terrains en ados, lorsqu’ils sont naturellement humides et qu’on veut faciliter récoulement des eaux ; dans ce cas leur direction est déterminée par l’inclinaison naturelle du sol (voyez Biu.onnage, Labour).

ADOUCISSANTS (Méoicaments) (Médecine). — A une époque où l’on attribuait à une âcreté du sang ou des humeurs ?m grand nombre de maladies, on nommait médicaments adoucissants ceux que l’on regardait comme efficaces pour corriger ces âcretés. En abandonnant ces idées on a attaché un autre sens aux mômes mots ; on

nomme aujourd’hui adoucissants les médicaments mucilagineux ou sucrés qui s’administrent dans la première période des maladies inflammatoires, comme les loochs et autres liquides émulsifs, le lait, le miel, les préparations faites avec les plantes ou les substances mucilagineuses, comme les gommes, la graine de lin, les semences de coing, la guimauve, etc. Les bains agissent

aussi comme adoucissants.

ADOXA (Botanique) du grec «privatif, et c?o.x«, gloire, éclat. — Genre formé pour la Moscatelle, Moschatelhna, plante dont les petites fleurs verdâtres, sont dépourvues de tout éclat (voyez Moscatelle).

ADRAGANT ou Adragante, Adraganthe (Matière médicale). — Voyez Gomme.

ADULAIRE (Minéralogie). Ainsi nommé du Mont- Adule ou Saint-Gothurd. — C’est un feldspath orthose blanc, nacré et transparent {pierre de lune des joailliers) dont on trouve de beaux cristaux au Saint-Gothard, en Suisse (voyez Felspaïh).

ADULTE (Zoologie, Botanique, Médecine). — Voy. Age.

ADULTÉRATION. — Altération d’un produit quelconque et plus spécialement d’un produit chimique par un mélange frauduleux de substances de moindre valeur. Pour les moyens de la constater voir chaque produit.

ADYNAMIE (Médecine), du grec a privatif et dunamis, force. — C’est un état d’afl'aiblissement très-marqué de toutes les forces vitales ; le visage est altéré, pâle et sans expression ; les mouvements sont difficiles ou impossibles ; joignez à cela la mollesse et l’affaissement des chairs, la décoloration ou une coloration anormale de la peau ; la présence sur les dents, les lèvres et la langue, d’une matière noirâtre couleur de suie à laquelle un a donné le nom de Fuliginosité ; l’amoindrissement de toutes les sensations, la paresse dans la perception et dans l’expression des idées, etc. L’adynamie se produit dans toutes les maladies de mauvais caractère, le typhus, la fièvre jaune, le choléra, et particulièrement la fièvre typhoïde, dont une des formes portait autrefois^les noms de fièvre adynamique, fèvre putride. F — n.

ADYNAMIQUE (Fièvre) (Médecine). — Nom donné par Pinel, et après lui par la plupart des médecins, jus-

qu’à ces derniers temps, à la fièvre putride ; aujourd’hui elle n’est plus considérée que comme un des états particuliers de la fièvre typhdide.

ÆGAGRE (Zoologie). — Nom de la chèvre sauvage, (voyez Chèvre).

ÆGAGROPILE. — Voyez Bézoard.

ÆGICÉRÉES (Botanique), du grec dix, aigos, chèvre, et keras, corne, allusion à la forme recourbée et pointue du fruit. — Petite famille de plantes dicotylédones gamopétales et qui a pour type le genre Ægiceras, Gærtn.; elle réunit des arbustes aquatiques fleurissant en ombelles blanches, odorantes ; corolle gamopétale, cinq étamines, ovaire libre, uniloculaire; fruit en follicule. M. Ad. Brongniart a placé les Ægicérées à la fin de sa classe des Vrimulinées ; dans la Méthode de De Candolle elles sont rangées entre les Myrsinées et les Théophrastées. Ces plantes habitent surtout les régions chaudes de l’Asie ; on cultive quelquefois dans nos serres VÆ. majus à fleurs blanches de Gærtn.

ÆGILOPS (Médecine), du grec dix, digos , chèvre, ops, œil, soit parce que les chè^vres sont sujettes à cette maladie, soit plutôt parce que ceux qui en sont affectés, tournent les yeux comme ces animaux. On donne ce nom à un petit ulcère, tantôt simple, quelquefois sinueux, à bords calleux, profond, situé à l’angle interne de l’œil et qui résulte ordinairement de l’ouverture d’une petite tumeur nommée anchilops (voyez ce mot) avec laquelle les anciens paraissent l’avoir confondue. L’ægilops simple guérit facilement et se cicatrise bientôt en lavant la plaie avec de l’eau de sureau, de l’eau de guimauve; celui qui présente une ulcération profonde, calleuse est souvent compliqué de carie de l’os, et demande un traitement plus sérieux.

ÆGILOPS, ÆGILOPE (Botanique). — Dioscoride a signalé sans raison cette plante comme efficace contre l’afîection dont elle a pris le nom. — Les Ægilops ou Ægilopes en français forment un genre de plantes Monocotylédones, de la famille des Graminées, tribu des Triticées ; ce sont des herbes annuelles qui croissent spontanément dans les champs de l’Europe méridionale et dans le Levant. On trouve dans les plaines basses et arides des environs de Paris VÆ. allongé {Æ. triuncialis. Lin.), beaucoup plus commun dans le midi de la France. Mais une espèce plus remarquable se rencontre dans les terrains secs, le long des chemins à Fontainebleau, dans nos départements du Midi, en Italie, en Espagne, etc. ; c’est V/E.

ovale {Æ. ovata. Lin.), haute de 14 à 20 centimètres et qui doit à son épi court et ovale un aspect tout particulier {fig. 51). Cette espèce répandue en Sidle y a été signalée souvent, depuis le voyage de Sestini, comme le froment sauvage. Gæsalpin avait en effet nommé Triti-

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