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cum sylvestre son grain quelque peu semblable à celui du froment, et que les Siciliens mangent volontiers, légèrement rôti. Récemment, en 1840, M. Esprit Fabre, jardinier à Agde et M. Dunal, avaient annoncé que des graines de l’Æ. triticdides^ Requ. donnaient par la culture le véritable froment cultivé ; MM. Godrou, Regel, Vilmorin, Groenland, Henslow en discutant ces expériences ont démontré qu’il n’y a rien de commun entre le Froment et les Ægilopes quels qu’ils soient, et que VÆ. triticoïdes est un produit hybride deVÆ. ovale et du Froment, produit qui s’éteint souvent par la stérilité, et ne forme pas une véritable espèce. G — s.

ÆGLEFIN ou ÆGREFIN (Zoologie). — Nom d’une espèce de Gade du genre Morue (voy. ce mot).

ÆPYORNIS (Zoologie), du grec aipus^ grand, et ornis^ oiseau. — Oiseau gigantesque de l’île de Madagascar dont M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a nettement signalé l’existence, le 27 janvier 1851 [Compt.rend. de VAc. des SC. de Paris 1851 et 1854) et dont M. Abadie avait pour la première fois vu un œuf employé comme vase par un Malgache, en 1850, à Madagascar; deux autres œufs semblables et des ossements découverts par lui sont les seules pièces qui aient révélé cet oiseau gigantesque, et nous ne le connaissons encore que par ces débris. Les œufs de l’Æpyornis étonnent par leur taille; le plus grand que l’on ait trouvé a une capacité de 10 litres, les autres mesurent de 8 à 9 litres ; la coquille a environ 3 millimètres d’épaisseur : ainsi la capacité d’un de ces œufs égale celle de 150 à 170 œufs de poule, de 16 à 17 œufs de casoar et 5 à G œufs d’autruche. On peut conjecturer par là quelle doit être la taille de l’oiseau qui pondait de tels œufs ; elle atteignait certainement 3 mètres et allait peut-être jusqu’à 4. Il est peu probable, malgré la croyance répandue parmi les Malgaches, que cet oiseau existe encore au centre de l’île, et les débris que l’on a recueillis paraissent fossiles. ]\]. Is. Geoffroy Saint-Hilaire a fait de cet oiseau, sous le nom d’Æ. maximus., le type d’un genre nouveau qu’il place auprès des Casoars et des Autruches.

AERAGE, AÉRATiox (Hygiène, Technologie). On entend en général par ces mots le renouvellement de l’air vicié dans un lieu quelconque. Ce mot s’applique cependant plus particulièrement aux mines (voyez Ventilation, Mines).

AÉRIFORME (qui a la forme ou l’aspect de l’air). — Se dit des substances qui, sans avoir la nature de l’air atmosphérique, en ont les propriétés physiques, c’est-à-dire la fluidité, la transparence, l’élasticité : tels sont les gaz et les vapeurs (voyez ces mots).

AÉROLITHES. — Pierres qui tombent de l’amotsphère ; on les considère aujourd’hui comme des astéroïdes, c’est-à-dire de petits corps planétaires disséminés dans l’espace où ils circulent autour du soleil suivant les lois générales de la gravitation. S’ils viennent à s’approeher beaucoup de la terre, ils deviennent lumineux en pénétrant dans l’atmosphère avec une très-grande vitesse, et peuvent tomber à sa surface. D’après cela, les étoiles filantes, les bolides, les pierres météoriques seraient des phénomènes du môme ordre : les étoiles filantes prennent le nom de bolides quand elles présentent un disque appréciable, et à’aréolithes quand leurs fragments atteignent la terre.

Malgré le témoignage des historiens et l’opinion du vulgaire, on avait longtemps mis en doute l’authenticité des chutes de pierres, lorsqu’en 1803, le 26 avril, une pluie de pierres eut lieu en plein midi près de Laigle dans le département de l’Orne. Ce phénomène , décrit avec beaucoup de soin par M. Biot, mit un terme aux doutes des savants. Sur un terrain d’environ 10 kilomètres de long sur 4 de large, il tomba deux à trois mille pierres dont la plus grosse pesait 17 livres. Ces pierres se ressemblaient et n’avaient aucun rapport avec le terrain sur lequel on les trouva, tandis qu’elles présentaient les caractères déjà remarqués sur les autres corps qui passaient pour être tombés du ciel. Depuis lors on recueille avec soin les observations de ce genre, et on a réuni dans des catalogues les chutes d’aérolithes mentionnées par les historiens. Le plus connu de ces catalogues est celui de Chladni.

Sous le rapport de leur constitution physique on distingue les aérolithes en pierreux ou métalliques, suivant les corps qui y prédominent. Le fer existe chez tous à l’état natif, ou bien à l’état d’oxyde ou de sulfate. Au moment de leur chute on les trouve d’ordinaire fortement échauffés, mais non pas incandescents ; ils sont entourés d’une écume noirâtre. On y rencontre du nickel du clirôme, du phosphore, des silicates de chaux, de ma-

gnésie, d’alumine. Ce sont bien les éléments chimiques qui composent notre globe ; mais la manière dont ils sont associés, dans les aérolithes, donne à ces corps un caractère commun qui permet de les distinguer. Aussi existe-t-il à la surface de la terre un certain nombre de grandes masses que l’on rapporte, à cause de leur constitution, à une origine météorique, bien qu’on ne les ait pas vues tomber.

Mais ce qui est encore complètement inexpliqué, ce sont les circonstances qui signalent la chute d’un aérolithe. Elle est ordinairement précédée d’un roulement et d’une détonation comparable à celle de la foudre ou à l’explosion d’une poudrière éloignée. Des étincelles suivies d’un nuage de vapeurs ou de fumée accompagnent le bolide. Le plus souvent un grand nombre de fragments atteignent le sol, disséminés quelquefois sur un espace très-étendu. L’aérolithe tombé à Montrejean (Haute-Garonne), le 9 décembre 1858, a présenté ces diverses circonstances. On les trouvera détaillées dans les communications dont il a été l’objet à l’Académie des sciences.

A consulter. Astronomie populaire d’Arago ; Cosmos de Humboldt ; Des Météores^ par M. Goulvier-Gravier ; Grand Traité de météorologie de Kaemtz.

AÉRONAUTE. — Voyez Aérostat.

AÉROPHOBIE (Médecine), du grec nér, air, et phohos, crainte. — On désigne ainsi l’horreur pour le contact de l’air en mouvement à la surface de la peau ; sentiment d’horreur qui est un des symptômes de la rage et qui s’observe parfois à un moindre degré dans les accès d’hystérie.

AÉROSTAT (Physique) (du latin aer, air, et stare., se tenir; vulgairement ballon). — Enveloppe mince et flexible, ordinairement sphérique, que l’on gonfle d’un gaz moins dense que l’air ordinaire (d’air chaud, de gaz d’éclairage ou d’hydrogène), pour avoir un système plus léger que l’air déplacé et par là capable de s’élever dans l’atmosphère, comme un flacon rempli d’air et bouché s’élève dans l’eau quand on l’abandonne à^ lui-même au milieu de ce liquide.

Principe. — L’ascension a lieu en vertu du principe suivant : « Tout corps plongé dans un fluide {dans un (( liquide ou dans un gaz) est poussé de bas en haut avec « une force égale au poids du fluide dont il tient la « place. » Ce principe découvert par Archimède sur les liquides, porte, en physique, le nom de cet illustre savant (principe d’Archimède). Si le poids du corps est plus faible que la poussée produite par le fluide environnant, le corps monte et la force ascensionnelle qui le soulève est l’excédant du poids du fluide déplacé sur le poids du corps. Ex. : Un mètre cube d’air ordinaire pèse environ l’‘,29, tandis qu’un mètre cube d’hydrogène ne pèse que 0'‘,09 dans la môme condition. Si l’on gonfle avec ce mètre cube d’hydrogène une enveloppe pesant le ballon ainsi formé aura un poids total de l’^,09 et une force ascensionnelle égale à l'‘,29 moins l‘‘,09 ou à 0’^,20.

On appelle particulièrement Montgolfières les ballons gonflés d’air chaud dont l’invention est due aux frères Montgolfier (1782), et aérostats., les ballons gonflés de gaz d’éclairage ou de gaz hydrogène qui ont remplacé généralement les premiers. C’est le physicien Charles qui a construit le premier grand ballon à hydrogène ((783) pourvu de ses accessoires et presque aussi parfait que ceux que l’on emploie de nos jours.

Disposition des aérostats. — Une montgolfière se compose d’une enveloppe sphérique de toile doublée de papier et munie inférieurement d’une large ouverture au-de-sous de laquelle on suspend un réchaud de fil de fer avec de la paille, de la laine humide enflammée : l’air, échauffé et dilaté par la combustion, monte avec la fumée et pénètre dans l’intérieur du ballon qui se gonfle assez vite et ne tarde pas à s’élever dans l’atmosphère, emportant avec lui le foyer destiné à entretenir sa force ascensionnelle. Dans un aérostat, l’enveloppe doit être rendue imperméable aux gaz aussi complètement que possible pour pouvoir garder assez longtemps le fluide dont on la gonfle, d’autant plus qu’ici ce fluide ne peut se renouveler, comme dans une montgolfière, une fois que le ballon a pris son essor’. Cette enveloppe est formée de fuseaux de taffetas enduits sur les deux faces d’un vernis élastique et cousus les uns aux autres. On emploie encore un tissu que l’on obtient en interposant une lame de caoutchouc entre deux feuilles de taffetas (voyez Caoutchouc). Un filet de corde dont on recouvre le ballon sert à supporter une nacelle ou une corbeille

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légère (d’osier. ou de fanons de baleine, etc.) {fig. 52), dans laquelle se placent les aéronautes avec différents objets et répartit la charge totale sur un grand nombre de points. Le ballon présente une ouverture inférieure par

laquelle on introduit le gaz, et une ouverture supérieure contre laquelle s’applique , en dedans , une soupape pressée par un ressort ; l’aéronante ouvre cette soupape à l’aide d’une corde qui prend dans l’intérieur du ballon jusqu’à la nacelle pour laisser sortir du gaz quand il veut s’abaisser ou modérer son ascension.

La nacelle est lestée avec quelques sacs de sable fin que l’on vide plus ou moins, pour s’élever davantage ou pour ralentir une descente trop rapide ; une banderole attachée à la nacelle ou mieux encore un BABOMÈTUE indique si l’on monte, si l’on reste stationnaire, ou si l’on descend ; on peut, de plus, à l’aide du baromètre, calculer la hauteur à laquelle on parvient. Enfin on emporte souvent une ancre que l’on accroche à un point fixe pour mettre pied à terre et un parachute , appareil analogue à un grand parapluie percé d’une ouverture à son sommet, à l’aide duquel on peut se laisser tomber et descendre lentement en cas de dangers.

Gonflement des aérostats. — Pour gonfler le ballon, on le suspend entre deux mâts ifig. 53), par sa partie supérieure, avec son filet et sa nacelle, puis on fait communiquer

Fii;. b3. — Goiitlement d’un aérostat.

son orifice inféiieur, au moyen d’un tube flexible de toile gommée, soit avec une conduite de gaz d’éclairage, soit avec un appareil dégageant de I’hydrogène, ce qui est moins commode et plus dispendieux. Voici d’ailleurs le procédé suivi lorsqu’il devient nécessaire d’employer l’hydrogène : On met des fragments de fer ou de zinc, de l’eau et de l’acide sulfurique dans une série de tonneaux dont chacun est surmonté d’un tube qui va déboucher sous un tonneau central défoncé à sa partie inférieure et plongeant dans l’eau à la manière d’un gazomètre. Le gaz fourni par chaque tonneau vient se laver dans l’eau et y laisser les substances corrosives entraînées pendant la réaction pour se rendre de là dans le ballon qui' a été mis en communication avec le fond supérieur du tonneau central à l’aide du tube de toile gommée. On emploie l’hydrogène, surtout lorsqu’on veut s’élever à de grandes hauteurs, dans un but scientifique. Le gaz d’éclairage suffit pour les ascensions ordinaires si fréquentes de nos jours. Pendant l’opération du remplissage, on i

retient le ballon par les cordes qui terminent le filet Le ballon ne doit pas être complètement gonflé au moment où il part; en effet, à ce moment, la force expansive du gaz enfermé dans l’enveloppe, est tenue en équilibre par la pression atmosphérique, mais à mesure que le ballon s’élève celle-ci diminue (voyez Atmosphère), la pression intérieure l’emporte alors sur la pression extérieure, de là distension de l’enveloppe, et même rupture si l’excès de la force expansive du gaz emprisonné, sur la pression atmosphérique est trop considérable; cet excès augmente d’ailleurs à mesure que le ballon s’élève. Pour obtenir l’équilibre des deux pressions opposées, on laisse ordinairement libre l’orifice inférieur et on ouvre môme la soupape dont on a déjà parlé. De plus, tant que le ballon n’est pas entièrement gonflé, il conserve à peu près la même force ascensionnelle , parce qu’à mesure que le ballon se gonfle et déplace un volume d’air plus grand en s’élevant, la densité du fluide intérieur et celle du fluide extérieur diminuent; d’après cela, il suffit de laisser au ballon chargé une force ascensionnelle initiale de quelques kilogrammes.

Direction des aérostats. — Malgré tous les efforts tentés jusqu’à ce jour, l’aéronaute n’a aucun moyen certain de diriger son embarcation qui va à la dérive au gré du vent, il ne peut en régler que la descente ou l’ascension par le jeu de la soupape ou par la perte d’une portion du lest. Il serait sans doute téméraire d’affirmer que cette question ne sera jamais résolue ; mais il est hors de doute qu’elle est à peu près inabordable par les ressources actuelles de la mécanique. La surface d’un aérostat est en effet très-grande, elle serait vraiment énorme si l’on se proposait d’enlever des poids considérables, hypothèse qu’il faut absolument envisager si la locomotion aérienne doit devenir une réalité pratique. Ainsi le ballon le Géant, qui a servi aux dernières ascensions du Ghamp-de-Mars (octobre 1863), dont le diamètre est de 30™ environ, présente une surface qni s’approche beaucoup de 3000 mètres carrés. C’est certainement une surface supérieure à celle de toute la voilure d’un vaisseau de ligne. Or on a calculé que l’action d’une bonne brise sur la grande voile d’un navire équivaut à l’effet d’une machine à vapeur de 500 chevaux : qu’on se représente donc la force qu’il faudrait pour maintenir en place un ballon tel que le Géant, malgré l’action du vent, et surtout pour le faire progresser contrairement à celui-ci. Le poids de la machine capable d’un tel effet serait incomparablement supérieur à celui qui peut être enlevé parl’aéro. tat. Une seule ressource se présente, c’est de diminuer dans une énorme proportion le poids des moteurs actuellement connus. C’est la voie dans laquelle s’est engagé résolument l’habile et célèbre inventeur de l’injecteur, M. Gilfard. Il a cherché à construire des machines à vapeur qui marcheraient sous les formidables pressions de 61), 100 et même 200 atmosphères, et qui mettraient en mouvement une hélice attelée à la nacelle.

D’autres inventeurs, M. Ponton d’Amécourt en particulier, se sont proposé de renoncer à l’aérostat et de construire une machine à hélice qui s’élèverait comme l’oiseau s’élève par l’action de ses ailes. La petite machine essayée jusqu’à présent est imitée du jouet d’enfant appelé spiralifère; l’hélice, en tournant, détermine l’ascension de l’appareil ; en variant la vitesse de rotation et le degré d’inclinaison de l’axe, on peut obtenir l’ascension, la descente et la direction; mais le moteur qui produirait cette rotation est encore à trouver, et, ainsi que nous l’avons dit, là est tout le roblènio-

Historique. — La première idée des aérostats paraît appartenir au père François Lana qui a proposé vers 1670 de faire le vide dans des ballons de cuivre assez grands et assez minces et d’attacher à ces ballons un navire complet devant servir à voyager dans les airs. L’appareil dont nous donnons la gravure [fig. 54), d’après un ouvrage du temps, n’a pas été construit et ne pourrait l’être, mais l’idée de la navigation aérienne à l’aide d’un système moins pesant que l’air déplacé, fut acquise à la | science. Black, chimiste écossais, disait sans faire l’ex- | périence , qu’une vessie remplie d’hydrogène devait s’é- j lever dans l’air (1767). Gavallo en i782 faisait monter dans l’air des bulles de savon gonflées avec de l’hydro- | gène. Méditant sur la suspension des nuages, les frères | Joseph et Étienne Montgolfier furent conduits à chercher le moyen de s’élever dans les airs. Ils songèrent à imitet* la nature en donnant une enveloppe légère à des nuages artificiels. Ils gonflèrent d’abord' d’hydro-

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gèiî6 des globes de papier qu’ils virent s élever, comme ils l’avaient prévu, mais le gaz traversant le papier l’ascension était de courte durée. Ils renoncèrent alors à l’hydrogène et n’employèrent que l’air chaud.

\ 1 L Une première expérience fut faite avec succès, à Avignon, en novembre 17 82, et répétée en grand, à Annonay,le 6 juin 1783, en présence des états particuliers du Vivarais.

La môme année (27 août 1783), Charles aidé de Robert lança au Champ de Mars, le premier ballon à • gaz hydrogène, au milieu d’une foule immense bravant, dans son enthousiasme, une pluie violente. « Jamais, dit Mercier, leçon de physique ne fut donnée devant un auditoire plus nombreux et plus attentif. » Le 12 septembre suivant, Étienne Montgolfier qui était arrivé à Paris reproduisit l’expél'ience d’Annonay, avec un énorme ballon à air chaud, devant les commissaires de l’Académie des sciences, puis le 19 à Versailles, en présence du roi, de toute la cour et d'une grande multitude accourue de Paris et des villes voisines. Le 21 octobre 1783, Pilâtre des Roziers et le major marquis d’Arlandes osèrent se confier à une montgolfière {fig, 55), et exécutèrent le premier voyage aérien.

Ils partirent du jardin de la Muette (situé au bois de Boulogne), en présence du dauphin et de sa suite, passèrent au-dessus de la partie sud de Paris et descendirent entre la barrière d’Enfer et la barrière d’Italie (barrière de Fontainebleau), à 2 lieues du point de départ.

Le 1er décembre 1783 Charles et Robert s’élevèrent dans les airs avec un ballon à hydrogène réunissant a peu près toutes les conditions de sécurité désirables. Ils partirent du jardin des Tuileries au bruit du canon et

aux acclamations d’un nombre prodigieux de spectateurs garnissant jusqu’aux toits des maisons. A dater de. cette époque les voyages aériens se multiplièrent en France et à l’étranger tantôt dans un but de pure curiosité, tantôt dans un but utile ou scientifique. Les ballons captifs, c’est-à-dire retenus par des cordes, ont servi avec succès à faire des reconnaissances militaires (voyez Aérostiers), — d’abord à l’armée du nord en 1794, et depuis en Crimée et en Italie. Arago a proposé leur emploi pour décharger les nuages orageux, mais il faudrait empêcher le vent de rabattre ces ballons à terre. On a fait des essais, avec quelques succès, en associant à un ballon captif un cerf-volant que le vent tend toujours à soulever. Les aérostats ont déjà rendu, et sont encore appelés à rendre de véritables services à la science. La première ascension scientifique fut faite le 24 août 1804 (G fructidor an XII) par MM. Biot et Gay-Lussac. Quelques jours après, le IG septembre (29 fructidor), Gay-Lussac s’éleva seul à une hauteur d’environ 7 000 mètres. Le baromètre était descendu de 7G°,52 à 32°,88, et le thermomètre de 27®,75 à 9°, 5 au-dessous de zéro. La sécheresse de l’air de ces régions était si grande que le papier et le parchemin humide s’y desséchaient et s’y crispaient comme devant le feu. Le pouls et la respiration s’y trouvaient très-accélérés. L’air recueilli dans ces régions a présenté à l’analyse la même composition que l’air de la surface du globe. Les observations faites par Gay-Lussac sont relatives à l’électricité atmosphérique, à l’intensité magnétique du globe et au décroissement de la température. Parti du Conservatoire des arts et métiers, il descendit lentement près de Rouen, après six heures de navigation. En 1850 MM. Barrai et Bixio ont fait deux ascensions scientifiques. Ils ne purent dépasser de beaucoup la hauteur de 7 000 mètres à laquelle ils parviennent dans leur seconde ascension à cause d’une déchirure qui se fit à leur ballon, et qui les obligea à descendre avant d’avoir terminé leurs observations. Plus récemment MM. Glaisher et Coxwell se sont élevés à plus de 9000“. C’est la plus grande hauteur à laquelle l’homme soit jamais parvenu.

Parmi les aéronautes les plus connus, nous citerons Jacques Garnerin, inventeur du parachute, et sa fille Élisa Garnerin, la première femme qui osa descendre à l’aide de cet appareil; Blanchard qui conçut l’idée du parachute réalisée par Garnerin et qui, le 7 janvier ) 785, en compagnie du docteur Jeffries, traversa la Manche de Douvres à Calais et faillit périr avant d’atteindre la côte de France. Robertson, Green, Margat, Godard, Poitevin bien connus de nos jours. M. Green prétend s’être élevé à plus de 7 000 mètres; il a aussi renouvelé en 1851 la traversée de la Manche avec moins de difficultés que Blanchard. Quelques victimes de leur courageuse témérité ont laissé un douloureux souvenir parmi les aéronautes. Pilâtre Desroziersen 1785 voulut avec Romain recommencer le voyage de Blanchard, en attachant une montgolfière à un ballon gonflé d’hydrogène ; ce dernier gaz prit feu, enflammé sans doute par une étincelle partie du réchaud, le ballon se dégonfla tout à coup, retomba sur la montgolfière, et les deux aéronautes, précipités d’une hauteur de 400 mètres environ, périrent sur le coup. En 1809, madame Blanchard, femme de celui qui a été nommé ci-dessus, périt d’une manière analogue; elle s’éleva du jardin de Tivoli et fit partir de sa nacelle un feu d’artifice qui enflamma l’hydrogène. Ôn peut citer encore les noms de quelques autres victimes de raérostation, Zambeccari, Harris, Sadler, Arban, Galle; toutefois, si l’on tient compte de la grande quantité de voyages aérostatiques exécutés jusqu’à présent, qui dépasse certainement le chiffre de 12,000, on pourra dire que le nombre des accidents est peu considérable ; on en conclut que les voyages en ballon n’offrent pas autant de dangers que l’on avait lieu de le croire au premier abord.

Ouvrages à consulter: pittoresque {mai 1844);

Sur les moyens de diriger les aérostats (par M. Francallet, Paris, 1849); Aérostation ou Guide pour servir à riiistoire et à la pratique des ballons^ par M. Dupuis- Delcourt (Paris, 1849): Ballons^ histoire delà locomotion aérienne, depuis son origine jusquià nos jours^ par M. Turgan (Paris, \ Exposition et histoire des

principales découvertes scientifiques modernes^ par M. Louis Figuier, tome IV /Paris, 1858). L. G.

AÉROSTATIQUE. — Partie de la physique ou de la mécanique qui traite des conditions d’équilibre des gaz ou des vapeurs. Ces conditions basées sur l’excessive m.obilité des particules de ces fluides sont aussi celles de l’équilibre des liquides (voyez Hydrostatique).

Fi?. — Navire aérien du P. Lana.

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AÉROSTIERS. — Corps militaire formé en 1792, sur la proposition de Goutelle, par le Comité de salut public. Les aréostiers étaient chargés, à l’aide d’ascensions faites en ballon captif, d’observer les mouvements et les approches de l’ennemi, et de faire connaître le résultat de leurs observations à l’aide d’un système particulier de signaux. Les aérostiers rendirent quelques services sérieux dans les premiers temps de leur formation et notamment à la célèbre journée de Fleurus ; mais on conçoit combien de pareilles manœuvres sont à la fois incertaines et périlleuses ; aussi le corps des aérostiers futil supprimé par Bonaparte à son retour d’Égypte (voyez AéaosTAT.

ÆSCULÜS (Botanique). — Nom latin du Marronnier d’Inde (voyez ce mot).

ÆSHNE (Zoologie), Æshna^ Fabr. — L’un des trois genres dans lesquels Cuvier, d’après Réaumur et Fabricius, a divisé son grand groupe ou tribu des Demoiselles ou Libellules , Insectes ne'vroptères de la famille des Subulicornes. Les Æshnes diffèrent des Libellules, proprement dites, en ce que leurs yeux simples sont placés sur une saillie du front simplement transversale, carénée et non vésiculaire; leur abdomen est toujours étroit et allongé comme une baguette; le lobe intermédiaire de leur lèvre plus grand et non divisé en deux jusqu’à sa base, les deux pièces latérales écartées armées d’une forte dent et d’un appendice épineux. Leurs mœurs et leur conformation générale rappellent d’ailleurs celles des Demoiselles (voyez Demoiselles, Libellules.) On trouve aux environs de Paris VÆ. grande {Æshna grandis^

Fig. S6. — Æshne ù tenaille {grandeur naturelle).

Latr.), la plus grande des espèces d’Europe (long. 6 à 7 centim.), d’une couleur brun fauve avec une raie jaune de chaque côté du corselet, l’abdomen tacheté de vert ou de jaunâtre et les ailes irisées. On voit ce bel insecte poursuivre d’un vol rapide les mouches et les moucherons, à travers les prairies et sur les bords des ruisseaux dont sa larve, plus allongée que celle des Libellules, habite les eaux. L’Æ. à tenailles {Æ. forcipata ^ Fabr.) est encore une grande espèce, assez peu différente de la précédente, mais avec la tête jaune et portant une petite tache noire oblongue à l’extrémité antérieure de chaque aile; on la rencontre aussi aux environs de Paris.

ÆTHUSE (Botanique), du grec«i7Ad, je brûle, allusion à l’âcreté brûlante du suc de cette plante. — Vulgairement connue sous le nom de Petite ciguës Faux-Persil^ Ache-des-chiens (Æ. cynapium^ Lin.), cette plante appartient à la famille des Ombellifères, tribu des Séséline’es et forme le type d’un genre auquel elle a donné son nom. Toute l’importance de cette espèce à suc très-vénéneux consiste dans sa ressemblance avec le persil qui a donné souvent lieu à de dangereuses méprises. On peut cependant reconnaître l’æthuse à ses feuilles d’un vert sombre et non pas vert clair, à sa tige glauque et finement striée vers sa base de lignes rougeâtres que le persil ne montre jamais. Un des meilleurs caractères se révèle encore en froissant entre ses doigts les feuilles de la plante; au lieu de l’odeur franchement aromatique du persil, l’æthuse exhale alors une odeur fétide et nauséabonde. Les fleurs de ces deux plantes se distinguent très-facilement, celles de l’æthuse sont blanches et non verdâtres. L’empoisonnement que produit l’æthuse serait combattu par des vomitifs, et après les vomissements on administrerait du dnaigre ou du jus de citron étendus d’eau. — Cette plante dangereuse est très-commune dans les jardins et les lieux cultivés. — Le genre Æthuse {Æthusa^ Lin.) a pour principaux caractères : calice entier, pétales obovales, échancrés, à sommet infléchi ;

fruit ovale, globuleux, carpelles à 5 côtes saillantes, vallécules à une bandelette, 2 bandel. à la face commissurale, columelle bipartite. G — s.

ÆTITE ou PIERRE D’AIGLE (Minéralogie), du grec aetos^ aigle. — Variété de fer hydroxydé que les anciens regardaient comme se rencontrant habituellement dans le nid des aigles. La pierre d’aigle est une géode renfermant un noyau mobile ; on en trouve, en France, près d’Alais

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AFFILOIR (de fil.) (Technologie). — C’est, le plus souvent, une pierre schisteuse servant à enlever aux instruments tranchants le rnorfil^ petite lisière très-mince, trèsflexible et très-coupante qui se forme lorsqu’on les aiguise (voyez Affûter) ou bien â leur donner le fil quand ils sont émoussés. Le morceau de fer ou d’acier cylindrique appelé FUSIL, les cuirs sur lesquels on promène les rasoirs et les couteaux sont des afifiloirs. L’afliloir s’emploie tantôt sec tantôt mouillé d’huile ou d’eau ; l’huile donne plus de finesse au fil; l’eau fait mieux mordre la pierre. En examinant un tranchant à la loupe on remarque qu’il est dentelé comme une scie ; ces dentelures résultent des sillons, creusés dans l’acier par les grains de la pierre, elles ont une grande influence sur les qualités du tranchant ; pour leur conserver leur force et leur régularité, il convient de promener l’instrument sur la pierre de manière que les sillons aient la même direction sur les deux faces). M. D.

AFFINAGE (Chimie, Technologie). — On désigne sous le nom d’affinage l’opération par laquelle on débarrasse un métal des substances étrangères qu’il contient; s’il y a une seconde opération, c’est le raffiimge.

AFFINAGE de la fonte. — Voyez Fonte.

AFFINAGE du cuivre. — Voyez Cuivre.

AFFINAGE des métaux précieux. — Cette opération a pour objet l’extraction de l’or ou de l’argent contenus dans un alliage ; elle a été appliquée en grand à la refonte des monnaies; on a ainsi retiré des proportions notables d’or, des anciennes pièces de 3 liards et de 6 liards; les anciennes pièces de 5‘ francs en renfermaient encore un à deux millièmes de leur poids.

On peut avoir à traiter un alliage de plomb et d’argent provenant de l’extraction de plombs argentifères, on affine dans ce cas par la coupellation (voy. les mots Cuivre, Plomb). L’oxyde de plomb est absorbé par la coupelle, et il reste un gâteau d’argent au titre de 997/1000 c’est-à-dire presque chimiquement pur, ou de Yargent fin.

Les anciennes monnaies, les bijoux, le traitement des minerais de cuivre fournissent un alliage dont l’affinage donne pour produit, de l’argent fin, de l’or fin, et du sulfate de cuivre.

Le traitement varie un peu avec les usines, mais en général on divise les matières à traiter en deux classes : matières riches., contenant plus de 0/100 d’or, matières pauvres en contenant moins.

Matières riches. — On charge 30 kilog. d’alliage dans des creusets en plombagine, on fond au fourneau à vent ; au bout de 3 heures l’argent est bien liquide; on le coule dans de l’eau animée d’un mouvement de giration pour le grenailler. On chauffe ces grenailles dans des chaudières, ordinairement en fonte, avec 2 ou 3 fois leur poids d’acide sulfurique à 60“ ; au bout de deux heures environ l’acide commence à distiller, l’effervescence cesse, l’opération est finie. Il se dégage de l’acide sulfurique qu’on recueille dans des chambres de plomb et de l’acide sulfureux qu’on peut transformer en acide sulfurique (voyez Acide sulfurique). La liqueur refroidie à 30“ dans un autre vase, est versée dans unecaisse en plomb remplie d’eau bouillante; on y recueille le produit de deux chaudières. L’or non dissous se précipite, entraînant avec lui un peu de sulfate d’argent; on décante dans une caisse contenant des lames de cuivre qui précipitent l’argent; celui-ci est comprimé à la presse hydraulique, fondu et coulé en lingots.

L’or doit être purifié, on le fait à l’aide de Vinquartation. On réunit l’or à un alliage plus riche, on fond le tout avec un poids d’argent égal à 3 fois le poids de l’or convenu, on attaque de nouveau par l’acide sulfurique pour opérer le départ., et on précipite l’argent. Le dépôt obtenu est de l’or fin, qu’on lave, qu’on sèche et qu’on fond en lingots, il est au titre de 995/1000.

Pour les matières pauvres, on fait deux attaques à l’acide avant d’inquarter. Dans le cas d’une trop grande ri-, chesse en plomb on doit coupeller après l’action des acides.

Dans le cas d’une trop grande richesse en cuivre, par exemple s’il n’y a que 0,2 à 0,3 d’or et argent, on fait

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d’abord un grillage qui oxyde le cuivre, on traite par l’acide sulfurique faible, le résidu amené à une richesse de 0,5 à 0,6 peut être alors affiné directement. Mt.

AFFINITÉ (Chimie). — Nom donné par Boërhaave et conservé depuis à la force qui anime les molécules des corps de différente nature et les pousse à former entre elles des combinaisons chimiques d’où résultent de nouveaux corps doués de propriétés toutes différentes de celles que présentaient les premiers. C’est en vertu de cette force que l’oxygène de l’air s’unit au fer pour former la rouille; que ce même oxygène s’unit au charbon qu’il fait disparaître sous forme de gaz invisibles, que le soufre s’unit au mercure pour former le cinabre ou

vermillon Sans cette force, le soufre et le mercure

pourraient être pulvérisés ensemble aussi fin qu’on voudrait, on n’aurait qu’un simple mélange des deux poudres toujoui’s faciles à séparer et dont la couleur serait un mélange des couleurs jaune et grise du soufre et du mercure en poudre.

L’affinité, quoique permanente dans les corps, n’y semble pas toujours également active et disposée à manifester ses effets. L’état des corps, les circonstances au milieu desquelles ils se trouvent exercent une grande influence. Deux corps ne réagissent guère chimiquement l’un sur l’autre, si l’un des deux au moins n’est liquide ou gazeux. Un corps au moment où il échappe à une combinaison est dans un état transitoire particulier qui le rend plus apte à former de nouvelles combinaisons. Cet état prend le nom à' état naissant.

L’azote et l’oxygène sont toujours en présence dans l’air dont ils forment la presque totalité, ils y sont simplement mélangés sans avoir de tendance à se combiner chimiquement entre eux; mais le passage d’étincelles électriques au milieu du mélange stimule dans l’oxygène son affinité chimique et le rend apte à s’unir directement à l’azote pour former de l’acide nitrique. Une étincelle électrique passant au travers d’un mélange d’air et de gaz d’éclairage donne lieu à une explosion due à la combinaison du mélange; un corps. en ignition, une bougie allumée produiraient le même effet. Un mélange de chlore et d’hydrogène pourrait se conserver longtemps intact dans l’obscurité; à la lumière du jour il se combinerait peu à peu, à la lumière solaire il se combinerait instantanément avec une violente explosion. Toute la photographie est fondée sur les modifications que la lumière apporte dans les affinités chimiques de certains corps. Cependant c’est encore la chaleur qui forme l’agent le plus ordinairement invoqué par le chimiste, soit pour produire les combin.aisons qu’il recherche, soit pour désunir les éléments qu’il veut isoler.

L’affinité se rattache sans doute à cette grande force de la nature que l’on nomme, suivant les circonstances au milieu desquelles elle agit, attraction universelle, pesanteur, attraction moléculaire, force de cohésion, etc. Mais elle n’est pas constituée par elle seule et ses manifestations sont tellement variées, elles sont soumises à des influences si complexes, la physique moléculaire est enfin si rudimentaire qu’il est impossible de se former une idée quelque peu claire de la nature de cette force qui intervient partout et toujours en chimie. Nous ignorons complètement ce qu’elle est. La seule chose qui semble se dégager nettement de la science, c’est que toutes les combinaisons chimiques donnent lieu à une certaine somme de travail mécanique susceptible de mesure, soit par la quantité d’électricité mise en jeu, soit par la quantité de chaleur qui résulte du mouvernent de l’électricité produite ; c’est aussi qu’il semble exister un rapport de proportionnalité constante entre l’énergie de l’affinité qui tend à combiner deux corps et la quantité de travail mécanique, de chaleur et d’électricité qui résulteront de leur combinaison. C’est là une nouvelle voie qui s’ouvre à la science et à l’activité des savants.

Une bonne table des affinités mutuelles des corps serait d’une grande importance en chimie, puisque en somme la chimie repose sur le jeu des affinités des corps. Geoffroy Lainé (1718), Wentzel, Bergmann, Guyton de Morveau, puis récemment MM. Thénard et Régnault ont successivement dressé des tables dans lesquelles les divers corps simples sont rangés dans l’ordre de leurs affinités décroissantes pour un môme corps, ordinairement l’oxygène (voyez Métaux).

Nous plaçons ici une autre table contenant les résultats numériques, fournis par la pile, dans la mesure des affinités du chlore pour les métaux les plus généralement connus.

Potassium 77500

Sodium 77800

Lithium 78400

Zinc 55200

Cobalt 48100

Nickel 47800

Cadmium 47300

Plomb 45200

Aluminium 44800

Manganèse 41600

Etain 41100

Fer 39800

Hydrogène 36300

Cuivre 34700

Palladium 34000

Bismuth 33000

Antimoine 31800

Argent 30600

Mercure 30000

Platine 24900

Or 12500

Aux nombres donnés pour les trois premiers métaux, qui ont été étudiés en dissolution dans le mercure, il faut ajouter l’affinité du métal pour le mercure, affinité que le chlore a dû vaincre pour s’unir au potassium.

Ges tables, que les progrès de la science modifieront sans doute, fussent-elles rigoureusement exactes, n’indiqueraient pas d’une manière absolue l’ordre dans lequel se produiront toujours les réactions chimiques qu’elles ont pour objet de classer, cet ordre pouvant être altéré et jusqu’à un certain point renversé par des influences très-nombreuses et en particulier celles des masses des corps mis en présence. D’un autre côté, les affinités des corps changent avec leur température; elles paraissent diminuer toutes à mesure que la température monte, mais elles diminueraient avec une inégale rapidité, de sorte que des rapports vrais à un certain degré de chaleur ne le sont plus à un autre degré. Ainsi aux moyennes températures le potassium a plus d’affinité pour l’oxygène que le charbon, le potassium décompose l’acide carbonique, donne lieu à un dépôt de charbon en poudre noire et à de la potasse; mais l’affinité du potassium décroissant plus rapidement que celle du charbon, il arrive qu’au rouge blanc le charbon reprend au potassium son oxygène dans la potasse. Il faut admettre dans cette hypothèse que dans toute combinaison chimique deux sortes d’affinités sont en présence, l’affinité d’un corps pour lui-même et l’affinité d’un corps pour un autre corps. C’est la plus forte qui l’emporte. Mais dans un grand nombre de circonstances la quantité de l’un des corps peut suppléer à la faiblesse relative de son affinité pour un autre corps.

Ainsi, lorsque nous faisons passer de la vapeur d’eau dans un tube de porcelaine contenant du fer chauffé au rouge, l’eau est décomposée en partie, de l’hydrogène se dégage et il se fait de l’oxyde de fer. L’expérience inverse réussit également bien. Si nous faisons repasser cet hydrogène sur l’oxyde de fer chauffé au rouge, une partie du gaz reprendra au fer son oxygène pour reconstituer de l’eau. Un mélange en proportions convenables d’hydrogène et de vapeur d’eau n’agirait ni sur le fer par sa vapeur ni sur l’oxyde de fer par son hydrogène.

AFFLEUREMENT (Géologie). — On désigne sous ce nom, la tranche superficielle formée par les couches des

Fij. 57. — Exemple- de l’affleurement de deux terrains de f en g.

différentes espèces de roches, qui d’abord, la plupart du temps horizontales, et situées plus ou moins profondément, se relèvent obliquement, ou même verticalement, et viennent l’une après l’autre affleurer la surface du sol {fg. 57); cette disposition est très-favorable à l’étude des terrains, puisqu’elle met sous nos yeux une coupe transversale des couches , qu’il faudrait aller découvrir à des profondeurs le plus souvent inaccessibles pour nous, et devient une indication précieuse

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pour les travaux de recherches et d’exploitation des mines.

AFFRANCHISSEMENT (Horticulture). — Si un arbre greffé en pied est planté de façon à ce que le point de jonction de la greffe avec le sujet soit enterré à 0“,05 ou 0“,0C au-dessous de la surface du sol, il arrive souvent que des racines apparaissent à la base de la greffe. Ces racines prennent bientôt un grand développement et fournissent à l’arbre tous les principes nutritifs qu’il a besoin de puiser dans le sol. On dit alors que l’arbre s’est affranchi; il vit par ses propres racines et non par celles du sujet sur lequel on l’avait greffé. Quant à celui-ci, il pourrit bientôt. Ce fait se produit souvent pour les poiriers greffés sur cognassier^ ou les pommiers greffés sur paradis (voyez ces mots) lorsqu’on n’a pas le soin d’isoler du sol la base de la greffe. Les arbres ainsi affranchis acquièrent alors autant de vigueur que s’ils étaient greffés sur des sujets beaucoup plus vigoureux, le poirier franc et le pommier franc^ et la quantité et la qualité des fruits en souffrent souvent.

Parfois, il devient utile de provoquer cet affranchissement pour augmenter la vigueur insuffisante des arbres. Lorsque, par exemple, des variétés de poirier peu vigoureuses sont greffées sur cognassier et plantées dans un terrain sec et brûlant. Dans ce cas, on procède ainsi : pratiquer à la base de la greffe, au commencement du printemps, au point où elle forme une sorte de bourrelet (A, fig. 58), quelques entailles pénétrant

Fig. S8. — Poirier soumis à l’affranchissement.

jusqu’au corps ligneux ; envelopper la base de l’arbre d’une petite butte de terre B, maintenue humide pendant l’été. Bientôt des renflements cellulaires apparais-

Fig. 00. — Résultat de l'opération de l’atTranchissement.

sent autour des entailles, puis des racines (C, fig. 59) s’y développent. L’affranchissement est alors accompli.

A. DU Br.

AFFUSION (Médecine), du latin affundere., verser sûr. — Opération qui consiste à verser d’une petite hauteur et en nappe., sur une partie quelconque du corps, une certaine quantité d’eau simple ou chargée de principes médicamenteux : les affusions diffèrent des douches en ce que, dans celles-ci, une petite colonne d’eau est dirigée sur un point plus ou moins limité. Les affusions se font ordinairement avec l’eau froide (lO® à 20° centig.) ; cependant la température peut être plus élevée quand on attend quelque effet particulier de cette élévation. L’affusion froide s’emploie dans certains cas où l’on veut modérer la chaleur fébrile, et produire une dérivation puissante ; si elle est de courte durée, la réaction a lieu du centre à la périphérie du corps, alors la peau s’échauffe, devient le siège d’une vive rougeur, et les organes centraux peuvent éprouver un soulagement marqué par suite de l’afflux du sang vers la surface du corps ; si elle est prolongée, au contraire, la température s’abaisse.

et le sang est refoulé à l’intérieur. On a retiré de bons effets des affusions dans l’aliénation mentale, dans toutes les affections nerveuses, dans la chloro-anémie, dans le rhumatisme, la goutte, les inflammations cérébrales, etc. F — n.

AFFUT (Artillerie). — On appelle affût le système qui porte la bouche à feu.

L’artillerie française compte six espèce d’affût :

L’affût de campagne;

L’affût d’obusierde montagne;

L’affût de siège;

L’affût de place et de côte;

L’affût de mortier;

L’affût de marine.

Les quatre premières espèces constituent une classe d’affût que l’on munit de deux roues à l’aide desquelles on les traîne, en accrochant leur queue en crosse à une autre voiture à deux roues. Dans l’obusier de montagne cette voiture est remplacée par une limonière. Quand ces affûts sont en batterie^ c’est-à-dire dirigés sur le but à battre, ils reposent sur le sol par trois points : leurs deux roues et la crosse.

Les affûts de mortiers n’ont pas de roues et reposent directement sur le sol.

Les affûts marins sont portés par quatre roulettes.

Tout affût reçoit la bouche à feu qu’il est destiné à porter sur deux montants appelés flasques; chaque flasque porte une entaille cylindrique dans laquelle on engage un des tourillons de la pièce. Ces entailles sont les encasirements des tourillons.

La forme et les dimensions des affûts dépendent du but qu’on se propose d’atteindre en les employant. Ainsi l’artillerie de campagne destinée à se transporter rapidement d’un point à un autre doit avoir des affûts trèsmobiles et très-légers ; tandis que les affûts de mortier, destinés à lancer d’énormes projectiles sous des angles qui vont jusqu’à 45°, doivent être en mesure de résister à la pression considérable qui agit sur eux et avoir par suite une grande masse. .

Quant aux dimensions et à la hauteur des affûts, elles dépendent de la commodité de la charge et du pointage. Pour toutes les pièces dont les projectiles peuvent être maniés facilement, on emploie des affûts qui élèvent la pièce à hauteur de poitrine parce que le pointage se fait aisément. Mais pour les mortiers, par exemple, qui se chargent avec des bombes d’un poids presque toujours considérable, il a été avantageux de faire des affûts très-bas. Cette disposition présente encore l’avantage de s’opposer à l’écrasement des flasques par la réaction du coup. Nous ne parlons pas des pièces de place dont la hauteur d’affût a été déterminé par la nécessité de les élever au-dessus du parapet. Les pièces de siège doivent avoir des affûts proportionnellement plus lourds que ceux de campagne, parce que leur recul est limité et ne doit pas dépasser une limite assez faible.

En général, quand une pièce tire, à chaque coup, la pression énorme développée sur le fond de l’âme par les gaz de la poudre se transmet à l’affût par les points communs à l’affût et à la pièce ; et au sol, par les points communs à l’affût et au sol. Il en résulte donc une tendance générale de la pièce à briser son affût qui se traduit par un recul et des efforts sur les flasques et la vis de pointage, et en outre, des réactions du sol sur les roues et sur la crosse qui se traduisent par un soulèvement de la crosse. Plus une pièce reculera facilement, moins la flèche courra le risque d’être endommagée ou n^ême brisée par le choc. Pour les pièces de campagne, il y a donc avantage à faciliter le recul, puisqu’il a lieu au profit de la conservation de l’affût.

Ceci nous conduit naturellement à parler de l’immense perfectionnement apporté en 1858 aux affûts de campagne par l’adoption des canons rayés.

L’affût de campagne doit être considéré à deux points de vue : au point de vue du transport, au point de vue du tir.

Au point de vue du transport, l’affût et son avanttrain réunissent tous les avantages possibles et surtout deux très-importants : une indépendance parfaite parce que la lunette de l’affût s’engage dans un crochet placé tout à fait derrière l’avant- train, et une étendue de tournant considérable à cause du peu de largeur de la flèche. Dans l’affût de canon de 4 rayé modèle 1858, canon, affût et avant-train ont été tellement allégés que la voiture n’exige plus que 4 chevaux au lieu de 6 et

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