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SUBSTITUTION DES NOMBRES

NÉGATirS,

3® Connaissant un certain nombre de valeurs d'une fonction et les valeurs de la variable auxquelles elles correspondent, on peut calculer, par les différences, les valeurs de cette fonction pour d'autres valeurs intermédiaires et données de la variable, en supposant que la fonction soit entière du degré m et que l’on connaisse m-\-l valeurs de cette fonction.

Le cas le plus ordinaire est celui où les m valeurs de X sont équidistantes. Soit h la différence constante ', x — XQ-^nh une valeur quelconque de la variable ;

on en tire n = - — remplaçant n par cette valeur dans

la formule (I):

(Ol/— + + 1) .. 1)

On a

x — xq Ayo ^ æ — xq (x — xq ,

(æ — æq) — æq a /a; —

h \ h J \ h yl.2.3— m

C’est ce qu’on appelle la formule d'interpolation de Newton. On peut partir de 0 comme première valeur de X, alors est la valeur de la fonction correspondante à £c = 0; en rertiplaçant Xq par 0 ou Æq — x par x dans la formule (3), elle devient

(4)...y = yo + ^^ +

h\h Jl.

Si l’on suppose l’accroissement constant h égal à 1 et si l’on ordonne le second membre par rapport à x, on trouve , en s’arrêtant à la cinquième puissance , par exemple :

en faisant ^ dans la formule (4), ordonnant encore

par rapport à x, égalant les mêmes puissances de x dans la formule ainsi trouvée et dans la formule (5), et désignant par 8 les différences relatives à l’accroissement ou

trouve les relations suivantes qui permettent de déduire les différences § des différences A ; elfes conviennent jusqu’au 5® degré inclusivement.

(6)...^yo =0,lAi— 0,04oA2+0,0283A3-0,,0206625A4+0,01611675Ag

^hjQ=.... O.OlAg — 0,009A3 -t- 0,007725A4 — 0,0066975Ag

^'^yo= OjOOlAg —0,00133^4 -P 0,001462dA5

^iyo— 0,0001A4 — 0,0001 8Ag

8hjo = 0,00001^5

4° Le calcul des différences sert à résoudre les équations numériques. Reprenons la fonction du 3* degré y = x^ — lx-\-l.

Chercher les valeurs de x pour lesquelles la fonction deviendrait nulle, c’est résoudrel’équatiôna;^— 7a?-}- 7=0, et les valeurs de x qui satisfont à cette équation s’appellent les racines de cette équation. Elles peuvent être commensurables ou incommensurables, égales ou inégales. Nous supposerons que l’équation n’ait que des racines incommensurables, inégales. On peut toujours préalablement la débarrasser des autres racines au moyen des principes donnés dans la théorie des équations (voyez Équations).

Il faut d’abord séparer les racines, c’est-à-dire trouver les intervalles dans lesquels il n’y ait qu’une racine de l’équation, et ensuite calculer chaque racine avec un degré d’approximation déterminé. Le calcul des différences permet d’abréger beaucoup ce travail.

Il donne d’abord une limite supérieure des racines positives de l’équation. Car si la différence h et les quantités ^2?/o Amj^o sont positives, x-\-{m — \)h

est une limite supérieure. Ainsi, en se reportant au tableau précédent, on trouve que, pour x—1, la valeur de y et les différences correspondantes sont positives : donc l-j-(3 — 1), c’est-à-dire 3, est une limite supérieure des racines positives. Donc, en supposant que l’équation

— 7j7-|- 7 =0 ait des racines positives, elles sont comprises entre 0 et 3. La théorie des équations nous fait reconnaître, en effet, que cette équation a deux racines positives et une racine négative. Soit donc à résoudre x^ — lx-\-l =0. On se donne d’abord trois valeurs de x, telles que — 1,0, 1, on fait le tableau de la substitution des nombres entiers, comme plus haut. Si deux nombres substitués dans le premier membre d’une équation donnent des résultats de signes contraires, ils comprennent au moins une racine; donc la racine négative est comprise entre — 3 et — 4, puisque les valeurs de y correspondances 1 et — 29 sont de signes contraires.

Quant aux deux racines positives comprises entre 0 et 3, elles ne sont pas séparées. On reconnaît pas d’autres considérations qu’elles sont comprises entre 1 et 2.

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DIF

Pour les sc5parer, on partage cet intervalle en dix parties égales et on substitue des nombres équidistants de ^ entre 1 et 2, en commençant par déduire les différences relatives à l’accroissement des différences relatives à

l’accroissement f, au moyen des formules (6), en s’arrêtant aux différences troisièmes, puisque les différences d’ordre supérieur sont milles.

I = 0,1A — OjOtbAg + 0,0285A3 = — 0,369 ^2= o,01A2 — 0,009 A3 = 0,066

Donc l’une des racines est comprise entre 1,3 et l-,4 et Pautre entre 1,6 et 1,7, et on a la valeur de chacune

d’elles à moins de

Pour calculer la première racine à moins de on

substitue des nombres équidistants de entre 1,3 et 1,4 en se servant toujours des mômes formules (6).

A = — 0,153 Ag = 0,084 A3 Z= 0,006 ^J = 0,1A— 0,045A2 + 0,0285A3= — 0,018909

Donc la première racine est comprise entre 1,35 et i,36.

Ce qui précède suffit pour faire apprécier la simplicité et l’utilité du calcul des différences qui se déduit immédiatement du binôme de Newton et qui conduit naturellement au calcul différentiel. L.

DIFFÉRENTIATION (Mathématiques). — Voyez Calcul DIFFÉRENTIEL.

DIFFÉRENTIEL (Mouvement) (Mécanique). — C’est un mouvement qui résulte de la combinaison de deux autres mouvements et qui est égal à leur différe7%ce et quelquefois à leur somme.

Considérons, par exemple, une vis se mouvant dans un écpu fixe qui guide son mouvement. Tandis que la vis fait un tour complet, elle parcourt, dans le sens de son axe, un chemin égal à son pas. Mais si l’écrou se meut en même temps que la vis, avec une vitesse variant depuis zéro jusqu’à celle de la vis, le chemin rectiligne de celle-ci variera de la longueur du pas à zéro, et la vite se réelle de la vis sera à chaque instant la différence entre sa vitesse propre et celle de l’écrou : le mouvement sera un mouvement différentiel.

En général, la vitesse d’un organe d’une machine varie lorsque les guides de cet organe ont eux-mêmes un mouvement de même nature que celui de l’organe, ce qui produit une avance ou un retard.

On peut donc se proposer de combiner la vitesse d'un organe de transformation de mouvement et celle du guide de l’organe, de manière à obtenir des sommes ou des différences de vitesses, et, par suite, des mouvements qu’il serait impossible de produire en combinant des organes

à guides fixes. Indiquons quelques exemples très-simples pris dans les transformations de mouvements les plus : employées.

Pour transformer un mouvement rectiligne continu en un autre mouvement rectiligne continu, on peut prendre une poulie dont l’axe est fixe, et alors le chemin parcouru i par le poids est égal à celui que parcourt la main dans < le môme temps. Mais si la chape qui supporte l’axe s’élève elle-même par un mouvement de translation parai- ' lèle à la direction de la corde, la vitesse du poids ou du cordon qui s’élève sera la somme de sa vitesse propre et de celle de l’axe, tandis que celle de la main ou du cordon qui descend sera la différence des deux vitesses.

Si la corde est fixée à une de ses extrémités, la vitesse i du cordon qui s’élève est double de celle de la poulie ou r du fardeau, lorsque les chemins sont parallèles : c’est le | cas de la poulie mobile; de ce mouvement de l’axe résul- | tent aussi les propriétés des moufles. i

Pour transformer un mouvement circulaire continu ou s un mouvement rectiligne continu, on peut se servir de -, la vis qui fournit aussi un mouvement différentiel, si on i fait prendre aux collets de la vis, qui sont ordinairement fixes, un mouvement rectiligne parallèle à l’axe. Le ,i moyen le plus simple consiste à fileter ces collets et à j transformer en écrou les coussinets qui les reçoivent, ce ‘ qui donne la vis différcnlielle proposée pour les mesures t de précision par M. de Prony, afin de produire des mou- i vements très-petits. Elle consiste dans une vis qui se I meut entre deux supports qui forment écrous; le milieu | de l’axe porte une vis d’un pas différent de celui de la ■!! première et porte un écrou qu’un guide empêche de tour- ' ner. Celui-ci recule, par chaque tour de manivelle, d’une * quantité égale au pas de la vis, tandis que l’axe de la vis / avance également d’un pas entre les supports. Le mouvement de l’écrou est donc la différence de ces deux mouvements, et le chemin qu’il parcourt est égal à la différence des deux pas de vis, différence qu’on peut obte- ' nir aussi petite que l’on veut, tout en conservant au filet j de la vis la solidité nécessaire.

C’est encore sur ce principe que l’on a construit un treuil différentiel avec lequel le mouvement du poids à soulever est la différence de deux mouvements curvili- : gnes. Le fardeau est suspendu à une poulie mobile soutenue par une corde dont les cordons parallèles s’enroulent dans deux sens opposés sur le cylindre du treuil qui est formé lui-même de deux cylindres de diamètres différents. Pour chaque tour, le fardeau n’est soulevé que de la moitié de la différence des deux chemins parcourus par la corde sur les deux cylindres.

Le mouvement différentiel existe encore dans un sys- | tème de roues, lorsque l’on donne à l’axe d’une roue dentée un mouvement de rotation autour de l’axe d’une | roue dentée avec laquelle la première engrène.

Parmi les applications du mouvement différentiel, nous citerons encore : 1“ le banc à broche, qui, dans la filature de coton, permet, par une combinaison de deux mouvements, de disposer les fibres du coton en ligne spirale pour former le fil et d’enrouler régulièrement ce fil autour de la bobine; 2" la disposition qui, dans l’alésoir, permet au ciseau de produire un travail d’une extrême précision. L.

DlFFLüGIE (Zoologie), Difflugia^ Ehrenb. ; du latin diffluere^ se répandre en coulant. — Animaux infusoires microscopiques, protégés par un test habituellement recouvert de grains de sable et remarquables par leurs longs bras se raccourcissant et s’allongeant sans cesse. Ils habitent les eaux douces, où ils rampent sur les plantes submergées ; une espèce se trouve à Paris dans la Seine et dans les bassins du Muséum d’histoire naturelle.

DIFFORMITÉ (Pathologie). — On désigne sous ce nom un défaut dans les proportions, une mauvaise conformation de quelque organe, de quelque partie du corps, qui s’éloigne du type ordinaire et naturel généralement reconnu, entraînant le plus souvent un dérangement dans une ou plusieurs des fonctions de l’économie ; quelquefois, cependant, elle ne choque que la vue et ne nuit en rien à l’harmonie fonctionnelle. Les difformités peuvent être acquises ou originelles ; les premières proviennent d’affections morbides et rentrent dans le cadre de la pathologie. Les difformités originelles peuvent avoir lieu par i excès de parties, par défaut et par vices de configura- * tion, de direction, etc. Dans le premier cas, il y a un organe ou une portion d’organe de plus que dans l’état normal ; ainsi l’existence d’un ou de plusieurs doigts surnuméraires. Dans les difformités par défaut, il y a, au contraire, quelque partie de moins : ainsi les enfants acé-

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phales, les monocles (qui ont un seul œil). La troisième espèce de difformités comprend le strabisme, l’arrangement vicieux des dents, les gibbosités, etc. Il existe encore des difformités par aberration; telle est la transposition de certains viscères, du cœur à, droite, par exemple. Les difformités qui affectent tout le corps ou la majeure partie rentrent dans ce qui constitue les monstruosités ; il en sera question au mot Tératologie.

DIFFRACTION (Physique). — On donne le nom de diffraction à l’ensemble des modifications qu’éprouvent les rayons lumineux lorsqu’ils viennent à raser la sux’face des corps, La lumière éprouve, dans ces circonstances, une sorte de déviation, en même temps qu’elle est décomposée, d’où résultent dans l’ombre des corps des apparences fort curieuses qui ont été observées, pour la pre-

mière fois, par Grimaldi et Newton. Ce dernier a essayé d’expliquer ces phénomènes dans le système de l’émission de la lumière, en admettant une force répulsive émanant des corps et donnant ainsi lieu à l’inflexion des rayons lumineux. Mais cette explication ne saurait rendre compte de toutes les particularités de la diffraction, et ce n’est vraiment que depuis les travaux d’Young et Fresnel qu’on connaît la véritable théorie de ces phénomènes. On peut dire que la diffraction et les interférences fournissent les arguments les plus concluants en faveur du système des ondulations lumineuses.

Pour étudier commodément les phénomènes de diffraction, on peut employer l’appareil suivant, construit par M. Soleil (%. 775).

Sur un banc de cuivre ABGD bien dressé et divisé en cen

timètres et millimètres sont disposés et peuvent se mouvoir divers supports. Le premier Sreçoitunelentillecylindrique ou sphérique sur laquelle on fait arriver un faisceau de rayons lumineux fournis soit par le soleil, soit par les

charbons d’une pile ou par une lampe. Le foyer de la len*^ tille fournit ainsi une source lumineuse très-déliée, et c’est là une condition importante pour la réussite des expériences. Sur le second support O, on place des plaques^

métalliques diverses portant des orifices, des feptes destinés à produire le phénomène même de la diffraction. La figure 777 représente en détail, la partie supérieure dû support O. On voit une plaque de cuivre AA munie d’une rainure dans laquelle on peut enchâsser l’une quelconque^ des plaques figurées en a, b, c, o', ou d’autres qui ne sont pas figurées ici. On voit également dans la figure 778 le détail du micromètre. M ést le support général sur lequel se meut la loupe R, mise en mouvement par la vis V ; en D se trouve la graduation qui perrnet de mesurer la distance de la frange que l’on considère à la frange ou à la ligne centrale ; enfin le troisième^ support N est muni d’une loupe destinée à l’observation du phénomène; cette loupe porte un fil vertical très-fin et peut recevoir, à l’aide d’une vis micrométrique, un mouvement latéral très-régulier qui permet à l’observateur de faire mouvoir le fil sur les diverses portions de l’image observée; on peut aussi à la place de la loupe, placer un écran sur lequel se projette directement l’image. Voici actuellement quels sont les principaux phénomènes que l’on peut observer avec l’appareil.

I. Franges produites par le bord d’un corps opaque. — Si, sur le deuxième support, on place le bord rectiligne d’un corps opaque b (fig. 776), on observe sur l’écran 1 ombre de ce corps avec les particularités suivantes : il n’y a pas de séparation tranchée entre la lumière et l’ombre ; à

partir du point où devrait se trouver la démarcation, la lumière décroît graduellement du côté de l’ombre, qui se trouve ainsi partiellement éclairée. Du côté de la lumière se trouvent des franges alternativement plus ou moins brillantes, si l’on opère avec des rayons d’une couleur déterminée, et irisées, si l’on emploie la lumière blanche; ces franges ont d’autant plus de netteté qu’elles sont plus voisines de l’ombre, et elles s’effacent complètement à une petite distance.

II. Franges produites dans V ombre d'un corps étroit. — Lorsqu’on place sur le support un corps très-étroit, tel qu’un fil métallique ou un cheveu, on reconnaît que l’ombre du corps n’est pas absolument obscure, loin de là ; le milieu est occupé par une ligne lumineuse de part et d’autre de laquelle sont des franges plus ou moins brillantes. Ces franges sont coexistantes d’ailleurs avec celles qui se produisent dans la lumière et dont il vient d’être question dans le paragraphe précédent. Au lieu d’employer un corps long et étroit, on peut se servir d’un très- petit disque circulaire d {fig. 776), auquel cas l’ombre présente toujours un point lumineux à son centre, et tout autour sont disposés des anneaux concentriques alternativement brillants et obscurs ou irisés.

La production de ce point lumineux dans l’ombre avait échappé aux observations de Newton ; elle paraît absolument incompatible avec le système de l’émission de la lumière, tandis que Poisson et Fresnel ont fait voir qu’elle

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résulte très-simplement de la théorie des ondes lumineuses.

III. Franges produites par une petite ouverture. — Lorsqu’on met sur le support une plaque métallique percée d'une fente très-étroite et qu’on reçoit l’image à une assez grande distance, on observe une bande lumineuse à son centre et de part et d’autre des franges. La bande devient de plus en plus étroite à mesure qu’on approche l’écran jusqu’à une certaine distance où, après s’être réduite à une ligne excessivement déliée, elle disparaît. A partir de ce moment, si l’on continue à approcher l’écran, les franges latérales paraissent se rapprocher du milieu et venir toutes y passer successivement. Ces apparences sont surtout curieuses lorsqu’on emploie une ouverture circulaire, très-petite, comme, par exemple, un petit trou pratiqué avec une épingle dans une feuille métallique c Ifig. 7 7G). Dans ce cas, si l’on regarde à travers la loupe que porte le troisième support l’image formée par l'ouverture, on la voit formée par une tache lumineuse entourée de cercles colorés très-brillants. Ces cercles s’élargissent ou se rétrécissent suivant qu’on augmente ou qu’on diminue la distance de la lampe à l’ouverture. Quand celleci devient suffisamment petite, la tache centrale se réduit à un simple point et finit par disparaître, les anneaux se resserrent alors et viennent passer successivement au centi’e, tandis que d’autres se forment brusquement et changent continuellement de teinte, ce qui donne lieu à des jeux de lumière très-curieux et très-variés.

IV. Franges produites par deux ouvertures. — Dans le cas de deux ouvertures très-étroites et très-voisines a {fig. 776), les franges se forment dans l’image de chacune d’elles, comme si elle était seule. Mais on observe, en outre, dans l’ombre de l’intervalle qui les sépare, un système de franges très-fines, très- serrées et qui sont évidemment dues à la combinaison des deux phénomènes, car elles disparaissent aussitôt que l’on ferme l’une des deux ouvertures. Dans le cas de deux ouvertures circulaires, on aperçoit, outre ces franges centrales, qui sont perpendiculaires à la ligne des centres, deux antres systèmes qui se croisent sous la forme d'une croix de saint André. Lorsque les ouvertures deviennent triangulaires ou polygonales, les apparences sont très-brillantes, mais d’une complication qui nous empêche de les décrire ici.

V. Franges produites par les réseaux. — Les phénomènes les plus intéressants de la diffraction sont ceux que présentent les réseaux ; on appelle ainsi un système d'ouvertures linéaires très-étroites placées à côté les unes des autres à une très-petite distance. On peut réaliser un système de ce genre en traçant, par exemple, sur une plaque de verre, avec un diamant, des traits équidistants. La lumière pouvant passer dans les intervalles des traits, tandis que, dans les points correspondants à ceux où le verre a été dépoli, elle est arrêtée, on a, en réalité, comme un système d’ouvertures très-rapprochées , on peut facilement tracer ainsi cent traits dans la longueur d’un millimètre.

Si l’on place une plaque de verre ainsi préparée sur le support de l’appareil général et qu’on observe avec la loupe l’image d’une fente étroite ou du foyer d’une lentille cylindrique, on voit dans le centre du champ observé l'image de la fente parfaitement nette et telle qu’elle se produirait sans l’interposition du réseau. De part et d’autre se trouve un intervalle noir, suivi d’une série de spectres dont le premier seul est isolé, les suivants empiétant successivement et de plus en plus les uns sur les autres. Dans tous ces spectres, le* violet est toujours en dedans. Les couleurs en sont d’ailleurs très -brillantes, pures, et la projection du phénomène obtenu avec la lumière solaire constitue l’une des plus belles expériences de l’optique.

Quand on opère avec des réseaux différents, les distances des spectres à l’image centrale varient en général ; il est toutefois remarquable que ces variations ne se produisent que lorsque la somme de l’intervalle opaque et de l’intervalle transparent du réseau change elle-même. Si cette somme est la même, quelle que soit la grandeur des ouvertures ou des intervalles qui les séparent, les spectres restent à la même distance et peuvent seulement varjer un peu d’éclat.

Pour que le phénomène des réseaux se produise dans toute sa netteté, il est nécessaire que les ouvertures soient parfaitement équidistantes. Lorsqu’il n’en est pas ainsi, les spectres se brouillent et disparaissent même en ne laissant voir qu’une traînée lumineuse d’une apparence homogène. C’est un phénomène de ce genre qu’on observe quand on regarde une lumière en clignant

des yeux; les cils, dans ce cas, servent de réseaux,

Les réseaux peuvent aussi se produire par réflexion, et c’est à cette circonstance que sont dues les brillantes couleurs que l’on observe en faisant réfléchir un faisceau lumineux sur une surface métallique régulièrement striée. On a construit, dans le temps, en Angleterre des boutons métalliques dits boutons de Barton, sur lesquels étaient tracés des réseaux suivant des directions diverses et régulières. Ces boutons, exposés à la lumière solaire ou à celle des bougies d’un salon, produisaient des couleurs extrêmement brillantes.

C’est au phénomène des réseaux qu’on doit attribuer les couleurs quelquefois si brillantes que présente la nacre de perle. Cette substance est à structure feuilletée, si bien que, lorsqu’on la taille, on coupe ces différents feuillets dont la tranche vient former à la surface un véritable réseau. Brewster a d’ailleurs reconnu qu’en moulant la nacre sur de la cire ou un alliage fusible, le moule présentait les mômes couleurs que la substance e’.le-môme.

C’est encore à un phénomène du même genre qu’est due l’irisation que présentent les plumes de certains oiseaux et aussi quelquefois les fils d’araignée. Ces derniers, quoique très-fins, ne sont pas simples; ils sont formés d’un grand nombre de brins réunis les uns aux autres par une substance visqueuse et constituent ainsi une sorte de réseau.

Enfin, c’est encore à une cause analogue que sont dus sans doute ces cercles concentriques qu’on aperçoit autour de la lune quand l’atmosphère est brumeuse et que l’on appelle couronnes (voyez Goop.onnes).

Notions théoriques. — Il n’entre pas dans le plan de notre article de montrer avec détail comment la doctrine des ondulations de la lumière rend compte des divers phénomènes de diffraction ; toutefois, nous essayerons de donner une idée du principe général qui domine cette explication.

La lumière se propageant par ondes, on peut, dans les diverses observations qui viennent d’être citées, substituer à la source lumineuse la portion de l’onde qui est circonscrite par les ouvertures et considérer chacun des points de la surface de cette onde comme un centre particulier d’ébranlement. Il suit de là qu’un point de l’espace atteint par les mouvements vibratoires qui proviennent de ces différents centres se trouvera comme soumis à la résultante de tous ces mouvements particuliers, résultante qui varie nécessairement avec la position du point et qui peut môme être nulle (voyez Interférences). On conçoit donc qu’on doive, en général, percevoir dans le champ de la vision des alternatives de. lumière plus ou moins vive; et comme les points correspondants aux maxima et minima de lumière dépendent de l’espèce de couleur avec laquelle on opère il s’ensuit que, si l’on se sert de lumière blanche, il y aura superposition des diverses couleurs et, par suite, production de teintes irrisées.

Considérons, par exemple, l’ombre d’un corps étroit; il est clair que, si le corps a la forme d’un disque, tous les mouvements qui atteignent le centre de l’ombre sont d’accord pour produire de la lumière; mais, si l’on s’éloigne du centre, la symétrie disparaissant, on peut trouver un point pour lequel il y a interférence au moins partielle. Comme d’ailleurs les circonstances doivent être les mômes sur tous les rayons, il doit se produire une série d’anneaux concentriques à la tache lumineuse centrale.

Nous terminerons cet article par une remarque importante. On a reconnu que l’interférence de la lumière ne peut se produire qu’entre des rayons de môme origine ; or, comme les phénomènes de diffraction sont de vrais phénomènes d’interférence, on est dans la nécessité d’employer des sources extrêmement déliées. Dan? les phénomènes ordinaires de l’optique cette particularité ne se présente pas généralement, et cela explique comment il se fait que la diftraction de la lumière n’a été observée que tardivement dans tous ses détails. On pourrait môme dire que plusieurs des apparences si curieuses qu’elle présente ont été d’abord devinées par le système théorique qui sert à les expliquer avant d’être rendues sensibles parl’expérience. C’est ce qui aeu lieu notamment par l’expérience de l’ombre d’un petit disque qui avant été à priori annoncée par Poisson et fut ensuite vérifiée par Fresnel. P* P-

DIFFUS (Botanique). — Se dit principalement des rameaux ou des pédoncules et pédicelles étalés sans direction fixe; les rameaux sont di^us dans la fumeterre

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DIG

officinale, la campanule à feuilles de lierre; la paniculc est diffuse dans le paturin des prés, etc.

DIFFUSIBLES (Médicaments) (Thérapeutique). — On appelle ainsi une classe de médicaments qui , aussitôt qu’ils sont ingérés, pénètrent rapidement dans l’économie animale et agissent avec une promptitude telle, qu’on dirait qu’au moment même de leur emploi leurs principes se répandent partout et atteignent jusqu’aux extrémités du corps. Plusieurs médecins, et entre autres Brown, avaient confondu dans la môme classe tous les médicaments stimulants et toniques ; mais il est évident que le peu de durée de la puissance diffusible étant le caractère spécial de ce groupe de médicaments, on ne peut confondre leur action avec la permanence de celle de la médication tonique. On ne comprendra donc sous le nom de diffusibles que ceux qui présentent le caractère que nous venons de leur assigner. Les médicaments dans lesquels réside principalement ce caractère sont les spiritueux, les éthers et peut-ôtre l’ammoniaque que quelques médecins hésitent à classer dans les médicaments diffusibles. Ainsi la propriété qui nous occupe se trouvera dans les teintures, les élixirs composés avec l’absinthe, la sauge, la menthe, les semences d’anis et une multitude de plantes renfermant des huiles volatiles ou des principes fixes. Remarquons que la nature de l’ingrédient ne change pas par son mélange avec la substance alcoolique, de sorte que si c’est un ingrédient tonique, le quinquina, par exemple, sa puissance ne se manifestera que lorsque déjà celle du véhicule spiritueux aura produit son effet. Et même, suivant la remarque de Stahl, cette puissance sera plus active par son incorporation avec l’alcool. Employée à petite dose, la médication diffusible a pour effet d’exciter l’action vitale dans le centre nerveux abdominal, de relever tout à coup les forces, de ranimer la vie; ainsi 15 à 20 gouttes d’une teinture spiritueuse quelconque, 3 ou 4 gouttes d’éther sulfurique, acétique, etc. Mais si les médicaments de cette nature sont administrés à haute dose, tous les appareils organiques éprouveront l’effet de l’agent diffusible, et chaque gi'ande fonction subira dès modifications plus ou moins profondes et recevra un surcroît d’activité. F~n.

DIFFUSIF (Pouvoir) (Physique). — Propriété que possèdent les corps de réfléchir dans tous les sens la chaleur qui tombe à leur surface sans les pénétrer. La diffusion de la chaleur est donc une réflexion irrégulière opérée dans tous les sens. A ce point de vue, le mot diffusion s’applique- à la lumière comme à la chaleur rayonnante. C’est môme à la lumière qu’ils diffusent que nous devons d’apercevoir les objets. La diffusion de la lumière par les corps blancs est très-intense ; elle est presque nulle pour les corps noirs ou doués d’un poli parfait.

Le pouvoir diffusif pour la chaleur a été étudié avec soin par M. Melloni.il dépend du degré de. poli de la surface des corps, mais aussi de la nature de cette surface et non pas d’une manière directe de sa couleur (voyez Chaleur rayonnante. Lumière, Réflexionde la lumière).

DIGASTRIQUE (Muscle) (Anatomie), du grec dis^ deux, et gaster^ ventre. — On nomme ainsi tout muscle composé de deux parties charnues bien distinctes; mais par ce nom, on désigne surtout un muscle de la régjon supérieure et latérale du cou, inséré par une de ses extrémités à l’os hyoïde et par l’autre à la mâchoire inférieure. Au niveau du pli qui sépare le cou du menton, ce muscle, aminci en un tendon qui sépare ses deux renflements charnus, est maintenu de façon à former les deux côtés d’un angle très-obtus.

DIGESTIBILITÉ des aliments (Hygiène). — Voyez Ré-

cime ALIMENTAIRE.

DIGESTIF (Hygiène). — On appelle ainsi certaines substances qui passent pour avoir la propriété de favoriser la digestion. La nécessité d’avoir recours à depareils moyens est déjà l’indice d’un dérangement permanent ou momentané dans les fonctions digestives, et c’est le cas d’étudier avec soin à quelles causes tient ce dérangement ; si c’est à un état de fatigue , d’irritation de l’estomac, il faudra avoir recours aux moyens adoucissants, boissons émollientes, rafraîchissantes, bains, régime alimentaire doux, bien réglé, etc. Si, au contraire, cet état tient à l’affaiblissement, à la langueur, à une paresse de l’estomac, ce qui a lieu souvent dans les convalescences, on emploiera quelques légers excitants, peutôtre des toniques, une alimentation succulente. Enfin, si l’on a affaire à un état nerveux, on se trouvera bien des agents calmants, des diffusibles, des toniques, d’une bonne nourriture, etc. On voit par là que le mot digestif employé pour désigner un groupe d’agents propres à fu-

[ ciliter la digestion n’a pas un sens bien déterminé dans I le langage médical, et qu’il faut s’en défier dans le langage vulgaire ; il serait de nature à causer des erreurs graves pour la santé. F — n.

Digestif (canal) (Anatomie). — Voyez Digestion.

Digestif (onguent) (Pharmacie). — On le prépare en mêlant ensemble GO grammes de térébenthine, un jaune d’œufet de l’huile d’amande ou de mille pertuis en quantité suffisante pour lui donner une consistance molle. C’est un léger stimulant pour des plaies ou des ulcères qui ont besoin d’un certain degré d’excitation. hQ digestif animé est celui auquel on a ajouté de l’onguent styrax, de l’alcool camphré, des teintures, etc.

DIGESTION (Physiologie animale), du latin digerere^ dissoudre. — La digestion est une des fonctions secondaires qui, chez les animaux, concourent à la nutrition. Son objet est de transformer les aliments en des substances fluides qui puissent être absorbées par les vaisseaux placés dans l’épaisseur des parois de la cavité digestive. Pour obtenir ce résultat, il faut une série de réactions chimiques qui favorisent des actes mécaniques et physiologiques; en cela consiste précisément la fonction de digestion. Une telle fonction suppose nécessaircr ment l’existence d’une cavité intérieure recevant les aliments du dehors par un orifice ; chez les animaux quelque peu perfectionnés dans leur organisation, on trouve, en outre, un orifice spécial pour l’expulsion du résidu des aliments digérés; il existe dès lors un canal digestif. Des glandes sont annexées à ce canal pour y verser la salive, la bile, le suc pancréatique, liquides destinés à réagir sur les aliments.

Appareil digestif. — Le canal digestif atteint son plus haut degré de complication chez les animaux mammifères et dans l’espèce humaine; on y distingue alors : 1" la bouche^ qui est à la fois l’orifice d’introduction des aliments et la première cavité du canal digestif; elle est limitée par les lèvres., les joues., la voûte du palais., le plancher charnu qui supporte la langue et par \e. voile du palais en arrière, soutenue par les os des mâchoires (os maxillaires), dont le bord antérieur à la cavité buccale porte les dents (voyez ce mot) ; 2” le pharynx ou

Fig. 779. — Coupe de la bouche et du çharyni, suitant le plan vertical médian de la tête (l).

arrière-bouche, nommé la gorge dans le langage vulgaire et où s’entre-croisent les voies aériennes et les voies digestives ; on y trouve, on effet, en haut et en arrière du voile du palais, le double orifice postérieur des fosses nasales; plus en avant et un peu plus bas, l’orifice, postérieur de la bouche que ferme, comme un rideau portière, le voile du palais ; en avant et en bas, sous la saillie de la base de la langue, la glotte ou orifice du canal respiratoire menant aux poumons ; derrière la glotte, enfin, le pharynx se continue dans la partie suivante du canal digestif; 3® Y œsophage, tube membraneux qui continue le pharynx derrière la glotte et s’étend de là jusqu’au niveau du diaphragme, où, pénétrant dans le ventre, il s’ouvre dans l’estomac; 4" Vestomac, poche membraneuse en forme de cône courbé sur lui-même, communiquant avec l’œsophage par un orifice supérieur nommé cardia, et avec l’intestin par un orifice inférieur nommé pylore; 5“ les intestins, longs tubes membraneux vulgai-

(1) vp, voûte palatine. — vdp, voile du palais. — Ig, langue (coupe médiane). — ph, pharynx. — œs, œsophage. — /r» larynx. — é, épiglotte. — fn, fosses nasales. — cr, cavité crânienne. cv, canal vertébral.

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rement nommés entrailles ou boyaux, qui, diversement repliés sur eux-mêmes dans la cavité de 1 abdomen, lormentun canal continu depuis le pylore jusqu a lanus;

vb ch py

Fig. 780. — L’estomac de l’homme ouvert et montrant les plis de la muqueuse et les bourrelets contractiles qui garnissent le cardia et le pylore (l).

on les distingue en intestins grêles, comprenant le duo~ denum, \q jejunum,Qi Yileum, et gros intestins, comprenant le cæcum, le côlon et le rectum (voyez Abdomen); 6" Vanus, orifice inférieur, maintenu fermé par un muscle

Fig. 781. — Canal digestif du chien (2).

circulaire nommé sphincter {voyez chacun des mois écrits en italiques).

Ce long canal membraneux compte dans ses parois quatre couches distinctes : intérieurement, une membrane muqueuse qui commence au bord des lèvres et se termine au pourtour de l’anus après avoir formé toute la surface interne du canal digestif; plus extérieurement et pour soutenir la muqueuse, une tunique fibreuse qui peut aussi bien être considérée comme appartenant à la muqueuse (comme le derme et l’épiderme constituent la

peau); en troisième lieu et plus en dehors encore se trouvent les couches de fibres musciliaires dont les contractions font cheminer les matières alimentaires de la bouche vers l’anus à travers toutes les parties du canal digestif. On peut, en général, y distinguer deux ordres de fibres, les unes circulaires, dont la contraction rétrécit le canal, les autres longitudinales, pouvant raccourcir ce canal sur lui-même et dont l’action combinée avec celle des précédentes fait avancer les matières dans l’in-

(1) œ, œsophage. — ca, cardia. — py, pylore. — ch, canal hépatique. — vb, vésicule biliaire. — cc, canal cholédoque. — cp, canal pancréatique.

(2) œ, œsophage. — ca, cardia. — e, estomac. — p, pylore. — f, foie. — V, vésicule biliaire. — ra, rate. — i, intestins grêles.

— cœ, cæcum. — co, côlon. — re, rectum. — a, anus. Dans

(jette figure les intestins sont unis encore par le mésentère, une des portions du péritoine,

térieur du canal. La quatrième couche membraneuse du canal digestif en est la plus externe et s’observe seulement dans les parties où les parois de ce canal n’adhèrent pas aux parties voisines ; c’est une membrane séreuse nommée péritoine {voyez ce mot) qui enveloppe extérieurement les intestins et se repliant sur les parois du ventre les tapisse intérieurement. Comme toutes les séreuses, le péri- * toine, partout continu avec lui-même, se compose, en effet, de deux feuillets se rejoignant pour se confondre # sur leurs limites communes; l un, adhérent aux parois i de l’abdomen, est le feuillet pariétal; l’autre, nommé j feuillet viscéral, recouvre, en les coiffant en quelque sorte, i les viscères contenus dans cette grande cavité et va s’unir au feuillet pariétal en soutenant les divers intestins comme une écharpe soutient le bras qu’elle entoure. On ( nomme mésentère cette portion du péritoine qui supporte i ainsi les intestins. Toute cette disposition a pour effet ) que la surface de l’intestin étant partout recouverte par » le péritoine, et les parois abdominales étant sur toute leur surface interne également recouvertes par cette membrane, jamais dans ses mouvements l’intestin ne peut frotter directement contre les parois du ventre ; ce sont * seulement deux feuillets du péritoine qui glissent l’un sur f l’autre. Ce glissement est rendu fort doux par la sérosité ! qui est sans cesse exhalée sur tous les points de la surface du péritoine.

Les liquides nombreux versés dans le canal digestif ; pour accomplir les divers actes de la digestion sont four- j nis par les parois mêmes du canal, c’est-à-dire par des J organes situés dans la membrane muqueuse qui le tapisse « intérieurement, ou par des glandes distinctes annexées à ce canal. La bouche est lubrifiée par des mucosités provenant de follicules distribués sur les divers points de la muqueuse buccale (surtout près du bord des lèvres, à la face interne des joues et au palais). En outre, elle reçoit, par des canaux spéciaux qui s’ouvrent au niveau des dents molaires ou sous la pointe de la langue, la salive sécrétée par les glandes salivaires. Ces glandes sont chez l’homme au nombre de trois paires : les parotides, situées en dessous de l’oreille, les glandes submaxillaires et les glandes sublinguales, placées sous la langue entre les branches de l’os maxillaire inférieur. A lïsthme du gosier, dans le pharynx ou arrière-bouche, se voient les amygdales, petites glandes placées dans l’épaisseur de la muqueuse et destinées à sécréter des mucosités onctueuses qui favorisent le glissement rapide des aliments dans le gosier au moment où ils sont avalés. Les parois de l’estomac versent dans cette cavité un liquide nommé suc gastrique dont le rôle est considérable dans la digestion.

Ce suc est produit par des follicules particuliers de la muqueuse de l’estomac (glandes pepto^gastriques de Longet) principalement abondants vers l’orifice cardiaque et dans la partie moyenne de cette poche membraneuse. Le duodénum ou première partie de l’intestin grêle reçoit la fournie parle foie e\ le suc pancréatique produit par le pancréas. Le foie est une glande

Fig. 783. — Le foie, le pancréas, la raie et l’eslomac cher l’homme (i).

volumineuse située chez l’homme à la partie supérieure du ventre, à droite et sous les cartilages des fausses côtes (cette région se nomme l’hypocondre droit), et d’où naît un canal excréteur (canal hépatique, puis canal ch()lé- .• doque) pourvu d’un réservoir nommé vésicule biliaire.

Le pancréas ou glande salivaire abdominale est une

(1) ces, œsophage. — e, estomac. — d, duodénum. — f, t foie soulevé et rejeté en haut et à droite pour montrer sa face ; inférieure. — ch, canal hépatique. — vb, vésicule biliaire avec son canal cystique. — cc, canal cholédoque. — p, pancréas un peu abaissé de façon à ne plus être caché par l’eslomac place devant. — r, rate un peu éloignée de l’estomac et maintenue par le repli péritonéal qui va la recouvrir.

Fig. 782. — Fragment d’intestin dépouillé de sa tunique externe on péritonéale, et montrant sa muqueuse (»n) et ses fibres musculaires (/) circulaires et longitudinales.

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glande fort analogue pour la structure aux glandes salivaires et dont la forme est, chez l’homme, allongée et amincie vers l’extrémité. Il est placé derrière l’estomac, dans l’anse que forme le duodénum avec ce viscère. Un canal spécial (canal pancréatique) conduit dans le duodénum le suc fourni par cette glande (voyez Foie, Pan- CBÉAS). La muqueuse des intestins renferme un assez grand nombre de petits organes sécréteurs dont les produits, confondus sous le nom général de suc intestinal, exercent des actions encore mal connues. On peut citer principalement, dans le duodénum, les glandes de Brunver l’intestin grêle et surtout dans le gi&s intestin, les glandes de Lieberkühn ; dans la portion iléale de l’intestin grêle, les glandes de Peyer (voyez Glande). Il est un organe que sa position et ses rapports rattachent à l’appareil digestif, c’est la rate; sa structure et ce que l’on sait de ses fonctions sont indiqués dans un article particulier (voyez Rate).

Phénomènes physiologiques de la digestion. — Parmi les actes physiologiques dont se compose la grande fonction qui nous occupe , on doit distinguer , d’après leur nature essentielle : 1° les actes mécaniques ; 2® les actes chimiques; 3® les actes physiologiques proprement dits. Les premiers ont pour résultat général le transport des aliments depuis la bouche jusqu’à l’anus, et la division mécanique qui les prépare à mieux subir l’influence des sucs digestifs. Les seconds ont pour objet la transformation des aliments en matière absorbable ; ils constiiuent le travail spécial de la digestion. Enfin, on considère comme essentiellement physiologiques les phénomènes d’absorption qui complètent la digestion en retirant du tube alimentaire les produits de cette fonction, pour les introduire dans le sang, où ils sont employés aux usages de la nutrition. On peut énumérer ainsi les plus importants de ces divers actes ;

1° Actes mécaniques ;

Mastication,

Déglutition ;

2® Actes chimiques :

Digestion buccale,

Digestion stomacale ou chymification.

Digestion duodénale ou chylification ;

3» Actes physiologiques :

Absoi'ption par les veines.

Absorption par les vaisseaux chylifères;

1® Actes mécaniques, — Les aliments sont introduits dans la bouche par des procédés très-variés, qui ont paru à beaucoup de physiologistes constituer, sous le nom de préhension^ un acte distinct. Quand on considère que les aliments sont saisis et placés dans la bouche tantôt par des prolongements mobiles ou tentacules qui l’entourent (hydre, poulpe, seiche), tantôt par les mâchoires ellesmêmes (insectes, crustacés), tantôt par les lèvres seules (cheval), ou aidées de la langue (bœuf, mouton), par les dents (chient, chat), par un prolongement nasal ou trompe (éléphant, tapir), par les membres antérieurs opposés en manière de pince (écureuil, souris), ou même par une main plus ou moins parfaite (les singes, l’homme) ; on comprend quel intérêt a pu offrir à certains esprits l’étude de cet acte premier de la digestion.

La mastication a lieu dans la bouche et consiste dans la division des aliments solides à l’aide des dents et sous l’influence des mouvements des mâchoires, de la langue et des joues. En môme temps le liquide que forme la salive mêlée aux mucosités buccales pénètre les aliments, les imbibe et les prépare pour être facilement avalés. Beaucoup d’auteurs ont désigné sous le nom spécial û* insalivation cet acte qui accompagne la mastication proprement dite. Quoi qu’il en soit, les aliments introduits dans la bouche sont ordinairement divisés par les incisives et les canines, puis les mouvements de la langue et des joues les dirigent vers les molaires et les placent entre celles de la mâchoire supérieure et celles de la mâchoire inférieure. Alternativement heurtées les unes contre les autres et écartées par les mouvements des mâchoires, celles-ci broient les aliments comme le ferait une meule, et en même temps la langue et les joues ne cessent de les retourner en tous sens pour rendre la mastication bien égale. Pendant cette trituration, la salive, dont les conduits excréteurs viennent s’ouvrir toujours au voisinage des molaires, jaillit sur les aliments et en pénètre la masse d’autant plus complètement qu’ils sont mieux mâchés. L’utilité de cette division préparatbire des aliments est facile à concevoir ; elle rend toutes les parties de l’aliment plus accessibles aux sucs digestifs, elle rompt et désagrégé les tissus si résistants des

végétaux; c’est, en un mot, un acte analogue à la trituration qu’emploient si souvent les chimistes pour faciliter les réactions entre les divers corps. M. Cl. Bernard a démontré aussi que l’insalivation avait un double but mécanique incontestable, celui de favoriser d’abord la mastication, puis la déglutition. De ses expériences, il résulte que les aliments s’humectent d’autant plus de salive qu’ils sont naturellement plus secs, et que lorsqu’on empêche l’arrivée de la salive dans la bouche, la déglutition devient beaucoup plus lente et plus difficile. Quant à l’action chimique de la salive sur les aliments, j’en parlerai plus tard.

La déglutition est l’acte par lequel les aliments, mâchés et imbibés de salive, sont portés, à travers le pharynx, de la bouche dans l’œsophage et bientôt dans l’estomac. Le mot vulgaire avaler désigne cette idée et se dit en latin deglutire; telle est l’origine du nom adopté par les physiologistes. Les matières convenablement triturées et insalivées vont former un bol alimentaire qui sera avalé tout ensemble. Pour cela, d’abord la bouche se ferme; par les mouvements des parties molles de cette cavité, les aliments sont réunis sur le dos de la langue qui les fait glisser entre elle et le palais vers l’orifice du gosier. Dans cette position, le bol alimentaire, en venant toucher le voile du palais, provoque dans tout le pharynx un mouvement compliqué très-rapide et très-précis. Toute la partie inférieure du gosier se porte vers la bouche, en même temps le voile du palais, qui, durant la mastication, pendait sur le dos de la langue perpendiculairement à l’axe des voies digestives et de façon à fermer en arrière la cavité buccale, le voile du palais, dii-je, se relève obliquement en arrière et va, pour ainsi dire, audevant du pharynx qui, de son côté, s’avance vers lui. Ces mouvements ont des résultats faciles à constater : le dernier ferme tout accès dans les fosses nasales et maintient, du côté supérieur, le bol alimentaire dans sa marche; mais le premier est bien plus complexe dans ses eff’ets : d’abord la partie inférieure du pharynx se présente à l’orifice postérieur de la bouche que le voile du palais a ouverte en se reculant; cette partie inférieure fonctionne comme une sorte d’entonnoir béant et vient recevoir le bol alimentaire qui glisse delà cavité buccale. Celui-ci tombe dans ce récipient, qui s’est avancé au moment précis et s’éloigne aussitôt en l’emportant avec lui. Mais en môme temps que l’entonnoir pharyngien placé à l’entrée de l’œsophage allait ainsi au-devant du bol alimentaire, le larynx s’est porté avec lui vers la bouche, et la glotte, fermée d’ai. leurs par ses propres contractions, s’est cachée sous la base de la langue, pendant que ce mouvement même faisait tomber l’épiglotte comme une soupape sur l’orifice glottique et achevait ainsi de fermer le canal aérien. A peine le bol alimentaire a-t-il glissé de la bouche dans le pharynx, ainsi porté à sa rencontre, qu’aussitôt celui-ci s’abaisse ainsi que le larynx, la glotte se relâche, l’épiglotte, libre d’obéir à l’élasticité de son tissu, se relève, et enfin le voile du palais retombe et ferme de nouveau toute communication entre la bouche et le pharynx. Une fois introduits dans l’œsophagè, les aliments sont poussés le long de ce canal par les contractions simultanées des fibres musculaires, circulaires et longitudinales, qui font partie des parois de ce tube membraneux, et ils arrivent ainsi dans l’estomac.

Le mouvement essentiel de la déglutition est celui qui tout à la fois porte le pharynx vers la bouche, heurte le larynx et la glotte contre la base de la langue et relève en arrière et en haut le voile du palais. Tout ce qui dérange ce mouvement entrave la déglutition. C’est ainsi que l’on s’étrangle lorsqu’on rit en avalant ; car alors le pharynx s’éloigne de la bouche, avec le larynx, pour laisser la glotte ouverte donner libre issue à l’air. 11 peut arriver alors soit que des particules alimentaires s’introduisent dans la glotte, et une toux suffocante tend à les en expulser aussitôt, soit que la colonne d’air les entraînant avec elle les projette dans les fosses nasales. Chacun a pu éprouver quelque accident de ce genre ; il est inutile d’y insister davantage. La déglutition des liquides n’offre avec celle des solides que des différences de détail.

Dans les autres portions du canal digestif, l’action mécanique de ses parois fait cheminer les matières de proche en proche jusqu’à l’anus. Ce mouvement a pour principe les contractions de la tunique musculaire des intestins ; il s’exécute de proche en proche sur les diverses anses de l’intestin, de façon à y produire une sorte d’agitation vermiculaire qui, môme après la mort, persiste quelque temps dans le cadavre encore chaud. Dans l’es-

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tomac, les fibres musculaires exercent une autre action et font subir à la masse alimentaire une sorte, de pétrissage continu.

2* Actes chimiques, — L’étude des réactions et transformations chimiques qui constituent la digestion suppose nécessairement, pour être intelligible, une connaissance préalable de la nature des aliments et des liquides versés sur eux comme réactifs.

La nature des matières alimentaires a été indiquée à l’article Aliments, et il importe surtout en ce moment de se rappeler que les aliments solides se rapportent à deux grandes catégories de substances organiques : les aliments azotés (viande et sang, cervelle et nerfs, glandes, caséum du lait, fromages, œufs, bouillon, tendon, os, peau, gluten du pain et certaines parties des végétaux, et les aliments non azotés, qui sont de deux sortes, les matières amylacées ou saccharoïdes (farines, fécules, haricots, lentilles, pommes de terre, fruits, graines, racines, sucre, etc., et même l’alcool des boissons) et les matières grasses (graisses, beurre, huiles animales et végétales). Quant aux liquides digestifs qui réagissent sur les aliments, leur nature, sera expliquée à mesure que nous nous occuperons de leur action.

— Les actes chimiques de la digestion peuvent être réduits à trois principaux : la digestion buccale, la digestion stomacale ou chymification, la digestion duodénale ou chylification.

La digestion buccale se passe dans la bouche. Nous savons déjà que les aliments y subissent une division mécanique au moyen de la mastication et y sont en même temps imbibés de la salive mixte qui humecte abondamment la cavité buccale. J’ai déjà assigné un premier rôle à la salive, celui de favoriser la mastication et môme la déglutition. Mais cette action mécanique n’est pas la seule que puisse exercer la salive ; ce liquide est un véritable réactif de la digestion, et il contribue à transformer en matière absorbable certains principes contenus dans no-s aliments.

Le rôle chimique de la salive dans les phénomènes digestifs a été établi d’abord par les expériences de Leuchs (1831), Schwann (1830), Sébastian (1837), en Allemagne, et surtout depuis 1846 par les travaux de M. Mialhe et de M. Cl. Bernard, en France. Ces physiologistes ont démontré que la salive mixte qui imbibe les aliments dans la bouche y trans.^orme les matières féculentes en dextrine, puis en glucose; c’est-à-dire que, sous l’empire de la salive buccale, les fécules insolubles dans l’eau à la température du coi’ps se changent en une matière sucrée parfaitement soluble et absorbable. M. Cl. Bernard a soutenu que le principe qui détermine cette métamorphose est fourni par la muqueuse buccale, et ainsi ajouté à la salive qui découle des glandes salivaires. M. Mialhe le regarde au contraire comme propre à la salive ; en tout cas, il est incontestable que la salive buccale renferme un agent capable de saccharifier les fécules, et cet agent paraît très-analogue à celui qui, dans l’orge germée, manifeste les mômes propriétés et que l’on a nommé la diastase végétale. Cet agent de la digestion buccale a reçu le nom de diastase animale et se trouve certainement dans la salive qui inonde la bouche lors de la mastication. Tel est le fuit essentiel qui caractérise le liquide buccal. Mais je compléterai cette indication de premier ordre par quelques détails sur la nature de la salive, qu’un rôle si important signale à notre attention. La salive mixte, c’est-à-dire celle qu’on recueille dans la bouche, est un liquide incolore, visqueux et chargé de mucus. En général, elle est un peu alcaline, parfois neutre, rarement acide. Ce liquide contient une grande quantité d’eau, près de 9'.) p. 100 en poids ; le reste est formé par du mucus (2 millièmes environ), un peu de graisses et plusieurs sels minéraux : les chimistes y ont enfin signalé une substance spéciale nommée ptyaline {ptyalon, salive), et qui y figure pour près de 2 millièmes. M. Mialhe a montré que c’est une altération de la diastase salivaire que lui-même a extraite directement de la salive mixte. Lorsqu’on examine ce liquide dans l’une des glandes salivaires, on constate dans les propriétés de cette salive parotidienne, ou sublinguale, etc. , des différences assez notables. Je ne m’en occuperai pas ici, la salive mixte ôtant le véritable agent de la digestion buccale, le seul qui nous intéres-e en ce moment. Les expériences de M. Mialhe ont prouvé que la salive mixte, réagissant hors de notre organisation, mais à une température voisine de celle du corps, a les propriétés suivantes : 1" de convertir en glucose, dans l’espace de quelques instants, la fécule cuite telle que celle de l’empois ou du pain;

2“ de n’opérer que lentement cette transformation sur la fécule crue ; la saccharification n’est alors effectuée qu’au bout de plusieurs jours et avec l’aide de la chaleur; mais si la fécule crue a été broyée préalablement, la transformation ne demande plus que quelques heures, et plus la trituration a été parfaite, plus l’action est rapide ; 3'' la salive n’a aucune action sur les matières albuminoïdes ni sur les corps gras; 4“ la diastase extraite de la salive et redissoute dans l’eau a toutes les propriétés de la salive.

Ces quatre principes expliquent l’activité de la digestion buccale chez l’homme, qui cuit presque tous ses aliments, l’utilité constante de la mastication qui, en broyant les fécules, favorise l’action de la salive sur les fécules, la spécialité de la digestion buccale, qui ne peut intéresser que les matières amylacées à l’état féculent et l’importance toute particulière de la diastase. Quant aux fécules crues que n’aurait pas attaquées la salive, nous les verrons plus tard dans le duodénum subir de la part du suc pancréatique une action analogue à celle de la salive sur les fécules cuites.

Le rôle de la salive et son importance spéciale chez l’homme, due à l’usage des aliments cuits, explique en grande partie l’avantage hygiénique que trouvent beaucoup de personnes à manger lentement pour mâcher avec soin ; les troubles que produit très-haWtuellement dans la digestion le mauvais état ou la perte des dents ; et enfin, dans ce dernier cas, les heureux eflets de l’emploi des dents artificielles et des dentiers.

Les phénomènes chimiques qui se passent dans l’estomac sont complexes et ont été confondus autrefois sous le nom général de chymification. On les désigne volontiers maintenant sous le nom de digestion stomacale. Si l’on se borne à examiner physiquement le bol alimentaire après qu’il a subi l’action de l’estomac, on le trouve converti peu à peu, couche par couche, de dehors en dedan'i, en une pâte semi-fluide grisâtre douée d’une odeur aigre toute spéciale et que depuis longtemps on appelle le chyme. Cette pâte a une réaction acide très- marquée, les tissus organisés des aliments ne s’y retrouvent plus et semblent avoir subi une dissolution qui les rend méconnaissables. On regarda le chyme comme le premier résultat du travail digestif, comme un magma des matières nutritives avec celles qui ne le sont pas, tandis que le chyle qui s’en sépare dans l’intestin duodénum et pénètre par absorption dans le sang, parut être la quintessence nutritive des aliments, le résultat final de la digestion. Sans expliquer par quelles transformations successives ont passé nos opinions sur cet acte important, je m’attacherai à bien établir pourquoi nous regardons aujourd’hui la cliymification comme un acte très-complexe et pourquoi le chyle n’est plus à nos yeux le produit essentiel et entier du travail digestif.

D’abord nous savons maintenant que les aliments n’arrivent pas intacts dans l’estomac ; la salive, en réagissant sur les fécules, soit dans la bouche, soit jusque dans l’estomac lui-même, dégage un premier produit absorbable, le glucose en dissolution dans l’eau, qui humecte en si grande abondance la masse alimentaire. Ce premier lait était inconnu des anciens physiologistes.

En outre, sachant que l’estomac, durant la chymification, exerçait par ses contractions un broiement continu de la masse alimentaiie et prenait une part évidente et active au travail digestif, ils pensèrent que le phénomène dont il était le siège était intimement lié à la vie et s’accomplissait sous sa mystérieuse influence sans qu’il fût possible à l’homme d’en saisir les détails. Les uns y ont vu une sorte Aq putréfaction, d'autres owq fermentation comparables à celles qui s’effectuent dans l’industrie, d’autres encore une trituration purement mécanique.

Le célèbre Spallanzani ouvrit le premier la voie des belles expérimentations sur lesquelles repose la science moderne. On savait que les parois de l’estomac ajoutaient aux aliments un liquide particulier sécrété par elles. Déjà Réaumur avait pensé qu’on pourrait avec ce liquide opérer en dehors de l’estomac des artificielles.

Cette idée hardie fut réalisée par Spallanzani; avec du suc gastrique assez imparfaitement extrait de l’estomac de divers animaux, il convertit en chyme des substances alimentaires soumises en vase clos à l’action de ce liquide et maintenues à une température de 4<)“ cent, environ (température du corps de l’homme). Ces expériences furent renouvelées depuis par un grand nombre de physiologistes ; mais les plus célèbres sont celles de Beaumont, qui sut admirablement utiliser dans ce circonstance extraordinaire offerte par le hasard. Il int

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à même d’observer nn jeune Canadien qui, par suite i de blessure, avait conservé une libre communication de l’estomac au dehors à travers les parois du ventre : c’est ce qu’on nomme une fistule stomacale. Avec le concours de ce jeune homme, il entreprit une série d’expériences dont les résultats furent du plus haut prix pour la science. Le grand avantage de Beaumont était de pouvoir prendre le suc gastrique bien pur dans l’estomac même. Il observa d’abord l’estomac vide, l’arrivée des aliments, puis leur transformation en chyme, et enfin il exécuta des digestions artificielles dans les circonstances les plus variées et comparativement avec le travail qui s’accomplissait en même temps dans l’estomac. MM. Tiedemann et Gmelin, Eberle, Bouchardat et Sandras, Blondlot, Bernard et Barreswil, et Mialhe, sans arriver à des résultats identiques, ont, par leurs expériences, éclairé ce phénomène si curieux et si important de la vie. On peut aujourd’hui résu mer ainsi les idées qui ont le plus généralement cours dans la science.

Les aliments arrivent peu à peu dans l’estomac à mesure qu’ils sont avalés ; à ce moment la paroi intérieure du viscère est rouge, excitée et couverte d’une quantité de suc gastrique. Quand il est rempli, le cardia se ferme, et, le pylore l’étant habituellement, la masse alimentaire se trouve, en vase clos, à la température de 40". Les contractions de l’estomac pétrissent cette masse et l’agitent d’un mouvement assez rapide qui fait glisser peu à peu les couches superficielles vers la portion pylorique, puis les ramène au grand cul- de-sac et ainsi de suite un grand nombre de fois. En même temps, le suc gastrique imbibe cette masse de proche en proche, et son action toute spéciale se manifeste peu à peu de dehors en dedans.

Mais l’étude de cette action ne peut se bien comprendre, si l’on ne connaît pas la nature même du réactif. Le suc gastrique est un liquide clair, transparent, d’une odeur aromatique toute spéciale, très-sensiblement acide.

Il jouit de la remarquable propriété d’être à peu près imputrescible par lui-même et d’empêcher ou d’arrêter la putréfaction des matières que l’on y tient plongées; c’est, en nn mot, ce qu’on appelle un antiseptique. L’acidité caractéristique du suc gastrique est due à la présence d’un acide libre que, après bien des recherches contradictoires, on regarde aujourd’hui généralement comme de Vacide lactique. Cet acide n’expliquerait qu’une partie des propriétés du suc gastrique; mais Th. Schwann, Dumas, Mialhe, Payen en ont extrait une substance spéciale, nommée pepsine^ qui est, avec l’acide lactique, le principe actif de ce liquide, et qui, retirée chimiquement et obtenue isolée, peut toujours donner des dissolutions.capables d’agir comme le suc gastrique. Ce liquide contient d’ailleurs 98 à 99 p. 100 d’eau et quelques substances minérales.

Ainsi constitué, le suc gastrique paraît agir de la manière suivante : son acide sert à gonfler, hydrater et préparer les matières soumises à la digestion ; la pepsine agit sur les matières albuminoïdes de tout genre et les transforme en une substance soluble dans l’eau et dans la partie liquide du sang, et que l’on nomme c’est

la seule forme sous laquelle les matières azotées puissent être assimilées, et toutes doivent nécessairement passer par cet état. Mais cette action du suc gastrique dissout et détruit les tissus animaux ou végétaux qui ont toujours pour base une matière azotée, et en môme temps la diaslase salivaire qui a pénétré le bol alimentaire poursuit son action sur les fécules à mesure que la dissolution des tissus les expose librement à son contact; de cette façon, les graisses sont mises en liberté et le chyme est en définitive le mélange des produits azotés dissous sous l’influence de la pepsine, des matières glucosiques dissoutes par suite de l’action de la diastase salivaire, et enfin, des graisses encore intactes et qui ne doivent subir leur transformation que dans le duodénum.

Telle est la digestion stomacale; à mesure qu’elle s’effectue, le chyme glisse vers l’ouverture pylorique et franchit, pour pénétrer dans le duodénum, le sphincter qui, sous la forme d’un bourrelet saillant, entoure cet orifice et le ferme à toute matière incomplètement digérée. ^Ces actes compliqués ne sont cependant pas les seuls qui se passent dans l’estomac : j’y ai signalé des phénomènes mécaniques, puis des phénomènes chimiques d’un haut intérêt; j’aurai bientôt l’occasion de compléter l’histoire fonctionnelle de cet important viscère, en y constatant des phénomènes d’absorption qui jouent dans la digestion un rôle considérable.

La digestion duodénnle ou chylification a lieu dans la

première portion de l’intestin arrosée par deux liquides qui, versés sur le chyme, y déterminent de nouveaux changements; ces deux liquides sont la bile et le pancréatique.

La hile^ sécrétée par le foie, est un liquide d’un vert sombre, amer et nauséabond, rendue visqueuse et filante par le mucus qu’elle contient. Elle a une réaction alcaline, et sa composition chimique rappelle la nature des savons; c’est, suivant Berzélius, une combinaison des acides gras (oléique et margarique) et de certains acides résineux avec la soude et une base organique, la hiline; pour Dumarsay, c’est un savon à base de soude formé par un acide spécial, Vacide choléique (y.ûX,73, bile). D’autres opinions ont encore été émises sans que la question soit aujourd’hui bien résolue.

Le suc pancréatique a surtout été étudié depuis que M. Cl. Bernard, dans des expériences à la fois ingénieuses et célèbres, l’a extrait en quantité siififisante du corps des animaux vivants et a démontré son rôle dans le travail digestif. Ce liquide est clair et incolore, et ressemble complètement à la salive par ses propriétés physiques; mais il contient un principe spécial nommé dans ces derniers temps pancréatine^ qui lui donne des propriétés chimiques toutes particulières. On y a trouvé environ 92 p. 100 d’eau, du mucus et des sels minéraux. Il a normalement une réaction alcaline.

A son arrivée dans le duodénum, le chyme est arrosé par ces deu^ liquides ; il v reçoit de la bile une colora^ tion jaune, légèrement verdâtre ; mais bientôt apparais sent à sa surface des filaments d’une matière bîanche, lactescente, très-riche en graisse et que l’on nomme le chyle. On a beaucoup expérimenté pour déterminer le rôie respectif de chacun des deux liquides dans la chylification. La bile paraît surtout destinée à neutraliser l’acidité du chyme ; on ne peut dire autre chose de positif sur ce liquide, son véritable rôle est encore très-obscur et a donné lieu à une foule d’hypothèses que je m’abstiens de signaler ici.

Nous connaissons mieux l’action du suc pancréatique. Dès 1834, Eberle lui reconnut la propriété de transformer les matières grasses en une émulsion semblable à du lait. En 1845, d’une autre part, MM. Bouchardat et Sandras ont démontré qu’il déterminait la transformation des fécules en glucose, et complétait ainsi, après la désorganisation accomplie dans l’estomac, l’action incomplète de la salive. Quelques années plus tard, M. Cl. Bernard, par' des expériences nombreuses et bien faites, confirmant les observations d’Eberle, établit que l’émulsion graisseuse que subissent les matières grasses neutres dans le duodénum est provoquée par le suc pancréatique. Ce suc a la propriété de les transformer en un liquide émulsionné, lactescent, qui donne au chyle son aspect particulier, et qui est parfaitement préparé pour être absorbé et porté dans le sang. C’est donc une véritable digestion des matières grasses neutres, et la pancréatine est l’agent spécial de l’émulsion des graisses par le suc pancréatique.

Là se bornent les notions précises que nous possédons sur les phénomènes chimiques de Indigestion. Les aliments continuent à cheminer dans les intestins ; à nos yeux, les phénomènes d’absorption qui s’y passent ont la plus grande importance, et les liquides qui humectent le long tube de l’intestin font éprouver aux matières de nouvelles transformations que trahissent des changements physiques évidents, dont la nature nous est encore inconnue .

3® Actes physiologiques. — J’ai réservé sous ce nom, comme dérivant plus spécialement des propriétés vitales, les phénomènes d’absorption qui dirigent vers le sang les produits de la digestion. Sous l’influence combinée des actes mécaniques et des phénomènes chimiques de la digestion se sont élaborées des matières susceptibles d’être introduites dans le sang par la voie d'absorption. On appelle absorption., en physiologie, un acte par lequel des substances matérielles déposées sur un point de la surface d’un tissu se retrouvent du côté opposé après avoir nécessairement traversé sa masse. C’est par un phénomène de ce genre que les produits de la digestion passent à travers les parois du canal alimentaire et pénètrent dans les vaisseaux où circulent les liquides nourriciers du corps. Une portion considérable delà surface interne du tube digestif sert à l’absorption ; elle se fait par une double voie, les veines, vaisseaux sanguins où circule le sâng qui- a servi à nourrir les organes, et les vaisseaux chylifères, appareil spécial d’absorption intestinale qui se rattache à un grand système de vaisseaux absorbants

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répandus dans tout le corps des animaux supérievrs. L’absorption des produits de la digestion se fait par les veines, dans l’estomac et dans les intestins. L’absorption par les veines, généralement admise chez les anciens, fut niée lorsqu’Aselli, professeur à Pavie, eut découvert, en 1622,les vaisseaux chylifères et à leur suitel’appareil lymphatique en général.* Mais des expériences incontestables faites de nos jours par Magendie, Mayer, etc., ont démontré que les veines exercent l’absorption concurremment avec les vaisseaux lymphatiques et chylifères; et aujourd'hui on pense que les veines de l’estomac et celles des intestins jouent dans cette fonction un rôle considérable. Les veines de l’estomac sont en présence de produits digestifs absorbables : le glucose formé sous l’influence de la salive ; les matières déjà solubles, comme le sucre de canne; puis l’albuminose formée dans l’estomac lui-même; enfin les boissons. Une absorption considérable, portant sur ces dernières principalement, réduit notablement le volume de la masse alimentaire qui passe dans le duodénum et les intestins; et quant aux véritables produits de la digestion, le glucose, l’albuminose, l’absorption commence dans l’estomac et va se continuer dans l’intestin grêle et plus faiblement dans le gros intestin. La masse alimentaire qui pénètre dans l’intestin grêle, en franchissant le pylore, apporte avec elle de l’al-

Fig. 784. — Système absorbant intestinal veineux et chylifère, chez i l liomme (1). ‘

buminose et du glucose que n’a pas atteints l’absorption des veines stomacales et qui ne tarde pas à ressentir l’influence des veines intestinales, de telle sorte que le sang de ces veines s’enrichit pendant la digestion de matières albuminoïdes et de matières saccharoïdes. Ces veines intestinales, habituellement nommées mésaraï-ques (contenues entre les tuniques intestinales) et les veines de l’estomac, se réunissent de proche en proche en un gros tronc unique placé sous le foie et que l’on nomme la veine porte. De nombreuses expériences ont montré dans le sang de la veine porte l’existence de ces produits digestifs pendant l’absorption intestinale et leur absence en d’autres temps. Cette veine, qui les réunit ainsi, se distribue ensuite dans le foie où s’exerce une fonction spéciale dont je parlerai plus tard en traitant des phénomènes généraux de la nutrition.

Ainsi que je l’ai dit, les veines ont pour auxiliaires très-actifs dans ces phénomènes d’absorption les vaisseaux chylifères. Dès 1C22, Aselli découvrait que, si l’on ouvre un animal pendant la digestion d’un repas copieux et surtout riche en matières grasses, on aperçoit dans le mésentère, à côté des vaisseaux sanguins, d’autres vaisseaux rendus visibles par un liquide blanc laiteux qui les remplit : Aselli les nomma vaisseaux lactés ; mais ayant appelé chyle le liquide qu’ils contiennent, les physiologistes donnèrent aux vaisseaux le nom de chylifères. Us naissent des divers points do l’intestin grêle, abondent surtout dans sa première portion, sont moins répandus

(1) Le canal thoracique et les vaisseaux chylifères, chez l’homme; la veine porte et les veines de l’intestin. — i, portion de l’intestin grêle suspendue à un lambeau du mésentère qui contient les veines et les vaisseaux chylifères correspondants. — d, diaphragme. — foie. — vp, veine porte qui réunit les veines de ibntestin et va se ramifier dans le foie d’où le sang est ramené dans la veine cave inférieure et de là au cœur droit. — o, origine du canal thoracique, réservoir de Pecquet. — et, canal thoracique qui reçoit les chylifères et les lymphatiques. — *cv, abouchement du canal thoracique dans la veine sous-clavière. — ves^, veine cave supérieure.

dans la dernière et deviennent rares dans le gros intestin. Leurs premières racines, en sortant du tube intestinal, sont très-fines, mais bientôt ils s’unissent en des rameaux plus gros, et de proche en proche vont se confondre en quelques troncs principaux qui, en avant de la colonne vertébr ale et un peu au-dessous du diaphragme, forment un canal unique nommé canal thoracique, réunissant en même temps les chylifères et tous les vaisseaux lymphatiques, c’est-à-dire absorbants, qui naissent des divers points du corps. Dans le canal thoracique sont donc rassemblés le chyle, un des produits de la digestion, et la lymphe, produit de l’absorption générale qui s’exerce sur toutes les surfaces membraneuses du corps. Ce canal, qui commence au-dessous du diaphragme par une sorte de renflement nommé \vLciterne ou réservoir de Pecquet, chemine le long de la colonne vertébrale et un peu à gauche, à côté de l’artère aorte et jusqu’au niveau des clavicules ; là il vient se jeter dans une veine placée sous la clavicule gauche qui ramène le sang du bras gauche et que l’on nomme la veine sous-clavière gauche.

L’origine des vaisseaux chylifères dans les parois dè l’intestin et à sa surface interne mérite de fixer notre attention. Il existe sur toute la surface de la muqueuse, dans l’intestin grêle, un nombre incommensurable de petits filaments de nature membraneuse nommés les villosités intestinales. Leur longueur varie de 1 /2 millimètre à 0“,003 ; leur forme est pyramidale, lamelleuse ou cylindrique. Chacun de ces prolongements a une organisation compliquée que fera comprendre la figure ci-jointe ; mais

Fig. 786. — Surface villeuse Fig. 786. — Slruclure d’une villosifè de i’inlestin grêle.J intestinale chez le lapin (1).

ce qu’il faut surtout signaler ici, c’est que chaque villosité est l’origine d’un ou de plusieurs vaisseaux chylifères et leur constitue une sorte de racine plongeant dans la masse alimentaire. Ainsi le chyle, c'est-à-dire ce liquide opaque ou même laiteux que les chylifères extraient des matières digérées, est absorbé d’abord par les villosités et pénètre ainsi dans les vaisseaux lactés, puis parvient au canal thoracique qui le verse enfin dans la veine sous-clavière gauche et le mêle au sang noir.

Longtemps on a regardé ce chyle comme le produit unique et complet de la digestion. Nous ne pouvons aujourd’hui conserver de telles idées, puisque nous savons qu’une partie notable des produits digestifs provenant des matières saccharoïdes et albuminoïdes prend la route des veines et passe à travers le foie. Ce qui caractérise le chyle, c’est l’abondance des matières grasses ; le chyle laiteux crème comme le lait, et même, lorsqu’il est simplement opalescent, ce liquide montre encore au microscope de nombreux globules graisseux ; aussi le regardons-nous comme l’émulsion graisseuse produite sous l’influence du suc pancréatique et comme représentant surtout les produits de la digestion des corps gras. Cette émulsion a pour base la dissolution qui imbibe la masse alimentaire, de telle sorte que le chyle renferme aussi de l’albuminose et des quantités plus ou moins grandes de sucre ; mais les chylifères paraissent être le chemin particulier que suivent les matières grasses pour arriver dans le sang.

Les notions qui précèdent résument ce que nous savons sur les phénomènes de la digestion chez l’homme et chez les animaux supérieurs, principalement les mammifères. On trouvera aux mots Faim, Soif, Inanition, Rumination, Excréments, Vomissement beaucoup d’indications

(1) Une villosité intestinale du lapin. — a, artériole. r, veinule. — ch, vaisseau chylifère qui a son origine dans la villosité. — e, épithélium qui recouvre la villosité.

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spéciales qui n’otit pu trouver place ici. La disposition comparative de l’appareil digestif chez les divers animaux et les modifications qui en résultent se trouvent aux articles concernant les principaux groupes.

L’étude de la digestion a donné lieu à un nombre immense de publications ; je signalerai ici les plus importants parmi les travaux généraux sur cette matière; dans ces travaux mêmes on trouvera en abondance des indications bibliographiques plus détaillées : Tiedemann et Gmelin, Recherches physiol. et chim. sur la digestion. Paris, 1827. — W. Beaumont, Expériences et observations sur le suc gastrique et la digestion (texte anglais) . Plattsbnrg, 1833. — Eberle, Physiologie de la digestion (texte allemand). Würtzburg, 1834. — Magendie, Précis élém. de physiologie. Paris, 1836. — Burdach, ÏVafte' rfe physiologie. Paris, 1837. — Blondlot, Traité analytique de la digestion. Nancy, 1843. — G. Golin^ Traité de physiol. comp. de^s anim. domest. Paris, 1854. — Longet, Traité de physiologie. Ps^riSy 1857. A». F.^

DIGITAL (Anatomie). — Épithète que l’on applique aux vaisseaux, aux nerfs destinés aux doigts. Les artères digitales ùd la main, collatérales des doigts^ sont fournies par l’arcade palmaire superficielle qui est la continuation de l’artère cubitale; elles sont ordinairement au nombre de six ; la sixième, qui va au côté externe du pouce, vient souvent de l’arcade palmaire profonde. Les artères digitales du pied sont fournies par l’arcade plantaire qui naît elle-même de la pédieuse et de la plantaire interne. Elles sont au nombre de quatre. Les veines digitales ont la même disposition. Les nerfs digitaux sont fournis à la main par le médian, le cubital et le radial ; au pied par les nerfs plantaires internes et externes, branches du tibial postérieur.

Le mot digital signifie quelquefois aussi, en anatomie, qui a la forme d’un doigt : ainsi on dit quelquefois Vappendice digital du cæcum pour désigner l’appendice vermiforme. Les impressions digitales du crâne sont de légers enfoncements de la face interne du crâne qui correspondent aux circonvolutions du cerveau.

DIGITALE (Botanique), Digitalis, Lin. ; du latin digitus, doigt ; allusion à la forme de la corolle. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes^ famille des Scrophularinées, type de la tribu des Digitalées. Les espèces assez nombreuses de ce genre sont ordinairement des herbes à feuilles supérieures amplexicaules ; leurs fleurs sont disposées en belles grappes allongées d’un joli effet dans les parterres. La plus commune est la D. pourprée (J), purpurea^ Lin.), plante indigène cultivée soit pour l’ornement, soit pour ses propriétés médicinales. lies feuilles de la digitale ont une action diurétique très-marquée: mais leur propriété la plus précieuse est de ralentir les battements du cœur, aussi est-elle très-employée dans les maladies chroniques de cet organe. On l’administre en décoction, en teinture alcoolique, en sirop ; mais on ne peut l’employer qu’à petites doses, car elle est vénéneuse et purge très-violemment ; même à doses modérées, elle fatigue souvent l’estomac. On l’applique aussi extérieurement en frictions. Le principe particulier auquel sont dues ses propriétés a été extrait et isolé par MM. Homolle et Quévenne, qui l’ont nommé digitaline et l’ont préparé en globules pour l’usage des médecins. Souvent, dans les campagnes, on désigne la digitale pourprée sous les noms de Gantelée^ Gants de Notre-Dame, Doigts de la Vierge et môme Doigtier, par allusion à la forme de sa corolle. Elle croît principalement dans les terrains sablonneux des contrées tempérées de l’Europe. La culture a obtenu, par hybridation d’une autre espèce, la D. jaune (D. lutea. Lin.), avec différentes espèces voisines, des variétés qui figurent avec avantage dans les jardins. Caractères du genre : calice à 5 divisions ; corolle rappelant la forme d’un bout de doigt de gant ; 4 étamines didynames; capsule déhiscente, ovale (voyez Scrofülariacées). G — s,

DIGITÉ (Botanique), du latin digitus, doigt. — Se dit des organes dont les parties sont insérées en un même point en divergeant comme les doigts de la main. Les racines de certaines dioscorées, les feuilles du marronnier d’Inde, l’épi de certaines graminées sont digités.

DIGITÉE-PENNÉE (Feuille) (Botanique). — Lorsque la feuille, au lieu d’être simplement digitée, a son pétiole terminé par des pétioles secondaires sur les côtés desquels les folioles sont attachées, on dit qu’elle est digitée-pennée. Dans le Mimosa purpurea, les pétioles secondaires sont au nombre de deux ; il y en a quatre dans le Mimosa pudica, etc. Dans ce cas, les feuilles sont bidigitées-pennées,tridigitées-pennées,quadridiqitées-pennées.

DIGITIGRADES (Zoologie), du latin digitus, doigt, et gradi, marcher. — Nom d’une tribu de Mammifères, de l’ordre des Carnassiers, famille des Carnivores, qui ont pour caractère de marcher en s’appuyant sur les doigts sans que la face plantaire ou palmaire des extrémités touche le sol. Cette tribu comprend les Martes, les Chiens, les Civettes, les Hyènes et les Chats, parmi lesquels se trouvent les carnassiers les plus forts et les plus redoutables.

DIGLOSSA (Zoologie), du grec dî>,deux fois, et glôssa, langue. — Genre à' Insectes, ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Brachélytres, section des Aplatis de Latreille, établi par Haliday. La seule espèce connue, D. mersa, Halid., habite dans les sables sur les bords (it la mer, en Islande. Elle est noire, les palpes et les pied ferrugineux.

DIGYNIE iBotanique), du grec dis, deux, et gijnè, femelle. — Nom adopté par Linné pour désigner, dans certaines de ses classes, l’ordre comprenant les plantes à fleurs pourvues de 2 styles ou de 2 stigmates.

DIRE (Minéralogie), du mot anglais dike, digue, chaussée. — Dans les éruptions volcaniques, il se forme souvent sur le flanc de la montagne des crevasses dans lesquelles sont restées et séjournent des laves, des matières basaltiques qui n’ont pas été rejetées au dehors, et qui ont formé des filons. Plus tard, la roche environnante étant dégradée, le filon, plus résistant, reste en saillie sur l’escarpement, ou même au milieu des champs, comme une muraille; c’est cette dernière circonstance qui lui a fait donner, en Angleterre, le nom de dike appliqué plus tard aux filons mêmes.

DIL.4TABILITÉ (Physique). — Propriété qu’ont les corps de se dilater sous l’influence de la chaleur quand leur température s’élève (voyez Dilatation)-

DILATANT, Dilatateur, Dilatation ((Chirurgie). — On a recours quelquefois à la dilatation, soit pour élargir une plaie, une fistule, un canal naturel obstrué, afin d’en faciliter la guérison ; on emploie pour cela des corps spongieux, de l’éponge préparée, de la corde à boyaux, des mèches en tissu, en coton, etc. Ainsi, dans la fistule lacrymale, pour désobstruer, pour dilater le canal nasal, on a recours souvent à des mèches, à des fils de plomb, etc. On dilate une ouverture fistuleuse au moyen de petits morceaux d’éponge préparée, de racine de guimauve, etc. On a aussi donné le nom de dilatateur à un instrumeat proposé par Leblanc dans l’opération de la hernie, pour éviter de faire une trop grande incision. Un autre dilatateur était aussi employé dans l’opération de la taille pour dilater l’ouverture faite à la vessie par l’instrument tranchant.

DILATATION (Physique). •— Accroissement que subissent Jes corps, soit dans leur volume, soit dans lems dimensions linéaires ou superficielles, sous l’influence de la chaleur. Tous les corps se dilatent quand ils s’échauffent; une exception, à peu près la seule, nous est présentée par l’eau dans des conditions définies et restreintes ; mais ils se dilatent de quantités inégales suivant leur nature, alors même qu’ils sont placés dans des conditions semblables.

On appelle coefficient de dilatation en volume ou cubique la quantité dont l’unité de volume d’un corps à zéro se dilate quand sa température augmente de 1“. On appelle de même coefficient de dilatation linéaire la quantité dont l’unité de longueur à zéro d’un corps se dilate quand sa température monte de 1°. Les corps solides senties seuls pour lesquels on ait à envisager la dilatation linéaire.

Dilatation des corps solides. — Toujours contenue dans des limites très-étroites, elle n’en produit pas moins des effets très-appréciables dâns certains cas (voyez Pyromètre, Pendule compensateur).

^ Le plus ordinairement, dans la pratique, on n’a à considérer que les allongements des solides.

Laplace et Lavoisier ont publié de concert, en J 78?, sur ces dilatations, un travail important dont les résultats ont été généralement admis. Les barres sur lesquelles ils opéraient étaient suspendues horizontalement par des lames de verre dans une auge qu’ils remplissaient do glace fondante et d’eau bouillante. Les barres butant par une de leurs extrémités contre la lame fixe S, leur changement de longueur se traduisait par un déplacement de la lame opposée O dont les oscillations se transmettaient à une lunette L dirigée sur une mire plantée verticalement à une grande distance. De cette manièie, chaque dilatation des barres était accusée pp un mouvement de Taxe de la lunette le long des divisions de la

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mire. M. Pouillet a repris ces expériences à l’aide d’un appareil donnant d’une manière plus directe et dans des conditions plus variées la valeur de la dilatation linéaire des solides. D’autres physiciens se sont également occupés du même sujet. Les résultats qu’ils ont obtenus ne concordent pas entre eux d’une manière bien rigoureuse, ce qui tient à ce que les métaux ne sont jamais purs et que des différences même peu considérables dans leur degré de pureté ou leur état moléculaire suffisent pour modifier leur dilatation. Voici les principaux résultats obtenus par Lavoisier et Laplace à l’aide de l’appareil dont nous donnons une vue perspective dans notre figure.

Fig. 787. — Appareil de dilatation de Laplace et Lavoisier.

Tableau lies coeflictenls de dilatation linéaire des solides, d’après Eiavoisirr.

Acier non trempé 0,000010792

Acier trempé, recuit à 65° 0,000012395

Argent de coupelle 0,000019075

Argeut an titre de Paris 0,000019086

Cuivre rouge 0,000017173

Cuivre jaune ou laiton 0,000018782

Étain de Malacca 0,000019376

Etain de Falmouth 0,000021729

Fer doux forgé 0,000012204

Fer rond passé à la filière 0,000012350

Flint glass anglais 0,0000081 16

Or de départ 0,000014660

Or au titre de Paris, recuit 0,000015135

Or — non recuit... 0,000015515

Platine 0,000009918

Plomb 0,0(028483

Verre de France avec plomb 0,000008715

Zinc laminé 0,000029416

Zinc forgé 0,000031083

On voit, d’après ce tableau, qu’une ligne de chemin de fer de 10 lieues ou 40000 mètres de longueur, posée à la température zéro en hiver, s’allongerait de 14“,65 en passant à la température de 30° moyenne des jours d’été à l’ombre. Et comme la force de dilatation est presque irrésistible, il en résulterait des flexions, des plissements qui pourraient avoir de désastreuses conséquences, si l’on n’avait soin de laisser toujours un petit intervalle entre deux rails successifs. La même observation peut être faite à l’égard des tuyaux de conduite des eaux ou du gaz de l’éclairage. Bien que leur position souterraine les garantisse contre les effets du froid ou de la chaleur, on a soin, quand ils sont en fer, d’emboîter l’une dans l’autre les diverses parties qui les composent en garnissant de plomb, corps mou, les interstices qui pourraient donner passage au fluide.

L inégalité des dilatations des corps fait aussi éviter autant qu on le peut l’emploi de métaux différents dans la construction d’une même machine destinée par sa nature ou ses usages à subir des variations considérables de température.

La dilatation des solides et la puissance énorme avec laquelle elle s’effectue ou disparaît suivant que la température monte ou descend est fréquemment mise à profit dans les arts ou l’industrie. Quand on veut, par exemple, fretter une roue de voiture, on soude un cercle de fer d’un diamètre intérieur un peu plus petit que le diamètre extérieur de la roue, mais assez grand cependant pour que, par la dilatation, on puisse compenser la différence. Le fer est chauffé jusqu’au rouge naissant,, mis en

place, puis immédiatement arrosé d’eau froide. En se refroidissant, il se contracte et resserre fortement les assemblages de la roue à laquelle il donne une grande solidité.

L’usage étendu que l’on fait actuellement du fer dans les constructions a fait recourir à certaines précautions pour éviter les fâcheux effets des dilatations de ce métal.

Si les charpentes de fer qui soutiennent la toiture de plusieurs gares de chemin de fer étaient scellées d’une manière invariable au sommet des murs d’appui, ceux-ci seraient rejetés en dehors pendant les chaleurs, ramenés en dedans par le froid, et ces oscillations, quoique renfermées dans des limites assez étroites, ne tarderaient {

pas à disloquer ledifice. Un des moyens les plus ingé- ;

nieux d’obvier à cet inconvénient consiste à faire poser |

les pieds de la charpente de fer sur du plomb coulé dans |

de petites auges en fonte scellées sur le mur, la mollesse <

du plomb laissant dilater le fer assez librement. i

Dilatation des liquides, — Elle est moins régulière en- 1 core que celle des métaux, et cette irrégularité est sur- ( tout prononcée pour l’eau. Si l’on prend de l’eau à 0° et \ qu’on réchauffe graduellement, on verra son volume di- « minuer, loin de s’accroître, jusqu’à 4® environ, point à ) partir duquel elle se dilatera comme les autres corps. L’eau a donc un minimum de volume et, par suite, un i

maximum de densité à une température voisine de 4°. 1

Cette particularité que présente l’eau est d’une grande importance dans la nature; sans elle, la vie serait impossible au sein des eaux pendant les hivers rigoureux, du moins avec une organisation semblable à celle qui a r été donnée aux êtres qui les peuplent. Considérons, en ( effet, l’eau d’un lac au moment où les froids commencent à sévir ; l’eau se refroidit par sa surface, mais les couches qui pei dent ainsi de leur chaleur se contractent, augmentent de densité, tombent au fond et sont remplacées par de nouvelles couches qui subiront les mêmes effets. Si la contraction de l’eau était indéfinie, ce renou- i vellement des couches aurait lieu jusqu’à ce que tonte la masse liquide fût congelée et les poissons périraient, à moins qu’ils ne fussent organisés de manière à supporter, comme la marmotte, un engourdissement de plusieurs mois et même cesser de respirer pendant ce temps, ce que ne fait pas la marmotte. Au lieu de cela, l’eau a un maximum de densité à 4°; un abaissement plus grand de température la dilate et la rend plus légère; les couches refroidies au delà de 4° restent donc à la surface qui peut se congeler, tandis que le fond se maintient à 4°.

La dilatation des liquides est plus considérable généralement que celle des corps solides ; aussi voyons-nous le mercure ou l’alcool monter dans les tubes thermométriques à mesure qu’ils s’échauffent; mais cette dilatation apparente qu’on observe en eux n’est pas leur dilatation vraie. L’enveloppe augmente elle-même de volume et de capacité; le liquide n’y peut donc monter que d’une quantité correspondante à l’excès de sa dilatation sur celle de l’enveloppe.

La dilatation des liquides a été l*objet de travaux importants. Dulong et Petit, d’une part, et M. Régnault, de l’antre, ont étudié la dilatation du mercure. On doit, en outre, à MM. Despretz, Pierre, Billet des recherches très-étendues qui ont montré toute l’irrégularité que présentent les liquides dans leur dilatation. Nous donnerons ici, d’après Dalton, les coefficients moyens et approcliés de dilatation des liquides les plus usuels, entre 0 et 100°.

Mercure

Acide nitrique 0,UU11

Alcool 0,0011

Acide chlorhydrique 0,0006

Acide sulfurique 0,0006

Eau pure 0,000466

Eau saturée de sel 0,0005

Essence de térébenthine 0,0007

Ether sulfurique 0,0007

Huiles fixes 0,0(i08

D’après M. Thilorier, l’acide carbonique liquide aurait, entre 0° et 30°, un coefficient moyen de dilatation égal à 0,0127 ou plus de trois fois plus grand que celui des gaz, et cette particularité semble se retrouver dans 1 tous les liquides qui conservent cet état sous l’action ' d’une pression très-considérable, ainsi que l’a montré M. Drion dans un travail récent.

Dilatation des gaz. — A l’exception du fait particulier qui vient d’être signalé, les gaz sont de tous les corps ceux qui se dilatent le plus, ainsi qu’on peurle constater d’après le tableau suivant, du à M. Régnault.

DIL

DIL

Table des coefficients de dilatution des divers corps.

Oxyde de carbone 0,00367

Hydrogène 0,00367

Azote 0,00367

Air atmosphérique 0,00367

Acide carbonique 0,00371

Protoxyde d’azote 0,00372

Cyanogène 0,0038S

Acide sulfureux 0,00390

Les premiîires expériences précises faites sur la dilatation des gaz sont dues à Gay-Liissac. L’appareil dont U se servait se composait d’un tube de verre E à l’extrémité duquel une boule de verre avait été soufflée et qu’il remplissait de gaz sec. Une gouttelette de mercure finalement introduite ou laissée dans le tube faisait

tt

Fig. 788. — Appareil de dilatation des gaz de Gay-Lussac.

l’office de fermeture mobile. Dans cet état, l’appareil était placé horizontalement dans une caisse rectangulaire AB à moitié remplie de glace fondante, puis d’eau chaude dont deux thermomètres G et F indiquaient ‘ la température. Le réservoir d’air et le tube qui le surmonte ayant été convenablement gradués, les mouvements de l’index de mercure accusaient les variations de volume du gaz et permettaient d’en mesurer la dilatation. Ces expériences ont été reprises dans des conditions plus variées par MM. Dulong et Petit, Rudberg, Pouillet et autres, et particulièrement par M. Régnault, qui en fit l’objet d’un grand travail. Nous donnons ici le dessin de l’un des appareils dont s’est servi dans ce but ce dernier savant. Le ballon A plein de gaz sec était renfermé dans une enceinte k température variable B et communiquait avec

Fig. 789. — Appareil de dilatation des gaz de M. Régnault.

un système de deux tubes verticaux remplis de mercure servant à accuser les changements de volume ou d’élasticité du gaz.

Les résultats de toutes ces recherches sont que la dilatation des gaz est très-sensiblement régulière et très-

peu près constante pour tous les gaz et quelle que soit leur élasticité, pourvu qu’elle ne change pas pendant la durée de l’expérience. En examinant toutefois les faits de plus près, on remarque que cette uniformité n’est qu’approchée et que les gaz composés, surtout ceux qui se liquéfient sans trop de difficulté, se dilatent un peu plus que les autres et d’autant plus qu’ils sont plus comprimés. C’est ainsi que le coefficient de dilatation de l’acide carbonique est de 0,00371 sous la pression barométrique ordinaire, tandis que celui de l’air dans les mômes conditions n’est que de 0,00360, et que, sous une pression trois fois plus grande, il devient 0,00384, tandis que celui de l’air reste à peu près le môme.

DILLÉNIACÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones dialy pétales hypogynes^ cla=^se des Renonculinées voisine de la famille des Renonculacées. Caractères : calice persistant à 5 sépales dont 2 extérieurs; 5 pétales; étamines nombreuses; carpelles ordinairement nombreux renfermant chacun un ovule ; fruit en baies ou follicules à 2 valves; graines quelquefois à vrillepulpeuse. Les Dilléniacées sont généralement ligneuses et habitent les régions chaudes et en particulier la Nouvelle- Hollande. Leurs propriétés sont en général astringentes. Genres principaux : Tétracère {Tetracera^ Lin.), DUlenia. Lin.; Colbertia^ Salisb., etc.

Monographie : tome r” du Systema vegetabilium de de Candolle.

DILLÉNIE (Botanique), Dillenia, Lin.; dédié au botaniste allemand J. J. Dillen. — Genre de plantes type de la famille des Dilléniacées. Caractères ; étamines indéfinies, égales ; 10 à 20 carpelles soudés en une baie à plusieurs logés et couronnée par les stigmates en rayons. Les dillénies sont de grands arbres appartenant en général aux Indes orientales. La D. élégante {D. speciosa^ Thunb.) a les feuilles persistantes, d’un beau vert, àdents épineuses sur les bords et longue de 0™,20 à 0“,40; ses fleurs sont blanches, solitaires et très-grandes; pétales longs de 0“‘,05. La D. à feuilles entières {D. inde Cand.), distinguée par l’intégrité de ses feuilles, est originaire de Ceylan.

DILLWINIA (Botanique), de Dillwin, botaniste anglais.

— Genre de plantes Dicotylédones dialypétales pêrigynes, famille des Papillonacées, tribu des Podalyriées . Ce sont des arbrisseaux indigènes de la Nouvelle-Hollande, à feuilles simples, très-entières, à inflorescence ordinairement terminale. VEufaxie à feuilles de myrte {D. myrtifolia^ R. Br.) est un arbrisseau très-élégant, à feuilles ovales, mucronées, de serre tempérée, qui donne d’avril à juin des fleurs orangées, axillaires, tachées derouge brun.

DILOPHE (Zoologie), du grec dilophos, à deux crôtes.

— Genre dè Insectes de l’ordre des Diptères, famille des Némocères, tribu des T/pw/e.?, section des Florales^ détaché par Meigen des Bibions, avec lesquels ils étaient confondus; ils ont les yeux contigus dans les mâles et occupant presque entièrement la tôte. Le D. vulgaris est très-commun en France et en Allemagne.

DILUTION (Thérapeutique), du latin diluere, délayer.. — Action de délayer dans un véhicule une substance solide ou liquide, afin d’en séparer les parties les plus ténues. Les homœopathes font grand usage de ce procédé au mryen duquel un médicament était dissous ou délayé dans une certaine quantité d’eau ; ils en diluent une minime partie, 0®*', 05 ou O®*", 10, par exemple, dans une quantité d’eau égale à celle qui a été employée la première fois, et ainsi de suite, jusqu’à la vingtième ou trentième dilution.

DILUVIUM (Géologie). — - Au-dessus des terrains tertiaires les plus récents, on observe, dans un grand nombre de pays, des alluvions formées sans contredit par une submersion générale de nos terres actuelles et qui constituent ce qu’on appelle les terrains de transport, dans lesquels on distingue deux époques : le diluvium, appelé encore alluvions aneiennes, et les terrains post-diluviem ou alluvions modernes. On ne répétera pas ici ce qui a été dit au mot Alluvion, mais on ajoutera seulement quelques développements nouveaux. On peut observer ces dépôts diluviens sur les rives de la Seine et dans le sol de Paris ; on y reconnaîtra des cailloux roulés provenant du calcaire siliceux, des grès parisiens, des silex, de la craie, des calcaires jurassiques de la Bourgogne et môme des terrains massifs du Morvan. Partout ils ont une composition analogue et résultant de l’érosion des parties élevées qui environnent les bassins où on les trouve. Un caractère à peu près constant du diluvium, consiste dans la présence de ces énormes fragments de

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