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OVINES

DISPENSAIRE (Matière médicale). — Ce mot sert à désigner le plus souvent les ouvrages qui traitent de la préparation, de la composition des substances médicamenteuses qui doivent exister dans les officines, aussi bien que des doses auxquelles elles doivent être prescrites par les médecins. On leur a encore donné les noms de codex, formulaires, çXc,. Chaque pays doit avoir son dispensaire, son codex, sa pharmacopée en rapport avec le climat, les productions, l’alimentation, les maladies régnantes, les habitudes, etc. Ainsi il y aies pharmacopées de Londres, de Vienne, de Berlin comme il y a le codex de Paris, rédigé par la Faculté de médecine de Paris et qui doit être révisé de temps en temps pour être mis au courant delà science.

Dispensaire (Médecine). — On a encore donné ce nom à un établissement créé par la société philanthropique de Paris pour donner des soins aux malades qui, pouvant pourvoir chez eux à quelques-unes des dépenses de la maladie, répugnent à entrer dans les hôpitaux, où, du reste, ils tiendraient la place de gens beaucoup plus nécessiteux. Chaque souscripteur de la Société philanthropique qui veut faire donner des secours à un malade lui remet sa carte, avec une lettre écrite de sa main et adressée à l’agent du dispensaire de son quartier; au moyen de cette carte, le malade reçoit gratuitement les soins du médecin, les médicaments du pharmacien jusqu’à sa guérison, après laquelle il rapporte sa carte à la personne qui la lui a donnée. Plusieurs villes, à l’instar de Paris, ont aussi établi des dispensaires.

DISPERME (Botanique), du grec dis, doux fois, et sperma, graine. — On donne ordinairement ce nom à un fruit, une loge qui renferme deux graines ; la baie de l’épine-vinette est dans ce cas.

DISPERSION (Physique). — On donne ce nom à la dilatation qu’éprouve un faisceau de rayons lumineux lorsqu’il vient à traverser un prisme.

Si Ton pratique sur la paroi d’une chambre obscure U lie petite ouverture par laquelle on fasse pénétrer la lumière solaire, il se formera sur un écran convenablement placé une image circulaire du soleil. Si l’on interpose alors sur le trajet du faisceau solaire, un prisme en verre, ABC, le faisceau SD se. dévie suivant DE et vient former en un autre point de l’écran, une image

allongée VR dans laquelle on observe des couleurs se succédant dans l’ordre suivant.

Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Le violet occupe d’ailleurs la position de l’image qui correspond à la plus forte déviation. L’image oblongue que

Fig. 793. — Spectre solaire.

l’on obtient dans cette expérience porte le nom de spectre solaire.

La formation du spectre indique évidemment que les rayons lumineux qui constituent le faisceau solaire, sont inégalement réfrangibles, et que la réfrangibilité va en décroissant des rayons violets où elle est maxima, aux rayons rouges où elle est le plus petite possible.

11 est facile d’ailleurs de reconnaître par des expériences très-simples que la réfrangibilité et la couleur sont deux propriétés absolument corrélatives, de sorte qu’à telle couleur correspond nécessairement telle réfrangibilité et vice versâ.

On dispose sur un tableau noir trois petites bandes horizontales et très-étroites, l’une blanche, l’autre rouge et la troisième l}leue. On les regarde ensuite avec un prisme dont les arêtes sont horizontales, et on aperçoit ainsi trois images, toutes les trois déviées, mais toutes les trois aussi verticalement élargies dans le sens perpendiculaire aux arêtes du prisme. Dans l’image provenant de l»a bande blanche, on observe les mêmes couleurs et dans le même ordre que celles qui constituent le spectre solaire ; dans les deux autres on voit aussi généralement quelques-unes de ces couleurs, seulement le rouge domine dans la première et le bleu dans la seconde. Mais ce qui est important à remarquer, c’est que le bleu et le rouge se trouvent inégalement déviés, et l’un et l’autre à la même hauteur que les couleurs correspondantes dans l’image de la bande blanche. On tire de là la conséquence que le bleu et le rouge sont des couleurs inégalement réfrangibles, qu’il en serait de même, des autres couleurs du spectre, et que c’est à cethî inégale réfrangibilité qu’est due la dispersion d’un faisceau de lumière qui passe à travers un prisme.

On est donc conduit à admettre que la lumière solaire est formée de rayons de diverses couleurs et de diverses réfrangibilités ; quand cette lumière tombe sur un corps, suivant que celui-ci renvoie, (v. Diffüsif) à notre

œil une proportion dominante de tel ou tel rayon, il nous paraît avoir telle ou telle couleur. Ainsi un corps rouge est celui qui renvoie de la lumière dans laquelle dominent les rayons rouges, un corps vert est celui qui renvoie une plus forte proportion de rayons verts, etc. Un corps est noir lorsqu’il absorbe la totalité de rayons lumineux ; il est blanc lorsqu’il renvoie -une proportion égale de chacun des rayons du spectre.

On voit donc que le blanc est le résultat de la réunion de toutes les couleurs, ce qu’on démontre d’ailleurs trèssimplement de la manière suivante :

1“ On trace sur un disque circulaire des secteurs que l’on colore aussi exactement que possible, des images successives du spectre, puis on lui imprime un mouvement de rotation très-rapide. L’œil percevant toutes les couleurs, simultanément, ou du moins dans un intervalle de temps fort court, doit éprouver l’impression qui résulte de leur réunion, et l’expérience prouve que le disque paraît blanc.

On projette un spectre solaire sur un écran, puis entre l’œil et le spectre on fait passer rapidement un carton présentant des fentes très-rapprochées ; l’œil est encore affecté par la réunion des diverses couleurs et il aperçoit une image blanche. Cette seconde expérience est même plus nette que la première, en ce qu’elle porte sur les véritables couleurs spéculaires, tandis que celles qu’on peint sur le disque ne peuvent que s’en rapprocher d’une manière plus ou moins imparfaite ; aussi la couleur que

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1*011 observe pendant la rotation, est-elle plutôt grise que blanche.

Il est à peu près impossible de rencontrer dans la nature des corps qui ne présentent qu’une nuance spéculaire; aussi, quelle que soit la vivacité ou la pureté apparente de leur couleur, on observe toujours en les regardant à travers un prisme, de véritables spectres^ où se trouve une proportion plus ou moins forte des diverses couleurs. C’est de la sorte que dans la vision à travers un prisme, on, aperçoit l’image de tous les corps entourés de zones diversement colorées, ou, suivant l’expression reçue, avec des contours irisés.

Les diverses lumières, autres que la lumière solaire, sont aussi formées de rayons, différant à la fois par la couleur et la réfrangibilité ; aussi donnent-elles lieu à des spectres analogues au spectre solaire ; toutefois la proportion des couleurs élémentaires varie un peu ; c’est de la sorte que dans la plupart des lumières artificielles, la couleur jaune domine plus que dans la lumière solaire. Il est facile d’ailleurs de composer des lumières, dans lesquelles dominent exclusivement certaines nuances; c’est ainsi qu’on produit des flammes rouges avec la strontiane, des flammes vertes avec l’acide borique, etc. Il suit de là, que vues à ces diverses lumières, les couleurs des •corps ne sont pas semblables à celles que l’on aperçoit à la lumière ordinaire du jour (voyez Couleurs.

Le phénomène de la dispersion jette quelque incertitude sur la détermination des indices de réfraction (voyez Indices DE RÉFRACTION), puisque l’image formée par une substance transparente quelconque, est toujours élargie ou dispersée. On convient dans la plupart des cas de prendre l’indice de réfraction par rapport aux rayons moyens du spectre. Pour la construction des instruments d’optique, on est obligé de déterminer les indices de réfraction du verre, pour chacun des rayons du spectre (voyez Raies du spectre).

On appelle dispersion d’une substance, la différence entre les indices de réfraction des rayons extrêmes du spectre, et. jDOMuoîV dispersifXa quotient de la dispersion par l’indice de réfraction moyen, c’est-à-dire celui qui correspond aux rayons jaunes, P. D.

DISQUE (Botanique). — Ce mot a trois significations. On nomme disque de la feuille, le centre de cet organe; c’est-à dire de la partie située entre les bords. Appliqué à l’inflorescence, le mot disque désigne le centre des capitules de fleurs radiées, comme dans le soleil. Ce disque se -compose de fleurons, tandis que la circonférence est composée de demi-fleurons. Quelques botanistes ont aussi nommé disque, la partie centrale des inflorescences en ombelle. Enfin, la troisième acception de ce terme, la plus importante, s’applique à une sorte de bourrelet qui, dans certaines fleurs, entoure l’ovaire à sa base. Cet organe qu’Adanson a nommé le premier, représente en quelque sorte un quatrième verticille. Sa forme et sa position varient suivant les plantes. 11 est tantôt annulaire, tantôt glanduleux, réduit parfois à l’état de glandes qui sont au nombre de quatre dans la giroflée jaune et d’autres crucifères ou bien à deux corps écailleux charnus comme dans la pervenche. Le disque peut présenter les trois modes d’insertion des étamines, c’est-à-dire ï'hypogynie ■comme dans les crucifères, la rue, la sauge, le muflier et les plantes de leur famille, la périgynie comme dans les rosacées, et nnfüxVépigynie., comme dans les ombellifères, etc. G — s.

DISSECTION (Anatomie). — Opération par laquelle on met à découvert les différentes parties des corps organisés, pour étudier non-seulement l’anatomie, mais encore les causes et les sièges des maladies. Les instruments dont on fait usage sont des scalpels, des ciseaux, des pinces, des marteaux et des scies. On emploie encore les injections, la macération et les réactifs cliimiques, le microscope. L’horreur naturelle qu’inspire à l’homme l’aspect d’un cadavre, les préjugés religieux et un grand respect pour les morts empêchèrent pendant de longues années la pratique des dissections, et Hippocrate n’a jamais ouvert que des animaux. Hérophile fut le premier qui porta le scalpel sur des cadavres humains. On dit qu’il en disséqua six cents. Les injections de liquides dans les différents canaux du corps et principalement dans les artères, pour faciliter les dissections et la conservation des cadavres, ont été mises en honneur par Morgagni et Ruisch. Ce dernier, à l’aide de procédés qu’on n’a pu retrouver depuis sa mort, conservait aux chairs la couleur de la vie. On dit môme que Pierre le Grand, visitant le cabinet de Ruisch, ne put s’empêcher de donner un baiser sur la figure d’un enfant qui sem-

blait lui sourire. Au reste, plusieurs procédés ont été mis en usage dans ces derniers temps pour cet objet; ainsi, les préparations mercurielles et arsenicales proposées par Chaussier ; et plus récemment et avec plus de succès le chlorure de zinc additionné d’hydro sulfite de soude de M. Suquet; le liquide de Falconi, qui a pour base le sulfate de zinc.

DISSÉMINATION (Botanique), disseminaiio. — C’est I la dispersion naturelle des graines à la surface de la terre. Lorsque le fruit est arrivé à sa maturité, fes grai- I

nés qu’il renferme se détachent, tonîbent ou sont entrai- j

nées plus ou moins loin par diflérentes voies. Ce moment |

marque le terme de la vie des plantes annuelles. Pour *

les plantes ligneuses, elle arrive pendant la période de ;

repos qui suit l’accomplissement des phases de la fonc \ tion de reproduction. Cette dissémination aurait des ré- I

sultats prodigieux pourla fécondité, si l’immense majorité !

des graines ne devenait inutile par une foule de circon- j

stances qui en amènent la destruction. Rai a compté sur }

un pied de pavot 32 ,000 graines et 360 ,000 sur un pied )

de tabac. Dodart rapporte qu’un orme en donna 529 ,000 'i

dans une année. Et ce ne sont pas là encore les plantes i

les plus fécondes. Plusieurs causes contribuent à favori- |

ser la dissémination des graines ; quelquefois le péricarpe \

s’ouvre avec une sorte d’élasticité, et les graines sont lancées plus ou moins loin ; c’est ce qu’on remarque dans ;

la balsamine, la fraxinelle, etc. VÈcbalium élastigue^ î

vulgairement Concombre sauvage ( Momordica elaterium, 1

Lin.), a une baie hérissée de pointes qui se sépare du i

pédoncule et lance avec violence et détonation, par l’ou- “j

verture qui résulte de cette séparation, un mucilage rempli de graines. Un grand nombre de graines minces et légères peuvent être facilement entraînées par les vents; il y en a qui sont pourvues d’espèces d’ailes (les érables, les ormes), de soies fines et délicates (plusieurs plantes de la famille des Composées) ; souvent ces graines ont des ailes membraneuses comme dans les bignonia ou des houppes de poils comme dans les apocynées. La Vergereite du Canada {ErigeroJi canadensiSy Lin.), suivant Linné, a été naturalisée en Europe au moyen de ses graines transportées par la mer d’un hémisphère à l’autre. L’homme et les animaux sont encore des moyens de dissémination des graines ou des fruits ; ainsi les graterons, les aigremoines s’attachent aux poils des animaux, aux vêtements ; les oiseaux peuvent transporter à des distances considérables des graines qui sont encore susceptibles de germer même après avoir été avalées ; l’homme emporte avec lui dans tous les climats des graines, des fruits qui peuvent, abandonnés à eux-mêmes, trouver des circonstances favorables pour se développer.

DISSOLUTION (Chimie). — Opération dans laquelle les parties constitutives d’un corps solide en contact avec un liquide se désagrègent et se confondent pour ainsi dit e avec ce dernier, sans en troubler la limpidité ou la transparence. Le corps liquide prend dans ce cas le nom de dissolvant. Ainsi, par exemple, du sucre, du sel marin mis en contact avec l’eau s’y dissolvent, et il devient impossible, même avec l’aide du plus puissant microscope, de distinguer dans la masse liquide aucune parcelle du solide qui y est contenu. Un grand nombre de substances solides sont susceptibles de se dissoudre dans l’eau ; quelques-unes y sont insolubles ; tels sont, par exemple, le chlorure d’argent, le sulfate de bar ryte, etc.

La dissolution ne doit pas être considérée comme une action chimique véritable; en effet, le corps qu’on obtient en dissolvant une substance dans l’eau présente toutes les propriétés de la substance elle-même, tempérées seulement par la présence de l’eau; il n’y a pas ce changement radical qui est le signe ordinaire de l’action chimique. Ainsi une dissolution de sucre dans l’eau ne présente pas d’autres propriétés que celles du sucre luimême, tandis que si l’on vient à mêler, par exemple, dans des proportions convenables , de l’acide chlorhydrique et de la soude, substances toutes les deux caustiques et vénéneuses à un haut degré, il y aura entre elles combinaison chimique (voyez Combinaison), et le produit qui en résulte , non-seulement n’est point un poison, mais est employé dans l’alimentation de l’homme et des animaux, car ce n’est autre chose que le sel marin. U i manque d’ailleurs au phénomène de la dissolution un des I caractères les plus invariables de l’action chimique, le dégagement de chaleur. C’est le contraire qui a lieu, car toutes les fois qu’un corps solide se dissout dans l’eau, il y a abaissement de température. C’est sur ce fait que sent fondés les mélanges réfrigérants (voyez Glace) :

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ajoutons que, tandis que l’affinité chimique est d’autant plus prononcée, que les corps ont des propriétés, pour ainsi dire, plus opposées, les corps paraissent d’autant plus propres à se dissoudre l’un dans l’autre, qu’ils ont une plus grande analogie de constitution. Ainsi les métaux sont presque tous solubles dans le mercure; les corps gras, riches en hydrogène, sont très-solubles dans l’alcool et l’éther qui présentent la môme particularité, etc. Toutefois, si la dissolution n’est pas, à proprement parler, une action chimique, elle favorise puissamment le développement de celle-ci. C’est en dissolvant les corps dans des liquides appropriés qu’on les rend éminemment propres à réagir les uns sur les autres; aussi les anciens chimistes avaient-ils émis cet aphorisme, qui, quoiqu’il ne soit pas absolument vrai, est pourtant en général conforme à l’observation : « corpora non agunt nisi soluta. »

L’eau est de tous les dissolvants le plus général et le plus employé ; après elle on peut citer l’alcool et l’éther. La propriété de diverses substances de se dissoudre dans l’un de ces véhicules et d’être insolubles dans un autre fournit aux chimistes un moyen précieux d’obtenir un grand nombre de corps. On peut, dans la préparation d’une foule de matières organiques, faire l’application de cette méthode. Quand au sein d’un liquide se forme un corps qui n’est point susceptible de s’y dissoudre, il s’en sépare sous forme de précipité, et c’est là un des moyens les plus généraux de séparer et môme de doser les corps dans les analyses chimiques.

Ce n’est pas seulement sur les solides que s’exerce le pouvoir dissolvant de l’eau ou des autres véhicules, c’est aussi sur les liquides. Ainsi l’alcool se dissout dans l’eau en toute proportion, l’éther dans la proportion d’un dixième environ. La plupart des huiles essentielles (essences) sont insolubles dans l’eau; c’est la cause du trouble qu’on observe quand on les verse dans ce liquide ; elles sont, au contraire, très-solubles dans l’alcool. Tous les liquides aromatiques destinés aux usages de la toilette et qui sont vendus dans le commerce sous différents noms (eau de Cologne, eau de Botot, vinaigre de Bully, etc.) ne sont autre chose que le résultat de la dissolution de certaines essences dans de l’alcool plus ou moins rectifié.

Les gaz eux-mêmes peuvent être dissous par l’eau dans diverses proportions ; c’est à l’air que l’eau tient toujours en dissolution, que les poissons et les autres animaux aquatiques doivent de pouvoir vivre dans ce liquide. Si l’on place un vase contenant de 1 eau sous le récipient de la machine pneumatique, on pourra enlever l’air qu’elle contient, et, dans ce cas, un poisson qu’on plongerait dans son intérieur périrait presque immédiatement. La quantité d’un gaz qui peut se dissoudre dans Teau augmente avec la pression; elle diminue, au contraire, très -rapidement quand la température augmente. Ainsi de l’eau portée à 100“ perd la totalité de l’air qu’elle renferme. C’est un résultat contraire qui a lieu ordinairement pour les solides; la plupart de ceux-ci se dissolvent en proportion d’autant plus grande que la température est plus élevée. P. D.

DISTANCE (Géométrie), — de deux points^ longueur delà ligne droite qui joint les deux points; 2“ d'un point à une droite^ longueur de la perpendiculaire abaissée du point sur la droite ; 3" d’un point à un plan, longueur de la perpendiculaire abaissée du point sur le plan.

On appelle aussi distance d’un point à une circonférence ou à une surface sphérique la portion de la droite qui va du point au centre, comprise entre ce point et la circonférence ou la surface sphérique.

C’est ainsi que l’on dit en géométrie que la circonférence et la surface sphérique ont tous leurs points à égale distance d’un point intérieur appelé centre ; que la perpendiculaire élevée par le milieu d’une droite a tous ses points à égale distance des extrémités de la droite et que la bissectrice d’un angle a tous ses points à égale distance des côtés de l’angle.

Si l’on considère deux parallèles, la distance d’un point quelconque de la première à la seconde est toujours la môme. Quand deux lignes droites ne sont pas situées dans un môme plan, on appelle plus courte distance de ces droites la longueur de la perpendiculaire commune aux deux droites.

Distance des astres (Astronomie). — On la détermine par les procédés trigonométriques qui servent à trouver la distance d’un point inaccessible (voyez Parallaxe).

DISTHÈME ou Gyanite (Minéralogie). — Silicate d’alumine naturel. Ce minéral se rencontre fréquemment

en cristaux d’une teinte bleuâtre à laquelle il doit son nom : on le trouve aussi incolore ; il est souvent transparent, toujours au moins translucide, d’une densité 3,G. Sa forme cristalline est le prisme oblique dyssymétrique dont les angles sont : 10G*',15', 100° 50' et 93“ 15'. 11 est clivable dans un sens parallèlement à l’une des faces du prisme. Au chalumeau, il est absolument infusible. Les cristaux de disthène appartiennent aux roches appelées talschistes et micaschistes.

DISTILLATION (Chimie), distillatio, de t/f, particule séparative, et stilla^ goutte qui tombe. — On désigne sous ce nom l’opération par laquelle, au moyen de la production de vapeur par ébullition, on sépare un liquide volatil d’avec des matières fixes non volatiles ou d’avec un ou plusieurs autres liquides dont l’ébullition s’opère à des températures différentes du premier. Dans le premier cas la distillation est dite simple, elle est composée dans le second. Elle se fait dans les deux cas dans le même appareil, qui nous a été transmis par les Arabes et a reçu d’eux le nom d alambic; mais autant la distillation de la première sorte est facile à diriger, puisque, à part l’économie de combustible, on peut chauffer à volonté, autant l’autre exige de précaution et de surveillance afin de conserver constamment la température pour laquelle l’expérience a appris que les vapeurs mélangées qui se dégagent contiennent la plus forte proportion du liquide, qu’on veut obtenir. Nous avons décrit l’alambic ordinaire à l’article Alambic.

On modifie cet appareil pour opérer la distillation dite au bain-marie . La chaudière est remplie d’eau ou d’eau salée dont on laisse dégager la vapeur par un orifice latéral fermé quand l’alambic fonctionne à la manière ordinaire. Au milieu de la chaudière est un vase vissé au chapiteau. Il contient la matière à distiller qui subit ainsi l’action de la chaleur dégagée par l’ébullition du liquide extérieur. On y place habituellement l’eau et les plantes dont on veut dégager pour la parfumerie les huiles essentielles entraînées par la vapeur d’eau. Sans cette précaution qui amène partout une température uniforme, il serait à craindre que certaines parties des plantes au contact du fond de métal très-chaud ne vinssent à se décomposer, ce qui amènerait dans l’essence une odeur d’empyreume altérant la suavité du parfum. On recueille l’eau mêlée d’essence dans le récipient florentin^ et l’essence se sépare habituellement en se plaçant à la couche supérieure.

On se sert très-souvent dans les laboratoires de chimie et de pharmacie d’un appareil distillatoire fort simple destiné aux liquides en petite quantité. Il se compose d’une cornue, d’une allonge si le col de la cornue n’est pas assez long, et d’un ballon -récipient tubulé où pénètre l’extrémité de l’allonge ou du col de la cornue. Le récipient est entouré ou d’eau froide ou de glace, ou de linge, sur lequel on fait couler de l’eau goutte à goutte. Un long tube le surmonte afin de rendre la condensation des vapeurs plus facile et de porter dans la cheminée les gaz non liquéfiables, fétides ou délétères. Parfois on accélère la condensation en entourant le col de la cornue ou l’allonge d’un manchon cylindrique de fer-blanc dans lequel remonte à contre-pente un courant d’eau froide, c’est le réfrigérant de M. Liebig représenté dans . la figure 795.

La cornue peut être chauffée à feu nu, posée sur un triangle. Elle est alors en verre ou en terre enduite de lut. Parfois la cornue est entourée d’un bain de sable contenu dans une chaudière de fonte et recouverte d’une enveloppe de tôle pour éviter le refroidissement et rendre la distillation plus rapide. La cornue est en verre quand on emploie le bain de sable.

De même si l’on distille au bain-marie. On place alorsla cornue sur un cercle de corde fixé aux anses d’une chaudière pleine d’eau bouillante. Le bain-marie s’applique dans le cas de matières très-volatiles, comme les solutions alcooliques ou éthérées, pour lesquelles le feu donnerait une ébullition tumultueuse. Si l’on veut distiller au bain-mari eau-dessous de iOO“,onsesert d’un baind’eau recouverte d’huile pour empêcher l’évaporation et l’on y maintient un thermomètre qui sert de guide. Pour les températures allant jusqu’à 150“, on prend le mercure pour bain-marie et l’acide sulfurique jusqu’à 20ü“. Au delà, ces liquides donnent des vapeurs dangereuses. Le bain d’huile permet d’aller jusqu’à 300“ et les alliages de Darcet (voyez ce mol), avec cornue degrés, jusqu’au rouge.

Rien de plus facile à diriger qu’une opération de distillation simple. Le liquide de la chaudière ou de la cornue forme des vapeurs qui, en vertu ce l’ébullition,

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sont à la pression atmosphérique, et, comme elles sont poussées par les nouvelles vapeurs qui se forment, elles expulsent bientôt l’air de l’appareil, puis se condensent dans les parties froides et sont remplacées par des vapeurs qui se condensent à leur tour. Les difficultés expérimentales se manifestent dès qu’il s’agit d’une distillation composée. Le plus volatil des liquides entre en

Fig. 794. — Appareil de dislillalion et réfrigérant de Liéhij

ébullition dès que sa température d'ébullition isolée est atteinte, mais le moins volatil distille en même temps, de sorte que, pour une température donnée, il tend à distiller un mélange des vapeurs en rapport déterminé avec leurs volatilités respectives. Ce rapport change si la température change. Enfin, complication nouvelle, ce rapport peut changer aux diverses époques de l’opération à même température en raison des affinités réciproques des liquides qui distillent. Ainsi, pour un mélange d’eau et d’alcool, loin que les deux liquides condensés restent en proportions constantes, les premières liqueurs qui distillent sont plus alcooliques et le produit s’affaiblit de plus en plus. Aussi le point d’ébullition dans la cucurbite s’élève sans cesse jusqu’à 100“. Si on distille du vin, l’expérience constate que tout l’alcool passe dans le premier tiers.

Dans certains cas on opère la séparation des liqnWes mélangés en profitant de la propriété que possède un des liquides de former un composé fixe avec une substance qu’on ajoute. Ainsi on obtient l’alcool absolu (C'^H^O^) en laissant l’esprit du commerce en contact pendant un jour ou deux avec de la chaux vive, puis en l’introduisant dans l’alambic avec de la chaux nouvelle qui enlève le peu d’eau qui reste. On purifie l’éther du commerce en le distillant sur du chlorure de calcium calciné qui, à la température d’ébullition de l’éther, retient l’eau et l’alcool. On peut encore séparer les liquides par la méthode dite du fractionnement des liqueurs. On recueille à part les portions qui distillent aux environs de chaque point d’ébullition, on reprend chacune et on la fait distiller de nouveau une ou plusieurs fois jusqu’à ce qu’on obtienne un liquide distillant tout entier à la même température, ce qui est le caractère de sa pureté.

Cette longue et dispendieuse méthode, perdant une partie du produit, fut cependant la seule employée pendant longtemps pour extraire les eaux-de-vie et alcools du vin. En 1801, Édouard Adam, de Nîmes, construisit le premier appareil à distillation continue. Son appareil, perfectionné par Gellier-Blumenthal, parM. Laugier, est celui qu’on emploie encore dans le midi de la France (voyez Eau de vie). Dans le nord, les distillateurs d’eaude-vie de grains, de pomme de terre, de betterave ou de maïs se servent surtout de l’appareil dû à M. Derosne et réalisant les mômes conditions. Voici les principes de la distillation continue : r Si les vapeurs d’eau et d’alcool mélangées parcourent un réfrigérant, les vapeurs condensées les premières sont les plus aqueuses et celles qui SC liquéfient les dernières sont les plus alcooliques, de sorte (lu’une longueur donnée de serpentin permettra de ne conserver à l’état de vapeur qu’un mélange ayant atteint un titre déterminé. 2“ Quand de la vapeurd’eau rencontre un mélange d’eau et d’alcool à plus basse température, une portion de la vapeur d’eau se condense et la chaleur devenue libre, provenant de cette condensation, forme de la vapeur d’alcool. 3“ Enfin un mélange d’eau et d'alcool bout à une température d’autant plus basse qu’il esi plus riche en alcool.

Nous empruntons au Traité de la chaleur, ûe M. Péclet, la description et la figure de l’appareil représenté cicontre, l’un des plus employés de nos jours par les distillateurs. C’est un appareil Derosne simplifié.

y A est un cylindre de fonte ou de cuivre, où l’ébullition du liquide à distiller est produite au moyen d’un serpentin de cuivre dont les orifices d’entrée et de sortie sont désignés par les lettres a et 6 ; c est l’orifice de sortie de la vinasse épuisée; B est la colonne d’analyse des vapeurs, dans laquelle le liquide à distiller marche en sens contraire de la vapeur. Différentes dispositions sont employées pour augmenter les surfaces do contact. Les vapeurs s’élèvent dans le réservoir E, et passent par le tube F dans le rectificateur C qui est formé d’un serpentin disposé suivant la méthode ordinaire ; les vapeurs condensées retournent à la colonne d’analyse par le tuyau H, et les vapeurs non condensées passent dans le serpentin du vase D où elles sont condensées et refroidies, et s’écoulent au dehors par la tubulureM qui communique avec un vase renfermant un alcoomètre. Le liquide à distiller arrived’un réservoir supérieur dans l’appareil par le tuyau LI, muni d’un robinet K qui sert à régler l’écoulement; il s’élève dans le vase D, puis dans le vase C, d’où il passe dans la colonne d’analyse B par le tuyau G et tombe enfin dans le vase A. » Nous avons à peine besoin do faire remarquer que dans cet appareil les liqueurs spiri-

Fig. 793- — Appareil distiliatoire de Derosne, simplifié»

tueuses à distiller servent à condenser les vapeurs et subissent un premier échaufîement aux dépens de la chaleur latente de vaporisation, ce qui économise le

combustible (voyez Eau-de-vie).

Distillation sèche. — Quelques pteurs de chimie . nomment ainsi l’opération qui consiste à décomposer par la chaleur les substances organiques non volatile^, afin d’obtenir de nouveaux corps, ainsi I acide .

gneux, ainsi, en opérant à des températures ménagée., les produits pyrogénés comme le goudron, 1 acide Dvroaalliuue , 1 oxamide, etc. IW» G.

DISTIQUE (Botanique). — Épithète qui sert à désigner la disposition de certaines parties ’

long d’un axe commun; ainsi les feuilles sont lorsqu’elles naissent de nœuds alternes places s^r J rangs à droite et à gauche, comme cela a heu dans .

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