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leur acclimatation en Europe, c’est le curieux instinct que les espèces de ce genre ont montré pour jouer auprès de l’homme un rôle analogue à celui du chien. L’espèce la plus connue, 1’.^!. trompette o\\ Oiseau- trompette [Psophia crepitans. Lin.), se prête à la domestication avec de merveilleuses aptitudes; affectueux, intelligent et docile, cet oiseau se montre jaloux de son maître dont il se plaît à partager les habitudes; s’il s’éloigne du logis, c’est pour y rentrer fidèlement le soir ; aux heures des repas, assidu auprès de la table, il en écarte violemment les autres animaux domestiques ; à la maison, dans les rues comme dans les champs, il ne redoute pas les attaques des chiens ni des oiseaux de proie, et sait fort bien leur tenir tête. Auxiliaire vigilant de son maître, l’agami exerce un véritable empire sur les oiseaux de la bassecour et semble y établir une sorte de police à son gré. Cet oiseau, disent Daubenton et Bernardin de Saint- Pierre, « a la fidélité du chien : il conduit un troupeau de volailles, et môme un troupeau de moutons, dont il se fait obéir , quoiqu’il ne soit pas pliw gros qu’une poule. » Ce singulier rôle de l’agami dan^la garde des troupeaux est également affirmé par Sonnini; quant à ses mœurs dans la basse-cour, M. Is. Geoffroy les a constatées à la ménagerie du Muséum de Paris, et une autre espèce, VA. à ailes blanches (Ps. leucoptera^ Spix), s’est conduite de- même. Ces instincts providentiels ont rendu l’agami très-précieux au Brésil, à la Guyane où on l’élève en . domesticité. On n’est pas jusqu’ici parvenu à le faire reproduire sous nos climats froids, mais l’acclimatation de cette espèce est activement poursuivie.
L’agami doit son nom à' Oiseau-trompette au son profond et sourd qu’il fait entendre dans son estomac et que l’on croirait volontiers provenir de l’anus ; aussi lui a-t-on donné le nom vulgaire ùq poule péteuse. Agami trompette est un oiseau de la taille d’un coq (0™,70 àO“,7‘2 de hauteur); son plumage est noirâtre à reflets violets métalliques sur la poitrine, avec un manteau cendré ; son vol est lourd, mais il court très-vite. A l’état sauvage, il fait un nid grossier au pied des arbres. On dit sa chair agréable à manger. On le nomme Caracura, aux Antilles, selon le P. Dutertre. — Le genre Psophia renferme deux autres espèces moins connues et originaires des mêmes pays.
AGAMIENS (Zoologie). — G. 'Cuvier a donné ce nom à la première section de la famille des Iguaniens des Sauriens; ils diffèrent de ceux de la deuxième section, celle des Iguaniens propres, par l’absence de dents au palais. On y distingue les genres Stellions, Agames, Galéotes, Istiures, Dragons. Peut-être, selon Cuvier, doit-on rapprocher des Agamiens, un reptile extraordinaire qu’on ne trouve que parmi les fossiles des terrains jurassiques, le Ptérodactyle.
AGAPANTHE (Botanique), Agapanthus, Lhér., du grec agapêtos, aimable, anthos, fleur, allusion à la beauté de la plante. — Genre de la femille des Liliacées, tribu des Hémérocallidées, dont l’espèce la plus répandue, VA. en ombelle [Agapanthus umbellatus, Lhér.; Crinum africanum. Lin.), est une magnifique plante originaire du cap de Bonne-Espérance. Elle s’élève au moins à un mètre. On la cultive souvent en pleine terre, dans nos jardins, où ses fleurs bleues, réunies au nombre de trente à quarante, sont d’un très-joli effet, et lui ont valu le nom vulgaire de tubéreuse bleue. Cette plante a plusieurs variétés ; les principales sont : celle à fleurs blanchâtres, et une autre à feuilles rayées de vert et de blanc. On doit les rentrer dans l’orangerie depuis la fin de l’automne jusqu’au printemps, car elles craignent beaucoup le froid. — Caractères du genre : Périanthe à tube court dont le limbe est divisé en 6 pièces ; 6 étamines inégales insérées sur le limbe ; ovaire prismatique à 3 loges renfermant plusieurs ovules ; style grêle ; stigmate entier, obtus; le fruit est une capsule membraneuse renfermant des graines presque ailées. Racine tubéreuse ; fleurs en ombelle munies de 2 spathes.
Les Agapanthes habitent le sud de l’Afrique. G — s.
AGAPANTHÉES (Botanique). — Sous-ordre de la famille des Liliacées adopté par Endlicher, et auquel il donne pour caractères : Périanthe tubuleux à G lobes, étamines périgynes, ovaire à 3 loges, fruit en capsule, graines un peu comprimées dans une enveloppe membraneuse de couleur claire. — Genres principaux : Pho?'mier, Agapanthe, Tubéreuse.
AGARIC (Botanique). — Ce nom, d’après Dioscoride, viendrait d’une contrée de la Sarmatie, nomméQ Ag aria, où ce champignon croît abondamment. — Pendant longtemps on a appelé Agarics une sorte de champignon coriace, presque ligneux, qui croît sur les arbres et avec
lequel on fait V amadou : c’est V Agaric des chirurgiens (voyez Amadou) ; et une autre espèce, nommée A. blanc, ou du Mélèze, employée en médecine : aujourd’hui on a réuni ces deux espèces au genre Bolet (voyez ce mot). Il ne sera question ici que des champignons que Linné a classés sous le nom à' agarics, nom qu’il a appliqué à un genre dont quelques-uns croissent également sur les arbres, mais sont ordinairement peu épais, et ont la surface inférieure du chapeau garnie de lames rayonnant du centre à la circonférence, simples et continues avec lui. Le pédoncule et le chapeau sont souvent enveloppés complètement d’un voile, nommé volva, qui se rompt dès que le chapeau atteint son complet développement et dont on reconnaît souvent des débris après la rupture. Persoon, qui a beaucoup travaillé ce genre, l’a divisé à son tour en onze autres, parmi lesquels se trouve un genre Agaric qui n’est qu’un fragment de celui de Linné, et auquel il donne la caractérisa tique suivante : Lames qui en vieillissant se dessèchent sans noircir, recouvertes dans leur jeunesse d’une membrane qui se déchire ordinairement, et forme une sorte de collier autour du pédicule. Le genre Agaric, toi que l’a établi Linné, est extrêmement nombreux en espèces. On les trouve généralement dans les lieux bas et humides, dans les prairies, sur les fumiers, les vieux bois pourris, dans les caves ; quelques-uns pourtant habitent des lieux secs et arides. On y trouve des espèces très-bonnes à manger, tandis que d’autres sont des poisons violents. Parmi les espèces comestibles, on peut citer : 1“ VA. comestible ou champignon de couche (A. campestris, edulis) ; c’est le seul champignon dont la vente soit autorisée à Paris. Il a un pédicule court, épais, plein et blanc; un chapeau d’abord hémisphérique, et plat lorsqu’il est épanoui ; des lames d’abord d’une couleur rose, puis brunâtres et noires. 2“ VA. odorant, plus connu sous le nom de Mousseron, dont l’odeur se com-
Fi^. 65. — Agaric à divers états de développement.
munique aux mets auxquels on l’incorpore,^ est très-recherché ; il a le chapeau globuleux dans sa jeunesse, et toujours très-convexe; il est blanc dans toutes ses parties et d’une odeur agréable : on le trouve dans les pays secs et montueux. 3“ VA . oronge, qu’on mange dans presque toute l’Europe ; d’une couleur rouge écarlate, et dont le volva (espèce de bourse qui enveloppe le champignon) est complet. 4® VA. élevé (^1. procerus), espèce très-commune, et qui porte différents noms suivant les pays ; etc. Parmi les espèces dangereuses, on doit citer : 1° la Fausse Oronge (A. moucheté), espèce d’autant plus dangereuse qu’elle ressemble beaucoup à V Oronge comestible et qu’elle n’en diffère qu’en ce que son volva n’est pas complet; 2“ VA. rouge sanguin, dont les caractères sont : chapeau rouge tendre, convexe, un peu aplati au sommet, lames blanches et d’égale longueur. Commun dans les environs de Paris, vers la fin de l’automne ; très-dangereux. Quant à ce qui concerne l’empoisonnement par les champignons, la connaissance des espèces bonnes ou dangereuses et la culture, voyez le mot Champignons.
AGARICINÉES (Botanique). — Noms donnés à divers groupes anciennement adoptés dans la famille des Champignons, et qui avaient pour type le genre Agaric. ^
AGATE (Minéralogie), du grec achatês,oom^ ancien de ce minéral, — C’est une variété de quartz à structure*
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concrétionnée. Elle forme le plus souvent des nodules constitués par de la matière siliceuse qui s’est moulée dans une cavité préexistante par couches progressant de l’extérieur vers l’intérieur : la succession des couches est attestée par la diversité de coloration, et le mode d’origine ne peut être douteux, puisque l’on trouve sur le côté de quelques rognons d’agate une espèce d’entonnoir ou de conduit par lequel la matière siliceuse s’est introduite : en outre, la partie centrale du nodule est 5 fréquemment vide ou occupée par des cristaux de quartz qui s’y sont développés lorsque le canal d’introduction a été bouché et que la silice n’a plus été agitée. La disposition par couches est encore visible dans les agates d’une seule couleur et se reconnaît alors à l’existence de nuages concentriques lorsqu’on les regarde par transparence. La couleur de l’agate est très-variée ; le plus souvent on y voit des bandes ondulées concentriques de couleurs distinctes : ce sont alors des agates rubanées. Quand les bandes, peu nombreuses, sont de couleurs tranchées, l’agate prend le nom d’Onyx et sert dans la bijouterie pour faire des camées. Les onyx naturels sont assez rares, et le plus souvent ceux qui servent à faire des camées ont été obtenus artificiellement. Le procédé employé consiste à imprégner la couche que l’on veut teindre en noir d’une huile que l’on carbonise ensuite par l’acide sulfurique. Enfin on donne le nom d’agates mousseuses à celles où les couleurs sont irrégulièrement mélangées. Les agates ont eu aussi des noms différents suivant la teinte dont elles sont colorées. Ainsi, les calcédoines sont gris de perle, bleuâtres, de couleur claire et fortement translucides; les cornalines sont rouges de sang, ou brun jaunâtre ; les sardoines sont rouge brun foncé, ou rouge orangé ; la saphirine est bleu de ciel, d’une teinte uniforme et fortement translucide ; elle se trouve quelquefois en cristaux cubiques provenant du remplacement de la chaux fluatée par la matière siliceuse; la chrysoprase est vert- pomme; le plasma, vertpré, très-translucide : cette dernière variété ne se trouve ■que dans les pierres antiques ; on n’en connaît pas le gisement, aussi est-elle d’un prix fort élevé. Le principal gisement de l’agate est le terrain de grès rouge, où celte substance constitue des nodules de grande dimension, ordinairement creux. La principale et pour ainsi dire la seule exploitation est celle d’Oberstein, dans la Prusse Rhénane. Elle fournit toutes les agates employées en Europe comme pierres d’ornement : c’est aussi de cette localité que proviennent les mortiers d’agate employés ■üans les laboratoires pour piler les substances à soumettre à l’analyse. Lef.
AGATINE (Zoologie), Achatina^ Lamarck; du nom de î’agate dont ces coquilles rappellent l’éclat. — Genre de
coquillages univalves classés dans les Gastéropodes pulmonés terrestres {Règne animal) du grand genre Escargots {Hélix ^ \Àn.).
La principale espèce acha-
tina^ Lin.) vient de Madagascar, et mesure près de 0“,1 5 ; très-recherchée des amateurs à cause de son volume et de sa couleur blanche colorée de flammes onduleuses longitudinales noires et brunes, elle est connue des marchands sous le nom de perdrix. L’agatine rubanée (Bw/.ufrjymea, Lin.) {fig. 6G) a environ 0“,060 de long. Les agatines sont redoutées dans les pays chauds, parce qu’elles dévorent les arbres et les arbustes, comme font chez nous les limaces et les escargots.
AGAVÉ (Botanique), Agave., Lin. ; du grec agauos., admirable; ou d'Agavé., mère de Penthée, qui, rendue furieuse par Bacchus, déchira son fils, allusion aux pointes épineuses de la plante. — Genre de plantes de la tribu des Agavées., famille des Amaryllidées; il a pour caractères : Anthères versatiles, linéaires ; ovaire à ’-i loges contenant un grand nombre d’ovules ; le fruit est une capsule coriace, anguleuse et s’ouvrant en 3 valves. LesAgavés sont des plantes capables d’atteindre une trèsgrande hauteur et un grand âge. Elles ne fleurissent que très-rarement ou même une seule fois, parce que le développement de leur inflorescence gigantesque (on y compte jusqu’à 1 400 fleurs) épuise la plante et la fait souvent mourii après la floraison : aussi une erreur populaire affirme-t-elle que ces beaux végétaux ne fleurissent qu’une fois en un siècle. Leurs feuilles radicales sont
Fig. 66. — Agatine rubanée (2/3 de grandeur naturelle).
charnues et à bords hérissés d’épines ; leurs fleurs sont disposées en panicule à l’extrémité d’une hampe. Ces plantes habitent les régions tropicales et équatoriales de l’Amérique. Elles ont le port des aloès. V Agave d'Amérique {Agave americana.hm.) {fig. 67), souvent désignée
Fig. 6". — Agavé d’Amérique en fleur (1/100 environ de la grandeur naturelle).
par erreur sous le nom d’aloès, est une des espèces les plus répandues. Originaire de l’Amérique tropicale, elle a été importée en Europe vers le milieu du seizième siècle, et elle s’est naturalisée en Espagne, en Portugal, dans le midi de la France, enfin dans le nord de l’Afrique. Ses longues feuilles (l“,50 à 2 mètres) forment une touffe épineuse d’où une hampe droite s’élève souvent jusqu’à 10 ou l2 mètres. Sou développement est si rapide que l’on a vu souvent des individus dont la hampe florifère croissait de 0“,10 à 0i«,l5 en vingt-quatre heures ; cette rapidité diminue à mesure que la plante croît plus loin des tropiques.
L’agavé d’Amérique est surtout importante pour la liqueur alcoolique (espèce d’eau-de-vie nommée pulque)., que fournit sa sève fermentée. Pour obtenir cette sève, avec laquelle les Mexicains préparent aussi une matière sucrée qu’ils nomment agua-miel, on pratique une entaille au cœur de la touffe, on enlève la pousse qui se trouve à son centre et qui devait être la hampe, et dans la cavité que l’on a ainsi formée s’amasse la sève qui s’écoule avec abondance pendant deux ou trois mois. La plante propre à cette opération doit, selon les contrées, avoir cinq, six, sept, et quelquefois dix ans et plus.
La boisson dite pulque est cette sève fermentée dans des jarres de terre : elle a une saveur aigrelette très-estimée ; mais les peaux de bouc dans lesquelles on la conserve, lui donnent une odeur particulière à laquelle les Européens ne peuvent s’habituer. Les feuilles de cette plante renferment une matière textile employée à la confection des câbles, des sacs dans lesquels on emballe les denrées, etc. Les feuilles triturées de l’agavé donnent un suc qui, filtré et épaissi par l’évaporation, puis additionné d’un peu de cendres, forme une espèce de savon employé pour lessiver ’e linge.