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Cette disposition des deux aspirateurs, de façon que le liquide s’écoule de l’im dans l’autre, est tout à fait analogue à ce qui a lieu dans les sabliers; on retourne simplement l’appareil quand l’écoulement est arrêté.

Les jets d’eau, les fontaines de Héron, les fontaines intermittentes, les siphons (voyez ces mots), donnent des exemples d’écoulement des liquides par des orifices.

II. Écoulement par les canaux. — Les canaux ont un lit régulier, partout le même profil et la même pente; c’est ce qui les différencie des rivières. La vitesse moyenne dans une section transversale est donnée par la formule

dans laquelle H est la pente correspondante à la longueur L, où A est l’aire de la section, et S son contour ou périmètre mouillé. On se sert encore des formules suivantes :

V étant la vitesse à la surface, et

U étant la vitesse de fond. Ces formules, la dernière surtout, ne donnent que des approximations assez grossières.

Pour les tuyaux de conduite, la vitesse est donnée par des tables calculées parM. de Prony, et qui se trouvent dans les traités d’hydraulique (voy. les articles Canal, Cours d’eau (vitesse d’un), Conduite des eaux).

D’ailleurs, pour ce genre de questions, nous ne pouvons que renvoyer aux traités spéciaux, et particulièrement aux Leçons de mécanique pratique du général Morin.

ÉCOULEMENT DES GAZ (Physique). — D’après Daniel Bernouilli, les lois de l’écoulement des gaz ont le plus grand rapport avec celles de l’écoulement des liquides (voyez le mot Écoulement), Si l’écoulement a lieu dans le vide, sa vitesse doit être, d’après cela, donnée par la formule v=\/2gh^ dans laquelle h représente la hauteur d’une colonne gazeuse ayant partout la môme densité qu’à l’orifice de sortie dans l’espace d’amont, et dont le poids ferait équilibre à la force élastique du gaz considéré. Supposons, par exemple, qu’il s’agisse de l’air atmosphérique pris à la température de 0" et soumis à la pression de 0m,76 millim. La hauteur h s’obtiendra en multipliant 0“,7f) par le rapport entre la densité du mercure et la densité de l’air par rapport à l’eau. On trouverait ainsi 7 954 mètres, ce qui conduit à une vitesse d’écoulement de 395 mètres par seconde. Il faut remarquer d’ailleurs que cette vitesse est indépendante de la force élastique de l’air, car, quand cette force élastique diminue, la densité augmente dans le môme rapport ; elle dépend, au contraire, de la nature du gaz, car ici la densité change indépendamment de la force élastique. Ainsi, pour l’hydrogène, la vitesse de sortie dans le vide doit être environ de 1 500 mètres par seconde.

Si l’écoulement n’a pas lieu dans le vide, mais dans un espace contenant déjà un gaz, on se trouve dans un cas analogue à celui où, dans l’écoulement des liquides, l’orifice est noyé. La vitesse doit être v—\j2g{h — h')^ h' étant la hauteur d’une colonne du deuxième gaz qui aurait partout la densité du gaz qui s’écoule, et qui ferait équilibre par son poids à la force élastique du gaz dans l’espace d’aval. Si donc p et p' sont les forces élastiques des deux gaz, et A la densité de celui qui s’écoule, l’on aura

du moins dans le cas de l’air. Il faut dans l’évaluation de A introduire la température du gaz.

Ces formules de Bernouilli reposent sur des hypothèses parmi lesquelles il en est qui ne peuvent être rigoureusement admises. M. Navier, en reprenant la question, est arrivé à l’expression :

v = mL log. hyp.

qui conduit, dans certains cas, à des conditions inadmissibles. Supposons, par exemple, que l’écoulement ait lieu dans le vide. On déduit alors de la formule de

M. Navier que la vitesse d’écoulement est nulle. Il y aurait un maximum de vitesse de l’écoulement pour p’ = 0,60653p.

M. d’Aubuisson a tenté des expériences pour vérifier la formule de Bernouilli, mais la différence des pressions dans l’espace d’amont et dans l’e>pace d’aval ne s’élevait pas à plus du soixante-dixième. M. Lagerhjelm a expérimenté le môme sujet, mais la différence des pressions n’excédait pas le vingtième de la plus petite. La formule de Bernouilli et celle de M. Navier concordent alors suffisamment avec les faits. MM. de Saint-Venant et Wantzel laissaient rentrer l’air extérieur dans une cloche où ils faisaient le vide; ils ont déduit de leurs expériences la formule empirique

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dans laquelle les constantes m, w, n' dépendent de la nature de l’orifice. Ainsi, pour les orifices en minces parois,

La question de l’écoulement des gaz aurait besoin d’être de nouveau soumise à l’étude. Quant aux appareils destinés à obtenir ces écoulements, ce sont les aspirateurs (voyez Ecoulement des liquides) et les gazomètres (voyez ce mot). Consulter un mémoire de Péclet inséré dans son Traité de la chaleur.

ÉCRE V ISSE (Zoologie ) , Astacus., Gronov. — Sous-genre de Crustacés., de l’ordre des Décapodes., famille des Macroures, grand genre Ecrevisse, section des Homards ; caractérisé ainsi (/?^. 850); les feuillets des nageoires latérales du bout de la queue élargis et arrondis à leur extrémité, l’extérieur divisé transversalement en deux par une suture transverse ; les Écrevisses ont cinq paires de fausses pattes, les antennes mitoyennes ou secondes antennes saillantes et terminées par de longs filets, la queue toujours étendue, leurs pieds antérieurs se terminent par une pince à deux mordants. On trouve dans ce sous-genre des espèces marines parmi lesquelles le Ho-

Fig. 850. — Écrevisse.

mard (voyez ce mot) si connu de tout le monde, et VEcrevisse commune {Ast, fluviatilis, Cuv., Cancer astaeus. Lin.) qui ne l’est pas moins. Elle est brun-verdâtre, à rostre armé d’une petite dent de chaque côté et à pinces chagrinées. Le jour elle se tient généralement dans des trous ou sous des pierres qu’elle ne quitte guère que le soir pour chercher sa nourriture, qui consiste en mollusques, petits poissons, larves d’insectes

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ou chair corrompue. La femelle est très-féconde, et les 30 ou 40 œufs qu’elle pond restent fixés par un pédicule aux filaments dont la queue est garnie à l’intérieur ; ils forment ainsi une sorte de grappe jusqu’au moment de l’éclosion. Les petites écrevisses n’ont pas, en naissant, un test assez résistant pour abandonner leur mère, et elles trouvent encore pendant quelques jours un refuge sous sa queue. Tout le monde sait qu’elles ont la propriété de régénérer leurs pattes et leurs antennes perdues ou mutilées ; un phénomène non moins étrange est la mue que subissent toutes les écrevisses entre mai et septembre. Au moment où l’animal doit se débarrasser de son enveloppe, il se cache pour ne pas devenir la proie de ses pareils lorsqu’il sera sans défense; puis l’écrevisse détache successivement et avec de violents efforts les diverses parties de sa carapace et reste ainsi 4eux ou trois jours au bout desquels elle peut quitter sa retraite avec une nouvelle enveloppe aussi dure que la précédente. Son estomac renferme, lorsqu’elle est sur le point de muer, des conciétions pierreuses, dont la médecine faisait anciennement usage comme absorbants. On les connaissait sous le nom d’F(?wj;d’£creyme. L’écrevisse vit vingt ans et plus; sa chair est très- recherchée ; on sait que la cuisson fait passer la carapace du brun au rouge. Ce phénomène tient à ce que des deux pigments qui existent dans l’épiderme, l’un rouge et l’autre bleu, ce dernier se détruit par la chaleur et il ne reste de visible que le rouge (voyez Mémoire sur la strucf. et les fond, delà peau. Académie des sciences. Comptes rendus, 11 novemb. 1860, par M. Ad Focillon). La pêche se fait à la main, au flambeau ou avec un fagot garni au milieu de viande corrompue dans lequel elles viennent s’enfoncer; mais mieux avec un petit filet nommé balance, au milieu duquel on place un appât. Il y a une variété d’une belle couleur bleu cobalt. F. L.

ÉCRIVAIN (Zoologie). — Nom vulgaire d’une espèce de Poisson du genre Crénilabre. On donne aussi ce nom, dans les pays de vignobles, à un insecte nuisible à la vigne et qui est VEumolpe de la vigne.

ÉCROUELLES (Médecine). — Nom vulgaire donné à une des formes de maladies scrofuleuses, dont la principale manifestation consiste dans l’engorgement, l’inflammation et la suppuration des ganglions lymphatiques du col. La superstition a, pendant longtemps, attribué aux rois de France le pouvoir de guérir les écrouelles par le simple attouchement (voyez Scrofules).

ECROUISSAGE (Physique). — Opération par laquelle les molécules d’un corps sont rapprochées d’une manière permanente, de façon que sa densité en soit augmentée. L’écrouissage s’opère toujours par des actions mécaniques, le martelage, le laminage, la traction, la flexion, etc. 11 n’y a d’écrouissage véritable qu’ autant qu'il y a augmentation de densité ; ainsi, par exemple, le plomb sortant de dessous le marteau sans changement de densité, on peut dire qu’il n’est pas susceptible d’être écroui. L’écrouissage influe naturellement sur les diverses propriétés physiques de la substance ; en général, la ténacité, la dureté en sont augmentées. C’est en écroui ssant par le marteau le tranchant de leurs armes en bronze que les anciens lui donnaient la dureté nécessaire.

ECTHYMA (Médecine), en grec ekthuma. — On appelle ainsi une maladie de la peau, caractérisée par l’existence de pustules rondes, aplaties, discrètes, don nant lieu à une suppuration et à la formation de croûtes brunâtres qui tombent, quelquefois sans laisser de traces, le plus souvent cependant en laissant des empreintes brunâtres ou de petites cicatrices. Elle peut être aiguë ou chronique. Lorsqu’elle est aiguë qWq s’annonce par la chaleur, la cuisson, le sentiment de brûlure; puis une douleur vive précède l’éruption. En même temps il y a malaise, inappétence, céphalalgie, fièvre, etc. L’état aigu peut durer de dix à quinze jours, pendant lesquels l’éruption parcourt toutes ses phases. Dans l’état chronique, i’éruption est à peu près la môme, mais les symptômes généraux sont à peine saisissables ; du reste, les pustules Be développent successivement, ce qui explique la lenteur de la maladie, qui dure quelquefois indéfiniment. Celle-ci peut se développer sous l’influence de toutes les causes qui provoquent une irritation directe de la peau. Elle siège surtout aux bras, au col, aux épaules. L’ecthyma chronique se montre de préférence aux membres inférieurs. Suivant M. Cazenave, l’ecthyma de cause externe est une maladie du follicule; celui de cause générale intéresse la peau tout entière. Le traitement de la forme aiguë consiste dans l’emploi des émollients sous toutes les formes et môme de la saignée; de légers purga-

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tifs ; des bains légèrement alcalins à la fin de l’éruption, un régime doux. Dans l’ecthyma chronique, il faut avoir égard aux causes générales, telles que la misère, les excès, l’âge, et diriger le traitement d’après ces données ; relever les forces par des toniques, des amers, des ferrugineux, des boissons vineuses, une bonne nourriture, des bains simples ou alcalins; on aura rarement recours aux moyens topiques. F n.

EGTOCARPE (Botanique), Ectocarpus, Lyngbye; du grec ektos, en dehors, karpos, fruit. — Genre de plantes Cryptogames de la classe des Algues, type de la tribu des Ectocarpées, voisine^ des Gonferves. Son principal caractère est dans la position des conceptacles ou réservoirs des globules reproducteurs, qui sont insérés le long des rameaux ; c’est ce que rappelle son nom. Il renferme quinze à seize espèces qui habitent les mers tempérées et se fixent souvent par touffes plus ou moins fournies sur d’autres algues.

EGTOSPERME (Botanique), Ectosperma, Vaucher, ou Vaucheria, de Gand. ; du grec ektos, en dehors, et sperma, graine. — Genre de plantes Cryptogames de la classe des Algues type du groupe des Vauchériées. Ce sont des plantes d’eau douce, à filaments cylindriques, grêles, capillaires, continus, plus ou moins transparents, remplis intérieurement d’une matière verte, granuleuse; conceptacles ronds ou ovoides, externes, sessiles ou pédonculés, solitaires, opaques, remplis de corpuscules. On rencontre environ une dizaine d’espèces de ce genre dans les fossés, les mares, la terre humide des environs de Paris. UE. terrestre {E. terrestris,Nau\xc\\,',Vauch. terrestris, de Gand.) se compose de filaments verts formant de petites touffes épaisses sur les vieux murs et la terre humides. Ses conceptacles sont portés sur des pédicelles terminés en crochet.

EGTROPION (Médecine), en grec e/îfropfa, renversement des paupières. — On appelle ainsi un renversement de la paupière supérieure ou de l’inférieure qui les empêche de recouvrir l’œil ; cette maladie est produite quelquefois par un gonflement, un boursouflement considérable de la conjonctive qui force le bord libre de la paupière de se renverser en dehors; dans ce cas, à moins que cette incommodité ne soit déterminée par les progrès de l’âge, il faut faire la rescision d’une portion de la conjonctive, pour que la cicatrice ramène les paupières à leur position naturelle. D’autres fois, ce renversement ou cet éraillement est causé par la rétraction de la peau à la suite de la cicatrisation vicieuse d’une plaie, d’une brûlure avec perte de substance plus ou moins considérable ; l’art ne peut guère tenter que la guérison des ectropions dans lesquels il n’y a qu’une légère perte de substance; pour cela, on fait une incision horizontale sur la cicatrice dans toute sa profondeur, on rapproche les paupières sur le globe de l’œil, en laissant béante la plaie qui résulte de l’incision, on tient les parties appliquées sur le globe de l’œil au moyen de petites compresses et d’un bandage contentif, et on tâche, par des pansements fréquents, de maintenir écartés les bords de la nouvelle plaie, afin d’avoir une cicatrice plus large que celle qu’on a détruite. F— N.

EGTROTIQUE (Médecine), du grec ektitrôskein, faire avorter. — On appelle méthode ectrotique un procédé de cautérisation au moyen duquel on se propose de faire avorter les pustules de la variole, du zona ou de certains érysipèles. On opère de deux manières : la première consiste à traverser le sommet des pustules avec une aiguille d’or ou d’argent chargée de nitrate d’argent. Dans la seconde, au moyen d’un petit pinceau trempé dans une solution de nitrate d’argent (O^r^ôO à pour une

cuillerée d’eau), on cautérise en masse toutes les pustules ; mais cette dernière a été presque généralement rejetée. En général, la méthode ectrotique n’a pas répondu aux espérances qu’elle avait fait concevoir, et elle est aujourd’hui peu employée; on n’y a guère recours que pour tâcher de prévenir ces redoutables ophthalmies qui compliquent les varioles confluentes et qui sont souvent le résultat de l’accumulation de plusieurs pustules sur un môme endroit.

ÉCUELLE d’eau (Botanique). — Nom vulgaire de VHudrocofyle commune.

ÉGUMÈ PRINTANIÈRE .(Zoologie). — Synonyme de Crachat de coucou (voyez Gercope).

Écume de mer (Minéralogie). — Substance magnésienne qui se taille au couteau, qui ne peut ni se pétrir ni se dissoudre dans l’eau ; c’est une variété particulière de la pierre connue sous le nom de magnésite (voyez ce mot). On la rencontre en divers endroits de l’Asie Mi-

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neure, d’où on l’expédie en grosses masses ou en morceaux propres- à faire des pipes. Au sortir de la carrière, elle, est molle et pesante ; mais après avoir été exposée à l’air, elle durcit, devient plus blanche et plus légère. C’est avec cette pierre qu’on fait des pipes si recherchées en Orient et même en Europe; quant au procédé de fabrication, il règne une grande incertitude à cet égard ; les uns pensent qu’on profite du moment où elle est encore molle et malléable, et qu’après avoir moulé cette pâte, on cuit très-légèrement les pipes ; suivant d’autres (Brenner), on fabrique en tournant ces petites masses simplement séchées. Ces pipes sont un objet de luxe, comme on sait, surtout lorsque, par un long usage, elles ont acquis une belle couleur de café. Quand l’écume de mer est de la meilleure qualité, on voit le feu à travers la pipe qui se ramollit au point que l’on peut y planter une aiguille. Cette substance, du reste, résiste longtemps à l’action du feu.

On fabrique une sorte d’écume de mer artificielle en incorporant avec de la caséine de la magnésie calcinée et une petite proportion d’oxyde de zinc. Le mélange desséché devient susceptible de recevoir un beau poli et imite un peu l’écume naturelle.

On désigne encore en minéralogie sous le nom ôl écume de mer une substance calcaire de couleur blanc-jaunâtre ou verdâtre, de texture lamelle use, à lames trèsminces et flexibles et d’un éclat nacré. Plusieurs minéralogistes la regardent comme une variété de Vagaric minéral. C’est un carbonate de chaux.

ÉCUME DE MER (Zoologie, Botanique). — Ce nom a souvent été employé par certains naturalistes pour désigner des corps marins plus ou moins rapprochés des éponges, des alcyons parmi les animaux. On l’a aussi appliqué aux produits de la décomposition des varechs parmi les végétaux.

ÉCUREUIL (Zoologie). — Sciurus^ Cuv., de son nom grec skiouros. — Genre de Mammifères de l’ordre des Rongeurs, section des bien Claviculés. Tout le monde connaît ce charmant petit animal au pelage roux vif pardessus et blanc en dessous et aux moustaches fauves, qui se tient sur les arbres les plus élevés des grandes forêts de l’Europe et du nord de l’Asie , sur lesquels il niche, trouve sa nourriture et élève ses petits ; ses oreilles sont terminées par un bouquet de poils; sa queue, trèslongue, très-fournie, anneléede blanc et de noir et terminée de roux, se relève en panache sur sa tête ; son corps

Fig. 831. — Ecureuil commun.

a environ 0“,20 de long et autant pour la queue ; mais il se distingue surtout par son agilité, sa propreté, la vivacité de ses mouvements et la finesse de sa physionomie. Il passe généralement sa vie sur les arbres, sautant de branche en branche ; aussi ne m arche- t-il à terre que par bondsses ongles, robustes et pointus, lui permettent de grimper sans peine en un instant au sommet de l’arbre le plus lisse. S’arrête-t-il, il s’assied, s’abrite de sa queue et se sert de ses pieds de devant comme de deux mains pour porter à sa bouche les amandes, les noisettes, les glands ou les autres fruits dont il se nourrit et dont il fait des provisions pour l’hiver ; il n’est pourtant pas exclusivement frugivore, car il suce volontiers les œufs qu’il rencontre et mange même les petits oiseaux. Il a une grande peur de 1 eau, ot^c est à tort que l’on a prétendu qu’il traversait les rivières monté sur ur^^e écorce en présentant sa queue au vent en guise de voile. Aidé âe la fe-

melle avec laquelle il s’est choisi un arbre pour domicile à l’exclusion de tout autre écureuil, il construit son nid avec des brins de bois et de la mousse foulée. Cet asile est d’autant plus imperméable à l’eau que la seule ouverture très-étroite qui est pratiquée au dessus est recouverte d’un toit conique. C’est là qu’il passe la plus grande partie du jour ; cette retraite est tenue avec la plus grande propreté et l’écureuil n’y fait jamais d’ordure ; c’est là aussi que sont élevés avec le plus grand soin les trois ou quatre nouveau-nés venus en mai. Pris jeune, l’écureuil s’apprivoise facilement. Sa chair est estimée et ses poils, ceux de la queue principalement, servent à faire des pinceaux. Vers le soir ils sortent de leurs retraites, et c’est alors qu’on les voit sauter et grimper de branche en branche avec une agilité et une grâce merveilleuses. Ils ne dorment pas pendant l’hiver. Tels sont les caractères et les mœurs de VÉ. commun (S. vulgaris, Cuv.).

On trouve dans le nord de l’Europe et de l’Asie VE. petit gris^ regardé par Cuvier et par la plupart des auteurs comme une variété de ce dernier. En hiver il est d’un beau cendré bleuâtre sur le dos. C’est une pelleterie très-recherchée, lorsque la mode la met en vogue. VE. gris de la Caroline (Sc. cinereus., Lin.), plus grand que le nôtre, est cendré, à ventre blanc, c’est le petit gris de Buffon. VE. des Alpes et des Pyrénées {Sc. alpinuSy F. Cuv.), d’un brun très-foncé, paraît devoir former une espèce distincte. On connaît aussi beaucoup d’espèces exotiques; ainsi, rjE". du Malabar {Sc. maximus, Gmel.), presque aussi grand qu’un chat, est noir en dessus, avec les flancs et le sommet de la tête d’un beau marron pourpre. Il a 0“,40 de long, et la queue autant. VE. à marque (Sc. capistratus, Bosc.), de l’Amérique septentrionale, gris de fer cendré, tête noire, museau, oreilles et ventre blancs.

Écureuil volant. Nom vulgaire donné aux Mammifères rongeurs., du genre Polatouche , et particulièrement au Sc. volans, Schreb (voyez Polatouche).

ÉCURIE (Économie rurale), du latin equus, cheval. — C’est le bâtiment dans lequel sont logés les chevaux. Une écurie doit être dans de bonnes conditions hygiéniques, car la santé des chevaux et leur conservation importent grandement à la prospérité d’une exploitation agricole. Elle devra, autant que possible, être exposée au levant, avoir ^es jours principaux du côté de la croupe des chevaux, afin qu’ils aient par là l’air et la lumière qui ne devra jamais frapper sur leurs yeux ; d’autres ouvertures seront ménagées à l’opposé pour aérer Técurie pendant l’absence des chevaux. Le fumier devra être enlevé et la litière renouvelée fréquemment. Pour éviter la stagnation des eaux, l’écurie doit présenter dans le sens de sa largeur et de sa longueur une pente très-douce, qui permette aux urines de se rendre dans une rigole couverte et de là dans un puisard ouvert en dehors du bâtiment. Un cheval à l’écurie, d’après Gasparin,a besoin de 28 à 30 mètres cubes d’air, le calcul étant fait sur une hauteur de 4 mètres environ ; il faut, en outre, réserver une place pour les harnais et pour le lit du garçon d’écurie. Ainsi, on accordera à chaque cheval une largeur de 1“,75 et une longueur de 4 mètres y compris la crèche , la mangeoire et le passage. Si les chevaux sont sur deux rangs, ils devront être placés de préférence tête à tête. Il arrive sauvent que les chevaux ne sont pas séparés ou qu’ils ne le sont que par de simples traverses mobiles soutenues à leur extrémité par des cordes ; il vaut mieux qu’il y ait autant de stalles pleines sur les côtés qu’il y a de chevaux. La mangeoire, de 0“,30 de profondeur, do 0“,36 d’ouverture en haut et de 0“,12 seulement de largeur en bas, sera fixée à 1“,20 du sol; elle sera en pierre ou en bois dur ; elle sera munie d’anneaux en fer pour attacher les chevaux. Quant au râtelier, il devra être presque droit ; ceux qui sont fortement inclinés sur la tête des chevaux ont le double inconvénient de ne pas laisser tomber facilement le fourrage dans la partie la plus déclive, ce qui force le cheval à lever la tête trop haut ; ensuite, ils exposent les chevaux à recevoir sur la tête et dans les yeux les débris et la poussière que peut contenir le fourrage. Il commencera à 0“,20 ou 0“,25 audessus de la mangeoire, et aura 0“,35 à 0“,46 de hauteur ; les barreaux en bois dur ou en fonte seront écartés de 0“,08 à 0“,10. Dans les écuries bien ordonnées, le lit du garçon devra être placé dans une chambre spéciale ayant vue sur les animaux; on pourra aussi y placer le coffre à avoine. Quant aux harnais, ils pourront utilement être accrochés derrière la croupe des chevaux, si les localités le permettent ; dans le cas contraire, il sera utile

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