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de réserver pour cet usage une place à un des bouts de l’écurie.
ÉCUSSON (Zoologie), Scutellum. — On appelle ainsi une pièce plus ou moins petite, ordinairement triangulaire, située sur le dos du mésothorax des insectes, entre les attaches des élytres ou des ailes. Elle est quelquefois très-grande et recouvre alors la plus grande partie du dessus de l’abdomen. Un grand nombre d’insectes sont dépourvus d’écusson : ainsi les lépidoptères, les aptères, la plupart des névroptères. Pour quelques naturalistes même, les hyménoptères, les diptères, plusieurs hémiptères n’en ont pas; on a pris, pensent-ils, pour un éeusson la partie postérieure du corselet ou plutôt la partie postérieure de la poitrine ou do dos. On ne connaît pas les usages de l’écusson.
Écusson (Greffe en) (Horticulture). — Voyez Greffe.
ECZÉMA (Médecine), Eczema du grec ekzein^ causer une sensation de fourmillement. — On a donné ce nom à une affection de la peau, caractérisée par de petites vésicules aplaties, très- rapprochées, presque confluentes, répandues sur des surfaces plus ou moins rouges, souvent très-étendues et envahissant toute une région du corps, accompagnées de prurit, d’un suintement plus ou moins abondant, d’excoriations, de plaques squammeuses, môme de croûtes ; c’est VE. simple.^ une des plus fréquentes affec* tions de la peau ; elle peut être déterminée par toutes les causes irritantes qni agissent directement sur cette membrane, mais son développement estfavorisé par les émotions morales, par l’âge adulte, par les saisons chaudes, par la finesse et la délicatesse de la peau ; elle tient souvent à une idiosyncrasie particulière. Elle n’est point contagieuse. Dans sa plus grande simplicité, l’eczéma s’annonce par un sentiment de fourmillement, de cuisson à la peau, de chaleur, de prurit, sans congestion ni rongeur ; il s’élève bientôt de petites vésicules indolentes, remplies d’une sérosité très-claire, d’un éclat argenté. Au bout de quelques jours, elles se flétrissent, s’affaissent, et le liquide est résorbé, ou elles se déchirent, la sérosité se concrète et forme de petites squames peu adhérentes, blanchâtres; la maladie dure environ huit ou dix jours. Mais elle n’offre pas toujours un caractère aussi bénin, et les divers degrés de cette affection ont fait admettre à M. Gazenave deux autres espèces : VE. rubrum et VE. impetiginode. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de ces différentes nuances de l’eczéma. On pourra consulter avec fruit le Traité élémentaire des maladies delà peaM,par M. Ghausit. Disons seulement que, dans ces deux variétés, les symptômes sont beaucoup plus intenses, la maladie plus longue, qu’un suintement continuel baigne généralement la peau aux lieux malades qui se recouvrent aussi de croûtes tombant et se renouvelant successivement. Dans tous les cas, elle peut être entretenue et se prolonger quelquefois pendant des mois et constituer ainsi une affection des plus incommodes.
M. Rayer regarde la teigne muqueuse comme un eczéma impétigineux du cuir chevelu et de la face ; dans tous les cas, cette forme de la maladie, fréquente chez les enfants à la mamelle, fournit un fluide visqueux qui enduit les cheveux et les colle; à l’aide de cataplasmes émollients et de lotions fréquentes, l’inflammation diminue et finit souvent par se guérir. L’E. de la face et celui des oreilles sont souvent aussi chez les enfants des éruptions salutaires qui ne demandent guère que des soins de propreté ; parfois ils se lient à un état lymphatique et réclament le tr aitement qui convient aux affections de cette nature. L’Eczéma peut se présenter à l’état chronique avec tous les symptômes dont nous avons parlé, mais moins accentués. Le traitement de l’état aigu consiste dans l’emploi des émollients, des légers purgatils d’abord, puis des bains légèrement alcalins, gélatineux, de vapeur, surtout dans la forme chronique ; quelquefois les sulfureux, les eaux d’Enghien, de Gauterets, les amers, les toniques, etc. F — n.
ÉDENTÉS (Zoologie), — Guvier désigne sous ce nom les animaux formant le sixième ordre de la classe des Mammifères. Ils ont pour caractères distinctifs non l’absence complète de dents, cas qui ne se présente que chez un petit nombre de genres, mais un système dentaire toujours sans incisives et à racines semblables. En outre, ils ont des doigts terminés par des ongles puissants, propres à fouir et un museau long et pointu. Leur infériorité organique et intellectuelle les fait placer au dernier rang des mammifères. Ils habitent l’Afrique, l’Amérique et l’Océanie. Guvier a divisé cet ordre en trois familles : les Tardigrades., à démarche lente et à museau court; les Édentés proprement dits, à museau pointu,
comprenant les Fourmiliers et les Pangolins ; et les Monotrèmes (voyez ces mots).
EDINITE (Minéralogie). — Nom d’un minéral trouvé avec la prehnite dans les basaltes sur lesquels est bâti le château d’Édimbourg. Il a été décrit et analysé par Kennedy, qui l’a trouvé composé de : silice, 51 ,50 ; chaux, 32 ; alumine, 0,5; étain oxydé, 0,5; soude, 8,5; acide carbonique avec trace de magnésie et d’acide chlorhydrique, 5.
ÉDREDON (Zoologie). — Voyez Eider, Ganard.
EFFANAGE (Agriculture). — Certains végétaux, tels que les céréales, se développent quelquefois d’une manière trop vigoureuse, surtout lorsque les premiers jours du printemps sont tièdes et humides et succèdent à un hiver doux; ces tiges, d’une végétation luxuriante, peuvent nuire à la production du grain, et il est bon de les couper avant la formation de l’é^pi ; on se sert ordinairement de la faux pour cette opération ; d’antres fois, on y fait paître les moutons, mais sans les faire séjourner. On évite aussi par ce moyen que les céréales ne versent plus tard.
EFFARVATTE (Zoologie). — Buffon avait donné ce nom à la Fauvette de roseaux [Motacilla salicaria, Gmel.) et à la Petite Rousserolle {M. arundinacea., Gmel.), en faisant remarquer, toutefois, qu’il s’appliquait plutôt à cette dernière ; c’est à cette opinion que s’est rangé Cuvier {Règne animal). Ces deux espèces, du reste, sont classées dans le genre Fauvette (voyez ce mot).
EFFEUILLEMENT ou Épamprement (Agriculture). — Opération que l’on pratique particulièrement sur la vigne pour en diminuer la vigueur, de telle sorte que, le terme de la végétation annuelle se trouvai! t rapproché,les grappes ne recevant plus autant de sève, la maturité devient plus complète, et même, l’année suivante, on a de meilleurs produits.Pour agir avec prudence, cette opération doit être faite en deux fois, la première lorsque le raisin aura acquis toute sa grosseur; on n’enlève alors que quelques feuilles, celles qui n’abritent pas directement les grappes, et douze ou quinze jours plus tard, on en enlève une nouvelle quantité, en ne laissant que le tiers ou la moitié de ce qu’il y avait primitivement, suivant la vigueur des ceps, l’humidité ou la sécheresse de l’année; alors on dégarnit les grappes, mais il faut avoir soin de laisser le pétiole des feuilles pour que le bouton ne souffre pas. Ces feuilles sont excellentes pour les bestiaux.
EFFLORESCENCE (Chimie). — Voyez Déliquescence.
EFFLUVES (Hygiène), Effluvium., du latin effluèrCy s’écouler. — La signification de ce mot n’a pas été généralement précisée d’une manière rigoureuse, et il a été employé indistinctement par la majeure partie des auteurs comme synonyme de miasmes.^ exhalaisons., émanations. Il est peut-être plus raisonnable, pour s’entendre, de réserver les deux derniers mots pour désigner le mode de développement ou de production, et de donner à chacun dos deux autres un sens précis, comme l’a fait le D' Naquart(DîcL des sc. méd., article Épidémie). Selon cet auteur, les effluves sont les exhalaisons qui s’élèvent des marais et de tous les lieux où se corrompt une eau stagnante, tandis que les miasmes sont les émanations fournies par les corps malades et les substances animales en putréfaction. Ainsi, dans le premier cas, une ^eau stagnante donne d’abord naissance à des myriades d’animaux et de végétaux qui meurent et se putréfient dans la vase qui leur a servi de berceau; bientôt se développe dans cette eau une sorte de fermentation putride d’autant plus active que la surface sera plus étendue avec peu de profondeur et qu’il y aura plus de chaleur et de sécheresse ; alors l’évaporation de cette eau^ entraînera avec elle -des particules délétères dont l’activité se.ra encore augmentée par leur mélange avec l’humidité de l’atmosphère. La production de ces effluves sera, du reste, plus abondante en été et en automne, saisons pendant lesquelles la chaleur rendra l’évaporation plus active. Ils détermineront chez les individus vivant dans l’atmosphère qui les contient les maladies dites endémiques, paludéennes, etc. Quant aux miasmes, tels qu ils ont été définis plus haut, leur principale origine parait consister dans les émanations qui s’échappent des corps malades, telles que les sueurs, la transpiration insensible, les évacuations alvines, les exhalations pulmonaires, etc., et ils auront surtout pour effet de produire ces maladies spéciales connues sous les noms de peste., pevre jaune, choléra-morbus, etc. r— n.
EFFORT (Physiologie, Chirurgie), wwms- des Latins. — On donne ce nom à tout effort musculaire violent ae^- I tiné à faire triompher d’une résistance extérieure ou
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faire accomplir des fonctions laborieuses. Un premier effet de cette contraction, quelque limitée qu’elle soit, c’est de mettre en action une partie des forces muscu laires du tronc ; ainsi, dans tout effort un peu intense, il y a d’abord contraction du diaphragme, grande inspiration pour faire pénétrer beaucoup d’air dans les poumons, puis contractions des muscles abdominaux et des puissances expiratrices. Les conséquences de ces phénomènes sont faciles à saisir : les gros vaisseaux situés dans le thorax sont comprimés, et comme ils sont les aboutissants des systèmes veineux et artériels, il en résulte des troubles dans toute la circulation ; de plus, les viscères abdominaux , par suite de la pression qu’ils éprouvent, peuvent subir diverses altérations; ainsi quelques portions de ces viscères s’échappent parfois à travers une des ouvertures naturelles et constituent des hernies (voyez ce mot) qu’on a improprement appelées efforts. Enfin, on voit encore assez souvent la rupture de quelques fibres musculaires, d’un muscle entier et même d’une apophyse à laquelle s’attache ce muscle. On a observé aussi, pendant de violentes contractions , des fractures de la rotule , de l’olécrâne, du calcanéum. Des observations de Curet, Chamseru, Rostan, S. Cooper constatent des exemples de fractures des os longs (fémur, humérus) par efforts musculaires.
Effort (Chirurgie). — Voyez Hernie.
EFFRA.YE (Zoologie), S/nx, Savipy. — Sous-genre à' Oiseaux, ordre des Oiseaux de proie., famille des Nocturnes, du grand genre Strix de Linné. Les Effrayes ont la conque auriculaire très-développée, aussi bien que l’opercule. Le masque formé par les plumes effilées qui entourent leurs yeux a plus d’étendue que chez les autres oiseaux de cette famille et leur donne une physionomie plus extraordinaire encore qu’aux autres nocturnes. Elles manquent d’aigrettes et leurs tarses sont emplumés. Leur bec allongé ne se courbe que vers le bout. La principale espèce est VE. commune {Strix flammea. Lin.), vulgairement nommée Fresaie^Chouette des clochers., répandue par tout le globe et très-commune en France; elle a environ 0“*,3.S de longueur ; son dos est nuancé d’un roux fauve, varié de gris et de brun, piqueté de points blancs enfermés chacun entre deux points noirs. Le ventre blanc ou fauve. Les plumes du disque de l’œil sont blanches. Le bec, blanc à son origine, est brun à la pointe. Sa
queue est blanche et plus courte que les ailes. Son nom ff’effraye lui vient de l’effroi qu’elle cause, et c’est elle que le peuple regarde comme l’oiseau de mauvais augure ; cette crainte qu’elle inspire ne peut s’expliquer que par le cri qu’elle fait entendre dans le silence des nuits, car son rôle n est pas sans utilité. Elle se rapproche des habitations et détruit les musaraignes, les souris, les rats; il est vrai qu’elle mange aussi des oiseaux, telles que grives, bécasses, etc. Les effrayes nichent dans les tours et les clochers, dans les creux des rochers • la femelle y pond 3 ou 4 œufs un peu allongés, d’un bl-‘^nc pur; ils ont 0®,040 sur 0“,032.
’EFFRITEMEKT des terres (Agriculture). — On appelle ainsi l’épuisement du sol par des cultures mal en-
tendues ; il a lieu souvent lorsqu’on répète plusieurs fois de suite la même culture, mais bien plus encore lorsqu’on n’emploie pas l’engrais suffisant pour entretenir la terre dans un bon état : ainsi, il arrive quelquefois que des fermiers à fin de bail effritent la terre soit en* forçant la récolte, soit en la privant d’engrais, de manière à rendre au propriétaire un sol épuisé quelquefois pour plusieurs années, au préjudice de celui-ci et du nouveau fermier. C’est un procédé coupable qu’il faut surveiller avec soin à la fin des baux.
ÉGAGROPILE (Zoologie). — Voyez Bézoard.
EGLANDER (Médecine vétérinaire). — Opération de chirurgie qui consiste à extraire les ganglions malades sons la ganache d’un cheval. Le plus souvent, l’induration de ces ganglions est une conséquence de la morve; alors, leur extirpation serait une opération tout à fait inutile, la maladie principale étant au-dessus des ressources de l’art (voyez Morve). Dans le cas contraire, on devra l’enlever par une simple incision à la peau qui recouvre la glande; on disséquera ensuite la tumeur,en ayant bien soin de ménagerie canal excréteur de la glande parotide et les artères voisines; on réunira ensuite par première intention.
ÉGLANTIER (Botanique). — Espèce du genre Rose {Rosa eglanteriay Lin.). Cet arbrisseau, qui s’élève souvent à plus de l mètre, a ses rameaux hérissés de quelques aiguillons épars et droits. Ses feuilles portent des folioles ovales, finement dentées vers le sommet, concaves, lisses en dessus et glanduleuses en dessous. Ses fleurs, à calices lisses, pédonculés, sont jaunes, les pétales sont pinnatifides, étalés. Ses fruits sont globuleux, jauneorange. Cette espèce est indigène. On en distingue plusieurs variétés qui diffèrent par la teinte de leurs pétales et de leurs stigmates. Les plus remarquables sont : la Rouge pâle {R. egl. subrubra, Red. et Thor.), dont les pétales sont d’un rouge pâle en dessus et jaunes en dessous, et la variété Poncefiu {R. egl.punicea, Red. et Thor. ), à pétales d’un rouge ponceau au sommet et à stigmates pourpres. Parmi les variétés jardinières d’églantier, celle dite Capucine est très-jolie avec ses fleurs jaunes en dehors et oranges en dedans. V Églantier., Vrai églantier., Rosier des chiens (R. canina, Lin.), est une variété également indigène et très - commune . Elle est connue encore sous le nom de Cynorrhodon (du grec kuôn., chien, et rhodon., rose, parce que sa racine passait pour un spécifique contre la rage) et produit des fruits ovales, lisses, d’un rouge de corail à leur maturité, couronnés par les divis'ons du calice, renfermant à l’intérieur une pulpe jaune, ferme, astringente , avec laquelle on prépare une conserve usitée dans certaines diar- Fig. 853. — Églantier, rosier rouillé, rhées, et connue sous le
nom de conserve de cynorrhodon. On trouve sur ses tiges une excroissance nommée Bédéguar, produite par la piqûre d’une insecte, le cynips rosœ (voyez Bédéguar.) Le Rosier dit de Bourbon, qui a tant produit de variétés, est déjà une variété de cette espèce. Le Rosier rouillé {R. rubiginosa. Lin.) porte souvent le nom à' Eglantier odorant (voyez Rosier). G — s.
ÉGOPODE (Botanique), Ægopodium, Lin.; des génitifs grecs aigos, chèvre, et podos., pied; allusion à la forme des feuilles. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes., de la famille des Ombellifères., tribu des Amminées. Caractères principaux : 2 styles longs et réfléchis, portés sur un pied ; carpelles à 5 côtes filiformes ; vallécules dépourvues de canaux résinifères. WE. herbe aux goutteux (Æ. podagraria.. Lin.), est une herbe vivace à feuilles divisées en trois parties, lesquelles se composent de trois segments oblongs, terminés en pointe. Cette plante croît dans les bois des régions tempérées de l’Europe. Dans certains endroits, elle est admise comme plante potagère. On lui a attribué autrefois la propriété de guérir la goutte.
EGOPHONIE (Médecine), génit. du gvQcaigos., chèvre, et phonê, voix, voix de chèvre, voix chevrotante. — Expression créée par Laennec pour désigner une résonnance particulière de la voix perçue au moyen du stéthoscope. Elle arrive à l’oreille plus aigre, plus aiguë que dans
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l’état ordinaire; elle est tremblotante, saccadée comme celle d’une chèvre qui bêle; quelquefois elle paraît tenir à une résonnance particulière de la voix à travers les petites bronches aplaties, surtout lorsqu’elle traverse des couches minces d’un liquide épanché ; dans le premier cas, elle coïncide surtout avec le début d’une pleurésie; mais lorsque la maladie se prolonge et qu’elle prend le caractère chronique, c’est alors que l’on observe le second phénomène indiqué plus haut et qui dénote un épanchement, en général, peu considérable; de sorte que c’est plutôt un symptôme favorable dans ce cas. Lorsque l’égophonie prend le caractère d’une espèce de bredouillement, on la dit voix de polichinelle. F — N,
EGOUTS (Hygiène). — On appelle ainsi des canaux souterrains destinés à recevoir les eaux ménagères, une partie des immondices, les eaux pluviales qui encombreraient la voie publique, à leur livrer passage et à les conduire dans un grand cours d’eau ; quelquefois les égouts partiels se déversent dans un puits perdu ou dans un sol absorbant . La construction des égouts de Paris, par son admirable disposition, par ses vastes dimensions, par la direction éclairée que l’administration imprime à toutes les parties de ce vaste service, est un modèle qui doit servir de règle à tout ce qu’il est possible de faire dans ce genre à notre époque. Voici comment s’expriment les auteurs du Bict. général des lettres et des beaux-arts^ à l’article Paris cloacal (Dezobry et Tandon) : « Rien n’approche d’une pareille entreprise ni dans l’antiquité, ni chez aucune des plus puissantes nations modernes ; on n’a jamais vu et on ne voit encore aucune construction de ce genre qui soit aussi bien entendue dans son ensemble, aussi sagement et savamment ordonnée dans ses détails, aussi monumentale dans son exécution, aussi grandiose dans son aspect; et ce gigantesque travail aura été exécuté et complété en moins d’un demi-siècle ! » Nous n’entrerons dans aucun détail sur la construction des égouts en général, renvoyant à l’article cité plus haut pour tout ce qui a trait à ce sujet; nous en dirons seulement quelques mots au point de vue hygiénique. Il est bon, autant que faire se peut, que la voûte d’un égout soit au moins à hauteur d’homme; la vie des égouttiers est souvent à ce prix. La pente devra être réglée d’après celle du cours d’eau dans lequel il se déverse; elle ne saurait être trop considérable. Le radier ou plancher inférieur d’un égout devra être construit en briques bien cuites ou en béton, toutes les parties seront enduites d’un mortier hydraulique bien lisse, entretenu avec grand soin, afin de ne présenter ni saillie ni inégalités propres à retenir les parties les moins liquides qui viendraient s’y déposer ; il en est de même des parois latérales qui doivent être parfaitement planes pour le même objet. Les changements de direction des égouts ne devront jamais présenter d’angles ; ils devront toujours être arrondis : on on comprend la raison. Le plancher supérieur, qui sera toujours voûté, sera percé de jours grillés aussi rapprochés que possible. Les matériaux de construction devront être solides et capables de résister à l’humidité, à l’action dissolvante des liquides et à la force des courants. On devra établir dans les égouts un système de courants d’air, soit au moyen du feu, soit au moyen de cheminées portatives au niveau des regards, soit au moyen de ventilateurs mécaniques ; et lorsque les ouvriers seront au travail, on devra surveiller avec le plus grand soin l’action du feu, la direction de la flamme des lampes, le degré de clarté qui indiqueront s’il y a du danger. Le meilleur moyen pour remédier à l’infection des égouts, c’est d’établir, dans leur construction, des barrages aux points supérieurs, afin de pouvoir, à des moments donnés, lancer une masse d’eau considérable qui enlève à l’instant lout ce qui est contenu dans l’égout, entraînant les matières putrescibles ou les dissolvant à mesure que les effluves délétères se forment. On consultera ; Essai sur les cloaques et égouts de la ville de Paris^ Parent-Duchatelet. Paris, 182'i. — Rapport sur le curage des égouts Amelot^ de la Roquette^ etc. [Ann. d'hyg.^ etc. 1829, t. Il, p. 5). — Dupasquier, Des eaux^ des égouts et du curage des fosses d’aisances dans une grande ville [Gazette médicale de Lyonà.\x 30 septembre 1850.) — Premier et second mémoire sur les eaux de Paris ^ présentés par le préfet de la Seme au conseil municipal. Paris, 1868- 1859, 2 vol. in-4, dont 1 de planches.
Les Egouttiers sont les ouvriers chargés de la surveillance et du nettoyage des égouts. On devra choisir pour ce genre de travail des hommes habitués aux ouvrages pénibles, et surtout à ceux qui exigent certaines i précautions hygiéniques précises, des vidangeurs, par
exemple; on a pu voir plus haut les précautions qu’ils doivent prendre pour éviter de se trouver au milieu d’une atmosphère délétère, au moyen des feux. Ils devront, en outre, se bien nourrir, se bien vêtir, être pourvus de longues bottes imperméables ; on devra les surveiller avec grand soin sous le rapport de l’ivresse, et l’entrée d’un égout leur sera sévèrement interdite lorsqu ils seront dans cet état. F n
ÉGOUTTEMENT des terres (Agriculture). — Voyez Sol, Drainage, Eaüx [Épuisement des)^ Irrigation.
ÉGRAINAGE (Agriculture). — Voyez Égrenage.
ÉGRAPPAGE, Égrappoir (Agriculture). — L’égrappage est une opération qui consiste à séparer les baies des raisms de leurs pédoncules vulgairement appelés L’utilité de cette pratique a été contestée par les uns, prônée par les autres. Bonne ou mauvaise, cette opération se pratique dans plusieurs vignobles fins, et particulièrement en Médoc. On y procède soit en jetant les raisins sur des claies où ils sont pressés à la main et h travers lesquelles passent les baies et non les râfles, soit à la faveur de petits râteaux en bois nommés égrappoirs. Ce dernier mode est moins expéditif, mais il est plus avantageux. En Bourgogne, on égrappe, en jetant et en
Fig. 854. — Claie à égrapper.
broyant à la main, sur une claie d’osier posée sur une pc tite cuve dite ronde ou rondeau., les raisins qui viennent de la vigne [fig. 854) ; les interstices da la claie laissent passer tous les grains du fruit ; la grappe seule reste sur cette claie. Deux hommes peuvent égrapper dans une journée les raisins de 40 à 50 hectolitres de vin.
ÉGREFIN (Zoologie). — Voyez Morue.
ÉGRENAGE (Agriculture). — Opération par laquelle, après avoir récolté les plantes que l’on cultive pour leurs graines, on sépare celles-ci des tiges qui les portent.
égrenage, s’exécutant souvent au moyen de chocs répétés imprimés aux tiges, porte aussi, dans la plupart des cas, le nom de battage, et dans quelques-uns celui de dépiquage ou dépicage [de spicâ, hors de l’épi), qui n’est qu’une autre forme du terme placé en tête de cet article. L’égrenage varie nécessairement dans ses procédés, suivant la nature des plantes et des graines qu’on en veut séparer. Il importe donc de traiter séparément des principales catégories de plantes cultivées que les agriculteurs ont à égrener. D’abord, les céréales (blé, seigle, riz, maïs, etc.), dont l’égrenage est une des opérations les plus importantes de la manutention des produits agricoles ; puis les plantes non céréales dans lesquelles sont comprises les farineuses (féverolles, haricots, etc.), dont l’égrenage est déjà beaucoup plus simple, et les plantes à graines oléagineuses, tout aussi faciles à égrener.
§ 1 . Égrenage des céréales. — La plupart des céréales, comme le froment, le seigle, l’orge, l’avoine et même le sarrasin, s’égrènent par les mêmes procédés dans les mêmes contrées ; le riz et le maïs réclament cependant des façons particulières qui seront indiquées plus loin et qu’explique assez bien la disposition spéciale de leurs grains. Les procédés généraux suivis pour l’égrenage des céréales diffèrent profondément suivant les contrées. En France, on en peut signaler trois : le dépiquage, le battage au fléau, enfin le battage mécanique.
r Dépiquage. —Dq dépiquage est un procédé propre au midi de la France et aux contrées méridionales de l’Europe, comme l’Italie et l’Espagne, et que l’on retrouve exceptionnellement dans quelques pays septentrionaux. Ce procédé remonte à une très-haute antiquité ; c est ainsi que les Hébreux, les Égyptiens, les Phéniciens, puis les Grecs et les Romains égrenaient leurs céréales. Homère [Iliade, ch. xx) ; — Xénophon [Mémorables, Üv- V) et d’autres auteurs parmi les Grecs ; — Caton l’Ancien [ üe re rusticâ) ; — Varron [De re rusticâ, liv. I) ; — Columelle (/J^ re rusticâ, liv. I); — Virgile [Géorgiques, ch. i), parmi les
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Romains, ont décrit avec plus ou moins de détail le dépiquage tel qu’il se pratique encore aujourd’hui dans la plupart des pays où ces auteurs ont pu observer, il y a deux àtrois milles ans, ces pratiques agricoles et tel qu’on le voit encore dans les départements de Vaucluse, de l’Hérault, ^es Bouches-du-Rhône, des Basses-Alpes, du Var, du Gard, de l’Ariége, de l’Aveyron, des Pyrénées- Orientales, de la Haute-Garonne, de l’Aude, de la Corse.
On distingue, et les anciens distinguaient comme nous le dépiquage opéré par le piétinement des chevaux ou des mulets et le dépiquage à l’aide de chariots ou de rouleaux. Quel que soit le procédé employé, l’opération se fait sur une surface préparée dans ce but, de forme circulaire, qui doit être plane et résistante, que l’on nomme Vaire et que déjà les Romains nommaient area. Une aire à dépiquer exige de grandes dimensions (35 à 40 mètres de diamètre), puisque huit à dix animaux et autant d’ouvriers doivent s’y livrer à des évolutions repétées. Caton et Varron nous ont décrit avec soin les précautions que prenaient poip les construire les agriculteurs latins du ne et du U' siècle avant Jésus-Christ. On creusait d’abord la terre sur toute la surface du cercle de l’aire, et on répandait dans l’excavation du marc d’huile jusqu’à en bien imbiber le sol On rejetait ensuite les terres sur la fouille, en les émiettant et en les égalisant bien, et on les foulait ensuite avec un grand cylindre. Les agriculteurs les moins soigneux se contentaient alors de recouvrir le tout d’une couche d’argile ; mais les plus intelligents faisaient caillouter cette surface et l’enduisaient d’une nouvelle couche de marc d’huile pour l’empêcher de se gercer au soleil de l’été et pour en éloigner les fourmis, les insectes, les mulots, les taupes. Certaines aires étaient même recouvertes d’un dallage en pierre. Aujourd’hui, les aires sont souvent encore, dans le midi de la France, construites d’après le procédé antique ; souvent aussi on les fait de terre ’lranche (c’est-à-dire argileuse) convertie en mortier, puis pétrie jusqu’à former une masse bien homogène. On étend ce mortier sur l’emplacement choisi pour établir l’aire, et on le laisse ressuyer à l’air; puis on le bat fortement avec des battes, sortes de plateaux en bois fixés obliquement au bout d’un long manche, et le battage est renouvelé chaque jour jusqu’à ce que la surface soit . devenue parfaitement dure. On a soin de boucher avec de la terre franche pétrie toutes les gerçures qui peuvent se produire. L’aire prend plus de solidité et devient plus unie quand on a soin de l’arroser avec de la fiente de vache ou du sang de bœuf.
Le dépiquage par les chevaux ou les mules, exige un grand nombre de ces animaux et ne peut se pratiquer que dans les exploitations rurales assez importantes pour posséder beaucoup de bêtes de somme; encore le dépiquage ne se fait-il bien que par les animaux de race légère dont le sabot frappe avec souplesse les épis et la paille ; il est décrit avec soin tel qu’il se pratique dans le midi de la France, par l’abbé Rozierdans ^onCours complet d’agriculture., et par M. L. Pons-Tande dans le Livre de la ferme, de P. Joigneaux (liv. p. 225). Les gerbes sont placées sur l’aire, droites, liées, la paille verticale, les épis regardant le ciel ; elles sont fortement pressées les unes contre les autres, et à mesure qu’un côté de l’aire est garni d’une rangée de gerbes bien serrées, une femme qui suit les travailleurs coupe les liens sans laisser disjoindre la gerbe. On élève ainsi sur l’aire une masse circulaire ou ovale semblable à une moisson debout et que l’on nomme la molée; les abords en ont été disposés en plan incliné au moyen des gerbes mal liées ou désunies qu’on a mises autour. Tous ces travaux se font sous la direction de Véquassié ou aigassié, comme on l’appelle dans le Midi, qui est le conducteur de la troupe de chevaux, nommée éguatade (equus, cheval), aigatade ou manade.lj.ÇiS meilleurs chevaux à dépiquer sont ceux delà vallée de l’Aude, et surtout ceux de la Camargue, petits et gris de robe. Dans beaucoup de contrées du Midi, les chevaux sont remplacés par des mules ou mulets; les anciens y employaient même les bœufs. Les chevaux sont attachés deux à deux par un bridou auquel tient une longe dont le conducteur garde l’autre extrémité dans sa main ; ce conducteur guide ainsi parfois jusqu’à six paires d’animaux. Véquassié suit dans les positions qu’il prend successivement le cercle blanc continu tracé à la partie moyenne de l’aire sur la figure ci-jointe. Dans chacune de ces positions, il représente le centre d’un cercle dont les longes sont les rayons et dont les paires de chevaux suivent la circonférence (marquée par les traits ponctués, /?5'. 855). « On comprend, dit M. L. Pons-
Tande, combien doivent être pénibles les premiers pas que font les chevaux sur un pareil terrain... Ces pauvres animaux s’enfoncent d’abord de toute la longueur de leurs membres et ne parviennent qu’avec des efforts inouïs à se créer un peu de sûreté sous leurs pas. 11 faut toute l’ardeur et la souplesse des races chevalines du Midi, réunies à la très-grande douceur de leur caractère, pour l’accomphssement de ce barbare travail. »
Fig. 83o. — Cercles décrjls sur l’aire par les chevaux et leur conducteur, dans le dépiquage.
« Ces pauvres animaux, dit de son côté l’abbé Rozier, vont toujours en tournant, il est vrai, sur une circonférence d’un assez large diamètre, et cette marche circulaire les aurait bientôt étourdis, si on n’avait la précaution de leur boucher les yeux avec des lunettes faites exprès ou avec un linge. » Bientôt cependant la molée se tasse sous les pieds, la marche plus facile permet de mettre Véquatade au trot. Pendant ce travail, les valets de ferme relèvent à chaque instant et aux ordres de Véquassié les parties de la molée peu atteintes ou écartées hors des cercles de dépiquage. Après trois heures de ce rude labeur, les animaux se reposent et prennent leur repas ; pendant ce temps, les ouvriers disposent un peu plus loin dans Faire les gerbes à moitié dépiquées en une seconde molée bien moins haute, mais du double plus large que celle du matin. Les chevaux piétinent de nouveau cette molée du soir pendant trois heures environ, comme ils ont foulé la première ; à mesure que les pailles sont complètement brisées, les ouvriers les retirent, et la molée disparaît ainsi peu à peu. On peut, pour le froment, compter sur un égrenage de 200 gerbes par tête de cheval et la dépense peut s’estimer à 0^,90 ou 1 franc. Le premier aspect de cette opération est un tableau animé et pittoresque; ces chevaux à demi sauvages tournoyant sur les gerbes, ces hommes qui les excitent et relèvent la paille sous leurs pieds, saisissent fortement les yeux ; mais on est bientôt choqué de la torture imposée à ces malheureuses bêtes : les fragments de paille et les barbes des épis écorchent les boulets de leurs pieds et les font gonfler. « Il est vraiment pénible, dit M. L. Pons- Tande, de voir le piteux état de ces animaux lorsqu’ils descendent de la molée, blancs de poussière et de sueur, marquant leurs traces par le sang de leurs blessures. » D’ailleurs, le dépiquage aux pieds des bêtes de somme est un mode imparfait d’égrenage; il laisse dans les épis 1, 2 1/2, 4 et 5 p. 100 des grains; puis la paille coupée en menus fragments se môle trop aux grains, de façon qu’on en emporte toujours avec elle et que, d’autre part, les grains recueillis contiennent, outre les balles, des morceaux de paille et sont difficiles à nettoyer (voyez Grains) ; la paille brisée donne des litières trop faciles à imbiber, et salie par les crottins et l’urine dieV éguatade, elle répugne souvent aux bestiaux comme aliment ; enfin^ au milieu de ce mouvement d'hommes et de chevaux, le cultivateur peut difficilement surveiller la bonne exécution du travail. On vante en faveur de ce procédé l’économie; on assure que la paille ainsi brisée plaît mieux aux chevaux et aux bestiaux que la paille longue. Sans nier ces avantages, il faut se borner à constater, que, depuis vingt ou vingt-cinq ans, le dépiquage aux pieds de chevaux disparaît progressivement de la grande et de la moyenne culture du Midi où il régnait presque seul auparavant.
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On substitue peu à peu à ce procédé primitif le dépiquage au rouleau. Cette sorte de machine à dépiquer n’était pas inconnue des anciens; Varron et Golumelle nous ont laissé, entre autres, la description du plostellum punicum ou chariot punique qu’on employait en Espagne cinquante ans environ avant la naissance du Christ et qu’on y retrouve encore aujourd’hui dans plus d’une ferme andalouse. C’était un bâti rectangulaire en bois ayant, au lieu de roues, des cylindres transversalement placés l’un devant l’autre sous le bâti et tous hérissés de dents arrondies; en avant était une petite plate-forme où se plaçait un conducteur; on attelait à ce chariot sur rouleaux deux ou trois chevaux qui le faisaient rouler sur les gerbes déliées et étendues sur l’aire (1). Les mêmes auteurs ont décrit encore une autre machine à dépiquer très-commune de nos jours en Espagne; c’est le frihulum des Romains, le irillo des Espagnols. Cette machine antique se compose d’un plateau de bois long de 1™,80 environ sur 1 mètre de large, portant de gros fragments de pierres à fusil ou des morceaux de fer incrustés dans sa face inférieure et légèrement relevé en avant pour mieux glisser -sur les gerbes. On attache à l’avant de ce plateau une paire de chevaux ou de bœufs; on le charge d’un poids assez considérable et un conducteur se place dessus debout ou assis sur un petit siège surajouté. Les gerbes sont étalées sur l’aire à plat et en rayonnant autour de son centre, et le conducteur dirige son chariot en tournant, suivant une spirale qui le rapproche peu à peu du centre. On trouve en usage dans certaines contrées des Apennins une sorte de chariot à dépiquer nommé batlidore., formé de traverses en bois armées de sortes de fourchettes â leurs extrémités au lieu de cailloux en dessous; c’est encore une forme altérée du tribulum romain. Enfin les Romains employaient encore au dépiquage un simple rouleau nommé roiulufi^ qu’on trouve encore en usage sous le nom de ritolo dans toute l’Italie centrale et dont le rouleau-batteur moderne généralement employé aujourd’hui dans le midi de la France est un perfectionnement. Dans cer-
Fig. 856. — Rouleau â dépiquer en chêne, du midi de la France.
taines parties du Midi, le rouleau-batteur est une rondelle de chêne cerclée de fer, comme on le voit dans la figure 856 ; elle mesure 1 ,44 de diamètre, 0“',62 de largeur
Fig. 857.— Rouleau balleur en pierre, du midi de la France.
et pèse environ 1 000 kilogrammes. Mais notre autre figure 857 représente cette machine sous sa forme la plus ordinaire. Le rouleau proprement dit est un tronc de cône (forme de la base d’un pain de sucre) en pierre.
(1) Dans un tableau récent exposé au salon de Paris de 1861, .M Gérorae a représenté le dépiquage du blé en Egypte au moyen d’une machine grossière nommée noreg qui est une altération évidente du chariot punique {Magasin pittoresque 1861, page
Dans les grandes exploitations, il pèse 2 000 kilogrammes environ et mesure 1 mètre de largeur sur 1”,20 de diamètre à la plus grande base et 1”,15 à la plus petite; mais les dimensions et, par conséquent, le poids varient beaucoup suivant la puissance dont on a besoin. L’aire est circulaire et sa surface doit être proportionnée ( l”,50 carré par gerbe) au nombre de gerbes qu’on y veut battre dans une journée. On forme avec les gerbes étalées ci culairement un lit de 0"',16 d’épaisseur et leurs épis placés en dessus doivent avoir leurs barbes dirigées en sens inverse de celui où marche le rouleau. Celui-ci est traîné par trois chevaux qu’une longe aussi longue que le rayon de l’aire attache à un long piquet planté au centre. A mesure que les chevaux avancent, la longe, en s’enroulant autour du piquet, les ramène en spirale de la circonférence au centre, et quand ils y arrivent, on retrouve le piquet, et en continuant leur chemin, ils déroulent peu à peu la longe et décrivent une spirale inverse en allant vers la circonférence. Parfois aussi on leur fait décrire des cercles successifs comme dans le dépiquage aux pieds des animaux. Le roulage se fait en deux fois, il dure de 7 à 10 heures du matin, puis on retourne les gerbes et on roule encore de midi à 8 heures. Selon M. Pons- Tande, 3 chevaux et 8 ouvriers battent ainsi 800 grosses gerbes par jour sur une aire de 40 mètres de diamètre: le prix de revient est d’environ P, 06 par hectolitre pour le froment. Le môme auteur apprécie ainsi cette pratique agricole : « Le battage en plein air, aux mois d’août et de septembre, sera encore longtemps la pratique généralement employée dans le Midi. L’absence des locaux pour remiser les gerbes, la régularité du climat, les échéances des fermages fixées ordinairement en novembre, le besoin de connaître le produit de la récolte, celui de la soustraire aux accidents de la malveillance et aux ravages des rongeurs, sont autant de considérations qui justifient ce système. Cependant, lorsqu’on voit la population agricole du Midi abandonner, à ce moment de l’année, les labours, les sarclages, les déchaumages, négliger la série des travaux et des soins que réclame encore la vigne et se livrer exclusivement à une occupation qui pourrait être ajournée à des temps de chômage, on ne peut s’empêcher de désirer la réforme radicale d’un semblable système. » Ce système, d’ailleurs, qui exige d’être pratiqué enj3/emMîr,augi andsoleil,serait mal accommodé au climat septentrional ; aussi doit-on peu s’étonner de ne plus le retrouver dans le centre et le nord de la France. De temps immémorial, l’égrenage se fait dans ces contrées par un battage au moyen de l’instrument nommé fléau; depuis une vingtaine d’années, ce mode d’égrenage a été remplacé dans plus du tiers des exploitations rurales par le battage à la mécanique.
2° Battage au fléau. — Le battage s’exécute au moyen d’un iii'itrum nt nommé fléau.^ représenté dans la figure 858; il se compose d’un bâton ou manche de bois, à l’extrémité duquel est rattachée par des courroies de cuir fort une masse en bois ou batte., plus courte que le manche, et qui sert à frapper la gerbe. Le battage se fait parfois à l’air ; mais le plus souvent il a lieu l’hiver, et l’abri d’une grange est indispensable. Dans l’un et l’autre cas, le battage a lieu sur une aire construite â peu près comme celle destinée au dépiquage, mais de forme carrée et de dimensions moindres lorsqu’elle est sous la grange (voyez Aire). Les gerbes sont étalées par couches de 0“,15 à 0“,20 d’épaisseur, les épis dirigés tous d’un môme côté, c’est ce qu’on nomme Xairée; un ou plusieurs hommes armés de fléaux frappent alternativement en mesure et sur les gerbes et sur toute la longueur de la paille. Lorsqu’un côté est bien battu, on le retourne et on bat le second côté, puis on retourne encore et ainsi de suite, de façon que chaque gerbe passe huit fois sous le fléau. A l’air, le grain plus sec se détache mieux, et six fois suffisent. Ensuite on secoue avec soin la paille battue et on l’enlève; pùis, pour séparer les épillets restés à la surface du grain, on effleure celle ci avec un balai de bouleau large de 1 mètre sur 0“,25 environ d’épaisseur. Quand il ne reste plus que le grain sur l’aire, on le couvre de nouvelles gerbes et on bat de nouveau ; on ramasse en une seule fois le grain de six airées., à la fin de la journée. Très- fatigant pour l’ouvrier, le battage au fléau est long à exécuter, brise trop peu la paille pour la rendre convenable à l’alimentation du bétail, et n’offre pas l’avantage de l’économie. Voici
Fig.858. Fléau»
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révaliiation donnée par M. L. Hervé dans le Livre de la Ferme, déjà cité précédemment : « On estime qu’un « fléau léger pesant l‘‘,600, à batte de 0”,70, doit frap- « per 160 coups pour égrener une gerbe de 8 à 9 kilo- « grammes. La journée d’été d’un batteur doit donner « 550 kilogrammes de paille, et près de 2**, 50 de grain. « On doit compter une perte de 7 p. 100, tant en grain (( resté dans la paille qu’en grain qui entrera dans le « sol. En hiver, dans une journée de dix heures, il faut « compter sur une diminution d’un tiers dans le rende- M ment. M. Darblay a calculé qu’un bon batteur débite « en un jour 80 gerbes de 8 à 9 kilogrammes rendant (I 3 hectolitres de grain par 100 gerbes, soit 240 litres de <( blé par jour et 150 kilogrammes de paille. En évaluant « à 2^,50 la journée du batteur, on obtient un chiffre de « 1 franc pour frais de battage de chaque hectolitre de « froment. N’oublions pas d'ajouter à cette dépense une '< perte de 7 p. 100 sur le grain » (ce qui donne environ H, 15 pour prix total de revient). D’après les données mentionnées par MM. Girardin et Du Breuil {Traité élém. d'agriculture, Paris, 1863, V. Masson), le prix de revient du battage au fléau peut s’établir par hectolitre de la manière suivante : seigle, 0^75 à 0^,80; avoine, 0^45 ; orge, 0^,50 ; sarrasin, 0^,75.
Ce mode de battage n’était pas inconnu des Romains, qui, pour se ménager de la paille longue, opéraient le battage avec des baculi ou bâtons, comme on le voit encore faire parfois dans le même but en Provence, en Dauphiné.
3“ Battage par les machines. — Le battage mécanique, destiné à remplacer progressivement, à peu près partout, le battage au fléau, se fait à l’aide de machines exécutant l’égrenage, et nommées d’une façon générale machines à battre ou batteuses. Quelques tentatives ont été faites pour créer des machines imitant le jeu des fléaux; cette idée n’a pas eu de succès et les machines actuellement en usage sont de véritables égreneuses, frappant à petits coups répétés l’épi engagé entre une surface fixe et un cylindre tournant autour de son axe et muni de parties saillantes; souvent, en outre, la machine sépare le grain de la menue paille et en opère le nettoyage. Pour donner de ces machines une idée générale, je suis heureux d’emprunter à MM. le baron Seguier et Barrai le passage suivant de leur rapport sur les machines à battre, publié à la suite du concours général agricole de Paris, en 1860 {Compte rendu des opérât, du co«c., Paris, Bouchard-Huzard, 1863). « Les machines à battre peuvent se classer tout d’abord en deux catégories, celles qui agissent sur la paille dans toute sa longueur à la fois, désignées généralement maintenant sous le nom de batteuses en travers, et celles qui soumettent successivement la paille présentée par l’une de ses extrémités à l’action de l’organe batteur, et pour cela nommées 6afteuses en bout. Chacune de ces deux classes peut encore se subdiviser en machines simplement batteuses, ne faisant que détacher le grain de la menue paille et de l’épi sans les séparer, et en machines batteuses complètes, c’est-à-dire séparant le grain de la menue paille, et même de toutes espèces de graines ou de corps étrangers.
« Pour effectuer le battage, la première opération consiste à faire arriver la paille sous l’organe batteur. Certains constructeurs ont pensé qu’un appareil spécial était indispensable pour obtenir cet effet. Une toile sans fin, des rouleaux cannelés agissant à la façon d’un laminoir, constituent ordinairement ce que l’on est convenu d’appeler le livreur ou Vengreneur, D’autres mécaniciens ont laissé aux mains d’un manœuvre le soin de soumettre successivement la paille provenant des gerbes préalablement déliées à Vorgane batteur. Celui-ci est le plus ordinairement composé d’une espèce de tambour à clairevoie, tournant très-rapidement sur lui-même, frappant la paille, au moyeu de lames parallèlement espacées autour de sa surface enveloppante. Le mode d’action des lames du cylindre les a fait appeler battes ; leur nombre varie selon les dimensions de l’appareil. Elles sont en bois ou en fer, quelquefois l’un et l’autre à la fois; leur surface est plane, striée ou bouterollée (conformée comme l’extrémité d’un fourreau d'épée). Quoique en France, les batteurs à lanterne, c’est-à dire composés de battes distancées soient généralement employés, et que les batteurs à surface contenue, munis seulement de nervures parallèles, soient la très-rare exception, nous devons indiquer la composition particulière du batteur des machines américaines, formé d’un cylindre à parois continues , revêtues de nombreuses tiges métalliques qui peuvent jastifiei' par leur grand nombre et leur mode
d’implantation le nom de batteur -hérisson. L’organe batteur est complété dans toutes les machines par sa contrepartie, c’est-à-dire par le contre-batteur; celui-ci consiste en une espèce de caisse curviligne, tantôt pleine, mais à surface cannelée parallèlement à l’axe de la courbure ou bouterollée, tantôt à claire-voie et composée alors de tringles de fer rondes ou carrées, posées à petite distance les unesdes autres. L’opération du battage étant le résultat du frappement de la paille et des épis par les battes du batteur, et du froissement de cette môme raille et de ces mômes épis entre le batteur et le contrebatteur, on conçoit que la distance entre ces deux organes doit varier suivant la grosseur des épis et des tiges de céréales qu’il s’agit de faire passer entre eux pour obtenir toutes leurs graines; aussi l’une de ces deux pièces mécaniques est disposée de façon à s’écarter ou à se rapprocher de l’autre de là quantité précisément nécessaire pour opérer un bon battage.
« Dans l’ordre naturel de l’opération du battage, après le passage de la paille entre les organes batteurs vient sa descente surlep/an incliné de sortie. Dans certaines machines, ce plan incliné est fixe; une grille formée par l’assemblage de tringles de bois le compose, ou bien encore c’est une feuille de tôle percée de trous symétriquement disposés qui le constitue. Pour plusieurs machines, le cheminement de la paille sur le plan incliné est opéré simplement par la seule expulsion du batteur. Dans quelques-unes, un organe particulier prévient l’encombrement des tiges de céréales à leur sortie du batteur ; cet organe, rarement employé, a reçu le nom de rfeôowrreur. » Pour assurer la sortie régulière de la paille, certains constructeurs ont rendu mobile le plan incliné de sortie ; animé d’un mouvement régulier de sassement, il fait descendre la paille en la secouant, ce qui l’a fait souvent nommer alors le secoueur. Dans les machines anglaises, ce secoueur est formé de tringles rapprochées et parallèles formant deux systèmes de mobiles ; toutes les tringles d’ordre pair se soulèvent pendant que s’abaissent celles d’ordre impair, et réciproquement. Dans plusieurs machines françaises, construites à l’imitation des machines américaines, lapaille est saisie et secouée par une série de rouleaux armés de pointes crochues. C’est à la sortie du plan incliné ou secoueur que se trouvent dans les batteuses complètes les organes destinés au vannage et au nettoyage, des grains (voyez Instruments agricoles, Grains).
Pour mieux faire comprendre les dispositions décrites ci-dessus, il a paru utile de donner ici une coupe {fig. 859)
Fig. 869. — Coupé en élévation de la machine à battre de MM. Renaud
et Lolz.
d’une des machines françaises les plus connues, la machine à battre de MM. Renaud et Lotz, de Nantes. En A se trouve le livreur ou engreneur, et l’ouverture où l’on présente la paille ; deux petites flèches indiquent le chemin qu’e.le suit, attirée par le batteur BBBBB, pour sortir par l’ouverture C. Le cylindre batteur tourne dans le sens indiqué par les flèches qui l’entourent; en chacun des points B se voit une des côtes saillantes ou battes disposées pour frapper la gerbe en bout. La poulie, représentée en D par un cercle pointillé, fait tourner le cylindre sous l’influence delà courroie sans fin EE. Le contre- bat leur est en GGG; il consiste en trois grillages qui donnent passage aux grains, aux balles et aux menus débris pour les laisser tomber dans la caisse placée audessous, tandis que la paille va sortir plus loin en C. Le batteur fait 1 100 tours à la minute et fournit 100 à 300 hectolitres de blé en douze heures, selon que la paille est plus ou moins longue (voyez aussi la figure représentée à l’article Battre [machine à]). La machine de MM. Renaud et Lotz peut être transportée et est mise en mou-
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vement, soit par un manège avec des bêtes de somme, soit parnnemachineàvapeurlocomobile, comme lereprésente la figure 861, soit même par un cours d’eau pour les machines fixes, et dans certaines conditions locales. En général, la vapeur est un moteur plus avantageux, parce que le travail est à la fois plus rapide et moins dispendieux ; cependant, pour les petites exploitations où la vapeur ne peut s’employer en même temps à faire marcher plusieurs machines agricoles, il est souvent préfé-
rable de se contenter d’un manège. Il y a de petites batteuses à manège qui débitent 50 gerbes par heure et fournissent un battage à raison de 0^665 mais les grandes batteuses, mues par la vapeur, que l’on emploie dans les grandes exploitations, donnent seulement 0^,36 de prix de revient par hectolitre. L’emploi de l’eau comme moteur est préférable même à la vapeur dans certaines conditions, mais ne peut être recommandé d’une façon générale, surtout parce qu’il ne peut s’appliquer aux bat-
teuses transportables, particulièrement précieuses pour l’agriculture française où domine la moyenne proprié; é.
MM. Girardin et Du Breuil résument dans les termes suivants les avantages du battage à la mécanique {Fraité élém. (Tagric.) ; « 1" Le rendement en grain dépasse d’un vingtième environ celui des autres procédés, parce que les épis sont mieux battus; 2“ comme l’opéiation est faite avec une rapidité beaucoup plus grande, le cultivateur peut exercer une surveillance plus complète et disposer plus tôt de ses produits ; 3“ les ouvriers sont affranchis d’un travail dur et pénible; 4'* non -seulement la machine à battre peut être facilement installée dans les granges du centre et du nord de la France, mais, comme elle est construite de manière à pouvoir être montée et démontée très-promptement, elle peut aussi être installée en plein air, et remplacer avantageusement les procédés d’égrenage employés dans le midi de la France ; 5" enfin, l’avantage le plus incontestable de cette machine est le prix peu élevé de son travail. » A l’appui de cette dernière assertion, on peut citer le tableau suivant, extrait des chiffres donnés par Math, de Dombasle, et qui concernent principalement le froment.