PRII DE RETIENT DU BATTAGE PAR HECTOLITRE
Petites machines.
Grandes machines.
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C’est en Angleterre que furent inventées les premières machines à battre. Un avocat écossais, nommé Michel Menzies, construisit, au commencement du xviii® siècle, une machine composée d’un jeu de fléaux mus par un moulin à eau ; les fléaux ne purent résister sans se rompre à la vitesse de la machine, et l’on renonça à l’em-
ployer. En 1758, un fermier du comté de Perth exécuta une autre machine formée d’un axe vertical, anirtié par une roue à eau d’un vif mouvement de rotation, et armé de quatre bras auxquels on présentait le blé pour le faire battre. A la môme époque, Elderton inventa une machine à battre d’un autre système, où l’épi était frotté entre plusieurs cylindres cannelés ; mais cette machine, môme après les perfectionnements du savant Kinloch, avait le défaut d’écraser les grains. André Meikle, mécanicien écossais, transforma la machine d’Elderton en voulant la perfectionner, et, en 1786, son fils construisit la première des machines à battre, à cylindre armé de battes, que l’agriculture anglaise adopta rapidement, et dont la disposition générale, conservée jusqu’ici, a été décrite précédemment. D’Argleterre, les machines de Meikle se répandirent bientôt en Suède; en 1802 commença leur introduction en Pologne, et c’est seulement en 1818 que la machine écossaise, décrite et recommandée par M. le comte de Lasteyrie, fit son apparition en France, nous arrivant à la fois de Suède et d’Angleterre. Math, de Dombasle en propagea l’emploi dans nos piovinces de l’Est; mais c’est surtout sous l’influence des expositions et des concours périodiques que notre agriculture a compris les avantages du battage mécanique. L’exposition de Londres, en 1851, a donné une impulsion toute-puissante à l’adoption des batteuses dans les diverses contrées de la France; l’Allemagne, jusque-là rebelle à ce grand progrès, s’est rendue à l’évidence; enfin, l’Amérique du Nord, s’appropriant hardiment tons les résultats obtenus par les Anglais et les Français, a bientôt donné l’exemple des plus heureux perfectionnements dans la construction de ces appareils. L’abondance des machines à battre à l’exposition de 1855 et au concours de 1860, à Paris, et enfin à Londre.s, à l’exposition de 1862, montre assez que depuis une dizaine d’années l’agriculture n’a pas cessé d’en multiplier l’emploi (voyez Instruments agricoles).
Parmi les moteurs que l’on peut employer pour faire marcher les machines à battre, je n’ai pas voulu citer l’homme, parce qu’évidemment c’est une idée malheureuse de vouloir l’employer ainsi ; le travail mécanique
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fourni par un ouvrier batteur étant toujours le même, qu’on lui mette un fléau en main ou qu’on lui fasse tourner la manivelle d’une batteuse, on ne saurait à priori voir aucun avantage à cette dernière combinaison. Aussi M. Barrai s’exprime-t-il ainsi au nom du Jury de 18G0 [Compte rendu des opér. du cône, de 18G0) : « Nous ne « croyons pas qu’il soit utile d’encourager la fabrication « de ces sortes d’appareils qui exigent, de la part des ou- « vriers, un déploiement de force considérable. Les ma- « chines doivent remplacer avec avantage le travail des « hommes par celui des animaux ou des moteurs inania més. Toutes celles qui s’écartent de cette destination « ne sont que des engins imparfaits. Il faut que l’ouvrier « des champs dirige les machines, et non pas qu’il soit « le moteur destiné à les mettre en mouvement. En ce « qui concerne particulièrement les machines à battre, « faites en vue d’utiliser la force de l’homme, le fléau « est peut-être encc^re V instrument le meilleur qui ait « été construit jusqu'à présent, » MM. L. Moll et Hervé- Mangon, au nom du jury de 1855, avaient déjà apprécié de môme, et presque dans les mômes termes, les batteuses mues à bras d’homme [Rapports du jury mixte internat. Paris, 1850).
Egrenage du riz. — On emploie pour égrener le riz le dépiquage ou le battage au fléau ; le grain recueilli est mis en tas, vanné aussitôt, puis séché au soleil jusqu’à ce qu’il soit entièrement sec et dur, enfin purifié par trois criblages successifs. Mais après toutes ces façons, il est encore couvert de sa balle jaunâtre ; c’est le riz en ou rfzon. Pour obtenir \^riz blanchi o\i riz mondé, il faut le blanchir en enlevant ses balles. On peut employer pour cela la machine dont la figure 8G1 représente
ou un cheval; en Espa-ne, on y emploie des moulins analogues aux moulins à farine : la machine décrite cidessus est préférable à tous égards.
Egrenage du mais. — La récolle du maïs se fait tantôt en arrachant les tiges, tantôt en les coupant à fleur de terre , tantôt enfin en coupant seulement les épis. En
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Fig. 861. — Machine à iieltojer le nz, coupe verticale.
une coupe verticale. Elle se compose d’un tronc de cône fixe en bois, haut de l“,62 à 2“,27, sur 1 mètre à 1“,62 de diamètre à la base inférieure, et 0“,32 à 0“,40 à l’inférieure. Ce ti onc de cône repose sur une pièce b scellée dans une plate-forme en maçonnerie CC, et sa surface latérale est armée de cannelures de 0“,003 de profondeur sur 0“,009 à 0“,011 de largeur à leur base. Une chappe D a sa surface intérieure disposée comme l’extérieur du tronc de cône, mais les cannelures dirigées en sens inverse; elle recouvre le tronc de cône, comme une sorte de cuve renversée et peut tourner sur un pivot placé au centre de son fond, et reposant sur le sommet du tronc de cône. Deux barres opposées, mues chacune par un ouvrier, font tourner la chappe D autour du tronc de cône; une trémie à fond percé de trous reçoit à la partie supérieure de l’appareil le riz en paille qui, entre les deux surfaces cannelées, se dépouille deses balles ettombe mondé dans un réservoir circulaire qui se voit à la base de la machine sur le bâti GG. En une journée de dix heures, les deux ouvriers qui meuvent cette machine nettoient jusqu’à 200 kilogrammes de riz (Girardin et Du Breuil, Traité déagric.) ; un hectolitre de riz en paille donne en général G5 litres de riz blanchi ou mondé. En Italie, on blanchit le riz au moyen de mortiers et de pilous en bois dur ou en pierre, mus par une chute d’eau
iMg. 862.^ Egrenoir à maïs de Garolis.
tous cas, ceux-ci exigent d'ôtre séchés avec grand soin pour se bien conserver, puis les grains se détaclient en frottant deux épis l’un contre l’autre. C’est alors seulement que l’on peut procéder à l’égrenage. Le moyen le plus simple, mais aus.si le plus lent, est de frotter à la main les épis les uns contrôles autres; ce moyen ne convient qu’aux petites récoltes, ou pour le maïs destiné aux semences. D’autres fois on racle chaque épi successivement sur une lame fixée à un banc où l’ouvrier s’assied. Dans les grandes exploitations, on bat les épis au fléau. « En « divers endroits de la Sicile, dit Math. « Bonnafous, les garçons et les jeunes « paysannes se rassemblent au son d’une « cornemuse, et, en dansant ou trépi- « gnant sur les épis avec leurs sabots de * hêtre, ils dépiquent le maïs par cette « joyeuse opération. » Tous ces moyens grossiers et dispendieux durent peu à peu céder le pas à Végrenoir mécanique proposé, en 1834, par le même Bonnafous.
Depuis lors, l’égrenoir à maïs a subi bien des transformations, mais en gagnant sans cesse du terrain sur les anciens procédés. L’un des plus employés parmi les appareils de ce genre estl’égrenoir deCarolis dont on voitei-dessus [fig. 8G2) la figure, et qui agit à la manière des moulins
Fig.
S63. — Égrenage du lin au muyen du peigne à dents de fer.
à café, froissant les épis entre une surface cannelée fixe et une noix également cannelée, que fait mouvoir une rnanivelle et un système de roues dentées. Cette machine fournit facilement 25 ou 30 hectolitres de maïs en huit heures, et un enfant suffit à la faire marcher. ^
§ 2. Egrenage des plaides non céréales. — L égrenage des luzernes, trèfles, sainfoins, etc., se fait pour recueillir
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les graines de semence. Il se pratique tantôt au fléau, tantôt sous une meule verticale d’huilerie, tantôt par un dépiquage au rouleau, tantôt par un égrenoir, machine plus ou moins analogue à celle qu’on emploie pour le maïs. Les machines à battre ordinaires peuvent parfaitement se prêter à ces opérations, et ceux qui en possèdent ne manquent pas de les y utiliser. Quant à l’égrenage du lin, on peut voir figure 8G3 le procédé habituellement employé pour l’exécuter. On opère l’égrenage du chanvre avec une batte dont on frappe le haut des tiges. Ce procédé est aussi le seul employé pour récolter la graine de lin de semailles. Ad. F.
ÉGRISÉE (Technologie). — Poussière de diamant qui, mêlée à de l’huile, sert à enduire la surface du disque d’acier sur lequel on use les diamants pour les tailler (voyez Diamant).
EGRISOIR. — Boîte dans laquelle on laisse tomber l’égrisée que l’on obtient par le frottement de deux pointes de diamant l’une contre l’autre (voyez Diamant).
EGYPTIAC (Onguent) (Pharmacie). — On donne ce nom à une sorte d’onguent que l’on dit venir des Bigyptiens, et qui est composé ainsi (Bouchardat) : miel, 44 ; vinaigre, 22; verdet (acétate neutre de cuivre hydraté), 16. Mêlez et faites évaporer en consistance de miel, en remuant toujours le mélange avec une spatule de bois. On s’en servait autrefois, comme excitant, pour déterger les plaies de mauvaise nature et pour détruire les chairs baveuses. Il n’est plus guère employé que par les vétérinaires. '
EIDER (Zoologie), Anas mollissima^ Lin. — Oiseau formant le type de l’une des quatre sections du genre Canard de Cuvier (voyez Canakd). Il a pour caractère propre un bec haut à la base, à peau nue et à tubercule charnu sur le front. L’espèce commune {A. mollissima^ Lath.), décrite à l’article Canard, est celle dont la fe-
melle fournit le duvet si recherché sous le nom d’e^redon. Ces ciders habitent les régions glaciales, Islande, Groenland, Laponie, etc., sont plongeurs et vivent de poissons et de mollusques. Ils sont longs de 0“,30 à 0“,32 ; leurs ailes sont blanches, et le ventre, la tète et la queue noirs. La femelle est grise et ne prend son duvet qu’à quatre ans.
On connaît aussi une seconde espèce, moins intéressante que la précédente, nommée E. à tête grise (S. spectabilis, Latr.)
ÊLÆAGNÉES, Éléagnées, (Botanique). — Famille de plsLUtes Dicotyle'dones dialgpétales périgynes^ classe des Protêinées de M. Ad. Brongniart; correspondant à une partie de la famille des C haie fs d’A. L. de Jussieu. Caractères : fleurs hermaphrodites ou dioiques ; mâles ; 2-4 sépales soudés à la base en un tube court ; 4 ou 8 étamines ; femelles : calice ordinairement à 2-4 et même 6 dents ; ovaire libre à une loge contenant un ovule ascendant pédicellé ; fruit osseux, enfermé dans le calice persistant devenu souvent charnu. Les Élæagnées sont des arbres et des arbrisseaux à rameaux terminés quelquefois par une épine, à feuilles entières ou dentées et couvertes de petites écailles argentées ou brunes qui résultent, suivant certains auteurs, de poils étoilés soudés. Ces végétaux habitent l’hémisphère boréal, principalement l’ancien continent. Genres principaux : Argousier {Hippophaé\ Lin.) ; Shépherdie {Shepherdia, Nutt.); CAclef[Elœagnus^ Lin.).
Monographie : Achille Richard , Monographie des Elæagnées^ 1823.
ÉLÆAGNUS (Botanique). — Voyez Chalf.f.
ELALNE. — Voyez Oléène.
ELÆOGARPÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Dicotylédones dialypétaleshypogynes éiMAÏQ par de Jussieu pour des genres qu’il avait primitivement réunis aux Tüiacées. La plupart des auteurs (Ad. de Jussieu) regardent encore les Élæocarpées comme une sirnple tribu de cette famille. D’autres les distinguent! principalement desTiliacées parles pétales frangés et desj étamines nombreuses àanthères s’ouvrant au sommet par!' des valvules transversales. Cette famille comprend des; arbres et des arbrisseaux à stipules caduques et à fleurs! en grappes. Elle habite les régions chaudes; la plupartl de ses espèces se trouvent dans les Indes orientales. Plu-il sieurs de ces plantes sont dignes de figurer dans l’orne-ij ment et la décoration des jardins. Genres principaux :|| Aceratium^ de Cand. ; Dicera^ Forst . ; Friesia, de Gand. ;| et enfin Elœocarpus^ Lin. i
ÉLÆOCARPÜS (Botanique), Elœocarpus^ Sims. — | Genre de plantes de la famille des Elæocarpées ou plutôti des Tiliacées (voyez Elæocarpées). Ce sont des arbres de| l’Asie tropicale dont on connaît une dizaine d’espèces.! VE. bleu (E. cyaneus^ Sims.) est un arbrisseau de f mè-l tre, à feuilles alternes lancéolées; les fleurs sont en grap-t; pes pendantes, blanches; les fruits d’un bleu d’indigo, etfe de la grosseur d’une olive. On a cru bien longtemps quel la gomme copal provenait d’un Elæocarpus; M. GuibourtI a prouvé que c’était de l’%mænea verrucosa Copal).| ELÆOGOGCA (Botanique). — Voyez Eléococca. < ELAGAGE des arbres (Arboriculture). — Opératiouj qui consiste à retrancher d’un arbre les branches quil
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ou à son accroissement dirigé dans un but de production, commé les arbres fruitiers, par exemple.
Lorsque les jeunes arbres ont déjà acquis un certain développement, leur tige est, en général, couverte de ramifications sur la moitié environ de leur hauteur. S’ils sont plantés en massif un peu serré, les branches inférieures ne prendront presque aucun accroissement, et la sève, agissant surtout vers le sommet, finira bientôt par abandonner ces branches qui se dessécheront. Et successivement on verra les branches inférieures d’abord, puis ensuite les branches latérales languir et se dessécher ; il s’ensuit que les arbres ainsi plantés peuvent former d’eux-mêmes un tronc droit, très-élevé, dépourvu de
nœud et de grosses ramifications, sans avoir été soumis à l’élagage; tel est l’exemple représenté figure 865. Mais il n’en est pas ainsi pour les arbres plantés en lignes isolées; ici toutes les branches profitent de l’influence du soleil et de la lumière, et poussent vigoureusement ; le sommet étant moins favorisé que dans le cas précédent, l’arbre s’élève moins, il s’élargit, le tronc se divise plus ou moins haut en grosses branches latérales [fig. 866), et si l’on vient à l’exploiter, le tronc sera peu élevé, couvert de ramifications volumineuses, et tout à fait impropre aux constructions, et l’on ne pourra, ainsi que les branches, l’utiliser que comme bois de chauffage. De là, la nécessité d’appliquer aux arbres de plantations d’alignement, surtout à ceux des lignes isolées, un élagage convenable, afin deleurimposerune forme en rapport avec leur destination.
Il ne faut pas attendre trop longtemps pour appliquer aux arbres le premier élagage. C’est dans les premières années, après leur reprise, qu’il laut leur donner une forme convenable. D’autre part, si l’on attendait trop tard, la suppression des grosses branches laisserait des cicatrices trop considérâmes qui ôterait de la valeur à l’arbre. Cette première opération devra être faite, en général, de deux à cinq ans après la plantation, suivant la vigueur des pousses. C’est de la fin d’octobre au milieu de mars que l’on devra procéder à l’élagage ; mais surtout à cette dernière époque, parce que la végétation ayant lieu peu de temps après, les plaies sont exposées moins longtemps à l’influence désorganisatrice de l’air. Il faut en excepter les arbres verts, qu’il vaut mieux élaguer à l’automne, parce que l’écoulement des sucs résineux est moins abondant dans cette saison.
Quant à la hauteur à laquelle on doit élaguer les arbres, l’expérience a démontré que l’étendue de la tige pourvue de branches doit former la moitié environ de la hauteur totale de l’arbre. Si l’on ne réservait qu’un petit bouquet de ramifications au sommet de la tige, l’arbre privé des organes générateurs des couches ligneuses croîtrait très-lentement en diamètre, et son allongement môme serait entravé par les nombreuses nodosités résultant de la suppression périodique de toutes les branches latérales qui gênent l’ascension de la sève. D’une autre
part, les branches réservées ne devront pas l’être sur toute l’étendue de la tige ; elles devront être réunies en tête dans la moitié supérieure de l’arbre. Par ce moyen, le tronc profite dans toute sa longueur, et son diamètre n’offre pas une différence trop disproportionnée du sommet à la base ; avantage précieux pour les bois de service. On doit excepter de cette règle les arbres résineux chez lesquels les branches latérales influent d’une manière moins sensible sur la rapidité de leur allongement. L’élagage ne devient utile ici que pour retrancher les branches de la base, à mesure qu’elles commencent à devenir languissantes.
Il résulte de ce qui précède que l’élagage doit d’abord enlever toutes les branches situées audessous de la moitié de la hauteur de l’arbre. Mais il doit encore porter sur celles qui prennent un accroissement disproportionné, comme on le voit en AB {fig. 867), où l’on a indiqué la partie des branches qui doit être retranchée. On en usera de même pour les branches qui naissent plusieurs au même point; dans ce cas, on en supprime une. Si les bran'chesqui naissent à la même hauteur forment une espèce de verticille, on en coupera quelques-unes en laissant un espace égal entre celles que l’on conserve. Lorsque le rameau situé à côté du rameau terminal devient presque aussi vigoureux que lui, on retranche en B {fig. 869) les trois quarts de sa longueur, et l’on attache sur le chicot conservé le rameau terminal pourle ramener dans la position vei’ticale. A l’élagage suivant, on supprime ce chicot. Enfin, si la tige de l’arbre est déviée, il faut tâcher de la ramener à la verticale, en dégarnissant le côté de la tête qui est incliné, laissant l’autre presque intact. En thèse générale, on ne doit supprimer une branche qu’autant que les couches ligneuses centrales ne sont pas encore à l’état de bois parfait, autrement il en résulterait de grands inconvénients résultant de ce que le bois parfait du tronc, dont l’amputation aurait mis à nu une certaine partie, serait exposé à se décarboniser sous l’influence de l’air, à se carier ensuite, à communiquer cette altération au centre du tronc, ce qui lui enlèverait ainsi une grande partie
Fig. 867. — Suppression partielle Fig. 868. — Suppression des tranches des branches trop vigoureuses. rivales du rameau terminal.
de sa valeur. Si pourtant on avait laissé à une branche un âge tel que plusieurs de ses couches ligneuses fussent passées à l’état parfait, on se corAenterait de retrancher environ la moitié de sa îongueur. Immé-
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diatement au-dessus d’une ramification, cela aurait pour effet de diminuer sa vigueur. Souvent on laisse sur le tronc une partie de la branche coupée, O™,! 5 à 0“,20 ; c’est là une pratique vicieuse, car cette sorte de moignon commence à se dessécher, puis s’il ne se pourrit pas, il reste au milieu des couches qui se forment autour de lui sans y adhérer, et lorsqu’on exploite le bois, c’est comme s’il y avait une cheville enfouie dans le tronc de l’arbre, qui laisse un trou lorsqu’elle se détache. Si ce chicot se pourrit, l’air pénètre jusqu’au bois parfait, et les accidents signalés plus haut surviennent. Mais il ne faut pas non plus que la section d’une branche soit faite trop près de la tige, parce que la plaie qui en résulte étant trop grande est moins vite cicatrisée; il en résulte que l’aubier restant exposé à l’air, pendant plusieurs années, finit par se décomposer et entraîner la pourriture du centre de l’arbre. Pour éviter cet inconvénient, il faut recouvrir les plaies d’un englument jusqu’à ce qu’elles soient entièrement cicatrisées. Un mélange par parties égales de poix noire et de poix de Bourgogne est ce qu’il y a de plus convenable pour cela; on l’applique suffisamment chaud, pour qu’il soit liquide, deux ou trois jours après l’élagage, parce que les surfaces étant sèches, le mastic y adhérera mieux. On se gardera bien d’employer pour cet usage le goudron de gaz. L’instrument le plus employé pour l’élagage est la serpe que tout le monde connaît. On se sert aussi de l’échenilloir ou du croissant pour couper l’extrémité des branches dont on veut arrêter l’accroissement. On ne saurait trop s’élever contre l’emploi de ces griffes dont les élagueurs s’arment les pieds pour monter sur les arbres ; elles mutilent la tige en y laissant des plaies contuses, toujours préjudiciables aux arbres. La scie est aussi un mauvais instrument pour élaguer. La plaie qu’elle laisse est déchirée, rugueuse, et l’humidité y est arrêtée comme dans une éponge; s’il arrivait un cas où l’on fût obligé de l’employer, il faudrait enlever avec le plus grand soin toutes les traces de la scie. L’intervalle de temps qui doit s’écouler entre chaque élagage doit être calculé de manière à n’avoir à retrancher chaque fois qu’un petit nombre de ramifications, et surtout des branches peu volumineuses; nous ne pouvons entrer ici dans tous les développements de physiologie végétale qui doivent empêcher de trop éloigner répq.que des élagages ; nous dirons seulement que l’opération devra être répétée tous les deux ans pendant les douze premières années ; après ce laps de temps, les arbres commenceront à perdre une partie de leur plus grande vigueur, leur allongement annuel et leur accroissement en diamètre seront un peu moins prompts, et l’on pourra pendant les douze ou quinze années suivantes ne plus élaguer que tous les trois ans. Enfin, après cotte seconde période, l’accroissement devenant moins rapide encore, on laissera un intervalle de quatre ans jusqu’au moment où la tête de l'arbre, prenant beaucoup d’extension en largeur, ne croîtra plus que très-peu en hauteur ; cela a lieu vers l’âge de trente à cinquante ans, suivant les espèces et la vigueur des individus. A cette époque on cesse toute espèce d’élagage, car le tronc a désoi’inais acquis la longueur qu’il pouvait atteindre, et toutes les branches qu’il porte lui sont nécessaires pour former une tête volumineuse destinée à faire acquérir au tronc le plus grand diamètre possible.
Les plantations d’alignement sont soumises à des systèmes d'élagage assez variés, et qu’il n’est pas toujours facile de bien caractériser. On peut cependant les réunir dans les quatre modes suivants, que nous appellerons élagage complet, élagage belge ou en colonne, élagage en cône, élagage progressif on en tête.
^ 1° Vélagage complet [fig. 869} est Tun des plus anciens. Il consiste d’abord à n’appliquer le premier élagage aux jeunes arbres que huit ou dix ans après leur plantation. A cette époque on retranche complètement sur la tige toutes les ramifications depuis la base jusqu’au sommet, moins un petit fa'sceau de branches à l’extrémité. De nouvelles ramifications se montrent bientôt sur tout le périmètre de la tige; on les laisse croître librement pendant cinq ou six ans, puis on les coupe comme les premières en supprimant de plus quelques-unes des branches réservées d’abord à l’extrémité, si l’arbre s’est sensiblement élevé. La même opération est répétée tous les cinq ou six ans. Cette pratique a pour résultats principaux de laisser d’abord, au premier élagage, des plaies trop étendues, par la suppression de branches déjà trop grosses, ce qui détermine souvent les accidents signalés plus haut. En second lieu, cet élagage fait périodiquement de toutes les ramifications de la tige, produit vers ces points
des nœuds qui grossissent d’année en année et déforment la tige. Par cela même, l’ascension de la sève étant gênée par toutes ces nodosités répandues sur toute la surface de la tige, son allongement se trouve entravé, bien loin d’être favorisé comme on l’espérait. C^s arbres alors vers 1 âge de soixante-dix ans ont une tige difforme, souvent creuse, couverte de nœuds volumineux, cariés; qui du reste fournissent tous les cinq ou six ans une i abondante production de même bois; mais ce ne sont ' plus que des têtards dont la tige ne peut donner que du |
Fig. 869. — RésuUat de l’élagage complet sur un orme de 70 ans.
bois à brûler. C’est une pratique nuisible aux intérêts du propriétaire, et qui n’est avantageuse que pour les fermiers et les usufruitiers du terrain planté, qui obtiennent ainsi une récolte fructueuse de menu bois tous les cinq ou six ans.
2" Dans la méthode belge., ou en colonne {fig. 870), le premier élagage se fait deux ou trois ans après la plantation. On supprime alors toutes les ramifications depuis le sol jusqu’à 1 mètres d’élévation. Au delà de ce point, on conserve toutes les branches, moins celles qui ont pris un développement disproportionné, et que l’on supprime en deux fois, la première fois en coupant seulement les deux tiers de la branche; à l’élagage suivant on retranche le reste. Au bout de trois ans, on fait un second élagage; à ce moment on retranche les branches du bas jusqu’à 2'“,60. et ce sera désormais la seule partie de la tige qui restera dégarnie de branches; on se conduit pour les autres comn)e il a été dit plus haut, et on opère de même à chaque élagage, tous les trois ans, supprimant en deux fois les branches qui dépassent les autres, retranchant quelques-unes de celles qui, naissant trop près les unes des autres, forment une espèce de verticille autour de la tige, etc., retranchant complètement les branches qu’on avait d’abord raccourcies, puis raccourcissant celles qui ont pris un développement disproportionné pour les couper à l’élagage suivant. Les arbres ainsi traités sont constitués de manière à former une espèce de colonne de telle sorte que les ramifications ne sont pas réunies au sommet de l’arbre, mais distribuées sur toute l’étendue de la tige, excepté sur la partie inférieure qui en est privée sur une hauteur de 2“,50. Les arbres soumis à cet élagage n’of- , frent rien de disgracieux ; nous ne voyons aucune objection à faire à ce procédé, quant à la décoration. Mais il n’en est pas de même à l’égard de la production du bois de service. Le tronc de l’arbre ainsi obtenu est incontes- | tablement beaucoup plus sain que celui des arbres soumis à l’élagage complet; toutefois, il n’est pas non plus irréprochable. Ainsi, d’une part, ce procédé diminue la rapidité de l’élongation en forçant la sève ascendante à partager son action entre les nombreuses branches latel'ales, et cela au détriment du sommet. D’une autre part,
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CCS suppressions exercées pendant toute la vie de l’arbre nuisent à son accroissement en diamètre, en le privant, à chaque élagage, d’une portion importante de branches et par conséquent de feuilles. Enfin, les branches étant
Fig. 870. — On;i3 de 70 ans soumis à l’élagage belge ou eu colonne.
disséminées sur toute la longueur de la tige, il en résulte que le diamètre du tronc décroît rapidement de la base au sommet, ce qui diminue la valeur du bois.
3° V élagage en cône se fait en dégarnissant d’abord la tige dans une étendue de2“,60, puis en conservant toutes les branches de quelque nature qu’elles soient; on les raccourcit de façon à donner à leur ensemble la forme d’un cône dont la base égale trois fois la hauteur. On veille à ce que la flèche soit simple. L’été suivant on pratique le (voy. suppl.) à chacune des branches latérales, en vue de favoriser l’élongation de 1a tige, de diminuer la vigueur des branches latérales et de retarder leur accroissement en diamètre. Ces opérations sont répétées tous les quatre ans. Il faut aussi dans chaque élagage supprimer les ramifications des branches principales, sous peine de déterminer dans la tête de l’arbre une confusion inextricable qui pourrait le déformer et faire périr tout ou partie de quelques-unes des branches. L’aspect de ces arbres est séduisant pour l’ornement ; quant à la qualité du bois, c’est autre chose ; la présence des branches qu’on maintient sur presque toute l’étendue du tronc détermine dans les fibres ligneuses de nombreuses solutions de continuité qui enlèvent au bois une grande partie de sa solidité. De plus, ces branches finissent par devenir très-grosses ; leur raccourcissement périodique, la suppression des ramifications dont elles sont chargées, font qu’elles se couvrent avec le temps de nœuds plus ou moins volumineux qui finiront souvent par se carier. Cette altération atteindra de proche en proche le tronc qui perdra alors toute sa valeur comme bois de service. Comparé à l’élagage belge, l’élagage en cône donne une forme aussi agréable iî l’œil,
mais la masse de bois produite est moins abondante, et surtout de moins bonne qualité, comme bois de service : d’où il résulte que si nous étions obligé d’opter entre ces deux méthodes, nous choisirions sans balancer l’élagage belge.
4« Quant à Vélagage progressif ou en lête^ il est loin d’être une pratique aussi récente que le précédent, puis qu’il était connu avant Duhamel, mais elle a été successivement améliorée, et nous avons payé nous même notre modeste tribu à la solution de cette importante question. Voici la description succincte de ce procédé :
Les jeunes arbres ayant commencé à pousser vigoureusement, c’est-à-dire vers la troisième année qui suit la plantation, on leur applique le premier élagage, ainsi qu’il a été expliqué au commencement de cet article ; on suivra de même les indications données pour les élagages subséquents. On peut voir à la figure 866 un exemple de cette méthode. C’est la disposition qu’on donne à la tête des arbres, lorsqu’ils sont plantés assez loin des propriétés riveraines, pour que cette tête puisse se développer librement sans s’étendre sur le terrain voisin. Mais quand ils n’en sont éloignés que de 2 mètres, il convient de maintenir constamment les branches dans cette limite, au moyen de l’élagage. Les suppressions de branches que l’on pratique à chaque élagage à la base de la tête de l’arbre, à mesure que la tige s’allonge et toujours avant que les branches aient acquis un grand diamètre, ont pour résultat de donner un tronc à la fois le plus long, le plus gros possible dans toute son étendue, et surtout dépourvu de nœuds. C’est pour cela que nous croyons devoir adopter le système de l’élagage progressif, à l’exclusion des autres qui n’offrent pas le même avantage, ainsi que nous l’avons fait \^oir .
Lorsque de jeunes arbres, par une raison quelconque que nous n’avons pas à examiner ici, ont été étôtés au moment de leur plantation, il convient de les soumettre à un mode d’élagage particulier, en vue du nouveau prolongement de la tête. Ces jeunes arbres, lorsqu’ils ont été bien plantés, se couvrent ordinairement de bourgeons dès la première année. Cette végétation se produit sur le tiers supérieur de la tige. Lors du repos de la végétation, on laisse intacts tous ces jeunes rameaux, moins ceux qui se trouvent placés depuis le sommet de la coupe jusqu’à O”, 16 environ de ce point; ces derniers sont coupés entièrement. A 0“,16 environ du sommet, on choisit un des rameaux les plus vigoureux et naissant, autant que possible, du côté de l’ouest ; on le place dans une position verticale, en le redressant et en l’attachant con* tre le sommet de la tige. S’il existe dans le voisinage de ce rameau une ou plusieurs ramifications présentant aussi une grande vigueur, on arrêtera leur développement en retranchant au même moment environ la moitié de leur étendue; l’arbre ainsi disposé est ensuite abandonné à lui-même. Le nouveau rameau terminal se développe beaucoup plus vigoureusement que les autres et forme bientôt un prolongement convenable à la tige. Deux ans après, on supprime le sommet de l’ancienne tige en la coupant obliquement immédiatement au-dessus du point où naît le premier prolongement. Deux ans après, la plaie est cicatrisée, et on applique un mode d’éhigage semblable à celui que nous avons conseillé pour les arbres non étêtés. A. Du Br.
ELAIDINE (Chimie). — Matière qui résjilte de l’action de l’acide hypoazotique sur l’huile d’olive, et en général sur toutes les huiles non siccatives (voyez Huiles grasses). Véldicline se change par la saponification en acide élaïdique et glycérine.
On peut préparer facilement l’acide élaïdique eu faisant passer pendant quelque temps un courant de vapeur d’acide hypoazoïique dans de l’acide oléique. Le mélange refroidi laisse déposer d’abondants cristaux, qu’on traite par l’eau bouillante pour les débarrasser des produits nitreux. En reprenant ces cristaux par l’alcool, on obtient, par une cristallisation nouvelle, de l’acide élaïdique pur.
EL.\N (Zoologie), Cervus alces, Ogilb. — Espèce du genre Cerf (voyez ce mot), aussi grand que le cheval, et, par suite, le plus grand du genre (1“,70 aux épaules). Le mâle seul porte des bois terminés par une vaste empaumure divisée à son bord externe en deux parties dont la plus forte porte à son bord externe plusieurs digitations, et dont le poids peut atteindre 30 kilogrammes '/îg. 811). Son cou est très-court, robuste, et surmonté d’une sorte de crinière; son museau renflé, à lèvre supérieure épaisse, longue et mobile. Son train de devant, plus allongé que celui de derrière, le force à se mettre à genoux ou à écar-