‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 300 sur 385 · VOL · texte numérisé non relu

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Air

Azote

Acide carbonique

Hydrogène

FXASTIQUE (Tissu) (.Anatomie). — Voyez Tissu.

Elastique (Botanique). — On qualifie ainsi les organes des plantes dont le tissu offre une élasticité susceptible de causer, sous l’influence d’une force étrangère, une modification dans la position de ces organes. Ainsi les filets des étamines de la pariétaire, de l’ortie, du mûrier, du kalmia, sont dits élastiques, parce qu’ils sont suscep-

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tibles de se redresser avec force au moment de l’épanonissement comme un ressort qu’on lâche tout à coup. Dans certaines Orchidées, le pollen offre une masse qui, pouvant s’allonger quand on la tire, reprend sa première forme quand on l’abandonne à elle-même, absolument comme le ferait le caoutchouc. Ce pollen est donc élastique. Dans une grande quantité de fruits capsulaires, la déhiscence s’opère par la désunion des valves avec élasticité. Tels sont les fruits de la cardamine impatiente, du ricin, des balsamines. En général, les organes sont tons plus ou moins doués d’élasticité, car ils tendent à reprendre leur place lorsqu’ils en ont été dérangés. Les pétioles et les pédoncules offrent surtout ce caractère.

Il est cependant une plante nommée dracocéphale de Moldavie^Aoni l’inflorescence manque d’élasticité. Quand on dérange ses pédicelles, ils ne reprennent pas leur position, comme le ferait le premier végétal venu. Ce phénomène avait fait donner le nom de cataleptique à ce dracocéphale (voyez ce mot). G — s.

ELATE (Botanique). — On trouve ce nom dans Théo phraste pour désigner le sapin. Il désignait aussi, chèz les Grecs, la gaine qui enveloppe la fleur femelle du dattier.

ELATER (Zoologie), Elater, Lin. — Genre Insectes de l’ordre des Coléoptères^ section dQ&Pentamères, famille des Serricornes, section des Sternoxes, type de la tribu des Elatérides. Le nom de ce genre est Taupin., vulgairement Scarabée à ressort, et il a pour caractères principaux : le corps ovale, déprimé et à téguments forts ; la tête enfoncée dans le corselet jusqu’aux yeux; la bouche . en dessous ; les palpes maxillaires terminées par un article grand et large; les élytres longues et étroites; les pattes très-courtes, à tarses filiformes; une disposition toute particulière du sternum, commune à tous les élatérides, permet à ces insectes, quand ils sont sur le dos.de se lancer en l’air comme par l’effet d’un ressort (voyez Elaté- RJDES, Taupin). Plusieurs espèces de ce genre sont nuisibles aux plantes comestibles; nous citerons particulièrement ici VE. des blés {E. sputator, Fab.), insecte bleuâtre, étroit, allongé, terminé en pointe en arrière, de forme cylindrique, long de 0“,010 à 0“,012, qui a

pour larve un ver allongé, luisant, bleuâtre, semblable à un ver de farine de petite taille; c’est elle qui cause au blé un préjudice notable, lorsqu’elle apparaît en plus grand nombre que de coutume. Elle vit au moins deux ans, et elle se nourrit de la racine des blés. Les oiseaux, les lézards, en détruisent beaucoup, elle est aussi dévorée par les insectes coléoptères, bronzés, do- Fi-, 876. - Eiater du blé rés, cuivrés, et entre autres par

et sa larve (^>). les carabes qui tous sont carnas-

siers et qui pour cela doivent être respectés par l’agriculteur. Il sera question de quelques autres espèces à l’article Taupin.

ELATÉ RIDES (Zoologie). — Tribu d'insectes (voyez Elateu) caractérisée par un corps elliptique, des antennes en scie insérées devant les yeux , des mandibules bidentées et des élytres longues, étroites et striées. Leurs pattes sont courtes, à tarses filiformes, en sorte que ces insectes s’envolent difficilement, et surtout ne peuvent se retourner comme les autres lorsqu’ils sont sur le dos. Dans ce cas, ils se lancent perpendiculairement en l’air et à une assez grande hauteur, et retombent dans leur position naturelle.

Voici l’explication de cette singulière manœuvre. Le présternum des Elatérides terminé en une pointe comprimée latéralement, et souvent un peu arquée et unidentée , s’enfonce, à la volonté de l’animal, dans une cavité de la poitrine située immédiatement au-dessus de la naissance de la seconde paire de pattes. Pour exécuter leur saut, ces insectes, lorsqu’ils sont sur le dos , serrent contre le dessous du corps leurs pattes si court es, fléchissent la tête et le présternum rase la face ventrale de leur corps. Rapprochant ensuite ce présternum de l’anneau suivant ou mésosternum, ils pressent avec force la pointe du présternum (■( litre le bord postérieur du trou situé en avant du

mésosternum. Par une légère extension des parties fléchies, cette pointe, légèrement ramenée en avant, s’enfonce brusquement dans ce trou comme par une détente de ressort, et tout le corps se courbe subitement vers la face dorsale. Le corselet avec ses pointes latérales, la tête, le dessus des élytres heurtent avec force contre la surface sur laquelle repose l’animal et le projettent perpendiculairement. Cette curieuse faculté des élatérides leur a valu le nom de scarabées à ressort. Toutes les espèces, qui sont nombreuses et très-répandues sur le globe, se nourrissent de substances végétales.

ELATÉRIE (Botanique), Elaterium, Jacq.; d’un mol • grec élaunein, qui signifie pousser comme avec un ressort, à cause de l’élasticité des fruits. — Genre de plantes Dico tylédones dialypétales périgynes, établi par Jacquin dans la famille des Cucurbi lacées. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, de cette plante qu’on extrait le suc purgatif connu sous le nom d'etaterium (voyez ce mot), son fruit est une baie réniforme s’ouvrant en 3 valves avec élasticité, et renfermant des graines à rebord membraneux. Les espèces de ce genre, toutes exotiques, sont des herbes grimpantes, munies de vrilles. L’espèce la plus répandue est VE. de Carthagène {E, Cartkaginense , Lin.); elle a les feuilles cordiformes, anguleuses, denticnlées, et les fleurs blanches, odorantes pendant la nuit; les mâles disposées en panicules et les femelles solitaires. Son fruit oblong, verdâtre, est couvert de poils mous.

ELATÉRITE (Minéralogie). — Substance nommée aussi bitume élastique, et qui offre la plus grande analogie avec la gomme élastique ou caoutchouc. Elle est brune, tirant sur le vert foncé ; elle renferme le plus souvent une huile qui la rend adhérente aux doigts, et qui s’en sépare à une haute température : c’esi un carbure d’hydrogène (carbone, 86; hydrogène, 14). Ce minéral se trouve dans les mines de plomb de Câstletown, dans le Derbyshiro, où il est accompagné de matières résineuses ou bitum'.neuscs. On le rencontre aussi dans les dépôts charbonneux de Montrelais (Loire- Inférieure).

ELATERIÜM (Matière médicale). — Nom par lequel on désigne un suc purgatif préparé avec les fruits d’une plante de la famille des Cucurbitacées , nommée vulgairement Concombre sauvage, Concombre aux ânes, et, en langage scientifique, Momordica elaterium, Lin.; Ecbalium agreste, Rich., qui forme à elle seule aujourd’hui le genre Ecbalium de Richard (voyez Ecbalium). Ce médicament , rarement employé aujourd’hui, était fort vanté par les anciens ; il devait ses propriétés à un principe nommé élaiérine, crislallisable et soluble dans l’alcool. On prépare ce purgatif en faisant évaporer à la chaleur du bain-marie le suc exprimé de ses fruits; il est excessivement amer. A la dose de 0®',05 à 0®*", 15, il peut être employé avec avantage contre les hydropisies diies passives. C’est un purgatif très-violent.

ELATIlNE (Botanique), Lin.; du grccelaté, sapin ; allusion à la forme des feuilles qui rappellent celles du sapin. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, type de la famille des Elatinées. Caractères: fleurs régulières ; 3-4 sépalessoudés inférieurement ; 3 4 pétales caducs ; 6-8 étamines ; 3-4 styles courts, persistants ; ovaire unique ; capsule à 3-i loges s’ouvrant en autant de valves et renfermant de nombreuses graines. Le» plantes de ce genre sont herbacées, très-petites, à feuilles opposées ou verticillées. Elles habitent les endroits marécageux des climats tempérés. VE, poivre d'eau {E. hydropiper , Lin.), nommée aussi .E. conjuguée, ne s’élève guère à plus de 0“',I5. Ses tiges sont rampantes, ses feuilles opposées et ses fleurs petites, blanches, sont solitaires, axillaires. VE.verticiUée, fausse Alsi ne {E. alsinastrum. Lin.) se distingue par ses feuilles verticillées, capillaires et linéaires. Ces plantes se trouvent aux environs de Paris, dans les mares et les lieux inondés, ainsi que VE. à 6 étamines {E. hexandra. Lin.) qui s’élève de 0“,02 à ü“‘,03.

ELÉAGNÉES (Botanique). — Voyez Elæagnées.

Electricité (Physique), du grec électron, ambre. Agent physique inconnu dans sa nature, auquel on attribue tous les phénomènes électriques. L’histoire de cet agent se réduit donc à peu près exclusiveinent à l’étude de ces phénomènes.

L’électricité peut exister à deux états distincts : à l’état d’équilibre ou de repos, on la nomme alors électricité statique ou de tension; à l’état de mouvement, auquel

Fig. 877. — Vue de la fice inférieure du corps d’un Elatéride. a, présternum.

— b, 2^ anneau sternal.

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cas elle prend le nom d'électricité dynamique ou volt Clique,

Gomme nous ignorons la nature de l’électricité, nous ne pouvons nous faire une idée de la manière dont s’effectue le passage de l’nn de ces états à l’autre, et dire si un courant d’électricité doit être assimilé à un courant d’air ou d’un fluide quelconque, ou bien s’il faut admettre entre l’électricité statique et l’électricité dynamique des différences de nature comparables à celles qui semblent exister entre la chaleur accumulée dans les corps et la chaleur rayonnante. La première hypothèse est la plus simple, et, quoiqu’elle soit insuffisante encore -pour expliquer tous les faits connus, nous l’adoptons parce qu’il n’existe pour la seconde aucune base sur laquelle on puisse l’asseoir d’une manière un peu nette.

Les électricités statique et dynamique ont donc môme nature, et si nous conservons cette distinction, c’est que ces deux termes correspondent à deux séries de phénomènes ayant chacune sa physionomie propre.

I. Electricité statique. — Le fait d’électricité statique le plus anciennement connu est la propriété que l’ambre jaune acquiert par le frottement d’attirer les corps légers, tels que des barbes de plumes, des morceaux de papier, de minces feuilles d’or ou d’argent, etc., et môme d’attirer des corps d’un certain poids, lorsque leur mode de suspension leur laisse une grande liberté pour se mouvoir. Ce fait est cité par les auteurs grecs de l’antiquité, et c’est du nom grec, électron, de l’ambre, que l’électricité tire son nom.

Vers le milieu du xvi® siècle, le docteur anglais Gilbert reconnut la môme propriété dans le verre, la résine, le soufre, et un grand nombre d’autres substances qui furent appelées idio-électriques , c’est-à-dire pouvant développer en elles de l’électricité, tandis que les autres, telles que les métaux , furent appelées par opposition anélectriques . Ultérieurement , Gray , en Angleterre, et Dufay, en France, reconnurent que tous les corps pouvaient s’électriser par frottement, et que les substances idio-électriques et anélectriques se distinguent par une autre qualité qui induisit en erreur les premiers observateurs. En effet, le soufre, la résine et tous les corps idio-électriques sont mauvais conducteurs de V électricité, c’est-à-dire que l’électricité développée en un de leurs points ne peut les quitter qu’avec lenteur et difficulté, et que l’on peut y constater sa présence, tandis que les corps anélectriques sont bons conducteurs de Vélectricité, comme le sont le corps humain et le sol. 11 en résulte que, lorsqu’on frotte ces corps en les tenant à la main, l’électricité que l’on développe en eux s’échappe par l’opérateur dans le sol où elle se perd, et les corps semblent ne pas s’électriser. 11 suffit, en effet, de les porter à l’extrémité d’un corps mauvais conducteur pour les voir s’électriser par le frottement comme les premiers. Les mauvais conducteurs sont dits isolants.

l’autre du nom d'électricité resineuse. Cette hypothèse, dont rien ne démontre la réalité, a encore cours dans la science, parce qu elle représente d’une manière simple un assez grand nombre de phénomènes électriques dont elle n’est que la traduction ; mais, en dehors de sa valeur dogmatique, nous n’avons en rien le droit de la considérer comme représentant d’une m.anière quelque peu fidèle la nature môme de l’agent qui nous occupe.

Electricité neutre. — D’après la môme hypothèse, les deux électricités résineuse et vitrée, appelées aussi négative et positive pour indiquer leur antagonisme, exigeraient en proportions égales dans les corps et s’y neutraliseraient mutuellement pour former une espèce d'électricité neutre existant partout. Le frottement ne créerait pas de l’électricité; il séparerait seulement en partie les deux éléments de l’électricité neutre, en sorte que l’un des corps frottants prendrait un excès d’électricité positive ou vitrée, l’autre un excès d’électricité négative ou résineuse. Ils seraient ainsi tous deux électrisés d’une manière inverse, ce qui est encore un fait d’expé-

Fisr. 878.

Fig. 879.

Fig. 880.

Pündule électrique.

Corps mauvais conducteurs ou isolants.

Spath d’Islande.

Topaze blanche.

Quartz.

Verre.

Résines solides.

Soufre .

Soie.

Corps

bons conducteurs.

Verges, fils et plaques métalliques.

Eau.

Vapeur d’eau.

Corps humain Bois surtout humide.

Fils de lin.

Paille.

rience établi, pour la première fois, par Leroy, dans un mémoire publié en 1763.

Toutes les expériences d’attractions ou répulsions électriques peuvent être reproduites au moyen du pendule électrique, qui se compose d’une tige de verre G {fig, 878) vernie à la gomme laque, portée par un pied, et tenant suspendue, à son extrémité supérieure et par un fil de soie E, une petite balle de moelle de sureau A. La figure 879 montre la balle A attirée par le corps électrisé D , dans la figure 880 on voit la répulsion produite après que la balle A, par son contact avec D, a partagé son électricité.

Lois des attractions et répulsions électriques. — Goulomb, dans une série de mémoires t.’’ès-remarquablcs et

Répulsions électriques, deux électricités, — Les corps électrisés par frottement n’attirent pas seulement les corps légers; ils peuvent également les repousser, ce qui a lieu lorsque par le contact ils leur ont transmis leur propriété électrique. Ce phénomène, découvert par Otto de Guericke, fut confirmé par Dufay, qui reconnut en outre qu’une mince feuille d’or repoussée par un bâton de verre électrisé, au contact duquel elle était venue, était au contraire attirée par un bâton de résine également électrisé, et, réciproquement, qu’attirée par le verre elle était repoussée par la résine. Il fut conduit par ces faits à admettre que les corps peuvent s’électriser de deux manières opposées, et, allant plus loin, il adopta l’existence de deux électricités jouis.sant de propriétés contraires, et désigna l’une du nom d'électricité vitrée,

Fig. 881. — Balance électrique de Coulomb.

publiés à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, constata de plus, au moyen de sa balance électrique dont nous donnons ici le dessin {Jig. 88 1 ), que les corps

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<51ectrîsés s’attirent ou se repoussent en raison des quantités d'électricité qu’ils possèdent l’un et l’autre, et en raison inverse du carré de leurs distances, ce qui est la loi de. l’attraction universelle. Dans cette balance, dite également de torsion (voy. Balance de torsion), étaient deux balles de sureau on deux petits disques de clinquant, l’un fixe 6, l’autre mobile c, à l’extrémité d’une mince tige de gomme laque cd suspendue à un fil métallique très-fin. Les deux disques étant électrisés de la même manière, par exemple, se repoussaient jusqu’à ce que leur force de répulsion, à la distance où ils se trouvaient l’un de l’autre, fût équilibrée par la force d’élasticité du fil métallique qui, tordu par le fait même de la répulsion des clinquants, tendait à reprendre sa position première et à rapprocher les deux disques. En s’appuyant sur ce fait démontré par lui, que la force de torsion d’un fil croît proportionnellement à l’angle dont il est tordu, et peut kre mesurée par cet angle, et en tordant plus ou moins le fil à son gré au moyen du bouton G auquel ce fil était attaché. Coulomb put comparer * la valeur des forces répulsives avec les distances et avec les charges individuelles des deux disques, et découvrir les lois indiquées plus haut.

Ces lois ont servi de point de départ à Poisson pour son grand travail mathématique sur l’électricité, et cependant, telles qu’elles ont été énoncées par Coulomb, elles sont loin d’avoir la généralité qu’il leur attribuait. Les éléments électriques s’attirent ou se repoussent rigoureusement conformément à ces lois, comme s’attirent les éléments de la matière; mais les corps électrisés eux-mêmes suivent des lois plus compliquées, parce que la distribution des électricités qu’ils renferment est variable avec les circonstances. C’est, du reste, sur la loi élémentaire que sont fondés les calculs de Poisson.

Distribution des électricités à la surface des corps. — Lorsqu’un corps bon conducteur est électrisé, l'électricité qu’il contient ne se répartit pas uniformément dans toute sa masse ; elle s’accumule tout entière à l a surface du corps où elle forme une couche d’une extrême minceur, en sorte qu’une sphère pleine et une sphère de même diamètre, mais formée par une lame de métal très-mince, renfermeront la même quantité d’électricité. Les corps mauvais conducteurs, au contraire, peuvent être électrisés dans toute leur masse, et cette différence nous rendra compte de la formation des nuages orageux et de leur puissance. Elle-même tient aux causes suivantes. Les électricités de même nom se repoussent et tendent à s’épandre indéfiniment dans l’espace. Les corps bons conducteurs n’opposent aucune résistance à cette tendance ; mais l’air qui enveloppe les corps, étant mauvais conducteur, retient les électricités à leur surface, en sorte qu’un corps bon conducteur ne sert, pour ainsi dire, qu’à mouler dans l’air le vase qui renferme l'électricité. Les corps bons conducteurs ne peuvent, en effet, jamais rester électrisés dans le vide.

Les corps mauvais conducteurs, au contraire, opposant un obstacle aux mouvements des électricités dans leur masse, les obligent à rester là où elles ont été développées.

Déperdition de l'électricité. — L’air et les corps isolants ne sont que mauvais conducteurs. Ils n’opposent donc pas une résistance absolue à la circulation de l’électincité dans leur masse: aussi un corps électrisé et isolé au milieu de l’air perd-il peu à peu son électricité, soit au travers de son support, soit par l’air lui -même. La déperdition par les supports est d’autant moins rapide, qu’ils sont formés de substances plus mauvais conducteurs (verre, soie, gomme laque), qu’ils sont plus longs, plus secs, et que la charge électrique est moindre. La déperdition par l’air est d’autant moindre que l’air est plus sec, la vapeur d’eau conduisant en effet assez bien l’électricité. Les expériences exécutées par Coulomb sur l’un et l’autre point ont montré pour l’air que la charge électrique d’un corps décroît de quantités successives proportionnelles à la charge, à peu près comme décroît la température d’un corps.

Pouvoir des pointes. — Sur un corps sphérique isolé, soustrait à toute influence, l’électricité forme une couche uniforme, d’égale épaisseur en tous ses points, mais à mesure que la surface du corps s’écarte de la sphère, l’uniformité de la couche électrique disparaît; en chacun de ses points, l’effort que fait l’électricité pour rompre

l’obstacle que l’air oppose à son expansion croît dans le même rapport que le degré de courbure de la surface en ce point. A la surface d’un œuf, par exemple, la pression de l’électricité contre l’air sera plus grande au petit qu’au gros bout, plus grande au gros bout que sur les parties latérales. Si nous supposions qu’on amincît graduellement le petit bout de l’œuf, de manière à le terminer finalement en pointe aiguë, la pression de l’électricité y deviendrait indéfiniment croissante, et, comme la résistance de l’air est limitée, cette résistance finirait par être vaincue et l’électricité se perdrait dans l’air. Et, en effet, il arrive qu’un corps conducteur terminé en pointe aiguë ne peut pas garder d’électricité.

Electrisation par influence. — La distribution de l’électricité à la surface des corps conducteurs est encore modifiée par la présence d’autres corps électrisés ou non.

Si deux corps électrisés de la môme manière sont mis en présence, leurs électricités se repoussant seront refoulées l’une par l’autre vers les points les plus éloignés des deux corps où la charge électrique augmentera d’une manière sensible, tandis qu’elle diminuera d’une quantité correspondante sur les points par lesquels se regardent les corps.

Si ces corps sont, au contraire, électrisés d’une manière inverse, leurs électricités s’attireront et se reporteront vers les points des corps les plus rapprochés.

Si l’un de ces corps, A seul, est électrisé positivement (-1-) par exemple, l’autre B étant isolé du sol, l’électricité neutre que ce dernier contient sera décomposée, l’électricité négative ( — ) sera attirée et se portera vers le corps électrisé A sur lequel elle modifiera, comme plus haut, la distribution de l’électricité; l’électricité positive (-h) sera au contraire repoussée. En sorte que le corps B dit

Fig. 882. — Électricité par iiiflaence.

électrisé par influence contiendra à l’un de ses bouts de l’électricité négative, à l’autre de l’électricité positive, rien vers le milieu. Que l’on enlève la source A ou qu’on la décharge, B retombera à l’état neutre par la recombinaison de ses deux électricités positive et négative. Le corps B électrisé par influence peut, à son tour, électriser par influence un autre conducteur isolé G, etc.

B étant soumis à l’influence du corps A et touché avec le doigt en un quelconque de ses points, c’est toujours l’électricité repoussée qui s’écoule dans le sol, et, après la séparation du doigt, B reste électrisé d’une seule manière, négativement dans notre exemple. Un effet semblable aurait lieu par le simple contact de l’air ; l’électricité repoussée se perdant plus rapidement que celle qui est attirée, c’est de cette manière que^ se forment quelques-uns des nuages chargés d’électricité négative (voyez Electricité atmosphérique. Orages).

Mais si le corps B était armé d’une pointe en l’une ou l’autre de ses extrémités, c’est l’électricité renfermée sur cette extrémité, qu’elle soit attirée ou repoussée, qui s’écoulerait par la pointe (voyez Electrique [Machine] j.

Etincelle électrique ■ — L’influence attractive exercée par l’électricité négative de B sur l’électricité positive de A, déterminant une accumulation de cette dernière électricité sur l’extrémité droite de son conducteur, la charge peut y devenir assez grande pour que la résistance de l’air soit vaincue. Une étincelle éclate alors, les deux électricités de noms contraires se recombinent brusquement au travers de l’air qu’elles portent à l’incandescence sur leur passage (voyez Etincelle).

Les condensateurs (voyez ce mot) sont des instruments dont le jeu est fondé sur les modifications apportées dans la distribution des électricités à la surface des corps par les influences que deux électricités de noms contraires exercent l’une sur l’autre.

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