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!a propriété de transformer les matières animales putrescibles en composés nouveaux imputrescibles. Mais, au lieu de recourir, comme les anciens, à la macération dans les solutions salines, il imagina d’injecter dans les artères un liquide qui, passant dans les ramuscules les plus ténus de l’arbre artériel, irait modifier les conditions chimiques de tous les tissus. Ses expériences lui démontrèrent que les corps injectés avec ses solutions se conservaient parfaitement dans un lieu sec et aéré : dans ces conditions ils subissaient une dessiccation lente, et la peau prenait une teinte brune, sans que, pendant tout le temps nécessaire pour amener le corps à l’état complet de sécheresse, il y eût dégagement d’aucun gaz.
Ce premier résultat était d’une très-haute importance, en ce qu’il rendait les dissections possibles en tout temps en sauvegardant la santé des élèves en médecine.
Ce travail, qui date de tsa2, valut à son auteur les plus grands encouragements de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine.
Un fait important avait échappé jusqu’à ce jour à tous les embaumeurs, c’est qu’il ne suffit pas de neutraliser la matière animale putrescible, mais qu’il faut empêcher que le corps ne se détruise par pourriture ou par une décomposition analogue à celle qui détruit le bois placé dans un lieu humide.
Cannai, à la suite de ses recherches, est arrivé à découvrir que, pour appliquer à l’embaumement des corps destinés à la sépulture le procédé de conservation qu’il avait proposé pour les amphithéâtres, il fallait empêcher le développement de la moisissure, développement qui ne se faisait que très-difficilement à l’air libre et qui, au contraire, était accéléré par l’humidité des lieux destinés aux inhumations. Il reconnut que les essences dont on baignait les corps injectés préalablement avec son liquide formaient avec le temps un vernis qui rendait impossible toute moisissure et qui ne permettait même pas à l’eau de venir modifier l’état de conservation des cadavres.
L’Académie des sciences et l’Académie de médecine honorèrent Cannai de nouveaux éloges et de nouvelles récompenses, et c’est à l’appui de ces deux corps savants qu’il dut de voir adopter sa méthode d’embaumement.
Cannai s’est vu contester la valeur de ses procédés et son mérite d’inventeur ; on a été jusqu’à dire qu’il ne conservait que grâce à l’arsenic mélangé à son liquide. Une dernière commission, nommée par l’Académie des sciences en 1848, a définitivement prononcé sur la question en faisant justice de toutes ces allégations calomnieuses.
Autres procèdes. — En 1835, le docteur Tranchina, de Naples, proposa de conserver les corps avec une dissolution d’acide arsénieux dans l’eau. Les cadavres injectés avec ce liquide se dessèchent, se racornissent et ne tardent pas à être détruits par les bissus.
En 1840, sir William Burnet se fit breveter en Angleterre pour l’emploi d’une solution de chlorure de zinc comme agent conservateur. Depuis 1845, M. le docteur Sucquet se sert en France de ce même liquide pour les embaumements. On doit, en outre, à ce médecin l’application nouvelle d’un procédé déjà ancien, l’injection avec l’hyposulfite de soude des cadavres destinés aux dissections. Par ce procédé, on peut sans danger disséquer les corps, qui se conservent un mois ou deux.
Il y a encore beaucoup d’autres procédés, mais leur emploi est sinon nul, du moins si peu étendu que leur description dépasse le but et le cadre de notre ouvrage.
Conservation des objets d'histoire naturelle. — L’art du naturaliste consiste à conserver non-seulementles animaux supérieurs, mais encore ceux des classes inférieures. Le mode de préparation désigné sous le nom d'empaillement., parce qu’autrefois on bourrait les peaux avec de la paille, est à peu près le même pour tous les vertébrés. On dépouille l’animal, on en badigeonne la peau avec du savon de Bécœur, et après avoir fait avec du fil de fer une carcasse solide, on bourre la peau avec de l’étoupe coupée menue. Il y a dans ce travail, qui pour être bien fait nécessite une longue pratique, une foule de détails qui varient pour chaque classe d’animaux et dans lesquels nous ne pouvons entrer ici. Disons seulement que, malgré les continuels insuccès que donne le savon arsenical ce Bécœur, on continue à s’en servir au grand détriment de la santé des préparateurs et de la conservation des collections. Il suffit d’entrer dans les galeries du jardin du Muséum pour se convaincre d’une manière absolue que l’arsenic n’est pas un préservatif.
Les peaux des animaux que l’on veut conserver un •temps plus ou moins long avant de les monter sont salées
avec du chlorure de sodium et quelquefois avec de Talun. J. N. Cannai a proposé d’injecter les anfmaux, avant de les dépouiller, avec une solution de sulfate simple d’alumine ; les résultats qu’il obtenait ainsi étaient très-remarquables, mais ils allaient contre la routine : ils ne sont pas adoptés.
Parmi les animaux inférieurs, les uns (mollusques, etc.) sont conservés dans des solutions aqueuses ou alcooliques d’acide arsénieux ou de deutochlorure de mercure (sublimé corrosif); d’autres sont piqués dans des boîtes le plus souvent sans aucune préparation préalable (insectes, arachnides, etc.). Je ne dirai rien des premiers, qui, au bout de peu de temps, prennent une couleur uniforme qui n’est pas favorable pour l’étude; quant aux derniers, on peut juger par le mauvais état de ces collections qu’il reste encore beaucoup à faire. On a proposé l’emploi de la térébenthine, du goudron, du sulfure de carbone, de la benzine, etc.; mais tous ces procédés, qui, dans les mains de leurs auteurs, donnaient des résultats incontestablement supérieurs à ceux obtenus jusqu’à ce jour, ont néanmoins été rejetés comme insuffisants.
EMBLAVER, Emblavure (Agriculture). — On désigne par ce mot une terre ensemencée de blé.
EMBOLIE (Médecine). — Nom tiré du grec embolos., coin, plantoir, qui entre dans quelque chose, donné par Virchow à une maladie caractérisée par la migration d’un caillot sanguin ou par sa formation dans un vaisseau artériel ou veineux et l’obturation qu’il détermine dans quelques parties de l’arbre circulatoire. Cette maladie est une conséquence de la formation des concrétions sanguines polypiformes ; il en sera question au mot Thrombose .
EMBONPOINT (Physiologie). — Par ce mot on entend généralement tout ce qui, dans l’habitude extérieure du corps, présente l’apparence de la santé florissante, surtout dans la force de l’âge, lorsque les formes accusent la présence d’une certaine quantité de graisse, la souplesse, la fraîcheur de la peau , l’agilité, la vigueur des mouvements. Poussé plus loin, l’embonpoint dégénère en obésité, en polysarcie, et devient une gêne, un embarras, une vraie maladie. Mais l’état de santé tel que l’observation nous le montre, et non pas tel que le physiologiste le conçoit, ne se décèle pas toujours par l’embonpoint. Toutes les constitutions n’y sont pas disposées ; les personnes brunes, nerveuses, chez lesquelles prédomine le système veineux, celles qui sont naturellement minces, fluettes, y sont très-peu sujettes; au contraire, on le rencontre dans les tempéraments sanguins, chez les gens au teint fleuri, aux cheveux blonds ou châtains, qui ont le tissu cellulaire lâche, souple, spongieux. L’enfant qui vit sans soucis, qui mange, dort et remue beaucoup est naturellement gras; l’adolescent, chez lequel la nutrition est très-active, la sensibilité vive et mobile, engraisse peu. Ce n’est guère qu’au milieu de l’âge adulte, vers trente ou trentecinq ans, que l’embonpoint se développe; c’est véritablement l’âge de la force, de la santé, de la vigueur physique et morale. La nourriture contribue aussi, avec un exercice journalier, à favoriser et à entretenir un embonpoint raisonnable, surtout lorsqu’il peut être modéré par un travail physique en rapport avec les forces générales.
EMBOUCHURE. — Voyez Tuyaux sonores.
EMBOUTISSAGE (Technologie). — Opération mécanique qui a généralement pour objet de donner une forme nouvelle à une masse, en déplaçant ses molécules, sans toutefois la morceler ou en compromettre la solidité. On appelle plus particulièrement emboutir donner à une plaque une forme bombée; l’opération appelée et qui consiste à imprimer des figures, des dessins, soit en creux, soit en relief, sur une surface métallique, est un cas particulier de l’emboutissage. Il sera dit quelque chose de l’estampage à l’article correspondant.Nous avons déjà parlé de l’emboutissage en tubes à l’article Banc A TIRER, Banc a^ emboutir. Nous nous bornerons ici à donner les conditions générales de cette opération, conditions qui résultent de sa nature môme. Il est évident que l’on ne peut songer à emboutir des matières friables, qui se briseraient sous l’action mécanique, ni celles qui possèdent un faible degré de cohésion moléculaire; si l’on a affaire à des substances de cette espèce, si, par exemple, on veut donner une certaine forme à une masse de terre, ou opérer quelque empreinte à sa surface, il convient d’agir par pression graduée, opération distincte de l’emboutissage et qui s’exécute à l’aide d î presses (voyez Suppl). On ne peut pas non plus opérer
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sur des matières élastiques au moins à un degré considérable, car il faut évidemment, pour que l’opération progresse, que les molécules conservent les places que leur donne la percussion et n’aient pas la faculté de reprendre leurs positions primitives. Toutefois, la prolongation de l’action mécanique peut quelquefois déformer d’une manière permanente certaines substances très-élastiques : ainsi, par exemple, on soumet le caoutchouc à une sorte d’emboutissage pour en faire le corps des pistons dans les pompes de M. Perreaux (voyez Pompes). Il n’en est pas moins vrai de dire, en général, que les substances susceptibles d’être embouties doivent être ductiles (voyez Ductilité), c’est-à-dire formées de molécules qui. en se déplaçant, se portent d’une dimension sur une autre, sans que la densité soit sensiblement modifiée. Au surplus, quelque ductile que soit un corps, sa ductilité n’est jamais absolue, et il faut, pour la perfection du travail, donner, pour ainsi dire, le temps aux molécules de se faire aux nouvelles positions dans lesquelles on les pousse; aussi convient-il d’opérer d’une manière lentement graduée, de multiplier les coups de marteaux, de s’attacher enfin à lier, à aftermir entre elles, par des coups répétés sur la même place, les particules qu’il faut déplacer pour emboutir la pièce. C’est par la percussion que s’opère l’emboutissage. On emboutit le cuir pour garnir les pistons de la presse hydraulique. C’est un cuir embouti qui forme la couronne du piston de plusieurs appareils de l’économie domestique, tels que la lampe modérateur, l’irrigateur Eguisier, etc. C’est surtout à l’aide de l’emboutissage que le cuivre reçoit dans les ateliers de chaudronnerie les formes si diverses sous lesquelles ce métal est utilisé dans l'industrie. P. D.
EMBRANCHEMENT (Zoologie). — Le règne animal se divise en quatre grands groupes naturels nommés Embranchements ; chacun d’eux comprend des animaux organisés sur un plan commun, tandis que, d’un embranchement à l’autre, la disposition générale des organes présente de notables différences. Aussi Cuvier, à qui l’on doit l’établissement de ces quatre grandes divisions {Leçons d'anat. comparée, 1835, t. F'), les considère comme « quatre formes principales, quatre plans généraux, d’après lesquels tous les animaux semblent avoir été modelés et dont les subdivisions ne sont que des modifications assez légères, fondées sur le développement ou l’addition de quelques parties qui ne changent rien à l’essence du plan. » Voilà pourquoi ces quatre embranchements ont été souvent nommés des Types. Voici leur succession et les noms que leur a donnés leur fondateur : 1" les Vertébre's; 2" les Mollusques ; 3® les Articulés; 4" les Rayonnés ou Zoophytes. Les caractères que Cuvier a reconnus à chacun de ces embranchements sont tirés de la forme générale du corps, de disposition des centres nerveux^ de la disposition et de la nature des parties solides qui servent à la locomotion.
Embranchement (Botanique). — A l’exemple des zoologistes, les botanistes ont adopté ce nom pour désigner les grands groupes du règne végétal; ainsi dans la méthode naturelle de Jussieu, les végétaux ont été divisés en trois grands embranchements, suivant : 1“ qu’ils manquent d’embryon, par conséquent de cotylédons, ce sont les Acotylédones; 2" que leur embryon offre un seul cotylédon , ce sont les Monocotylédones ; 3° enfin suivant que leur embryon présente deux cotylédons, ce sont les Dicotylédones. Dans la méthode adoptée par M. Ad. Brongniart , après avoir partagé les végétaux en deux grandes divisions, les Cryptogames et les Phanérogames^ l’auteur a établi dans les premiers deux embranchements, les Amphigènes et les Acrogènes, et deux dans les seconds, les Monocotylédones et les Dicotylédones., cette dernière division comprenant deux sous-embranchements, les Angiospermes et les Gymnospermes.
Consultez l’ouvrage intitulé : Enumération des genres de plantes., par Ad. Brongniart.
EMBROCATION (Matière médicale), du grec embroché, action de tremper, d’imbiber. — On appelle ainsi un remède liquide, huileux, destiné à oindre, à fomenter une partie malade. L’huile est la base de ce médicament qui tient le milieu entre le Uniment et la fomentation. On se sert pour faire une embrocation d’une éponge, d’une flanelle ou simplement d’un linge que l’on trempe dans le liquide approprié et que l’on presse dans sa main audessus de l’endroit malade. Les embrocations peuvent être émollientes, toniques, spiritueuses, etc.
EMBRYOGÉNIE et Embryoi.ogie (Physiologie), du grec embryon et genesis production, ou logos, science. On emploie ces deux noms pour désigner cette branche de
la physiologie des animaux qui étudie la production des germes des nouveaux êtres dans le corps de leurs parents et le développement de ces germes en de jeunes animaux. Il en sera traité au mot Reproduction.
EMBRYON ANIMAL (Zoologie). Du grec bryein, croître, — On nomme ainsi les jeunes animaux plus ou moins incomplètement développés, mais qui n’ont pas encore vu le jour hors de l’œuf ou du sein maternel (voyez Reproduction).
EMBRYON VÉGÉTAL (Botanique). — Expression par laquelle on désigne le rudiment de la plante qui se trouve, dans la graine, protégé par certaines enveloppes et nourri par des liquides spéciaux. C’est la partie essentielle de la graine, c’est le jeune végétal à son premier état. On verra aux articles Graine et Ovule, que l’on trouve dans Vovule, parfois avant la fécondation, le plus souvent immédiatement après, au sommet du sac embryonnaire, suspendue au micropyle, la vésicule embryonnaire, qui est la première forme de l’embryon. Elle se compose d’abord d’une seule utricule, remplie d’une matière granuleuse; mais bientôt sa structure se complique, et on y distingue : 1" le suspenseur, ligament qui l’attache au micropyle, et qui est formé de quelques cellules allongées, disposées bout à bout ; 2“ la vésicule embryonnaire ellemême, utricule renflée, globuleuse, qui pend à l’extrémité libre du suspenseur, au milieu du mucilage plastique dont le sac embryonnaire est rempli à cette époque. L’embryon s’organise aux dépens de cette utricule.
La vésicule embryonnaire est d’abord remplie d’une matière granuleuse agglomérée en une seule masse ; celleci se segmente bientôt en deux masses égales, puis en quatre, puis en seize, et ainsi de suite, tellement qu’après ce travail de segmentation on trouve une masse cellulaire à fines cellules, mais encore indivise ; on n’y peut distinguer aucune partie. C’est le premier état de l’embryon. Bientôt, du côté du micropyle, cette masse utriculaire s’allonge en une pointe qui formera la radicule ou le germe de la racine de la future pidnte; en môme temps les parties latérales se développent en une ou deux masses celluleuses qui formeront les cotylédons ou le cotylédon unique, et à l’opposé de la radicule se distingue comme un petit bouton la gemmule ou portion supérieure de l’axe de l’embryon, portion qui donnera naissance à la tige et à ses appendices. Il est essentiel de remarquer dans ce développement que \'axe se forme dans une position telle que la radicule regarde le micropyle, et par conséquent la gemmule regarde la chalaze; en un mot, l’axe de l’embryon est parallèle à celui de la graine, mais dans une position inverse. Cette position est constante; quelle que soit celle du micropyle, la radicule est toujours dirigée vers lui.
Dans la graine mûre, V embryon comprend donc deux parties que l’on peut distinguer : 1® Vaxe de la jeune plante ; 2“ le corps cotylédonaire. Vaxe a reçu, en général, le nom de plantule; on y distingue la radicule{gevme de la racine),la tigelle (germe de la tige), portion opposée de l’axe embryonnaire, souvent trop peu développée pour pouvoir être reconnue ; enfin la gemmule, jeune bourgeon qui constitue l’extrémité de l’axe opposée à la radicule, et doit être considérée comme le premier bourgeon terminal de la tige de l’embryon. Le corps cotylédonaire doit être regardé comme constituant la première ou les premières feuilles végétales. Cliaque cotylédon est une feuille modifiée et transformée en un amas de matière nutritive mise en réserve pour le jeune végétal ; c’est au moment de la germination qu’il utilisera ces matériaux. On a souvent nommé collet de la plante le point de la longueur de l’axe qui sépare la tigelle de la radicule ; la position de ce point est difficile à déterminer.
Embryon monocotylédoné. — Dans les végétaux monocotylédonés, l’embryon est ordinairement de forme cylindrique, arrondi ou ovoïde à ses extrémités. Le cotylédon y dissimule souvent la gemmule au fond d’une petite fente plus ou moins visible et située sur un de ses côtés ; l’extrémité tournée vers le micropyle est la radicule, toute la portion de l’embryon située au delà delà gemmule et à l’opposé de la radicule est le cotylédon unique qui caractérise les végétaux de ce groupe. En général, pour bien voir la structure d’un embryon monocotylédoné, il est nécessaire d’en faire une coupe. Quelques embryons monocotylédonés ont une radicule aussi grosse que le cotylédon lui-même; on les a nommés embryons macro» podes (itcü:, pied ; p.ajcpoç, grand).
Embryon dicotylédoné. — Certains embryons dicotylédonés ont une forme semblable à celle des précédents; mais ou distingue toujours à l’extrémité gemmulaire les
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deux lobes du corps cotylédon aire. Très-souvent l’embryon dicotylédoné se compose d’un petit axe comme celui que nous avons vu dans l’amandier {fig. 914) ren-
Fig. 011. — Embryon monocofylédoné Fig. 912.— Un embryon dicolylédu blé (1). doné (amandier commun) (2).
fermé entre deux cotylédons ovales ou hémisphériques. Suivant leur développement on leur consistance, les cotylédons sont charnus (haricot, poiè) ou foliacés, et alors on distingue môme des nervures à leur surface (ricin, euphorbe). Dans ce dernier cas, on leur distingue même parfois un limbe et un pétiole, et chacun peut reconnaître
Fig. 913. — Embryon dicotylédoné du pois (3).
alors que ces organes sont véritablement les premières feuilles de la jeune plante. Dans les pins, les sapins et quelques autres végétaux, surtout dans la famille des Conifères, il y a plusieurs cotylédons disposés en verticille autour de la plante. La disposition .variable des cotylédons entre eux et par rapport à laplantule fournit dans la classification des végétaux des caractères précieux. Ad. F.
EMBRYONNAIRE (Sac) (Botanique). — On appelle ainsi une petite cavité qui s’est formée dans le nucelle (voyez ce mot), vers son sommet, peu de temps avant la fécondation. Elle est remplie d’un mucilage destiné à s’organiser en tissu cellulaire lâche et diffluent. C’est dans son intérieur qu’apparaîtra et se développera l’emérwow.
EMBRYONNAIRE (Vésicule) (Botanique). — Voyez Embryon.
ÉMERAUDE (Minéralogie), du grec smaragdos, émeraude verte. — Silicate double d’alumine et de glucine naturel. Ce minéral se rencontre sous bien des formes ; hyalin et doré d’une belle teinte verte, il constitue l’une des pierres les plus belles et les plus précieuses; légèrement transparente et d’un vert d’eau, l’émeraude se trouve dans toutes les roches cristallines et prend alors le nom ù! aigue marine ; enfin, en gros cristaux opaques, on la rencontre avec une extrême abondance dans quelques contrées. Le Limousin en offre des échantillons qui ont 0“,30 de diamètre sur 0“,50 de longueur. La forme cristalline de l’émeraude est le prisme hexagonal ; l’identité de forme et de composition chimique existe d’unemanière absolue entre les plus belles émeraudes du Pérou et celles du Limousin ; une cristallisation plus parfaite et une coloration due à un peu d’oxyde de chrome donnent à la première sa haute valeur. L’émeraude raye le quartz ; sa densité est environ 2,7 ; elle est infusible au chalumeau et inattaquable par les acides. Les aigues ma-
(1) Embryon du blé. — c, le cotylédon. — e, la plantule. — pr, périsperme ou albumen farineu.x.
(î) Embryon de l’amandier commun ; un des cotylédons a été détaché pour montrer complètement la plantule. — c, l’autre cotylédon. — c’, point d’insertion du premier qui a été enlevé. — r, radicule. — t, tigelle. — gemmule.
(3) Embryon du pois. — c, c, cotylédons. — r, radicule. — tigelle. — g, gemmule. — a?, cavité du cotylédon, où est placée la gemmule.
rines les plus recherchées proviennent de la province de Minas-Geraes, au Brésil. Dans un temps assez reculé on en a tiré des montagnes qui séparent l’Éthiopie de l’Égypte; l’émeraude qui orne la couronne du pape provient probablement de ces localités. Aujourd’hui, les belles pierres désignées comme provenant de Santa-Fé de Bogota sont fournies par la mine de Muzo, dans la vallée de la Magdeleine. Le terrain où on les rencontre appartient aux formations néocomiennes ; l’émeraude y est enveloppée dans un calcaire lamelleux dont la blancheur écla- ' tante fait ressortir la teinte verte magnifique de la pierre précieuse. Récemment on a découvert un gîte d’émeraudes dans la province d’Alger, à quelques kilomètres de Blidah ; mais elles sont trop petites pour être employées dans la bijouterie. La plus belle émeraude connue appartenait à M. Hope; elle pèse 184 grammes et a coûté I2 500, francs. L’émeraude taillée peut être confondue avec plusieurs autres gemmes. Verte, elle ressemble au dioptase et au grenat ouwarovite ; jaune, elle se rapproche de la topaze, de la cymophane et du péridot; lorsqu’elle est bleue, le saphir et la cordiérite lui ressemblent beaucoup ; enfin, lorsqu’elle est blanche, elle est souvent émise pour du diamant. L’éclat la distingue du diamant, le dichroïsme de la cordiérite, la densité de toutes les autres.
ÉMERI, ÉMERiL, Corindon émeri (Minéralogie). — Variété de Corindon (voyez ce mot). C’est le Corindon granulaire de Haüy. Cette substance se présente sons l’apparence d’une roche à texture grenue, de couleur noirâtre, comme certains minerais de fer, avec une nuance bleuâtre ou rougeâtre ; sa pesanteur spécifique est de 4, sa densité supérieure à celle de tous les minéraux, excepté le diamant. Tennant est le premier qui ait fait remarquer que l’émeri n’était pas un minerai de fer, mais une espèce de corindon. Celui qu’on emploie à Londres et qui vient de Naxos contient, selon le même minéralogiste, 80 p. 100 d’alumine et celui dont se sert la manufacture de Saint-Gobin seulement GG p. 100, d’après Vauquelin. Les gisements de cette roche sont aux Indes orientales, dans l’île de Naxos, en Saxe, dans le terrain de micaschiste; on cite aussi les monts Altaï, le duché de Parme, le royaume de Grenade, etc. « L’émeri, dit Al. Brongniart, est très- précieux dans les arts en raison de sa dureté, qui le rend propre à polir les métaux et les pierres ; mais, pour s’en servir il faut le réduire en poudre de diverses grosseurs. On emploie, pour obtenir ces poudres la méthode suivante : on broie cette pierre à l’aide de moulins d’acier; ensuite, pour en extraire des poudres de différents degrés de finesse, on délaye dans de l’eau la masse broyée ; on laisse cette eau reposer une demi-heure et on la jette, parce qu’elle ne contient qu’une poussière trop tendre; on délaye de nouveau le dépôt; on laisse reposer l’eau une demi-heure et on la décante encore trouble ; la poudre qu’elle dépose est de l’émeri de la plus grande finesse. On délaye ainsi le premier dépôt jusqu’à ce qu’au bout d’une demi-heure l’eau ne laisse plus rien précipiter. Alors on ne laisse plus reposer les eaux, dans lesquelles on agite toujours ce premier dépôt, que pendant quinze minutes, ensuite que huit minutes, quatre minutes, deux minutes, une minute et enfin trente secondes, et on a, par ce procédé, des émeris de diverses grosseurs. » L’émeri est employé avec de l’eau pour le travail des pierres et avec l’huile pour les métaux. Cette poudre ainsi préparée a la propriété de mordre sur les corps les plus durs; c’est avec elle que l’on scie et que l’on taille le rubis, le saphir et toutes les autres pierres précieuses, à l’exception du diamant, qui ne peut être taillé que par sa propre poussière (voyez Diamant). On en fait aussi usage pour polir les glaces. Plus la matière que l’on veut polir est dure, plus la poudre doit être fine.
ÉMÉRILLON (Zoologie), Falco œsalon^ Lin. — Espèce à'Oiseau du genre des Faucons proprement dits, qui chasse les petits oiseaux et surtout les merles, d’où l’on prétend que lui vient son nom. C’est le plus petit de nos oiseaux de proie ; de la taille à peu près de la grive (long, du mâle, 0“,24 ; de la femelle, 0“,29). Il est cendré bleu et brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous, avec un semis de taches brunes allongées; la gorge blanche, avec des stries brunes ; la queue, grise, porte vers son extrémité une large bande noire terminée par un liséré blanc ; le bec est bleuâtre et les pieds, pourvus de doigts allongés, sont de couleur jaune. L’éméril'on, malgré sa petite taille, a les instincts des autres faucons et se laisse fort bien dresser à la chasse des alouettes, des cailles et des perdrix ; il y montre autant de courage que de do-
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