‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 308 sur 385 · DES PIÈCES · texte numérisé non relu

DES PIÈCES

Distance des appuis.

Longueur des pièces.

largeur des pièces.

Épaisseur des pièces.

Charges produisant la rupture

Expériences sur le bois <Ie Sapin.

Onze à douze pouces, Neuf à dix pouces..., Huit à neuf pouces. .

Six à sept pouces. . .

Chevron

Madrier

Planche

Onze pouc. Vaàneuf pouc. 1/2-

Huit à neuf pouces

Sept à huit pouces

Six à sept pouces

Cinq à six pouces

Chevron

Chevron

Doublette

Echantillon

Entrevous

ni

cm

cm

le bois de Chêne.

cm

cm

On est convenu de prendre pour mesure de l’élasticité des bois la longueur de la flèche de courbure obtenue sous une pression très-peu inférieure à celle sous laquelle l’élastiçité de la pièce de bois commencerait à s’altérer; c’est

ce qu’on nomme la flexion du bois. Les constructeurs admettent pour les pièces de charpente que ; 1*^ la portée (distance entre les appuis) étant la même, la flexion du bois est en raison inverse de la largeur des pièces et du cube de leur épaisseur ; 2" les flexions sont entre elles comme les cubes des portées; 3“ la flexion produite par une charge uniformément répartie sur toute la longueui* d’une pièce de bois est les } de celle que produirait la même charge appliquée tout entière au milieu de la pièce.

M. le baron Ch. Dupin a reconnu que la flexion augmente avec la densité des bois. Les bois résineux à couches minces et régulières sont les mieux doués sous le rapport de l’élasticité, et, en général, les bois ordinaires sont inférieurs sur ce point aux bois résineux.

La fissibilité est l’aptitude des bois à se laisser fendre à la hache. BoWlo;? {Technologie forestière) a classé ainsi les principaux bois de l’Europe : grande fissibilité : épicéa, sapin, pin sylvestre, châtaignier, mélèze ; fissibilité moyenne : chènQ., hêtre, frêne, aune, tremble, saule; faible fissibilité : orme, poirier, bouleau, peuplier, charme.

11 importe de dire, à titre d’observation générale, que le bois d’une même essence forestière, même à l’état sain, n’a pas toujours absolument les mêmes qualités; les circonstances où le bois s’est produit modifient par excès ou par défaut les propriétés habituelles de l’essence. Malgré ces variations, l’ensemble des propriétés d’une essence la destine à tels ou tels usages sur lesquels il est bon de fournir quelques indications particulières.

Nous réunissons dans les paragraphes suivants, quelques renseignements succincts sur les emplois spéciaux des différentes espèces de bois les plus connues. Ces indications sont empruntées au Manuel du tourneur de Hamelin-Bergeron (Paris, 181 G). Le lecteur devra recourir d’ailleurs au mot correspondant à chacune des essences dont il est ici question.

I. Bois de France. — Le sapin, la sapine,, le pin sont assez souvent confondus dans les arts, bien qu’il y ait entre eux des différences sensibles. Le sapin est le plus employé pour faire la menuiserie commune dite de bois blanc ; dans quelques provinces et dans nos colonies, on le nomme Il est très-tendre, se rabote parfaitement en long, maisnepeutpasêtre travaillé de travers. Ilreçoitmal les mortaises et les tenons, à moins que les assemblages (voyez ce mot) ne fassent point d’effort. Ses pores étant trop lâches, il ne saurait être tourné, car la pointe du tour varierait sans cesse dans son trou. On trouve dans sa contexture une multitude de nœuds qui détériorent promptement les varlopes et rabots Ces nœuds, qui représentent ordinairement le germe d’une branche du même bois, sont d’une nature toute différente ; ils possèdent une extrême dureté, et il leur arrive souvent de quitter la place où ils sont et de laisser un trou.

Le sapin vient communément très-haut et très-droit; delà son emploi pour faire des mâts de navire, et, à cause de son élasticité, pour les planchers à longue portée.

Chêne. — C’est après le sapin le bois le plus usuel; sa dureté le fait rechercher dans la menuiserie, l’ébénisterie, le charronnage et la sculpture; c’est aussi un excellent bois de chauffage. Le chêne qu’on débite en Hollande est le plus beau, mais il est si gras et si tendre qu’on ne saurait y faire des tenons; il est magnifique pour les panneaux de lambris. Celui des Vosges a toutes les qualités requises pour la menuiserie, mais il est moins beau que celui de Hollande. H y a aussi une autre espèce qu’on nomme de Fontainebleau, qui est plein de nœuds et qu’on n’emploie qu’à des ouvrages communs ou qui doivent éprouver beaucoup de résistance, comme des bancs, des tables communes, des portes extérieures.

Orme. — D’un usage un peu moins universel que le chêne, il n’en est pas moins précieux pour quelques arts.

C’est avec de l’orme qu’on fait les jantes et les moyeux des roues de voitures, des presses, de grosses vis et autres ouvrages. Il est liant, dur et facile à travailler, bien plus susceptible d’effort que le chêne pour les parties courbes où le bois est tranché. Les menuisiers en carrosse en font toutes les courbes et les bâtis de voiture.

Pour les moyeux des grosses voitures, on emploie particulièrement \'orme tortillard. Cette espèce ne jette que de petites branches annuelles qui, en multipliant les nœuds, donnent lieu à une espèce d’extravasation de la sève qui entrelace les fibres et semble plutôt produire des loupes qu’une végétation suivie et naturelle. On conçoit que les rais des grosses voitures entrés à force dans du bois de cette espèce y acquièrent la plus grande soli-

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