Endosmomèlre
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nom düendosmomètre. On y introduit, par exemple, de i'eau gommée, puis on plonge l’instrument dans un vase b contenant de l’eau distillée. Au bout de peu de temps, on remarque une augmentation notable dans le volume du liquide que contient l’endosmomètre, au point qu’il s’écoulera bientôt dans le récipient d; on peut, en outre, s’assurer que la dissolution gommeuse s’est étendue d’eau, mais en môme temps l’eau distillée a perdu sa pureté; elle contient delà gomme. Il faut donc en conclure: 1° que deux courants se sont produits à travers la membrane, l’un qui portait l’autre vers la gomme, l’autre qui portait la dissolution gommeuse vers l’eau distillée; 2" le premier de ces courants était beaucoup plus rapide que l’autre, puisqu’une des masses liquides a pris un accroissement très-notable.
Cette propriété remarquable n’est pas exclusivement dévolue aux membranes organisées, elle s’applique aussi, quoiqu’à un moindre degré en général, aux lames poreuses de nature minérale, elle se manifeste d’ailleurs dans les circonstances les plus variées, et dépend d’une foule d’influences : ainsi, si l’on a d’un côté d’une membrane de l’eau et de l’autre une solution d’acide tartrique, l’endosmose peut changer de sens quand on augmente la densité de la solution, et la densité restant la môme, une variation de température peut produire encore le môme effet. D’après MM. Matteucci et Cima, quand la membrane est une peau d’animal, ou la muqueuse de l’estomac, ou encore celle de la vessie urinaire, les résultats varient quand le courant d’endosmose pénètre par la face interne ou par la face externe. Il arrive, en général, que le courant d’endosmose a lieu du liquide le moins dense vers le plus dense, et c’est ainsi que les liquides très-dilués qui sont dans l’estomac pénètrent dans le sang; de môme les sels en dissolution très-étendue qui •existent dans le sol pénètrent jusqu’à la sève des plantes au travers de leurs racines.
Dutrochet, qui dès 1826 l’avait minutieusement étudiée, en fit immédiatement l’application aux phénomènes physiologiques de l’absorption. La membrane absorbante opère par endosmose ; perméable à deux liquides, par exemple le sérum du sang et l’eau, elle se laissera plus rapidement traverser par l’eau, et le sang sera enrichi de ce liquide; il y aura une absorption. Puisque les phénomènes d’endosmose se modifient suivant la nature des membranes et suivant celle des liquides, on peut comprendre que les divers tissus organiques aient à l’égard de divers liquides une puissance absorbante très-variable.
Il résulte des travaux les plus récents sur l’endosmose des liquides, que ; 1“ l’endosmose n’a lieu qu’entre liquides pouvant se dissoudre réciproquement; 2“ les deux liquides doivent mouiller la membrane ou la cloison qui les sépare; 3° ils ne doivent pas agir chimiquement sur cette substance interposée ; 4“ la direction du courant n’est pas déterminée par la densité relative des deux liquides; 5° l’endosmose peut avoir lieu entre liquides différents de même densité ; 6“ la température en s’élevant accélère les phénomènes d’endosmose; 7° l’endosmose persiste très-longtemps avec une activité soutenue quand un des liquides se renouvelle d’une manière continue; 8° l’acide sulfhydrique a la singulière propriété d’arrêter toujours et partout les phénomènes d’endosmose ; 9“ toute membrane desséchée ou altérée par la putréfaction est impropre à l’endosmose ; 10° le •sens du courant d’endosmose entre deux liquides déterminés varie selon la nature de la membrane qui les sépare.
Un phénomène analogue, l’endosmose des gaz, a été découvert par M, Graham et étudié surtout par lui et par M. Bunsen. Les gaz les plus légers paraissent traverser plus facilement les corps poreux que ne le font les gaz plus denses. La loi des phénomènes est la suivante : les quantités de gaz qui passent d’un espace dans un autre à travers une paroi mince sont inversement proportionnels aux carrés de leurs densités. Ainsi, une vessie gonflée par l'hydrogène se dégonflera dans l’air, car l’hydrogène étant environ seize fois plus léger que l’air, il sortira quatre fois plus d’hydrogène de la vessie qu’il iry rentrera d’air; au contraire, une vessie pleine d’air placée dans une cloche renfermant de l’hydrogène se gonflera jusqu’au point d’éclater. Le courant d’hydrogène €st celui d’endosmose, le courant d’air est celui d’exosmose.
On a donné quelquefois le nom di'endosmose électriqui au transport d’un électrolyte peu conducteur au travers d’un corps poreux, alors que cet électrolyte est traversé
par un courant électrique ; le mouvement se produit de l’électrode positive vers l’électrode négative. C’est à M. Porret qu’est due la découverte de ce phénomène dont les lois ont été données par M. Wiedemann.
Consultez Dutrochet, Mémoires, tom. I ; — Longet, Traité de Physiologie, tome I, De -- Mat-
teucci, Leçons sur les phénom. phys. des c^rps vivants.
ENDOSPERME (Botanique), du grec endon, en dedans, et sperma, graine. — Nom donné par Louis-Claude Richard au corps distinct de l’embryon qui forme avec ce dernier l’amande des graines d’un grand nombre de végétaux. Son étymologie qui lui donne une signification plus exacte que celle du mot périsperme , créé par Jussieu, et albumen, adopté par Gærtner dansle môme but, devrait le faire employer de préférence à ces deux synonymes, car l’un' signifie autour de la graine et l’organe qu’il désigne n’occupe pas toujours cette position, et l’autre est le résultat d’une comparaison (qui n’est pas toujours juste) avec le blanc d’œuf ou albumen des oiseaux. L’endosperme, quant à la position, peut être central lorsqu’il forme au centre de la graine une masse environnée par l’embryon, comme dans les nyctaginées, la cuscute, etc. ; périphérique quand il environne et cache l’embryon ; c’est le cas le plus ordinaire ; unilatéral lorsqu’il est rejeté tout d’un côté et l’embryon de l’autre, comme dans les graminées. Quant à la substance, l’endosperme peut être farineux, comme dans un grand nombre de graminées; oléagineux, dans les euphorbes; cartilagineux, dans la plupart des palmiers; corné, dans le café; mueilagineux, dans le liseron, le cocotier; enfin, quant à la forme, l’endosperme peut être plus ou moins lobé ou crevassé. La présence ou l’absence et la nature de l’endosperme ont servi, dans la méthode naturelle, à établir de bons caractères de distinction entre les familles, surtout dans les Monocotylédonées. G — s.
ENDURCISSEMENT DU TISSU CELLULAIRE (Médecine). — Voyez SCLÉRÊME.
ENFANCE, Enfant (Physiologie), infantia, in fans; du latin in, particule négative, et fari, parler; ne parlant pas. — Les Grecs désignaient aussi cet âge par un mot qui a exactement la même signification, nêpiotès. Chez nous, le mot enfance correspond aux deux mots latins infantia et pueritia, et désigne depuis la naissance, non-seulement jusqu’à sept ans, époque où la raison commence à poindre, mais même jusqu’à douze ou quatorze ans que commence l’adolescence. Aussi Hallé avait il divisé Tenfance en deux époques distinctes sous la dénomination de infantia, ou première enfance, et pueritia, ou seconde enfance (voyez Ages de la vie humaine).
ENFANTS (Hygiène des). — « Les soins que l’on donne à l’enfance, dit M. Rostan, décident de l’avenir ; s’il est convenablement organisé, ces premiers soins diversement dirigés peuvent faire du môme individu un héros ou un lâche Thersite, un proto-type de force ou un exemple déplorable de faiblesse, un être d’une intelligence supérieure ou une espèce d’idiot, voisin ou sinon au-dessous de la brute. » Ces préceptes, trop peu appréciés, trop souvent méconnus ou négligés, devraient toujours guider les pères de famille pour l’éducation physique, morale et intellectuelle de leurs enfants.
Il existe au sein des masses une ignorance profonde et funeste des lois de la physiologie, qui règlent le développement et la vie des êtres organisés et de l’homme en particulier. On ne se rend pas assez compte de l’importance du milieu dans lequel vit et s’élève l’enfant, de la nourriture qu’il reçoit, de l’état de pureté, de sécheresse ou d’humidité de l’air qu’il respire; l’air, cet autre aliment de la vie, cette autre nourriture du corps, dont les qualités bonnes ou mauvaises ont une influence si puissante sur l’avenir d’un âge dans lequel les maladies, les infirmités précoces et souvent la mort viennent altérer et tarir les sources où se régénèrent et se révivifient la force, la puissance et l’énergie des nations. Le villageois sait que son blé sera maigre et chétif dans un sol aride et sans engrais, qu’il aura une végétation luxuriante et énervée dans une terre humide et ombragée. Il sait bien que sa vache lui donnera du bon lait en quantité, s’il lui fournit une nourriture abondante, d’une bonne qualité; si elle n’a que du fourrage sec, en hiver, par exemple, le lait sentira le fourrage; c’est le mot employé. Il sait que ses moutons doeivnt paître sur les coteaux, dans les plaines sèches plutôt que fraîches et humides, que c’est le moyen d’éviter la plupart des maladies qui frappent la race ovine. Toutes ces considérations sont pour lui une source de soucis continuels. Pour ses enfants, c’est autre chose ; qu’ils aient froid