‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 314 sur 385 · EN F · texte numérisé non relu

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ou chaud; qu’ils soient à l’ardeur d’un soleil brûlant ou trempés par des pluies diluviennes ; qu’ils soient couverts de bons vêtements ou d’une simple toile en hiver; qu’ils mangent quoique ce soit; qu‘’ils couchent dans la cave ou au grenier ; qu’ils dorment peu ou beaucoup; qu’ils portent de lourds fardeaux au-dessus de leurs forces, tout cela ne fait rien; ils n’ont besoin ni de soins, ni de propreté, ni de précaution, ils doivent s’élever tout seuls. Pour l’ouvrier, pour l’homme du peuple des grandes villes, môme insouciance ; ici, au moins, l’administration s’est préoccupée du travail des enfants dans les manufactures; mais sa protection vigilante n’a pu pénétrer dans toutes les industries où le sort des petits ouvriers, des petites apprenties est trop souvent exposé à la spéculation coupable de certains maîtres insouciants; c’est là, par exemple, que l’on trouve ces malheureux enfants travaillant dans des caves sans air ou au milieu d’un air vicié par des émanations malsaines, dormant couchés pêle-mêle dans des soupentes étroites ou sur des fours chauffés continuellement, comme cela a lieu souvent chez les boulangers, les pâtissiers.

Ces considérations et bien d’autres qu’il serait trop long de présenter ici ont depuis longtemps éveillé l’attention des médecins et des physiologistes, et les lois de l’organisation leur ont appris à saisir les rapports de cause à effet qui prouvent leur influence sur ces difformités et ces infirmités que nous avons sans cesse sous les yeux. Elles expliquent, par exemple, le nombre de ces idiots, si considérable dans les campagnes qu’il n’est presque pas un village qui n’en offre un et quelquefois plusieurs exemples ; de ces arrêts de développement soit dans la taille, soit dans la proportion relative des parties du corps; elles rendent compte de ces types anormaux que l’on rencontre dans les faubourgs et surtout dans les centres manufacturiers, où trop souvent des habitudes vicieuses, des appétits précoces grossiers joignent leurs funestes influences aux autres causes signalées plus haut, amènent après eux la dégradation des manifestations intellectuelles, l’abrutissement et la dégénération de certaines populations signalée dans ces derniers temps par un grand nombre d’observateurs et de statisticiens (voyez Population, Recrutement).

Il est impossible de donner ici des conseils relatifs à toutes les circonstances dans lesquelles les enfants peuvent se trouver placés ; nous signalerons les principaux et ceux surtout qui sont pratiques et à la portée de tout le monde. — La nourriture de l’enfant sera le lait de sa mère, à moins des nombreux obstacles qui s’opposent, surtout dans les grandes villes, à ce qu’il en soit ainsi. Le sein lui sera présenté peu de temps après sa naissance, si cela est possible. Il est difficile de régulariser les heures auxquelles on doit lui donner à téter; en général, plus on s’éloigne de la naissance, plus les intervalles devront être longs ; il ne laut pas qu’un nourrisson soit toujours pendu au sein, c’est une très-mauvaise pratique. L’époque à laquelle on doit donner à manger à l’enfant est difficile à préciser. Tant qu’il profite et que la mère ne souffre pas, il ne faut pas se hâter. On a vu des enfants ne commencer à manger qu’à un an ; d’autres exigent un supplément de nourriture à deux mois. Trois, quatre mois sont généralement un bon terme. Ce supplément se composera de croûte de pain bouillie, de pâtes bien cuites; l’antipathie que a l’on pour la bouillie de farine n’est justifiée que parce qu’on la donne trop peu cuite et mal préparée. Le sevrage est une question sérieuse. Un enfant délicat, maladif, qui n’a de recours contre la douleur que le sein maternel, ne devra être sevré qu’avec de grandes précautions et sur l’avis du médecin. Un enfant fort, vigoureux, sera sevré de dix à quinze mois. Il est des circonstances qui forcent à sevrer un enfant plus tôt. Il y a peu d’inconônvient à cela lorsqu’il mange déjà ; s’il en était autrement, il faudrait avoir recours soit à une autre nourrice, soit au biberon (voyez ce mot), soit à le faire manger un peu, si cela était possible (voyez Allaitement).

Il est bien à^ désirer que les enfants respirent un air pur, qu’ils soient tenus chaudement. Répétons ici ce qui a été dit mille fois, que c’est une pratique meurprière de vouloir les exposer au froid pour leur donner de la force, de les vêtir à peine, de leur laisser les jambes, le col, la tête nus. Je gémis lorsque je vois dans les rues ou dans les promenades publiques de malheureux enfants appartenant à la classe aisée de la société, sans bas, sans pantalons pendant les froids de l’hiver; victimes souvent de l’ignorance et de l’entêtement de parents peu éclairés, mais entichés de fausses idées, les

maladies et la mort viennent les arracher à leur tendresse, et il ne leur reste que des larmes et les plu& cuisants regrets d’avoir dédaigné les conseils de la raison et du sens commun. Si l’on pouvait choisir, on éviterait d’élever les enfants dans les rues basses et étroites, au bord des mares, des étangs, des eaux croupissantes, des vallées profondes et humides, dans des habitations étroites, mal aérées, mal éclairées; on préférerait l’air des champs, surtout des montagnes, des collines, des plaines, des plateaux élevés. Hâtons-nous de dire que ces conseils sont quelquefois difficiles à mettre en pratique.

Pendant les premiers temps de sa vie, l’enfant dort presque toujours, à moins qu’il n’ait quelque souffrance dont il n’est pas toujours facile de deviner la cause ; il ne faut pas, autant que possible, provoquer le sommeil en le berçant ou par les décoctions de pavot ; il sera couché chaudement dans son berceau, on aura soin de le soustraire à la lumière ou qu’elle le frappe seulement de face,^ afin que ses yeux ne prennent pas une direction vicieuse.

Les soins de propreté sont de rigueur pour les enfants ; la délicatesse de leur peau, leur vive irritabilité rendent indispensables pour eux les lotions, les bains, le renouvellement fréquent du linge, pour les tenir à l’abri des ordures qui les entourent à tous moments. L’emploi du maillot roulé ou seulement trop serré est aujourd’hui abandonné; nous n’en parlons que parce qu’il peut y avoir quelque coin reculé de nos provinces où on le retrouve encore : c’est un moyen détestable. Les bourrelets, lorsqu’on les jugera nécessaires, ce qui peut arriver dans les cas où la surveillance n’est pas incessante, devront être à claire-voie et être placés de manière à préserver le front. Les vêtements seront suffisamment chauds, sans excès; médiocrement serrés et suffisamment larges ; on évitera de comprimer la tête, comme cela se pratiquait abusivement en Normandie, suivant les obser» valions faites par Foville.

On aura soin de favoriser les évacuations et de les surveiller avec soin, surtout pendant la dentition. L’enfant à la mamelle doit aller à la garde-robe une fois ou deux, trois au plus dans les vingt-quatre heures ; ses matières doivent être jaunes, en consistance de purée; si elles s’épaississent trop, si elles deviennent trop rares, on aura recours à l’eau miellée, aux petits lavements. C’est] le moyen d’éviter la constipation, toujours à craindre en vue des convulsions, des affections cérébrales, etc.

Si les matières devenaient trop liquides, plus ou moins verdâtres, c’est qu’il y aurait une souffrance intestinale, un mauvais travail de digestion auxquels il faudrait remédier par de petits lavements, de cataplasmes émollients, des bains, un peu de retenue sur l’alimentation.

Il est un autre point bien intéressant dans l’hygiène des enfants, c’est ce qui regarde les fonctions du cerveau ; le développement d’un organe se mesure par un exercice régulier, gradué, bien dirigé des fonctions dont il est chargé, sans excès comme sans privation ; cette donnée basée sur les lois de la physiologie, une fois admise on remarque d’une part que si, dans une certaine classe, on tombe dans l’aberration fâcheuse de créer de petits prodiges chez lesquels le développement trop précoce des facultés amène une fatigue souvent funeste de l’organe de la pensée, il faut avouer d’un autre côté, qu’au sein des masses les choses se passent tout différemment; ici la privation de culture intellectuelle laisse le cerveau dans un repos qui ne lui permet pas de se développer convenablement ; la curiosité naturelle à l’enfant éveillée par la vue des objets extérieurs, curiosité 1 qu’il est utile de satisfaire pour l’intelligence des enfants, est souvent réprimée par la mauvaise volonté, la mauvaise humeur ou l’impatience des parents; les mauvaises : fréquentations de voisins, d’enfants étrangers souvent ! vicieux, en surexcitant de mauvais penchants, font germer dans ces jeunes intelligences de petites passions de ^ colère, d’envie, de jalousie, etc., qui ont une influence fâcheuse sur l’avenir physique et moral des enfants. . C’est donc un point important à surveiller. Nous soumettons ces trop courtes réflexions aux pères de famille j surtout; et nous désirons qu’elles éveillent dans leur esprit l’envie d’étudier, de creuser ce sujet si intéres- sant pour eux et que nous n’avons fait qu’effleurer bien i-i légèrement. ... 1

Trop souvent, ils négligent cette partie si importante I de leur mission et de leurs devoirs ! devoirs pourtant si p impérieux et si sacrés! plus sacrés même que ceux t qu’ils remplissent la plupart du temps avec zèle et dé- | vouement, en vue de l’avenir matériel de leur famille. I Ce qui leur manque, ce n’est pas le désir de bien faire, |

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Pt de s'acquitter de leur tâche en honnêtes gens; mais ils laissent aller les choses par incurie, par indifférence , par défaut de lumières; disons-le aussi, par cette espèce d’entêtement en vertu duquel ils croient en savoir làdessus autant que qui que ce soit, et que l’on ne doit s’occuper d’un enfant qu’à l’âge où va commencer ce qu’on appelle son éducation. Jusque-là, suivant eux, qu’il fréquente la cuisine ou la chambre de ses parents, l’atelier ou le salon, qu’il soit en contact avec les serviteurs de la maison, les gens à gages ou avec les gens bien élevés, il n’importe guère. Fatale erreur! dont les conséquences sont quelquefois d’autant plus à déplorer, qu’on est loin de les rapporter en général à leurs vraies causes. Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit au commencement de cet article pour ce qui regarde les enfants plus avancés en âge. Nous nous résumerons sous ce rapport en disant qu’il leur faut la modération dans le travail, une bonne nourriture, un coucher sain, de l’exercice et par-dessus tout les bons exemples de famille pour le développement intellectuel et moral. F-n.

Enfants (Maladies des). — Indépendamment des maladies qui peuvent affliger l’homme à toutes les époques de la vie, il en est quelques-unes qui sont spéciales à l’enfant, d’autres qui lui sont particulières, bien qu’elles puissent quelquefois attaquer l’homme pendant le cours de son existence. Parmi les premières, on remarque V endurcissement du tissu cellulaire ou sclérême, toute la série des affections qui tiennent à la dentition^ telles que les convulsions^ le flux diarrhéique . Parmi les secondes, se présentent tous les exanthèmes fébriles, \o. petite vérole^lzt. rougeole^ lis. scarlatine^ puis la coqueluche^ le croup^ les aphthes^ les pneumonies partielles ^ lobulaires fiç&ver s intestinaux, %Vc.. Il est question de ces maladies à leurs différents noms et au mot Dentition.

Nous ne voulons dans cet article que présenter quelques considérations générales. A la naissance de l’enfant, il se passe dans ses fonctions un phénomène tout nouveau; les organes delà respiration, inertes jusque-là, entrent en action, non pas lentement, successivement, mais tout à coup, brusquement; par un mouvement instinctif, les puissances musculaires de la poitrine dilatent le thorax, l’air se précipite dans les poumons, uno nouvelle fonction commence, elle doit amener un changement notable dans la vie de ces organes ; de là une des causes de la fréquence des maladies qui peuvent les affecter ; ainsi les petites pneumonies latentes succédant souvent à de simples bronchites, marchant d’une manière insidieuse et auxquelles succombent la plupart des enfants, moissonnés en si grand nombre dans les premières années de la vie. « Les trois cinquièmes au moins des enfants qui meurent dans les hôpitaux, depuis la naissance jusqu’à la fin de la première dentition, dit Guersant, sont victimes de la pneumonie latente, qui quelquefois devient chronique. » Si vous joignez à cela \q?, stomatites^ les angines de toute espèce avec ou sans croup, la coqueluche, etc., vous aurez une idée des nombreuses maladies des organes de la respiration dans l’enfance. Nous ne ferons que citer la cyanose ou maladie bleue, qui tient à la persistance du trou interauriculaire (de Botal) après la naissance (voyez Cyanose) et que l’on peut considérer comme une conséquence de la respiration.

Les fonctions digestives qui viennent apporter un changement notable dans l’existence de j’enfant amènent aussi avec elles de nombreuses maladies ; telles sont les coliques, les diarrhées surtout, quelquefois des vomissements, le carreau, etc. Mais de tous les systèmes d’organes, le centre cérébro-spinal est celui qui détermine le plus grand nombre d’affections souvent très-graves : ainsi toutes les formes de maladies cérébrales, les convulsions, la danse de saint Guy, les inflammations de l’une ou de plusieurs des parties de Vencéphale, V hydrocéphale, etc. Parmi les maladies qui affectent le système locomoteur, on peut citer en première ligne le rachitis, les tumeurs blanches, les luxations spontanées. Enfin les maladies qu’on pourrait appeler générales se résument presque toutes dans les nombreuses formes ^u lymphatisme, depuis la plus légère, qui constitue à peine une maladie, jusqu’à la nuance la plus prononcée des scrofules.

La thérapeutique des enfants ne présente rien de bien spécial. Dans le traitement des maladies, ce sont en général les môme moyens que ceux que l’on emploie chez les adultes, seulement on doit être bien réservé dans

l’administration des médicaments qui jouissent d’une certaine énergie ; tels sont les toniques, les purgatifs, les vomitifs et surfout les narcotiques, qu’il ne faut jamais employer sans l’avis du médecin. Dans tous les cas, les doses devront être beaucoup moindres et varier suivant l’âge : ainsi le quart ou le cinquième chez les tout petits enfants, le tiers un peu plus tard, la moitié vers huit ou dix ans, et ainsi de suite. F. n.

ENFERMÉS (Zoologie). — Cuvier a donné ce nom à la cinquième famille des Mollusques acéphales testacés^

Fig. 921. — Solen, l’animal et la coquille (11. p

qui ont pour caractère distinctif un manteau ouvert seulement à la partie antérieure ou vers le milieu, pour laisser passer le pied, et prolongé postérieurement en deux tubes ou siphons servant à la respiration et à l’expulsion des excréments. Ces mollusques vivent généralement enfoncés dans la vase ou le sable, ou bien sous des pierres. Ils forment les genres Mye, Byssomye, Hiatelle, Solens, Pholade ou Bail, Taret, Fistulane, Gastrochène, Térédine. Arrosoir, Clavagelle. divisés eux-mêmes en nombreux sous-genres.

ENFLE-BOEÜF (Zoologie'. — Nom vulgaire donné, suivant Audouin, dans certaines provinces de France, au Carabe doré, nommé ailleurs Sergent, Vinaigrier, etc. Le motif de cette dénomination paraît reposer sur une erreur grossière concernant les propriétés nuisibles du carabe lorsque les bœufs l’avalent avec leur herbe. Les anciens nommaient Bupreste (mot grec qui signifie enflebœuf) un insecte qui faisait ainsi enfler les bœufs qui le mangeaient par mégarde. Latreille a pensé que c’était quelque Méloé; mais, à coup sûr, ce n’est aucune espèce du genre Bupreste de Linné.

ENFLURE (Médecine). — • On désigne ainsi d’une manière générale un gonflement, une tuméfaction morbide d’une partie quelconque, résultant soit d’un afflux du sang, des humeurs, des liquides de toute espèce, soit de l’inflammation des tissus, de la formation d’un abcès, d’une accumulation d’air, de sérosité, etc. Au visage, elle prend le nom de boursouflure, lorsqu’elle n’est accompagnée ni de rougeur, ni de chaleur, ni de douleur; on l’appelle emphysème, lorsqu’elle est formée par l’infiltration de l’air dans le tissu cellulaire; œdème, lorsqu’elle résulte d’une infitration de sérosité ; inflammation , abcès, si elle présente tous les symptômes de cet état morbide, suivis ou non de la formation du pus, etc. (voyez les mots en italiques).

ENFUMÉ (Zoologie). — Nom vulgaire des espèces du genre Amphisbène parmi les Reptiles, et du Chétodon faber parmi les Poissons.

ENGAINANT (Botanique). — Se dit de certains organes des plantes qui, à l’aide d’une sorte de gaine, en enveloppent d’autres. Ainsi , les feuilles sont enqailorsque leur base enveloppe la tige comme

une Fig. 932. — Feuille engainante d’une renouée, gaine ; telles sont - péüole. - g, gaine, terminée supér.eu-

T • reinent par des cils.

celles des balisiers,

des iris, de certains orchis. Quelquefois le pétiole seul

(1) c, coquille. — a, extrémité antérieure du manteau "vero^ laquelle est la bouche.— p. le pied. — t, tubes ou siphons.

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est engainant^ comme dans beaucoup d’Ombellifères. Les stipules des polygonées, des platanes, de l’alchémille, etc., sont égale, mml engainantes. On dit aussi quelquefois que l’andropliore (support de plusieurs anthères) est engainant lorsque, tubuleux, il forme une gaine autour du pistil, comme dans la plupart des Malvacées.

ENGASTRIMYSME (Physiologie), du grec en, dans; gaster., ventre, et mythos, parole. — Nom scientifique employé quelquefois pour désigner la ventriloquie (voyez ce mot).

ENGELURE (Médecine), Pernio des Latins. Ce mot est évidemment dérivé du latin gelu, gelée, parce que la maladie qu’il désigne se développe dans les temps de gelée. — Cette affection consiste dans un engorgement chronique de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, avec ou sans ulcération. Elle se manifeste par une teinte violacée de la peau, avec gonflement, ordinairement indolent, quelquefois cependant douloureux, accompagné de démangeaisons d’abord légères, puis devenant insupportables, surtout lorsque la partie est exposée momentanément à la chaleur. On les observe de préférence chez les enfants, quelquefois chez les adultes, rarement chez les vieillards. Les enfants faibles, lymphatiques, scrofuleux y sont particulièrement sujets, surtout ceux qui manquent habituellement des choses nécessaires à la vie, telles qu’une bonne nourriture, des vêtements chauds; les jeunes gens des deux sexes exposés à une température très-variable, au froid humide, etc. C’est vers la fin de l’automne que les engelures commencent à paraître, elles augmentent pendant Thiver et diminuent ou disparaissent au printemps; à l’âge de puberté, quelquefois plus tard, elles ne reviennent plus. Les mains en sont particulièrement affectées, parce qu’elles sont plus exposées au froid humide, trop brusquement remplacé par la chaleur du feu ; viennent ensuite les pieds, quelquefois les oreilles, le nez. Elles naissent d’une manière lente; la peau, frappée par le froid, prend une teinte rouge plus ou moins foncée; il y a de la tuméfaction, de la chaleur, une apparence érysipélateuse, de vives démangeaisons; quelquefois il se développe de l’œdème sur les parties voisines; des picotementsdouloureuxsefont sentir, si l’on s’expose subitement à la chaleur. Quelquefois la maladie ne va pas plus loin , mais le plus souvent l’engorgement devient plus profond , il y a de la gêne dans le mouvement, de l’engourdissement, la peau prend une couleur pourpre, lie de vin, il survient des phlyctènes remplies d’une sérosité roussâtre, sanguinolente; enfin il peut arriver que la peau s’ulcère, se crevasse ; on voit paraître alors une plaie ulcéreuse de mauvais caractère, irrégulière, très-douloureuse, d’où s’échappe une suppuration ichoreuse fétide, et qui est souvent longue à se cicatriser.

Abandonnées à elles -mômes, les engelures légères peuvent guérir spontanément; cependant il n’est pas prudent de les négliger. Dès le début, il faut faire sur la partie des frictions sèches, aromatiques, des lotions avec l’eau froide, la neige, du vin, de l’eau-de-vie camphrée, des eaux spiritueuses étendues d’eau, du sel ammoniac, du savon; on évitera l’eau tiède, les émollients, à moins qu’il n’y ait une inflammation franche. Un moyen qui nous a particulièrement réussi, ce sont les bains locaux sinapisés. On a aussi obtenu des succès avec les baumes de Fioraventi, du Pérou, les teintures de benjoin, de gaïae, l’eau de Cologne. Lorsqu’elles sont très-gonflées et très-douloureuses, on pourra employer des cataplasmes avec la fleur de sureau, la camomille, etc., quelquefois môme des sangsues. Les ulcères seront pansés avec le styrax, le digestif animé, lotionnés avec l’eau de chaux, l’eau blanche, l’eau chlorurée, etc. Dans tous les cas une température régulière. F. — N.

ENGHIEN (Médecine, Eaux minérales). — Village de France iSeine-et-Oise), arrondissement et à 19 kilomètres S.-E. de Pontoise, canton de Montmorency , dont il est distant de 2 kilomètres, et à J l kilomètres N. de Paris ; il contient plusieurs sources d’eaux minérales sulfurées calciques d’une température de 10 à 14° cent. Le nom (X'Enghien avait été donné au bourg de Montmorency en vertu de lettres patentes délivrées en 1689 par Louis XIV â, la famille de Condé, qui possédait près de son fief de Confié en Hainaut une baronnie d’Enghien ; mais le nom de Montmorency a prévalu pour désigner la commune primitive, et celui d’Enghien resta seul à un petit hameau situé dans la vallée, et qui ne consistait guère qu’en un moulin appartenant à l’abbaye de Saint-Denis. Depuis longtemps on avait remarqué que le trop-plein de ce moulin formait un ruisseau fétide auquel on avait

donné le nom éie Ruisseau puant, lorsqu’on 1766 le P. Cotte, cuyé de Montmorency, adressa à l’Académie des sciences une note dans laquelle il rendait compte de l’emploi qu’il avait fait de ces eaux et des guérisons qu’il avait obtenues. L’abbé Nollet et Macquer, chargés du rapport, constatèrent la nati;re sulfureuse des eaux ; plus tard, Fourcroy, Vauquelin eu firent une analyse exacte. Enfin, de nos jours, leur nature hautement sulfureuse a été constatée par un grand nombre de chimistes ; seulement, tandis que MM. 0.ssian Henri, Fremy père soutiennent qu’il existe avec l’acide sulfhydrique une certaine quantité de sulfure de calcium, Fourcroy, MM. de Puisaye et Leconte n’admettent que l’acide sullhydrique sans traces de sulfures. Mais, comme le fait remarquer M. Constantin James, « cette question intéresse plus les chimistes que les médecins; » il suffit pour ces derniers de savoir que les eaux d’Enghien sont très-sulfureuses, et qu’elles ne contiennent pas de barégine, substance organique qu’on trouve dans les eaux des Pyrénées, auxquelles elles peuvent ôtre comparées sous tous les autres rapports.

Cinq sources principales sont exploitées à Enghion : 1° la source Cotte ou du Roi’ 2° la source Déyeux ^ 3° la source Péligot; 4° la source Rouland; 5° la source de la Pêcherie. Les sources du Roi et Déyeux sont seules employées en boisson ; on boit ces eaux pures ou coupées avec du lait, à la température désiiée par le médecin; la dose en est de un à cinq verres aux sources ; ordinairement, lorsqu’on en fait usage au loin, un verre le matin suffit , mais le traitement doit durer longtemps. Des salles d’inhalation ont été établies à Enghien avec tout le confortable qui peut les rendre efficaces pour les différentes maladies des voies respiratoires. Il existe aussi dans l’établissement des appareils pour inhalations et douches, des cabinets de bains hydrofères, de bains russes, de bains électriques, munis de tous les appareils recommandés par la science, et avec tout le lu.xe que comporte le voisinage d’une grande capitale, lorsque cette capitale s’appelle Paris. Enfin, on vient d’y établir un traitement hydrothérapique d’eau ordinaire et d’eau minérale sulfureuse. Mais il est une chose qui manque et qui manquera toujours à Enghien, ce sont les sites des Pyrénées, par exemple , dont les eaux pourraient sous beaucoup de rapports ôtre comparées à celles-ci, c’est l’altitude de ces sources. (L’altitude d’Enghien est de 48 mètres, celle de Cauterets de 992 mètres.) Et pourtant, telles qu’elles sont, il faut dire qu’elles rendent de grands services, surtout pour les personnes qui ne peuvent pas s’absenter longtemps pour aller au loin. En effet, elles sont tous les jours utilisées dans les différentes affections de la peau, surtout lorsque celles-ci ne sont pas accompagnées d’une trop vive irritation, qu’il n’existe pas dans l’individu des signes de pléthore sanguine ou d’éréthisme nerveux trop prononcé. On peut en dire autant des affections des voies respiratoires; ainsi les catarrhes chroniques sans irritabilité fluxionnaire ou nerveuse trop vives ; la diétèse tuberculeuse qui est souvent arrêtée ou tout au moins sensiblement modifiée par les eaux d’Enghien, surtout lorsqu’il n’y a aucun symptôme d’irritation intense , aucune prédisposition au crachement de sang, etc. On a aussi obtenu des succès marqués de leur emploi dans les scrofules. Vantées par quelques médecins dans le traitement de la goutte et du rhumatisme, elles n’ont pas répondu à tous les éloges qui en avaient été faits. F-n.

ENGORGEMENT (Médecine). — Ce mot sert à désigner une augmentation de volume d’une partie ou d’un organe malade, tenant, a-t on dit, à ce que le mouvement des humeurs devenant difficile dans un point quelconque, par l’embarras qu’elles éprouvent dans les vaisseaux, elles s’y accumulaient et déterminaient une tuméfaction plus ou moins grande. L’engorgement peut être inflam^ rnatoire; dans ce cas, il est chaud, aigu, et ne constitue qu’un symptôme, un état momentané de l’organe affecté d’inflammation ; ainsi on dit quïl y a un engorgement inflammatoire du poumon, du foie, dans la pneumonie aiguë, dans l’hépatite, etc. ; ici, il a une marche rapide, et est produit par l’afflux des humeurs et particulièrement du sang ; mais il n’y a encore aucune altération de la partie qui est le siège de l’erigorgement. Plus tard, si le cours régulier de ces liquides ne se rétablit pas, si la résolution de l’inflammation n’a pas lieu, il pourra survenir un autre ordre de phénomènes annonçant que la maladie entre dans une nouvelle phase, celle de suppuration, par exemple. On peut donc définir un engorgement inflammatoire, celui qui

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est produit par l’accumulation des humeurs dans une partie dont le tissu, quoique modifié dans sa manière d’être, n'a point changé de nature.

L’engorgement, au contraire, peut être /’mc?, c/i7’onique, lorsqu’il est produit par l’accumulation de liquides viciés dans leur nature, ce qui a lieu, le plus souvent, lorsqu’il existe une altération organique des tissus qui en sont le -siège. On les observe surtout dans les parties dont la structure est peu compliquée et la vitalité peu active; ils peuvent aussi être la suite d’un engorgement inflammatoire, qui ne sera pas terminé par une résolution franche et complète. D’après ce qui vient d’être dit, on concevra que ce que l’on entend par engorgement n’étant qu’un état particulier des parties ou des organes affectés, le traitement n’a rien de spécial, et rentre dans celui de l’état maladif dont il n’est qu’un phénomène. F—n.

ENGOUEMENT (Médecine), Obstructio en latin. — On désigne ordinairement, sous ce nom, l’obstruction d’un conduit, par suite de l’accumulation de matières qui ne peuvent plus en sortir à cause de la dilatation de ce conduit, quelquefois en raison de son étroitesse même. Il en est ainsi des conduits excréteurs, notamment du canal nasal, qui sont exposés à être engoués, lorsque les humeurs qui les traversent prennent une trop grande consistance, que leurs parois s’épaississent au point de ne plus permettre aux liquides d’y passer.

Mais le mot engouement sert plus particulièrement à désigner une espèce d’étranglement qui survient quelquefois dans les hernies inguinales. Il est occasionné par un amas de matières fécales dans la portion d’intestins herniée, mêlées parfois de corps étrangers, tels que noyaux de cerises, etc. On l'observe surtout chez les vieillards, chez lesquels les tissus lâches et extensibles permettent une dilatation facile ; dans ce cas, les matières s’accumulent peu à peu, les parois de l’intestin n’ont plus le ressort nécessaire pour les faire cheminer; il survient alors un véritable étranglement. La tumeur qui le constitue, au lieu d’être dure, offre au contraire un empâtement mollasse ; elle est presque indolente, d’abord; les douleurs se développent plus tard sourdement, le ventre se météorise, se ballonne ; enfin arrivent des nausées, des vomissements simples, puis stercoraux, des hoquets, en un mot, tous les symptômes de l’étranglement, mais marchant très-lentement. Le traitement consiste dans l’emploi du taxis (voyez ce mot) répété souvent et avec une certaine force; la position déclive, la tête en bas est un très-bon moyen, aidé des lavements laxatifs, et même purgatifs. Enfin, si l’inflammation se déclare, s’il y a menace de gangrène, il faudra avoir recours à l’opération. Mais celle-ci n’est jamais aussi urgente que dans la hernie ordinaire étranglée, dans laquelle il faut opérer dans les vingt-quatre ou trente-six heures, tandis que, dans l’engouement, le débridement peut être reculé jusqu’au sixième, au huitième et même au douzième jour. F — n.

ENGOULEVENT (Zoologie), Caprimulgus^Wn. — On désigne par ce nom des oiseaux crépusculaires et nocturnes vulgairement appelés dans nos campagnes Crapauds volants et Tette-chèvre{en \a.ün Caprimulgus)^ à cause de leur conformation et de certaines erreurs accréditées sur leurs mœurs. Leur plumage, par sa finesse et ses couleurs sombres, rappelle celui des chats-huants et des hiboux; sur les côtés de la tète, de grands yeux trop sensibles pour supporter la lumière du jour, mais trèsperçants dans l’obscurité; un bec à peine saillant à sa pointe, très-élargi à sa base et fendu jusque sous les yeux donnent à la tête de ces oiseaux une certaine analogie avec celle des grenouilles et des crapauds. Après le soleil couché, les engoulevents sillonnent l’air, leur large bec tout ouvert au vent qui produit en s’y engouffrant un bourdonnement particulier. Cette habitude explique le nom ^'engoulevent (engoue-le-vent)^et l’oiseau, par ce manège, engloutit au vol les insectes qui voltigent dans l’air au crépuscule. La nuit venue, l’engoulevent va chercher dans les parcs de moutons et de chèvres les insectes parasites qui assiègent ces animaux et ceux qui vivent au milieu de leurs fientes. Voilà pourquoi on l’a accusé, par ignorance, d’aller teter les mères au milieu des troupeaux endormis, et l’on peut regretter que le nom latin adopté car Linné semble consacrer cette erreur.

Les engoulevents des diverses contrées ont été réunis par Linné dans un grand genre qu’il a nommé Caprimulgus (du latin mulgere, teter, traire, et capra, chèvre). Ce genre, adopté par Cuvier dans son Règne animal^ y est subdivisé en deux sous-genres : Engoulevents propre-

ment dits et Podarges. Le genre linnéen a été depuis considéré par plusieurs auteurs comme une tribu comprenant les genres nouveaux Engoulevent^ Podarge^ Ibijau et Guacharo. Quoi qu’il en soit, le genre Engoulevent de Cuvier est placé dans son ordre des Passereaux^ famille des Fissirostres^ à côté des Hirondelles^ et avec les caractères suivants : « Les engoulevents ont ce même plumage léger, mou et nuancé de gris et de brun qui caractérise les oiseaux de nuit; leurs yeux sont grands, leur bec, encore plus fendu qu’aux hirondelles, garni de fortes moustaches et pouvant engloutir les plus gros insectes, qu’il retient au moyen d’une salive gluante ; sur la base sont les -narines en forme de petits tubes; leurs ailes sont longues ; leurs pieds sont courts ; leurs tarses

emplumés... Les engoulevents vivent isolés, ne volent que pendant le crépuscule ou dans les belles nuits, poursuivent les phalènes et autres insectes nocturnes, déposent à terre et sans art un petit nombre d’œufs. » La conformation des doigts et les mœurs plus ou moins nocturnes ont fourni les caractères des subdivisions de ce groupe. Les diverses espèces du grand genre linnéen Caprimulgus ont quatre doigts aux pieds; mais, chez les Engoulevents proprement dits et chez les Podarges^ le doigt médian est beaucoup plus long que les deux doigts latéraux, et le pouce peut se diriger pour saisir les branches, tantôt en avant, tantôt en arrière; chez les Guacharos^ le pouce ne peut plus se diriger qu’en avant ou sur le côté, jamais en arrière ; chez les Ibijaux^ il est toujours dirigé en arrière ; dans ces deux subdivisions, le doigt médian dépasse à peine les deux latéraux; enfin, les Podarges ont les doigts dépourvus de la membrane qui les unit à leur base chez les Engoulevents proprement dits, et ils ont aussi le bec plus large et plus robuste que ces derniers. Les Podarges s,ont des oiseaux propres aux îles de l’Asie orientale et à l’Australie ; les Ibijaux sont des oiseaux exclusivement nocturnes de l’Amérique méridionale et de l’Afrique; quant aux Guacharos^ on n’en connaît qu’une espèce qui vole seulement la nuit et se cache tout le jour dans de vastes cavernes de la Colombie (voyez Güacharo).

Les Engoulevents proprement dits sont représentés en Europe par une seule espèce que l’on y trouve presque partout, VE» d Europe [C. europæus^ Lin.). C’est un oiseau gros comme une grive (longueur totale 0“,28; envergure, 0“,69), gris-brun ondulé et moucheté de noirâtre, avec une bande blanche du bec à la nuque; le mâle se distingue par une tache blanche ovale placée au côté intérieur des trois premières pennes ou grandes plumes de l’aile et par une autre située au bout des deux pennes les plus externes de la queue. Sorte de grosses hirondelles crépusculaires et nocturnes, les engoulevents ont aussi leurs migrations; ils arrivent par paires au printemps dans nos pays et nous quittent isolément pendant l’automne pour chercher des climats plus doux où les insectes dont ils se nourrissent n’aient pas péri comme dans nos contrées. L’Angleterre ne les voit arriver qu’en mai ou juin, et ils émigrent dès le mois d’août; leur séjour

Fig. 924.— Tête d’engouleTent d’Europe.

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