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Gstencoremoinslongdaiis les régions plus septentrionales de l’Europe. Ces oiseaux vivent isolés dans les bois, tapis durant le jour au pied des airelles, des genêts ou sous les bruyères; mais, dès le coucher du soleil, ils commencent à chasser les insectes, surtout auprès des gros arbres dont ils font le tour un grand nombre de fois, d’un vol soutenu et vif, mais souvent irrégulier, au gré de la proie qu’ils poursuivent. En même temps, ils font entendre le bourdonnement dont il a été parlé plus haut; ils ont, en outre, plusieurs cris assez rauques, mais médiocrement sonores. « Les engoulevents, dit M. Le Maout {Hist, nat. des Oiseaux)^ ne se donnent pas la peine de construire un nid : un petit trou en terre ou entre les pierres, au pied d’un arbre ou mômedansle milieu d’un sentier, leur suffit. » Ils y déposent deux œufs allongés, blancs ou jaunâtres, avec des marbrures foncées et un peu plus gros que ceux du merle. S’ils s’aperçoivent qu’on les a touchés, ils les poussent plus loin avec leur bec, mais sans se préoccuper de les mieux cacher. La mère couve avec soin pendant quatorze jours environ, puis naissent les petits couverts d’un vilain duvet jaunâtre, mais destinés à prendre, au bout de peu de semaines, leur plumage définitif. Les engoulevents sont très-utiles par la grande destruction qu’ils font d’insectes tous nuisibles, phalènes, teignes, cousins, hannetons, etc. M. Fl. Prévost, dans ses Recherches sur le régime alimentaire des oiseaux^ a particulièrement constaté la guerre meurtrière que les engoulevents font aux hannetons et recommande énergiquement aux cultivateurs de respecter et de pro* téger ces défenseurs de nos productions agricoles. On ne saurait trop insister sur la mise en pratique d’un conseil si utile et si peu suivi.

On connaît près de trente autres espèces d’engoulevents de toutes les parties du monde, parmi lesquels on peut citer, en Amérique, VE. de la Caroline [C. Carolinensis, Wilson), nommé par les Anglo-Américains Chuck- WilPs-widow (Appelez la veuve de William), en imitation de son cri ; l’Æ/. criard [C.voci férus nommé pour

la même cause Whip-poor-Will (fouettez le pauvre William), et enfin VE. d’Amérique (C. Amerkanus., Wils.), que son habitude de sortir surtout lorsque le ciel est couvert a fait nommer Rain-bird (oiseau de pluie), et que son plumage d’oiseau de proie fait appeler encore communément aux Etats-Unis Night-Hawk (faucon de nuit) ; c’est le Popetué de Vieillot. L’Afrique en possède aussi des espèces remarquables â divers titres.

Consultez : de Lafresnaye,ilfo^«5m zoolog. deGuérin- Mèneville, 1837. — Des Murs et Chenu, Encyclopédie d'hist. nat.. Oiseaux, t. II. Ad. F.

ENGOURDISSEMENT (Médecine). — Etat particulier d’une partie du corps et surtout des parties charnues musculaires, qui fait éprouver une sensation de pesanteur, de fourmillement plus ou moins incommode et môme douloureux, avec diminution ou abolition et perversion de la sensibilité et du mouvement. Il peut résulter d’une contusion sur un tronc nerveux, d’une pression longtemps prolongée, d’une commotion violente, l’électricité, par exemple. Si la cause n’a pas agi d’une manière permanente, ou avec une grande intensité, l’engourdissement cesse de lui-même au bout de peu de temps ; cependant on a vu la douleur persister longtemps encore, surtout lorsqu’il est question d’une contusion. Mais si l’action vulnérante a été grave, elle peut êtie suivie d’une véritable paralysie, ou temporaire ou permanente. L’engourdissement précède aussi quelquefois la paralysie, et en est un symptôme précurseur; dans ce cas, il peut persister pendant longtemps avant de s’aggraver ; ici , d’ailleurs, il rentre dans l’histoire de cette maladie principale, reconnaît les mômes causes et réclame le môme traitement (voyez Paralysie). F — n.

ENGRAIN (Agriculture). — Nom d’une variété de froment, le Petit Epeautre ou Locular (voyez Blé, Epeautre).

ENGRAIS (Agriculture), du mot Engraisser. — Toute matière qui, appliquée sur la terre, Vengraisse, comme dit le cultivateur, c’est-à-dire qui répare, conserve et augmente la fécondité du sol (Boussingault, Econ. rur., t. I) est un engrais. « Pour nous, ajoute M. Boussingault, le plâtre, la marne, les cendres, sont des engrais, comme le lumierde cheval, le sang, l’urine; tous concourent au but qu’on se propose en les employant, et qui est d’accroître la production végétale. » — « Un engrais, dit M. Ad. Bobierre, est un aliment, une nourriture. Que cet aliment puisse et doive varier selon la végétation, la nature du sol ou du climat, chacun l’accordera; mais la science est-elle tellement instruite de son action

qu’elle puisse dire hardiment : Ceci est un amendement^, ceci nn stimulant, ceci un engrais proprement dit?... Reconnaissons une fois pour toutes que là où l’action est complexe, il faut se borner à des définitions générales. Appelons engrais ou nourriture tout ce qui, à divers titres, engraisse ou nourrit la récolte. » [Uatmosp., le sol et les engrais.) — Précisant davantage le rôle des engrais, MM. Girardin et Du Breuil comprennent sous ce nom « toutes les matières, de quelque nature qu’elles soient, qui sont nécessaires à la vie des plantes et qui concourent directement, soit par leur décomposition, soit par leur absorption immédiate au grand acte de la nutrition. » [Traité élém. d’aqric.„ t. I.) ^ '

11 résulte de ces définitions que les engrais servent à rendre la terre capable de nourrir les plantes qu’on lui confie ; en portant des récoltes, elle a consommé une certaine portion des matières alimentaires qu’elle tient en réserve pour les plantes ; l’engrais vient remplacer ces matières alimentaires, ou même accroître la richesse du sol à cet égard ; c’est ainsi qu’il conserve et augmente la fertilité de celui-ci. Pour se rendre compte efe ce fait, il importe de rappeler que les aliments empruntés au sol par les plantes qui y croissent, sont de l’eau; du carbone à l’état d’acide carbonique, de carbonates en dissolution; de Vazofe à l’état de sels ammoniacaux et d’azotates; des sels minéraux, variables selon la nature des plantes. Q\\Q.nlh.V oxygène que renferment les plantes, il provient de l’atmosphère, ainsi qu’une notable quantité éVeau, et la plus grande partie du carbone qu’elles fixent dans leurs tissus. La fertilité du sol se maintiendra donc; si l’on a soin d’y entretenir une quantité convenable d’eau, d’acide carbonique, de composés azotés et de matières salines solubles. Mais l’expérience a montré qu’on ne saurait avec succès administrer au sol chacun de ces éléments de fertilité séparé des autres. Les meilleurs engrais sont, en général, ceux qui offrent réunis tous les principes fécondants, laissant la terre puiser à ce trésor selon ses besoins. « Le plus efficace des engrais, dit M. Boussingault, celui dont l’usage est le plus général, est précisément le fumier de ferme, qui, par sa nature complexe, réunit tous les principes fécondants: ceux qui entrent dans l’organisation des plantes, et les substances minérales réparties dans leurs tissus. On y trouve en effet le carbone, l’azote, l’hydrogène et l’oxygène, unis aux phosphates, aux sulfates, aux chlorures, etc. Tout engrais, pour être immédiatement actif, doit présenter cette composition mixte. Les cendres, le plâtre, la chaux, répandus sur un terrain stérile, ne l’amélioreraient pas; des matières azotées qui seraient privées de phosphates, de substances alcalines et terreuses, ne produiraient pas un meilleur effet. C’est l’association de ces deux ordres de principes, dont les premiers appartiennent à la partie solide de notre globe terrestre, et les seconds à l’air atmosphérique, qui constituent V engrais normal. » [Encyclop. prat. de l’agriculteur, t. VI.) Cette composition mixte nécessaire aux engrais ne se rencontre pas dans les substances organisées, abandonnées aux effets de la putréfaction. Les matières animales, qui contiennent toutes de l’azote, et, parmi les matières végétales, celles qui contiennent aussi cet élément, se putréfient rapidement, et les produits définitifs de leur décomposition sont surtout des sels d’ammoniaque. L’azote que contenaient ces matières s’est uni à de l’hydrogène également contenu en elles ou provenant de la décomposition de l’eau qui les imprégnait, et a donné naissance à l’ammoniaque qu’ont salifiée les acides engendrés dans la putréfaction, et que dissout à l’état de sels l’eau qui humecte les matières où la putréfaction se développe. Les matières végétales, comme le bois, la paille, les feuilles des végétaux, se putréfient plus lentement et offrent une autre série de phénomènes. Sous l’influence de l’air et de l’eau, elles sn transforment peu à peu en une matière noire, nommée terreau par les cultivateurs, et dont la propriété la plus remarquable, dit M. Boussingault, est d’émettre du gaz acide carbonique, lorsqu’il est exposé à l’air; après avoir été humecté, le terreau éprouve alors une combustion lente et constitue ainsi dans la terre une source constante de carbone pour la végétation. (£'co/2om. rur.,t. I) La nature et les propriétés du terreau ont surtout été étudiées par de Saussure [Recherches chimiques)-, il en sera traité à l’article spécial qui le concerne. A ces deux ordres de phénomènes, essentiels pour l’histoire des engrais, il faut ajouter un fait; c’est que dans les fumiers étendus sur nos champs en culture se forme quelque peu de nitre, dû à l’oxydation d’une petite partie de l’azote des ma-

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tières putrifiées. Les fumiers contiennent enfin et four nissent aux plantes des matières salines renfermant du silicium, du chlore, de l’iode, de la potasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie, de l’alumine, du fer, du manganèse, selon les plantes ou les matériaux organiuues"employés à la confection du fumier. Comme il est impossible d’imaginer qu’un engrais contienne en même temps tous les principes capables de fertiliser, et comme, dans le fait, une terre déterminée n’a pas besoin de les récupérer tous, mais réclame seulement un certain nombre d’entre eux; on conçoit qu’il n’y a pas d’engrais absolu, bon à employer toujours et partout. Il faut faire son choix, selon les circonstances, et en se rendant compte à la fois de ce qui manque à la terre qu’on veut engraisser, et de ce que renferme l’engrais qu’on y applique. On a pu constater cependant, dit M. Carrai, que généralement les matières qui font le plus souvent défaut dans les terres arables, celles qu’il importe le plus d’y ajouter à cause de leur rôle important dans la végétation, celles qui, en outre, sont les plus coûteuses et peuvent servir de régulateur pour le prix de tous les autres, sont les matières azotées; viennent ensuite au second rang les matières phosphorées et principalement le phosphate de chaux; on place enfin au troisième rang les matières riches en sels dépotasse et de soude. Oo trouvera à l’article Fumiers les évaluations comparatives de la puissance des engrais que l’on a pu déduire de ces principes généraux et du contrôle de l’expérience ; oh trouvera au mot Jaüffret (Engrais) quelques indications sur la valeur commerciale des engrais. Enfin, il sera traité au mot Sol de ces substances souvent nommées amendements (voyez ce mot), et qu’il est si difficile de séparer des engrais. Ad. F.

ENGRAISSEMENT (Zootechnie). — Les animaux élevés pour servir à la nourriture de l’homme offrent un aliment beaucoup plus savoureux et plus substantiel, lorsque leur viande contient entre ses fibres une assez forte proportion de graisse. Aussi prépare-t-on la plupart des animaux destinés à la consommation en les engraissant. Toutes les espèces et toutes les races d’une même espèce ne s’y prêtent pas avec la même facilité ; mais, en tout cas, les principes sur lesquels reposent les diverses méthodes d’engraissement sont toujours les mêmes : administrer à l’animal un régime spécial, abondant et riche en matières grasses et en matières farineuses; le condamner en même temps à un repos aussi voisin que possible d’une somnolence continue. Les méthodes d’engraissement reposent donc sur une idée très-simple, sinon très-facile à mettre en pratique : donner beaucoup à l’animal, et faire en sorte qu’il dépense le moins possible. Aux articles Régime et Viande, on trouvera des renseignements sur les procédés d’engraissement et leurs résultats , je me bornerai ici à quelques indications générales.

DansTespèce bovine, les animaux spécialement destinés à la boucherie, et par conséquent à l’engraissement, ne sont pas les taureaux, ni les vaches, mais les bœufs. Cependant la vache et le taureau môme sont souvent soumis à l’engraissement, lorsqu’ils ont passé l’âge de la production, qu’ils ont déjà donné un rapporter! lait, en veaux, en travail, et qu’il n’y a plus qu’à les livrer à la boucherie. L’âge le pins avantageux pour pratiquer l’engraissement des bêtes à cornes est celui de sept à huit ans ; c’est l’époque où elles s’engraissent le plus vite, et en consommant la moindre quantité d’aliments. Certains caractères extérieurs peuvent faire reconnaître les races et les individus qui sont les plus propres à l’engraissement ; on peut résumer ces caractères de la manière suivante : os petits, peau mince, jambes courtes, épine dorsale plate, avec le dos large et plat ; corps arrondi, presque cylindrique, poitrine large. C’est le fermier anglais R. Bakewell qui a résumé en ces termes les fruits de sa longue expérience et de ses nombreux succès dans l’art de l’engraissement du bétail. Sinclair ajoute à ces traits physiques un caractère doux et docile qui évite toute dépense de force et de mouvement. L’engrai.ssement le plus rapide se fait à l’étable où les animaux sont constamment maintenus, et où leur sont régulièrement distribuées des rations abondantes. Mais, dans les pays d’herbages, comme beaucoup de plaines de l’Angleterre, de la Hollande, de la Suisse, des provinces Rhénanes, et comme en Normandie, en Bretagne, l’engraissement a lieu au pâturage où il est moins rapide, mais aussi moins coûteux. Ce que je viens de dire d’une façon générale sur l’engraissement des bêtes à cornes s’applique aussi à celui 'des bêtes à laine.

L’animal le plus remarquable au point de vue de l’en graissement, parmi nos animaux domestiques, est, sans contredit, le porc. Se développer, s’engraisser et mourir, voilà la vie ordinaire de cet animal, et cette vie ne dure, le plus souvent, que deux ou trois ans. Cet engraissement ne peut être utilement entrepris, ni avant quinze ou dix-huit mois, ni au delà de cinq ans ; il dure de douze à dix-huit ou vingt semaines, suivant le degré d’engraissement que l’on veut. Après douze semaines, on doit avoir obtenu déjà un lard de Ô“,03 d’épaisseur. Comme chez les bœufs et les moutons, la petitesse des os, la finesse de la peau, la brièveté des jambes sont les caractères fondamentaux des races les plus propres à l’engraissement.

On pratique aussi l’engraissement des volailles, et surtout des oies; mais le lecteur voudra bien se reporter pour ce sujet aux articles Régime et Cour (basse).

ENGRAULIS (Zoologie). — Nom latin du genre de Poissons appelé Anchois (voyez ce mot).

ENGRAVÉE (Méd. vétér.).— On appelle ainsi un mal de pieds qui survient particulièrement aux animaux domestiques du groupe des didactijles (à deux doigts), tels que les bœufs, les moutons, les chèvres, les porcs. Cette maladie consiste dans une espèce de contusion, de foulure causée par une longue marche sur des terrains durs, raboteux, garnis de cailloux; l’animal boite, les pieds sont sensibles, rouges, gonflés. Le repos absolu, les bains locaux, les applications émollientes, suffisent, en général, contre cette affection. Chez les bœufs, elle arrive surtout quand on n’a pas eu la précaution de les ferrer, lorsqu’on veut les faire travailler ou marcher longtemps, dans les conditions dont nous avons parlé plus haut.

ENGRENAGES (Mécanique). — Système de roues dentées fréquemment employé dans les machines et servant à transmettre le mouvement d’un axe ou arbre à un autre et en môme temps à en changer la vitesse ou la direction. Les roues dentées, toujours accouplées deux à deux, ont leur circonférence garnie de saillies ou dents par lesquelles elles s’engrènent mutuellement. Les dents, appuyant ainsi les unes sur les autres, assurent la transmission de la manière la plus efficace, mais en donnant lieu à des frottements qui absorbent une partie de la force motrice. Pour que ces frottements soient le plus faibles possible, les roues dentées doivent satisfaire à plusieurs conditions que nous allons énumérer.

1" Toutes les dents d’une même roue doivent avoir les mêmes dimensions et le même écartement; la somme du plein et du vide^ c’est-à-dire le pas., doit y être constante. Cette somme doit également être la même pour deux roues qui engrènent; mais l’épaisseur des dents peut varier d’une roue à l’autre. Ainsi, les roues en cuivre, à force égale, doivent avoir les dents plus épaisses que les roues en fer; les dents de la plus petite des deux roues dentées {pignon)., se trouvant plus souvent en prise et s’usant plus rapidement, doivent être également plus épaisses ; dans ce cas, le vide des dents de la grande roue doit y surpasser le plein pour loger le plein des dents du pignon,

2“ Les roues dentées tournant tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, leurs dents doivent être symétriques des doux côtés de leur plan mo5ren.

3° La surface des dents doit être taillée de telle sorte que le mouvement régulier de la roue conductrice donne lieu à un mouvement également régulier de la roue conduite., afin d’éviter dans la marche de la machine des oscillations périodiques dans sa vitesse, ce qui accroîtrait la proportion de force absorbée par l’engrenage, fatiguerait la machine et nuirait à la bonne exécution de son travail. Les roues dentées doivent donc marcher comme le feraient deux roues à circonférence lisse, qui rouleraient sans glissement l’une sur l’autre par la simple adhérence de leurs surfaces, ainsi que le montre notre figure 925. Les rayons de ces roues sont ce que l’on appelle les rayons des cercles primitifs des roues dentées dont les roues lisses tiendraient la place.

4“ Il convient que les pressions et les frottements exercés par les roues les unes sur les autres soient constants dans les diverses positions que prennent ces dents, afin

Fi?. 925.

Rouleaux de transmission.

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que l’usure s’y fasse d’une manière uniforme et que leur profil conserve la régularité qui lui a été donnée primitivement par la taille.

5“ Le frottement de roulement étant beaucoup moindre que le frottement de glissement, il convient également que, pendant tout le temps que deux dents sont en prise, elles roulent autant que possible sans glisser l’une sur l’autre.

Il importe de remarquer toutefois que cette dernière condition ne saurait être rigoureusement remplie. Puisque les circonférences primitives roulent elles-mêmes sans glisser l’une sur l’autre, il n’en saurait être de même des dents d’engrenage ; il y a donc toujours un frottement de glissement. Le profil qui a été choisi en atténue seulement l’intensité dans la plus forte proportion possible. C’est en voyant la fatigue des palettes planes employées autrefois, que le géomètre Delahire eut l’idée de la diminuer en rendant curvilignes les surfaces frottantes, et fut conduit à chercher la forme géométrique qui convient le mieux.

L’exécution pratique de ces diverses conditions présente de très-grandes difficultés; aussi ne sont-elles remplies que dans des circonstances exceptionnelles. Le meilleur engrenage, question de prix à part, est celui dans lequel elles sont le moins imparfaitement réalisées.

Le profil le plus simple et le plus généralement adopté pour les dents de la roue conduite est la ligne droite dirigée vers le centre même de la roue. Le profil de la roue conductrice est alors un arc eVépicycloïde (voy. ce mot) .

Comme chaque roue dentée doit, suivant les cas, être indifféremment conductrice ou conduite et qu’elle doit pouvoir marcher dans un sens ou dans l’autre, chaque dent est formée {fig. 926) d’une partie plane appelée flanc^ qui est limitée par deux lignes droites dirigées vers le centre de la roue et d’une partie courbe limitée par deux arcs d’épicycloïde. Ordinairement on abat à la lime le raccord aigu des deux profils curvilignes, parce que le sommet qui en résulte n’aurait pas en général l’épaisseur suffisante.

Ce mode de tracé de l’engrenage à flancs est encore trop compliqué pour la pratique ; mais comme à son origine l’épicycloïde se confond sensiblement avec un arc de cercle et que les dents ont toujours très-peu d’étendue, on peut procéder plus simplement. Pour les dents d’une roue dentée d’un diamètre un peu grand par rapport aux saillies, ce qui est le cas le plus ordinaire, on prend pour centre de la courbe d’une dent la naissance de la dent suivante sur la circonférence du cercle primitil et pour rayon de cette courbe le pas de l’engrenage mesuré sur le même cercle. Pour les pignons dont le nombre de dents est peu considérable et dont la saillie des dents est grande par rapport au rayon du cercle primitif, on détermine le centre et, par conséquent, le rayon du cercle qui doit remplacer l’épicycloïde par la condition que ce cercle passe par la naissance de la convexité de la dçnt et par son dernier élément utile, ce qu’il est toujours facile de déterminer par les dimensions des roues et la longueur de leur pas. Le profil de l’engrenage à flancs n’est, comme on voit, qu’une approximation rendue plus grossière encore par les défauts d’exécution du modèle et les imperfections du moulage, les roues en fer venant toutes dentées à la fonte. Aussi les engrenages sont-ils généralement très-défectueux. Mais l’engrenage épicycloidal, fût-il exécuté avec une extrême précision, présenterait encore des inconvénients dont les principaux sont les suivants :

1® Le cercle générateur de l’épicycloïde qui forme le profil des dents d’une roue a pour diamètre le rayon du cercle primitif de l’autre roue. Chaque roue n’a donc pas ses dents taillées pour elle-même, mais pour la roue avec laquelle elle engrène. Que l’on change celle-ci ou seulement qu’on la déplace, l’autre devient inexacte.

2“ Les pressions des dents l’une sur l’autre varient à mesure que leur point de contact s’éloigne de la ligne des centres ; l’usure n’y est donc pas uniforme et le profil s’altère.

3® Tant que le profil est juste, la roue conduite marche avec autant de régularité que la roue conductrice, mais les dents glissent encore l’une sur l’autre, ce qui accroît l’usure, en même temps qu’il en résulte des frottements préjudiciables à la conservation de la force motrice. Il est un autre tracé des dents qui fait disparaître ces inconvénients. Dans ce tracé, le profil des dents de la roue conductrice, aussi bien que de la roue conduite, est uii arc de développante de cercle (voyez Enveloppes), dont les dimensions dépendent d’ailleurs uniquement des dimensions de la roue qui porte la dent dont il s’agit. C’est déjà un grand avantage. Il en présente un autre remarquable, c’est que le contact des dents a toujours lieu sur la ligne des centres; la pression y est sensiblement constante et le glissement très-faible. Malheureusement, au point de vue pratique , ce mode d’engrenage est trèsdifficilement exécutable.

Les imperfections des engrenages sont d’autant plus saillantes que leur denture est plus large, parce qu’ alors les dents doivent entrer en prise à une distance plus grande de la ligne des centres et que l’arc décrit par les roues pendant chaque contact est plus étendu. 11 y a donc avantage à multiplier les dents, sauf à donner aux roues plus de largeur pour conserver aux saillies une résistance suffisante. Le mécanicien White a imaginé, en 1821, de rendre le nombre des dents pour ainsi dire infini par l’artifice suivant : les dents de ses roues, au lieu d’être planes et parallèles à Taxe, sont inclinées sur cet axe et Îiéliçoîdales, de telle sorte que l’extrémité gauche de l’une d’elles se trouve à la même hauteur parallèlement à l’axe que l’extrémité droite de la dent suivante. Le contact des dents se fait par un seul point qui se déplace d’une manière régulière sur chacune d’elles, de l’une des extrémités à l’autre ; le glissement est évité, mais l’usure est rapide; aussi ces engrenages, dits de précision, ne sont-ils employés que pour transmettre des efforts peu considérables et de grandes vitesses. M. Bréguet les a utilisés avec un grand succès pour imprimer un mouvement de rotation s’élevant à 8 000 tours par seconde, 480 000 par minute à un miroir destiné à mesurer la vitesse de la lumière. On obtient à peu près le même résultat au moyen des engrenages à gradins. Chaque roue dentée y est formée par la juxtaposition de trois ou quatre roues dentées de même rayon, de même denture, réunies entre elles, de telle sorte que les dents y forment, non plus d'une manière continue, mais par gradins, la même inclinaison que dans l’engrenage de White. Ces engrenages, d’une grande douceur, ont été employés avec succès pour mouvoir l’arbre de l’hélice des bâtiments à vapeur.

Vitesses angulaires des roues dentées. — Le rapport des vitesses angulaires des roues qui s’engrènent ou des nombres de tours qu’elles exécutent dans un même temps est égal au rapport inverse des rayons des cercles primitifs ou des nombres de dents des deux roues. On peut donc, au moyen de pignons ayant de six à douze dents

Fig. 927. — Roues dentées et pignons.

seulement engrenant avec des roues d’un grand rayon faire varier la vitesse dans des limites très-étendues ; cependant, quand la variation est trop considérable, il vaut mieux employer un système de plusieurs roues A, G et pignons B, D {fig. 927), ainsi qu’on le fait dans le tournebroche , les mouvements d’horlogerie, les fortes grues, etc. Èn désignant par r, r', r"... les rayons ou les nombres de dents des pignons, par R, R', R" les rayons ou les nombres de dents des roues dentées, le rapport des vitesses des axes extrêmes sera fourni par

l’expression

Roues d’angle. — Quand les axes autour desquels doivent s’effectuer les deux mouvements direct et trans-

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