AA A
et celle de la parabole
y^ = 2px,
a pour équation :
ces deux développées jouissent de propriétés analogues à celle que nous avons signalée dans l’ellipse.
Dans les courbes à double courbure, l’analogue de la développée des courbes planes est la surface polaire, qui est l'enveloppe des plans normaux à la courbe ; cette surface est développable, et l’on peut y tracer une infinité ' de courbes, telles qu’un fil enroulé sur ces courbes pourrait en se développant décrire la courbe à double courbure; on les appelle encore les développées de cette courbe ; elles jouissent du rèste de quelques propriétés curieuses, mais elles sont loin d’avoir l’importance qu’ont . les développées des courbes planes.
Les courbes et les surfaces caustiques sont une ap- V plication des enveloppes. Ainsi il est clair que, sous une surface de révolution, la courbe caustique méridienne . n’est autre chose que l’enveloppe des rayons réfractés '| dans le plan môme de la section. Les équations directes des caustiques sont en général fort compliquées, et, par •! suite, il est difficile de s’en servir pour étudier la nature ■ de la courbe ellè-même. Sturm, en utilisant la remarque i'| précédente, est parvenu à simplifier l’élude des causti- Ij ques, non plus en les cherchant elles-mêmes, mais en cherchant les courbes dont les caustiques sont les développées. C’est ainsi, par exemple, qu’on trouve que pour ie rf plan la section méridienne de la caustique est la dévelop- | pée d’une section conique. On trouvera cet intéressant ’it| mémoire dans les Annales de Gergonne, t. XL Bo. i|
ÉOI.
ÉPA
ENVERGURE (Zoologie) — On désigne par ce mot la distance qui sépare lesdeux extrémités des ailes d’un oiseau lorsqu’elles sont étendues : en général, l’envergure est d’autant plus grande que l’oiseau vole mieux. Le milan a plus de 1“,50 d’envergure pour 0*",G0 de longueur; l’aigle royal, 2“,40 d’envergure pour I métré de longueur; rhirondelle de cheminée, 0"',33 d’envergure pour (>“',18 de longueur; la frégate a jusqu’à 3“,G0 et 4 mètres d’envergure, bien que son corps soit à peu près gros comme celui d’une poule,
ENVIE (Médecine), nœvus des Latins. — On appelle ainsi certaines taches ou marques que l’on remarque (juelquefois sur la peau des enfants nouveau-nés, persistant pendant toute la vie, et prenant quelquefois un développement plus ou moins considérable, qui nécessite souvent l’intervention du chirurgien. On sait que le peuple et les gens peu instruits rapportent l’existence de CCS taches à un désir immodéré, à une envie de la nrière qu’elle n’a pu satisfaire; à coup sûr, si telle était la cause de ces envies, peu de personnes en seraient exem.ptcs, car il y a bien peu de mères qui, pendant la grossesse, n’aient été tourmentées par le désir de posséder un objet de toilette, de manger de certains fruits, de boire du vin, delà liqueur, de l’eau-de-vie, etc. sans avoir j)u se satisfaire. Cependant il s’est trouvé des hommes recommandables, qui, témoins de quelques faits extraordinaires, ont entretenu et propagé cette croyance contre laquelle l’expérience froide et réfléchie et des observations sérieuses s’élèvent depuis longtemps. On conçoit la j)uissance sur les imaginations passionnées et impressionnables d’un fait de cette nature, c’est-à-dire de l'existence d’une tache rouge, dite tache de vin^ par exemple, sur un enfant dont la mère aura eu une envie démesurée de vin ; on ne réfléchira pas que ce fait positif se dégage d’une masse de faits négatifs qui ruinent la théorie, et auxquels on ne fait pas attention. Du reste, ces taches se rencontrent sur toutes les parties du corps, mais sont plus fréquentes au visage. Elles varient de formes, d’étendue, de couleur, les unes étant rouges, les autres livides, violettes, brunes, etc. L’imagination leur a prêté des ressemblances avec des taches de vin, des cerises, des groseilles, des mûres, des framboises; on a même prétendu qu’elles changeaient de couleur à l’époque de la maturité des différents fruits auxquels on les a comparées. On a dit aussi qu’elles existaient sur la partie du corps que la femme avait touchée au moment où son imagination était occupée de l’objet désiré.
Le mot envie est remplacé aujourd’hui dans la science par celui de nœvus employé par les Latins; nous y renvoyons pour la partie pliysiologique et chirurgicale.
Envie, en latin malacia,pica^ désigne encore la dépravation de l’appétit (voyez Malacje).
Envies, reduvia des Latins. — On appelle aussi de ce nom de petites pellicules, résultant le plus souvent d’une déchirure, d’une petite gerçure que l’on remarque aux doigts vers la racine des ongles; elles sont quelquefois assez profondes pour que la chair soit comprise dans la fente. En général, elles sont dues aux frottements contre des corps durs, au contact des substances irritantes et surtout au froid.
On doit les couper avec des ciseaux fins et bien tranchants ; il ne faut jamais les arracher, ni les couper avec les dents ou avec les ongles, il pourrait en résulter de l’irritation, du gonflement et même un panaris. Si, après les avoir coupées, il reste de la sensibilité, il faudra les couvrir avec un emplâtre simple, afin d’empêcher le contact de l’air et de faciliter le rétablissement de la peau dans son état naturel. F— n.
ENVOYE (Zoologie'. Nom vulgaire donné parfois à V Orvet.
EOLIDE (Zoologie), Eo/ioffo, Cuv.; du grec aiolos., bigarré. — Genre de Mollusques.^ de la classe des Gastéropodes^ ordre des Nudibrançhes. Les éolides ont l’aspect de petites limaces avec 2 ou 4 tentacules au-dessus et 2 aux côtés de la bouche. Leurs branchies sont des lames ou des feuilles disposées comme des écailles sur les deux côtés d a dos. Les espèces de ce genre vivent dans toutes les morsj leurs formes assez élégantes sont relevées
Fi^. — Éolide de Cuvier.
par la richesse de leurs couleurs; on les trouve rampant sur les algues marines et les fucus. Snr nos côtes de l’Océan se rencontre l’ii. de Cuvier {E. Cuvieri., de Blainv.), longue de 0"*,05 environ; la Méditerranée, les côtes septentrionales de l’Europe en possèdent plusieurs espèces plus petites.
On range dans le genre Gavoline {Cavolina, Bruguière) des animaux très-voisins des éolides., mais dont les branchies sont conformées en cirres ou filets rangés transversalement sur le dos.
EPACRIS (Botanique), Epacris., Cav. ; du grec épi, sur, et akros, élevé, supérieur, parce que les plantes de ce genre se trouvent sur le sommet des montagnes. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, type de la famille des Épacridées et de la tribu des Épacrées. Caractères : calice coloré à 5 divisions; corolle tubuleuse ; anthères peltées sur le milieu ; 5 écailles hypogynes entourant l’ovaire ; capsule à 5 loges renfermant de nombreuses graines. Les espèces de ce genre sont de jolis arbrisseaux qui ont le port des bruyères dont elles sont très-rapprochées. Leurs feuilles sont éparses, un peu coriaces, et leurs fleurs, disposées en quelque sorte en épis feuillés, sont blanches ou pourpre plus ou moins foncé. Ils habitent l’Australie; on en trouve aussi à la Nouvelle- Zélande. Les épacris sont à peu près au nombre d’une trentaine d’espèces connues. On les cultive en serre tempérée dans une bonne terre de bruyère. VE. à longues fleurs {E. longiflora,, Cav.) est une des plus belles ; ses tiges de I mètre sont grêles, ses fleurs sont pendantes et forment une espèce de guirlande, ses corolles ponceau, jaunâtres au sommet, ont quelquefois 0“,03 de longueur. VE. élégante [E. pulchella, Cav.), tige de 1“,30, fleurs blanches courtes, très-nombreuses.
EPAGTE (Astronomie) . — On donne ce nom, dans le calendrier, à l’âge de la lune au commencement de l’année (voyez PAQUES).
ÉPAGNEUL (Zoologie), par corruption du mot espagnol. — Race ou famille de races de Chiens domestiques à longs poils soyeux que l’on regarde comme d’origine espagnole (vovez Chien, Races canines).
ÉPANCHEMENT (Médecine), Effusio. — Toutes les fois qu’un liquide quelconque, normal ou anormal, se déplace du lieu que la nature lui avait destiné pour en occuper un qui ne devait pas le contenir, on dit qu’il y a épanchement. Ils peuvent se faire dans toutes les parties du corps et être formés par toutes espèces de liquides; leur étude demanderait donc un développement que les limites qui nous sont imposées ne permettent pas de lui donner ; nous nous contenterons d’en signaler quelquesuns.
1“ Les épanchements dans le crâne sont causés soit par des maladies, telles que méningites, encéphalites, apoplexie, soit par des accidents résultant de violences extérieures ayant produit commotion ou fractures, ou simple ébranlement cérébral, eXc. Les liquides qui les constituent peuvent être du sang, du pus, de la sérosité {apoplexie, abcès, hydrocéphale). Le pronostic de ces épanchements est en général très-grave. Suivant la cause qui les produit, ils peuvent exister dans toutes les parties de l’encéphale ; ainsi entre le crâne et la dure-mère, entre la dure-mère et le cerveau, dans les duplicatures de Tarachnoïde, dans les ventricules, et jusque dans la substance même des viscères, etc. La quantité du liquide épanché peut aussi varier depuis quelques gouttes jusqu’à 1 litre et plus [hydrocéphale).
2® Les épanchements dans la poitrine peuvent êlrformés par de l’air [pneumothorax, emphysèmes], de la sérosité [hydrothorax, hydropéricarde), du sang, du pus [empyème), etc. Ils reconnaissent pour cause , comme les précédents, des maladies internes ou des violences extérieures. Parmi les premiers, on peut citer ceux qui sont le produit d’une maladie du péricarde, et qui se font dans cette cavité; ceux qui ont lieu dans l’écartement des plèvres, connu sous le nom de médiastin, et plus particulièrement ceux qui siègent dans le sac des plèvres. Nous ne parlerons que de ce dernier.
Les épanchements dans les plèvres sont en général le résultat, la terminaison de plusieurs maladies, et constituent cet épanchement connu sous le nom â! empyème i il peut être la conséquence d’une blessure, mais il est bien plus souvent la suite de péri pneumonies chroniques terminées par suppuration, ou de pleurésies aiguës ou latentes. Il occupe rarement les deux cavités de la poitrine. Le diagnostic de cette affection est assez difficile et demande toute la sagacité du médecin; en général, il y a de l’oppression, de l’étouffement, une toux le plus
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souvent sèche, le pouls est petit, fréquent; les malades ne peuvent se coucher horizon ta hmient, si l'épanchement est considérable; souvent la poitrine est plus saillante du côté malade; l’auscultation donne des signes assez certains, particulièrement lorsque répanchement est un peu considérable; dans ce cas, on ne peut enlendre le murmure respiratoire à Taide du stéthoscope ; et la percussion des parois de la poitrine donne un son mat. Le traitement doit avoir pour but la résorption du liquide, par les moyens expectorants, par les dérivatifs extérieurs et surtout les vésicatoires répétés. Si la résorption est impossible, on au: a recoins l’opération de Venqnjcrne [voyez ce mot).
Les cpanchemenfs dans la cavité abdominal e peuvent avoir lieu dans l’estomac, les intestins, la vessie, etc , mais le plus souvent dans le péiâtoine; ils sont formés d’air [tympanite) (voyez ce mot), de sérosité [ascite) (voyez ce mot), de sang, de bile, d’urine, de matières fécales, etc. L’£'. de sang est fiéquent à. la suite de plaies pénétrantes, quelquefois ajirèsla rupture d’un anévrisme; il a en général une issue funeste, surtout dans ce dernier cas. Les E. d'urine dans le bas-ventre peuvent se faire par une blessure ou une rupture des parois de la vessie ; si cette solution de continuité a lieu à la pariic postérieure et supérieure do la vessie, l’épanchemcnt se fait dans le péritoine; dans tous les cas, c’est un accident des plus graves. Pour les épanchements d’air et cen.t do sérosité dans la cavité péritonéale, \oyez aux mots Tvmpanite, Ascite, Hynr.onsiE, F — n .
ËPAIIGNL (Poir.E i>’) (Arboriculture'. — Variété de poires, connue aussi sous les noms de Heau-prcsenf, Saint-Samson, Grosse-Madeleine, Heurré-de-Paris^ ct'\ C’est un fruit moyen, verdâtre, un peu marbré de ronge brun du côté du soleil ; il est a'iongé (O"', 08 de hauteur, sur O™, 05 de diamètre). Sa chair est fondante , aigrelette et très- agréable, malgré l’opinion de la Quintinie qui dit qu'elle a plus de beauté que de bonté. Elle mûrit fin juillet. On doit greffer sur franc; ce poirier réussit en plein vent et en espalier; il se forme difficilement en pyramide, craint l’humidité.
ÉPAIWJN, ËPERVJN (Médecine vétérinaire). — On désigne par ce nom deux sortes do maladies distinctes, particulières au cheval. Vime.éparvin 5ec, consiste dans une flexion convulsi\e du membre postérieur au moment où l’animal se met en mouvement; cette flexion brusque et précipitée du jarret existe sans aucune tumeur osseuse ou autre. On dit dans ce cas que le cheval harpe. On n’en connaît ni la cause ni le remède. L’autre espèce est l’epurvin calleux ou osseux., éparvin du bout; c’est une tumeur de nature osseuse ou une exostose, développée à la face interne du jarret, sur la partie supérieure du canon du membre postérieur. Cette tumeur i-ésiste souvent â l’action du fou, même renouvelé pliisieui’s fois.
EPAULAPiD (Zoologie). — Espèce de Mammifère de l’ordre des Ce'/acéy, famille de> Cétacés ordinaires, tribu des Dauphins, sous-genre Marsouin [Phocœna, Cuv. ), rcmartjuablc par sa grande taille qui dépasse celle de toutes les autres espèces du gi’oupe des Dauphins et atteint jusqu’à 7 mètres et 7"\G0 de longueur et 4 mètres de circonférence à sa partie moyenne. 11 a d’ailleurs la forme générale du marsouin commun, mais son museau est très-court, sa nageoire dorsale, haute de l '“,30 à 1“',50, recourbée en arrière et terminée en pointe, rappelle une lame de sabre et lui a valu le nom de Gladiateur, sous lequel on l'a souvent désigné. La nageoire caudale a à 2 mètres d’une extrémité à l’autre et
est partagée en deux parties égales par une échancrure. Ce grand cétacé est d’un noir brillant en dessus et d’un blanc pur en dessous, avec une tache blanchâtre en forme de croissant sur l’œil. I.a bouche est armée de grosses dents coniques, un peu courbées en arrière et au nombi’e de 22 à chaque mâchoire. Les épaulai’dsse nourrissent de poissons et vivent |iar petites troupes dans l’océan Atlantique et surtout dans les mers septentrionales, jusque parmi les glaces polaires. Ils paraissent avoir été autrefois assez communs sur les côtes o. cidentales de la France, où Rondelet les trouvait, au xvie s'iècle, désignés par les pécheurs saintongeois sous le nom que porto cet article: mais aujourd’hui Lesson a constaté (pie l'animal et le nom même sont inconnus sur ces côtes. Les Hollandais et les Allemands nomment l’épaulard Pads-kopf [tùlo en chaloupe), nom qui s’appliqueencoresansdouteâqurlque espèce voisine ; c'est le G rampas de H un ter, le Dauphin gladiateur et le Dauphin orque de Lacépède, le hhocæna orca de Fr. Cuvier [flist. nat. des Céiacés). On a voulu, sans preuves sufiisantes, reconnaître dans l’épaulard
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j VO‘'va des Latins dont parlent Pline l’Ancien et Festins.
I II est fort douteux que l’épaulard existe ou ait jamais existé dans la Méditerranée. Ou admettrait plus volontiers que notre épaulard est V Arles marinus ou Bélier marin de Pline, qui échoua de son temps sur les côtes de la Saintonge. Du reste, les naturalistes ont rarement l’occasion do voir les animaux de cette espèce; leur rapidité à la nage est si grande qu’on ne peut les harponner. Aussi n’a-t-on connu réellement que des individus échoués à certaines époques sur nos côtes d’Europe, et particulièrement le mâle, qui fut pris le 10 juin 1793, dans la Tamise, devant Greenwich, et fut décrit par J. Banks, qui communiqua à Lacépède ses notes et un dessin. Pline a représenté Força comme un ennemi acharné de la baleine; l’épaulard a parmi les marins et les voyageurs la même répulation, et l’on assure même que le principal but des épaulards en poursuivant les jeunes baleines est d’arriver à leur saisir et à leur dévorer la langue. Cette singulière opinion inspire de justes défiances à Fr. Cuvier, malgré les assertions favorables des voyageurs tels que Pagès, Anderson, etc.
Epaulard a tête ronde (Zoologie). — Espèce de Cétacé, du genre Marsouin, voisin de l’épaulard dont il vient d’être parlé et classé par Fr. Cuvier sous le nom de Phocœna gtotjiceps. C’est le Delphinus deductor de Scoresby, le Delphinus mêlas de Traill, le Globicéphale conducteur de Lesson, nommé C'aingwhale par les Shetlandais et Uval ou Grindlwal par les habitants des îles Feroë. Cette espèce est bien connue depuis 1 81 2 ; le 7 janvier de cette année, une troupe de ces animaux s’engagea près des côtes de Bretagne, devant le village de Ploubazlanec, près de Paimpol. Des pêcheurs qui les aperçurent firent échouer à la côte un des plus forts individus et â sa suite toute la troupe s’échoua au nombre de sept mâles, cinquante-une femelles et douze jeunes à la mamelle. M. Lemaoüt, pharmacien à Saint- Brieuc, qui fut chargé de les étudier, rapporte qu’en se débattant contre la mort ils poussaient des sons plaintifs qu’on entendait avec peine et qui produisaient sur les spectateurs un sentiment particulier, mélange d’atlendrissement et d’effroi. Le plus vigoui'cux vécut cinq jours entiers (Fr. Cuvier, Hist. nat. des Cétacés). L’épaulard à tête ronde atteint 6 mètres de longueur et 3 mètres de circonférence à la partie moyenne du corps; la tête' est courte, grosse et co.mme globuleuse; la boucheest armée, à chaque mâchoire, de 1 8 à 2G dents coniques, et l’animal vit de poissons ; le corps est entièrement noir, sauf une ligne blanche naissant sous le cou en forme de cœur pour se prolonger sous le ventre jusque vers l’anus ; le dos porte une nageoire dorsale haute de l‘“,30 sur l mètre (le base. Pas plus que le précédent, l’animal qui nous occupe n’est l’objet d’une pêche de la part des peuples maritimes de l’Europe ou de l’Amérique; néanmoins, les habitants des îles Orcades, Feroë, Shetland et ceux de l’Islande le recherchent beaucoup et en tirent un grand parti. C’est pendant l’été et l’automne, par les temps de brouillard, que les globicéphalcs se montrent sur ces côtes peu fortunées ; ils arrivent par grandes troupes ; aussitôt qu’une de ces troupes a été signalée, on organise la pêche avec toutes les ressources dont on dispose; on cerne la troupe attaquée, 011 la pousse vers quelque baie et on massacre à coups de harpons et de couteaux les animaux échoués ou acculés dans une eau peu profonde. On découpe la chair en longues bandes à peu près de la grosseur du poignet ; on en fait sécher une partie à l’air, l’autre est salée; on la mange cuite plus tard; elle est assez grossière et fibreuse. Le lard abondant qui se trouve sous la peau est en partie salé pour la consommation domestique, en partie employé à faire une huile qui vaut environ lOO fr. le baril. L’estomac de l’animal est séché et conservé pour contenir et transporter l’huile ; les nageoires sont découpées en lanières pour fixer les avirons (voyez Pevue marit. et colon., sept. i8G3;. Les habitants des îles Feroë prennent, par an, environ 1 200 épau'ards à tête ronde, à raison de 150 en moyenne par expédition de pèche. Chaque animal donne â peu près un baril d’huile et les Féringeois en font une exportation considérable.
Epaulard rlang ou Béluga (Zoologie). — Espèce de Cétacé, du genre. Delphinaptère de G. (îuvier, nommé par Fr. Cuvier Phocœna leucas, décrit d’abord par Marions, en 1G75, sous le nom de Whit-Vistch {po\s?,o\\ blanc); son nom russe Béluga ou Bjetugha veut dire blanc; le nom danois Hu'id fisk a encore le même sens. Pallas, dans son voyage en Sibérie, l’a, le premier, bien connu et bien décrit; enfin Neil et Barklay [Mcm. de la Soc. wer/iérienne), vers 1814, ont très-bien étudié un Béluga
EPE
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adulte tué dans le Forth,prèsde Stirling. C’était un mâle adulte, long de 4'", 95, mesurant près de 3 mètres de circonférence sous les nageoires pectorales et pesant environ 900 kil. ; sur le dos se voyait un rudiment de nageoire haute de 0“,027 sur O™, 30 de longueur. Cette circonstance, que l’on observe dans quelques autres espèces, a engagé G. Cuvier à les réunir avec l’épaulard blanc et à en former un genre spécial sous le nom de Dclphinnpque leur avait donné Lacépède. Fr. Cuvier les laissait dans le genre Marsouin. L’épaulard blanc a la peau d’un blanc jaunâtre à l’âge adulte, d’un brun plus ou moins grisonnant dans le jeune âge ; sa tète ressemble assez â celle du marsouin commun ; la bouche contient à chaque mâchoire 18 dents coniques grosses et émoussées. Cet animal se rencontre en troupes sur tous les rivages de l’océân Arctique, en Europe, en Asie et en Amérique; il y vit de poissons et surtout de saumons qu’il poursuit aux embouchures des fleuves, les remontant souvent assez haut. L’abondance de son lard le fait rechercher et on lui donne une chasse active à peu près dans les mômes vues que nous avons mentionnées pour l’épaulard à tète ronde. Ad. F.
EPAULE (Anatomie). — Portion basilaire du membre thoracique au moyen de laquelle il se fixe à la poitrine.
La partie la plus saillante de l’épaule a reçu le nom de moignon de Vépaule; la cavité qui se trouve en dessous est appelée le creux de Vaisselle. L’épaule est soutenue par deux os, la clavicule en avant ^tVomoplate en arrière ; elle contient aussi l’articulation de V humérus avec Vomoplate; des muscles nombreux s’insèrent à ces os et sont les moyens d’union du bras avec la poitrine; ils la protègent ainsi que les vaisseaux et nerfs qui de la partie latérale et inférieure du cou gagnent le membre supérieur. S — y.
EPEAÜTRE (Agriculture). — Ce nom s’applique à deux espèces du genre Froment^ caractérisées l’une et l’autre aux yeux des agriculteurs parce qu’au battage le grain ne se sépare pas des balles, et nommées souvent pour cela froments vêtus. Le Grand Épeautre [Triticum spella., Lin.) a l’épi comprimé, avec un axe fragile, des barbes peu fournies ounulles, les épillets peu serrés, à côtes planes parallèles à la face plane de l’épi.
C’est une espèce plus robuste que les froments ordinaires ou nus et qui s’élève moins haut; on la cultive surtout dans l’Allemagne occidentale, en Suisse, sur les bords du Rhin, en Belgique. Il en existe des variétésà grains rouges, nommés Blés rouges., et des variétés à grains blancs, nommés Amidonniers blancs, Epeaufres blancs barbus. Les Belges préfèrent ces dernières. Le Petit Epeautre {Triticum mo~ nococcum, Lin.), Froment locular, Dinkef Engrain, a l’épi barbu, dressé, étroit, trèsaplati, plus court que celui du grand épeautre. Cette espèce, originaire du Caucase, est la moins productive de nos céréales, mais elle croît dans des sols trèspauvres où ne viendraient ni le seigle ni l’avoine, et elle fournit une farine gruau de qualité supérieure. On la cultive peu néanmoins et on ne la rencontre guère, en France, que dans le Berri et le Gàtinais. Les semailles se font en automne. Le grand épeautre, plus répandu, est, dans certains cas, préféré aux froments autres comme plus rustique et moins
. 93a. — Grand épeaulre.
Fis
. 936. — Petit épeautre.
I sensible à l’humidité, quoiqu’il ne résiste pas auxhivers I rigoureux. Ses semailles ont aussi lieu en automne ; cependant, les meilleures variétés blanches se sèment en février et mars. Les variétés rouges résistent mieux au froid. Les épeautres donnent des gruaux de très- bonne qualité ; leur farine est belle et liante. Leur culture est d’ailleurs semblable à celle des autres froments. On emploie, en Belgique, cette sorte de grains pour la fabrication de la bière (voyez Bi.É).
EPÉE DE MER (Zoologie). — Nom vulgaire d'une espèce de Ceïacé, VÉpaulard (voyez ce mot) ou Dauphin gladiateur., et de deux espèces de Poissons, V Espadon et la Scie (voyez ces mots).
EPEICHE (Zoologie). — Nom qui s’applique dans le langage usuel à trois espèces d’O^eat/Æ du genre Pfe (voyez ce mot) {Ficus, Lin.). 1" Le Grand Épeiche, Épeiche, Grand Pic varié, Agachette (P. major. Lin.), est de la taille d’une grive (longueur, 0'",22), varié en dessus de noir et de blanc, avec le dos et le croupion noirs ; blanc en dessous, avec une tache d’un beau rouge à l’occiput chez le mâle, le ventre, les plumes sous caudales ronges dans les deux sexes. Le jeune a tout le dessus de la tête rouge. La ponte a lieu au printemps et se compose de G œufs d’un blanc pur longs de 0“,024. Le grand épeiclic habite toute l'Europe et se rencontre en France dans nos bois et nos vergers. Il se nourrit des graines des arbres verts et des autres arbres de nos forêts, mais surtout d’insectes dont il délivre ces arbres au prix de quelques dégâts bien moins fâcheux que ceux qu’il conjure. 2«Le Moyen Epeiche, Pic mar, Pic varié à tête rouge (P. médius, Brisson), est plus commun dans le midi que dans le nord de la France et se plaît surtout dans les forêts de chênes. Un peu moindre que le grand épeiche (longueur, 0“,20), il est d’un noir lustré en dessus, avec les plumes de l’épaule blanches, le front et les joues cendrés, une calotte rouge dans les deux sexes ; le dessus du corps est d’un blanc roussâtre, avec une bande noire bordant les côtés du cou et de la poitrine, le ventre et le dessous de la queue rouge et le croupion noir. Sa ponte est de 4 ou G œufs blancs longs de 0“,022. Il a le môme genre de vie que l’espèce précédente. 3° Le Petit Epeiche , Epeichette (P. minor. Lin ), ne dépasse guère la taille d’un moineau (longueur, 0“,1 5); comme les précédents, il est varié de noir et de blanc aux parties supérieures ; il est blanc, finement strié de noir aux parties inférieures, sur les côtés du cou, au front et autour des yeux ; le sommet de la tête est rouge chez le mâle, avec la nuque et les moustaches noires. Quoique assez commune en France, l’épeichette habite surtout le nord et le milieu de l'Europe, où elle fréquente les forêts de chênes et de hêtres et y vit de la môme manière que les deux espèces précédentes. Sa ponte est de 4 à G œufs blancs, longs de 0"’, 01 9. Moins farouche que les autres pics, l’épeichette, prise jeune, peut s’élever en cage (voyez Pic). Ad. F.
LPEIRE (Zoologie), Èpeira , Walckenaêr. — Genre à' Arachnides, de l’ordre des Pulmonaires, famille des Pileuses ou Arancides, tribu des Araignées, section des Araignées sédentaires rectigrades orbitéles ou tendeuses. Caractères : yeux au nombre de 8, égaux entre eux, disposés sur le céphalothorax, comme le montre la figure; mâchoires larges, courtes et arrondies à leur extrémité ; pattes allongées, dont la première paire est la plus longue, puis la deuxième, tandis que la troisième est plus courte que la quatrième. Toutes les espèces de ce genre filent une toile à réseaux réguliers, formée de fils droits qui se coupent tous en un môme point et de fils circulaires ou spirales ayant tous ce point pour centre et s’entourant les uns les autres. Au centre du filet suspendu verticalement entre des arbrisseaux ou des buissons, entre les feuilles et les branches des végétaux ou dans les feuilles elles-mêmes (une seule espèce, VE. cucurbitine, file une toile horizontale), l'animal se tient immobile, le corps renversé, la tête en bas, guettant l’insecte qui viendra s’engager dans ses mailles. Dès qu’une proie est prise, l’épeire accourt, la délivre en coupant elle-même sa toile
Fig. 937. — Pic moyen épeiche.
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si, trop grosse et trop forte, elle menace de détruire cette toile en se débattant; mais si la proie est convenable, l’épeire la garrotte de nouveaux fils pour mieux la retenir et embarrasser ses mouvements; en môme temps elle lui fait une morsure sans doute venimeuse et suce son sang dont elle se nourrit. Outre leur toile, certaines espèces se font auprès, avec des fils et des feuilles rapprochées, une sorte de nid cintré ou tubuleux ; chez certaines épeires exotiques, les fils de la toile sont, dit-on, assez forts pour arrêter de petits oiseaux. La ponte a lieu ordinairement une seule fois dans l’année et le plus communément à la fin de l’été ou au commencement de l’automne; les œufs sont très-nombreux et réunis dans un cocon globuleux ou ovoïde; l’éclosion a lieu au printemps suivant. Ce genre est très-riche en espèces (Walkenaër en compte 1G6 dans son Hist. nat. des Insectes aptères)^ et plusieurs habitent nos pays et s’y font remarquer par leur taille, leurs mœurs et leurs couleurs. Parmi celles-ci, on doit citer avant tout VE. diadème {E. diadema, Walek.), grande espèce (corps long de 0“,0I2)j roussâtre, velou-
Fig. 938. — Epeire fascice (gi atul. nat.).
tée, ù abdomen ovale marqué en dessus d’une triple croix que forment de petites taches blanches; c’est ce qui l’a fait nommer par Geoffroy Araignée à croix papale. C’est l’espèce la plus commune dans nos jardins, surtout en automne ; sa toile, qu’elle place verticalement dans les lieux éclairés, parfois môme dans les allées des jardins, est suspendue par des fils droits souvent longs de 2 à 3 mètres et porte vingt-huit à trente cercles concentriques. Elle ne se construit pas de nid et se cache simplement sous des feuilles. Son cocon, liabituellement fixé aux murailles, contient une centaine d’œufs. — On rencontre dans nos bois, sur les buissons voisins des bords des étangs et des ruisseaux, une autre espèce à peu près de la môme taille, c’est VE. scalaire ou Araignée à échelle {E. scalaris, Walek.), qui, avec des mœurs analogues à celles de l’épeire diadème, porte sur son abdomen jaunâtre une tache noire, dentée, étendue suivant la ligne médiane, en forme de triangle renversé. — VE. apoclise{E. apoclisa., Walek.), presque aussi grande que les deux précédentes, avec rabdomen brun, bordé d’un feston blanchâtre que traversent deux baudes blanches, vit dans les lieux humides de nos bois ; c’est V Araignée à feuille coupée de Geoffroy. VE. cucurhiline [E. cucurbitana, Walek.), Araignée rougeâtre à ventre jaune ponctué de noir de Geoffroy, s’établit surtout sur ic saule et l’aune, entre les branches et les fouilles; son corps n’a que 0™,007. — Le long de nos murailles, VE. à cicatrices \E. cicatricosa Walek.) tend sa toile et se tient cachée sous une écorce ou sous quelque plâtras, dans un nid de soie blanche à proximité de sa toile. Elle doit son nom â deux lignes do gros points enfoncés, au nombre de huit ou dix, qui bordent la bande noire longitudinale du milieu de son abdomen. Elle se tient immobile tout le jour et a une existence toute nocturne ; sa taille dépasse un peu celle de l’épeire diadème. — Dans le midi delà France se trouve une très-grande espèce, rare aux environs de Paris; c’est VÉ. fasciée {E. fnsciuta., Walek.), longue de ü“,o30 environ et qui habite au bord des ruisseaux. M. L. Dufour
a décrit avec soin cette espèceet ses mœurs {Ann. des sciences phy s., X. VI). —-Plusieurs espèces d’épeires exotiques ont l’abdomen cuirassé d’une peau dure et armé â son pourtour de pointes ou d’épines cornées. Les naturels de 1 Australie, de la Nouvelle-Calédonie et de quelques îles voisines mangent parfois, après l’avoir fait griller sur des charbons, une grande espèce d’épeire qui habite les bois (Labillardière, Voyage à la recherche de Lapeyrouse). Ad. F.
EPERLAN (Zoologie), peut-être du mot perle., à causedes reflets nacrés de ce poisson. — VEperlan {Osmeriis eperlanus., Artedi) est un joli poisson, très-connu et trèsrecherché sur nos marchés, et que l’on pêche dans les grands lacs et en mer, principalement aux embouchures et dans la partie basse des grands fleuves ; ainsi on estime tout particulièrement ceux qu’on prend à l’embouchure de la Seine, à Gaudebec, et même à Rouen. C’est un poisson en forme de fuseau comprimé sur les côtés, long de 0“,08 à 0“,t4, et qui rappelle dans de moindres
dimensions les formes de la truite â laquelle il ress^^mble beaucoup par son organisation. Il se distingue néanmoins des poissons du genre Saumon par une double rangée de dents écartées sur chacun des os palatins, quelques dents seulement sur le devant de l’os vomer ; par l’existence de huit rayons seulement à la membrane branchiostége ; par ses nageoires ventrales insérées au niveau du bord antérieur de la première nageoire dorsale. C’est à cause de ces différences qu’Artédi, Cuvier et d’autres auteurs ont admis pour classer l’éperlan un genre dont il est jusqu’ici la seule espèce, et qu’ils nomment Osmerus; ce genre prend place dans l’ordre des Malocoptéry^ giens abdominaux, famille des Salmones. L’éperlan a le corps couvert de petites écailles faciles à détacher ; sa peau est demi-transparente, sans taches, et d’une coloration argentée et verdâtre, à reflets irisés mobiles et brillants. 11 répand une odeur forte que certaines personnes comparent â celle de la violette, mais qui devient presque désagréable quand elle s’exhale d’une masse d’éperlans réunis. Ce poisson est regardé comme un mets délicat; à Paris, on le mange frit ; à Londres, on estime beaucoup l’éperlan fendu et séché. Sa chair ne peut être considérée comme d’une digestion très-facile, mais elle est saine et très-délicate. L’éperlan vit de vers et de menus coquillages; il fraye au printemps dans les fleuves où il remonte; ses œufs sont jaunes et nombreux. On en prend une grande quantité à cette époque dansles fleuves d’Allemagne et d’Angleterre, et on les foit sécher pour les livrer comme conserve au commerce. Cette espèce se rencontre dans tout l’océan Atlantique, dans la Baltique, la mer du Nord. Ad. F.
Eperla?! de Seine (Zoologie). — Espèce de Poisson du genre Able, nommé aussi Spirlin [Leuciscus bipunctatus, Cuv.), très-semblable à V Ablette (voyez Able) pour la forme étroite du corps et la couleur argentée brillante ; il porte deux points noirs sur chacune des écailles de sa ligne latérale; sa taille est d’environ 0“,12. II habite toutes nos rivières, et le nom vulgaire qu’il a reçu rappelle seulement la ressemblance de sa robe argentée avec celle de l’épeiian, dont il n’a nullement la chair délicate.
EPERON (Zoologie). — Terme employé pour désigner chez les animaux une saillie dure, en forme de petite corne dont les membres de certains animaux se trouvent armés (voyez Ergot). C’est surtout chez les oiseaux qu’on observe cette disposition ; leur éperon, nommé aussi vulgairement ergot, est revêtu d’un étui corné, parfois long et acéré, qui peut constituer une arme redoutable. Les mâles dos oiseaux gallinacés (dindon, coq, faisan, etc.) ont généralement un éperon inséré au-dessus du pouce, â la partie postérieure du tarse ; l’éperonnier en a môme deux ou plus â chaque tarse. On trouve au fouet de l’aile de divers échassiers (kamichi, jacana, vanneau), de certains palmipèdes (bernache), une saillie aiguë nommée aussi
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éperon, qui est véritablement une arme pour ces animaux.— On observe aux jambes de plusieurs insectes des saillies épineuses, nommées aussi éperons par quelques auteurs.
Eperon (Uotanique). — On nomme ainsi certains appendices du périanthe des plantes. Les éperons ne difièrent des cornets et des capuchons (voyez ces mots) que par leur forme qui est à peu près celle des objets dont ils portent le nom. Dans la capucine et le pied-d’alouette, le calice est prolongé en éperon. Les pétales de la violette sont prolongés inférieurement en une pointe creuse semblable à un ergot. Ils sont dits par conséquent éperonnés. La gorge de la corolle du centranthe rouge et des linaircs est munie d’un éperon sous forme de prolongement creux et terminé en pointe.
EPERONNIER ( Zoologie ) , Polyplectrum, Temm. — Genre ù' Oiseaux ûq l’ordre des Gallinacés , tribu des Paons, comprenant quelques espèces exotiques voisines des paons, mais caractérisées par une moindre taille (en général, celle d’un petit faisan), l’existence de deux ou trois éperons ou ergots aux tarses des mâles, des plumes sur les ailes et la queue ocellées, mais trop courtes.pour faire la roue. L’espèce type est le Chinquis {P. bicalcaratum, Temm.jdu Thibet, de la Chine. Quelques autres espèces vivent dans l’Inde, aux îles de Sumatra, de Bornéo, etc.
EPERONNIÈRE, Eperon de chevalier (Botanique). — Nom vulgaire de la dauphinelle commune, de Vancolie, de la l inaire, etc.
EPERVIER (Zoologie), du nom allemand sperber. — Nom d’un oiseau de proie commun dans notre Europe, qui paraît être Vaccipiter des Romains, se rapproche beaucoup de l’autour et se trouve représenté dans les contrées exotiques par un grand nombre d’espèces d’une conformation très-semblable. Ces oiseaux appartiennent à l’ordre des Oiseaux de proie, de Cuvier, à sa famille des Diurnes, tribu des Faucons, section des Oiseaux de proie ignobles, genre Autour {Astur, Bechstein). Cuvier caractérisait ce grand genre par les ailes plus courtes que la queue et le bec courbé dès sa base, et il recon-
naissait deux sous-genres : les Autours proprement dits, à tarses écussonnés et un peu courts, et les Epej'viers à tarses écussonnés, plus allongés. Vieillot et Sonnini donnaient, au contraire, le nom ù'^Eperviers à tout le genre, en y conservant les deux mômes .sous-genres. Depuis CCS divers naturalistes, on a beaucoup subdivisé ce groupe, et plusieurs auteurs admettent maintenant un genre Temm.) et un genre Epervier (Ac-
cipiter, Pallas). Quoi qu’il en soit, chacun de ces groupes est représenté en Europe par une espèce, V Autour ordinaire et V Epervier commun.
L A. ordinaire, Epervier^autour [Falco palumbarius.
Lin.; idïL palumbarius, Temm.) est un oiseau de proie, de latailled’un coq environ, mais très-différent sons ce rapport, selon le sexe. La femelle est de la grosseur d’un fort cha])on (longueur du bec au bout de la queue : 0“,65), tandis que le mâle, nommé â cause de cela tiercelet d'autour, est d’un tiers plus petit (longueur : 0“,42). Les deux sexes ont les parties supérieures d’un ton cendré bleuâtre; un large sourcil blanc au-dessus des yeux; les parties inférieures blanches, avec des raies transversales et des bandes longitudinales étroites, d’un brun foncé; la queue cendrée, marquée de quatre ou cinq bandes transversales noirâtres ; le bec noir-bleuâtre, avec la cire vert-jaunâtre et les pieds jaunes. Chez la femelle, le dessus du corps est plus brun et les bandes brunes sont plus abondantes sous la gorge. Les jeunes de l’année ont la nuque roussâtre avec raies brunes, et le dessous du corps d’un roux pâle. Les autours nichent au printemps sur les chênes et les hêtres les plus élevés, et pondent de deux à quatre œufs d’un blanc bleuâtre, rayés et ta^ chés de brun, longs de 0“,059. Ils se nourrissent de jeunes lièvres, d’écureuils, de souris, de taupes, de jeunes oies, de pigeons surtout et d’autres volailles. On trouve ces oiseaux dans toute l’Europe; ils habitent de préférence les bois de sapin sur le flanc des montagnes.
D'E. commun [Falco nisus. Lin. ; Acc. nisus, Temm.) a presque le même plumage que l’autour, mais il est d’un tiers environ plus petit ; de la grosseur à peu près d’une pie (longueur de la femelle : 0“,38 ; du mâle : 0“,33), et ses tarses sont proportionnellement plus élevés. Le mâle est l’oiseau que les fauconniers nomment mouchet ou émouchet. Cendré bleuâtre en dessus, avec une tache blanche à la nuque, l’épervier est blanc en dessous, avec des raies longitudinales sous la gorge et des raies transversales sous le ventre; cinq bandes noirâtres sur. la queue; bec noirâtre avec une cire verdâtre ; les pieds sont jaunes. Les jeunes de l’année ont les taches du dessous du corps en flèche ou en larmes longitudinales et rousses, avec les plumes des parties supérieures bordées de roux. Ces oiseaux de proie habitent les montagnes, sur la lisière des bois qui avoisinent des champs ou des prairies ; ils se nourrissent de taupes, de souris, de grives, d’alouettes, de cailles, de moineaux, d’autres petits oiseaux, et môme de lézards et de colimaçons. Ils ont été trouvés danstoutes les parties du monde, au Japon, en Barbarie, en Egypte, à Cayenne, au Paraguay; en Europe, ils sont très-communs, les uns sédentaires, les autres émigrant vers le midi à la suite des bandes d’oiseaux émigrants aussi, dont ils se repaissent. Souvent, les marins de la Méditerranée en rencontrent qui se dirigent vers les côtes barbaresques, et ils leur ont donné le nom de Corsaires. L’Épervier niche au printemps sur le haut des arbres ; son nid ou aire reçoit de trois à six œufs d’un blanc sale, tachés de roux et longs de 0“,037. Ce nid est presque plat, peu profond, assez semblable à un grand nid de tourterelle. Une fable des Grecs, qui ne concerne peut-être pas l’épervier, explique le nom donné par Linné à cette espèce. Nisus, roi de Mégare, assiégé dans sa ville par Minos, portait sur la tête un cheveu couleur de pourpre, auquel était attaché le salut de Mégare. Eprise de Minos, Scylla, fille de Nisus, coupa le cheveu miraculeux pendant le sommeil de son père, et aila l’offrir comme un gage d’amour au roi ennemi, qui la repoussa avec horreur et prit la ville pour y établir des lois d’une haute justice. Nisus, changé en oiseau de proie (les uns disent en aigle pêcheur, les autres en épervier), poursuit sans cesse sa fille changée en grue, selon les uns, en alouette, selon les. autres.
Les mœurs des deux oiseaux de proie que nous venons de décrire ne sont pas absolument les mômes. Egalement voraces, ils ne se montrent pas également courageux. L’Autour, rusé et sanguinaire, guette sa proie du haut d’un arbre et fond tout à coup sur elle d’un vol obliqueou d’un saut brusque, quelquefois seulement il chasse au vol et poursuit sa victime â tire-d’aile. L’Épervier, intrépide et hardi, pénètre jusque daus les villes, et quelquefois jusque dans les habitations, en poursuivant les petits, oiseaux qui vont s’y réfugier. Son vol, bas et horizontal, est d’ailleurs oblique comme celui de l’autour, lorsqu’il se précipite sur sa proie; car leurs ailes moins allongées interdisent à ces oiseaux le haut vol et les allures impétueuses des grands oiseaux de proie. La môme raison les oblige à percher de préférence vers le milieu des arbres touffus, et à rechercher le voisinage de ces abris où ils peuvent se reposer. Pendant l’été et l’automne, ils se dispersent dans les champs où on les voit souvent seuls ; mais le mâle et la femelle sont habituellement peu éloi«
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gnés l’un de l’autre. Parfois on rencontre chassant ensemble toute une famile.à répoq :eoù les jeunes récemment sortis du nid ne savent pas encore pourvoir seuls à leur subsistance; les parents pendant quelque temps les dressent à leur vie de brigandage. Les Ëperviers et les Autours se défendent énergiquement lorsqu’on les attaque-, mais leurs serres sont presque leurs principales armes dans ce cas; couchés sur le dos, ils les opposent à l'assaillant et en font un vigoureux et cruel usage. Dans leurs combats entre eux ou avec d’autres oiseaux, ils suivent la même tactique. Buflfon, qui a nourri chez lui pendant assez longtemps un couple d’autours ordinaires, a observé qu’ils se jettent avidement sur la chair saignante et refusent constamment la viande cuite, que le jeûne seul peut les contraindre à accepter. Pour manger les oiseaux, ils les plumaient fort proprement, puis les dépeçaient avec leur bec avant de les manger; mais ils avalaient les souris tout entières, et les peaux roulées sur elles-mêmes étaient rejetées plus tard par le bec. Ruffbn ajoute que le mâle, quoique plus petit que la femelle, était plus féroce et plus méchant; jamais ces deux oiseaux, quoique seuls dans la môme volière, n’ont donné le moindre signe d’affection l’im pour l’autre, pendant sept mois qu’ils vécurent chez le grand naturaliste, et à ce terme, la femelle tua le mâle dans le silence de la nuit, à neuf ou dix heures du soir, tandis que tous les autres oiseaux étaient endormis. Le docteur Jonathan Franklin cite, au contraire, l’exemple d’un jeune épervier acheté par un de ses amis, et d’ailleurs très-régulièrement nourri, qui se montra peu à peu doux et familier, et s’accoutuma à vivre en hôte inoft'ensif avec des pigeons dont il habitait même le colombier, et pour lesquels il témoignait un véritable attachement. Il reçut cependant fort mal une chouette que l’on recueillit dans la maison, et, après des luttes incessantes, l’oiseau de nuit profita de la première occasion pour s’échapper.
On prend l’autour avec les filets qu’on nomme nappes à alouettes, ou avec quatre filets hauts de 3 mètres environ, circonscrivant un espace carré de 3 mètres sur chaque face. Au milieu, l’on place un pigeon blanc que l’autour peut voir de loin, vers lequel il vole obliquement, et il vient s’embarrasser dans les filets. L’épervier se prend quelquefois aux gluaux, aux filets et aux pièges préparés pour les autres oiseaux. Belon décrit, comme très-efficace, un procédé très-analogue à celui qui vient d’être indiqué, sauf que le pigeon est remplacé par de petits oiseaux et que les filets n’ont guère plus de 2 mètres de hauteur. L’autour et l’épervier sont utilisés dans l’art de la fauconnerie ; mais leur emploi constitue une branche spéciale de cet art, nommée autourserie (voyez ce mot). Ce sont en effet des oiseaux de vo/mb, propres seulement à chasser les perdrix, les cailles, les grives et les oiseaux qui ne volent pas très-haut; on réussit aussi à leur faire chasser le lièvre et le lapin (voyez Fauconnerie).
Ëperviers étrangers. — Le genre Autour de Cuvier renferme un grand nombre d’oiseaux étrangers, plus ou moins semblables à l’autour et à l’épervier d’Europe, et dont plusieurs ont donné lieu à des observations intéressantes. Audubon a observé aux Etats-Unis divers traits de mœurs de deux espèces d’autour : VA. de Pensylvanie {Ast, pensylvanicus^ Ch. Bonap.) qui se nourrit de reptiles, de volailles et d’insectes, et VA. de Stanley {Ast. Stanleyi. Ch. Bonap.) qui, plus grand que le précédent, s’attaque spécialement aux oiseaux de basse-cour. « Un jour, dit Audubon, que j’étais en observation à la fin de l’automne, j’entendis chanter un coq auprès d’une ferme; presque aussitôt passa au-dessus de ma tête l’autour de Stanley, et si près de moi que je l’aurais tiré, si je n’avais été surpris; immédiatement j’entendis le gloussement des poules et le cri de combat du coq. L’oiseau de proie s’éleva sans eflorts à quelques toises au dessus de son ennemi, puis redescendit verticalement comme un plomb. Je me hâtai, et quand j’arrivai l’autour tenait dans ses serres le corps du pauvre coq, qui luttait vaillamment et se culbutait avec l’oiseau de proie, sans que celui-ci parût s’inquiéter en rien de ma présence. Je restai sans bouger pour voir l’issue de la lutte, mais je ne tardai pas à reconnaître que le brave coq était mortellement blessé. Je me précipitai vers le meurtrier; il m’avait fixé de son regard de faucon, et, prompt à se dégager, il s’éleva tranquillement dans les airs. Je pressai la détente de mon fusil ; l’autour retomba près de sa victime déjà morte, et dont ses serres avaient déchiré la poitrine et percé le cœur. 0 D’Azzara a observé au Paraguay et décrit sous le nom de Alacagua un oiseau de ce groupe que Cuvier
•dwommé Autour l'ieur (Ait. Caehinans/Temm.) ou >4. à calotte blanche. On le trouve aussi à la Guyane et dans la, Bolivie; il vit sur la lisière des bois, au bord des marécages, sédentaire et isolé, perché sur la cime d’un arbre desséché. « Son corps immobile, sa tête enfoncée dans ses « épaules, lui donnent la physionomie d’un rapace noc- « turne; son jabot nu et saillant rappelle celui des vau- « tours. Il est peu craintif, et quand il voit l’homme s’ap- « procher, il articule nettement, d'une voix sonore et d’un « ton ricaneur, trois syllabes formant le mot macagua, «qui lui a valu son nom vulgaire. Son vol est lourd et « toujours très-bref... II chasse aux reptiles, qu’il tue ù « coups d’ailes ; il se nourrit aussi d’insectes et de pois- « sons morts. Il construit un nid de grandes dimensions, « au sommetdes plus hauts arbres et y dépose quatre ou « cinq œufs; c’est alors que le couple est plus ricaneur
« que jamais c’est surtout à l’approche des impor-
« tuns ou d’un ennemi que l’oiseau le lait entendre. » (Le Maoût, Hist. not. des Oiseaux.) Cet oiseau singulier a environ 0m,50 de longueur. Vieillot en a fait le type de son genre Herpétothere (ce qui signifie chasseur de reptiles). — Parmi les éperviers exotiques, on peut citer, au Sénégal et dans le sud de l’Afrique, le Gabar (Accipiter gabar. Ch. Bonap.), de la taille de notre épervier et vivant à peu près comme lui ; VE. minulle (A. minullus, Ch.^ Bonap ), de l’Afrique, remarquable à la fois par sa petite taille (le mâle est à peine aussi gros qu’un merle) et par son courage et sa hardiesse; enfin, VE. chanteur (A. musicus, Tt mm ). Faucon chanteur., de Levaillant, qui habite aussi l’Afrique australe et offre le seul exem- })le d’un oiseau de proie chanteur. Pendant l’incubation, le mâle chante auprès de sa femelle le soir et le matin, et quelquefois toute la nuit. Levaillant, qui l’a entendu et qui a signalé le fait, ne s’explique pas sur la nature précise de ce chant, mais il le regarde évidemment comme musical, sinon comme très-harmonieux, et il dit que chaque phrase dure une minute. L’épervier chanteur montre un caractère moins farouche que les autres espèces de ce groupe; les deux époux ne se quittent jomais, et Levaillant rapporte encore qu’une femel’e, dont il avait tué le mâle, chercha partout celui-ci en poussant des cris lamentables et se laissa approcher à portée du fusil sans essayer de fuir. Cet oiseau est de la taille de notre autour ordinaire ; il se nourrit de lièvres, de taupes, de rats, de souris, de cailles et de perdrix. Gray, le séparant des éjierviers, a créé, pour l’y classer, le genre Méliérax (du grec melos, musique, et ierax, épervier).
Quelques oiseaux de proie qui n’appartiennent pas à ce groupe ont reçu du vulgaire ou des voyageurs le nom ù' Epervier ; c’est ainsi que l’on nomme ;
E. des alouettes, la femelle de la cresserelie commune;
E. à queue d’hirondelle, E. à serpents, le milan de la Caroline;
E. patu, l’aigle-autour varié ou urutaurana.
On nomme aussi parfois E. marin , le fou, espèce D’Oiseau palmipède. Ad. F.
ÉPERVIÈRE (Botanique), Hieracium, Lin. ; du grec hierax, épervier, parce que l’on croyait autrefois que les oiseaux de proie se fortifiaient la vue avec le suc de cette plante. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales périgijnes, de la famille des Composées, tribu des Chicoracées, type de la sous-tribu des Hiéraciées. Caractères : involucre à écailles linéaires, imbriquées sur plusieurs rangs; réceptacle nu; akènes sans bec ou terminés par un bec très-court; aigrette persistante, à soies d’un blanc sale, libres à la base. lies épervières sont des herbes vivaces, souvent couvertes de poils glanduleux ou étoilés, à fleurs ordinairement jaunes et assez semblables à celles du pissenlit. Le nombre des espèces de ce genre monte à plus de soixante-dix. Elles habitent les climats tempérés, principalement de l’Europe. Ces plantes sont peu recherchées pour l’ornement ; on les trouve surtout dans les bois, les montagnes, les lieux arides, quelquefois les vieux murs; cependant quelques espèces se plaisent dans les vallées humides ou même au bord de la mer. On rencontre aux environs de Paris sept espèces spontanées d'épervières, et entre, autres la Piloselle^ Vetuette ou Oreille de souris [H. pilosella Lin.), la Grande oreille de rat (H. auricula, Lin.), deux éspèces qui doivent leur nom à leurs feuilles velues, blanchâtres ou glauques. On les cultive dans les jardins à cause de leurs belles corolles d’une couleur capucine très-brillante, VÉ. de Hongrie (H. aurantiacum. Lin.), qui croît spontanément en France et dont la tige traçante atteint 0“,23 ou 0"*,30 de hauteur. C’est une jolie plante vivace que l’on cultive dans les jardins où elle se fait remarc]uer par ses
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fleurs en capitules, dont les corolles sont pourprées ou d’un jaune doré. G — s.
EPfenVIN (Art vétérinaire). — Voyez Eparvin.
EPHÈDRE (Botanique), Ephedra^ Lin.; du grec cpt, sur; hydô/\ eau. — Nom donné par les anciens à la prêle. Les modernes ont appelé Ephèdre un genre de plantes qui ne croissent pas dans Teau, mais dont le port rappelle celui de la prêle. Ce genre appartient au sousembrancliement des Gymnospermes, classe des Conifères., famille des Gné taxées. 11 comprend des arbustes à rameaux touffus, munis de gaines et d’articulations, à chatons pres- - que globuleux, dioïques; fruit semblable à une baie succulente et conformé en réalité en un cône à écailles charnues, accolées. L’espèce la plus commune est VE . à deux épis {E. distachya., Lin.), nommé aussi Uvette ou Raisin de mer^ à cause de ses fruits presque globuleux, écarlates et à chair pulpeuse, légèrement acides et assez agréables. Cette espèce croît au bord de la mer, sur les plages sablonneuses de la région méditerranéenne.
On trouve encore sur nos côtes VE. petite uvetie {E. fragilis, Desfont.), dont les fruits, plus petits que ceux de la précédente espèce, peuvent aussi être mangés. Il en est de même de ceux des autres espèces que l’on rencontre dans les stoppes de la Sibérie. Gmelin,qui parcourait ces contrées au siècle dernier, dévoré par une soif ardente, recherchait avec avidité les baies acidulées des éphèclres.
ÉPHÉLIDES (Médecine), Ephelis du grec epiy sur ; et êlioSy soleil. — Les Grecs, et particulièrement Hippocrate, ont d’abord donné le nom d'ephêlis aux taches produites sur la peau par les rayons du soleil. Aujourd’hui, on appelle éphélides certaines taches delà peau, d’un jaune plus ou moins foncé, irrégulières, accompagnées le plus souvent de démangeaison , sans inflammation et ordinairement sans altération de l’épiderme. 1" On peut considérer comme une nuance, une variété particulière de cette affection les taches de la peau connues sous le nom de taches de rousseur, É. lentiformes {Lentigo, Lorry). Elles ont la dimension et la coloration d’une lentille, et ne s’élèvent point au-dessus du niveau de la peau ; on les observe ordinairement sur les individus à cheveux blonds, roux ou d’un rouge plus ou moins ardent. Elles existent le plus généralement sur les parties exposées à la lumière, paraissent dans le jeune âge, diminuent souvent à l’âge de la puberté ; mais persistent quelquefois jusqu’à un âge avancé. Elles ne sont accompagnées ni de démangeaison, ni d’aucunes traces d’aspérités. Aucune médication topique ou intérieure ne peut les faire disparaître. Une seconde variété d’épliélides, admise par quelques auteurs, est celle qu’Alibert désigne •sous le nom d'E. lentiforme ignéaJc {E. ab igné. Sauvages). Ce sont ces taches qui se développent sur la partie interne des cuisses et des jambes chez les femmes qui •ont l’habitude de se servir, l’hiver, de chaufferettes contenant des chai’bons ardents; elles sont rouges, animées, foncées ou brunes, et deviennent souvent marbrées. On les observe aussi quelquefois chez les hommes qui sont exposés habituellement à la chaleur d’un foyer incandescent. Ces taches proviennent de l’accumulation morbide du sang dans les capillaires cutanés. Il n’y a aucun moyen d’y remédier, si l’on ne fait cesser la cause. 3" On a encore admis, comme variété, celle qu’Alibert •désigne sous le nom d’£. lentiforme solaire [E. a sole. Sauvages), vulgairement le hâle; ce sont ces taches larges, irrégulières, d’un brun foncé, que l’on rencontre pendant les chaleurs de l’été sur les différentes parties de la peau exposées à la vive lumière et aux rayons brûlants du soleil. On a proposé, pour les prévenir, de se laver les mains et le visage avec des solutions de gomme -et d’albumine. Les lotions avec le lait, le petit-lait, avec les eaux distillées aromatiques, ont été vantées aussi pour redonner à la peau sa blancheur et son éclat. 4° Enfin, il existe une autre variété d’éphélides., connue sous le nom d'E. hépatique ( Vitiligo hepatica. Sauvages; Pannus hepaiieus, Alibert). C’est colle que l’on désigne généralement sous le nom seul d' Éphélides. Ce sont d’abord de petites taches grisâtres, puis jaunes, accompagnées d’un léger prurit; elles restent quelquefois d’une dimension restreinte; souvent elles se réunissent et forment alors des plaques irrégulières, d’une étendue considérable, occupant surtout ia poitrine, le col, la face interne des cuisses, l’abdcmen, etc. Chez les femmes, pendant la grossesse, elles couvrent parfois une partie du visage et -sont connues vulgairement sous le nom de Masque. Ne dépassant pas le niveau de la peau, elles font éprouver mue démangeaison souvent incommode, surtout à la
chaleur du lit ou après des écarts de régime. Elles peuvent durer de un jour à quelques semaines. On les remarque surtout chez les individus qui ont la peau délicate et fine. Les écarts de régime, l’insolation les déterminent le plus souvent; cependant elles se lient quelquefois à des causes internes inconnues. Les eaux sulfureuses d’Enghien, de Cauterets, des Eauxbonnes à l’intérieur, les bains sulfureux sont le meilleur traitement à employer. Si les démangeaisons étaient trop fortes, on remplacerait les bains sulfureux par d’autres légèrement alcalins. F — N.
ÉPHÉMERE (Fièvhe) (Médecine). — On appelle ainsi une fièvre dont la durée ordinaire n’est que de vingtquatre heures. Dans cet état de grande bénignité, elle n’est précédée ni de lassitudes spontanées, ni de frissons, ni de ces autres troubles de l’économie qui sont les prodromes des fièvres en général; elle survient subitement, et se termine souvent de même au bout de quelques heures sans amener d’évacuations, ni de changements dans les urines. En général pourtant il y a rougeur de la face, douleur de tête, chaleur de la peau ; le pouls est plus ou moins large et fréquent, la soif vive, la langue blanche et large. Chez les personnes nerveuses, il y a quelquefois du délire. Bien que tous ces symptômes ne durent en général que quelques heures, il peut arriver que la maladie se prolonge deux ou trois jours; c’est ce qu’on appelle la fièvre éphémère prolongée. Ordinairement, dans ce cas, les symptômes sont un peu plus accusés, et ils peuvent même aller, en prenant de l’accroissement, jusqu’au dernier jour, avec un redoublement de la fièvre le soir ou pendant la nuit. La maladie peut se terminer sans mouvement critique ; mais quelquefois on observe une sueur, ou des urines abondantes ou quelques selles de matières jaunes ; enfin, le plus souvent, on voit paraître autour des lèvres une éruption de croûtes herpétiques plus ou moins considérables. Les moyens de traitement, aussi simples que la maladie, consistent dans le repos, la diète, l’usage des boissons délayantes; quelquefois, un léger purgatif vers la fin pourra prévenir une récidive. Rarement on aura besoin d’avoir recours à la saignée. F — n.
Éphémère (Zoologie), Ephemera, Lin.; du grec ephemeros, passager, d’un jour. — Genre d'insectes, de l’ordre des Névroptères, famille des Subulicornes, tribu des Éphémères, qui, à l’état parfait, n’ont qu’une trèscourte existence ; complètement formés vers le soir, beaucoup d’entre eux ne voient pas le lever du soleil et les autres vivent au plus deux jours. Ce sont de petits moucherons dont le corps ressemble en petit à celui des de-
moiselles, mais dont les ailes plus courtes et triangulaires sont habituellement redressées verticalement dans le repos. Leur corps est extrêmement mou ou semi-transparent. Les Éphémères ont des antennes petites do 3 articles, dont le dernier est filiforme ; des organes buccaux rudimentaires; la tête petite, presque entièrement occupée par deux grands yeux et trois ocelles lisses; le protothorax carré; l’abdomen allongé, terminé par deux ou trois longues soies égales et articulées; les pattes antérieures grandes et dirigées en avant.
Les premières ailes sont longues comme le corps et triangulaires; les inférieures, beaucoup plus petites, sont verticales comme les premières au repos et semblent des lobes de celles-ci. La larve, qui vit probablement deux ou trois ans, est aquatique et ressemble assez à l’insecte, si ce n’est qu’elle n’a ni ailes ni yeux lisses, que ses antennes sont plus grandes et qu’elle porte de chaque côté de l’abdomen une rangée de lames délicates qui flottent dans l’eau et servent en même temps à la respiration, comme des branchies, et à la locomotion.
Fig. 942. Larve d’éjihéraère.
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comme les fausses pattes des crustacés. La nymphe a les formes de la larve, mais porte, en outre, les deux paires de fourreaux où sont renfermées les ailes. Au moment de passer h l’état parfait, cette nymphe sort de l’eau, subit une mue et paraît avec ses ailes développées; mais, par une exception à ce qui s’observe chez les autres insectes, les éphémères subissent une nouvelle mue après avoir pris leurs ailes, et on trouve souvent leur dépouille extérieure accrochée aux arbres, sur les murs ou sur les vêtements des personnes qui fréquentent les lieux habités par ces insectes. Après cette dernière mue, l’éphémère est vraiment à son état parfait ; alors l’aspect de l’insecte n’a rien de remarquable que son extrême délicatesse; sa fragilité fait le désespoir des collectionneurs, car la moindre pression le déforme à l’état ordinaire et la dessiccation le racornit et le rend très-cassant.
Les larves d’éphémères vivent réunies en société dans les eaux dormantes où elles se creusent dans la terre ou la vase des espèces de galeries en forme d’ü et .ù deux ouvertures; elles se nourrissent sans doute des mêmes débris de matière organisée qu’elles trouvent dans ces eaux. Le passage de l’état de nymphe ù celui d’insecte parfait consiste, comme c’est la coutume, en une mue où l’animal abandonne son enveloppe épidermique pour une nouvelle ; mais j’ai déjà dit que la nymphe mue une dernière fois, ayant déjà les ailes aussi grandes que celles de l’insecte parfait, La transformation se fait rapidement sur des plantes aquatiques, sur le rivage ou môme à la surface de l'eau. Après être sorties de l’eau, ces nymphes ailées s’élèvent souvent très-haut dans l’air et y volent assez longtemps, puis elles se posent dans un lieu favorable où sans bouger elles attendent le moment de quitter cette dépouille ailée pour prendre leur état définitif. « Elles se trouvent, dit Réaumur, dans un cas où n’est aucune autre mouche des autres espèces connues ni aucun autre insecte ailé. Rien ne semble leur manquer, et il ne paraît pas qu’elles aient rien de trop ; cependant elles doivent encore soutenir une opération équivalente à celle d’une métamorphose et qui semble même plus difficile»; et voici comment il décrit cette dernière mue de réphémbre (Mémoire pour servira l’histoire des Insectes, t.\U^ 12 mém.) : «Dès que la peau s’est fendue au -dessus du corselet,la fente s’agrandit de moment en moment ; le corselet s’élève au-dessus^ la tête se dégage et se porte en avant. Ce qu’on est plus curieux d’observer, c’est comment chaque aile est tirée hors de son étui (la nymphe porte, en effet, sur le dos du corselet les ailes renfermées dans de minces étuis d’épiderme) ; on l’en voit sortir plissée suivant la longueur, réduite à la grosseur et à la figure d’un filet dans sa partie qui sort et dans sa partie qui s’est encore peu éloignée de l’ouverture qui lui a donné passage; c’est en avançant et en se portant peu à peu en devant que l’insecte les dégage l’une et l’autre. Dès qu’elles sont sorties, elles ne sont pas longtemps à s’étendre, à s’aplanir ; tous les plis s’effacent vite. » Lorsque les éphémères subissent cette dernière mue, il y a 10, 12, 15, 24 et môme 30 ou 36 heures qu’elles ont quitté leur forme de larve aquatique et qu’elles ont abandonné les eaux où s’est écoulée la période de deux années environ, par laquelle débute leur existence. Mais il ne leur reste plus habituellement que peu d’heures à vivre et elles doivent les réserver pour la ponte. Chaque femelle ne tarde pas à pondre à la fois deux longs paquets ovales contenant chacun de 350 à 400 œufs accolés. Cette opération se fait en un instant, à l’aventure, sur tous les corps où les femelles tombent ou se posent. Le plussouvent, la femelle vole à fleur d’eau, s’appuyant sur la surfaceellemôine avec les filets qui terminent l’abdomen et avec la fine extrémité de ses pattes antérieures; les œufs tombent alors sur-le-champ au fond de l’eau où ils doivent se développer après s’être détachés les uns des autres et dispersés. Après avoir ainsi assuré la durée de leur espèce, les éphémères tombent mourantes dans l’eau, sur scs bords, de tous cotés enfin ; c’est une sorte de pluie ou de neige qui couvre tout, et comme les poissons s’en montrent très-friands, les pêcheurs ont nommé manne des poissons celte pâture tombée du ciel. Ce fait très-remarquable a été signalé pour la première fois par Aristote dans son Histoire des animaux (liv. V, ch. xvii) ; son observation se rapporte à une espèce qui, selon lui, se montre au mois de juin sur le fleuve Hypanis (aujourd'hui le Kouban, qui se jette dans la mer ^oirc au pied du Caucase). Pline, Elien, Cicéron ont rapporté l’assertion d’Aristote en altérant quelques-uns des détails. Au moyen âge, Scaliger raconte les mômes faits observés sur les bords de la Garonne, puis Delechamps les vit sur les
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bords de la Saône; Auger Clutius décrit une éphémère de Hollande; enfin, Swammerdam consacre, en 1675, un traité spécial (Histoire de Véphémère) à Y É. à longuequeue^ traité à la fois zoologique et anatomique qui est un chef-d’œuvre et fournit les bases de la plupart des connaissances qu’on a sur ces animaux. Réaumur, en 1742, vint compléter les travaux de Swammerdam dansun mémoire déjà cité, où il décrit les mœurs et l’organisation de diverses espèces d’éphémères observées en France. D’geer, en 1755, parvint à observer quelques faits nouveaux sur les rivières de la Suède. Enfin, M. Pictet a résumé tout ce qu’on sait sur ces curieux insectesdans son Hist. nat. des Ne'vroptères : Monog. des Épliémérines^ 1843. Swammerdam constata que les É. à longue queue se montrent sur le Rhin, la Meuse, le Leck,. l’Yssel et le Wahal aux environs de la fête de la Saint- Jean (24 juin), vers G heures du soir, et abondent bientôt en véritables nuées sur le fleuve et ses bords ; cette apparition ne se produit guère au delà de trois ou quatre jours au plus, et la vie de chaque insecte à l’état parfait est de quatre à cinq heures. Réaumur a trouvé à cet égard des différences dans celles de France; en 1738,. guidé par un pêcheur qui connaissait ces faits, il observa l’apparition de VÉ. vierge sur la Seine et la Marne le 19,. le 20, le 21 et le 22 août, entre 8 heures un quart et 8 heures et demie jusque vers 10 heures. Les éphémères furent surtout abondantes le 19 et le 20, et voici comment en parle Réaumur : « La quantité d’éphémères qui remplissait l’air au-dessus de tout le courant et surtout auprès du bord où j’étais, n’est ni exprimable ni concevable J mais c’était principalement autour de moi et de ceux qui m’avaient accompagné qu’elle était le plus prodigieuse. Lorsque la neige tombe à plus gros flocons et plus pressés les uns contre les autres, l’air n’en est pas si rempli que celui qui nous environnait l’était d’éphémères. A peine eus-je resté quelques minutes dans la môme place, que la marche sur laquelle mes pieds posai(!nt (Réaumur était au bas d’un escalier aboutissant à la Marne) fut toute couverte d’une couche d’éphémères, qui n’avait nulle part moins de 2 ou 3 pouces (0'“,054 à 0'“,08I) d’épaisseur, et qui, en certains endroits, en avait plus de 4 (0“,108). Près de la dernière marche, une étendue de la surface de l’eau, de 5 à G pieds au moins (l'",G2 à 1“,95) en tous sens était entièrement cachée par une couche d’éphémères; ce que le courant, plus lent là qu’ailleurs, en emportait, était plus que remplacé par celles qui tombaient continuellement dans cet endroit. Plusieurs fois je fus obligé d’abandonner ma place et de remonter au haut de l’escalier, ne pouvant plus soutenir cette pluie d’éphémères, qui, ne tombant pas ou aussi perpendiculairement qu’une pluie ordinaire ou avec une obliquité aussi constante, frappait sans discontinuation et d’une manière très-incommode toutes les parties de mon visage ; des épliémères entraient dans mes yeux,
dans ma bouche, dans mon nez Il est singulier que
ces éphémères, qui ne doivent naître qu’après que le soleil est couché et le jour tombé, qui ne doivent pas môme voir le lever de l’aurore, aient un amour si marqué pour ce qui est lumineux. C’était une mauvaise commission que d’être chargé de tenir un flambeau à la main ; celui qui en tenait un avait dans peu d’instants son habit toir couvert de ces mouches ; elles venaient de toutes parts l’accabler. La lumière de ce flambeau occasionnait et mettait à portée de voir un spectacle de tout autre genre que celui d’une pluie qui tombe; on en était enchanté dès qu’on l’avait aperçu et les gens les plus grossiers ne se lassaient pas de le considérer. On n’a jamais de sphère fournie d’autant de cercles qu’on voyait de zones qui avaient la lumière pour foyer : il en paraissait des infinités qui se croisaient en tous sens, qui étaient dans toutes les inclinaisons imaginables les unes par rapport aux autres et qui étaient plus ou moins excentriques. Chaque zone était faite d’une file continue d’éphémères et semblait un galon d’argent contourné en cercle et profondément découpé ; un galon fait de triangles égaux mis bout à bout, de manière qu’un des angles de celui qui suivait était appuyé sur le milieu de la base de celui qui précédait ; c’était un galon mû avec une grande vitesse. Des éphémères dont on ne distinguait alors que les ailes et qui circulaient autour de la lumière formaienv rette apparence ; chacune de ces mouches, après avoir décrit une ou deux orbites, tombait à terre ou dans l’eau, sans s’être brûlée auparavant. » La température de la journée ni l’état du ciel ne changèrent rien à l’heure de l’apparition, qui ne fut très-marquée que le 19 et le 20 et ne cessa complètement que vers le 27 ; elle avait duré
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€n tou environ dix jours, avec deux ou trois jours seulement d’abondance miraculeuse. Fn 1739, Rpaumur revit les mômes phénomènes, mais dès le G août et jus- •qu’au 9 seulement ; les éphémèies fuient moins abondantes que l’année précédente et ne paraissaient qu’à 9 heures et demie au lieu de 8 heures et demie; il ne put découvrir les causes de ces différences. Le môme naturaliste en a observé deux autres espèces reproduisant les mômes phénomènes sur la Loire; l’une sur la route de Saint-Dié à Blois, le 1 1 septembre 1741, vers les 5 heures du soir; en moins d’une demi -heure les habits et surtout les chapeaux de ses gens furent tout blancs du grand nombre de dépouilles de ces insectes qui y restèrent accrochées; l’autre à Blois môme, le 2G octobre, pendant la nuit, par un temps beau et chaud pour la saison. En Suède, Degeer en observa une autre espèce encore, éclosant vers la fin du printemps, le soir, une heure avant le coucher du soleil, et dont la vie à l’état parfait était plus longue que celle des espèces vues par Swammerdam et Réaumnr.
L’anatomie des éphémères a été étudiée avec soin par les auteurs déjà cités et depuis par MM. Léon Dufour, Pictet. La transparence des tissus de la larve et de l’insecte donne un grand inlérôt à celte étude, parce qu’on peut observer au microscope les organes en fonction sur l’animal vivant. C’est sur la larve vivante d’une espèce . d’éphémère que Carus reconnut les mouvements de contraction du vaisseau dorsal et les courants dont le sang est agité régulièrement par suite de ces mouvements (Découverte d'une circulation simple chez les insectes. Leipsig, 1837.)
' ).e genre Ephémère compte plusieurs espèces naturelles à la France : VE. commune [E. vulgula.,hm.) (fig. 9i3) a le corps long do 0'",018 à 0'",02ü ; c’est la plus grande espèce des environs de Paris : elle est brune, avec le ventre jaune foncé, à taches noires triangulaires et 4 ailes brunes à taches foncées; 3 filets bruns à la queue ; VÉ.
Zw^ea, Lin.), jaune, à ailes transparentes, 3 filets à la queue annelés de jaune et de noir ; le corps a 0«‘,01 1 de longueur; VÉ. bordée {E. ma7'ginata, Dum.) est trèscommune vers le mois de juillet sur la rivière de Bièvre, près de Paris; elle est noire, avec 3 filets velus à la queue, les ailes transparentes bordées de brun du côté externe; taille, environ 0™,01l ; VÉ»du soir {E. vesperiina^ Lin.) est la plus petite espèce des environs de Paris (longueur du corps, 0"*,003 au plus) ; elle est noire, à 3 filets et à ailes transparentes; VÉ. culicifortne {E. culicifoi'mis., Lin.) n’a que 0”*,004 de longueur, le corps brun, les ailes blanches et 2 filets ; l’j^. horaire [E. horaido^ Lin.), longue de0'",007, laisse souvent sa dépouille à nos fenêtres ; elle n’a aussi que 2 filets ponctués de noir ; les ailes sont transparentes et bordées de noir au côté externe. Ad. F.
Éphémères, Ephémérines (Zoologie). — Groupe d’/?tsectes cori espondant au grand genre Ephemera^ de Linné, et partagé par divers auteurs en plusieurs genres. On en trouvera la distribution en sept genres, dans la Monographie des Ephémétdnes de M. Pictet.
• EPHIALTE (Médecine), du grec ephiallô, lancer sur; synonyme du mot cauchemar.
ÉPHIDROSE (Médecine), du grec ep/a'c?rod, je transpire abondamment, qui vient lui-même de épi^ sur, et idrosy sueur. — Ce mot, employé par les Grecs, a servi à désigner tantôt des sueurs locales morbides, tantôt des suèui’s abondantes, critiques et salutaires. Eu général le sens n’en a pas paru déterminé d’une manière précise. Sauvages en a fait un ordre de sa neuvième classe, sous le nom de moi'bosus. Enfin, on a proposé de ne se servir de ce mot que pour désigner les sueurs, qui ne tiennent à aucune affection, mais qui, par leur abondance, pourraient constituer un état morbide essentiel. Cette opinion a été partagée par M. Grisolle, qui caractérise ainsi VÉphidrose .* « Exhalation considérable de sueur ayant lieu d’une manière continue ou à des intervalles plus ou moins éloignés, et quelquefois périodiques. I) D’un autre côté, M. Rayer pense que le mot éphidrose doit être rayé du cadre nosologique, comme n’offrant point un sens rigoureux et déterminé dans les ouvrages des anciens et ayant été diversement interprété par les modernes. F — N.
EPHIPPÜS (Zoologie), Chœtodon ephippus, Cuv.; du grec ephippion, selle. — Ce poisson, aussi nommé Cavalier ou Chœtodon à housse, forme, dans l’ordre des Acanthoptéi'jigiens. famille des Squammipenries, un sousgenre du genre Chœtodon. Il xit dans la mer des Indes, et est remarquable par une dorsale profondément éclian-
crée entre sa partie épineuse et sa partie molle. Cette partie épineuse peut se replier dans un sillon formé par les écailles du dos. Son corps est aplati verticalement, de forme arrondie et long de 0'“,15; ses dents sont déliées, mobiles et élastiques; son museau pointu et sa bouche peu fendue. L’espèce type e.st VE. gigas, Cuv., ou Ephippus géant., que l’on trouve en Amérique.
EPI (Botanique), Spica, du celtique pic, pointe ; l’épi se termine en pointe. — Terme qui s’applique à une inflorescence composée d’un axe commun, portant immédiatement des fleurs sessiles ou presque sessiles. Dans la théorie des inflorescences, certains auteurs déduisent de
Fig. 043. — Extiémilê de l’épi Fig. 944. — Epi composé de la lluuve simple de verveine commune. odorante.
l’épi presque toutes les autres inflorescences ; ainsi le capitule est regardé comme un épi aplati, qui a gagné en largeur ce qu’il a perdu en hauteur ; la grappe n’est autre chose qu’un épi à fleurs pédonculées. L’épi est simple ou composé; dans le premier cas, comme dans le plantain, la jusquiame, le bouillon blanc, la verveine commune, l’axe est tout d’une venue et sans ramification; dans le second, au contraire, comme les épis de l’ansérine bon-he^iià, de la joubarbe, de l’héliotrope d’Europe, il y a ramification. L’épi est pamculé dans la verveine officinale et la menthe verte. Il est digité quand il est divisé à la base en plusieurs rameaux non ramifiés, comme dans l’éleusine, les chloris, Vandi'opogon ischæmum. L’épi est lâche dans la fumeterre officinale, l’orchis à deux feuilles. Il est compacte dans le mélilot, le trèfle des champs; Quelquefois ses fleurs sont en groupes distants les uns' des autres ; il est alors dit intert'ompu, comme dans la lavande, l’alisme damasone. Il est spiculé lorsque, comme dans les Graminées, il se compose de plusieurs petits épis ou épiilets. G — s.
Épi fleuri (Botanique), nom vulgaire du Stachys d' Allemagne (voyez Stachys).
Épi de lait. Épi de la Vierge, Lait d’oiseaü (Botanique). — Nom vulgaire de VOi'nithogale pyramidal, Orn. blanc.
ÉPI DU VENT (Botanique). — Jolie graminée commune dans nos moissons, remarquable par la beauté et la légèreté du panache que forment ses fleurs mollement agitées par le vent, d’où lui est venu le nom de jouet du vcid. C’est VAgrostis spica venii de Linné (voyez Agrostis).
Épi (Chirurgie). — Espèce de bandage, plus connu .sous son nom latin de spica (voyez ce mot).
FPIAIRE (Botanique). — Voyez Stachys.
ÉPIAN (Médecine), — Voyez Pian.
EPIGARPE (Botanique). — Partie extérieure du fruit
(voyez Fruit) .
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ÉPICE (Pain d’) (Économie domestique). — Voyez Pain d’épice.
ÉPICÉA (Botanique). — Nom vulgaire du sapin commun {Abies excelsa, de Cand.) (voyez Sapin).
ÉPICES (économie domestique). — On comprend généralement sous ce nom toutes les substances végétales étrangères, d’une odeur aromatique, d’une saveur chaude et piquante, dont on fait usage pour assaisonner les mets que l’on sert sur nos tables, pour la composition de certaines boissons, quelquefois, pour des préparations pharmaceutiques. Dans ce dernier cas, elles rentrent dans le commerce de la droguerie ; les autres constituent une des branches les plus importantes de Vepicerie.
Presque toutes les épices nous viennent de l’Orient, surtout de l’Asie, plusieurs aussi de l’Amérique et des îles situées entre les tropiques ; telles sont, par exemple, la cannelle, la muscade, le piment, le poivre, le girofle, le gingembre, la vanille ; quelques plantes indigènes ou naturalisées ont aussi pris place à côté de celles que nous venons d’indiquer; ainsi le cumin, la coriandre, le carvi, le fenouil, etc On appelait autrefois fities épices nn mélange, en proportions variables, de poivre, de giroHe, de muscade et de gingembre, d’où lui était venu aussilenom àQ quatre épices; quelques personnes joignaient à ce mélange de la cannelle. On faisait et on fait encore un grand usage des épices dans nos cuisines. Leurs propriétés ioniques et échauffantes les ont fait rechercher depuis longtemps pour stimuler les fonctions digestives, devenues paresseuses surtout dans les pays diauds et humides, où l’on a besoin de réagir contre l’influence délétère de ces climats pernicieux, Ces pi'oductions, qui nous vinrent d’abord par l’Arabie et 1 Égypte, étaient fort recberchées et d un prix élevé; on en distribuait aux convives dans les festins de noces, et on en offrait en cadeau aux personnages les plus considérables et même aux princes ; c’est ainsi qu’un abbé de Saint-Gilles osa joindre plusieurs cornets d’épices à une demande qu’il adressait au roi Louis VIL Mais l’usage le plus connu des épices données en cadeau était celui qui avait trait à la magistrature.
« On donnait le nom d'épices (voyez le Dict. de Biograph. et d’Hist. de Dezobry et Bachelet' aux droits ou honoraires dus aux juges, parce que, dans l’origine, les plaideurs offraient aux magistrats, pour se les rendre favorables ou les remercier, des aromates, des dragées, des confitures, etc. Ces objets furent parla suite remplacés par de l’argent, et la libéralité devint une deite... De bonne he ure, il y avait eu des abus. Saint Louis défendit aux ju ges de recevoir pour plus de lO sous d’épices par semaine... Les épices ont été abolies par les lois du -î août 1789 et du 24 août l‘90. »
Le commerce des épices, quoique moins considérable qu’autrefois, forme encore une branche importante de l’exportation des Indes orientales et de l’Amérique intertropicale; l’Inde, Ceylan, les îles Moluques, sont les principaux centres de production de ces substances. Les Portugais d’abord, puis les Hollandais et les Anglais, ont tour à tour exercé presque le monopole de ce commerce. Mais enfin, dans le siècle dernier, l’intendant de Elle de France, Poivre, plein d’amour pour son pays, eut la gloire d’aller chercher et de transporter, à travers mille dangers,les plantes précieuses qui produisentles épices, et il eut le bonheur de réussir, aidé par le gouvernement et la Compagnie des Indes. F — n.
ÉPICLINE (Botanique). — Lorsque le corps glanduleux appelé nectaire (voyez ce mot) repose sur le réC'^ptacle (voyez ce mot) de la fleur, Mirbel lui donne la (lualification d’épicline. du grec ép>, sur, et clinê, lit; par opposition à celle d'épiggne, du grec gunê^ qui désigne l’ovaire, et par laquelle en qualifie le nectaire placé sur l’ovaire; ainsi, dans le premier cas, on dit un nectaire épichne ; dans le second, un nectaire epigyne.
ÉPICONDYLE (Anatomie). — Chaussier a donné ce nom à la tubérosité externe de l’extrémité inférieure de Vhuniérus (voyez ce mot) à cause de sa position audessus de la petite tète ou condyle de cet os ; du grec épi, sur, et condylos.
ÉPIGBANE (Anatomie), du grec épi, sur; cranion, crâne. — Expression, inusitée aujourd’hui, par laquelle on désignait autrefois le muscle occipito-frontul (voyez ce mot).
ÉPICYCLE (Astronomie). — Cercle dont le centre est ;'i la circonférence d’un autre cercle sur lequel il se meut. Les anciens astronomesernployaient un cercle excentrique pour expliquer les irrégularités apparentes du mouvr-ment des planètes et leurs différentes distances â la
terre. Ils faisaient usage d’un épicycle pour expliquer les stations et les rétrogradations. La planète était censée décrire 1 épicycle, tandis que le centre de ce cercle décrivait la circonférence de l’excentrique, qu’on appelait aussi déférent. Toute inégalité reconnue dans le mouvement de la lune ou d une planète était représentée par un nouvel épicycle. C’était un procédé ingénieux, mais qui n’expliquait rien. Les épicyclesont disparu de l’astronomie, lorsque le soleil a été reconn u comme le centre du mouvement planétaire, et que la nature elliptique des orbites a été constatée (voyez Astronomie).
ÈPICA’CLOIDES (Géométrie). — On appelle épicycloïde la courbe décrite par un point du plan d’un cercle qui roule sans glisser sur un autre cercle fixe. On dit que l’épicycloïde est ordinaire rallongée ou r«ccom’c2e,selon que le point décrivant est situé sur la circonférence génératrice,au dedans ou en dehors. On dit aussi que cet .e ligne
Fig. 943. — EpicjcloiJe.
Qÿ>iexterneo\\ interne, suivant que le cercle mobile roule à l’extérieur ou à l’intérieur du cercle fixe. Notre figure représente l’épicycloïde externe engendrée parle mouvement d’une circon férence sur une autre de rayon double.
L’équation générale des épicycloïdes offre peu d’intéi êt et se prête mal, du reste, à l’étude des propriétés de ces courbes ; mais des considérations géométriques simples peuvent ici remplacer l’analyse, et font voir que les épicycloïdes jouissent de'proprétés analogues à celles de la cycloïde. On trouve, par exemple, que la normale, en un point d’une épicycloïde quelconque, s’obtient en joignant ce point au point où le cercle mobile touche le cercle fixe, et on déduit de là un moyen simple de construire la tangente. On montre aussi que la développée d’une épicycloïde ordinaire est une autre épicycloïde semblable à la première, et on déduit de là la construction du rayon de courbure de la courbe, ainsique celle d’une droite égale à la longueur de l’épicycloïde.
Si l’on suppose en particulier que le rayon du cercle mobile soit la moitié du rayon du cercle fixe, et que le premier roule intérieurement sur le second, les épicycloïdes ordinaires sont un diamètre du cercle fixe, et les épicycloïdes rallongées ou raccourcies sont des ellipses.
Si l’on suppose que le cercle mobile et le cercle fixe aient le même rayon, et que le cercle mobile roule extérieurement sur le cercle fixe, l’épicycloïde ordinaire est une courbe simple, dont l’équation polaire est :
5 = 2a (1 — cos ô)
et qui est un cas particulier de la courbe connue sous le nom de limaçon de Pascal.
ÉPIDÉMIE (Médecine. Hygiène), du grec épi, sur, et déinos, peuple, multitude; maladie qui attaque la multitude. — On entend par l’existence simultanée
d’une même maladie sur un grand nombre d’hommes; ainsi la peste, la fièvre jaune, le typhus, le choléra, la variole, la rougeole, la scarlatine, la suette miliaire, les fièvres intermittentes, la dyssenterie, etc. On peut dire que l’étude des épidémies, prise dans le sens le plus étendu du mot, est peut-être ce que la médecine a de
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plus important, et si elle promet à la science des résultats lieurèux et féconds, c’est à la condition que les hommes qui se consacrenl à ce genre de travail seront doués de ces rares qualités qui se résument dans un génie vaste, un esprit élevé, unis à un grand talent d’observation, à une attention scrupuleuse et soutenue, pour noter les moindres détails, associer des matériaux souvent disparates, et les apprécier à leur juste valeur. Tel était Hippocrate qui n’a pas été égalé, et qui nous a laissé des modèles si parfaits dans ses Aphorismes^ duns son Traité des maladies populaires, dont le premier et le troisième livre paraissent seuls être de lui, et surtout dans son immortel Traité des airs, des eaux et des lieux ;io\ fut vingt siècles plus tard Sydenham, dont on a dit queBoerhaave ôtait son chapeau toutes les fois qu’il parlait de lui.
Les maladies épidémiques, populaires, pestilentielles, peuvent tenir à des causes générales ; ce sont les maladies épidémiques proprement dites; d’autres fois elles sc propagent par contagion, c’est-à-dire par la transmission d’un germe morbifique d’un individu à un autre ; c'est ce qui constitue les épidémies contagieuses. Ainsi, par exemple, la variole, la rougeole, la scarlatine, sont contagieuses ; personne ne le met en doute ; la dyssenterie épidémique, le choléra asiatique, la fièvre typhoïde, ne le sont pas pour l’immense majorité des médecins. Un certain nombre d’entre eux repoussent avec des arguments très-puissants l’idée que la peste, la fièvre jaune, soient contagieuses. C’est donc là un problème très-difficile à résoudre (voyez Coktagion).
La plupart des maladies connues à l'état sporadique sont susceptibles de prendre le caractère épidémique; mais il n’est pas facile de prononcer qu’une maladie a ce caractère, lorsque le nombre des individus affectés dans une localité donnée est limité. Seulement, dans ce cas, la maladie revêt sur tous les sujets un certain air de famille; certains symptômes sont plus accusés; on en observe de nouveaux qui se généralisent, et qui n’existent que rarement et isolément dans l’état ordinaire; bien plus, et ceci est très-remarquable, presque toutes les maladies aiguës, intercurrentes, reçoivent quelques modifications qui leur donnent le cachet épidémique. Considérée dans son ensemble, une épidémie représente assez bien une maladie individuelle, avec ses phases d’invasion , d’accroissement, de summum, de décroissement, et enfin de terminaison ; nous pouvons citer, comme exemples, nos funestes épidémies de choléra, et surtout celle de 1832, précédée d’abord do symptômes précurseurs, tels que dérangements dans les fonctions digestives, diarrhées, puis invasion subite, la maladie atteignant rapidement son summum d’intensité vers le commencement d’avril, puis décroissant vers la fin de mai, recrudescence en juillet, et enfin terminaison graduelle vers la fin de septembre ; c’est le tableau complet d’une maladie individuelle; rien n’y manque. Quelquefois l’épidémie n’attaque qu’une localité restreinte, une ville, un canton ; d’autres fois elle s’étend successivement de proche en proche, et parcourt tout un vaste continent, tel encore le choléra, telle fut aussi la fameuse épidémie catarrhale, dite V influenza, qui, en 1776, frappa la Russie, la Pologne, la Prusse, l’Allemagne, la France, et vint se terminer en Italie.
Il existe entre les épidémies et les endémies des rapports intimes. « Les endémies, dit M. Michel Lévy, sont l’expression pathologique des localités; elles appartiennent en propre à certains pays, y sont permanentes, quoique plus actives, parfois, à certaines époques de l’année. Les épidémies, au contraire, régnent passagèrement et se généralisent davantage. Les premières naissent, pour la plupart, de conditions météorologiques et cosmiques que l’on peut apprécier jusqu’à un certain point; les autres se développent sous l’empire de modifications, presque toujours inconnues, de l'air. Toutefois, des endémies circonscr ites à leur naissance, telles que la peste, la fièvre jaune, peuvent s’étendre sous forme épidémique, sans que leur difiusion s’explique toujours par l’addition d’un élément contagieux. » Ajoutons, pour compléter ce tableau d’une si grande valeur d’appréciation, que d’autres endémies sont essentiellement parquées dans le foyer qui les produit; telles sont les fièvres intermittentes, le goitre, etc., et qu’elles n’en sortent pas, quelle que soit la multiplicité des rapports et des communications avec les contrées voisines. Maintenant l’air est-il le véhicule qui transporte ces miasmes, ces effluves, ces semina, causes du développement des épidémies? Cela paraît probable au moins pour la plupart des cas, si l’on en excepte bien entendu ce qui se propage par le
contact immédiat. Mais quelle est la nature de ce principe morbide? a-t-il son point de départ dans les émanations des malades ? est-ce un produit des exhalaisons du sol? est-ce une modification dans les conditions électromagnétiques de l’air ? vient-il de ces millions de corpuscules répandus dans l’atmosphère et dont l’origine est sinon inconnue, du moinstrès-problématique? Lachimie ne nous révèle rien à cet égard; laissons donc le champ libre aux hypothèses. Une contrée est le foyer d’une épidémie, le choléra, par exemple; nous sommes sur une plage basse et humide, le Delta du Gange, des courants atmosphériques transportent les principes infectieux dans toutes les directions, mais surtout en suivant les cours d’eau, ils sc répandent sur les grands plateaux de l’Asie centrale, rencontrent les sources des fleuves qui vont se déverser dans les mers intérieures ; ils franchissent les monts Ourals, redescendent vers l’Europe sej)tentrionale, puis vers l’Europe centrale, et viennent épuiser leur action sur notre malheureuse France. Mais pourquoi cette direction plutôt qu’une autre? pourquoi môme sont-ils sortis de leurs foyers? c’est que ces principes épidémiques ont besoin de rencontrer sur leur route des conditions où ils puissent développer leur funeste évolution; c’est que si toutes ces conditions favorables n’existent pas au moment môme de leur passage, l’épidémie n’aura pas lieu ; de telle sorte que l’on peut admettre que l’atmosphère est presque continuellement chargée de ces principes sans qu’ils puissent produire rien de fâcheux. Ainsi dans la fameuse épidémie de 1832, le choléra saute brusquement de Londres à Paris, -sans transition ; est-ce que dans ce cas on ne doit pas supposer que les régions intermédiaires touchées par l’atmosphère pendant son trajet n’offraient pas les conditions favorables à l’incubation du fléau? Rien ne s’oppose à ce qu’on admette cette théorie dont nous ne poussons pas plus loin les dévelop-' pements. Dans la grande peste de 1348, improprement appelée peste noire, et que l’on a à tort confondue avec le choléra (voyez ce mot), le point de départ est l’extrême Orient ; de là elle s’étend jusqu’aux rives du Bosphore, puis elle ravage les cctes africaines delà Méditerranée, i’italie, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, enliiî les pays du Nord. Cette peste, « dont bien la tierce partie du monde mourut, » reparut trois fois dans ce malheureux xiv® s'ècle, en 1300, 1373 et 1382. Aux causes dépendant de l’atmosphère et qui rentrent dans cette matièie de l’hygiène connue sous le nom do circumfusa (.l épandus autour), il faut joindre celles qui sont plus prochaines, et dont plusieurs sont les sources mêmes des miasmes que l’air transporte; ce sont les contrées basses et humides, marécageuses, les rives fangeuses de certaines plages maritimes, de certains fleuves, leurs embouchures multiples ; ce sont encore les grandes misères, les grandes calamités publiques, les désastreuses disettes, la famine que nos temps modernes ne connaissent plus, les grandes guerres, surtout lorsqu’elles sont suivies du passage des troupes vaincues; on doit signaler encore l’incurie, la malpropreté générale des populations, leur mauvaise alimentation, etc.
Ici se présente, une question grave et longuement controversée, c’est celle de la propagation, de l’exten.sion des épidémies ; deux opinions sont en présence, les uns pensent qu'elle est due à l’importation par des individus, par des marchandises, en un mot par des objets contaminés; les autres, qu’elle résulte de la marche progressive de l’épidémie, de son extension naturelle. 11 y a du vrai dans ces deux opinions ; à coup sûr, les maladies épidémiques, loi squ’ellessont contagieuses, doivrntle plus souvent se propager par importation; ainsi la rougeohî, la variole, etc. Mais il ne saurait en être tout à fait de môme des grandes épidémies qui, parties du foyer où elles ont pris naissance, s’étendent progressivement, quelquefois avec lenteur, mais sans rien perdre de leur force, de leur violence, marchent par des voies que l’on ne peut calculer d’avance, et, après des ravages plus ou moins étendus, s’arrêtent, s'éteignent et disparaissent sans qu’on puisse en trouve? la cause. Il y a là certainement une influence mystérieuse qui nous échappe, qui est plus subtile que tous nos moyens d’enquête et d’investigation, mais que l’on no peut rapporter à la propagation du mal par importation ; elle ne peut être due qu’à la cause que nous avons signalée plus haut, le transport des principes épidémiques par l’atmosphère, et leur incubation , leur évolution dans les localités favorables à leur développement. Ainsi, lorsqu’on a assisté aux premiers développemejits du clioléra dans une contrée, à la formation successive de ses foyers depuis Marseille jusqu’à Sébastopol, qu’o.i
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a compté les premiers cas de typhus à l’armée, il ne tant pas dire que l’épidémicité n’avait là aucun rôle; on n’a fait que mettre en évidence une chose, c’est la l'ormation même de ces foyers, leur propagation sur la route, par l’encombrement des troupes sur les navires, par leur passage sui- des plages malsaines, avec le froid et l’humidité des nuits, etc. C’est là véritablement, au contraire, que l’épidémicité a presque tout fait; l’importation et l’exportation rt’ont eu qu’un rôle bien secondaire, et il est bien permis de croire que, si par un coup de baguette magique, ces soldats en arrivant dans la Dobrowska eussent pu être ramenés en France par différentes voies dans de bonnes voitures, bien nourris, bien couchés, sans souffrance et sans privation, ils n’auraient nulle part importé et propagé le choléra. « Les esprits superficiels, dit JVI. le professeur Tardieu, et, à plus forte raison, les esprits prévenus n’hésitent pas à imputer à l’importation les premiers cas qui se montrent dans une localité, alors que l’extension naturelle de l’épidémie en donne suffi- .samment la raison, et sans penser qu’avant d’admettre, -dans ces différents cas, la réalité de la transmission contagieuse, il y aurait lieu de rechercher et d’éclaircir bien des détails, etc. » On pourrait appliquer ce raisonnement à presque toutes les épidémies, et en soumettant à un examen sévère tous les faits observés, en leur opposant les nombreuses contre-épreuves ■ susceptibles d’en atténuer la portée, on serait bien près de se ranger à l’avis du savant doyen de la Faculté de Paris.
• Quoi qu’il en soit de toutes ces considérations et quel qu’en soit le mode de- développement, lorsqu’une épidémie éclaté dans un pays, quelle qu’en soit la nature, quel que soit le nombre des malades et des victimes, une influence pernicieuse s’étend sur toute la contrée, et toute la population en ressent plus ou moins les effets par un dérangement dans la santé , tant léger soitil; d’une autre part, il semble qu’il se fait dans ce foyer pestilentiel une espèce d’acclimatement au sein de cette population, et les individus qui ont traversé sans -accident et pendant un certain temps les premières phases de cette épidémie y deviennent plus réfractaires que les étrangers; ceux-ci, en effet, dès leur arrivée, subissent plus facilement les atteintes du mal. L’émigration en temps d’épidémie est une mesure qu’il faut favoriser autant que possible, bien loin de s’y opposer; elle a pour effet d’abord que Témigrant, s’il peut choisir, se transportera dans une localité qui renfermera les conditions hygiéniques les plus favorables; s’il ne le peut pas, il aura toujours la chance d’échapper à une partie du dan- •ger; mais un autre résultat précieux de l’émigration, surtout si elle était nombreuse, ce serait de diminuer l’encombrement de la population, une des plus funestes conditions dans une épidémie.
Les grandes épidémies, les maladies pestilentielles, et c’est de celles-là surtout que nous nous occupons, sont presque toujours annoncées par des avant-coureurs, et surtout par ce qui se passe dans les pays voisins; leur marche progressive les rapproche plus ou moins, ou les éloigne do nous ; dans le premier cas, elles sont presque toujours précédées par des changements plus ou moins notables dans la santé publique; c’est alors que les règles de l’hygiène doivent recevoir une application sévère, d’abord de chaque membre de la population, ensuite des administrations publiques et locales; c’est ici que viennent se placer ces grandes mesures qui, avec le temps, ont amené la diminution de ces désastres publics et môme la disparition de quelques-uns. Les épidémies, suivant le savant Villermé, diminuent de fréquence et d’intensité dans tous les pays qui, de la bai barie et de l’ignorance, passent à l'état do civilisation, ou d’une civilisation imparfaite à une civilisation perfectionnée; les classes malheureuses en sont plus souvent atteintes que les classes aisées. Du reste, l’amélioration progressive qui se fait remarquer dans la manière de vivre, dans les habitations, dans la culture, dans l’assainissement dos terres, dans celui des logements, est une cause incessante qui, avec le temps, doit amener la cessation presque, complète de ces fléaux. Ainsi, la peste d’Orient, si fréquente en France dans le moyen âge, ne s’y est plus montrée depuis celle de Marseille, en 17 20. Après sa première apparition dans notre pays, en 540, un nouveau retour en 580, elle ne reparaît plus qu’en 801 ; mais de cette époque à 1720, on la voit s’acclimater chez nous et ravager notre malheureux pays, à vingt reprises différentes, pendant cette période de neuf siècles. Ce sera donc une conquête immense sur le mal, et qui doit en pi'ésager d’autres du même genre, lorsque les gouverne-
ments auront tous compris, comme ceux que la France a eus depuis sa grande révolution, les devoirs que leur imposent la salubrité publique et les grands intérêts de l’humanité.
Un fait remarquable dans les épidémies, c’est que la mortalité en frappant plus particulièrement sur les enfants et les vieillards, atteint parmi les premiers ceux qui se rapprochent le plus de la naissance, et parmi les seconds ceux qui sont les plus âgés. Une autre observation non moins curieuse, c’est que, dans nos pays civilisés, lesépidémies les plus meurtrières ne diminuent la population que passagèrement ; il y a de cela plusieurs rai.'ons : c’est que, ainsi (jue nous venons de le dire, en enlevant les individus aux deux extrémités de la vie, la mortalité ne fait qne prendre par anticipation une grande partie de. ceux qui seraient morls peu de temps après ; et cela est si vrai que, dans la période qui suit les épidémies, la mortalité est toujours moindre qu’auparavant. Une autre raison, c’est la quantité des étrangers qui viennent, après la cessation du fléau, pour remplir les emplois publics ou particuliers devenus vacants; puis enfin « les mariages et les naissances proportionnellement plus nombreux que jamais. En un mot, les épidémies accélèrent le renouvellement des générations, et leur absence le ralentit. » (Tardieu.)
Nous aurions voulu citer les principales mesures prises en France par l’administration pour atténuer les ravages des épidémies, la création des commissions d’hygiène, leurs fonctions, les instructionsdonnées par l’autorité, etc. Mais la place nous manque pour cela, et nous renvoyons au Dictionn. d’hyg. publiq. de M. Tardieu, article Maladies ÉPIDÉMIQUES. — Voyez aussi Collect. d’observat. sur les éyidémics^ par Lepeq de la Clôture. — Des épidém. sous le rapport de L'hyg. pub’. Villermé {Ann. d’hyg. et de médec.., tom. IX, pag. I ). — Rapp. an?!, sur les e'pid. de 18:f0 à 1852 {Méni. de V Acad . de ?néd.^ tom. I, III, Vf à XVII, in-io). F — n.
EPIDENDRE (Botanique), Epidendrum. Lin., du grec épi, sur, et dend?-on, arbre, qui croît sur les arbres. — Genre de plantes Monocotytédones apérispa^mées, do, la famille des 0?xbidées, type de la tribu des Epideudrées^ sous tribu dos Lœliées. Caractères principaux : labelle onguiculé, adné et parallèle à la colonne, à limbe muni de callosités à sa base ; \ masses polliniques, égales, comprimées , portées sur une caudicule. Les espèces de ce genre, au nombre de plus de soixante, sont de.s plantes qui se développent sur les arbres des régions tropicales. \’E. en coquille [E. cochleatum, Jacq.) est une jolie espèce des Antilles; son labelle est vert, taché de pourpre et en foiane de coquille, h’ E. à odeur de violette {E. ionosmum . L\ndl.) , VE. ixuge {E. phæniceu?n, Lindl.), VE. poide-g?xnouille {E. raniferum, Lindl.), sont aussi des espèces très-remarquables. Plusieurs épidendres exhalent une agréable odeur. Elles se cultivent toutes en serre cliaude.
EPIDENDRÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Orchidées yvoyez Epidend?x}. Elle, comprend des herbes épiphytes ou terrestres, souvent caulescentes et croissant presque toutes dans l’Amérique intertropicale; l’Asie n’en possède qu’un petit nombre. Leur pollen est cohérent en masses céracées, pourvues de caudicules souvent repliés, sans glande propre. Genres principaux : Cœlogyne, Lindl. ; R ho lidot a, Linà\. Epide?id?'um, Lm. y Cattleya, Lmdl ; B ?'asavola, R. Br.; Bletia, Ruiz et Pav.
EPIDERME (Anatomie), du grec épi, sur, et der?na, peau. — L’épiderme est une membrane mince, insensible et formée de cellules qui recouvrent le derme ou partie plus profonde de la peau chez l’homme et chez les animaux en général (voyez Peau).
Epidehme (Botanique), du grec épi, sur, et de?'ma, peau. — On nomme ainsi l’enveloppe sèche, mince, transparente, qui recouvre tous les organes des plantes sous forme de membrane généralement incolore. Cet épiderme, nommé aussi cuticule, e^t composé d’un tissu cellulaire plus ou moins adhérent. De Candolle a, le premier, distingué deux sortes d’épidermes, l’une qui recouvre les organes herbacés, encore jeunes, à laquelle il réserve le nom de cuticule, et l’autre qui recouvre les vieux troncs, et qui est pour lui le véritable épiderme. La cuticule porte souvent des pods d’une nature spéciale à chaque plante, et des ouvertures appelées stomates. Les travaux anatomiques les plus importants sur l’épiderme sont : Treviranus, Vermischte Sclirift, t. IV, p. 8(1821); — Amici, Ann. sc. natur., \. II, p. 2f 1 (182'i) ; — Ad. Brongniart, A?in. sc. natur. (1824 et 1834).
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EPIDOTE (Minéralogie). — Pierre précieuse qui, chimiquement, est un silicate double d’alumine et d’une base monoxyde, dans lequel le rapport de l’oxygéne de la silice à celui des bases sesquioxyde et protoxyde est celui dos nombres 3, 2, 1. Le protoxyde peut être de la chaux, de la magnésie, de l’oxyde de fer ou de l’oxyde de manganèse; de là des teintes variables dans les différentes épidotes ; ainsi la thallite est verte, la zdisite est grisverdâtre, Vépidote manganésienne est violacée. Tantôt elles sont transparentes, comme celles du Dauphiné, et tantôt opaques, comme à Arendal (Norwége). L’épidote raye le verre : sa densité varie de 3,25 à 3,46. Au chalumeau, elle se boursoufle, fond sur les bords ; elle est inattaquable aux acides. Ce minéral cristallise dans le système du prisme rhomboïdal oblique : l’angle des pans du prisme est de 115® 41'. Les cristaux sont souvent groupés et ont alors une forme assez complexe. Outre l’épidote cris allisée, on trouve des variétés basilaires qui rapprochent encore l’épidote du pyroxène, de l’amphiboie et même de la tourmaline avec lesquels ou pourrait la confondre quelquefois. Lef.
EPIGASTRE (Anatomie), du grec épi, sur, et gastèr^ estomac. — Nom scientifique de la région du ventre au milieu de laquelle est le creux de l’épigastre
est la partie moyenne et supérieure du ventre; il se trouve circonscrit de chaque côté par les hypocondres ; en haut, par l’extrémité inférieure (apophyse xiphoïde) de l’os sternum; en bas, parla région ombilicale. Le creux de l’estomac est la partie la plus remarquable de l’épigastre, parce que la pression y fait naître une sensation toute particulière qui devient facilement douloureuse. C’est qu’en effet, au niveau de cette partie se trouvent intérieurement des organes d’une grande importance : le foie, l’es'.omac, et dans le voisinage intime de ce dernier une des portions importantes du système nerveux de la vie de nutrition, le plexus solaire. Du reste, cette sensibilité du creux de l’estomac n’est pas un avertissement trompeur, et les coups portés dans cette partie sont toujours dangereux et peuvent tout au moins produire des troubles sérieux dans les fonctions digestives. Il en résulte souvent aussi des contusions graves du foie, à la suite desquelles peuvent se développer des maladies chroniques de cet organe. Dans certains cas, le coup portant plutôt sur l’estomac peut devenir la cause occasionnelle d une altération de ses tissus et de tumeurs de mauvaise nature. F — n.
EPIGASTRIQUE (Anatomie), qui appartient à V épigastre. Ainsi : Centre épig., Région épig.^ Vaisseaux épia.
Centre épigastrique (voyez Centre).
Région épigastrique (voyez Epigastre).
Vaisseaux épigastriques. — 1“ Id artère épigastrique est une des branches de Viliaque externe ; elle s’en sépare du côté interne, presque immédiatement au-dessus de l’arcade crurale, ordinairement un peu plus haut que la circonflexe iliaque, rarement plus bas; elle descend ensuite en dedans, puis se recourbe au-dessous des vaisseaux spermatiques, et remonte à leur côté interne derrière la paroi antérieure de l’abdemen, entre le péritoine et le fascia transversalis, à l’endroit où celui-ci forme la paroi postérieure du canal inguinal ; elle continue ensuite de monter vers le muscle droit, jusqu’un peu au-dessous de l’ombilic où elle s’anastomose avec une branche de la mammaire interne. Comme on le voit, cette artère par sa position a une importance extrême au point de vue de la hernie inguinale, et en effet, il ne faut pas oublier qu’elle correspond à l’intervalle des deux orifices du canal inguinal, de telle sorte que, placée d’abord derrière le cordon des vaisseaux spermatiques et l'ouverture du fascia transversalis, elle se trouve située en dedans de cette ouverture, et plus en dehors que l’orifice externe. Il résulte de là que lorsque la hernie inguinale suit le trajet du cordon, l’artère est en arrière et en dedans du col du sac ; si elle s’est engagée directement en forçant la résistance du fascia transversalis, l’artère sera située en dehors ; distinction très-importante dans l’opération de la Hernie inguinale. 2“ La veine épigastrique, qui suit le même trajet que l’artère, se jette dans la veine iliaque externe. F — n.
EPIGÉNÈSE (Physiologie), du grec épi, sur, et génésis, production. — Doctrine physiologique et philosophique concernant le mode de production des corps vivants, et où l’on n’admet, dans le germe, la préexistence! d’aucun organe, d’aucun tissu; ces parties se forment successivement sur place et pour ainsi dire de toutes pièces. Cette doctrine est opposée à celle
de Y évolution (voyez ce mot et celui de ReproductionV
EPlGÉNlE (Minéralogie), du grec épi, sur, et génos, naissance. — Il n’est pas rare de rencontrer des substances minérales sous des formes qui leur sont étrangères, mais qui appartisnnent, au contraire, à d’autres substances parfaitement distinctes des premières. Ainsi le carbonate vert de cuivre se montre parfois sous les formes cristallines de l’oxyde de cuivre; le sulfure de plomb affecte parfois celles du carbonate, du sulfate de ce métal. Ces singuliers phénomènes s’expliquent par une transformation lente et progressive du corps dont la forme persiste quand un nouveau corps s’y est substitué; ainsi des cristaux d’un se! de plomb, placés dans un courant continu de gaz hydrogène sulfuré, passent à l’état de sulfure sans changer de forme. C’est de la même manière qu’un dé d’argent tombé dans les lieux d’aisances peut y être retrouvé converti en sulfure d’argent, avec sa forme encore bien reconnaissable ; qu’une bague d’or suspendue au-dessus d’un bain de mercure se change en un amalgame de mercure et d’or, sans avoir perdu sa forme. L’action chimique des gaz ou des vapeurs sur des substances à l’état solide donne lieu à ces curieuses substitutions auxquelles on a spécialement réservé le nom à’ épigénies.
EPIGÉ (Botanique), du grec épi, sur, et gè, terre. — Se dit des cotylédons qui, dans la dernière période de la germination, sortent de terre par suite de l’allongement de la tigelle et se montrent au-dessus du sol comme pour protéger les jeunes organes que la jeune tige développe à son sommet. Saintine, dans son livre de Picciola, a poétiquement décrit le rôle des cotylédons épigés, quand un orage vient menacer la jeune plante, héroïne de son roman .
EPIGLOTTE (Anatomie), du grec épi, sur, et du français glotte. — Sorte de soupape fibreuse placée dans l’arrière-gorge, sous la base de la langue et au-dessus de l’orifice du canal aérien nommé glotte (voyez Digestion, Respiration). Ce prolongement fibreux, destiné à fermer la glotte pendant que sont avalés les aliments, n’existe que chez l’homme et les animaux mammifères.
On a aussi, par analogie, nommé épiglotte l’anneau qui forme les lèvres des stigmates ou orifices respiratoires des insectes.
EPIGYNE, Epigïnie (Botanique), du grec épi, et gynê, femelle. — Terme qui s’applique aux parties insérées directement sur l’ovaire, comme peuvent Têtre le calice, la corolle, les étamines ou le disque. Le calice et la corolle sont épigynes dans les composées, les caprifoliacées, les ombellifères . Idépigynie des étamines est un des trois modes d’insertion (voyez Hypogyne et Périgyne) découvert et pris pour caractère par Ant.-L. de Jussieu dans sa Méthode naturelle. Enfin, le disque (voyez ce mot) peut être aussi épigyne comme dans les ombellifères. On le distinguera facilement de l’ovaire à sa couleur toujours différente de celle de ce dernier.
EPILATION (Chirurgie). — Voyez Dépilation .
EPILEPSIE (Médecine), en grec epilèpsia, dérivé de epilambanô, aoriste, epilèpsomai, je surprends. — Maladie chronique des centres nerveux, et en particulier du cerveau, revenant par accès plus ou moins longs, plus ou moins éloignés les uns des autres. Elle est caractérisée par des attaques convulsives, avec perte subite et complète de connaissance, gonflement rouge et même violacé de la face, écume à la bouche ; les muscles de la face se contractent irrégulièrement ; les paupières sont quelquefois fermées; d’autres fois elles sont agitées de mouvements très-rapides; les yeux se meuvent convulsivement ; la langue s’allonge, sort de la bouche, est saisie, souvent déchirée entre les dents qui se serrent, et dont le grincement est quelquefois si fort qu’elles se brisent. On voit des épileptiques pousser des gémissements, des soupirs, et même des hurlements plus ou moins prolongés. En un mot, le désordre dans les mouvements musculaires est porté à son comble, et les convulsions peuvent s’observer dans toutes les parties du corps avec une rapidité, une violence et une irrégularité inimaginables. Pendant ce temps, le pouls participe en partie à ce désordre ; il peut être petit, fréquent, dur, inégal ; quelquefois il s’efface et devient imperceptible, etc. La respiration est convulsive; il y a des borborygmes, des vomissements, des déjections involontaires ; on a vu le sang couler par le nez, les oreilles. Ces accès, dont la violence présente des nuances infinies, dont la durée et les retours sont très-irréguliers, ont généralement une invasion brusque ; cependant ils sont quelquefois précédés de svmntômes précurseurs, et
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Georget pense que ces derniers sont dans la proportion d’un quart ou un cinquième sur la totalité. M. Beau a trouvé que cette proportion était de moitié. Quelquefois, lorsque les attaques sont annoncées d’avance, le malade pourra essayer de les prévenir par l’inspiration d’une odeur piquante, telle que l’ammoniaque liquide ; mais cela arrive rarement. Dans ces cas, quelques malades ont le temps d’appeler à leur secours ; ils sentent leur attaque venir, puis ils perdent la faculté de parler, puis bientôt ils perdent connaissance. Les auteurs parlent d’un aura epileptica que ressentent les malades à ce moment; ainsi dans une partie quelconque du corps, au sommet de la tête, dans un membre, aux pieds, aux doigts, etc., ils éprouvent un sentiment de froid., de fraîcheur^ quelquefois de chaleur., de frissonnement^ d’eng ourdisse ment ; une espèce de vapeur part de cet endroit, se dirige vers le cerveau, et, arrivée là, détermine l’accès. Suivant M. Herpin, Vaura epileptica n’est que la première manifestation convulsive de l’attaque. Du reste, ces cas paraissent être les plus rares, le plus ordinairement cette sensation n’existe pas, et l’accès, comme nous l’avons vu, arrive brusquement. Ceci démontre de quelles précautions il faut entourer de pauvres malades qui peuvent être pris de leur mal, et tomber subitement à tous moments.
La frayeur paraît être la cause la pins fréquente de l’épilepsie; c’est Topinion générale des médecins de tous les temps et de tous les pays, et, parmi les modernes, Tissot, Esquirol, Georget, l’ont signalée d’une manière spéciale. J. Frank pense qu’elle doit compter pour les trois quarts. Viennent ensuite les violentes commotions morales, les passions vives, la colère, les chagrins profonds, les contentions d’esprit soutenues, surtout chez les jeunes sujets Cette maladie est souvent une suite de l’idiotisme. Suivant Georget, on trouve un épileptique sur huit ou dix idiots. Parmi les causes internes et prochaines, on a cité l’épaississement des os du crâne, le développement d’une exostose, d’une tumeur anormale dans quelque partie du cerveau, etc.
Il n’est pas toujours facile de distinguer l’épilepsie de quelques autres maladies nerveuses, telles que l’éclampsie, l’hystérie. Voici quels sont les caractères principaux de l’épilepsie donnés par Georget : « 1“ Perte subite, complète et profonde de connaissance. 2® Convulsions plutôt tétaniques que cloniques, c’est-à dire plutôt brusques que tumultueuses. 3® Intensité des convulsions plus grandes d’un côté que de l’autre. 4“ Turgescence violacée de la face, remplacée vers la fin de l’accès par une pâleur extrême. 5® Bave écumeuse par la bouche. 6® Etat d’aberration mentale, ou au moins d’hébétude après l’attaque. Si de pareilles attaques se renouvellent plusieurs fois pendant plusieurs semaines ou quelques mois, laissant des intervalles d’une assez bonne santé, il n’est pas douteux que l’individu ne soit épileptique, et les attaques d’hystérie ne présentent point ces caractères réunis. » Il sera possible aussi , en observant ces règles , de distinguer l’épilepsie vraie de celle qui est simulée dans un but frauduleux et coupable, soit par certainsjeunes gens qui veulent se soustraire au service militaire, soit par des mendiants pour exciter la commisération publique. Dans ce dernier cas, on aura aussi à voir si le col n’est pas serré outre mesure pour déterminer le gonflement et la rougeur de la face; si le malade ne s’est pas laissé tomber dans un endroit bien choisi pour ne pas se blesser, et pour être à l’abri de tout danger; les épileptiques vrais, étant presque toujours pris de leur attaque subitement, peuvent tomber même au milieu de la rue, devant une voiture. 11 faut remarquer aussi que l’insensibilité devant être absolue dans l’épilepsie, on devra s’en assurer lorsque l’on soupçonnera la fraude; ainsi par les odeurs piquantes, par des pincements de la peau, par des piqûres légères, etc. Enfin, le docteur Marc père dit que lorsqu’on a étendu avec peine le poignet et le pouce contractés , ils ne se fléchissent pas de nouveau chez les vrais épileptiques, tandis que chez les autres ils repren nent promptement leur position antérieure, comme fait un ressort.
l e traitement de cette cruelle maladie a successivement embrassé presque toute la thérapeutique; on a essayé même les poisons, les opérations chirurgicales; on a essayé et vanté tour à tour la valériane (Tissot), le quinquina, le musc, le camphre, l’opium, l’huile animale de Dippel extraite de la corne de cerf, par distillation). La nitrate d’argent préconisé à son tour a été rejeté comme dangereux, surtout par Esquirol; nous n.’en (iiiiriunspas, si nous voulions citer tous les médicaments
employés, vantés, puis abandonnés successivement; mais nous devons dire un mot de l’oxyde de zinc, administré d’abord par Gaubius, puis par Hufeland ; un peu oublié plus tard, il a été de nouveau préconisé par le docteu.^ Herpin, de Genève, dans un travail remarquable sur cette maladie. L’auteur assure avoir guéri, par son emploi, huit malades sur dix. Dans ces derniers temps, M. Herpin a remplacé l’oxyde par le lactate de zinc, qu’il donne d’abord à la dose de 0®r,io à p^r jour, en augmen-
tant progressivement jusqu’à 2 grammes. Quant au traitement des accès, il n’y a absolument rien à faire; seulement, il faut déposer le malade dans un lieu calme, tranquille et bien aéré, le soustraire, autant que possible, à la vue des passants, desserrer tous les liens qui pourraient gêner la respiration et la circulation, et surtout faire en sorte qu’il ne soit pas tourmenté par la so'lieitude trop empressée des personnes qui voudraient lui procurer un soulagement impossible; il faut, en un mot, le laisser tranquille et veiller seulement à ce qu’il ne se blesse pas dans ses mouvements convulsifs.
La maladie qui nous occupe a été connue dès la plus haute antiquité. Elle avait tellement frappé les esprits par l’aspect extraordinaire de ses accès, par leur rapidité et leur violence, qu’on lui avait donné le nom de maladie sacrée., et c’est encore ainsi qu’Hippocrate la désigne dans le travail remarquable qu’il lui consacre. Après lui, Celse, Pline, Arétée, Cœlius Aurelianus, l’ont appelée des noms de mal d'ttercule, grand maf mal caduc.,mal démoniaque ; plus tard, en France, on lui a donné les noms de mal caduc., haut mal., mal de saint Jean, mal de terre, mal des enfants, parce qu’elle est particulièrement fréquente dans l’enfance.
L’histoire offre un certain nombre d’exemples d’épileptiques illustres, chez lesquels un développement intellectuel remarquable, uni à des passions violentes de toutes espèces, à de grandes commotions morales, souvent à des excès de tout genre, de travail, de veilles, et même de débauche chez quelques-uns, ont dû avoir une grande influence sur le développement de la maladie ; tels furent, dit-on, J. César, Mahomet, Pétrarque, peut-être Alexandre, et même Attila, dont la vie et la mort présentent une réunion si extraordinaire et si bizarre d’événements presque inexplicables sans l’intervention d’une cause morbide ou surnaturelle.
L’e/n7e/).ÿie s’observe souvent chez les animaux domestiques. Ainsi le cheval présente, dans ces accès, les mômes phénomènes que l’homme; dans les ruminants, ils sont plus violents, et la bave est mêlée des aliments qui reviennent de la panse. Le chien pousse quelquefois des cris plaintifs,, et, après la crise, on le voit souvent se sauver comme s’il était poursuivi. Chez le porc, les accès se succèdent rapidement, et l’animal périt en général rapidement. Cette maladie ne pouvant être constatée que par les accès est mentionnée parmi les vices rédhibitoires, avec trente jours de garantie pour le cheval et le bœuf.
Les principaux travaux à consulter sur l’épilepsie sont : Recherches et observations sur Vé\dlepsie, Paris, 1803, par J. -G. -F. Maisonneuve; — Dictionn. des scienc. médic., article Epilepsie, par Esquirol; — Traité des maladies rnentales, par le même ; — Dictionn. de méde~ cme, article Epilepsie, par Georget; — ArcJdv, génér. de médec., 2' série, t. XI, par M. Beau ; — De V épilepsie, par le docteur Herpin, de Genève; — Traité de l’Epilepsie. par Delasiauve, 1 vol. in-8®. F — n.
EPILLET (Botanique), diminutif à’épi. — On nomme ainsi, dans l’inflorescence des Graminées, les petits rameaux de fleurs qui constituent l’épi. Suivant qu’il porte une , deux , trois , ou tin plus grand nombre de fleurs, l’épillet est dit uniflore, hiflore, triflore, multiflorc. L’épillet est muni à sa base de deux bractées nommées glumes (voyez ce mot), qui renferment une ou plusieurs fleurs accompagnées aussi de leurs bractées (voyez Gp.a-