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ERI

M. Léveillé range dans sa division des Clinosporées ecioclines, genre Sphacelia^ espèce Sphacelia segetum. Ce champignon, suivant lui, se développe le plus souvent sur l’ovaire môme d’une fleur malade, sous l’apparence d’une matière molle, jaunâtre, qui recouvre l’ovule et n’est autre chose que le champignon lui- même ; celui-ci s’accroît rapidement, le péricarpe refoulé se détache ; mais bientôt l’ovule affecté par la présence de la sphacélie prend un développement anormal ; le champignon, de son côté, finit par ne plus entourer que son extrémité, sous la forme d’un petit corps blancliàtre, friable, qui se détache au moindre choc ; c’est ce qui fait qu’on le retrouve rarement après qu’il est récolté (voyez Bulletin de la Société philomatique^ séance du 28 août 1847; voyez aussi les travaux de M. Tulasne sur le même sujet). Ce dernier savant regarde, du reste, le champignon dont il est question comme une forme transitoire, une période germinative par exemple , en un mot, le mycélium du champignon. Pour M. Léveillé, au contraire, c’est le champignon dans son état parfait. On doit à Vauquelin une analyse complète de l’ergot. Mais plus récemment M. Wiggers en a donné une plus complète, insérée dans le Journal de pharmacie ,X . XVIII, dont les résultats y démontrent : fongine, 4G,19 ; huile grasse non saponifiable, 35,00; ergotine, 1,26 ; gomme et principe colorant rouge, 2,33 ; osmazome, 7,7G; phosphate acide de potasse, 4,42; albumine végétale, ï,4G; plus, du sucre cristallisable, de la cérine, de la silice, du phosphate de chaux.

Au point de vue médical^ l’ergot est important à considérer comme agent toxique et comme agent thérapeutique.

§ I. Comme agent toxique ^ il constitue une forme de maladie connue sous le nom dJ ergotisme (voyez ce mot).

§ II. Comme agent thérapeutique.^ le seigle ergoté était employé plus ou moins secrètement par quelques personnes pour activer le travail de l’enfantement, lorsqu’un des premiers, Prescott, médecin américain, fit connaître, ]iar des expériences suivies, les propriétés de ce médicament et son action pour provoquer les contractions utérines. Malgré les assertions contraires de Chaussier, cette action ne peut guère être révoquée en doute, et aujourd’hui elle est presque généralement admise; mais, par cela même, l’administration de ce remède doit être faite avec une grande prudence; ainsi on ne devra le donner que vers la fin du travail, lorsque les contractions languissent, et qu’il ne faut plus que quelques efforts pour que l’accouchement se termine; en le donnant trop tôt, on aura à craindre de provoquer des contractions violentes qui ne suffiront pas encore pour terminer l’accouchement, puis viendra nécessairement un collapsus pendant lequel le travail ne marchera pas, et la femme perdra ses forces ; d’un autre côté, la violence des contractions et l’absorption du médicament peuvent être préjudiciables à l’enfant. On doit l’administrer à la dose de 2 grammes de poudre dans un verre d’eau, par cuillerées, toutes les cinq minutes. Le même moyen a encore été administré contre les hémorrhagies utérines, surtout celles qui accompagnent ou suivent le travail de l’enfantement (voyez Ergotine). F — n.

Ergot de coq (Botanique). — Nom vulgaire du Panic pied de coq {Panicum crus-galli , Lin.). On a encore donné quelquefois le nom spécifique dîErgot de coq au Néflier pied de coq {Mespilus crus-galli , Lin.).

ERGOTINE (Chimie organique. Thérapeutique). — Ce nom a été donné à deux substances qui offrent entre elles des différences assez remarquables. V ergotine de M. Bonjean de.Chambéry s’obtient en épuisant^ par de l’eau, de la poudre de seigle ergoté, évaporant ensuite les liqueurs à la consistance de sirop, et ajoutant un grand excès d’alcool qui précipite toutes les parties gommeuses et les sels insolubles dans l’alcool; on a alors une espèce d’extrait mou, rougeâtre, tenant en dissolution les sels déliquescents, l’osmazôme, le sucre, et surtout V ergotine de M. Wiggers, toutes parties qui sont contenues dans l’ergot. Vergotine de M. Wiggers est un principe végétal, âcre, amer, d’une odeur nauséabonde, insoluble dans l’eau et dans l’éther, soluble dans l’alcool. « C’est probablement, dit M. Guibourt, une matière colorante résinoïde. »

ERGOTISME (Médecine). — C’est ainsi qu’on désigne les affections déterminées par les effets toxiques du seigle ergoté. Lorsque les grains ergotés sont mêlés en proportion assez notable avec de bon grain, il peut résulter de leuremploides accidentsde nature assez différente. Le plus

souvent, ce sont des gangrènes des membres inférieurs, précédées de fourmillements, d’engourdissements, de douleurs, de sentiment de froid ; la peau devient livide; elle est quelquefois sèche , noire. La maladie peut commencer par le centre des membres ; d’autres fois, par les orteils ; bientôt il se forme des phlyctènes, puis des points gangréneux ; on voit alors se détacher des phalanges, môme des doigts, et quelquelois la jambe entière, etc. A tous ces points de vue, les différentes épidémies observées ont présenté des symptômes très-variés. Quelquefois, au lieu de la gangrène, il survient, après les premiers symptômes énoncés plus haut, des contractions spasmodiques, convulsives, dans les membres affectés ; les malades poussent des cris aigus et sont dévorés par un feu qui les brûle ; les facultés mentales sont perverties, il y a des vertiges et toute une série de symptômes épileptiformes, etc. Le traitement d’une aussi cruelle maladie offre de grandes difficultés. Après avoir éloigné la cause du mal, s’il y a des signes de congestion cérébrale ou d’irritation des organes digestifs, on pourra avoir recours aux émissions sanguines, mais avec beaucoup de réserve; les boissons acides, quelques potions stimulantes, des frictions, des fomentations chaudes, excitantes, aromatiques, etc. (voyez Raphanie). F — n.

ERIGA (Botanique). — Nom scientifique de la Bruyère, ERICACÉES ou Ericinées (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes. Elle a pour type le genre Bruyère {Erica). Caractères principaux ; calice persistant, libre, à 3-4-5 divisions égales; corolle souvent persistante, régulière ou très-rarement irrégulière, à 4-5 lobes ; anthères munies d’appendices et s’ouvrant ordinairement par un ou deux pores au sommet ; ovaire libre entouré d’un disque et divisé en 3-5 loges; capsule renfermant de nombreuses graines. Les éricacées sont des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux à feuilles opposées ou verticillées, coriaces, entières. Elles habitent les climats tempérés, et quelquefois assez froids. Le plus grand nombre se rencontrent dans l’Afrique australe, au Cap. Quelques espèces ont des propriétés astringentes et diurétiques. Genres principaux : Bruyère {Erica , Lin.); Arbousier {Ârbutus.f'Ioavïi.)-., Jnr/rowe^n,Lin.,etc. (voy. ces mots).

ERICULE (Zoologie), Ericulus, Is. Geoff., diminutif de erinuceus., hérisson. — Genre de Mammifères, de l’ordre des Carnassiers, famille des Insectivores, formé par Js. Geoffroy, aux dépens des Tanrecs, propres à l’île de Madagascar. Ils ont sur la tête, un pelage ordinaire, mais portent de fortes moustaches dirigées en arrière; aussitôt après le cou, des piquants très-résistants remplacent brusquement les poils et recouvrent le dos. Leur, tête est moyennement large; leurs pieds ont cinq doigts munis d’ongles longs; leur queue est très-courte. Les deux espèces connues, qui se plaisent dans les forêts de Madagascar, sont : le Sora (E. nigriscens, Is. Geoff.), de 0“,I5 de long, et le TendracfE. spinosus, Is. Geoff.) dont les mœurs ont été peu étudiées.

ERIGERON (Botanique), Lin.; du grec erion, poil, et gerôn, vieillard ; parce que les capitules se couvrent d’aigrettes de soies blanches peu de temps après la floraison. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales périgynes, famille des Composées , tribu des Astéracées, sous-tribu des Astérées. Ce sont des herbes à capitules presque hémisphériques, à disque jaune. On les connaît aussi sous les noms de Vergerettes, Vergerolles. \!E. âcre (E. acre. Lin.) est une plante très-abondante en Europe, dans les lieux arides. Les fleurons de la circonférence sont d’un rose violet. UE. du Canada {E. canadense. Lin.) est très- commun dans toute l’Europe, quoiqu’il soit originaire de l’Amérique septentrionale. On pense que sa propagation, facilitée par ses akènes aigrettés, est due à l’usage qu’on en faisait au Canada pour emballer des produits destinés à l’Europe, notamment les peaux de castor. UE. gracieux {E. speciosum, de Cand.), plante de la Californie, se cultive dans les jardins à cause de ses capitules d’un beau violet foncé. Il en est de même pour VE. très-grand {E. maximum , Otto) du Mexique ; cette espèce a les ligules longues quelquefois de 0“,0l5, et teintées de blanc pourpré. UE, glabre {E. glabellum, Nutt.), de l’Amérique du Nord, est une belle plante vivace portant tout l’été des fleurs rassemblées en un large capitule de 0“,35, à rayons lilacés, à disques jaunes. Caractères : capitules multiflores; fleurons de la circonférence ligulés; fleurons du disque tubuleux ; akènes comprimés, à aigrettes composées de soies scabres sur plusieurs rangs. G — s.

ERIGNE , Airine, Erine (Chirurgie, Anatomie), du

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