‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 324 sur 385 · ERI · texte numérisé non relu

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grec airô, je soulève, je lève. — Petit instrument formé d’une tige do fer, quelquefois d’or ou d’argent, longue do0“' 12 à 0”, 15, et dont chacune des extrémités est terminée par un crochet acéré. La partie moyenne, au lieu d’être arrondie, est quelquefois plus ou moins aplatie ; dans tous les cas, elle est plus épaisse et s’en va en diminuant de volume vers ses extrémités. On se sert de l’érigne dans les dissections délicates, et dans quelques opéi'ations chirurgicales pour soulever, écarter certaines parties que l’on veut ménager, ou pour mettre à découvert celles qui sont sous-jacentes. On se servait autrefois d’une érigne montée sur un manche, et qui, par conséquent, n’avait qu’un seul crochet. Quelquefois, on ajoute à l’érigne double dont il a été question plus haut une chaînette fixée à sa partie moyenne par un petit anneau, et terminée par un troisième crochet. Museux , chirurgien de Reims, a fait construire des pinces qui portent son nom, et dont les branches sont terminées par un crochet, ce qui constitue une double érigne. On s’en est servi avantageusement dans la résection des amygdales.

ERINE (Botanique), Erinus, Lin. ; nom donné par les Grecs à une sorte de campanule. — Aujourd’hui c’est un genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes^ famille des tribu des Digitalées. Carac-

tères ; corolle à tube court, bilabiée, à lobes inférieurs recouvrant les deux supérieurs dans la préfloraison ; capsule sillonnée s’ouvrant en deux valves. L’E. des Alpes {E. alpinus^ Lin.) est une jolie plante vivace gazonnante, à feuilles spatulées, dentées. Ses fleurs, disposées en grappes, sont purpurines, blanches ou bleuâtres, et répandent une odeur agréable. Cette espèce croît dans les montagnes de la France méridionale, en Suisse, en Espagne, etc. Nommée vulgairement Manddine.

ERIOCAüLON (Botanique), Lin.; du grec erion^ laine, kaulos, tige. — Genre de plantes Monocoiy/édones périspermées, type de la famille des Eriocaulonées , voisine des Restiacées. 11 comprend des herbes dioïques, à feuilles radicales, linéaires, aiguës, à feuilles caulinaires, engainantes ou milles. Leurs fleurs sont réunies en capitules globuleux, accompagnées de bractées formant invoiucre. Les espèces de ce genre, au nombre de cent trente environ, habitent les régions tropicales. Elles paraissent être très -abondai! tes en Australie. L’Europe n’en possède qu’une seule, récoltée en Irlande. La plupart pourraient servir comme plantes d’ornement, si l’on en croit les voyageurs qui les ont observées vivantes. Trois ou quatre espèces seulement sont cultivées dans quelques serres d’Europe. Bongard, puis Martius, ont étudié d’une façon toute spéciale ce genre intéressant, ainsi que la famille des Eriocnidonées.

ERIOGAÜLONÉES (Botanique). — Voyez Eriocaulon.

ERIODE (Zoologie), Er iodes, Is. Geoff. ; du grec eriodès, laineux. — Genre de Mammifères de l’ordre des Quadrumanes, détaché du genre Aièleow Singes de VAmérique. Ils n’ont pas les narines percées sur le côté, comme cela a lieu pour les singes du nouveau continent, mais inférieurement comme ceux de l’ancien. Ils se distinguent en outre par l’absence d’abajoues et de callosités ; leur queue est longue et prenante, et ils ont vingt-quatre molaires. Leurs formes sont grêles et leurs membres longs; leur pelage est laineux et doux au toucher. Ls habitent les forêts primordiales, celles du Brésil principalement, et ils se réfugient au sommet des arbres les plus élevés, à l’approche de l’homme. Ils poussent, pendant tout le jour, des cris particuliers que les voyageurs représentent en disant quela voix de ces animaux est sonore et claquante. Geoffroy en compte trois espèces ; VE. arachnoïde {E. arachnoides, Geoff.), privé de pouce aux membres antérieurs; VE. à tubercule {E. tubcrifei\ Geoff.), à pouce rudimentaire; et VE. hémidactyle {E. hemidacfyles, Geoff.), qui porte à chaque main un petit pouce onguiculé.

ERIODENDRON (Botanique), de Cand.; du grec erion, laine, et dendron, arbre, à cause du duvet qui entoure les graines. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, famille des Ste> culiacées, tribu des Bombacées. Caractères : étamines soudées en un tube divisé au sommet en 5 faisceaux; capsule â 5 loges renfermant de nombreuses graines entourées de duvet. L’E. à fleurs laineuses (E. leiantherum, de Cand. ; Bombax erianthos, Gav.) est un arbre élevé ; son tronc est hérissé d’aiguillons; ses fleurs sont grandes, laineuses et écarlates. Dans VE. à anthères tortueuses [E. anfractuosum, ùq Cand.; Bombax pentandrumy Lin.) , elles sont petites et couvertes de poils

soyeux. Cette espèce vient des Indes orientales. La première croît au Brésil.

ERIOGONUM (Botanique), du grec mon, laine, poil, et gonu, articulation, parce que les plantes sont souvent couvertes de poils et que les tiges sont articulées. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogqnes, famille des Polygonees, voisin de celui des Renouées dont il se rapproche beaucoup ; établi par Michaux pour une plante qui croît dans les sables arides de la Géorgie et delà Caroline, il renferme aujourd’hui une trentaine d’espèces.

Ce sont dos plantes vivaces, à feuilles radicales, serrées, les caulinaires en forme de coins; fleurs blanches ou jaunes; calice campanulé; 9 étamines; semence triangulaire. On en cultive quelques espèces dans les jardins botaniques.

ERIOPHORE (Botanique), Eriophorum, Lin. — Voyez Linaigrette.

j ERIPHIE (Zoologie), Eriphia, Latr. ; du grec eriphion, petit chevreau. — Genre de Crustacés, ordre des Decnfamille des Brachyures, section des Quadrilatères, établi par Latreille pour quelques espèces qui ont le test presque en cœur, tronqué postérieurement ; les antennes externes longues et insérées entre les cavités oculaires et les antennes médianes. La forme de leur test les rapproche des tonrlourous (gécarcinsb On trouve sur nos côtes VE. spinifrom, Savig. (Cancer spinift^ons, Herbst), dont le front et les serres sont épineux, les doigts noirs.

M. IL Lucas l’a rencontré sur les côtes d’Algérie.

ERISTALE (Zoologie), Eristalis, Lin. — Genre d’insectes, de l’ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Syrphides, ressemblant par leur lèvre aux abeilles. Leurs antennes sont placées sur une éminence, rapprochées, et leur dernier article est arrondi. Ces in- | sectes sont velus de soies plumeuses, et leurs ailes sont | écartées au repos. Ils se tiennent dans la boue des égouts i ou dans les immondices ; leur corps est très-résistant, car j une très-forte pression est souvent insuffisante pour les j écraser. On nomme E. entêté {E. tenax, Lin.) une espèce ] qui revient toujours à la place où elle volait lorsqu’on j l’a chassée.

Les larves de ces insectes ont reçu le nom de Vers à queue de rat, parce qu’elles sont en effet munies d’une j queue annelée, de 0“,13 de long, qui, remontant à la i j surface des eaux stagnantes, quand l’animal est dans la | vase, lui permet de respirer l’air en nature.

ERMITE (Bernard l’). — V. Bernard l’iiermite.

ERODIUM (Botanique), E7'odium,L’Rér\i.', du grec \ erôdios, héron; allusion à la forme des carpelles en bec i de héron. — Genre de plantes Dicotylédones dialy- \ pétales hypogynes, famille des Géraniacées. L’Héritier j l’a établi pour les espèces du genre Géranium, de i Linné, pourvues de 10 étamines, dont 5 stériles. ) On compte environ une soixantaine d’espèces d’éro- \ dium croissant dans les régions tempérées. On cul- 1 tive comme plantes d’ornement, VE. bec de grue [E. ]

gruinum, Willdw), herbe annuelle, à fleurs bleu-violet, j et VE. catmé (E. incaimatum, L’Hérit.), herbe annuelle , du Gap, dont les fleurs sont grandes, rosées, un peu i jaunes au centre. On trouve aux environs de Paris, l’L\ à feuilles de ciguë [E. cicutarium, L’Hérit.), et VE. i musqué [E. moschatum, Willdw). L’un a les filets des | étamines entiers, et l’autre les a bidentés, La dernière ! espèce est aussi caractérisée par une odeur de musc très- i prononcée. On l’employait autrefois en médecine comme i stimulant et antispasmodique. i

EBOPHILE (Botanique], Erophila de G., du greceVo^, ; génitif de ear, printemps, et phileo, j’aime, parce qu’on ! la rencontre sur les murs, aux premiers jours du prin- ; temps. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales ! hypogynes,üxm.\\\Q des Crucifères , tribu des Abyssinées, \ très-voisin des Braves dont de Gandole l’a détaché (voyez i DravesL

EROSION (Médecine), du latin erodere, ronger, — On j appelle ainsi une destruction partielle, plus ou moins. < lente de nos parties, déterminée par une cause viru- ;

lente ou physique ; quelques médecins la définissent : \

action de toute substance médicamenteuse ou virulente, ’ qui, appliquée sur une partie quelconque du corps, la I détruit en la rongeant ; pour d’autres enfin, c’est l’action d’une substance corrosive sur les tissus. Quoi qu’il en | soit , l’érosion peut être considérée comme une plaie- » superficielle (voyez ce mot). '

EROTYLE (Zoo'ogie), Ei'otylus, Fab. — Genre d’In- | de l’ordre des Coléoptères, section des Tétramères,. famille des Clavipalpes , particulier à l’Amérique, caractérisé par : des antennes grêles, terminées en massue,.

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tm corps arrondi et bombé, la tête convexe, les mâchoires cornées, le protothorax transversal, profondément échancré en avant. L’espèce type est VE. géant {E. gigantevs,YaJo.); il a environ 0,020 à. 0,022 de long; les antennes et la tête noire, le corselet noir luisant. De Cayenne.

ERPÉTOLOGIE (Zoologie), du grec herpeton, reptile, et logos., science. — On a donné ce nom à cette partie de la zoologie classique, qui s’occupe spécialement de la structure et des diverses espèces de Reptiles (voyez ce mot). Les ouvrages fondamentaux d’erpétologie sont : de Lacépède, Hist. nat. des Quadrup. ovip. et des Serpents, 1790;— Alex. Brongniart, Mém. dessav. étrang. de l’Institut, 1803 ; — Daudin, Hist. nat. des Reptiles, Hist. nat. des Rainettes, eic., 1802 et 1803; — G. Cuvier, Règne animal, 1817 et 1829; — Merrem, Tentamen System, amphibiorum, 1820; — Reptiles d’ Amé-

rique, en anglais, 1825 ; — Wagler, Syst. nat. des Amphibies, qx\ allemand, 1830; — Duméril et Bibron, E>pétologie générale, 1834 à 1850.

EBPÉÏON (Zoologie), Erpetum, Lacép. ; du grec erpein, ramper. — Lacépède donna ce nom à un genre de. Serpent dont le premier spécimen fut trouvé dans la collection du stathouder de Hollande, lors de l’expédition française de 1792. Il a le corps irrégulièrement cylindrique, la tête aplatie, large derrière, allongée et pointue en avant, revêtue de grandes plaques polygonales ; sa langue est rétractile dans un fourreau. Ce qui le distingue principalement, ce sont deux prolongements mous et flexibles, revêtus de petites écailles, qui s’avancent de chaque côté du museau et semblent remplir pour cet animal les mêmes fonctions que les antennes des insectes ouïes tentacules des mollusques. On ne connaît que VE. tentacule de Lacépède; encore ne l’a-t-on jamais vu vivant. On croit qu’il vient de la Guinée. 11 mesure 0“,94 de long, et 0“,007 à 0'“,008 pour les tentacules.

ERRATIQUES (Blocs, Dépôts) (Géologie). — Voyez Alluvions, Dilujvium.

Erratiques (Zoologie). — Mauduit a désigné ainsi les oiseaux qui émigrent pour chercher leur nourriture, lorsque celle qu’ils avaient dans un pays vient à leur manquer (voyez Migration).

ERREURS DES observations (Astronomie). — Voyez Moyenne.

ERRHINS (Médicaments) (Matière médicale). — D’après l’étymologie grecque de ce mot ; en, dans, rhin, nez, un médicament errhin est celui quelconque que Ton met dans le nez; comme un des effets les plus constants de cette médication est Véternûment, nous renverrons au mot Sternutatoire (de éternuer souvent).

ERS (Botanique), du latin ervum, lentille. — Nom vulgaire que l’on donne au genre Lentille appartenant à la famille des Papillonacées , tribu des Viciées. Plusieurs botanistes font rentrer ce genre dans le genre Vicia (voyez Lentille).

ERUCA (Botanique), Eruca, Tourn., altéré d’urica, dérivé du latin uro, je brûle ; à cause de ses propriétés âcres et excitantes. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, famille des Crucifèi^es, tribu des Brassicées. Il est désigné vulgairement sous le nom de Roquette (de Rochetta, son nom italien). Caractères : silique cylindrique, avec le style persistant, conique ou ensiforme ; graines globuleuses; cotylédons embrassant la radicule. La Roquette cultivée. Roquette des jardins (E. sativa. Lin.) est une plante annuelle indigène, à feuilles lyrées, lisses, et à fleurs bleuâtres en grappes qui ont l’odeur de la fleur d’oranger. Cette espèce est potagère ; on la cultive comme le chou. Son âcreté se perd par la culture. Les anciens vantaient la roquette comme fortifiante et stimulante.

ERUPTION (Médecine), du latin crumpere, sortir avec impétuosité. — On désigne par ce nom l’apparition des différents exanthèmes de la peau, caractérisés par des plaques plus ou moins larges et plus ou moins saillantes, des vésicules, des boutons, des papules, etc., précédés ou accompagnés le plus souvent d’un mouvement fébrile , appelé pour cette raison fièvre éruptive. La majeure partie des éruptions ont une marche régulière, déterminée, ayant des périodes tranchées; ainsi on distingue la période dVincubation, Véruption proprement dite, le déclin de la maladie suivi presque toujours de desquamation ; telles sont la variole, \di rougeole, la^cnrlatine, Vurticaire, le pemphigus, etc. Quelquefois les éruptione n’ont pas de caractères déterminés, elles ne se rattachent à aucun des groupes nosologiques connus, elles ont une marche irrégulière, on les appelle alors

anomales, fugaces, anormales , etc. Il en est qui sont symptomatiques et se développent dans le cours des maladies aiguës, qu’elles ne compliquent pas ordinairement d’une manière fâcheuse. Enfin, il en est qui sont critiques et terminent le cours d’une maladie antérieure. Les éruptions peuvent être générales ou partielles. F — n.

ERVUM (Botanique). — Nom latin du genre Lentille.

ERYNGIÜM (Botanique). — Voyez Panicaut.

ERYOiN (Zoologie, Fossiles), Eryon, Desm.— Genre de Crustacés, de l’ordre des Décapodes , famille des Macroures, formé d’après une espèce fossile, VE. de Cuvier E. {Cuvierii, Desm.), la seule connue, trouvée dans le calcaire feuilleté. Margraviat d’Anspach. Sa carapace est large, ovale, et fortement découpée au bord antérieur; sa queue courte, terminée par des écailles natatoires. Les pieds de la première paire sont longs comme le corps, et munis de pinces à doigts minces, longs et peu arqués. Il a de 0“, 10 à 0“, 12 de long.

ERYSIMUM (Botanique), Erysimum, Gærtn.; du grec eryo, je sauve : à cause des propriétés médicinales importantes que les anciens lui attribuaient. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, famille des Crucifères, tribu des Sisymbriées. Il est désigné vulgairement sous le nom de Velar, mot gaulois qui vient lui-même du basque velhar, signifiant cresson. Caractères principaux : calice connivent fermé ; siliques tétragones; cotylédons plans; radicule dorsale. Ce genre appartient à l’Europe et à l’Asie moyenne. II comprend environ une soixantaine d’espèces. Ce sont des herbes généralement qjnnuelles ou bisannuelles. L’espèce la plus importante est VE. officinal ou Herbe au chantre; elle rentre maintenant dans le genre Sisymbrium (voyez)ce mot), de la même famille. h'E. de Sainte- Barbe {E. barbarea, Lin. ; Barbai ea vulgaris, R. Br.), vulgairement Herbe de Sainte-Barbe, Barbarée, Rondotte, est une plante vivace, à fleurs jaunes disposées en thyrse terminal. Cette espèce est indigène. On l’emploie dans certains endroits pour l’assaisonnement des salades. UE. alliaire [E. alliaria,Un.), ainsi nommé à cause de son odeur d’ail très- prononcée, et dont Adanson a fait un genre sjiécial, est une herbe à fleurs blanches, petites, en grappes terminales. Cette espèce, commune dans nos champs, au bord des fossés, s’emploie souvent comme l’ail. Depuis quelque temps, on cultive dans les jardins une très-jolie espèce, le Vélar de Petrowski [t. petrofskianum, Fab. et Mey.) , dont les fleurs sont assez grandes et colorées d’un beau jaune orangé. Elle est du Caucase. G — s.

Erysipèle ou Erésipèle (Médecine), en grec erysipeias. — La plupart des auteurs font dériver ce mot du grec eruô, je tire, et pelas, proche ; cette étymologie nous paraît fautive et nous aimons mieux celle qui le fait venir de ereuthô, futur, ereusô, je rougis, et du mot peu usité pe/a, peau; cette opinion émise ^ar M. Alexandre, auteur du Dictionnaire grec- français, est celle de l’Académie qui écrit de préférence érésipèle. Toutefois, la majorité des auteurs employant le mot érysipèle, nous nous conformerons à l’usage.

L’érysipèle est une affection inflammatoire exanthématique, caractérisée par une rougeur plus ou moins vive non circonscrite, de la peau, gonflement, dureté, le plus souvent avec fièvre, et se terminant ordinairement par résolution. On peut distinguer VE. simple ou vrai, VE. phlegmoneux, VE. œdémateux.

§ I. UE. simple ou vrai débute par l’ensemble des phénomènes qui servent de cortège à toutes les maladies aiguës, tels que malaise, courbature, céphalalgie, perte del’appétit, fièvre, quelquefois nausées,vomissements, etc. Cependant quelques signes spéciaux indiquent au médecin la nature de l’affection qui va se caractériser; sur un point quelconque des téguments, le malade éprouve une sensation de brûlure, d’engourdissement, quelquefois une douleur incommode, une démangeaison plus ou moins vive ; bientôt paraît une rougeur légère ; elle s’étend par degrés, devient plus intense, diminue ou disparaît sous l’impression du doigt; elle est irrégulière, non circonscrite; la peau est gonflée, luisante, douloureuse, chaude; les mouvements de la partie qu’elle recouvre sont douloureux, difficiles et môme impossibles; un symptôme remarquable, signalé surtout par Chomel, c’est l’engorgement inflammatoire des ganglions lymphatiques du Aoisinage de la partie malade; il précède souvent de plusieurs jours l’invasion de la maladie; le pouls est accéléré, la bouche pâteuse, saburrale, la céphalalgie intense, le sommeil est nul ou agité, etc. Cet appareil de phénomènes morbides est généralement en rapport avec l’in-

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tensitédumal. Au bout de quatre ou cinq jours, l’érysipèle commence à pâlir, la tension, le gonflement diminuent, la peau se ride, devient rude, ce qui annonce la desquamation prochaine qui arrive vers le septième jour ; la fièvre cesse, la convalescence arrive. Voilà ce qui se passe dans les cas les plus simples; mais cette maladie est de celles qui présentent des irrégularités nombreuses, et les auteurs ont cru devoir grouper chacune d’elles pour former des variétés se rattachant : 1" Aux phénomènes généraux. Ainsi on observe quelquefois tout un appareil de symptômes ataxiques o\\ adynamiques ; le plus souvent la maladie revêt la forme bilieuse, avec embarras gastrique ; cette variété est souvent épidémique. 2° Aux phénomènes locaux. L’érysipèle peut être miliaire ou eczémateux^ phlycténoïde ou bulleux.^ pustuleux, vésiculeux (voyez Zona) ; chacun de ces noms indique la modification qu’il désigne. 3® Au siège de la maladie. Rarement l’érysipèle est fixe, le plus souvent le mal gagne de proche en proche, on dit alors qu’il est serpigi^ neux ; d’autres fois il se porte sur un point plus ou moins éloigné, on le nomme ambulant, très-rarement il est universel. Mais une variété, qui à elle seule, par sa fréquence, constitue l’immense majorité des érysipèles observés, c’est celle qui afl'ecte la face et le cuir chevelu; il commence en général au nez, ou aux joues ou aux oreilles, gagne successivement les paupières, le front, le cuir chevelu, le col; la tuméfaction est quelquefois énorme; il a souvent la forme phlycténoïde on vésicu’leuse, etc. En général, il est grave et se complique quelquefois de l’inflammation des méninges ou du cerveau. 4” Les variétés tenant à \o.marche de la maladie constituent VE. vague ou serpigineux., VE. ambulant (il a été question déjà de ces deux variétés), et VE. intermittent ou périodique on a vu, en effet, la r^aladie revenir de nouveau au même point plusieurs fois, à des intervalles plus ou moins éloignés; d’autres fois et surtout à la face elle offre une certaine périodicité coïncidant avec telle ou telle époque de l’année. 6® Enfin le mode de terminaison de la maladie présente quelques irrégularités remarquables; la résolution a lieu le plus souvent; cependant on a vu la maladie se terminer par la suppuration, la gangrène, l’ulcération. La suppuration est une terminaison grave dans l’érysipèle du cuir chevelu, à cause du décollement du péricrâne qui est à craindre. La gangrène, qui tient moins à l’intensité de l’inflannnation qu’à un état général mauvais, peut être grave à cause surtout de cette deimière circonstance.

Le pronostic de l’érysipèle simple chez les adultes n’a une gravité réelle que lorsqu’il siège à la face et au cuir chevelu, ou qu’il survient dans le cours d’une maladie grave. Mais chez les enfants, où on l’observe très-souvent, il fait périr les deux tiers de ceux qui en sont affectés, et même chez les nouveau-nés, les professeurs Moreau, Paul Dubois et Trousseau disent n’avoir vu aucun cas de guérison.

L’érysipèle s’observe à tous les âges de la vie, mais surtout à l’âge adulte ; celui de la face survient plus souvent chez la femme que chez l’homme; le tempéranjent sanguin y prédispose. MM. Chomel et Blache pensent qu’il est plus fréquent au printemps et en automne ; ce qu’il y a de certain, c’est qu’il paraît se développer épidémiquement sous l’influence de constitutions atmosphériques particulières, que leur diversité rend difficiles à bien préciser. Le plus souvent, on ne peut signaler aucune cause spéciale de la maladie ; cependant l’insolation, une blessure avec solution de continuité, particulièrement lorsque l’on s’expose à l’air froid, des frottements réitérés, etc., peuvent la déterminer; mais il faut toujours, dans ce cas, supposer le concours d’une prédisposition individuelle intérieure. Cette maladie ne paraît pas contagieuse ; cependant M. Grisolle émet un doute à cet égard.

Le traitement de l’érysipèle simple doit varier comme la maladie même. Dans les nuances légères, boissons délayantes, repos, diète plus ou moins absolue, température douce, quelques laxatifs. Si l’on a affaire à un individu sanguin, dans la force de l’âge, si le pouls est dur, développé, on joindra à ces moyens une ou plusieurs saignées. On s’abstiendra, en général, de toutes applications topiques sur la peau du malade ; on rejettera aussi quelques moyens vantés mal à propos, tels que l’eau froide en fomentations, le camplire en poudre, l’alcool camphré étendu d’eau, une solution de nitrate d’argent, etc. Tous ces moyens peuvent être dangereux. Le vésicatoire appliqué au centre même de l’érysipèle, préconisé par Dupuytren, n'a pas répondu à ce qu’on en

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attendait. On a vanté aussi les onctions avec l’onguent i mercuriel, avec la pommade au nitrate d’argent (M. Jobert); la compression à l’aide d’une bande, lorsqu’elle est possible, etc. Tous ces moyens doivent être employés avec prudence, et toujours sur la prescription du médecin. Dans ces derniers temps, on a eu l’idée de recouvrir les surfaces érysipélateuses d’une couche de collodium pour les soustraire au contact de l’air; il faut attendre, pour se prononcer sur ce moyen, de nouvelles observations qui viennent corroborer celles qui ont été déjà rapportées. On a quelquefois arrêté la marche de l’érysipèle serpigineux, au moyen d’un vésicatoire ou de la cautérisation par le nitrate d’argent. Les indications spéciales que réclament les diverses complications qui peuvent se présenter rentrent dans le traitement de chacune de ces complications; nous ne pouvons en parler ici. '

§ IL UE. phlegmoneux est celui qui attaque nonseulement la peau, mais encore le tissu cellulaire souscutané, à une profondeur plus ou moins grande; les membres en sont ordinairement le siège; quelquefois il en envahit un tout entier. Les symptômes sont plus ac- ' • cusés que dans l’érysipèle vrai, mais toujours en rapport avec l’étendue et la profondeur de l’inflammation; la I rougeur, le gonflement sont plus prononcés, il y a plus i de tension ; la partie malade est très-sensible au toucher.

Si l’inflammation est profonde, les symptômes marchent i et s’aggravent rapidement) surtout si les parties affec- i tées sont pourvues d’aponévroses, de gaines, de tendons, | comme cela a lieu aux mains, aux pieds; alors il y a un ] véritable étranglement et tous les accidents qui en sont la suite ; la maladie entre dans une nouvelle phase ; il i en sera question au mot Phlegmon.

§ III. VE. œdémateux, au lieu de présenter la tension de l’érysipèle phlegmoneux, offre la résistance de V œdème on de V emphysème (voyez ces mots); la peau est unie et brillante, et si on la comprime avec le doigt, elle en conserve très-longtemps l’empreinte. Il se termine souvent par gangrène; alors la douleur devient vive, on observe une teinte rouge, luisante, bientôt plombée. Cette maladie se développe souvent aux jambes des hydropiques , lorsqu’on y a fait des mouchetures. Lorsque l’œdème a précédé l’érysipèle, le traitement doit se confondre avec celui de la maladie principale ; seulement, on pourra avoir recours à quelques faibles résolutifs, tels que de l’eau blanche légère, de l’eau de su- i reau,etc. ; mais si l’inflammation de la peau a coïncidé avec le développement de la sérosité, on combinera l’emploi des résolutifs avec les émollients, suivant les symptômes qui prédomineront.

Médecine vétérinaire. — Les différentes variétés dont nous venons de parler peuvent se présenter chez les animaux domestiques, et nous renvoyons le lecteur à ce qui a été dit. Mais nous devons parler de VE. gaU' gréneux, nommé aussi, suivant les temps et les contrées, feu céleste , mal rouge, feu Saint- Antoine , érysipèle épizootique; cette variété, rare chez les solipèdes (genre cheval), est observée principalement chez les bêtes à laine et le porc. Elle se distingue, comme son nom l’indique, parce qu’elle se termine par la gangrène ; elle est caractérisée par une rougeur violacée de la peau, des. vésicules remplies d’un liquide séreux, une fièvre violente. Bientôt survient la gangrène; il se produit un emphysème général, et la mort arrive promptement. C’est surtout chez les bêtes à laine que la maladie présente cette intensité et marche aussi rapidement. On admet généralement la contagion de cette affection. Le traitement, qui, en général, n’a pas été suivi d’un grand succès, devra consister dans l’usage des boissons aromatiques, amères, toniques ; à l’extérieur, le liniment ammoniacal, les chlorures, le feu, dans le but de modifier les surfaces envahies par la gangrène; mais l’emploi de ces moyens est difficile, à cause de la contagion qui finit par atteindi’e un grand nombre de bêtes du même troupeau. F — n.

ERYSIPHE (Botanique), Erysiphvs, Hedwig fils, d’un mot grec qui signifie rouille. — Genre de Champignons, de l’ordre des Gastéromycètes. Il se présente sous la ' forme de filaments, les uns roides, divergents, plus ou moins dressés, de couleur le plus souvent ferrugineuse ou noire; les autres, plus visibles, couchés, blancs ou . gris, et composant des taches sur les feuilles et les tiges f des plantes vivantes, ombragées et humides. Les jardi* ' niers nomment ce champignon parasite. Mérat,

dans sa Floredes environs de Paris, décrit vingt espèces de ce genre. El'es portent, en général, le nom de la < plante sur laquelle elles vivent. On n’a pas de procédé ^ bien arrêté pour éviter ces productions qui déparent les >

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plantes et les attaquent quelquefois au point de les faire périr. Toutefois, on a proposé de remuer la terre ou de la remplacer par une de meilleure qualité, afin d’activer la végétation des plantes attaquées. Les érysiphes peuvent se propager par la greffe (voyez Blanc).

ERYTHjÈME (Médecine), du grec erythema, rougeur. — On appelle ainsi une inflammation superficielle de la peau, caractérisée par une rougeur et une chaleur anormales dans une certaine étendue, se manifestant sous la forme de taches superficielles, d’une étendue variable, disparaissant sous la pression du doigt. Ces taches, rarement d’une grandeur moindre que la paume de la main, peuvent occuper divers points; elles couvrent quelquefois un membre tout entier. Si la maladie est à cet état de simplicité, elle se termine au bout de six ou huit jours par résolution sans laisser de traces, si ce n’est quelquefois une légère desquamation. Les auteurs ont admis plusieurs variétés de cette affection ; ainsi VE. fugax^ r E. lœve., VE. intertrigo, VE. pernio, ce dernier causé par l’impression du froid, etc. Enfin, des variétés plus graves sont : VE .papuleux.^ à taches plus circonscrites,

moins irrégulières, plus petites (diamètre d’un centime), ressemblant à des papules. Leur marche est rapide; elles s’éteignent sans laisser de traces. On l’observe au cou, à la poitrine, au bras, surtout au dos de la main ; il attaque surtout les individus à peau fine, les femmes, les jeunes gens. 2° L’£’. tuberculeux^ noueux., a des symptômes généraux plus marqués ; il y a quelquefois malaise, un peu de fièvre; les taches sont un peu plus grandes, ovalaires, d’un rouge assez vif, circonscrites, off^rant au centre un soulèvement de la peau ; bientôt toutes ces plaques deviennent de vraies tumeurs, d’un rouge obscur, quelquefois grisâtre; elles peuvent atteindre le volume d’un petit œuf. Cependant ces petites tumeurs pâlissent, s’aflâissent, et la résolution s’en fait en une douzaine de jours. Comme toutes les phlegmasies de la peau, l’érythème peut être déterminé par le froid, un foyer de chaleur intense, des substances étrangères ou dos sécrétions irritantes, etc., par le travail de la dentition. Il n’est jamais contagieux, et n’est pas une maladie grave. Le traitement consiste d’abord dans l’éloignement des causes externes qui ont pu le produire, puis dans l’emploi des boissons rafraîchissantes, d’un régime doux, des bains tièdes. S’il tient à quelque cause interne morbide, le traitement sera dirigé dans le sens de cette cause.

ERYTHRÉE (Botanique), Erythrœa., Renealme ; du grec erylhros, rouge : allusion à la couleur des fleurs. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes , famille des Gentianées , tribu des Chironiées. Caractères: calice à 4-5 divisions; corolle en entonnoir à 4-5 lobes, contournée au-dessus du fruit; étamines, 4-5, insérées dans la partie supérieure du tube ; anthères dressées, saillantes, contournées en spirales. Les espèces de ce genre, au nombre d’une trentaine environ, sont des herbes à feuilles opposées, sessiles, et à fleurs

Fig. 973. — Éryihrée centaurée, petite centaurée.

ordinairement en cymes dichotomes. VE. centaurée {E. centauriurn. Fers. ; Gentiana centaurium. Lin.), plus connue sous le nom de Petite centaurée^ est une jolie plante indigène. Ses fleurs roses ne seraient pas déplacées dans nos parterres. Cette espèce a été trèspréconisée comme tonique, stimulante et fébrifuge, vermifuge, sous forme d’infusion de ses fleurs. Ces pro-

priétés sont dues à la matière muqueuse et au principe amer qu’elle contient. G — s.

• Er.YTiir.iE (Zoologie), Erythrœus., Latr. ; du grec erythros., rouge. — Genre éV Arachnides., de l’ordre des Trachéennes., famille des Holêtres., tribu des Açarides., voisin des Trombidions, dont ils ont les antennes-pinces et les palpes, mais s’en distinguant parce que leurs yeux ne sont pas portés sur un pédicule et que leur corps n’est pas divisé. Ces arachnides, très-petites, sont d’un beau rouge carmin et sont vagabondes, elles se trouvent sous les pierres, dans les lieux secs. Elles vivent probablement, dit Latreille, d’autres açarides et d’insectes très-petits, qu’elles saisissent avec leurs palpes terminés par un crochet. Ce genre, que l’auteur cité plus haut, avait représenté par le Tromhidion phalangioides {E. phalangioides, Latr.), a pour type aujourd’hui VE. ruricole de Dugès, que l’auteur a observé aux environs de Montpellier; il est d’un rouge carmin, les palpes et les pattes incolores; on le découvre à peine à la vue simple. VE. pariétin {E. parietinus, Herm.) a une couleur vermillon et les pattes d’une couleur uniforme. Quant au T. phalangioides., Dugès le regarde comme une larve d’un vrai trombidion, et non plus comme une érythrée.

ERYTHRIN iZoologie),£'ryfArmM5,Gronovius; du grec erythros, rouge. — Genre de Poissons., de l’ordre des Malacoptéryyiem abdominaux, famille des Clupes, qui habitent les eaux douces des pays chauds. VE. du Malabar {E. malabaricus., Gronov.), qui est l’espèce type, a des mâchoires à dents nombreuses, fortes, pointues; l’ouverture de la bouche très-grande ; le corps et la queue allongés et comprimés latéralement , couverts d’écailles très-dures. Il n’a pas de nageoire adipeuse. Sa chair est recherchée.

ERYTHRINE (Botanique), du grec erythros., rouge., à cause de ses fleurs ordinairement d’un rouge vermillon. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes., de la famille des Popilionacées, tribu des Phaséolées., voisin des Dolics. 11 est remarquable par les belles espèces qu’il renferme, dont plusieurs sont cultivées pour l’ornement de nos jardins. Ce sont de petits arbres, des arbrisseaux, rarement des plantes annuelles, à rhizôme souterrain, à feuilles penni-trifoliées, avec des glandules au lieu de stipelles. Stipules petites, distinctes du pétiole. Quelques-unes des espèces sont cultivées avec succès dans notre pays, môme à l’air libre, et font un bel effet. A la fin de la saison, on enlève les tiges souterraines que l’on rentre comme les tubercules des dahlias. VE: crêtede coq {E. crista galli.. Lin.), arbre fort élevé du Brésil, a les rameaux pourvus d’aiguillons, ainsi que les pétioles. Dans nos cultures, ce n’est qu’un arbrisseau qui atteint à peine 2 mètres. Ses folioles sont glabres, ovalaires; ses fleurs, rouges purpurines, longues de 0“,05, sont réunies en grappes terminales magnifiques. VE. corail {E. coraltodendron, Lin.), vulgairement Bois immortel, Arbre à corail, s’élève aux Antilles à 3 ou 4 mètres. Ses fleurs,. disposées en épis pyramidaux, longs de 0“,12 à 0“,I5, sont d’un beau rouge de corail. Une variété donne des semences mi-partie noires et d’un beau rouge, assez semblables à Vabrus (voyez ce mot), mais plus grosses. VE. des Indes [E. indica, Lamk) s’appelle aussi vulgairement Morongue-mariage, Arbre immortel; il porte des fleurs d’un beau rouge, pendantes, serrées, nombreuses, disposées en épi très-long. On rapporte à la môme espèce le Kuai'a de Bruce. Cet auteur fait à propos de cet arbre une remarque curieuse, si elle est vraie; il prétend que ses semences servaient autrefois, en Abyssinie, pour peser l’or, d’où serait venu le nom de karat appliqué à un certain poids de ce métal et la manière de l’estimer à tant de karats. De là ce mot aurait passé dans l’Inde. Les caractères de ce genre sont : calice tubuleux , à limbe tronqué ; étendard oblong, dépassant les ailes et la carène; étamines diadelphes ou monadelphes; gousse indéhiscente; graines luisantes, presque toujours marquées de rouge et de noir. Les indigènes en font des bracelets ou des colliers.

ERYTHRONE (Botanique), Erythronium, Lin. ; du grec erythros, rouge : à cause de la couleur des fleurs et des taches des feuilles. — Genre de plantes Monocotylédones périipermées , famille des Liliacées, tribu des Tulipacées. Caractères : périanthe à G divisions, les 3 intérieures accompagnées chacune de 2 callosités à leur base; 3 stigmates; capsule globuleuse, à 3 angles et 3 loges. Les espèces de ce genre sont des plantes bulbeuses de l’Europe méridionale et de l’Amérique du Nord. VE, dent de chien {E. dens cams., Lin.,

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ainsi nommtî à cause de la forme de l’extrémité de ses caïeux), nommé aussi Vioulte^ est une belle espèce vivace, d’ornement, qui donne au printemps, à l’extrémitéde sa tige, une belle fleur d’un pourpre rougeâtre, ou blanche ou lavée de rose en dedans et rouge en deliors. Cette plante croît dans les montagnes de l’Europe. Gmelin l’a trouvée en Sibérie, et a raconté quelesTartares se nourrissent de ses bulbes.

ERYTHROXYLE (Botanique), Erythroxylon, Lin.; du grec erythros^ rouge, et xylon, arbre, à cause de la couleur rouge du suc de son fruit. — Genre de plantes Dicotylédones dialy pétales hypogynes^ type de la famille des Erythroxylées, rangée dans la classe des Hespéridées de M. Brongniart. Caractères : calice gamosépale à 5 dents; 5 pétales onguiculés, accompagnés d’une écaille ; 10 étamines monadelphes ; fruit drupacé, h un seul noyau un peu anguleux. Les érytbroxyles sont des arbres et des arbrisseaux des régions tropicales. Leurs feuilles sont alternes, entières, persistantes. Leurs fleurs sont quelquefois odorantes. UE. à feuilles de millepertuis [E. hyperici folium.^ Lamk), nommé aussi Bois des dames et Bois d’’ huile., est un arbre à rameaux tuberculeux. Il est originaire de l’île Bourbon. UE. de Carthagène {E. areolatum., Lin.), ou Bois major\ a les fleurs blanches répandant une odeur de jonquille. Ses fruits mous, à suc rouge, acidulés, sont laxatifs. Son écorce est tonique et ses feuilles entrent aux Antilles dans la composition d’un onguent propre aux maladies de peau. Le bois des érythroxyles est dur, solide et très-estimé (voyez Coca [Erythroxylon]). G — s.

ERYX (Zoologie), Erys., Daudin. — Genre de Reptiles., de l’ordre des Ophidiens., voisins des Rouleaux. Leur corps est cylindrique et de grosseur uniforme dans toutes ses parties ; la mâchoire supérieure proéminente ; les dents, les écailles et les yeux petits; la pupille verticale; la langue courte, épaisse et échancrée. Ils sont inoffensifs et timides; ils se plaisent dans les lieux secs et arides où ils se nourrissent d’insectes et se cachent dans le sable. L’espèce la plus commune est VE. turc (Boa turcica, Daud.), nommé aussi E. de la Thébaïde. Il est long de 0“,65, jaune taché de noir,

ESGALLOîNIA (Botanique), Escallonia, Mutis ; dédié au voyageur Escallon, qui en trouva le premier une espèce dans la Nouvelle-Grenade. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes., famille des Saxifragées, type de la tribu des Escalloniées., dont quelques auteurs ont fait une famille. Il comprend des arbres ou des arbrisseaux propres à l’Amérique tropicale, et au nombre d’une trentaine d’espèces. Leurs feuilles sont persistantes et leurs fleurs blanches, roses ou pourpres. UE. des monts Organs (E. organensis., Gardn.) est un joli

arbrisseau d’ornement. Ses tiges et ses rameaux sont d’un rouge brun ; ses fleurs sont d’un beau rose et disposées en cprymbes terminaux. Il est originaire dn Brésil. Le bois des espèces de ce genre est estimé pour sa dureté. Les feuilles de VE. à feuilles de myrte (E. myrtilldides., Lin.) sont amères et s’emploient en médecine au Pérou et au Chili.

ESCARBOT (Zoologie), Hister, Païk. — Genre à'Insectes, de 1 ordre des Coleopteres, section des Pentamères., famille des Clavicornes., tribu des Histéroïdes. Ses caractères principaux sont : antennes toujours découvertes, coudées et terminées par un globule de trois articles; corps carré; tête transverse ; mandibules avancées, étroites, pointues; quand la tête est inclinée, la bouche est cachée par le présternum; corselet transverse et profondément échancré pour recevoir la tête. Ces insectes sont toujours noirs et vivent dans la boue ou le fumier; quelques-uns dans le bois ou les fourmilières. Les larves se tiennent aussi dans les champignons.

Ce genre est le type de la tribu, et assez nombreux en espèces. Nous ne citerons que VE. des cadavres (H. cadaverinus, Païk), de 0™,007 environ, et VE. quadrimaculatus (Psâk), qui, outre la couleur noire du précédent, porte quatre taches rouges. Ces espèces sont communes aux environs de Paris.

Escarbot doré. — Voyez Cétoine.

Es CARBor DE LA FARINE ; c’cst le Tenebrion meunier (T. molitor., Lin.).

Escarbot TIREUR. — On a donné ce nom tantôt au Brachine pétard (B. crepitans., Fab.), tantôt au B. pistolet y (B, sclopeta, Fab,).

ESGARBOÜCLE (Minéralogie) . — « Ce mot , dit Alex. Brongniart, est la traduction reçue du latin carbunculusy petit charbon, nom que les anciens ont donné, à ce qu’il paraît, à beaucoup de pierres qui avaient la propriété de présenter une couleur rouge de feu lorsqu’elles étaient exposées à une vive lumière. » Il paraît bien démontré que la plupart de ces pierres précieuses devaient être des grenats, et particulièrement ceux qui sont d’un rouge de feu ou violâtres, d’une belle teinte veloutée et que l’on a désignés sous le nom de grenat syrien , grenat orfewfa/. D’un autre côté, Pline dit qu’il y avait dans les Indes des escarboucles qui, étant excavées, contenaient un setier (environ 0i,60) ; il est clair que ce n’étaient pas de véritables grenats.

ESCARGOT (Zoologie)^ Hélix, Gmel. — Nom vulgaii’e des Hélices terrestres et entre autres du Limaçon des vignes (Hélix pomafia. Lin ). Voyez Hélice.

ESCARPOLETTE, Balançoire (Mécanique). — Siège suspendu â l’extrémité de deux cordes, et sur lequel on se place assis ou debout pour se balancer dans l’air.

L’escarpolette en mouvement tourne autour d’une ligne horizontale comme d’un axe, et constitue un véritable balancier. Son mouvement doit être entretenu à cause des frottements qui finiraient par l’arrêter plus ou moins rapidement ; les impulsions lui sont données, soit par un aide, soit parla personne même qui se balance et qui se tient alors debout. Pour obtenir ce dernier résultat, lors-

que l’escarpolette s’est élevée et qu’elle est sur le point de redescendre vers la verticale, cette personne se replie sur elle-même afin de descendre, autant que possible, son centre de gravité, et, par suite, le centre d’oscillation du système, et d’accroître ainsi la distance de ce centre à l’axe du balancier. Arrivée dans la verticale, la même personne se relève dans un but opposé, pour rester ainsi

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tant que l’escarpolette monte, et se replier de nouveau dès qu’elle commencera à revenir sur ses pas. Pendant la demi-oscillation descendante, le centre de gravité du système décrit un arc de cercle dont le rayon est le plus grand possible; la vitesse acquise en arrivant dans la verticale dépend de la longueur de cet arc et, sans les frottements, serait capable de faire parcourir au balancier, dans la demi-oscillation ascendante, un arc précisément égal au premier, car on sait qu’abstraction faite du frottement, un corps qui descend d’une certaine hauteur, acquiert une vitesse capable de le faire parvenir à la môme hauteur. Mais pendant cette ascension, le centre de gravité s’est rapproché de l’axe, le rayon de l’arc qu’il décrira en réalité est donc moindre, et, pour que l’arc parcouru reste égal au premier ou du moins corresponde à la môme hauteur, il faut que l’angle que faitle balancier avec la verticale soit plus considérable. A chaque oscillation de l’escarpolette, l'amplitude de cette oscillation doit donc augmenter jusqu’à ce que reflet soit neutralisé par les Irottements qui tendent, au contraire, à la réduire.

ESGAROLE, Scarole (Horticulture). — Variété de la Chicorée eyidive [Cichoriurrt endivia^ Lin.), à feuilles larges et peu dentées {Endivia latifolia) (voyez Chicorée) .

ESCHARE (Médecine), en grec eschara; l’Académie écrit escarre; plusieurs écrivent escare ou eschare. — Lorsqu’une portion quelconque des parties molles est frappée de mortification par un caustique, par une contusion très violente, par une compression continuée pendant un certain temps, cette portion morte, qui sera tôt ou tard éliminée par l’action vitale des parties voisines, porte le nom ééeschare. Les causes externes signalées plus haut n’agissent pas toujours seules; quelques-unes sont souvent favorisées par une disposition particulière que l’on rencontre surtout dans les maladies adynamiques, dans le scorbut, dans les cachexies. Lorsque les malades sont obligés de garder le lit pendant longtemps, il se forme sur les hanches, sur le coccyx, etc., des eschares d’autant plus étendues, d’autant pins profondes, qu’elles sont entretenues par l’état de prostration du malade, par l’impossibilité où il est de changer de position, et souvent par les déjections qui, malgré tous les soins de propreté, sont trop souvent en contact avec les parties malades. Il ne tarde pas à survenir une inflammation qui hâte l’élimination des portions frappées de mort; l’eschare ou plutôt les eschares se détachent, car il y en a souvent plusieurs; une suppuration abondante accélère l’épuisement des forcesdu malade et contribue àhâterune catastrophe que la maladie principale ne faisait que trop prévoir. Le traitement d’un pareil état ne consiste guère que dans des palliatifs plus ou moins efficaces; les causes qui ont déterminé et qui entretiennent de pareils accidents rendent leur cure le plus souvent impossible. Les soins de propreté, le changement de position du malade, quand cela se peut; à cela enjoindra, dans le principe, les emplâtres de sparadrap, de diachylon; plus tard, les lotions émollientes, anodines, lorsqu’il y aura de la douleur ; enfin la décoction de quinquina, l’eau chlorée (50 grammes de chlore liquide pour 1 000 grammes d’eau), les onguents digestifs, styrax et les poudres de quinquina, de charbon, pour absorber la suppuration.

Les eschares qui sont produites par les caustiques, par le feu, par une contusion violente, laissent après leur chute des plaies plus ou moins profondes dont la cicatrisation est d’autant plus longue qu’il y a une plus grande perte de substance; on n’oubliera pas non plus que cette perte de substance môme, nécessitant pour la guérison le rapprochement des parties, rend les cicatrices vicieuses et avec rétraction, üu reste, leur traitement ne diffère pas de celui des autres plaies. F — n.

Eschare (Zoologie), Eschara, Lamk. — Genre d’animaux marins de petite taille, à corps mou, pro'égés par une sorte de polypier presque pierreux, à expansions aplaties en lames fragiles, rameuses et couvertes de cellules, disposées en quinconce, et dans chacune desquelles vit un de ces animaux. Cuvier les avait classés dans les Polypes [Zoophytes] ; MM.Miîne-Edwards et Audouin ont montré que ce sont des Mollusques tuniciers de l’ordre des P.ryozoaires. Ils vivent au fond des mers. L’E. foliacé iLamk), de nos côtes, a jusqu’à 1 mètre d’expansion tt loge des milliers d’animaux.

ESCHAROTIQÜES (Médecine;. — Substances caustiques qui, appliquées sur les parties vivantes, brûlent, désorganisent les tissus et produisent des eschares, d'où vient leur nom. Les médicaments escharotiques diffèrent des

caihérétiques en ce que les premiers produisent immédiatement des eschares, tandis que les autres ne déterminent qu’une légère cautérisation. Les principaux escharotiques sont ; la potasse caustique, le nitrate d’argent, les alcalis purs, en général, tels que l’ammoniaque liquide, la soude, le chlorure d’antimoine (beurre d’antimoine), l’alun calciné en poudre, la plupart des acides minéraux concentrés, le nitrate de mercure, etc. On peut joindre à cette liste quelques escharotiques composés ; ainsi la poudre de Rousselet, la pâte arsenicale du frère Côme, la pâte épilatoire de Plenck (toutes ces préparations ont pour base l’arsenic), le caustique de Vienne, avec la potasse et la chaux, la pâte de Canquoin au chlorure de zinc, etc. D’après la nature des substances qui viennent d’ôtre énumérées, on conçoit qu’il faut ôtre d’une prudence extrême dans l’emploi de ces remèdes et bien connaître leur énergie et leur puissance désorganisatrice.

ESCOMPTE (Banque). — L’escompte est la retenue opérée sur la valeur d’un billet par le banquier auquel on veut l’échanger contre de l’argent comptant avant l'époque de l’échéance.

L’escompte commercial d’un billet est bien facile à calculer; c’est le montant de l’intérôt que produirait la somme marquée sur le billet, si elle était placée depuis le jour où l’escompte se fait jusqu’au jour de l’échéance à un taux conventionnel, qu’on appelle le taux de Pescompte.

Par exemple, si le taux de l’escompte est de 6 p. 100 par an, un billet de 1 600 francs payable dans trois mois sera échangé contre de l’argent comptant par le banquier, moyennant une retenue ou un escompte de 22^,50. Ce résultat s’obtient en appliquant les règles relatives à l’intérêt simple.

Ainsi, pour calculer l’escompte d’un billet de A^®% il faut multiplier cette somme par le taux de l’escompte pour lOO francs, multiplier le produit ainsi obtenu par le nombre d’années et de fractions d’année à courir jusqu’à l’échéance, et diviser ce dernier résultat par 100.

Cet escompte commercial est aussi appelé escompte en dehors. Nous n’entrerons pas dans le détail des simplifications de calcul qui s’y rapportent. Nous allons indiquer une autre manière de compter l’escompte, qui paraît plus naturelle et plus équitable, mais dont l’usage n’a pas prévalu, sans doute à cause du calcul un peu moins simple qu’elle entraîne.

Pour que l’opération de l’escompte ne fût pour le banquier qu’un simple prêt ordinaire, il faudrait que la somme donnée en échange du billet, placée à intérêt jusqu’à l’échéance du billet au taux de l'escompte reproduisît la somme portée sur le billet; de cette manière, au jour de l’échéance, le billet aurait la même valeur que l’argent reçu en échange, puisque ce dernier aurait produit un intérêt égal à la somme exacte qui a été retenue.

La somme y à donner par le banquier en échange d’un billet de payable dans un nombre d’années et de fractions d’année marqué par t, serait (si i repré-ente le taux de l’escompte pour 100 francs pendant un an) fourni par l’équation :

Afes

soit

i= 6f t = \ d’année, Af = ISCOf y = 1477 f, 83.

L’escompte ne serait q\ie de 22^17, tandis que, suivant la règle usuelle, il est de 22^,50.

Il est probable que ce qui a fait préférer la règle de l’escompte en dehors à la précédente qu’on appelle régie de l’escompte en dedans, c’est que l’escompte en dehors est proportionnel au montant du billet, au taux de l’escompte et au temps encore à courir jusqu’à l’échéance, ce qui n’a pas lieu pour l’escompte en dedans. D’ailleurs, la différence est faible par rapport à l’escompte lui-même; on a dû choisir la forme qui se prête le plus simplement au calcul. R.

ESCOURGEON (Agriculture). — Ou appelle ainsi une variété àlorge dont les grains , disposés sur six rangs réguliers {fig. 976, pag. 888), restent couverts de leurs balles après la maturité. L’épi est court, régulier, s’égrène facilement lorsqu’il est mûr; cette variété talle beaucoup, est précoce, supporte les hivers rigoureux ; elle ne verse pas. Comme orge d’hiver, elle est la plus cultivée en France. Elle demande un sol substantiel.

ESCULINE (Chimie) (CieH^O'»). — Produit neutre contenu dans l’écorce du marronnier iœsculus hypocas-

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