AIM
ble. La force coercitive^ espèce de résistance passive au développement des forces magnétiques dans ces corps, s’oppose à leur disparition quand s’est éloignée la cause qui les a fait naître. C’est de l’existence de la force coercitive que vient la possibilité de transformer les barreaux d’acier trempé en aimants permanents.
L’action que les aimants exercent les uns sur les autres n’est pas moins remarquable que leur action sur le fer. Tandis que le fer doux est attiré également par les deux pôles d’un aimant, si nous présentons à ceux-ci l’un des pôles d’un second aimant, nous verrons se produire dans l’un des cas une attraction, dans l’autre une répulsion. Les deux pôles d’un même aimant jouissent donc de propriétés contraires, l’un repousse ce que Vautre attire. De plus, dans tous les aimants, les pôles semblables se remussent, les pôles dissemblables s’attirent.
Cet antagonisme des pôles se manifeste encore dans l'action de la terre sur les aimants. Suspendons par son milieu un petit barreau ou aiguille aimantée à un fil ou mieux sur une pointe métallique; en quelque position qu’elle se trouve, elle tournera sur son point d’appui, s’il est nécessaire, pour prendre dans l’espace une direction déterminée voisine de la direction du méridien, le même pôle constamment tourné vers le nord. Nous aurons une boussole. Le pôle qui se dirige vers le nord s’appelle pôde nord ou pôle austral ; celui qui se dirige vers le midi s’appelle ou jod/e boréal (voyez Boussole, Aiguille
aimantée). Cette direction des aimants par la terre a été pendant longtemps expliquée par l’hypothèse que la terre serait elle-même un aimant dont les pôles austral et boréal seraient situés à peu près sur son axe et dans le voisinage de son centre, le premier dans l’hémisphère austral, le second dans l’hémisphère boréal. Le pôle austral de l’aimant mobile se dirigerait vers le pôle boréal de l’aimant terrestre ou de la terre.
Si l’on rapproche deux aimants égaux par leurs pôles opposés jusqu’à les faire toucher, on voit les propriétés magnétiques de ces deux pôles décroître peu à peu et disparaître plus ou moins complètement. Les forces antagonistes se neutralisent ou, comme on dit, se dissimulent , sans disparaître réellement ; car, si l’on sépare les deux aimants, on voit ces forces se manifester de nouveau avec leur intensité primitive. Réciproquement, si, après avoir plongé un aimant dans de la limaille et avoir reconnu que les forces magnétiques y sont extérieurement milles dans la partie moyenne, on brise cet aimant dans cette partie, on voit apparaître aux points où la rupture a eu lieu, deux nouveaux pôles contraires, en sorte que chaque fragment forme un nouvel aimant complet avec ses deux pôles et sa ligne neutre. Ce phénomène ayant toujours lieu, quelque court que soit l’aimant, on en conclut que les forces magnétiques restent groupées autour des particules mêmes de l’acier, et que les forces contraires de deux particules voisines se neutralisent mutuellement d’une manière d’autant plus complète que l’on s’éloigne davantage des pôles pour se rapprocher des parties centrales de l’aimant.
La forme que l’on donne aux aimants varie suivant l’usage auquel on les destine. Si l’on se propose d’étudier leurs propriétés générales, on les forme de barreaux d’acier de dim ensions en rapport avec la force qu’ils doivent avoir. Dans les boussoles, on les fait généralement de lames d’acier très-minces taillées en losanges très-allongés; mais, comme ces divers aimants ne peuvent jamais supporter isolément, à chacun de leurs pôles, qu’un poids peu élevé, lorsqu’on désire augmenter leur force portante, on les recourbe en fer à cheval de manière à rapprocher l’une de l’autre leurs deux extrémités, qui, agissant simultanément, multiplient mutuellement leur puissance. Les aimants en fer à cheval sont d’ailleurs d’une conservation plus facile que les aimants droits.
La puissance d’un aimant, quelle que soit d’ailleurs sa forme, croît avec ses dimensions ; mais, dès que les barres d’acier dépassent un certain volume, il devient difficile de les aimanter ; on préfère alors les composer de barres plus minces que l’on aimante isolément et que l’on su-
Fig. 78. — Faisceau de barreaux aimantés armés.
perpose ensuite pour en former des faisceaux. Il est bon 'iue les barres du centre soient un peu plus longues que
les autres. Les extrémités des faisceaux peuvent d’ailleurs être libres ou enveloppées dans des armatures de fer doux. La puissance d’un faisceau de barreaux aimantés n’est jamais égale à la somme des forces des barreaux isolés qu’on a réunis pour le former.
Conservation des aimants. — Les barreaux aimantés perdent peu à peu leur puissance , par l’intervention de causes nombreuses, parmi lesquelles il faut ranger en première ligne les actions qui s’exercent entre leurs propres pôles, puis les chocs, les variations de température, etc. On neutralise en partie leur action par divers moyens appropriés à la forme des aimants. Les barreaux droits sont disposés parallèlement deux par deux, les pôles de noms contraires en regard et réunis par des niorceaux de fer doux appelés contacts ou armatures. Ces armatures, s’aimantant elles-mêmes par l’influence des aimants, neutralisent leurs pôles et contribuent à leur conservation. Les aimants en fer à cheval, à cause de leur forme, peuvent individuellement être munis de leur contact ; quant aux aimants naturels, on dispose sur leurs deux faces polaires des lames de fer terminées par deux talons qui deviennent les nouveaux pôles de l’aimant et que l’on arme comme les aimants en fer à cheval.
Toutefois, malgré la présence des armatures, un aimant chauffé au rouge perdrait entièrement sa propriété magnétique; le fer, quand il est rouge, cesse même d’être attiré par l’aimant.
Usages des aimants. — Les aimants sont employés particulièrement à la construction des boussoles ; on s’en sert aussi pour reconnaître la présence du fer, même en petite quantité dans les minerais et les roches, et pour séparer les parcelles de fer mélangées à d’autres poudres métalliques recueillies dans les ateliers et résultant du travail des métaux à la lime ou au tour. Enfin, ils jouent le principal rôle dans certains jouets d’enfants, tels que par exemple les cygnes en verre qui nagent sur l’eau et s’approchent du pain qu’on leur tend à l’extrémité d’un bâton. Un petit aimant est caché dans la tête du cygne, le bâton lui-même est formé d’une petite barre d’acier aimantée.
Bien que la découverte de l’aimant remonte à une trèshaute antiquité, ce n’est que vers le milieu du xii® siècle que l’on découvrit en Europe la faculté qu’il possède de diriger ses pôles du nord au midi, et seulement au milieu du XVI® siècle que Gilbert attribua cette action à une propriété magnétique du globe terrestre. Knight, Duhamel, Mitchel, Æpinus et surtout Coulomb, furent les physiciens qui s’occupèrent le plus activement et avec le plus de succès du perfectionnement des aimants. Aujourd’hui, l’électricité nous permet d’en obtenir qui sont capables de soulever plusieurs milliers de kilogrammes.
Les anciens Égyptiens avaient attribué à l’aimant des propriétés curatives merveilleuses que Mesmer parvint à ressusciter pour quelques jours et qui sont de nouveau tombées dans l’oubli (voyez Magnétisme). M. D.
Aimant de Ceylan (Minéralogie). — Voyez Tourmaline.
AIMANTATION (Physique). — Opération qui a pour but de transformer en aimants le fer, la fonte, et surtout l’acier trempé. Le fer garde mal les propriétés magnétiques qui lui ont été données ; la fonte procure de bons aimants ; mais l’acier est la substance le plus généralement employée.
C’est aux aimants que l’on a recours le plus généralement pour en former d’autres.
Méthode de la simple touche. — Le barreau ou l’aiguille à aimanter étant placé horizontalement sur une table, on appuie sur l’une de ses extrémités l’un des pôles d’un barreau aimanté incliné sur l’aiguille d’un angle de 30 à 35”, puis on fait glisser régulièrement l’aimant sur toute la longueur de l’aiguille. Arrivé à l’autre extrémité de celle-ci, on soulève l’aimant et on le reporte à son point de départ. On répète ainsi huit à dix fois l’opération toujours dans le même sens. Ce procédé ne peut fournir que des aimants de peu de puissance.
Méthode de la double touche séparée. — C’est elle qui donne l’aimantation la plus régulière et qu’on emploie de préférence à toute autre pour les aiguilles des boussoles. Deux barreaux aimantés d’égale force sont posés, les pôles de noms contraires en contact, sur le milieu de l’aiguille et inclinés sur elle d’un angle de 35°, puis ils sont séparés et promenés régulièrement sur l’aiguille de manière à atteindre tous les deux en môme temps ses deux extrémités ; ils sont alors soulevés, ramenés dans leur position première, et l’opération recommence autant de fois
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qu’il est nécessaire et successivement sur chacune des faces de l’aiguille. On peut rendre l’aimantation plus énergique en appuyant les deux extrémités de la lame d’acier à
Fig. 79. — Aimantation par !a méthode de la touche séparée.
aimanter sur les deux pôles de noms contraires de deux forts aimants, de manière que les pôles des aimants fixes et mobiles soient les mômes à chacune des extrémités de la lame, ainsi que le montre la figure ci-jointe 79). La disposition que nous indiquons est due à Duhamel.
Méthode de la double touche d’Æpinus. — Æpinus a modifié ce procédé pour les forts barreaux aimantés en maintenant les deux aimants mobiles réunis verticalement et séparés l’un de l’autre simplement par deux petits morceaux de bois de environ d’épaisseur. Ces deux aimants, posés d’abord au milieu du barreau, y sont alternativement promenés de l’une à l’autre de ses extrémités sans le quitter, jusqu’à ce que l’aimantation soit jugée suffisante. Cette méthode donne des aimants plus puissants, mais moins réguliers que la précédente. Aujourd’hui on substitue avec avantage à ces méthodes l’emploi de l’électricité (voyez Électro-magnétisme).
Quelque procédé qu’on emploie, il convient de pousser l’aimantation jusqu’à sa dernière limite, jusqu’à ration. L’aimant perd peu à peu son excès de magnétisme pour arriver à un état permanent tant que des circonstances extérieures ne viendront pas l’affaiblir.
La terre suffit à elle seule pour aimanter les corps. C’est à son action prolongée qu’il faut rattacher l’origine des aimants naturels; c’est à elle aussi qu’est due l’aimantation des tiges de paratonnerres et des outils ou ustensiles de fer ou d’acier; mais, à part les aimants naturels, les aimants obtenus de cette manière sont extrêmement faibles.
On savait depuis longtemps que les décharges des batteries électriques peuvent, ainsi que la foudre, aimanter l’acier ou renverser les pôles d’un aimant sans qu’on en eût tiré un grand parti; mais on reconnut plus tard que l’électricité des piles voltaïques pouvait développer dans le fer doux des aimants d’une grande puissance naissant et mourant avec le courant qui les produit. Ces aimants, appelés électro- aimants^ sont aujourd’hui d’un usage extrêmement répandu (voyez Électro-magnétisme, Électro-aimants). M. D.
AINE (Anatomie), du mot latin inguen^ dont on fit d’abord oigne. — L’aine ou pli de l’aine est un enfoncement dirigé obliquement de dehors en dedans *^t de haut en bas, qui sépare l’origine du membre inférieur de la cavité abdominale. Ce pli constitue le bord antérieur d’un enfoncement triangulaire dont les côtés sont formés par l’os iléon et le muscle couturier en dehors, et le premier adducteur en arrière. C’est ce qu’on appelle, à proprement parler. Vaine., la région inguinale. Cet espace est intéressant à connaître à cause de l’importance des parties qu’on y rencontre et qui peuvent être le siège de maladies ou blessures trèsgraves ; ces parties sont, de dehors en dedans, les muscles psoas et iliaque .,\q nerf crural., Vartère et la vefwe crurales qI\q muscle pectine'; plus superficiellement, existent des ganglions lymphatiques qui peuvent donner lieu à des engorgements., à des abcès; cette région est souvent le siège de hernies., éè anévrismes. F — n.
AIR (Chimie). — Substance fluide, élastique et compressible indispensable à la respiration des animaux et des végétaux, et formant autour de la terre une enveloppe désignée du nom dè atmosphère .
L’air au milieu duquel nous naissons et vivons nous paraît sans odeur ni saveur; vu sous une faible épaisseur, il est incolore, mais en masse il est bleu ; c’est lui qui donne au ciel sa couleur, et qui nous fait
voir avecla même teinte les objetséloignés.
Ce fluide est un corps pesant, ainsi que le soupçonnait Galilée; son disciple Torricelli le démontra en 1G43, au
moyen du baromètre (voyez ce mot). Un litre d’air sec à la température de 0® et sous la pression normale de O™, 7 60 de mercure pèse 1®,293. Un mètre cube du môme air pèse donc l’‘,293.
Compositionde l’air. — L’air est essentiellement formé du mélange de deux gaz, azote et oxygène., dans des proportions que l’on trouve sensiblement les mêmes sur tous les points du globe. Il contient en outre une trèspetite quantité éV acide carbonique., et une proportion variable diQvapeur d’eau;i\ est enfin le réceptacle de toutes les émanations qui s’échappent du sol ou des êtres qui en habitent la surface. Par son oxygène il entretient la respiration des animaux, et permet la combustion des corps ; les plantes y puisent l’oxygène, l’azote, l’acide carbonique, nécessaires à leur alimentation ; la vapeur d’eau qu’il contient, se résolvant en pluie ou rosée, entretient la fécondité du sol ; il sert de véhicule aux éléments de reproduction des plantes et d’un grand nombre d’animaux microscopiques ; mais aussi il transporte d’un lieu à l’autre des principes miasmatiques inaccessibles à nos moyens d’analyse et trop souvent mortels pour nous.
Lavoisier est le premier qui ait fait connaître la composition de l’air dans une expérience mémorable qui fut le point de départ d’une révolution profonde dans la chimie. Ayant renfermé de l’air dans une cornue contenant du mercure {fig. 80) et dont le col recourbé venait déboucher dans une éprouvette P renversée sur un bain de mercure RS, puis ayant chauffé la cornue pendant douze jours presque jusqu’au degré d’ébullition du liquide et l’ayant laissée refroidir, il s’aperçut que le volume de l’air avait diminué dans son appareil, et que le gaz qui lui restait ne pouvait plus entretenir ni la combustion ni la respi-
Fig. 80. — Appareil de Lavoisier pour l’analyse de l’air;
ration. Mais, pendant l’opération, le mercure s’était recouvert d’une poussière rouge qu’il recueillit. Cette poudre (oxyde de mercure), chauffée à une température plus élevée, redonnait du mercure et un gaz (oxygène) éminemment propre à la combustion et à la respiration, et ce gaz réuni au résidu gazeux de la première expérience reproduisait de l’air ordinaire. La nature de ce gaz était donc établie nettemejit. Sa véritable composition, toutefois, ne fut connue complètement que dans notre siècle.
La première analyse exacte de l’air remonte à cinquante ans à peine, et est due à MM. Gay-Lussac et de Humboldt,.
Fis:. 81.-
Appareil pour doser l’acide carbonique et la vapeur aqueuse de l'air.
qui l’exécutèrent par l’hydrogène au moyen de VeudiO‘ mètre (voyez ce mot).
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Ils V trouvèrent en volume 21 d’oxygène et 79 d azote. Cette analyse a été reprise par presque tous les chimistes dans le but d’étudier les modifications que la vie des animaux et des végétaux peut apporter dans la composition de l’air et de mieux connaître toutes les substances nui s’v trouvent mêlées. L’analyse de l’air se compose toujours au moins de deux opérations que l’on exécute
La* première a pour but de mesurer l’acide carbonique et la vapeur d’eau. Un cLspivcLtBWP d une capacité connue et plein d’eau se vide peu àpeu parle robinet r [fig. 81), de manière que l’eau qui s’écoule soit remplacée à mesure par de l’air provenant du dehors. Cet air, avant de pénétrer dans le réservoir, est obligé de traverser une série de tubes recourbés en U et contenant de la pierre ponce imbibée d’acide sulfurique concentré pour les tubes n, ^, <?, /, et ■ d’une dissolution concentré de potasse pour les tubes cet a. L’air abandonne toute son humidité dans les tubes e et f il laisse son acide carbonique dans les tubes d et c ; mais comme il reprend un peu d’humidité à la potasse le tube b la lui retire. Le dernier tube a est destiné à empêcher l’humidité de rebrousser chemin de l’aspirateur dans les tubes de droite. En pesant avant, puis après l’expérience, d’une part les deux tubes e et f et de l’autre les trois tubes c, d, e, on obtient le poids de l’eau et le poids d’acide carbonique contenus dans un volume d’air égal au volume du réservoir.
Dans la seconde opération, l’aspirateur est rernplacé par un grand ballon de verre M dans lequel on a fait le vide, mais que l’on peut laisser remplir peu à peu au moyen d’un robinet R [fig. 82). L’air, poussé dans le ballon vide par la pression extérieure, traverse d’abord un appareil
que l’air ordinaire, puisque dans de l’eau de bonne qualité et bien aérée on trouve ;
Oxygène.
Azote . . .
GS
Fig. 82. — Appareil pour l’analyse de l’air par le procédé des peece
à boules i contenant de la potasse et où il perd son acide carbonique, puis deux tubes à acide sulfurique r, o où il se dessèche, puis enfin un long tube rempli de tournure de cuivre que l’on chaufie au rouge. Le cuivre s’empare de tout l’oxygène de l’air, en sorte qu’il n’arrive plus dans le ballon que de l’azote.
Le ballon pesé vide, puis plein d’azote, donne par différence le poids de ce gaz. Le cuivre donne de son côté, par une double pesée, le poids de l’oxygène. On trouve ainsique 100 parties en poids d’air pur et sec renferment 23,1 d’oxygène et 76,9 d’azote. Cette composition correspond en volume à la suivante : sur 100 litres d’air on trouve 20,9 d’oxygène et 79,1 d’azote, nombres peu différents de ceux qui ont été donnés par Gay-Lussac.
La différence que l’on remarque entre le rapport des volumes et celui des poids tient à ce qu’à poids égal l’oxygène pèse un peu plus que l’azote. Quant aux autres substances qui se trouvent mêlées à l’air, elles sont en proportion tellement petite qu’il faut des procédés spéciaux pour les découvrir et que souvent on ne peut que soupçonner leur existence.
L’air est un simple mélange des gaz qui entrent dans sa constitution et non une véritable combinaison chimique ; aussi M. Régnault a-t-il pu constater dans sa composition des variations sensibles quoique très-faibles, car la proportion d’oxygène peut varier de 21,9 à 20,9, et dans certains cas, particulièrement danslespayschauds, descendre à 20,3. C’est ce qui explique également pourquoi l’air dissous dans l’eau est généralement plus riche en oxygène
L’oxygène de l’air étant sans cesse absorbé dans la combustion des corps et dans l’acte de la respiration des animaux et remplacé par une quantité correspondante d’acide carbonique, on peut se demander si la composition de l’air n’est pas exposée à subir une altération progressive qu’un assez long espace de temps pourrait rendre sensible. Heureusement la nature y a pourvu par l’intermédiaire des plantes, dont le rôle inverse est de transformer en oxygène l’acide carbonique dont elles s’assimilent le carbone. La production annuelle de l’acide carbonique à la surface du globe est énorme. En supposant qu’un homme en moyenne brûle en respirant 1 0 gr. de carbone par heure, la race humaine à elle seule engendrerait par an plus de 160 milliards de mètres cubes d’acide carbonique auxquels il faudrait joindre la production de tous les animaux du globe, terrestres ou aquatiques. D’un autre côté un hectare moyennement fumé et considéré sous une ’épaisseur de 0“,08 dépge toutes les 24 heures 160 mètres cubes de cet acide. Ajoutons à cela les produits de nos combustions, les éruptions volcaniques, les émanations de certaines sources minérales, nous arriverons à des sommes incalculables qui n’en formeront pas moins une fraction imperceptible du volume de l’atmosphère. Mais voyons maintenant la contre-partie de ccs
faits. .
Dans les eaux , il se fait sans cesse un travail de fixation de l’acide carbonique. Un nombre immense d’animaux se recouvrent d’une enveloppe dont près de la moitié est formée d’acide carbonique, et ces animaux ou leurs débris s’accumulent en masses tellement considérables qu’elles forment des montagnes et des continents (voyez Acide carbonique, Carbonate de chaux).
D’un autre côté, le charbon que nous brûlons et que brûlent tous les animaux, dans l’acte de la respiration, nous vient des aliments végétaux ou animaux, et en dernière analyse des végétaux. Or ces végétaux l’ont pris à l’acide carbonique de l’air, et comme il est indispensable à leur accroissement, cet accroissement même se trouve réglé sur la production animale de cet acide, comme l’accroissement de l’animal est réglé sur la production de matière végétale.
« Figurons-nous deux grands systè- « mes d’activité : dans l’un on voit l’a- « eide carbonique tourner éternellement « dans un cercle en prenant tantôt la forme de gaz, tantôt la « forme d’être organisé ; dans l’autre, l’acide carbonique <c qui se minéralisé, se transforme en pierre et se dérobe « à jamais à l’atmosphère après avoir passé à travers « les eaux. » (Péligot.)
On peut donc considérer d’une manière générale la composition de l’air comme invariable, et elle a été trouvée exactement la même aux plus hautes régions de l’atmosphère qu’au niveau du sol. Si l’on y regarde de trèsprès, on trouvera bien que dans un temps calme l’air situé à la surface même de la mer sera un peu plus pauvre en oxygène (Lewy) ; on trouvera aussi que la dose d’acide carbonique pourra varier accidentellement d’une localité à une autre, d’une saison à l’autre ; mais en somme l’agitation continuelle de l’air établit promptement l’équilibre. La vapeur d’eau seule varie dans des proportions très-considérables, aussi son étude fait-elle l’objet d’un chapitre important de la physique, Y Hygrométrie.
Nous ferons également une restriction à l’égard de ces principes, inconnus de nous pour la plupart, à cause de leur infiniment petite proportion, mais dont l’énergie d’action sur nos organes est si grande.
En temps d’épidémie, le plus sage est de changer d’habitation ; dans tous les cas, et même en temps ordinaire, il convient de vivre dans un air le mieux renouvelé qu’il soit possible. C’est qu’en effet notre santé dépend non pas de la composition générale de l’air, mais de la composition de l’air à l’endroit même où nous respirons. M. D.
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Am (Hygiène, Agriculture). — Voyez Atmosphère.
Air comprimé. — Quelquefois employé comme réservoir de travail mécanique, comme dans le fusil à vent; quelquefois destiné à augmenter la rapidité de la combustion dans les cas où l’on a besoin d’une très-haute température. Une chandelle introduite dans un air comprimé à 3 atmosphères, et dont la densité a par conséquent été triplée, brûle avec une telle rapidité qu’elle dure à peine un quart d’heure en répandant en outre une épaisse fumée (voyez Pompes foulantes. Machines a compression).
Air inflammable. — Voyez Hydrogène, Hydrogène PiiosPHORÉ, Éclairage.
AIRA (Botanique), nom latin du genre Canche.
AIRE (Géométrie). — Portion de surface comprise dans un contour linéaire. Pour mesurer une aire, on prend pour unité l’aire d’un carré dont le côté serait l’unité linéaire; un mètre carré par exemple, si on prend le mètre pour unité de longueur.
La géométrie fournit des moyens simples d’avoir la mesure de l’aire d’une figure plane régulière dont les côtés auraient été évalués en mètres, par exemple :
U aire d'un rectangle a pour mesure le produit de sa base par sa hauteur.
\taire d'un 'parallélogramme a pour mesure le produit de sa base par la longueur de la perpendiculaire à cette base comprise entre celle-ci et le côté parallèle opposé, ou ce que l’on appelle encore la hauteur du parallélogramme.
Vaire d’un trapèze a pour mesure le produit de la demi-somme des côtés parallèles par leur distance ou par la hauteur du trapèze.
'L’aire d’un triangle a pour mesure la moitié du produit de l’un de ses côtés, par la distance de ce côté au sommet de l’angle opposé, ou le demi-produit de sa base par sa hauteur.
'iJ aire d’un polygone régulier a pour mesure le demiproduit de son périmètre par la distance de l’un quelconque de ses côtés au centre du polygone ou par son apothème.
L’aire d'un cercle a de même pour mesure la moitié du| produit de sa circonférence G par son rayon R, et comme sa circonférence elle-même a pour mesure le produit de son diamètre ou de deux fois son rayon par le nombre 3,1410, ordinairement représenté par tt-, l’aire du cercle a aussi pour mesure le produit de tt par le carré du rayon.
Aire du cercle = — CxR=:tcR x R:= ttR’
(Voyez Surface, et les noms de chaque surface en particulier, et pour l’évaluation de l’aire d’une courbe par l’analyse, voyez Quadrature).
Aire (Zoologie), du latin areu, aire à battre. — Nid des grands oiseaux de proie, et particulièrement des aigles et des vautours (voyez Aigle).
Aire a battre (Agriculture), du latin area, qui a le même sens. — Large surface plane, unie, résistante, sur laquelle se fait le battage des grains, soit par le dépiquage., soit par le fléau. Dans le premier cas, l’aire est établie au dehors en plein air ; c’est ce qui se pratique dans les pays du Midi. Lorsque le battage a lieu au moyen du fléau, l’aire est toujours placée dans la travée centrale de la grange. Dans tous les cas, elle doit être assez solide et assez résistante pour supporter le trépignement des animaux employés au dépiquage (voyez ce mot) ou les coups du fléau. Lorsqu’on veut construire une aire, on choisit de préférence un temps chaud et sec ; après avoir bien aplani le sol et l’avoir rendu le plus solide possible, on étend à la surface, et d’une manière très-égale, une couche pâteuse composée de deux parties de terre franche et d’une partie de bouse de vache bien mêlées, et dans lesquelles on aura ajouté du foin ou de la paille hachée menu, et mieux encore de la bourre ; lorsqu’on pourra y mêler du marc d’olives, on aura encore plus de solidité : du reste, la composition d’une aire varie suivant les matériaux dont on peut disposer. Après cette première opération, on aura soin de la battre à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’elle soit sèche et qu’elle ait atteint une grande dureté. Lorsqu’on a la précaution de la réparer souvent, une aire bien faite peut durer plusieurs années.
Aire de vent (Navigation). — Les marins, supposant l’horizon divisé en 32 parties, donnent ce nom à chacune d’elles avec une étendue de l5« 5'. Ces aires portent le nom des régions de l’horizon auxquelles elles se rappor-
tent ; on les trace sur le carton qui porte l’aiguille de la boussole marine ; ce tracé porte le nom de rose des vents. On connaît ainsi, d’après la direction de l’aiguille, la direction môme du vent. Les aires s’appellent aussi rumbs, demi-rumbs, ou quarts de rumbs (voyez Boussole.)
AIRELLE (Botanique), peut-être par ellipse de af^re//e, dérivé lui-même ùo. aigre. — Genre de plantes des contrées tempérées et septentrionales de l’Europe, vulgairement connu sous le nom de vaciet (du nom latin de la plante, vaccinium), raisin d’ours., raisin des bois., muret, brinet nommée par les hotein\%ie.'& Airelle myrtille [Vaccinium myrtillus, Lin.). C’est un sous-arbrisseau qui rappelle le port du myrte: de là son nom spécifique. Il habite les bois élevés de l’Angleterre, de la France, de l’Allemagne. Il est très-rameux, haut de 0“>,30 à 0“,50 ; ses feuilles sont alternes, ovales, à bords finement dentés ; ses fleurs sont rosées, pédiceîlées, solitaires, et il porte pour fruits des baies d’un bleu noirâtre, qui à leur maturité ont une saveur aigrelette assez agréable. Un observateur savant et scrupuleux des mœurs des populations a signalé ces fruits d’u/<e manière intéressante : « Les végé- « taux sauvages qui contribuent le plus, dit-il, à la nour-
Fig. 83. — Rameau d’airelle myrtille (1/3 environ de grandeur nat.).
« riture des populations septentrionales, ou qui servent (( de pâture à une multitude d’animaux sauvages, appar- (( tiennent aux genres Ronce [Rubus, Lin.), Airelle [Vac- « cinium, Lin.), etc. , et comprennent au moins une dizaine « d’espèces principales... Elles croissent spontanément « avec une abondance dont on ne pourrait se former une « idée exacte lorsqu’on n’a pas parcouru ces contrées « pendant les mois de juin et de juillet... Cette récolte, qui « n’a d’autres limites que la quantité de bras qu’on y « peut employer, est d’une véritable importance pour les <( ouvriers métallurgistes, pour les chasseurs et les pê- « cheurs du nord de la Russie, de la Finlande et de la « Scandinavie. Ces fruits se mangent soit dans leur « état naturel et mêlés au lait, soit cuits et assaisonnés « de diverses manières. En les associant au miel, au su- « cre, aux spiritueux, on en fait des conserves, qui, pence dant les longs hivers de ces climats, introduisent dans (( la nourriture une agréable variété. » (F. Le Play, Ouvriers européens, p. 34.)
La médecine emploie quelquefois les baies de l’airelle dans les affections scorbutiques et la dyssenterie; on en tire par la fermentation une liqueur vineuse assez estimée. Les baies de cette espèce ont servi à falsifier le vin en lui donnant de la couleur; et on en a extrait une ma-